08.05.2012
LE MYSTERE SARKOZY
Parmi les défauts qui ont été reprochés à NICOLAS SARKOZY, le plus incompréhensible pour moi, c’est une de ses obsessions : le SONDAGE. Il sniffe (peut-être entre autres), du sondage, jusqu'à l'overdose. Le sondage érigé en méthode de gouvernement. Jamais on n’avait gouverné comme ça. Cela reste un mystère.

DESSIN DE F'MURR
(le "génie des alpages", vu autrement)
RAYMOND AVRILLIER est un élu (étiquette écolo, est-il conseiller municipal ?) de Grenoble. Il a fini par obtenir (il a fallu pour cela que le tribunal administratif en adresse l’injonction à l'Elysée) communication d’un dossier où sont comptabilisés tous les sondages commandés par NICOLAS SARKOZY entre juin 2007 et juillet 2009. De la folie.
Et il n'y a pas de raison pour que le rythme se soit ralenti depuis. Le jour 1, c'est le fait divers qui se produit, le jour 2, c'est la loi votée en urgence, le jour 3, c'est le sondage pour mesurer l'effet du vote dans l'opinion.
Il y en a exactement 264, des sondages. Deux cent soixante-quatre. Un tous les trois jours. J’hallucine. Pour un montant de 6.350.000 €. J’ai beau essayer de me rendre compte, je n’y arrive pas. Des sondages sur tous les sujets, non, sur n’importe quel sujet, y compris, entre beaucoup d’autres, sur « l’observation d’une minute de silence dans les établissements scolaires en hommage au dernier poilu » (LAZARE PONTICELLI). On rêve, non ?

JE SALUE LAZARE PONTICELLI, LE DERNIER POILU
DE LA GUERRE QUI MARQUA LE SUICIDE DE L'EUROPE
Pas moins de 264 sondages en deux ans, là je dis, c’est une maladie. A la rigueur, c’est un symptôme. Je pense sincèrement que NICOLAS SARKOZY est atteint. Voilà un psychopathe, un fou, un malade mental, et le sondage est un symptôme de sa maladie. Comme s’il avait besoin de mesurer en temps réel l’effet qu’il produit, et même pas sur la réalité, mais sur l’esprit des gens.
Qu’est-ce qu’il faut, pour mériter de gouverner ? La première chose à avoir, c’est une conception du monde. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais enfin, elle dessine un horizon, un lendemain meilleur que l’aujourd’hui pour les vivants. Un monde meilleur.
On s’interrogera évidemment sur ce que ce « meilleur » recouvre – et ça diverge sacrément, selon l’idéologie – mais à la base, il faut au minimum une « vision ». SARKOZY n’a pas de « vision ». Et ce défaut a une conséquence : il n'agit pas, il réagit. En dehors de vouloir devenir président de la république et de tout faire pour y parvenir, il n'a jamais su le but politique qu'il poursuivait, parce qu'il n'en avait pas. Politiquement, cet homme sonne creux.
Ne pas avoir de doctrine peut avoir quelque chose de rassurant aux yeux des échaudés du 20 ème siècle, mais cela implique ipso facto que le pouvoir se contente de GERER les affaires, en avouant qu'il n'est plus en mesure de les DIRIGER. Il suffit pour cela d'avoir un BTS de comptabilité-gestion.
Le recours pathologique au sondage est hélas une preuve que la personne qui se présente aux suffrages pour gouverner ses semblables n’en a aucune, de vision. Rien. Nada. Nix. Car le gars qui a une vision, il y va, sans se préoccuper du qu’en dira-t-on. Il avance. Il calcule, il manœuvre, il prévoit le coup d’après, comme aux échecs. La partie qu’il joue, elle est sur le terrain.
SARKOZY, lui, ne joue pas sur le terrain. Il joue devant un miroir. Il se regarde jouer. L’échiquier sur lequel il joue est un échiquier électronique, vous savez, ces KASPAROV virtuels que vous pouvez domestiquer le soir, sur votre table, à force de retours en arrière sur les coups déjà joués, jusqu’à ce que vous ayez trouvé la faille dans le jeu de l’adversaire. Je me demande si la conception que NICOLAS SARKOZY se fait de la politique n’est pas qu’elle consiste à régner sur les esprits, et pas sur les choses. En 2007, il se montra le meilleur raconteur d'histoire. Pas davantage. Et la suite l'a prouvé.
La faiblesse de NICOLAS SARKOZY, je vais vous la dire : c’est un ANGOISSÉ. Il tremble à l’idée de ne pas maîtriser. Il tremble surtout à l’idée que les gens se rendent compte qu’il ne maîtrise pas. Il a une sainte trouille que ça se sache. Imaginez NAPOLEON demandant à sa concierge ce qu’elle penserait s’il engageait une bataille à proximité d'une ville nommée Austerlitz.
Sa maladie du sondage (264 en deux ans, je rappelle) est exactement le symptôme de son angoisse. En réalité, il ne sait pas quoi faire pour gouverner le réel. Pourquoi croyez-vous qu’il s’entoure de plus de « conseillers » qu’il n’y en a jamais eu à l’Elysée ? Plus je ne comprends rien à ce qui se passe, plus j'ai besoin qu'on me conseille.
Pourquoi croyez-vous que tous les ministères ont pratiqué à fond l’inflation du nombre des « conseillers » (qui coûtent un pognon fou) ? Mais tout simplement parce que, au plus haut niveau, plus personne ne sait quoi faire pour avoir l’air de dompter la réalité et de pouvoir la modifier.
Alors qu’est-ce qu’il fait, SARKOZY ? Il se demande ce que les gens pensent qu’il faudrait faire. Que pense ma concierge ? J’ai laissé de la terre sur le tapis de l’entrée. Je suis rentré bourré en gueulant l’autre soir de la fête chez Paulo. Il faut que je lui demande ce qu’elle en pense.
Cela s’appelle le « sondage d’opinion ». Mais le problème du sondage, c’est qu’il ne vous donnera jamais la solution du problème. Le sondage pathologique, une maladie du mode de gouvernement, fait de l’ « opinion publique » le conseiller en chef de l’Elysée. SARKOZY a en réalité enrôlé 45.000.000 de conseillers, à travers des instruments de la plus haute fantaisie scientifique : les sondages.
Or, s’il existe un exécrable conseiller, c’est bien l’opinion publique. Pourquoi ? Mais tout simplement parce que ce qu’il dit, ce conseiller, c’est ce que tout le monde sait, alors même qu’agir sur le réel, c’est inventer quelque chose qui n’existe pas encore. Donc quelque chose que personne ne sait. Agir sur le réel, c’est inventer le réel. « Wâh ! Cette parole est forte. », déclare RED CLOUD, le chef Lakota Oglala.

Voilà ce que je dis, moi.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, élection présidentielle, france, politique, société, sondage, enquête d'opinion, f'murr, raymond avrillier, le canard enchaîné, élysée, lazare ponticelli, poilu, grande guerre, red cloud, sioux, lakota, oglala
06.05.2012
L'ENIGME SARKOZY
Je profite de ce qu’on va parler de NICOLAS SARKOZY encore pendant quelques jours (puisqu’il paraît que l’élection est pliée) pour commenter un aspect du personnage qui reste pour moi une énigme.
NICOLAS SARKOZY est la preuve vivante qu’être profondément et viscéralement haï peut devenir une raison de vivre. Enfin, je me pose la question. C’est exactement, sur le plan humain, le contraire de FRANÇOIS HOLLANDE. Non, rassurez-vous, je n’annonce pas une déclaration d’amour au candidat socialiste, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, Dieu m’en préserve, et Dieu me garde en Sa Sainte Grâce ! Pour mon compte, dimanche, ce sera NI l’un, NI l’autre.
HOLLANDE, que voulez-vous, il est tellement propre et lisse qu’il n’y a strictement rien à en dire. « Normal », « sans charisme », neutre, couleur de muraille gris terne. Franchement, FRANÇOIS HOLLANDE est tellement inodore, incolore et insipide que ça me rend terriblement méfiant. Le proverbe le dit bien : « Il faut se méfier de l’eau qui dort ».
Si l’on se fie aux apparences, j’aurais bien vu FRANÇOIS HOLLANDE exercer la fonction de principal de collège. Mais un modeste fonctionnaire qui serait sorti de l’ENA (promotion Voltaire, 1980). Donc ça cache forcément quelque chose, et sans doute du louche.
Vous n’avez pas l’impression qu’avec un tel président, les Français peuvent s’attendre à TOUT ? Y compris au pire ? Il n’a rien promis. C’est peut-être un indice. Rappelez-vous la vague rose de 1981, l’enthousiasme à la Bastille, MITTERRAND au Panthéon.
Puis rappelez-vous le déchantement brutal et stupéfiant de 1983, la conversion du Parti « Socialiste » au libéralisme de marché, son abandon de sa « clientèle » populaire, au son du refrain « il n’y a pas d’alternative ». A la place des électeurs, j’y réfléchirais à deux fois, avant de mettre le bulletin HOLLANDE, parfumé à la trahison, qui ne vaut certes pas « Barbouze de chez Fior » (Zazie dans le métro), le parfum de Gabriel qui amène le premier mot du livre : doukipudonktan.
NICOLAS SARKOZY, que j’ai entendu traiter de fasciste à une terrasse de café (mieux vaut entendre ça que d’être sourd), au fond, n’avait pas tort de prétendre qu’il était seul contre neuf, avant le premier tour. Mais il n’y a peut-être pas de hasard. Peut-être même qu’il a tout fait pour arriver à ce brillant résultat.
Ce qui m’épate d’ailleurs, après cinq ans de présidence SARKOZY, c’est qu’il y ait encore une vingtaine de millions de Français prêts à voter pour lui (pour être précis, 21,6 millions s’il obtient 48 % des voix). Pourquoi ça m’épate, me direz-vous ?
Pour une raison finalement simple. J’ai rarement eu l’occasion d’observer une telle habileté, une telle virtuosité de grand artiste dans la capacité d’un homme à cristalliser la haine sur sa personne. Comme s’il y avait en lui une haine qui émanait, provoquant en quelque sorte une haine en retour (« casse-toi, etc. » en est un bon exemple). Un vrai tour de force.

Il a même, paraît-il (mais peut-on se fier aux sondages ?), réussi à tellement braquer les électeurs de Madame LE PEN, y compris après avoir pillé le programme de celle-ci, que beaucoup reporteront leurs voix sur FRANÇOIS HOLLANDE. Non seulement, comme on dit d’un boxeur, il « encaisse » bien, mais en plus, il donne l’impression d’aimer ça, l’hostilité et les coups. De les chercher. C’est un peu normal qu’il les trouve, non ?
La HAINE. On ne sait pas bien ce qui arrive en premier dans ce rejet, qui a, quoi qu’on en pense, quelque chose d’extraordinaire. Il doit bien y avoir des explications. Dans le cas de NICOLAS SARKOZY, elles sont plusieurs, sans doute même une pile, voire un gros tas. Ce qui est le plus curieux, c’est qu’on les connaît toutes. Tout est sur la table. Tout a été abondamment dit et commenté.
Personnellement, je ne le cache pas, il y a quelque chose qui me révulse dans la façon dont NICOLAS SARKOZY exerce le pouvoir. Mais en même temps, sa façon de faire tout ce qu’il fait en ayant l’air (voir plus bas) de se foutre éperdument des réactions, je dirai au moins que ça m’amuse, parce que je trouve ça culotté.
Je n’ai pas de haine pour la personne. C’est sa façon de s’y prendre avec la réalité qui heurte en profondeur ce que je crois avoir de sens commun. Peut-être sa façon de rouler des mécaniques à la face du monde, et de proclamer, avant d’avoir fait quoi que ce soit, qu’il est plus fort que la réalité. « La réalité ? Je lui rentre dans le chou ! » On comprend qu'il la prenne dans la figure.
Voilà ce que je dis, moi.
A suivre.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, politique, france, société, élection présidentielle, françois hollande, parti socialiste, ena, mitterrand
05.05.2012
DES NOUVELLES DE TCHERNOBYL
Pas la peine de refaire l’histoire : Tchernobyl est le petit nom de la catastrophe, Fukushima pourrait être le nom de famille. Tout le monde connaît le jeu des 7 familles : dans la famille Catastrophe, je demande ... Donc, tout le monde connaît le petit garçon nommé Tchernobyl Fukushima, un sacré morveux, un galapiat capable de toutes les facéties, y compris les pires. Comme le chantent les Quatre Barbus (texte de FRANCIS BLANCHE) : « Il montrait à tous les passants son Cul-rieux esprit compétent ».
Vous avez reconnu Jérémie Victor Opdebec, immortel inventeur de la pince à linge, célébré dans l’hymne commençant par Pom-Pom-Pom-Pom, point-point-point-trait, le V de la victoire en alphabet morse, vous savez, « ici Londres, les Français parlent aux Français », sur un air bien connu de BEETHOVEN (la symphonie en ut mineur, la n° 5, celle qui a eu sa préférence jusqu'à la fin).
Et comme le chante BOBY LAPOINTE : « On l’a mené à l’hôpital Pour le soigner où il avait mal. Il s’était fait mal dans la rue, mais on l’a soigné autre part. … Et il est mort ! ». Eh oui, le petit Tchernobyl Fukushima est désormais un cadavre. Mais un cadavre pas comme les autres. Un cadavre éminemment précieux entre tous. Une sorte de roi, de prince oriental. Disons une sorte de PHARAON, et n’en parlons plus.
Allez, vous me voyez venir avec mes gros sabots. Mais c’était trop évident pour y échapper : le SARCOPHAGE. Rien que l’idée de donner ce nom à la première enceinte de confinement, c’est vraiment une drôle d’idée. Pour une raison simple : « sarko » (désolé, je n’y peux rien, c’est du grec : σαρξ, σαρκος, je passe les accents) veut dire « chair », et « phage », « manger ».

Le sarcophage est supposé manger la chair du mort. C’était une belle idée, mais parce que c’était l’antiquité, le temps des momies (« c'est le temps de l'amour, le temps des copains et de l'aventure », chantait FRANÇOISE HARDY) et du respect des morts : on les mangeait. Aujourd’hui ? Ça fait curieux. Parce que la chair atomique, franchement, très peu pour moi. Je ne suis pas doué pour être sarkophage. L'Atomic Sarko est proprement immangeable. Je n’ai pas envie de m’empoisonner.

JE L'AI PERDU DANS MON GRAND LIT,
MON DIEU QUEL HOMME QUEL PETIT HOMME !
(chanson pour enfants, qu'ils disent!)
J’ai dit « la première enceinte », parce qu’il va y en avoir une seconde, pour remédier aux faiblesses de l’autre, qui laisse échapper, paraît-il, des tas de choses pas bonnes pour la santé (150 m² sont à ciel ouvert). Pourtant, à voir de loin, ça a l’air d’être du sérieux, cette enceinte en métal et béton.

SARKOPHAGE N° 1
Le cadavre est dans le placard, mais la porte ferme mal ? Il faut mettre le placard dans un placard plus grand, ça a l'air logique, comme ça. C’est ce qui se dessine. Les journaux appellent ça un « sarcophage géant ».
Un gadget fut en faveur, un temps, dans les cuisines : le « sac à sacs », vous savez, ces choses informes pendues à je ne sais quoi. Eh bien, à Tchernobyl, c’est la même chose, un « placard à placard », sauf les dimensions. Pour donner une idée : 400 pieux métalliques d’un mètre de diamètre. La construction pèsera 30.000 tonnes. Quatre fois la gringalette Tour Eiffel, il paraît.

L’épaisseur de la paroi extérieure ? Soixante centimètres (mais je lis ailleurs « une double peau de douze mètres d’épaisseur », il faudrait savoir). Elle a intérêt à être étanche, à ce prix-là. Le contrat garantit l’étanchéité pendant un siècle. Après ? Démerdez-vous !
Et, « l’as 
botte not’liste » (« pardon my english », comme dit GEORGE GERSHWIN dans sa pochade musicale, mais qui fait passer un très bon moment), l’ensemble aura une hauteur de 108 mètres. La Statue de la Liberté pourrait y tenir debout. Mais je demande : est-il raisonnable de déplacer la Statue de la Liberté dans une centrale nucléaire en ruine ?
Cela m’inspire une question : est-ce que l’homme était assez fort pour déclencher la puissance de l’atome ? Est-ce que l’homme a la dimension de l’atome ? Est-il raisonnable de se mettre dans l’obligation de soigner la maladie nucléaire fulgurante dont un géant est atteint, qui risque de contaminer tout le monde ?
Certains diront : c’est déjà fait. J’en conviens. Ben oui : c'est trop tard. On attendait GROUCHY, c'était BLÜCHER. On a appelé ça Waterloo. Côté Tchernobyl, et je ne parle pas de Fukushima, le Waterloo est encore devant nous. Et Waterloo, vu la longévité humaine, sera toujours devant nous. La défaite de Waterloo érigée en état permanent, l'homme n'en a pas rêvé, et Sony ne l'a pas fait. L'industrie nucléaire, si.
Car le problème, c’est que le cadavre de ce géant n’est pas mort, il bouge encore, et pour longtemps. Pas loin d’être éternel, même. Après tout, c’est ce que je me dis, c’est peut-être un dieu qui est étendu, là-bas, à Tchernobyl. Le dieu Atome en personne. C’est peut-être une cathédrale, qu’on lui construit. Mais une drôle de cathédrale, où il serait interdit à la foule de pénétrer pour déclamer des prières et chanter des cantiques en l’honneur du dieu Atome. Quelle époque étrange, quand même !
Pas moins de vingt-trois portes blindées de 8 mètres sur 8 sépareront la divinité du monde extérieur. Il n’est pas question de laisser les fidèles recevoir l’onction sainte : c’est comme dans l’Egypte ancienne, où seuls les prêtres ont le droit d’approcher la statue du dieu. Eux seuls auront le privilège d’être contaminés par le cœur brûlant de l’Etre Suprême (« Ave ROBESPIERRE, ceux qui vont mourir pour l'Atome te saluent »). Ils sont supposés en tirer une connaissance secrète, strictement réservée aux initiés.
Eh bien moi, je vais vous dire : cette connaissance secrète, je la leur laisse, aux prêtres, encore que, pour le démantèlement de la statue du dieu, il soit prévu d’utiliser au maximum des robots, vils êtres sans conscience, inaccessibles à la majesté de la métaphysique nucléaire et à la sublimité du culte qui entoure le dieu Atome depuis sept décennies. Non, décidément, l’homme n’est pas à la hauteur de la divinité, et ne mérite pas tous les bienfaits que celle-ci déverse sur sa tête avec l’abondance de sa générosité infinie.
Rendez-vous compte, rien que pour commencer à travailler, il a fallu décontaminer neuf hectares, couler 25.000 m³ de béton sur trente centimètres d’épaisseur, déblayer 55.000 m³ de matières contaminées et 135.000 m³ de matériaux « propres » sur quatre mètres de hauteur. Tiens, c’est vrai ça, l’histoire ne dit pas où on a mis tout le contaminé. J’espère qu’il n’ont pas fait comme le Sapeur Camember, du grand GEORGES COLOMB, alias CHRISTOPHE, qui doit creuser un trou pour y enfouir la terre du trou qu’il a creusé auparavant pour y mettre la terre du trou …
Bref, tout ça ne semble guère raisonnable, de la part de personnes qui – prises individuellement – ont depuis longtemps passé l’âge de raison, mais qui collectivement s’encouragent à courir plus vite. Vers où ? Le Monsieur Prudhomme de HENRI MONNIER a déjà répondu (autour de 1850) : « On ne va jamais plus loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va ».
Il est vrai que les trouvailles de Monsieur Prudhomme sont nombreuses et réjouissantes : « Regarde, mon fils, la sagesse de la nature, qui a fait passer les rivières au milieu de nos villes » ou : « Si Napoléon était resté officier d’artillerie, il serait encore sur le trône ». Bon, ça n’a rien à voir avec Tchernobyl. Je sais. Et alors ?
De toute façon, rien ne vaudra jamais cette maxime qui permet à l'humanité de survivre en milieu hostile :

Voilà ce que je dis, moi.
Nous mourrons rassurés.
09:42 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, atome, énergie nucléaire, catastrophe nucléaire, tchernobyl, fukushima, quatre barbus, francis blanche, beethoven, boby lapointe, pharaon, sarcophage, nicolas sarkozy, tour eiffel, gershwin, waterloo, sapeur caamember, christophe, georges colomb, henri monnier, monsieur prudhomme
04.05.2012
LES MALHEURS D'ADOLF OGM
Résumé : les multinationales des OGM ont peut-être du souci à se faire.
Mille paysans indiens de l’Etat d’Andra Pradesh (ainsi que du Madhya Pradesh) ont obtenu d’un tribunal le versement, par BayerCropScience, de 850.000 euros d’indemnités, parce que la récolte 2011 (coton transgénique) a été inférieure de moitié à ce qu’elle aurait dû être. De MOITIÉ. C’est ce qui s’appelle déchanter.
C’est une excellente nouvelle, car une firme OGM est une entreprise de vol organisé, et qui plus est de vol légal, puisque la brevetabilité du vivant a été avalisée (par qui précisément, au fait ?), au moyen d’arguties juridiques subtilissimes.
Et c’est d’autant plus du vol que le paysan qui s’est converti à la religion OGM est juridiquement contraint d’acheter chaque année ses nouvelles semences, au lieu de faire ce qu’on a toujours fait de tradition immémoriale, réserver 10 % de la récolte pour la semaison suivante.
M. Adolf « OGM » Monsanto a été obligé de reconnaître, en 2009, que son coton Bollgard est désormais totalement vulnérable au ver rose, dans le Gujarat. Du coup, je raffole du ver rose. Des chercheurs indiens pensent que le coton transgénique résiste très mal aux bactéries, ce qui va faire forcément baisser la productivité. Le potentiel des semences hybrides va baisser.
Une certaine « frisolée » (un virus) est apparue sur les nouvelles semences hybrides OGM. Depuis que je sais ça, je ne peux plus me passer de frisolée. Les « parasites suceurs » s’en donnent à cœur joie, alors même que les semences traditionnelles y résistaient très bien. Sans compter que les semences transgéniques consomment plus d’eau que les autres, ont besoin de plus de nutriments, et conduisent par là à l’épuisement des sols, d’où la nécessité d’un surcroît d’engrais.
Tout ça coûte cher au paysan : en 2006, des milliers d’entre eux, acculés à la faillite, se sont suicidés en avalant des pesticides (voir là-dessus le très instructif film de MARIE-MONIQUE ROBIN, Le Monde selon Monsanto, 2008, disponible en DVD).
En plus, techniquement, il semble que le maniement de ces semences soit compliqué et nécessite un savoir-faire spécifique, car chacune des 780 variétés OGM distribuées en Inde est conçue pour un sol précis, et doit accepter une proportion précise de semences non OGM pour éviter les résistances aux gènes insecticides des OGM. J’espère que vous suivez. Comme dirait SEMPÉ : « Rien n’est simple, et tout se complique ».
Il a donc fallu dix ans pour que les gens ordinaires et quelques autorités indiennes mesurent les problèmes que posent les semences OGM, dont on promettait, dans les publicités massives qui ont permis d’installer le marché, qu’elles étaient justement faites pour les résoudre, les problèmes.
Ben ça tombe bien, parce que figurez-vous qu’en dix ans, les semences locales ont eu le temps de disparaître, ou peu s’en faut. Vous voyez que ça sert vraiment à quelque chose, de déclencher des « controverses scientifiques » ! Dix ans pour que le masque commence seulement à tomber. Tout ce qui peut nuire aux OGM, en particulier l’observation de leurs effets pervers, doit être considéré comme une bonne nouvelle. Mais tout ce temps perdu, quel gâchis !
Pendant ce gâchis, que se passe-t-il aux Etats-Unis, berceau de cette avancée scientifique décisive que sont les OGM ? Eh bien, il semble qu’on y suive un chemin analogue. Le rendement stagne. La rentabilité de la culture du coton baisse, parce que les coûts augmentent. On se heurte au mur de la connaissance technique, alors qu’on promettait la plus grande facilité d’emploi.
Et puis on se rend compte que, si le coton « Bt » est efficace contre une chenille spécifique, il reste plusieurs dizaines de ravageurs. Le coton « Bt » a laissé le champ libre à ces derniers, qu’on connaît beaucoup moins bien, donc contre lesquels il est plus difficile de lutter. On recourt donc de nouveau aux pesticides classiques, dont les OGM devaient précisément nous débarrasser. Bref, les OGM n’ont rien amélioré, et en plus, ils ont semé le souk. Et en plus, ils ont foutu par terre une filière traditionnelle efficace. Encore bravo, monsieur Adolf OGM !
En attendant, n'oublions pas que

Voilà ce que je dis, moi.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biotechnologies, manipulations génétiques, ogm, monsanto, inde, paysans, mon 810, coton bt, marie-monique robin, le monde selon monsanto, sempé
03.05.2012
DES NOUVELLES D'ADOLF OGM
Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Oh, ce n’est pas grand-chose, presque rien, mais on ne sait jamais : une hirondelle, après tout ne pourrait-elle pas faire, aussi, le printemps ? Un petit fait anodin ne pourrait-il pas, à son tour, annoncer un renversement de tendance ? De quoi s’agit-il ? Que s’est-il passé ?
Ça se passe en Inde. Ça fait dix ans que Monsieur Adolf OGM s’est installé avec tambours et trompettes dans les exploitations agricoles de l’Inde (Monsanto, BayerCropScience, …). Dix ans, ce n’est pas si mal, pour voir ce que ça donne sur la durée.
J’ai fait passer dans ce blog quelques notes consacrées au sujet, dont une, très subtilement et très pertinemment (ben oui, quoi) intitulée : « Faut-il tuer Adolf Monsanto ? ». Avouez que c’était bien vu, quand même. Enfin, « c’est mon opinion, et je la partage », comme disent Dupont et Dupond, mais HERGÉ avait lu Les Mémoires de Monsieur Prudhomme, de HENRI MONNIER.

C'EST CE MONSIEUR PRUDHOMME QUI DECLARAIT :
« LA MER ? UNE TELLE QUANTITE D'EAU FRISE LE RIDICULE. »
Je ne veux surtout pas, et pour cause, entrer dans les aspects scientifiques du débat. J’ai pendant de longues années fait partie de jurys d’examen en « biotechnologie ». J’en ai gardé d’excellents souvenirs poétiques, d’une délicieuse poésie, hermétique pour moi, mais non sans un charme secret, qui émanait des travaux des candidats. La musique propre à cette langue enchante encore mon oreille : « hotte à flux laminaire », « boîte de Petri », « électrophorèse », « anticorps monoclonaux », et tant d’autres trouvailles harmonieuses, pour ne pas dire célestes.
Mon propos était de montrer que le premier intérêt des firmes OGM n’est pas de faire progresser la qualité ou la quantité de la nourriture mondiale, ni même d’assurer la sécurité alimentaire future des pays pauvres, mais de faire prospérer des entreprises industrielles, dont le premier souci est de « générer » (je sais, ce n’est pas beau) des bénéfices – quelles que soient les conséquences, bien évidemment, pourvu que la machine crache du cash.
Et pour que le crachat soit le plus gros possible dans le porte-monnaie, rien de mieux qu’un empire. L’ « imperium ». L’objectif de Monsanto est de cet ordre-là : fonder un empire. Est-il comparable au 3ème Reich ? Parlons de l’OGM Reich, si vous le voulez bien. Le nazisme et le stalinisme ont inventé le totalitarisme politique. Il est presque logique que la modernité ait inventé le totalitarisme économique, moins terrifiant, moins visible, donc infiniment plus habile.
La ruse a remplacé la terreur. C’est vrai, comme c’est très vilain de verser du sang, on se contente de privatiser le vivant. De breveter des éléments de la nature. De les confisquer au profit de quelques-uns. D’introduire dans toutes les agricultures du monde les gènes brevetés. De rendre ainsi le paiement de la dîme obligatoire et régulier.
Le rêve génétiquement modifié, à l’image des monarchies pétrolières, c’est la RENTE. Rentier : tu ne fais rien, tu te contentes de respirer, et l’argent rentre. Enfin, pas tout à fait rien : tu fais bosser des chercheurs, parce qu’il faut préserver la rente future et rester concurrentiel. Mais en gros, c’est ça. Une rente discrètement introduite dans le paysage normal et entrée dans les mœurs. Mais ce n’est certes pas un thème capable de captiver ou de mobiliser les foules. D’autant qu’il adopte pour ses déplacements la blouse respectable, couleur de muraille blanche, des hommes de laboratoire.
Les détails scientifiques sont juste là pour amuser les gogos et obscurcir le paysage, pour, en quelque sorte, occuper le terrain avec une belle, bonne, grosse « controverse scientifique », vous savez, ce rideau de fumée qui permet de retarder des décisions politiques ou sanitaires contrariantes pour la prospérité de l’empire industriel et de ses actionnaires.
Malheureusement, tout serait allé pour le mieux pour BayerCropScience et pour Monsanto, s’il ne s’était pas trouvé que, malgré toutes les précautions juridiques, c’est bel et bien au plan scientifique que la durée de dix ans semble apporter des arguments à ceux qui contestent les bienfaits des OGM.
Voilà ce que je dis, moi.
La suitetfin à demain.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, biotechnologies, monsanto, adolf, agriculture, écologie, alimentation, tiers monde, dupont et dupond, hergé, monsieur prudhomme, henri monnier, troisième reich
02.05.2012
DES NOUVELLES DE L'EUROPE
Oui, je sais, je ne parle toujours pas de la présidentielle. Mais ça vous amuse encore, ce cirque ? Moi, ça a plutôt tendance à me sortir par les trous de nez, ce match disputé par CAPITAINE MENSONGE et COLONEL BLUFF.
Blague à part, le n'importe quoi européen continue, s'aggrave.
Bon, on le savait déjà, que l’Europe est un « machin » ingérable, que sa construction cacophonique et sans queue ni tête aboutit à un édifice qui ressemble à ce dont est capable Numérobis, l’architecte ami de Panoramix, dans Astérix et Cléopâtre. La baraque est vermoulue, biscornue et bancroche et, comme dans l’aventure d’Astérix, elle part en morceaux qui tombent sur la tête des habitants.
AH OUI, ELLE EST BELLE, L'EUROPE DE NUMEROBIS !
Le moellon espagnol va sans doute suivre le moellon grec dans sa chute, et il y a de fortes chances pour que le crâne des Européens sorte de cette histoire aussi cabossé que celui d’Amonbofis, l’architecte rival de Numérobis, ou comme la carrosserie de ma voiture, après une mémorable averse de grêle du côté de Saint-Claude, dans le Jura. Cette Europe qui s’est faite sans les peuples écrase maintenant les peuples comme une averse de grosse grêle ou comme les moellons des maisons construites par Numérobis.
Est-il encore seulement possible pour la France de dénoncer les traités que tous ses gouvernements ont imperturbablement signés, depuis cinquante ans, sur la base sacro-sainte, intouchable, irréformable de la haïssable et démente CONCURRENCE LIBRE ET NON FAUSSEE, qui a déjà détruit l’essentiel de ce qui s’appelait, en France, les Services Publics, et qui n’a pas fini de semer son souk dans les lambeaux qui restent encore de ce qui fut l’Etat français ?
Vous êtes au courant de la dernière trouvaille de la Kommission de Bruxelles ? C’est un véritable éclair de génie : puisque les politiques publiques impulsées par l’Europe ont été incapables de lutter contre la surcapacité des flottes de pêche européennes et la raréfaction de la ressource, elle (madame MARIA DAMANAKI, commissaire européen de la pêche) propose de transférer aux professionnels les quotas gérés jusqu’à maintenant par les Etats.

MADAME DAMANAKI
ELLE AVAIT POURTANT L'AIR GENTIL
Ce genre de proposition, qui va dans le sens de tout ce qui a déjà amoché en profondeur le visage de la France qui était la nôtre, de la France qu’on aimait, ce genre de proposition porte un nom et un seul : la PRIVATISATION (voir ma note du 13 avril). Mais on ne va pas dire ça : il faut parler de « concessions transférables ». Elle est pas jolie, ma formule européenne ? La Kommission européenne persiste et signe, dans son orientation économique de fanatisme ultralibéral intégriste. Il n'en serait pas autrement si le PERE UBU avait été le père fondateur de l'Union Européenne.
A LA TRAPPE, LES MAGISTRATS !
UBU ROI, ACTE III, SCENE II
Tous les acteurs (écolos, Etats membres, pêcheurs eux-mêmes) sont opposés à ce projet de privatisation des quotas de pêche. Tous sauf un : l’Espagne, grand pays pêcheur devant l’éternel, qui n’a pas envie d’ajouter à ses malheurs la disparition de sa flotte et des emplois qui vont avec.
Pendant que le bateau coule, le naufrage continue. Sursum corda, mes frères, comme on disait quand la messe était en latin (« sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde », chante Tonton GEORGES).
Voilà ce que je dis, moi.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, françois hollande, ump, parti socialiste, élection présidentielle, france, politique, société, europe, astérix et cléopâtre, commission européenne, bruxelles, georges brassens
01.05.2012
DES NOUVELLES DE LA PLANETE (1)
Les tendances de la mode.
Cette année, la terre cultivable se portera de plus en plus confisquée. La tendance est sans doute appelée à durer, peut-être à se renforcer.
Je ne sais pas si vous savez ce qu’est un « bail emphytéotique », ce qu’on appelle une location de longue durée, voire de très longue durée. Le plus souvent, ce sont des baux à 99 ans. Un siècle quoi. J'appelle ça de la confiscation. D'autres parlent d'accaparement. Les initiateurs du mouvement appellent ça « aide au développement ». Cherchez l'erreur.
J’ai entendu dire, mais je ne veux pas le croire, que certains baux emphytéotiques peuvent être signés sur une durée de 999 ans. En tout cas, on trouve ça sur wikipédia. Ça me semble une hallucination. Parce que déjà, 99 ans, ça fait sur trois générations. Pas une appropriation, mais pour ainsi dire.
Le tout, pour signer un bail de location, c’est d’être deux. Quelqu’un qui possède un bien, et quelqu’un qui aimerait bien user de ce bien, contre rétribution. En l’occurrence, le bien est la terre cultivable disponible. C’est une richesse (presque) naturelle. Celui qui veut en user, c’est évidemment quelqu’un qui en manque, de cette richesse. Mais lui, il a de l’argent. Or le propriétaire du bien, c’est justement quelqu’un qui n’en a pas beaucoup, d’argent. Qu’est-ce que ça tombe bien !
Maintenant, si on regarde qui sont les bailleurs et qui sont les « locataires », on commence à mieux comprendre ce qui se passe : des pays riches, voire très riches, qui manquent de terres cultivables, sont en train de confisquer (un « bail à 99 ans », c’est un euphémisme pour « confiscation », ou je ne sais plus que 2 + 2 = 4), d’immenses territoires à des pays pauvres, voire très pauvres.
Cette confiscation est rendue d’autant plus facile que la propriété des sols, dans les pays du tiers-monde, n’est pas juridiquement aussi précise et cadastrée que chez nous. Ah, ta famille cultive cette terre depuis cinq générations ? Peut-être, mais prouve-moi qu’elle t’appartient ! Où est l’acte notarié ? Bon, ben puisque c’est comme ça, tu vas prendre tes cliques et tes claques et me foutre le camp d’urgence. Maintenant, c’est ce Monsieur qui la cultivera.
En général, c’est le gouvernement du pays qui procède aux formalités légales. Et comment ne pas imaginer que le futur locataire sait trouver des arguments sonnants et trébuchants, capables de toucher les sentiments du gouvernant, d’abord réticent, puis intéressé au fur et à mesure que les enchères montent ? Des enchères à lui seul destinées, bien entendu. Comment ne pas se sentir enclin à céder quand on en tire un joli bénéfice personnel ?
Il va de soi que je ne fais qu’imaginer ce scénario fantasmatique, n’est-ce pas. On connaît trop la parfaite intégrité morale des élites dirigeantes des pays « pauvres » (KABILA en RDC, SASSOU-NGUESSO au Congo Brazza, OBIANG en Guinée Equatoriale, etc.). On ne voit pas ce qui pourrait laisser supposer qu’elles pourraient se laisser corrompre.

J'ESPERE QU'ON PEUT DECHIFFRER,
EN PARTICULIER LES CHIFFRES
On a déjà compris que le plus gros gisement de terres cultivables disponibles se trouve en Afrique. En l’état actuel des choses, on parle de 180.000 km². Oui, vous avez bien lu : cent quatre-vingt mille kilomètres carrés (18.000.000 d’hectares) de terres africaines cultivables ont été soustraites aux cultivateurs autochtones, pour être confiées pour 99 ans à des entreprises étrangères. Et quand je dis « entreprises », cela veut moins dire des agriculteurs les pieds dans la glèbe que des industries avec leurs engins lourds.
Rien qu’à Madagascar, ce sont 37.000 km² qui sont passés sous la coupe étrangère. Un peu plus de 30.000 en Ethiopie, un peu moins en République Démocratique du Congo. Les pays les plus touchés, ensuite, sont, dans l’ordre, le Soudan, le Bénin, le Mozambique. Bref, le tableau s’éclaire violemment. L’Amérique du sud est concernée à la marge. Dans le Pacifique, les Philippines semblent avoir été entièrement mises en vente, loin devant l’Indonésie.
Maintenant, demandons-nous sans plus longtemps tergiverser qui sont les acheteurs (terme plus approprié que locataire). Au premier rang, la Chine, suivie à plusieurs longueurs des Etats-Unis. Viennent ensuite la Grande-Bretagne, la Malaisie, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Inde, la Suède et l’Afrique du Sud.
Comment, vous dites « colonialisme » ? Mais non, voyons, on vous dit que c’est du contrat tout ce qu’il y a de parfaitement légal. Et puis de toute façon, ce ne sont pas des Etats qui les ont passés, ces contrats, mais de la bonne grosse entreprise industrielle tout ce qu’il y a de privé.
Quoi, ça dépossède le petit paysan d’Afrique de toute possibilité de cultiver ? Quoi, ça risque dans un avenir assez proche de semer la famine ? Quoi, ces terres sont utilisées à des productions directement réexportées vers le pays propriétaire ? Quoi, on y produit principalement des biocarburants à haute valeur financière ajoutée ? Mais tout ça, mon brave monsieur, ne nous regarde pas. Nous n’y pouvons rien. C’est de la bonne vieille transaction commerciale. Vieille comme le monde.
Alors vous voulez que je vous dise ? L’UNICEF pourra toujours hurler à la faim des enfants dans le monde, JEAN ZIEGLER pourra toujours aboyer contre les pays riches qui laissent mourir de faim les populations du tiers-monde, Action Contre la Faim pourra toujours organiser des collectes dans les rues pour que des populations culpabilisées remplissent la sébile de la charité universelle, ils peuvent attendre, tous les généreux et toutes les bonnes âmes de la planète.
Pendant que le pékin moyen donnera une goutte, une cohorte de vampires confisquera une citerne (c’est vrai, au fait, j’ai oublié de parler des menaces sur les ressources en eau potable que font peser sur les pays pauvres ces entreprises agricoles d’un nouveau genre).
Continuons comme ça. Le Paradis n’est plus très loin. Faisons confiance aux instances supérieures.
Mais quoi qu'il en soit, en toute circonstance, n'oublions jamais que

Voilà ce que je dis, moi.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, tiers monde, agriculture, accaparement des terres, bail emphytéotique, pays en développement, rdc, kabila, congo brazzaville, sassou-nguesso, afrique, madagascar, corruption, éthiopie, soudan, bénin, mozambique, pacifique, philippines, chine, états-unis, grande-bretagne, malaisie, corée du sud, arabie saoudite, inde, suède, afrique du sud, colonialisme, collège de pataphysique
29.04.2012
LA POLICE QUI FAIT PEUR
Moi qui suis un honnête citoyen, je vous le jure, monsieur le commissaire, la police française me fait peur. Regardez ça, ils se mettent à manifester contre les juges. Et pourquoi, je vous le demande ? Parce qu’un juge s’est permis d’accuser l’un des leurs d’homicide volontaire. De meurtre, quoi. Et pourquoi, je vous le demande ? Parce que l’homme qu’il voulait arrêter ne voulait pas se laisser arrêter.
En un mot comme en cent, il s’enfuyait. Bon, il a fini par l’arrêter. Pas parce qu’il courait plus vite. Une balle dans le dos, c’est beaucoup plus efficace, parce que c’est beaucoup plus rapide (467 mètres / secondes pour une balle blindée de marque SJ, calibre 357 magnum, vous pouvez vérifier ; mais le policier était peut-être doté du Beretta 92 en calibre 9 mm parabellum, je ne sais pas). Vous auriez fait la même chose à sa place, non ?
La police française, le monde entier nous l’envie. Madame MICHÈLE ALLIOT-MARIE proposait même son aide à BEN ALI pour le faire bénéficier de son savoir-faire hors-norme dans les troubles de l’ordre public. Mais gare à ceux qui feraient mine de s’en prendre à elle. C’est ça, monsieur le commissaire, qui me fait peur.
Les juges de Bobigny l’ont appris à leurs dépens : ils n’ont pas compris que tuer dans le dos un suspect qui s’enfuit est un acte de légitime défense, les benêts. Blague à part, fini de rire, j’arrête de plaisanter. Car il y a de quoi se poser quelques questions sur le fonctionnement actuel de la police française. Il y a de quoi se demander s’il n’y règne pas une sorte de « culture de l’impunité ».
Y a-t-il des policiers français qui sont républicains ? Bien sûr que oui. Du moins pour ce que je peux en savoir, de loin et de l’extérieur. Mais prise collectivement, en tant que corps d’Etat bénéficiaire d’une formation spécifique, ayant appris à obéir au supérieur et recevant ordres et consignes de sa hiérarchie, la police française est-elle encore républicaine ? Je n’en suis pas sûr.
Le « délit de faciès » existe-t-il ? Oui. Les contrôles d’identité privilégient les peaux noires et basanées, et ça commence à se savoir, quelles que soient les dénégations des responsables policiers ou politiques, et celles des petits soldats de la base. Il est de notoriété publique que le vote « Front National » a des bases solides au sein de la police. Supposons un commissaire qui a besoin de « faire du chiffre », comme il en a reçu la consigne de Monsieur NICOLAS SARKOZY, dès qu’il a été sinistre de l’Intérieur.
Il lui suffit de faire interpeller par ses hommes quatre ou cinq types en « dreadlocks » portant un béret vert, orange et rouge : ce serait bien le diable si l’on ne tombait pas sur deux ou trois grammes de « shit », et voilà le « taux d’élucidation » qui grimpe en flèche (exemple puisé dans la réalité, c’est ce qu’on appelle la « politique du chiffre »). C’est tout bon pour la prime. Bon, on dira aussi que le type en dreadlocks avec son béret n’a qu’à ne pas porter l’uniforme du fumeur de joints, et qu’en quelque sorte il l’a bien cherché. Que c’est bien fait pour lui.

LES DREADLOCKS DE BIG BOB MARLEY
(PAR OPPOSITION A LITTLE BOB STORY)
La police abuse-t-elle de la garde à vue ? Oui : quand on met en garde à vue, en un an (2010), 800.000 personnes, il est évident qu’il y a de l’abus. Les témoignages de cette femme de 80 ans, de ce médecin et de quantité d’autres individus le montrent. La Cour Européenne des droits de l’homme s’en est elle-même alarmée.
Le tutoiement systématique des « suspects » par les policiers est-il normal ? Non. Qu’est-ce qu’il perdrait, le prestige des policiers, s’ils pratiquaient une courtoisie minimale, un respect des personnes ? Si c’est aussi systématique, c’est bien qu’ils obéissent, qu’ils reçoivent l’ordre de tutoyer. Est-ce pour humilier d’entrée ? Un conditionnement ?
La « fouille à nu » (avec inspection de l’anus) systématique des « suspects » est-elle normale ? Non, et non seulement ça : elle est illégale (Maître KLUGMAN, avocat). Selon le même avocat, le menottage en garde à vue, largement banalisé, est lui aussi illégal (l’article 803 du Code de Procédure Pénale le restreint aux cas de danger pour autrui ou pour soi-même et aux risques de fuite).
Et le délit d’ « outrage et rébellion » ? Parlons-en. Maître ANTHONY BEM, avocat, relève qu’en 2007, l’Observatoire national de la délinquance a compté 31.731 faits d’outrage à agents dépositaires de l’autorité ont été relevés. En 1996, il y en avait 17.700. Cela fait une augmentation de 79 % en une décennie. Le message envoyé aux « justiciables » est parfaitement clair. Je traduis en français courant : « Circulez ! Y a rien à voir ! ». Ou encore : « Viens pas m’embêter, ou je te mets dedans ! ».
Le délit d’ « outrage et rébellion » est en soi une trouvaille géniale, principalement parce que la libre appréciation en est laissée aux « agents dépositaires de l’autorité », et que, à cause de ça, la lutte est inégale, parce que les agents en question sont assermentés. Devant un juge, ça fait obligatoirement la différence.
Je n’appelle pas à la sédition, on aura compris j’espère. Je me demande seulement, modestement, si ne circule pas dans les rangs de la police nationale, inspirée par l’attitude de toute la structure hiérarchique, une sorte de culture de l’impunité et de la supériorité, qui élève une sorte de mur entre la population et les forces de l’ordre, comme si la population était a priori à considérer comme un ensemble de suspects en puissance.
Qu’est-ce qui, en dehors d'une « culture » interne, empêche les policiers d’avoir envie de se considérer eux-mêmes comme des membres, certes un peu à part, mais des membres à part entière, de cette population ? Qu’est-ce qui en fait des adversaires ? Qu'est-ce qu'on leur raconte, pendant leur formation, sur la population normale ? Qu'est-ce qui fait que la perception qu'on a de la police soit à ce point empreinte de brutalité ? Qu'est-ce qui fait d'elle une troupe de cow-boys dans je ne sais quel Far West ? Reçoivent-ils un enseignement de chevaliers blancs ? De justiciers ? De redresseurs de torts ?
Les deux candidats au fauteuil présidentiel rivalisent de salamalecs devant l'attitude putschiste des policiers manifestants. SARKOZY joue carrément les carpettes. HOLLANDE s'incline modérément, mais enfin il s'incline. Elle est belle, la République.

VOUS TROUVEZ ÇA NORMAL ?
Il est proprement ahurissant que des policiers manifestent, en uniforme et dans leurs véhicules professionnels, gyrophares allumés, sur les Champs Elysées, pour protester contre la décision d’un juge qui, sur la base d’une autopsie et d’un témoignage, dit que l’un d’entre eux a sans doute commis un « homicide volontaire » en logeant un balle dans le dos d’un homme qui fuyait.
Je signale d'ailleurs que le procureur de Bobigny a déclaré qu'il ne fera pas appel de la décision du juge d'instruction. Pour être respecté, il convient d’être respectable. Et de ne pas se croire tout permis.
Voilà ce que je dis, moi.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, police, forces de l'ordre, justice, michèle alliot-marie, ben ali, tribunal de bobigny, délit de faciès, nicolas sarkozy, front national, ministre de l'intérieur, claude guéant, garde à vue, fouille au corps, avocat, procédure pénale, outrage et rébellion, délinquance
22.04.2012
PRESIDENTIELLE, C'EST JOUR DE FÊTE
« Le jour de la présidentielle,
Je reste dans mon violoncelle.
Une élection qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas. »
D’après TONTON GEORGES
Quand je vois passer une ELECTION PRESIDENTIELLE, qu’est-ce que je fais ? Je l’ignore superbement.
JE M’ABSTIENS
Vous ne voudriez quand même pas que je vote pour ça ?

Ou même pour ça ?

Alors vous, vous voteriez pour ça ?

Non, ne me dites pas que vous voteriez pour PASQUAL PINON, pas vous, pas ça, quand même ?

Je n'ose pas imaginer que quelqu'un pourrait apporter son suffrage à cette bête-là ?

Entre deux étrons, il faut choisir le moindre, comme disait presque l’ennuyeux PAUL VALERY.

Et quelque virulentes que soient les vociférations des

ou des

sachez-le, je m'abstiens ! Hyène je suis, hyène je reste, et je ricane.

Voilà ce que je dis, moi.
Mais quand je vois passer le procès de
Monsieur ANDERS BEHRING BREIVIK,
qu’est-ce que je fais ?

J’applaudis la Norvège, qui a le courage de donner à un fasciste, peut-être même un nazi, et au surplus un grand criminel, le droit de s’exprimer publiquement. Ce n’est pas en France qu’on verrait ça.
Je dis : « Bravo la Norvège. Ça au moins, c’est de la liberté d’expression ».
Pour moi, c'est ça, la démocratie. C'est même de la démocratie de grande classe. En France, pays des « droits de l'homme », qu'ils disent, heureusement, on a adopté le couvercle hermétique du POLITIQUEMENT CORRECT. Et les bonnes âmes s'étonnent des presque 20 % de Madame LE PEN. On n'est pas au bout des surprises.
Voilà aussi ce que je dis, moi.
08:44 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élection présidentielle, politique, société, france, georges brassens, dimanche, littérature, paul valéry, anders breivik, norvège
19.04.2012
N'AYEZ PAS PEUR ! (fin)
Résumé : il était question d’un certain NICOLAS SARKOZY, qui passe sa vie à faire semblant de s’occuper de tout.

TU ME CHERCHES, TOI ?
Ce qu’il réussira peut-être, au point qu’on peut se demander si ce n’est pas là sa seule véritable stratégie, sa seule « pensée profonde » (sic !), c’est l’entreprise à laquelle il se consacre depuis cinq ans avec sérieux, application et persévérance, inspiré par ses amis milliardaires, je veux dire le parachèvement de la destruction de l’Etat, tout en proclamant : « N'AYEZ PAS PEUR ! ».
La destruction de l'Etat, comme tu y vas, blogueur effréné ! Je réponds que c’est ma conviction, mais que je ne suis pas tout seul, et qu'il y a même des gens très bien qui le disent, et qui écrivent des livres pour le dire. Lisez pour vous en convaincre L’Etat blessé, de JEAN-NOËL JEANNENEY (Flammarion, « Café Voltaire », 138 pages, 12 €). L’auteur a peur que SARKOZY soit réélu, car dans ce cas, l’Etat, tel « un arbre dont sont rongées les racines », pourrait « s’affaisse[r] dans un craquement affreux ».
De toute façon, ce ne sont plus les dirigeants français qui gouvernent la France. Les deux autorités qui la gouvernent en réalité, c’est d’une part les intérêts économiques et financiers (les « marchés », les agences de notation, la City, les « investisseurs », l'autre nom des fonds de spéculation financière, etc.), et d’autre part, la Commission Européenne, qui ne comporte, comme par hasard, aucun élu, et qui, au surplus, est la passoire (le porte-voix, si vous préférez) des groupes d’intérêts économiques et financiers.
Tiens, au sujet des intentions les plus certaines de SARKOZY, prenez l’affaire Areva. Eh bien il semblerait que tous les micmacs sarkozystes autour d’ANNE LAUVERGEON et d’HENRI PROGLIO aient précisément à voir avec la privatisation de l’Etat. Quels sont au juste les liens exacts, entre NICOLAS SARKOZY et HENRI PROGLIO ? Quelles sont leurs véritables intentions ?

LES COPAINS ? OU LES COQUINS ?
Mais tout simplement, en ligne de mire, ils ont la privatisation de toute la filière nucléaire française et sa transformation en juteux bénéfices. Il y a un certain intérêt à écouter ce que dit ANNE LAUVERGEON. Vous voulez que je vous dise ? Sa façon de s’exprimer rend le même son de vérité (inaudible ?) que celle de NICOLAS DUPONT-AIGNAN. A priori.
PROGLIO et SARKOZY, c’est clair, sont favorables au démantèlement de tout ce qui s’appelle l’Etat et de tout ce qui dépend de lui. Cela passe par le détournement à des fins privées de la puissance étatique, seule instance porteuse de justice et capable de redistribution.
Le démantèlement de ce qui reste de l'Etat français (pas d'Etat sans souveraineté nationale, or celle-ci appartient au passé), c’est le seul fil conducteur véritable que je vois dans l’activité vibrionnante, incohérente et anarchique du petit mec qui gouverne depuis cinq ans.
Les Français, en 2007, ont élu à la tête de l’Etat un type qui veut la mort de l’Etat, et dont la seule pensée profonde, la seule stratégie à long terme se rapproche de ce que souhaitent les « libertariens » aux Etats-Unis, qui disent : « L’Etat n’est pas la solution, c’est le problème ».
Quand SARKOZY dit, avec son imperturbable aplomb : « N’ayez pas peur », je pense à cette réplique du bourreau nazi qu’on voit dans Marathon man (avec DUSTIN HOFFMAN), qui s’apprête, avec tout le matériel adéquat, à s’en prendre aux dents du héros attaché à un fauteuil de dentiste : « N’ayez pas peur. C’est sans danger ». « C’est sans danger », vraiment ?

L'ETAT FRANÇAIS ? OU LE PEUPLE FRANÇAIS ? LES DEUX, MON GÉNÉRAL !
Voilà ce que je dis, moi.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, élection présidentielle, ump, françois hollande, parti socialiste, politique, france, société, jean-noël jeanneney, anne lauvergeon, henri proglio, nicolas dupont-aignan, dustin hoffman, marathon man
18.04.2012
N'AYEZ PAS PEUR !
Allez, aujourd'hui, je reviens à l'actualité.
J’en ai soupé depuis le début, de l’élection présidentielle, depuis qu’elle a commencé, non, depuis qu’elle a été annoncée, non, depuis que son profil impérieux s’est imprimé au loin sur l’horizon de la « République Française ». Le vainqueur sera-t-il Monsieur MENTEUR EN CHEF (NICOLAS SARKOZY) ? Sera-t-il Monsieur CHAMPION DES BLUFFEURS (FRANÇOIS HOLLANDE) ?
En tout cas, les professionnels du brassage de vent que sont les entrepreneurs de sondages nous le promettent : n’ayez pas peur, ce sera « bluffeur » ou « menteur ». Le premier tour est plié, on vous dit. Moi, je vous le dis, si je votais, ce que je n’ai pas l’intention de faire, j’apporterais ma voix à un des candidats que les sondeurs créditent actuellement d’environ 1 % des voix. C’est vous dire si ce serait un « vote utile ».
Vous aimeriez que je vous dise, hein, bande de curieux. N’ayez pas peur, je vais vous le dire : si je votais, ce serait pour le seul qui ne bluffe pas, même si l’on peut trouver qu’il rêve un peu : NICOLAS DUPONT-AIGNAN.
C’est le seul à ne pas baratiner (avec POUTOU ?). C’est le seul (avec MELENCHON ? Avec LE PEN ?) à mettre à son programme l’abrogation de la loi de 1973, qui oblige l’Etat français à emprunter au prix fort aux banques privées, aux dépens des contribuables, et qui lui interdit d’emprunter à 0 % à la Banque de France. C’est le seul à voir où il reste encore quelques traces de ce qu’on appela autrefois l’aujourd’hui défunte « souveraineté nationale ».
Ceux qui n’en parlent pas, de deux choses l’une : soit ils ignorent totalement ce point, soit ils ne veulent surtout pas toucher au système (rappelez-vous SARKOZY annonçant une grande offensive contre les paradis fiscaux, dont les paradis en question se gondolent encore). En tout cas, quand j’ouvre les écoutilles sur la présente « campagne », ça me les pollue vilainement, les écoutilles, car j’entends du blabla, et encore du blabla.
C’est à qui bonira les plus belles craques de camelot. Pour les gens surpris par « bonira », je rappelle qu’OSS 117, le vrai, celui de JEAN BRUCE, s’appelle, de son « vrai » nom, Hubert Bonisseur de la Bath. Or le « bonisseur » (même racine que boniment), c’est le gars, en général jovial et sympathique, qui est fait (parce qu’il dégoise à merveille) pour vous vendre, sur les marchés, le produit vaisselle miracle, le coupe-légumes miracle, la serpillière miracle. Je propose de traduire la vraie fonction du personnage par la vieille expression : « Vous me la baillez belle ».
Autrement dit : « Mon œil ! ». Et cette campagne, c’est la foire aux bonisseurs de la bath. Quoi, ça a toujours été ? Bien sûr ! Mais ce qui change, aujourd'hui, c'est le côté abyssal du décalage entre les mots et la réalité. Ils ont beau se dire "modernes", les candidats usent (médias à l'appui) de ficelles archaïques. De ficelles usées jusqu'à la la corde, si l'on me pardonne l'expression.
Dans ce flot de blablateries et de trouducuteries, il arrive cependant que les quatre pattes fatiguées de mon œil morne dressent un moment l’oreille, au détour d’une phrase. C’est ainsi que s’est dessiné, sur le champ de labour de ma pauvre face ravinée par les pluies de promesses démagogiques, épuisée du spectacle donné par les deux clowns « principaux » qui s’efforcent, à grands coups de cabinets de communication, de faire rire le public enfantin, infantile et puéril réuni autour d’eux, au choix, sur le parking de la Concorde ou sur le parking de Vincennes, le dernier des rares sourires crispés qu’est arrivée jusque-là à me tirer cette « campagne » (pour ceux qui ont du mal avec cette phrase, "sourires" est sujet du verbe "s'est dessiné").
Ce fut une phrase prononcée par NICOLAS SARKOZY, dimanche 15 avril. C’est d’ailleurs ce qui me fait dire que si le comble du culot et du mensonge cynique portait un nom, ce serait celui de l’actuel président, dont le patrimoine personnel a augmenté, durant son quinquennat, de 600.000 euros (et le pouce). Tudieu, c'était donc ça, le « Travailler plus pour gagner plus » ! C'était donc ça, bugne que j'étais !
Il y eut, rappelez-vous, JEAN JAURÈS, GUY MÔQUET, LEON BLUM et quelques autres. Et là, qu’est-ce qu’il ose sortir ? La première parole qu’ait prononcée JEAN-PAUL II après son élection, place Saint-Pierre : « Non abbiate paoura ! ». « N’ayez pas peur ». Et SARKOZY l’a dit, il a osé le dire, il n’a pas eu honte, puisqu’il n’a tellement honte de rien qu’on peut dire que c’est un « SANS VERGOGNE ». Il a dit : « N’AYEZ PAS PEUR ». Sauf que là, il le dit avant l’élection. Ça laisse un espoir ?

EH, LES MAMIES, IL NE VOUS FAIT PAS PEUR, CE TYPE ?
C’est une démarche assez désespérée, je trouve. Oui, je sais, le but, c’est de donner successivement à toutes les catégories de la population l’impression qu’on s’adresse à chacune en particulier. Mais à force de piocher, de prendre du fourrage sur toute l’étendue de la mangeoire électorale, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche en passant par la religion, vous ne croyez pas qu’à la longue, les électeurs de droite, de gauche, de devant et de derrière vont avoir du « shimmy » dans la vision (capitaine Haddock, Les Bijoux de la Castafiore, p. 50, je tiens à être précis dans le choix et la source de mes références) ?
Du trouble dans le bulletin de vote ? Du pêle-mêle dans la réception du message ? A force de vouloir représenter à lui tout seul l’intégralité de l’offre électorale, tout ce qu’il réussit à faire, NICOLAS SARKOZY, c’est de transformer la campagne en hypermarché. Pas sûr que la demande suive, parce qu’à la longue, ça finit par gaver. N’ayez pas peur. NICOLAS SARKOZY, quoi qu’il arrive, continuera à FAIRE SEMBLANT de s’occuper de tout.
Voilà ce que je dis, moi.
A finir demain.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, ump, françois hollande, parti socialiste, ps, politique, société, france, élection présidentielle, propagande, sondages, nicolas dupont-aignan, poutou, jean-luc mélenchon, marine le pen, oss 117, jean bruce, meeting, jean jaurès, guy môquet, léon blum, jean-paul ii, tintin, capitaine haddock, bijoux de la castafiore
10.04.2012
ISLAM ET TOTALITARISME (fin)
L'islam diffère aujourd'hui du christianisme en ce qu'il ne fait pas de différence entre le temporel et le spirituel. Mahomet lui-même fut un chef religieux, évidemment, mais aussi politique et militaire. Le christianisme a cessé d'être une religion totalisante pour x raisons (encore que le "in god we trust" figure sur chaque billet vert). L'islam est resté une religion totalisante. Quelle distance sépare « totalisante » et « totalitaire » ?
Une autre chose qui différencie absolument islam et christianisme, c’est la notion de schisme. Dès le concile de Nicée, en 325, les chrétiens surveillent comme du lait sur le feu l’orthodoxie de la foi catholique (καθολικος veut dire « à visée universelle »), et pourchassent les façons hétérodoxes de croire en Dieu.
C’est ainsi qu’est apparue la notion d’hérésie. L’Eglise catholique a donc fonctionné sur l’exclusion des hérétiques. On a appelé ça l’excommunication. L’hérétique est retranché de la communauté des croyants. Sans parler du grand schisme de 1054 entre l’Eglise d’Occident et l’Eglise d’Orient. L’Eglise catholique a donc, au cours de l’histoire, parallèlement à son entreprise de conversion forcée de l’humanité, pratiqué avec constance la SOUSTRACTION.
Maintenant, si on regarde l’Islam, que voit-on ? On voit exactement l’inverse : tout sauf la soustraction. Très curieusement, les musulmans se sont ramifiés en un certain nombre de sectes, au nombre de soixante-treize d'après mes sources, mais des sectes admises par l’orthodoxie. C’est ce qu’ils appellent l’ « Oumma », la « communauté des croyants ». Toute les ramifications s'additionnent (sauf quelques groupuscules microscopiques bizarres).
Il y a donc d'innombrables manières d’être musulman. Mais il y a, entre tous les musulmans du monde, au moins UN point commun : le monument appelé la « Kaaba », situé à La Mecque. Le christianisme a suivi un processus de fragmentation, fondé sur des bisbilles byzantines et abstraites concernant des points obscurs de la théologie, et donc inaccessibles au commun des mortels, pour qui c'était soit du chinois, soit de l'hébreu.
L’islam, au contraire, a suivi un processus d’englobement. S’il s’est ramifié en de multiples tendances (sunnites, chiites, soufis, kharidjisme, et autres), il est resté ancré sur un socle commun, concrétisé par la Kaaba de La Mecque, et dont les données principales sont très simples à comprendre par tout un chacun : les cinq piliers (profession de foi, cinq prières quotidiennes, aumône, jeûne de Ramadan, pèlerinage à La Mecque). Une simplicité accessible même aux imbéciles.

LA "KAABA", QUI RECELE LA PIERRE NOIRE, EST AU CENTRE
(Lourdes fait figure de cabane au fond des bois)
Vous pouvez être le soufi le plus mystique et contemplatif, mais vous pouvez aussi vous considérer comme le plus terrible des soldats de l'islam.
Historiquement, c’est une trouvaille géniale. Et c’est ce qui rend très compliquée la perception qu’on peut en avoir de l’extérieur. Quand les autorités musulmanes de France appellent à « éviter les amalgames », à s’interdire toute « stigmatisation » des musulmans français, c’est à ce point de vue qu’ils se placent : un musulman est avant tout un membre de l' « Oumma ». Mais vu de l’extérieur, disons du point de vue d'un "français de souche", cela reste très compliqué.
Le gros problème qui demeure, c’est que les bombes qui explosent à la sortie des églises chrétiennes, au Nigéria, en Egypte et ailleurs, ont été posées par des gens qui se réclament de l’islam. Vu de l’extérieur, c’est rigoureusement incompréhensible. On se dit : alors c'est quoi, un musulman ? Est-ce que c'est celui qui dit que l'islam, c'est la paix ?
Est-ce que le "vrai musulman" est celui qui déclare la guerre à la civilisation occidentale et chrétienne ? Ils sont tous, vus de l'extérieur, des "vrais musulmans". Comment voulez-vous qu'on s'y reconnaisse ? Parce qu'après tout, c'est très facile, pour eux, cette situation, c'est très commode, c'est très pratique. Ils disent : « Pas touche à mon frère qui a posé la bombe, car c'est à tout l'islam que tu t'attaques. Si tu t'en prends à lui, c'est nous tous que tu agresses ».
Je n’ai pas parlé des attentats suicides, des têtes coupées des moines de Tibéhirine, accessoirement de la guerre que se livrent en Irak les sunnites et les chiites, et de toutes sortes de manifestations de la pire intolérance qui soit, où les crimes de MOHAMED MEHRA ne dessinent qu’un point culminant dans une série de points culminants.
Les musulmans sont pénétrés, imprégnés d’une exigence : il est interdit de diviser l’ « Oumma », la communauté des croyants. Il est interdit d’attenter à l’ « unité des croyants ». C’est pourquoi il est finalement vain de demander aux autorités musulmanes de France de condamner les actes de MOHAMED MEHRA.
Autrement dit, les musulmans extrémistes, les musulmans qui se suicident à l'explosif dans un bus en Israël, les musulmans violents au nom de l’islam, les musulmans intégristes et les fondamentalistes, ils font partie de la « communauté des croyants ». Condamner l'un de ces « fous de Dieu », c'est condamner l'ensemble de la "communauté".
La conclusion ? Elle est assez simple. Messieurs, si vous ne condamnez pas les actes barbares commis au nom de l’islam, alors c'est que vous en assumez la responsabilité. Car cette responsabilité devient alors collective.
Si les musulmans modérés et pacifiques se considèrent D'ABORD comme les frères de ceux qui assassinent et posent des bombes, et qu'ils s'interdisent de les condamner avec horreur, au prétexte qu'il ne faut pas DIVISER la communauté des croyants (« Oumma »), alors ne vous étonnez pas que les musulmans, EN BLOC, fassent l’objet d’un rejet. Ne vous étonnez pas qu'il y ait une stigmatisation. Ne vous étonnez pas des amalgames. Dans le fond, vous l'aurez bien cherché. Et ne venez pas vous plaindre.
Voilà ce que je dis, moi.
Post scriptum : les quelques ébauches d'analyses que j'ai livrées ici depuis quelques jours sont l'aboutissement, non pas de ce qu'un expert, un spécialiste, un théologien quelconque aurait appris dans des livres, mais d'une réflexion personnelle, laborieusement bricolée à partir de ce qu'offre la suite des événements récents, tant dans les pays arabes et/ou musulmans que sur le territoire français.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, musulman, la mecque, tolérance, christianisme, oumma, hérésies, kaaba, antisémitisme, excommunication, égypte, nigéria, mohamed mehra, tibéhirine
09.04.2012
ALORS, L'ISLAM : TOTALITAIRE ?
L’Islam est-il totalitaire par nature ? Evidemment non, mais il faudrait y regarder de plus près. Y a-t-il des musulmans qui ont des visées totalitaires ? La réponse est : oui.
Rien qu’à la façon dont se sont instaurées les trois religions du « Livre », tiens, on peut s’en apercevoir. Je ne vais pas remonter aux origines de la religion juive. Ici, le peuple se confond avec la religion qu’il pratique. Et si je ne me trompe pas, il n’y a jamais eu de prosélytisme juif. Aucun juif, sauf erreur de ma part, n’a jamais essayé de faire que d’autres se convertissent au judaïsme.
Il me semble même plutôt que les juifs (à la fois en tant que peuple et que croyants) ont toujours cherché à préserver l’homogénéité (la « pureté », si l’on veut, du « peuple élu ») de leur communauté et de leurs dogmes. La philosophe HANNAH ARENDT insiste assez sur cette caractéristique des juifs (vivre entre soi) dans sa préface au monumental Les Origines du totalitarisme.
Il est de notoriété publique que le mariage entre des hommes ou des femmes juifs et des « goyim », c’est compliqué (je pense à la modeste comédie La Vérité si je mens). La ligne directrice des juifs, c’est plutôt la logique du « vase clos » : restons entre nous, ne nous mélangeons pas. Une preuve en est donnée par la floraison d’établissements confessionnels (Ozar Hatorah, entre autres) réservés aux juifs.
En passant, je signale que le seul concept d' « école coranique » me fait frémir. Mais pas plus que celui d' « école catholique » : en France, pourtant, les écoles catholiques ensiegnent autre chose que la Bible, et sont obligées de respecter les programmes imposés par le ministère de l'Instruction Publique (je déteste l'expression "éducation nationale").
La façon dont le christianisme est arrivé et a fini par s’imposer dans l’antiquité est toute différente : Jésus, c’est l’homme de la paix et de l’amour, jusqu’au sacrifice de soi. Bon, qu’il soit « fils de Dieu », pourquoi pas ? L’essentiel est que le message du christ est essentiellement pacifique.
A cet égard, certains analystes vont jusqu’à le considérer comme le seul vrai chrétien dans l’histoire. Car le véritable fondateur du christianisme, c’est un soldat qu’on appellera plus tard Saint Paul. Qui prendra au pied de la lettre l’expression : « Allez enseigner toutes les nations ». Ce premier prosélytisme massif se déroule de façon pacifique pendant plusieurs siècles. C’est la période des persécutions et des martyrs.
Le christianisme change de nature en devenant avec Constantin un rouage de l’Etat, un instrument du pouvoir, en quelque sorte. Dès lors, il a eu vocation à s’étendre par le prosélytisme et la conversion. Le christianisme, pacifique au départ, est devenu guerrier, quand le temporel et le spirituel se sont fondus pour exercer le pouvoir. Inutile de revenir sur les conversions forcées, massives qui ont accompagné les conquêtes coloniales, par le « bois » et le « fer » (la croix et l’épée). La terreur, quoi.
Pour l’Islam, c’est différent, dès le départ. Les Kuraïchis (tribu bédouine à laquelle appartenait Mahomet) persécutèrent celui qui prétendait parler au nom d’Allah, et le chassèrent de La Mecque en 622 (début de l’hégire, qui est aussi celui du calendrier musulman).
Mais le 10ème jour du mois de ramadan de l’an 8 de l’hégire (= 11 janvier 630), il se met à la tête d’une armée de 10.000 hommes et conquiert la ville, dont il fait le centre absolu de la nouvelle religion. L’Islam a donc démarré dans l’histoire par un acte de guerre, même si la légende prétend que la bataille s’acheva sans qu’une goutte de sang eût été versée. Il y a du guerrier potentiel dans tout musulman. Il ne faut jamais l’oublier.
Aujourd’hui, les musulmans qui interprètent au pied de la lettre l’appel au « djihad » formulé dans le Coran sont nombreux. Cela donne les massacres de chrétiens dans le nord du Nigéria. Cela donne les violences contre les coptes dans l’Egypte « révolutionnaire ».
Cela donne diverses persécutions dans les pays du Proche et du Moyen Orient, en particulier en Irak, où les chrétiens préfèrent s’exiler. J’aurais tendance à en conclure que les musulmans, en général, n’aiment pas les chrétiens. Et je ne parle pas de l’antisémitisme, largement partagé parmi les musulmans.
Voilà ce que je dis, moi.
A suivre.
09:19 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, religion, catholique, juif, tolérance, antisémitisme, intolérance, musulmans, totalitaire, prosélytisme, la vérité si je mens, goy, jésus, ozar hatorah, saint paul, mahomet, hégire, la mecque, hannah arendt
07.04.2012
ISLAM ET TOTALITARISME
Résumé : le père CHARLES PALIARD parle d'islamisation rampante, et on est en 1987.
2 ) – Le deuxième signe est tout récent. C’est de mon ami R. que je le tiens. Partant pour se rendre sur son lieu de travail, il monte dans le bus, et s’assied à une place libre. Son attention est d’abord attirée par l’odeur épouvantable qui émane de l’homme qui lui fait face. Il n'a pas dû prendre de douche ni changer de vêtements depuis trois semaines. Mais l’olfactif laisse bientôt place à l’auditif, car l’homme marmonne entre ses dents, sans s’arrêter.
L’homme a une barbe très dense, très fournie. Il est vêtu d’une longue robe. Autant dire qu’il est en uniforme. Et ce qu’il dit a de quoi inquiéter le plus équanime des philosophes : « Si j’avais un flingue, je t’éclaterais la tête ». Le discours ne s’adresse pas précisément à R., l’homme parle, en quelque sorte « à la cantonade », et les passagers ne sont pas tranquilles, c’est le moins qu’on puisse dire.
Il évoque des « voyages ». Dans l’ensemble, selon mon ami, les propos sont extrêmement décousus, passant sans prévenir d’un sujet à l’autre, mais en même temps extrêmement cohérents, se tenant fermement à une ligne directrice.
Ces deux qualificatifs accolés m’ont fait penser à un ouvrage très célèbre, mais très peu lu, qui possède ces mêmes caractéristiques de style : à la fois « décousu » et « cohérent » : un certain Mein Kampf, d’un certain ADOLF HITLER.
3 ) – Le troisième signe est donné régulièrement, dans les journaux qui parlent de la situation des pays ayant connu la « révolution », en Tunisie par exemple. Tiens, dernièrement, voilà quelques propos lus dans Le Monde. Je précise qu’ils sont tenus dans les milieux salafistes, mais pas par la tendance des « quiétistes », pas drôles du tout, mais qui ne feront de mal à personne, mais par la tendance « djihadiste » qui, elle, regroupe les gens qui sont entrés en guerre contre la civilisation européenne et occidentale.
Le cheikh tunisien s’appelle AL KHATIB IDRISSI. Il déclare : « Toute personne qui fait obstacle à la charia n’est pas musulmane ». Bon, disons que c’est, dans son cahier des charges, le minimum syndical. Mais il ajoute : « Il ne faut pas diviser la société musulmane ». Et là, il faut lire entre les lignes. Il s’efforce de faire croire qu’il existe une « oumma » (communauté des croyants), et que cette communauté est unie. C’est bien entendu une fumisterie, à voir le nombre de schismes que l’Islam a connus.
Quant au « il ne faut pas », il peut apparaître comme une menace proférée à l’encontre de ceux qui prendraient la responsabilité d’être des « diviseurs ». Le sous-entendu me paraît clair : rangez-vous derrière MA bannière. Comme les centristes français, qui appellent au « rassemblement », à condition que ce soit derrière leur personne.
Et puis, après les chefs, il faut toujours regarder les troufions qui forment les troupes. Madame LE PEN est en elle-même « inoffensive », entre autres qualificatifs qu’on peut lui appliquer. Il en va tout autrement des fronts bas qui constituent la base de ses troupes et qui grenouillent dans son entourage. En Tunisie, c’est la même chose. Ainsi, quand on interroge WAEL R. sur ce qu’il est prêt à faire, il répond : « Nous ne souhaitons pas en arriver là, mais nous sommes prêts à mourir et à tuer ». C’est tout simple, c’est très net. Cela veut dire : « Je suis prêt au sacrifice ». Sous-entendu "de moi", mais aussi "de tous ceux qui ne sont pas d'accord".
4 ) – Le quatrième signe, il est donné par des témoins obscurs, fondus dans la « société civile », qui racontent, ici, que des religieuses, en France, ont été obligées de partir de leur établissement, chassées par des pressions constantes et quotidiennes ; là, qu’on interdit à un enfant de serrer la main d’un autre au motif qu’il est chrétien. Pauvres exemples infinitésimaux. Mais il y en a combien des comme ça ?
Et je ne parle pas de la banalisation, dans le paysage de nos rues, des femmes qui circulent impunément voilées. Le problème de l’Islam (surtout l’Islam militant), c’est qu’il doit s’afficher. C’est peut-être ça qui le rend inassimilable, après tout ?
5) – Le dernier signe qui me semble confirmer la thèse de l’offensive islamiste sur le territoire français est donné par l’écrivain BOUALEM SANSAL, dont je commentais il y a peu Le Village de l’Allemand. L’auteur, qui est algérien, je le rappelle, voit les islamistes partis à la conquête du monde. Il assimile le discours islamiste au discours nazi.
Et quand, en réunion publique, il s’adresse à un public français, il prévient les gens : vous ne vous rendez pas compte, dit-il, de ce qui est en train de se passer dans vos banlieues. Les dirigeants français font semblant de ne pas voir ce qui arrive, et gardent la tête dans le sable.
Le minuscule coup de balai qui vient d’avoir lieu, dans la foulée de l’affaire MOHAMED MEHRA, ressemble à un message pré-électoral : il faut se dire qu’ils sont plus de trois, les imams qui prêchent la haine dans les mosquées.
La stratégie fait penser à celle de MAO TSE TOUNG, avant qu’il prenne le pouvoir en Chine, en 1949 : il avait étendu son emprise, progressivement, sur les campagnes. Résultat, au bout d’un certain temps, les villes sont « tombées comme des fruits mûrs ». Remplacez « campagnes » par « banlieues », et attendez. Oh, ce n’est pas pour demain. Mais songez que cette stratégie est à long terme. Disons même que c’est la stratégie de l’éternité.
Les cinq points énumérés ci-dessus présentent malheureusement, en même temps qu'une importance en soi dérisoire, un caractère précis : la convergence. Vous avez remarqué ? Ils vont tous dans le même sens. Les responsables français, je pense, sont correctement informés. Ils savent.
Mais ils pètent tellement de trouille à l’idée de mettre le feu aux banlieues qu’ils font tout leur possible pour laisser le couvercle sur la cocotte. Oui, « il ne faut pas faire des amalgames », « il ne faut pas stigmatiser ». Mais qu’est-ce qui les empêche d’appeler un chat un chat ? Et d’agir en conséquence ?
Voilà ce que je dis, moi.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islamisme, terrorisme, fanatisme, mohamed mehra, religion, politique, société, islam, musulmans, hitler, mein kampf, coran, tunisie, le monde, marine le pen, djihad, boualem sansal, le village de l'allemand
06.04.2012
MUSULMAN ET TOTALITAIRE ?
Avant de commencer, je veux dire qu’on n’a pas assez noté, à mon avis, que, parmi les quatre victimes militaires que MOHAMED MERAH a flinguées pour de bon, trois portent des noms arabes : ABEL CHENNOUF, MOHAMED LEGOUAD, IMAD IBN ZIATEN. Le quatrième – est-il encore vivant, au fait ? – porte un nom latin, LOÏC LIBER, et la peau noire de sa naissance guadeloupéenne. Il est donc pour le moins étonnant qu’on n’ait plus parlé que de crimes « antisémites ». Cela ressemble à une confiscation du deuil.
Je signale que l’armée française compte, aux dernières nouvelles, environ huit mille recrues « issues de l’immigration » et musulmanes, une « intégration » sans tambour ni trompettes, un recrutement bien plus discret, mais combien plus efficace que les légions d’Al Qaeda (vous connaissez le refrain de PIERRE PERRET, qui ne parlait pas des camps d’entraînement du Waziristan : « Les jolies colonies de vacances (…) tous les ans, je voudrais que ça recommence, youkaïdi aïdi al qaïda »).
Pourquoi je voulais le faire remarquer particulièrement ? Tout simplement, parce que ce type qui a tué des enfants juifs, soi-disant pour venger les enfants palestiniens tués par les Israéliens, il a commencé par tuer des types aussi musulmans que lui. Des Français, peut-être, qui servent dans l’armée française, peut-être, mais qui sont d’origine arabe, et de religion musulmane. Si quelqu’un peut m’expliquer ce sac de nœuds, il est le bienvenu.
Maintenant, venons-en au sujet du jour. Y a-t-il une « offensive islamiste » en France ? La réponse est « oui ». Je me réfère à ce qui se passe en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Lybie, et maintenant au Mali, où l’offensive islamiste est patente, avérée, officielle. Il n’y a pas de raison pour que l’Europe, en particulier la France, où vivent beaucoup de musulmans, reste en dehors de ce mouvement de fond.
Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi un certain nombre de signes.
1 ) – Le premier me vient d’un prêtre catholique qui s’appelait CHARLES PALIARD. Moi qui suis athée, je dis tout de suite, à son sujet, que je n’ai jamais vu personne d’aussi peu doctrinaire, d’aussi peu dogmatique. D’aussi peu crispé sur une idéologie. Et pour tout dire, d’aussi ouvert. Certaines mauvaises langues diraient « d’aussi œcuménique ».
Curé dans la paroisse de Saint Priest, il est mort en 1992. Ses propos datent donc de bien avant, mettons vingt-cinq ans, et s’ils étaient dépourvus de crainte ou de haine, ils étaient très nets : il parlait de l’islamisation rampante à l’œuvre dans cette ville de la banlieue lyonnaise, où la population d’origine arabe est nombreuse.
Il ne semble pas que le processus à l’œuvre, qu’il constatait il y a vingt-cinq ans se soit interrompu. Bien au contraire, l’Islam, en France, a pris de la place, de plus en plus de place. Le mouvement s’est amplifié, a crû et embelli, est devenu tellement visible qu’il a fini par poser un vrai problème (voile, prières en public, etc…), au point d’envahir le devant de la scène.
Quand on regarde ainsi le phénomène sur la longue durée, il est raisonnable de s’interroger, et même de s’inquiéter. Et de se dire, rationnellement et posément, que la France, non seulement n’est pas à l’abri d’une « offensive islamiste », mais qu’elle constitue pour celle-ci un terrain de jeu privilégié, sans doute à cause, d’une part, du nombre d’adeptes, d’autre part, de la place qu’y tient la laïcité, dont les musulmans – et même pas les plus radicaux – ne veulent à aucun prix.
Voilà ce que je dis, moi.
A suivre.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mohamed mehra, islamisme, fanatisme, antisémitisme, crimes, tunisie, égypte, lybie, syrie, mali, europe, france, société, catholiques, catholicisme, charles paliard, religion, politique, laïcité


