Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 04 avril 2020

PHOTOS DU CONFINEMENT

Le confinement n'a fait que développer et accentuer chez moi une pente naturelle : voir des choses intéressantes dans la banalité du décor le plus quotidien. Par exemple, je tiens (depuis 1980) de ma chère tante Marie-Thérèse, qui fut d'une piété impeccable et qui avait bon goût, un bénitier qui a ceci de particulier qu'y est figuré un tableau de Filippino Lippi (1457-1504), fils d'un curé dévergondé et peintre génial, Fra Filippo Lippi (1406-1469). On y voit une Vierge Marie agenouillée mains jointes devant un Jésus dodu et tout nu, et accompagnée d'un ange et de Saint-Jean Baptiste. Voici ce que ça donne quand la lumière se met à faire des siennes sur la surface curieusement modelée.

D'abord le thème de base.

002.JPG

A présent, les variations.

VARIATION 1.JPG

VARIATION 2.JPG

VARIATION 3.JPG

VARIATION 4.JPG

Les "artistes-plasticiens" à la mode d'aujourd'hui peuvent toujours s'aligner : la lumière et la réalité seront toujours les plus fortes.

vendredi, 03 avril 2020

PHOTOS DU CONFINEMENT

THÈME ET VARIATIONS POUR PASSER LE TEMPS.

E.JPG

041.JPG

A.JPG

C.JPG

D.JPG

Tiens, on pourrait appeler ça : "Représentations de l'expansion du son dans l'espace après le coup de gong". Ou, pour complaire à quelques-uns, qui trouvent ce titre trop concret pour figurer de l'art contemporain : "Composition WBX18". Pour tout dire, je ne me prononce pas sur la pertinence. En revanche, je garantis que les couleurs sont authentiques.

jeudi, 02 avril 2020

TECHNIQUES DE LA PANDÉMIE, OU ...

... GASTON LAGAFFE ET LE CONFINEMENT (2/2).

R2 P.37 1.jpg

Prunelle,

R2 P.37 2.jpg

Lebrac,

R2 P.37 3.jpg

Moiselle Jeanne,

R2 P.37 4.jpg

Fantasio,

R2 P.37 5.jpg

avec Gaston, tout le monde y passe.

R2 P.37 6.jpg

Le vecteur du virus est apparemment immunisé.

mercredi, 01 avril 2020

TECHNIQUES DE LA PANDÉMIE, OU ...

... GASTON LAGAFFE ET LE CONFINEMENT (1/2).

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Ce qui est sûr, c'est que Lagaffe est contagieux et que, de toute évidence, il n'a pas son attestation dérogatoire.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Et qu'il a exclusivement des bonnes intentions.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Et qu'il se fait du souci pour la vie d'autrui.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Malheureusement, il ne pense pas à tout.

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

pandémie,confinement,coronavirus,covid 19,bande dessinée,andré franquin,gaston lagaffe,contagion

Heureusement, nous, on a les "gestes-barrière".

mardi, 31 mars 2020

POÈME DU CONFINEMENT

CŒUR PARADIS

 

Cœur paradis, fais de ta transe un animal,

friand de rut et sauvage en son sommeil.

*

Cœur paradis, fais de ton éveil un clandestin,

fleur fiévreuse ou grand chien maraudeur.

*

Cœur paradis, deviens la porte de l’hiver,

fermée de tôle ou traversée de ses blessures.

*

Cœur paradis, fais de ton poids l’armature :

invisible, méthodique et transhumante.

*

Cœur paradis, dans l’être qui remplit et qui vide,

redeviens ce partage où nous aimions caracoler.

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

lundi, 30 mars 2020

DÉTAIL

photographie

dimanche, 29 mars 2020

POÈME DU CONFINEMENT

Demain est tout à fait creux.

La vie promène son désastre

sur toutes les routes.

J'attends la fin du bruit

et le retour du bruit.

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

samedi, 28 mars 2020

CORONAVIRUS : MASQUER LES MASQUES

photographie,confinement,coronavirus,covid 19,sras-cov-2

photographie,confinement,coronavirus,covid 19,sras-cov-2

photographie,confinement,coronavirus,covid 19,sras-cov-2

 

vendredi, 27 mars 2020

LE FOND DE LA CASSEROLE ...

... APRES LA CUISSON DES ARTICHAUTS.

***

Pendant le confinement, j'oublie la casserole sur le feu (ce n'est pas vraiment une habitude, mais...).

photographie

Recette : oublier la casserole avec son fond d'eau, et surtout ne pas éteindre le feu après la fin de la cuisson. Et puis ne plus y penser, jusqu'à ...

***

Détail 1 : une figure intéressante.

photographie

***

Détail 2 : les points de contact, après.

photographie

***

L'artichaut était délicieux, la sauce exacte et le cœur à point. 

jeudi, 26 mars 2020

FRATERNITÉ ASTÉRIX

GOSCINNY ET UDERZO, LES DEUX INSÉPARABLES.

bande dessinée,astérix et obélix,les aventures d'astérix,albert uderzo,rené goscinny?personnels de santé,soignants,infirmiers,médecins,aides-soignants

René ΓΟΣΚΙΝΝΥ et Albert ΥΔΕΡΖΟ en bas-relief se traitant (en caractères grecs) de "despote" (ΔΕΣΠΟΤΗΣ) et de "tyran" (ΤΥΡΑΝΝΟΣ, dans Astérix aux jeux olympiques, p.29) : les auteurs ne sont pas spécialement analphabètes.

Ci-dessous, Uderzo s'est fait la gueule de Laverdure. Ça en dit long comme le bras à ceux qui connaissent.

GOSCINNY UDERZO.jpg

(petit exercice de révision des classiques : fastoche, j'ai respecté l'ordre de parution des albums, ici il y en a vingt-quatre : ceux que les deux compères ont réalisés ensemble, avant que Goscinny lâche brutalement la rampe)

Mine de rien, le banquet final, c'est une vraie trouvaille. La fraternité, telle que la rêvent Goscinny et Uderzo, n'est pas un besoin : elle est une nécessité.

1 ASTERIX LE GAULOIS.jpg

2 LA SERPE D'OR.jpg

3 ASTERIX ET LES GOTHS.jpg

4 ASTERIX GLADIATEUR.jpg

5 LE TOUR DE GAULE D'ASTERIX.jpg

6 ASTERIX ET CLEOPÂTRE.jpg

7 LE COMBAT DES CHEFS.jpg

8 ASTERIX CHEZ LES BRETONS.jpg

9 ASTERIX ET LES NORMANDS.jpg

10 ASTERIX LEGIONNAIRE.jpg

11 LE BOUCLIER ARVERNE.jpg

12 ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES.jpg

13 ASTERIX ET LE CHAUDRON.jpg

14 ASTERIX EN HISPANIE.jpg

15 LA ZIZANIE.jpg

16 ASTERIX CHEZ LES HELVETES.jpg

17 LE DOMAINE DES DIEUX.jpg

18 LES LAURIERS DE CESAR.jpg

19 LE DEVIN.jpg

20 ASTERIX EN CORSE.jpg

21 LE CADEAU DE CESAR.jpg

22 LA GRANDE TRAVERSEE.jpg

23 OBELIX ET COMPAGNIE.jpg

24 ASTERIX CHEZ LES BELGES.jpg

Moralité, les Français savent quel usage il faut faire de la surpopulation des sangliers, sanglochons et autre cochongliers : il faut les MANGER.

Si possible rôtis, ... et ensemble.

****

J'aimerai diantrement être du festin quand tous les PERSONNELS DE SANTÉ pourront enfin souffler.

Juliette, tiens bon : le petit Macron vient de découvrir le monde, l'hôpital et sa basse réalité ! Il promet un PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR L'HÔPITAL. Il l'a dit, il l'a promis, il s'est engagé. On verra ce qu'il en sera dans la basse réalité !

mercredi, 25 mars 2020

ALBERT UDERZO N'EST PAS MORT ...

... SON ŒUVRE RESTE.

albert uderzo,rené goscinny,les aventures d'astérix,obélix,village gaulois,bande dessinée,éditions albert rené,éditions dargaud,astérix banquet final,le tour de gaule d'astérix

Les deux compères des Aventures d'Astérix (Astérix et la rentrée gauloise). Goscinny est mort le 5 novembre 1977.

On apprécie l'ambiance : vraiment "bretonne".

5 LE TOUR DE GAULE D'ASTERIX.jpg

Le banquet final du Tour de Gaule d'Astérix. Tout un programme, et ... de circonstance.

albert uderzo,rené goscinny,les aventures d'astérix,obélix,village gaulois,bande dessinée,éditions albert rené,éditions dargaud,astérix banquet final,le tour de gaule d'astérix

Les deux compères présentant Obélisc'h à l'équipe de Pilote. Ils l'ont rencontré alors qu'il se promenait, lui aussi, sur les quais d'un petit port breton. Il ne se sépare jamais de sa "chose en pierre" qui "prend la place de deux personnes". Un très ancien parchemin (ci-dessous) rappelle les armoiries, ainsi que la fière devise de sa très illustre lignée.

albert uderzo,rené goscinny,les aventures d'astérix,obélix,village gaulois,bande dessinée,éditions albert rené,éditions dargaud,astérix banquet final,le tour de gaule d'astérix

mardi, 24 mars 2020

LE DESSOUS D'UNE CARAFE

Pendant le confinement, je regarde encore plus.

***

Variations sur un thème.

002.JPG

865.JPG

931.JPG

949.JPG

lundi, 23 mars 2020

LE SAUVAGE ET LA CHAIR HUMAINE

LERY JEAN DE VOYAGE AU BRESIL.jpgPendant le confinement, je conseille l'évasion par la lecture.

Aujourd'hui, un autre extrait passionnant de Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil, cet ancêtre du manuel d'ethnographie en général et de Lévi-Strauss en particulier (qui parle du « bréviaire de l'ethnologue » et du « chef d'œuvre de la littérature ethnographique »), publié par Jean de Léry en 1578 (Le Livre de Poche, coll. Bibliothèque classique).

Jean de Léry rapporte ici des traditions ... disons "culinaires" (et sociales) légèrement différentes des nôtres. L'orthographe est "modernisée", mais j'ai laissé la syntaxe telle quelle.  Si on voyait ça au cinéma, on aurait du mal à supporter. Âmes sensibles s'abstenir.

***

CHAPITRE XV

Comment les Ameriquains traittent leurs prisonniers prins en guerre, et les ceremonies qu'ils observent tant à les tuer qu'à les manger.

« Il reste maintenant de savoir comme les prisonniers pris en guerre sont traités au pays de leurs ennemis. Incontinent donc qu’ils y sont arrivés, ils sont non seulement nourris des meilleures viandes qu’on peut trouver, mais aussi on baille des femmes aux hommes (et non des maris aux femmes), même celui qui aura un prisonnier ne faisant point de difficulté de lui bailler sa fille ou sa sœur en mariage, celle qu’il retiendra, en le bien traitant, lui administrera toutes ses nécessités. Et au surplus, combien que sans aucun terme préfix, mais selon qu’ils connaîtront les hommes bons chasseurs, ou bons pêcheurs, et les femmes propres à faire les jardins, ou à aller quérir des huîtres, ils les gardent plus ou moins de temps, tant y a néanmoins qu’après les avoir engraissés, comme pourceaux en l’auge, ils sont finalement assommés et mangés avec les cérémonies suivantes.

Premièrement après que tous les villages d’alentour de celui où sera le prisonnier auront été avertis du jour de l’exécution, hommes, femmes et enfants y étant arrivés de toutes parts, ce sera à danser, boire et caoüiner toute la matinée. Même celui qui n’ignore pas que telle assemblée se faisant à son occasion, il doit être dans peu d’heures assommé, emplumassé qu’il sera, tant s’en faut qu’il en soit contristé, qu’au contraire, sautant et buvant il sera des plus joyeux. Or cependant après qu’avec les autres il aura ainsi riblé et chanté six ou sept heures durant : deux ou trois des plus estimés de la troupe l’empoignant, et par le milieu du corps le liant avec des cordes de coton, ou autres faites de l’écorce d’un arbre qu’ils appellent Yvire, laquelle est semblable à celle du Til de par deçà [par deçà = en Europe], sans qu’il fasse aucune résistance, combien qu’on lui laisse les deux bras à délivre, il sera ainsi quelque peu de temps promené en trophée parmi le village. Mais pensez-vous que encore pour cela (ainsi que feraient les criminels par-deçà) il en baisse la tête ? Rien moins : car au contraire, avec une audace et assurance incroyable, se vantant de ses prouesses passées, il dira à ceux qui le tiennent lié : j’ai moi-même, vaillant que je suis, premièrement ainsi lié et garrotté vos parents : puis s’exaltant toujours de plus en plus, avec la contenance de même, se tournant d’un côté et d’autre, il dira à l’un : j’ai mangé de ton père, à l’autre : j’ai assommé et boucané [= rôti au feu] tes frères : bref ajoutera-t-il : j’ai en général tant mangé d’hommes et de femmes, voire des enfants de vous autres Toüoupinambaoults, lesquels j’ai pris en guerre, que je n’en saurais dire le nombre : et au reste, ne doutez pas que pour venger ma mort, les Margajas de la nation dont je suis, n’en mangent encore ci-après autant qu’ils en pourront attraper. » (p.354-356)

(...) Or sitôt que le prisonnier aura été ainsi assommé, s'il avait une femme (comme j'ai dit qu'on en donne à quelques-uns), elle se mettant auprès du corps fera quelque petit deuil : je dis nommément petit deuil, car suivant vraiment ce que fait le Crocodile : à savoir qu'ayant tué un homme il pleure auprès avant que de le manger, aussi après que cette femme aura fait ses tels quels regrets et jeté quelques feintes larmes sur son mari mort, si elle peut ce sera la première qui en mangera. Cela fait les autres femmes, et principalement les vieilles (lesquelles plus convoiteuses de manger de la chair humaine que les jeunes sollicitent incessamment tous ceux qui ont des prisonniers de les faire vitement dépêcher [= exécuter]) se présentant avec de l'eau chaude chaude qu'elles ont toute prête, frottent et échaudent de telle façon le corps mort ayant levé la première peau, elles le font aussi blanc que les cuisiniers par deçà sauraient faire un cochon de lait prêt à rôtir.

Après cela, celui duquel il était prisonnier avec d'autres,tels, et autant qu'il lui plaira, prenant ce pauvre corps le fendront et mettront si soudainement en pièces, qu'il n'y a boucher en ce pays ici qui puisse plus tôt démembrer un mouton. Mais outre cela (ô cruauté plus que prodigieuse) tout ainsi que les veneurs par deçà après qu'ils ont pris un cerf en baillent la curée aux chiens courants, aussi ces barbares afin de tant plus inciter et acharner leurs enfants, les prenant l'un après l'autre ils leur frottent le corps, bras, cuisses et jambes du sang de leurs ennemis. Au reste depuis que les Chrétiens ont fréquenté ce pays-là, les sauvages découpent et taillent tant le corps de leurs prisonniers, que des animaux et autres viandes, avec les couteaux et ferrements qu'on leur baille. Mais auparavant, comme j'ai entendu des vieillards, ils n'avaient d'autre moyen de ce faire, sinon qu'avec des pierres tranchantes qu'ils accommodaient à cet usage.

Or toutes les pièces du corps, et même les tripes après être bien nettoyées sont incontinent mises sur les Boucans, auprès desquels, pendant que le tout cuit ainsi à leur mode, les vieilles femmes (lesquelles, comme j'ai dit, appètent merveilleusement de manger de la chair humaine) étant toutes assemblées pour recueillir la graisse qui dégoutte le long des bâtons de ces grandes et hautes grilles de bois, exhortant les hommes de faire en sorte qu'elles aient toujours de telle viande : et en léchant leurs doigts disent, Yguatou, c'est-à-dire, il est bon. Voilà donc ainsi que j'ai vu, comme les sauvages Américains font cuire la chair de leurs prisonniers pris en guerre : à savoir Boucaner, qui est une façon de rôtir à nous inconnue. » (p.361-364)

littérature,ethnographie,france,jean de léry,indiens tupis,histoire d'un voyage en terre de brésil

Le "boucan".

dimanche, 22 mars 2020

COPEAU

Pendant le confinement, on s'occupe comme on peut.

photographie

La gouge a refusé de figurer sur la photo.

samedi, 21 mars 2020

L’OCCIDENTAL ET LA NUDITÉ FÉMININE

Des profondeurs de mon confinement, je crie vers toi, Liberté ! En attendant ton Retour, je m'efforce de prendre patience comme je peux.

 

«  Mais entre les choses doublement étranges et vraiment émerveillables, que j’ai observées en ces femmes brésiliennes, c’est qu’encore qu’elles ne se peinturent pas si souvent le corps, les bras, les cuisses et les jambes que font les hommes, même qu’elles ne se couvrent ni de plumasseries ni d’autres choses qui croissent en leur terre : tant y a néanmoins que quoi que nous leur ayons plusieurs fois voulu bailler des robes de frise et des chemises (comme j’ay dit que nous faisions aux hommes qui s’en habillaient quelques fois), il n’a jamais été en notre puissance de les faire vêtir : tellement qu’elles en étaient là résolues (et je crois qu’elles n’ont pas encor changé d’avis) de ne souffrir ni avoir sur elles chose quelle qu’elle soit. Vrai est que pour prétexte de s’en exempter et demeurer toujours nues, nous alléguant leur coutume, qui est qu’à toutes les fontaines et rivières claires qu’elles rencontrent, elles jettent avec les deux mains de l’eau sur leur tête, et se lavent et plongent ainsi tout leur corps comme cannes, tel jour sera plus de douze fois, elles disaient que ce leur serait trop de peine de se dépouiller si souvent. Ne voilà pas une belle et bien pertinente raison ? mais telle qu’elle est, si la faut-il recevoir, car d’en contester davantage contre elles, ce serait en vain et n’en auriez autre chose. Et de fait, cet animal se délecte si fort en cette nudité, que non seulement, comme j’ai jà dit, les femmes de nos Toüoupinambaoults demeurant en terre ferme en toute liberté, avec leurs maris, pères et parents, étaient là du tout obstinées de ne vouloir s’habiller en façon que ce fût : mais aussi quoi que nous fissions couvrir par force les prisonnières de guerre que nous avions achetées, et que nous tenions esclaves pour travailler en notre fort, tant y a toutefois qu’aussitôt que la nuit était close, elles dépouillant secrètement leurs chemises et les autres haillons qu’on leur baillait, il fallait que pour leur plaisir et avant que se coucher elles se promenassent toutes nues parmi notre île. Bref, si c’eût été au chois de ces pauvres misérables, et qu’à grands coups de fouets on ne les eût contraintes de s’habiller, elles eussent mieux aimé endurer le halle et la chaleur du Soleil, voire s’écorcher les bras et les épaules à porter continuellement la terre et les pierres que de rien endurer sur elles. »

 

Jean de Léry, Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil, (1578, p.231-233).

 

Note : Il paraît que le "Rouge Brésil" du très médiatique Jean-Christophe Rufin doit beaucoup à Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil. Je me suis résigné à mettre l'orthographe au "goût" d'aujourd'hui. Je n'ai rien changé à la syntaxe. L'auteur est un calviniste pur jus de faucille et marteau, qui en veut énormément à un certain Thevet, salopard de la même époque (un quasi-Trotski), quoique catholique fervent, qui a le toupet de ne pas croire en Dieu de la façon correcte et qui, de ce fait, raconte n'importe quoi. Je n'ai pas lu Thevet. On est très loin de l'histoire délicieuse de Marciole venant livrer de belles cerises au redoutable seigneur De La Roche, que Béroalde de Verville raconte au début de son merveilleux Moyen de parvenir. Là, la religion ferme sa gueule. Elle a intérêt.

 

Incroyable comme la langue française du XVI° siècle reste pour moi d'une saveur sans pareille.

 

Voilà ce que je dis, moi.

LERY VOYAGE AU BRESIL.jpg

Petit rappel (édition en français d'aujourd'hui) :

BEROALDE 1 POCHE.jpg

vendredi, 20 mars 2020

LES JOIES DU CONFINEMENT

A l'article « Confinement ».

LITTRÉ : « s.m. 1. Action de confiner, de reléguer. 2. Terme de droit criminel. La peine de l'isolement dans les prisons. H. XVI° s. Par dégradation d'honneur, confiscation d'estat, de biens, et confinement que l'on appelle mort civile, Carl. II, 6. C'est une gehenne et lieu de tourments ou un confinement où les âmes sont reléguées, Amyot, De la tranq. d'âme, 39. Fut conamné à mort, qui luy fut neantmoins eschangée par la douceur de l'empereur en un confinement de religion et monastère, Pasquier, Recherches, liv. II, p. 41, dans Lacurne.»

***

"GRAND" ROBERT (2001) : n.m. – 1579, « emprisonnement » ; « terrain confiné », 1481 ; de confiner.

◊ 1 Littér. ou style soutenu. Action de confiner (3,), Le confinement des prisonniers dans leur cellule. → isolement. – Méd. Interdiction (à un malade) de quitter la chambre. → Quarantaine (2,). Le confinement (d'un malade) à la chambre. – (Sans compl.) Un long confinement.

◊ 2 Techn. Restriction, moyen par lequel on réalise une restriction de l'espace accessible à un ensemble de particules. Confinement des produits de décomposition d'une substance explosive. – Phys. Le confinement des matières radioactives dans un réacteur, des particules chargées d'un plasma

Note : Par pure commodité, je ne reproduis pas avec toute l'exactitude souhaitable le code graphique quasi-maniaque adopté dans le grand dictionnaire d'Alain Rey. 

***

PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ (2002, que le PLI 2020 reproduit scrupuleusement : la réalité ne change pas si vite que ça, en réalité) : n.m. 1. Action de confiner ; fait de se confiner, d'être confiné. – Situation d'une population animale resserrée en grand nombre dans un espace étroit. 2. NUCL. Ensemble des précautions prises pour empêcher la dissémination des produits radioactifs, dans l'environnement d'une installation nucléaire. ◊ Enceinte de confinement : bâtiment étanche entourant un réacteur nucléaire.

***

Je retiens évidemment la définition de Littré : « Terme de droit criminel », qui a quelque chose à voir avec la prison et la situation actuelle. Je retiens aussi « population animale resserrée en grand nombre dans un espace étroit ». Je retiens enfin « empêcher la dissémination ».

*********************************

Pour lutter contre le coronavirus, les autorités devraient peut-être s'inspirer de la consigne diffusée autour de 1832, quand le choléra sévissait en Provence, par des gens facétieux. On trouve ce texte réjouissant (attendez la chute) dans un numéro du Journal des Voyages paru dans les années 1880, texte agrémenté d'un très joli dessin.

«  Un homme qui veut être à l’abri de la contagion doit être costumé d’après la description qui suit :

D’abord, le buste entièrement enveloppé de gomme élastique, par-dessus laquelle on appliquera un grand emplâtre de poix ; le tout est recouvert d’une bande de flanelle de six aunes de longueur. Sur le creux de l’estomac on placera une plaque en cuivre. La poitrine sera préservée par un sac rempli de sable chaud. Autour, une double bande remplie de grains de poivre et de genièvre. Les oreilles seront bien bouchées avec deux morceaux de coton imprégnés de camphre. Au nez il suspendra un grand flacon rempli de vinaigre des quatre voleurs, et, devant la bouche, on ajustera une branche d’acorus. Par-dessus la bande qui enveloppe le corps, il portera une chemise passée au chlore de chaux. Des pantalons en flanelle, des bas de fil trempés dans le vinaigre, recouverts de bas de laine frottés de camphre, puis des semelles creuses en cuivre, constamment remplies d’eau chaude, par-dessus lesquelles il mettra des gros souliers.

épidémie coronavirus,covid 19,confinement,attestation dérogatoire,dictionnaire littré,les grand robert,alain rey,petit larousse illustré.

Derrière les mollets, il est nécessaire de suspendre deux cruchons pleins d’eau. Puis, une grande redingote, un tissu de laine, et finalement, pour recouvrir tout le costume, un ample manteau en toile cirée et le chapeau pareil. Dans la poche droite de la redingote, il portera une livre de thé de mélisse et une demi-livre de racine de gentiane. Dans la poche gauche, une livre de racine de coriandre, et une demi-livre de feuilles de souche. Dans la poche de la veste, un flacon d’essence de camomille, et dans le gousset un flacon d’éther camphrée. Dans le fond du chapeau, une terrine de soupe ; dans la main droite un buisson de genévrier, et, dans la gauche, un arbre d’accacia [sic]. Il sera attelé à une charrette qu’il traînera avec lui, dans laquelle se trouveront quinze aunes de flanelle, l’appareil nécessaire pour prendre un bain de vapeur, dix brosses à friction, deux pelisses et une chaise percée. La figure sera couverte d’un masque en pâte, et dans la bouche il aura un quartier d’acorus ; ainsi pourvu et costumé, on est certain que le choléra — vous atteindra le premier. »

**********************************

Oui, le soir à 20 heures, moi aussi j'ouvre ma fenêtre et j'applaudis les blouses blanches, même si la rue est absolument déserte.

jeudi, 19 mars 2020

VOIR LA VIE EN GREEN

photographie

photographie

Le même Streptocarpus, mais autrement.

photographie

Et une de mes crêpes de midi.

mardi, 17 mars 2020

LE FLACON DE CRISTAL TAILLÉ

photographie

lundi, 16 mars 2020

LE MANCHE DE PARAPLUIE DANS LA VITRINE

MAROQU 2.JPG

dimanche, 15 mars 2020

UNE DRÔLE D'OMBRE

SPHERE2.JPG

Recette du sandwich : une couche de transparence entre une tranche de soleil et une tranche de blancheur.

samedi, 14 mars 2020

UNE LUMIÈRE ET DES OMBRES

1 ABC.JPG

vendredi, 13 mars 2020

DES OMBRES ET DES LUMIÈRES

 

photographie

photographie

jeudi, 12 mars 2020

DES OMBRES PORTÉES ...

... ET DES REFLETS MOUVANTS.

photographie

photographie

photographie

photographie

mercredi, 11 mars 2020

DES ARÊTES ET DES FACETTES

photographie

photographie

photographie

Et pour finir, son Excellence le Clinamen (nul ne saurait échapper au clinamen).

mardi, 10 mars 2020

UNE OMBRE ET DES REFLETS

photographie

3 juillet 2014