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mardi, 10 août 2021

LA FONTAINE, LA MONTAGNE ET LA SOURIS

LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE

Une montagne en mal d'enfant

Jetait une clameur si haute,

Que chacun au bruit accourant

Crut qu'elle accoucherait, sans faute,

D'une Cité plus grosse que Paris :

Elle accoucha d'une souris.

 

Quand je songe à cette Fable

Dont le récit est menteur

Et le sens est véritable,

Je me figure un Auteur

Qui dit : Je chanterai la guerre

Que firent les Titans au maître du tonnerre.

C'est promettre beaucoup : mais qu'en sort-il souvent ?

Du vent.

***

Non non, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne pense pas à Emmanuel M., plus doué pour le verbe que pour sa transformation en réalité concrète. Nooooon ! Qu'avez-vous failli penser ?

lundi, 09 août 2021

... POUR TROUVER DU NOUVEAU

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !

Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !

Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,

Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

 

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !

Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?

Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

***

Sujet de dissertation littéraire et philosophique : "Vous direz, en vous appuyant sur vos connaissances de la poésie de Charles Baudelaire, comment vous comprenez ces derniers vers du dernier poème des Fleurs du Mal. Vous vous demanderez en particulier ce qu'il faut penser de la quête frénétique d'innovation à laquelle le monde moderne se livre depuis un siècle et demi. Vous avez quatre heures."

***

Copie de l'élève André Franquin.

TROUVER DU NOUVEAU.jpg

jeudi, 11 février 2021

LES POÈTES DE MA VIE (13)

MAURICE FOMBEURE

*

TROUVER L’ÂGE DE MON VILLAGE

 

Autour des sentiers blancs, le sommeil de la mer,

Autour des tamaris le sommeil et l’amour,

Risque en alexandrins ces rixes, ces paresses,

Le sommeil de la mort sur la plage des jours.

 

Au coucher du soleil, mon village écarlate,

La mairie à la chaux puis le curé dodu,

Un jardin fou criblé d’oiseaux, de mille-pattes

Et l’église écoutant ses orgues suspendues.

 

Le bruit clair des lavoirs et le bruit sourd des sources.

Sur la place, un tilleul aveugle et répandu

Un chariot que la lune attelle à la grande Ourse

Et saint Eloi, patron des forgerons perdus.

 

Mon lit où la mort prend la forme du sommeil,

Disperse les songes assoupis sous mon toit,

Où je dors toujours seul et toujours avec toi

Car tu es sur ma vie comme une étoile blanche.

 

Au fond des prunelliers mon village éternel

Au bord de ta forêt, déchiré par l’orée

Au bas d’un doux ciel clos cravaché d’hirondelles,

Je t’aime mon village éternel, éternel,

 

Tes fumées tremblent dans mon cœur,

Tes volets s’ouvrent dans mes yeux ;

Je t’aime mon village innocent et joyeux

Où la vie fait un doux bruit d’ailes.

 

MAURICE FOMBEURE

A DOS D’OISEAU.

vendredi, 29 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (12)

GEORGES PERROS

On naît avec les hommes. On meurt

 inconsolé parmi les dieux.

René Char

*

La préface est à l’intérieur.

*

UNE VIE ORDINAIRE

 

On m’a bien dit que j’étais né

mais de si drôle de façon

je me méfie des gens qui m’aiment

sans trop pouvoir faire autrement

bref j’attends confirmation

de cet événement suspect

rien ne m’ayant encor donné

l’enviable sensation

d’être tout à fait là sur terre

plutôt que dépendant d’un ciel

qui change souvent de chemise

bien plus que moi.

                   N’importe allons

Je suis pour le discours humain

Je suis pour la moitié de pain

Le désespoir c’est de se taire

Et si mon langage vous pèse

quoique si léger si fuyant

rien de plus facile à votre aise

que de jeter ce livre au vent.

 

De cet étonné d’être là

il avait sept mois et demi

 

(Ah ce mois et demi me manque

Je suis l’homme d’un courant d’air

qui aurait trouvé sa fenêtre

un peu trop vite se lâchant

dans la nature sans avoir

pris nécessaire rendez-vous

Ne cherchez donc pas trop ailleurs

ce qui mutile ma parole

elle est dans le vent et ne tire

qu’un pauvre diable par la queue)

 

qui se noyait dans la cuvette

il pesait moins de trois kilos

il était condamné à mort

au reste l’est-il pas toujours

comme mort son frère jumeau

avant même d’avoir vécu

 

(mais c’est plutôt sœur que j’aurais

aimé sentir en même temps

que moi vivant sur cette terre

et j’en aurais été jaloux

supportant mal qu’elle préfère

me faire cadeau d’un beau-frère)

 

il m’étonne encor d’éprouver

le taciturne goût de vivre

Je l’entends qui se parle en moi

comme dans un habit trop grand

se débattent la chair et l’os

d’un qui aurait poussé trop vite.

*

GEORGES PERROS

Une vie ordinaire.

(C'est le tout début de ce délectable "roman poème".)

PERROS GEORGES.jpg

jeudi, 28 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (11)

GUILLAUME APOLLINAIRE

*

FÊTE

A André Rouveyre.

Feu d’artifice en acier

Qu’il est charmant cet éclairage

                   Artifice d’artificier

Mêler quelque grâce au courage

 

Deux fusants

Rose éclatement

Comme deux seins que l’on dégrafe

Tendent leurs bouts insolemment

IL SUT AIMER

                                      quelle épitaphe

 

Un poète dans la forêt

Regarde avec indifférence

                   Son revolver au cran d’arrêt

Des roses mourir d’espérance

 

Il songe aux roses de Saadi

Et soudain sa tête se penche

Car une rose lui redit

La molle courbe d’nue hanche

 

L’air est plein d’un terrible alcool

Filtré des étoiles mi-closes

Les obus caressent le mol

Parfum nocturne où tu reposes

                   Mortification des roses

*

GUILLAUME APOLLINAIRE

Calligrammes.

mercredi, 27 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (10)

TRISTAN TZARA

*

Homme approximatif comme moi comme toi lecteur et comme les autres

Amas de chairs bruyantes et d’échos de conscience

Complet dans le seul morceau de volonté ton nom

Transportable et assimilable poli par les dociles inflexions des femmes

Divers incompris te mouvant dans les à-peu-près du destin

Avec un cœur comme valise et une valse en guise de tête

Buée sur la froide glace tu t’empêches toi-même de te voir

Grand et insignifiant parmi les bijoux de verglas du paysage

Cependant les hommes chantent en rond sous les ponts

Du froid la bouche bleue contractée plus loin que le rien

Homme approximatif ou magnifique ou misérable

Dans le brouillard des chastes âges

Habitation à bon marché les yeux ambassadeurs de feu

Que chacun interroge et soigne dans la fourrure de caresses de ses idées

Yeux qui rajeunissent les violences des dieux souples

Bondissant aux déclenchements des ressorts dentaires du rire

Homme approximatif comme moi comme toi lecteur

Tu tiens entre tes mains comme pour jeter une boule

Chiffre lumineux ta tête pleine de poésie

* 

TRISTANT TZARA

L’Homme approximatif.

mardi, 26 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (9)

JOË BOUSQUET 

MON FRÈRE L’OMBRE

Avec ses souliers de pierre

Qu’il tenait à chaque main

Le portier du cimetière

A fait danser le chemin

 

Avec ses sabots de cendre

Sur les lèvres d’un amant

Le sonneur est venu prendre

Ce qu’il disait en dormant

 

L’absence aux souliers de feuilles

Donne son cœur pour toujours

Au seul galant qui la veuille

Le vent qui change les jours

 

La vieille aux souliers de paille

Hisse un fagot sur ses reins

Et dans une ombre à sa taille

Porte la lune à la main

 

La nuit tous les pas se mêlent

Ce qui nous mène est perdu

L’air est bleu de tourterelles

Le ciel le vent se sont tus

 

Et pareil à la colombe

Qui meurt sans toucher le sol

Entre l’absence et la tombe

L’oubli referme son vol

 

Mais il survit du murmure

Où tout se berce en mourant

L’amour des choses qui dure

Au cœur d’un mort qui m’attend

JOË BOUSQUET

La Connaissance du soir.

lundi, 25 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (8)

ARMAND ROBIN 

*

LA NUIT 

J’ai rejeté le Temps bien loin de mes épaules,

Vos songes, mes humains, sont mon plus vrai manteau ;

Mes genoux, faits d’espace et de collines molles,

Semblables au destin cheminent sans un mot.

 

Je passe, brune et lente, en la brume des fleuves,

Je n’y laisse flotter que mon indifférence

Mais les eaux, malgré moi, le dos courbé, s’abreuvent

Comme des bœufs, tous noirs, à ma fraîcheur immense.

 

Les talus, quand j’y dors, semblent guéris des ronces ;

Les arbres que je prends, je ne sens rien pour eux,

En eux je n’ai jamais tenu que mon silence

Et voilà qu’on m’apprend que je les rends heureux !

 

Hélas ! ne pas savoir pourquoi je suis si douce !

Me direz-vous comment je puis tant vous aimer ?

Mes propres pas me sont plus muets que la mousse !

Par moi sauvés de tout, vous m’avez tous blessée.

ARMAND ROBIN 

Ma Vie sans moi.

jeudi, 21 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (7)

YVES MARTIN

 

Comment je vis ? Question trottinante

Comme un léger reproche.

Depuis mon opération, il ne m’était pas apparu.

Les roses, les œillets secs se sont enfuis

Sous la petite table de rotin.

Le pantalond de velours voyage peu.

 

Il fait froid.

Les merles s’approchent de ma fenêtre,

- tirer les marrons du feu –

Le vent ne compte plus ses larmes.

 

Sur la glace envie d’écrire

« Assassin » pour entendre derrière moi

Grommeler l’incorrigible inconnu.

Demain le désordre sera encore moins chaleureux.

Je tape ma porte. La haine de ma voisine

M’est indispensable. Dans l’escalier, comme chaque matin

Un cartable. Je l’ouvre. Je caresse un cahier, une plume,

Un marron. Puis je le transporte jusqu’à l’entrée de l’immeuble

Où dans quelques minutes viendra le reprendre

Une jeune fille que je ne connais pas

Dont je devine seulement que les cheveux

Sont aussi longs, dorés

Que le vermouth des océans.

 

YVES MARTIN

De la Rue elle crie.

mercredi, 20 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (6)

CHRISTIAN DOTREMONT

 

A PAUL ÉLUARD

 

à Paul Éluard

le jeune homme qui est un vieil enfant

au visage incendié de timidité

a dans son cœur incendié dans sa tête incendiée de tempêtes

de quoi attacher toutes les frontières

de quoi jouer au bête puzzle du monde

le jeune homme incendié au cœur

de livres de cœur et de mois d’Octobre

a de quoi « acheter de mourir de faim »

de quoi ne pas avoir les papiers nécessaires

le vieil enfant muet a seulement un ticket de désobéissance

aux lois d’infamille aux lois de désobéissance à tous ses désirs

son chemin a la largeur du monde et manger lui est aventure

il supporte toute souffrance pourvu qu’elle soit imprévue

il n’a pas besoin qu’on lui montre…

il a dit les mêmes paroles celui dont les mains sont ouvertes comme les livres

comme ses livres chez un jeune homme à la seule voix d’encre

qui jamais ne traversera la vie aux passages cloutés

jeudi, 14 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (5)

PAUL CELAN

***

RETOUR

 

Chute de neige, de plus en plus dense,

Couleur colombe, comme hier,

Chute de neige, comme si tu dormais toujours.

 

Du blanc à perte de vue :

Dessus, à l’infini,

La trace de traîneau du perdu.

 

Dessous, à l’abri,

Se hausse

Ce qui fait si mal aux yeux,

De colline en colline,

Invisible.

 

Sur chacune,

Rapatrié dans son aujourd’hui,

Un Je échappé dans le mutisme :

De bois, un pieu.

 

Là-bas : un sentiment

Qu’entraîne ici le vent de glace.

Il arrime l’étoffe couleur

Colombe, neige, son drapeau.

 

PAUL CELAN

Grille de parole

(traduction Martine Broda)

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mercredi, 06 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (4)

EUGÈNE SAVITZKAYA

***

La montagne a bougé, la montagne est en morceaux. La maison, cassée. Sous terre sont les merisiers et leurs brindilles, le mélèze, le feuillage dispersé, le mouton, le mammouth musclé, la bonne mouture de froment, les ordures, les os, les machines sans roues, les quartiers de meule, les faisceaux de paille mouillée, les rayons de miel, le minerai si vif et le manganèse, il n'y a plus de musc, plus de chair molle, rien que de la matière morcelée et du morfil en quantité.

EUGÈNE SAVITZKAYA

Quatorze cataclysmes.

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mardi, 05 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (3)

GHÉRASIM LUCA

***

Son corps léger

est-il la fin du monde ?

c’est une erreur

c’est un délice glissant

entre mes lèvres

près de la glace

mais l’autre pensait :

ce n’est qu’une colombe qui respire

quoi qu’il en soit

là où je suis

il se passe quelque chose

dans une position délimitée par l’orage 

***

Près de la glace c’est une erreur

là où je suis ce n’est qu’une colombe

mais l’autre pensait :

il se passe quelque chose

dans une position délimitée

glissant entre mes lèvres

est-ce la fin du monde ?

c’est un délice quoi qu’il en soit

son corps léger respire par l’orage 

*** 

Dans une position délimitée

près de la glace qui respire

son corps léger glissant entre mes lèvres

est-ce la fin du monde ?

mais l’autre pensait : c’est un délice

il se passe quelque chose quoi qu’il en soit

par l’orage ce n’est qu’une colombe

là où je suis c’est une erreur 

***

Est-ce la fin du monde qui respire ?

son corps léger ? mais l’autre pensait :

là où je suis près de la glace

c’est un délice dans une position délimitée

quoi qu’il en soit c’est une erreur

il se passe quelque chose par l’orage

ce n’est qu’une colombe

glissant entre mes lèvres 

***

Ce n’est qu’une colombe

dans une position délimitée

là où je suis par l’orage

mais l’autre pensait :

qui respire près de la glace

est-ce la fin du monde ?

quoi qu’il en soit c’est un délice

il se passe quelque chose

c’est une erreur

glissant entre mes lèvres

son corps léger

 

GHÉRASIM LUCA

Paralipomènes, "Son corps léger".

samedi, 02 janvier 2021

LES POÈTES DE MA VIE (2)

PHILIPPE JACCOTTET

***

La nuit est une grande cité endormie

où le vent souffle... Il est venu de loin jusqu'à

l'asile de ce lit. C'est la minuit de juin.

Tu dors, on m'a mené sur ces bords infinis,

Le vent secoue le noisetier. Vient cet appel

qui se rapproche et se retire, on jurerait

une lueur fuyant à travers bois, ou bien

les ombres qui tournoient, dit-on, dans les enfers.

(Cet appel dans la nuit d'été, combien de choses

j'en pourrais dire, et de tes yeux...) Mais ce n'est que

l'oiseau nommé l'effraie, qui nous appelle au fond

de ces bois de banlieue. Et déjà notre odeur

est celle de la pourriture au petit jour,

déjà sous notre peau si chaude perce l'os,

tandis que sombrent les étoiles au coin des rues.

 

PHILIPPE JACCOTTET

L'Effraie.

mardi, 29 décembre 2020

LES POÈTES DE MA VIE (1)

YVES BONNEFOY

***

LIEU DU COMBAT

I

Voici défait le chevalier de deuil.

Comme il gardait une source, voici

Que je m'éveille et c'est par la grâce des arbres

Et dans le bruit des eaux, songe qui se poursuit.

 

Il se tait. Son visage est celui que je cherche

Sur toutes sources et falaises, frère mort.

Visage d'une nuit vaincue, et qui se penche

Sur l'aube de l'épaule déchirée.

 

Il se tait. Que peut dire au terme du combat

Celui qui fut vaincu par probante parole ?

Il tourne vers le sol sa face démunie,

Mourir est son seul cri, de vrai apaisement.

 

II

Mais pleure-t-il sur une source plus

Profonde et fleurit-il, dahlia des morts

Sur le parvis des eaux terreuses de novembre

Qui poussent jusqu'à nous le bruit du monde mort ?

 

Il me semble, penché sur l'aube difficile

De ce jour qui m'est dû et que j'ai reconquis,

Que j'entends sangloter l'éternelle présence

De mon démon secret jamais enseveli.

 

O tu reparaîtras, rivage de ma force !

Mais que ce soit malgré ce jour qui me conduit.

Ombres, vous n'êtes plus. Si l'ombre doit renaître

Ce sera dans la nuit et par la nuit.

 

YVES BONNEFOY

Du Mouvement et de l'immobilité de Douve.

 

lundi, 15 juin 2020

BRICOLAGE

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« Où, teignant tout à coup les bleuités, délires

Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,

Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,

Fermentent les rousseurs amères de l'amour.»

A.R.

dimanche, 07 juin 2020

POÈME

Il pleut du soir en fumée ronde

Sur la vallée où boivent les ombres.

 

Un cheval fourbu écoute les oiseaux.

Il goûte aux choses sonores

Qui parlent dans des langues.

 

Une peau qui ne sait rien d'elle-même

S'entoure de mots creux

En éteignant la lumière,

par précaution.

 

Mais on est là,

On sait.

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lundi, 11 mai 2020

DÉCONFINEMENT

Après les confins ?

*

Mon troupeau d’oublis

S’était endormi au pied de mes échos.

Le corps luisant de mes étoiles filantes

Leur avait tracé des haies de cœurs écorchés.

J’entends bientôt monter

La sonate universelle,

La symphonie des solitudes,

Le concert, l'improviste et les ciselures.

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jeudi, 07 mai 2020

POÈME

Et maintenant ?

*

Un seul demain suffira pour commencer.

On fera comme si on savait.

Les tâches, le poids et les mesures

Contiendront le temps, les pas et les saisons.

Une seule saison pour prolonger

L’été de la durée des songes.

Un seul été pour capturer

Les sons déshabillés de l’inconnu,

Qui ne se régénère que de souffrir.

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mardi, 31 mars 2020

POÈME DU CONFINEMENT

CŒUR PARADIS

 

Cœur paradis, fais de ta transe un animal,

friand de rut et sauvage en son sommeil.

*

Cœur paradis, fais de ton éveil un clandestin,

fleur fiévreuse ou grand chien maraudeur.

*

Cœur paradis, deviens la porte de l’hiver,

fermée de tôle ou traversée de ses blessures.

*

Cœur paradis, fais de ton poids l’armature :

invisible, méthodique et transhumante.

*

Cœur paradis, dans l’être qui remplit et qui vide,

redeviens ce partage où nous aimions caracoler.

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dimanche, 29 mars 2020

POÈME DU CONFINEMENT

Demain est tout à fait creux.

La vie promène son désastre

sur toutes les routes.

J'attends la fin du bruit

et le retour du bruit.

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vendredi, 31 janvier 2020

2020 : OUI, DES POÈMES, ENCORE....

... si la vie veut bien !

***

(Le lieu attend qu’on s’en aille

Pour se remettre à chuchoter.

Je suis de trop, se dit le désespoir.

Presque rien en notre possession,

Répond la voix du noble corps.

Reste le reste.)

***

Avec janvier prend fin le temps des vœux de Nouvel An.

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jeudi, 30 janvier 2020

2020 : QUELQUES POÈMES, ENCORE ?

Je te cherche et tu ne fuis pas.

J’ai la terre et le temps présent.

Je suis galet qui sent la vase tiède.

Je suis cadran de montre au milieu de l’esprit.

Et dans la trace de ton cœur je me perds.

Il me reste les poissons-chats,

L’opacité de l’eau, le confluent maladroit,

Les meubles de l’oubli.

T'ai-je trouvée, ma seule ?

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samedi, 14 décembre 2019

UN DRÔLE DE SQUELETTE

Pour mon calendrier de l'Avent.

IMPORTANTES DEFORMATIONS OSSEUSES.jpg

A quoi peut avoir ressemblé la vie concrète de l'être ainsi conformé ? Quelles autres souffrances que celles de son corps a-t-il été contraint de subir en société ? Ce squelette donne selon moi une image "haute définition" de la torture que "la vie" est capable d'infliger à quelques "privilégiés".

***

Eau verte, eau close,

eau débattue, opacité des lônes,

eau végétale, eau des bords.

 

Eau poisseuse comme une colle,

masque hermétique,

eau mauvaise, eau sans réfléchir.

 

Eau sans se retenir.

vendredi, 13 décembre 2019

ACHONDROPLASIE

Pour mon calendrier de l'Avent.

ACHONDRO PLASIE.jpg

Achondroplasie : « Affection congénitale héréditaire à transmission dominante ou récessive, due à un gène mutant. Elle est caractérisée par un arrêt de développement des os en longueur, leur volume étant, au contraire, augmenté par suite de la prédominance de l'ossification périostique sur l'ossification enchondrale. Cliniquement elle se manifeste par un nanisme portant uniquement sur les membres (et surtout les segments proximaux : micromélie rhizomélique de P. Marie) ; la tête est volumineuse, le tronc est à peu près normal. Elle fait partie du groupe des chondrodystrophies (chondrodystrophie génotypique). ».

De source sûre.

***

Nous aurons des rosiers.

Notre présent est en pièces.

Les morceaux sont dans la valise.

Notre rétine a de l’espoir,

Nos tympans font des progrès.

D’autres prières crisseront au-dehors.

Nous serpenterons en procession.

Nous piétinerons les tristesses.

Nous aurons des rosiers.