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mardi, 31 mars 2020

POÈME DU CONFINEMENT

CŒUR PARADIS

 

Cœur paradis, fais de ta transe un animal,

friand de rut et sauvage en son sommeil.

*

Cœur paradis, fais de ton éveil un clandestin,

fleur fiévreuse ou grand chien maraudeur.

*

Cœur paradis, deviens la porte de l’hiver,

fermée de tôle ou traversée de ses blessures.

*

Cœur paradis, fais de ton poids l’armature :

invisible, méthodique et transhumante.

*

Cœur paradis, dans l’être qui remplit et qui vide,

redeviens ce partage où nous aimions caracoler.

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dimanche, 29 mars 2020

POÈME DU CONFINEMENT

Demain est tout à fait creux.

La vie promène son désastre

sur toutes les routes.

J'attends la fin du bruit

et le retour du bruit.

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

vendredi, 31 janvier 2020

2020 : OUI, DES POÈMES, ENCORE....

... si la vie veut bien !

***

(Le lieu attend qu’on s’en aille

Pour se remettre à chuchoter.

Je suis de trop, se dit le désespoir.

Presque rien en notre possession,

Répond la voix du noble corps.

Reste le reste.)

***

Avec janvier prend fin le temps des vœux de Nouvel An.

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

jeudi, 30 janvier 2020

2020 : QUELQUES POÈMES, ENCORE ?

Je te cherche et tu ne fuis pas.

J’ai la terre et le temps présent.

Je suis galet qui sent la vase tiède.

Je suis cadran de montre au milieu de l’esprit.

Et dans la trace de ton cœur je me perds.

Il me reste les poissons-chats,

L’opacité de l’eau, le confluent maladroit,

Les meubles de l’oubli.

T'ai-je trouvée, ma seule ?

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

samedi, 14 décembre 2019

UN DRÔLE DE SQUELETTE

Pour mon calendrier de l'Avent.

IMPORTANTES DEFORMATIONS OSSEUSES.jpg

A quoi peut avoir ressemblé la vie concrète de l'être ainsi conformé ? Quelles autres souffrances que celles de son corps a-t-il été contraint de subir en société ? Ce squelette donne selon moi une image "haute définition" de la torture que "la vie" est capable d'infliger à quelques "privilégiés".

***

Eau verte, eau close,

eau débattue, opacité des lônes,

eau végétale, eau des bords.

 

Eau poisseuse comme une colle,

masque hermétique,

eau mauvaise, eau sans réfléchir.

 

Eau sans se retenir.

vendredi, 13 décembre 2019

ACHONDROPLASIE

Pour mon calendrier de l'Avent.

ACHONDRO PLASIE.jpg

Achondroplasie : « Affection congénitale héréditaire à transmission dominante ou récessive, due à un gène mutant. Elle est caractérisée par un arrêt de développement des os en longueur, leur volume étant, au contraire, augmenté par suite de la prédominance de l'ossification périostique sur l'ossification enchondrale. Cliniquement elle se manifeste par un nanisme portant uniquement sur les membres (et surtout les segments proximaux : micromélie rhizomélique de P. Marie) ; la tête est volumineuse, le tronc est à peu près normal. Elle fait partie du groupe des chondrodystrophies (chondrodystrophie génotypique). ».

De source sûre.

***

Nous aurons des rosiers.

Notre présent est en pièces.

Les morceaux sont dans la valise.

Notre rétine a de l’espoir,

Nos tympans font des progrès.

D’autres prières crisseront au-dehors.

Nous serpenterons en procession.

Nous piétinerons les tristesses.

Nous aurons des rosiers.

mardi, 10 décembre 2019

LES BARQUES

photographe

Quelque part en Finlande.

***

« On boira l'air des respirations généreuses,

Vénérable sosie de ce qui dort sans chair. »

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, poésie

vendredi, 15 novembre 2019

PERLE DE (FRANCE) CULTURE

« L’INDUSTRIE DE L’INFOBÉSITÉ TITILLE NOTRE TALON D’ACHILLE. »

Entendu sur France Culture à l'été 2019, noté sur le moment, mais date, heure et identité de l'auteur non relevées.

La phrase attend toujours son traducteur (de volapük en français).

mercredi, 23 octobre 2019

LE DÉSHÉRITÉ

LE DÉSHÉRITÉ.

« Je suis Le prince. Ma seule Etoile Porte le soleil Dans la nuit.

Rends-moi La fleur Et la treille.

Suis-je Mon front ?

J'ai rêvé Et j'ai deux fois Modulant Les soupirs. »

***

Faisant un jour lointain mon petit Oulipo dans mon coin, j'avais pondu, entre autres abominations, ce petit quatrain, dont tous les connaisseurs ont déjà reconnu la teneur et l'auteur.

Gagné par une forfanterie ô combien mal venue, j'avais appelé ce petit jeu « Incipit vertical ». Je veux dire que j'avais récrit un des plus beaux poèmes de la littérature française en prenant le(s) premier(s) mot(s) de chaque vers, comme si les autres mots à droite de la forme imprimée n'avaient jamais existé. Cela aurait aussi bien pu s'appeler « acrostiche syllabique » ou « acrostiche lexical ».

Quelques décennies après avoir commis ce forfait, je présente aux pieds des mânes de Gérard de Nerval l'encens et la myrrhe de mon amende honorable, pour lui restituer l'aura de la gloire dont son nom et ses vers n'ont d'ailleurs jamais cessé d'être nimbés.

Pourtant, "ma seule étoile porte le soleil dans la nuit", ça a de la gueule, je trouve.

Bon, c'est vrai, je n'ai fait que me hisser pour cela sur les vastes épaules du grand poète. Dans le fond, je me suis contenté de tricher : on connaît l'astuce du roitelet dans le concours qui devait désigner le roi des oiseaux, et qui s'est posé discrètement avant le départ sur le dos de l'aigle royal, pour s'élever de quelques centimètres au-dessus de lui au moment de sa victoire.  D'où son diminutif (dit-on). En matière de poésie, je suis le diminué de ce diminutif.

***

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

***

CIMETIERE PERE LACHAISE 10 NERVAL.JPG

Nerval au Père-Lachaise (photo prise en 2014).

Note : je suis d'accord pour dire que mon petit truc ne fonctionne pas pour l'entièreté du poème. Vers la fin en particulier, de deux choses l'une : soit il faudrait lire "modulé", soit il faudrait, pour que le mot "fois" s'inscrive un peu logiquement dans la phrase, y voir le pluriel de "foi" (au grand dam des mânes de monsieur Labrunie et de sa "vieille lanterne"). Ce serait tant soit peu "capillotracté". Je persiste cependant à voir dans la première phrase la jolie traduction de l'une des causes du tourment qui tenaillait Gérard. Pensez : une étoile qui porte le soleil dans la nuit ....

J'ai bien essayé d'appliquer ma petite recette à d'autres poèmes français très connus (Verlaine, Baudelaire, Rimbaud, ...), car j'aurais bien voulu en faire un modèle de contrainte oulipienne autre que celles que l'Ouvroir propose dans ses publications, mais ce fut peine perdue. La grande poésie française résiste à l'oulipianisation.

C'est peut-être justice : "La cimaise et la fraction" (La Cigale et la fourmi passée par la moulinette de la méthode "S + 7" – renommée "n + x") n'est pas une preuve irréfutable du bien-fondé de l'entreprise "Oulipo". La contrainte d'écriture ne donne pas du génie à ceux qui n'en ont pas. Tout le monde ne s'appelle pas Georges Perec.

Pour avoir un aperçu des vingt-quatre premiers membres de l'Oulipo, voir les pages 352-354 de La Vie mode d'emploi. Quand je dis "vingt-quatre", j'exagère : il faut mettre à part le premier : « 1 Tham Douli portant les authentiques tracteurs métalliques rencontre trois personnes déplacées ».

Ma petite tentative porte décidément bien son titre : "Desdichado".

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 30 août 2019

VACANCES SANS TITRE 29

 

photographie,poésie

samedi, 24 août 2019

VACANCES SANS TITRE 23

LAMPE.JPG

Phrase de demi-sommeil.

vendredi, 23 août 2019

VACANCES SANS TITRE 22

Z PARASOL 2.JPG

mardi, 20 août 2019

VACANCES SANS TITRE 19

photographie,poésie

Et pourtant ils sont là, bien secs, le muguet, la baguenaude.

jeudi, 15 août 2019

VACANCES SANS TITRE 14

MARAIS 1.jpg

La Bourbre coule tout à côté.

samedi, 03 août 2019

VACANCES SANS TITRE 2

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Rue Chariot d'or.

samedi, 06 avril 2019

QUAND LA MATIÈRE ...

QUAND LA MATIÈRE EST NOBLE

ET TRAVERSÉE PAR LA LUMIÈRE,

002.JPG

MON ŒIL S’ÉPANOUIT

ET DEVIENT VOLUBILE.

ALORS J'AI DU BONHEUR :

JE SAIS QUE C'EST POSSIBLE.

photographie

Détails de photos prises face au soleil.

Merci à M. pour ce possible.

jeudi, 07 février 2019

REFLET

Poème

*

Du vase en cristal de Bohème

Aux bulles qu'enfant tu soufflais,

C'est là c'est là tout le poème,

Aube éphémère de reflets.

*

Quatrain d'André Breton, mais c'était avant qu'il le passe dans sa moulinette dadaïste ou surréaliste pour en faire un infâme n'importe quoi : il fallait sans doute qu'il donne des gages de son adhésion (donc de son reniement) à ses nouveaux amis.

*

DIJON.jpg

Au musée, à Dijon.

lundi, 21 janvier 2019

HOUELLEBECQ

HOUELLEBECQ POÈTE

Pour illustrer la « platitude » que bien des gens reprochent au style de l'écrivain, je me penche aujourd'hui sur son écriture poétique qui fut son premier moyen d'expression littéraire. S'il y a "platitude", elle est réfléchie, voulue, intentionnelle, et plutôt deux fois qu'une. C'est une "platitude" clairement théorisée par Michel Houellebecq. Mais commençons par le poème censé expliquer le titre "La possibilité d'une île". 

 

« Ma vie, ma vie, ma très ancienne

Mon premier vœu mal refermé

Mon premier amour infirmé,

Il a fallu que tu reviennes.

 

Il a fallu que je connaisse

Ce que la vie a de meilleur,

Quand deux corps jouent de leur bonheur

Et sans fin s’unissent et renaissent.

 

Entré en dépendance entière,

Je sais le tremblement de l’être

L’hésitation à disparaître,

Le soleil qui frappe en lisière

 

Et l’amour, où tout est facile,

Où tout est donné dans l’instant ;

Il existe au milieu du temps

La possibilité d’une île ».

 

Il flotte encore dans ce texte, qui figure à la page 433 de La Possibilité d'une île, un arôme d'effusion personnelle et un zeste d'effluve de sentiment, certes teintés d'ironie, mais. A ce titre, il n'illustre guère, la "théorie du style" qui figure à la page 451 du même roman. Attention : « Dans la rédaction de leurs consignes, ils [les "Sept Fondateurs" de la néo-humanité] se reconnaissent d'ailleurs comme principale source d'inspiration stylistique, plus que toute autre production littéraire humaine, "le mode d'emploi des appareils électroménagers de taille et de complexité moyennes, en particulier celui du magnétoscope JVC HR-DV3S/MS" ». Attention, disais-je, on n'est pas dans Lamartine ou Musset. Pas de lyrisme, pas d'épanchement sentimental, pas de "musique avant toute chose" (Verlaine).

Ailleurs (Lettre à Lakis Proguidis, dans Interventions 2, où il faut bien dire que j'ai parfois l'impression qu'il se paie ma tête), Houellebecq dénonce : « Au contraire, de prime abord, la poésie paraît encore plus gravement contaminée par cette idée stupide que la littérature est un travail sur la langue ayant pour objet de produire une écriture ». De quoi décoiffer René Char, Paul Valéry, Louis Aragon, Guillaume Apollinaire, Paul Eluard et beaucoup d'autres. 

Bon, il est vrai que, toujours dans Interventions 2, on trouve de la musique dans "Opera Bianca", spectacle ("installation", ça fait tout de suite plus digne) très contemporain (1997 au Centre Pompidou). Mais pas n'importe quelle musique. Les sculptures de Gilles Touyard se mêlent au texte de Houellebecq, sur fond de "musique" du compositeur Brice Pauset. Or il faut savoir que Brice Pauset, dont je ne connais pas toutes les productions, applique scrupuleusement le principe énoncé dans La Possibilité d'une île, au moins dans une pièce où il place un micro à la sortie d'un aspirateur. Je ne suis pas encore tout à fait remis du traumatisme (bien que Pierre Schaeffer, Luigi Nono et Takemitsu Toru soient passés avant). On appelle ça "musique contemporaine". Verlaine ne s'attendait sans doute pas à de telles applications paradoxales de son vers célébrissime.

Rassurons-nous, les exemples ne manquent pas de textes de Houellebecq lui-même, écrits avec le souci de se conformer scrupuleusement à sa théorie de la page 451. Par exemple, un poème paru dans Configuration du dernier rivage (Flammarion, 2013).

 

« J'ai pour seul compagnon un compteur électrique,

Toutes les vingt minutes il émet des bruits secs

Et son fonctionnement précis et mécanique

Me console un p'tit peu de mes récents échecs.

 

Dans mes jeunes années j'avais un dictaphone

Et j'aimais répéter d'une voix ironique

Des poèmes touchants, sensibles et narcissiques

Dans le cœur rassurant de ses deux microphones.

 

Adolescent naïf, connaissant peu le monde,

J'aimais à m'entourer de machines parfaites

Dont le mode d'emploi, plein de phrases profondes,

Rendait mon cœur content, ma vie riche et complète.

 

Jamais la compagnie d'un être humanoïde

N'avait troublé mes nuits ; tout allait pour le mieux

Et je m'organisais la vie d'un petit vieux

Méditatif et doux, gentil mais très lucide.»

 

On voit que Houellebecq s'accroche aux alexandrins, même si plusieurs sont approximatifs. Et pour finir, un poème tiré de Le Sens du combat (1996), intitulé "Chômage".

 

« Je traverse la ville dont je n'attends plus rien

Au milieu d'êtres humains toujours renouvelés

Je le connais pas cœur, ce métro aérien ;

Il s'écoule des jours sans que je puisse parler.

 

Oh ! ces après-midi, revenant du chômage

Repensant au loyer, méditation morose,

On a beau ne pas vivre, on prend quand même de l'âge

Et rien ne change à rien, ni l'été, ni les choses.

 

Au bout de quelques mois on passe en fin de droits

Et l'automne revient, lent comme une gangrène ;

L'argent devient la seule idée, la seule loi,

On est vraiment tout seul. Et on traîne, et on traîne ...

 

Les autres continuent leur danse existentielle,

Vous êtes protégé par un mur transparent ;

L'hiver est revenu. Leur vie semble réelle.

Peut-être, quelque part, l'avenir vous attend. »

 

Voilà ce que c'est, le style de Michel Houellebecq, en poésie. J'espère qu'on admettra que le "style" de l'auteur, ou plutôt le refus d'un certain "style" en poésie (sous-entendu de clichés plus ou moins sentimentaux et lyriques), relève d'un choix stylistique absolument délibéré : une poésie du refus du "poétique" (peut-être ce qu'il entend par "travail sur la langue ayant pour objet de produire une écriture"). Tout au moins refus de ce que certaines conventions traditionnelles ont fait du poétique. Comme si la banalité volontaire de ces poèmes était faite pour décourager le lecteur, et qu'il n'ait aucune envie de les apprendre par cœur ou de se les réciter à mi-voix. C'est sans doute fait pour ça.

Dans la même Lettre à Lakis Proguidis, Houellebecq ajoute : « Pour tenir le coup, je me suis souvent répété cette phrase de Schopenhauer : "La première - et pratiquement la seule - condition d'un bon style, c'est d'avoir quelque chose à dire." Avec sa brutalité caractéristique, cette phrase peut aider. Par exemple, au cours d'une conversation littéraire, lorsque le mot d'"écriture" est prononcé, on sait que c'est le moment de se détendre un peu. De regarder autour de soi, de commander une nouvelle bière ». 

Je peux me tromper, mais si j'osais une hypothèse, ce serait d'imaginer que Houellebecq, pour parvenir à cette fin, a adopté, dans sa poésie et ses romans, une stratégie de la déception. Cela irait bien dans le sens d'une autre remarque qu'il glisse je ne sais plus où : le désir est mauvais (parce que l'homme sans désir ne souffre d'aucune frustration). Mais après tout, ce n'est peut-être pas une stratégie : on ne peut lui dénier une certaine constance dans l'attitude.

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 26 octobre 2018

FRANÇOIS MONTMANEIX

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LA PLAGE DE L'ESTARTIT

 

Les pins dégrimpent la colline

insouciante et joyeuse troupe

à la rencontre du solitaire 

qui regarde le ciel et lui demande :

— Ciel, beau ciel implacable !

Es-tu le premier ciel d'où vient le premier jour ?

Et seras-tu celui du dernier jours,

celui qui, ayant tout vu, doit tout savoir ?

Alors dis-moi :

pourquoi la vie se donne-t-elle tant de mal

pour nous tirer du néant, si c'est pour nous 

y rejeter au plus vite, après nous avoir imposé

l'amertume de tant d'épreuves ?

« Tu as deux barques à tes côtés : celle de Charon

et celle où embarquer pour Cythère — répond le dur ciel.

L'une vient de ce qui commence, l'autre va à la fin des choses.

Tu as le choix — tu avais le choix — tu as toujours eu le choix.

C'est pour l'avoir ignoré qu'aucune des deux barques

ne peut te prendre à son bord puisque tu poses

la seule question à jamais sans réponse ...»

                                                              4 mai 2018

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La plage de l'Estartit, Jean Hugo, 1953.

**********************

Ceci est le dernier poème écrit par François Montmaneix. Il a été lu par sa fille Edith, en l'église Saint-Bruno-les-Chartreux en ce 26 octobre 2018, lors de ses funérailles.

jeudi, 25 octobre 2018

MORT D'UN POÈTE

FRANÇOIS MONTMANEIX

MONTMANEIX1.jpg

La dernière fois que j'ai rencontré cet homme, ça avait duré une petite semaine. Six jours exactement. Oh, pas toute la journée : les rencontres avaient eu lieu le soir, et même pas très longtemps, le temps d'échanger quelques mots en attendant que la sonnerie retentisse. Cela se passait à la salle Molière, quand le quatuor Auryn, à l'invitation du très regretté Jean-Frédéric Schmitt (grand luthier devant l'éternel et initiateur des Musicades), était venu à Lyon donner l'intégrale des quatuors à cordes de Beethoven. 

MO SCHMITT JF.jpg

Je l'ai connu haut responsable dans une entreprise. Je l'ai connu administrateur de l'Auditorium Maurice Ravel de Lyon. Mais si je l'ai approché, c'est avant tout comme poète, à une époque où je me croyais moi-même poète. Pour cette raison, j'avais rejoint la fine équipe de Poésie-Rencontres (Pierre Ceysson, Marc Porcu (†), Manuel van Thienen, Jean Perrin, Annick de Banville (†), André Martinat (†), Geneviève Vidal, il faudrait les nommer tous), et c'est dans ce cadre amical et bonhomme que François Montmaneix s'était prêté au jeu, précisément, de la "rencontre". C'est de sa bouche, à cette occasion, que j'ai appris l'existence des "Octonaires de la vanité du monde", de Paschal de l'Estocart. Il était un mélomane expert.

Cet homme d'une belle élégance morale et d'une courtoisie irréprochable, et qui avait une haute idée du "métier" de poète, a milité pour l'art chaque fois qu'il fut en position de le faire. Il initia les grandes expositions de peinture qui eurent lieu à l'Auditorium (Artrium, avec Evaristo (†), Salvatore Gurrieri (†)) et au "Rectangle" (place Bellecour : Ousmane Sow, Gérard Garouste, Ernest Pignon-Ernest, ...). Il obtint de la ville de Lyon de décerner chaque année un "prix de poésie" qui porte le nom de Roger Kowalski, autre poète lyonnais beaucoup trop tôt disparu (les manuscrits lauréats édités par l'Imprimerie de Cheyne). Colette Kowalski, l'épouse de celui-ci, après sa mort (à peine plus de 40 ans), avait repris et maintenu bien haut le flambeau de la Galerie d'art qu'il avait ouverte sur le quai de Bondy (la galerie K).

Il s'est trouvé que, dans une circonstance bien curieuse, à peine apprise la mort de François Montmaneix par le journal, je croise Isabelle, son épouse, qui venait dans la boutique de reprographie où j'ai moi-même des habitudes, quelque part à la Croix-Rousse. Elle venait récupérer des travaux sur lesquels la parution dans le Progrès du jour ne laissait guère de doute.

Voilà, adieu monsieur Montmaneix. Par bonheur, nous pouvons à loisir retourner sur les traces que vous laissez. Salut, François !

MONTMANEIX VISAGES DE L'EAU.jpg

Tiré de "Visages de l'eau"

dimanche, 23 septembre 2018

ÉTAIN

MON ART CONTEMPORAIN

Faites couler de l'étain fondu dans une casserole d'eau portée à température.

Observez le résultat.

C'est cuit.

photographie

« Ithyphalliques et pioupiesques,

Leurs insultes l'ont dépravé ;

A la vesprée ils font des fresques

Ithyphalliques et pioupiesques ;

Ô flots abracadabrantesques,

Prenez mon cœur, qu'il soit sauvé !

Ithyphalliques et pioupiesques,

Leurs insultes l'ont dépravé. »

samedi, 12 mai 2018

PHOTOGRAPHIE

Voilà, c'est fini, le coup d’œil dans le rétroviseur. C'est fini, le petit retour sur ma petite collection de petites considérations sur la façon dont le vaste monde marche aujourd'hui.

En fait, si j'ai remis en ligne des propos tenus ici depuis 2011, c'est que je viens de passer par des moments pas drôle [oups ! pardon : pas drôles]. Je n'en dirai évidemment rien ici, parce que ça ne regarde que moi et ceux qui savent. La vie reprend son cours, presque comme avant. Pour mon petit compte personnel, je trouve néanmoins intéressante la relecture, de façon compacte et en continu, de ces trente et un billets choisis parmi ceux que j'ai consacrés, en six ou sept ans, à l'observation de l'état du monde, dans ses diverses modalités : politique, économique, écologique, sociologique, philosophique, climatologique, etc. Et cela renforce une impression qui reste d'habitude fragmentaire et fugitive, parce que liée à une circonstance, à un moment ou à un contexte particuliers : s'il n'y a pas de "convergence des luttes", comme le scandent les incantations de quelques poignées de rêveurs endurcis, il y a indéniablement convergence des facteurs d'alarme. C'est pourquoi j'aimerais aujourd'hui faire entendre (visuellement) le tocsin. Ci-dessous un détail photo du tocsin (fabriqué en Chine).

006.JPG

Contrairement à une première et fausse impression, cette photo est d'une netteté impeccable. Ce qui m'intéresse ici, c'est justement le contraste entre le caractère fuyant des ombres sombres, qui sautent aux yeux tout en semblant vouloir échapper au regard, et la géométrie parfaite des orbes dont on devine les cercles concentriques, autour d'un centre qui est là, mais restera le grand absent définitif.

Je ne me fais guère d'illusions, comme on peut s'en douter, sur le retentissement qu'un tel tocsin peut avoir sur la marche du monde. 

samedi, 10 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 7/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE VII

 

A visiter l’insu,

on est couvert de vie.

 

L’effort d’avoir, avec son origine,

la peau du corps d’appui,

c’est tout au bord de la limite.

 

C’est peut-être ici,

l’art qui fabrique,

l’œil qui recuit l’idée par plaques,

avec ses faux abords,

– et le vrai du recours,

c’est la grâce.

 

Il vient, le murmuré,

le trémulé du temps,

le vibré d’anche avec ses ailes.

 

Il laisse un nom plus corporel,

un arbre à nuit :

ça pousse en bord,

désigné court de trace.

 

L’envers de son,

ça s’appelle,

ça bat du cœur dans un trou.

 

Le bruit qui dort,

est-ce qu’il fait limite ?

 

Dans le bondé du cœur désert,

on entend ça,

c’est la foule en couleur. 

 

 

 

 

STRETTE

 

L’enfant, s’il joue la comédie,

C’est du sommeil intense,

C’est la vie profonde.

 

Il nage en clair dans le trou d’os :

C’est la foudre occipitale.

 

Regarde en lisière,

c’est un visage en gravité

qui fait du devenu à force de brisure.

 

Pris dans le rut des choses,

Il use un corps sexé contre les autres âmes.

 

Il a creusé dans les contours,

Il apprend le spectacle.

 

Le devenu, c’est la fabrique,

La main du corps pénible

Où dormait la formule.

 

Dans le vibré de soi,

Car il faut du beau,

De la vie-vite en source pleine.

 

Au fond du trou de deuil,

Couché en chien de force,

Il a cousu la voix minuscule,

Avec son fleuve amer.

 

Le chien d’ailleurs défend ses yeux.

Je vis dedans,

La voix cousue en cœur.

 

Couvert de vie,

Avec les nerfs complices,

C’est le nom du désordre,

Avec du sel entre les vies.

 

L’enfant reconstitue le poids de la matière,

Le cœur des formes.

Le pur de langue,

C’est lui le respiré.

 

Dans la cour du vrai,

C’est perspicace, le courant pur.

 

On fait du fruit,

On a de l’invisible.

Où est la douane occipitale ?

 

On fait constat de poésie,

Le besoin digne au fond d’ici.

 

On sort d’avoir.

On est le désert d’eau,

L’animal avec son rêve.

 

Tourné vers ce qu’il pense,

Le visage a fait l’insu de soi.

Il reste en trou,

Avec son grave.

 

A quoi la forme sert,

Dans le bruit dur,

Au fond d’ici ?

 

Encore un dernier corps,

Pour faire la route ?

 

Couvert de vie,

Le nom dépose en trace,

Autre lieu sûr.

 

Travail en bord, travail en tige,

Ça vient à la fabrique,

Il y a du construit.

 

Dans l’hiver de la personne,

Ça continue à creuser,

Ça vient se dire.

 

On est en vif,

En fort de forme,

Le soi du sexe.

 

Ce qui se rit en sombre,

Avec travail extrait de soi,

La lèvre à morsure, c’est la joie.

 

Le nom fait son être,

Ça fait le beau dans le visage.

Il a traduit le pur de langue.

 

Il y a du sanglot sur l’écran.

C’est là le respiré, la frontière.

Combien on perd,

A retenir le lourd de l’air.

 

En corps de vie,

A bout de traces,

Qu’est-ce qui résonne ?

 

A coups de creux,

le corps fait sombre.

Il fait du beau,

Avec lumière.

 

Il y aura le format d’homme.

On est encore en soi,

Dans le front bas,

Ou bien la boule à fruit.

 

La voix d’en bas,

Le rameur long,

C’est ça l’hiver de parole ?

 

Le captif a fait du sourd,

Avec des trous plein le sujet.

 

Coule en portrait,

Ce qui éprouve.

 

As-tu ton assaut ?

Alors fais ton pire,

Avec le cœur ficelé,

La couleur de faux.

 

Et puis c’est la cour du vrai,

Dans la cloche à plongeur.

Est-ce qu’il fait si froid,

Dans l’appel,

Qu’on l’entend pas ?

 

Il est pris dans la parole.

Il s’est noué, le respiré.

Si ça voulait dire ?

 

En dur de chose,

Il faut du respiré dedans,

Ça tient du noyau.

 

Il est dessus la fracture,

Ça coule en hésité,

Le noir de geste.

 

L’hiver de la figure,

Le soi du cri d’avant,

C’était quand, la torture ?

On ne sait plus :

Ça fait du beau, le vent vivant.

 

Au noir de vrai, ça se dépouille,

L’insu de soi qui foisonne.

 

Saignement, mouriture,

Il fait le jus, c’est la trace.

 

Le soi, c’est pris dans l’image.

Il traîne en louche.

Il est correct.

Il a sa fatigue :

Il a mal à son vrai.

 

Si c’est dodu, la formule,

Qui est cet autre ?

 

Allons à moi, corps de frousse.

Allons à coups de moi,

Dans le ténu, vers l’otage,

Couvert de vie,

Tout seul avec son bruit.

 

Il bat a coups de cœur

L’insu de la personne.

 

Est-ce que c’est ça,

La forme des choses ?

Est-ce qu’on s’y trouve ?

 

On fait du cœur avec son bruit.

On l’a trouvé le complice.

C’est ici la fabrique,

La peau des limites,

L’effort au fond d’ici.

 

Il coule en murmuré,

L’arbre à nuit,

A coups de bruit.

 

Alors il peut dormir,

Ouvert, avec la peau des limites.

 

Dans le trou d’os,

C’est la foule en couleur,

Qui découle.

 

Tout au bord.

 

 

 

 


CODA

 

C’est dans le dur de moi :

Je bats à coups de bruits

Mon cœur défait du pire.

Dans le couteau de moi,

Ça fait de la peau pure.

C’est dans le gros de ça

Qu’on sent le sel qui coule.

C’est fort de goût, le sûr.

 

Dans le cousu,

Je suis le ruminé complice,

Le réservoir inclus.

La photo dépolie,

Ça fait une entrée double.

Je me disjoins, je sors.

Je cherche un bruit : le pur.

La fenêtre à venir.

 

Je livre au corps secret

Mon verre avec ma lèvre.

Hésité jusqu’au noir,

J’ai convaincu l’air pur.

Dans l’induit, ça passe outre,

Et ça verse au concert.

Le décousu, le dû,

L’œil aime à son insu.

 

Dans le moi que je dis,

Ça reste tu, ça dort.

Tu entends les coups sourds,

La voix au fond d’ici,

Le cœur en bout de bruit.

C’est dans le tu qu’on est.

Vers tu, ça se complique :

Elaboré le pur.

 

Le moi de la fabrique

A fait son dû, parole.

L’insu du soi d’avant,

Il a de quoi porter.

Il a le devenu,

Celui qui part en bloc.

Complet de mes fantômes,

Je suis le murmuré.

 

Corps étrange à la source,

Je fais de l’étranger.

Ma langue, à coups de bruits,

Cherche ailleurs à combler,

C’est l’autre avec ses robes,

C’est l’autre densément

Je comprends la coulure :

Elle émerge le jour.

 

Le sédiment du ciel,

C’est l’autre voix du corps.

J’ai dans le pur le noir,

La condition des formes.

Le mur est toile en dur.

Des corps peints, des contours,

En court ça se dessine.

Ce sera bleu, qui chante.

 

En dépoli, sorti,

En étranger de bruit,

Ça s’émancipe en traits.

C’est donné, la tournure.

C’est cœur d’abois, le dire.

Reste à signer l’air pur

Avec les doigts d’après,

Compteurs des grains du fruit.

 

Il est dans le donné,

Le sorti, le complice,

Celui qui naît déçu.

Il a du droit, des preuves.

Il ira vers le brut,

Conduisant clair ailleurs,

Limite ouverte à suites,

Bruit d’avenir voulu.

 

Il a vu ce qu’il vit.

Il sait, pour la forêt :

C’est le fort du secret

Qui s’alimente au doute.

Dedans, c’est du construit,

Avec du vent vibré,

Le bleu entre les tempes.

Il sédimente en fruits.


POSTLUDE

 

C’est au fort de toi que je donne

Le cru, le pauvre, avec des ouvertures.

Avec toi, qui me déplaces,

J’apprends le dru, le très formé,

Le fort lisse avec ses avens.

Qui j’ai voulu, c’est dans l’aveu,

Ce toi, ça vient du cœur du fond.

Dans le poids du travail ourdi

(c’est un réseau de voix rusées),

c’est devenu le vrai, ce ventre,

le compris de la source.

Avec le noir devant,

Le nénuphar est une antenne,

Et je comprends ce qui s’efforce,

C’est en deçà que je bourgeonne.

Très confondu avec mon livre,

Je te fais des mains croustillantes.

 

FIN

vendredi, 09 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 6/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE VI

 

Avec le moi d’ici,

en remettant

le temps d’avant

qui se déchire,

je t’ai refait le déroulé,

le temps d’avoir du sens,

comme un sas de vent

avant soi la cassure.

 

Tout mon secret,

la rue d’après,

le venin vite,

tout le support,

ça fait confort.

 

Le noir de corps

frappe au décor.

La rue d’après,

ça rend sourd.

On se tait en couleur,

sac de soi,

la vie par plaques.

 

Volute au mur de mal.

La vie rutile.

Dans le corps intérieur,

le noir se ferme,

c’est en lui-même.

 

Au cœur de gris avec cadavre,

on fait papier d’accord.

C’est en dépouille,

ce qu’on sait du semblable.

C’est l’hiver, ou la personne ?

 

L’impur de voir

a fait sa goutte,

une eau creuse,

avec surface.

 

Vêtu de l’œil,

pour la similitude,

on a la volupté sans frais.

 

Bar de nuit,

citron-fraise,

un coup dur.

 

Après la suie, la promenade.

La vie foisonne.

 

Dans le fruit direct,

on a trouvé du vertige,

ça coule en peur

avec les autres tiges.

J’ai vu mon corps cousu,

ma tête en cerisier,

en fruit direct.

 

Dans la moisson,

c’est peur de l’engrenage,

avec vie de forme,

hissé la tige en dur

jusqu’aux traces à pourquoi.

 

J’ai la couleur en cru,

le noir en papier fort,

malgré la trace

dans la cloche à pourquoi.

 

On suivait l’acte,

respect d’encore,

de ventre fait,

ça se balance

avec mort de vie,

en fruit direct.

 

Le fort se met en fruit.

C’est l’hiver en personne.

C’est déduit des contours.

 

Il a sa silhouette.

Il parcourt la nuit,

beaux yeux gris,

la frontière en peau peinte.

 

Le pour de quoi devient du corps.

Après l’afflux,

ça fait complice.

 

C’est en vie qu’on foisonne,

et c’est l’hiver de la personne,

en fruit direct.

 

On a du lourd de soi,

en bout de branche.

Insulte à devenir.

 

Quand je serai complet,

le pouvoir dense.

La douleur, mais en vrai,

capable à supporter.

En parcourant de nuit,

on comprend l’engrenage.

 

La trousse à nourriture.

 

J’ai le devis d’angoisse.

Hiver, hiver,

il vit dans la personne.

 

C’est secret, la pourriture.

C’est deviné, le jus.

J’ai tout trié.

 

Tombeau en fruit direct.

Dans la peur,

j’ai pris le respirable.

 

La montagne à jalousie,

la fabrique à formule.

 

C’est en parcours de nuit

qu’on fait de la dépouille.

 

Il fait du couteau dans l’orgueil,

il a son dominé, sa volupté.

Il tend ses traces

avec respect du vent.

 

On saura recevoir

le nerf du cœur.

 

Il ne dira que pour les gouttes.

C’est un sang qui passe.

 

Quand tu te réduis à l’impur.

 

A raturé en retour.

C’est du tendu,

à coups de rire.

 

Visage en plis dans l’eau drôle.

Tu fais ton dieu par mégarde.

Le nettoyé se livre au premier corps.

Tu te retournes, mais ça obéit.

A la façon du trou qui porte,

tu sens qu’on a mal à son vrai.

 

Quel odieux dieu,

l’hiver de la personne.

Dans son sable,

l’otage a pris le geôlier.

 

On se nomme en abstrait.

Le soi, c’est métaphore.

Le corps, ça va se dire.

 

Il s’inhumait en plaisir,

avec vertige impérieux,

le fort correct avec fatigue.

 

Décision de l’aimer.

Amour ce qui touche,

à collision d’affronts,

à frivolités fortes.

Qui tu retiens,

dans ton courage à risque ?

 

Alors la terreur.

Pris conscience en frousse.

C’est en lui.

 

Quand tu me tiens,

c’est la formule.

Qui est cet autre ?

La trace est en embuscade.

Tendu à coups de rire,

c’était en force,

le coup parti.

 

Ce fut un coup d’aile,

il est tout seul dans son voyage.

Il se porte en otage,

sable autant que sablier,

ça coule en délité,

il dit son vertige.

 

Qu’est-ce qu’il est ténu,

le fil du frein !

 

C’est venu dans l’apparence.

Avec ses taches.

Tourné vers après.

Vaguement lâche.

 

Mais c’est dans la cage,

le craint qui sévit.

 

L’hiver en poche.

Où elle va, la personne ?

 

Couvert de vie,

tout seul avec son bruit.

 

Il fait son cœur.

 

Très lourd de traces,

on vient de loin,

on cherche à devenir.

 

Il est approché.

C’est en touchant,

dans son langage,

qu’il a formé.

 

Couvert de vie,

on a du mal à devenir.

 

Il faut aussi la surface,

la saveur, la plage.

 

On accumule en abstrait.

Qu’est-ce qu’on apprenait ?

 

Dans la formule au sable,

c’est obéir au présent.

 

On se tient court de front.

C’est cousu dans son hiver.

C’est un horizon,

un éternel.

 

Dans l’étranger, ça respire.

Le bruit du cœur,

ça fait son poids.

 

J’entends la vie venir.

Elle devient seule.

Mais en entier.

 

En sable pour les traces.

 

C’est en soi, la personne.

 

Couvert de vie,

aux frais des pendules.

 

L’écran des gouttes

accumule en abstrait.

 

Le bruit de tout, le cœur,

on veut ce qui se brûle.

 

Dans  le seul de soi,

ça consume.

C’est consommé, le sable.

 

Qu’est-ce qu’on prend ?

L’eau des traces,

lourd à vitesse,

le sec de cendre.

 

Accroché à ses traits,

on reste en coin de table.

 

Rideau de gouttes,

on voit avec les dents

l’insu de la personne.

 

Il bat dans sa pendule,

le bruit avec son cœur.

Il broie du seul.

 

Le bibelot fait son travail.

Pas dans le drôle en force,

mais dans le mur de quoi,

avec citerne occipitale.

 

Etre avec ses ratés,

à cette vitesse,

c’est court de front.

 

De l’âme en récusé

à l’aigre de la bouche,

il dort en creux.

 

Dénoncé en faux-corps,

l’enchevêtré désir.

 

C’est le surplus fabriqué,

avec la liqueur froide.

 

Il bat son bruit avec son cœur,

ça fait plus d’ombre,

et ça revient, appartenu.

 

Dans l’insu de sa personne,

l’œil qui pique.

 

Le faux-corps fait son geste.

Il fait ligament de soif

(on dira que c’est désir).

 

Entre les poussières,

le bruit de la vitesse.

 

L’ailleurs de soi,

c’est doux, mais ça bégaie.

Il fait du cœur, mais de loin.

 

Il bat dans son horloge,

le cœur qui sait que rien.

 

Il croit que ça débute.

Qu’est-ce qui compte ?

 

Il croit au temps qui part.

Est-ce que c’est mal ?

 

Il y a du mal.

Qu’est-ce qu’on perd ?

 

Il fait la digression,

on ne saura rien

des péchés de la mère.

 

A quoi on a mal ?

Qui est le donateur ?

Il se rend à son temps,

c’est promis sans presser.

 

L’instant s’ajoute à lui.

Ne parlons pas de vie normale.

 

Moins aboli que le présent,

il se donne un longtemps.

 

Avec du bois de soi,

il fait comme on doit faire.

 

Ai-je un esprit ?

 

Corps dans sa coque,

le regard fait son vide.

 

C’est le désert d’hiver.

Le dévolu se tasse.

 

On oublie ce qu’on a,

on n’a pas ce qu’on doit.

 

Au premier bout des traces,

il a du lourd d’effort.

 

Il se déplace.

Il nage animal avec son jour.

 

C’est du reclus en déposé.

 

Il fait masse.

Il fait dire.

 

On n’a pas la place.

On marche entre les corps.

 

Dans les sons de soi,

ça fait du fort.

 

Il ne dit pas pourquoi

ça fait du désir.

 

On ne sait pas

si c’est pénible.

 

Il y a du construit.

Qu’est-ce qui se prépare ?

 

On est dans les habitudes,

ou bien c’est la forme des choses ?

 

Est-ce que c’est mal ?

 

Dans le su, le fruit de soi,

le dit n’est pas le cru.

 

L’insu se défait,

il devient double.

Il fait un autre,

un refrain vague.

 

Il sort en buée,

en lignes creuses.

Il voudrait faire ou devenir.

 

Dans le dépôt des traces,

on voit celui qui va,

on ne sait pas le moi qui veut.

 

Alors le vu devient tordu,

un corps en vague,

avec un vide.

 

On n’explique pas.

Dans ce qu’il dit,

il ne sait pas.

 

On fait des plans,

de l’autre en construit,

de l’ailleurs défini.

 

Si c’est mal, ce qui sera,

on ne sait pas.

 

L’insu, c’est ce moi trouble,

avec désir à dire.

 

Si ça résiste à l’après,

c’est moins pénible.

 

On a cru,

ça fait du reste.

 

Si tu dis quoi,

tu fais du reste.

 

Dans ton habit en entier,

tu fais du lourd.

 

Lent sur le sens,

tu ne sais pas tout.

 

Qu’est-ce qu’on croit ?

 

Il faut du beau.

Est-ce qu’on s’y trouve ?

 

Avais-tu cette ombre ?

C’est ça que tu deviens.

 

Tu fais le choix des choses,

comme un loup dans les choix.

 

As-tu le corps en moins ?

Veux-tu vraiment ce visage,

en ailleurs qui convient ?

 

Le tir à balle,

c’est encore du repentir,

ou bien ça venge.

 

La vie en clou,

dans le corps terminé.

 

Est-ce que tu dois quelque chose ?

 

En autre quoi,

c’est l’art,

ça fait du beau.

 

L’insu de soi,

dans l’urgent,

c’est le beau du complice.

 

On sait d’avant

ce qui blesse à découvert.

 

Quand tu fais ta joie,

respire.

 

Sorti de mon sac,

je prends l’amour,

j’anticipe.

 

Il y a long devant,

c’est la course.

 

Dans sa voix apprentie,

il s’est posé.

 

Couvert de vie,

ça monte au vertige,

avec droit au désir.

 

Si tu te dis,

ça fait complice,

ça retient l’eau de l’autre.

 

Il bat son cœur avec son bruit.

 

L’aire à repos,

le blanc de la couture.

 

Il a du cuir en surface.

 

Il dit pour quoi faire ?

Ce n’est pas un numéro,

ça existe en durée.

 

Il fait du bruit avec sa peur.

 

Couvert de vie,

son arbre boit d’avance

à même il est, le courant d’heure.

 

Dans le noir, il conduit.

Si ça disloque,

il donne en fourre-tout

les mots qu’on exige.

 

Il fait du cœur avec son bruit.

C’est mesuré.

 

Dans le noir du fruit,

c’est là qu’il dort.

 

Il fait corps.

Il fait beau.

Il a du fort en devenir.

 

Tout en nuit,

dans le froid, ça hésite.

 

Il a du noir.

Ailleurs, c’est la limite.

 

Il bat de l’heure

autour du trou.

C’est libre d’aile.

Labeur extrusif.

 

Il y a du fort dans ce trouble.

 

L’idée, elle est en bruit,

ça fait du lourd de traces.

Elle est en cœur dans le battu,

la vie complice.

 

Tout en fond, c’est la cuve,

avec sons vigoureux.

 

C’est de la voix qui s’étale,

ça se promène en soi,

le corps de forme.

 

L’idée, elle bat,

elle compte,

elle est venue en noir

nager dans le précis des traces.

jeudi, 08 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 5/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE V

 

Le corps du vide,

à bout de traces,

ça résonne.

 

Il y en a qui nage,

et la citerne efforce.

 

Avoir été celui,

c'est un dépôt sous l'écorce.

Dans le regard à la coque,

on a du fort qui passe.

 

Pas de sable avec pierre,

aucun recours dans le jour d'os.

 

On sait qu'on marche,

et dans le cru du désert d'eau,

on sait qu'on vide

à coups de masse

le corps de dune,

racine de ruines

au bout du vent qui coule.

 

En dépôt dans le vague,

un alphabet se déplace.

Le pur de langue

se donne en respiré.

 

Né en cage,

dans le passé.

Trouvé vide,

en bout de jour.

Déplacé dans son vague,

à coups de creux.

 

Le travers est pénible.

L'effondré reste en désir.

Il faut progresser.

Vers il paraît, ça veut dire.

Il faut du beau.

 

Dans la cour du vrai,

le corps fait son ombre.

L'avais-tu, ce qui devient ?

Le souvenu, le tir à balle,

c'est de l'ailleurs à repentir.

 

On a fondu ensemble.

Les sons du sombre,

on a compris la danse.

La voix partie en fleur.

 

On a l'autorité des traces.

En devenu d'hiver,

la foule ambiante.

Pourquoi plus ?

Si tu mens à la source,

la vie divise.

 

Si j'ai l'hiver en consumé,

je fais la force,

je mets le doute,

à court d'ombre.

Pourquoi l'entier ?

 

A fond dans le mordu,

baiser calculé au plus juste.

Il y a du beau,

qui fait lumière.

 

Ce qui est à jeter,

du bord du monde.

Ce qui résiste,

inflammation,

non la crête du vague,

ni le cadavre en action.

 

Ce qui pousse au regard.

Il y a la poussée.

Il y a le format d’homme.

C’est un récipient,

ça va s’ouvrir.

 

Il a l’air métallique.

Le corps de citerne,

avec un cou de sang.

Sous le discours,

la forme du visage.

Le trou savant.

Le fond de vérité.

 

La cour du vrai

ne fait pas d’éclat

dans le détenu.

Ce qu’il détient

fait de l’œil.

 

L’hiver de parole.

On ne sait pas que ça se voit.

C’est là comme un front bas.

On sait qu’on va mentir.

 

C’est l’hiver de parole.

On emporte avec soi

l’accessoire de soi.

Besoin désir,

envie d’envie.

 

On tourne en travail,

on ne peut pas atteindre.

On va mentir à volonté.

On va confondre.

On n’est pas en sécurité.

 

Qu’est-ce qui hésite,

dans le propre nom ?

Tu couches les mots,

tu brosses, tu brocantes.

Tu vas dans l’assoupi

combler le spectateur.

Tu te vois à l’écran.

Mais c’est du formel.

 

Alors tu hivernes.

C’est du sommeil à gros,

c’est plein d’insectes,

avec travail de grouillement.

Ton âme était trop nue.

 

La couverture à plis,

ou bien le sac d’embrouilles,

ou bien la foule à bruit.

Cousu avec parois,

le couloir fait son corps.

 

Ma voix, c’est un bras mort,

un couloir liquide,

on voit beaucoup dormir,

avec du froid,

le dos fait des épaules.

Rien ne court.

 

J’ai l’hiver de parole.

Je suis l’outre.

Je sais tourner.

Je n’avertis pas quand je tombe.

Dans le froid, ça débute.

 

Je suis pour la vacuité.

En cours de possible,

la porte m’ouvre.

Où je serais,

si je n’étais pas sourd ?

 

Je suis tout en étreinte,

en vigilant,

dans le captif,

le cru furtif.

Ma foule obtuse,

en pur de langue,

a fait ses trous dans le sujet.

 

Tu fais du temps,

la vie dans la couleur,

ça coule en portrait.

Envers moi, tu éprouves.

Qui t’a suivi ?

 

Dans l’hiver de parole,

c’est là, le front bas.

Qui est rapace ?

Qu’est-ce qui console ?

On est en foule obtuse,

en force feinte.

 

Le cœur courant,

la ficelle à bas prix.

On joue l’hiver en fond sonore.

La voix est cartonnée.

C’est un travail de son.

 

L’effort au pire.

La flaque de faux.

L’hiver a la parole.

C’est du dédain,

le cœur ficelle,

la farce en seul.

 

Gare à tant pis,

la cour du poétique,

le fort du vrai,

ça découle avec sang.

 

Cousu dans la parole,

l’albatros vit seul.

En train de boire à son sommeil,

il forme un vide,

un corps de silhouette de soi

sur fond de chanson.

Avec le corps mineur,

il trime, il fait du contenu.

 

Rien sur le vivre,

rien en matière à défiler.

Dans l’hiver de parole,

il fait du trop.

 

Encore avec le sien,

la ficelle à bas prix,

il fait du menti,

de la voix cartonnée.

 

On a du clandestin,

peu musical,

pas courageux destin.

Amant, ce qui se fait,

à la voix, les coups sourds.

 

Au fond d’ici,

c’est la ficelle,

le froid de la parole.

Dans le couru du vent,

on fait du sec.

On devient mort,

le même à respirer.

Le cousu d’os,

la foule obtuse.

 

La cour du vrai,

dans la cloche à plongeur.

C’est qu’il fait froid,

au fond de la parole.

Le menti serti dans du vrai,

le creux de la famine.

 

Il fait du froid dans ma parole,

je mendie à cause de ça.

Je fais mon minuscule.

Dans le couloir des sons,

c’est la voix voulue

qui manque à mon appel.

 

C’est au pourtour,

le filet d’encre,

la voix couleur.

Vrai comme un soi

qui vient avec.

 

Le sourd de veille

se fait rapace.

Le bec de voix

cherche un désir.

 

On a peur du fond,

dans le menti du corps.

Il est en train de souvenir.

Hiver ivre en parole.

 

Qu’est-ce qui est fertile ?

Le tu de la figure ?

Le vent qui fait le respiré ?

Le pur de langue ?

Dans le cousu du minuscule,

toute la matière.

 

La voix sinue en marge.

On a du corps en trop,

et c’est la vie rapide.

Autour du trop,

ça reste à dire.

 

Un peu de peau

dans le vibré de vivre.

Le corps mineur

est fort de feinte.

L’induit de soi

dans l’oubli couche

fait son retard de cœur.

 

Tordu de soi,

le cousu coule

en voix couleur.

Là dans la force,

il a du trop, le poétique.

 

Dans le désert de foule,

un clown avide.

On ferme en cloche

un corps mendiant

qui se dévide.

On cherche en roche.

Entre les frères en peu,

surgit le vide.

 

C’est juste un cortège,

qui fait la voix

dans le nu du pourtour.

Avec son mort en couche,

c’est le total d’hiver

qui se plie en parole.

 

L’honneur du pauvre,

c’est dans le tu du cœur,

la ficelle à respire.

Pour le rien du vide.

C’est toi la farce.

 

Non à dormir,

non à mentir en voix,

non à tension de la figure

autour du trop qui siffle.

 

A la couleur du feint,

le vu du mort en couche

devient douleur du confus terminé.

 

Et ça s’entend, le contenu,

avec le thème en corps de voix.

Tout vient autour,

et ça s’amuse.

 

Dans le central à poudre d’os,

il fait son temporal.

C’est trop tard pour l’avantage.

Dans le froid d’aile, avec vertige,

le lourd a cassé.

 

Si c’est du vivre sur du rien,

le soi, c’est clandestin.

C’est devenu loquace, on dit,

le pur de langue en dur de chose.

 

Il fait le respiré du beau,

avec muscle à terre entière.

Il est réduit au corps interne.

A la vitesse du poétique,

il se mime, tiré de son destin

jusqu’au désert de foule.

 

Le fou de silence, l’auteur de quoi,

dans le triste de la figure,

l’hiver de pauvre, en minuscule,

avec du creux pour immerger

l’intestin clos, corps à plongeur.

 

Le petit sourd a la raison,

c’est son éternité rapace.

Dans le noyau du fond d’ici,

coule en cousu la voix d’ici.

 

L’insecte en mineur de fond

(c’est le scolyte avec rayons),

il fait musique d’effort,

il fait travail, il entrevit son corps.

Il doit du son de soi au poétique.

 

Avec lampyre en grappe,

autour des noms fusés du vide,

il attend la fracture à parole,

ce qui découle en hésité,

le fil de voix de soi où ça résiste.

 

La vie foisonne,

et c’est l’hiver de la personne.

 

A la volée de voir,

il faut des gestes.

 

On a furieux,

le grand vivant.

On se retient de foi.

On dresse un doigt.

 

La vie fait ses racines.

A la volée, les joncs.

Faut voir le travail des ruines.

 

Tout autre communique.

Déboîté, le furieux.

La vie se dresse,

et c’est le geste de personne.

 

Il court le vivant,

racine en vase,

il suit la fuite,

et c’est inextricable,

hiver de la personne.

 

Il y a trop.

On s’y marche.

C’est gluant défait.

Il fait ventouse,

un pied noir.

 

Coulé en foi dans sa glu,

le corps désert.

Il fait hiver,

revu en cru.

 

Qui veut quoi que je fais ?

Que veut qui que je nomme ?

Que peut quoi que je dise ?

 

Un signal à savoir.

Un silence d’œil.

Un coup de permanence.

 

La mue d’ignorance.

Le gel.

Le noir de geste.

 

Est-ce qu’on sait quoi,

quand on scrute ?

Tu veux voir volonté ?

C’est quand, la racine ?

 

Quand ça moissonne,

c’est en bruit.

 

C’est dans l’hiver, le fruit,

la couleur pauvre,

le donné.

 

Dans le pris du plaisir,

ça fait cloison.

La vie foisonne,

et c’est l’hiver de la personne.

 

As-tu vécu ?

C’est en murmure.

J’ai mon cadavre en pire.

 

C’est dans le tu

qu’on foisonne.

Avec hiver en face.

Avec savoir qui interroge.

 

C’est dans le tu de la foison

qu’on vit en cri.

Comment les gens ?

 

Quand on entend,

ça fait énorme.

C’est dans le tu de toi

que j’attends de savoir.

 

Quoi franchir ?

On fait cœur,

on fait bruit.

J’ai du cri avec mort d’avenir.

 

Du cru de moi,

qui attend, su, le soi,

le tu de toi,

l’hiver de la personne.

 

La vie de moi murmure.

C’est quand je crois à quoi ?

Dans le défait de moi,

ça reste en racine.

 

Il y a du fort,

ça fait du beau,

construit de vent vivant.

 

On me vit comme un comme,

c’est de l’interrogé.

A la vue d’écriture,

on a dit ce qu’on sait.

 

S’il fait du ventre,

c’est dans son propre noir.

Il reste près du tu,

l’insu de soi qui le foisonne.

 

Si j’ai le noir du mal,

ça fait mur.

 

Le moi de la dépouille,

le corps du vrai,

la soie de la personne

qui coule en croix,

la vertu du vrai noir,

l’instant d’encore avec l’écrit.

 

Mouru sans voix,

si c’est le manifeste,

avec l’encouru

(si c’est le risque de l’insu),

ça fait son tort malgré le soi.

 

C’est moi qui coule en tu,

c’est dur de gris d’en avoir plus.

Avec savoir,

le papier reste.

 

Il a du corps vorace.

En gros d’amour,

ça frappe au vivant,

ça veut que ça revienne,

en savoir plus.

 

Si j’ai voulu le quoi,

c’est le rien qui renvoie.

Dans la cour du vrai,

ça joue du cœur,

ça devient mur de mal.

 

J’ai dur de ventre,

à court de court,

l’imminent fait centre,

et je le suis.

 

Ma courroie d’air,

c’est dans le fissuré.

 

En cru d’insu,

en envie d’ire,

j’ai dépourvu l’impire,

le quoi du grand,

quand meurt de soi

l’insecte ou le grossir.

 

Avec le court de la cassure,

j’ai du malgré dans l’injure,

j’ai fait le douloureux.

 

Avec le toi de moi,

le rabais de front bas,

le sas que j’insupporte,

on a défenestré le vent.