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vendredi, 02 mars 2018

PHOTOGRAPHIE

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jeudi, 01 mars 2018

PHOTOGRAPHIES

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Avec la lumière venue du monde extérieur.

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La même, avec la lumière intérieure.

lundi, 19 février 2018

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS ...

Mon art abstrait.

photographie

 

dimanche, 18 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

IV/VI

Du plateau au plateau par la place de la Boucle.

On est de nouveau côté Rhône. La place a été rebaptisée Adrien Godien, et le splendide pont de la Boucle a été détruit, pour laisser place au pont Winston Churchill, banalement moderne. Je n'ai rien contre Adrien Godien, estimable peintre lyonnais, qui avait, je me rappelle, illustré une belle édition du Saint Julien l'Hospitalier de Flaubert. Un jour où je faisais la sieste en salle des ventes, j'ai laissé partir sous mon nez, pour des prix dérisoires (genre 40€), plusieurs tableaux fort présentables. Je m'en suis voulu.

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1 Rue Joséphin-Soulary.

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2 C'est ici que la rue devient une curiosité.

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 4 Le Rhône, en bas et au loin, et une vague apparition du lac de la Tête d'Or. On entrevoit aussi l'immeuble d'Interpol.

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5 Le "street-artist", pour excréter son art, n'a pas besoin d'une pissotière : il dépose ses matières à la vue de tous, là où il n'y a ni policier, ni caméra de surveillance, et en dehors des heures généralement ouvrables. Pudique, le "street artist" ne veut pas de témoin : c'est un timide. Pour la lumière, il a cependant besoin d'une aide extérieure.

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8 La maison (avec le buste en façade) de Joséphin Soulary, poète (1815-1891). J'ai un peu croisé la route de l'actuel propriétaire, mais nos atomes n'étaient pas crochus.

 

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9 Le bas de la rue Eugène Pons, juste avant de remonter.

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10 Il est pas beau, le pont de la Boucle ? Faut-il le démolir ?

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11 On va remonter par la rue Mascrany, du nom d'une famille originaire des Grisons, installée à Lyon aux XVI° et XVII° siècles. Le précédent nom de Camille Jordan (homme politique important, paraît-il, du temps de Napoléon) fut attribué à une immense rue d'au moins un pâté de maison, entre les rues des Tables-Claudiennes et Imbert-Colomès.

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12 Rue Saint-Dié.

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13 Ce qu'on voit vers le nord, du haut de la rue Saint-Dié (ainsi nommée "à cause des combats en 1917").

samedi, 17 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

III/VI

De Saint-Bruno à Saint-Bruno par le quai de Saône.

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Saint-Bruno vu du boulevard.

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Aperçu sur un lacet des Esses (derrière le mur).

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En face, les tours de l'Observance, sur la colline de Loyasse.

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L'accès à la Muette, depuis le quai Saint-Vincent. Je connaissais très bien les gens qui occupaient tout le premier étage de l'immeuble à droite : Michel et François (leur chambre, balcon du premier étage) ne prêtaient plus depuis longtemps aucune attention aux péniches qui passaient sur la Saône, mais j'aimais bien venir, parce qu'ils étaient très outillés en Meccano, et qu'ils étaient abonnés à Tintin (moi, c'était Spirou, on se complétait).

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Saint-Bruno vu de la rue Pierre-Dupont (célébrité poétique de la ville, Pierre Dupont, 1821-1870, qui avait l'estime de Baudelaire, est enterré au vieux cimetière Croix-Rousse).

vendredi, 16 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

II/VI

Côté Saône.

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On va descendre par la rue de l'Alma (pas de zouave, ici, seulement un souvenir de Crimée, et encore).

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J'ai habité une chambre située au rez-de-chaussée face à ce paysage.

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Avec une bonne loupe, on aperçoit deux explorateurs de bouche en train de parfaire leur technique.

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Arrivée au "Jardin des Plantes" (appellation officielle).

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L'escalier des Carmélites.

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Impasse Fernand Rey (ce conseiller municipal et adjoint au maire, bien connu de ses proches, mort en 1945, a aussi une (petite) rue et même une (toute petite) place).

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La falaise au bout de la rue de la Vieille (qui fut aussi rue du Vieux-Loup, rue de la Monnaie, rue de la Monnaie Saint-Vincent – la paroisse et le quai ne sont pas loin – et rue de la Vieille Monnaie).

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La falaise au-dessus du jardin Saint-Benoît.

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On s'apprête à remonter par le passage Gonin (du nom d'un ancien propriétaire).

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Un jardin, avec quelques salades et quelques nichoirs.

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Montée de Vauzelles (une famille de notables au XVI° siècle).

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Montée Lieutenant-Allouche (assassiné par les Allemands – je devrais dire "nazis", mais – en 1944 à Grenoble).

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Retour à la rue de l'Alma et au plateau.

jeudi, 15 février 2018

DRÔLES DE RUE DE LYON

"C'est pas seulement à Paris que ..." (c'est "L'Assassinat" de Georges Brassens qui commence comme ça).

RUES DE PARIS 1.jpgJ'allais dire : c'est pas seulement à Paris qu'il existe un dictionnaire desRUES DE PARIS 2.jpg rues, nous à Lyon aussi l'on a .... Mais ce n'est pas vrai. D'abord, à Paris, ils ont Jacques Hillairet, et personne ne pourra faire comme si : il existe un et un seul Jacques Hillairet. En plus, son extraordinaire ouvrage (deux volumes augmentés d'un supplément) s'intitule Dictionnaire historique des rues de Paris (Minuit), deuxième raison qui le rend incomparable.

RUES DE LYON MAYNARD.jpgTroisième raison : l'ouvrage de Louis Maynard ne se veut pas "Dictionnaire", encore moins "historique". Beaucoup plus modeste, il seRUES DE LYON VANARIO.jpg propose sous le titre Rues de Lyon (Jean Honoré, 1980), sans plus. Même l'ouvrage de Maurice Vanario, le continuateur de Maynard, ne s'est voulu ni "dictionnaire", ni "historique". Vanario, "Sous-Archiviste", « sous la direction de Henri Hours, Conservateur Municipal des Archives de la Ville de Lyon » a publié presque sous le même titre (Les Rues de Lyon à travers les siècles, LUGD, 1990), une sorte d'inventaire sérieux et complet de toutes les artères qui traversent, aèrent et desservent la cité (y compris les "voies privées").

Cela donne un livre de pas 300 pages in-octavo, dans lequel, hélas, revient comme une rengaine l'expression "origine inconnue", quand l'œuvre de Hillairet – trois volumes de grand format (on dit, paraît-il, "in-quarto"), dont deux très "robustes" (700 et quelques pages sur deux colonnes chacun) – va constamment tout au fond des choses. Si je prends au hasard la rue du Cardinal-Lemoine, voici comment s'annonce l'article : « V° arrondissement. Commence 17 quai de la Tournelle. Finit place de la Contrescarpe. Longueur 680 m. ; largeur 12 à 20 m. » (la rue de Vaugirard s'étale, elle, sur plus de 4km.). On ne saurait être plus précis.

Et l'auteur enchaîne sur un condensé de l'histoire de la voie, puis passe en revue tous les numéros dont il y a quelque chose à dire (parfois fort longuement, en fonction de). J'imagine volontiers que pour rédiger cette œuvre d'une vie, Jacques Hillairet a usé bien des pantalons sur des chaises de bibliothèques ou de salles d'archives. On le voit, le "cahier des charges" n'a rien à voir. Maynard puis Vanario se contentent d'un répertoire.

Il n'est d'ailleurs pas sûr que la capitale des Gaules mériterait que quelqu'un s'engageât dans une telle besogne, d'autant qu'aucun baron Haussmann n'est venu compliquer la tâche en bouleversant à ce point les traces du passé, et que le nombre des gens dignes de figurer dans l'histoire pour y avoir vécu reste d'une modestie provinciale, une fois jetés les noms de Louise Labé, Rabelais, Herriot, Henri Béraud ou Albert Londres. Inutile de nier le pouvoir d'attraction de la capitale. Il y a aussi des Rastignac en puissance chez les "bons gones", et même ches les "mamis que sont pas de cogne-mous" (voir il y a quelques jours).

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Nos rues, avenues, places, boulevards, quais, impasses, montées portent, comme partout ailleurs, des noms en général ordinaires (je veux dire préfet normal, philanthrope obscur, député honnête (!), martyr de la Résistance, aviateur lyonnais, fabricante d'étoffes de soie épouse de Jacques Ray, professeur de minéralogie et géologie, sixième adjoint au maire, imprésario bienfaiteur des œuvres laïques, maître imprimeur, navigateur et autres célébrités mémorables) avec, ici ou là, des curiosités bien propres à appâter l'amateur de couleur locale (rue du Manteau jaune, rue des Quatre chapeaux, rue du Plâtre, etc...).

Je suis cependant curieux d'apprendre s'il existe, dans une seule des 36.000 communes de France, une "Rue des Actionnaires". Oh, ce n'est vraiment pas grand-chose, cette rue : un pâté de maison, tout au nord de la Croix-Rousse, tout en bas des pentes, presque à la limite de Caluire. Bon, c'est vrai, c'est une église dotée de son jardin (Saint-Eucher), mais est-ce que ça justifie ? Et en face, on ne voit aucune entrée d'immeuble. Ça ne fait quand même pas beaucoup d'habitants au mètre linéaire. Je n'ai pas fait attention, mais il n'est pas impossible que la rue des Actionnaires ne comporte aucun numéro ! L'Histoire est une vieille dame cynique, quand on voit la place gargantuesque qu'ont prise les actionnaires (fonds de pension, fonds souverains, fonds spéculatifs, fonds vautours, etc.) dans la marche du monde actuel.

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La voilà, la rue des Actionnaires.

Voici ce que nous indique Maurice Vanario à l'article "Actionnaires" (rue des, 4°) : « Tenant : rue Eugène Pons. Aboutissant : rue Mascrany. En souvenir de la compagnie financière constituée, sous la Restauration, pour créer le quartier Saint-Eucher. Attesté en 1849 (dél. C. M.). Devenue rue du Tribun en 1849 (dél. C. M. 17 janvier). Redevient rue des Actionnaires en 1852 ».

C'est un peu court, vieil homme,

On pouvait dire, oh dieu, bien des choses en somme.

Edmond Rostand (enfin presque).

Mais n'est pas Edmond Hillairet qui veut. 

mercredi, 14 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

I/VI

Côté Rhône. 

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Vu de la montée Rater.

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Un petit bout de la montée Bonafous.

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Une des entrées, dit-on, vers les "arêtes de poisson".

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Ci-dessus / ci-dessous :

"Champ-contrechamp" montée Rater / cours d'Herbouville.

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On retourne vers le plateau par la montée Coquillat : avouez que ça fait un peu "dégueuloir", et la falaise des Fantasques au bout, n'encourage pas, et la hauteur des marches a de quoi dissuader, et ....

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La toute petite rue Philibert Delorme.

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Au bout de la rue de Magneval, l'escalier.

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« Ô récompense après une montée

Qu'un long regard sur le calme des lieux. »

Paul Valéry (enfin presque).

dimanche, 11 février 2018

GUIGNOL

"Guignol" est un mot qui appartient à la famille des antonomases célèbres, et compte ainsi dans son cousinage par force des gens aussi estimables que le frigidaire, la poubelle ou le sandwich, substantifs en général issus des nobles lignées qui ont eu le génie de faire don de leur patronyme au Dictionnaire. Je ne vais pas réécrire son histoire : ce serait forcément moins bien que tous ceux qui se sont donné la peine de le célébrer.

Parmi ces gens d'un goût très sûr qui savent reconnaître le génie, on trouve Alfred Jarry, que le Père François (je veux dire le pape, qui me l'a dit en confidence la semaine dernière) s'apprête à canoniser en grandes pompes, à cause du culte sans faille que l'illustre écrivain a rendu à sa majesté l'Absinthe, au point de lui faire le sacrifice de son existence (même si l'hypothèse est controversée ; notez que Christophe Colomb lui-même n'a été recalé qu'à la suite d'un procès en canonisation en bonne et due forme, cf. La Harpe et l'ombre d'Alejo Carpentier). Gloire à Alfred Jarry, saint et martyr, qui a inclus dans ses Minutes de sable mémorial un mémorable Guignol qui prouve en l'instaurant la parenté indubitable de son Ubu avec notre marionnette lyonnaise.

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Photos des marionnettes de Guignol (Chignol pour les intimes) et Gnafron, prises au musée de Gadagne dans les autrefois (années 1970). J'ignore comment elles se présentent, aujourd'hui que l'hôtel de Gadagne a été transformé de fond en comble. 

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Ici, admirez juste la rusticité raffinée du travail du sculpteur et la magnifique teinte vermeille qui orne la trogne de ce misérable buvanvin* de Gnafron. C'en est au point qu'une maison de vin de chez nous avait fait de la marionnette un emblème renommé sous nos latitudes.

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Je me sens mauvais Lyonnais : je ne suis retourné à Gadagne que pour m'asseoir en été à une table des "jardins suspendus", au quatrième étage du musée (photo ci-dessous). Je recommande le lieu, on est à hauteur de toit, accroché à la colline, bien loin des rumeurs et des miasmes urbains. Une riche bonne idée ! Mauvais Lyonnais ? Je n'ai jamais été folkloriste, et ai renoncé à le devenir un jour : les folkloristes m'ennuient autant que les touristes revenus d'ailleurs pour une "soirée diapos".

Je ne suis pas davantage le militant de mes origines. Je laisse ce sale boulot à de pauvres excités insulaires même pas comiques, qui nous emboconnent l'atmosphère avec la singularité que leur confère leur insularité. Certaines "singularités collectives" ressemblent à des phénomènes de foire, vous savez, ces "hommes-trépied", "hommes-tronc", "femmes-serpent", frères siamois ou femmes à barbe, qui ne pouvaient gagner leur pain qu'au cirque. Et je ne suis pas non plus un collectionneur frénétique d'images et de "couleur locale". Je me contente de picorer à l'occasion dans le catalogue des fleurs qui un jour ont poussé sur ces terres.

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Pour parler franchement, les Lyonnais ne parlent plus le lyonnais depuis bien longtemps. Combien savent ce qu'était un trancanoir ? Qui parle encore d'équevilles ? Je ne suis même pas certain qu'ils connaissent un peu le théâtre de Guignol, annexé par les "actions culturelles à destination des enfants", alors que Laurent Mourguet destinait aux seuls adultes les dialogues de ses pièces dont, si je ne me trompe, il n'a pas laissé d'originaux. Remarquez, j'ai l'air de critiquer, comme ça, mais j'ai moi-même glissé les mains dans les gaines de quelques pantins en compagnie d'un oncle, très cher à ma mémoire quoiqu'il fût prêtre, pour distraire petits et moins petits, par quelque après-midi pluvieux (Le Déménagement, Les Embiernes, La Racine d'Amérique, ...). Mais c'était indéniablement lui qui prenait l'accent de par chez nous avec le plus d'authenticité (il n'avait pas son pareil pour glisser dans les conversations des lyonnaiseries : "comme un coq en plâtre", "en tapis noir", etc.).

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Le digne magistrat Jean-Baptiste Onofrio, qui assistait incognito aux représentations de Mourguet en a pieusement recueilli assez de bribes (y compris sur ses manchettes – on pense aux omoplates de chameaux de Mahomet pour le Coran) pour offrir un beau recueil de pièces (1865), imité beaucoup plus tard (1925, ci-dessus) par Les Amis de Guignol, Justin Godart, Mgr Lavarenne, Ernest Neichthauser (qui fabriquait les marionnettes) et d'autres.

Ce n'est pas sous la plume de l'auguste magistrat Onofrio qu'on trouve la pièce de Guignol, hélas méconnue, pochade intitulée Le Sarsifi petafiné, à ne pas mettre entre des mains inaverties. La justification du tirage (ou l'achevé d'imprimer) portait fièrement la phrase : « Cette pièce ne sera jamais réimprimée ». A la lecture, on comprend que les éditeurs étaient des gens d'une extrême pudeur. Le thème, bien qu'autrement formulé, s'en retrouve curieusement dans le film de Claire Denis Trouble every day (2001), avec une Béatrice Dalle pleine de dentition aiguisée et d'hémoglobine. Il est question d'un accident subi par Guignol sur une partie de lui-même à laquelle les messieurs tiennent en général beaucoup. Il serait malséant que j'en dise davantage. On devinera à partir de là le rôle des dents de Béatrice Dalle.

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Le dessinateur Berlion et son scénariste Corbeyran, dont j'ai évoqué les "Sales mioches" récemment, donnent un coup de chapeau à Guignol dans les pages de garde de leurs albums : bien maigre consolation, qui n'offre que le côté caricatural du folklore. Ci-dessous on voit le tandem infernal, avec sa mise en abyme pour faire le lien avec les "mioches". Notez que le cadre est sympathique : le castelet du parc de la Tête d'Or, sur fond de kiosque à fleur de la place Bellecour (je ne suis pas sûr de l'exactitude de ce détail, M. Berlion, d'autant que Guignol est dépourvu de la "tresse" que tout bon canut se devait de porter à l'époque de Mourguet).

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Le vieux, le grand, le magnifique Gotlib avait donné une version autrement "moderne", décapante et "détrancanée" à souhait de la caricature. Mais Gotlib était un peu plus "voyou" dans son dessin, puisqu'il s'en passait de belles dans le castelet (Rubrique-à-brac tome I).

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La tradition des bons gones s'est vaille que vaille maintenue et soutenue jusqu'à la deuxième guerre, grâce à la vigilance active de la Société des Amis de Guignol. A partir de 1945, la France semble avoir brutalement rompu avec l'esprit de "Résistance", puisqu'elle a accueilli à bras ouvert le Grand Débarquement des Nouveautés venues par cargos entiers d'outre-Atlantique. C'est alors que la "culture américaine" (si ce n'est pas un oxymore) a supplanté la vieille Culture Française, à laquelle elle s'est contentée de dire, avec ses gros bras musclés : « Ôte-toi de là que je m'y mette ! ». Exit Guignol.

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C'est dans la publication annuelle de cette honorable société (Almanach des Amis de Guignol) qu'on trouve des récits bien canants, comme l'histoire du pari fait par le Glaudius et le Toni ou celle de la Commode de la cousine Stéphanie (Catherin Bugnard, de célèbre mémoire). Je grossis ci-dessous l'exposé des motifs de cet immortel réservoir de lyonnaiseries.

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Le cogne-mou, ça dit bien ce que ça veut dire, si l'on se représente le monsieur en bûcheron. Et pour 159 sous, il n'y a pas de raison de se priver.

Note : Voici la définition que Nizier du Puitspelu donne de "buvanvin" : « Ivrogne. Jean Brunier (prononcez Bruni), notre granger, était un brave homme, mais quelque peu buvanvin. Un dimanche, à trois heures, mon père le trouve le pouce sur le loquet du Bon Coin, à Saint-Irénée. – Eh, Jean, que faites-vous là ? – Monsu, j'allôve à vêpres. – Au moins, disait mon père, s'il n'avait pas eu le pouce sur le loquet ! ».

lundi, 29 janvier 2018

POURQUOI LA CROIX-ROUSSE ?

POUR ÇA !

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Rue des Pierres plantées. Trop de monde le dimanche après-midi. La faute à la Grande-Côte, qui assure le drainage.

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Rue Pouteau. Là on est sûr d'être plus tranquille.

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Boulevard de la Croix-Rousse. Au fond le Mont Blanc, juste à côté du "Gros Caillou"..

Trois raisons, parmi beaucoup d'autres.

lundi, 15 janvier 2018

HEURTOIR A LA CROIX-ROUSSE

Les petits métiers qui disparaissent : heurtoir de porte.

CEUX QUI SONT PARTIS ...

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... ont parfois laissé des traces, sauf quand la porte est devenue moderne, ou bien carrément métallique, ou encore vitrifiée (bien que pas toujours transparente) ...

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... ET CEUX QUI RESTENT (voir 4 décembre dernier).

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La porte du haut semble régulièrement nettoyée (même le nettoyage laisse des traces, à force). Celle du milieu regorge de messages d'affection ou d'amour, du moins essayé-je de m'en convaincre. Celle du bas, en dehors d'une telle déclaration de flamme, qui figure pourtant hors-champ, saisit le spectateur par le tracé audacieux et sobre des sentiments exprimés (ah, la symbolique rupestre du triangle pointe en bas !).

Petite histoire ancienne de heurtoir : elle remonte aux années 1970. Il était une fois une fille très baba-cool qui habitait dans le dernier immeuble de la rue du Doyenné (Lyon 5) un appartement couvert d'étoffes orientales, de coussins et d'odeurs d'encens. Ses fenêtres donnaient sur la rue Saint-Georges.

L'édifice faisant partie d'un projet de "réhabilitation" complet de ce quartier ancien, et tous les occupants ayant quitté les lieux, elle s'en trouvait la seule et unique habitante. Du coup, elle fermait systématiquement la porte de l'allée (à Paris, il paraît qu'on dit "entrée d'immeuble"), en ces temps où personne encore ne la verrouillait.

Ceux qui lui rendaient visite ne disposaient pas d'interphone pour la joindre ou de digicode pour ouvrir. Seul restait le heurtoir de la porte massive, dont les coups résonnaient dans la cage vide de l'escalier. Il leur fallait compter sur la finesse de son ouïe ou bien s'armer de patience au cas où elle aurait écouté de la musique.

Je crois bien qu'elle avait fini par quitter l'appartement : elle l'avait pris en horreur après avoir découvert, en rentrant chez elle, pendu à une poutre, le corps d'un copain qu'elle hébergeait.

vendredi, 05 janvier 2018

JE L'AI RETROUVÉ ...

... L'ANCIEN KIOSQUE A FLEURS, PLACE BELLECOUR,

... avec ses marronniers superbes.

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Photo sur papier, prise il y a bien longtemps avec les moyens du bord, puis scannée de même. J'avais à l'époque un petit Voigtländer acheté 50 DM à Annweiler-am-Trifels (Rheinland-Pfalz), dont le format 18x24 permettait de faire 72 photos à peu près potables (optique fixe, assez rustique donc, mais Zeiss !) sur une pellicule de 36, et qui a fini son existence sur une maladresse impardonnable : il a peut-être mal supporté la température de l'eau du torrent franchi au cours de la belle traversée de Sixt à Chamonix. Peut-être l'eau tout court, après tout, allez savoir, avec les appareils photo ? Du matériel allemand, pourtant ! 

Comme l'accident s'est produit au moment de quitter le sentier du plan et des chalets de Sales pour bifurquer vers le col et les chalets d'Anterne (n'oublions pas le lac), c'est-à-dire à peu de choses près au début du parcours ou pas loin (j'avais fait le même, mais en sens inverse, quelques années auparavant), l'aventure s'est vue privée d'une immortalisation méritée, la pellicule mouillée ayant fait apparaître au développement (il ne faut jamais perdre espoir) d'intéressantes formes gaufrées, intéressantes pour qui apprécie ce qui ressemblerait aux nids d'abeilles, mais impropres à produire quelque image un peu déchiffrable, si l'on reste attaché à la représentation figurative.

Il n'y avait pas que des kiosques à fleurs, à Lyon. Il y avait aussi des « kiosques de musique » sur les places (Bellecour, Morand, devenue Liautey, Monplaisir rebaptisée Ambroise Courtois, ...). Quand j'étais gamin, on voyait encore ces kiosques, mais plus personne n'y jouait de musique, et sans doute depuis longtemps. La radio l'avait déjà apportée à la maison : on n'en avait plus besoin au-dehors. Manquent-ils ? Pas forcément, quand on voit, sur la carte postale ci-dessous, qui faisait la musique. Quel genre de musiciens se hasarderait aujourd'hui à jouer en képi (et en uniforme) ? La légende : "L'heure de la musique à Bellecour".

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mercredi, 03 janvier 2018

UN "M" QUE LE MONDE N'AURA PAS

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, le magazine du Monde, consent noblement à publier chaque semaine une photo prise quelque part dans le vaste monde par un de ses lecteurs. Une photo représentant obligatoirement, c'est la condition, un M, en même temps ou au choix, original et majestueux, allusif et spectaculaire, remarquable et modeste, douteux et péremptoire, drôle et surprenant, mais qui autocélèbre la revue, si possible de la façon la plus valorisante. Et ça marche ! Les lecteurs, magnanimes ou fiérots, consentent à abandonner entre les mains de M-le-magazine les œuvres que le hasard ou leur recherche fiévreuse leur a fournies.

C'est le même principe qui pousse les adeptes de la consommation à se promener dans les rues, au sortir de leurs achats, en portant un grand sac en papier avec en gros, gras, grand, épais et large le nom de la marque qu'ils viennent de subventionner de leurs deniers. En récompense de leur emplette plus ou moins onéreuse, la dite marque les autorise à faire pour elle de la publicité, en leur permettant de déambuler en ville, au vu et au su de tous, avec au bout du bras l'aveu de leur défaite morale en lettres énormes. Car on l'admettra, il ne faut pas une grande force de caractère pour, en plus d'avoir fait l'honneur au commerçant d'acheter le vêtement chez lui, se sentir honoré qu'on lui permette de jouer les hommes-sandwichs au bénéfice de celui-ci. On s'étonne de voir des gens distingués ou cossus, ou qui veulent le paraître, arborer comme des étendards, avec une feinte indifférence ou une authentique fatuité, leurs maroquineries Louis Vuitton.

En quelque sorte, photographier des "M" de toute sorte pour les envoyer à la revue à des fins de publication éventuelles, en dehors de se chatouiller l'ego à peu de frais, revient à subventionner sans rétribution la campagne publicitaire pour un véhicule de cadre supérieur, dont la rutilante carrosserie, dessinée par quelque styliste à la mode, laisse longuement résonner dans l'espace, après son passage, la même longue réverbération creuse que le pas du vicaire désœuvré qui arpente les dalles de sa cathédrale désaffectée en se demandant ce qu'il fait là.

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J'ai donc ici l'honneur de déclarer à la face du Monde que j'autorise son magazine du samedi, le plus souvent plein à ras bord de la vacuité de l'air du temps, de la mode et des gens en vue, à ne pas publier la photo ci-dessus : l'enduit plus très blanc d'un passage piéton lyonnais, qui n'avait que le tort d'avoir été encore un peu tendre au passage d'un pneu forcément malveillant et trop pressé. 

lundi, 01 janvier 2018

MES MEILLEURS VŒUX ...

... POUR 2018 !

Qu'on me permette d'offrir cette petite carte de vœux envoyée de la lune, cachet de la poste faisant foi, une lune qui n'était pas "dans le caniveau" (Goodis).

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dimanche, 24 décembre 2017

JE VOUS PARLE D'UN TEMPS ...

 

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On peut voir une autre photo du même sujet ici (11 septembre dernier).

Je vous parle d'un temps où il était permis de se gausser doucement de ces salauds de fonctionnaires qui, comme des rats dans un fromage, se la coulaient douce, narguant les honnêtes travailleurs à la chaîne en fournissant, depuis une embauche de copinage jusqu'à une retraite de feignant – et sans trop se forcer –, leur Petit Travail Tranquille. On en a heureusement fini avec ces temps obscurs. Pour cela, on a recouru à d'épais badigeons qui ont mis l'époque en phase avec son époque, en recouvrant la précédente d'une bonne couche d'oubli (enfin presque : il aurait fallu y mettre les moyens, mais). Place a ainsi été faite à la Modernité, place à l'Entreprise, place à la Productivité, place à la Rentabilité, place à la Concurrence. Bref, disons-le une fois pour toutes : place au Management décomplexé.

photographie,lyon,croix-rousse

Dans cette perspective, la photo ci-dessus (lumière rasante, 19 août 2017 à 19h 29) est à considérer comme une espèce singulière de "retour du refoulé".

jeudi, 21 décembre 2017

GRAPHISMES

Mon art contemporain.

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Aujourd'hui : mon "outre-toute-noire".

mardi, 19 décembre 2017

ÇA FAISAIT DES BULLES

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samedi, 16 décembre 2017

MURS DE LA CROIX-ROUSSE

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Cette ballerine a eu plus de chance que ses petites sœurs. La sélection naturelle est impitoyable.

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vendredi, 08 décembre 2017

FIDÈLE MALGRÉ TOUT

Trop de vent ce soir pour le tremblotement de nos flammes.

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Le 8 décembre (et seulement le 8 décembre, et non le long week end dont les Lyonnais subissent les hordes de touristes qui rendent toute la presqu'île absolument infréquentable), le 8 décembre, donc, pour un Lyonnais de souche, passe par le lampion, et si possible dans son verre cannelé, à l'exclusion de tout autre moyen de fêter la lumière. L'effet des lampions alignés sur les fenêtres, ça avait tout de même une autre gueule que les actuelles débauches de technologies lumineuses à prétentions créatrices. Ci-dessous, en 1959 : c'est banal, c'est simple et c'est pas cher : ça vient des gens qui habitent là. C'est la population en personne qui existe.

photographie,lyon,croix-rousse,illuminations du 8 décembre,fête des lumières lyon

Le verre cannelé, multiplicateur de flamme (voir plus haut) : pas sûr qu'on en trouve encore dans le commerce. Chez les brocanteurs, peut-être ? Ici, garni de son lumignon.

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lundi, 04 décembre 2017

UNE CROIX-ROUSSE

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Il n'y a plus beaucoup de marteaux de porte à la Croix-Rousse. Il en reste.

mardi, 28 novembre 2017

APRÈS LE JOUR ?

Et si la nuit ne revenait pas ?

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18h 20'

Qu'on se rassure, la nuit revient.

On est bien à la Croix-Rousse. La ville et sa modernité lumineuse ne sont pas loin.

photographie,lyon,croix-rousse 

18h 33'

(Je préfère la photo du haut, bien sûr.)

lundi, 27 novembre 2017

APRÈS LA NUIT ?

Charles-Ferdinand Ramuz a publié un livre dont le titre reflète les peurs qu'éprouva sans doute la première humanité : Si le Soleil ne revenait pas ? (1937), des sentiments qu'il prête à bien de ses montagnards, gens restés tant soit peu sauvages, ou du moins "rustiques". Je peux encore, à l'heure actuelle, répondre que ce n'est pas pour demain. La preuve.

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mercredi, 22 novembre 2017

C’ÉTAIT UNE CROIX-ROUSSE

C'ETAIT UNE CROIX-ROUSSE.JPG

J'ai tort d'en parler à l'imparfait : c'est encore visible à la Croix-Rousse, mais pour combien de temps ? Avant le panneau bleu et rouge visible à l'intérieur depuis de nombreux mois, on voyait l'arrière d'une vieille Renault R5 immatriculée PK 69, autrement dit, qui datait au moins du début des années 1990. Qu'est-il arrivé au propriétaire, que j'apercevais de loin en loin en train de sortir ou de rentrer son véhicule ? Mystère. Ce n'est sûrement pas Domenico, le sympathique ancien couvreur, vieux pote à José, mais qui est décédé l'an dernier. Domenico, qui habitait dans la même rue, mais qui avait une belle voiture, lui.

Le temps vieillit tout, même les voitures, même la Croix-Rousse.

mercredi, 01 novembre 2017

IL Y EUT UNE CROIX-ROUSSE

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ANGLE NUITS-DUMONT-D'URVILLE 2011 (Photo prise au 20 mm.)

Noter qu'on a déjà pris soin de sectionner la vigne vierge à mi-hauteur.

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ANGLE NUITS-DUMONT-D'URVILLE 2017

La boîte aux lettres a disparu.

L'angle n'est pas le même, mais le cœur y est.

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CHANTIER TRÈS BIENTÔT LIVRÉ, RUE CLAUDIUS-LINOSSIER 2017

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GROS OEUVRE TERMINÉ, ANGLE LINOSSIER-THÉVENET 2017

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DÉMOLITION TERMINÉE, ANGLE CHARIOT-D'OR-THÉVENET (LIVRAISON 2018 ?)

... ET CE N'EST PAS FINI : ATTENTION A CE QUI SE PRÉPARE RUE DU MAIL, RUE DE CUIRE, ETC.

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Non, pas de regret du passé : juste la banalité immobilière qui marque la transformation d'un quartier, et qui fait monter les prix.

samedi, 28 octobre 2017

MON ART ABSTRAIT

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Photographie Frédéric Chambe, prise rue commandant Charcot, à Lyon.