Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 11 novembre 2022

LA VIOLENCE DE FRANQUIN

Eh oui, le doux, le pacifique, l'inoffensif Franquin ne rêvait que de plaies et de bosses.

TUTTI FRUTI.jpg

Ci-dessous, quelques fort belles bosses (en papier : le plus étonnant, c'est qu'on survit toujours aux pires percussions, dans les dessins de Franquin).

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

Demesmaeker après une visite de chantier où travaillait Gaston, qui a – sûrement par mégarde – laissé tomber son gros marteau du haut de l'échafaudage, pile sur le crâne du visiteur.

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

Prunelle a reçu sur le pied la boule de bowling et, de douleur, il a exécuté une superbe "tête-au-plafond" (qu'il a un peu de mal à digérer).

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

Gaston Lagaffe a inventé et construit une magnifique machine à timbrer le courrier. Monsieur Boulier, comptable en chef des éditions Dupuis, est le premier à avoir expérimenté l'efficacité du contrepoids qui retend le bras de la machine après chaque action, bientôt suivi par M. Demesmaeker, puis par M. Prunelle.

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

M. Demesmaeker a eu le tort, en venant signer les éternels contrats dans les locaux de Spirou, de croiser la route de Gaston Lagaffe, qui expérimentait sa nouvelle piste de skateboard, dûment équipé et casqué.

*

Il semble évident qu'André Franquin prend un indiscutable plaisir à fignoler de telles bosses — monstrueuses — dans le moindre détail.

jeudi, 10 novembre 2022

FRANQUIN : PAN DANS LA GUEULE !!!

Voici comment un individu peut se débarrasser de ses pulsions violentes sans enfreindre la loi (et en faisant rire !). Et tout son petit monde en prend plein la figure. 

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

Ci-dessous, un petit choix parmi les plus beaux pains cuits au feu d'on ne sait quelle revanche de l'artiste sur la réalité réelle.

1 - Fantasio.

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

2 - Gaston lui-même (mais c'est lui qui a commencé).

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

3 - Le fade et anodin M. Boulier, qui n'a pas mérité pareille avanie.

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

4 - Prunelle (trop souvent inconscient des risques qu'il prend).

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

5 - M. Demesmaeker, bouc émissaire en chef.

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

6 - Encore Prunelle, encore une fois victime de l'inventivité de Gaston, soucieux d'apporter sans cesse des améliorations de sa façon au monde réel (ici, le téléphone).

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

mercredi, 09 novembre 2022

FRANQUIN TERRORISTE ?

Oui, je sais, André Franquin, l'immortel dessinateur virtuose des aventures de Spirou et Fantasio, l'immarcescible inventeur du seul et unique garçon de bureau officiellement payé à ne rien foutre, passe pour un pacifiste déterminé, amoureux et défenseur des baleines, publiciste pour Greenpeace et accessoirement antimilitariste. Il consacre beaucoup de planches à ridiculiser les militaires des trois armes (Terre, Air, Mer). Et la police, en la personne de l'agent Longtarin, est l'objet de quotidiens quolibets offensants à longueur de pages, au point que le dessinateur pourrait à bon droit être considéré comme un délinquant.

D'ailleurs, regardez ci-dessous : c'est ça, un antimilitariste amoureux de la paix ? Mon œil ! Dans les aventures mettant en scène le doux, l'inoffensif Gaston Lagaffe, ça n'arrête pas de péter, de sauter, d'éclater, d'exploser, de déflagrer, de détoner. Il y a de quoi se demander si Gaston n'est pas le personnage-écran, le porte-voix de son créateur, chargé de régler on ne sait quels litiges que celui-ci entretient avec l'ordre établi. 

TUTTI FRUTI.jpg

Et il n'y a pas tout, sur ce montage patiemment élaboré ... Bon, ce sont des explosions de papier, nous sommes d'accord. Allons, peut-être pas terroriste, mais Franquin fouteur de merde, ça ne fait guère de doute.

*

Quelques belles explosions à regarder de plus près.

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

Pour un peu, je comparerais la vignette ci-dessus à certains dessins de Jacques Tardi dans ses ouvrages sur la guerre de 1914-1918 et les tranchées.

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

L'effet de tous les produits de Gaston, après avoir été mélangés avec les substances apportées par les deux ouvriers chargés de poser la nouvelle moquette dans le bureau : « 'Binça ! C'est ma plus formidable expérience de chimie ! ».

bande dessinée,humour,andré franquin,gaston lagaffe

dimanche, 06 novembre 2022

UNE FACÉTIE DE FRANQUIN

SAPETOKU V825 2.jpg

Quand on découvre ce dessin tiré de la planche n°825 des aventures inépuisables de Gaston Lagaffe, l'espièglerie qu'y a glissée André Franquin ne saute pas aux yeux. Il faut regarder de près la marque de la moto que chevauche notre anti-héros définitif pour se rendre compte que l'artiste a beau publier dans une « Revue-Pour-La-Jeunesse », il ne se gêne pas pour faire un joli petit pied de nez de sale gosse à la censure. Je ne suis pas sûr que la marque de la moto fasse bien japonais, mais bon, il n'y a pas que des motos japonaises dans la vie.

004.jpg

vendredi, 04 novembre 2022

GASTON ACCOUCHE

Toute une époque : diverses marques de biscuits ou de lessives attirent le client en fourrant des gadgets dans leurs boîtes. Ici, ce n'est pas un cadeau Bonux, mais c'est tout comme.

N.2 P.54 1 V263.jpg

N.2 P.54 2 V263.jpg

N.2 P.54 3 V263.jpg

Les médecins sont de grands enfants, la gaminerie n'est jamais bien loin, c'est bien connu. Regardez sautiller le chirurgien ! Et le geste et les mots de son collègue ! Tout ça pendant que Fantasio attend dans le couloir en fumant cigarette sur cigarette. Jusqu'au moment où l'infirmière ouvre la porte du bloc ...

N.2 P.54 4 V263.jpg

Une parodie impeccable et délicieuse.

mardi, 18 octobre 2022

D'AUTRES MACHINES SUBLIMES ...

... GERMÉES DANS LE CERVEAU GÉNÉREUX, FLAMBOYANT ET PARFOIS EXPLOSIF DE GASTON LAGAFFE, ET LEURS EFFETS PLUTÔT IMPRÉVISIBLES SUR LEURS UTILISATEURS.

***

Dans la série des machines à usage (a priori) "altruiste".

1 - Le siège éjectable pour voiture de sport (concept audacieux en soi).

V.325 N.3 P.19 1 SIEGE EJECTABLE.jpg

Quand on parle de contrats, c'est que De Mesmaeker n'est pas loin.

V.325 N.3 P.19 2 SIEGE EJECTABLE.jpg

2 - La machine à cirer les chaussures (et pas que les chaussures).

V.397 N.3 P.49 1 MACHINE A CIRER LES CHAUSSURES.jpg

V.397 N.3 P.49 2 MACHINE A CIRER LES CHAUSSURES.jpg

3 - La machine à nouer les cravates.

V.139 N.2 P.8 1 MACHINE A NOUER LA CRAVATE.jpg

V.139 N.2 P.8 2 MACHINE A NOUER LA CRAVATE.jpg

4 - La machine à lacer les chaussures (la même que la précédente, programmée autrement).

V.140 N.2 P.9 1 LA LACEUSE DE CHAUSSURES.jpg

V.140 N.2 P.9 2 LA LACEUSE DE CHAUSSURES.jpg

5 - Le fauteuil relax à boutons de réglage.

V.344 N.3 P.26 1 FAUTEUIL RELAX A BOUTONS.jpg

V.344 N.3 P.26 2 FAUTEUIL RELAX A BOUTONS.jpg

"Ingéniosité bizarre" : on ne saurait trouver plus juste expression.

V.344 N.3 P.26 3 FAUTEUIL RELAX A BOUTONS.jpg

samedi, 15 octobre 2022

QUELQUES BELLES MACHINES ...

... SORTIES DE L'ESPRIT FERTILE DE GASTON LAGAFFE.

***

LE MARTEAU ÉLECTRIQUE.

Mais pour l'utiliser, il faut commencer par planter deux clous.

V.54 N.1 P.4 1 MARTEAU ELECTRIQUE.jpg

LA MACHINE A TIMBRER LE COURRIER.

Hélas, c'est au détriment des crânes à l'étage en dessous, à cause du contrepoids.

V.514 N.7 P.37 MACHINE A TIMBRER.jpg

LE MOTEUR ÉLECTRIQUE.

V.644 N.9 P.42 MOTEUR ELECTRIQUE.jpg

LE RADIO-RÉVEIL.

Alias "Alarm-clock-radio".

V.655 N.9 P.52 ALARM CLOCK RADIO.jpg

LA MACHINE A CAFÉ.

V.677 N.10 P.19 1 MACHINE A CAFE.jpg

LA MACHINE A FAIRE DES RONDS DE FUMÉE.

Le chef d'œuvre.

Indéniablement la plus admirable, parce qu'elle est contagieuse : même le sévère et sourcilleux comptable M. Boulier se fait prendre la main dans le sac par le grand patron.

V.626 N.9 P.25 1 MACHINE A RONDS DE FUMEE.jpg

V.626 N.9 P.25 2.jpg

V.626 N.9 P.25 3.jpg

mardi, 11 octobre 2022

HERGÉ FACÉTIEUX

Une vignette (en fait il y en a deux qui se suivent), deux vacheries. Cela se passe sur une colonne Morris. On peut se reporter au billet "Une facétie de Gotlib" du 11 juin 2022, où c'est encore une colonne Morris qui tient le rôle de figurant protagoniste (si l'on peut parler ainsi).

P.2 2 VIGNETTE 6 0.jpg

Le Trésor de Rackham Le Rouge (1945), p.2, vignette 6. 

P.2 2 VIGNETTE 6 1.jpg

Là, c'est franchement comique : vous le voyez, le Tino Rossi, voix de ténorino sucré voué aux veillées des chaumières et aux "petit papa Noël" mielleux, dans le costume et le rôle d'une grande basse profonde russe, façon Chaliapine, qui meurt en scène de façon intense et spectaculaire : vous savez : « Tant que je respire, je suis encore le tsar » ?

P.2 3 VIGNETTE 7 1.jpg

Apparemment, Hergé avait aussi une dent contre Sacha Guitry (titre de la pièce et trois principaux rôles). Hergé n'a pas complètement tort.

***

Bon, je sais bien que Tino Rossi et Sacha Guitry, ça ne dit plus rien à des cohortes de plus en plus serrées de Français, que tout ça ne nous rajeunit pas, que les éditions Casterman devraient veiller à réactualiser les références. Tiens, ça pourrait même être un jeu : qui mettriez-vous à la place de Tino Rossi ? Quelle œuvre à la place de Boris Godounov ? Quelle tête de Turc à la place de Sacha Guitry ? J'ai bien quelques idées, mais je m'en voudrais de passer pour un "influenceur" (un métier nouveau et très à la mode des "réseaux sociaux"), fût-ce potentiel. 

jeudi, 29 septembre 2022

PRÉFÉRENCES

Comme a dit quelqu'un de célèbre : « Longtemps je me suis couché de bonne heure ». J'espère que ce n'est une devinette pour personne. J'ajoute, pour mon compte : et de bonheur. Car quand j'étais petit, je n'étais pas grand  (j'entends un facétieux chantonner : "je montrais mon QRCode à tous les passants"), et je n'étais jamais seul, avec mes bandes dessinées. Des grands classiques, évidemment.

Parmi les quelques héros dont je suivais les aventures, il y avait un certain nombre de figures qui peuplaient les "revues pour la jeunesse" (Tintin, puis Spirou et, plus tard, Pilote) : Clifton, Monsieur Tric, Prudence Petitpas, le Chevalier Blanc, Marc Dacier, Jean Valhardi, Tif et Tondu, Timour, Vieux Nick, Tanguy et Laverdure, Bob et Bobette, Barelli, Pom et Teddy, Chick Bill, Michel Vaillant et toutes sortes de cousins plus ou moins éloignés, plus ou moins oubliés aujourd'hui, que j'arrête d'énumérer ici, on n'en finirait pas.

Le prince de ces Héros est évidemment un fameux Reporter-à-la-houppe aujourd'hui célèbre dans le monde entier, un voyageur fictif qui appartient corps et âme à tout le monde, mais dont les albums et produits dérivés des aventures continuent, contre vents et marées, à enrichir les ayants-droits de l'auteur (sa veuve, les éditions Moulinsart et Casterman, ...). J'ai nommé Tintin.

Je ne me risquerai pas à expliquer pourquoi ce personnage est devenu l'espèce insurpassable des modèles de héros de bande dessinée : d'autres s'en sont abondamment chargés bien avant moi et infiniment mieux que je ne saurais le faire. Je me contenterai de dire qu'Hergé à réussi à fabriquer, de son vivant, un CLASSIQUE, ce qui est le rêve de tout auteur un peu ambitieux au début de sa carrière.

Et je me contenterai de m'attarder sur un point de détail qui caractérise le dessin d'Hergé : ce que j'ai appelé il y a quelques jours des "scories et artifices graphiques" (voir ici même "Tintin et les big five", 20 septembre 2022). Je me suis demandé dernièrement ce qui resterait du dessin si l'on en ôtait tous les petits graphismes censés illustrer un choc, une action, un mouvement, une humeur, une vitesse, parfois même une ivresse, et autres circonstances dont il s'agit de rendre la "dynamique".

On trouve des traits, des vaguelettes, des gouttelettes, des tourbillons, des étoiles multicolores (en général à cinq branches), etc. Et j'ai fait le test avec une vignette de Tintin au Congo, que je trouve particulièrement abondante et chargée en matière d'artifices graphiques, et propice à satisfaire ma petite curiosité. On voit ci-dessous ce que donne l'expérience. La vignette se trouve à la page 15 de l'album.

D'abord l'originale.

 

P.15 1.jpg

Voici maintenant ce que ça donne, une fois la vignette "bidouillée", nettoyée, débarrassée en quelque sorte de tout ce qui n'est pas le sujet du dessin à proprement parler. 

P.15 1 1.jpg

Sans commentaire. Chacun jugera. Selon ses habitudes, ses préférences, ses goûts, enfin tout ce qu'il sied aujourd'hui de promouvoir, voire de revendiquer : fallait-il cette débauche de moyens visuels pour soutenir l'intérêt de la chose ? A titre personnel, je dirai que sans leurs petits ornements graphiques, les noix de coco semblent sortir de nulle part.

Ci-dessous, deux autres exemples (p.18 et p.45) : qu'en dites-vous ?

bande dessinée,hergé,les aventures de tintin,tintin au congo,éditions casterman,éditions moulinsartbande dessinée,hergé,les aventures de tintin,tintin au congo,éditions casterman,éditions moulinsart

 

 

 

bande dessinée,hergé,les aventures de tintin,tintin au congo,éditions casterman,éditions moulinsartbande dessinée,hergé,les aventures de tintin,tintin au congo,éditions casterman,éditions moulinsart

Et même, si on veut aller au bout de l'idée.

bande dessinée,hergé,les aventures de tintin,tintin au congo,éditions casterman,éditions moulinsart

Pour cette dernière vignette (Congo, p.45), la "garniture graphique" envahit tout pour exprimer la rage déployée par Milou pour empêcher le gangster d'attenter à la vie de son maître. La force expressive de cette ornementation est telle que son absence rendrait l'image à peu près inintelligible (et par trop statique). 

Conclusion : les artifices utilisés par Hergé sont certes superflus, mais ils sont indispensables.

mardi, 20 septembre 2022

TINTIN ET LES "BIG FIVE"

Je dédie ce petit billet à Albert Algoud [s'il veut bien l'agréer], maître en tintinologie, tintinophilie, voire tintinopathie, dont je ne me lasse pas de me régaler du Dictionnaire amoureux de Tintin (Plon, 2016).

chasse en afrique,safari,big five,600 nitro express,hergé,les aventures de tintin,sept boules de cristal,marc charlet,expédition sanders-hardmuth,tintin au congo,philippe goddin,les tribulations de tintin au congo,exposition coloniale,albert algoud,dictionnaire amoureux de tintin,fusil auguste francotte

Les amateurs de chasses exotiques — vous savez, les Tartarins à casque colonial et peau blanche qui, en arborant leur Francotte 600 Nitro express,

chasse en afrique,safari,big five,600 nitro express,hergé,les aventures de tintin,sept boules de cristal,marc charlet,expédition sanders-hardmuth,tintin au congo,philippe goddin,les tribulations de tintin au congo,exposition coloniale,albert algoud,dictionnaire amoureux de tintin

posaient fièrement la botte sur le buffle terrassé devant l'objectif du photographe, couronnement du safari africain — savent ce que sont les "big five" : les cinq grands animaux, enfin, je veux dire leurs "trophées", dont il était bon de décorer les murs du salon, comme on le voit à la page 19 des Sept boules de cristal, chez Monsieur Marc Charlet, baroudeur et homme d'action, et l'un des explorateurs de la malheureuse expédition Sanders-Hardmuth.

chasse en afrique,safari,big five,600 nitro express,hergé,les aventures de tintin,sept boules de cristal,marc charlet,expédition sanders-hardmuth,tintin au congo,philippe goddin,les tribulations de tintin au congo,exposition coloniale

Les Big Five, ils sont cinq, comme leur nom l'indique : l'éléphant, le buffle, le rhinocéros, le lion et le guépard (certains disent le léopard).

1 L'ELEPHANT.jpg

Page 39.

Dans le si décrié et controversé album Tintin au Congo, de multiples plumes ont relevé la désormais honteuse (hou-hou-hooooouuuuu ! Vous entendez déjà, dans l'assistance, les huées des moralistes et des bonnes âmes rétrospectifs) ambiance colonialiste (« Li missié blanc li boula-matari ! ») dans laquelle toute l'histoire nous est racontée par un Hergé pas très vieux (1931). Même que l'excellent Philippe Goddin, dans son excellent ouvrage Les Tribulations de Tintin au Congo (Casterman, 2018), ne cesse, jusqu'à s'en meurtrir le sternum, de battre la coulpe d'Hergé et de l'Occident réunis, dans l'espoir de faire pardonner la collection des avanies et crimes commis par les Blancs à l'encontre des Noirs au cours de l'Histoire. 

1 2 LE BUFFLE 1.jpg

Page 58.

C'en est au point que les "mea culpa" finiraient par occuper tout le terrain, occultant d'autres manières d'aborder le célèbre volume. D'autres thèmes devraient pourtant être en mesure de retenir l'attention des lecteurs, à commencer par la relation que Tintin entretient avec un certain nombre d'espèces animales proprement africaines. Et ce n'est pas cela qui manque.

1 3 LE RHINO 2.jpg

Page 56.

Cela commence par le crocodile (« Zut ! plus de cartouches ! ») dont le héros bloque la mâchoire au moyen de son fusil, continue avec l'étrange extermination d'un troupeau d'antilopes, se poursuit avec le déguisement de Tintin en chimpanzé. Défilent ensuite un boa (fusillé à bout portant), une escadrille de crocodiles à l'appétit féroce, un autre boa (?) qui s'apprête à digérer Milou (qui lui apprend à marcher), un léopard apprivoisé qui vient déranger un cours d'arithmétique, un éléphant adroitement trucidé par un singe, un hippopotame à ressort, d'autres crocodiles qui règlent son compte au bandit, un autre léopard, sauvage celui-ci, des girafes que le reporter parvient à filmer de près en se déguisant en l'une d'elles par effraction, un rhinocéros dont Tintin éparpille la masse façon puzzle et un buffle aux cornes duquel il échappera en s'agrippant à une échelle opportunément descendue du ciel. Je crois que c'est tout, si l'on excepte le flamant rose et les deux petits cabots qui ornent l'ultime et géante vignette.

1 4 LE LION 1.jpg

Page 22.

On voit donc qu'il n'y a pas que le colonialisme : Tintin se rend aussi coupable de graves atteintes à la faune. Dit plus simplement, si son héros ne croise pas la route d'une faune africaine exhaustive, Hergé tient à familiariser son lecteur avec un nombre non négligeable d'espèces. On ne s'étonnera pas que, parmi elles, figurent au complet les cinq divinités peuplant le panthéon des safaristes et autres chasseurs : les fameux "Big Five". Je n'insiste pas sur le sort en général peu enviable qui guette ces superbes grosses bêtes, que ce soit dans la B.D. ou dans la réalité réelle..

1 5 LE LEOPARD SAUVAGE.jpg

Page 54.

Alors, guépard ou léopard ? Même le Grand Robert est flou.

On ne demande pas, en 1931, à un héros de bande dessinée de militer pour la biodiversité et la protection des espèces menacées. Pas parce qu'on ne veut pas, mais parce qu'on ne sait pas. Pas plus qu'on n'exige de sa part qu'il échappe au contexte éminemment colonial et colonialiste dans lequel baignait l'entière époque dans laquelle il a vu le jour (la dernière "Exposition Coloniale" eut lieu en 1948).

On peut quand même s'interroger sur le peu d'empressement montré par les associations animalières, antispécistes, végétariennes, anti-chasses et anti-corridas, qui auraient eu bien des motifs de se porter parties civiles dans les actions intentées en justice par le C.R.A.N. et autres officines semblables contre le deuxième album des aventures de Tintin (après les Soviets).

Je me dis qu'elles ont sans doute préféré s'effacer courtoisement et laisser le champ libre, d'une part aux anti-racistes bien propres sur eux, aux "décolonialistes" revanchards et aux anti-esclavagistes avides de venger leurs ancêtres, et d'autre part aux braconniers professionnels, qui disposent d'un armement moderne et sophistiqué, avec lequel ils écument depuis longtemps les réserves africaines pour procurer à une riche clientèle (asiatique en grande partie) mains de gorilles aphrodisiaques, cornes de rhinocéros aphrodisiaques, défenses d'éléphants ornementales et autres peaux de léopards plus ou moins vestimentaires. Encore un peu de temps et de laisser-faire, et le problème ne se posera plus. 

***

Note : Que les mânes d'Hergé veuillent bien me pardonner : je me suis permis de "nettoyer" ces quelques vignettes de ce que je considère comme divers "scories" et artifices graphiques, pour mieux faire ressortir l'art de ce maître absolu du trait.

lundi, 19 septembre 2022

LA REINE EST MORTE : VIVE LE ROI .............

............DU BRETZELBURG !!!!!!!!!!

033.jpg

Franquin et Greg, QRN sur Bretzelburg.

dimanche, 11 septembre 2022

REINE D'ANGLETERRE : AUTRES VISAGES

On les trouve dans "Qui est Renard bleu ?", un chouette épisode de la série Jérémiah, signée par le grand Hermann (Dupuis, 2002).

RENARD BLEU REINE D'ANGLETERRE.jpg

De belles gueules de brutes au front bas, précisément payées pour leur front bas (et leurs gros bras).

Une histoire juste un peu trop sordide qui se passe dans un monde juste un peu trop pourri, pour éviter de faire penser aux tribulations de la cour britannique. Heureusement, à la fin, à défaut des plus grands pourris qui ont su prudemment rester dans les coulisses — comme d'habitude —, le pourri ordinaire assis au premier plan ne l'emportera pas au paradis, grâce à Kurdy Malloy. Et visiblement, cette "reine d'Angleterre" n'en mène pas large.

RENARD BLEU 2.jpg

mercredi, 17 août 2022

PARLEZ-VOUS INDONÉSIEN ?

PARLEZ-VOUS INDONÉSIEN ?

Pas moi. Je suis donc obligé de m'en remettre, en cas de besoin, aux moyens offerts par les facilités techniques modernes. Mais cela pose question. En l'occurrence, quelle confiance faut-il accorder au système de traduction automatique de Google, si l'on essaie de comprendre quelques phrases qu'Hergé a placées, aux pages 15, 30 et 41, dans la bouche de "Sondonésiens" (Indonésiens des îles de la Sonde ?) dans le vingt-deuxième album des aventures de Tintin, Vol 714 pour Sidney ? Ci-dessous, une vignette de la page 15.

P.15 A INDONESIEN.jpg

Bon courage à ceux qui voudraient voir le film en V.O. Pour les sous-titres, voici la traduction qu'en donne Google, selon l'ami Sylvain. Libre à chacun d'accorder la confiance qu'il veut à la machine de traduction de Google et de penser ce qu'il veut du résultat. Pour moi, c'est la cocasserie qui domine : Hergé était bien capable de telles facéties, accessibles aux seuls initiés.

P.15 B.jpg

dimanche, 14 août 2022

VACANCE

P.1.jpg

samedi, 13 août 2022

VACANCE

002.jpg

vendredi, 12 août 2022

VACANCE

003.jpg

jeudi, 11 août 2022

VACANCE

P.1.jpg

mercredi, 10 août 2022

VACANCE

P.16.jpg

mardi, 12 juillet 2022

FRANCE : L'ART DU CONSENSUS

ENCOURAGÉ DE LA VOIX ET DU GESTE PAR BRIGITTE MACRON EN PERSONNE, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EMMANUEL MACRON PART À LA RECHERCHE D'UN CONSENSUS POLITIQUE QUI PERMETTE DE GOUVERNER LA FRANCE AVEC LE SÉRIEUX ET LA GRAVITÉ REQUIS.

humour,bande dessinée,hergé,l'île noire,wronzoff,gorille ranko,président de la république,emmanuel macron,brigitte macron,les aventures de tintin

samedi, 09 juillet 2022

FRANCE : L'ART DU COMPROMIS EN POLITIQUE

MINISTRES DU GOUVERNEMENT D'ÉLISABETH BORNE CHERCHANT UN TERRAIN D'ENTENTE AVEC LES PARTIS D'OPPOSITION.

P.19 2.jpg

lundi, 04 juillet 2022

L'INTELLO ET LA B.D.

GROENSTEEN THIERRY LE BOUQUIN DE LA BD.jpg

Belle couverture, massacrée par le hideux barbouillage d'un nommé Lewis Trondheim, auteur à la mode, paraît-il. Cela en dit long sur ce qu'est devenue la bande dessinée.

***

LISTE EXHAUSTIVE DES COLLABORATEURS

Thierry Groensteen, Jean-Charles Andrieu de Levis, Raphaël Baroni, Camille Baurin, Evariste Blanchet, Alain Boillat, Elsa Caboche, Sébastien Charbonnier, Gilles Ciment, Benoît Crucifix, Pierre-Laurent Daurès, Erwin Dejasse, Philippe Delisle, Isabelle Delorme, Julie Demange, Agnès Deyzieux, Jacques Dürrenmatt, Henri Garric, Laurent Gerbier, Xavier Guilbert, Manuel Hirtz, Anne-Hélène Hoog, Nicolas Idier, Jean-Paul Jennequin, Bernard Joubert, Guillaume Laborie, Marion Lejeune, Clément Lemoine, Fabrice Leroy, Sylvain Lesage, Samuel Lévêque, Pierre Lungheretti, Vincent Marie, Jean-Philippe Martin, Jean-Pierre Mercier, Anne Miller, Benoît Mitaine, Harry Morgan,, Philippe Morin, Frédéric Paques, François Poudevigne, Gwendal Rannou, Maël Rannou, Camille Roelens, Nicolas Rouvière, Johanna Schipper, Bounthavy Suvilay, Nicolas Tellop, Philippe Videlier, Luc Vigier, Pascal Vimenet. Ouf !

Voilà, je ne vous ai rien épargné, je pense n'avoir oublié personne. Qui cela peut-il intéresser, franchement ? Cinquante et un noms, sauf erreur. Cinquante et un lampistes (notez que je n'ai pas dit "lumières") qui ont quelque chose à voir avec l'Université, de près ou de loin et du bas au haut échelon, chacun étant doté d'un palmarès éditorial plus ou moins fourni. Attention les yeux, on est prié de saluer bien bas. Je relève, en piochant au hasard, un maître de conférence auteur d'une thèse sur Aragon ; une doctorante qui étudie la circulation transnationale de récits transmédiatiques [là, je pouffe !!!] ; un titulaire d'un master de stylistique appliquée à la bande dessinée ; un agrégé d'histoire et normalien ; un maître de conférence en littérature à l'université Grenoble-Alpes ; un bibliothécaire à la Ville de Paris ; un professeur associé à l'université de Lausanne ; un spécialiste de didactique de la philosophie ; un professeur à Sorbonne université ; un diplômé d'une grande école d'ingénieur ; un directeur d'un ancien ministre de la Culture et de la Communication ; un historien de l'art ; une doctorante en histoire culturelle ; une chercheuse associée au Centre d'histoire de Sciences Po ... Pitié, n'en jetez plus. Rien que du beau monde ! Un Temple du Savoir. Ma parole, ce "Bouquin" « est un temple, où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles ». Je confirme l'oracle de Baudelaire : souvent confuses, les paroles, et plus souvent qu'à leur tour. Paroles d'intellos, j'espère qu'on a compris. De quoi vous dégoûter de la bande dessinée !

Il fut un temps où Le Lombard, Dargaud, Casterman, Dupuis et de très rares autres éditeurs se contentaient de publier chaque année cent cinquante albums de bande dessinée, des livres destinés à la jeunesse, et qui trouvaient place dans un recoin vaguement honteux des bibliothèques de famille, où Papa allait jeter un œil quand les enfants étaient couchés. Aujourd'hui, il pleut des auteurs aussi dru que grenouilles en plaies d'Egypte, les éditeurs pullulent, les librairies spécialisées prospèrent et les albums de B.D. prolifèrent plus vite que la vermine au rythme de cinq mille (5.000 !) par an. 

Mais ce n'est pas pour autant que le prix de chaque album s'est effondré, au contraire : le plus grand soin est apporté à l'impression, le coût de fabrication s'en est ressenti. Sans parler des TT (tirages de tête, mais souvent à plus de 1.000 exemplaires !). Résultat : plus de Jerry Spring aux couleurs bavouillantes, plus de Gil Jourdan sur papier hygiénique, plus de Marc Dacier aux pages qui volent à la première lecture. Mais en contrepartie, plus question de se procurer toute la production. 

Plus de cinq mille B.D. dans une seule année, quand même, et sans parler de la qualité des scénarios et des dessins, il ne faut pas s'étonner si la plupart des auteurs n'arrivent pas à vivre de leur "art" et en sont réduits à toucher le R.S.A. ou à occuper des petits jobs un peu rémunérateurs : trop de marchandises sur un marché saturé, ça fait forcément baisser la valeur symbolique. La demande n'a pas suivi la croissance exponentielle de l'offre. Pour faire un peu mon cuistre, je dirai qu'en un demi-siècle, on est passé d'un marché très nettement oligopole à un marché outrageusement oligopsone. Et je ne compte pas ici les importations de quelques espèces invasives que sont les super-héros Marvel ou les mangas japonais (pardon pour le pléonasme !), dont les blockbusters trônent en tête de gondole. Il ne reste à la piétaille et aux troupiers ordinaires de la B.D. que les miettes d'un festin plantureux.

Aujourd'hui, donc, la Bande Dessinée s'est hissée au rang de genre presque noble. Comme le dit Nicolas Rouvière dans son article "Enseignement (1)" : « ... l'hostilité farouche a cédé la place à une intégration résignée, puis la récupération intéressée s'est transformée en légitimation affichée ». C'est assez correctement décrire les phases du processus qui a vu la B.D. se rapprocher de l'avant-scène pour finir par escalader le piédestal. C'est aussi montrer qu'on ne sait plus trop quoi étudier, puisqu'avec ce qui dort sur les dizaines de kilomètres de rayons des Archives, Bibliothèques publiques et autres réceptacles du "dépôt légal", on a l'impression que tout est dit, et qu'il est impossible et vain d'essayer de dénicher de nouveaux filons de recherche. C'est ainsi que le patron de thèse en est réduit à réorienter les futurs chercheurs : « Eh coco, si tu allais voir du côté de la B.D. ? ».

La conséquence de tout ça, c'est que les intellos et universitaires de tout poil, à commencer par les spécialistes de "sciences" humaines, ne croient plus déshonorant d'élever à la dignité d'objet de savoir classique ce soi-disant "neuvième art", qui aurait dû se contenter du statut d'art mineur réservé au passe-temps des petits et des grands enfants. Du coup, des savantasses se sont mis à gamberger, à baver du savoir et à produire des concepts forgés "ad hoc" par les boyaux de leurs têtes, faisant fleurir de grands jardins de prises de tête carabinées et d'abstractions incolores, inodores et sans saveur.

Tandis que Sylvain Lesage s'interroge douloureusement sur l'expression « éminemment problématique » d' "imagerie populaire", et que Nicolas Tellop découvre que, dans une bande dessinée où l'auteur adapte une œuvre littéraire, « l'économie narrative se déplace en grande partie du langage écrit vers celui du dessin » (mâtin ! quelle perspicacité !), Thierry Groensteen — le maître d'œuvre de toute l'entreprise — juge que « le propre du héros est d'aller s'empêtrer dans des histoires, pour mieux s'en dépêtrer au terme d'une intrigue fertile en rebondissements ». On ne saurait mieux dire le fond des choses, dirait Vialatte. Je signale juste à l'éminent "scientifique spécialisé dans la B.D." — je me marre ! — que Zantafio, le cousin malfaisant de Fantasio, se fait appeler le général Zantas, et non Zantos, dans Le Dictateur et le champignon, avouez que ça la fiche mal.

Bon, je pourrais passer un bon moment à brocarder les trouvailles lexicales, à me gausser des inventions sémantiques et à tourner en dérision les innovations intellectuelles dont la cinquantaine de balourds diplômés alourdit la barque de ce simple divertissement que doit rester la bande dessinée, mais on a mieux à faire, n'est-ce pas. Il reste que ce Bouquin de la bande dessinée est un livre fondamentalement inutile, et que j'ai dépensé 30€ en pure perte. J'aurais dû un peu regarder dedans avant. Cela me renforce dans ma conviction que l'obsession des sciences-humanistes, sorbonards, sorbonagres et sorbonicoles (merci maître François Rabelais) de transformer le moindre fait humain en objet de savoir digne d'attention est une duperie, et probablement une imposture. 

Accessoirement et au surplus, moi qui me considère simplement comme un vieil amateur, je me permets de regretter que l'édition de B.D. soit devenue cette forêt inextricable, cette jungle découpée en ghettos culturels délimités par de redoutables frontières de genre. D'éminents intellos auront beau me dire que les temps ont changé, que x, que y et que z, je n'en démords pas : un art mineur n'a aucun droit à être traité à l'égal d'un art majeur. Je me rappelle une dispute mémorable qui avait opposé Guy Béart et Serge Gainsbourg sur un plateau de télévision : le premier soutenait que la chanson est un art aussi noble que ceux appartenant au trivium et au quadrivium, ce dont le second se moquait ouvertement et avec force sarcasmes : imagine-t-on Charles Trenet ou Georges Brassens à l'Académie française ? C'est évidemment Gainsbourg qui avait raison. La B.D., après tout, ne se trouve-t-elle pas très à l'aise sur le second rayon ? Vous dites ? De quel droit je me permets de hiérarchiser ? Mais, cher monsieur, du même droit que vous vous permettez de m'affirmer le contraire ! 

Je conclurai cette petite diatribe par une modeste considération sur l'évolution du présent monde : on sait que les excellents pianistes surabondent, que les violonistes impeccables foisonnent, que les dessinateurs doués fourmillent et que la littérature souffre d'un surpeuplement de gens qui savent écrire correctement. Au point que, chacun dans sa spécialité, tout ce petit monde se trouve en butte à la saturation du marché de l'emploi. Trop de gens veulent jouer du piano, du violon, du pinceau (de la "tablette graphique" pour les plus "modernes") ou du stylo (pardon : du traitement de texte). Le nombre de clients intéressés n'est pas extensible à l'infini. Dans ces conditions, difficile de percer et de vivre convenablement de son art.

Il en est de même à l'Université : trop de gens ont l'ambition de devenir sociologues, historiens, philosophes, économistes, que sais-je. On ne sait plus où les fourrer. On ne sait plus quoi en faire ni quoi leur faire faire. On ne sait plus où donner de la "recherche" ou de la "spécialité". Comment occuper (et payer) tant de cerveaux ? L'Université déborde, étouffe, s'effondre sous son propre poids d'intelligence, obligée de développer une infinité de micro-domaines, de micro-spécialités et de micro-filières, autant de "champs" plus pointus que la voix de ma concierge et plus étroits que le jardin de mon oncle Symphorien.

Il y a tellement d'intelligences en exercice qu'elles se contredisent, s'annulent, et qu'il n'est plus possible de comprendre quoi que ce soit au monde tel qu'il vient. Face à ce Niagara de verbe et de savoirs qui voudrait m'expliquer ce que je dois penser de ce que j'aime ou déteste et pourquoi il faudrait que je pense autrement, je m'efforce de cultiver le tout petit bout de jardin respirable que la vie a ouvert autour de moi.

Voilà ce que je dis, moi.

Note 1 : Je m'abstiendrai de dire quoi que ce soit des articles "Colonialisme", "Femme (1)", "Femme (2)", "Homosexualité", où s'expriment en liberté, méticuleusement épouillés pour apparaître dans leur splendeur arrogante, les stéréotypes culturels à la mode, je veux dire ceux qui détiennent aujourd'hui l'autorité, je veux dire ceux qui font la police dans les avenues des opinions.

dimanche, 03 juillet 2022

POURQUOI ?

P.43 1.jpg

Y a-t-il d'autres questions ? Je suis sérieux.

jeudi, 23 juin 2022

MENUE LEÇON DE PHILOSOPHIE

P.12 T'AÏ P'IN LOU.jpg

Pouvez pas le louper.

mercredi, 22 juin 2022

MACRON DANS UNE IMPASSE ? ...

... UNE IMPASSE EN CUL-DE-SAC SANS ISSUE DONT IL NE PEUT SORTIR ?

bande dessinée,humour,hergé,les aventures de tintin,le sceptre d'ottokar,emmanuel macron,impasse politique,élections législatives,politique,france

mardi, 21 juin 2022

COMMENT GOUVERNER ...

... AVEC DES DÉPUTÉS INGOUVERNABLES ?

P.49 L'ASILE.jpg

Mais ça pourrait aussi être le conseil des ministres.