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jeudi, 13 octobre 2022

VOUS AVEZ DIT "DÉCOUPLAGE" ?

Donc Emmanuel Macron fait depuis quelque temps une promotion effrénée du mot "SOBRIÉTÉ", fixant à la population française ordinaire — je veux dire celle qui tire de plus en plus la langue — un objectif de 10 % de réduction de sa consommation de gaz, d'électricité et (qui sait ?) de tout un tas de bonnes choses qu'elle mettait dans son assiette, sans se rendre compte du crime qu'elle commettait contre la nature. Qu'importe les 19°C dans les maisons, on mettra des moufles, des doudounes et des snowboots.

Moyennant quoi, j'ai entendu tout récemment le même Emmanuel Macron, en même temps qu'il vantait de sa langue gauche les mérites de la dite sobriété, faire l'éloge, au moyen de sa langue droite, de la nécessaire croissance économique, hors de laquelle il n'aperçoit pas la moindre chance de salut.

« Attention, nous prévient monsieur Macron, la sobriété ne signifie surtout pas la décroissance !!! » (je cite en substance, et même en "substantificque mouelle"). On le comprend : il tremble à l'idée qu'une France "décroissante" perde des emplois, des industries, des compétences et des places dans le classement des grandes nations, mais redoute en revanche qu'elle gagne des défilés de néo-gilets-jaunes vaguement syndicaux et de plus en plus remontés, de plus en plus en colère et de plus en plus denses. 

Mais c'est là que les Athéniens s'atteignirent, que les Perses se percèrent, que les Mèdes m'aidèrent et que les Satrapes s'attrapèrent. Comment faire ? Oui, comment faire pour tenir les deux bouts de la chaîne sans tomber dans "l'opprobre du ruisseau" (ça, c’est Boby), je veux dire dans les contradictions les plus contradictoires ? Parce que, si l'on a déjà vu passer des escadrilles d'oxymores dans le ciel fertile en inventions lexicales de nos politiciens, celui-ci, soyons-en sûrs, est le champion toutes catégories, battant à plates coutures ses concurrents immédiats, "croissance verte" et "développement durable".

La vérité, c'est que les gens qui chantent les louanges de la croissance économique, optent résolument, souvent sans se l'avouer, pour le réchauffement climatique. D'un certain côté, on les comprend, parce qu'ils se disent que si l'on a une activité économique soutenue, tout ira bien pour l'emploi, les salaires, la consommation, les cotisations sociales et les futures retraites. Plus ces données s'imposent du fait de la situation dans laquelle se débattent les travailleurs, plus la question du réchauffement tend à s'effacer dans les esprits à l'horizon de la nécessité présente : il faut pouvoir finir le mois. L'urgence de la survie personnelle est prioritaire sur les préoccupations climatiques. 

En revanche, si l'on prétend lutter sincèrement contre le réchauffement climatique, cela implique ipso facto qu'on admet et même revendique la décroissance, c'est-à-dire la réduction de l'activité économique, principale responsable de toutes les prédations actuelles, et par conséquent la baisse de la consommation de biens et de ressources. Et donc un acheminement inéluctable vers une certaine idée de la pauvreté : la vérité de l'humanité d'aujourd'hui, c'est qu'elle doit revenir à la pauvreté, aux nécessités vitales et au sens du tragique de la condition humaine. Voilà ce qu'on trouve, quand on va chercher sous le faux-nez de l'idée de sobriété.

C'est là qu'interviennent les experts en formulations, les poètes de l'euphémisme, les chantres de la quadrature du cercle et les jongleurs du théorème de Fermat en matière de langage et de pansements verbaux (« Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ! »). En feuilletant rageusement leur Littré (pas celui de la "Grand-Côte"), leur Grand Dictionnaire Larousse ou leur Grand Robert, ils sont tombés sur le mot "découplage". C'est ainsi que, dès le 31 mai 2022, le journal Le Monde a pu libeller comme suit un de ses titres.

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"Difficile", le "découplage" : tu l'as dit, bouffi !

Ça veut dire quoi, "découplage" ? En gros et en dehors des sens premiers (domaines de l'électrotechnique et de la vénerie), le mot signifie "séparer". C'est-à-dire que ceux qui le prononcent rêvent tout éveillés d'une croissance économique enfin débarrassée des menaces que font peser les gaz à effet de serre. Eh oui, la voilà, l'équation insoluble : comment "découpler" des activités économiques florissantes et leurs effets mortifères ? Cela veut dire : que faire pour que des actes humains soient libérés de leurs conséquences, innocents de tout ce qui arrive en aval ? C'est là que ça devient presque drôle. 

Comment continuer à fabriquer de l'abondance et de la prospérité sans porter atteinte à la sécurité climatique ? Comment faire pour produire du confort et des conditions de vie plus faciles à l'humanité entière — on en est très loin — sans détruire à notre détriment les équilibres naturels qui ont vu naître et se développer la civilisation que nous connaissons ? 

La vérité, c'est qu'on ne peut pas. ON NE PEUT PAS. Le découplage, c'est de la blague. Pour une raison très simple : on ne peut avoir de la croissance économique sans faire croître, en même temps et en proportion, la consommation d'énergie, puisque ce sont précisément les activités économiques, industrielles qui, grandes consommatrices de fossiles, sont les plus grandes productrices de biens, de services, de confort et de CO². Bon, je ne vais pas revenir sur la rengaine : on sait tout ça par cœur (voir pour cela Jean-Marc Jancovici). Pour consommer de l'énergie, il faut en produire. D'où l'appel désespéré aux renouvelables : le vent dans les pales des éoliennes et le soleil sur les panneaux photovoltaïque.

Faudra-t-il, pour satisfaire la voracité énergétique du système économique, laisser les fabricants d'éoliennes et de panneaux envahir nos espaces et étouffer nos paysages ? Même sans compter le CO² que produit le processus même de fabrication de ces moyens soi-disant « propres », l’entreprise consistant à reconvertir nos sales centrales existantes me semble hors de toute mesure. D’autant que le recours furieux au charbon par des pays comme la Chine ou l’Inde, « en attendant », laisse entrevoir, au moins à moyen terme, une embellie pour l'extractivisme et pour les sources fossiles d’énergie. « Dis, papa, quand est-ce qu'on sera sortis de l'auberge ? — Tais-toi, et tâche de survivre ! »

Je ne peux imaginer que monsieur Macron, dont la réputation d’intelligence n’est plus à vanter, n'est-ce pas, n’ait pas conscience du caractère oxymorique de la formule « croissance découplée de ses effets ». J’ai plutôt tendance à y renifler quelque chose qui ressemble à du mensonge. Et crânement assumé, "les yeux dans les yeux".

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 23 septembre 2022

CEUX QUI ONT LA SOLUTION (3 et fin)

Pour en finir (provisoirement) avec l'inventaire des formules utilisées dans les journaux (principalement Le Monde) par ceux qui savent comment faire pour s'en sortir ou pour faire advenir la société dont ils rêvent, je présente aujourd'hui un dernier type d'expressions qui permettent à un rédacteur de sauter par-dessus l'obstacle du "il faut" qui fait par trop "magie-magie", tout en contournant la facilité un peu niaise offerte par le verbe "devoir" mis à toutes les sauces. Comme on peut le constater, nul besoin de ces tournures trop évidentes pour faire comprendre au lecteur toute la force de l'impérieuse injonction qu'on lui adresse.

Ces dernières locutions présentent cependant l'avantage de prendre les couleurs de l'objectivité, ou tout au moins de revêtir le déguisement de la neutralité, comme si leur utilisateur se lavait les mains de toute intention de sommation au lecteur, l'auteur de la formule disparaissant derrière elle : phrase sans verbe, ou verbe à l'infinitif, et autres issues de secours. Je note quand même la survie du mode impératif, qui en dit long sur la psychologie de celui qui tient la plume. Quoi qu'il en soit, en reniflant le derrière de toutes ces solutions, je ne peux m'empêcher de leur trouver une fragrance assez prononcée de faux-cul (malpropre).

1 INNOVATION DEMOCRATIQUE NE PEUT SE PASSER.jpg

Je veux bien, mais l'énoncé me reste assez obscur.

1 PROGRES RECREER LIEN SOCIAL.jpg

On trouve ça dans Le Progrès. La phrase est applicable en l'état à tous les festivals.

2022 04 06 SOBRIETE LEVIER D'ACTION.jpg

Ça y est : le grand mot du second quinquennat d'Emmanuel Macron est lâché. On n'a pas fini de le lire, de l'entendre et d'en être gavés. Ensuite, quand on se rendra compte que la sobriété ne suffit pas, on passera au mot "restriction". En attendant mieux.

2022 06 01 1 MODES DE TRANSPORT.jpg

Là, pas de mode impératif, mais c'est tout comme.

2022 08 24 LA DEMOCRATIE A BESOIN.jpg

Le genre de formule baudruche qu'une épingle bien placée suffit à rendre à sa vraie signification.

2022 08 30 CHANGEONS DE MODELE.jpg

Ouais, je vais en parler à Christiane Lambert, P.-D. G. de la F.N.S.E.A., vous savez ce clan dominé non par des paysans, mais par des chefs d'entreprises agricoles pour qui cultiver la terre ne relève pas d'une activité humaine mais d'un système industriel asservi à de merveilleux engins mécaniques comme à des intrants chimiques aux remarquables effets.

2022 09 01 EN FINIR AVEC.jpg

Ce titre me laisse coi, bien qu'on lise sans peine l'injonction "il faut" en filigrane derrière "en finir".

***

MORALITÉ :

Tout ce qui ressemble, de tout près ou de très loin, à la formule "IL FAUT", est à considérer pour ce qu'il est : un mensonge.

jeudi, 15 septembre 2022

CEUX QUI ONT LA SOLUTION

Je sais pas vous, mais il y a quelque chose, dans le paysage de notre monde mal barré, qui me fait toujours autant rire, braire et m'apitoyer, dans la façon dont "certains" (en français : des intellos) évoquent les problèmes, les situations et même les événements. A les écouter, ces braves gens, il suffirait de prendre au sérieux leurs propos et appliquer les recettes qu'ils mettent sur la table, pour que les problèmes se résolvent et que les situations s'éclaircissent. A cet effet, ils disposent d'un « Sésame, ouvre-toi ! » dans l'immémoriale expression IL FAUT.

Je me souviens que le journal Le Monde a publié dans ses pages, dans les années 1970, toute une série de dessins d'un nommé Konk, une série intitulée "Faukon, Yaka et Pitucé" (pas besoin de traduire), où il se moquait de ces gouvernants de comptoirs qui détiennent, après quelques apéros, les clés de la bonne gouvernance du pays. La collaboration n'a pas duré trop longtemps, car assez vite on a vu Konk aller mouvoir ses nageoires dans les eaux sales voisines du Front National de Jean-Marie Le Pen, voire dans diverses cellules et officines un peu plus "musclées". Au Monde, on a dit : "Pas de ça, Lisette". On le comprend.

Reste que je demeure abasourdi quand, dans les pages du même Monde, il m'arrive encore de tomber sur des titres contenant la formule sacramentelle autant que passe-partout : il faut. Ces titres, on les trouve en général dans les pages "Débats" du journal. Alors bien sûr ce sont des collectifs, des trios, des tandems ou des individus qui profèrent l'expression fatidique et qui n'engagent nullement la responsabilité du quotidien.

Tous les titres qui figurent dans la petite rafale ci-dessous sont tirés de numéros récents, témoignant de l'étonnante santé d'une formule dont je subodore qu'elle ne doit sa survie qu'à l'indéracinable dose d'espoir qui, chez les humains, signifie l'impossibilité absolue (ou presque) de renoncer à envisager le futur en fermant la porte au nez des lendemains qui chantent. « Il faut subir ce qu'on ne peut empêcher », dit quelque part Jorge Luis Borgès. C'est exactement là que l'homme commence à rêver. C'est là qu'on franchit la frontière de l'imagination. La formule "il faut", c'est empêcher la porte des possibles de se refermer. 

A cet égard, j'aime particulièrement les articles de fond produits par des journalistes sérieux et si possible chevronnés, et construits comme des dissertations normales ou comme des notes de synthèse, vous savez : 1 - constat ; 2 - causes ; 3 - perspectives. La troisième partie doit faire la preuve que la situation n'est pas désespérée. Ensuite, le rédacteur est invité à faire preuve d'ingéniosité pour éviter le grossier "il faut". Car la langue française abonde en ressources diverses et en moyens astucieux de tourner autour du "il faut". 

En général, j'admire de tels articles aussi longtemps qu'ils décrivent le problème dans tous ses aspects et qu'ils entreprennent d'expliquer l'origine de ce problème : la virtuosité du journaliste peut se donner libre cours. Et puis vient la troisième partie, et patatras ! le cousu de fil blanc apparaît en pleine lumière. L'auteur de l'article y va de ses solutions, de ses propositions, de ses hypothèses, des mesures et des décisions à prendre. Mais il aura beau mettre en œuvre tout son talent pour costumer et grimer le "il faut" sous toutes sortes de fards et de fonds de teint, il butera immanquablement sur le mur du "comment on fait ?". Autrement dit : comment on passe du virtuel au concret ?

La petite suite que je présente ci-dessous n'est qu'un modeste échantillon (été 2022) des manifestations du pouvoir du "il faut" dans les cerveaux de ceux dont le métier est de penser.  

 

IL FAUT 2022 04 09 IL FAUT METTRE FIN.jpg

Ouais, t'as bien raison, mais tu peux nous dire comment on fait, monsieur le savant ?

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IL FAUT 2022 08 14-16 2 ANTICIPER RAREFACTION.jpg

Le Système ? Ouais, l'idée est bonne. Reste plus qu'à nous dire

COMMENT ON FAIT,

crâne de piaf !!!

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IL FAUT 2022 08 14-16 4 REFLEXION INCLUSIVE.jpg

Ouais, tout le monde va se mettre autour de la table, comme un gros tas de chouettes copains ! On va dire ça à l'Egypte, au Soudan et à l'Ethiopie pour le partage des eaux du Nil. On dira ça à la Turquie, à la Syrie et à l'Irak pour le partage des eaux du Tigre et de l'Euphrate. On dira ça ...

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IL FAUT 2022 08 20 IMPLIQUER CITOYENS.jpg

Ah, l'implication des citoyens, un beau cheval de retour ! Allez, on vous fera de splendides "Conventions Citoyennes" ! Monsieur Macron aura plein la bouche de beaux discours ! On appellera ça "concertation", et au bout du compte, personne ne sera satisfait.

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IL FAUT 2022 09 07 GARDIENS PLANETE.jpg

Celui-ci, je le trouve particulièrement réjouissant : il me fait penser à une "évaluation à l'entrée en seconde" dont j'ai eu à connaître jadis. Parmi les 32 items des "objectifs" (on ne jurait alors que par la "pédagogie par objectifs"), le premier stipulait cette commination impérieuse et porteuse de tout le programme élaboré par la cohorte des crânes d'œuf qui préside depuis cinquante ans aux destinées de l'Education Nationale, pour le plus grand malheur de celle-ci et de la France : « MAÎTRISER L'ORTHOGRAPHE ». Il aurait fallu demander sa recette au crâne d'œuf. Dans le cas présent, je m'interroge : l'auteur peut-il me citer une période où l'humanité fut gardienne de la planète ("redevenir") ?

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IL FAUT 2022 09 07 IL FAUT AGIR.jpg

Traduction : attendez-vous à des restrictions !

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Günther Anders est un philosophe. Il est l'auteur, entre autres, d'un ouvrage qui m'a profondément marqué : L'Obsolescence de l'homme, dans lequel il propose le concept de "honte prométhéenne" qui, à mon avis, résume et condense tout le problème des relations entre l'homme et la technique. "Prométhée", c'est l'audace, l'énergie, la créativité, l'inventivité phénoménales dont est capable l'humanité. "Honte", parce que l'homme se rend compte qu'il a donné naissance à des forces sur lesquelles il n'a plus aucune prise (exemple de la bombe atomique). Des forces incommensurables à sa petitesse : les Lilliputiens ont fabriqué Gulliver. Ils ont créé un "Golem".

Dans son bouquin, il évoque la figure d'Ernst Bloch, autre figure de la philosophie germanique, auteur, entre autres, de Le Principe espérance., mais c'est pour lui faire un reproche : « Il n'a pas eu le courage de cesser d'espérer, ne serait-ce qu'un moment ». Si Günther Anders avait été haut fonctionnaire obligé de rédiger une note de synthèse pour un ministre, nul doute qu'il aurait soigné les parties 1 - constat et 2 - analyse des causes, et qu'il aurait arrêté là son texte.

Pour lui, toutes les solutions partielles sont des illusions, voire des impostures. Pour lui, tous les "il faut" qui tentent d'aménager tel ou tel aspect du problème, et non de s'attaquer à la racine de celui-ci, sont autant de mensonges. Pour lui, c'est tout l'édifice de notre civilisation fondée sur la confiance aveugle en les bienfaits de la technique qui est une erreur à la base. Günther Anders reste un des seuls (le seul ?) à ne pas nous beurrer la tartine et à refuser de toujours "finir sur une note d'espoir".

CESSER D'ESPÉRER. Autrement dit : arrêter de rêver tout éveillé. Autrement dit : du tragique en philosophie. C'est ça que ça veut dire, "regarder la réalité en face".

mercredi, 31 août 2022

ON CONTINUE !!!

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Morris et Goscinny, La Caravane, p. 19, à peine revue et corrigée.

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Ben oui, c'est sûr. Qu'on ne s'y trompe pas : en l'état actuel des choses, l'humanité persiste et signe. L'humanité refuse de changer quoi que ce soit à son mode de vie et à ses activités. Pardon : l'humanité veut bien faire des "petits gestes" (containers verre, poubelle papier-carton, etc.). Enfin, quand je dis "l'humanité" : la France et quelques-uns de ses égaux. Enfin, quand je dis "la France" : une partie d'une partie d'une partie : une fine élite. Vous voyez ce qui reste à faire pour que ces petits lanceurs d'alerte bien intentionnés se fassent entendre de "l'humanité". C'est pourquoi je me demande bien sur quelle planète le journal Le Monde est allé chercher l'idée de son grand titre de "une" dans son numéro daté 21-22 août dernier.

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En fait, si. J'ai une petite idée. C'est parce que Le Monde a les jumelles braquées sur le tout petit cercle des gens qui sont aux manettes, et qui donnent l'impression, sous la houlette de monsieur Emmanuel Macron, d'avoir un tout petit peu pris conscience de l'urgence climatique. Je me demande même s'il n'a pas suffi que le président Macron fasse entrer dans son vocabulaire le mot "sobriété" pour que le "journal de référence" se mette à croire que Noël est arrivé. Le Monde fait ensuite confiance à la machine médiatique de propagande pour diffuser, répandre et "faire ruisseler" dans le gros de la masse de la population les slogans, les mots d'ordre, les consignes, tous éléments de base de la "prise de conscience" affichée par les gens au pouvoir et revendiquée par le journal. Avant l'annonce des restrictions qu'imposeront dans pas longtemps les prix de l'énergie. AGLAGLA !!!

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ET SURTOUT BONNE RENTRÉE, HEIN !!! ON CONTINUE !!! NE CHANGEONS RIEN !!! LA CARAVANE ARRIVERA EN CA ... LIFORNIE !!! MERCI LUCKY LUKE !!!

dimanche, 31 juillet 2022

LA GUEULE DE L'EMPLOI

Le Canard enchaîné est le dernier bastion où le dessin de presse ait encore vraiment droit de cité. Certes, tout le monde n'est pas Cabu, tout le monde n'a pas le coup de crayon de Cabu, mais faute de grives ...

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ADELINA

ADELINA 2022 06 29 BORNE GVT MACRON.jpg

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DIEGO ARANEGA

ARANEGA DIEGO 2022 06 29 LA DETTE.jpg

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AUREL

AUREL 2022 07 13 MACRON BORNE.jpg

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BOUZARD

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CHAPPATTE

CHAPPATTE 2022 06 29 MACRON S'ABSENTE.jpg

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DUTREIX

DUTREIX 3.jpg

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DUTREIX

DUTREIX 4.jpg

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LAMA

LAMA 2022 07 06 MACRON PROTOCOLE DECROISSANCE.jpg

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LEFEVRE

LEFEVRE 2022 07 20 MACRON VULCAIN.jpg

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LEFRED-THOURON

LEFRED THOURON 2022 07 20 EMIRATS AMIS DIESEL.jpg

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LINDINGRE

LINDINGRE 2022 07 13 UBER ARGENT D'UBER.jpg

Ça pourrait tout aussi bien être Darmanin.

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MOUGEY

MOUGEY 2022 06 29 OEILLERES EL. BORNE.jpg

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POTUS

POTUS 2022 06 29 BORNE ACTIONS FORTES.jpg

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SOPH'

SOPH' 2022 07 06 COVID PASS SANITAIRE.jpg

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URBS

URBS 2022 06 29 DAMIEN ABAD.jpg

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Dans le tas, je dois bien dire qu'il y a des dessins que je trouve franchement mauvais.

dimanche, 17 juillet 2022

CHEZ LES COUPEURS DE TÊTES

… Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n'pense pas, Monsieur
On n'pense pas
On prie

Gérald Darmanin a bénéficié d'un non-lieu. Tant mieux pour lui. Ce n'est pas le cas d'Eric Coquerel, dont une meute de louves en chasse réclame la tête, à cause de son attitude générale envers les femmes et, paraît-il, sa sale manie de pratiquer une "drague lourdingue". Pour lui, ce n'est pas encore gagné : une "enquête préliminaire" a été ouverte à son encontre.

Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n'vit pas, Monsieur
On n'vit pas
On triche

C'est encore pire pour Caroline Cayeux, ministre dans le gouvernement Macron. Mais elle, son cas est hors-limite, elle a dépassé les bornes : elle a attaqué de front la "communauté" homosexuelle en affirmant que le mariage offert par François Hollande aux homosexuels allait contre la nature, puis en aggravant sa situation en parlant des homosexuels en disant "ces gens-là". L'expression a heurté un autre ministre qui, lui, avait fait son "coming out" sans que Caroline Cayeux ait été mise au courant. La grosse gaffe, quoi !

… Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n'cause pas, Monsieur
On n'cause pas
On compte

Il fut un temps où l'on faisait tomber les têtes pour moins que ça. Bien entendu, il n'en fallait pas plus pour que la "communauté" tout entière, avec le renfort de Jack Lang, se lève et réclame celle de la ministre. Son crime ? Homophobie. Tout ça parce qu'elle pense, cette attardée, qu'il existe une sexualité humaine normale, et qu'en dehors, il n'y a que des sexualités déviantes, contre-nature, à commencer par celle qui consiste à pratiquer avec des êtres de même sexe.

Parce que chez ces gens-là, Monsieur
On n's'en va pas
On s'en va pas, Monsieur
On s'en va pas

Notez qu'elle n'exige pas que l'on revienne au temps où l'on enfermait les invertis, ni qu'on s'inspire de certains pays musulmans où ceux-ci sont mis à mort. Mais le pire n'est peut-être pas qu'elle le pense, mais que, étant à un poste de responsabilité, elle ait osé le dire. Alors ça, ça ne se fait pas, Monsieur. 

Ce que je retiens de ces affaires, c'est que ça va devenir de plus en plus difficile de former des gouvernements. Il faudra des gens irréprochables, qui cochent toutes les cases de l'irréprochabilité dans tous les domaines de l'existence. Rien que ça, c'est entièrement nouveau. De véritables petits saints dûment estampillés, des ascètes de haut niveau, des athlètes de la morale, des champions de la nouvelle normalité régnante, des cracks impitoyables en matière de propreté. Des gens qui n'ont jamais commis aucune sortie de route politique, aucune infraction médiatique, aucun délit d'opinion (si, si, ça existe), aucun crime de mauvaise pensée qui risque de déplaire à toutes les sortes de chiens de garde et de fauteurs de haine qui rôdent autour de nous, à l'affût du moindre dérapage à l'égard des — prenez votre élan — L.G.B.T.Q.I.A.+ (non, ne me demandez pas). 

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Lu dans Le Progrès du 16 juillet 2022 : l'expression vise trois membres du gouvernement. Nous vivons quand même une époque formidable.

Moi, je trouve qu'il n'y a pas que la chaleur et la pollution qui rendent l'air irrespirable.

mardi, 12 juillet 2022

FRANCE : L'ART DU CONSENSUS

ENCOURAGÉ DE LA VOIX ET DU GESTE PAR BRIGITTE MACRON EN PERSONNE, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EMMANUEL MACRON PART À LA RECHERCHE D'UN CONSENSUS POLITIQUE QUI PERMETTE DE GOUVERNER LA FRANCE AVEC LE SÉRIEUX ET LA GRAVITÉ REQUIS.

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samedi, 09 juillet 2022

FRANCE : L'ART DU COMPROMIS EN POLITIQUE

MINISTRES DU GOUVERNEMENT D'ÉLISABETH BORNE CHERCHANT UN TERRAIN D'ENTENTE AVEC LES PARTIS D'OPPOSITION.

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mercredi, 06 juillet 2022

LA REVUE DE DEUX MONDES ...

... PAS FAITS POUR SE RENCONTRER.

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Photo prise le 4 juillet par Jean-Claude Coutausse : "Emmanuel Macron, entouré par les membres du nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne, dans le parc du palais de l'Elysée". L'article de Claire Gatinois expose dans une analyse subtile tous les recoins des calculs et raisonnements du président pour préserver son équilibre mental (je plaisante, évidemment).

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Photo prise le 22 juin par Bruno Amsellem, de l'agence "Divergence" : "Des membres de Solidarité Paysans s'entretiennent avec Annick et Didier (de dos), agriculteurs, dans la Loire, le 22 juin". L'article de Camille Bordenet nous fait toucher du doigt la dure et vraie réalité du métier de paysan (là, il est clair que je ne plaisante pas). 

Deux articles parus dans le journal Le Monde daté "mercredi 6 juillet 2022".

Notez que c'est à la résidence du président de la République que la chorale gouvernementale vient poser pour la photo, et non à l'hôtel Matignon, résidence du Premier ministre, comme le voudrait la division du travail prévue par la Constitution de la Vème République. En toute logique, Elisabeth Borne devrait figurer au centre du groupe. Cela montre bien où Emmanuel Macron entend placer le vrai ressort du pouvoir. Je pose la question : "Qu'est-ce que ça change par rapport au premier quinquennat ?"

Rien. Cela veut dire que les agriculteurs continueront à se suicider doucement ; que les médecins des hôpitaux, en particulier psychiatriques, continueront à se taper la tête contre les murs à remplir des tableaux excel de centaines de codes cabalistiques inventés par des cabinets de conseils payés avec de l'argent public pour améliorer la rentabilité des services hospitaliers ; que l'école, le collège, le lycée et l'université français continueront leur irrésistible dérive vers un chaos de connaissances distribuées par un corps professoral de plus en plus déboussolé, médiocre et mal payé ; que la police continuera à éborgner à coups de LBD les ahuris qui auront la mauvaise idée de défiler dans la rue pour protester, avec ou sans gilet jaune sur le dos ; ... et puis toutes sortes d'autres choses aussi distrayantes que les Français sont sûrement avides de découvrir. 

mercredi, 22 juin 2022

MACRON DANS UNE IMPASSE ? ...

... UNE IMPASSE EN CUL-DE-SAC SANS ISSUE DONT IL NE PEUT SORTIR ?

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mardi, 21 juin 2022

COMMENT GOUVERNER ...

... AVEC DES DÉPUTÉS INGOUVERNABLES ?

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Mais ça pourrait aussi être le conseil des ministres.

lundi, 20 juin 2022

MÉLENCHON EN PLEINE FORME

Mélenchon voit l'avenir en éléphant rose.

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N'empêche que le père Mélenchon qui, en formant la N.U.P.E.S., avait dans l'idée d'exercer sur les 131 députés élus sous la nouvelle bannière une hégémonie sans partage via La France Insoumise, il l'a "in the baba" : sollicitées pour ne former qu'un groupe parlementaire étiqueté NUPES, les autres composantes ont répondu "Niet" avec une belle unanimité. 

samedi, 18 juin 2022

LÉGISLATIVES : QUESTIONS

1 - C'est une information qui n'a pas fait les "unes" des journaux : comment se fait-il qu'à l'issue du premier tour, seuls cinq pelés se sont retrouvés dûment élus ? C'est sûr que le 12,5 % des inscrits comme condition pour être admis au second tour des législatives rend bien difficile une élection au premier tour, comme on l'a vu avec Marine Le Pen, dont les 55 % des suffrages exprimés au premier tour n'ont pas suffi.

Je ne connais pas suffisamment les subtilités des raisonnements de ceux qui ont imposé cette règle exigeante, et je n'ai pas trop analysé ses effets proprement démocratiques, mais cinq élus à l'issue du premier tour, je trouve ça pour le moins étrange. Est-ce que ce sont les mêmes qui freinent des quatre fers pour empêcher de comptabiliser les bulletins blancs parmi les mêmes suffrages exprimés ?

2 - Combien, parmi les nombreux textes de lois votés entre 2017 et 2022, ont été rédigés par des députés de la précédente Chambre ? Et combien par le gouvernement ? Il faut savoir que les premiers s'appellent des "propositions de loi", alors que les seconds sont des "projets de loi". Rien que par les appellations, on a une idée de qui, des gouvernants ou des représentants du peuple, a la priorité par principe.

Ce qui est au moins bizarre, pour ne pas dire scandaleux, c'est que le rôle des députés n'est pas seulement, ni même principalement, de voter les lois, mais de les concevoir et surtout de les RÉDIGER, bon sang de bois ! Qu'est-ce que c'est, ce Palais-Bourbon devenu une simple chambre d'enregistrement des volontés gouvernementales ? Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui : « NOUS SOMMES ICI PAR LA VOLONTÉ DU PEUPLE »  ? C'est juste devenu une phrase ampoulée, grandiloquente, dérisoire.

Pourquoi voudriez-vous que les électeurs français se mobilisent pour élire des godillots dociles, une simple masse de manœuvre au service des décideurs politiques, au premier rang desquels le président lui-même ? Franchement, à quoi ça sert, un député, si ce n'est pas lui qui la fait, la loi ? 

Pourquoi croyez-vous que Macron attend des Français qu'ils lui envoient une majorité absolue ? Réponse : pour que les députés soient à la botte ! Bien qu'officiellement le président n'ait pas le droit d'entrer dans le Palais-Bourbon, est-ce qu'on peut encore décemment appeler ce système un "régime parlementaire" ? Puisque, en réalité, tout est fait pour que soit exécutée la volonté de l'élu principal ?

3 - Questions subsidiaires : quels problèmes insurmontables posait le septennat ? Quelle était l'intention des gens qui ont instauré le quinquennat ? Et de ceux qui ont calqué le mandat parlementaire sur le mandat présidentiel ? Et de ceux qui ont "inversé le calendrier" pour élire la Chambre dans la foulée du Président ? Les méfaits de la cohabitation étaient-ils tels que les gouvernants avaient les mains complètement liées ?

Conclusion : J'ai bien peur que le député n'ait aujourd'hui d'autre utilité que celle d'apposer la signature de la soi-disant "volonté du peuple" au bas du parchemin portant la volonté présidentielle. Le député français n'est, par définition, dans un tel système, qu'une caution officielle, un homme de paille, un prête-nom, une marionnette, un fantoche. Et ce ne sont pas les rodomontades de Jean-Luc Mélenchon qui m'en feront démordre.

Ajouté le lundi 20 juin 2022 : 

Oui, bon, j'avoue, j'ai tout faux. Macron se retrouve Gros-Jean comme devant, avec une Chambre "ingouvernable" (quelques journalistes). Et ça, ça me réjouit. Ben dis donc, il va être obligé de négocier, de marchander et de faire de la politique. J'avais pas vu non plus Marine Le Pen en train de doubler par la droite, même qu'elle a pas eu besoin de la proportionnelle !!! Maintenant, je vois arriver un gros point d'interrogation. C'est encore une question, mais alors mastoc, la question !!! Que va-t-il arriver ? Mon dieu quel suspense !!!

dimanche, 15 mai 2022

UNE VIEILLE CONNAISSANCE ...

... LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE.

Un ami m'a insidieusement prêté ce livre : il sait que je suis un peu sensible à tout ce qui touche à la question. Quand il m'a mis le bouquin entre les mains, un petit sourire malicieux s'est dessiné sur son visage. Je me suis demandé pourquoi.

PHILIBERT CEDRIC LA TERRE BRÛLE T ELLE.jpg

Quand je l'ai ouvert, j'ai compris. Ce livre est paru en 1990 ! Ça fait donc trente-deux ans. Et on y trouve déjà à peu près tout ce qu'on sait aujourd'hui sur le sujet (j'exagère bien sûr, mais tous les faits et données accumulés ensuite n'ont fait que confirmer l'état des lieux en aggravant le constat). Bon, il y a des éléments qui ont changé (le trou dans la couche d'ozone, par exemple, n'est plus un problème). Et puis c'est un livre de journaliste, je veux dire qu'il a les inconvénients de ses avantages : l'auteur se sent obligé d'évoquer tous les aspects de la question, au risque de paraître superficiel ou mal argumenté. C'est un survol, si l'on veut, mais qui fait le tour de la question en un peu plus de deux cents pages. 

Et puis les spécialistes du climat n'étaient pas encore organisés comme ils le sont aujourd'hui, les bataillons du futur G.I.E.C. avaient à peine commencé à éplucher les centaines, puis les milliers, puis les dizaines de milliers d'articles scientifiques parus dans des revues « à comité de lecture » et consacrés à tel ou tel aspect plus ou moins large, ou plus ou moins "pointu" du sujet. Le livre ne peut être qualifié de prémonitoire, puisque l'auteur s'appuie sur des faits déjà dûment constatés et répertoriés. Je retiens qu'en 1990, ON SAVAIT DÉJÀ TOUT !!! Ci-dessous, le texte proposé en "quatrième de couv.".

PHILIBERT LA TERRE 4è DE COUV.jpg

C'est curieux comme résonne à mes oreilles le mot "urgence", trente-deux ans après la parution : « Si nous nous dérobons à l'urgence d'un effort rapide et concerté .... ». Hé hé hé !!! Ma parole ! J'ai déjà entendu ça quelque part. Et je me dis : trente-deux ans !!! Et rien n'a bougé ou presque. Ah si, pourtant : le réchauffement climatique est devenu un passage obligé parmi les rubriques des bulletins d'information. Mais concrètement ?

Conclusion et moralité ? Je doute encore plus qu'avant de l'utilité du savoir. A quoi bon, en effet, accumuler des données sur des phénomènes irréfutables et menaçants, si personne n'est là pour faire passer dans les faits les conclusions des observateurs ? On reproche aux gens au pouvoir de ne rien faire. On leur fait même des procès. Il y a même des tribunaux qui condamnent des Etats à cause de la mauvaise volonté qu'ils mettent à réagir. On invente une Greta Thunberg, vous savez, cette surdouée de l'écologie justicière qui apostrophe les puissants de ce monde : « How do you dare ? » ("comment osez-vous ?"). On organise à grand spectacle des "marches des jeunes", des "marches pour le climat", des "marches pour le futur", soi-disant pour mettre les gens au pouvoir au pied du mur. Et rien ne se passe, ou alors si peu que rien. A première vue, cette inaction est extraordinaire. Mais je crois qu'elle s'explique parfaitement.

Ben oui. En démocratie, les gens au pouvoir, on les appelle des élus (ailleurs, l'environnement est le dernier des soucis des régimes autoritaires ou dictatoriaux, regardez comment Poutine considère l'écologie en Ukraine). Et pour être élus, les vieux de la vieille savent que les grands sujets dont il faut parler sont le pouvoir d'achat, le coût de la vie, le logement, les problèmes alimentaires, ce qu'on appelle aujourd'hui les « mobilités » (la voiture, les transports, les échanges transnationaux, etc.) et puis, "last but not least", l'emploi, c'est-à-dire le travail, le revenu, le salaire, les charges, les impôts, l'industrie, l'activité économique, la prospérité, le progrès sans limites et les lendemains meilleurs. La candidate à la présidentielle Marine Le Pen ne s'est pas trompée en tapant sur le clou "pouvoir d'achat".

Pourquoi croyez-vous que Yannick Jadot, le tout fiérot chef des écolos, a obtenu moins de 5% des voix à la présidentielle ? Parce que, si les électeurs ne font qu'une confiance très limitée à Emmanuel Macron pour mettre en œuvre une politique capable de résoudre leurs problèmes, ils savent parfaitement que si la France était gouvernée par des écologistes, ce serait pour eux une véritable catastrophe sur tous les points énumérés ci-dessus. Et je ne parle même pas de la dimension franco-française du débat, rapportée à ce que représente, en termes d'influence, la France dans le monde.

Elle est là, la vérité : la population veut bien accepter de corriger (à la marge) quelques excès qu'elle peut commettre dans sa façon de consommer ; faire des "petits gestes" qui ne servent pas à grand-chose au plan global ; déposer les diverses sortes de déchets dans les poubelles adéquates ; être privée de quelques places de parking pour laisser place à un "verger urbain" (j'ai sous les yeux un charmant pommier tout jeune, et quelques poiriers, cassissiers prometteurs, etc. : ça prend la place de six bagnoles) ; venir déposer ses épluchures dans la caisse à compost gérée par une association du quartier, et autre menues activités sans trop de conséquences ; se déplacer davantage à vélo en ville ; s'abonner à l'A.M.A.P. qui vient tous les mercredis poser ses tréteaux et ses étals pour distribuer ses "paniers" de produits en circuit court. 

Mais ce qu'elle veut en priorité absolue, la population, c'est du boulot qui lui rapporte de quoi vivre au-delà du 15 du mois ; c'est de quoi manger pas cher et nourrir la famille ; c'est de quoi se loger décemment et sans trop de tensions avec le proprio ; c'est de quoi, si possible, partir en vacances pour changer d'air de temps en temps. Voilà déjà tout un programme. Appelons ça la nécessité. Le dur du concret si vous voulez. Voilà les attentes auxquelles ont à faire face les élus, futurs élus et autres hautes éminences responsables du destin d'autrui ou qui aspirent à le devenir.

Bien sûr que la même population, celle qui lit, écoute ou regarde les nouvelles, n'est ni aveugle, ni sourde et que, hormis quelques endurcis de la comprenette, quelques complotistes gothiques et quelques antivax égarés, elle sait désormais que l'atmosphère se réchauffe du fait des activités humaines. Elle sait qu'il faudrait faire quelque chose. Mais allez lui dire qu'elle a tort de vouloir vivre correctement, avec des ressources suffisantes pour ne dépendre de personne, et surtout pas des banques alimentaires ! Vous voyez déjà la réaction !

On a beaucoup entendu, au moment des "gilets jaunes", la litanie : « Fin du mois et fin du monde, c'est kif-kif ! Ecologistes et gilets jaunes, fraternisons ! » Ben non, justement, ce n'est pas du tout la même chose. C'est même l'opposé. Il y a une contradiction flagrante, irréductible entre le projet de bâtir un monde enfin sobre, enfin écologiquement soutenable, enfin débarrassé de toutes les nuisances procurées par la modernité, la technique et la production à-tout-va (ça, c'est les écolos), et puis, en face, la nécessité, par exemple, pour des parents de gagner assez pour bien nourrir les enfants et leur offrir un cadre où ils puissent s'épanouir durablement (ça, c'est les gens ordinaires).

Aucun tribun, aucun meneur d'hommes, aucun chef de parti ne peut espérer rassembler des masses de gens derrière lui s'il balance à la gueule des foules un discours sur la sixième grande extinction, le réchauffement climatique ou la préservation des espèces menacées, car il devra ajouter que ces tableaux apocalyptiques seront forcément accompagnés de terribles restrictions sur la satisfaction des besoins, sur l'assouvissement d'énormément de désirs et sur d'innombrables espoirs d'améliorations et d'agréments promis par le Progrès et la Technique.

Tout laisse à penser que l'homme d'Etat doté d'une assez vaste envergure pour surmonter l'incompatibilité des termes de la contradiction n'est pas près de naître.

Alors, cela étant dit, suis-je pessimiste davantage que réaliste quand je pronostique que la situation de l'humanité ressemble à une nasse aussi vaste et profonde que l'univers ?

Voilà ce que je dis, moi.

Note : Dans toutes les forces qui font de la résistance à la lutte contre le réchauffement climatique, je n'ai pas cité la forteresse dans laquelle sont retranchés les grands acteurs de l'économie mondiale, les chimistes empoisonneurs, les productivistes déforesteurs, les extractivistes fossiles et autres engeances arc-boutées sur la course aux profits infinis. Il va de soi que tous ces gens (on peut à bon droit les appeler "le Système") figurent au premier rang des militants anti-écologistes. Ceux-là, ils n'agissent pas par nécessité, mais par choix. 

mercredi, 27 avril 2022

UN PRÉSIDENT MINORITAIRE ....

... DONC UN PRÉSIDENT PEU LÉGITIME. 

Combien de Français ont vraiment élu Emmanuel Macron ? Combien de voix pour Marine Le Pen ? Tous les médias écrits ou audio-visuels nous ont informés, nous ont donné les chiffres, en particulier ceux de l'abstention. Mais ce que je trouve curieux, c'est que jamais — mais je ne sais pas tout —, ou peu s'en faut, ils ne livrent ces chiffres par rapport aux électeurs inscrits sur les listes électorales.

Etant un peu curieux de les connaître, j'ai eu beau aller voir les canaux "mainstream", j'ai fait chou-blanc. Jusqu'à ce que je me décide à me rendre sur le site du ministère de l'Intérieur. Et plutôt que de tenter de disserter ou d'allonger la sauce, je me contente ici de reproduire tels quels les tableaux offerts par le ministère (voir plus bas), et d'y souligner ce qui m'intéresse en priorité.

Et là, surprise quand même : au premier tour (voir plus bas), on s'aperçoit que c'est en réalité tout juste un cinquième (20,07%, soit presque dix millions) des électeurs inscrits qui ont délibérément choisi Macron. Cela ne fait vraiment pas beaucoup, je trouve, pour qu'un type prétende conduire pendant les cinq années qui viennent les destinées de la France avec le soutien de toute la population. Le fait que Macron double peu ou prou son score (moins de vingt millions) au deuxième tour signifie simplement qu'un nombre d'électeurs égal au premier tour, par refus du pire, a voté pour lui PAR DÉPIT et souvent même en se bouchant le nez, comme on a pu l'entendre sur les ondes.

Ce que je crois qu'il faut garder en mémoire, c'est que la légitimité d'un président à décider de tout et, pour ainsi dire à gouverner en lieu et place du gouvernement et de son premier ministre, cette légitimité est lamentablement faible, reposant à l'origine sur une base tellement étroite qu'on peut affirmer qu'elle est MINORITAIRE.

Voilà à quoi je voulais arriver : monsieur le président, votre premier devoir, c'est d'avoir le courage de reconnaître que, si le scrutin vous a confié un mandat LÉGAL, vous restez en MINORITÉ dans le pays réel. Et vu qu'il reste cinquante jours environ avant les législatives, je parierais volontiers (j'espère fortement) qu'une fois passée l'élection des 577 députés, on constatera qu'une minorité d'entre eux vous est acquise.

Et pour une fois, la France aura une chance de voir la naissance d'un vrai contre-pouvoir, capable d'entraver la "toute puissance" (relative) d'un président aux mains libres et ayant la mainmise sur une représentation nationale aux ordres.

On peut toujours rêver, n'est-ce pas ?

Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 18 779 641 38,52 58,54
Mme Marine LE PEN 13 297 760 27,28 41,46

 

  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 48 752 500    
Abstentions 13 656 109 28,01  
Votants 35 096 391 71,99  
Blancs 2 228 044 4,57 6,35
Nuls 790 946 1,62 2,25
Exprimés 32 077 401 65,80 91,40

En raison des arrondis à la deuxième décimale, la somme des pourcentages peut ne pas être égale à 100%.

France Entière

Rappel des Résultats au 1er tour

Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés
M. Emmanuel MACRON 9 783 058 20,07 27,85
Mme Marine LE PEN 8 133 828 16,69 23,15
M. Jean-Luc MÉLENCHON 7 712 520 15,82 21,95
M. Éric ZEMMOUR 2 485 226 5,10 7,07
Mme Valérie PÉCRESSE 1 679 001 3,44 4,78
M. Yannick JADOT 1 627 853 3,34 4,63
M. Jean LASSALLE 1 101 387 2,26 3,13
M. Fabien ROUSSEL 802 422 1,65 2,28
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 725 176 1,49 2,06
Mme Anne HIDALGO 616 478 1,26 1,75
M. Philippe POUTOU 268 904 0,55 0,77
Mme Nathalie ARTHAUD 197 094 0,40 0,56



  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 48 747 876    
Abstentions 12 824 169 26,31  
Votants 35 923 707 73,69  
Blancs 543 609 1,12 1,51
Nuls 247 151 0,51 0,69
Exprimés 35 132 947 72,07 97,80

lundi, 25 avril 2022

C'EST MACRON, COMME PRÉVU !!!

MACRON RÉÉLU, C'EST LE MOINDRE MAL.

*

LE MOINDRE MAL, C'EST MOINS PIRE QUE SI C'ÉTAIT PIRE, MAIS ÇA FAIT MAL QUAND MÊME.

jeudi, 21 avril 2022

MARINE LE PEN ATTENDANT SON HEURE

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Derrière la fille (selon Walt Disney), l'ombre du père ?

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Dessin de CABU, évidemment.

 

mardi, 19 avril 2022

AVANT LE SECOND TOUR

Avant le second tour de l'élection présidentielle en France, nous sommes allés, Tintin et moi, consulter une voyante infaillible. Voici ce que Foudre Bénie nous a déclaré.

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lundi, 11 avril 2022

BULLETIN DE VOTE ET GUEULE DE BOIS

C'EST ÇA, LA FRANCE ?

JO ET ZETTE MANITOBA.jpg

Je ne sais pas combien nous sommes à savoir de quel album de B.D. est tirée cette vignette angoissante et géniale. Toujours est-il qu'elle me semble figurer avec une assez bonne exactitude l'état de la population française au lendemain du premier tour de la présidentielle.

Qu'un tiers de mes compatriotes ait pu gober le discours mielleux de Marine Le Pen (+ Zemmour + Dupont-Aignan) sur le pouvoir d'achat (+ immigration + sécurité) a quelque chose de stupéfiant. Dans quel état de déboussolement intellectuel et moral se trouve cette partie de la France qui semble prête à se jeter dans une aventure dangereuse !? 

Pour expliquer cette situation, j'ai personnellement tendance à incriminer l'absence d'individualités dotées d'une carrure et d'une envergure d'homme d'État, au sens le plus noble du terme. Je tiens le "Femme d'État" de la profession de foi de la Le Pen pour du pur matamorisme : trouvaille de communicant doué. Pour moi, homme d'Etat, ça veut dire quelqu'un (homme ou femme) qui voit plus large et plus loin que quiconque, quelqu'un qui voit plus haut que sa petite personne, et surtout quelqu'un qui met ce qu'il sait et ce qu'il peut au service de quelque chose de beaucoup plus grand que lui, quelque chose qu'il sait formuler, et qu'il fait partager au plus grand nombre.

En dehors de ce désert (je n'en vois pas un pour racheter l'autre), j'aperçois une autre cause, plus sourde, plus lancinante, plus permanente : la métamorphose de toute une classe politique, depuis 1945, sous l'influence d'un nouveau mode de sélection des élites. Je veux évidemment parler de la lente conquête, puis de l'accaparement de tous les leviers du pouvoir par une catégorie trop homogène de premiers de la classe, une sorte de mafia par cooptation de "méritocratie", dont le souci est en priorité d'administrer, autrement dit de gérer l'existant.

Quand tout le personnel politique (ou peu s'en faut), toute la haute fonction publique, tout l'encadrement dirigeant des grandes administrations et des ministères sont composés de personnes ayant été nourries, dans quelques grandes écoles et en suivant des trajectoires à peu près identiques (sciences-po-ENA-assistant-parlementaire-député-etc.), des mêmes éléments de structure intellectuelle et de grilles de lecture du réel, la France se met à fonctionner selon le principe d'une endogamie mortifère, façon certaine, à la longue, de faire du corps national un corps dégénéré (une variante des aberrations par consanguinité). 

En disant cela, je ne prétends aucunement donner des clés de compréhension. Moi aussi, je patauge. Il faudrait aussi faire une place à l'immense mouvement de privatisation qu'on observe depuis un demi-siècle. Je pense ici, par exemple, au recours massif du gouvernement français aux contributions onéreuses du cabinet de conseil McKinsey. Je pense aussi au démantèlement des services publics et au rétrécissement des interventions de l'Etat. Je pense au constant effort de désindustrialisation de la France accompli par les lobbies d'actionnaires.

Je pense à l'état d'assez grande déréliction dans lequel se trouve le système éducatif, sous les coups de boutoir successifs de réformes à la fois idéologiques et budgétaires (toujours sous couverture pédagogique, bien entendu) ; un système éducatif qui ne sait plus où il en est et qui ne parvient plus à former de véritables citoyens conscients et responsables, et qui laisse sortir de ses murs une masse d'aveugles capables de se pendre au cou d'une meneuse de meute aux dents et aux lames affûtées.

La conclusion est amère et triste.

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Note : On savait déjà le Parti "Socialiste" en état de mort cérébrale (pensez, même le politiquement minuscule Jean Lassalle fait mieux que la petite et piteuse Hidalgo) : cela se confirme, mais j'attendrai les législatives pour délivrer le permis d'inhumer. Même chose pour la petite Pécresse. Quant à l'olibrius énergumène qui n'a d'insoumis que le nom, j'imagine que sa préoccupation la plus urgente est désormais de retrouver bientôt son fauteuil de député. Rien que des pensées élevées, quoi.

jeudi, 07 avril 2022

TROMBINOSCOPE OU TIR AUX PIPES ?

ARTHAUD.jpgDUPONT AIGNAN.jpgHIDALGO.jpgJADOT.jpgLASSALLE.jpgLEPEN.jpgMACRON.jpgMELENCHON.jpgPECRESSE.jpgPOUTOU.jpgROUSSEL.jpgZEMMOUR.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, j'ai trouvé ça dans ma boîte aux lettres, ce matin mercredi 6 avril. Quel mot d'ordre aura votre préférence ? "Le camp des travailleurs" ? "Choisir la liberté" ? "Ensemble changeons d'avenir" ? "Faire face" ? "La France authentique" ? "Femme d'Etat" ? "Nous tous" ? "Un autre monde est possible" ? "Le courage de faire" ? "L'urgence anticapitaliste" ? "La France des jours heureux" ? "Pour que la France reste la France" ?

Est-ce qu'on pourrait faire un poème en mettant toutes ces bribes de pensée ["pensée", vous croyez ?] bout à bout ? Une comptine pour enfants des écoles ? Un refrain de chanson comique ? Peut-être même certains prendraient-ils au sérieux le texte de cette chanson ?

Quoi qu'il en soit, ils sont venus, ils sont tous là, bien propres sur eux, y a même Eric le fils maudit, elle va mourir la Mamma. Une enveloppe format A5, complètement bourrée, avec mon nom et tous mes prénoms (mais sans les bien connus Pacôme, Hégésippe et Ladislas, car je ne suis hélas pas comte de Champignac) bien alignés. J'avais reçu quelques jours auparavant une carte d'électeur.

Tout ça est très gentil et sûrement plein de bonnes intentions à mon égard, mais les gens qui m'ont adressé tous ces papelards ne sont apparemment pas au courant d'un détail : je ne me revendique pas formellement abstentionniste (quoique ...) et je ne fais aucun prosélytisme, mais je deviens au fil du temps et sans le crier sur les toits, en France, le plus grand collectionneur de cartes d'électeur vierges à mon nom, que je me suis fait un honneur de ne jamais déflorer en les laissant souiller par des mentions assez vulgaires, du genre "A voté" ou "10 avril 2022".

Je note que toutes ces trombines se présentent très nettes sur un fond flou, à l'exception de trois : deux avec drapeau rouge et une avec fragments de nature et de têtes de peuple (jeune, le peuple, selon toute apparence). Je note qu'une seule candidate a l'audace de ne pas faire figurer son patronyme sur la photo. Je trouve ça culotté. Et puis franchement, "femme d'Etat", quelle trouvaille !

Je note qu'une autre candidate présente la mine d'un petit faux sourire plaintif qui donnerait presque envie de la rassurer et de la protéger. Quant à une troisième, elle a sans doute préféré se faire passer pour une oie blanche (mais tirant sur le brun pour ce qui est du capillaire), ce qu'assurément elle n'est pas.

Je note que les communicants d'un des candidats ont pioché dans les recettes de la P.N.L. (le regard braqué vers le haut à droite), vous savez, ce catalogue des "trucs" qu'on enseigne aux vendeurs au porte-à-porte pour convaincre de pauvres diables d'acheter à crédit une encyclopédie en vingt-quatre volumes ou un aspirateur à seize soupapes monté sur turbo-compresseur.

Mais quel que soit le style adopté et que la photo soit ratée ou non, voilà les douze yaourts que le supermarché "France" offre sur ses rayons. Douze promesses de délices. Douze façons d'annoncer des lendemains qui chantent. Douze promesses que l'avenir ne tiendra pas.

Le problème, c'est que je ne mange des yaourts que quand j'y suis contraint et forcé, par exemple lorsque je me trouve sur un lit d'hôpital, c'est-à-dire assez rarement il faut bien dire, parce c'est la seule nourriture à peu près mangeable qu'on y trouve. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : Evidemment que je plaisante, évidemment que j'exagère, évidemment que je galèje, évidemment que je débloque à plein tube. Mais pour le moment, c'est la seule issue de secours que j'aie trouvée au monde que je vois, que j'entends et qui nous aime de moins en moins.

dimanche, 20 mars 2022

VALERIE PÉCRESSE : L'INTELLIGENCE POLITIQUE

Ce n'est pas facile du tout d'être candidat à une élection présidentielle. Un vrai calvaire, un sacerdoce, une mission impossible. Quand on est un homme, c'est déjà éprouvant : regardez Jean Lassalle, purement et simplement ignoré par les grand médias, tout juste un petit dessin dans Le Canard enchaîné où le caricaturiste lui a fait un tarbouif façon pomme de terre extraterrestre !

Alors pensez : une femme en campagne ! Vous avez envie de la suivre, Valérie Pécresse, sur son chemin semé d'épines vers une déplorable crucifixion ? Et ce salaud de Nicolas Sarkozy qui, au dire de ses anciens amis et cotisants, est en train de "trahir sa famille" en ne déclarant pas son soutien plein et entier à cette femme à l'impeccable courage, à l'intrépidité de tous les instants ! Pire encore : il paraîtrait qu'il s'apprête à passer à l'ennemi et à soutenir Emmanuel Macron, dont il déclarait d'ailleurs, quelque temps après son élection de 2017 : « Macron, c'est moi en mieux ! ».

Pauvre Valérie Pécresse, en vérité ! Si injustement attaquée qu'elle finit par en perdre le sens de l'orientation. On l'a en effet entendue accuser Emmanuel Macron de lui piquer plein d'idées de son programme, et puis dans la foulée déclarer avec hauteur et fierté devant une assemblée conquise : « Le programme de Macron, ce n'est pas mon programme ! ». Il faudrait savoir.

Mais Madame Pécresse n'en est pas à une bévue près, si j'en crois une information entendue sur les ondes. Elle aurait en effet lancé, dans des circonstances que je ne connais pas, que si elle était élue présidente, elle nommerait le général De Villiers ministre de la Défense, l'écrivain Leila Slimani ministre de la Culture et Teddy Ryner, le champion de judo, ministre des Sports.

Le seul problème, c'est qu'elle aurait pu demander leur avis aux personnes concernées, avant de leur bombarder des portefeuilles en peau d'ours pas encore tué. Or ce n'était visiblement pas le cas, puisque le premier aurait répondu : « Je ne serai jamais le ministre de la Défense de Madame Pécresse ! » ; puisque la deuxième aurait rétorqué que la simple idée de cette nomination la remplissait d'horreur ; quant au troisième, il se serait contenté, en réponse à la candidate, de diffuser sur les réseaux sociaux une icône du genre "émoji hilare". J'ignore si l'intention de l'une et les répliques des trois autres sont authentiques, mais je trouve l'histoire divertissante. 

Quoi qu'il en soit et qu'il arrive, j'ai l'impression que l'avenir politique de Valérie Pécresse ne se présente pas sous les meilleurs auspices (j'ai failli écrire "hospices") parce que, à force d'accumuler les baffes et les gaffes, ses joues vont finir par ressembler à des tranches d'aloyau persillées et saignantes. Pauvre Valérie Pécresse, si seule et si abandonnée, cuite façon cramée dans la dernière ligne droite d'une épreuve où rien ne lui aura été épargné !

Quel talent ! Quel tempérament ! Quelle intelligence politique ! Quelle perte hypothétique pour la France !

Voilà ce que je dis, moi.

Note : après vérifications auprès de diverses sources, il semblerait que tout soit vrai.

Note ajoutée le 25 mars : on a appris que Madame Pécresse a été déclarée positive au Covid. Décidément, quand on a la poisse ... Chirac avait raison quand il déclarait : « Les emmerdes, ça vole en escadrille ».

dimanche, 06 mars 2022

LE CHOIX DU CHÔMAGE (fin)

Pour terminer cette petite série consacrée à la façon dont des générations d'hommes politiques ont "abordé" la question du chômage, je voudrais rendre hommage aux auteurs de Le Choix du chômage (Futuropolis, 2021), le journaliste Benoît Collombat et le dessinateur Damien Cuvillier, ainsi qu'à leur éditeur Futuropolis en la personne de Claude Gendrot.

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Tout commence lors d'une rencontre en octobre 2016 à Saint Malo, au Festival Quai des Bulles, autour d'une table.

Car s'il s'agit au départ d'un projet qui pourrait sembler un peu trop ambitieux, on trouve à l'arrivée un ouvrage très important pour qui veut comprendre comment il se fait que la France ait, au cours du temps, laissé démanteler toutes les structures qui faisaient de la collectivité française un Etat social. C'est-à-dire un pays, pour ce qui touche les fournitures d'eau, gaz, électricité, les services de la Poste et autres institutions contrôlées par l'Etat, où l'on ne parlait pas de "client" mais d'"usager des services publics". On admettra sans trop de façons, j'espère, que ça change tout. Collombat et Cuvillier ont, pour faire aboutir le projet, abattu une besogne pharaonique pour rassembler, "scripter" et dessiner la substance du sujet. Grâce leur soit rendue.

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Il n'a jamais été question pour moi de faire ici le tour exhaustif de ce bouquin majeur en entrant dans toute la complexité des notions et dans la succession des moments de la mise en place douloureuse du nouveau système économique, inspiré et importé directement des pays anglo-saxons. C'est avec raison que les auteurs parlent dans leur sous-titre de "violence économique". J'ai voulu simplement donner une place visible (tant que faire se peut) à une démarche peu banale, engagée et surtout salutaire. Peut-être que ces quelques pages donneront l'envie à quelques-uns de lire le livre ? Après tout, est-il prouvé qu'il n'y a pas de miracle ?

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Je retiendrai en particulier deux ou trois citations de la page 20 (ci-dessus), tirées d'un livre paru en 1985 et signé d'un certain Jean-François Trans, pseudonyme collectif pour François Hollande, Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Jouyet et Jean-Pierre Mignard, dont trois au moins se sont fait largement connaître ensuite. Certaines de ces citations permettront de comprendre pourquoi la gauche a trahi la classe des travailleurs en se ralliant à l'économie de marché.

D'abord un belle énormité : « Lever les barrières qui protègent les secteurs assistés, car la concurrence est fondamentalement une valeur de gauche ». C'est-y pas clair, tout ça ?

Et puis cette perle : « La gauche épuise son crédit quand elle s'acharne à surestimer le nombre des démunis et la fortune des plus favorisés ». C'est-y pas beau, celle-là ?

Et puis ces deux professions de foi : « Le choix de la compétitivité .... La baisse des prélèvements obligatoires ... ». Déjà des traîtres.

Si le total des candidats de gauche à la présidentielle arrive tout suant et à bout de souffle à 20% dans les sondages, ce n'est que justice, finalement. Il n'y a plus de parti socialiste, le champion des trahisons des "idéaux" de la gauche. Le parti communiste a porté à sa tête un type qui a l'air bien (Fabien Roussel), mais pourquoi ces gens persistent-ils à s'appeler "communistes" ? Mélenchon a gardé, sous le vernis d'arrondissement des angles, son côté "olibrius", malgré ses indéniables qualités d'orateur (mais Macron en est un autre).

Du coup, c'est l'ensemble des classes populaires qui se retrouvent à poil, sans défenseurs, parce qu'elles ont été lâchées par des gens qui ont promis, promis, promis et qui, dans leur cuisine à l'abri des regards, ont concocté la nouvelle donne, celle que l'on connaît aujourd'hui : chômage, précarité, et ce qui s'ensuit : la colère. On peut compter sur le prochain probable président de la République pour continuer dans la même voie et pour aggraver la situation du plus grand nombre. Heureusement, il reste les bâtons et autres instruments de la police, comme on l'a vu avec les "gilets jaunes" il n'y a pas si longtemps. 

On l'a compris : ce que je retiens en priorité de Le Choix du chômage, de Benoît Collombat, journaliste, et Damien Cuvillier, dessinateur, c'est qu'ils racontent l'histoire de l'offensive du néolibéralisme anglo-saxon en France, offensive menée par des forces néolibérales proprement françaises, convaincues par nature, mais qui s'est révélée victorieuse grâce à la complicité active de gens qui se disaient de gauche, et qui ont fait fi de – disons – "l'identité française", pour des motivations purement économiques, en même temps qu'ils jetaient aux orties les vieilles convictions de justice sociale, de bien commun, voire d'universalité des valeurs.

Je veux dire que, s'ils se sont fait "une certaine idée de la France", c'était celle d'une simple machine productive qu'il s'agissait de rendre puissante et compétitive sur un marché de plus en plus soumis non plus à la volonté politique des peuples, mais aux lois aveugles de l'économie, et dans un monde de plus en plus fondé sur la compétition entre nations, voire entre individus, et pour tout dire, un monde de plus en plus concurrentiel et globalisé. Il s'agissait d'adapter et de fondre l'identité de la France dans le "concert" (je me gausse) des nations, au lieu de promouvoir contre vents et marées - et pourquoi pas imposer en Europe - les structures d'un Etat social à la française. Les auteurs nomment cela la violence économique. C'est la pure vérité.

Cette France marchande gouvernée par les forces de l'argent n'est pas la mienne. Oui, je sais, ma France a disparu corps et bien, sans espoir de retour : aucune illusion là-dessus. Mais je réponds que je peux me permettre de ne pas adhérer. 

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 04 mars 2022

LE CHOIX DU CHÔMAGE (suite)

Juin 2018. Collombat et Cuvillier, les auteurs de Le Choix du chômage (Futuropolis, 2021), soumettent deux photos au regard de l'économiste James Galbraith. La première le laisse de marbre, comme on le voit ci-dessous.

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Car tous les gens bien informés la connaissent par cœur, cette photo : Franklin Roosevelt appose sa signature au bas de la loi dite "Glass-Steagall Act", du nom de ses deux rédacteurs. On est en 1933. Le président américain, après la crise de 1929 et avec le "New Deal", a entrepris de mettre au pas les puissances de l'argent qui ont provoqué la catastrophe. 

Il finit par imposer pour cela la séparation des "banques d'affaires" (investissement, financement des entreprises et de l'économie) et des banques de dépôt (l'argent de monsieur Tout-le-monde), histoire de diminuer les risques. Comme le dit Alain Supiot dans une autre "vignette" : « Roosevelt a un discours d'une incroyable fermeté vis-à-vis des pouvoirs financiers qui sont devenus une féodalité et se sont arrogé le droit de diriger les peuples ». 

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Mais James Galbraith éclate de rire en jetant un œil sur la deuxième photo.

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On y voit en effet, soixante-six ans après (1999), le président Clinton abroger la dite loi "Glass-Steagall Act". Soit dit en passant, Cuvillier sait dessiner.

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Ce que je comprends de la petite séquence, c'est que, sous la pression du lobby des banquiers, le pouvoir politique américain renonce à la prééminence du politique sur l'économique. C'est le début d'une période qui dure encore, où la puissance de l'Etat n'est plus considérée comme la force directrice qui organise et dirige toute l'économie, mais tout au plus comme une force organisatrice, régulatrice qui se met au service du marché et de ses acteurs, et leur facilite la tâche en éliminant les obstacles qui nuit au bon "fonctionnement" de la "machine".

Les chefs d'Etat, même (et surtout ?) les puissants, se sont progressivement mis à la remorque et au service des banquiers et des grands acteurs de l'économie et de la finance. Déjà Pompidou, pourtant agrégé de Lettres classiques, était passé par la banque Rotschild (banque d'affaires) avant d'arriver aux responsabilités politiques.

Mais de Pompidou à Macron, c'est toute une "classe politique", y compris à gauche, qui s'est imprégnée de la "nécessité" de favoriser les forces du marché. Regardez par exemple ce qu'écrivait en 1986 un jeune énarque (promotion Voltaire), une certain François Hollande qui se disait "socialiste" !!! 

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« La politique économique est désormais l'art d'accommoder les restes. » Tout est déjà là. Et ça se passe en 1986 !!! Les candidats à la présidentielle et les futurs candidats aux législatives qui suivront feraient bien de réviser ce genre de documentation.

L'action politique est réduite à la portion congrue. Le personnel politique est devenu du personnel de bureau. Les hommes chargés de la décision politique ne sont plus que des gestionnaires. Oui, on a bien compris que les promesses, les déclarations solennelles, les discours emphatiques des hommes politiques qui regardent les Français dans les yeux ne sont, définitivement, que des paroles verbales.

Voilà ce que je dis, moi.

Note : voici ce que j'écrivais ici le 1er décembre 2014 : « ... il y aurait aussi beaucoup à dire de la disparition des idées politiques en France, qui a transformé les responsables en simples gestionnaires, comptables, bureaucrates ». Qui a le souvenir de ce que ça peut bien être, une "idée politique" ? La seule chose que j'aurais envie de dire à tous les candidats à un mandat présidentiel ou parlementaire, c'est : « Un peu de courage, mesdames et messieurs : reprenez le pouvoir que vous avez lâchement abandonné entre les mains des grands entrepreneurs, des grands financiers et des grands actionnaires ! ».

dimanche, 20 février 2022

PIQÛRE DE RAPPEL POUR ANTIVAX

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La piqûre qui rend conciliant, ... et même docile. Mais ça n'empêchera pas la bombe au Métomol d'exploser, et de rendre le bronze de la fière statue du maire de Champignac aussi mou que la guimauve au soleil dans Les Vacances de M. Hulot.

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Qu'on veuille bien m'excuser de revenir là-dessus, mais je ne comprends toujours pas la résistance forcenée des antivax à la vaccination. Et pour une raison très claire : ces soi-disant défenseurs des libertés individuelles, où étaient-ils quand des éléments significatifs de l'état d'urgence instauré par le président François Hollande après les attentats terroristes de 2015 ont été introduits dans le droit commun, transférant ainsi vers l'autorité administrative des compétences qui jusque-là relevaient de l'autorité judiciaire, et rendant ainsi possibles toutes sortes de décisions arbitraires prises par les préfets, et non plus par des juges protecteurs bien plus sûrs de ces mêmes libertés individuelles ?

Où étaient-ils quand l'état d'urgence terroriste s'est vu prolongé de mois en mois par des députés aux ordres ? Où étaient-ils quand le président Emmanuel Macron, à son tour, fit injecter par ses larbins parlementaires plusieurs mesures de l'état d'urgence sanitaire dans le droit commun, restreignant encore l'espace des libertés individuelles ?

J'aurais bien aimé voir les antivax d'aujourd'hui organiser des manifestations monstres quand furent instaurés en France les centres de "rétention de sûreté", espèces de Guantanamo au petit pied, où la loi française s'applique non pas en raison d'actes qu'auraient commis les gens qui s'y trouvent, mais de leur dangerosité potentielle, ce concept tant combattu par madame Mireille Delmas-Marty de son vivant.

Ces quelques remarques pour dire combien me semblent louches les motivations de ces promoteurs de "convois de la liberté". Je doute fort de la pureté des intentions de ces va-t'en guerre de la dernière heure. 

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 31 janvier 2022

MACRON : DES SOLUTIONS ? IL EN PLEUT !!!

YAKA TRAVERSER LA RUE !

Ça a commencé par un choc, quand le brillant énarque et banquier, et président, et orateur doué a constaté de ses propres yeux l'état de délabrement structurel de l'institution hospitalière (on manquait de lits, de personnels qualifiés, de rémunérations motivantes, de matériels modernes). Il a martialement klaxonné.

« NOUS ALLONS ÉTABLIR UN PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR L'HÔPITAL PUBLIC ! » (avril 2020).

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Et puis, devant les récriminations des policiers qui se plaignaient de la pauvreté de leurs effectifs, de la vétusté de leurs matériels et de l'insalubrité de leurs commissariats, Macron a fait une autre promesse solennelle.

« NOUS ALLONS ÉTABLIR UN PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR LES FORCES DE L'ORDRE ! »

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Et puis, quand les juges, les greffiers, les avocats et même les procureurs (pensez ! Même les procureurs !) ont envahi les palais de justice pour se plaindre massivement de leurs effectifs insuffisants et de la pauvreté de leurs dotations en matériels divers, tout le gouvernement s'est regroupé derrière le chef de l'Etat pour déclarer.

« NOUS ALLONS ÉTABLIR UN PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR LA JUSTICE ! »

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Et puis, quand les enseignants sont descendus dans la rue pour réclamer la mise à niveau de leurs salaires (gelés depuis Vercingétorix) par rapport à leurs homologues européens, une meilleure reconnaissance de leur métier et des conditions de travail décentes, la réaction du pouvoir n'a pas tardé.

« NOUS ALLONS ÉTABLIR UN PLAN MASSIF D'INVESTISSEMNT POUR L'ÉDUCATION NATIONALE ! »

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Et puis, quand Victor Castanet a fait paraître son livre-coup-de-massue sur le scandale de la gestion des E.H.P.A.D. par de grands groupes privés uniquement soucieux de servir une soupe bien grasse à leurs actionnaires plutôt que de s'occuper de leurs pensionnaires avec sérieux, compétence et humanité, le gouvernement a aussitôt réagi.

« NOUS ALLONS ÉTABLIR UN PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR LA PRISE EN CHARGE DU GRAND ÂGE ET DE LA DÉPENDANCE ! »

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Et puis quand les infirmières, aides-soignantes, internes et médecins sont RE-descendus dans les rues pour RE-manifester leur désespoir de voir ainsi abandonner l'hôpital à son triste sort, ça a RE-commencé.

« NOUS ALLONS ÉTABLIR UN PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR L'HÔPITAL PUBLIC ! »

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ET C'EST REPARTI !!!

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MORALITÉ : AUX DERNIÈRES NOUVELLES, ON N'EST PAS PRÈS DE VOIR PASSER LE DERNIER TRAIN DU "PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT". PUISQUE ÇA COÛTE RIEN !

AU FAIT, C'EST QUI, LE GARS QUI DISAIT : « MAIS ÇA COÛTE UN POGNON DE DINGUE » ?