Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 29 août 2021

DANS LA BOULE DE MADAME IRMA ...

... SOUS LE CRAYON DE GOUSSÉ.

PILOTE SHEILA VARTAN HARDY.jpg

Sheila en cuisses et maillot de bain ; Vartan en habillé décontracté ; Hardy en crop-top.

***

Et voilà comment le dessinateur Goussé, alors à Pilote, voit l'avenir des trois Grâces.

PILOTE73 SHEILA.jpg

PILOTE73 VARTAN.jpg

PILOTE73 HARDY.jpg

samedi, 17 juillet 2021

HUMEUR DU MOMENT

002.jpg

D'accord, le trait est un peu gros, mais ...

jeudi, 15 juillet 2021

HUMEUR DU MOMENT

CARATS EN VRAC.jpg

HUMEUR DU MOMENT

1 LIBELLULE S'EVADE1.jpg

HUMEUR DU MOMENT

001.jpg

lundi, 05 avril 2021

LA PAROLE "LIBÉRÉE" ?

UNE SEULE INTERMINABLE PLAINTE.

*

... CHEZ LES FÉMINISTES 1.

FEMINISTES.jpg

... ET CHEZ LES FÉMINISTES 2.

la parole libérée,féministes,féminisme,roman polanski,adèle haenel,islam,musulmans,islamophobes,esclavage,colonialisme,homosexuels,homophobie,gay pride,balance ton porc,#metoo,patriarcat,phallocrate,macho,sexiste

 

... ET CHEZ ADÈLE HAENEL, VIRGINIE DESPENTES ET LES ACTRICES DE CINÉMA.

PERROQUETS ACTRICES FEMINISTES.jpg

... ET CHEZ LES ACTIVISTES MUSULMANS.

PERROQUETS ISLAM.jpg

... ET CHEZ LES FRANÇAIS A PEAU NOIRE.

PERROQUETS MINORITES COULEUR.jpg

... ET CHEZ LES HOMOSEXUELS.

PERROQUETS HOMO.jpg

QUEL CONCERT !

Nom de dieu, un vrai concert de perroquets qui nous hurlent dans les oreilles, dirait un observateur impartial !!! Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à crier de la sorte ? Eh bien voilà.

Que ce soit pour appeler au secours ou pousser des cris de rage, ce n'est qu'une seule longue plainte : le grand chœur des récriminations d'un peuple de victimes qui ont toutes une souffrance à faire valoir, qui ont toutes quelque chose à reprocher à quelqu'un, qui ont toutes des droits imprescriptibles à faire enfin reconnaître, qui ont toutes à dénoncer les graves injustices qui leur sont faites par une autre partie de la population. Et qui, toutes, attendent réparation du préjudice. En faisant fermer leur gueule à tous ceux qui ne sont pas d'accord.

Un peuple totalement désuni, divisé en "communautés" de sexe, de couleur, de religion, de race, de "genre", de "territoires", de "préférences sexuelles", dont les revendications se font une concurrence féroce à coups d'intrusions sur les plateaux médiatiques ou auprès des instances étatiques, quand ce n'est pas devant les tribunaux. Ces forces qui tirent à hue et à dia, animées par la rancune et la frustration, produisent un climat de haine qui se diffuse dans les rapports sociaux. Et dire qu'on n'a jamais autant entendu parler de "résilience" ! Quel paradoxe ! 

Un peuple qui a perdu toute perspective de construction collective d'une collectivité aspirant au bonheur et à la prospérité du plus grand nombre. Un peuple définitivement fragmenté en groupes hostiles seulement préoccupés de la défense de leurs propres intérêts et soucieux de tirer à leur profit exclusif toute la couverture (médiatique, cela va de soi). Comment voulez-vous que, dans ces conditions, on ait des chances de se retrouver dans une seule France ? Une France indivisible ? 

Le séparatisme n'est plus une crainte à avoir, c'est un fait qu'il faut constater. Ce n'est plus un peuple : c'est bel et bien une collection de groupes et d'individus. C'est la mère Thatcher, vous savez, la "dame de fer", qui doit bien ricaner. Avec son vieux compère Reagan, c'est elle qui a gagné la guerre de civilisation. Le capitalisme peut dormir tranquille : la société telle qu'elle est organisée actuellement, n'est pas près de troubler son sommeil.

Oui, Jérôme Fourquet a bien raison, bien qu'il travaille dans l'entreprise de sondages IFOP, de parler d' « archipel français ». Comme dit un personnage de sniper dans la dernière partie de L'Oiseau bariolé de Jerzy Kosinski : « Les hommes sont comme les sommets des montagnes : ils se voient de loin, mais ils sont séparés par des précipices infranchissables » (citation de mémoire, très approximative, mais l'esprit est à peu près là).

J'ai envie de dire à la foule des gens qui se plaignent ou qui portent plainte (c'est la même chose en deux modes différents) :

« Garde toujours le souvenir des avanies subies, n'oublie rien ni personne, mais avant tout tiens-toi droit, cesse de te plaindre et garde en toute circonstance le souci de ta dignité, au lieu de passer ton énergie et ton temps à quémander, à te livrer ainsi à la mendicité, quand ce n'est pas à te comporter en roquet agressif et policier !  ».

De façon plus politique, il faut aussi se dire que plus un pays s'emberlificote dans les luttes intestines, moins il pense à sa place dans le reste du monde. A Lyon, vous imaginez Guignol et Gnafron se foutre sur la gueule ? Regardez comme le cornu-griffu ricane (image FB, B. Jaouen).

la parole libérée,féministes,féminisme,roman polanski,adèle haenel,islam,musulmans,islamophobes,esclavage,colonialisme,homosexuels,homophobie,gay pride,balance ton porc,#metoo,patriarcat,phallocrate,macho,sexiste,jérôme fourquet,l'archipel français

mardi, 28 avril 2020

ADRIENNE

Je suis en deuil. La BD lyonnaise est orpheline. La BD française a perdu une icône.

ADRIENNE EST MORTE.

Adrienne est morte vendredi 24 avril, à cause de cette ordure de virus qui paralyse le monde depuis la mi-mars. Elle avait 89 ans. Je l'ai appris dans les colonnes du Progrès d'hier.

ADRIENNE K.jpg

En 1988, le grand Jacques Tardi a rendu hommage à Adrienne dans son adaptation BD de 120 rue de la Gare de Léo Malet, qui met en scène Nestor Burma, de passage à Lyon au retour du stalag en 1941.

A la page 95, on voit la rue Petit-David dans son jus (il y a même la plaque), on voit l'enseigne de la librairie Expérience ouverte par Adrienne en 1973, et puis on voit Adrienne Krikorian telle qu'en elle-même, en train de lire Mickey (j'ai coupé le détective pour mettre Adrienne au centre, pardon, monsieur Tardi ; Le Progrès reproduit la vignette en entier : le gars a-t-il pompé mon billet du 26 janvier 2018 ?). 

Je n'ai aucune idée des sommes que j'ai englouties au fil des années dans ce lieu de perdition pour amateurs de bande dessinée. Je me rappelle seulement les mètres de rayons qu'il a fallu sans cesse ouvrir au fil du temps pour accueillir les nouveaux invités. J'ai déniché quelques trésors dans l'estancot de la rue Petit-David. Revenant du festival d'Angoulême en 1977, elle avait réussi à se procurer quelques exemplaires d'une BD fabuleuse : Capitaine Cormorant d'Hugo Pratt, imprimée en sérigraphie (200 exemplaires !!!). Une merveille ! Un absolu ! Et la "Ballade" de Corto Maltese en italien !  Et Corto en Sibérie ! Et les Corto Casterman première manière !

C'est chez Adrienne que j'ai acheté tous mes Hugo Pratt. Ah non, pourtant : il me revient que j'avais commandé directement à l'éditeur les deux gros volumes "Corto Maltese" (le premier en 1971) de format oblong des éditions Publicness grâce à des publicités parues dans la magnifique revue Zoom. C'est que j'avais pris le virus Corto Maltese bien plus tôt (n'exagérons rien : c'était en 1970), depuis que j'avais découvert cet aventurier improbable dans les pages du Pif-Gadget que recevait mon petit frère (15 ans plus jeune). 

Voilà toute une époque de ma vie où Adrienne a eu une place de choix. On ne pouvait pas ne pas aimer Adrienne. Chez elle, on ne pouvait pas ne pas dépenser son argent. Je vous parle de longtemps avant que la librairie, en migrant place Antonin-Poncet en je ne sais plus quelle année, devienne un bel endroit "avec-pignon-sur-rue" capable d'accompagner la montée en puissance de la bande dessinée, et que l'excellent Jean-Louis Musy ne recueille et fasse fructifier l'héritage de cette véritable pionnière. Si c'était de l'alpinisme, on parlerait d'une "grande première hivernale du pilier nord" (je me rabattrais sans problème sur une "directissime").

La différence entre les deux magasins est (en dehors de la surface) qu'il fallait monter deux ou trois marches rue Petit-David alors qu'il faut les descendre pour accéder au magasin de Bellecour.

2020 04 27 MORT D'ADRIENNE.jpg

Bon, il se trouve que le moment où j'ai pris quelque distance avec l'univers de la BD coïncide avec le moment où Adrienne a commencé à passer les rênes de la librairie à son successeur : j'ai beaucoup moins fréquenté la nouvelle échoppe que la tanière historique. Il paraît aujourd'hui autour de 5.000 albums de bande dessinée par an. Il fut un temps où j'étais quasiment en mesure d'acheter la totalité des 150 volumes qui sortaient chaque année. Un saut quasiment épistémologique ! Un changement d'échelle !

Le tout petit ruisseau de ce qui était alors une modeste lubie d'aristocrate (subjectif) s'est aujourd'hui métamorphosé en un flot torrentiel, un Niagara populiste (objectif) où tentent de survivre une infinité de tâcherons, et où se retrouve noyée une poignée de virtuoses du dessin et du scénario. Je reste fidèle à quelques grands bonshommes (Hermann, Tardi, ...), mais trop, c'est décidément trop. Quelle âme indomptable est capable de survivre dans cette atmosphère de bombe démographique déflagrante ? Hergé lui-même, dans ce monde surpeuplé, n'aurait jamais pu espérer devenir Hergé.

Je ne peux pas dire que la BD a complètement cessé de m'intéresser, mais je l'avoue, je n'arrive plus à faire face. On me dit par exemple que Manu Larcenet a un succès fou et qu'il fait figure aujourd'hui de grande vedette du genre. Je ne dirai pas qui m'a offert son Retour à la terre. Je dirai juste que j'ai détesté au premier coup d’œil le dessin. Je trouve ses personnages d'une laideur caricaturale, même si je reconnais que l'auteur sait dessiner quand il veut bien s'y mettre, comme on le voit ci-dessous.

LARCENET MANU RETOUR A LA TERRE.jpg

La BD, dans le fond, c'est comme la chanson : de même qu'on dira qu'elle est réussie quand elle arrive à rendre indissociables le texte et la mélodie comme sont inséparables l'avers et le revers d'une médaille, de même la réussite d'une BD résulte de l'imprévisible mariage entre un dessin et une histoire (Bilal-Christin, Mézières-Christin, Uderzo-Goscinny, Gazzotti-Tome, Michetz-Bosse, Vance-Van Hamme, Mezzomo-Lapière, etc...). Il ne saurait y avoir une recette pour faire du résultat une réussite. On est là dans l'impondérable : ça le fait, ou ça le fait pas. Point c'est tout.

Il paraît qu'Adrienne suivait attentivement le mouvement qui fabrique l'histoire de la BD. J'ignore ce qu'elle pensait de Manu Larcenet.

Quoi qu'il en soit, merci Adrienne. Merci pour tout, chère Adrienne.

samedi, 18 avril 2020

TENTATIVE DE DÉCONFINEMENT

BANDE DESSINÉE : QUELQUES RÉPLIQUES MÉMORABLES

POUR FAIRE COMME TONTON GEORGES (BRASSENS !) :

« En rigolant,

Pour faire semblant

De n'pas pleurer ».

(C'est dans Mon Vieux Léon).

***

3 - GOSCINNY

Supposant assez connues d'un public normalement cultivé les bandes dessinées sorties des plumes de René Goscinny et Albert Uderzo, j'ai jugé inutile, oiseux et superfétatoire d'indiquer de quel album était tirée chaque vignette. 

GOSCINNY CLEOPÂTRE.jpg

GOSCINNY TOUR DE GAULE.jpg

GOSCINNY DOMAINE DIEUX 1.jpg

GOSCINNY GOTHS.jpg

GOSCINNY BOUCLIER ARVERNE.jpg

GOSCINNY HISPANIE.jpg

***

GOSCINNY JEUX OLYMPIQUES DEPRUS.jpg

Ci-dessus et ci-dessous, simples clins d’œil en passant (bleu de Prusse, soutient mordicus). A propos de Jeux olympiques, je ne suis pas mécontent de la tournure prise par les événements actuels.

GOSCINNY JEUX OLYMPIQUES MORDICUS.jpg

***

GAROVIRUS

Et si j'ajoute l'image suivante, ce n'est pas à cause de la réplique, mais évidemment à cause du nom du gouverneur de Condate (Rennes), lié aux circonstances. On trouve GAROVIRUS dans Astérix chez les Helvètes. Et je garde précieusement le nom du "traiteur romain" de Garovirus : Fellinus en "traiteur pour orgies", je ne suis pas sûr que Federico Fellini n'aurait pas aimé..

GOSCINNY GAROVIRUS HELVETES.jpg

vendredi, 17 avril 2020

FENÊTRE DE DÉCONFINEMENT ...

... VIRTUELLE.

***

BANDE DESSINÉE : QUELQUES RÉPLIQUES MÉMORABLES

***

2 - ANDRÉ FRANQUIN (Greg au scénario).

3.jpg

Le Prisonnier du Bouddah

FRANQUIN QRN 1.jpg

QRN sur Bretzelburg ("dumm", en allemand, ça veut dire "idiot").

FRANQUIN QRN 2.jpg

QRN sur Bretzelburg.

FRANQUIN QRN 3.jpg

QRN sur Bretzelburg : pour comprendre la blague, il faut savoir que les bus de Krollstadt, capitale du Bretzelburg, ne sont pas motorisés, mais mus par les passagers qui, en s'asseyant, trouvent devant eux des pédaliers genre cycliste qu'ils doivent actionner pour que le bus avance : il arrive à certains conducteurs de faire la course avec un autre, et dans la montée ! Un batteur donne le rythme au son de la caisse claire. Il y a peu de touristes pour visiter la capitale. 

FRANQUIN QRN 4.jpg

QRN sur Bretzelburg.

FRANQUIN QRN 5.jpg

QRN sur Bretzelburg : Fantasio vient de s'évader de la "cuisine" du Dr Kilikil, où il vient de vivre des moments d'abord éprouvants, puis culinaires (« Coupez à contrefil ») – au grand dam du docteur et de l'hercule qui lui sert d'assistant : « Mais ce furent les puissants coups droits du marsupilami, très régulier au fond du court, qui brisèrent à la longue le rythme de l'équipe bretzelbourgeoise ». Le souffle de l'épopée !

***

FRANQUIN MESOZOÏQUE 1.jpg

Le Voyageur du mésozoïque (et ci-dessous). Même dans l'improvisation, le maire de Champignac-en-Cambrousse reste un « orateur de toute première force », qui fait l'admiration de tous ses administrés – et la joie des lecteurs des Aventures de Spirou et Fantasio.

FRANQUIN MESOZOÏQUE 2.jpg

dimanche, 12 avril 2020

IL N'Y A PAS QUE LE CONFINEMENT

BANDE DESSINÉE : QUELQUES RÉPLIQUES MÉMORABLES

***

1 - MAURICE TILLIEUX (Gil Jourdan)

2.jpg

Les Cargos du crépuscule.

bande dessinée,maurice tillieux,libellule s'évade,popaïne et vieux tableaux,la voiture immergée,les cargos du crépuscule,

Libellule s'évade.

1.jpg

Libellule s'évade.

TILLIEUX LIBELLULE S'EVADE3.jpg

Libellule s'évade.

TILLIEUX XIQUE XIQUE 1.jpg

L'Enfer de Xique-Xique. On constate que l'inspecteur Crouton (Annibal de son prénom) est un contributeur généreux de répliques mémorables, Libellule n'étant que l'auteur de plein de jeux de mots débiles.

TILLIEUX XIQUE XIQUE 2.jpg

L'Enfer de Xique-Xique (si Libellule rit, c'est qu'une grenade au gaz hilarant a été lancée par erreur sur les fugitifs. Le juge militaire va se venger : le journal titrera le lendemain : « Au cours d'une tribunal-party en cent relances, un espion gagne un séjour de 10.000 ans dans l'enfer de Xique-Xique »).

TILLIEUX XIQUE XIQUE 3.jpg

TILLIEUX XIQUE XIQUE 3.jpg

L'Enfer de Xique-Xique (les deux vignettes se suivent, Gil Jourdan vient de placer quelques balles dans le réservoir d'eau).

jeudi, 02 avril 2020

TECHNIQUES DE LA PANDÉMIE, OU ...

... GASTON LAGAFFE ET LE CONFINEMENT (2/2).

R2 P.37 1.jpg

Prunelle,

R2 P.37 2.jpg

Lebrac,

R2 P.37 3.jpg

Moiselle Jeanne,

R2 P.37 4.jpg

Fantasio,

R2 P.37 5.jpg

avec Gaston, tout le monde y passe.

R2 P.37 6.jpg

Le vecteur du virus est apparemment immunisé.

mercredi, 01 avril 2020

TECHNIQUES DE LA PANDÉMIE, OU ...

... GASTON LAGAFFE ET LE CONFINEMENT (1/2).

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Ce qui est sûr, c'est que Lagaffe est contagieux et que, de toute évidence, il n'a pas son attestation dérogatoire.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Et qu'il a exclusivement des bonnes intentions.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Et qu'il se fait du souci pour la vie d'autrui.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Malheureusement, il ne pense pas à tout.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Heureusement, nous, on a les "gestes-barrière".

jeudi, 26 mars 2020

FRATERNITÉ ASTÉRIX

GOSCINNY ET UDERZO, LES DEUX INSÉPARABLES.

bande dessinée,astérix et obélix,les aventures d'astérix,albert uderzo,rené goscinny?personnels de santé,soignants,infirmiers,médecins,aides-soignants

René ΓΟΣΚΙΝΝΥ et Albert ΥΔΕΡΖΟ en bas-relief se traitant (en caractères grecs) de "despote" (ΔΕΣΠΟΤΗΣ) et de "tyran" (ΤΥΡΑΝΝΟΣ, dans Astérix aux jeux olympiques, p.29) : les auteurs ne sont pas spécialement analphabètes.

Ci-dessous, Uderzo s'est fait la gueule de Laverdure. Ça en dit long comme le bras à ceux qui connaissent.

GOSCINNY UDERZO.jpg

(petit exercice de révision des classiques : fastoche, j'ai respecté l'ordre de parution des albums, ici il y en a vingt-quatre : ceux que les deux compères ont réalisés ensemble, avant que Goscinny lâche brutalement la rampe)

Mine de rien, le banquet final, c'est une vraie trouvaille. La fraternité, telle que la rêvent Goscinny et Uderzo, n'est pas un besoin : elle est une nécessité.

1 ASTERIX LE GAULOIS.jpg

2 LA SERPE D'OR.jpg

3 ASTERIX ET LES GOTHS.jpg

4 ASTERIX GLADIATEUR.jpg

5 LE TOUR DE GAULE D'ASTERIX.jpg

6 ASTERIX ET CLEOPÂTRE.jpg

7 LE COMBAT DES CHEFS.jpg

8 ASTERIX CHEZ LES BRETONS.jpg

9 ASTERIX ET LES NORMANDS.jpg

10 ASTERIX LEGIONNAIRE.jpg

11 LE BOUCLIER ARVERNE.jpg

12 ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES.jpg

13 ASTERIX ET LE CHAUDRON.jpg

14 ASTERIX EN HISPANIE.jpg

15 LA ZIZANIE.jpg

16 ASTERIX CHEZ LES HELVETES.jpg

17 LE DOMAINE DES DIEUX.jpg

18 LES LAURIERS DE CESAR.jpg

19 LE DEVIN.jpg

20 ASTERIX EN CORSE.jpg

21 LE CADEAU DE CESAR.jpg

22 LA GRANDE TRAVERSEE.jpg

23 OBELIX ET COMPAGNIE.jpg

24 ASTERIX CHEZ LES BELGES.jpg

Moralité, les Français savent quel usage il faut faire de la surpopulation des sangliers, sanglochons et autre cochongliers : il faut les MANGER.

Si possible rôtis, ... et ensemble.

****

J'aimerai diantrement être du festin quand tous les PERSONNELS DE SANTÉ pourront enfin souffler.

Juliette, tiens bon : le petit Macron vient de découvrir le monde, l'hôpital et sa basse réalité ! Il promet un PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR L'HÔPITAL. Il l'a dit, il l'a promis, il s'est engagé. On verra ce qu'il en sera dans la basse réalité !

mercredi, 25 mars 2020

ALBERT UDERZO N'EST PAS MORT ...

... SON ŒUVRE RESTE.

albert uderzo,rené goscinny,les aventures d'astérix,obélix,village gaulois,bande dessinée,éditions albert rené,éditions dargaud,astérix banquet final,le tour de gaule d'astérix

Les deux compères des Aventures d'Astérix (Astérix et la rentrée gauloise). Goscinny est mort le 5 novembre 1977.

On apprécie l'ambiance : vraiment "bretonne".

5 LE TOUR DE GAULE D'ASTERIX.jpg

Le banquet final du Tour de Gaule d'Astérix. Tout un programme, et ... de circonstance.

albert uderzo,rené goscinny,les aventures d'astérix,obélix,village gaulois,bande dessinée,éditions albert rené,éditions dargaud,astérix banquet final,le tour de gaule d'astérix

Les deux compères présentant Obélisc'h à l'équipe de Pilote. Ils l'ont rencontré alors qu'il se promenait, lui aussi, sur les quais d'un petit port breton. Il ne se sépare jamais de sa "chose en pierre" qui "prend la place de deux personnes". Un très ancien parchemin (ci-dessous) rappelle les armoiries, ainsi que la fière devise de sa très illustre lignée.

albert uderzo,rené goscinny,les aventures d'astérix,obélix,village gaulois,bande dessinée,éditions albert rené,éditions dargaud,astérix banquet final,le tour de gaule d'astérix

mercredi, 04 mars 2020

THELONIOUS MONK, L'UNIQUE

2020 HORVILLER PANNONICA.jpgJe viens de lire La Baronne du jazz (Steinkis, 2020), où Stéphane Tamaillon au scénario et Priscilla Horviller au dessin retracent l’existence hors du commun de la baronne Pannonica de Koenigswarter. Je savais depuis lurette ce que cette femme avait représenté pour le pianiste Thelonious Monk, dont elle a hébergé les dernières années avec un impeccable désintéressement.

J’ignore qui a eu l’idée de demander une préface au formidable Francis Marmande, qui fait l’honneur depuis longtemps au journal Le Monde d’écrire de temps en temps des chroniques constamment excellentes sur le jazz (la tauromachie semble avoir disparu de la ligne éditoriale). Le choix du préfacier est d’autant plus judicieux que Marmande sait parler du jazz de façon juteuse. Voilà un talent multicarte : professeur émérite, écrivain, contrebassiste, etc. J’apprends ici qu’en plus, il est pilote d’avion. Et qu’il vient de perdre sa mère (Le Monde, 29 février 2020). Mes condoléances, monsieur Marmande.

J’avoue que sans Thelonious Monk, mon intérêt pour la vie de la baronne serait beaucoup plus mince. Je garde essentiellement son rôle de bienfaitrice d’un musicien dont la vie quotidienne fut souvent épineuse pour son entourage. Oui, c’est une femme qui n’avait pas froid aux yeux, une femme de caractère, une femme libre surtout, mais en fin de compte peu importe. Son plus grand mérite à mes yeux est d’avoir été à la hauteur du génie de Thelonious Monk (et de quelques autres), qui opérait alors dans un domaine méprisé par beaucoup : le jazz. J’espère que la publication du volume est portée plus par l’intérêt pour la dame et le jazz que par la furieuse interrogation féministe du moment : « Mais dans quels placards l'histoire a-t-elle fourré les femmes ? ».

Martial Solal a beau affirmer (on trouve ça dans Ma Vie sur un tabouret, Actes Sud, 2008) que Thelonious Monk n’était pas un pianiste, je le tiens justement quant à moi pour un grand pianiste, mais qui avait ceci de particulier qu’il ne jouait que les notes qu’il entendait. Je n’ai rien à ajouter à la gloire de Martial Solal, sa virtuosité étant si étourdissante que beaucoup d’amateurs attendent seulement de lui qu’il leur procure l’éblouissement à force de trouvailles nouvelles, de vélocité confondante et de ces multiples citations dont il truffe ses improvisations et que seuls les férus de jazz sont à même de repérer et d’apprécier. 

Mais ce qu’il dit de Monk me semble carrément injuste. Dans un papier du Monde (24 avril 1996), Francis Marmande l’écrit, s’attardant sur le fait que les mains du pianiste étaient surchargées de grosses bagouses (qu’il n’a pas toujours portées, les photos en font foi) apparemment encombrantes : « Or Monk est très net sur cette question : il dit de ses bagues qu’elles le protégeaient de la virtuosité ». C’est peut-être une boutade, mais c'est une réponse anticipée au coup bas de Martial Solal. La virtuosité n'est pas le Graal ultime des amateurs de jazz (je pense à Good Bye Porkpie Hat, chef d'œuvre de Charles Mingus dédié à Lester Young).

002.jpg

Visez les bagues. Et notez la forme des doigts sur le clavier, conforme à la vérité.

C’est donc à cause de Thelonious Monk que je suis heureux de pouvoir lire le récit en bande dessinée de la vie de Pannonica de Koenigswarter. C’est le prétexte qu’il me fallait pour évoquer ici cette figure centrale de la musique du vingtième siècle, tous genres confondus. Pour ce qui est du piano, je le place dans le digne voisinage du Olivier Messiaen des Vingt regards sur l’enfant Jésus et du Catalogue d’oiseaux (en pensant aux oiseaux de Messiaen, j'entends Trinkle Tinkle).

Sa figure sociale occulte parfois sa musique : son goût pour les chapeaux les plus extravagants, qui l’a fait surnommer « The mad hatter » (le chapelier fou), ses « excentricités » sur scène, lorsqu’il se levait pour faire le tour du piano ou se lançait dans une « danse de l’ours », mais surtout l’extraordinaire mutisme musical qui a frappé toutes les dernières années, celles qu’il a passées chez la baronne Pannonica, tout cela entoure sa personne d’une aura d’étrangeté qui fait que les gens superficiels oublient de l’écouter.

1971 BLACK LION 1.jpg

Le "chapeau chinois" des sublimes séances Black Lion à Londres en 1971.

Thelonious Monk n’est certes pas un pianiste comme les autres. En dehors de ses « bizarreries » existentielles, il fut en effet un prodigieux compositeur de thèmes. Alors c’est sûr, des mélodies biscornues, difficiles, cahoteuses, avec plein de cailloux dans la hotte, de surprises dans la trajectoire, de hoquets dans la déglutition. Francis Marmande : « La musique de Monk ne fait aucun cadeau. Elle est sèche, riche, impensable, on n'en voit que l'iceberg » (Le Monde, 21 mars 1988). La partie immergée de l'iceberg, ce sont toutes les notes que Monk ne joue pas, et qui rendent fous ceux qui veulent jouer sa musique. La musique que joue Thelonious Monk est une musique exclusivement nécessaire.

S’agissant de l’invention mélodique du musicien, je me contenterai de reprendre les mots de son fils (« Tootie ») dans son livre Thelonious Sphere Monk, cité par Ponzio et Postif dans Blue Monk (Actes Sud, 1995). Le contexte : Monk a passé toute sa journée au piano, à ressasser Between the Devil and the Deep Blue Sea, chanson de 1931 ou 1932, devenue un classique – on dit « un standard »), puis se rend au club où il joue : « Alors il arrive au club, il s’assied au piano et commence Between the Devil and the Deep Blue Sea. Rouse [le saxophoniste de Monk] et les autres réalisent qu’il va se passer quelque chose d’extraordinaire. Et ce qui se passe, c’est que Thelonious joue Between the Devil … pendant à peu près quarante minutes d’affilée. Or c’est une petite chose qui doit faire vingt-quatre mesures et il le joue pendant presque trois quarts d’heure sans jamais se répéter. On aurait pu entendre une mouche voler. C’est ce soir-là que j’ai réalisé ce que c’est qu’un génie de la musique : il prend une petite mélodie et il la tord. Chaque fois qu’il la courbe dans un sens, on se dit ça y est, il ne peut pas faire mieux : il la fait ronde, il la fait carrée, il la met en hélice, il la rentre dans un pas de vis, il la met dans une toute petite boîte, il l’étale dans l’espace … et chaque fois, il reprend au début et il la joue d’une façon encore différente » (p.319). C’est son père, certes, mais il a quand même de bonnes oreilles.

Quant à la stratégie harmonique de ces morceaux, je n’aventurerai pas un orteil sur le terrain de la simple description : d’autres, bien plus savants que moi, s’y sont essayés avec plus ou moins de bonheur, s’ils ne s’y sont pas cassé les dents. Je me rappelle une remarque faite par un certain Michel Perrin, auteur d’une histoire du jazz dans le Livre de Poche que j’avais lue il y a fort longtemps. Imprégné de jazz New Orleans, de jazz Chicago, d’Ellington et de « swing », il faisait ce reproche à Monk : « Quand vas-tu la trouver, ta trouvaille ? » (je cite de mémoire, mais c’est vraiment ce jeu-là sur ces mots-là).

Combien de thèmes le jazz (je devrais dire la musique) doit-il à Thelonious Monk ? Si je fais le tour des CD qui sont sur mes rayons (une trentaine), j’arrive à une soixantaine de titres, une fois défalqués doublons, reprises et prises alternatives. J'ajoute les hommages de quelques "pointures" (Larry Gales, Paul Motian, Ran Blake, Tommy Flanagan, ...). Je n’ai donc pas tout, mais ce n’est pas si loin que ça de ceux dûment répertoriés par Yves Buin dans son Thelonious Monk (je l’ai dans l’édition du Castor Astral, 2002), qui en compte 71 (+1) ou par Ponzio et Postif dans leur Blue Monk (Actes Sud, 1995), qui poussent jusqu’à 81.

musique,jazz,thelonious monk,stéphane tamaillon,priscilla horviller,éditions steinkis,la baronne du jazz,pannonica de koenigswarter,francis marmande,journal le monde,martial solal,ma vie sur un tabouret,messiaen,vingt regards sur l'enfant jésus,messiaen catalogue d'oiseaux,thelonious monk black lion,thelonious sphere monk,ponzio postif,yves buin,blue monk,between the devil and the deep blue sea,jazz new orleans,duke ellington,jazz swing,larry gales,paul motian,ran blake,tommy flanagan

musique,jazz,thelonious monk,stéphane tamaillon,priscilla horviller,éditions steinkis,la baronne du jazz,pannonica de koenigswarter,francis marmande,journal le monde,martial solal,ma vie sur un tabouret,messiaen,vingt regards sur l'enfant jésus,messiaen catalogue d'oiseaux,thelonious monk black lion,thelonious sphere monk,ponzio postif,yves buin,blue monk,between the devil and the deep blue sea,jazz new orleans,duke ellington,jazz swing,larry gales,paul motian,ran blake,tommy flanagan

Quels thèmes préférer ? Bouteille à l’encre, messieurs-dames. Il faut évidemment citer Pannonica, dédié à la baronne, Crepuscule with Nellie (Nellie est l'épouse de Thelonious), 'Round about midnight, le plus connu, Trinkle tinkle, Eronel, ... Le principal, quand on écoute le piano de Thelonious Monk, c'est qu'on entre dans un univers, un univers cohérent, dont tous les éléments découlent d'un principe central qui reste mystérieux : appelons ça l'inspiration du compositeur. Pour moi, ce sont des mélodies qui me sont entrées dans l’oreille interne, dans les vaisseaux du cœur et du cerveau, et jusque dans les boyaux de la tête. J’avoue que, hormis quelques pièces qui courent les émissions de jazz et les rétrospectives, j’ai parfois du mal à replacer le bon titre sur le bon morceau : je n’ai pas la tête à ça. Ce que je peux dire, c’est que j’entends dans la seconde les doigts de Thelonious Monk quand un « média » a la bonne idée de le programmer. Il y a des témoins.


3'54"

Pannonica, le morceau baptisé du prénom de l'admiratrice fervente de la musique de Thelonious Monk (version piano solo).

Beaucoup de pianistes se sont essayés à la technique harmonique de Thelonious Monk. Je le dis sans crainte d’être contredit : Thelonious Monk n’a pas d’imitateur. Pour jouer Monk, « il faut des pointures qui ont joué avec Monk, des humbles qui en savent l'esprit, qui savent encore un peu de celui du jazz » (Francis Marmande, Le Monde, 21 mars 1988). Monk ne saurait être imité : la musique qu’il produit est exclusivement celle qu’il entend dans sa tête, celle qu’il veut entendre, ce qui veut dire faire entendre. Il se moque de tout le reste : quelles notes enlève-t-il pour que ça ne ressemble à rien d'autre ? Personne n’est entré dans cette tête énigmatique. Elle a fait son boulot sur la Terre en produisant la musique qu’elle recelait : n’en demandez pas plus. Et puis un jour, elle s’est arrêtée de produire : elle était vide (c’est mon idée : Monk avait tout donné, rincé jusqu’au trognon sec). Il reste que ce grand Monsieur a donné à l’humanité infiniment plus que celle-ci ne lui a rendu.


9'04"

Le même avec en plus Charlie Rouse (saxo), Larry Gales (basse) et Ben Riley (batterie), les compagnons de route.

Alors la BD sur Pannonica de Koenigswarter (1913-1988), à présent ? Elle est intéressante : le personnage vaut le détour. Il faut du culot en effet pour naître dans une famille protégée des aléas de la vie par le mur de la fortune, et ne s’intéresser qu’à ce qui n’est pas convenu. Par bien des côtés, elle n’était pas « comme-il-faut ». En particulier, elle est tombée assez tôt dans cette musique inventée par les descendants des esclaves noirs aux Etats-Unis, cette musique qui s’est appelée le jazz. Pour une "lady", ça fait tout de suite mauvais genre.

Dans ce livre qu’on pourrait qualifier de « biopic », le scénario de Stéphane Tamaillon rend justice à l’excentricité du personnage, soulignant son goût de l’aventure et son mépris du qu’en-dira-t-on, qui font qu’elle a du mal à se faire à son statut de mère et de « Dame de la Haute », qui a, du fait de son mariage avec le baron de Koenigswarter, quatre-vingts personnes à son service, dont elle ne connaît même pas la moitié.

WADDESDON CHÂTEAU.jpg

La chaumière natale de Pannonica (Waddesdon).

On assiste à la montée de l’antisémitisme, aux menaces de plus en plus grandes qui pèsent sur la paix mondiale. La famille subit les événements de plein fouet, mais s’installe à New York, là précisément où bat le cœur du jazz. La séparation des époux interviendra, comme si la vie délivrait enfin à la baronne l’autorisation de se livrer pleinement à ce qu’elle préfère : la musique extraordinaire que produisent ces êtres à part que sont les musiciens noirs.

musique,jazz,thelonious monk,stéphane tamaillon,priscilla horviller,éditions steinkis,la baronne du jazz,pannonica de koenigswarter,francis marmande,journal le monde,martial solal,ma vie sur un tabouret,messiaen,vingt regards sur l'enfant jésus,messiaen catalogue d'oiseaux,thelonious monk black lion,thelonious sphere monk,ponzio postif,yves buin,blue monk,between the devil and the deep blue sea,jazz new orleans,duke ellington,jazz swing,larry gales,paul motian,ran blake,tommy flanagan

La baronne Pannonica de Koenigswarter à côté du grand homme (photo publiée dans le livre d'Yves Buin, Castor astral, 2002).

C’est chez elle que meurt brutalement le saxophoniste Charlie Parker : il me semble que Clint Eastwood inclut la scène dans Bird, le film qu’il a consacré au musicien mort à trente-cinq ans. Et c’est chez elle que se réfugie Thelonious Monk, pour vivre les années qu’il lui reste à vivre. Chez elle, où il cessera un jour carrément de toucher au piano. Dialogue : « Tu n’en as pas assez de passer tes journées à dormir ou à regarder voler les pigeons, Thelonious ? – Que veux-tu que je fasse d’autre ? – Jouer du piano ? – Non, je n’ai plus envie. » Cet échange proposé par Stéphane Tamaillon est plausible. J’avais lu ailleurs que Thelonious Monk passait au milieu de sa chambre ou du salon des heures debout immobile.

Quant au dessin de Priscilla Horviller, même si je ne raffole pas de ce style personnellement, je dois reconnaître la grande probité du trait, qui n’en rajoute pas dans les effets : des pages sobres et qui vont à l’essentiel. A tort ou à raison, je perçois de la féminité dans l’approche. Et je me permettrai un reproche, dans les expressions des visages, visiblement marquées par l’influence japonaise des mangas, ce qui aurait plutôt tendance à m’horripiler : la grimace m'indispose. Mais il y a de vraies belles images qui font oublier ce détail.

P140.jpg

Un beau dessin : Thelonious Monk, perdu en lui-même, muet, il a tout dit : il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé.

Quoi qu’il en soit, merci aux auteurs pour l’excellent moment que je viens de passer en compagnie de l'un des quelques musiciens qui occupent le sommet de mon panthéon musical.

musique,jazz,thelonious monk,stéphane tamaillon,priscilla horviller,éditions steinkis,la baronne du jazz,pannonica de koenigswarter,francis marmande,journal le monde,martial solal,ma vie sur un tabouret,messiaen,vingt regards sur l'enfant jésus,messiaen catalogue d'oiseaux,thelonious monk black lion,thelonious sphere monk,ponzio postif,yves buin,blue monk,between the devil and the deep blue sea,jazz new orleans,duke ellington,jazz swing,larry gales,paul motian,ran blake,tommy flanagan

Voilà ce que je dis, moi.

dimanche, 23 février 2020

L’ŒIL ET LA MAIN DE REISER

TOUT UN MONDE SANS PAROLES

1979 04 HK211 1.jpg

1979 04 HK211 2.jpg

1979 04 HK211 3.jpg

1979 04 HK211 4.jpg

Pas besoin de paroles, en effet : on a tout compris.

*****

Dans Hara Kiri n°211, avril 1979.

samedi, 22 février 2020

LE GÉBÉ DE L'ÂGE DU FER

DES HISTOIRES TOUTES SIMPLES

Dans sa série intitulée L'Âge du fer, Gébé met en scène une autre de ses hantises.

Dans la page ci-dessous, l'histoire est toute simple : un homme part pour la campagne pour y cueillir quelques fleurs, puis rentre chez lui pour mettre le bouquet dans un pot..

1976 08 HK179 GEBE FER 0.jpg

1976 08 HK179 GEBE FER 1.jpg

1976 08 HK179 GEBE.jpg

*****************************

Dans la page ci-dessous, l'histoire est également d'une grande simplicité : on voit un oiseau sur sa branche. Il lâche une crotte qui tombe sur le chapeau d'un homme assis au pied de l'arbre. L'homme se lève, secoue l'arbre en faisant du bruit, ce qui fait s'envoler l'oiseau.

1975 05 OISEAU 1.jpg

1975 05 OISEAU 2.jpg

1975 05 OISEAU 3.jpg

1975 05 OISEAU 4.jpg

1975 05 OISEAU 5.jpg

Oui, vraiment, pour Gébé, une autre réalité est possible. 

***

Pages parues en 1975 dans Hara Kiri mensuel.

vendredi, 21 février 2020

LE GÉBÉ DE BERCK

Gébé (1929-2004, Georges Blondeaux à l'état-civil) est un génie, mais un génie difficile, un génie à part. Il le savait, mais il s'en foutait. La preuve, c'est qu'il a publié un volume intitulé "Il est trop intellectuel" (Editions du Square, 1972). Mais ce n'était pas un "intellectuel". C'était juste un artiste qui exposait en images ses inquiétudes métaphysiques. Personne plus que lui ne fut préoccupé du sens de la vie, et même, disons-le, du sens que nos sociétés marchandes et industrielles prétendent donner à nos vies. Non, Gébé n'était pas un intellectuel : par les images qu'il faisait naître, il savait donner un corps à ses interrogations.

C'est ainsi qu'il donne un jour naissance à une créature immonde, infiniment plastique et qui reste une énigme insondable quant à sa signification : BERCK. On peut se demander si le personnage n'est pas pour Gébé un simple moyen pour engendrer, grâce à un trait impeccable, des images fortes qui soient autant d'atteintes à notre réalité ordinaire : faire surgir, au cœur de la banalité quotidienne, une sorte de folie qui pose une vraie question au sujet de la façon dont nous vivons. Pour nous dire peut-être que, à côté de nos lassitudes et de nos routines, toutes sortes d'autres réalités sont possibles.

Pour l'auteur de L'An 01, à tout moment, il convient de s'attendre à tout, parce que, à tout moment, une autre réalité est possible.

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

Notez la chèvre.

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

Notez la chèvre.

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

bande dessinée,charlie hebdo,humour,gébé,hara kiri,éditions du square,georges blondeaux,il est trop intellectuel

Double page parue dans le mensuel Hara Kiri n°127, en avril 1972.

vendredi, 14 février 2020

CLAIRE BRETÉCHER

bande dessinée,claire bretécher,revue pilote,humour,bd

Pour moi, le grand oeuvre de Claire Bretécher se trouve dans Les Frustrés. Ci-dessous une planche intitulée La Bohême, où l'avachissement physique et moral du "Bobo" se lit sans peine.

bande dessinée,claire bretécher,revue pilote,humour,bd,gotlib,mandryka,l'écho des savanes

N25 BRETECHER JUILLET 1976.jpg

N°25 de Pilote, juillet 1976.

Je n'oublie pas que Bretécher a fondé L'Echo des savanes en compagnie de Gotlib et Mandryka. Ci-dessous, les trois fondateurs dans un petit roman-photos où les deux hommes se disputent les faveurs de la femme. Peine perdue : c'est un troisième larron (Gébé) qui emportera la jolie proie.

bande dessinée,claire bretécher,revue pilote,humour,bd

Ci-dessous, quelques vignettes d'un "hommage" (aux petits oignons) de Gotlib à sa complice : "l'intervieweur" interroge la dessinatrice sur ses goûts cinématographiques.

bande dessinée,claire bretécher,revue pilote,humour,bd

bande dessinée,claire bretécher,revue pilote,humour,bd

Ci-dessus, observer le "lancement" des deux lentilles de contact.

bande dessinée,claire bretécher,revue pilote,humour,bd

bande dessinée,claire bretécher,revue pilote,humour,bd

J'ai appris incidemment que cette femme issue de la bonne bourgeoisie nantaise avait épousé l'immense constitutionnaliste Guy Carcassonne.

jeudi, 13 février 2020

LES AILES DU NEZ

bande dessinée,charlie mensuel,roland topor,les ailes du nez

Dessin de Roland Topor pour la couverture de Charlie Mensuel n°147 (avril 1981).

mardi, 28 janvier 2020

2020 : LE FRANÇAIS VU PAR WOLINSKI

Petit florilège de répliques venues semaine après semaine sous la plume du grand Georges Wolinski, cueillies dans Charlie Hebdo.

1973 09 03 WOLINSKI 2.jpg

3 septembre 1973

1972 03 13 WOLINSKI.jpg

13 mars 1972

1972 05 01 WOLINSKI.jpg

1 mai 1972

1972 06 19 WOLINSKI.jpg

19 juin 1972

1973 04 23 WOLINSKI 1.jpg

Une phrase qui n'a l'air de rien, mais ... la suite ci-dessous.

1973 04 23 WOLINSKI 2.jpg

23 avril 1973

1973 09 03 WOLINSKI 1.jpg

3 septembre 1973

1974 01 14 WOLINSKI.jpg

14 janvier 1974

dimanche, 26 janvier 2020

2020 : ALSACE TOUJOURS RACISTE ?

1973 09 10 CABU 12.jpg

Il paraît qu'en Alsace, le vote Front National (pardon : Rassemblement) se maintient à des taux inquiétants. Si c'est vrai, ce que je n'ai pas songé à vérifier, je dirai juste que ce n'est pas d'hier. Je me réfère pour cela à un reportage effectué par Cabu dans la capitale alsacienne en 1973 et publié dans le n°147 de Charlie Hebdo, le 10 septembre. Je connais quelques personnes, entre Mulhouse et Wissembourg, qui se sentiront atteintes dans leur honneur en retrouvant cette ambiance désagréable où les opinions sont trop tranchées pour refléter la réalité du terrain. Cabu tire tout vers la caricature, c'est entendu, et son Maghrébin ressemble trop à l'agneau sacrificiel : il subit les regard méprisants, il est jeté par la fenêtre, le tavernier aurait voulu lui faire traverser le Rhin en jouant aux boules, etc. C'est la faiblesse de l'exaltation partisane : on devient soi-même une caricature. Ce n'est pas une des meilleures pages de Cabu, mais j'en parle parce que ça risque de parler aussi à quelques personnes que je connais par là-bas. Là encore, je demande : qu'est-ce qui a changé, en bientôt cinquante ans ?

1

1973 09 10 CABU 1.jpg

2

1973 09 10 CABU 2.jpg

3

1973 09 10 CABU 3.jpg

4

1973 09 10 CABU 4.jpg

5

1973 09 10 CABU 5.jpg

6

1973 09 10 CABU 6.jpg

7

1973 09 10 CABU 7.jpg

8

1973 09 10 CABU 8.jpg

9

1973 09 10 CABU 10.jpg

10

1973 09 10 CABU 11.jpg

Même Duduche dégueule sa choucroute : c'est sûr, Cabu exagère. Je ne suis pas sûr de l'impartialité du reporter, je suis même sûr du contraire. Il se fera pardonner en donnant quelques années plus tard une autre image de la ville, en mettant au centre de son reportage le désormais incontournable Roger Siffer.

samedi, 25 janvier 2020

2020 : UN PATRONAT MODERNE !

Cavanna le dit dans Bête et méchant : c'est dans Hara Kiri (puis Charlie Hebdo) que Cabu, Gébé, Reiser et Wolinski ont inventé une nouvelle forme de reportage (ou de pamphlet, ou ce qu'on voudra). Il appelle cette forme le « récit dessiné ». Une forme qui tient de la bande dessinée, mais délivrée de l'obligation du découpage en cases (vignettes) nettement délimitées.

« "Mon papa", pour Reiser, marquait encore une autre étape. Celle du passage du dessin unique, du classique "dessin-gag", avec ou sans légende, à la suite de dessins racontant une histoire. Pas vraiment la bande dessinée avec ses cases, ses bulles et son découpage-cinéma, mais quelque chose de beaucoup plus leste, de beaucoup plus enlevé, et qui devint vite le genre maison. C'était, si l'on veut, une écriture dessinée, apparemment bâclée comme un croquis – apparemment ! – et terriblement efficace. Gébé y excella, Cabu en fit un outil de reportage où dessins et texte écrit à la main s'entremêlaient. Wolinski devait y trouver le terrain de son épanouissement » (Cavanna, Bête et méchant, Belfond, 1981, pp.207-208).

Il faut voir en effet les pages de ces gars-là : les lignes ne sont pas droites, les dessins se chevauchent, bref : c'est un joyeux bordel. Il n'en reste pas moins que leurs planches vont droit au but, et qu'elles ont plein de choses fortes à nous dire. Bien sûr, c'est inégal, il y a des coups de mou, mais dans l'ensemble, ces pages gardent une tenue de route absolument redoutable.

Le truc de Cabu, c'était le reportage : on ne compte plus les villes (Lille, Marseille, ....) ou les milieux (communauté de Taizé, d'Ardèche, ...) dans lesquels, sur ou sans invitation, il a pointé son nez, dardé son regard et promené son crayon sur son papier pour en rapporter des "impressions de voyage", jamais impartiales, souvent saisissantes, parfois impitoyables, toujours d'une précision chirurgicale quant aux trognes, aux lieux et aux problèmes.

charlie hebdo,hara kiri,cavanna,cavanna bête et méchant belfond,cabu,gébé,reiser,willem,wolinski,humour

Un fouillis ordonné.

Un aspect de la double page centrale de Cabu dans Charlie Hebdo du 30 juillet 1973 : la Côte d'Azur en général et Monaco en particulier. J'ai l'impression que les gros traits sont faits après-coup.

Celui de Wolinski n'a rien à voir : qu'il dessine deux bonshommes qui discutent à une table de café devant des petits verres, ou qu'il aborde toutes sortes de "questions de société", il développe des raisonnements complexes pour aboutir à des conclusions percutantes, mais après être passé par des mécanismes retors dans des logiques scabreuses, mais lumineuses.

Le syllogisme est souvent mis à mal : majeure en biais, mineure douteuse, conclusion à l'avenant. Wolinski était l'acrobate du paradoxe et maniait à la perfection l'art de glisser une peau de banane dans la machine bien huilée des langues de bois qu'il retournait comme un gant. Quant à son dessin, les esthètes auront beau dire que c'est n'importe quoi, le lecteur saisit d'emblée le message grâce à l'expressivité du trait. On n'en demande pas plus.

Aujourd'hui, le propos d'un haut représentant du patronat qui n'a rien perdu de ses parties (et réparties) saillantes (Charlie Hebdo, 30 avril 1973). Attention, il faut suivre (chemin de quoi en douze stations).

1

1973 04 30 WOLINSKI 1.jpg

2

1973 04 30 WOLINSKI 2.jpg

3

1973 04 30 WOLINSKI 3.jpg

4

1973 04 30 WOLINSKI 4.jpg

5

1973 04 30 WOLINSKI 5.jpg

6

1973 04 30 WOLINSKI 6.jpg

7

1973 04 30 WOLINSKI 7.jpg

8

1973 04 30 WOLINSKI 8.jpg

9

1973 04 30 WOLINSKI 9.jpg

10

1973 04 30 WOLINSKI 10.jpg

11

1973 04 30 WOLINSKI 11.jpg

12

1973 04 30 WOLINSKI 12.jpg

Voilà le travail de Wolinski en confesseur. Wolinski était tellement retors qu'il était capable de reproduire avec la plus grande exactitude le raisonnement secret du patronat le plus pourri, mais pour mieux lui faire cracher le gros mensonge véhiculé par la langue de bois qu'il parle quand il est en public. Il avait tout compris.

Et à bien y réfléchir, qu'est-ce qui a changé ?

vendredi, 24 janvier 2020

2020 : NI RICHESSE, NI JUSTICE !

La richesse, c'est pour les riches. Les autres, ils peuvent crever : 2153 milliardaires possèdent autant que 60% des humains (rapport Oxfam).

1973 02 05 WOLINSKI 1.jpg

1973 02 05 WOLINSKI 2.jpg

1973 02 05 WOLINSKI 3.jpg

Ci-dessus les trois vignettes qui concluent un de ces raisonnements percutants quoique méticuleusement tarabiscotés dont Wolinski détenait le secret en quasi-exclusivité. La page a été publiée le 5 février 1973 dans Charlie Hebdo. Beaucoup de gens pouvaient à l'époque espérer améliorer leurs conditions de vie. Quand on relit ça aujourd'hui, on se dit que non seulement les conditions de vie qu'on nous annonce pour l'avenir ne vont certainement pas aller en s'améliorant, mais que de plus en plus de gens sont en train de comprendre que "la justice sociale" dont parle le petit Pompidou de Wolinski apparaît sous les traits d'une pauvresse qui se fait détrousser comme au coin d'un bois : « Croyez-moi, quand on est riche, on se fout bien de la justice sociale ! ». 

Meilleurs vœux, hein ! Et bonne année, hein ! Et surtout la santé, hein, parce que la santé ...

jeudi, 23 janvier 2020

2020 : ENCORE DES GILETS JAUNES ?

1972 09 25 GEBE 1.jpg

1972 09 25 GEBE 2.jpg

Deux vignettes concluant une planche parue le 25 septembre 1972 dans Charlie Hebdo. Deux vignettes qui devraient rendre pessimistes toutes les populations qui, descendues récemment, par colère et en masse, dans les rues de leurs pays (Algérie, Tunisie, Liban, Hong Kong, ............), réclament un "changement de système" en exigeant le départ de tous les pourris qui les dirigent. Ce n'est pourtant pas d'hier que tout le monde sait que "le pouvoir corrompt".

Oui, je suis pessimiste.