samedi, 22 février 2025
COMMENT VA LE MONDE ?
Que voulez-vous que je puisse dire de ça ?
Pendant qu'Ubu-Roi-Trump chamboule tous les grands équilibres, se couche devant Poutine (traitant de dictateur le président de l'Ukraine, on se demande), à qui il vend l'Occident pour une bouchée de pain, laisse le champ libre aux Chinois sur les terres arabes, que se passe-t-il en France ?
Quelques pouilleux qui persistent à se prétendre de gauche (on se demande sur quelles bases) cherchent des poux à un vieux routier de la politique française qui vient de réussir à faire voter quelques budgets, en lui envoyant dans la figure une boule puante qu'ils sont allés chercher dans les poubelles de l'enseignement catholique.
Bétharram, quoique (ou parce que ?) catholique, est peut-être un endroit sordide où des violences diverses, physiques ou sexuelles ont été commises. Mais franchement, quel rapport avec la situation présente ?
Pendant que des hommes naviguent à vue pour faire en sorte que le navire France évite le naufrage, quelques individus louches ou aveugles sortent à point nommé une affaire par laquelle ils espèrent empêcher le pilote de manœuvrer efficacement pour franchir la barrière d'écueils.
Bayrou n'est peut-être pas un perdreau de l'année, il traîne peut-être quelques casseroles, il ne se prend peut-être pas pour une crotte, il n'a peut-être pas fait tout ce qu'il aurait fallu faire pour empêcher Bétharram de nuire. Oui, tout cela est possible.
Mais quand je compare la petite merdouille dans laquelle pataugent les représentants du peuple français et l'énormité du cataclysme que nous préparent les prochains rapports de forces dans le monde, j'ai envie d'engueuler ces minuscules députés de bac à sable :
« Mais enfin, grandissez ! Soyez un peu sérieux ! Occupez-vous enfin de la France ! »
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dimanche, 19 janvier 2025
MACRON ET L'AFRIQUE
« Je crois qu’on a oublié de nous dire merci. Ce n’est pas grave, ça viendra avec le temps ».
« L’ingratitude, je suis bien placé pour le savoir, c’est une maladie non transmissible à l’homme ».
Deux phrases extraites texto (site du journal Le Monde) du discours tenu par Emmanuel Macron devant le parterre des ambassadeurs de France réunis pour le rituel des vœux présidentiels.
Inutile je pense de préciser de quelle manière éperdue de reconnaissance les dirigeants du Burkina Faso, du Mali, du Niger, mais aussi du Sénégal et du Tchad ont apprécié la remontrance. J'imagine qu'un certain nombre de diplomates ont pouffé intérieurement d'un rire affligé en déplorant cette faute que nul débutant au quai d'Orsay ne commettrait.
J'ajoute en passant que si François Hollande a donné l'ordre à l'armée française d'agir contre les rebelles au Mali, c'était à la demande du régime alors en place. La décision d'arrêter la colonne armée qui attaquait la capitale Bamako avait été prise pour parer en désespoir de cause aux conséquences indirectes de l'intervention intempestive des Rafale que Sarkozy avait envoyés auparavant pour contrer l'offensive de l'armée de Khadafi contre les rebelles de Bengazi (oui, je sais, c'est compliqué).
L'intervention avait abouti à la mort du dictateur, mais aussi et surtout à la dissémination dans toute la région sahélienne des énormes monceaux d'armes et de munitions que Khadafi avait accumulés. Félicitations à Sarkozy pour son art consommé de foutre la merde partout où il passe.
Revenons à notre mouton du jour. Emmanuel Macron ne se console pas de quelques "menus" échecs, que ce soit au plan national ou international. Lui qui se voulait le « maître des horloges », lui qui prétendait tenir dans ses seules petites mains le destin des Français et de quelques autres peuples, il est bien obligé aujourd'hui de déchanter, et lamentablement. Il vient de faire un voyage éclair au Liban pour "apporter-tout-le-soutien-de-la-France" à l'effort que fait enfin ce pays pour sortir de vingt-cinq ans de merdier hezbollique et confessionnel. Incorrigible.
Et il voit, impuissant, se fendiller les murailles des derniers lambeaux de ce qui s'est appelé en des temps anciens "L'Empire Français" : ah, qu'il semble loin, le joli temps des coloniaux, de l'A.E.F., de l'A.O.F., des Français « des îles », de notre Algérie et de notre Vietnam (où mon propre grand-oncle Léon Paliard, plus tard chanoine, a fondé le Séminaire de Saint-Sulpice de Hanoï autour de 1930) !!!
J'ajoute sur ce point les événements qui se sont produits et continuent à se produire à plus ou moins bas bruit en Nouvelle Calédonie et dans les Antilles "françaises" : ça branle dans le manche, monsieur le Président !!!
S'agissant de l'Afrique, il se trouve que, compulsant des numéros de Charlie Hebdo vieux d'un demi-siècle, je suis tombé sur cette vignette du dessinateur Willem, où se trouve caricaturée avec maestria l'arrogance des anciens colonialistes à l'égard des anciens colonisés (n°246 du jeudi 31 juillet 1975). Certes, le contexte et les problématiques actuels sont tout à fait différents, mais on peut compter sur Macron pour conserver intact le sentiment de supériorité qui prévalait à l'époque (c'est bien sûr le mot "ingrats" qui m'a titillé). A se demander où Macron va parfois puiser son inspiration, non ?
On constate en même temps que la réponse des Africains est tout aussi nette aujourd'hui qu'autrefois. Sauf que Macron n'est pas si grand que ça, si vous voyez ce que je veux dire.
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jeudi, 26 décembre 2024
LE TRIOMPHE DE MACRON
On peut dire ce qu'on voudra, mais Macron atteint des sommets indépassables, en tant que "maître des horloges", "Jupiter" ou "traverseur-de-rue-pour-trouver-du-boulot". Mais des sommets qui ressembleraient plus à la Fosse des Mariannes qu'à l'Aconcagua. Car on dira encore ce qu'on veut, mais les images de Mayotte après le passage du cyclone "Chido" donnent selon moi une idée assez juste et conforme à celle que laissera Macron de la France quand il quittera le pouvoir en 2026. Oh pardon : 2027, j'ai pas fait exprès, mais c'est peut-être prémonitoire, allez savoir. Bon, je sais, j'exagère d'exagérer, mais l'idée est de cet ordre-là.
Je suis peut-être un peu sévère, mais quand j'émets l'idée que Macron a spectaculairement foiré le plus gros morceau de tout ce qu'il a entrepris depuis 2017 (et même un peu avant, dans quelques ministères), je ne suis sans doute pas si éloigné que ça de la réalité. Oui, tout ça est vrai : Macron aura été un très mauvais président, inapte aux actions bénéfiques et authentiquement constructives, expert dans toutes les matières concernant l'oralité, la causerie, les palabres qui lui ont donné l'occasion de briller de toute son excellence (à sa propre satisfaction narcissique).
Mais on est obligé de lui reconnaître une immense réussite, une éclatante, évidente, aveuglante réussite. C'est celle-ci : il aura vaillamment, opiniâtrement poursuivi la tâche à laquelle se sont attelés les présidents de la France depuis le premier et fondateur traité européen, qui marque l'entrée et la dilution du pays dans le gloubiboulga de la supranationalité, au mépris de ce qui faisait la force et l'identité de la France, et au profit de principes qui sont juste sa négation. Plus les décennies passent, plus cette évidence devient aveuglante.
Bon, il est vrai que ce modèle n'était pas sans diverses faiblesses, mais l'Europe, réduite au pauvre marché d'échanges économiques et guidée par l'exclusif principe obsessionnel de la « concurrence libre et non faussée » entre ses Etats membres, a fait passer sous son rouleau compresseur toutes les belles conquêtes sociales obtenues par les citoyens français qui formaient le "monde du travail".
La propulsion de Sarkozy à la tête du pays (et même un peu avant, en tant que ministre de l'Intérieur) avait accéléré et mis plus en évidence ce processus de dépersonnalisation de la France (forcing pour faire adopter le Traité après le référendum de 2005), suivi en cela par le ventre mou nommé Hollande, puis par le fringant discoureur qu'était et est resté Emmanuel Macron.
D'accord en cela avec les puissances économiques, les établissements bancaires, les hommes d'affaires et les grandes entreprises industrielles, celui-ci a continué à "détricoter" (ça veut juste dire démolir) toutes les fortes institutions inventées par le C.N.R. (le vrai, pas le grotesque clone de bas étage qu'il a ensuite élucubré et improvisé) en vue de la Libération de la France et mises en place une fois le pays revenu aux commandes de son destin.
Vous savez, ce "système-de-santé", ce "système-éducatif", cette S-N-C-F, ces P-T-T, et le reste, tout ça que "le-monde-entier-nous-enviait" (tu parles !). Eh bien tout ça, c'était ringard, il fallait tout balancer, faisant fi du puissant adage :
« Le service public, c'est le patrimoine de ceux qui n'ont pas de patrimoine ».
Là était le seul salut : il fallait mondialiser la France et les "Gaulois réfractaires" ! La "start-up nation", que diable ! A la poubelle, le "modèle social français" ! "Je veux en finir une fois pour toutes avec le système de protection sociale à la française" (propos recueillis en substance en 2015, deux ans avant sa première élection présidentielle, de la bouche de Macron par Marc Endeveld dans L'Ambigu Monsieur Macron) !
Bon, il faut quand même dire que l'état minable d'une classe politique française à la ramasse a bien aidé le sémillant financier dans sa conquête du pouvoir. Voyons les choses en face : il n'y a plus en France, depuis quelques dizaines d'années, de véritables hommes ou femmes politiques.
Il n'y a plus qu'un ramassis de hauts fonctionnaires et de "premiers-de-la-classe", souvent très doués pour la simple gestion de l'existant, pour l'organisation, pour la connaissance des dossiers, popur la rationalisation, mais totalement dépourvus de vision proprement politique de la France, et surtout dépourvus de la volonté de se mettre au service de quelque chose situé au-dessus d'eux, une notion qui relègue l'idée de carrière personnelle dans les bas-fonds des préoccupations mercantiles et vulgaires, et qui s'appelle LA FRANCE.
Il suffit pour aboutir à cette conclusion d'observer l'infinie bassesse des personnes (hormis quelques rares individus jalousés, détestés et soigneusement écartés par les autres) qui gravitent aujourd'hui autour des postes à pourvoir, je veux dire des postes de pouvoir. Je constate simplement que la lente (mettons les derniers trente ans écoulés) déliquescence de la qualité des personnels qui aspirent à s'installer aux manettes de notre pays arrive depuis l'avènement de Macron à son point d'achèvement.
A cela s'ajoute bien sûr l'extrême pusillanimité de presque tous les responsables depuis qu'il s'agit de contribuer à la construction européenne, dans laquelle les Français se sont illustrés par leur manque d'appétence pour Bruxelles ou Strasbourg, et par une incroyable inconstance dans ces charges assumées à contrecœur. Ce fut une course de lenteur, où chacun considérait que figurer sur la liste lors des élections européennes relevait d'une punition imméritée. Résultat : concession après concession, la France est entrée à reculons dans une Europe sans autre consistance que purement marchande.
Les signatures apposées au bas de tous les accords conclus par la Commission par ses responsables (y compris le mandat pour négocier le Mercosur) ont lié les pieds et les poings de nos hommes politiques, rendus impuissants par les engagements passés, et les ont rendus tellement impuissants qu'ils s'avèrent aujourd'hui complètement incapables d'exercer une action sur le réel à même d'améliorer concrètement le sort des Français.
J'en suis même à me demander si l'on n'a pas d'ores et déjà assisté à la victoire de l'économie sur la politique. Je veux dire que tout ce qui ressemble à de la gauche (dont Jean-Luc Mélenchon incarne la caricature) a perdu la partie. Je veux dire que les puissances économiques ont vaincu leur ennemi de classe : le peuple.
Au fond, personne ne devrait être surpris que notre pays soit dans un tel état d'égarement : c'est juste l'issue d'un processus logique. Il ne reste plus qu'à s'accrocher au pinceau qui peint notre futur aux couleurs de l'arc-en-ciel, comme le dit ce haut fonctionnaire bruxellois cafté par le camarade Gotlib.
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dimanche, 22 décembre 2024
MACRON A MAYOTTE
Enfin un président qui se penche avec une infinie bienveillance sur les misères des misérables ! Aux habitants de Mayotte dévastée par le cyclone Chido, Emmanuel Macron a promis de reconstruire les bidonvilles. Je suggère à notre baudruche présidentielle de les reconstruire Á L'IDENTIQUE :
« Vous aurez les plus beaux bidonvilles de tout l'Océan indien !!! Rien à envier à Notre-Dame de Paris !!! Le monde entier enviera vos superbes bidonvilles et sera impatient de vous rendre visite !!! Cinq étoiles dans Trip Advisor !!! On organisera une cérémonie internationale en très grandes pompes pour leur inauguration !!! Un grandiose bout de France bidonvillesque !!! ».
Journal Le Progrès, 20 décembre 2024.
***
Décryptage de l'enfumage.
Encore une promesse !!! Il ne peut pas s'empêcher. C'est plus fort que lui. C'est comme une colique.
Qui ce Jupiter né à Lilliput croit-il encore abuser ? Il est vraiment bouché à ce point-là ?
Ben oui : à lire la série passionnante, pleine d'anecdotes et de détails croustillants de Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin et Ivanne Trippenbach sur les coulisses de l'empire macronique (je n'ai pas dit "macaronique") dans le journal Le Monde ces derniers et prochain jours (quatre épisodes), Emmanuel Macron est résolument indécrottable.
Son héritage ? Oh, pas grand-chose : il aura juste continué et contribué à enfoncer la France plus loin dans la crotte.
A cette occasion, je me rappelle les paroles du général De Villiers, naguère chef d'Etat-Major de l'armée française limogé sur un coup de menton du président ("C'est moi le chef, toi tu obéis") : « Qu'est-ce que c'est, un chef ? Un type qui commande et qui donne des ordres. Mais il faut savoir s'y prendre. Quand le chef sort de la tranchée au moment de l'attaque, il faut au moins qu'il soit sûr que tous ses subordonnés le suivent ! Et que ceux-ci aient développé une grande confiance dans la personne et dans le projet » (propos reconstitués en substance).
Le chef, c'est celui (éventuellement doté d'un charisme personnel) qui sait créer la dynamique collective. Le chef, c'est celui qui s'efforce de faire adhérer tous ceux qu'il a sous ses ordres à l'idée qu'il porte, au projet qu'il a longuement mûri, à l'avenir commun qu'il envisage. Et qui a du savoir-faire pour y parvenir.
A cet égard, Macron n'est chef de rien du tout. Il détient dans sa seule tête toute la vérité du monde. Il ne se préoccupe pas de la répandre ou de la faire partager. Il veut juste l'imposer comme un oukase.
Désolé, monsieur Macron, mais à cet égard, vous êtes tragiquement incompétent. Pour espérer devenir un peu efficace, il faudrait que vous acceptiez l'hypothèse que d'autres que vous ont du talent, et pourquoi pas du génie. Talent et génie dont vous êtes le seul à rester convaincu d'être l'unique détenteur, et dont vous êtes, plus que tout autre, dépourvu.
***
Note : j'apprends que la population de Mayotte s'élève à 320.000 personnes. J'imagine que le chiffre est donné "à vue de nez", étant donné que le nombre des Comoriens (et autres ?) clandestins n'est établi que par estimation. Sachant cela, je consulte mon Petit Robert des Noms Propres, édition de 1995, qui indique une population de 85.000 individus.
Alors me vient une question : comment est-il possible qu'une population soit capable de quadrupler en trente ans ? C'est là que je ressens l'énorme absurdité de la "départementalisation", intervenue après un référendum posant la question de l'indépendance, sur l'ensemble de l'archipel des Comores. Comment se fait-il que ce caillou sec (la seule eau disponible est celle qui tombe du ciel, semble-t-il) soit devenu le point de ralliement où se concentrent autant d'humains dans des conditions moyennement humaines ?
Je pose juste la question.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mayotte, cyclone chido, emmanuel macron, président de la république, macron jupiter, notre-dame de paris, journal le progrès, journalle monde, raphaëlle bacqué, ariane chemin, ivanne trippenbach, général de villiers, chef d'état-major
vendredi, 06 décembre 2024
LE NAUFRAGE POLITIQUE FRANÇAIS
Oui, c'est certain, le Français a de bonnes raisons d'être furieux. Le voilà « éparpillé façon puzzle ». Voilà où l'a mené la division de son opinion en trois blocs irréconciliables, façon Osiris. Et pas moyen d'espérer une Isis pour se réunifier en un être entier.
Et en plus de s'être brouillé avec lui-même, le Français se voit conduit par un indécrottable pilote qui a tout appris dans un manuel théorique de batellerie fluviale, qui ne comprend rien aux règles de la navigation en haute mer, qui ne connaît rien aux manœuvres des voiles, qui ne sait pas ce qu'est un gouvernail concret, qui se prend pour l'absolu de la boussole, et qui est totalement infoutu de se faire obéir des marins qu'il a sous ses ordres.
Le Canard enchaîné, 4 décembre 2024.
La preuve : ils viennent de se mutiner, avec la ferme intention de le virer par-dessus bord. Mais il y a deux camps : ils se soumettent en effet à deux subrécargues irrémédiables gravement azimutés et forts en gueule, et en plus frontalement opposés : un olibrius à vocation incendiaire – alias La Méluche alias Méchancon – veut aller à bâbord toute et une olibriusse aux dents acérées, incompétente mais capable de tout, – la Le Pen – à tribord toute, sans se préoccuper du sens du vent, voire de l'état déplorable du bâtiment qui les porte.
Voilà pourquoi le Français reste "Baba" (nom du noir qu'Uderzo a piqué à l'Hubinon de la série Barbe-Rouge pour son bateau pirate dans Astérix) : non, vraiment « pas de chance d'êt'e tombés su' eux de nouveau ». Il n'y a plus pe'sonne à la ba''e, pat'on !!! Il n'y a même plus de pat'on !!!
Alors tous de''iè'e Baba !!! En 'oute ve's d'aut'es nauf'ages (comme avait dit, à un détail p'ès, Ségolène 'oyal ap'ès sa défaite de 2007) !!! Un peu d'ent'ain, que diable !!! Je suis sû' qu'en vous y mettant avec plus de cœu', vous êtes capables de fai'e enco'e plus spectaculai'e !!! Allez F'ance !!!
08:53 Publié dans BANDE DESSINEE, DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emmanuel macron, dissolution, assemblée nationale, michel barnier, marine le pen, jordan bardella, députés, bande dessinée, astérix, bateau pirate, barbe-rouge, baba le nègre, jean-luc mélenchon, uderzo, le canard enchaîné, chappatte, dessin de presse
mardi, 26 novembre 2024
L'ÉTAT DE LA FRANCE 3
CHRONIQUE D'UNE DÉCHÉANCE ANNONCÉE.
Aujourd'hui, on décline (mais dans la joie et la bonne humeur) !
Et même on se met à décader avec allégresse et enthousiasme.
Mais il n'y a pas que les roustons du père Platon qui ne sont plus ce qu'ils étaient : chez nous non plus, mais aussi, plus largement dans le monde, ça ne va pas fort. On n'entend parler que de déclin, perte, réduction, raréfaction, repli, reflux, recul, dégringolade, bref : le champ lexical est vaste et touche tout ce qui a à voir avec les activités humaines sur la planète.
Ça, c'est Le Figaro (pas dans mes habitudes, mais).
ETC. ETC. ETC.
Je n'ai pas tout mis, mais je vais m'arrêter là : la moisson est ample, généreuse et très probablement pour longtemps inachevée.
Donc pas besoin d'en rajouter. Tout le monde a compris ce qui attend les Français, les Européens, l'humanité, en même temps que les espèces animales, végétales et même minérales.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déclin, perte, réduction, raréfaction, repli, reflux, recul, dégringolade, les roustons du père platon, décadence de rome, papillon monarque, emmanuel macron, bruxelles, europe, france, société, journal le figaro, journal le monde, journal le progrès, écologie, bande dessinée, goscinny, uderzo, astérix, obélix, astérix aux jeux olympiques
samedi, 23 novembre 2024
L'ÉTAT DE LA FRANCE 2
CHRONIQUE D'UNE DÉCHÉANCE ANNONCÉE.
*
LA TENDANCE EST À L'AMPUTATION BUDGÉTAIRE,
(ou "Le triomphe posthume de Macron").
***
Vive la Transition écologique !!!
Vive le système éducatif !!!
Vive le plein-emploi !!!
Tiens, facteur, tu entres boire un coup ?
Allez, on se fait une toile !!!
(CNC : centre national du cinéma)
Bâtissons l'avenir !!!
***
Tous ces titres encourageants sont pris dans des numéros du journal Le Monde et du journal Le Progrès parus au cours de l'année 2024.
mardi, 24 septembre 2024
UN GOUVERNEMENT DE POTICHES
Je veux voir dans un article somme toute bref, mais remarquable, du journal Le Monde (numéro daté de samedi 21 septembre 2024) un signe qui ne trompe pas : le gouvernement constitué autour de Michel Barnier à grands renforts de sueur, de suspense et de forceps est bien un gouvernement de potiches.
Signé Nathalie Segaunes, cet article met le plein flash sur le rôle caché mais terriblement efficace de quelques individus constituant une sorte de garde rapprochée autour du président Macron. On les surnomme « la bande des quatre » (je laisse ici de côté la référence à Mao Tsé Toung, vous savez, le procès, Chiang Ching et tout le toutim).
Les quatre ne sont pas totalement interchangeables : Alexis Kohler, le manitou en second de l'Elysée, il est E.S.S.E.C.-E.N.A., alors que pour les trois autres, ceux qui sont chargés de cornaquer tour à tour les services de Bercy ou tel cabinet de tel ministre, on a respectivement : Emmanuel Moulin (E.S.S.E.C.-E.N.A.), Jérôme Fournel (H.E.C.-E.N.A.) et Bertrand Dumont (Normale Sup.-E.N.A.).
A quelque poste qu'ils soient nommés, Moulin, Fournel et Dumont sont instamment priés de reter en contact étroit avec Kohler. Rien que des premiers de la classe, des professionnels, mais aussi et surtout une chouette bande de chouettes copains, autant que de fidèles serviteurs des volontés du président.
Voilà comment monsieur Macron "tient" l'administration la plus chère à son cœur (économie, finances et tout ce qui va avec). Quatre "as" qui doivent une partie au moins de leur carrière à Bruno Le Maire, vous savez, le forcené de la "réduction des dépenses de l'Etat" et l'ennemi déclaré de la dette et de la puissance publique (c'est-à-dire ce qui fait le bien commun). Ah tiens, Jérôme Fournel est allé "seconder" Barnier à Matignon : quelle surprise !
Il faut dire que ces quatre mousquetaires dépassent tous les ministrables par la qualité et le niveau de leurs études. La preuve ? Nathalie Segaunes l'écrit, rapportant les propos de Pierre Birnbaum, historien et sociologue : « Les ministres de M. Macron (...) se caractérisent en outre par un niveau d'études certes convenable, mais relativement modeste ». Traduit en langue vulgaire : c'est pas la crème de l'élite.
Conclusion, les vrais chefs de la haute administration de la France ne sont pas les ministres, mais un tout petit nombre de gens jamais élus, de très hauts fonctionnaires placés sous les ordres d'Alexis Kohler, le grand coordonnateur, véritable "père Joseph" auprès d'un Macron férocement arrimé à sa prétention à rester « le maître des horloges ».
Pierre Birnbaum résume : « Le macronisme, c'est le triomphe de la haute fonction publique, qui prend en charge toutes les fonctions de l'Etat, y compris les fonctions politiques ». Il me semble bien que certains connaisseurs appellent ce genre de prise en main une "capture de l'Etat". Autant dire que ça aide à comprendre les raisons qui viennent de pousser Emmanuel Macron à s'asseoir sans pudeur sur le résultat des élections.
L'article de Nathalie Segaunes est un hommage à la notion même d'information.
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vendredi, 20 septembre 2024
UN GOUVERNEMENT DE POTICHES
AVEC MICHEL BARNIER EN POTICHE EN CHEF ...
... ET LE PRÉSIDENT MACRON EN MAÎTRE DES POTICHES.
Même que Laurent Wauquiez s'est permis le luxe de refuser le ministère de l'Economie et des Finances (il briguait l'Intérieur). Un gouvernement qui dit "merde" au suffrage universel. Monsieur Macron veut continuer à tirer les ficelles. « J'ai détraqué le mécanisme, mais je resterai le maître des horloges, quoi qu'il en coûte à la France ! » Tu parles d'une "mise en retrait" !!! Là, à voir la mine que lui a faite le dessinateur Chappatte (Le Canard enchaîné, 18 septembre 2024), Emmanuel Macron s'apprête à marcher sur l'eau.
Journal Le Monde du 15 septembre 2024.
Je trouve "met en scène" particulièrement bien trouvé.
Je me demande malheureusement s'il ne faudrait pas plutôt parler de "retrait de la France en Europe". Je pense en particulier à la valse des commissaires européens placés à la tête de la Commission sous l'autorité d'Ursula von der Leyen.
Celle-ci ne pouvait pas piffer le mauvais esprit — trop "régulateur" à son gré ultralibéral — de Thierry Breton. Emmanuel Macron est passé sous les fourche caudines de l'Allemande en désignant Stéphane Séjourné pour le remplacer.
Et si j'ai bien compris, malgré la promesse d'élargir le "périmètre" des compétences du Français, Séjourné ressemblera davantage à une potiche sur le marbre de la cheminée de la Commission qu'à un Commissaire de plein exercice.
Pauvre France ! Entre les mains de quel zozo t'es-tu jetée ? Il faut d'urgence un magicien doué pour transformer à son tour Macron en potiche.
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lundi, 09 septembre 2024
jE RETOURNE A L'ABSTENTION ...
... MILITANTE.
Je n'ai pas voté aux dernières élections européennes. J'ai vu dans les résultats quelque chose qui m'a beaucoup déplu. Alors quand l'illuminé de l'Elysée a dissous l'Assemblée, j'ai décidé de retrouver ma carte d'électeur, soigneusement entretenue dans son immaculée virginité de Vestale depuis le référendum de 2005, vous savez, celui sur lequel Nicolas Sarkozy s'est assis pour faire passer en loucedé le Traité de Lisbonne, le copié-collé de la Constitution européenne rejetée par une nette majorité de citoyens français adultes et responsables.
Les 30 juin et 7 juillet derniers, oui, je l'avoue, j'ai voté. Mes motivations, j'en parsème les billets que je dépose ici, je n'y reviens donc pas. Résultat ? Je constate que l'avis des électeurs sert de fauteuil à un président qui veut rester maître du jeu, et qui assène sa Vérité comme si rien d'autre ne se passait. Je sais bien que la politique est l'art des possibles et qu'il faut tenir compte des situations créées. N'empêche que. Alors c'est décidé : je retourne à mon abstentionnisme militant, et sur des bases peut-être malsaines, mais.
Couverture de Charlie Hebdo n°17, 15 mars 1971. J'attends qu'on me dise que ce n'est plus d'actualité.
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dimanche, 08 septembre 2024
MACRON DANS SON LABO
LE PRÉSIDENT FAIT UNE EXPÉRIENCE.
Étape 1 : Dissoudre toute la base de députés dans l'acide sulfurique de la clarification.
***
Étape 2 : Observer attentivement la réaction qui se produit. En noter minutieusement les caractéristiques. Puis laisser reposer le nouvel amalgame plus de cinquante jours.
***
Étape 3 : En tirer les conclusions qui s'imposent .
J'AI GAGNÉ !!! VICTOIRE !!! VIVE MOI !!!
(Photo d'archives.)
***
Etape 4 et finale : Il faut répandre la bonne parole.
***
Eurêka ! Le Français a compris ! Macron, c'est Gaston Lagaffe ! Il fait tout péter, et puis il attend tranquillement la suite : "démerdez-vous maintenant", dit-il. Peut-être même s'apprête-t-il à s'en laver les mains.
09:00 Publié dans BANDE DESSINEE, DANS LES JOURNAUX, HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, politique, société, élection présidentielle, élections législatives, président de la république, emmanuel macron, bande dessinée, andré franquin, gaston lagaffe
jeudi, 05 septembre 2024
CE QUI ATTEND L'HYPOTHÉTIQUE .......
...... PREMIER MINISTRE, QUAND IL SE PRÉSENTERA DEVANT LES DÉPUTÉS.
Ça va être sa fête !
Bienvenue, monsieur Michel Barnier. Et bon courage, monsieur le Premier Ministre !
10:54 Publié dans BANDE DESSINEE, DANS LES JOURNAUX, HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, politique, société, emmanuel macron, michel barnier, président de la république, premier ministre
dimanche, 01 septembre 2024
LE CAS MELENCHON
Tout commence le soir du deuxième tour des élections législatives, le 7 juillet 2024. Avant même les résultats définitifs, à peine la tendance générale estimée par les entreprises de sondages, voilà Jean-Luc Mélenchon qui se rue sur les micros et se met à crier victoire. Soi-disant au nom de toute la gauche. En réalité, il a sorti ça de son bonnet, sans demander l'avis de personne.
Ce faisant, au nez et à la barbe de tout le monde, il prend de vitesse ses ennemis, ses adversaires, mais aussi et surtout ses amis, les "partis alliés" (écolos, socialos, cocos) qui forment avec L.F.I. le Nouveau Front Populaire. Et toc ! Un putsch ! Un droit de préemption sur toute la gauche ! Et pas avec le dos de la cuillère, s'il vous plaît !
Car ce qu'il faut retenir de la déclaration mélenchonnienne, ce sont les expressions suivantes : « Nous appliquerons tout notre programme, rien que le programme ». Disons que ça a au moins le mérite de la clarté : dans ce monde qui se voudrait toujours plus "inclusif" (mot d'ordre comminatoire et farcesque), Mélenchon est un partisan résolu et définitif de la primauté des idées qu'il défend, et de l'exclusion de toutes les autres. Les paralympiques de la politique, c'est pas pour lui !
Certains esprits, sûrement chagrins même si plus avisés, peuvent néanmoins, rétrospectivement, deviner dans ces paroles tout l'avenir des débats politiques en France. Nous serons intransigeants, proclame Jean-Luc Mélenchon. Ce qui veut dire en bon français : pas question de discuter avec qui que ce soit, c'est nous, nous seuls et personne d'autre. Le Guide Suprême ne s'abaissera pas : « Négocier, moi ? Jamais ! Passer des compromis, moi ? Fi donc ! Manants, passez au large ! »
Ma parole, on aurait dit que ce Conducator au petit pied était en train de refaire pour son propre compte le soir du 10 mai 1981, au moment où le visage de François Mitterrand s'était enfin hissé sur la plus haute marche du podium des écrans de télévision. Bon, c'est vrai que cette nouvelle mouture de l'union de la gauche est arrivée en tête. Mais on est loin d'être les vainqueurs : on n'est pas dans une course où c'est la "photo-finish" qui désigne le seul qui a gagné. On est dans une histoire de plus et de moins. Ce n'est qu'une étape sur un parcours long et plein d'obstacles. Mais Mélenchon, dans cette affaire, n'a pas compris l'essentiel.
Car il est indispensable de voir un peu plus loin, et se demander comment les nouveaux élus vont bien pouvoir faire adopter la moindre loi par des collègues dont les électeurs se situent à leurs antipodes, et aux antipodes les uns des autres. Il va falloir trouver des majorités, mon pote ! Et la suite montre abondamment que la Chambre issue de la dissolution décidée par le solitaire de l'Elysée dans un but (disait-il) de "clarification" a conduit le pays dans une impasse sans issue dont personne ne sait comment sortir.
Vous voulez que je vous donne mon sentiment ? Eh bien je vous le donne quand même : notre France est tellement fragmentée (en "archipel", formule de Jérôme Fourquet), tellement cloisonnée chacun dans son compartiment que sa population se trouve dans un état où les bornes de l'hétérogène et de la division ont été franchies.
Et que les opinions anciennement adverses, mais fondées sur un socle de consensus minimum d'acceptation de la controverse, sont devenues des animosités, des incompatibilités, voire des haines irréconciliables. Les gens-à-bons-sentiments auront beau glapir en chœur : « Le vivre-ensemble ! Le vivre-ensemble ! » et « Refaire société ! Refaire société ! », nul n'y peut plus rien, et plus personne ne veut parler avec quiconque. A cet égard, Mélenchon n'est qu'un symptôme. Mais un symptôme drôlement contagieux, en même temps que le point culminant du mal politique qui provoque la déchéance de la France.
Car la façon impérieuse qu'a Jean-Luc M. d'imposer ses vues est étrangement communicative. Même que ça a tendance à devenir épidémique en France. Je dirai que c'est un peu normal : quand tu as en face de toi quelqu'un qui démarre affirmatif, autoritaire et péremptoire, et qui ne semble chercher que la rupture, tu te rebiffes, c'est humain, et tu n'as pas envie de discuter. D'autant plus que chez Mélenchon, c'est dans ses habitudes, dans sa nature, et même dans son histoire personnelle : il est dans une confrontation de tous les instants. La bagarre ne lui fait pas peur, et même il la cherche !
C'est ainsi que Macron, qui se prétend lui-même "jupitérien" — et très sérieusement, alors que c'est tellement bouffon ! —, en même temps que "très à l'écoute" (là, je me bidonne), ne pouvait que se cabrer. Il dit "niet" à tout ce qui comporterait une trace de Mélenchon : « Tout, mais pas Castets ! », a-t-il donc proclamé, suivi en cela par ses adeptes, ses obligés et ses thuriféraires. Ainsi que par les chefs des autres partis que Mélenchon a le don de hérisser.
Mélenchon est donc le symptôme de la grave crise politique dans laquelle la France patauge depuis la déliquescence de Jacques Chirac, crise que Sarkozy, puis Hollande et enfin Macron n'ont fait qu'aggraver, chacun à sa façon. Mélenchon est comme un nez au milieu d'une figure dévastée, à cause du bruit qu'il fait. Son intransigeance domine le champ de bataille.
Qui, dans l'ensemble du personnel politique français, pourrait encore se « faire une certaine idée de la France » ? Qui, parmi tous ces politicards, place encore l'intérêt de l'Etat, de la nation, de la France au-dessus des intérêts particuliers, des objectifs partisans ? Au-dessus de lui-même ? Qui est prêt à se mettre sincèrement (sans arrière-pensées) au service de la France ? Des noms, si vous en connaissez. Wolinski avait ses idées là-dessus.
Mais la France semble ne compter que des hyperactifs aux dents longues. La "culture du compromis" ne semble pas pour demain, et c'est terrible.
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Journal Le Monde, 31 août 2024 (dans un sous-titre).
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vendredi, 30 août 2024
UN PARTI TRES UNI
Journal Le Monde, 29 août 2024.
Un titre, tel que.
Oh la belle entente, entre les deux pelés et trois chevelus qui persistent à se faire passer pour les militants d'un parti capable de défendre des idées en même temps, éventuellement, que les exploités ! Ce n'est plus un « gros tas de chouettes copains », mais un tout petit tas de mauvais camarades. Qu'il est loin le temps de Solférino !
Au fait, c'est quoi, la gauche ?
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jeudi, 29 août 2024
QUAND MACRON FAIT LA CUISINE ...
... C'EST PAS TROIS ÉTOILES AU MICHELIN !
Son brouet est même proprement immangeable. Macron, vous voulez que je vous dise ? C'est juste un authentique gâte-sauce. Normal que tout le monde soit dégoûté.
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mercredi, 28 août 2024
UNE SI BELLE COALITION !
Sensationnel !!! Nous avons pu nous procurer cette photo exclusive, montrant la crème des élites politiques de la France sur le point de conclure un sympathique accord de gouvernement.
Tous les espoirs sont donc permis pour la formation d'une coalition de combat.
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dimanche, 14 juillet 2024
EN PLEINE POSSESSION ...
... DE RIEN DU TOUT.
Des aventuriers intrépides ont osé s'immerger dans la pensée présidentielle. A leurs risques et périls. Voici le résultat de leurs investigations : la vérité. L'expérience corrobore l'impression que la grande majorité des Français partageaient.
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« Je contrôle plus rien ».
Diego Aranega, dans Le Canard enchaîné du 19 juin 2024.
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« Je n'ai rien compris ».
Herrmann, en une du journal Le Monde, le 10 juillet 2024.
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dimanche, 07 juillet 2024
DERRIERE LE MASQUE BONHOMME
Le Canard enchaîné, dans son numéro du 3 juillet 2024 (et dans pas mal de précédents), s'efforce de faire tomber les masques d'honorabilité et d'angélisme derrière lesquels les vitrines médiatiques du Rassemblement National sont parvenues à dissimuler quelques réalités qui persistent, malgré tous les ripolinages, à coller aux basques de ce parti. Par association d'idées, je pense à ce dessin de Hermann pour la série "Jérémiah". Et ça ne rassure pas.
Aurel le montre ci-dessus, mais que l'on regarde du côté de la police (et de son syndicat Alliance), de la police des polices (I.G.P.N.), des magistrats, de la haute fonction publique, le constat est le même : le terrain est labouré, préparé, ensemencé, amendé, tout prêt à produire les effets que le pire visage de la France en attend.
Et je parie que le dessin signé "Soph'" (Le Canard, 3 juillet) préfigure de façon assez juste ce qui risque de se produire si le R.N. ... : combien sont-ils, derrière le paravent, à attendre de moins en moins patiemment le moment de "rediaboliser" ?
Ce que confirme à sa façon, le 5 juillet 2024, ce titre du journal Le Monde. On serait cependant en droit de reprocher sa pusillanimité à l'auteur de cette formulation chantournée à l'excès : pourquoi ne pas dénoncer clairement le mensonge des apparences faussement anodines dont Marine Le Pen a réussi à affubler une formation qui respire par essence un air vicié ? Le Monde a la mauvaise habitude de prendre des pincettes quand il s'agit de nommer le mal.
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samedi, 06 juillet 2024
ÉLECTION : JE CONNAIS LE VAINQUEUR
Résultat de notre sondage "sortie des urnes" exclusif.
Vignette tirée de L'Élection, B.D. d'actualité désopilante sortie de l'imagination fertile et facétieuse de Godard. Retenez bien le nom de cet élu qu'on peut dire générique : Y a de l'abus, et serrons-lui la main, tout en souhaitant Bonne chance à la France et aux Français.
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mardi, 02 juillet 2024
MACRON : LA PAROLE ET L'ACTION
Journal Le Monde, 29 juin 2024. Point de vue d'une grande justesse trouvé dans les pages "Idées" du quotidien. Bienvenue au club des macrono-sceptiques, François Hartog.
Macron est indécrottable, presque autant que redoutable : il cause, il cause, c'est tout ce qu'il sait faire (merci monsieur Queneau). Mais le pire, c'est qu'il semble persuadé que les moindres de ses paroles ont la force d'actions capables de modifier la réalité.
Il semble croire que les vertus propres de son verbe équivalent à des gestes concrets. Comme s'il prenait au pied de la lettre le titre français du grand œuvre de John Langshaw Austin, le grand linguiste britannique : Quand Dire c'est faire, qui vient d'être réédité au Seuil.
Non, dire n'est pas faire. A l'instant du naufrage du beau navire lancé en 2017, M. Macron semble dans l'incapacité totale de se demander pourquoi sa façon de commander aux éléments a foiré à ce point-là. Il paraît même que c'est la zizanie au conseil des ministres, le président n'arrivant plus à imposer une ligne unique et ferme à des sous-fifres qui n'en font plus qu'à leur tête.
Déconsidérée, privée de son autorité, la présidence tout entière apparaît comme un pauvre fantoche à la merci de tous les vents.
En chemise et la corde au cou, à présent, M. Macron !!!
La honte sur la France !
09:00 Publié dans DEMORALISATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journal le monde, pages idées, françois hartog, emmanuel macron, john langshaw austin, j.l. austin, quand dire c'est faire
lundi, 01 juillet 2024
ENTRE ICI, LE PEN ET COMPAGNIE ...
... AVEC TON CORTÈGE D'OMBRES !
Voilà ce qui fait peur : la haine, convenablement ripolinée en façade !
Dessin d'Aurel, Le Canard enchaîné, 26 juin 2024.
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jeudi, 27 juin 2024
MACRON N'A RIEN COMPRIS
UN PRÉSIDENT "IN VITRO".
Emmanuel Macron est, selon la plupart des gens qui le connaissent, un homme d'une grande intelligence. Je suis enclin à reconnaître la haute altitude de cette intelligence. Je reconnais aussi ne plus subir ces hontes épouvantables que j'éprouvais chaque fois que François Hollande et Nicolas Sarkozy, ses prédécesseurs, prenaient la parole en public pour répondre à des questions de journalistes ou tenir des discours officiels. Emmanuel Macron détient les secrets d'une éloquence plus que convenable.
Alors comment se fait-il que, chaque fois que j'entends aujourd'hui sa voix dans le poste, je coupe aussitôt le son ? Que s'est-il passé ?
Dessin de Dutreix, Le Canard enchaîné, 26 juin 2024.
Selon moi, la réponse tient dans un seul mot : la faillite ! D'après ce que je peux percevoir de l'actualité et de l'actuelle situation politique, économique et sociale de la France, nous avons assisté, dans les temps récents, à la faillite de l'intelligence d'Emmanuel Macron. Tout le monde voit avec effroi et stupéfaction le président en exercice acheminer de plus en plus vite ce qui reste de ses mandats vers une issue de plus en plus sombre.
Pour commencer, je note que, non content de ne pas se taire, comme l'en conjurent même ses plus proches amis, il ne cesse plus, à chaque instant, de parler. Enfin, je dis parler, alors que je devrais dire baragouiner, jaspiner, bonimenter, phraser, dégoiser, rabâcher, improviser, haranguer, bref, tout le toutim. C'est une vraie colique. Une débâcle d'entrailles, hélas accompagnée de terribles flatulences, façon Michel Piccoli dans La Grande Bouffe (vous vous rappelez la scène chatoyante, sur le perron de la villa).
Partout, dans tous les médias, à tous les micros, dans toutes les oreilles vulnérables qu'il lui arrive de rencontrer. C'est une maladie dont il souffre depuis longtemps, mais de chronique, elle est devenue aiguë.
Alors voilà, M. Macron n'a rien compris. Voyons d'abord la Nouvelle-Calédonie : voilà-t-il pas qu'il fait emprisonner en France métropolitaine des Kanaks, coupables d'avoir fomenté des troubles qui vont coûter très cher à la population du Caillou.
La réaction n'a pas tardé : les violences (qui ne s'étaient jamais vraiment arrêtées) ont repris de plus belle. Ah mais c'est qu'il écoute les gens, notre Macron national, et même mieux : il les entend, le plus souvent de loin, car il y a toujours beaucoup de casques, d'uniformes et de lacrymogènes entre lui et les foules déchaînées. Moralité : il n'y a pire sourd que Monsieur Macron. Quelle clairvoyance, monsieur le Président !!! Redoutable sourd, doublé d'un infernal aveugle. A moins qu'on voie en lui le simple touriste de l'excellent proverbe africain : « Le touriste est celui qui ne voit que ce qu'il sait ».
Une autre preuve qu'il n'a rien compris, je l'ai entendue sortir de sa propre bouche il y a quelques jours : « J'ai bien entendu le message que les Français m'ont adressé le 9 juin : ils auraient voulu que nous allions beaucoup plus vite et plus fort dans les réformes ! ». Je cite en substance, c'est globalement approchant, mais je garantit l'authenticité de "plus vite et plus fort".
Franchement, je finis par me demander de quelle planète cet infirme de la comprenette a débarqué chez nous. Franchement, je me demande quelle langue il parle, mais aussi quelle langue exotique il comprend. Visiblement, il passe dans la réalité — celle dans laquelle nous autres les gens ordinaires pataugeons en temps ordinaires — à la façon dont Pierce Brosnan en James Bond traverse une muraille de flammes : même pas décoiffé, le gars !!! Pas un hématome !!! Pas un froissement dans le costard trois-pièces !!! Le corps, l'esprit et les vêtements de Macron restent indemnes et intouchés après les pires confrontations avec la vraie réalité. C'est à se demander s'il peut vieillir.
Je me souviens d'avoir lu il y a quelques années un excellent livre que François Ruffin avait adressé à son ancien condisciple de lycée, devenu depuis Président de la République. Le titre en était particulièrement bien trouvé : Ce Pays que tu ne connais pas (Les Arènes, 2019, j'avais rendu compte ici de ce bouquin), et le sous-titre ne manquait pas de pertinence à l'époque tout en montrant une certaine empathie à son égard : "Bienvenue en France, Monsieur Macron".
Ce que je me rappelle du propos, c'est, entre autres, que la connaissance qu'Emmanuel Macron a des diverses populations qui vivent en France est essentiellement une connaissance par ouï-dire, une connaissance indirecte, une connaissance exclusivement médiée par des dossiers, des chiffres et des concepts. Comme s'il évitait comme la peste de confronter à qui et à quoi que ce soit de concret par l'expérience personnelle la masse de ce qu'il a ingurgité, appris et cru comprendre.
En 2017, les Français ne savaient pas qu'ils avaient élu, en quelque sorte, un « président in vitro ». C'est d'ailleurs à cause de cette incapacité congénitale à s'incarner en « président in vivo » qu'un nombre toujours croissant d'électeurs et même de responsables politiques le supplie de fermer sa gueule.
Il ne sait pas, le pauvre homme, que les pratiques de laboratoire, de recherche et d'éprouvettes, ont toujours, dans les bonnes pratiques scientifiques, besoin de subir contrôles divers et vérifications multiples en grandeur nature avant d'être validées. Il aurait peut-être l'impression de se salir les mains ? Il préfère peut-être respirer l'air abstrait des idées supérieures (vous savez, celles qui n'aiment ni la boue, ni le vent, ni les intempéries).
Le problème de Macron, c'est que les gens auxquels il croit s'adresser ne sont pas des abstractions, mais des êtres de chair et d'os, qui existent, s'efforcent de persévérer dans leur être, savent ce que c'est que de prendre des coups et qui, quand la moutarde leur monte au nez, sont capables de manifester leur désaccord, leur réprobation ou leur colère : dans la rue, sur les ronds-points ou dans les urnes. Avec les européennes, ils ont voulu donner un coup de poing à Macron (jab ou uppercut, je n'ai pas de préférence).
Le malheur veut qu'en l'occurrence et en même temps que le président, ma propre gueule ait pris une partie de ce coup. Mais ça ne se passera pas comme ça, Monsieur Macron : vous êtes un maillon de la chaîne de responsabilités. Vous avez une dette envers la France.
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mercredi, 26 juin 2024
TESTAMENT D'EMMANUEL MACRON ...
... POUR TEMPS TROUBLÉS.
« Le Français, fier de son agriculture et de son industrie, lance d’une main sûre un regard plein de confiance vers un avenir qui l’attend de pied ferme. Car il sait qu’agriculture, commerce et tourisme sont les deux mamelles qui sèment le pain dont il abreuve ses enfants. Si tout le monde mettait un peu d’eau dans son vin, on éviterait de jeter de l’huile sur le feu. Dès lors, le Français penché sur son labeur, lèvera un œil avide afin de boire à pleins poumons le réconfort du symbole que je suis fier de lui donner. Et chaque fois que la griffe de l’angoisse prend à la gorge le cœur de notre cher et vieux pays, je lèverai un œil qui tombera à pieds joints sur ce ramassis de vauriens, dont l’activité mystérieuse et séditieuse est une épée de Damoclès qui ronge mon cœur d’homme providentiel. »
Pour copie (presque) conforme : F. C.
Note : J'ai essayé de restituer au plus près les pensées profondes de notre admirable président, en me fondant sur des sondages exclusifs réalisés par mes soins, après immersion jusque dans les profondeurs des circonvolutions cérébrales, cérébelleuses, cérébro-spinales et inquiétantes de Monsieur Emmanuel Macron. Merci tout de même à Franquin, au maire de Champignac et à Greg (qui en a écrit les prodigieux discours) pour l'apport décisif dont ma petite entreprise leur est infiniment redevable.
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mardi, 04 juin 2024
TRENTE-HUIT
38
NON, IL N'Y A PAS D'ERREUR, VOUS NE RÊVEZ PAS : IL Y AURA BIEN TRENTE-HUIT PANNEAUX D'AFFICHAGE.
Ce qui pose évidemment des problèmes insolubles aux maires de nombreuses petites (et parfois toutes petites) communes. « Vous nous voyez, ici à Saugy (Cher), 69 habitants au recensement de 1990 [vous pouvez vérifier], dépenser des sommes déraisonnables pour simplement nous conformer aux règles impérieuses du code électoral ? » Quelle idée aussi ! Trente-huit listes de candidats aux fauteuils d'élus au Parlement européen !!!
Tout le monde disait 38, alors moi, je suis allé sur le site du Ministère de l'Intérieur, je n'en ai trouvé que 37, dans l'arrêté du 17 mai 2024 paru au Journal Officiel, vous savez, celui où sont enregistrés les listes et chacun des individus figurant sur ces dernières.
En fait, il faut aller voir la "version consolidée" pour apercevoir la liste n°38 ("Liberté démocratique française"), celle menée par un nommé Patrice Grude. Parenthèse : l'ordre des listes (et des bulletins sur les futures tables) résulte du tirage au sort. J'avoue que j'ai passé un curieux moment à transcrire à la main (mon ordi ne "reconnaît" plus mon imprimante) le titre de toutes ces listes puis le nom de tous ceux et celles qui figurent en tête.
On se demande quand même ce qui ne va pas en France pour que tant de vocations politiques surgissent tout d'un coup, jusqu'à envahir le paysage de leurs appellations souvent énigmatiques, et parfois de leurs professions de foi nébuleuses ?
Car pour les principales têtes de listes, au moins, c'est clair : on identifie sans problème les bobines de Marie Toussaint (liste n°6 : "Europe écologie"), Raphaël Glucksmann (liste n°27 : "Réveiller l'Europe"), Jordan Bardella (liste n°5 : "La France revient ! avec Jordan Bardella et Marine Le Pen"), Manon Aubry (liste n°4 : "France insoumise"), et même Valérie Hayer (liste n°11 : "Besoin d'Europe") ou François-Xavier Bellamy (liste n°18 : "La droite pour faire entendre la voix de la France en Europe").
Mais qui a entendu parler d'Edouard Husson (liste n°25 : "Non ! Prenons-nous en main") ? De Jean-Marc Governatori (liste n°35 : "Ecologie au centre") ? De M. Fidèl' (sic ! Liste n°1 : "Pour une humanité souveraine") ? Et ne parlons pas de Guillaume Lacroix (liste n°31 : "Europe Territoires Ecologie"), de Selma Labib (liste n°22 : "Pour un monde sans frontières ni patrons urgence révolution"), de Michel Simonin (liste n°16 : "Paix et décroissance") ou d'Olivier Terrien (liste n°9 : "Parti révolutionnaire communiste").
Cet ensemble polychrome et plein de bigarrures me ferait rire s'il n'avait pas un aspect carrément pathétique, voire désespérant. Du coup, je me demande ce que c'est, l'Europe, pour que, dans un de ses pays fondateurs, se produisent de telles aberrations.
Bon, c'est vrai, cela fait bien longtemps que cette Europe, telle qu'elle s'est bricolée, d'abord à six, aujourd'hui à vingt-sept, ressemble davantage, à mes yeux, à une bicoque biscornue qu'à un bâtiment harmonieux. D'abord à cause de tout le personnel politique français et de la frilosité maladive qui le saisissait dès qu'il s'agissait de désigner les candidats à l'instance supranationale.
Rappelez-vous la façon dont Rachida Dati avait réagi quand son copain Sarkozy, alors président, l'avait bombardée tête de liste pour les européennes. Elle l'a très mal pris. C'était un mauvais coup, une punition, un exil ! Et pas seulement elle : tout le monde ou presque y allait à reculons, à Bruxelles et à Strasbourg.
Tout le monde ou presque préférait l'eau trouble du bocal parisien à l'effectivité d'un vrai travail collectif de construction internationale. Tout le monde ou presque se sentait une âme territoriale et nationale et repoussait ce qui se présentait à tous les yeux comme une vague abstraction lointaine et sans consistance.
Les hommes (et femmes) politique français ne se sont que très rarement sentis personnellement concernés et engagés dans la "construction européenne". La population française elle-même ne savait pas trop à quoi se raccrocher, elle qui entendait de hauts responsables accuser le monstre froid et anonyme qui bombardait la nation de ses oukases bruxellois.
Qui est en mesure de citer les noms de politiciens français, en dehors des sempiternels Jean Monnet, Robert Schuman, Simone Veil et Jacques Delors, qui soient partis flamberge au vent à la conquête joyeuse de l'Europe communautaire ? Les députés allemands, plus habitués sans doute au travail sérieux et de longue haleine, étaient tout étonnés quand, d'une mandature à l'autre, ils retrouvaient des visages de Français.
Aussi ne nous demandons pas pourquoi la France n'arrive plus à influer sur la marche du véhicule européen autant que par le passé. Disons en gros que la France dans son ensemble n'a jamais vraiment cru à une Europe où elle a eu très tôt l'impression de se dissoudre.
On comprend un peu mieux, dans ces conditions, la floraison foisonnante de la ribambelle de listes qui se soucient fort peu d'être ou non complètement hors-sujet. Qui, parmi les trente-huit têtes de liste, se trouve à ce point en manque de "visibilité" qu'il juge nécessaire ou vital de se montrer un peu pour capter un peu de la lumière que procure l'événement.
Par exemple, que vient faire dans les élections européennes une liste "Free Palestine" ? Elle porte le n°7 et est conduite par M. Nagib Azergui et est pour l'essentiel composée de gens aux noms à consonance "orientale". On me dira : "L'occasion [Gaza, la guerre, le Hamas] fait le larron". Soit, mais tout cela est-il bien sérieux ?
Ce que je comprends le moins, pour finir, dans ces élections et dans la façon dont s'est déroulée la campagne, c'est qu'elles consistent en la juxtaposition de vingt-sept élections nationales. Comment voulez-vous que le citoyen lambda, dans chacun des pays, discerne quelque enjeu européen collectif et communautaire dans le cercle limité de son horizon national ? Conserver des élections nationales pour nourrir des institutions supranationales, avouez qu'il y a de quoi rendre la chose incompréhensible.
Est-il absolument inenvisageable de changer le mode de scrutin ? Est-il impossible d'obtenir de la part des politiciens européens qu'ils s'entendent en amont des élections pour constituer les futurs groupes qui auront la charge de gérer au mieux les intérêts du "vieux continent" ?
Imaginez seulement tous les aimables politiciens obligés de se rencontrer, de se parler et de se comprendre, de faire connaissance en dehors de toute institution avec des gens parlant toutes les langues de l'Europe, de confronter idées et projets et de s'entendre par affinités politiques ou personnelles. Alors ça, je vous parie que ça aurait une autre gueule. Imaginez un réseau Erasmus au Parlement européen !
Et ça nous éviterait, en France (pour les autres pays, je suis dans l'ignorance), le ridicule achevé de voir arriver l'invraisemblable pullulation de candidatures plus fantaisistes les unes que les autres.
Beaucoup de raisons au total pour que je reste à la maison dimanche prochain.
09:00 Publié dans DEMORALISATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections européennes, panneaux d'affichage, france, politique, société, saugy 18, trente-huit listes, parlement européen, journal officiel, profession de foi, liberté démocratique française, patrice grude, marie toussaint, europe écologie, raphaël glucksmann, réveiller l'europe, jordan bardella, la france revient, marine le pen, manon aubry, jean luc mélenchon, france insoumise, ministère de l'intérieur, valérie hayer, besoin d'europe, emmanuel macron, gabriel attal, françois xavier bellamy, édouard husson, jean marc governatori, guillaume lacroix, selma labib, michel simonin, olivier terrien, europe, rachida dati, nicolas sarkozy, bruxelles strasbourg, jean monnet, robert scuman, simone veil, jacques delors, free palestine, nagib azergui, bande de gaza, le hamas
dimanche, 19 mai 2024
MACRON, ATTAL, DARMANIN, FAUTEURS ...
... DE GUERRE CIVILE EN NOUVELLE CALÉDONIE !!!
La démonstration sera rapide et simple.
Années 1986-1988 : la cohabitation, Jacques Chirac Premier ministre, Bernard Pons ministre des D.O.M.-T.O.M., la grotte d'Ouvéa, le bain de sang, triomphe de la "raison d'Etat".
1988 : Rocard Premier ministre : arrive au pouvoir une forme d' "intelligence de la situation". Résultat : les Accords de Matignon, qui ramènent la paix dans l'archipel, dans un équilibre précaire mais rassurant.
1998 : Jospin Premier ministre. Signature de l'Accord de Nouméa, qui instaure des transferts de compétences, mais aussi des transferts de propriétés foncières en direction des Kanaks. On accepte de reconnaître « les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière ».
Kanaks et Caldoches semblent pouvoir partager une "souveraineté" sur le territoire. Dans 20 ans, on décidera de la suite à donner. A cet effet, on organisera trois consultations (référendums) à l'issue desquelles le statut définitif de l'archipel sera défini et adopté par une majorité. Seuls seront admis les électeurs inscrits depuis 1994 (certains disent 1998).
2018 premier référendum : 56,67 % s'affirment contre l'indépendance. Le taux de gens favorables au maintien dans la République française tombe à 53,3 % au deuxième référendum, qui a lieu en 2020.
Tout le monde attend donc fébrilement le résultat du troisième référendum, qui doit avoir lieu en 2021 : la barre des 50 % de "oui à l'indépendance" sera-t-elle franchie ?
Mais catastrophe : en 2021, le COVID 19 s'abat sur la Nouvelle Calédonie. Les Kanaks sont les premières victimes : on compte environ 300 morts dans leurs rangs. Ils demandent par conséquent le report de la consultation. On les comprend.
Hélas, le gouvernement de monsieur Macron, contre toute logique de santé publique, maintient fièrement le référendum. C'est la première (et grossière) faute politique majeure dans le dossier.
Car les Kanaks (un peu plus de 40 % du corps électoral), tout entiers et légitimement préoccupés par les devoirs qu'ils doivent rendre à leurs morts, refusent de se rendre dans les bureaux de vote. Certains ne veulent pas pour autant qu'on les accuse d' "appeler au boycott". On les comprend.
Evidemment, le résultat de ce référendum-croupion écrase comme prévu les espoirs des Kanaks d'exister pleinement dans la future Nouvelle-Calédonie.
Et puis arrive 2024. La présidente de la "province du sud" (c'est-à-dire Nouméa avec la région la plus prospère) est une cinglée qui, par exemple et entre autres, demande carrément la départementalisation (genre Mayotte, vous voyez d'ici le sac de nœuds). Elle s'appelle Sonia Backès. Dans le même camp, qu'on peut appeler de droite de la droite, on trouve Nicolas Metzdorf, député.
Comment ont-ils eu l'oreille d'Emmanuel Macron et de ses amis du gouvernement ? Je l'ignore. Toujours est-il que tout ce petit monde s'entend pour faire adopter très vite une loi instaurant le « dégel du corps électoral de Nouvelle-Calédonie ».
Autrement dit, le gouvernement français a décidé d'entrer en conflit ouvert avec tout ce qui aspire à l'indépendance. Disons même que, contrairement à la règle d'impartialité que l'Etat français s'était imposée dans le but de laisser l'initiative aux acteurs locaux, Macron a purement et simplement pris parti pour le maintien du "Caillou" dans la République, et contre l'indépendance (donc contre les Kanaks). Ce raidissement soudain est chose faite début mai. Mais c'est quoi, le "dégel" dont on parle ?
Rien de plus et rien de moins que la deuxième (et peut-être pas la dernière) faute politique majeure du gouvernement Attal. Comme l'annonce le journal Le Monde daté 16 mai 2024.
Alors on aimerait pourtant comprendre le pourquoi de cette ébauche de guerre. Très simple et direct : le "dégel du corps électoral", sorte de déclaration, ça revient à renvoyer les Kanaks à leur "minorité".
Pour expliciter : à réduire à néant l'espoir pour eux d'obtenir un jour une majorité dans les institutions du territoire et d'arriver à un "rééquilibrage" qui rende à ce peuple une souveraineté relative sur sa propre terre. Qui lui donne l'impression de s'appartenir, au moins en partie.
Car le "dégel", ça consiste à introduire entre 25.000 et 30.000 nouveaux électeurs sur les listes. Alors que le "gel du corps électoral" de 1998 (sur la base de 1994, ou de 1998), ça consistait à établir une paix institutionnelle entre les blancs ("coloniaux") et les autochtones au sein de l'état de droit, en figeant la situation.
Dans cette perspective, le "dégel" est un geste brutal, une dénonciation unilatérale d'un modus vivendi obtenu laborieusement sous la houlette des responsables de 1988 et 1998 (Rocard et Jospin) tiens, des gens de gauche !). Le "dégel" voulu par Macron est donc en soi une violence.
Alors, moralité et conclusion ? Pourquoi Macron, Attal et Darmanin ont-ils décidé de jeter à la poubelle le travail et les efforts déployés par les prédécesseurs pour arriver à une paix honorable pour toutes les parties ? J'hésite. Est-ce de l'incompétence ? Du caprice d'enfant gâté ? De l'inexpérience ? De la bêtise brute ? De l'acharnement dans le sentiment de toute-puissance ? De la rage d'imposer une volonté ?
Visiblement, si le sinistre trio a compris la situation, cela veut dire qu'il a choisi consciemment de mettre de l'huile sur le feu aux poudres où il est assis. Après l'envoi de troupes en Ukraine, j'ai l'impression que Macron a de la suite dans les idées et dans sa politique de coups de menton.
Il y a de quoi se demander quelle image il se fait du monde des hommes dans sa propre tête. Et de quoi, pour les Français, s'inquiéter de l'avenir.
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