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mardi, 24 avril 2018

LA VÉRITÉ SUR LE CLIMAT 4

 Voici ce que j'écrivais le 25 décembre 2014

Tiens, oui, au fait : bon anniversaire, petit Jésus. Mais il n'est pas le seul à être né à cette date fatidique de l'année : Philippe Koch aurait eu 101 ans en 2014, ce jour-là.

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Philippe Koch à Lyon (6, rue Henri-Gorjus), en 1973, avec Pauline. Il venait alors d'avoir cinquante-neuf ans. Il a gardé jusqu'à la fin de sa vie le même sourire, fait d'ironie feinte et de vraie tendresse.

4/4  

L’histoire produit son propre sens à l’insu de ses acteurs, y compris les plus éminents, les plus ardents, ainsi que ceux qui ont le don de voir le plus loin. L’essence et le destin du présent sont d’échapper à toute prise de l’esprit.

 

Vivre et savoir qu’on vit, ça se fait toujours en deux temps. Le présent et regarder le présent, ce n'est pas la même chose. C’est comme festoyer et prendre des photos du festin : les deux temps sont incompatibles. C'est comme les anciens manuels de philosophie de classes terminales : il y avait un volume pour "L'Action" et un volume pour "La Pensée". Fallait pas confondre. Celui qui prend les photos du mariage se met en dehors de la fête, sinon les photos risquent bien d'être ratées. Ce qui lui permet d'avoir une idée du taux d'alcoolémie et de sa progression au cours du repas. Lui seul voit à peu près où ça va.

 

Mais là l’humanité, dans son état d'ébriété avancée, n'a même pas commencé à apercevoir le mur du fond. De plus en plus de photographes et de témoins observent le festin et regardent l'humanité se goinfrer et ingurgiter tant et tant qu'elle s'intoxique au-delà du raisonnable. Ils commencent à s'inquiéter de voir le chiffre de l'éthylomètre global grimper vers des sommets jamais atteints. Le record de cette Polonaise arrêtée en Lorraine au volant de sa voiture, dans les années 1990, avec un taux de 9,4 g. (si, si !) par litre de sang, a sans doute été déjà battu. Je retarde : après consultation de quelques sites, je vois des chiffres de 10, de 11. Je vois même un 13,74 g/litre (comme par hasard, c'est en Pologne, comme quoi, les dictons ne disent pas toujours des fadaises – si le site est sérieux ! ).

 

L'humanité n'a même pas commencé à comprendre que, à force de s’approcher de plus en plus vite de la ligne d'arrivée, l’écrasement final devenait de jour en jour plus crédible et probable qu’une simple hypothèse de laboratoire, purement spéculative au départ.

 

Seuls les plus lucides ont commencé à pousser le cri du « lanceurdalerte », vous savez, ce curieux animal dont l’espèce a surgi dernièrement d’on ne sait quel croisement d’espèces plus sauvages les unes que les autres, qui effraie jusqu’aux chefs d’Etat les plus puissants, mais que ça n'empêche pas de dormir la nuit. Il faut croire que le cri du « lanceurdalerte » n'est pas assez glaçant. Peut-être aussi les gens sont-ils tellement gavés de films-catastrophes que leur conscience du danger s'en trouve émoussée : ils ont éprouvé, dans leur fauteuil de cinéma, tellement d'émotions violentes que, tant que la réalité qu'ils ont sous les yeux en sortant de la salle ne ressemble pas aux épouvantes qu'ils ont vues sur l'écran, ils sont hors d'état de sortir de l'état de sécurité rassurée qu'ils ont éprouvé quand le film s'est achevé et que les lumières se sont rallumées (sous-entendu : « On ne nous la fait pas, à nous, on a vu pire » ; sous-entendu : il faudrait que la réalité fasse un effort pour ressembler au pire de la fiction).

 

Pourtant, ceux qui ont entendu, un soir au fond des bois, le cri du « lanceurdalerte », rapportent l’intensité de la frayeur froide de la mort qui les a alors saisis, même si aucun n’est d’accord sur son identification. Est-ce que le « lanceurdalerte » caracoule ? Grumelle ? Peupleute ? Truisotte ? Margaude ? Roume ? Pupule ? Cageole ? Craque ? On peut vérifier le vocabulaire : suis-je capable d'inventer quoi que ce soit ? Toujours est-il que les avis divergent et que ce flou n’est pas fait pour rassurer les foules. 

 

C’est d’ailleurs pour ça qu’on organise des battues mondiales au « lanceurdalerte », qu’on le réprime, qu’on le condamne, qu’on l'enferme, quand on peut mettre la main dessus. Beaucoup en tout cas les étriperaient volontiers, sans doute pour se repaître de leur chair, bien que personne, aux dernières nouvelles, n'ait encore goûté à celles de Julian Assange ou d'Edward Snowden. Mais quelques imprudents et quelques naïfs s'en mordent aujourd'hui les doigts (LuxLeaks, SwissLeaks, ...).

 

Malgré tous les efforts pour étouffer les cris des « lanceurdalertes », de plus en plus de gens adhèrent à l’idée qu’il faut lutter contre le réchauffement climatique. Mais comment ? C’est là que ça devient amusant. Tout le monde est d’accord pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais personne ne pense être pour quelque chose dans la chose. Non, c’est ces salauds de « gaz à effet de serre » !  Qu’est-ce qu’on attend ? Si on les attaque, on n’en fera qu’une bouchée, c’est sûr.

 

C’est comme si les gaz à effet de serre venaient d’un autre système solaire. Des aliens, quoi. En cas de crise, l'étranger est un bouc émissaire commode. Extérioriser le danger est très utile, non seulement pour éviter de heurter la sensibilité des populations d'électeurs, mais aussi pour les rassembler derrière un étendard. Le sens des responsabilités, oui, mais n'exagérons pas : il faut se faire réélire.

 

Seuls les plus informés s’inquiètent de l’ampleur de « l’empreinte carbone » que leurs propres (pas si propres que ça après tout) activités laissent dans l’atmosphère. Et seuls quelques héros, petite élite illuminée, agissent en conséquence, et amorcent le mouvement de décroissance en commençant par eux-mêmes et se convertissent à la sobriété. Autrement dit : pas lourd. Insuffisant.

 

En fait, ils ne l'amorcent pas, ils l'"anticipent" parce qu'ils se disent  que, de toute façon, plus nous retardons le moment de la décroissance, plus celle-ci sera soudaine, brutale et violente. Ils ont sans doute raison. L'humanité prendra alors la mesure, "in vivo" et en direct, de ce que signifie l'expression "sélection naturelle" en vitesse accélérée. La guerre de 14-18, en comparaison, aura été un aimable amusement tirant en longueur. Enfin, on peut se rassurer en se disant que, plus il y aura de bouches à mourir, moins ça en fera à nourrir. Pardon, je sais que je ne devrais pas.

 

La plupart des gens, moi le premier, ne changent rien à leur façon de faire, tout en veillant, au mieux (et c'est mon cas), à être raisonnables au quotidien en ne consommant que le strict nécessaire, en y ajoutant la part absolument irréductible de superflu, celle qui donne à l’existence les couleurs, les sons, les parfums, les saveurs, enfin tout ce qui fait qu’on a envie de mourir le plus tard possible.

 

Oui, je suis indécrottable, mais je me console en me disant qu’il y a pire que moi et que, finalement, mon « empreinte carbone » représente l'infinitésimale partie d’une minuscule virgule d’atome perdue dans le magma du texte de l’acte d’accusation que la planète (Gaïa) a depuis quelques dizaines d’années commencé à dresser contre les activités humaines. Je pense ici à Isabelle Stengers et à sa formule « l'intrusion Gaïa » (dans Au Temps des catastrophes, après La Sorcellerie capitaliste).

 

Ce qui frappe, c’est l’impavidité de tous ces responsables (viande de qualité mafieuse) des nations terriennes qui se disputent pour savoir qui doit commencer par réduire ses rejets de CO2 dans l’atmosphère, mais qui s’entendent comme larrons en foire pour refuser de remettre en question le principe même du développement et de la sacro-sainte croissance pourvoyeuse d'emplois (paraît-il) : les riches ne veulent rien perdre, les pauvres veulent les rejoindre, quoi de plus normal ? C’est ainsi, aujourd’hui, qu’on mesure les progrès de la démocratie dans le monde. Paraît-il. Crevons donc ensemble, mes frères.

 

La Terre suit sa logique : elle prépare l'addition, et soyons sûrs qu'elle n'oubliera rien. Celui qui veut se « développer » est doté d'un appétit de combustible proprement gargantuesque, sans parler de toutes les matières qui entrent dans les ingrédients du dit développement. La Chine, à ce titre-là, fait la course en tête. Appelez-le « développement durable » si ça vous amuse, la Terre comptabilise. Car la logique ne change pas, et reste celle d’un développement de prédation : extraire, produire, fabriquer, vendre, consommer, jeter, excréter. Gare au moment de payer : la douloureuse sera salée.

 

« Energie », fossile ou non, c’est le fin mot (le mot de la fin ?) de la civilisation qui est la nôtre. Il se trouve que c’est aussi la mienne, et que je n’ai aucune envie de lorgner vers d’autres sagesses (yogis, gourous, lamas, bouddhas, chamans, mystiques, derviches tourneurs, … la liste est interminable) que celles qu’elle nous a léguées. Je trouve déjà le paquet bien assez volumineux à digérer.

 

La planète est décidément tout sauf raisonnable d’avoir donné naissance à l’espèce humaine (j'avais trouvé cette idée formidable dans Malicorne, d'Hubert Reeves, 1990). Notre civilisation est sans doute une erreur fatale, mais c’est la mienne, et je persiste à la revendiquer comme telle. Or, on le sait : « Errare humanum est » (ne pas traduire : l'homme est une erreur, quoique ...). Ne comptez pas sur moi pour chanter en chœur le refrain : « Il faut sauver la planète ». Je l'ai dit, je ne suis pas militant écologiste. Tout juste accepterais-je d'être considéré comme un « mirlitant ».

 

Gilles Bœuf lui-même, cet ardent spécialiste qui sait tout sur la biodiversité, avoue que, autour de la trentaine, il en a eu marre de partir en guerre contre les moulins à vent (ce sont ses termes), et il a décidé, pour compenser, de consacrer toutes ses forces et toute sa science au développement et au perfectionnement de sa spécialité. Ce qui effraie, dans cette affaire, c'est qu'on a le choix entre "attaquer les moulins à vent" et "tomber dans l'oreille des sourds".

 

La planète est une écervelée. Elle n'avait qu'à faire comme Plick et Plock : réfléchir avant d'agir. Bien fait pour elle. Et en passant : bien fait pour l'humanité !

 

Car c'est trop tard, le mal est fait. Il est temps de réciter des poèmes. Allez, reprenez gaiement après moi, « Ma, a tempo » 


(la consigne de Riccardo Muti au public avant que la salle reprenne le « Va pensiero » de Nabucco à la Scala, contre la politique culturelle de Berlusconi, en sa présence)  :

 

« Ô Mort, vieux capitaine, il est temps, levons l’ancre !

Ce pays nous ennuie, ô Mort, appareillons !

Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,

Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons.

 

Verse-nous ton poison, pour qu’il nous réconforte !

Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?

Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ! ».

 

Ce n’est pas moi qui le dis : c’est un prophète. L'humanité semble possédée de l'enthousiasme malade et désespéré manifesté ici par Baudelaire. Malheureusement, la conscience n'apprend que ce qu'elle apprend. Ce dont elle hérite est toujours de seconde main : ce n'est pas pareil. Quant au reste, il n'a pas d'existence. Démerdons-nous avec ça. Ce n'est peut-être pas possible.

 

Comme disait Desproges (qui se savait condamné) : « Vivons heureux en attendant la mort ». Je plains juste les vivants qui viennent après nous.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

FIN

samedi, 13 janvier 2018

LACK MI "EN MARCHE"

Il existe à Strasbourg un lieu – cabaret, café, restaurant – qui ne ressemble à aucun autre. D'abord et principalement parce que c'est un lieu spécifiquement alsacien, dirigé depuis quelques décennies par un authentique Alsacien (il répétait sur tous les tons qu'il est « né-dans-le-val-de-Villé-la-plus-jolie-des-vallées », il a peut-être mis le refrain en veilleuse depuis le temps).

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Le village de Villé (67).

Le lieu, c'est La Choucrouterie, l'Alsacien s'appelle Roger Siffer. Il est recommandé de comprendre le dialecte de par là-bas, si l'on veut apprécier à sa juste valeur. Car l'un des derniers spectacles proposés perdrait beaucoup de son sel sans cela. Rien que le titre de ce spectacle est en effet une excellente illustration de l'humour alsacien, qui se distingue, comme on sait, par son exceptionnelle légèreté, sa subtilité sans égale et son parfait raffinement : « Lak mi "en marche" ».

Entendant la formule, l'alsacophone – bientôt rejoint par l'homme de goût, pour qui il a fallu traduire – éclate d'un rire complice et bon enfant, malgré la finesse de l'allusion. Son esprit affûté a compris qu'elle se réfère à la vie politique française telle qu'elle se présente depuis l'irruption du flamboyant Emmanuel Macron, tout en décalquant, moyennant une légère approximation due à l'accent de Strasbourg, n'en doutons pas, une expression dialectale que tout le monde connaît là-bas depuis qu'il sait ce que parler veut dire : "Lack mi am Arsch".

Mot à mot (le pudique Puitspelu du Littré de la Grand'Côte ajouterait "parlant par respect") : « Lèche-moi le cul ». L'alsacien est un idiome bourré d'images, et je connais des gens capables en le parlant de faire plier en deux un auditoire conséquent de gens sérieux, même si je ne comprends qu'un mot par phrase : le rire est contagieux, n'est-ce pas.

En oyant l'expression « Lack mi "En Marche" », votre pas se fait soudain plus allègre, cela vous donne tout de suite plus d'allant dans la démarche, et met un peu de piment dans l'assiette de l'innovation "disruptive" que constitue la "Révolution macronienne", en l'agrémentant de délicates fragrances et colorations irisées, voire moirées, du plus bel effet. Accessoirement, cela vous replace le bonhomme dont il est question à une altitude moins "jupitérienne". 

Ce que ne savent peut-être pas les Alsaciens eux-mêmes, c'est qu'un certain Wolfgang Amadeus Mozart a composé un canon, intitulé cette fois "Leck mich im Arsch", c'est-à-dire "Lèche-moi dans le cul". L'homme de goût aussitôt se récrie horrifié : comment est-ce possible, oubliant un peu vite que Mozart ne détestait pas la scatologie, comme on peut s'en rendre compte dans sa correspondance. Je me souviens en particulier de quelques lettres gratinées, adressées à sa sœur par le jeune prodige.


 

vendredi, 12 mai 2017

LES BELLES HISTOIRES ...

... DE TONTON BÉROALDE.

Il ne faut pas se formaliser, en lisant Le Moyen de parvenir de Béroalde de Verville (1556-1626), de ce que les noms des personnages qui interviennent dans les joyeux et savants dialogues portent une infinité de noms divers, parmi lesquels on trouve Pétrarque, Paracelse, Erasme, Amyot, Rabelais, Albert le Grand, et tant d’autres plus exotiques ou antiques. A croire que toute l’humanité savante s’est rassemblée ici, pour festoyer et deviser gaiement.

On ne s’étonnera donc pas que l’anecdote qui suit (qu’on pourrait intituler « la dispute de la bouche et du con », comme il y eut, dans des temps plus obscurs, à ce qu'on raconte, des "disputationes" du con et et du cul, travesties en chansons paillardes par la modernité) soit racontée par un certain :

« TITE-LIVE : Par le plus saint faux serment que je fais à la race féminine (qui me nomme "le bonhomme Trompecon") ! j’oubliais mon conte, pensant à la folie que vous faites sur la comparaison du temps passé. Je ne croyais pas que ce qu’il y a mille ans qui est passé et anéanti soit plus vieux que ce qui passe tous les jours et qui va dans le sac de vieillesse, dans l’écrin de l’oubli, et ce qu’on propose de plus ou moins vieux est d’aussi bonne grâce que la question de Martin Chabert, qui aimait trois filles, auxquelles il dit pour arrêt un jour : "Mes fillettes mignonnes, je ne puis vous épouser toutes trois, bien que je vous aime de toute ma loyale fressure [de toutes mes tripes] et plus chacune l’une que l’autre. Je ne sais comme faire, sinon qu’il faut que j’aie à choisir et, pour nous ôter de cette peine, je vous dirai, si vous voulez, un moyen : c’est que j’épouserai celle qui me dira la plus naïve vérité de ce que je lui demanderai". Elles s’y accordèrent. "Or çà ! dit-il, lequel est le plus vieux de votre chose ou de votre bouche ?" J’ai quasi bronché des mâchoires, mais pourquoi dit-on "confiture" ? Que ne dit-on "ficontures" ou "fiturescon" ? Et tant d’autres mots qui commencent ainsi : comme congrégation, conscience …

ELPIS : C’est bien entendu par un philosophe ! Ne savez-vous pas bien qu’il est devant et jamais derrière ? Et pourtant il faut le colloquer en la tête.

– … le charpentier qui demanda au curé : "Pourquoi dites-vous "dominus vobiscum" ? Que ne dites-vous "dominus vobiscul" ? Le curé lui dite : "Pourquoi dites-vous "un compas" ? Que ne dites-vous "un culpas" ?

– Sainte Marande ! vous avez raison, mais faites parler ces filles.

– L’aînée répondit "C’est mon cela qui est le plus vieux, d’autant qu’il a de la barbe et ma bouche n’en a point". La seconde : "C’est ma bouche qui est la plus vieille, parce qu’elle a des dents et mon petit n’en a point". La petite dit : "Je dis comme ma sœur. – Dites donc, mignonne, une belle raison comme nous". Elle pétillait et frétillait comme une marmotte déchaînée : "C’est, dit-elle, ma bouche qui est la plus vieille, pour autant qu’elle est sevrée et mon con tète tous les jours".

– Ha ! ha ! hé !

– Or, devinez, vous autres, et jugez laquelle a le mieux dit, afin que Martin soit le marié comme les autres.

– Jean ! par la certe Dieu ! dit Copeau – aussi était-il tout réformé –, alors, j’aimerais autant ma chambrière qui, nous oyant ainsi discourir, me reprocha que, si ce n’était leur cas, que je ne saurions que dire ! Et là-dessus ma dit : "Vous qui en savez tant, si vous aviez trouvé un con tout seul, que lui diriez-vous ?" ».

Note : Elpis est un mot grec signifiant "espoir". Tous ceux qui ont un jour appris le grec ont croisé cette très vieille blague (qui date forcément d'après l'invention du chemin de fer) : 

"ουκ έλαβον πόλιν αλλα γαρ ελπις εφη κακα"

Phrase qui peut se traduire phonétiquement : "Où qu'est la bonne Pauline ? A la gare, elle pisse et fait caca", et sémantiquement : "Je n'ai pas pris la ville, mais l'espoir a dit des choses fausses".               

vendredi, 14 octobre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

… C’ÉTAIT RIGOLO.

Aux cimaises de ma galerie BD.

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Christian Binet dessine ici la moitié postérieure de Madame Bidochon (la série Les Bidochon en était à son vingtième album en 2010, malgré le procès de vrais Bidochon de je ne sais plus où, qui ont mis plus de dix ans à se rendre compte que, leur nom étant devenu célèbre, ils pouvaient gratter quelque chose, mais qui en ont été pour leurs frais), dans (A suivre) n°26.

J'apprécie la série, sans être un fanatique. Là où je me dis que Binet a fait très fort, c'est qu'il a (presque) fait de Bidochon un nom commun, passé dans le langage courant. Ce qui s'appelle, si je ne me trompe, une antonomase dans le langage des fleurs (de rhétorique), pas tout à fait au même titre que Don Juan, Harpagon, Tartuffe ou Apollon, mais pas très loin. Quel était l'écrivain qui rêvait d'inventer un stéréotype, parce qu'il considérait que c'était une preuve du génie (et du succès : je pense ici au "beauf" de Cabu, mot sur lequel certains ont même bâti le mot "beaufitude" ; remarquez que la Ségolène a bien fait "bravitude", alors ... Après tout, ce n'est qu'une histoire de suffixe !) ? 

samedi, 14 mai 2016

UNE BLAGUE DE DANY 6/7

HARCÈLEMENT ?

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vendredi, 13 mai 2016

UNE BLAGUE DE DANY 5/7

A LA PHARMACIE

Dernière vignette de la planche. La dame est venue se renseigner pour savoir si elle pouvait trouver ici quelque chose contre les rhumatismes, puis Parkinson, puis Alzheimer, puis l'infarctus, puis l'incontinence, et enfin la prostate. La pharmacienne s'étonne : mais pourquoi toutes ces questions ?

Réponse de la dame.

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jeudi, 12 mai 2016

UNE BLAGUE DE DANY 4/7

EFFET(S)

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mercredi, 11 mai 2016

UNE BLAGUE DE DANY 3/7

MARIAGE

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Tous aux abris !

La publicité débarque sur France Culture !

Voilà, c'est fait. La pub a posé l'ongle du petit orteil !

Pour le moment, c'est à 6 h 30 : les très riches (on parle de l'ISF) sont invités à penser aux paralytiques au moment de payer leurs impôts. Pour le moment, on nous épargne les sourds, les aveugles, les culs de jatte, mais jusqu'à quand ?

J'imagine qu'il attendent de voir les réactions pour y entrer le pied complet !

Moi, c'est simple, messieurs de France Culture, je vous préviens : je coupe le son.

Sur quelle terre VIERGE DE PUB faudra-t-il émigrer ?

HALTE A LA POLLUTION !!!!!!!!!!!!

mardi, 10 mai 2016

UNE BLAGUE DE DANY 2/7

FIANÇAILLES

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lundi, 09 mai 2016

UNE BLAGUE DE DANY 1/7

CHAUSSETTES

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samedi, 23 avril 2016

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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LES DALTON DANS LE BLIZZARD (N°22)

vendredi, 04 mars 2016

COMME INDICE, C'EST PLUTÔT MAIGRE

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Photo Frédéric Chambe.

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mercredi, 02 mars 2016

CABU À LYON

1/2 

Je l’ai dit ici même les 25 et 26 janvier : je n’aurais peut-être pas dû lire Mohicans, de Denis Robert. Trop tard et tant pis : le mal est fait. Ce bouquin a déboulonné la statue de Cabu, que j’avais placée sur un piédestal imaginaire, qui s’est purement et simplement aboli quand j’ai appris le coup de vice qu’il a planté dans le dos de Cavanna. Cabu, t'aurais pas dû. Mais il y a aussi que le consommateur ne sait pas quel produit il achète quand il ne sait pas comment il a été produit. Appelons ça la désillusion. J'étais juste un consommateur de Charlie Hebdo. : j'achetais chaque semaine ma dose d' "esprit Charlie". Bien fait pour moi. Il est vrai que les éditoriaux de Philippe Val, vous savez, ces épaisses tartines de prose, complaisantes et indigestes, ont été très rapidement, après 1992, une force de dissuasion suffisante pour m'éloigner des kiosques.

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Louis Pradel, alias "Zizi", maire de Lyon, sous le crayon de Cabu, et sur fond de naïades et de feu d'artifice. Il n'y a aucun doute là-dessus : Cabu était doué !

Ce que je ne suis pas prêt à digérer, c’est avant tout cette histoire de SCI : le pacte avec Philippe Val, Bernard Maris et X pour acheter les locaux de Charlie sous la caution bancaire de Charlie (achat promptement remboursé par la prospérité de la revue), mais surtout sans impliquer le vieux Rital dans l’actionnariat du nouveau Charlie Hebdo, et pour ne lui concéder qu’un ridicule 0,44%, au titre du propriétaire de la marque, quand le quatuor des actionnaires s’empiffrait de l’essentiel des bénéfices. Il y a des choses qui ne se font pas. Non, Cabu, tout n'est pas permis, que ce soit dans l'économie, dans la société, dans les relations personnelles.

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Une des plus magistrales réalisations de Pradel, maire de Lyon : le tunnel sous Fourvière (entrée nord). Cabu n'a pas tort de se référer à Albert Speer, l'architecte d'Adolf Hitler.

J’explique ce comportement de Cabu comme une faiblesse coupable commise sous l’emprise du manipulateur Val, probablement due au long copinage entre celui-ci et Cabu du temps du duo « Font et Val », dont il dessina au moins une demi-douzaine de pochettes des disques du tandem chahuteur (Ça va chier !, date de 1987, mais il y en a d'autres). Car il fut un temps où Philippe Val, flanqué de Patrick Font (dont Leporello pourrait dire « Sua passion predominante è la giovin principiante », Don Giovanni, "air du catalogue") donnait dans la contestation anarcho-gauchiste, avant de virer sa cuti pour devenir un fervent sarkozyste soucieux d’avancement et d’enrichissement personnel. Le lien de Cabu à Val est ancien. 

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Le pont Morand, l'ancien (le normal) et le nouveau (avec ses deux tubes pour le métro), que Cabu baptise "pont Maginot". Note 1 : il enjambe le Rhône !!!

Note 2 : "Les Équevilles, journal libre lyonnais", était publié par Jacques Glénat-Guttin qui, après quelques ennuis judiciaires avec Pradel, à propos de licences de taxis, a émigré à Grenoble, où il a fondé les éditions Glénat, vouées à la BD. Les "Équevilles", en lyonnais dans le texte, c'est tout ce qu'on jette à la poubelle.

Après un tel compagnonnage, difficile pour Cabu de rompre en visière avec son copain Val, au moment de refonder la maison Charlie, avec l’appui, qui plus est, des vieux de la vieille de la première équipe, à l’exception notable de Choron, et de DDT, qui gratifia Cabu d’une gifle méritée. Comment Cabu a-t-il pu jouer ce tour de cochon à Cavanna, ce vieux camarade des premiers temps ? Voilà ce que je n’explique pas, que j’excuse encore moins, et qui jette un sombre doute sur la sincérité du caricaturiste virtuose et génial dans le deuxième Charlie. 

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La montée de la Grande-Côte (aujourd'hui, ça n'a plus rien à voir), vue du haut. Je me demande où Cabu a bien pu traîner ses guêtres pour avoir vu dégouliner le stupre du haut de la Croix-Rousse. Mettons ça sur le compte de la licence poétique.

Reste donc le génie graphique, que personne ne peut nier. Reste aussi que je ne saurais pardonner à ses assassins. Reste que je n’avais pas attendu le 7 janvier pour tirer un trait définitif sur le Charlie de Philippe Val et consorts (celui à partir de 1992) : ça faisait une paie que j’avais laissé tomber. Reste le Cabu du vrai Charlie, le premier, le seul, l’unique, celui qui est né le 23 novembre 1970. 

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La même montée de la Grande-Côte, vue par en dessous, en pleine "rénovation" pradélienne. C'étaient les Arabes qui occupaient ce quartier, incroyable fouillis de petites maisons peu salubres, mais vrai village traversé de venelles formant une sorte de labyrinthe. Les successeurs ont un peu limité les dégâts, en faisant de l'espace dégagé un grand jardin.

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La façon dont il évoque les putes, les flics et les notables peut en revanche laisser sceptique ou paraître daté. 

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 22 février 2016

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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LES RIVAUX DE PAINFUL GULCH (N°19)

samedi, 20 février 2016

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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SUR LA PISTE DES DALTON (N°17)

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Réforme de l’orthographe, donc ? Les gens savants et les gens instruits s’étripent. D’un côté (lequel ?), il faut enseigner les règles, et il est impardonnable qu’une langue écrite qui a donné au monde et à la civilisation des œuvres qui font de la France un élément irremplaçable du patrimoine de l’humanité. 

De l'autre, le français étant une langue compliquée, c’est entendu : simplifions-la. Modernisons-la. Réformons-la. Mettons-la à la portée des paresseux. Pourquoi se casser la tête avec les noms composés, les adjectifs de couleur et les accords du participe passé ? 

Ce qui est inadmissible, dans la langue française, c’est que, dans son ensemble, elle est constituée de façon totalement arbitraire. Comment un esprit rationnel peut-il supporter les aberrations constatées dans son orthographe ? Et ce ne sont pas les esprits rationnels qui ont manqué pour proposer d’en finir avec l’arbitraire orthographique, comme la nation avait mis fin à l’arbitraire royal en zigouillant sa principale figure. 

Je pense évidemment à Raymond Queneau, qui ouvre son roman célébrissime Zazie dans le métro sur cette phrase mémorable : « Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé ». Et je signale que dans ses Essais, Montaigne, orthographie l’expression « A cette heure », selon les moments ou selon l’humeur : « A cette heure, … asteure, … voire asture ». 

Ceci dit, cet étripage médiatique entre sans-culottes et réactionnaires me semble typiquement ce que Le Canard enchaîné appelle des « paroles verbales », parce que, sans rien dire à personne, l’orthographe du français se réforme tous les jours. On peut en effet compter sur l’ingéniosité et la créativité orthographiques des collégiens et lycéens, pour inventer avec persévérance un français qu’on ne trouve pas dans les dictionnaires. 

C’est ainsi qu’il existe des « tâches ingrasses » ; que « Pierre et Marie Curry » sont de grands savants ; que certaines musiques font entendre un « quincophonie » ; que les enfants, à force de jouer à la playstation, « ne savent plus jouer à colamaya » ; que les « téléspacteurs » passent trop de temps devant la « télévion » ; qu’on admire l’œuvre du sociologue « Pierre Bondieu » ; que « le mariage est représentateur de l'esclavitude » ; qu'un « cinémaste » filme à partir de « sénariaux »… etc. On n'en finirait pas. Autant de suggestions pour les réformes futures de l'orthographe.

A suivre « Ali Bitume » : tout un chacun serait à même de réécrire à sa façon La Foire aux cancres, cet énorme succès de librairie. C’était en 1962. 

C’était le bon temps. Depuis, tranquillement, tous les jours, le progrès orthographique fait rage. 

Rien ne sert de s'insurger : les grandes douleurs sont muettes.

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 19 février 2016

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A L'OMBRE DES DERRICKS (N°18)

La seule fois où Jolly Jumper galope en parlant, et où Lucky Luke délaisse son refrain habituel, pour un autre où pointe toute la malice de Goscinny.

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Bon, les sondages, c'est les sondages, celui-ci en particulier (Le Progrès, 18 février) : par internet, alors bon, à prendre avec des pincettes.

Mais il ne faut pas chercher pourquoi les députés ont voté comme un seul homme pour la reconduction de l'état d'urgence jusqu'au 26 mai : ils ont l’œil sur les sondages. Les députés (et les zompolitiks en général) croient aux sondages. Et les journalistes se contentent de benoîtement faire écho au "risque politique" que les zompolitiks courraient s'ils revenaient à l'état de droit. Pensez à ce que voteraient les Français en 2017 en cas d'attentat ! Oui, les zompolitiks ont vraiment la truffe dans le gazon. Leur état est désespéré. Ils chassent le bulletin de vote.

Et les Français, ils n'en ont vraiment plus rien à faire, de l'état de droit ? Dans quel état moral et intellectuel sont-ils ? Ils sont prêts à subir le joug ? Cela veut-il dire qu'ils le subissent déjà ? A mettre en parallèle, peut-être, avec les 4 millions de téléspectateurs branchés tous les soirs sur une émission de divertissement de TF1.

Pendant que j'écris ça, un psy est en train de se gargariser en affirmant que, grâce au vaste mouvement de décomposition de l'archaïque "famille patriarcale" auquel on n'en finit pas d'assister, l'individu est amené à se prendre en charge de plus en plus, sans se référer à des valeurs héritées. Il décide de plus en plus de sa propre vie. Il opère de plus en plus des choix en fonction de ses préférences.

Conclusion du psy : « L'individu se désaliène ». Tu l'as dit, bouffi (comme dit Arsène Lupin en s'adressant à l'inspecteur Ganimard).

Ah bon ? Vraiment ? L'individu se désaliène ? Au moment même où il devient un pantin dont on ne sait quel marionnettiste tire les fils ?

C'est quoi, déjà, "vouloir être libre" ?

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samedi, 05 décembre 2015

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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L'ESCORTE (N°28)

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COP 21

Le dilemme est d'une simplicité angélique : si Rodrigue venge son père, il perd Chimène. S'il veut garder Chimène, il perd l'honneur de son père et de sa famille, il se déshonore lui-même. Ayant perdu son honneur, il devient alors haïssable aux yeux de Chimène. Sale temps pour l'amoureux.

Même choix cornélien pour le changement climatique : ce sera la croissance ou la planète. Pas les deux. Personne ne sauvera la planète en sauvant la croissance. A Paris, ils sont tous à tortiller du croupion pour ne pas nommer l'obstacle, pour tourner autour de cette réalité. Ah, que le « Développement durable » est joli ! Ah, l' « Economie décarbonée » ! Ah, les « Energies renouvelables » ! Quels beaux contes de fées pour grands enfants ! Que de jolies fables n'inventerait-on pas pour éviter d'affoler les foules !

Quelques illuminés, stipendiés des entreprises transnationales, clament aux quatre vents que c'est de la technique que viendra le salut. Ils ont lancé le concept époustouflant de « Géo-ingénierie » : ensemencer les océans avec du fer, envoyer dans l'espace des particules de je ne sais plus quoi pour diminuer le rayonnement solaire, ....

Ils ont raison : une seule solution pour résoudre les problèmes engendrés exclusivement par la technique et l'industrialisation à outrance :

LA FUITE EN AVANT.

Surtout, ne changeons rien au système !

Allons, enfants de la planète, le jour de gloire est arrivé ...

vendredi, 04 décembre 2015

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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LE 20ème DE CAVALERIE (N°27)

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COP 21 

J'ai déjà eu l'occasion de dire ici tout le bien que je pense des positions défendues par Fabrice Nicolino (voir billet du 22 février, à propos de son livre Un Empoisonnement universel). La tribune qu'il publie dans Le Monde daté du 4 décembre (aujourd'hui même) confirme qu'on peut lui faire confiance pour ce qui est de faire tomber les masques d'hypocrisie de tous les faux curés qui officient lors de la grand'messe qui se donne depuis une petite semaine au Bourget.

Que dit-il, Fabrice Nicolino, dans sa tribune ? Pour résumer, il dit : "Pour avoir une idée de la sincérité des négociateurs du climat, regardez qui a été placé aux manettes". Or, dit-il, c'est là qu'on pressent la catastrophe. En effet, qui trouve-t-on au sommet du premier Sommet de la Terre à Stockholm en 1972 ? Il s'appelle Maurice Strong.

Sa carte de visite ? Né en 1929, mort en novembre 2015. Mais aussi et surtout : « Côté pile, il a été le vice-président, le président ou le PDG de firmes transnationales nord-américaines : Dome Petroleum, Caltex (groupe Chevron), Norcen Resources, Petro-Canada, Power Corporation. Au cœur l'énergie. Au cœur le pétrole ». Vous ne trouvez pas bizarre, vous, qu'un haut responsable de l'industrie la plus polluante devienne le grand manitou de la lutte pour la défense de l'environnement ? Disons-le : ça ne sent pas très bon.

Pour le Sommet de la Terre à Rio en 1992, Maurice Strong choisit comme bras droit Stephan Schmidheiny, une très belle carte de visite lui aussi : il est héritier d'une grande dynastie industrielle, qui a fait fortune avec l'amiante, à la tête de l'entreprise Eternit. Un très beau défenseur de la nature et de la santé humaine (3000 ouvriers italiens morts de l'amiante). 

Après Rio, Schmidheiny fonde le « Conseil mondial des affaires pour le développement durable ». Autant dire que c'est l'incendiaire qui se déguise en pompier. Y participent des entreprises aussi soucieuses d'environnement et de santé humaine que Syngenta (OGM), BASF, DuPont, Total, Dow Chemical : n'en jetez plus. Dans un livre, il va jusqu'à faire l'éloge de l'action de Shell dans le delta du Niger, pourtant « martyr écologique ».

Nicolino cite aussi le cas de Brice Lalonde, ce grand défenseur de la nature favorable au gaz de schiste : « Le gaz de schiste, il est bon aux Etats-Unis, pourquoi est-ce qu'il serait mauvais en France ? ».

Le cas de Laurence Tubiana est un peu différent. Elle ne loupe aucune conférence climatique. Elle a dirigé un think tank (IDDRI) qui a célébré le roi brésilien du soja transgénique. Les membres fondateurs ? EDF, GDF Suez, Lafarge, Saint-Gobain, Veolia Environnement. Quant à EPE (Entreprises pour l'environnement), c'est une association composée de Bayer, BASF, Vinci, Total, Solvay, Thales : que du beau monde, que d'éminents écologistes.

Paul Jorion a sans doute raison : si sauver l'humanité peut rapporter, l'humanité garde une chance.

Cliquez ci-dessus pour "Le temps qu'il fait le 4 décembre 2015".

Je cite pour finir la conclusion de Fabrice Nicolino : « L'heure est arrivée de mettre concrètement en cause la voiture individuelle, les écrans plats, les iPhone, le plastique, l'élevage industriel, le numérique et ses déchets électroniques, les innombrables colifichets - jouets, chaussures, cotonnades et vêtements, cafetières, meubles - venus de Chine ou d'ailleurs, les turbines, centrales, avions, TGV, vins, parfums partant dans l'autre sens.

N'est-il pas pleinement absurde de croire qu'on peut avancer en confiant la direction à ceux-là mêmes qui nous ont conduits au gouffre ? ».

Il faudrait placer la toute dernière phrase en lettres capitales au fronton de la grand'messe planétaire désormais connue sous le nom de COP 21. 

jeudi, 03 décembre 2015

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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LES DALTON SE RACHÈTENT (N°26)

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21ème "COnférence des Parties".

Autrement dit :

COP21

C'est entendu, tout le monde voudrait bien sauver la planète.

Mais petit problème : ceux qui ont quelque chose ne veulent rien perdre, et ceux qui n'ont rien aimeraient bien acquérir quelque chose.

Ne nous faisons pas d'illusions : les riches feront tout pour continuer à s'enrichir, les pauvres feront des pieds et des mains pour s'éloigner de la pauvreté.

Pendant ce temps, de quel droit exigerait-on des industriels qu'ils cessent de faire des affaires et le plus de profit possible ? Qu'ils cessent de polluer l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, les sols qui nous nourrissent ? Qu'ils cessent d'empoisonner les hommes ? 

Autrement dit : personne ne veut décroître, tout le monde veut de la croissance. C'est l'incantation universelle.

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur la plaine : croissons ! Croissons !

Croassons !

CHERCHEZ L'ERREUR !

Pendant ce temps, la planète ... Quoi, la planète ?

QUELLE PLANÈTE ?

« C'est quoi, une planète ? - Bof, pas grand-chose : une boule dans l'espace avec de la vie dessus, de très très loin en très très loin. Et encore, on n'est pas sûr. Laisse tomber, ça vaut mieux. »

mercredi, 02 décembre 2015

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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LA VILLE FANTÔME (N°25)

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Il y a 164 ans aujourd'hui, Louis-Napoléon Bonaparte, neveu du grand, président de la République française, prend le pouvoir, devenant alors le très fameux "Napoléon-le-petit". Aujourd'hui, sous le règne de François-le-tout-petit, un autre coup d'Etat vient d'être commis : l'état d'urgence. L'état d'urgence est un coup d'Etat permanent.

Si encore ce dispositif d'exception pouvait nous jurer qu'il élève, entre la France et les futurs terroristes, un mur absolument infranchissable, passe encore. Mais rien n'est moins sûr, bien au contraire. A voir l'efficacité du dispositif mis en place par François-le-tout-petit après la tragédie de Charlie Hebdo en janvier, il est non seulement permis d'en douter, mais il est fort à craindre que la France ne finisse pas de si tôt de pleurer ses morts.

Qu'est-ce qu'il fera, au prochain attentat, François-le-tout-petit ? Qu'est-ce qu'il fera, Manuel Valls, alias "Monsieur menton-en-avant" ? Est-ce qu'ils peuvent nous promettre  qu'ils se feront hara kiri ? En place publique ? Pas que ça pourrait nous consoler, mais ce serait justice minimum.

Vive l'Etat de droit ! A bas l'état d'urgence ! 

mardi, 01 décembre 2015

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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LA CARAVANE (N°24)

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Petite information entendue ce matin : du côté de Rennes, un ancien militant d'extrême-gauche a été assigné à résidence (on le soupçonne de dangerosité potentielle !). Quand l'assignation lui a été délivrée, il était chez lui, avec sa femme et ses enfants, mais les policiers n'ont pas sonné : ils ont démoli la porte. Résultat : 6000 €. de dégâts. Source : Ligue des droits de l'homme.

Il est urgent de contrôler la police. Il est urgent d'en finir avec l'état d'urgence. Vive l'état de droit.

Et c'est le moment choisi par Manuel Valls pour annoncer qu'il faudra peut-être prolonger l'état d'urgence ! Déjà qu'il est prévu jusqu'au 26 février. Les démocrates, les républicains (rien à voir avec "Les Républicains") peuvent commencer à avoir froid dans le dos.

D'autant que ceux qui soutiennent ou acceptent d'admettre (ou font semblant de croire) que l'état d'urgence va mettre en sécurité la France et les Français profèrent un pur et simple mensonge. 

lundi, 30 novembre 2015

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LES DALTON COURENT TOUJOURS (N°23)

dimanche, 22 novembre 2015

I’M A POOR LONESOME COWBOY

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RUÉE SUR L'OKLAHOMA (N°14)

samedi, 21 novembre 2015

I’M A POOR LONESOME COWBOY

Ici, je renouvelle le lien vers la liste complète des victimes des attentats de vendredi 13 novembre (merci à Mediapart). 

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LE JUGE (N°13)

(la loi à l'ouest du Pecos)

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Ci- dessous, quelques montages vidéo édifiants et instructifs, qui mettent en scène l'état larvaire de la parole, de la pensée et de l'action du président que les Français ont eu l'idée malheureuse de porter au pouvoir.

Kaamelott vs Hollande.

Kaamelott bis.

Hollande vs De Funès.

vendredi, 20 novembre 2015

I’M A POOR LONESOME COWBOY

 

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LUCKY LUKE CONTRE JOSS JAMON (N°11)

Ce "Lucky Luke" est le seul (de Morris et Goscinny !) où l'on voit à la fin le héros marcher vers le soleil couchant en dirigeant Jolly Jumper vers la gauche de l'image : je n'en tire aucune conclusion.

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Oui, je suis vraiment, et plus que jamais, de ce pays.

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Ici, un lien vers la liste complète des victimes des attentats de vendredi 13 novembre (merci à Mediapart).

Lisez les 123 noms (sur 129) les uns après les autres.

Dites ces mots : "Leur vie" et retenez vos larmes, si vous pouvez (Aragon + Brassens, 3'32").