lundi, 16 février 2026
MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...
... ET SON GENDARME.
Deux thèmes se partagent ce troisième épisode de mon petti feuilleton, dont j'espère qu'on excusera la longueur.
1 - La démonstration implacable des qualités humaines des personnels engagés aux côtés des nazis pendant l'Occupation (les miliciens en général et en particulier les membres de la "Brigade Spéciale" commandée par le commissaire divisionnaire David) et la hauteur de vue de leur sombre conception des relations humaines qu'il convient d'entretenir avec ceux qu'ils considèrent comme leurs ennemis jurés.
2 - La démonstration éclatante des qualités d'authentique noblesse et de l'immense force de caractère d'une gamine de vingt ans à peine qui, face à l'intolérable, s'insurge, se révolte et se lance bille en tête dans l'action, jusqu'à prendre le commandement des opérations dans la partie de la Préfecture où les prisonniers sont confinés. Une stupéfiante prise de commandement, à laquelle le plus stupéfiant est la soumission de tous les acteurs en cause. Y compris de la part des salopards antisémites (quelles qu'en soient les conséquences pour elle). Jusqu'à domestiquer le gendarme moustachu auquel elle a été confiée.
Le début de l'action se passe dans une pièce voisine. pas besoin de commentaire.

Voyant cela, Madeleine bondit en hurlant et se précipite, sous le regard ébahi du brigadier qui hésite à s'opposer au geste.

Elle n'hésite pas à bousculer, elle, celle que son héros Tagrine qualifiera plus tard de "fillette", le milicien massif qui commet des horreurs aux dépens d'une femme enceinte qui aggrave son cas du fait de sa judéité.

Et voilà, à partir de maintenant, c'est elle qui donne les ordres. Les méchants se le tiennent pour dit.

Apprentie infirmière, elle donne les consignes. Et observez au premier plan le képi de la personne qui entend l'ordre

Et regardez-le, le gendarme qui court avec la bassine exigée par cette gamine qui a pris les choses en main.

« Ça aura été mon premier et mon dernier acte de sage-femme, de prendre dans mes mains ce petit enfant des prisons. Il est né, oui, mais déjà mort. C'était un garçon, j'ai coupé le cordon avec le canif de mon gendarme. » Ah, cette formule : "mon gendarme" ! Elle a senti qu'elle avait un allié dans la place.

« Son corps était entièrement noir d'ecchymoses, à cause des coups de pied. »

«La femme était en hémorragie, je ne pouvais aps la laisser mourir comme ça, sur le carrelage. »
« Il faut l'envoyer aux urgences ! », ajoute-t-elle en regardant "son" gendarme.

Le gendarme est prêt à s'exécuter. Le milicien Candas, pour dire quelque-chose : « Le commissaire David ne voudra jamais. De toute façon, il ne veut pas être dérangé à cette heure. » Sans doute quelque urgence à traiter.

Nouvelle colère bouillonnante de Madeleine : elle fait irruption dans le bureau et interpelle violemment le commissaire, très occupé, comme on le constate.

« Je vais vous dire une bonne choe, les Alliés arrivent et vous allez devoir rendre compte de vos actes. »

Et elle poursuit : « Quand le pouvoir aura changé de camp, tous ceux qui sont là, dans le couloir, ils vont vous charger. »

Mais il n'en a pas fini avec l'emmerdeuse : « Mais peut-être que si vous sauvez cette pauvre femme, vous aurez droit à des circonstances atténuantes. » D'abord paralysé par l'intrusion et le discours enflammé de Madeleine, le commissaire reprend un peu son sang-froid et cherche quelque-chose dans son tiroir.

Il a trouvé, c'est un gros nerf de bœuf, dont il se sert aussitôt : « Tu te prends pour qui, à venir me faire la morale dans mon bureau à cette heure, toi ?! ». Notons qu'il a un piètre sens de la réplique.

« Frappez si ça vous fait plaisir. — Mais ferme ta grande gueule, ça nous fera des vacances ! »

Un dernier coup rageur.

Ici, une voix s'élève : « Amenez le brancard, vite ! » Vous croyez que c'est le commissaire, qui tiendrait à montrer qu'il lui reste un fond d'humanité ??? Moi, j'ai plutôt tendance à entendre ces mots sortir de la bouche d'un homme qui porte un képi. Pas vous ?

Car c'est le képi qui prend les commandes : « On se coordonne. 1... 2... 3 ! »

Le commissaire, qui veut à tout prix avoir le dernier mot : « Et toi, Riffaud, ne va pas croire que j'ai obéi à ton ordre. Virez-moi ces deux youpins. » Mais si, commissaire David, c'est bien vous qui vous êtes plié à la volonté émanée de la bouche de l'indomptable !

Ultime commentaire de l'épisode : « Lors de son procès à la Libération, lui qui se présentait comme un simple fonctionnaire obéissant aux ordres a été condamné à mort. »

09:00 Publié dans BANDE DESSINEE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bande dessinée, madeline riffaud résistante, morvan et bertail


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