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mardi, 22 octobre 2019

A LA BOUCHERIE ...

... PENDANT QUE MAMAN FAIT LES COURSES ...

A LA BOUCHERIE1.jpg

... A MOINS QUE CE NE SOIT LA NOUNOU ?

lundi, 21 octobre 2019

RUINES EN ISÈRE 2

A Frontonas, une autre bâtisse médiévale n'a pas eu la "chance" de croiser le regard perçant et conquérant de quelque audacieux entrepreneur, c'est le "château de Certeau". Quand on vient de Lyon, que ce soit par La Verpillière ou par la "route du Chaffard", on ne peut pas la manquer : à droite avant de s'engager dans la montée qui mène au centre du village.

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La vue est prise du nord : c'est la "route du Chaffard". Quand on vient de La Verpillière, la route passe entre le poteau électrique et la ruine.

On voit tout de suite que, pour les propriétaires, les vieilles pierres ont parfaitement le droit de vivre leur existence à part et de n'être dérangées par personne et sous aucun prétexte. Peu importe, ils ne manquent pas d'espace habitable, au vu des bâtiments existants, de leur surface visible, de leur diversité et du nombre des voitures. On peut parfaitement vivre sa vie à côté de témoignages de l'époque médiévale sans être habité par le démon de la reconstitution historique.

La partie médiévale, elle, est composée, face au sud, d'une grosse tour carrée (qu'on ne voit donc pas ci-dessus) où devaient vivre les maîtres des lieux (je n'en sais rien), flanquée de deux tours rondes, l'une au nord d'un beau diamètre, percée de belles fenêtres à meneaux, l'autre à l'ouest plus étroite. Un quatrième bâtiment, côté nord (au premier plan sur la photo ci-dessus), a dû être ajouté plus tardivement (je n'en sais fichtrement rien). Pour donner une autre image des lieux, voici le détail de la photo prise sur Gogol (sud en haut, nord en bas). On voit dans la muraille de la tour ronde l'échancrure destinée aux fenêtres.

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Je ne connais pas la date d'émission de la carte postale "Cim" du haut : sans doute la même époque (années 1960) que la précédente (voir 20 octobre).

CERTEAU 3.jpg

Mais j'ai trouvé sur l'internet, en plus d'une photo récente de la grosse tour ronde (ci-dessus : pendant la décrépitude, le délabrement continue, et ce n'est pas le lierre qui colmatera les fissures), une autre carte postale qui doit être beaucoup plus ancienne, puisque la grosse tour ronde et le corps de bâtiment qu'elle flanque sont encore coiffés d'un toit : je ne me rappelle pas les avoir vus ainsi, mais je peux me tromper. On remarque d'ailleurs que la tour a beau être ronde, elle porte un toit à quatre pentes, sans doute à cause de la difficulté de la surface à couvrir. Attention, la vue est prise du sud (face B des images précédentes).

CERTEAU 1 1.jpg

Un autre élément de cette dernière carte m'intéresse : l'aspect donné aux murs de pierre par le noir et blanc et par la définition offerte par sa parution sur l'internet. Du coup, l'image en prend une apparence picturale qui est loin de me déplaire, avec son camaïeu de gris fortement pixellisé (une "grisaille", quoi). On devrait pouvoir en tirer une gravure. C'est une idée, non ?

dimanche, 20 octobre 2019

RUINES EN ISÈRE 1

Le village de Frontonas, en Isère, est un village banal qui, comme tous les villages poussés à proximité de Lyon, dont la vie a été conditionnée, puis transformée, puis révolutionnée par l'évolution des conditions matérielles de la vie et, en particulier, par l'urbanisation véloce des campagnes.

FRONTONAS 2019.JPG

Pour donner une idée actuelle de l'occupation des sols (à comparer). L'église est en bas à gauche, le détail souligné ci-dessous est en haut à droite (point orange du restaurant).

Village essentiellement agricole du Nord-Dauphiné, où je ne comprenais pas le patois (dauphinois) du cher Léon Chemin et de Monsieur Curt quand ils étaient entre eux (quand s'y ajoutaient Fiol, Millon, Jas, Morel, Guicherd et toute la bande, j'étais en pays étranger). Désormais village dortoir : je crois bien qu'il reste deux ou trois exploitations agricoles, mais que les lotissements ont proliféré.

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Frontonas en Isère, avant 1963 (cachet de la Poste), avec localisation du détail ci-dessous.

Village où, chaque année, la foire aux dindes prenait possession de la "serve", petit étang en bordure de route vicinale, au-dessus duquel régnaient encore les murs branlants et les toits crevés d'un édifice médiéval qui appartenait, disait-on, à une vieille dame qui ne s'en souciait guère.

CH FERME FORTE.jpg

Détail de la carte postale ci-dessus, heureusement dotée d'une définition assez haute pour permettre le grossissement de la bâtisse médiévale dont il s'agit. A droite, les "cabanes à cochons" (à moins que ce ne fussent les "communs"), passablement ruinées elles aussi.

Au sommet de la butte, deux imposants corps de bâtiment rectangulaires reliés au fond par un corps de logis formaient un U enserrant une cour où un escalier en pierre menait sans doute à l'origine à l'étage de vie, et qui ouvrait au sud-ouest sur la campagne par une terrasse, avec quelques "cabanes à cochons" en contrebas. L'espace tout entier pouvait être périlleux.

1987 1 JANVIER PLAINE DE LA BOURBRE.jpg

Une vue sur le sud-ouest datant de 1987 : la plaine était autrefois couverte de peupliers et d'oseraies, avec quelques autres cultures. Tout fut peu à peu délogé par le maïs (avec quelques taches de colza).

Car c'était un incroyable lieu onirique où nous risquions de prendre, en toute liberté, d'après les adultes, de grosses pierres sur le crâne, des crocs de vipère dans les mollets ou des écorchures venimeuses aux clous rouillés qui dépassaient de portes qui ne fermaient plus (de magnifiques clous d'époque artistement forgés) et qui n'ouvraient sur rien. J'enrage de ne pas avoir promené quand il était encore temps mon appareil photo dans ces murs pour donner une idée des souvenirs que j'y ai accumulés.

CH FRONTONAS 38 9 CHÂTEAU.jpg

Un audacieux entrepreneur a vu un jour, de son regard perçant et conquérant, tout le parti potentiel que de généreux investissements pouvaient tirer de ces lieux abandonnés, promis à la lente agonie que connaissent toutes les vieilles pierres auxquelles plus personne ne pense. On peut dire qu'il n'a pas lésiné, et même qu'il a vu grand, ouvrant des chambres d'hôte, et surtout ajoutant en façade un restaurant aux lignes modernes. Que sont devenues les "cabanes à cochons" ?

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Photo prise en 2013.

Sans entrer dans la querelle (la pyramide de Ieo Ming Pei au Louvre à l'échelle de Clochemerle !), je dirai simplement qu'il m'est arrivé d'y manger une cuisine honorable et d'inspiration familière. La "serve", cette mare aux canards un peu vaste pour n'être qu'une simple mare (dans le temps, j'y ai vu quelques poules d'eau), a été clôturée : on ne sait jamais, avec tous ces enfants qui courent dans tous les sens (l'école n'est pas loin).

RUINES EN ISÈRE 1

Le village de Frontonas, en Isère, est un village banal qui, comme tous les villages poussés à proximité de Lyon, dont la vie a été conditionnée, puis transformée, puis révolutionnée par l'évolution des conditions matérielles de la vie et, en particulier, par l'urbanisation véloce des campagnes.

FRONTONAS 2019.JPG

Pour donner une idée actuelle de l'occupation des sols (à comparer). L'église est en bas à gauche, le détail souligné ci-dessous est en haut à droite (point orange du restaurant).

Village essentiellement agricole du Nord-Dauphiné, où je ne comprenais pas le patois (dauphinois) du cher Léon Chemin et de Monsieur Curt quand ils étaient entre eux (quand s'y ajoutaient Fiol, Millon, Jas, Morel, Guicherd et toute la bande, j'étais en pays étranger). Désormais village dortoir : je crois bien qu'il reste deux ou trois exploitations agricoles, mais que les lotissements ont proliféré.

1963.jpg

Frontonas en Isère, avant 1963 (cachet de la Poste), avec localisation du détail ci-dessous.

Village où, chaque année, la foire aux dindes prenait possession de la "serve", petit étang en bordure de route vicinale, au-dessus duquel régnaient encore les murs branlants et les toits crevés d'un édifice médiéval qui appartenait, disait-on, à une vieille dame qui ne s'en souciait guère.

CH FERME FORTE.jpg

Détail de la carte postale ci-dessus, heureusement dotée d'une définition assez haute pour permettre le grossissement de la bâtisse médiévale dont il s'agit. A droite, les "cabanes à cochons" (à moins que ce ne fussent les "communs"), passablement ruinées elles aussi.

Au sommet de la butte, deux imposants corps de bâtiment rectangulaires reliés au fond par un corps de logis formaient un U enserrant une cour où un escalier en pierre menait sans doute à l'origine à l'étage de vie, et qui ouvrait au sud-ouest sur la campagne par une terrasse, avec quelques "cabanes à cochons" en contrebas. L'espace tout entier pouvait être périlleux.

1987 1 JANVIER PLAINE DE LA BOURBRE.jpg

Une vue sur le sud-ouest datant de 1987 : la plaine était autrefois couverte de peupliers et d'oseraies, avec quelques autres cultures. Tout fut peu à peu délogé par le maïs (avec quelques taches de colza).

Car c'était un incroyable lieu onirique où nous risquions de prendre, en toute liberté, d'après les adultes, de grosses pierres sur le crâne, des crocs de vipère dans les mollets ou des écorchures venimeuses aux clous rouillés qui dépassaient de portes qui ne fermaient plus (de magnifiques clous d'époque artistement forgés) et qui n'ouvraient sur rien. J'enrage de ne pas avoir promené quand il était encore temps mon appareil photo dans ces murs pour donner une idée des souvenirs que j'y ai accumulés.

CH FRONTONAS 38 9 CHÂTEAU.jpg

Un audacieux entrepreneur a vu un jour, de son regard perçant et conquérant, tout le parti potentiel que de généreux investissements pouvaient tirer de ces lieux abandonnés, promis à la lente agonie que connaissent toutes les vieilles pierres auxquelles plus personne ne pense. On peut dire qu'il n'a pas lésiné, et même qu'il a vu grand, ouvrant des chambres d'hôte, et surtout ajoutant en façade un restaurant aux lignes modernes. Que sont devenues les "cabanes à cochons" ?

CH ST JULIEN.JPG

Photo prise en 2013.

Sans entrer dans la querelle (la pyramide de Ieo Ming Pei au Louvre à l'échelle de Clochemerle !), je dirai simplement qu'il m'est arrivé d'y manger une cuisine honorable et d'inspiration familière. La "serve", cette mare aux canards un peu vaste pour n'être qu'une simple mare (dans le temps, j'y ai vu quelques poules d'eau), a été clôturée : on ne sait jamais, avec tous ces enfants qui courent dans tous les sens (l'école n'est pas loin).

samedi, 19 octobre 2019

L'OMBRE DU CHIEN EN FAÏENCE ...

... SUR LE BOIS DE LA PORTE DE L'ARMOIRE.

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mardi, 15 octobre 2019

LA GARGOUILLE ET SON OMBRE

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samedi, 12 octobre 2019

CINQUANTE ANS APRES

1964 PONT PENTE EST CROIX ROUSSE.jpg

J'avais pris "dans les autres fois" (comme on ne dit plus guère à Lyon) cette photo des pentes "est" de la Croix-Rousse (c'est-à-dire côté Rhône), avec l'alors récent (1957) pont De-Lattre-de-Tassigny, grâce auquel les véhicules peuvent s'engouffrer dans le tunnel (dit "de la Croix-Rousse", ouvert en 1952 ; attention aux 50 km/h : le radar à la sortie est très riche) pour rejoindre les rives de Saône de l'autre côté de la colline.

En bas de la photo, on voit, à gauche, l'emprise de l'ouvrage, puis la désagréable place Louis-Chazette (avocat qui fut député, mais une "place" qui ressemble à tout, sauf à une place), avec l'ouverture de la montée Coquillat (Pierre-Jean, ouvrier tisseur qui fonda un théâtre populaire), puis le début du cours d'Herbouville (pair de France, préfet du Rhône ; "quai St-Clair" jusqu'au percement du tunnel de la Croix-Rousse) avec l'échancrure de la montée Bonafous (le donateur du terrain "à condition que son nom soit donné à la voie").

Au-dessus, l'admirable balcon de la rue des Fantasques (origine inconnue, lieu de mauvaise réputation en 1745 : « On nomme ce chemin ainsi parce que c'est un endroit fort écarté, servant de promenoir à des gens d'un caractère particulier, qui veulent éviter la compagnie »), trouée par les escaliers de la rue Grognard (négociant, bienfaiteur du Musée) à gauche et, à droite, par la minuscule rue Philibert-Delorme (l'architecte de François Ier).

Que voit-on encore sur la photo du haut ? Tout en haut à gauche, le haut immeuble (alors tout neuf) "Saint-Bernard" (détail ci-dessous, caché par les arbres sur la photo plus bas), ainsi nommé parce que bâti au-dessus de l'église du même nom, cette ancienne "paroisse des canuts", jamais achevée, et désormais promise à un destin commercial (!!!!).

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Aperçu satellitaire de l'ensemble (église et immeuble) "Saint-Bernard".

Toujours à propos de la photo du haut, à droite, les cinq immeubles de la place Bellevue, qui dominent un ancien édifice militaire, aujourd'hui reconverti (on voit ces deux mêmes édifices dans la trouée ci-dessous). Voilà donc ce qu'on voyait il y a plus ou moins un demi-siècle.

Et, ci-dessous, voilà ce qu'on voit aujourd'hui, quand on se place à peu près au même endroit de prise de vue. Je suis niaisement descendu de ma colline, par la montée du Boulevard et le bas de la montée Bonafous, dans l'intention idiote de prendre la même photo, cinquante ans après. Cruelle désillusion : je suis tombé sur l'insolence de feuillages nourris et l'effervescence de la végétation. Le pire, c'est que je le savais, pour m'être promené par là bien des fois. Pourquoi ai-je fait abstraction de cette réalité ? La faute, sans doute, à la photo du haut. Pour la photo "Avant/Après", c'était donc raté. Mais je me dis après tout qu'en dehors de l'exubérance végétale, rien n'a changé. Ah si, peut-être, la peinture des façades : c'est moins sombre.

1964 PONT P 29 09 2019.JPG

Sur le résultat, je ne me prononce pas : d'un côté, je déplore que l'aperçu sur les pentes soit désormais réservé aux propriétaires des quelques péniches résidentielles amarrées là, et confisqué au promeneur ordinaire ;

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Les péniches du quai de Serbie, entre le pont de Lattre (amont) et le pont Morand (aval).

de l'autre, je me félicite de ce que les édiles successifs de Lyon aient fait de la rive gauche du Rhône cette bande verdoyante où je peux venir marcher, trottiner, glisser, cycler, me secouer les puces ou faire crotter mon chien. J'y ai même vu un tremble qui, quoique forcément jeune, est déjà de dimension imposante. 

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Je ne cache pas qu'il m'en a rappelé un autre, mais combien plus majestueux et surtout tellement plus cher à mon cœur.

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Noter le buis bien taillé, les arbres fruitiers bien taillés, ...

Photo prise en 1960, de la colline, à Corbeyssieu : ça, c'est du tremble !

vendredi, 11 octobre 2019

UNE PHOTO QUI ME RAVIT

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Ces lignes et ces couleurs, ça me va. Bon, c'est vrai, il y a peut-être aussi des raisons plus personnelles que techniques.

Peu importent les lieux et le moment. Je me résous finalement à mettre un exemplaire en définition plus fine. Même moi, qui suis assez myope, j'étais déçu par le flou. Là, c'est un peu plus net. On pourrait faire mieux, mais.

mardi, 08 octobre 2019

FLEUR DE CRISTAL

 

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lundi, 07 octobre 2019

UN PEINTRE A LA CROIX-ROUSSE

NOUS AU VILLAGE AUSSI L'ON A ...

On le voit tous les jours ou presque, sur la place de la Croix-Rousse, exposer ses œuvres. Sur la toile ci-dessous, il signe « Ricket Menteur » (si je lis bien). C'est bien dessiné, quoique ce qu'il fait ne soit pas du "grand art" (disent les doctes en se rengorgeant comme des volailles mâles de basse-cour). Mais tellement d'autres font la même chose en beaucoup moins amusant ! Je trouve ça rigolo. Fallait y penser. Je me demande s'il ne lit pas Charlie Hebdo.

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Tout le monde a reconnu la citation ! Mais pour les autres, quand même, voici l'image passée dans le subconscient de la planète à force d'être vue et de se faire tordre dans tous les sens:

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On peut discuter de la lecture que fait le peintre de l'histoire des Beatles : je vois mal George Harrison (dernier derrière Paul) en coq (si c'en est un) de la basse-cour (et je ne suis probablement pas le seul : on connaît l'hégémonie du tandem – qui a fini en combat de coqs – "Lennon-McCartney" sur la production du groupe). L'idée reste marrante et sans trop de conséquences pour l'avenir des "Fab Four". Je croise les doigts : ça peut marcher, leur musique.

Bon, c'est vrai : je ne me suis pas porté acquéreur de la peinture.

Voilà ce que je dis, moi.

dimanche, 06 octobre 2019

PRÊT POUR LE RETOUR A LA BOUGIE

Du moins tant qu'il y aura du pétrole.

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De jour, elle est seulement en état de marche (pour la voir en marche, voir ci-dessous).

photographie,lampe à pétrole

De nuit, l'ambiance est plus chaleureuse. On lira plus à l'aise, non ?

photographie,lampe à pétrole

photographie,lampe à pétrole

Heuh ! Pas sûr, s'il n'y a pas un peu d'électricité dans les parages !

vendredi, 04 octobre 2019

L'AGENDA 1940 DU SGT J. CHAMBE

 

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J'ai évoqué ici (14 et 15 juillet 2019, et aussi un peu après) la guerre du sergent Jacques Chambe, devenu le colonel Jacques Wilson en 1945. J'en ai en particulier reproduit les mots qu'il a griffonnés jour après jour pendant les six premiers mois de l'année 1940 jusqu'à sa démobilisation le 15 juillet, après sa mobilisation comme pilote de chasse sur une base aérienne proche de Rennes.

J'ignore les circonstances concrètes qui ont transformé l'agenda ci-dessus en cette relique familiale que j'ai toujours vue dans la petite vitrine du salon : quoique son possesseur ne m'en ait jamais dit quoi que ce soit, j'imagine qu'il ne l'aurait pas ainsi exposée s'il ne l'avait pas revêtue d'un légitime motif de fierté. La seule chose qu'il m'a dite, c'est qu'il portait ce carnet dans la poche de poitrine de sa chemise au moment de la balle, et que.

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La balle de 9 mm a frappé le carnet en plein centre. On voit la chemise de cuivre qui enserre et blinde le plomb du projectile. A tort ou à raison et sans savoir vraiment pourquoi, je conserve pieusement cet objet. Non pas comme l'emblème d'un héroïsme passé – après tout hypothétique : je suis éloigné de : « Mon père, ce héros au sourire si doux » –, mais peut-être à cause même de ses ombres et de ses non-dits. Il ne me déplaît pas de ne pas être sûr (bien obligé, mais c'est quand même un alexandrin).

jeudi, 03 octobre 2019

MAO FENG

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mardi, 01 octobre 2019

PHOTOS SATELLITE ...

... DE LA LAMPE A PÉTROLE.

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Focus sur le réservoir.

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Focus sur le brûleur (ça change tout, non ?).

lundi, 30 septembre 2019

ALLEZ, JE ME LA JOUE BRASSAÏ !

PARIS LA NUIT ! BY NIGHT ! TOUT ÇA ! 

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Le scooter au poteau, dans la vitrine de l'école de danse.

dimanche, 29 septembre 2019

AUJOURD'HUI, LA CROIX-ROUSSE

Pour dire ce que c'était que le "village" de la Croix-Rousse il y a bien longtemps, il faut aujourd'hui un gros effort d'imagination. Je ne dis pas que "c'était mieux avant" (vous savez, cette antienne – dire ɑ̃tjɛn, seuls les ignorants prononcent comme "ancienne" – dont se gaussait le "philosophe" Michel Serres avant d'avaler son bulletin de naissance) : l'urbanisation de la "colline qui travaille" ne date pas d'hier.

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Vu du satellite, au nord la rue Hénon, au sud le Boulevard de la Croix-Rousse. A l'est la rue Belfort, à l'ouest la rue Philippe de Lassalle. Un beau quadrilatère.

Je ne ferai que survoler l'histoire à très haute altitude, mais enfin, c'était une urbanisation que je ne qualifierais pas de galopante, où dominait la maison individuelle, qui occupait les anciens champs, prés et cultures. On a donné à quelques rues les noms des propriétaires des terrains grignotés (Célu, Dumenge, Savaron, Pelletier, etc.).

En dehors des "immeubles de canuts", rares étaient les immeubles de grande hauteur : la Grande-rue de la Croix-Rousse, parmi d'autres, en témoigne.

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Grande rue de la Croix-Rousse, vue vers l'ouest. Franchement, est-ce que vous avez l'impression d'être dans une grande ville ?

Rares aussi étaient les immeubles "bourgeois" en classique pierre de taille : en dehors du boulevard, j'en vois bien un au début de la rue Chariot d'Or, peut-être quelques autres ici ou là, mais c'est tout.

Une bonne partie de la rue du Mail a été construite en pisé, comme l'a montré la mésaventure arrivée au "petit Casino" qui jouxtait un immeuble qui a failli s'effondrer, par négligence du propriétaire voisin, qui n'avait fini par faire le nécessaire pour empêcher le pisé de "fondre" aux intempéries que lorsque la mairie avait pris un arrêté de péril. Le "petit Casino" a décampé, remplacé par des vélos électriques après consolidation, mais l'immeuble amoché ne ressemble toujours à rien.

Tout ça pour dire qu'il existe encore aujourd'hui un grand nombre de maisons individuelles sur le plateau de la Croix-Rousse, et bien souvent sans que quiconque s'en doute s'il n'habite pas le quartier et s'il ne s'intéresse pas à la question. Il suffit de survoler celui-ci en satellite, muni d'un bon appareil photo, pour s'en rendre compte. On voit en effet, au sein même des îlots d'habitation, bien protégé des regards indiscrets par les immeubles sur rue, un enchevêtrement invraisemblable de petites constructions.

Le plus caractéristique de ces îlots est formé par le quadrilatère dessiné par les rues Pailleron, du Mail, du Chariot d'Or et de la Croix-Rousse.

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Vue vers l'est, le sud est à droite. Sur la rue, des rez-de-chaussée et deux étages : les dimensions restent humaines. 

A cause du rectangle excessivement long et étroit de l'îlot, j'ai retranché la partie nord jusqu'à la rue Pailleron (vers la gauche ici), mais je trouve que le salmigondis de petites maisons imbriquées les unes dans les autres est assez parlant par rapport au fond d'immeubles de plus grande hauteur qui donnent, de l'autre côté, sur la rue du Mail. J'imagine la complexité de certains accès et le lacis bien serré des « servitudes de passage » légales. Je signale en passant que c'est à peu près sur ce modèle qu'était bâtie la montée de la Grande-Côte, impitoyablement rasée en je ne sais plus quelle année ténébreuse.

D'autres îlots caractéristiques : le rectangle vaguement trapézoïdal dessiné par les rues de la Croix-Rousse, Calas, de Cuire et Rosset.

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Le nord est en haut, et la verdure est bien cachée, sauf dans les deux créneaux sur la rue Calas, en bas.

Ou bien, plus au sud, celui que cernent les rues Croix-Rousse, Dumont, de Cuire et le clos Carret au nord.

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Là, qu'on m'excuse, j'ai mis le nord en bas pour avoir les immeubles hauts de la rue Dumont (voir aussi photo ci-dessous) bien au fond, pour faire apparaître d'abord la verdure, et puis le morcellement du terrain et la petite taille des maisons. J'attire l'attention sur la grosse maison isolée en haut à droite de l'image (voir plus bas).

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L'étrange rue Dumont, avec ses hauts immeubles à gauche et ce drôle d'alignement de maisons basses à droite.

Trois exemples (ce ne sont pas les seuls) qui montrent l'absolue spécificité de ce quartier, qui amène les Lyonnais de la Croix-Rousse à dire : « Je descends à Lyon » quand ils vont faire des courses dans la presqu'île, comme les gens de la campagne disent : « Je vais en ville » quand ils montent dans leur voiture pour se rendre à l'hypermarché. Je pense qu'on trouve peu de grandes villes en France où les choses se passent ainsi.

Un détail cependant me chagrine et me fait douter que l'avenir préservera cette particularité : on voit distinctement, en haut à droite de la photo du troisième îlot, une maison de belle taille qui ouvre sur la rue de Cuire par un espace vert et trois bâtisses de petite taille.

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La photo, ici, est orientée vers l'est (rue de Cuire en bas, sud à droite). Il semble que les trois bâtisses, mais aussi la maison, mais aussi le terrain, étaient inoccupés depuis lurette. Je ne sais quel conflit a peut-être fait durer les choses.

Cette photo ne rend absolument pas compte de ce qui s'y passe depuis plus d'un an : la société Gogol ne dit pas de quand date l'image satellite, mais elle est visiblement très en retard sur la réalité, visible ci-dessous.

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De quoi colmater, sinon l'horizon, du moins une belle dent creuse. On aperçoit sur une autre photo un pignon de la grosse maison profondément modifiée. L'immeuble n'est pas tout à fait fini, mais il est là et bien là.

Autre dent creuse bientôt bouchée : juste en face de l'église Saint-Denis. Ci-dessous, la photo satellite, suivie d'une photo non ambiguë, photos captée (1) et prise (2) le 28 septembre à 16 h 41.

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J'aimerais bien que tout ça ne préfigure pas d'autres opérations immobilières destructrices. Je ne me fais cependant aucune illusion : s'il n'y a pas un plan de destruction d'ensemble, on assiste bien à un grignotage, sinon systématique, du moins attentif et opportuniste, pour aboutir avec le temps, je le crains, à un habitat enfin uniformisé, homogénéisé, standardisé et, dans le pire des cas, à la façon de "La Confluence". J'imagine fort bien les gourmandises aiguisées qui se penchent sur les photos satellite et le cadastre pour se partager le gâteau.

Je les imagine fort bien, impatients et voraces, en train de se dire que, quoi qu'il arrive, le temps travaille pour les "bâtisseurs".

La Croix-Rousse : un avenir lucratif.

Voilà ce que je dis, moi.

samedi, 28 septembre 2019

DEMAIN, LA CROIX-ROUSSE

Quelques opérations immobilières en cours sur le plateau de la Croix-Rousse.

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L'image Gogol (enregistrée le 25-09) est en retard.

Tenez, prenez les tennis (ci-dessus) de la rue Aimé Boussange (préparateur en pharmacie assassiné par la Gestapo en 1943 à l'Ecole de Santé militaire, dont on a donné le nom à l'ancienne rue de la Crèche) : une insulte aux exigences de profit. A quoi ils servaient, ces tennis ? Quoi ! quelques malheureux sportifs du soir ou du week end venaient s'ébattre sur des surfaces bien trop belles pour eux !? On va leur coller de beaux logements à 6.000 € le m² (je le sais de source sûre) !

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Etat des travaux au 24 janvier 2019. Une belle machine, pour dire qu'on n'est pas là pour plaisanter : on n'a pas de temps à perdre.

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Etat des travaux au 12 septembre (photo prise à peu près sous le même angle).

Quelques vieux arbres avaient le tort d'empiéter sur le périmètre à construire (se reporter à la photo satellite).

***

Et puis prenez l'espace informe au fond de l'impasse Gigodot, jusque-là défiguré par de minables  garages avec des toits en tôle ou en Eternit pour donner à quelques rares voitures de privilégiés des lits pour la nuit !

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Vu du ciel, le fond improductif et misérable de l'impasse Gigodot. Avant.

On va vous bâtir un splendide immeuble en gros moellons gris qui va vous colmater cette insupportable dent creuse ! Finie, la dolce vita ! Et le pire est à venir, vu le nombre des "dents creuses" qui attendent impatiemment d'être bouchées sur le plateau de la Croix-Rousse (je ferai peut-être un de ces jours un panorama des photos satellite du plateau Croix-Rousse où le vert domine, un vert le plus souvent "privé", et j'imagine que les promoteurs immobiliers en ont fait la carte précise depuis longtemps). 

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Vu de la rue Belfort. A gauche, c'était l'atelier et le magasin (pardon : la "galerie") du père Solman (voir ci-dessous). Juste à droite, hors-champ, il y a Le Canut et les Gones, restaurant à la cuisine un peu tarabiscotée (à mon goût, ça pète plus haut que).

Finie aussi, en l'occurrence, la "Galerie des arts disparus" (les successeurs ont tout viré sauf l'enseigne) du vieux père Solman, le magnifique maître verrier, bavard impénitent, avec ses éternelles lunettes de glacier pour ses yeux blessés, qui roulait à moto (enfin, plus beaucoup, je pense), qui veillait jalousement sur le four et l'atelier où il n'exerçait plus guère, et qui n'a jamais voulu me dire ce que signifiait le "J" de son prénom (Janos ?) : était-il slovène, croate, slave, hongrois ou autrichien ? Sans doute un peu de tout ça en même temps. C'était un beau propriétaire et une figure du quartier. Mais au prix où les m² ont été vendus quand il n'a plus été là, sa disparition n'a pas été perdue pour tout le monde !

Car ça ne suffit pas, l'installation de "bobos" dans les appartements laissés libres de trop loin en trop loin par le départ de vieux Croix-Roussiens qui ont le toupet de s'incruster dans la vie bien au-delà de leur date de péremption ! Bon, c'est vrai que les nouveaux arrivants, qui "ont les moyens", n'hésitent devant aucune dépense pour effectuer de coûteux travaux de rénovation et de mise au goût du jour, mais ça ne va pas assez vite : ce n'est pas comme ça qu'on transforme un quartier vieillot pour le faire entrer dans la modernité ! 

***

Perspective.

Tenez, prenez l’ancien collège Maurice-Scève, rue Thévenet, promis au plus bel avenir par l’admirable société Vinci, qui a élaboré pour les lieux un projet si mirifique qu’il a illico conquis les autorités compétentes et obtenu avals, visas, blancs-seings et cartes blanches. Elle y construira probablement des logements de pauvres à 6.000 € le m² (et plus si affinités). Elle a, selon la rumeur publique, généreusement accepté de partager l’espace avec la population, puisqu’un jardin devrait voir le jour pour le plus grand plaisir du public et des promeneurs qui pourront y jouir d’une vue imprenable sur l'Est, le Rhône, le parc de la Tête d’Or et la ville.

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Vu du ciel, je ne sais pas vous, mais moi, ce collège ne me donne pas envie.

Mais vous savez quoi ? Deux ou trois centaines de va-nu-pieds à la peau noire occupent indûment les lieux, soutenus par une poignée de gauchistes humanitaires ou chrétiens proclamant qu’ils résisteront encore et toujours à l’envahisseur, à ses bulldozers, à ses grues et à son béton. C'est insupportable. Et d'autant plus insupportable qu'ils prétendent agir au nom d’une cause infiniment plus noble, mais qui a le défaut rédhibitoire de non seulement ne rien rapporter à personne, mais de coûter cher en retards divers et de nuire au repos légitime des riverains, qui se plaignent du bruit, de l'amoncellement des poubelles et de diverses autres nuisances.

Allons, la Croix-Rousse est un quartier qui bouge ! Que dis-je, il bouge: il tremble sur ses bases. Un signe : les nouveaux commerces qui ont pris la place de ceux qui ont fermé (je ne fais que citer les premiers qui me viennent) : brunch, resto japonais, vélos électriques, "perles de jouvence", qi gong, sanaya spa, bars à chats, bar à bières, boutiques véganes, etc.

Que des choses dont je n'ai rien à f..aire ! Peut-être ai-je dépassé la date de péremption ?

Voilà ce que je dis, moi.

Note : le tribunal de Lyon vient d'autoriser les autorités à expulser les occupants du collège au 24 septembre 2020 (jugement du 24 septembre 2019).

vendredi, 27 septembre 2019

DEMAIN, LA CROIX-ROUSSE

J'ai déjà parlé de la transformation de la Croix-Rousse sous l'action dynamique de divers promoteurs immobiliers qui ont l'aventure (bétonneuse et financière) dans le sang : le bout de la rue Henri-Gorjus (ancien adjoint au maire de Lyon) est déjà tombé sous leurs coups. On n'aperçoit plus de la rue le terrain de sport, et tout un tas de "terrains vagues" et de petites maisons avec leur jardin ont rendu l'âme. Une bonne chose de faite : c'était un vrai gaspillage aux yeux de la loi de rentabilité. Terminé ! Rien ne vaut l'empilement et l'habitat collectif ! Pareil rue de Cuire. Pareil rue Linossier. Pareil rue Henri-Chevalier. Pareil rue du Mail. Pareil dans pas mal d'endroits, comme on le voit ci-dessous.

AVANT

Rue Dumont d'Urville. C'était la maison d'un avocat, Me Revellin. A voir les lieux, ce devait être un très bon avocat.

photographie,lyon,croix-rousse,squat collège maurice scève

Vue du ciel.

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Vue de la rue (quelqu'un d'attentionné a déjà coupé la vigne vierge à mi-hauteur, en prévision de la suite).

MAINTENANT

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Photo prise le 26 octobre 2017. Je ne connais pas le prix du m² au départ. Je note que la boîte aux lettres de la Poste, qui était bien pratique pour quelques vieux du quartier, n'a pas retrouvé sa place.

 

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AVANT

Cette fois, on est à l'angle rue Chariot d'or (en dessous)-rue Thévenet (à gauche). On observe la maison de maître, bien séparée de l'ancien atelier.

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Vu du ciel.

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Vu de la rue, après destruction de l'atelier, mais au moins, la maison de maître est conservée (même qu'il a fallu enfoncer à grand bruit un mur de palplanches avant de pouvoir creuser).

MAINTENANT

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La maison de maître, comme l'immeuble nouveau, en est aux finitions. On voit que toute sa lumière est bouffée par l'immeuble. Mais comme il n'y a plus de maîtres ...

La marche est inexorable : la Croix-Rousse finira par avoir un aspect socialement présentable : elle ressemblera alors définitivement à tous les "quartiers modernes", je veux dire évidemment "bien" architecturés, urbanistiquement "pensés" : le sort commun des quartiers modernes, faits pour habiter, pas pour y vivre. On se consolera peut-être en se disant que ça fait un sacré bail que le plateau de la Croix-Rousse, s'il l'a jamais été, a cessé d'être un "village". 

Demain, quelques opérations en cours.

jeudi, 26 septembre 2019

UNE "INSTITUTION" LYONNAISE

photographie,lyon,brasserie georges

La première fois que je suis entré dans la Brasserie Georges, je devais être âgé d'à peine plus d'une dizaine d'années, introduit par un oncle et en compagnie d'un cousin un tout petit peu plus jeune. Autant dire que je n'ai guère de souvenirs de ce jour, si ce n'est la plantureuse "omelette norvégienne" apportée au dessert, au moment où ni François ni moi n'avions encore "de la place". Nous avions été impressionnés par l'ambiance sonore tumultueuse qui faisait penser à un hall de gare.

Je me rappelle encore, plusieurs années plus tard, en conclusion d'un soir de 8 décembre (ce qui s'appelait autrefois Les Illuminations) passablement alcoolisé, où la bande de joyeux drilles inoffensifs à laquelle j'appartenais alors avait fait irruption dans la salle en vociférant : « Li-bé-rez Jean-Val-jean ! Li-bé-rez Jean-Val-jean ! ». Certes, nous avions de bonnes lectures. Je ne me rappelle pas toutes les occasions que j'ai eues ensuite de franchir les portes de cette étape inévitable sur le parcours de la gastronomie lyonnaise.

Depuis ces époques lointaines, la réputation culinaire de l'établissement a connu des hauts et des bas. Il semblerait que, depuis un nombre respectable d'années, la maison ait été reprise en main de façon énergique et efficace : malgré toutes les apparences de l'usine, le service est attentif et l'entrecôte d'excellente qualité est cuite exactement comme demandé (= bien saignante).

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Il faut de très bons yeux pour apercevoir les contours du buste du fondateur Georges Hoffherr, ci-dessus à droite, qui, posé sur son socle, accueille les convives à l'entrée de la gigantesque salle.

photographie,lyon,brasserie georges

La choucroute, une base inébranlable, pour ne pas dire la raison d'être de la maison.

photographie,lyon,brasserie georges

Les dames distinguées ne dédaignent pas de venir, à l'occasion, déguster le menu « escargots - tête de veau ravigote » (ici la tête de veau).

Seul bémol à la qualité de l'aventure : le cierge magique et la sempiternelle et stupide rengaine américaine serinée par le petit orgue de barbarie à chaque fois qu'un des innombrables convives s'avise de célébrer son anniversaire. Si encore la salle ne se sentait pas obligée d'applaudir (suscitant le dédain de la dame distinguée) ! Qui connaît encore la chansonnette bien française : « Bon anniversaire, nos vœux les plus sincères, que ces quelques fleurs vous apportent le bonheur, que l'année entière vous soit douce et légère, et que l'an fini, nous soyons tous réunis  » ? Chanté par deux cents bouches de mangeurs (voire des bouches pleines de mangeurs avinés), ça aurait une autre gueule, non ?

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 23 septembre 2019

EN UNIFORME DE CLIENT

Je fréquente fort peu les hypermarchés, mais enfin, il m'arrive, de très loin en très loin, d'en franchir l'entrée, ne serait-ce que pour en utiliser les toilettes, impeccablement tenues, en général. C'est ce qui m'est arrivé un de ces derniers jours. Et je ne l'ai pas regretté. Je peux même dire que la scène m'a bien diverti : sortant de sa voiture à peu près en même temps que moi de la mienne, le monsieur s'est dirigé vers le hangar aux caddies, et surprise : sa tenue était parfaitement coordonnée aux couleurs des chariots. Le bleu du polo et le rouge du pantalon chantaient à l'unisson du rouge et du bleu de l'engin Carrefour. Chez le caméléon, on appelle ça le mimétisme. Carrefour serait peut-être bien inspiré de généraliser cette initiative individuelle : vous imaginez le parking, le samedi matin, où l'on verrait manœuvrer (je veux dire "grouiller") une armée de clients en uniforme bleu et rouge ? Je vois déjà la photo que pourrait prendre le drone de service. Un peu de blanc dans tout ça, et il y a fort à parier que la fierté nationale en sortirait ragaillardie.

J'avais l'appareil photo dans le sac à dos. Ne voulant pas bousculer le légitime désir d'anonymat de la personne, je me suis débrouillé pour prendre le cliché ci-dessous au moment opportun. 

photographie,hypermarché carrefour

 

 

samedi, 21 septembre 2019

TROIS VISAGES

Il n'y a pas que la photo, dans la vie.

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2003, café de la Cloche. Le serveur, en m'apportant ma bière, m'avait aimablement glissé à l'oreille, un peu salaud : « Attention, elle est pas toute seule ». Cela ne voulait pas dire que quelqu'un l'accompagnait.

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2003, place Bellecour.

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2003, place Antonin-Gourju.

lundi, 09 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Il n'y a pas que la lumière dans la vie : il y a aussi l'aspect des choses.

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J'ai pris la photo ci-dessus lors d'une visite de chantier naval, quelque part dans le centre de la France. On voit l'état d'une coque métallique de bateau qui aurait bien besoin d'un kärcher.

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Ce qui m'a plu ici, c'est l'aspect de lavis vaguement aquarellé de l'édifice, dans une famille de gris entre sépia et noir et blanc.

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Le verre à vin d'Alsace. Là, on comprend tout de suite : c'est le jeu des complémentaires.

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Là, c'est un très beau dessin au trait, que peuvent piétiner impunément tous les passants de l'avenue Adolphe Max.

dimanche, 08 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Quand la lumière traverse la matière (pas n'importe laquelle).

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Les drôles de vitres à l'ancienne (et le marronnier en fleurs).

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La drôle de carafe.

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Le drôle de cubisme.

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Le drôle d'effet de prisme.

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Les drôles de tranches.

samedi, 07 septembre 2019

COMMENT JE REGARDE MES PHOTOS

Je ne sais pas si j'ai raison et je ne suis pas sûr que ça vaille le coup. Je n'ai aucune théorie à défendre, mais si je voulais essayer d'expliquer comment je regarde mes photos (et la réalité à l'occasion), je prendrais aujourd'hui l'exemple d'un cliché pris entre 1988 et 1990, lors d'une réunion de famille à l'occasion de Noël. Cette photo montre deux personnes. Celle qui est à droite de la photo est dans une attitude banale et montre un visage, selon moi, plutôt neutre (le sourire un peu figé ?). Et je me rends compte que, si je lui prête davantage d'attention qu'à la personne qui se trouve à gauche, c'est uniquement à cause de la manche droite de son gilet, qui fait une curieuse cascade du fait de l'ombre étrange (je ne comprends toujours pas d'où elle vient) qui s'y projette. Et à force de focaliser mon attention sur ce détail, je finis par me convaincre qu'il est peut-être là, le centre de l'image, qu'un recadrage va mettre en évidence (après tout, si je me souviens bien,c'est ainsi que procède le photographe du film Blow up pour faire apparaître le pistolet). C'est peut-être idiot, ça n'a sans doute aucun intérêt. Après tout, c'est peut-être seulement l'étrangeté du détail qui aura attiré mon regard plus que de raison. Quoi qu'il en soit, il serait vain de tirer de tout ça un concept, une théorie, une doctrine quelconques.

Etape n°1.

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Etape n°2.

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Etape n°3.

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vendredi, 06 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Quand la lumière dessine la matière.

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Les tilleuls en hiver (clin d’œil à qui les a connus).

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La cuisine de la brasserie, sur le boulevard.

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La vie derrière la vitre.

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Après une bonne pluie d'été.

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Le chapeau de lampe.