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jeudi, 19 août 2021

LI BLANC LI BOULA-MATARI

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jeudi, 05 août 2021

LE CIRQUE HIPPARQUE

On a marché sur la Lune.

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Une plaisanterie que j'aime presque autant que le : « Jusqu'où s'arrêteront-ils ? » du regretté Coluche.

samedi, 26 juin 2021

LES BLANCS ET L'ESCLAVAGE

Horrible Européen négrier marchand d'esclaves (il faut dire "marchand de bois d'ébène"). Photo prise par François Bourgeon autour de 1780 au comptoir de Juda, dans son reportage "Les Passagers du vent" (éditions Glénat, 1980).

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Honnête commerçant arabe se livrant au commerce du "coke". Photo prise en 1958 par Hergé à bord du cargo Ramona, dans son reportage "Coke en stock" (éditions Casterman).

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***

Allons, Victor Schoelcher peut dormir tranquille.

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A moins que .... ??

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En pensant aux 6500 Philippins, Indonésiens, Malaisiens qui sont morts au Qatar, ce pays de tous les bonheurs, pour que puisse se tenir en 2022 la formidable Coupe du Monde de Football, qui va réunir l'humanité entière dans un magnifique élan de fraternité sans arrière-pensées.

En pensant aussi à des pays que le monde entier envie parce qu'ils ont su préserver leurs merveilleuses traditions immémoriales : le Niger, la Mauritanie et autres contrées sublimes où l'on est esclave de pères en fils ou de mères en filles, où le couteau prélève sur ces dernières le petit bout de chair qui risquerait de leur conférer un fantôme de virilité.

***

Honte sur nous, Européens blancs et autres maudits Oxydantaux, les vrais, les seuls, les derniers Sauvages à peupler la planète.

vendredi, 02 avril 2021

EFFETS DE LA PROPAGATION D'UN VIRUS ...

... SUR LES STRUCTURES, LES INSTITUTIONS ET L'ORGANISATION POLITIQUES, ÉCONOMIQUES ET SOCIALES D'UN GRAND PAYS CIVILISÉ.

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En un mot : c'est la merde au carrefour de la mairie, de la place du monument aux morts, de la rue Victor Hugo et de la rue du Commerce (tout cela figure dans l'image). La mairie pour tout ce qui est institutionnel. Le monument aux morts pour tout ce qui touche à la mémoire, à la nation et à ses rituels civils ou militaires. Victor Hugo pour tout ce qui concerne la vie culturelle d'un peuple. Le commerce pour tout ce qui est réinvestissement de l'épargne privée et accroissement des échanges marchands en vue de la prospérité générale.

Hergé est un digne héritier de Dubout.

La salacité en moins.

mercredi, 31 mars 2021

COMMENT SE RÉPAND UN VIRUS

Modeste contribution aux études épidémiologiques les plus actuelles.

Hypothèse de départ : Hergé avait tout compris. Il suffit de relire L'Affaire Tournesol pour s'en convaincre. Quand on a lu toute la séquence, on sait : la propagation d'un virus est due à la négligence des gens qui en sont porteurs et à leur mépris de la présence d'autrui à leurs côtés. Merci Hergé !

J'explique. A la page 28, Tintin et le capitaine Haddock viennent d'échapper à l'explosion de la maison du professeur Topolino. A partir de là, Haddock porte sur le nez un magnifique sparadrap. Il a oublié qu'il en était porteur (on dit "asymptomatique", tout le monde le sait maintenant). Le virus est un peu décollé à la page 45. C'est là l'erreur fatale, un geste aux conséquences incalculables : le capitaine l'enlève.

C'est là que les ennuis commencent. Nous sommes, au début de cette patiente et passionnante reconstitution, dans le bus qui conduit nos héros à l'aéroport. Leur but est juste de se jeter dans le piège tendu par les infâmes sbires du dictateur Plekszy-Gladz qui règne sur la Bordurie, à la tête desquels on trouve l'infâme Colonel Sponsz. Mais laissons parler les images captées par les caméras de surveillance, et reprenons au départ, ou presque.

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Oui, ayons de la gratitude envers Hergé, ce grand savant qui, dans les éprouvettes de son laboratoire, avait prévu la catastrophe qui touche aujourd'hui le monde entier.

Blague à part, on peut admirer le découpage, la construction de la page 45, l'agencement des vignettes qui alterne en réalité le voyage du sparadrap et la communication téléphonique entre le tandem des flics bordures et le colonel Sponsz.

mardi, 23 février 2021

LA PANDÉMIE VAINCUE

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Dans les bureaux de l'Elysée, Emmanuel Macron et le ministre de l' "A Votre Santé" s'apprêtent à trinquer prématurément au succès de la campagne de vaccination contre le CoVid-19. Ils ont déjà commencé à casser des bouteilles.

 

lundi, 22 février 2021

ALORS, SCIENTIFIQUE OU MILITANT ?

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Mme Frédérique Vidal, Ministre de l'Enseignement Supérieur (à gauche sur la photo), est épouvantée par la réaction du représentant national du Syndicat des Enseignants du Supérieur (à droite), qui est lui-même révolté par les propos de la ministre sur l' "islamo-gauchisme" qui règne dans les rangs des chercheurs en sciences humaines, accusés d'être davantage des militants que des scientifiques.

Signalons en passant que, en observant la façon dont quelques papes (faut-il des noms ?) de la pensée moderne ont conçu leur "discipline" "scientifique" ; depuis que leurs travaux ont été adoptés, phagocytés et digérés par des universités américaines ; depuis que leurs pensées sont revenues en France chargées de toutes les problématiques improbables propres à la société américaine, on ne sait plus trop s'il faut voir un chercheur totalement désintéressé ou le militant acharné d'une cause dans la personne d'un sociologue, d'un historien, d'un anthropologue, etc.

Est-il un pur scientifique, analogue à ce qui se fait dans les domaines les plus "durs" (astrophysique, biologie, etc.) de la Science ? N'est-il pas plutôt l'adepte d'une cause à laquelle il consacre toute son énergie intellectuelle pour lui donner à tout prix quelque chose qui ressemble à des fondements rationnels à même de la revêtir du costume de la Science ?

Est-il un esprit libre de toute chaîne ? Ne serait-il pas plutôt un vulgaire alchimiste qui travaille dans son laboratoire à fabriquer des vérités particulières à des groupes agissants, minoritaires, identitaires (musulman, femme, homosexuel, ...), considérés comme les véritables nouvelles classes d'opprimés ? Voilà la question que l'unanimité de la vertu outragée du corps des chercheurs universitaires s'efforce de refouler dans le non-dit, le point aveugle de l'exercice du métier.

Par exemple : qu'est-ce qui fait qu'un "chercheur" porte son choix sur tel ou tel "champ" d'études, au risque parfois de grossir exagérément la portée d'un fait social marginal, par un effet de loupe dû au seul choix du sujet ? Ce choix est-il entièrement dénué de motivations très personnelles, voire inavouables ?

Il y a là de l'omerta. C'est d'ailleurs amusant (rions un peu) : les universitaires réagissent de la même manière que les policiers il n'y a pas si longtemps. On se souvient en effet de l'unanimité offensée de la Police Nationale dressée comme un seul homme après les déclarations de Christophe Castaner reconnaissant qu'on pouvait parfois parler légitimement de violences policières. 

J'en conclus que Mme Frédérique Vidal a eu raison de mettre les pieds dans le plat. Et que les universitaires détestent qu'on leur mette le doigt là où ça leur fait mal.

dimanche, 21 février 2021

EN 2080 ....

.... SUR UNE ÎLE LOINTAINE.

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vendredi, 19 février 2021

ENCORE UN MINISTRE OPTIMISTE

Le volontarisme d'Olivier Véran, ministre de la Santé, s'exprime sans fard en présence du président de la République, qui en reste ébahi.

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Ah ben là, on peut être sûrs ! Vas-y Olivier, fonce !

mardi, 16 février 2021

POISSONNIÈRE

« Les harengères

et les mégères

ne parlent plus à la légère. »

Tonton Georges, La ronde des jurons.

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Dialogue entre un député LREM (Pierre Henriet) et une députée "insoumise" (Mathilde Panot) pour une histoire de "poissonnière".

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Note destinée à ceux qui ne connaîtraient pas le mot "catachrèse" (c'est permis) : il serait bon de consulter un dictionnaire avant de conclure que le capitaine formule une insulte injurieuse ou une injure insultante. D'ailleurs, dans le chapelet des "jurons" et "injures" proférés par le capitaine Haddock dans les aventures de Tintin et Milou, on en trouve peu qui peuvent être classés sans hésitation dans cette catégorie, y compris "bachi-bouzouk".

lundi, 15 février 2021

ISLAM : UN PRÉSIDENT OPTIMISTE

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Emmanuel Macron, président de la République, en compagnie de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, affûte ses arguments avant que sa "loi sur le séparatisme" soit présentée devant l'Assemblée Nationale, dont il espère qu'elle permettra de décapiter l'islamisme radical sur le territoire français. Autrement dit de séparer une bonne fois pour toutes la tête du Mal du corps du Souverain Bien.

samedi, 13 février 2021

COVID : LES SPÉCIALISTES ....

.... SE POSENT BEAUCOUP DE QUESTIONS.

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Devant la complexité toujours plus aiguë du problème posé par la diffusion du virus SARS-CoV-2, qui semble hors de contrôle du fait de ses nombreux variants, le gouvernement (pleurant à gauche sur la photo de notre envoyé spécial G. Rémi) et les dirigeants de l'Agence Nationale de Santé (à droite au premier plan) ont fini par avouer qu'ils ne voient vraiment plus par quelles mesures ils pourraient demander aux Français de les aider à sortir de cette impasse sans issue dont ils ne savent pas comment sortir. Seul un sous-secrétaire d'Etat (en blanc, se faisant tout petit au fond, entre la robe noire de Roselyne Bachelot et et la calvitie d'Olivier Véran, on reconnaît le conseiller en épidémiologie et infectiologie) aurait une idée, mais il sait que, n'ayant pas aboi au chapitre, ses propositions seraient a priori malvenue, malsonnantes et malséantes, et il se tient dans une prudente réserve.

mercredi, 10 février 2021

COVID : LE VARIANT DARMANIN

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Le Ministre de l'Intérieur et de la Santé Publique, Gérald Darmanin, fait savoir au préfet Xi Jin Ping — qui l'écoute, on s'en doute, au garde-à-vous —, avec fermeté mais aussi toute la courtoisie en usage dans la Haute Administration, sa façon de penser suite à l'évasion de la redoutable bande des Coronavirus et de son abominable chef Sars-Cov-2, dangereux terroristes qui étaient pourtant sous très haute surveillance dans la forteresse de Wu Han.

Il a ajouté, après avoir raccroché : « Allez les rattraper, maintenant qu'ils se sont égaillés dans la nature !!! ». Personnellement, je ne donne pas cher de la peau du préfet Xi Jin Ping, comme l'a laissé entendre l'équipe d'inspecteurs de la police de l'OMS, qui a mené sur place, en toute liberté, une enquête systématique, approfondie et déterminante au sein même de la citadelle et des musées de Wu Han. La suite des événements a d'ailleurs confirmé les pires des craintes de Monsieur Gérald Darmanin : maintenant que la bande est disséminée aux quatre coins du monde pour mieux brouiller les pistes, elle montre tous les jours à quel degré s'élève son potentiel de destruction.

mardi, 09 février 2021

COVID : LE VARIANT MELENCHON

Jean-Luc Mélenchon, à la tribune de l'Assemblée Nationale, s'adresse indirectement au Président de la République Emmanuel Macron pour lui dire — en termes choisis et avec toute la sobriété qui s'impose en de tels lieux — ce qu'il pense de la désorganisation de sa politique de santé et de son absence de cohérence et de stratégie dans la lutte contre la pandémie du Covid-19. François Ruffin, lui aussi député de La France Insoumise, reconnaissable à sa houppe, le ramène à un peu de réalisme en une phrase pleine de lucidité.

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lundi, 08 février 2021

COVID : LE VARIANT SAN THEODORIEN

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Le variant san theodorien du virus SARS-Cov-2 narguant impunément les agents de laboratoire du service Recherche et Développement des laboratoires Sanofi, incapables de mettre au point un vaccin efficace.

dimanche, 07 février 2021

LES DISCOURS DE MACRON

Monsieur le Président de la République Française, Emmanuel Macron, s'apprête à prononcer un de ces discours flamboyants dont il a le secret aux Français prosternés qui boivent ses paroles comme des oracles.

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mardi, 28 avril 2020

ADRIENNE

Je suis en deuil. La BD lyonnaise est orpheline. La BD française a perdu une icône.

ADRIENNE EST MORTE.

Adrienne est morte vendredi 24 avril, à cause de cette ordure de virus qui paralyse le monde depuis la mi-mars. Elle avait 89 ans. Je l'ai appris dans les colonnes du Progrès d'hier.

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En 1988, le grand Jacques Tardi a rendu hommage à Adrienne dans son adaptation BD de 120 rue de la Gare de Léo Malet, qui met en scène Nestor Burma, de passage à Lyon au retour du stalag en 1941.

A la page 95, on voit la rue Petit-David dans son jus (il y a même la plaque), on voit l'enseigne de la librairie Expérience ouverte par Adrienne en 1973, et puis on voit Adrienne Krikorian telle qu'en elle-même, en train de lire Mickey (j'ai coupé le détective pour mettre Adrienne au centre, pardon, monsieur Tardi ; Le Progrès reproduit la vignette en entier : le gars a-t-il pompé mon billet du 26 janvier 2018 ?). 

Je n'ai aucune idée des sommes que j'ai englouties au fil des années dans ce lieu de perdition pour amateurs de bande dessinée. Je me rappelle seulement les mètres de rayons qu'il a fallu sans cesse ouvrir au fil du temps pour accueillir les nouveaux invités. J'ai déniché quelques trésors dans l'estancot de la rue Petit-David. Revenant du festival d'Angoulême en 1977, elle avait réussi à se procurer quelques exemplaires d'une BD fabuleuse : Capitaine Cormorant d'Hugo Pratt, imprimée en sérigraphie (200 exemplaires !!!). Une merveille ! Un absolu ! Et la "Ballade" de Corto Maltese en italien !  Et Corto en Sibérie ! Et les Corto Casterman première manière !

C'est chez Adrienne que j'ai acheté tous mes Hugo Pratt. Ah non, pourtant : il me revient que j'avais commandé directement à l'éditeur les deux gros volumes "Corto Maltese" (le premier en 1971) de format oblong des éditions Publicness grâce à des publicités parues dans la magnifique revue Zoom. C'est que j'avais pris le virus Corto Maltese bien plus tôt (n'exagérons rien : c'était en 1970), depuis que j'avais découvert cet aventurier improbable dans les pages du Pif-Gadget que recevait mon petit frère (15 ans plus jeune). 

Voilà toute une époque de ma vie où Adrienne a eu une place de choix. On ne pouvait pas ne pas aimer Adrienne. Chez elle, on ne pouvait pas ne pas dépenser son argent. Je vous parle de longtemps avant que la librairie, en migrant place Antonin-Poncet en je ne sais plus quelle année, devienne un bel endroit "avec-pignon-sur-rue" capable d'accompagner la montée en puissance de la bande dessinée, et que l'excellent Jean-Louis Musy ne recueille et fasse fructifier l'héritage de cette véritable pionnière. Si c'était de l'alpinisme, on parlerait d'une "grande première hivernale du pilier nord" (je me rabattrais sans problème sur une "directissime").

La différence entre les deux magasins est (en dehors de la surface) qu'il fallait monter deux ou trois marches rue Petit-David alors qu'il faut les descendre pour accéder au magasin de Bellecour.

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Bon, il se trouve que le moment où j'ai pris quelque distance avec l'univers de la BD coïncide avec le moment où Adrienne a commencé à passer les rênes de la librairie à son successeur : j'ai beaucoup moins fréquenté la nouvelle échoppe que la tanière historique. Il paraît aujourd'hui autour de 5.000 albums de bande dessinée par an. Il fut un temps où j'étais quasiment en mesure d'acheter la totalité des 150 volumes qui sortaient chaque année. Un saut quasiment épistémologique ! Un changement d'échelle !

Le tout petit ruisseau de ce qui était alors une modeste lubie d'aristocrate (subjectif) s'est aujourd'hui métamorphosé en un flot torrentiel, un Niagara populiste (objectif) où tentent de survivre une infinité de tâcherons, et où se retrouve noyée une poignée de virtuoses du dessin et du scénario. Je reste fidèle à quelques grands bonshommes (Hermann, Tardi, ...), mais trop, c'est décidément trop. Quelle âme indomptable est capable de survivre dans cette atmosphère de bombe démographique déflagrante ? Hergé lui-même, dans ce monde surpeuplé, n'aurait jamais pu espérer devenir Hergé.

Je ne peux pas dire que la BD a complètement cessé de m'intéresser, mais je l'avoue, je n'arrive plus à faire face. On me dit par exemple que Manu Larcenet a un succès fou et qu'il fait figure aujourd'hui de grande vedette du genre. Je ne dirai pas qui m'a offert son Retour à la terre. Je dirai juste que j'ai détesté au premier coup d’œil le dessin. Je trouve ses personnages d'une laideur caricaturale, même si je reconnais que l'auteur sait dessiner quand il veut bien s'y mettre, comme on le voit ci-dessous.

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La BD, dans le fond, c'est comme la chanson : de même qu'on dira qu'elle est réussie quand elle arrive à rendre indissociables le texte et la mélodie comme sont inséparables l'avers et le revers d'une médaille, de même la réussite d'une BD résulte de l'imprévisible mariage entre un dessin et une histoire (Bilal-Christin, Mézières-Christin, Uderzo-Goscinny, Gazzotti-Tome, Michetz-Bosse, Vance-Van Hamme, Mezzomo-Lapière, etc...). Il ne saurait y avoir une recette pour faire du résultat une réussite. On est là dans l'impondérable : ça le fait, ou ça le fait pas. Point c'est tout.

Il paraît qu'Adrienne suivait attentivement le mouvement qui fabrique l'histoire de la BD. J'ignore ce qu'elle pensait de Manu Larcenet.

Quoi qu'il en soit, merci Adrienne. Merci pour tout, chère Adrienne.

lundi, 06 janvier 2020

2020 : HARVEY WEINSTEIN

Un tribunal américain s'apprête à juger l'ancien producteur de cinéma qui s'est servi de son pouvoir pour assouvir ses bas instincts sur plus de quatre-vingts (?) jeunes femmes qui avaient un vibrant désir de devenir de grandes actrices et qui, pour y arriver, étaient prêtes aux plus gros sacrifices. L'issue du procès, vu l'ambiance de police des mœurs qui règne actuellement aux Etats-Unis, ne fait guère de doute. Moi, j'attends le dessinateur de bandes dessinées qui nous racontera

Les Aventures de TINTIN et MITOU.

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Le dessin est signé Watch.

lundi, 22 avril 2019

JAMAIS DEUX SANS TROIS

J'avais, ça commence à faire du temps (15 novembre 2012), remarqué une source d'inspiration possible de Hergé pour un épisode du Temple du soleil, où le capitaine Haddock, lancé à la poursuite des Indiens, fait une terrible chute dans une pente des Andes, qui le transforme assez vite en énorme boule de neige venant par bonheur (!) se fracasser sur un rocher, pendant que les quatre Indiens, eux-mêmes sphériquement enneigés, sont expédiés dans le précipice (il y a en effet quelques morts dans les aventures de Tintin, cf. On a Marché sur la lune). Notez les pieds qui dépassent.

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C'est en relisant Les Malices de Plick et Plock, de l'inoubliable auteur du Sapeur Camember, Georges Colomb, alias Christophe, que je m'étais dit qu'Hergé avait pu s'inspirer de son ancêtre en bande dessinée pour la page 33 du Temple (un demi-siècle sépare les deux BD). Plick et Plock, gnomes sans expérience, n'ont jamais vu la neige. Plock a donné une forte bourrade à Plick qui roule dans la pente ... : « ... et se trouve bientôt inclus dans une boule de neige qui va grossissant à mesure qu'elle descend, ainsi que le font habituellement les boules de neige ». C'est un « arbre providentiel » qui arrêtera la course de Plick, qui s'en trouve « délivré et meurtri ». Là, déjà, les pieds dépassaient.

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Mais ce n'était pas tout : jamais deux sans trois, dit-on. Révisant ces jours-ci, comme je le fais régulièrement par souci d'hygiène mentale, les immarcescibles facéties, volontaires ou non, souvent (mais pas toujours) catastrophiques de Gaston Lagaffe, génial perturbateur de la vie de bureau inventé par Franquin, je suis tombé sur une planche (n° 550, au scénario de laquelle Roba, l'auteur fameux de Boule et Bill, a participé). On ne le dira jamais assez : je ne connais pas de dessinateur qui sache donner à ses intentions comiques des formes aussi fortement expressives que ce virtuose du crayon.

On retrouve ici le thème de la boule de neige : Gaston est envoyé par la direction des éditions Dupuis pour aller chercher Prunelle dans sa maison de campagne et le ramener à la rédaction. Il est, comme on peut s'y attendre, au volant de son inénarrable tacot jaune et noir (riche source d'inspiration pour Franquin, comme M. de Mesmaeker, le gaffophone, la mouette rieuse, moiselle Jeanne, Jules de chez Smith-en-face, l'agent Longtarin, le chat et tant d'autres).

Comme il a beaucoup neigé, Gaston a installé des chaînes, mais comme de bien entendu, pas n'importe quelles chaînes : « Un modèle nouveau, conçu et fabriqué par un certain Lagaffe, qui en connaît un bout en matériel roulant », déclare-t-il au méfiant Prunelle (notez le clin d’œil du mot "roulant", mais peut-être ce sens – "qui fait rire" – s'est-il aujourd'hui perdu). Arrive évidemment ce qui devait arriver : l'une des chaînes se rompt, se prend dans l'essieu arrière, bloquant brutalement la voiture. Et comme par hasard, ça se passe dans une pente. On a déjà deviné la suite. Sauf qu'ici, pas de pieds qui dépassent.

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Franquin s'est-il inspiré de ses prédécesseurs ? Pas sûr, mais je dirai au moins que ça peut se discuter. La question qu'on se pose ensuite est de savoir si l'on trouve ailleurs dans la BD l'utilisation de ce thème de la boule de neige "habitée". Je n'ai pas de réponse à la question.

J'aurais pu ajouter à la série un autre gag de Gaston. On trouve en effet dans la demi-planche 791 (vol. 12, Le Gang des gaffeurs) une autre évocation de boule de neige, mais je ne l'ai pas jugée digne d'entrer dans la série. A tort ou à raison, je trouve le gag plus faible : ça se passe un jour de neige en ville. Gaston, qui a inventé le "jokari-avec-super-balle" (on se souvient des dégâts que la super-balle peut commettre par temps sec, planche 591, vol.8) organise une partie dans la rue en compagnie de son pote Jules-de-chez-Smith-en-face. Gaston lance la super-balle et les deux amis la voient "rebondir sur deux façades et tourner le coin", et se demandent combien de bourgeois vont être terrorisés. Et voici de quelle façon elle leur revient dans la figure. Je ne sais pas vous, mais moi, désolé, Franquin : j'ai du mal à y croire.

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mercredi, 18 avril 2018

DES NOUVELLES D'ADOLF OGM

3 mai 2012

Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Oh, ce n’est pas grand-chose, presque rien, mais on ne sait jamais : une hirondelle, après tout ne pourrait-elle pas faire, aussi, le printemps ? Un petit fait anodin ne pourrait-il pas, à son tour, annoncer un renversement de tendance ? De quoi s’agit-il ? Que s’est-il passé ? 

Ça se passe en Inde. Ça fait dix ans (seize aujourd'hui) que Monsieur Adolf OGM s’est installé avec tambours et trompettes dans les exploitations agricoles de l’Inde (Monsanto, BayerCropScience, …). Dix ans, ce n’est pas si mal, pour voir ce que ça donne sur la durée. Conclusion demain sur cette affaire où des paysans d'Andra Pradesh (Inde) ont, pour une fois, damé le pion à un géant de l'industrie OGM. 

 

[Bon, autant le dire tout de suite : la partie n'est pas gagnée pour autant. Loin de là. C'est même le contraire (j'écris 6 ans après). Les surfaces cultivées en OGM n'ont cessé de progresser. J'y vois une seule raison : au Brésil et ailleurs, ceux qui ont la maîtrise des surfaces cultivables savent trop les couilles en or qu'ils peuvent se faire en en faisant des surfaces "tout OGM". Ajouté le 18 avril 2018.]

 

J’ai fait passer dans ce blog quelques notes consacrées au sujet, dont une, très subtilement et très pertinemment (ben oui, quoi) intitulée : « Faut-il tuer Adolf Monsanto ? » (en 2011, désormais et malencontreusement effacée de ce blog, et j'ai la flemme de de la recopier). Avouez que c’était bien vu, quand même. Enfin, « c’est mon opinion, et je la partage », comme disent Dupont et Dupond, mais Hergé avait lu Les Mémoires de Monsieur Prudhomme, de Henri Monnier. 

 

Je ne veux surtout pas, et pour cause, entrer dans les aspects scientifiques du débat. J’ai pendant de longues années fait partie de jurys d’examen en « biotechnologie ». J’en ai gardé d’excellents souvenirs poétiques, d’une délicieuse poésie, hermétique pour moi, mais non sans un charme secret, qui émanait des travaux des candidats. La musique propre à cette langue enchante encore mon oreille : « hotte à flux laminaire », « boîte de Petri », « électrophorèse », « anticorps monoclonaux », « escherichia coli » (une saleté, ça, mais en latin !), et tant d’autres trouvailles harmonieuses, pour ne pas dire célestes. 

 

Mon propos était de montrer que le premier intérêt des firmes OGM n’est pas de faire progresser la qualité ou la quantité de la nourriture mondiale, ni même d’assurer la sécurité alimentaire future des pays pauvres, mais de faire prospérer des entreprises industrielles, dont le premier souci est de « générer » (je sais, ce n’est pas beau) des bénéfices – quelles que soient les conséquences, bien évidemment, pourvu que la machine crache du cash.

 

Et cela en mettant la patte griffue du propriétaire cupide sur une petite séquence des gènes contenus dans une semence, sous le prétexte que c'est dans son laboratoire à lui, propriétaire, que la séquence a été "inventée" et fabriquée et que, comme telle, elle a été dûment brevetée et déposée à l'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI, ou comment que ça s'appelle au plan mondial) et que, si quelqu'un veut utiliser la semence en question, il doit cracher au bassinet un droit de propriété intellectuelle à cause de la dite séquence.

 

On peut à bon droit appeler toute cette façon de procéder la « confiscation du vivant » au profit des actionnaires. Et on peut compter sur les éléments naturels (l'air, l'eau, ce qu'il reste des insectes) pour disséminer les semences génétiquement modifiées à toutes les cultures environnantes, et donc pour accroître indéfiniment le cercle des producteurs redevables au propriétaire des droits (analyses génétiques à l'appui, on ne va pas se priver). C'est dans cette mesure-là que je parle de tendance totalitaire dans l'expansion des industries OGM.

 

Parenthèse. Cela fait partie d'un plan beaucoup plus vaste et à plus long terme, mais dont la mise en oeuvre est d'ores et déjà en cours, implacable et comme irrésistible : la Grande Privatisation de Tout (GPT). Aux yeux des concepteurs de ce plan, le mot « gratuité » est ordurier, un défi au bon sens et à la bonne marche des affaires : un pur et simple scandale. Quand je dis "concepteurs", qu'on n'aille pas voir en moi un adepte des théories du complot : c'est juste l'agencement et l’emboîtement parfait des éléments dans un ensemble global qui s'appelle un système. Fin de la parenthèse.

 

Et pour que le crachat soit le plus gros possible dans le porte-monnaie, rien de mieux qu’un empire. L’ « imperium ». L’objectif de Monsanto est de cet ordre-là : fonder un empire monopolistique. Est-il comparable au 3ème Reich ? Parlons de l’OGM Reich, si vous le voulez bien. Le nazisme et le stalinisme ont inventé le totalitarisme politique. Il est presque logique que la modernité ait inventé le totalitarisme économique, moins terrifiant, moins visible, donc infiniment plus habile.

 

Tellement habile qu'il fait aujourd'hui l'objet d'un consensus (presque) absolu et universel : les populations du monde entier sont (disons globalement) d'accord pour entrer dans ce système totalitaire, et pour une raison très simple : grâce à des procédés de communication savamment dosés et calibrés, ce qui leur échappe totalement, c'est précisément qu'il s'agit d'un système totalitaire.

 

La ruse a remplacé la terreur. C’est vrai, comme c’est très vilain de verser du sang (note ajoutée le 18 avril 2018 : quelques endroits du monde montrent encore que verser le sang n'est pas si vilain que ça aux yeux de tout le monde), on se contente de privatiser le vivant. De breveter des éléments de la nature. De transformer tout ce qui faisait le bien commun en propriété privée. De tout confisquer au profit de quelques-uns. D’introduire dans toutes les agricultures du monde les gènes brevetés. De rendre ainsi le paiement de la dîme obligatoire et régulier.

 

Le rêve génétiquement modifié, à l’image des monarchies pétrolières, c’est la RENTE. Rentier : tu ne fais rien, tu te contentes de respirer, et l’argent rentre. Enfin, pas tout à fait rien : tu fais bosser des chercheurs, parce qu’il faut préserver la rente future et rester concurrentiel. Mais en gros, c’est ça. Une rente discrètement introduite dans le paysage normal et entrée dans les mœurs. Mais ce n’est certes pas un thème capable de captiver ou de mobiliser les foules. D’autant qu’il adopte pour ses déplacements la blouse respectable, couleur de muraille blanche, des hommes de laboratoire. 

 

Les détails scientifiques sont juste là pour amuser les gogos et obscurcir le paysage, pour, en quelque sorte, occuper le terrain avec une belle, bonne, grosse « controverse scientifique », vous savez, ce rideau de fumée qui permet de retarder des décisions politiques ou sanitaires contrariantes pour la prospérité de l’empire industriel et de ses actionnaires. 

 

Malheureusement, tout serait allé pour le mieux pour BayerCropScience et pour Monsanto, s’il ne s’était pas trouvé que, malgré toutes les précautions juridiques, c’est bel et bien au plan scientifique que la durée de dix ans semble apporter des arguments à ceux qui contestent les bienfaits des OGM. C'est ce qu'ont compris les paysans d'Andra Pradesh.  

 

Voilà ce que je dis, moi. 

 

La suitetfin (les malheurs d'Adolf OGM) à demain.

vendredi, 19 mai 2017

ARTICLE TINTIN

La collection des Dictionnaires amoureux (éditions Plon) est désormais, et depuis longtemps, confortablement installée dans le paysage de la librairie française. Il en a paru une centaine. Je m'en suis procuré deux, pour la simple raison que le "concept" me rase a priori. Peut-être à tort. Aucun sujet n'est apparemment proscrit. Alain Rey a même confectionné un savoureux Dictionnaire amoureux des dictionnaires. En 2016, Albert Algoud, un fou de BD, ou plutôt tintinophile enragé, ce qui est à la fois plus restrictif et plus ambitieux, a à son tour publié, après son Petit dictionnaire énervé de Tintin (éd. De l’Opportun, 2010) un formidable Dictionnaire amoureux de Tintin : une vraie mine à ciel ouvert.

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On y trouve en effet une foule de pépites. Par exemple, on apprend que le « Caramba » proféré à plusieurs reprises, entre autres, par Ramon Bada dans L’oreille cassée, en dehors de signifier « sapristi », « flûte » ou « zut », a pour étymologie un mot (« carajo ») qui « désigne le membre viril ». Il n’est pas sûr que Hergé se soit avisé de la chose avant d’en faire usage (ni d’ailleurs que dans l’affirmative il aurait choisi autre chose).

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Le ton souvent personnel d’Albert Algoud convient parfaitement au sujet qu’il s’est proposé, et c’est presque naturellement qu’on voit apparaître des sujets dont la connexion à l’univers de Hergé ne saute pas aux yeux. Ainsi voit-il dans certaines vignettes spécialement surchargées de détails un discret hommage au style bien particulier du dessinateur Dubout. Il commence l’article à lui consacré par un souvenir. Ses grands-parents possédaient une gravure de Dubout, intitulée "Fête au village" : « Evidemment, j’avais remarqué tout particulièrement dans l’encadrement d’une fenêtre aux volets entrebâillés cette jeune femme à demi dénudée lutinée par un moustachu apoplectique ». Esprit de Rabelais, es-tu là ?

Albert Algoud ne dédaigne pas, pour s’amuser ou pour remplir le cahier des charges (un respectable volume de 800 pages), de glisser dans ses pages des articles qui font diversion. Par exemple, le nom de Wronzoff, un des méchants de l’Île noire (le seul à être en mesure de se faire obéir du gorille Ranko), sert de prétexte à un délire sur le nom de Voronoff, un chirurgien français célèbre dans les années 1920, qui pratiquait des opérations à partir de testicules de singe sur une clientèle masculine qui pensaient retrouver de la « vigueur », parmi laquelle il se plaît à placer le philosophe fictif Jean-Baptiste Botul (personnage inventé par Frédéric Pagès), célèbre pour avoir « enduit d’erreur » l’imbu et imbuvable Bernard-Henri Lévy en personne. On pardonnera cet excursus à l'auteur.

On dira que je cherche vraiment la petite bête, mais je ne peux m’empêcher de signaler à monsieur Algoud une erreur dans l’article Cartoffoli, l’Italien qui roule en « Lancia Aurelia B20 GT coupé de couleur bordeaux » dans L’Affaire Tournesol, et qui possède le nom le plus long de toute l'histoire de la BD (avec la kyrielle des prénoms qu'il débite au gendarme qui l'a arrêté. En effet, parmi ces noms , il cite le vieil Indien d’Oumpah-pah (Goscinny et Uderzo, avant Astérix) N’a-qu’une-dent-mais-elle-est-tombée-alors-maintenant-n’en-a-plus, mais il orthographie mal, comme je le montre ci-dessous, le nom du « chevalier prussien », l’Allemand qui fait face au Français De la Pâte Feuilletée.

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Et non pas Katzen...etc., monsieur Algoud, sauf votre respect. Le nom du "chevalier prussien" vaut celui dont le savant Cosinus baptise son invention cyclable, je parle évidemment de l'anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle (ci-dessous). J'avoue qu'il faut un certain entraînement pour le prononcer d'une seule coulée.

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Cela n’enlève rien à l’inépuisable savoir d’Albert Algoud en matière de tintinologie, qui rassemble, dans ce Dictionnaire amoureux de Tintin, une masse d’informations indispensables. J’ajoute que c’est un ouvrage d’une hospitalité et d’une convivialité hautement recommandables : s’il égratigne tant soit peu les psychanalystes de Tintin (Tisseron, Apostolidès, …), c’est qu’il ne supporte pas la sotte cuistrerie et la fatuité pédante de tous ceux qui affirment détenir le savoir. Face à la sécheresse universitaire (et au Savoir en général), il est indispensable de rester sceptique, voire narquois.

En revanche, l’auteur rend un hommage appuyé à tous les conviviaux qui ont servi humblement et fidèlement la divinité sortie de la plume et du talent de Georges Rémi : Philippe Goddin, Benoît Peeters, … Dans je ne sais plus quel article, il pousse la confraternité jusqu’à citer le nom de Renaud Nattiez, auteur d’un Mystère Tintin (que je n’ai pas lu) et qui vient de faire paraître Le Dictionnaire Tintin aux trop peu connues du grand public éditions Honoré Champion. J’admire évidemment le travail du monsieur, qui reconnaît d'entrée de jeu sa dette envers plusieurs connaisseurs de Tintin, parmi lesquels on trouve les noms de Goddin, Peeters, Algoud et compagnie. L'œuvre de Hergé a beau être vaste, on se dit que le monde est petit.

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Aucun libraire lyonnais n'a été foutu de me procurer ce bouquin : nul ne connaissait en effet les éditions Champion qui, reconnaissons-le, ne sont pas spécialement connues pour être versées dans la Bande Dessinée.

Je me permets cependant de trouver superfétatoire sa manie de la définition dont il estime utile d’en affubler chacune des entrées (exemple : « Drapeaux : Pièces d’étoffe attachées à une hampe, portant l’emblème, les couleurs d’une nation, d’une unité militaire, d’un organisme, d’un groupe »). Il me semble qu’il aurait pu (et dû) s’en passer. Passons.

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Tombe d'Honoré Champion au cimetière du Montparnasse à Paris (2014).

Quoi qu’il en soit, les visées des deux auteurs sont radicalement hétérogènes, et peut-être incompatibles : autant Albert Algoud s’efforce de nous apprendre le maximum de choses que nous ignorons, lecteurs moyens, quoiqu’assidus, autant Renaud Nattiez s’adresse aux néophytes, qui ne connaissent l’univers de Hergé qu’à travers ce que la rumeur publique en colporte. Nattiez se contente de rassembler, sous la double centaine d'entrées de son ouvrage, les données éparses dans les albums. Que peut-il apporter au petit peuple des élus, à la confrérie des initiés, je veux dire à ceux qui savent ?

Pour finir, une remarque tout de même sur la façon dont les deux dictionnaires sont illustrés : la dictature que fait régner Nick Rodwell, administrateur délégué de Moulinsart SA sur l’héritage de Georges Rémi, allant jusqu’à interdire à quiconque d’utiliser quelque vignette que ce soit de l’œuvre du maître a poussé nos deux auteurs à ruser. Nattiez (éditions Champion) en est réduit à confier à un certain Stanislas la couverture de son ouvrage, tandis que celui d’Albert Algoud est parsemé de vignettes signées Alain Bouldouyre.

D’ici que Tintin tombe dans le domaine public (en 2053), on peut compter sur Nick Rodwell, époux de la veuve, pour remplir plus haut que le bord le bas de laine des ayants-droits de Hergé.

Voilà ce que je dis, moi.

samedi, 29 avril 2017

L'AIGLE DE PATMOS ...

... ET AUTRES ÉVANGÉLISTES.

(Alias "Tétramorphe".)

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Jean (de Patmos) et son aigle.

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Luc et son taureau.

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Marc et son lion.

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Matthieu et son "homme".

Le "parrainage civil" qui m'amenait récemment dans l'auguste ville de Strasbourg, a occasionné ces quelques photos, faites face au tympan de l'impressionnante cathédrale.

Désolé, il me semble que Jean est le seul évangéliste illustré dans l'œuvre d'Hergé.

vendredi, 13 janvier 2017

REVENU UNIVERSEL : L'AVEU

LE TRAVAIL NE REVIENDRA PAS

On entend ça sur toutes les ondes : le revenu universel est le dernier hochet à la mode, que se disputent et dont débattent gravement de savants économistes. Tel ou tel politicien (hier soir lors du débat la "Belle Alliance Populaire" (!), alias "la Primaire de la gauche", Benoît Hamon, mais aussi Yannick Jadot, …) en mal de programme électoral propose même de l’instaurer. A quel niveau doit-il être fixé, 500, 700 ou 900 euros par mois ? Trois cents milliards ou quatre cents ? Qui va payer ? Doit-il être donné de façon inconditionnelle ou sous condition de ressource ? Est-ce un bien ou un mal ? Est-ce une incitation à la paresse ? Serait-ce une défaite ou une victoire de la civilisation ?

Je laisse les débatteurs s’écharper : mon propos est ailleurs. Car l’irruption de ce thème sur les scènes politique, économique et médiatique (même si certains trouvent des précurseurs dans les autrefois) débarque comme la révélation d’une vérité qu’aucun responsable n’ose encore formuler explicitement : le seul fait que puisse être proposé sans rire de donner aux gens de l’argent sans rien attendre d’eux en échange révèle quelque chose qui est au cœur du monde contemporain. En un mot, c’est un aveu.

L’aveu de quoi, demandera-t-on ? C’est tout simple, c’est ce que j’affirmais crânement le 6 juin 2016 : non, le travail ne reviendra pas. Il est parti en Chine et ailleurs avec nos usines et nos machines. Si des patrons, des économistes, des hommes politiques en sont arrivés à faire la proposition du revenu universel, c’est qu’ils le savent et qu’ils n’ont même aucun doute à ce sujet. Et ceux qui voient une foutaise dans la proposition, ceux qui espèrent les relocalisations des entreprises, ceux qui promettent le retour de la « croissance » pour vaincre le chômage, ceux-là sont tout simplement des menteurs.

Si Mario Draghi, directeur de la Banque Centrale Européenne, a pu émettre (en 2016) sans se faire traiter de malade mental la suggestion (à moitié sérieuse quand même) de jeter des masses d’argent par hélicoptère sur les populations européennes, c’est qu’il le sait, lui aussi.

Tout ce beau monde sait parfaitement que, si un jour des tâches de production sont rapatriées sur notre territoire, ce sera sous forme de travail robotisé et qu’en lieu et place d’usines où des centaines, voire des milliers d’humains gagnaient leur vie (ci-dessous Renault, l’île Seguin, la sortie, « Il ne faut pas désespérer Billancourt », c’était il y a combien de siècles ?), il y aura bientôt des unités de production où les machines travailleront toutes seules, surveillées par une poignée de gens observant des cadrans et payés pour veiller au grain. La foule des autres ne servira plus à rien.

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Tout ce beau monde sait que le travail ne reviendra pas. Et si des hauts responsables de collectivités humaines, des gens sérieux, proposent aujourd’hui de payer les gens à ne rien faire, j’y vois, en même temps qu’une certitude, une résignation, voire un désespoir. Car cela doit être une épreuve intellectuelle et morale insoutenable que d’avoir à renoncer au travail, ce pilier des sociétés humaines depuis des millénaires, un pilier qu’on croyait éternel et inébranlable, puisque c’est autour de lui que les sociétés dites évoluées ont construit leur existence.

Cette révolution anthropologique ébranle les vérités qui structurent les individus et les sociétés sous toutes les latitudes depuis Mathusalem. La cause en est donc connue : la numérisation, l’automatisation, la robotisation, l’intelligence artificielle, l’avènement de machines capables d’apprendre en cours de fonctionnement grâce au « deep learning ».

La technique n’aura bientôt plus besoin de l’homme. Et c’est l’homme qui se lance avec enthousiasme dans la réalisation de ce projet ! Oui, l'homme est un loup pour l'homme (Plaute). Il ne fait plus le poids, et c’est lui qui, non content d’avoir fait la bombe atomique, a inventé ce monde totalement artificiel qui le dépasse, le détrône et, pour finir, ne va pas tarder à le chasser : une autre belle bombe en perspective !

Pourtant, il n'a pas manqué de Philippulus le Prophète pour annoncer le pire. Günther Anders l’a bien dit dans L’Obsolescence de l’homme (II) : plus la machine acquiert de compétences, plus le travailleur devient un simple spectateur, et même un serviteur de la machine. Paul Jorion ne prend même pas la peine d'étayer ce qui est pour lui une certitude, et tient pour acquise la perspective de l’extinction de l’humanité (Le Dernier qui s’en va éteint la lumière). Jacques Ellul, Bernard Charbonneau, combien d’autres … (voir mon billet du 4 juin 2016). Tous prophètes de malheur, sauf que Philippulus retourne à l'asile, alors que le système se contente de répondre aux autres : « Cause toujours ».

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Quant aux oisifs définitifs, aux chômeurs à vie payés pour rester chez eux, à cette humanité rendue superflue par le « Progrès » technique, comment vont-ils pouvoir tuer les masses de temps libre qu’ils auront à l’horizon ? On dit souvent que les gens cherchent un bon boulot, c’est-à-dire un job qui les motive et les intéresse. Plus rarement entend-on formuler l’idée que s’il y a un travail, c’est parce qu’il remplit une fonction sociale, qu'il a une utilité sociale.

En travaillant, on a (au moins en théorie : un métier est plus qu'un travail, qui est plus qu'un boulot, qui est plus qu'un emploi, qui est lui-même plus qu'un job, sans parler des « bullshit jobs », les "boulots-bouse-de-vache" ou "boulots de merde") l’impression de se rendre utile. Le job ("AVS") qui consiste à servir de béquille aux très vieilles personnes, est-ce un métier ? Celui qui le fait se sent peut-être utile. Piètre consolation, car en général, le sentiment éprouvé par les chômeurs de longue durée est un sentiment de profonde inutilité.

A quoi je sers, se demandent-ils avec raison ? S'ils se sentent inutiles, c'est qu’ils sont de fait socialement inutiles. Pas besoin d’être psy pour savoir que c’est difficilement supportable, surtout dans la durée. L'humanité jetable. D'où l'utilité du concept de déchet utilisé par le sociologue Sigmund Baumann (qui vient de mourir) pour qualifier le statut de l'humain obligé de quitter sa maison et son pays pour des contrées, croit-il, moins menacées, mais aussi le statut de l'homme-consommateur, devenu déchet liquide à force de consommer.

Une société sans travail (ne parlons pas de ceux qui sont à découvert le 10 du mois), même dotée du revenu universel (payée pour vivre en grève illimitée !), a de bonne chance de devenir une cocotte-minute. Quelle soupape de sécurité va-t-on bien pouvoir mettre au point pour éviter l’explosion de la bombe ? Que faire pour éviter que les masses d'oisifs à perpétuité descendent dans la rue pour tout casser ?

Le Festivus festivus de Philippe Muray sera-t-il envoyé aux oubliettes par l'invasion du divertissement, non plus comme parenthèse ou échappatoire comme il le dénonçait, mais comme principe organisateur conditionnant tout notre mode de vie ? Faudra-t-il multiplier à l’infini les animations, les spectacles, les "événements", les écrans, les jeux vidéo, les casques de réalité virtuelle pour que les populations se tiennent tranquilles, et acceptent de ne pas mettre la société à feu et à sang ? Est-ce sous la forme de « société du divertissement obligatoire et permanent » que les concepteurs de la « société des loisirs » imaginaient celle-ci ?

Qu’est-ce que ça peut donner comme musique, un concert de bouches inutiles ?

« Non, je crois que la façon la plus sûre de tuer un homme,

C’est de l’empêcher de travailler en lui donnant de l’argent. »

C'est Félix Leclerc qui dit ça ("100.000 façons de tuer un homme


"). A transmettre aux promoteurs du revenu universel. J'aimerais pouvoir penser qu'il a tort. J'aimerais.

Voilà ce que je dis, moi.

mercredi, 23 novembre 2016

HERGÉ, TINTIN ET MOI

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L’état de santé des albums témoignait de la place importante, passion paisible, qu'ils occupaient dans la maison, qui les feuilletait sans cesse. bande dessinée,bd,hergé,georges rémi,les aventures de tintin et milou,tintin au tibet,coke en stock,le lotus bleu,les cigares du pharaon,objectif lune,l'affaire tournesol,tintin en amérique,jo zette et jocko,le testament de m. pump,new york,le manitoba ne répond plus,l'éruption du karamako,l'île noire,les dupondt,on a marché sur la lune,bdm,tintin éditions originales,tintin ventes aux enchères,artcurialQuelques éditions originales devaient se trouver parmi ceux-ci mais, comme on sait, une E.O. qui ne vous serait pas présentée « à l’état de neuf » (comme disent les marchands) a une médiocre valeur vénale. Ils avaient été maniés par tant de mains, le temps leur avait fait subir tant d'avanies que, encore à peu près entiers et lisibles, ils étaient rigoureusement invendables. Autant en prendre son parti, après avoir un instant rêvé, en voyant les cotes hallucinantes atteintes aujourd'hui par les volumes, les planches et les dessins originaux, dans le BDM et les salles de ventes (commentaire d'un spécialiste de ces ventes, après celle de la planche 26 de On a Marché sur la lune : « Le marché se structure »).

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Vous remettez la planche en N&B. Maintenant, aboulez les 1,55 millions.

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Retrouvant très régulièrement le dit cousin pour les vacances dans le hautbande dessinée,bd,hergé,georges rémi,les aventures de tintin et milou,tintin au tibet,coke en stock,le lotus bleu,les cigares du pharaon,objectif lune,l'affaire tournesol,tintin en amérique,jo zette et jocko,le testament de m. pump,new york,le manitoba ne répond plus,l'éruption du karamako,l'île noire,les dupondt,on a marché sur la lune,bdm,tintin éditions originales,tintin ventes aux enchères,artcurial Beaujolais ou quelque part en Haute-Loire, nous passions des journées à courir les bois, les champs, ou à rendre visite aux vieux « Joseph et Marie » (tels ils se prénommaient), chez qui j’ai appris à traire l’une des six vaches, à boire le « lait bourru », à regarder fonctionner l’écrémeuse ou à gober un œuf tout juste pris « sous le cul de la poule ».

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Je voulais seulement dire combien l’univers d’Hergé était présent à l’esprit de toutebande dessinée,bd,hergé,georges rémi,les aventures de tintin et milou,tintin au tibet,coke en stock,le lotus bleu,les cigares du pharaon,objectif lune,l'affaire tournesol,tintin en amérique,jo zette et jocko,le testament de m. pump,new york,le manitoba ne répond plus,l'éruption du karamako,l'île noire,les dupondt,on a marché sur la lune,bdm,tintin éditions originales,tintin ventes aux enchères,artcurial la famille : François et moi passions tellement nos journées ensemble qu’on nous avait en effet surnommés « les Dupondt ». Lequel était « », lequel « », peu importait, et l’attribution fluctuait d’autant mieux que nous étions alors, et pour un bon moment, dépourvus de moustaches.

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Si j’ai bien longtemps ignoré les aventures de Quick et Flupke, je prisais fort cellesbande dessinée,bd,hergé,georges rémi,les aventures de tintin et milou,tintin au tibet,coke en stock,le lotus bleu,les cigares du pharaon,objectif lune,l'affaire tournesol,tintin en amérique,jo zette et jocko,le testament de m. pump,new york,le manitoba ne répond plus,l'éruption du karamako,l'île noire,les dupondt,on a marché sur la lune,bdm,tintin éditions originales,tintin ventes aux enchères,artcurial de Jo, Zette et Jocko, vécues par Hergé, si je me souviens bien, comme un pis-aller alimentaire et provisoire, et dont les volumes résidaient au même rez-de-plancher. Je pense à l’image très forte de la barque perdue dans le brouillard, vide de ses occupants, et à l’ « opération marchand de sable », qui permet aux bandits du sous-marin de faire main basse sur la cargaison d’or et les objets précieux des passagers fortunés (Le Manitoba ne répond plus). Au gavage des deux héros par les sauvages de l'île dans l’intention d'en faire bientôt un bon méchoui (L’Éruption du Karamako).

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Si je voulais évoquer, de la même manière, les aventures de Tintin, je n’enbande dessinée,bd,hergé,georges rémi,les aventures de tintin et milou,tintin au tibet,coke en stock,le lotus bleu,les cigares du pharaon,objectif lune,l'affaire tournesol,tintin en amérique,jo zette et jocko,le testament de m. pump,new york,le manitoba ne répond plus,l'éruption du karamako,l'île noire,les dupondt,on a marché sur la lune,bdm,tintin éditions originales,tintin ventes aux enchères,artcurial finirais pas. Je pourrais citer la scène de Tintin en Amérique où, le chauffeur de taxi ayant verrouillé les portes, on retrouve le héros au bord de la route, avec à la main la scie (trouvée où ?) qui lui a permis de fausser compagnie à son geôlier. Je pourrais citer, dans Objectif Lune, celle où le professeur Tournesol, amnésique, pète les plombs en retrouvant violemment la mémoire, quand Haddock le traite de « Zouave ».

Je pourrais citer, de Coke en Stock, la réponse du capitaine Haddock à la Castafiore, au moment où elle vient saluer les quatre naufragés, recueillis à bord du Shéhérazade, le superbe yacht du marquis di Gorgonzola (alias l’infâme Rastapopoulos) : « ’n roll, Madame Castafiole … Harrock’n roll ! ». Je pourrais citer, dans L’Affaire Tournesol, la penderie dans la loge de la Castafiore, où sont cachés Haddock et Tintin, qui en profite pour rafler, dans les poches du colonel Sponsz, les papiers autorisant la mise en liberté du cher Tryphon.

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Voilà ce que je dis, moi.

 

[1]Si quelqu’un est en mesure de révéler la solution de l’énigme figurant dans Les Cigares du Pharaon, il est le bienvenu. Que se disent Tintin et Philémon Siclone quand, chacun dans son sarcophage, ils tentent de communiquer ? Mystère (c’est en page 11). Trois vignettes, trois séquences rigoureusement incompréhensibles : « …té…oua…our…pa…ote…ère… »,  « …elle…ière…son… », « …ou…pa…pa…é…or…a…er…opel…a… ». J’ai abdiqué.

jeudi, 13 octobre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

… C’ÉTAIT RIGOLO.

Sur les bancs du fond des cimaises de ma galerie BD, près du radiateur (« C'est là qu'ils s'épanouissent », disait Jacques Bodoin).

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Martin Lodewijk n'est pas un "grand" de la BD, mais le gag est gentil, dans (A suivre) n°11. 

Pour la ressemblance, j'hésite entre un souvenir du maître d'hôtel du "Klow", le restaurant syldave du Sceptre d'Ottokar,

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et un autre de l'inoubliable maire de Champignac (ici dans une de ses brillantes envolées rhétoriques, moins le chapeau melon, dans Le Prisonnier du Bouddha).

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En bas à droite de l'image, juste à côté du préfet qui fait la sieste, le bruit du "Générateur Atomique Gamma" (G.A.G. en abrégé !), cette invention géniale qui confère un sens propre à la vignette suivante, qui finit la phrase : « ... toujours plus hauts ! ».