mardi, 20 janvier 2026
POUR VALÈRE NOVARINA

Eh bien voilà ! C'est arrivé ! Et c'est une terrible nouvelle pour la haute idée que je me fais de la littérature française. Le grand, l'immense, l'unique VALÈRE NOVARINA vient de mourir.
L'homme de théâtre, l'écrivain, le poète m'a nourri tout au long de nombreux repas sublimes au cours desquels j'ai dévoré son écriture irrémédiablement inclassable.

La première fois que j'ai rencontré l'univers parallèle et perpendiculaire (si si !) élaboré par Valère Novarina, c'était un 22 janvier 1999 au Théâtre du Point du Jour, à Lyon. Cela s'appelait L'Opérette imaginaire. J'avoue que j'avais simplement été intrigué par ce titre, qui réveillait en moi une très ancienne passion pour un genre méprisé par les beaux esprits qui ont pris en main les destinées de l'Opéra de Lyon en 1969, et congédié dans la foulée tout ce qui passait pour de la "musique légère" dans les oubliettes de l'histoire.

Mais quelle soirée j'avais passée, mes amis ! Saisi par la grâce de ce cosmos résolument cinglé, inconnu, indescriptible ! Hautement littéraire ! Hautement véridique ! Hautement improbable ! Un texte superbement azimuté mené tambour battant par une petite troupe enthousiaste et enthousiasmante !

De ce jour, je n'ai plus quitté Valère Novarina, livre après livre. J'avais emmené ma petite famille assister au spectacle qu'il avait donné à l'E.N.S. de Lyon lors d'un probable cycle "Art et Science", découvrant une façon de projeter le texte comme je n'en avais jamais vu (voir photo ci-dessus), en couverture de son Drame de la vie (Poésie / Gallimard, 1995). Et j'avais assisté, possédé par le même émerveillement, à la représentation de L'Espace furieux à la Comédie Française.

Impossible pour moi de trouver les mots pour qualifier, situer, circonscrire, définir la profusion, le Niagara de l'invention verbale et humaine dont il avait fait son apanage exclusif. Rien que les noms supraterrestres et interplanétaires dont il baptisait ses innombrables personnages rempliraient les pages d'un dictionnaire en douze volumes sur papier bible.

C'est en entendant le très beau "billet d'humeur" de Guillaume Erner sur France Culture lundi 19 autour de 6 h 55 que j'ai appris la disparition de cet homme. J'avoue que j'ai pris un sacré coup à l'estomac.

Bon, ben voilà ! C'est arrivé !
***
Presque tous les livres de Valère Novarina sont édités aux éditions P.O.L. Gloire à Paul Otchakovsky-Laurens !!!

09:00 Publié dans LITTERATURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : valère novarina, littérature, littérature française, théâtre, novarina l'opérette imaginaire, novarina la chair de l'homme, novarina le drame de la vie, novarina la scène, novarina devant la parole, novarina l'équilibre de la croix, novarina l'origine rouge, novarina l'espace furieux, novarina l'animal du temps, novarina le théâtre des paroles, novarina vous qui habitez le temps, novarina france cultrue, guillaume erner billet d'humeur, théâtre du point du jour, opéra de lyon, poésie gallimard


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