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jeudi, 05 juillet 2018

LE LAMBEAU, DE PHILIPPE LANÇON

Chose promise (voir ici même au 13 juin dernier), chose due : j’ai lu Le Lambeau, de Philippe Lançon, rescapé de la tuerie de Charlie Hebdo. Le Lambeau est un livre redoutable. Peut-être pas pour tout le monde, mais à coup sûr pour tous ceux qui ont ressenti jusqu’au centre d’eux-mêmes la dévastation de la salle de rédaction de Charlie Hebdo, un certain 7 janvier, par un tandem de frères décidés à mourir. "Ressenti" : j’imagine quelque chose de pas très éloigné de ce que fut le "9 / 11" (nine / eleven) pour un Américain.

Pour moi, vieux lecteur du mensuel Hara Kiri, de son petit frère hebdomadaire, de son cousin Charlie (le mensuel de BD tenu par Wolinski) et de son neveu Charlie (l’hebdo, après le coup de ciseau de la censure pour crime de lèse-majesté), l’atmosphère assez « anar » et totalement libre que véhiculaient ces revues était la seule respirable : la dizaine de déchaînés qui faisait souffler ce vent semblait capable de pousser les murs à volonté et d’agrandir l’espace des possibles. J’ai mangé et ruminé mon foin à ce râtelier pendant de nombreuses années. Même si, à la longue, j’ai éprouvé la lassitude pour tout ce qui commence à tourner en rond pour se mordre la queue, les boyaux de mon crâne avaient assimilé tellement de cette matière que l’attentat m’a enlevé une partie de moi-même.

Lire Le Lambeau, dans ces conditions, n’a pas été une partie de plaisir, parce que, du moment où j’ai ouvert le livre jusqu’à la dernière page, j’ai revécu – et je revis en écrivant ces lignes – le 7 janvier dans toute sa dimension incompréhensible, absurde, avec le sentiment constant de l’irréparable. J’y suis finalement arrivé, par toutes petites étapes, en lecteur déjà fourbu au bout de vingt pages. Philippe Lançon est un examinateur impitoyable : il sait comme personne appuyer là où ça fait le plus mal. La balle de 7,62 tirée par Kouachi lui a emporté le maxillaire inférieur, faisant de lui une « gueule cassée » en tout point semblable aux innombrables défigurés de 14-18.

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Une "gueule cassée" dans la réalité. Quelle épouse reconnaîtrait son époux ?

Le Lambeau raconte en détail les étapes de la reconstruction (réinvention) de son visage détruit. En 500 pages, j’ai le sentiment d’avoir laborieusement accompagné la tâche de titan à laquelle les assassins de ses amis ont contraint le journaliste pour revenir parmi les vivants ordinaires. Car l’attentat a fait de Philippe Lançon un « non-mort », faisant tomber un rideau d’acier entre lui et les gens normaux. Pour ses amis (Cabu, Wolinski, Bernard Maris, …), la chose est sans bavure et définitive (le jour fatidique, Reiser, Gébé, Cavanna, Choron étaient excusés, eux, pour cause de décès préalable). Pour lui, que les assassins ont après tout raté, le retour dans la vie quotidienne sera horriblement compliqué, jalonné d'un nombre impressionnant d'opérations chirurgicales. Le bloc opératoire de La Salpêtrière (« le monde d’en bas ») devient un lieu presque familier, où Chloé, sa chirurgienne (« la fée imparfaite »), parfois remplacée par Hossein ou une assistante, tente de lui refaire une mâchoire, morceau par morceau, de peau, de chair et d’os.

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Monument aux morts de 14-18, à Trévières (Calvados), promu "gueule cassée" en 1944.

Lançon explique à la page 249 le titre de son livre. C’est au moment où les chirurgiens décident de lui prendre un péroné pour remplacer l’os pulvérisé par la balle : « La greffe du péroné était depuis plusieurs années pratiquée, d’abord sur les cancéreux de la mâchoire et de la bouche, principaux patients du service. On lui donnait aussi un autre nom et un autre soir, j’ai entendu sortir de la bouche de Chloé le mot qui allait désormais, en grande partie, me caractériser : le lambeau. On allait me faire un lambeau ». Une vie en lambeaux. Un morceau de jambe pour mâcher de nouveau ! Et je ne parle pas des mésaventures de la peau et de la chair dans la reconstitution laborieuse. Par exemple, quand on lui greffe un morceau de cuisse ou de mollet (je ne sais plus) pour faire la lèvre inférieure, des poils vont lui pousser dans la bouche ! Et puis les fuites persistantes, qui font qu’il en met partout quand on l’autorise enfin à manger un yaourt par l’orifice buccal !

Non, Philippe Lançon ne sera plus jamais l’homme qu’il a été, que ce soit pour lui-même ou pour ceux qui l’entouraient avant l’attentat. Il est devenu, en un instant, un bébé exigeant et un vieillard intraitable. Les frères Kouachi ont fait de lui un oxymore, et c'est ce qui passe mal auprès de certains. Par exemple, nous le suivons dans les hauts et les bas que subit sa relation avec Gabriela, la femme aimée – dont la vie suit par ailleurs une trajectoire instable et compliquée : l’homme qu’elle aime n’est plus celui dont elle était tombée amoureuse. Elle supporte mal la brutalité du changement. Accourue de New York aussitôt qu’elle apprend la nouvelle, puis faisant des allers-retours, elle ira jusqu’à reprocher à son amant de ne penser qu’à lui.

Et l’auteur assiste impuissant à cet éloignement, qu’il n’a ni voulu ni causé, mais dont il est, malgré tout, responsable, pense-t-il : « L’attentat s’infiltre dans les cœurs qu’il a mordus, mais on ne l’apprivoise pas. Il irradie autour des victimes par cercles concentriques et, dans des atmosphères souvent pathétiques, il les multiplie. Il contamine ce qu’il n’a pas détruit en soulignant d’un stylo net et sanglant les faiblesses secrètes qui nous unissent et qu’on ne voyait pas. Assez vite, les choses ont mal tourné avec Gabriela.

         J’étais heureux de la revoir, mais j’avais pris des habitudes en son absence, et plus que des habitudes : des règles de vie et de survie. J’avais tissé mon cocon de petit prince patient, suintant, nourri pas sonde et vaseliné autour d’un frère, de parents, de quelques amis et de soignants » (p.343). "Mon cocon" !? "Petit prince" !? Qu'est-ce qu'il lui faut ? Mais qui envierait un tel cocooning de "petit prince" ?

A dire vrai, j’ai trouvé dans un premier temps déplacées ces confidences sur la vie intime de l’auteur, l’accusant de tomber dans l’auto-fiction, par nature indécente. Et puis, je me suis dit que ça aussi, ça appartient de plein droit au récit, et que, après tout, cette façon d’objectiver ce moment de la vie privée permet au lecteur bouleversé de prendre un peu de distance avec le tragique de la situation. Je pense à l’épouse d’une « gueule cassée » de 14-18, et je me dis qu’il lui a fallu bien de l’héroïsme pour rester attachée à son homme, quand elle l'a revu, "après". Qu'est devenu le couple de la "gueule cassée", après 1918 ?

Car juste avant le passage cité, on trouve ceci, qui se passera de mes commentaires : « Mes parents sont arrivés peu après et se sont installés, l’un à droite, l’autre à gauche, chacun me tenant une main et la caressant. J’ai pris la tablette et j’ai écrit : "Miroir ?" Ils l’avaient apporté. J’allais savoir à quoi je ressemblais. J’ai pris le miroir et j’ai découvert, à la place du menton et du trou, cernée par d’épaisses sutures noires ou bleu sombre, une grosse escalope sanguinolente et vaselinée de couleur claire, entre jaune et blanc, d’une surface lisse, glabre et unie comme celle d’un jouet en plastique. C’était ça, mon menton ? C’était pour ça qu’on m’avait opéré pendant dix heures, retiré un os de la jambe et mis dans cet état ? J’étais accablé » (p.334).

Heureusement, Philippe Lançon se fait accompagner par quelques amis infiniment plus dociles et réconfortants : les pages de La Recherche où Proust raconte la mort de sa grand-mère, de La Montagne magique de Thomas Mann, de Kafka, mais aussi et (selon moi) surtout, Jean-Sébastien Bach et Beethoven : « J’ai senti les piqûres et me suis concentré sur la musique de cet homme, Bach, dont j’avais chaque jour un peu plus l’impression qu’il m’avait sauvé la vie. Comme chez Kafka, la puissance rejoignait la modestie, mais ce n’était pas la culpabilité qui l’animait : c’était la confiance en un dieu qui donnait à ce caractère coléreux le génie et la paix » (p.390). Ainsi, Bach a "sauvé la vie" de l’auteur ! Quelle beauté dans la formule ! Oui, la musique de Jean-Sébastien Bach est bien ce qui sauve en dernier recours.

J’ai un seul reproche à faire au livre de Philippe Lançon : l’éloge qu’il fait de Laurent Joffrin. Il est vrai que celui-ci est son patron, et qu’il lui doit sans doute beaucoup dans l’exercice de son métier de journaliste. Mais je n’oublie pas quant à moi l’insupportable gougnafier, capable d’assassiner un dialogue en empêchant son interlocuteur de développer sa pensée, quand celle-ci commet l’impardonnable erreur de s’opposer à la sienne. Invité chez Guillaume Erner ou Alain Finkielkraut, sur France Culture, il se débrouille, avec son importunité fanatique, pour se rendre haïssable, et transformer en bouillie le propos de l’adversaire, qu’il s’appelle Obertone ou Maler. Laurent Joffrin incarne à merveille l’idée que je me fais de l’intolérance bornée (on peut lire ici ce que je disais du monsieur le 17 février 2017).

Il va de soi que cette réserve ne fait pas oublier la violence exercée à travers ce livre sur un lecteur (moi) que les équipes d’Hara Kiri, Charlie et compagnie ont entouré comme des ombres tutélaires pendant quelques dizaines d’années. Et là, non, y a pas à tortiller du croupion :

« Quand l'un d'entre eux manquait à bord,

C'est qu'il était mort.

Oui mais jamais au grand jamais

Son trou dans l'eau ne se refermait ».

(Tonton Georges).

Merci, monsieur Philippe Lançon, pour ce livre tellement dur à avaler. Oui, je vous remercie pour tout ce qu'il m'a coûté. Parce qu'il m'a restitué l'essentiel. On peut appeler ça la Vérité.

vendredi, 17 février 2017

POURRITURE JOURNALISTIQUE

Guillaume Erner avait invité dans son émission des « Matins » de France Culture, jeudi 16 février, un certain Henri Maler, fondateur de l’Acrimed (Action Critique Medias). Il a eu la malheureuse idée d’inviter, pour lui donner la réplique en deuxième partie, Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération. Je me rappelle une émission « Répliques » où Alain Finkielkraut avait invité Laurent Obertone, auteur de La France Big Brother, et le même Laurent Joffrin.

Le comportement de ce dernier pendant ce qui aurait dû rester un débat avait été absolument infect : c’est bien simple, Obertone n’avait pas pu prononcer une seule phrase entière, tellement Joffrin parlait en même temps que lui, l’interrompant et ne cessant de lancer des « piques » contre ses propos, si bien que l’auditeur n’avait pu entendre que des bribes de son discours, que le directeur de Libé avait soigneusement cisaillé et découpé en morceaux minuscules, les rendant impropres à la consommation.

De nouveau invité sur un plateau de France Culture, face à Henri Maler cette fois, Laurent Joffrin a réédité son opération de pilonnage permanent de l’adversaire. Il en a fait une méthode. Mais c’est une méthode de forban et de minable fripouille médiatique. Henri Maler a eu bien raison, entre deux tirs, de répéter qu'il n'y avait pas de débat.

Invité pour parler des problématiques tournant autour de l’exercice du journalisme aujourd’hui, Joffrin a commencé par éjecter la question générale pour la réduire au cas spécifique de Libération et de sa propre fonction au sein de cette rédaction-là, au prétexte qu’il ne pouvait parler que de ce qu’il connaissait (mon œil !). Ce qui ne l’a pas empêché d’ajouter un peu plus tard qu’il a occupé des postes au sein de neuf rédactions successives. Moyennant quoi, bien qu'ayant exercé des responsabilités et passé toute sa carrière dans le milieu, il n’a aucune idée globale sur l’exercice de la profession !!!  Il a réussi à abaisser ce débat tant soit peu général à une toute médiocre querelle de personnes, ce dont l'autre invité Henri Maler n'avait strictement rien à faire. Joffrin ne supporte pas l’altitude, qu’on se le dise : il ne se déplace que le plus près possible du sol, le nez dans la bouse. Joffrin ne supporte pas qu'on lui mette le nez dans l'odeur produite par sa conception des métiers de la presse.

C’est le meilleur moyen pour empêcher la question principale d’être seulement formulée en termes intelligibles : peut-on émettre un discours critique sur la façon dont la profession du journalisme est pratiquée ? Dont elle est organisée et encadrée ? Dont elle est enseignée ? Une profession au sein de laquelle un tout petit nombre de gens détient l’autorité sur les rédactions (Henri Maler en compte une soixantaine, il y a trente mille journalistes en France). Une autorité qui les autorise à pondre des papiers qu’on appelle « éditoriaux ».

Ce sont les « éditorialistes ». Ils forment ce qu’Henri Maler appelle « l’éditocratie », vous savez, les seigneurs qui mangent à toutes les tables, et pissent dans la nuit la copie qui paraîtra le lendemain. Curieusement, l'exercice qu'on appelle en France la « revue de presse » ne consiste pas, en général, à faire une collecte d'articles (enquêtes, reportages, ...) particulièrement intéressants, mais à faire écho à ce qui est sorti de la plume des éditorialistes. Or qu'est-ce qui sort de leur plume ? Des informations ? Que nenni ! Non, il sort du commentaire. Et ça ronronne, ça tourne rond, ça tourne en rond.

Car ce commentaire, bien qu'il soit signé d'un nom, s'inspire plus ou moins des propos tenus à table hier au soir par divers convives : député, sénateur, chef d'entreprise, etc. On appelle « dîner en ville » cette habitude du journalisme mondain. C'est la raison pour laquelle tous les éditoriaux, sous leurs différences cosmétiques, se ressemblent, se miment les uns les autres, moulinent une seule et même matière, étant en réalité puisés à la même source. La dite source est située "en haut". D'où la jamais formulée prétention des éditorialistes à "faire l’opinion" : c’est aussi faux (voir le résultat de leur appel unanime au "oui" au référendum de 2005) qu’il est néanmoins vrai qu’ils exercent un pouvoir. Au moins occupent-ils le terrain, ce qui n'est pas un mince avantage (ne serait-ce que pécuniaire).

On me dira que c’est un pouvoir en vase clos, qui ne saurait donc étendre son emprise au-delà des parois du bocal. Certes, rétorqué-je, mais regardez les vieux poissons qui reviennent sur les écrans des aquariums télévisuels : Franz-Olivier Giesbert, Laurent Joffrin, Philippe Val, etc. Toujours les mêmes. Combien de ces vieux poissons dans le bocal, finalement ? Aussi vieux dans le métier que les politiciens qu'ils aiment à côtoyer. Et je pose la question : qu’est-ce qui les légitime, à la place d’où ils s’adressent au peuple, pour distribuer la bonne parole ? Réponse : rien. C’est le principe même du vase clos.

Parmi toutes ces têtes à se faire appliquer des tartes à la crème sur la figure, parmi toutes ces têtes à gifles ou à poing dans la gueule, parmi tous ces roitelets à jabot gonflable, Laurent Joffrin mérite une sorte de palme. Car il quintessencie en sa personne tout ce que mérite d’épluchures et d’œufs pourris l’élite journalistique régnante : l’arrogance, le cynisme, la mauvaise foi, le mépris de l’interlocuteur.

Laurent Joffrin est une belle figure de la bassesse professionnelle. Un concentré de tout ce qui a déconsidéré moralement le métier de journaliste. Certes, Balzac n'était déjà pas tendre à l’égard de celui-ci dans Illusions perdues, mais quelques plumes au 20ème siècle avaient pu faire croire à l'ennoblissement du métier par le sens de l’honneur dans son exercice (Albert Londres, Henri Béraud (si !), Joseph Kessel, Albert Camus, François Mauriac, …). Laurent Joffrin revient aux fondamentaux : il rend au caniveau la dignité et le rang d’auge à journalistes, où Lousteau (l'"ami" de Rubempré) se déplaçait avec son aisance de seigneur décavé. 

Laurent Joffrin fait partie de la caste de ces mini-vizirs Iznogoud qui, avec leur redoutable douceur de Raminagrobis et sans vouloir devenir califes à la place du calife, font régner une mini-Terreur dans les rangs des subordonnés et sont passés maîtres dans l’art d’empêcher toute critique venue de l’extérieur, comme il l'a montré par deux fois sur France Culture, face à ses interlocuteurs. Pour ce qui est de l'intérieur du métier, l'omerta est aussi impérieuse dans le journalisme français que dans le peloton du Tour de France à propos du dopage. Ceux qui entrent dans le métier ont tellement peur de la précarité qu’ils passent sous toutes les fourches caudines qui se présentent. D’une certaine manière, on les comprend. Mais il est permis de le déplorer.

Il reste que, dans l’émission france-culturelle de Guillaume Erner du 16 février, la présence de Laurent Joffrin permet de comprendre pourquoi, si en soi la profession ne mérite aucun opprobre de principe, la façon dont elle est organisée et pratiquée par ses élites dirigeantes est un objet de mépris. Monsieur Guillaume Erner, pourquoi infliger une nuisance à l'auditeur ?

Et en observant l’espèce de complicité objective entre les élites politiques, les élites économiques et les élites journalistiques, je me dis qu’il n’y a pas de hasard si la presse quotidienne nationale (PQN) "jouit" d’un tel désamour du lectorat, puisqu’elle ne survit que grâce à des injections massives d’argent public, et pour véhiculer principalement la « parole d’en haut ». L'élite journalistique est aussi complètement déconnectée de la réalité populaire que l'élite politique et que l'élite économique : tant que l'argent rentre et que la situation est assurée, le mot d'ordre est : fi du petit peuple ! Diantre ! Palsambleu !

Comme le dit un proverbe bantou (chinois ?) : « Quand le poisson pourrit, ça commence par la tête ».

Voilà ce que je dis, moi.

mardi, 18 octobre 2016

ISLAM : ENCORE UNE COUCHE !

DERRIÈRE LES FRANÇAIS MUSULMANS 

Non, l’islam, de façon radicale, n’est pas une religion ni une croyance « comme les autres », dont il faudrait tolérer la pratique, à égalité avec toutes les autres, sur le territoire européen en général, et français en particulier. N’en déplaise à tous les tolérantistes enragés, toujours prêts à dégainer l’accusation d’islamophobie, la religion musulmane est inassimilable par l'estomac de la République.

Deux exemples entre bien d'autres : 1 – En Grande-Bretagne, pays où le communautarisme est la règle, les islamistes se sont infiltrés dans les rangs du parti travailliste (la tactique typiquement trotskiste de l’ « entrisme »), ce qui leur a permis de prendre progressivement le contrôle d’un certain nombre de municipalités. J’ai envie d’ajouter : pour commencer, et en attendant mieux.

2 – Une jeune française (Leïla ?) se réclamant du féminisme ose poster sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle déclare qu’elle considère l’islam, la religion dans laquelle elle a été élevée, comme une duperie et un mensonge, et qu’elle le rejette désormais, au même titre que toutes les autres religions, au motif qu’elle refuse de vivre dans la perspective d’un futur et hypothétique paradis, et veut vivre pleinement sa vie terrestre.

Une belle audace ! Mais que n’a-t-elle mesuré le risque avant de se lancer ? Aussitôt, en effet, elle voit déferler dans sa direction un Niagara d’insultes et même de menaces de mort. Elle se voit dans l’obligation de poster une autre vidéo, dans laquelle elle présente ses excuses à tous ceux qu’elle pourrait avoir blessés (une bande-son, entendue le 17/10 aux matins de France Culture). En matière de tolérance, messieurs les musulmans, tirez les premiers ! Mais j'ai l'impression qu'en la matière, on peut attendre qu'il pousse des dents aux poules.

Le seul musulman autorisé à quitter l’islam est le honteux qui tient surtout à ce que nul n'en sache rien : non seulement il ne se vante pas de ne pas faire le ramadan, voire de manger du jambon ou de s'envoyer un whisky, mais il ne tient pas à ce que ça se sache. En revanche, gare aux malotrus qui ont le toupet de crier sur les toits qu'il se soucient comme d'une guigne d'Allah, de Mahomet et du paradis promis. Le grand pianiste turc Fazil Say en sait quelque chose, lui qui a subi un procès pour blasphème envers l'islam parce qu'il avait osé déclarer publiquement qu'ils faisait aussi grand cas de celui-ci que de sa première chemise. Tant que les nations musulmanes laisseront inscrits à leur Code pénal les crimes de blasphème et d'apostasie, on ne pourra rien en attendre de bon. Et je ne parle pas de la "charia".

Je conclus de cette intolérance ahurissante (et potentiellement violente) que l’islam, que les Français sont invités à admettre comme une réalité banale, est une belle saloperie. J’ajoute que je dis ça d’autant plus volontiers que j’ai lu le Coran, invraisemblable puzzle fait de pièces et de morceaux sans queue ni tête, de sentences péremptoires et de rengaines obsessionnelles, et dont le message peut se résumer à cette commination : « Prosternez-vous, ou il vous en cuira ! ».

Soit dit en passant, je voudrais savoir à quoi ressemble le cerveau de tous ces enfants des écoles coraniques sommés d’apprendre par cœur un texte à ce point haché menu, et en combien de morceaux est fragmenté le dit cerveau. A ce sujet, il faudrait remettre en circulation la belle pensée de Thomas d’Aquin : « Timeo hominem unius libri » ("je crains l’homme d’un seul livre", a fortiori d’un seul Livre). Je crois fortement que les prêcheurs de tolérance sont avant tout des salopards, tout prêts à faire entrer la horde des loups dans la bergerie.

Non, trois fois non, la religion musulmane n’est pas comme les autres. Elle est organisée en réalité comme une mafia, qui punit sévèrement tous les membres qui montreraient des velléités de la quitter, comme si l’apostasie ressemblait en quoi que ce soit à la trahison d’une cause sacrée. Chez les catholiques au moins, ça fait belle lurette que l'excommunication ne défrise plus grand monde dans la population, et que l'autorité papale n'ose plus brandir cette arme devenue loufoque.

Cela dit, admettons par hypothèse désintéressée que les Français musulmans qui s’affichent comme tels sont sincères et seulement animés de bonnes intentions. Admettons. Cela ne doit pas nous amener à oublier à quoi tient l’expansion de l’islam depuis l’accession de Khomeiny au trône spirituel et temporel de l’Iran en 1979, et la transformation de la religion en instrument de conquête politique.

Cela ne doit pas nous faire oublier que, derrière tous ces bons musulmans sincères qui se disent français, s’agitent un certain nombre de forces, qui ne sont pas forcément animées des meilleures intentions du monde. Derrière les Français musulmans, on voit en effet à l’œuvre des réseaux d’influence qui ne veulent pas que du bien à l’Europe et à la France.

Ce n’est un mystère pour personne que beaucoup de mosquées construites chez nous depuis vingt ans et plus ont été financées par l’Arabie saoudite, le Qatar, le Maroc, que sais-je ; que les imams qui mènent le prêche, d’une part, le font souvent en arabe, et d’autre part, sont d’obédience wahabite ou salafiste, quand ils n’appartiennent pas à la secte des « frères musulmans ».

C’est cet islam-là, le plus rigoriste, le plus rétrograde, qui, sous couvert de piété et de stricte observance des préceptes de la foi, creuse peu à peu le fossé qui éloigne les Français musulmans des Français « de souche ». C’est cet islam-là qui, en provoquant l’adhésion des femmes, les amène à porter le voile soi-disant islamique, et à se faire ainsi, qu’elles le veuillent consciemment ou non, de simples propagandistes, de vulgaires "femmes-sandwichs" bénévoles, des militantes enthousiastes qui se chargent de faire la publicité gratuitement.

Le voile qui se répand dans nos villes n’est que le signe le plus visible de l’efficacité de la propagande conçue à l’extérieur de nos frontières, par des gens de pouvoir, calculateurs, qui se moquent bien des principes républicains en général, et de la laïcité française en particulier.

Des gens qui doivent se dire qu'il n'est jamais trop tard pour se venger de Poitiers, de 732, de Charles Martel et de toutes les « humiliations » subies au cours de l'histoire. La différence est que l'argent qui leur vient du pétrole qu'ils vendent leur donnent barre sur leurs clients, forcés d'être gentils avec eux (voir Hollande, voir Sarkozy), et leur permet, très pacifiquement cette fois, de poser une botte sur les démocraties. Quelle lâcheté, quel aveuglement, voire quelles compromissions guident ceux qui nient cette réalité qui fait pourtant tache d'huile ? 

Autant les croyances des individus sont respectables (quoique ça puisse se discuter), autant les calculs de ceux qui font de l’islam un instrument de conquête politique sont à combattre sans faiblesse, et surtout sans lâcheté. Les Français qui prêchent la tolérance à tout prix à l’égard des musulmans, qui brandissent le délit d’islamophobie à la moindre occasion, qui récitent les prières du bréviaire des bons sentiments, font semblant de ne pas voir, derrière la foi pourquoi pas sincère des individus, les manœuvres de ceux qui instrumentalisent la religion à des fins politiques.

Ils sont juste coupables de félonie envers la France.

Voilà ce que je dis, moi.