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lundi, 02 août 2021

LA FONTAINE ET LES COMPLOTISTES, FABLE

« Chacun tourne en réalités,

Autant qu'il peut, ses propres songes :

L'homme est de glace aux vérités ;

il est de feu pour les mensonges. »

*

La Fontaine, Le Statuaire et la statue de Jupiter.

***

Avis aux complotistes et autres amateurs de "fake news".

 

LA FONTAINE ET LES RIEURS, FABLE

« On cherche les Rieurs ; et moi je les évite.

Cet art veut sur tout autre un suprême mérite.

Dieu ne créa que pour les sots

Les méchants diseurs de bons mots. »

*

La Fontaine, Le Rieur et les poissons.

***

Avis aux humoristes de toute plume et de tout poil qui prolifèrent sur les antennes.

samedi, 31 juillet 2021

HUMOUR AU 5824ème DEGRÉ ...

... SELON MOEBIUS ET JODOROWSKY (AVEC GOTLIB EN ANGE GARDIEN).

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Pour savoir ce que ça veut dire, un "stéréotype de genre". 

Note: pour l'intelligibilité de l'image, se reporter à la série L'Incal (six volumes ches Les Humanoïdes Associés), qui me fait beaucoup rire.

Note explicative du titre de ce billet (on trouve ça page 53 de l'intégrale Rubrique-A-Brac) :

humour,gotlib,rubrique à brac,l'incal,jodorowsky,moebius,bande dessinée

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lundi, 26 juillet 2021

L'INFORMATIQUE EST NOTRE AVENIR

LES MERVEILLES DE L'INNOVATION TECHNIQUE.
 
Ouvrier spécialisé dans les dernières avancées de l'industrie informatique chargé de compresser dossiers et fichiers, pour qu'ils puissent être acheminés vers leurs destinataires dans un format (en général 75 centilitres) offrant toutes les commodités. Moralité : l'informatique doit être consommée avec modération.

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samedi, 24 juillet 2021

UN ARTISTE LYONNAIS

Ci-dessous une photo de Vissarion Agathope Hégésippe de Plancourbe de Boluville, compositeur lyonnais injustement méconnu quoiqu'issu d'une excellente famille enrichie dans le commerce des futailles. Vissarion Agathope (ses prénoms d'usage) vient d'improviser d'éblouissantes variations sur un thème d'une partition écrite par son grand rival dans le quartier d'Ainay, Lucien Durand, dont la famille habite un modeste appartement de la sombre rue Chouchan, au bas des pentes de la Croix-Rousse.

Note : cette rue est tellement sombre qu'elle ne figure même pas sur les plans de la Ville, ni dans le livre de Maurice Vanario, Les Rues de Lyon.

PERSONNE 1910 BOURGEOIS A SON PIANO FJSYLV.jpg

Fonds Sylvestre, BML.

09:00 Publié dans HUMOUR, LYON | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 juillet 2021

LA FORMATION DES INSTITUTEURS

Nous voici au Clos-Jouve, à la Croix-Rousse de Lyon, juste devant l'Ecole Normale des Instituteurs de la rue Anselme. Les formateurs utilisent l'espace libre devant l'Ecole pour apprendre aux futurs instituteurs les gestes professionnels de base qui seront les leurs dans l'exercice de leur métier.

1900 CLOS JOUVE L'EXERCICE CL JS TGB.jpg

Mille excuses : j'ai oublié de préciser que la photo appartient au fonds Sylvestre de la Bibliothèque Municipale de Lyon.

mardi, 20 juillet 2021

UNE AUTRE CROIX-ROUSSE ? (2)

Le projet présenté aujourd'hui est celui d'Edouard Guillon, ingénieur, assisté de Georges Trévoux, architecte. Quoique plus schématique ou moins abouti que celui du tandem Chalumeau-Garnier, il consiste toujours à raser purement et simplement tout ce qui empêche de joindre selon l'axe le plus direct et le plus large la place de la Comédie (on aperçoit la façade de l'Opéra à droite et un petit morceau de l'Hôtel de Ville à gauche) au presque sommet de la colline de la Croix-Rousse, je veux dire la place Bellevue, à l'extrémité en contrebas du boulevard de la Croix-Rousse côté Rhône.

Comme on le voit sur le détail de droite reproduit en plus grand plus bas, on ne lésine pas : on raie de la carte la montée Saint Sébastien, et vu l'emprise au sol de la "rue de la République prolongée", on démolit l'église Saint-Bernard, et on massacre sans doute l'église Saint-Polycarpe (si chère à mon cœur à cause des quatre-vingt-onze tuyaux en façade de l'orgue ; j'étais assis dans le chœur, je faisais face à l'instrument ; c'est juste après que j'ai quitté l'église, le père Voyant, le père Béal, les scouts et le catholicisme — anecdote authentique évidemment). 

G TREVOUX PROJET COMEDIE CROIX ROUSSE.jpg

Et contrairement au projet précédent, Guillon-Trévoux, pour couronner l'œuvre, n'ont pas choisi de célébrer les morts innombrables de la guerre de 1914-1918, mais de glorifier la victoire militaire finale de la France sur l'ennemi prussien. On bombe le torse, et on est prêt pour la suivante. Avec le résultat qu'on sait.

G TREVOUX E GUILLON COMEDIE CROIX ROUSSE.jpg

Ci-dessous un agrandissement du détail de droite : la "rue de la Crèche" (aujourd'hui Boussanges) en biais accrochée par un bout au boulevard de la Croix-Rousse, la place Bellevue et la descente vers la place de la Comédie, l'Opéra et la Mairie centrale. On voit sur ce plan que, si le projet était allé à son terme, la nouvelle portion de la "rue de la République" aurait été nettement plus large que celle que nous connaissons aujourd'hui dans la presqu'île. 

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Dans le fond, il n'y a guère lieu de se plaindre, en définitive, de ce que, des deux projets concurrents, qui bénéficièrent d'une exposition en 1919, aucun n'ait été retenu, que ce soit pour une raison financière ou autre. Je retiens que la "raison" l'a emporté. Nul doute que les percements qui eurent lieu autour de 1860 dans la presqu'île pour élargir les artères (rue Impériale-rue de la République ; rue de l'Impératrice-rue Edouard-Herriot ; etc.) et pour faire comme les Parisiens du baron Haussmann, font partie du paysage lyonnais depuis lurette.

Le Lyon d'avant n'existe pas, contrairement à ce qu'essaie de faire croire un groupe comme "Lyon historique et actuel". Je ne fais pas partie de ces nostalgiques qui ne cessent de gémir et de s'attendrir un peu niaisement à coups de « Mon dieu, que de souvenirs ! », et de remercier les "administrateurs", souverains maîtres, de leur offrir des images d'un passé qu'ils ont peut-être vécu. Non, je ne dis pas : « C'était mieux avant ». J'enrage simplement des dégâts irréparables que la "modernité" fait en toute bonne conscience et pour de basses raisons subir à tous les quartiers un peu anciens de nos villes.

Je me félicite quant à moi de ce que le quartier de la Croix-Rousse ait échappé aux projets de transformations radicales de quelques urbanistes fous. Les Brésiliens eux-mêmes ignorent sans doute quel sort un certain Le Corbusier réservait à leur cité mondialement célèbre : un long ruban autoroutier courant au sommet du long serpent immobilier où l'architecte fou avait prévu de loger l'intégralité de la population carioca. Et il existe des dessins du même qui montrent à quel sort funeste ont échappé les Parisiens .

Qui a dit : « La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires » ? Même chose pour l'aménagement d'une ville : ce que certains appellent l'urbanisme. A la Croix-Rousse, tout bien considéré, les urbanistes n'ont plus leur mot à dire. Ils ont été supplantés par les promoteurs immobiliers, qui se livrent une concurrence acharnée pour savoir qui sera le premier à s'occuper des "dents creuses" que comporte (encore pour combien de temps ?) le plateau de ma Croix-Rousse. Qui est le plus à craindre ? Qui est le plus nuisible ? L'urbaniste ou le promoteur ? Sachant que l'urbaniste a des idées, quand ce n'est pas une doctrine ou une idéologie, et que le promoteur en a une seule, d'idée : valoriser le terrain et rentabiliser l'investissement.

Et ce ne sont pas les allumés du bulbe qui affichent leurs T-shirts floqués "La Croix-Rousse n'est pas à vendre" qui changeront quoi que ce soit au processus. Mais si, Papy-Art, la Croix-Rousse est à vendre au plus offrant, comme tout le reste. Et ce ne sont pas ceux qui, paraît-il, "font de la résistance" qui arrêteront les troupes des envahisseurs : quelles armes ont-ils à opposer aux formes parfaitement légales dont ceux-ci habillent leurs appétits voraces ? 

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 19 juillet 2021

UNE AUTRE CROIX-ROUSSE ? (1)

Aujourd'hui le projet de Camille Chalumeau, ingénieur en chef de la ville de Lyon, avec la collaboration (mais je ne suis pas sûr) de l'architecte Tony Garnier. Vous êtes au-dessus de la place Bellevue, à l'extrémité du boulevard de la Croix-Rousse côté Rhône, et vous regardez vers le sud, la presqu'île et le confluent. La longue trouée rectiligne que vous avez en face de vous, c'est la rue de la République.

Mais oui, parfaitement : dans ce projet, la rue de la République escalade la "colline qui travaille" jusqu'à la place Bellevue. Un seul mot d'ordre : on rase tout ce qui dépasse, comme au joyeux temps du Second Empire. On dira : l'escalade n'est pas complète. Certes, on n'est pas au point culminant de la Croix-Rousse qui, comme chacun sait, se situe à l'intersection des rues Henry-Gorjus et Jérôme-Dulaar, non loin du parc Popy, mais le plus dur est fait. Et l'ingénieur a pensé que la pente n'était pas trop raide pour amener une ligne de tramway à proximité immédiate du plateau (sans faire le détour par le cours Général-Giraud).

T GARNIER C CHALUMEAU 1935.jpg

Est-ce que le monument ci-dessous est vraiment celui qui devait couronner le projet ci-dessus tout en haut de l'exaltante ascension ? Pas sûr. Surtout à cause des dates indiquées par la BML pour la réalisation des dessins : 1935 pour le projet de l'ingénieur Chalumeau, 1918 pour la proposition de Tony Garnier : un majestueux temple élevé à la mémoire des morts de 1914-1918. Pensez : des colonnes de quarante mètres de haut ! Un monument aux morts peut-être plus visible encore que la basilique de Fourvière flanquée de sa tour métallique. Dessins de Tony Garnier, photographiés par Jules Sylvestre autour de 1918.

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Voyez plutôt l'effet qu'on aurait observé depuis le pont Saint-Clair (alias Vaïsse). Le fort Saint-Laurent, qui occupe une partie de la pente, ne disparaît pas, mais presque.

T GARNIER 1919 07 MONUMORT 1.jpg

Voyez aussi de quelle façon le monument aux morts de 1914-1918 se serait imposé à la vue de chacun, vu de la rive gauche du Rhône. Dans presque tous les villages de France, le monument aux morts se trouve sur la place centrale, et personne ne peut l'ignorer. Alors imaginez : quelle dignité dans une telle situation rayonnante ! Quelle grande occasion perdue !

T GARNIER 1918 07 07 PHOTO J SYLVESTRE.jpg

Il faut donc regretter que le monument aux morts ait finalement été relégué dans l'île aux Cygnes du parc de la Tête d'Or, un endroit certes pas tout à fait invisible, mais qu'il faut avoir vraiment envie d'atteindre, après avoir traversé un tunnel humide, peu sympathique et pas toujours ouvert aux piétons. 

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Bon, n'exagérons rien : on n'est pas à Sainte-Hélène.

Personnellement, j'ai tendance à ne pas digérer que les édiles de la Ville aient renoncé, sans doute pour un problème de coût, à honorer de cette façon considérable et après tout normale les travailleurs, les hommes, les paysans, bref, les civils morts (sont-ils en définitive 10.600, 13.000 ou 16.000 ? Je finis par ne plus savoir.) sous l'uniforme militaire pour défendre la Patrie entre 1914 et 1918.

Et il faut remercier (attention : une fois n'est pas coutume !) l'ancien maire de Lyon Gérard Collomb d'avoir décidé de restituer intégralement les noms des morts en les faisant regraver, mais sur une pierre enfin assez sérieuse pour résister aux injures du temps (Comblanchien, je crois), à l'occasion du centenaire de la première boucherie industrielle de l'histoire humaine.

Autre chose : faut-il regretter que la rue de la République (rue Impériale à l'origine) ait renoncé à escalader la colline et se soit résignée à buter sur la place de la Comédie et le "bas des pentes" ?

Là, je suis catégorique : la Croix-Rousse, ça doit continuer à se mériter. Et le Croix-Roussien doit pouvoir encore et toujours proclamer fièrement, quand il va faire des courses dans la presqu'île : « Je descends à Lyon ».

Voilà ce que je dis, moi.

samedi, 17 juillet 2021

HUMEUR DU MOMENT

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D'accord, le trait est un peu gros, mais ...

vendredi, 16 juillet 2021

EN ROUTE POUR LE MONDE D'APRÈS

Le général Le Cointre n'est pas n'importe qui : chef d'Etat-Major des Armées de la France. Comme tel, je suppose que lui arrivent en pagaille des informations qui ne dépassent pas un cercle plus ou moins réduit, plus ou moins ouvert ou tenu au secret, et qui touchent l'évolution des forces en présence, de la marche des puissances, des stratégies, des groupes émergents et des déstabilisations potentielles de ce qu'on a coutume d'appeler "l'ordre du monde". Informations qui ne regardent en aucune manière le vulgum pecus que nous sommes, et dont le vulgum pecus en question est soigneusement tenu à l'écart. Lecointre en connaît donc un rayon, et il sait de quoi il parle.

J'imagine que, en accordant une interview au journal Le Monde dans le numéro daté 14-15 juillet 2021 (propos recueillis par Elise Vincent), il s'exprime exclusivement en tant que militaire de très haut rang (5 étoiles), et qu'il mesure le poids de ses mots. C'est précisément dans cette mesure que le titre retenu par Le Monde pour intituler l'interview peut faire peur.

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général le cointre,chef d'état-major des armées,journal le monde, 

La citation exacte : « Il y a une dégradation continue de l'ordre du monde, nous le constatons tous. Cela se voit notamment en Ukraine, en mer Noire, en Méditerranée orientale. Cela s'observe aussi en Irak, en Syrie, avec une résurgence de Daech. La situation n'est toujours pas apaisée non plus avec l'Iran, elle se dégrade au Mozambique, au Liban, et je ne suis pas certain que les tensions dans les Balkans aient été définitivement résolues. » Le reste de l'interview est assez frustrant, pauvre en informations concrètes et loin de révéler le moindre petit secret. Il se contente d'offrir un panorama général de l'état actuel de l'armée française et de ses missions, et de ce qu'il faut souhaiter pour qu'elle reste une force qui compte.

Quoi qu'il en soit, le titre à lui seul ne fait qu'ajouter aux déjà multiples raisons (pauvreté scandaleuse jusque dans les pays dits riches, réchauffement climatique, catastrophes écologiques diverses, j'en passe et des meilleures) que les humains actuels ont de s'interroger sur ce qui peut arriver et de s'inquiéter du sort qui sera fait aux humains, non pas dans un futur lointain, mais dans un proche avenir, étant entendu que pour ceux de ma génération, les jeux sont faits, ou pas loin. 

jeudi, 15 juillet 2021

HUMEUR DU MOMENT

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HUMEUR DU MOMENT

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HUMEUR DU MOMENT

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samedi, 10 juillet 2021

L'HOMME FACE A L'ANIMAL ...

... COMPAGNON, MAÎTRE ET TYRAN.

Le cirque était unanimement célébré comme un bienfait, à l'époque où une grande partie de l'intérêt des gens était, en dehors des clowns et des trapézistes, les prouesses auxquelles des "dompteurs" admirés étaient capables d'amener des animaux (la "culture" comme seigneur et maître de la "nature").

Aujourd'hui, il n'en est plus de même. "Dompteur" est devenu un métier vilipendé et condamné.  Des groupes de pression se soucient du bien-être animal ; des associations L214 s'introduisent clandestinement dans des abattoirs pour dénoncer les immondes tortures que l'on y inflige aux animaux pour approvisionner le marché de la viande ; le véganisme a commencé à semer la pagaille et fait des ravages devant les commerces de boucherie en répandant du faux sang sur le trottoir ou en peignant sur celles des laitiers-fromagers des slogans aussi définitifs que « LAIT = MORT » (je l'ai vu), quand ce ne sont pas des entreprises qui brûlent une nuit ; il n'est pas jusqu'à la politique qui ne soit contaminée par le virus de la culpabilité et le retournement de situation, avec la création d'un "parti animaliste" (prière de ne pas rire). Tout ça existe et on est bien obligé de faire avec.

Il n'empêche qu'il se passait de fort belles choses au cirque du temps de Pépé, quoiqu'aussi d'autres assez laides ou affligeantes. Moi je dis : l'homme est ainsi fait. Et je dis qu'il reste les tours de force inscrits dans l'histoire du cirque par des dompteurs qui, pour obtenir de leurs animaux des exploits hors de leur nature, étaient forcément animés à leur égard d'un amour que beaucoup ont à présent du mal à imaginer. Regardez plutôt.

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Cirque Rancy. L'instant décisif saisi par Georges Vermard. Le nom du dompteur, en tutu de gladiateur romain, n'est pas indiqué.

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Cirque Jean Richard. L'éléphant qui se met debout, je trouve ça pas mal non plus. Photo Georges Vermard. 

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Cirque Gruss. Arlette Gruss, forte femme, en train de bercer sa panthère, qui se laisse faire gentiment. Photo Georges Vermard.

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Cirque Gruss. Et admirez l'extraordinaire envol de ce cheval qui a accepté de se plier un moment à la volonté d'Alexis Gruss, lui-même dressé sur ses orteils. Magnifique geste et magnifique photo de Georges Vermard.

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Cirque Zavatta. On peut sans doute être moins sensible au travail de Capellini, dont on se demande quand même comment il a pu convaincre ses chimpanzés de se laisser ainsi attifer (jusqu'aux chaussures de ville). Photo Georges Vermard.

La face cachée du spectacle, c'est évidemment la "ménagerie", autrement dit la cage, le plus souvent digne des prisons de Louis XI. Et il est vrai que j'ai vu des ménageries misérables et des animaux pelés ou tristes. Mais c'était dans des cirques qui survivaient à l'état végétatif. 

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Cirque Bouglione. Lui, c'est l'ours polaire, et voilà comment on lui fait sa "toilette" (titre de la photo) : ça fait de la peine. Photo de Marcelle Vallet.

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Cirque Bouglione. Le grand fauve de la savane est-il à sa place ? Question légitime : ça fait de la peine. Photo Marcelle Vallet.

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Cirque Bouglione. Quant à la girafe, sauf erreur d'optique, le box semble un peu bas de plafond : ça fait de la peine. Photo Marcelle Vallet.

Aujourd'hui, il ne reste que le zoo pour voir en direct les animaux dits "exotiques". Ou alors, carrément, le safari. Pan ! Pan ! Et des gens qui ne paient aucune agence de voyage ne se gênent pas pour aller faire des cartons en Afrique.

vendredi, 09 juillet 2021

LE SABRE ET LE GOUPILLON ...

... NE SONT PLUS CE QU'ILS ÉTAIENT.

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Cela commence, dans la cathédrale Saint-Jean, par le recrutement de mains capables de tenir le goupillon, demain et après, avec la fermeté souhaitable. Ici la soumission se fait sur deux genoux (voir ci-dessous).

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Je ne sais pas si l'Ecole de Santé des Armées procède toujours ainsi dans sa façon d'introniser de nouveaux membres. J'observe avec curiosité le pied gauche en extension, qui ajoute au sadisme, et j'imagine l'effort pour garder l'équilibre et la posture impeccables tout en conservant l'impassibilité de l'expression. Ce qu'on appelle la discipline. J'ignore si celle-ci est une condition nécessaire à l'usage du stéthoscope et de la seringue. J'ignore si cela fait de bons médecins. On reconnaît la cour de l'Hôtel de Ville de Lyon.

ERRATUM : ce n'est pas l'Ecole de Santé Militaire dont on suit ici la cérémonie en 1962, mais l'Ecole de Saint-Cyr, dont un lecteur (R.N.) qui s'y connaît a reconnu un ancien condisciple : celui qui est debout au premier plan. Toutes mes excuses. J'engueulerai la Bibliothèque Municipale de Lyon pour la légèreté de ses informations et pour la propagation de "fake news" (ce n'est hélas pas la première fois). J'admets cependant que le photographe n'est peut-être pas pour rien dans la méprise. 

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Un cardinal visiblement de combat : voyez ces mains qui n'attendent que de tenir le sabre. Lui, c'est pas le stéthoscope et la seringue qu'il manie : en voyant ces yeux, je n'aimerais pas être fusillé par le regard de Renard (c'est son nom : il fut archevêque de Lyon).

Les photos sont de Georges Vermard.

jeudi, 08 juillet 2021

CHOULANS MÉTAMORPHOSE

I

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1950 : LE PLAN.

De la Saône, en bas à gauche, à la place de Trion, en haut, c'est la montée de Choulans.

II

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1961

Cliché très instructif. Je n'ai pas réussi à trouver le nom du photographe. Détail grossissant ci-dessous : le premier virage est complètement intégré au bâti. Le versant de la colline comporte de vastes espaces verts. La montée de Choulans n'est pas encore la large trouée que nous connaissons. Et l'on est encore très loin du tunnel futur concocté par Zizi Pradel, le fou du béton.

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III

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1969

Noter que le pont Kitchener est un peu décalé pour accéder au serpent routier de la montée de Choulans. Avant les grands travaux, le bâti dans la première boucle est encore intact. Photo Georges Vermard.

IV

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1969

Les machines sont passées à l'action. L'immeuble frontal tient encore debout. Noter qu'au sud du chemin de fer (à gauche), la dent creuse vue plus haut est comblée par un beau cube. Photo Georges Vermard.

V

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1969

On voit ici l'intention initiale des urbanistes de placer l'entrée de la montée dans l'axe du pont ("alignez-vous ! je veux voir qu'une tête !", criait l'adjudant). A part le Cours de Verdun derrière et le chantier qui avance guilleret, je vois un immeuble qui n'en a plus pour longtemps. Photo Georges Vermard.

VI

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1976

Sept ans après la précédente, tout est en place, avec le tunnel, les tours d'aération, le troisième pont de Perrache. Ah non, tout n'est pas en place : il manque la belle boucle d'accès du pont Kitchener au tunnel, que l'on voit sur le plan ci-dessous. Carte postale.

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VII

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1989

Le progrès incontestable après tous ces travaux. Mais on vous dira que "Non, c'était pas mieux avant". Photo Claude Essertel.

« On n'arrête pas le progrès, dit Alexandre Vialatte : il s'arrête tout seul. » Et, comme on le constate au sortir de la deuxième boucle, ça se passe dans la montée de Choulans de Lyon.

Voilà ce que je dis moi.

***

Dernière minute : savez-vous ce que j'apprends dans Le Progrès d'aujourd'hui ?

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Ceux qui ont voté Grégory Doucet et Bruno Bernard à la dernière municipalo-métropolitaine vont commencer à comprendre les douleurs que signifie dans la réalité la "transition écologique". Le progrès fait rage. « Jusqu'où s'arrêtera-t-il ? », disait Coluche.

mercredi, 07 juillet 2021

ÉDOUARD COMMETTE, ORGANISTE LYONNAIS

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Édouard Commette (1883-1967) est, paraît-il (je n'ai pas vérifié l'info), le premier organiste à avoir enregistré un disque consacré à l'orgue (en 1928). Je ne l'ai pas connu, mais je l'ai peut-être entendu sans savoir que c'était lui (j'ai l'âge), dans la cathédrale Saint-Jean de Lyon, dont il était le titulaire de l'orgue (de 1904 à 1965, selon Maurice Vanario). Oh, ce n'est pas que les "grandes orgues" de notre cathédrale Saint-Jean-Baptiste jouissent d'une énorme réputation. La preuve, c'est qu'elles n'attirent guère les vedettes de l'instrument. J'imagine que leur emplacement, encaissé dans le transept de l'édifice au lieu de figurer majestueusement au-dessus de l'entrée comme c'est très souvent le cas, n'est pas pour rien dans ce relatif dédain. Mais enfin cela reste un bel orgue, même si ce n'est pas celui qu'Edouard Commette a connu (impossible de dénicher une photo de l'ancien, détrôné autour de 1990).

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Inutile de préciser que les touristes viennent plutôt voir l'horloge astronomique qu'entendre l'orgue photographié en 1996 par Marcos Quinones.

Edouard Commette, de même que son élève et successeur au même poste Joseph Reveyron (1917-2005), il a refusé de quitter sa ville quand des propositions un peu alléchantes lui ont été faites ailleurs. Si je ne l'ai pas connu, j'ai fréquenté la classe de son fils, qui enseignait le français au Lycée Ampère, et qui ne m'a pas laissé grand souvenir. J'ai échangé quelques mots insignifiants avec lui un soir où un hommage officiel était rendu à son père, sans doute pour le centième anniversaire de sa naissance : j'ai oublié si c'était à Saint-Bonaventure ou à Saint-Jean (je dirais plutôt Saint-Jean, l'autre orgue étant tenu par Marcel Paponaud (1893-1988), un autre illustre inconnu, mais quand on est le titulaire, on ne se laisse pas déloger). 

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Si je parle ici d'Edouard Commette, c'est d'une part que je viens de remettre la main sur un vieux vinyle 25cm que j'ai énormément écouté au cours de mon existence parce qu'il contient une version magnifique à mes oreilles de la Passacaille et fugue en ut mineur de Jean-Sébastien Bach. Je ne sais ce qu'en penserait la "Tribune des Critiques de disques", et ça m'est bien égal.


 

On dénombre à ce jour 2751 visionnages de ce youtube posté en 2012 par Vincent Ograou. Logique.

C'est, d'autre part, parce qu'en fouinant dans les photographies de Georges Vermard [qui fut photographe au défunt journal L'Echo-Liberté] conservées à la Bibliothèque Municipale de Lyon, je suis tombé sur quelques clichés représentant le maître. J'avoue que j'ai été saisi par cette tête d'oiseau de nuit, par ce visage calviniste à la Gustav Leonhardt, par ce profil sans menton, par ces doigts puissants et frêles qui ont toujours préféré le relatif anonymat d'une capitale provinciale aux lumières d'une renommée plus grande dans la capitale nationale ou aux claviers de quelque instrument autrement prestigieux. 

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Oui, j'ai été saisi par — qu'on m'excuse — la beauté du portrait que ces photos de Georges Vermard, dressent, trois ou quatre ans avant sa mort, de ce musicien généralement ignoré aujourd'hui. Pensez, mon ami F., grand mélomane et une oreille d'ingénieur du son, ignorait ce nom jusqu'à ce que je lui en parle. 

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Que le lecteur veuille bien considérer ce petit billet comme un obscur hommage à un grand organiste resté obscur par choix. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : en 1974, la ville de Lyon a donné le nom d'Edouard Commette à une toute petite place, prise entre l'avenue Adolphe Max et la place Saint-Jean, non loin donc du lieu où l'organiste a exercé son art durant toute une vie consacrée à la musique. Depuis la prise de photo par Marcos Quinones en 1991, des arbres ont été replantés, et un marché — tour à tour livres et bio — se tient, m'a-t-on dit, le samedi.

lyon,musique

mardi, 06 juillet 2021

GLYPHOSATE : LE MONDE D'AVANT NE LÂCHERA RIEN

Excellentes nouvelles du côté de la défense de l'environnement et de la santé humaine. C'est le journal Le Monde qui nous en informe sous la plume de l'excellent Stéphane Foucart. Les autorités sanitaires européennes (EFSA) se préparent à (langue administrative) "prendre une décision touchant la « ré-approbation »" de la célébrissime substance (en français : vont de nouveau autoriser le glyphosate, il ne faut pas se leurrer). Les entreprises qui font de l'agriculture une industrie se frottent déjà les mains.

Car pour cela, on demande aux autorités de se fonder sur des "études" fournies par les industriels (fournies par les industriels : voilà pourquoi je mettrai des guillemets au mot "études"). L'EFSA a validé vingt-cinq de ces "études" pour la prochaine démarche de réévaluation, qui doit aboutir à la décision en 2022. Ces vingt-cinq "études" [attention, il faut suivre ! et pardon pour la lourdeur] font partie d'un lot de trente-huit dans le nouveau dossier d'homologation fourni par les firmes en vue de la nouvelle autorisation. Cela veut dire que treize "études" ont été écartées : aux yeux des "régulateurs" européens, pourtant très "indulgents", ça exagérait sans doute de trop.

Mais [attention, c'est pas fini !] le lot de trente-huit appartient lui-même au corpus des cinquante-trois "études" qui avaient permis la ré-autorisation en 2017, et dont deux chercheurs autrichiens ont été finalement autorisés par la justice européenne à décortiquer la méthodologie. Pourquoi autorisés ? Parce que, jusqu'alors, il était interdit de mettre le nez dans la façon et la méthode dont ces "études" avaient été menées par les laboratoires des industriels sur les effets de leur bienfaisant glyphosate.

Pourquoi était-ce interdit ? Probablement quelque obscur secret de fabrication ? Toujours est-il que le justice a tranché. Siegfried Knasmueller et Armen Nersesyan ont donc pu examiner à la loupe la méthodologie des cinquante-trois "études" "scientifiques" touchant la "génotoxicité" du glyphosate, sur lesquelles les autorités sanitaires européennes s'étaient appuyées en 2017 pour donner satisfaction aux lobbies industriels.

Notez que le boulot de ces deux chercheurs n'était pas de savoir si le glyphosate était du caca ou du boudin : ils voulaient juste savoir dans quelle mesure ces "études" avaient respecté les protocoles méthodologiques normalement en vigueur dans les analyses et expériences scientifiques les plus sérieuses et rigoureuses.

Et il y a de quoi tomber de l'armoire ! Deux études (sans guillemets pour le coup) sur cinquante-trois (7%) se sont révélées conformes ! Dix-sept sont considérées comme « partiellement fiables ». « Toutes les autres, soit plus des deux tiers (68%), sont considérées par les deux experts comme "non fiables" ». C'est dit : deux tiers des études sont des bobards enrobés au sirop d'escroquerie. Ah, se dit le quidam ordinaire, voilà donc pourquoi les industriels tenaient leurs "études" en sécurité dans des coffres-forts, bien à l'abri des regards indiscrets. Et c'est sur ces impostures que s'appuie la décision de Bruxelles. Ça, c'est l'Europe !!!

Voilà un mauvais résumé de l'article (difficile à suivre pour un non-spécialiste mais important) de Stéphane Foucart paru dans Le Monde daté 4-5 juillet 2021. Il va de soi que le ton du journaliste observe la plus stricte neutralité, contrairement au présent billet : je ne suis pas journaliste, et je m'estime en état de légitime défense.

Il ressort de tout ce galimatias abscons et rébarbatif que les industriels dans le monde d'après sont en tout point semblables à ceux du monde d'avant. Ils vous pondent en quantité des "études" "scientifiques" débouchant sur des conclusions qui leur sont favorables, mais dans lesquelles d'authentiques scientifiques désintéressés n'auraient strictement pas eu le droit de mettre le nez pour cause de secrets industriels, si la justice n'avait pas vu les choses autrement. Concluez vous-mêmes quant à la sincérité de tous ces gens. Et quant à la qualité des "études" ainsi produites. 

Mais il ressort aussi — et ça c'est beaucoup plus grave — que les autorités sanitaires se rendent complices des manœuvres de ces mammouths de l'agro-industrie. Car il y a forcément des complicités au sein même des instances régulatrices, des gens plus ou moins de bonne foi, plus ou moins intéressés, plus ou moins vendus, plus ou moins achetés, plus ou moins convaincus. Et on comprend : comment résister à certaines pressions plus ou moins souriantes, plus ou moins aguichantes, plus ou moins pressantes, voire plus ou moins menaçantes, sait-on ?

Moralité ? L'industrie agro-alimentaire ressemble fort à un repaire de pirates. L'EFSA a tous les airs d'un fruit pourri. Les autorités européennes se comportent comme des marionnettes. Et les cinq cents millions d'Européens sont des gogos. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : Naomi Oreskes, dans Les Marchands de doute, pointait déjà l'imparable perversité du système dans lequel de vrais scientifiques sont constamment confrontés à des gens sans foi ni loi mais très puissants, qui les somment de démontrer qu'un poison est nocif. Dans cette affaire, LE DOUTE PROFITE AU CRIMINEL. La science ne peut pas grand-chose contre le cynisme, la mauvaise foi et la puissance financière de ces cartels de la drogue dont tous nos politiciens baisent les babouches en signe d'allégeance. Et le seul impératif de ce genre de criminel est : plus je t'embrouille le débat public à coups de recherches scientifiques bidonnées, mieux je me porte.

lundi, 05 juillet 2021

UNE ÉTONNANTE PHOTO

JULES SYLVESTRE

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On est en 1915. La photo est prise par Jules Sylvestre (1859-1936), qui a marqué la ville de Lyon de son empreinte de photographe infatigable. De plus, au fil de sa carrière, il a constitué une collection de plaques photographiques et de clichés divers quand ils lui paraissaient intéressants.

L'ensemble de ces images, qu'elles soient de Sylvestre ou amassées par lui, est conservé la Bibliothèque Municipale de Lyon sous l'appellation de « Fonds Sylvestre ». Il est parfois difficile de faire la distinction, sur le site de la BML, entre les photos qui sont de l'auteur en personne et celles qu'il a acquises (je pense par exemple à l'ensemble "Louis Froissart").

Quoi qu'il en soit, ce que j'aime dans la photo ci-dessus, c'est d'abord l'ahurissante netteté de la définition (de mon point de vue d'amateur). Cela vient en bonne partie du format 18x24 de la plaque utilisée. Cette netteté permet de lire des détails que le présent format rend illisibles, des détails qui ajoutent selon moi une bonne dose de sel à l'air farouche ou triomphant des soldats ainsi immortalisés.

En voici deux : un des graffitis marqués à la craie sur le mur et une partie des mots ajoutés par les militaires à la structure du châssis. J'aime bien l'espèce de « commentaire » inscrit sur le mur, derrière le képi. Sylvestre, le professionnel, devait voir ce détail, sans doute resté inaperçu des troufions. Et ce n'était peut-être pas pour lui déplaire (là, je brode).

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On se contente de peu, avant, c'est sûr, la victoire prochaine. 

dimanche, 04 juillet 2021

UN ÉLÉPHANT : SA TROMPE

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Photos de Georges Vermard au parc de la Tête d'Or.

photographie,georges vermard,parc de la tête d'or,lyon,éléphant

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samedi, 03 juillet 2021

LES BONHEURS DE L'ENFANCE

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Photo de Georges Vermard.

ACCROCHE-TOI AUX ÉCHELLES !!!

J'AI ENLEVÉ LES PINCEAUX !!!

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Photo de Georges Vermard prise à la Foire de Lyon.

jeudi, 01 juillet 2021

COCORICO !!!

Oui : COCORICO !!!!!!!!!

Coq-gaulois-dore.jpg

Car j'ai aperçu ce titre dans un journal (sans doute Le Progrès) : 

LA FRANCE RAFLE

TOUTES LES MÉDAILLES D'OR

SUR LA COUPE DU MONDE

HANDI-ESCALADE D'INNSBRUCK.

emmanuel macron,handicapés,

Oui, MONSIEUR MACRON, la France peut encore pavoiser. 

LA FRANCE A LES MEILLEURS HANDICAPÉS DU MONDE.

De quoi vous donner pleine satisfaction. Voilà les excellentes recrues que vous attendiez pour votre escadrille de

PREMIERS DE CORDÉE.

mardi, 29 juin 2021

POURQUOI L'ABSTENTION ?

C'EST A CAUSE DE LA PAROLE.

DISQUALIFIÉE, IMPUISSANTE ET INUTILE.

Depuis le 20 juin 2021, j'écoute les propos des politologues, les calculs des sondeurs, les analyses des sociologues, tous spécialistes plus savants les uns que les autres et se fondant sur des études toutes plus fouillées, rigoureuses et méthodiques les unes que les autres. Une seule question : pourquoi l'abstention ? Pourquoi ces deux tiers de Français qui semblent avoir dit adieu à l'expression légale de leur citoyenneté ? 

Mon analyse est peut-être un peu sommaire, mais elle prétend aller droit au but. Ce que plusieurs décennies de Vème république n'avaient fait qu'ébaucher, les trois dernières présidences l'ont achevé.

Nicolas Sarkozy, admettons-le, a joué à l'homme d'action et ce qu'il a fait a pu ressembler à de l'action politique, si ce n'est que celle-ci a été en réalité bien souvent destructrice. Justice ? Il a envoyé le soldat Rachida Dati ratiboiser ce qui dépassait : il ne devait pas rester une "boîte de petits pois" (son expression) dans le stand de tir. Il a liquidé la très salutaire et utile police de proximité mise en place sous Jospin. Côté police encore, il a détruit le renseignement de terrain en fusionnant les RG et la DST. Laissons de côté quelques autres méfaits annexes et néanmoins collatéraux.

Je retiens de la présidence de François Hollande une sorte de volonté mollassonne et peureuse d'imposer des lois clientélistes, comme le mariage homosexuel, qui ont radicalement clivé la population française de façon presque aussi profonde que les manières de faire de son prédécesseur. Il ne faut pas oublier aussi l'usage immodéré de l'article 49-3 pour parvenir à ses fins, qui avait réussi à dresser contre lui un groupe non négligeables de parlementaires bientôt baptisés "frondeurs".

Ces deux présidents ont largement montré aux Français qu'il n'était plus possible de faire confiance dans leur parole, qu'ils avaient malaisée, maladroite ou brutale, quand ce n'était pas carrément mensongère. Ils ont aussi montré que leur capacité d'action — autre que destructrice — sur les choses pour les améliorer était à peu près nulle, même s'ils gardaient encore un certain pouvoir sur les symboles (au hasard : le mariage).

Emmanuel Macron a porté le coup de grâce à ce qui fait une bonne partie de la confiance qu'une population peut avoir dans la politique qu'il subit, par choix ou non. Ah lui, on ne peut pas lui reprocher de ne pas savoir parler. C'est même tout ce qu'il sait faire, mais il le fait avec un savoir-faire consommé. Au point qu'il a impressionné tout le monde : qu'il s'agisse de tenir sept heures à tchatcher face à des dizaines de maires plus ou moins remontés, de proposer avec emphase et enthousiasme un Grand Débat National pour étouffer le mouvement des Gilets Jaunes ou de monter de toutes pièces une Convention Citoyenne pour le Climat avec cent cinquante "vrais citoyens", on a de toute évidence à faire à un maître en matière de discours. On a trouvé en 2017, peut-être pas un "maître des horloges", mais un maître de la parole. 

Le problème, justement, c'est que ce Niagara d'éloquence, qui promettait pour très bientôt le "retour des jours heureux", s'est très vite révélé un pauvre pipi de chien sur un trottoir étroit. Je ne sais pas trop où en sont les maires de France avec le pouvoir central depuis l'étalage de leurs bisbilles avec lui, mais ce dont je suis sûr, c'est que la baudruche du "Grand Débat National" gonflée à l'hélium en accéléré s'est dégonflée encore plus vite. Quant à la Convention Nationale pour le Climat, on a vu de quel souriceau décharné a accouché la Montagne, que dis-je, l'Olympe du haut duquel Jupiter lançait la foudre de ses promesses. Je n'oublie surtout pas « le plan massif d'investissement pour l'hôpital public » sorti en pleine pandémie de la bouche oraculaire d'Emmanuel Macron. Celui-là, quand il s'entend parler, il s'enflamme, enivré de lui-même.

La conséquence de tout ça ? C'est très simple : la parole politique dans son ensemble est proprement, salement et complètement DISQUALIFIÉE. Ne cherchez pas plus loin la raison pour laquelle votre fille est devenue aussi muette que les urnes. La parole politique est disqualifiée. Et cette tragédie (c'en est une) française ne résulte de rien d'autre que de l'IMPUISSANCE des politiques à faire en sorte que les vœux, souhaits, volontés et promesses dont ils abreuvent les médias et les oreilles des citoyens se concrétisent concrètement dans la réalité réelle de la vie des populations dont ils se targuent d'avoir le pouvoir d'améliorer le sort (pardon pour la complexité de la phrase). 

Je serais même tenté de généraliser mon propos et d'affirmer que toutes les paroles au sujet de l'état préoccupant du monde et des moyens de remédier à ses maux sont devenues impuissantes et inutiles. Ce que je dis ici n'empêchera certes pas les sociologues et autres spécialistes de toutes sortes de spécialités "scientifiques" dites "humaines" d'émettre des Niagaras d'hypothèses, de formuler des montagnes d'analyses, voire de construire des labyrinthes de théories (mais ça, qui oserait une telle audace aujourd'hui ?). 

Disons la chose plus brutalement : plus personne ne comprend quoi que ce soit à ce qui est en train de se produire et surtout plus personne n'est capable d'opposer à la fatalité des faits, des événements et des processus l'efficacité d'une volonté. Et plus personne n'est en mesure de poser sur la complexité des faits, des événements et des processus une parole pertinente. C'est la validité même de la rationalité de la parole que le monde actuel, tel qu'il fonctionne, annule. Elle est là, la tragédie.

A titre personnel, je peux dire que je ne supporte plus le ton de certitude joyeuse sur lequel s'expriment bon nombre des savants invités sur la chaîne de France Culture. De même, les pages "Tribunes" ou "Débats" du journal Le Monde me laissent béat d'amusement à la lecture des colliers de "Il Faut" que les intervenants passent au cou d'une réalité qu'ils voudraient étrangler dans le licou de leurs concepts, et qui leur échappe comme l'eau dans les doigts.

Les sciences humaines, ainsi que leur savoir patiemment et méthodiquement édifié, passent leur temps à pérorer dans le vide. La parole qui se dit, se veut et se prétend rationnelle n'est plus d'aucune utilité. Les explications, les analyses entrent en collision. Comme toujours, me dira-t-on, mais aujourd'hui avec un tel souci de se mésentendre avec les autres, avec une telle haine des points de vue opposés au sien que toute collectivité se scinde, se fragmente, se pulvérise en blocs opposés et irréconciliables, comme les gauches de Manuel Valls.

Et Geoffroy de la Gannerie peut, sans se faire ratatiner la figure au coin d'un bois, appeler à la censure des opinions (Marcel Gauchet) qui ne ressemblent pas assez aux siennes (parce qu'il assume et argumente, le bougre !). Cela dans une époque où les humains sont en train de mettre la dernière main à la reconstruction de la Tour de Babel, mais en ayant cette fois en leur possession tous les moyens terrifiants que leur offre la technique. Et cela dans une époque où la France ne cesse de perdre des forces et du terrain sur ses "concurrents" dans le champ de bataille qu'est devenue la planète.  Dans ces conditions, quel espace respirable reste-t-il à la parole ? 

Et c'est ce que comprennent de mieux en mieux les populations auxquelles on demande de donner de temps en temps leur avis sur les capacités respectives d'individus qui se présentent tout fiérots à leurs suffrages de changer quoi que ce soit à quoi que ce soit. Pour ma part et à tort ou à raison, je ne cherche pas ailleurs la raison de l'abstention de plus en plus massive des citoyens aux élections françaises. Ils ont compris que leur parole ne vaut plus rien. La mienne comme la leur, évidemment. La démonétisation de tout ce qui se dit, de ce qui se parle, de ce qui se communique, est flagrante (voir fake news, complotisme et autres fariboles).

Et ce ne sont pas les savants linguistes, inventeurs des "actes de parole" ou les psychanalystes (Jacques Lacan, Denis Vasse, etc.), inventeurs du "sujet de la parole", qui me convaincront du contraire.  

Voilà ce que je dis moi.

Note : on me dira que la parole rationnelle n'est en réalité, depuis Platon, Socrate, Aristote et quelques autres esprits éminents, qu'une aimable fiction que les esprits éminents se colportent de génération en génération et de bouche de druide à oreille de druide, le soir au coin du feu comme on fait pour les contes de fées. Je veux bien. J'ai cependant la lourde impression que, pour tout ce que nous disons et dans l'âge que nous vivons, quelque chose se passe qui ne ressemble en rien à tout ce qui a été vécu auparavant. Mais c'est peut-être une simple forfanterie, allez savoir.

lundi, 28 juin 2021

LA LANGUE DES BANLIEUES EN 1987

Une vespasienne à Corbas.

CORBAS CLAUDE ESSERTEL 1987 06 19 GRAFFITI.jpg

Le texte (aussi bon que le dessin) :

« les coboy de corbas « les cocus » les hommes qui ne veau PAS un pé de lapin il tirent par la peure »

Photographie de Claude Essertel. Inutile de dire que la langue des banlieues a "bien" (enfin, façon de parler) évolué depuis ce temps quasiment préhistorique.

Ci-dessous les destinataires du message.

humour,yon,corbas,photographie,claude essertel,vespasienne

Photographie de Marcos Quinones.

Bon, c'est vrai, on est en 1992 à Pierre Bénite, mais.