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mercredi, 02 avril 2025

LE PROGRÈS FAIT DES PROGRÈS

Notre journal local (Le Progrès, ça se passe à Lyon et Région) n'a pas habitué ses lecteurs à un maniement courant de l'humour et de l'ironie dans la transmission des informations qu'il juge bon de porter à leur connaissance. C'est pourtant ce qu'on peut observer dans son numéro paru le mardi 1er avril. J'ose croire que le fait est tout à fait involontaire de la part de la rédaction, et que la date, avec sa tradition de canulars de toutes sortes, n'y est pour rien. Mais il se pourrait que des esprits mal tournés y discernent une intention cachée. 

Voici d'abord le titre qu'on trouve au bas de la page 4 (non mais quel culot !!!).

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Et voici celui qui orne le haut de la page 7.

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Avouez qu'il y a de quoi interloquer. A trois pages de distance. Pour ma part, j'ai tendance à considérer la chose comme une facétie. J'ai même été tenté d'en rajouter en intervertissant la minuscule initiale de l'adjectif "marine" et celle, majuscule de "Michelin". Je me suis finalement abstenu d'intervenir autrement que dans la disposition des titres. Bien que "cuisine Marine", ça aurait eu du sens.

***

Maintenant, que va-t-il rester de cette affaire ?

Je résume : pour commencer, il y a que le Front (puis Rassemblement) National, a tapé sans vergogne dans la caisse de l'Europe (dont Jean-Marie L.P. honnissait la construction) pour stipendier à son profit quelques scribes et autres, déguisés en "attachés parlementaires". Tout de même, ai-je lu, 4,1 millions d'euros. Une somme. Le joli butin d'un braquage réussi.

Il y a ensuite les rodomontades de tous les membres éminents du parti d'extrême-droite, qui voulaient à tout prix espérer que les juges n'iraient pas au bout des réquisitions maximalistes du procureur. Espoir déçu : c'est le procureur qui l'a emporté. Et j'ajoute que là, c'est la justice et c'est l'état de droit qui ont gagné contre la fraude et le culot des fraudeurs.

Et puis, il y a la situation politique dans laquelle patauge la France depuis l'avènement d'Emmanuel Macron à la tête du pays. Et là, le terrain devient terriblement mouvant. J'entends les réactions de pas mal de responsables de haut vol : pour l'un, les juges abusent ; pour l'autre, les juges ont enfreint la règle de séparation des pouvoirs ; pour le troisième, le tribunal a prononcé l'exécution de la démocratie.

Le député Jean-Philippe Tanguy (R.N.) va même jusqu'à proclamer avec virulence : « Des juges tyrans abattent l'état de droit ! ». Quant au chef du gouvernement – suivi ou précédé en cela par quelques dignitaires –, il se déclare "troublé", "perplexe" et "s'interroge". Il faut le comprendre : il a tellement besoin d'éviter la censure. Bref, l'institution judiciaire dépasse toutes les bornes démocratiques en se permettant de juger des responsables politiques.

La vérité vraie, c'est que "Tête haute, mains propres", ce fier slogan porté jadis en étendard par le matamore Le Pen, est une imposture. La vérité vraie, c'est "Tête basse, mains sales", comme le titrait hier L'Humanité en Une.

Je sais bien que la tâche de Bayrou d'essayer de gouverner un pays dans un tel état de décomposition politique est d'une rudesse à faire peur. Elle est peut-être impossible. Mais il m'arrive de craindre le pire pour l'avenir. Entre l'inaptitude du corps politique à agir sur la réalité concrète en n'ayant à l'esprit que le bien de la France, l'aveuglement du corps électoral sur la capacité d'un parti d'extrême-droite de redresser la situation et la mise en cause permanente et de plus en plus décomplexée de notre ÈTAT DE DROIT, il y a largement de quoi se faire du mauvais sang.

C'est d'ailleurs ce que craignaient publiquement des magistrats (Le Monde du 8 mars 2025).

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