18.04.2012

N'AYEZ PAS PEUR !

Allez, aujourd'hui, je reviens à l'actualité.

 

 

J’en ai soupé depuis le début, de l’élection présidentielle, depuis qu’elle a commencé, non, depuis qu’elle a été annoncée, non, depuis que son profil impérieux s’est imprimé au loin sur l’horizon de la « République Française ». Le vainqueur sera-t-il Monsieur MENTEUR EN CHEF  (NICOLAS SARKOZY) ? Sera-t-il Monsieur CHAMPION DES BLUFFEURS (FRANÇOIS HOLLANDE) ?

 

 

En tout cas, les professionnels du brassage de vent que sont les entrepreneurs de sondages nous le promettent : n’ayez pas peur, ce sera « bluffeur » ou « menteur ». Le premier tour est plié, on vous dit. Moi, je vous le dis, si je votais, ce que je n’ai pas l’intention de faire, j’apporterais ma voix à un des candidats que les sondeurs créditent actuellement d’environ 1 % des voix. C’est vous dire si ce serait un « vote utile ».

 

 

Vous aimeriez que je vous dise, hein, bande de curieux. N’ayez pas peur, je vais vous le dire : si je votais, ce serait pour le seul qui ne bluffe pas, même si l’on peut trouver qu’il rêve un peu : NICOLAS DUPONT-AIGNAN.

 

 

C’est le seul à ne pas baratiner (avec POUTOU ?). C’est le seul (avec MELENCHON ? Avec LE PEN ?) à mettre à son programme l’abrogation de la loi de 1973, qui oblige l’Etat français à emprunter au prix fort aux banques privées, aux dépens des contribuables, et qui lui interdit d’emprunter à 0 % à la Banque de France. C’est le seul à voir où il reste encore quelques traces de ce qu’on appela autrefois l’aujourd’hui défunte « souveraineté nationale ».

 

 

Ceux qui n’en parlent pas, de deux choses l’une : soit ils ignorent totalement ce point, soit ils ne veulent surtout pas toucher au système (rappelez-vous SARKOZY annonçant une grande offensive contre les paradis fiscaux, dont les paradis en question se gondolent encore). En tout cas, quand j’ouvre les écoutilles sur la présente « campagne », ça me les pollue vilainement, les écoutilles, car j’entends du blabla, et encore du blabla.

 

 

C’est à qui bonira les plus belles craques de camelot. Pour les gens surpris par « bonira », je rappelle qu’OSS 117, le vrai, celui de JEAN BRUCE, s’appelle, de son « vrai » nom, Hubert Bonisseur de la Bath. Or le « bonisseur » (même racine que boniment), c’est le gars, en général jovial et sympathique, qui est fait (parce qu’il dégoise à merveille) pour vous vendre, sur les marchés, le produit vaisselle miracle, le coupe-légumes miracle, la serpillière miracle. Je propose de traduire la vraie fonction du personnage par la vieille expression : « Vous me la baillez belle ».

 

 

Autrement dit : « Mon œil ! ». Et cette campagne, c’est la foire aux bonisseurs de la bath. Quoi, ça a toujours été ? Bien sûr ! Mais ce qui change, aujourd'hui, c'est le côté abyssal du décalage entre les mots et la réalité. Ils ont beau se dire "modernes", les candidats usent (médias à l'appui) de ficelles archaïques. De ficelles usées jusqu'à la la corde, si l'on me pardonne l'expression.

 

 

Dans ce flot de blablateries et de trouducuteries, il arrive cependant que les quatre pattes fatiguées de mon œil morne dressent un moment l’oreille, au détour d’une phrase. C’est ainsi que s’est dessiné, sur le champ de labour de ma pauvre face ravinée par les pluies de promesses démagogiques, épuisée du spectacle donné par les deux clowns « principaux » qui s’efforcent, à grands coups de cabinets de communication, de faire rire le public enfantin, infantile et puéril réuni autour d’eux, au choix, sur le parking de la Concorde ou sur le parking de Vincennes, le dernier des rares sourires crispés qu’est arrivée jusque-là à me tirer cette « campagne » (pour ceux qui ont du mal avec cette phrase, "sourires" est sujet du verbe "s'est dessiné").

 

 

Ce fut une phrase prononcée par NICOLAS SARKOZY, dimanche 15 avril. C’est d’ailleurs ce qui me fait dire que si le comble du culot et du mensonge cynique portait un nom, ce serait celui de l’actuel président, dont le patrimoine personnel a augmenté, durant son quinquennat, de 600.000 euros (et le pouce). Tudieu, c'était donc ça, le « Travailler plus pour gagner plus » ! C'était donc ça, bugne que j'étais !

 

 

Il y eut, rappelez-vous, JEAN JAURÈS, GUY MÔQUET, LEON BLUM et quelques autres. Et là, qu’est-ce qu’il ose sortir ? La première parole qu’ait prononcée JEAN-PAUL II après son élection, place Saint-Pierre : « Non abbiate paoura ! ». « N’ayez pas peur ». Et SARKOZY l’a dit, il a osé le dire, il n’a pas eu honte, puisqu’il n’a tellement honte de rien qu’on peut dire que c’est un « SANS VERGOGNE ». Il a dit : « N’AYEZ PAS PEUR ». Sauf que là, il le dit avant l’élection. Ça laisse un espoir ?

 

 

 

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EH, LES MAMIES, IL NE VOUS FAIT PAS PEUR, CE TYPE ? 

 

C’est une démarche assez désespérée, je trouve. Oui, je sais, le but, c’est de donner successivement à toutes les catégories de la population l’impression qu’on s’adresse à chacune en particulier. Mais à force de piocher, de prendre du fourrage sur toute l’étendue de la mangeoire électorale, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche en passant par la religion, vous ne croyez pas qu’à la longue, les électeurs de droite, de gauche, de devant et de derrière vont avoir du « shimmy » dans la vision (capitaine Haddock, Les Bijoux de la Castafiore, p. 50, je tiens à être précis dans le choix et la source de mes références) ?

 

 

Du trouble dans le bulletin de vote ? Du pêle-mêle dans la réception du message ? A force de vouloir représenter à lui tout seul l’intégralité de l’offre électorale, tout ce qu’il réussit à faire, NICOLAS SARKOZY, c’est de transformer la campagne en hypermarché. Pas sûr que la demande suive, parce qu’à la longue, ça finit par gaver. N’ayez pas peur. NICOLAS SARKOZY, quoi qu’il arrive, continuera à FAIRE SEMBLANT de s’occuper de tout.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A finir demain.

 

 

20.02.2012

CARLA BRUNI NE FAIT PAS DE POLITIQUE

C’est entendu, une femme de candidat ne fait pas de politique. C’est sûr. On le croit volontiers. La preuve, c’est qu’on la voit en une d’un certain nombre de « news magazines ». Je ne suis pas sûr que TV magazine en soit un. En tout cas, CARLA BRUNI y a droit à quatre pages, dont une et demie d’une grande photo avec elle regardant la télé, une autre assise derrière un poste cathodique sur lequel elle s’appuie, et une feuilletant TV magazine. Sur toutes les photos, elle est très habillée, et décontractée. Que cela paraisse le jour même du premier grand meeting de campagne de monsieur BRUNI, c’est forcément un hasard, n’est-ce pas ?

 

 

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MAIS ÇA, C'ETAIT AVANT

(notez la cicatrice)

 

L’agence de com a donc fait son boulot : CARLA BRUNI est parfaite dans le rôle, qu’elle joue avec un sens très élevé de l’engagement personnel – le rôle de la pétasse de moins de cinquante ans, « téléspectatrice attentive » de surcroît. « Oui, j’ai souvent regardé Plus belle la vie avec ma fille dans les bras ces derniers temps. (Rires.) » On est content de l’apprendre.

 

 

Je vous révèle les émissions qu’elle aime et a aimé regarder : L’amour est dans le pré, Nouvelle star, Star Academy, et d’autres encore. Non, tout ça me tombe déjà des mains, et j’ai assez vu le minois. Laissons-la bêtifier.  En fait, je voulais vous parler de cette personne pour une seule raison, un propos qu’elle tient dans cette interview de TV Magazine. Sachez quand même qu’elle rêve de participer à Rendez-vous en terre inconnue, qu’elle l’a dit à son mari, « qui a levé les sourcils en signe d’étonnement ». Avouez qu’il fallait que ce fût dit.

 

 

A la question de N. VOLLAIRE : « Avez-vous un projet précis en tête ? », elle répond cette chose concernée, sublime et généreuse : « Oui, il s’agit d’une série de programmes courts, qui traite de la prévention contre l’illettrisme chez les tout-petits ». Pour ceux qui ne se taperaient pas déjà le derrière par terre, la formule à relever est « l’illettrisme chez les tout-petits ». En matière d’oxymore, c’est une vraie innovation.

 

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GRAND LECTEUR, ET DEJA ILLETTRÉ

 

Je ne sais pas qui lui a déniché la trouvaille, mais n’est-elle pas d’une saveur exceptionnelle ? Je ne sais pas ce qu’est un « tout-petit » pour CARLA BRUNI, je dirai simplement qu’elle en a une vue éminemment extensive. Il me semblait que les enfants apprennent à lire autour de 5 ou 6 ans, qu’ils ont quelques années d’école ensuite, et que l’illettrisme concerne ceux qui, sortis de l’école, ont perdu la lecture faute d’un enracinement par la pratique. Sont-ils encore des « tout-petits » ?

 

 

Bref, CARLA BRUNI (c’est-à-dire la personne qui a rédigé les réponses) a perdu une excellente occasion de se taire.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

 

 

27.01.2012

PROPAGANDE ET DEMOCRATIE (fin)

Résumé : les succès de SARKOZY sont bâtis sur une grosse machine à PROPAGANDE. Le Parti Socialiste a beaucoup réfléchi et, après mûre réflexion, a fini par se dire : « Pourquoi pas moi ? ».

 

 

Donc cette fois, qu’est-ce qu’on a mis en face de NICOLAS SARKOZY, comme produit ? On a troqué la preuse (ben oui, pourquoi y aurait pas de féminin à « preux » ? Vous voyez que j’ai l’esprit et la grammaire larges) héroïne nationale, SEGOLENE ROYAL, contre un fromage de HOLLANDE qui, à vue de nez, ne sort pas tout frais de la fabrique.

 

 

 

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LA BLAGUE EST UN PEU FACILE, MAIS INEVITABLE 

 

Ce n’est pas faute de conseillers en communication (chargés précisément du packaging du produit). Mais cette fois, promis, on va faire moins amateurs. Bon, c’est vrai, le moteur tourne de temps en temps sur « trois pattes », mais on a des bons mécanos dans l’équipe. Vous allez voir ce que vous allez voir. Roule Raoul.

 

 

Ce qui est sûr, c’est que la com’ de SARKOZY en 2007 n’est pas tombée dans l’œil d’un paralytique, et que le verrouillage des images n’est pas tombé dans l’oreille d’un aveugle. Au « grand meeting inaugural de la campagne de FRANÇOIS HOLLANDE », au Bourget, dimanche dernier, c’est une officine du Parti « Socialiste » (ou payée par lui) qui a exclusivement fourni les images offertes par la télévision dans la soirée. Exactement ce qu'avait fait SARKOZY en 2007. Entre eux, ils se piquent les trucs qui marchent. Enfin, ils espèrent que ça marche.

 

 

Ouverture de la parenthèse sur la bande-son du « meeting-du-Bourget-de-FRANÇOIS-HOLLANDE ».

 

 

C’est sûr qu’elle a été particulièrement soignée. On se serait cru chez STANLEY KUBRICK en personne, l’orfèvre en matière de bande-son, un des rares cinéastes à avoir fait des films qui « s’écoutent » vraiment. Tiens, regardez voir Eyes wide shut, et écoutez le piano obsédant de GYÖRGY LIGETI.

 

 

Au Bourget, je ne sais pas si vous avez fait attention à ça. Vous entendez l’orateur – mais est-ce que FRANÇOIS HOLLANDE est un orateur ? Ecoutez bien, vous entendez autre chose en même temps : la foule l’acclame pendant qu’il parle. C’est une acclamation EN CONTINU. Etonnant, la clameur collective semble ne jamais s’interrompre. Un sourd rugissement, venu du fond des êtres, sert de socle constant aux envolées du candidat du Parti « Socialiste ».

 

 

La foule trépigne donc sur place. L’orateur, pour donner l’impression que c’est lui qui déclenche cet enthousiasme, en même temps qu’il domine la situation, doit pousser sa voix. Le public est si heureux d’avoir trouvé le chef charismatique, qu’il l’incite à se dépasser, et le chef est tellement charismatique qu’il déclenche l’hystérie du public. La clameur le dispute à l’orateur dans des assauts alternés d’intensité et d’enchantement. J’ai trouvé ça spectaculaire.

 

 

Dans la tradition du discours de campagne, le public laissait sagement le chef développer un thème. Puis, lorsque le point culminant avait été atteint et que des mots qui marqueront forcément l’histoire avaient été prononcés, dans un élan lyrique particulièrement réussi, il laissait jaillir son allégresse comme un « sonneztrompettes éclatantes, taratata, taratata » (chœur des enfants au début de Carmen).

 

 

Ici, me semble-t-il, le Parti « Socialiste » a mis au point dans ses laboratoires de propagande une belle innovation : la manifestation permanente d’un enthousiasme collectif qui ne demande qu’à se répandre, à se propager dans la population entière, après avoir été dûment enregistrée dans la boîte aux images. On n'arrête pas un peuple enthousiaste qui déferle sur la place Tahrir. C'est l'effet de masse. Le peuple en marche est irrésistible. C'est le message des communicants du Parti « Socialiste ».

 

 

Tout cela est très au point, vraiment. Car évidemment destiné au sacro-saint « 20 heures » de TF1. C'est important, l’élaboration de la bande-son. J’espère que les « chauffeurs de salle » ont été dûment rémunérés, voire récompensés. Qu’on se le dise : le Parti « Socialiste » non plus, ne laissera rien au hasard, en 2012, pour ce qui est de la « communication ».

 

 

Clôture de la parenthèse.

 

 

Cela veut dire une chose : la machine à PROPAGANDE, qu’on soit à gauche ou à droite, tourne à plein régime. Bon, c’est vrai, je me suis déjà interrogé sur l’épaisseur de la feuille de papier à cigarettes qui sépare la droite de la gauche.

 

 

 

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C'EST-Y PAS BEAU ?

(le candidat avant son régime)

 

Et BERNARD ACCOYER peut toujours dire que si FRANÇOIS HOLLANDE est élu, la France subira un désastre comparable à celui d’une guerre. « Paroles verbales ». Mauvais cinéma. Gesticulation théâtrale. Car il faut posséder un nuancier excessivement précis, ou une balance de revendeur de haschich pour apprécier ou peser la différence entre P. S. et U. M. P.

 

 

Oui, je sais, on va encore me dire que j’exagère. Que le bipartisme existe toujours bel et bien en France. Et patali et patala. C’est vrai, on met une pincée de social et de redistributif d’un côté, on insiste de l’autre sur la sécurité et la performance économique.

 

 

Mais regardez 1983 : c’est bien le Parti « Socialiste » et FRANÇOIS MITTERRAND qui se sont convertis une fois pour toutes à l’économie de marché, à la concurrence « libre et non faussée », bref, à l’ultralibéralisme. Et qu’ils ont froidement laissé tomber, disons le mot : trahi les « couches populaires ».

 

 

Ce faisant, il faut le reconnaître, ils ont bien anticipé la chute du Mur de Berlin, la défaite du (soi-disant) « communisme » et le triomphe aveuglant du capitalisme, du libéralisme et de la finance débridée. Ont-ils pour autant eu raison de le faire ? Moi, je dis non.

 

 

Du coup, comme il n’y a plus qu’un seul système, mais que ça serait compliqué et risqué de le dire, gauche et droite sont obligés de faire comme si la guerre froide continuait. Ils sont tous obligés d’aller fouiller dans les poubelles de l’Histoire pour dénicher des « thèmes » qui les démarqueront de l’adversaire. A condition de ne pas se les faire piquer (cf. les GUY MÔQUET, JEAN JAURÈS sortis de la bouche de SARKOZY ; remarquez, MARINE LE PEN s’est bien mise à parler de « justice sociale » et de « redistribution »).

 

 

On n’est plus dans la politique. On est bien dans l’argumentation publicitaire. En débat public, ils haussent le ton comme au théâtre pour faire croire qu’ils s’engueulent et que de vraies « convictions » antagonistes les habitent et les opposent, irréconciliables. Mais regardez-les, les larrons en foire, les margoulins qui surveillent les clôtures des prés où leurs bêtes pâturent. S’agirait pas que le maquignon d’en face me pique la Blanchette, sinon qu’est-ce qui va me rester comme fromage ?

 

 

Il y a quand même quelques indices qui laisseraient presque des raisons d’espérer. Je ne sais pas si j’ai raison, mais il me semble que, si la machine à PROPAGANDE turbine plus fort que jamais, son rendement baisse de façon spectaculaire. Comme si la production d’automobiles régressait vers ses premiers âges, quand on faisait des moteurs de 200 CV qui tiraient péniblement la bagnole à 40 km / h.

 

 

Je ne voudrais pas trop m’aventurer, mais j’ai comme l’impression que le BARATIN a un peu plus de mal à faire de l’effet. Alors je voudrais vous dire que si, le 22 avril 2012, soir du premier tour de la présidentielle, j’entends qu’au deuxième tour, ce sera BAYROU contre LE PEN, je débouche le champagne.

 

 

Vrai, si les deux GEOLIERS (les deux GARDE-CHIOURME, si vous préférez) de la vie politique en France se font blackbouler, le lendemain matin, les flics pourront à bon droit et raison me placer en cellule de dégrisement pour une semaine. Et je redeviens OPTIMISTE, promis, juré, craché. Même si je ne me berce de nulle illusion quant à la nature profonde de FRANÇOIS BAYROU et de MARINE LE PEN.

 

 

Rien que la perspective d’un Parti Socialiste dans les choux et d’un U. M. P. dans les pommes, ça me donnerait une de ces patates !

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

 

 

 

26.01.2012

PROPAGANDE ET DEMOCRATIE

C’est très curieux, une campagne électorale. Regardez celle de 2007 : tout est verrouillé, autour de NICOLAS SARKOZY. Je pense à cette photo de lui à cheval, en Camargue, paradant à proximité d’une charrette à foin tirée par un tracteur, sur laquelle la foule des photographes de presse a été vivement invitée à monter, au point que plusieurs sont en équilibre instable. Pas une image ne doit montrer le bout du nez en dehors de celles prévues par l’U. M. P. (ou l’officine de prod. qui en tenait lieu).

 

 

Car SARKOZY avait inventé, enfin, non, plutôt piqué aux Américains, le contrôle intégral des images distribuées dans les médias : une boîte de production payée par l’U. M. P. avait fabriqué 100 % des images vues alors à la télévision.

 

 

 

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NICOLAS SARKOZY A LA MAIN HEUREUSE QUI LE DEMANGE

 

 

Une manière de dire aux médias : vous êtes des moins que rien. Si vous croyez pouvoir jeter un œil critique sur notre campagne, vous vous fourrez le doigt dedans. C’est nous qui sommes chargés de la publicité. Et personne d’autre. Sur la base du principe : « Qui maîtrise les images maîtrise la réalité ».

 

 

Résultat, les gens n’ont vu que du papier millimétré, intégralement élaboré dans le laboratoire d’une officine privée, spécifiquement rémunérée pour ça. Ils n’ont rien vu d’autre, dans le pays qui célèbre régulièrement la liberté de la presse, que des images plus lisses et brillantes que des fesses de bébé sorti du bain. Cela signifie une chose précise et inquiétante : nous vivons désormais à l’ère de la PROPAGANDE, et d’une propagande qui s’affiche de plus en plus éhontément comme telle.

 

 

Pas du subliminal, non, de l’explicite bien net et bien franc. Enfin pas tout à fait, parce qu’il fallait être au courant des secrets de fabrication, sinon, on était devant ces images comme devant un film de cinéma ou une pause publicitaire : on gobait, un point c’est tout.

 

 

Parce qu’au cinéma, si vous n’êtes pas du métier, vous ne vous demandez pas si le plan est rapproché, américain ou éloigné, de quelle façon le film a été monté ou quels sont les angles préférés du cinéaste : un film, ça marche ou ça ne marche pas. Si ça marche, vous gobez, sinon, vous sortez. Sauf si vous vous dites que c’est bête d’avoir payé la place pour rien.

 

 

En face, en 2007, c’est sûr, ça faisait un peu amateur. SEGOLENE ROYAL, on a tout su de la conception et de la réalisation de sa campagne. On a su qu’elle avait un metteur en scène de cirque pour ses meetings, un habilleur, et tout le toutim. On n’a rien ignoré du nouveau flou de ses cheveux et de sa longue tunique, de la symbolique de ses couleurs, le bleu et le blanc de JEANNE D’ARC, j’en passe, et des meilleures, comme disait VICTOR HUGO (Hernani, III, 6).

 

 

On a tout su de ce qui se passait dans les coulisses de la candidate. On n’a rien su de la fabrique des images qui a vendu celle du produit NICOLAS SARKOZY. Le « marketing », le « merchandising », le « packaging » du détergent miracle ont fonctionné de façon absolument impeccable.

 

 

Comme le camelot et le produit étaient un seul individu, passez muscade, comme disent les petits escrocs de rue, avec leur bonneteau. Les électeurs ont acheté. Il leur a fallu quelques années pour déballer le détergent révolutionnaire, et se rendre compte que c’était de la poudre de perlimpinpin. Cela prouve une chose : que la PROPAGANDE, ça marche.

 

 

 

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L'HYENE VOUS SALUE BIEN

 

 

 

Et ce n’est pas fini. NICOLAS SARKOZY nous la joue en ce moment « homme-courageux-qui-a-ses-faiblesses », sur le mode « si je perds, je quitte la politique », qui ne veut dire qu’une chose : « aimez-moi, je vous en supplie », sanglotez, violons !

 

 

Le packaging va forcément être révisé, la révision des cinq ans, je vous la rends comme neuve. Mais la poudre est toujours la même perlimpinpin, celle de la fée qui transforme la citrouille en carrosse et Cendrillon en princesse, attention, jusqu’à minuit pas plus. Après, tant pis pour toi. Tu reviens à pinces.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

Demain, promis, on goûte le fromage de HOLLANDE. Est-ce du Gouda (prononcer raouda, comme la ville), du frison, du leyden, du leerdamer, de la mimolette, du limbourg ? Le suspense est à son comble.

 


 

18.01.2012

CHERIE, J'AI RETRECI LA DEMOCRATIE !

Résumé : je chante, en m'appuyant sur son petit bouquin (Propaganda, éditions Zones-La Découverte, 12 euros), les louanges d’EDWARD BERNAYS, l’inventeur de la manipulation des foules et de la propagande comme seul moyen de gouvernement « démocratique » dans les sociétés de masse.

 

 

***

 

 

C’est au pays de la « libre Amérique » qu’a été adopté, en 1791, le mythique « premier amendement », interdisant au Congrès de prescrire ou proscrire en matière de religion, d’expression, etc. BERNAYS, c’est le moins qu’on puisse dire, juge que la liberté c’est très bien, à condition qu’elle soit « organisée ». Je ne dis pas qu’il a forcément tort. Je regarde.

 

 

Il énumère les multiples associations, les multiples organes de presse, les multiples salons organisés à Cleveland, etc., pour dire que les opinions se forgent dans une infinité de lieux, circulent le long d’une infinité de canaux. Mais pour dire aussi que chaque individu appartient à plusieurs cercles.

 

 

Il conclut : « Cette structure invisible qui lie inextricablement groupes et associations est le mécanisme qu’a trouvé la démocratie pour organiser son esprit de groupe et simplifier sa vie collective ».

 

 

Simplifier la vie collective : c’est une obsession. EDWARD BERNAYS aime l’ordre, qu’on se le dise. Tiens, quand il cite NAPOLEON, c’est ceci : « Savez-vous ce que j’admire le plus dans le monde ? C’est l’impuissance de la force pour organiser quelque chose ». Il aurait fallu dire ça à GEORGE W. BUSH, avant qu’il exporte ses caprices en Afghanistan et en Irak.

 

 

BERNAYS prône donc la douceur pour atteindre le même but. Ne pas assener, ne pas forcer, ne pas prendre de front. Mais insinuer, suggérer, et avant tout, comprendre. En gros et pour résumer : comprendre qui est le suiveur de qui, pour, en dernier ressort, agir sur le groupe par celui que les autres suivent. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas le domaine d’activité du groupe (politique, religion, commerce, etc.), c’est la structure qui organise le groupe.

 

 

Déjà et d’une, il veut réhabiliter le beau mot de « propagande » : « tout effort organisé pour propager une croyance ou une doctrine particulière ». C’est dommage que ce joli terme ait pu être pris en mauvaise part, par suite de circonstances malheureuses ou détestables. Franchement, qu’y a-t-il de plus noble que le prosélytisme, cette démarche qui consiste à essayer d'embrigader un voisin, puis dix, etc. ?

 

 

De toute façon, sa thèse est claire : « Ce qu’il faut retenir, c’est d’abord que la propagande est universelle et permanente ; ensuite, qu’au bout du compte, elle revient à enrégimenter l’opinion publique, exactement comme une armée enrégimente les corps de ses soldats ». L’aspect militaire ne lui fait pas peur.

 

 

Au contraire, je dirais qu’il n’est pas pour lui déplaire. D’un certain point de vue, on ne peut pas lui donner tort : quoi de plus carrément organisé qu’une armée ? Mais si cette manipulation, c’est du militaire sans uniforme, et muni seulement d’armes « non létales », ça reste des armes. Si c’est de la police politique (ou de la « police secrète ») sans coercition directe, sans torture, ça reste de la coercition.

 

 

EDWARD BERNAYS passe en revue ce qui est aujourd’hui passé dans les programmes de toutes les écoles de communication, mais qui n’était pas encore établi comme « objet de savoir » au début du 20ème siècle. Il reconnaît, par exemple, sa dette envers WALTER LIPPMANN en ce qui concerne les « relations publiques ». C’est TROTTER et LE BON qui ont déniché la notion de « mentalité collective », foncièrement différente de la mentalité individuelle.

 

 

BERNAYS est de ceux qui pensent que l’individu, par principe, n’agit pas de sa propre initiative, mais suit forcément un leader : « C’est là un des principes les plus fermement établis de la psychologie des foules ». Si le leader est absent, le stéréotype prend sa place et son rôle. Ce n’est pas difficile, une foule, comme psychologie. Ce n’est pas un cortex cérébral, c’est une moelle épinière (seule nécessaire, selon EINSTEIN, pour marcher au pas).  

 

 

Tiens, un joli morceau : « La vapeur qui fait tourner la machine sociale, ce sont les désirs humains. Ce n’est qu’en s’attachant à les sonder que le propagandiste parviendra à contrôler ce vaste mécanisme aux pièces mal emboîtées que forme la société moderne ». La publicité est là tout entière, y compris celle pour la politique.

 

 

Finalement, tout ce que BERNAYS aborde dans son bouquin est devenu aujourd’hui d’une effroyable banalité. C’est devenu « naturel ». C’est devenu la couleur de nos murs, celle que nous ne voyons même plus. Mais ce paysage qu’il compose chapitre après chapitre a fort peu à voir avec la démocratie. Sur la démocratie même, il ne se prononce pas. C’est un pragmatique : il fait avec ce qu’il a.

 

 

Son raisonnement a quand même de quoi faire froid dans le dos : « La voix du peuple n’est que l’expression de l’esprit populaire, lui-même forgé pour le peuple par les leaders en qui il a confiance et par ceux qui savent manipuler l’opinion publique, héritage de préjugés, de symboles et de clichés, à quoi s’ajoutent quelques formules instillées par les leaders ». Dans un tel système, n’est-ce pas, pas besoin d’un dictateur.

 

 

Au sujet de la politique, il cite l’Anglais Disraeli : « Je dois suivre le peuple. Ne suis-je pas son chef ? ». Et ajoute : « Je dois guider le peuple. Ne suis-je pas son serviteur ? ». C’est certain, BERNAYS est un subtil. Mais que pensez-vous de ça : « Il est en effet incompréhensible que les hommes politiques ignorent les procédés commerciaux mis au point par l’industrie » ?

 

 

Je vais rassurer le cadavre d’EDWARD BERNAYS, et lui dire que le temps a largement comblé cette lacune. De toute façon, comme il est mort en 1995, à l’âge canonique de 103 ans, il a eu largement le temps de jouir de l’évolution des choses, et de se féliciter d’avoir apporté à celle-ci une contribution plus que généreuse.

 

 

Bon, j’en ai assez dit sur EDWARD BERNAYS, le trop méconnu bienfaiteur de l’Amérique triomphante en particulier, et du monde capitaliste moderne en général. Si vous ne le connaissiez pas, il y en a assez, je crois, pour vous dégoûter du personnage.  

 

 

Accessoirement, il est bon de se souvenir que l’un des premiers lecteurs attentifs de Propaganda s’appelait JOSEPH GOEBBELS, l’inventeur de la « Propaganda Staffel », de si heureuse mémoire au sein du régime mis en place par un certain ADOLF HITLER. Il est bon de se souvenir aussi que STALINE ne fut pas non plus un trop mauvais élève de BERNAYS.

 

 

Il est bon de savoir que le régime hitlérien, fondé, entre autres, sur la propagande, s’inspire de ce Satan capitaliste américain nommé  EDWARD BERNAYS. J’ai dit, dans des billets précédents, que, par certains aspects, le sang qui coule dans les veines de nos si beaux régimes démocratiques « irréprochables » (terme de SARKOZY) n’est pas aussi éloigné qu’on le voudrait de celui qui a nourri l’organisme hitlérien. N’y a-t-il pas ici quelques éléments de preuve ?

 

 

Vous comprenez peut-être pour quelle raison il y a chez moi quelque chose qui dit, avec les personnages des romans de MICHEL HOUELLEBECQ : « Je n’aime pas ce monde-là ».

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

 

 

 

17.01.2012

CHERIE, QUI MANIPULE-T-ON, CE SOIR ?

Résumé et sommaire : la démocratie s’est inspirée des totalitarismes. En douceur, elle s’est imprégnée de totalitaire sur plusieurs points : eugénisme, abrutissement télévisuel, contrôle des populations par toutes sortes de moyens : caméras, puces électroniques, facebook, téléphones portables, G. P. S., etc.

 

 

***

 

 

Etre manipulé, c’est donc être gouverné sans le savoir. Etre gouverné sans savoir par qui. Sans savoir comment. Sans s’en rendre compte. On me dira que les Allemands sous HITLER et les Russes sous STALINE savaient qu’ils étaient gouvernés. Ô combien. Et qu’ils auraient souhaité l’être moins, sans doute.

 

 

Mais remplacez la police politique et la délation par l’œil des caméras de surveillance et l’oreille des puces électroniques (pour ne rien dire des puces RFID), le résultat sera aussi vigoureux, mais aura été obtenu en douceur, s’il vous plaît. On a éliminé la violence des procédés, mais on arrive quand même au résultat souhaité. Avec l’adhésion des populations, s’il vous plaît.  

 

 

Cette adhésion n’est pas le moins intéressant, car elle montre que la police n’est plus seulement une force extérieure visible de coercition, mais loge aussi à présent dans une case de toutes les têtes individuelles. Dans un tel système, la police a été intériorisée. Chacun porte en lui-même son flic. Comme le téléphone et l’ordinateur, la police est devenue portable. On la porte sur soi. On la porte en soi.

 

 

Et ça n’a pas grand-chose à voir avec ce que la psychanalyse appelle le « SURMOI », tu sais, ce paquet d'interdit que l'éducation a pour mission de te transmettre dès ton âge le plus tendre, paquet qui sert à t'occuper les mains de l'esprit pour t'empêcher de faire n'importe quoi. La police intérieure n’érige pas seulement des proscriptions, mais aussi des prescriptions.

 

 

Ça veut dire qu'elle te dit ce que tu dois faire. Des choses que tu as l'impression d'avoir envie de les faire, mais que c'est rien que des obligations. Mais des obligations que tu t'es même pas rendu compte qu'elles sont entrées en toi, et que tu sais encore moins comment.

 

 

L’une des caractéristiques du régime totalitaire, selon HANNAH ARENDT, c’est le règne des polices secrètes, polices politiques etc. Il paraît qu'il y a en Syrie, aujourd'hui, pas moins de sept services faits pour ça, dont les attributions se chevauchent pour qu'ils puissent se faire concurrence et se surveiller plus commodément. 

 

 

Regardez l’Angleterre en 2011, les émeutes, les pillages. Eh bien la police en est toujours à courir après les pillards, à les identifier, à les condamner sévèrement. Grâce aux caméras. Vous me direz que ce n’est pas bien de piller. Mais ce n’était pas bien vu non plus de dire du mal de STALINE. Du moins de son vivant.

 

 

Nous sommes en démocratie, oui. Quelque chose me dit pourtant que si l’on voulait regarder d’assez près (et sans passion, s’il vous plaît) les points de ressemblance entre notre monde merveilleux et certaines caractéristiques de l’hitlérisme et du stalinisme, ceux-ci seraient moins honnis des manuels d’histoire, et notre monde merveilleux serait moins ovationné. Que se passerait-il si les gens commençaient à se dire : « l’esprit d’HITLER est en nous » ? Ça ferait une sacrée Pentecôte, vous ne croyez pas ? Et sans les langues de feu de l’Esprit Saint.

 

 

C’est la raison de l’ambiguïté foncière de BEAUVOIS et JOULE. Tenus par leur rigueur « scientifique » à ne pas sortir de leur champ, ils ne font qu’effleurer cette question. Pourtant, il y a peu de chances que BEAUVOIS et JOULE ignorent le nom et l’œuvre d’EDWARD BERNAYS, père fondateur de la manipulation des foules.

 

 

 

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EDWARD BERNAYS

 

 

 

Qui connaît cet immense bienfaiteur de la « démocratie » américaine ?

 

 

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans les sociétés démocratiques. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays ».

 

 

Voilà ce qu’il dit, EDWARD BERNAYS. En 1928. C’est exactement le premier paragraphe de son livre Propaganda. Ce neveu devenu américain de SIGMUND FREUD a su mettre à profit la découverte principale de son tonton (l’inconscient), et s’en servir pour élaborer sa théorie pour « la manipulation consciente (…) des masses ».

 

 

 

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PUBLICITE POUR LUCKY STRIKE

 

 

 

Une réussite de BERNAYS est d'avoir, lors d'une campagne pour le compte de la marque de cigarettes Lucky Strike, amené la masse des Américaines à fumer, y compris sur et à commencer par la voie publique. Parce que zut, il n'y a pas de raison qu'il n'y ait que les hommes qui ... Je propose en passant de restituer, chaque fois qu'il est utilisé, à la place du terme tout innocent de PUBLICITÉ, le mot PROPAGANDE, plus franc et plus près de la réalité manipulatoire. Dites-vous ça chaque fois que le mot publicité apparaît sur l'écran de la télé.

 

 

 

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"UN VIEUX PREJUGÉ A ETE CHASSÉ"

 

 

 

La question à laquelle s’est efforcé de répondre BERNAYS se situe en amont de celle que je me posais hier ici même : si 60.000.000 de Français (environ, ne chipotons pas) étaient vraiment libres, quel MIRACLE faudrait-il imaginer pour qu’ils désirent et décident, au même moment, de faire la même chose que tout le monde (supermarché, plage, télévision, …), comme ça se passe dans la réalité ?

 

 

On imagine bien le tableau : si, au même moment, 60.000.000 de désirs et de décisions différents surgissent, émanant d’individus parfaitement autonomes et libres, ça ne va pas tarder à être le chaos. Pour BERNAYS, c'est clair : la liberté est une facteur de risque, car elle amène le chaos. Ça va partir dans tous les sens, comme dans un mouvement brownien. Ça va devenir rapidement « ingérable », comme on dit. A côté de ce cataclysme, l’anarchie ressemblerait à de la natation à peu près synchronisée. Il a donc fallu l’inventer, le miracle.

 

 

 

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MOUVEMENT BROWNIEN

 

 

 

Parce que, précisément, ce n’est pas un miracle. Ou, dit autrement, c’est un miracle minutieusement conçu et fabriqué. Par EDWARD BERNAYS. Le sous-titre de son Propaganda, est « Comment manipuler l’opinion en démocratie » (éditions Zones-La Découvertes, 2007, 12 euros). L’auteur a le mérite de la franchise, et n’y va pas par quatre chemins. Ce n’est pas un aveu naïf. C’est la proclamation claire et nette d’une doctrine explicite. EDWARD BERNAYS entend être utile à son pays, et pour cela à faire triompher son idée du Bien.

 

 

 

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EDWARD BERNAYS

MORT EN 1995 à 103 ANS

 

« Théoriquement, chaque citoyen peut voter pour qui il veut. (…)Les électeurs américains se sont cependant vite aperçus que, faute d’organisation et de direction, la dispersion de leurs vois entre, pourquoi pas, des milliers de candidats ne pouvait que produire la confusionLe gouvernement invisible a surgi presque du jour au lendemain, sous forme de partis politiques rudimentaires. » Cela s’appelle limiter les risques de centrifugation.

 

 

Dire que la lecture de ce petit livre (100 pages + la préface) est instructive ne dirait pas grand-chose. Le projet de l’auteur ne souffre pas l’ambiguïté : il s’agit de prescrire « un code de conduite sociale standardisé », d’user de « techniques servant à enrégimenter l’opinion ».

 

 

Pour que ça fonctionne, « la société accepte de laisser à la classe dirigeante et à la propagande le soin d’organiser la libre concurrence ». C’est-y pas merveilleux ? Chaque terme compte : « …organiser la libre concurrence … ». Il s’agit de mettre un peu d’ordre dans la loi de la jungle. En contournant au passage ceux qui sont élus pour écrire les lois.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A finir, si vous le voulez bien.

 

 

 

 

 

05.01.2012

HARO SUR LES POPULISTES !

En parlant de Madame LE PEN et de JEAN-LUC MELANCHON, les premiers de la classe qui nous gouvernent (regardez le parcours scolaire de la plupart !) ont une moue de dédain pour les qualifier de « populistes ». Qu’ès-aco, « populisme » ?

 

 

J’ouvre mon dictionnaire : « Tendance politique qui prétend défendre les intérêts du « peuple » en s’opposant aux institutions et aux méthodes démocratiques, aux médiations traditionnelles, aux « élites » et aux représentants des pouvoirs établis (l’establishment) ; organisation, parti relevant de cette tendance ». Je passe sur le nationalisme, la xénophobie, l’anti-intellectualisme, le charisme du chef, la propagande, tout ça est donné avec le paquet.

 

 

Entre parenthèses, je ne comprends pas en quoi la propagande distingue les populistes des « grands partis démocratiques et républicains ». Pour la France, j’ai plutôt l’impression que ce sont ces deux partis (le B.-B. et le b.-b. : Blanc-Bonnet et bonnet-blanc, connus sous les noms de P. S. et U. M. P.) qui conduisent le char d’assaut (ou le rouleau compresseur) de la propagande.

 

 

Je retiens de la définition, que le populiste s’oppose « aux institutions et aux méthodes démocratiques ». Or qu’est-ce que je vois de mes yeux éberlués ? Monsieur MELANCHON est le candidat officiel du Front de Gauche, parti dûment inscrit auprès de la préfecture, à la prochaine élection présidentielle. Madame LE PEN ? La candidate officielle à la même élection d'un parti qui n'a jamais laissé entrevoir qu'il risquait d'être interdit.

 

 

C'est sans doute la raison qui fait que lorsque Madame LE PEN ou le vice-président du Front National LOUIS ALIOT sont invités aux "matins" de France Culture, tous les roquets du plateau, à commencer par le peut-être démocrate BRICE COUTURIER, de la radio "culturelle" retroussent les babines, montrent les crocs et s'en prennent aux mollets des invités, au point de pratiquer à leur encontre une censure de fait, par le brouillage savamment orchestré de leurs propos (interruptions constantes et multiples, désinvolture et arrogance). Ci-dessous, monsieur BRICE COUTURIER, de France Culture.

 

 

 

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On comprend bien que des journalistes veulent donner des gages pour interdire à qui que ce soit de soupçonner des "journalistes" d'avoir quoi que ce soit à voir avec les thèses d'un parti catalogué comme "facho". Je n'aime certes pas le Front National, principalement à cause du Quotient Intellectuel auquel il fait appel pour se procurer des adhérents dans le Supermarché Politique Français (SPF). Mais j'ai déjà eu l'occasion de déclarer ici que ce n'est pas parce que quelqu'un fait appel à la connerie, qu'il faut l'empêcher d'exprimer ses conneries.

 

 

Il fut un temps (pas si lointain) où le Front National ne refusait pas de faire le coup de poing. Mais il y avait en face des groupuscules que j’ai entrevus, et dont les membres masculins subissaient un entraînement paramilitaire plus ou moins poussé, plus ou moins professionnel. Mais aujourd’hui, qui, en politique, fait le coup de poing ? Qui, en politique, refuse le « jeu démocratique » ? Qui, en politique, conteste les institutions ? PLUS PERSONNE.  

 

 

L’engourdissement a neutralisé, anesthésié, paralysé le politique. Le politique tel qu’il nous est montré hésite entre le spasme et le bâillement, mais un spasme et un bâillement de théâtre. Les hommes qui s’agitent sont passés chez l’habilleuse, la maquilleuse. Ils ont appris le rôle qu’ils ont à réciter, ce sont les « éléments de langage ».

 

 

Dans la coulisse, ils sont entre eux, ils rigolent, paillardent, mangent et boivent aux mêmes tables. Sur scène, chacun avale un balai le temps de la représentation, et s’acquitte de sa tâche. Pas question de se déboutonner. Vivement que le rideau soit tombé ! Qu'on puisse chier le balai.

 

 

Désormais, je ne les qualifierai plus que de « politicards » ou « politicons ». J’ai une fois de plus entendu l'autre matin un de ces salopards soutenir sans que son nez s’allonge que la politique est un métier, une profession, voire une mission, qu’on ne saurait remplir si on « n’y croit pas » profondément, et si on n’y est pas engagé 24 / 24 et 7 / 7. Dire que la politique est un métier fait partie intégrante des immondices, détritus et autres déjections vomies par une démocratie en voie d’extinction.

 

 

Aussi longtemps que ces gens-là considèreront que se mettre au service de la collectivité est une orientation professionnelle à parent tiers, ce gros étron du mensonge sortira de la bouche-anus (c’est une seule et même chose) qui sert d’orifice sonore aux politiculs.

 

 

D’abord, parce que ça signifie que les dizaines de millions qui n’ont pas choisi ce « métier » sont des péquenots, et n’ont pas « voix » au chapitre, sinon par urnes interposées, de loin en loin. Ils n’ont plus qu’à fermer leur gueule. Jusqu’à la prochaine ouverture des urnes.

 

 

Et puis, ce politiclone qui  déclare que diriger une municipalité revient à manager une entreprise, est-ce qu’il n’affiche pas, finalement, le fin du fin de l’idéologie ultralibérale ? Quelqu’un qui dit : « C’est trop technique pour être géré par des amateurs », pour moi, c’est exactement ça, le premier pas vers la mafia dirigeante.

 

 

Les seuls vrais professionnels que je vois, dans le domaine politicru, ce sont les spécialistes, les « experts » si l’on veut. Ceux qui exposent au décideur politicocu les données d’un problème, pour qu’il prenne la meilleure décision possible. Décider, c’est choisir. S’il a réfléchi, il s’appuiera sur l’avis des professionnels pour prendre sa décision, mais il décidera en fonction de la vision qu’il a des choses.

 

 

Et si les « experts » se contredisent, c’est au politicru de trancher, et d’oser prendre ses responsabilités. Il ne saurait confisquer la décision au prétexte qu’elle résulterait de calculs simplement logiques et techniques. Si tout ça est simplement logique et technique, il n’y a qu’à rentrer les données dans la machine, et la décision sortira, évidente et lumineuse. Et le chef ne sert à rien.

 

 

Une autre possibilité reste aux politicrâneurs : donner les clés de la maison aux experts. Dire qu'on s'en lave les mains. Se contenter de la mise en musique de la politique élaborée dans les bureaux des experts, et de courir les plateaux de télévision pour servir en toute occasion les "éléments de langage". Le problème, avec les experts, c'est qu'il leur est impossible de se mettre d'accord : que ce soit sur les dangers qui nous menacent, les perspectives qui s'offrent ou les solutions à mettre en oeuvre, ils sont entre eux dans des bisbilles interminables. On en revient donc au point de départ : qui prend la décision ?

 

 

Un autre politicasseur se défendait énergiquement contre toute « IVRESSE DU POUVOIR », et soutenait que, s’il l’a ressentie au début, il s’en est très vite défait. Vous savez ce que ça veut dire, ce genre de discours ? En fait, que cette ivresse lui est devenue tellement habituelle qu’elle constitue son mode de vie naturel et ordinaire.

 

 

Ça, les spécialistes des addictions connaissent  par cœur. Ça veut dire une seule chose : le sang qui coule dans leurs veines, ce n'est plus du sang, c'est de l'ivresse du pouvoir distillée, comme l'héroïne la plus pure, à 95,5 % dans un laboratoire presque clandestin. Leur sang, il en est chargé à bloc et en permanence, de l’ivresse du pouvoir. Ils sont grave toxicos.

 

 

Le politicrate, il est comme un drogué, d’abord dans la dépendance (c’est le temps où il avoue son état d’ivresse), ensuite dans  l’accoutumance (c’est le temps où il affirme qu’il s’en est débarrassé ; réfléchissez, c’est plus profond que ça n’en a l’air). Plus ça va, plus il lui faut sa dose. Tiens, faisons un essai : voyons comment réagirait le politicornard en cas de sevrage brutal. J’attends le résultat avec la tranquillité que donne la certitude.

 

 

Et il y a des naïfs pour se demander les raisons du succès de thèses et de partis dits « populistes » ! Ces raisons, en dehors des problèmes que pose la réalité économique, il ne faut pas les chercher ailleurs que dans le spectacle lamentable et déliquescent offert par l’ensemble des premiers de la classe qui nous gouvernent.

 

 

Le théorème a la simplicité lumineuse des opérations arithmétiques d’école primaire : « QUAND LE GENERAL EST POURRI, LA TROUPE S’EN REMET A L’ADJUDANT » (j’opte aujourd’hui pour le proverbe nambikwara, si vous voulez bien).

 

 

Traduction : l’électeur qui a perdu la foi se rabat sur la grande gueule. Il paraît et on nous serine que c’est très mal. En gros, il y aurait deux sortes de politicouillons : ceux qui respectent le jeu parlementaire et les autres. Ces « autres », supposons que c’est MADAME LE PEN et, dans une moindre mesure JEAN-LUC MELANCHON. Même s’ils jouent le jeu. Le tout est de bien affirmer qu’ils sont les méchants.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

La suite à demain.

 

 

04.01.2012

QUI VEUT SAUVER RENE MAGRITTE ?

Résumé : je continue et persiste à dire du mal de MAGRITTE.

 

 

La lourdeur de MAGRITTE vient de ce qu’il veut péter plus haut que son cul, en prétendant insuffler du SENS. Il veut faire croire que ses facéties picturales sont la quintessence de l’art. Ce faisant, il procède comme tous ceux qui, en s’appuyant sur les techniques les plus modernes, prétendent imiter dans des objets fabriqués les structures biologiques du cerveau vivant, de l’A. D. N. ou de je ne sais trop quoi : à l’arrivée, ça donne quelque chose de pauvre, que dis-je, d’infirme, voire de peu humain. En plus, c’est tellement simple que c’en est aride comme le Kalahari.

 

 

Somme toute, la peinture de RENÉ MAGRITTE est la peinture THEORIQUE d’un peintre INTELLECTUEL. Comme le dit le même « docte » déjà cité auparavant : « L’œuvre de Magritte est certainement l’un des rares exemples de peinture intellectuelle de notre époque ». Tu l’as dit, bouffi ! Autrement dit, qu’on se le dise, nous voici devant de la « peinture à message ». C’est didactique, et chiant comme tout ce qui est didactique.

 

 

Le bouffi en question met sur le même plan RENÉ MAGRITTE et MAX ERNST. Il faut l'être jusqu'à la moelle, bouffi, pour confondre un fabricant de gags picturaux et un artiste véritable qui offre à voir un monde dont, la plupart du temps, il ne donne pas la clé (je pense à ses séries de collages La Femme 100 têtes et Une Semaine de bonté, mais aussi aux Jardins gobe-avions, et à tant d’autres). C’est bête, mais avec MAGRITTE, on arrive tout de suite au but. Regardez plutôt ce Jardin gobe-avions :

 

 

 

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Et dans le genre « gag » visuel, un type comme ROLAND TOPOR pète infiniment plus haut, plus loin et plus profond que cet intello de salon. Chez TOPOR, un seul truc reste insupportable : son rire. Moins horripilant depuis qu’il est mort (mais il y a Youtube). Tout le reste est rigoureusement impeccable, même quand il se met à quatre pattes pour faire le tour du plateau de télé en gruïkant comme un cochon qu’on assassine. Je recommande en particulier la série de dessins dont il a illustré l’édition des Œuvres Complètes de MARCEL AYMÉ.

 

 

 

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Un dernier truc qui ne me revient pas, chez RENÉ MAGRITTE, mais alors pas du tout. Il fait partie de la cohorte surréaliste, et ça c’est impardonnable, et pour une raison très précise. ANDRÉ BRETON, le pape de cette secte devenue une religion, considérait ARTHUR RIMBAUD comme « coupable devant nous d’avoir permis, de ne pas avoir rendu tout à fait impossibles certaines interprétations déshonorantes de sa pensée, genre Claudel » (Second Manifeste du Surréalisme).

 

 

Eh bien, franchement, on serait en droit d’accuser BRETON du même chef. Car à force de fouiller dans le subconscient, à force de déterrer de la « beauté convulsive » dans les tréfonds de l'âme humaine, à force d'en appeler aux ressources freudiennes de l'inconscient, le surréalisme a ouvert à la PUBLICITÉ une autoroute. Le minerai précieux de l'imagination enfouie a été amené à la lumière, et la PUBLICITÉ s'est ruée sur le magot, et s'en est servie comme d'un cheval de Troie pour envahir en retour les tréfonds de l'âme humaine avec de la MARCHANDISE sublimée par la métaphore plus ou moins poétique.  

 

 

Sans même parler de ce qu’il y a d’absolument ahurissant dans le reproche adressé à RIMBAUD par ANDRE BRETON, sans même parler de SALVADOR DALI, alias Avida Dollars (comme disait A. B. en personne), le surréalisme des peintres est devenu le principal PROXENETE PUBLICITAIRE. 

 

 

 

MAGRITTE est l'archétype du fournisseur de la filière prostitutionnelle qui exploite les pauvres PUTAINS de l'imagination, sous le couvert même de la liberté. Il a apporté à la PUBLICITE l'aliment idéal de la putasserie, qui peut se formuler ainsi : « Tout est dans tout, et réciproquement ».

 

 

 

RENÉ MAGRITTE, que ce soit comme surréaliste ou comme fabricant de gags visuels, est de ceux qui ont fourni en chair fraîche les « créatifs » de toutes les agences de publicité, à commencer par l'idée d' « images à idées ». Je me souviens d’une publicité pour les appareils Hi-Fi pour automobile Pioneer, réalisée de main de maître, montrant une très belle voiture en forme de violon, pour bien convaincre que la voiture, grâce à Pioneer, était devenue musique. C'était du MAGRITTE tout craché.

 

 

ANDRÉ BRETON ne tresse-t-il pas des couronnes de laurier à MAGRITTE ? « Il a abordé la peinture dans l’esprit des "leçons de choses" et sous cet angle a instruit le procès de l’image visuelle dont il s’est plu à souligner les défaillances et à marquer le caractère dépendant des figures de langage et de pensée. Entreprise unique, de toute rigueur, aux confins du physique et du mental, mettant en jeu toutes les ressources d’un esprit assez exigeant pour concevoir chaque tableau comme le lieu de résolution d’un problème. » Si je m’appelais ANDRÉ BRETON, je m’enlèverais les mots de la bouche.

 

 

Dire que j’ai trouvé fréquentable un type comme ça ! Enfin, à chacun ses erreurs de jeunesse ! Je ne lui concède qu’une seule vertu : ANDRE BRETON écrit dans un français d’un classicisme irréprochable. Pour le reste, il y a du LENINE dans les oukases de cet homme. Dire toutes ces belles paroles pour finir sur des affiches 4 x 3, le long des routes, quel avilissement !

 

 

Et je passe sur les élucubrations philosophico-machines de MICHEL FOUCAULT : « Magritte noue les signes verbaux et les éléments plastiques, mais sans se donner le préalable d’une isotopie ; et tralala… ». C’est sûr, il devait être bien défoncé, le MIMI. N'empêche que "isotopie", fallait y penser. Voyez, on n'en sort pas, du gag.

 

 

Et je passe sur les divagations délirantes de RENÉ MAGRITTE lui-même, où il attribue aux choses un autre nom, appelant une « feuille » (d’arbre) un « canon ». Ou pas de nom du tout, comme cette barque qui vogue sur la mer. Le fait que ça se passait en 1929 (La Révolution surréaliste n° 12) peut-il constituer une excuse ? Une circonstance exténuante ? Un délit de non-assistance à personne engrangée ? Un cas non répertorié de grippe aviaire ?

 

 

 

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Pour conclure, une petite charge sabre au clair contre l’ « art conceptuel ». Vous voyez déjà le lien, non ? Je sais bien que MARCEL DUCHAMP est considéré comme le grand ancêtre, avec ses ready-mades et quasi-ready-mades (hérisson porte-bouteille, urinoir transformé en « fontaine », trois « stoppages-étalons », etc.), mais MAGRITTE arrive pas loin derrière.

 

 

D'ailleurs, des artistes encore vivants ont réglé son compte à DUCHAMP. Ils s'appellent GILLES AILLAUD, EDUARDO ARROYO et ANTONIO RECALCATI. Et leur oeuvre (anecdotique, disons-le) s'intitule Vivre et laisser mourir ou La Fin tragique de Marcel Duchamp. Cela date de 1965. Certains ont appelé cela « réhabilitation du figuratif » ou postmodernité. Quand il n'y a plus de concept, il en vient encore.

 

 

 

AILLAUD ARROYO DUCHAMP.jpg

 

 

 

Mentionnons tout de même ce magnifique cadre doré digne des salons de la grande bourgeoisie, où FRANCIS PICABIA avait, je crois que c’était en 1919, à l’occasion d’une exposition, suspendu par une ficelle un vrai morceau de macadam noirâtre comme seule et unique « œuvre ». C’était aux beaux jours de Dada.   

 

 

Il me semble que MAGRITTE est, plus que DUCHAMP, le précurseur de cette cinglerie qui s’appelle « art conceptuel », auquel il prépare le chemin. Pour prendre une comparaison, je dirais que RENÉ MAGRITTE est à l’art conceptuel ce que SAINT JEAN-BAPTISTE fut à JESUS CHRIST. « L’objectif de l’art conceptuel est d’affirmer de façon radicale la prééminence de l’idée, de la conception sur la réalisation. » Ce n’est pas moi qui le dis.

 

 

Attendez, c’est pas fini : « De plus, l’œuvre pouvant se réduire à un énoncé, sa matérialisation n’est plus intrinsèque à l’acte artistique ». Si, si, je vous jure, à midi, une tranche de ça entre deux tranches de pain, et je vous garantis que vous n’avez plus faim de toute la journée. Même que JOSEPH KOSUTH l’a dit : « Art as idea as idea ». L'étape suivante, on s'en souvient très bien, c’est l’équation de la relativité générale à résoudre en milieu subaquatique par deux pingouins à lunettes demandant la nationalité daghestanaise en plein blocus continental.

 

 

Je continue : « La démarche se veut essentiellement intellectuelle [et toc !], analytique et critique ». Le grand mot est lâché (il faudrait dire le « gros mot » : intellectuel). L’auteur que je cite concède quand même : « Une part de la critique s’est plu à voir dans ce mode d’expression extrémiste, austère, parfois immatériel et paradoxal, souvent ennuyeux, la mort de l’art (…) ». Eh bien écoutez, franchement, parfois, ça fait du bien à entendre. « La mort de l'art ». Et ce n'est même pas moi qui le dis.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

Ça suffira pour cette fois.

 

 

 

 

18.09.2011

ELOGE DE LA DIFFERENCE DES SEXES

Pour mettre tout de suite les choses au point, que ce soit clair, je proclamerai donc sans ambages l'affirmation suivante : VIVE MON SEXE et A BAS MON GENRE.

 

 

Aussi, c'est que le suave et délicieux RAPHAËL ENTHOVEN n'aurait pas dû monter, comme il a fait récemment, au créneau, sur l’antenne de France Culture. C’est qu’une vache bagarre se présente à l’horizon « culturel » : l’irruption, dans quelques manuels scolaires, d’une distinction fondamentale à établir entre, d’une part le « sexe », et d’autre part le « genre ». Cela tombait si peu sous le sens qu’un tas de parlementaires UMP se sont insurgés contre cette intrusion inopportune et intempestive. Mais de quoi se mêlent donc ces vieux réacs ?

 

 

Heureusement donc, le suave et délicieux RAPHAËL ENTHOVEN a commencé à ferrailler, avec son épée en velours de soie. De son ton de certitude doucereuse, avec cette articulation duveteuse qui n’appartient qu’à lui, avec cette voix qui a décidé de jouer au grand intellectuel raffiné, il a pris la défense des rédacteurs des manuels injustement mis sur la sellette. De quoi s’agit-il ?

 

 

Je vais te dire. Quand tu viens au monde, le hasard ou la nécessité t’a déjà doté d’un sexe, mâle OU femelle. Ne parlons pas des diverses aberrations naturelles (ou artificiellement induites). Anatomiquement, tu es garçon OU fille. Il y a exclusion réciproque : si tu nais garçon, tu ne nais pas fille, et inversement. C’est la base de tout le reste, le point de départ, disons même, avec PHILIPPE MURAY, qui se réfère à SIGMUND FREUD en personne, que c’est le socle sur lequel s’est construite l’humanité. N’ayons pas peur de passer pour arbitraire, voire réactionnaire, appelons ça la DIFFERENCE DES SEXES, réalité dénoncée aujourd’hui comme scandaleuse. Comme déni de réalité, ce n’est déjà pas mal, non ?

 

 

Puisqu’on en est aux différences, il y en a une, et de taille. Une différence abyssale entre l’animal humain et les autres animaux. L’homme naît profondément prématuré, infiniment plus prématuré que toutes les autres espèces. On peut même dire qu’il n’est carrément pas fini, quoi. La nature, elle aurait voulu saloper le boulot, elle ne s’y serait pas prise autrement.  Pensez : il faut au petit d'homme entre dix-huit et vingt ans pour se suffire à lui-même et voler de ses propres ailes, et encore, parfois beaucoup plus. Vingt ans pour les finitions ? Mais c’est du sabotage.

 

 

Minute papillon. C’est exactement le contraire. Parce que la conséquence ? Eh bien, cher ami, elle est toute simple : l’importance démesurée prise par les « structures d’accueil » du nouveau-né, j’ai nommé « papa » et « maman », et au-delà, un groupe dans lequel ces deux-là s’insèrent, j’ai nommé « société ».

 

 

L’animal humain, quand il sort de son trou natal (« les imbéciles heureux qui sont nés quelque part », mais tout le monde est né là, malgré GEORGES BRASSENS), c’est un indigent, démuni de tout ou presque. Oui : presque, parce qu’il apporte dans ses bagages (n’exagérons rien, le sac de peau nue qui lui sert d’enveloppe et les divers circuits qui permettent au sac de fonctionner) un certain  nombre de caractères.

 

 

Par exemple, entre les cuisses, est-ce que quelque chose pendouille, ou bien est-ce que c’est fendu ? Allez, appelons ça l’ « inné » et n’en parlons plus. Autrement dit, ce qui va « achever », disons « compléter » le petit d’homme, c’est tout ce qu’il va recevoir des « structures » citées. Et il va en recevoir, des choses, des trucs et des machins. Allez, appelons ça l’ « acquis », et c’est marre.

 

 

Voilà. Alors c’est sûr que les milliards de milliards d’interactions entre le petit animal humain et son « environnement », de zéro à vingt ans, ce n’est pas rien. Je dirai même que c’est l’essentiel. C’est-à-dire que, si le garçon sait qu’il est un garçon, que la fille sait qu’elle est une fille, ça ne dit rien du garçon et de la fille qu’ils deviendront. Ce n’est pas le tout, d’être doté d’un sexe précis, là comme ailleurs, il faut apprendre ce qu’on va bien pouvoir en faire.

 

 

« On ne naît pas femme, on le devient », la célèbre phrase de SIMONE DE BEAUVOIR, d’abord, c’est une belle ânerie si on ne l’accompagne pas de la due explication ; ensuite, elle devrait être doublée de sa symétrique : « On ne naît pas homme, on le devient ». C’en est même d’une affligeante banalité : il y a d’un côté le sexe anatomique, de l’autre le sexe psychologique. Et c’est vieux comme le monde.

 

 

Dans son roman Satiricon (souvent écrit Satyricon), l’écrivain latin PETRONE (PETRONIUS ARBITER) met en scène, en l’an 50 de notre ère (environ), un certain nombre de personnages, dont les deux principaux sont Encolpe et Ascylte. Ils vivent d’expédients, n’ont pas de scrupules pour escroquer, en somme essaient de survivre. Il leur arrive bien des aventures, dont l’inénarrable banquet de Trimalcion. On trouve aussi un personnage du nom d’Eumolpe qui précisera dans son testament que ses héritiers hériteront à la condition qu’ils dévorent son cadavre.  Mais le principal, c’est l’errance des deux héros, et surtout l’espèce de course qu’il se livrent dans la conquête définitive de leur compagnon, qui s’appelle Giton. C’est là que je voulais en venir.

 

 

Giton, c’est le nom d’un personnage, donc c’est un nom propre. Mais comme beaucoup de mots (poubelle, frigidaire, …), le nom propre est devenu un nom commun en 1714 dans une œuvre de VOLTAIRE. Même que ça s'appelle une antonomase, alors. Ce nom commun signifie exactement « garçon entretenu par un homosexuel pour être son amant ». Le Nouveau Larousse illustré, autour de 1900, indique, quant à lui : « Mignon, jeune homme servant à de honteux plaisirs ». Cela vous explique le rôle effectif de Giton dans le roman de PETRONE.

 

 

Tout ça, vous comprenez bien, c’est pour dire que la notion de GENRE est un concept radicalement superfétatoire, une notion rigoureusement improductive, une idée strictement stérile et vaine. Bref, le GENRE ne sert carrément à rien, car il ne nous apprend absolument que pouic de nouveau sur l’espèce humaine. C’est tout simple : le GENRE, on n’en a pas besoin. Cela pose question, cette intrusion du GENRE, notion nulle.

 

 

Tiens, une autre petite histoire, parce que vous avez été bien sages. Qui connaît BIGORNE et CHICHEFACE ? Une légende d’Anjou et de Normandie. CHICHEFACE, c’est un monstre qui dévore les « femmes qui font le commandement de leur mari », autrement dit les femmes dominées par l’homme, comme on dit chez les féministes.

 

 

BIGORNE, quant à elle, est aussi un monstre, mais elle se nourrit des hommes « qui font le commandement de leur femme ». En gros et pour résumer, la norme à combattre, qui est, disent les féministes, la domination de l’homme sur la femme, est, au moins dans la légende, largement contrebattue, comme le confirment une pléiade de fabliaux du moyen âge.

 

 

Donc, Chicheface se nourrit d’épouses obéissantes, tandis que Bigorne se repaît des maris dociles. Que croyez-vous qu’il arriva ? Eh bien, pendant que Chicheface, dont on voit les côtes et qui tient à peine debout, se consume et meurt de faim, Bigorne voit sa silhouette enfler démesurément et se couvrir de rondeurs épanouies, dodues, replètes, pour ne pas dire grassouillettes, bref : obèses. Il y a tellement de maris faibles que Bigorne éclate de santé.

 

 

Et il y a si peu de femmes assujetties que Chicheface devient transparente et n’arrive même pas à remplir ses dents creuses. Ce que veut dire cette légende traditionnelle ? Tout simplement : c’est la femme qui porte la culotte. Ce n’est donc pas d’hier qu’on sait que le sexe ne fait pas le caractère. Je me refuse donc à adopter la nouvelle doxa qui a introduit le GENRE.

 

 

Parce que l’extraordinaire, c’est que certains s’ingénient à élaborer toutes sortes de « genres » intermédiaires dont le résumé tient dans le sigle L. G. B. T. : Lesbiennes, Gays, Bi et Trans. A ce propos, je me demande pourquoi les « militants » de la « cause » homosexuelle se limitent à ces quatre catégories de fantaisies de la sexualité « moderne ». Par exemple, pourquoi exclure les désirs sexuels des pédophiles ? Si quelqu'un est porté par son désir vers des immatures, en vertu de quel principe disqualifiez-vous ce désir ? Parce qu'il y a la loi ? Mais la loi, on l'a bien modifiée en faveur des homosexuels ? Alors ?

 

 

L’homosexualité est aussi vieille que l’humanité. Elle fut, selon les lieux et les époques, plus ou moins tolérée. Comme je l’ai déjà dit ici (entre le 21 et le 29 juin dernier), l’homosexualité est un FAIT. Il serait puéril de nier un FAIT. Un fait, ça ne se conteste pas, ça se constate. Alors maintenant, reste à savoir ce que ça devient entre les vivants, ce que la société en fait, la place qu’elle donne à ce fait.

 

 

L’homosexualité fut, selon les époques et les lieux, tour à tour tolérée, réprimée, criminalisée, pénalisée. Je ne sais pas si c’est encore le cas, mais en Iran, dans des temps pas si anciens, on a exécuté des homosexuels sous un mur abattu puis écrasé au bulldozer. Mais Giton vivait à une époque dépourvue de police des mœurs, il  se donnait à des hommes : pas le premier, pas le dernier.

 

 

Aujourd’hui, l’homosexualité ne figure plus dans le code pénal. Je dirais même que, si elle n’est pas chaudement recommandée, elle est du moins présentée comme « normale ». Je soutiens quant à moi que soutenir l’idée de cette « normalité » est une énormité inadmissible. Car s’il existe deux critères de normalité rivaux, cela veut dire que la notion de norme a purement et simplement disparu.

 

 

Que de prévenances, que de dorlotteries pour des gens qui se sont longtemps enorgueillis de NE PAS être dans la norme, c’est-à-dire de NE PAS être normaux ! Mais nous vivons sous le règne de sa majesté l’édredon. Il ne faut pas brusquer. Il ne faut pas traumatiser. Il ne faut pas culpabiliser. Je veux bien, mais ne faudrait-il pas aussi apprendre aux gens à s’assumer en adultes, tels qu’ils se vivent ? Parce que le GENRE, c'est fait pour satisfaire le raisonnement suivant : tous les désirs ont droit de cité ; or certains désirs se heurtent à la NORME (c'est un de nos modernes épouvantails) ; or la norme REPRIME ; or la répression, c'est le MAL ; donc DETRUISONS la norme pour établir l'empire du BIEN.

 

 

Quant à cette histoire de GENRE qui s’est insinuée dans des manuels, je vais vous dire ce que j’en pense. L’inventeur du concept est une américaine, JUDITH BUTLER, qui ne cache pas qu’elle se livre aux joies du lesbianisme depuis l’âge de 14 ans. Et ce qu’on appelle désormais, outre-Atlantique, les « gender studies », fait fureur dans les universités américaines. Je note en passant que cette dame se fonde sur les travaux des Français JACQUES DERRIDA et MICHEL FOUCAULT, et du britannique JOHN LANGSHAW AUSTIN.

 

 

Sans entrer dans les détails, je signale que le point commun à ces trois auteurs est de mettre en lumière tout ce qui, selon eux, dans le langage, est porteur d’idéologie ou d’intentions autres que la simple parlure. Pour résumer, ils ne coupent pas les cheveux du langage en quatre, mais en seize, voire trente-deux mille. Ce n’est pas pour rien, surtout pour le premier, qu’on qualifie cette philosophie de « déconstructionniste ».

 

 

A propos de JUDITH BUTLER, je note aussi que le succès international des « gender studies » coïncide avec la montée en « visibilité » des homosexuels dans les médias. PHILIPPE MURAY pense même que le monde est engagé dans un processus d’homosexualisation. Mais on dira que PHILIPPE MURAY est un fichu réactionnaire, et qu’il mérite, sinon la corde (il est mort en 2005), du moins les oubliettes de l’histoire.

 

 

Ne tergiversons pas : les "gender studies" sont un faux nez. C'est le masque que se mettent sur le groin les promoteurs de l'offensive dirigée contre l'hégémonie hétérosexuelle, les promoteurs de l'entreprise d'indifférenciation, les enthousiastes du multiculturalisme, les hérauts de l'abolition des frontières et de la créolisation généralisée.  

 

Sans oublier la drôlerie (voire l’imposture) inhérente à un « concept » qui prétend établir la nouveauté radicale d’une réalité vieille comme le monde, il y a fort à parier que l’intrusion du GENRE dans des manuels scolaires (classe de première, où les jeunes ont seize ou dix-sept ans, ne l’oublions pas) poursuit probablement un but, et ne restera pas sans conséquences.

 

 

S’il n’y a pas un « but » à proprement parler, il y a en tout état de cause une « conséquence ». Car un tel programme, qui différencie explicitement le sexe anatomique et le sexe psychologique, et qui présente le sexe psychologique comme le résultat d’un choix, opéré autour de l’adolescence, met en définitive sur le même plan l’hétérosexualité et l’homosexualité, comme deux yaourts de marques ou de parfums différents sur un linéaire d’hypermarché. Et qu’on ne vienne pas me bassiner avec la psychanalyse, qui repère, dans le masculin, la moindre parcelle de féminin, pareil pour le masculin dans le féminin. Comme on dit, tout est en tout et réciproquement.

 

 

Voici venir la grande confusion (j’ai lu dans un journal un appel à la prolifération des GENRES, rendez-vous compte de ce qui nous attend !). Le gars et la nénette de seize ans, ils arrivent en classe de première, et on leur raconte, sous prétexte d’objectivité, qu’il y a le choix, à l’âge adulte, entre l’hétérosexualité et l’homosexualité, le yaourt aux fruits et le yaourt aux fruits juste à côté. Tout ça, parce que c’est devenu très mal vu de « réprimer ». Cela veut bien dire que le corps social consent à ne plus édicter quelque norme que ce soit.

 

 

Mettez-vous dans la peau des gamins de seize ans, l’école en personne leur dit : « T’en fais pas, t’as le choix, si tu préfères coucher avec quelqu’un de ton propre sexe, personne ne te fouettera, tu vas à gauche, tu vas à droite, t’as le DROIT, tu n’as pas à te sentir coupable de tes penchants, t’es normal(e), parce que TU AS LE CHOIX ». On voudrait les paumer davantage, on ne s’y prendrait pas autrement.

 

 

J'y vois même une forme de prosélytisme homosexuel, du genre du prosélytisme des sectes qui s'ingénient à renverser la charge de la preuve, et ont un vrai talent pour se présenter en VICTIMES. Ne tergiversons pas : la promotion des "gender studies" masque une entreprise de promotion de l'homosexualité.

 

 

Grâce aux travaux et aux stratégies d’influence d’un vulgaire lobby qui a maintenant pignon sur rue, et qui a placé ses flics aux carrefours les plus fréquentés des médias, prêts à aboyer leurs hurlements jusque dans les tribunaux, on en est arrivé au slogan de NICOLAS SARKOZY en 2007 : « Ensemble, tout devient possible ». Et « tout », ça veut évidemment dire « N’IMPORTE QUOI ». Et le n'importe quoi, désolé, je ne marche pas dans cette merde-là, même du pied gauche.

 

 

Parce que, finablement, comme on ne dit plus sur les pentes de la Croix-Rousse, tout ce salmigondis qui se prétend « scientifique », ce n’est rien que de la PROPAGANDE promue par la communauté homosexuelle. Le message est simple : REJOINS-NOUS dans l'indifférencié, participe à la grande créolisation sexuelle du monde, viens te baigner dans la bouillasse culturelle que nous avons déjà commencé sérieusement à touiller dans la bassine au n'importe quoi !

 

 

 

 

 

 

 

29.05.2011

TELEVISION : HITLER EN A RÊVE

EPISODE 1

 

Si l’on m’objecte que l’exemple est terriblement rebattu, je répondrai qu’il est excellent, et que c’est sans doute parce qu’il est excellent qu’il est, précisément, rebattu. Il s’agit du fameux « télécran » inventé en 1948 par GEORGE ORWELL pour le monde fabuleux sur lequel règne BIG BROTHER (lui aussi, tout le monde le connaît) : évidemment 1984. C’est l’écran quasi-magique qui fonctionne dans les deux sens : il retransmet les discours du chef bien-aimé, et il espionne les faits et gestes de la personne qui habite les lieux. Pour un roman d’anticipation, on peut dire que c’est réussi : exception faite de la séparation des deux fonctions (propagande et espionnage), d’une part dans la télévision, d’autre part dans la caméra de surveillance, tout le reste ou pas loin s’est réalisé, y compris la « novlangue » et la Police de la Pensée. Espionnage (donc sécurité) et propagande.

 

La seule vraie faiblesse du livre d’ORWELL, c’est qu’il réserve le monde de 1984, exclusivement, aux régimes TOTALITAIRES, alors que les espaces où il s’est aujourd’hui épanoui et accompli s’intitulent pompeusement DEMOCRATIES, comme j’essaie de le montrer. C’est dans les démocraties que s’est développée une industrie du divertissement qui passe pour une bonne part par la télévision. Et les démocraties ne sont pas épargnées par l’obsession de la sécurité : elles ont vu se multiplier les « mesures de sécurité », les « normes de sécurité ». C’est flagrant depuis le 11 septembre 2001, mais cela date de bien avant. L’industrie de la sécurité est une affaire qui marche (pas de grands magasins sans vigiles).

 

Moyennant quoi, l’individu n’a jamais été aussi LIBRE de faire ce qu’il veut (ça c’est pour « démocratie »), mais je fais remarquer que, comme il veut les mêmes choses que tout le monde, il fait comme tout le monde : les gens se conduisent à peu près comme on attend qu’ils le fassent (mais attention, il ne faudrait surtout pas réduire ignoblement la LIBERTÉ à la simple LIBERTÉ DE CHOIX : même s’il y a d’innombrables marques, sortes et goûts de yaourts, ça reste des yaourts). La seule et vraie différence, c’est que ce résultat est obtenu sans violence physique, car ils adhèrent spontanément à ce monde, disant que, de toute façon, « ils n’ont rien à se reprocher », et que quand on est irréprochable, il n’y a pas de raison d’être choqué par les caméras de surveillance (le terrifiant « Souriez, vous êtes filmé. »). Pour ce qui est du divertissement ou des mœurs, à la question : « Pourquoi faites-vous ça ? », ils ont cette terrifiante réponse : « C’est mon choix ! ». Je ne suis pas le. C'est un système qui fonctionne d’une façon implacablement logique : sans la télévision et le divertissement, pas d’adhésion ; sans adhésion, pas de caméras de surveillance. Tout se tient.

 

Enfin, quand je dis « spontanément », je fais semblant. C’est là que la télévision, entre autres, dévoile une de ses fonctions principales. On sait qu’ADOLF HITLER, en accédant au pouvoir en 1933, a créé aussitôt un Ministère de la Propagande, confié d’emblée à JOSEPH GOEBBELS. On sait que par là, il voulait développer la force de l’action de frapper les esprits, d’y pénétrer pour y introduire des idées, des images, des « valeurs » qui n’y étaient pas précédemment. Il voulait donner à cette action toute la dimension et toute la démesure dont il rêvait. Il fallait aussi que les esprits en question gardent l’impression que les idées qu’ils exprimaient ne germaient pas ailleurs qu’en eux-mêmes, et ne s’aperçoivent pas de l’intrusion. Exactement comme dans le film Maine-Océan, la scène nocturne où, pendant que le propriétaire de la maison dort profondément, quelques copains, qui ont un compte à régler,  s’introduisent dans sa cuisine et vident consciencieusement son frigo et ses bouteilles en étouffant leur fou-rire.

 

J’ai déjà parlé d’EDWARD BERNAYS (le 16 mai), neveu de FREUD, inventeur des « public relations », qui a su mettre à profit les concepts élaborés par son oncle, pour en tirer des préceptes « utiles ». Propaganda est paru en 1928 (éditions Zone, 12 euros). Comme le titre, le sous-titre est un aveu : « Comment manipuler l’opinion en démocratie ». Je ne résiste pas au plaisir de citer les deux premières phrases du bouquin : « La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays » (c’est moi qui souligne). A déguster lentement, non ? Et ce n’est pas un nazi qui parle, mais un Américain, un conseiller des présidents. Je cite la 4ème de couverture : « Un document édifiant où l’on apprend que la propagande politique au 20ème siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine ». Ce n’est pas moi qui le dis : vous m’auriez taxé de parti pris.

 

GOEBBELS n’a eu qu’à piller, et il ne s’en est pas privé, les théories de BERNAYS pour développer les activités de son ministère de la Propagande. Mais ces théories ont aussi inspiré les gouvernants des régimes démocratiques. Car partout, sur la planète, leur grand problème a été au 20ème siècle de répondre à la question : « Comment obtenir des masses qu’elles obéissent ? ». Deux types de régimes servent à ça : les autoritaires et les démocratiques. Terreur, police, délation d’un côté. Liberté, bonheur, consommation de l’autre. Dans l’un, le bâton. Dans l’autre la carotte. Mais ne croyez pas que la question qui se pose, par exemple, dans la Tunisie de BEN ALI ne se pose pas dans nos belles démocraties. Il s’agit toujours d’obtenir la soumission, mais en prenant, cette fois, la mouche avec du miel. Il faut bien que les trouvailles de tonton FREUD servent à quelque chose ! La théorie psychanalytique pour éviter la Terreur, en quelque sorte ! Qu'en aurait pensé Robespierre en 1793 ?

 

Tout a été dit sur le thème « nazisme et propagande ». Toujours, évidemment, pour condamner sans appel l’entreprise de formatage des masses voulue par HITLER. Mais ils tiennent coûte que coûte à en faire un REPOUSSOIR. Pour ériger nos belles démocraties en CONTRE-MODELE. Le nazisme, ses horreurs, sa propagande fonctionnent en EPOUVANTAIL ABSOLU : les commentateurs, en général, mettent l’accent sur le fossé, l’abîme qui sépare notre système du sien. C’est sûr, il n’y a rien de commun entre les deux. Mais en est-on si sûr que ça ?

 

Car, en matière de manipulation des foules, les nazi (et sans doute aussi STALINE, il faudrait voir, parce que l’histoire du « petit père des peuples », comme propagande, ce n’est pas mal non plus) ont bel et bien piqué les idées d’un AMERICAIN. Les idées de BERNAYS servent de base large et solide, aux Etats-Unis, à tout ce qu’on appelle la propagande (ou publicité), la « communication », la manipulation des foules.  Quand on nous bassine avec l’idée que l’Europe copie les Etats-Unis avec dix ans de retard, il faudrait rétablir le lien, le « missing link » (le chaînon manquant), qui n’est autre que GOEBBELS et le nazisme, qu’on présente le plus souvent comme une exception historique, ce soi-disant fossé qui dresse un mur infranchissable (petit hommage en passant au maire de Champignac, et à FRANQUIN, bien sûr) entre lui et nous : il y a bel et bien continuité. La seule rupture, énorme évidemment, ce sont la Shoah, les chambres à gaz, le système concentrationnaire, la terreur, etc. (l’U.R.S.S. de STALINE n’est pas loin derrière pour ce qui est des « performances », si l’on peut parler ainsi, elle est même peut-être devant) : en gros, toutes les procédures d’élimination pure, simple, brutale. Pour ce qui est de la liberté de l’esprit (je ne parle pas de la liberté d’expression), cela demande un examen approfondi.

 

Les Etats-Unis étant une DEMOCRATIE, il n’était pas question pour eux de recourir à la TERREUR pour faire marcher toute la population au même pas. Mais ils étaient face à un problème : par quel moyen arriver au même résultat ? Il fallait quand même faire marcher le pays, le faire prospérer, croître et embellir. Comment DIRIGER 122.780.000 de personnes (on est en 1930), sans violence, mais en étant aussi  EFFICACE ? La grande habileté de l’Amérique a été d’utilise à outrance la connaissance du psychisme humain (FREUD et ses continuateurs, BERNAYS et LIPPMANN) pour OBTENIR L’ADHESION DES MASSES.

 

Je renverrai toujours, à ce sujet, à l’essai de JOULE et BEAUVOIS sur la « soumission librement consentie » : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens (quand les choses sont présentées habilement, l’individu, en régime de liberté, a tendance à se soumettre). Les auteurs, cependant, ne poussent pas au bout leur raisonnement dans ce qu’il a de critique : ils prennent le parti de l’optimisme libéral. Pour obtenir des masses qu’elles adhèrent, et même qu’elles désirent leur propre embrigadement, il suffit de perfectionner d’une part la connaissance de la psychologie des foules, d’autre part quelques techniques de communication bien venues.

 

A SUIVRE ...

 

 

 

21.05.2011

DSK : QUI EST LE COUPABLE ?

DOMINIQUE STRAUSS-KAHN a-t-il ou non violé « Ophelia », la femme de chambre noire (est-elle « guinéenne » ou « ghanéenne » ?) ? Y a-t-il eu un « complot » pour abattre un homme puissant, connu pour son penchant très net pour les femmes, en se servant d’une femme qui aurait été choisie pour ses caractéristiques précises (origine, classe sociale, degré de formation, situation) ? Qui a donné à cette femme l’ordre d’aller nettoyer la chambre (pardon : la suite) ? Bref : que de questions ! Une avalanche de questions. Je laisse de côté tous ces points d’interrogation touchant les faits : ce n’est pas mon affaire.

 

En revanche, l'AFFAIRE STRAUSS-KAHN, qui est mon affaire, me fait halluciner : elle se comporte comme en pays conquis. Elle n’en fait qu’à sa tête, l’affaire STRAUSS-KAHN. Elle occupe tout l’espace. Elle pille, elle ravage tout. C’est une armée en campagne, une armée d’occupation. Elle dévaste tout sur son passage. Là où passe sa caravane tonitruante, l’herbe du reste du monde ne repousse plus. L’affaire STRAUSS-KAHN, c’est ATTILA. Bon, je garde bon espoir que l’occupant finira par se retirer du territoire, au moins jusqu’aux frontières. Il suffit d’attendre un peu. En attendant, il faut supporter.

 

La question qui reste c’est : pourquoi cette invasion, acceptée qui plus est par la population ? J’entends quelqu’un, au fond de la salle : « Il n’y a invasion que parce qu’elle est acceptée ». C’est un peu court, jeune homme. On pourrait dire bien d’autres choses, en somme. Et c’est un peu facile. Je ne sais pas si vous vous souvenez de la campagne de 2007. Je me souviens en particulier d’une photo : on est en Camargue, le candidat qui sera finalement élu, hélas, est à cheval. Mais le photographe a choisi, contrairement à tous ses confrères, de ne pas monter sur la charrette pour prendre un peu de hauteur. Il tourne le dos au candidat pour faire un portrait de groupe desdits confrères. C’est impressionnant. Je me demande comment aucun n’est tombé : ils étaient vraiment serrés comme des harengs, mais sans la caque.

 

Je veux dire : s’il y a des gens que je plains dans l’exercice de leur métier, ce sont les journalistes, photographes et JRI (journalistes reporters d’image). Quel stress, quel sprint, quel souffle, quand même ! Dommage qu’eux-mêmes ne soient pas suivis par des témoins pour rapporter leur parcours du combattant. Et toujours à se bousculer, à se marcher sur les pieds confraternellement pour accéder au meilleur poste d’observation. Mais bon : c’est ça, la concurrence. Et elle est féroce. Mais ce qui fait problème, à cet endroit, c’est que tous les médias disent les mêmes choses au même moment. Ils n’ont même pas besoin de se piquer des trucs, des scoops, des infos cachées : ils étaient tous là. « Y a même Georgio le fils maudit. Elle va mourir la mamma. » Non, faut pas pousser mamma dans les orties.

 

Mais s’ils sont tous là, ça veut dire qu’il n’y en a aucun ici. Enfin si : ils sont là, ils sont plusieurs. Mais il faut pas que ça se sache, ni que ça soit dit. Je lis beaucoup la presse. En ce moment, cependant, je laisse tomber tous les articles traitant de  l’affaire sur le mode de l’affrontement entre tenants du complot et féministes. Je m’intéresse en revanche aux quelques articles qui racontent comment fonctionne la profession. L’affaire STRAUSS-KAHN est bien éclairante. C’est comme sur une route : au départ en vacances, il y a tout le monde, c’est le bouchon. Le reste du temps, il n’y a personne, c’est le désert. C’est pareil ici : maintenant ils sont tous là. Mais pourquoi n’y avait-il personne avant, pétard de sort ? Ou plutôt : pourquoi, s’ils étaient là, n’ont-ils rien dit ? Il semble bien que cela même commence à se savoir.

 

Alors : OMERTA ou pas OMERTA ? Je dirai quant à moi que, s’il n’y a pas d’OMERTA, c’est vachement bien imité, même si certains dignitaires se drapent en lisant ça dans leur dignité offensée. J’en ai parlé ici dans « On appellerait ça la mafia. », il y a quelques jours. Nouvel élément à apporter au dossier : Le Monde daté 21 mai publie dans sa page « débats » une intervention de NICOLAS BEAU, journaliste. Intéressant. Vous savez, c’est comme le Tour de France : il a fallu l’affaire Festina pour que quelques bulles de vérité sur le dopage crèvent à la surface. Sans affaire Festina, tout le monde continue à la fermer. C’est pareil ici : sans la police new yorkaise, pas d’affaire STRAUSS-KAHN, pas de quoi noircir du papier. Tout le monde continue à la boucler. Moi ce qui m’attire dans ce cas, ce sont les bulles qui crèvent à la surface. Le reste, c’est de la langue de bois, pardon : il faut dire « éléments de langage ». Comme c’est bien tourné, voire détourné.

 

NICOLAS BEAU apporte du nouveau. Il donne de l’extension à ce que dit JEAN QUATREMER dans Libération la semaine dernière (Ramzy Khiroun, l’homme à la Porsche, « communicant » de DSK, qui téléphone à JQ pour lui demander de retirer un article de son blog, voir la note). NICOLAS BEAU s’intéresse à l’équipe entière, la « bande des quatre », dont j’ai vu passer une photo il y a quelque temps autour de DSK et ANNE SINCLAIR. Je cite : « Comparés à ces spin doctors, les Pierre Charon et autres Franck Louvrier, les hommes de Nicolas Sarkozy, font figure d’enfants de chœur ». En toutes lettres. Ils ont « créé pour STRAUSS-KAHN une formidable ceinture de chasteté médiatique ». La « bande des quatre » vient de Euro-RSCG, la boîte de publicité, entre autres d’un certain Monsieur SÉGUÉLA, qui aurait déclaré récemment que si on n’a pas de Rolex à cinquante ans, on a raté sa vie (une telle sottise crasse est-elle seulement imaginable, je vous le demande ?).

 

NICOLAS BEAU cite quelques cas d’intervention de cette fine équipe, où ça frise l’intimidation : une journaliste indépendante (je suis heureux d’apprendre que ça existe) ose enquêter sur le mode de vie de DSK ? Elle est bombardée, harcelée à coups de textos. J’ai cité le secret d’Etat que constitue le prix des costumes que DSK se procure chez le même tailleur qu’Obama. « Gare à qui s’aventure sur ce terrain ! », écrit NB, qui affirme que : « Avec la montée en puissance de Strauss-Kahn dans la course à la présidentielle, la communication politique a pris la profession en otage ». Si vous lisez mon blog, vous savez que, quand on parle aujourd’hui de « communication politique », il faut entendre « PROPAGANDE ». C’est l’euphémisme tous azimuts.

 

NICOLAS BEAU parle. Il parle de Ramzy Khiroun, déjà cité, qui fait venir quelqu’un de Match pour immortaliser au restaurant la réconciliation des deux tourtereaux DSK et AS. « Manque de chance, sur la photo figure un troisième couvert ». Je trouve ça très drôle. Il parle de DANIEL MERMET, qui projette un « procès » de DSK à l’antenne de France Inter. « Pas question », dit le regrettable PHILIPPE VAL, sur ordre de Véronique Brachet, « ancienne chargée de communication de DSK à Bercy ». Il paraît que l’émission a finalement été autorisée. Il parle de Tristane Banon, qui a eu droit à un article dans Libération, parce que, il y a huit ou neuf ans, DSK s’est « intéressé » à son cas, jusqu’à vouloir lui arracher le soutien-gorge et ouvrir son jean. Le site Agoravox publie l’histoire le 22 octobre 2008 ? Silence radio général.

 

Pour conclure ? Voici l’analyse de NICOLAS BEAU : « L’omerta sur le patron du FMI ne s’explique pas par les scrupules de notre profession ». C’est là que je me sépare du propos. Car si ce qu’il affirme est vrai, la profession est entièrement innocente, comme l’agneau qui vient de naître, ce dont je doute fort. Ainsi, il n’y aurait que des facteurs externes à la profession pour qu’il y ait OMERTA ? Ce serait la faute de l’équipe de Euro-RSCG, et de personne d’autre ? Allons donc ! Je ne mets pas en cause la presse en tant que telle, mais la façon dont celle-ci est organisée et fonctionne en France. Pourquoi SARKOZY réserve-t-il quelques places à des journalistes quand il fait un déplacement en avion ? Et comment se fait-il qu'il y ait UN SEUL journaliste pour accepter la proposition ? Pourquoi le journaliste DANIEL CARTON peut-il intituler son livre Bien entendu c’est off ? (Albin Michel) ? «Off», ça signifie des confidences ex cathedra, en privé, entre amis, quoi ! Le politique dit à son journaliste : je te dis ça, mais ça reste entre nous. Et ça s'appelle encore un journaliste ?

 

Ce sont juste quelques questions qui me viennent, comme ça, parce que, en général, j’apprécie très modérément qu’on me « bourre le mou ». Allez, à plus tard.

29.04.2011

VOUS AVEZ DIT SONDAGE ? (1)

On a oublié la SEGOLENE de 2007, avec ses « DEBATS PARTICIPATIFS » : madame la candidate promenait sa myopie sociale et politique dans toute la France pour demander leur avis aux « VRAIS GENS » sur ce qu’il fallait qu’elle fasse, si jamais elle était élue. Appelons ça le degré 1 de la démagogie, le degré 0 étant assuré par l’éternel « demain, on rase gratis », autrement dit la « promesse électorale ». A-t-on oublié le DISCOURS de NICOLAS, toujours en 2007, où il déclarait qu’il était celui qui dit ce qu’il fera, et qui fera ce qu’il a dit, ajoutant même : « Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas » ? Moyennant quoi, depuis quatre ans, il gouverne au jour le jour, alternant suivant l’humeur, coups de volant financiers, embardée religioso-morale, brusques coups de frein sociaux, dérapages culturels plus ou moins contrôlés, mais toujours, obstinément, l’œil obnubilé par le dernier SONDAGE.

 

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 Segolene-Royal.jpgLe sondage, pour ces deux MARCHANDISES ELECTORALES, ces deux VULGAIRES PRODUITS, (et, ajoutons-le tout de suite : PRODUITS VULGAIRES) est une METHODE DE GOUVERNEMENT.

 

 

 

Quelle est la LOGIQUE profonde du SONDAGE ? Et surtout : QUI commande des sondages ? La réponse à cette dernière question est très simple : les MARCHANDS, c’est-à-dire tous ceux qui ont quelque chose à vendre, tous les camelots qui ont de la camelote à fourguer aux badauds ébaubis, tous les boutiquiers baratineurs qui ont des drouilles à bazarder. La logique elle-même est relativement simple : il s’agit, en posant aux VRAIS GENS la question de SAVOIR CE QU'ILS PENSENT, de leur tirer les vers du nez, de leur faire avouer ce qu’ils attendent de la possession d’un produit comme satisfaction, comme service, enfin toute la salade. Ensuite, dans le laboratoire PUBLICITAIRE, il s’agit de concevoir, puis de fabriquer, enfin de présenter quelque chose qui, en profondeur et dans le subconscient de ceux qui, de VRAIS GENS qu’ils étaient, se transforment brutalement en CONSOMMATEURS, ENTRE EN RESONANCE avec les désirs exprimés au cours de l’enquête, autrement dit quelque chose qui ressemble trait pour trait à l’attente exprimée.

sondages 1.jpg

 

 

D’ailleurs, l’essentiel des sondages effectués a une destination mercantile. Sur un an, me semble-t-il, à peine 10 % répondent à des demandes politiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la vraie et seule question à se poser ici est la suivante : QUE SIGNIFIE l’avidité, la fringale, que dis-je : la BOULIMIE SONDAGIERE des personnels politiques de tout bord ? Eh bien je crois que la réponse, là encore, est relativement simple. Cela signifie, tout simplement, tout bonnement, que

IL N’Y A PLUS DE POLITIQUE.

 

J’exagère à peine. Ce qu'on appelle encore faussement la vie politique n'est qu'une application de la logique de l'hypermarché,  dont la principale préoccupation du responsable est d'attirer le plus de mouches, euh pardon, de clients, en offrant (non : il n'y a pas de cadeaux) dans ses rayons la liste la plus exhaustive possible des produits disponibles sur le marché. D’ailleurs, demandez-vous pourquoi tous ces responsables, si bien intentionnés aux approches d’élections, tous ces partis qui se « mettent en ordre de bataille », tous ces candidats autoproclamés, n’ont, au moins quand ils sont sur un plateau de radio ou de télévision, qu’un mot à la bouche : LE PROJET. Ils n’ont qu’une seule préoccupation : constituer un programme ; qu’une angoisse : développer leurs idées ; qu’un souci : élaborer (et annoncer, que dis-je, annoncer : CLAIRONNER) les futures mesures qu’ils prendront dès qu’ils « seront aux responsabilités ». Cela veut dire qu'ils n'ont NI PROJET, NI PROGRAMME, NI IDEES, encore moins de VISION de quoi que ce soit. Quant aux MESURES qu'ils prendront, ça dépendra des circonstances et des rapports des forces en présence. Cela veut dire que ces gens, bien sûr, ne méritent en aucun cas l'accusation de "tous pourris", mais bien plutôt celle de "TOUS VIDES". Conclusion

 

LA POLITIQUE EST MORTE, ET BIEN MORTE.

 

 

Qu’est-ce que c’est donc que la politique ? Alors là, on entre dans le lourd et le complexe. Pour faire simple (et clair, si possible) : c’est avoir un regard sur le monde, une vision particulière d’un monde souhaitable, dans lequel il fasse bon vivre : quelle société, fondée sur quelles règles, pour quelle vie ? Or, si je dis qu’il n’y a plus de politique, c’est que personne aujourd’hui n’a un tel monde à proposer. Tout ce que les irresponsables qui gouvernent ont à proposer comme horizon, c’est de faire bonne figure dans la compétition mondiale, c’est au moins de survivre le moins mal possible dans la jungle.

 

A quoi se réduit aujourd’hui la politique ? A une lutte pour le pouvoir, mais sans aucun contenu. La politique est aujourd'hui un ENSEMBLE VIDE. Pour parvenir au pouvoir, cependant, puisqu’on est, paraît-il, entré dans le régime de la « démocratie d’opinion » (sous-entendu des médias et des sondages), on beurre les tartines et les culs des VRAIS GENS, on propose même de mettre du miel dessus. Tous les camelots, tous les boutiquiers s’y mettent : sur les plateaux, ils semblent prêts à s’étriper ; mais une fois les caméras et les micros fermés, ça déjeune en ville, ça se tutoie, ça se tape dans le dos. Normal : tout ça sort des mêmes écoles (pour faire court : l’E. N. A. et l’X). Ils ont usé leurs pantalons Armani sur les mêmes fauteuils rembourrés des mêmes grandes écoles. Alors c’est vrai : ensuite, ça diverge, certains optant pour « les affaires », d’autres pour « la politique ». Parfois, souvent, ils échangent leurs rôles, passant d’un univers à l’autre, mais sans jamais CHANGER DE MONDE. Tous ces gens ONT LA MEME VISION DU MONDE : comment voulez-vous qu’ils aient des idées opposées ? Ce serait un tour de force particulièrement douloureux qui les ferait, en quelque sorte, se renier eux-mêmes ? Le journaliste du Monde, et cependant écologiste déclaré, HERVE KEMPF, hervé kempf.jpg

 

à la suite de bien d’autres, appelle ça L’OLIGARCHIE (voir son livre récent qui porte ce titre). La règle d’or de ce petit monde qui fonctionne dans un bocal jalousement protégé des miasmes venus du bas par le flot des belles images et des belles paroles qui coulent des médias dont ils sont propriétaires, c’est L’OMERTA, la connivence, la complicité.

 

 

Mais ces images et ces paroles, pour ENTRER EN RESONANCE avec le subconscient du public, pour posséder un minimum de cohérence et de vraisemblance, doivent avoir été pêchées dans ce subconscient au préalable. C’est précisément cela qui déclenche la SONDAGITE AIGUE, surtout en période d’élection, car c’est là que se tient la LUTTE POUR LES PLACES. Quels "morceaux de vrais fruits sociaux" faut-il mettre dans mon yaourt ? Quel "packaging moral" habillera ma lutte contre l’exclusion ? A quelle hauteur dans les rayons faudra-t-il placer mes "boîtes de défense du travail" ? Ma "défense du pouvoir d’achat", comment souhaitez-vous que je vous l’introduise ? On a compris maintenant pourquoi existent ceux qui s’intitulent pompeusement (et mensongèrement) « instituts » de sondage. La naissance de ces vulgaires entreprises (et entreprises vulgaires) répondit à une demande, qui s’est produite au moment même où se mettait en place le règne absolu et totalitaire de la marchandise et que la politique a commencé sa longue agonie. Moment qu’on peut situer, dans ses prodromes tout au moins, autour des années trente.

 

 

Alors, un conseil : la prochaine fois qu’un « anonyme » en tenue décontractée ou un « officiel » en uniforme s’approchera de vous et vous demandera votre avis (« ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS ?) sur la dernière soupe en poudre ou la couleur de la cravate de NICOLAS, cravate sarko.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sur la ligne du cabriolet dernier cri à 60.000 euros sorti par Mercedes ou celle de la vêture de MARTINE AUBRY, refusez de vous laisser mettre ce thermomètre psychique dans le derrière. Sonder, c’est envoyer au fin fond de l’espace, de la terre, de la mer (ou du corps humain) un objet technique chargé de MESURER, autrement dit de prendre vos mesures, éventuellement de prendre les mesures de votre CERCUEIL. ABSENTEZ-VOUS DE TOUT SONDAGE, et même de la catégorie des fameux N. S. P. (ne se prononce pas). Refusez ce qui, après tout, n’est rien d’autre qu’une INTRUSION, une sorte de VIOL SUAVE, d'autant plus VIOL qu'il se présente sous des dehors plus SUAVES.  

 

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Ami lecteur, ô lecteur bénévole (c'est E.T.A. HOFFMANN qui s'adresse ainsi à lui dans ses Contes infiniment admirables), dis-toi toujours, je veux dire à chaque instant, que le sondeur, le sondage, tous les sondages, toutes les enquêtes d'opinion, oui : TOUTES, qu'elles soient à visée politique, commerciale, culturelle, artistique ou quoi que ce soit d'autre, ne visent qu'à une chose : aider quelqu'un (LE GRAND QUELQU'UN) à savoir de toi quelque chose, à recueillir sur toi une information qui lui manque pour acquérir sur toi rien d'autre qu'un POUVOIR.

 

 

 

 

 

Je proposerai prochainement (ne soyez pas trop pressés quand même !) une solution pour sortir de l'impasse politique institutionnelle dans laquelle la FRANCE, et, a fortiori L'EUROPE, sont terriblement ENGLUEES.

 

Voyez la suite au 2 mai.