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lundi, 30 septembre 2019

ALLEZ, JE ME LA JOUE BRASSAÏ !

PARIS LA NUIT ! BY NIGHT ! TOUT ÇA ! 

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Le scooter au poteau, dans la vitrine de l'école de danse.

dimanche, 29 septembre 2019

AUJOURD'HUI, LA CROIX-ROUSSE

Pour dire ce que c'était que le "village" de la Croix-Rousse il y a bien longtemps, il faut aujourd'hui un gros effort d'imagination. Je ne dis pas que "c'était mieux avant" (vous savez, cette antienne – dire ɑ̃tjɛn, seuls les ignorants prononcent comme "ancienne" – dont se gaussait le "philosophe" Michel Serres avant d'avaler son bulletin de naissance) : l'urbanisation de la "colline qui travaille" ne date pas d'hier.

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Vu du satellite, au nord la rue Hénon, au sud le Boulevard de la Croix-Rousse. A l'est la rue Belfort, à l'ouest la rue Philippe de Lassalle. Un beau quadrilatère.

Je ne ferai que survoler l'histoire à très haute altitude, mais enfin, c'était une urbanisation que je ne qualifierais pas de galopante, où dominait la maison individuelle, qui occupait les anciens champs, prés et cultures. On a donné à quelques rues les noms des propriétaires des terrains grignotés (Célu, Dumenge, Savaron, Pelletier, etc.).

En dehors des "immeubles de canuts", rares étaient les immeubles de grande hauteur : la Grande-rue de la Croix-Rousse, parmi d'autres, en témoigne.

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Grande rue de la Croix-Rousse, vue vers l'ouest. Franchement, est-ce que vous avez l'impression d'être dans une grande ville ?

Rares aussi étaient les immeubles "bourgeois" en classique pierre de taille : en dehors du boulevard, j'en vois bien un au début de la rue Chariot d'Or, peut-être quelques autres ici ou là, mais c'est tout.

Une bonne partie de la rue du Mail a été construite en pisé, comme l'a montré la mésaventure arrivée au "petit Casino" qui jouxtait un immeuble qui a failli s'effondrer, par négligence du propriétaire voisin, qui n'avait fini par faire le nécessaire pour empêcher le pisé de "fondre" aux intempéries que lorsque la mairie avait pris un arrêté de péril. Le "petit Casino" a décampé, remplacé par des vélos électriques après consolidation, mais l'immeuble amoché ne ressemble toujours à rien.

Tout ça pour dire qu'il existe encore aujourd'hui un grand nombre de maisons individuelles sur le plateau de la Croix-Rousse, et bien souvent sans que quiconque s'en doute s'il n'habite pas le quartier et s'il ne s'intéresse pas à la question. Il suffit de survoler celui-ci en satellite, muni d'un bon appareil photo, pour s'en rendre compte. On voit en effet, au sein même des îlots d'habitation, bien protégé des regards indiscrets par les immeubles sur rue, un enchevêtrement invraisemblable de petites constructions.

Le plus caractéristique de ces îlots est formé par le quadrilatère dessiné par les rues Pailleron, du Mail, du Chariot d'Or et de la Croix-Rousse.

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Vue vers l'est, le sud est à droite. Sur la rue, des rez-de-chaussée et deux étages : les dimensions restent humaines. 

A cause du rectangle excessivement long et étroit de l'îlot, j'ai retranché la partie nord jusqu'à la rue Pailleron (vers la gauche ici), mais je trouve que le salmigondis de petites maisons imbriquées les unes dans les autres est assez parlant par rapport au fond d'immeubles de plus grande hauteur qui donnent, de l'autre côté, sur la rue du Mail. J'imagine la complexité de certains accès et le lacis bien serré des « servitudes de passage » légales. Je signale en passant que c'est à peu près sur ce modèle qu'était bâtie la montée de la Grande-Côte, impitoyablement rasée en je ne sais plus quelle année ténébreuse.

D'autres îlots caractéristiques : le rectangle vaguement trapézoïdal dessiné par les rues de la Croix-Rousse, Calas, de Cuire et Rosset.

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Le nord est en haut, et la verdure est bien cachée, sauf dans les deux créneaux sur la rue Calas, en bas.

Ou bien, plus au sud, celui que cernent les rues Croix-Rousse, Dumont, de Cuire et le clos Carret au nord.

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Là, qu'on m'excuse, j'ai mis le nord en bas pour avoir les immeubles hauts de la rue Dumont (voir aussi photo ci-dessous) bien au fond, pour faire apparaître d'abord la verdure, et puis le morcellement du terrain et la petite taille des maisons. J'attire l'attention sur la grosse maison isolée en haut à droite de l'image (voir plus bas).

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L'étrange rue Dumont, avec ses hauts immeubles à gauche et ce drôle d'alignement de maisons basses à droite.

Trois exemples (ce ne sont pas les seuls) qui montrent l'absolue spécificité de ce quartier, qui amène les Lyonnais de la Croix-Rousse à dire : « Je descends à Lyon » quand ils vont faire des courses dans la presqu'île, comme les gens de la campagne disent : « Je vais en ville » quand ils montent dans leur voiture pour se rendre à l'hypermarché. Je pense qu'on trouve peu de grandes villes en France où les choses se passent ainsi.

Un détail cependant me chagrine et me fait douter que l'avenir préservera cette particularité : on voit distinctement, en haut à droite de la photo du troisième îlot, une maison de belle taille qui ouvre sur la rue de Cuire par un espace vert et trois bâtisses de petite taille.

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La photo, ici, est orientée vers l'est (rue de Cuire en bas, sud à droite). Il semble que les trois bâtisses, mais aussi la maison, mais aussi le terrain, étaient inoccupés depuis lurette. Je ne sais quel conflit a peut-être fait durer les choses.

Cette photo ne rend absolument pas compte de ce qui s'y passe depuis plus d'un an : la société Gogol ne dit pas de quand date l'image satellite, mais elle est visiblement très en retard sur la réalité, visible ci-dessous.

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De quoi colmater, sinon l'horizon, du moins une belle dent creuse. On aperçoit sur une autre photo un pignon de la grosse maison profondément modifiée. L'immeuble n'est pas tout à fait fini, mais il est là et bien là.

Autre dent creuse bientôt bouchée : juste en face de l'église Saint-Denis. Ci-dessous, la photo satellite, suivie d'une photo non ambiguë, photos captée (1) et prise (2) le 28 septembre à 16 h 41.

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J'aimerais bien que tout ça ne préfigure pas d'autres opérations immobilières destructrices. Je ne me fais cependant aucune illusion : s'il n'y a pas un plan de destruction d'ensemble, on assiste bien à un grignotage, sinon systématique, du moins attentif et opportuniste, pour aboutir avec le temps, je le crains, à un habitat enfin uniformisé, homogénéisé, standardisé et, dans le pire des cas, à la façon de "La Confluence". J'imagine fort bien les gourmandises aiguisées qui se penchent sur les photos satellite et le cadastre pour se partager le gâteau.

Je les imagine fort bien, impatients et voraces, en train de se dire que, quoi qu'il arrive, le temps travaille pour les "bâtisseurs".

La Croix-Rousse : un avenir lucratif.

Voilà ce que je dis, moi.

samedi, 28 septembre 2019

DEMAIN, LA CROIX-ROUSSE

Quelques opérations immobilières en cours sur le plateau de la Croix-Rousse.

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L'image Gogol (enregistrée le 25-09) est en retard.

Tenez, prenez les tennis (ci-dessus) de la rue Aimé Boussange (préparateur en pharmacie assassiné par la Gestapo en 1943 à l'Ecole de Santé militaire, dont on a donné le nom à l'ancienne rue de la Crèche) : une insulte aux exigences de profit. A quoi ils servaient, ces tennis ? Quoi ! quelques malheureux sportifs du soir ou du week end venaient s'ébattre sur des surfaces bien trop belles pour eux !? On va leur coller de beaux logements à 6.000 € le m² (je le sais de source sûre) !

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Etat des travaux au 24 janvier 2019. Une belle machine, pour dire qu'on n'est pas là pour plaisanter : on n'a pas de temps à perdre.

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Etat des travaux au 12 septembre (photo prise à peu près sous le même angle).

Quelques vieux arbres avaient le tort d'empiéter sur le périmètre à construire (se reporter à la photo satellite).

***

Et puis prenez l'espace informe au fond de l'impasse Gigodot, jusque-là défiguré par de minables  garages avec des toits en tôle ou en Eternit pour donner à quelques rares voitures de privilégiés des lits pour la nuit !

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Vu du ciel, le fond improductif et misérable de l'impasse Gigodot. Avant.

On va vous bâtir un splendide immeuble en gros moellons gris qui va vous colmater cette insupportable dent creuse ! Finie, la dolce vita ! Et le pire est à venir, vu le nombre des "dents creuses" qui attendent impatiemment d'être bouchées sur le plateau de la Croix-Rousse (je ferai peut-être un de ces jours un panorama des photos satellite du plateau Croix-Rousse où le vert domine, un vert le plus souvent "privé", et j'imagine que les promoteurs immobiliers en ont fait la carte précise depuis longtemps). 

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Vu de la rue Belfort. A gauche, c'était l'atelier et le magasin (pardon : la "galerie") du père Solman (voir ci-dessous). Juste à droite, hors-champ, il y a Le Canut et les Gones, restaurant à la cuisine un peu tarabiscotée (à mon goût, ça pète plus haut que).

Finie aussi, en l'occurrence, la "Galerie des arts disparus" (les successeurs ont tout viré sauf l'enseigne) du vieux père Solman, le magnifique maître verrier, bavard impénitent, avec ses éternelles lunettes de glacier pour ses yeux blessés, qui roulait à moto (enfin, plus beaucoup, je pense), qui veillait jalousement sur le four et l'atelier où il n'exerçait plus guère, et qui n'a jamais voulu me dire ce que signifiait le "J" de son prénom (Janos ?) : était-il slovène, croate, slave, hongrois ou autrichien ? Sans doute un peu de tout ça en même temps. C'était un beau propriétaire et une figure du quartier. Mais au prix où les m² ont été vendus quand il n'a plus été là, sa disparition n'a pas été perdue pour tout le monde !

Car ça ne suffit pas, l'installation de "bobos" dans les appartements laissés libres de trop loin en trop loin par le départ de vieux Croix-Roussiens qui ont le toupet de s'incruster dans la vie bien au-delà de leur date de péremption ! Bon, c'est vrai que les nouveaux arrivants, qui "ont les moyens", n'hésitent devant aucune dépense pour effectuer de coûteux travaux de rénovation et de mise au goût du jour, mais ça ne va pas assez vite : ce n'est pas comme ça qu'on transforme un quartier vieillot pour le faire entrer dans la modernité ! 

***

Perspective.

Tenez, prenez l’ancien collège Maurice-Scève, rue Thévenet, promis au plus bel avenir par l’admirable société Vinci, qui a élaboré pour les lieux un projet si mirifique qu’il a illico conquis les autorités compétentes et obtenu avals, visas, blancs-seings et cartes blanches. Elle y construira probablement des logements de pauvres à 6.000 € le m² (et plus si affinités). Elle a, selon la rumeur publique, généreusement accepté de partager l’espace avec la population, puisqu’un jardin devrait voir le jour pour le plus grand plaisir du public et des promeneurs qui pourront y jouir d’une vue imprenable sur l'Est, le Rhône, le parc de la Tête d’Or et la ville.

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Vu du ciel, je ne sais pas vous, mais moi, ce collège ne me donne pas envie.

Mais vous savez quoi ? Deux ou trois centaines de va-nu-pieds à la peau noire occupent indûment les lieux, soutenus par une poignée de gauchistes humanitaires ou chrétiens proclamant qu’ils résisteront encore et toujours à l’envahisseur, à ses bulldozers, à ses grues et à son béton. C'est insupportable. Et d'autant plus insupportable qu'ils prétendent agir au nom d’une cause infiniment plus noble, mais qui a le défaut rédhibitoire de non seulement ne rien rapporter à personne, mais de coûter cher en retards divers et de nuire au repos légitime des riverains, qui se plaignent du bruit, de l'amoncellement des poubelles et de diverses autres nuisances.

Allons, la Croix-Rousse est un quartier qui bouge ! Que dis-je, il bouge: il tremble sur ses bases. Un signe : les nouveaux commerces qui ont pris la place de ceux qui ont fermé (je ne fais que citer les premiers qui me viennent) : brunch, resto japonais, vélos électriques, "perles de jouvence", qi gong, sanaya spa, bars à chats, bar à bières, boutiques véganes, etc.

Que des choses dont je n'ai rien à f..aire ! Peut-être ai-je dépassé la date de péremption ?

Voilà ce que je dis, moi.

Note : le tribunal de Lyon vient d'autoriser les autorités à expulser les occupants du collège au 24 septembre 2020 (jugement du 24 septembre 2019).

vendredi, 27 septembre 2019

DEMAIN, LA CROIX-ROUSSE

J'ai déjà parlé de la transformation de la Croix-Rousse sous l'action dynamique de divers promoteurs immobiliers qui ont l'aventure (bétonneuse et financière) dans le sang : le bout de la rue Henri-Gorjus (ancien adjoint au maire de Lyon) est déjà tombé sous leurs coups. On n'aperçoit plus de la rue le terrain de sport, et tout un tas de "terrains vagues" et de petites maisons avec leur jardin ont rendu l'âme. Une bonne chose de faite : c'était un vrai gaspillage aux yeux de la loi de rentabilité. Terminé ! Rien ne vaut l'empilement et l'habitat collectif ! Pareil rue de Cuire. Pareil rue Linossier. Pareil rue Henri-Chevalier. Pareil rue du Mail. Pareil dans pas mal d'endroits, comme on le voit ci-dessous.

AVANT

Rue Dumont d'Urville. C'était la maison d'un avocat, Me Revellin. A voir les lieux, ce devait être un très bon avocat.

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Vue du ciel.

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Vue de la rue (quelqu'un d'attentionné a déjà coupé la vigne vierge à mi-hauteur, en prévision de la suite).

MAINTENANT

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Photo prise le 26 octobre 2017. Je ne connais pas le prix du m² au départ. Je note que la boîte aux lettres de la Poste, qui était bien pratique pour quelques vieux du quartier, n'a pas retrouvé sa place.

 

***

AVANT

Cette fois, on est à l'angle rue Chariot d'or (en dessous)-rue Thévenet (à gauche). On observe la maison de maître, bien séparée de l'ancien atelier.

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Vu du ciel.

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Vu de la rue, après destruction de l'atelier, mais au moins, la maison de maître est conservée (même qu'il a fallu enfoncer à grand bruit un mur de palplanches avant de pouvoir creuser).

MAINTENANT

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La maison de maître, comme l'immeuble nouveau, en est aux finitions. On voit que toute sa lumière est bouffée par l'immeuble. Mais comme il n'y a plus de maîtres ...

La marche est inexorable : la Croix-Rousse finira par avoir un aspect socialement présentable : elle ressemblera alors définitivement à tous les "quartiers modernes", je veux dire évidemment "bien" architecturés, urbanistiquement "pensés" : le sort commun des quartiers modernes, faits pour habiter, pas pour y vivre. On se consolera peut-être en se disant que ça fait un sacré bail que le plateau de la Croix-Rousse, s'il l'a jamais été, a cessé d'être un "village". 

Demain, quelques opérations en cours.

jeudi, 26 septembre 2019

UNE "INSTITUTION" LYONNAISE

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La première fois que je suis entré dans la Brasserie Georges, je devais être âgé d'à peine plus d'une dizaine d'années, introduit par un oncle et en compagnie d'un cousin un tout petit peu plus jeune. Autant dire que je n'ai guère de souvenirs de ce jour, si ce n'est la plantureuse "omelette norvégienne" apportée au dessert, au moment où ni François ni moi n'avions encore "de la place". Nous avions été impressionnés par l'ambiance sonore tumultueuse qui faisait penser à un hall de gare.

Je me rappelle encore, plusieurs années plus tard, en conclusion d'un soir de 8 décembre (ce qui s'appelait autrefois Les Illuminations) passablement alcoolisé, où la bande de joyeux drilles inoffensifs à laquelle j'appartenais alors avait fait irruption dans la salle en vociférant : « Li-bé-rez Jean-Val-jean ! Li-bé-rez Jean-Val-jean ! ». Certes, nous avions de bonnes lectures. Je ne me rappelle pas toutes les occasions que j'ai eues ensuite de franchir les portes de cette étape inévitable sur le parcours de la gastronomie lyonnaise.

Depuis ces époques lointaines, la réputation culinaire de l'établissement a connu des hauts et des bas. Il semblerait que, depuis un nombre respectable d'années, la maison ait été reprise en main de façon énergique et efficace : malgré toutes les apparences de l'usine, le service est attentif et l'entrecôte d'excellente qualité est cuite exactement comme demandé (= bien saignante).

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Il faut de très bons yeux pour apercevoir les contours du buste du fondateur Georges Hoffherr, ci-dessus à droite, qui, posé sur son socle, accueille les convives à l'entrée de la gigantesque salle.

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La choucroute, une base inébranlable, pour ne pas dire la raison d'être de la maison.

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Les dames distinguées ne dédaignent pas de venir, à l'occasion, déguster le menu « escargots - tête de veau ravigote » (ici la tête de veau).

Seul bémol à la qualité de l'aventure : le cierge magique et la sempiternelle et stupide rengaine américaine serinée par le petit orgue de barbarie à chaque fois qu'un des innombrables convives s'avise de célébrer son anniversaire. Si encore la salle ne se sentait pas obligée d'applaudir (suscitant le dédain de la dame distinguée) ! Qui connaît encore la chansonnette bien française : « Bon anniversaire, nos vœux les plus sincères, que ces quelques fleurs vous apportent le bonheur, que l'année entière vous soit douce et légère, et que l'an fini, nous soyons tous réunis  » ? Chanté par deux cents bouches de mangeurs (voire des bouches pleines de mangeurs avinés), ça aurait une autre gueule, non ?

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 23 septembre 2019

EN UNIFORME DE CLIENT

Je fréquente fort peu les hypermarchés, mais enfin, il m'arrive, de très loin en très loin, d'en franchir l'entrée, ne serait-ce que pour en utiliser les toilettes, impeccablement tenues, en général. C'est ce qui m'est arrivé un de ces derniers jours. Et je ne l'ai pas regretté. Je peux même dire que la scène m'a bien diverti : sortant de sa voiture à peu près en même temps que moi de la mienne, le monsieur s'est dirigé vers le hangar aux caddies, et surprise : sa tenue était parfaitement coordonnée aux couleurs des chariots. Le bleu du polo et le rouge du pantalon chantaient à l'unisson du rouge et du bleu de l'engin Carrefour. Chez le caméléon, on appelle ça le mimétisme. Carrefour serait peut-être bien inspiré de généraliser cette initiative individuelle : vous imaginez le parking, le samedi matin, où l'on verrait manœuvrer (je veux dire "grouiller") une armée de clients en uniforme bleu et rouge ? Je vois déjà la photo que pourrait prendre le drone de service. Un peu de blanc dans tout ça, et il y a fort à parier que la fierté nationale en sortirait ragaillardie.

J'avais l'appareil photo dans le sac à dos. Ne voulant pas bousculer le légitime désir d'anonymat de la personne, je me suis débrouillé pour prendre le cliché ci-dessous au moment opportun. 

photographie,hypermarché carrefour

 

 

samedi, 21 septembre 2019

TROIS VISAGES

Il n'y a pas que la photo, dans la vie.

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2003, café de la Cloche. Le serveur, en m'apportant ma bière, m'avait aimablement glissé à l'oreille, un peu salaud : « Attention, elle est pas toute seule ». Cela ne voulait pas dire que quelqu'un l'accompagnait.

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2003, place Bellecour.

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2003, place Antonin-Gourju.

lundi, 09 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Il n'y a pas que la lumière dans la vie : il y a aussi l'aspect des choses.

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J'ai pris la photo ci-dessus lors d'une visite de chantier naval, quelque part dans le centre de la France. On voit l'état d'une coque métallique de bateau qui aurait bien besoin d'un kärcher.

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Ce qui m'a plu ici, c'est l'aspect de lavis vaguement aquarellé de l'édifice, dans une famille de gris entre sépia et noir et blanc.

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Le verre à vin d'Alsace. Là, on comprend tout de suite : c'est le jeu des complémentaires.

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Là, c'est un très beau dessin au trait, que peuvent piétiner impunément tous les passants de l'avenue Adolphe Max.

dimanche, 08 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Quand la lumière traverse la matière (pas n'importe laquelle).

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Les drôles de vitres à l'ancienne (et le marronnier en fleurs).

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La drôle de carafe.

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Le drôle de cubisme.

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Le drôle d'effet de prisme.

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Les drôles de tranches.

samedi, 07 septembre 2019

COMMENT JE REGARDE MES PHOTOS

Je ne sais pas si j'ai raison et je ne suis pas sûr que ça vaille le coup. Je n'ai aucune théorie à défendre, mais si je voulais essayer d'expliquer comment je regarde mes photos (et la réalité à l'occasion), je prendrais aujourd'hui l'exemple d'un cliché pris entre 1988 et 1990, lors d'une réunion de famille à l'occasion de Noël. Cette photo montre deux personnes. Celle qui est à droite de la photo est dans une attitude banale et montre un visage, selon moi, plutôt neutre (le sourire un peu figé ?). Et je me rends compte que, si je lui prête davantage d'attention qu'à la personne qui se trouve à gauche, c'est uniquement à cause de la manche droite de son gilet, qui fait une curieuse cascade du fait de l'ombre étrange (je ne comprends toujours pas d'où elle vient) qui s'y projette. Et à force de focaliser mon attention sur ce détail, je finis par me convaincre qu'il est peut-être là, le centre de l'image, qu'un recadrage va mettre en évidence (après tout, si je me souviens bien,c'est ainsi que procède le photographe du film Blow up pour faire apparaître le pistolet). C'est peut-être idiot, ça n'a sans doute aucun intérêt. Après tout, c'est peut-être seulement l'étrangeté du détail qui aura attiré mon regard plus que de raison. Quoi qu'il en soit, il serait vain de tirer de tout ça un concept, une théorie, une doctrine quelconques.

Etape n°1.

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Etape n°2.

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Etape n°3.

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vendredi, 06 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Quand la lumière dessine la matière.

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Les tilleuls en hiver (clin d’œil à qui les a connus).

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La cuisine de la brasserie, sur le boulevard.

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La vie derrière la vitre.

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Après une bonne pluie d'été.

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Le chapeau de lampe.

mardi, 03 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Je ne suis pas photographe, je le sais, je l'ai dit à maintes reprises, je n'ai à cet égard ni prétention ni ambition. J'aime juste prendre des photos, comme tout le monde. Je pratique cette activité depuis mes douze ans (six décennies !), quand ma chère marraine (la délicieuse et tendre tante Madeleine D.) a eu l'étrange et magnifique idée de m'offrir un superbe appareil : un Ultra-Fex (pellicule 6 x 9 "petit trou", que je faisais développer chez Perrichon, rue Puits-Gaillot), une drôle de machine, extrêmement rudimentaire et à lentille "rustique", dont il fallait à la main tirer la partie "objectif" pour faire la partie "chambre".

En ai-je gâché, de la pellicule et de l'argent de poche ! J'ai quand même gardé quelques mauvaises images d'un voyage à Rome et à Naples, de quelques camps "scouts" et de quelques vacances à Tence, à Corbeyssieu ou ailleurs. Je ne suis pas devenu photographe pour autant : si je suis aujourd'hui content d'avoir fait quelques clichés pas inintéressants, c'est que j'ai beaucoup erré, beaucoup tâtonné, beaucoup raté, je veux dire beaucoup gaspillé.

Tout ce qui relève de la technique, du matériel ou du travail de laboratoire m'indiffère, m'agace ou me rase. Moi, ce que j'aime, c'est regarder. Une histoire de rapport au monde. Je demande à mon appareil photo de me restituer le plus fidèlement possible l'image que mon œil a aperçue – espoir le plus souvent déçu, faut-il préciser. Qu'est-ce qui attire mon œil ? Difficile de répondre de façon limitative. Je dirai que le point commun à beaucoup des images que j'ai produites a quelque chose à voir avec le passage de la lumière dans (ou sur) la matière. 

Tenez, il y a quelques jours, je passe comme tous les soirs dans le couloir où est punaisé au mur un plan mural plastifié de la ville de Lyon. Je remarque que la petite lampe allumée, de l'autre côté de la porte, s'y reflète de façon particulière et "intéressante", et voilà ce que ça donne : une espèce de grosse molaire fluorescente, une sorte de sculpture lumineuse à l'épiderme grumeleux qui ravit mon œil. C'est tout ce que je demande : que ça me plaise.

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Il m'arrive d'appeler le résultat de ce genre de moment "Mon Arcon" : le recadrage, en effet, fabrique parfois une image qui me fait dire que beaucoup d'artistes "contemporains" ne font après tout que s'inspirer d'un réalité qui apparaît à qui veut, pourvu qu'on la regarde d'assez près ou dans les détails.

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Comme ces "artistes", je me fiche de savoir ce que peut bien représenter l'objet visuel qui découle de la démarche. Je me dis que le détail, s'il est porté à l'échelle de la perception commune, a le droit de susciter mon intérêt. Et pourquoi pas, celui de quelques autres (on peut rêver).

lundi, 02 septembre 2019

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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"Ficelle" de Fourvière, 2003.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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On voit deux fois le photographe.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Le photographe est dédoublé.

Tour métallique et "Fourvière-basilique" (inversées) en toile de fond.

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Là, on reconnaît la "Fac de Droit" (en ancien français).

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Là, ça doit être à Dijon.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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L'Hôtel-Dieu vu depuis une vitrine de la rue de la Barre.

Le photographe, on le voit, n'a pas sa casquette.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Un quai du Rhône.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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On voit deux fois le photographe, et pas que.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

Ubiquité

photographie,lyon,fourvière,abri du pèlerin

Esplanade de Fourvière, 2003, l'abri du pèlerin.

Le photographe est au premier plan et tout au fond.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Un quai du Rhône, avec ombre envahissante de l'opérateur.

dimanche, 01 septembre 2019

POUR CLORE LES VACANCES

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Paris, 2014, le pont des Arts, à l'époque des cadenas d'amour.

samedi, 31 août 2019

VACANCES SANS TITRE 30 (FIN)

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vendredi, 30 août 2019

VACANCES SANS TITRE 29

 

photographie,poésie