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lundi, 24 septembre 2018

PETIT-DÉJEUNER

S'agissant de certaines traditions, je suis d'un conservatisme féroce.

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Il ne manque plus qu'une couche de beurre salé (de l'île de Ré) nappé d'un excellent miel (en ce moment, il vient du massif de la Grande Chartreuse).

En fait, pour dire le vrai, je ne parie pas un sou sur le sort du monde tel qu'il se présente aujourd'hui, mais chaque moment qu'il me reste à vivre m'est infiniment précieux. C'est la raison d'être de mon petit-déjeuner.

dimanche, 23 septembre 2018

ÉTAIN

MON ART CONTEMPORAIN

Faites couler de l'étain fondu dans une casserole d'eau portée à température.

Observez le résultat.

C'est cuit.

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« Ithyphalliques et pioupiesques,

Leurs insultes l'ont dépravé ;

A la vesprée ils font des fresques

Ithyphalliques et pioupiesques ;

Ô flots abracadabrantesques,

Prenez mon cœur, qu'il soit sauvé !

Ithyphalliques et pioupiesques,

Leurs insultes l'ont dépravé. »

mardi, 18 septembre 2018

LE FLÉAU DE LA PLAINE D'ALSACE ...

... ET LE BIENFAIT DE L'AGRICULTURE PRODUCTIVISTE.

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Ça n'est pas fait pour nous nourrir, mais il paraît que c'est ça qui rapporte. Et tant pis pour les nappes phréatiques. Et tant mieux pour la chimie agricole.

lundi, 17 septembre 2018

DU BON USAGE ...

... D'UN ANCIEN BUNKER.

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Région de Strasbourg.

Au sous-sol (sous un bon mètre de béton), on ne sait pas si c'est une cave à vin ou un abri anti-atomique. Les deux ?

dimanche, 16 septembre 2018

UN SOPHORA

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Vu hier dans le cimetière au-dessus de Blaesheim (Bas-Rhin). On lui a fait la coupe au bol !

A comparer avec mon sophora des origines (photo prise au temps de sa splendeur).

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vendredi, 14 septembre 2018

UNE VEILLÉE ...

... A LA CHANDELLE.

Cela se passait sous la tente, cet été.

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Dans l'ordre : Nina, Gabriel, Capucine, Gaston.

J'aurais tellement aimé être l'auteur de cette photo ! Mais pour dormir en slalomant entre les racines de pins et les cailloux, merci, j'ai amplement donné ! 

jeudi, 13 septembre 2018

FABRICE NICOLINO ...

...EN GUERRE CONTRE LES PESTICIDES.

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J'ai entendu l'interview de Fabrice Nicolino par Guillaume Erner sur France Culture, dans laquelle il a défendu avec force et éloquence la cause de la vie. Cette fois, il a décidé de partir en guerre frontale contre la folie qui consiste à injecter des poisons dans les sols et dans les plantes, avant leur absorption consciencieuse par les humains dans leur assiette.

Je suis d'accord avec lui à 100% (seul le footballeur est assez crâneur pour affirmer qu'il est à 300% avant le match, après, c'est une autre affaire).

Discutant mercredi au marché du soir sur la petite place de la Croix-Rousse avec une apicultrice qui a 25 ruches sur le plateau du Jura (toute petite exploitation, une région a priori à l'écart des grands épandages de poisons, et donc à l'abri de leurs nuisances), j'ai appris en effet qu'elle n'était pas trop malheureuse. Pensez, elle n'a perdu "que" 30% de son cheptel l'an dernier. Bon, c'est vrai que dans certains endroits, ce sont 80% des abeilles qui ont été exterminées : elle peut donc s'estimer heureuse. Je ne parle pas de l'anéantissement des insectes qui s'écrasaient en masse sur nos pare-brise il y a quarante ans, et qui aujourd'hui les laissent immaculés. Je ne parle pas des masses de nos passereaux (et en particulier les fringilles, ces petits oiseaux qui peuplaient les haies) qui ont d'ores et déjà disparu ou sont en voie de disparition.

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Je n'ai pas besoin de lire l'ouvrage que Fabrice Nicolino et François Veillerette viennent de  consacrer au problème (éditions Les Liens qui Libèrent) pour savoir que parmi les urgences environnementales, il n'y a pas que le réchauffement climatique du fait du rejet aberrant de tous les gaz à effet de serre (nous consommons et détruisons – c'est la même chose – tellement d'énergie !), il y a aussi – et tout aussi immédiate – l'urgence de la menace d'empoisonnement par toutes sortes de pesticides de synthèse qui s'accumulent partout depuis un demi-siècle, avec des effets très largement méconnus par les savants.

En effet, la méthodologie qu'ils appliquent dans leurs études isole soigneusement chaque substance pour mesurer séparément son éventuelle toxicité. Ils n'ont aucune idée de ce qui se passe dans la réalité, quand deux ou plusieurs de ces molécules se rencontrent. Ils ignorent tout de la trilogie :

1 -  Que produisent leurs interactions (que Nicolino appelle "effet cocktail") ? 

2 - Quels effets ont les très faibles doses (allusion à la maxime de Paracelse qui s'est imposée comme une vérité absolue : « C'est la dose qui fait le poison ») ?

3 - De quelle manière varie l'effet de ces produits en fonction de la durée d'exposition

Ce que dit Fabrice Nicolino est d'une grande justesse : de toute façon, ce n'est plus la peine du tout de discuter avec les défenseurs de l'industrie chimique. Tout a été dit et répété. Ce n'est même pas la peine d'exiger que les chimistes fassent la preuve de l'innocuité de leurs produits avant qu'ils soient mis dans le commerce. Tout le monde sait parfaitement qu'un poison est un poison, et qu'il reste poison tout le temps de son existence. Il faut maintenant imposer l'arrêt de cette folie.

Je ne lirai pas le bouquin, étant – depuis quelques dizaines d'années – intimement convaincu que l'humanité creuse sa tombe en confiant la sécurité de son alimentation à l'industrie chimique : autant s'en remettre au bourreau ou au fossoyeur pour assurer sa bonne santé. En revanche, j'ai acheté le dernier numéro de Charlie Hebdo, spécialement consacré au lancement de la campagne contre les pesticides, où Nicolino intervient abondamment. Et là, je me permets une parenthèse, pour m'incliner devant le cercueil de Charlie Hebdo (†), autrefois hebdomadaire effervescent et incandescent, qui a fait mes délices il y a très longtemps. Je suis désolé de le dire, mais je suis stupéfait de la LAIDEUR qui se dégage aujourd'hui de Charlie Hebdo.

C'en est au point que je crains fort que le fait de confier la défense d'une cause comme celle des pesticides à une revue aussi moche revienne à la saboter purement et simplement (la cause). J'espère que Nicolino a mesuré les risques. Et je suis désolé de le dire, mais je crois que le côté repoussant de la chose incombe à tout ce que la revue compte comme dessinateurs, dont aucun n'arrive au bas de la cheville des grands anciens. La double page centrale est juste répugnante. On me dira que c'est le but de la manœuvre ? Certes.

Mais pour le dessinateur de presse, il s'agit, quoi qu'on en pense, en même temps qu'il veut faire ressentir le plus fort possible le répugnant de la chose qu'il veut dénoncer, de susciter l'adhésion la plus complète possible de ses lecteurs à la cause qu'il entend défendre (en général grâce au rire, donc à la virtuosité de son trait et à l'ingéniosité de son approche). Je ne doute pas de la force de la conviction des dessinateurs actuels de Charlie Hebdo, en revanche, je doute de leur capacité à susciter la même conviction chez le lecteur par le dessin qu'ils proposent. Or cela s'obtient – les jeunes rueurs dans les brancards ne le savent pas assez – par le travail et l'acquisition d'un style personnel.

Mais on ne ressuscitera pas Cabu (†), Gébé (†), Reiser (†), Fournier (†) ou Wolinski (†), qui possédaient à merveille ce qu'on appelle un style. Un STYLE, c'est-à-dire, dans leur cas, le génie d'une forme mise au service d'un esprit. On peut aussi appeler ça le TALENT. Par conséquent, je ne comprends absolument pas comment il se fait que les responsables de la revue laissent la médiocrité des dessins s'étaler grassement sur une telle surface de papier. Pour ce qui est du "visuel", le Charlie Hebdo d'aujourd'hui est encombré de petits tâcherons, autant d'infâmes barbouilleurs qui se contentent d'éjaculer la purulence de leurs humeurs mauvaises, et qui ne sont même pas drôles.

Seul le vieux Willem, vieux copain de Choron, tire encore son épingle du jeu. De profundis donc, et fermons la parenthèse.

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Pour revenir à l'appel de Nicolino, oui, j'ai signé l'appel des 100 (ce qui m'a rappelé cet autre "Appel des cent" étourdiment signé en 1974, et qui m'avait valu de finir mon service militaire bien au frais dans un bataillon de chasseurs alpins). Celui d'aujourd'hui s'intitule "Nous voulons des coquelicots". Car c'est vrai, j'ai imprimé dans ma mémoire tellement de champs de blé ornés du bleu des bleuets et du rouge des coquelicots que la disparition de ces couleurs dans les cultures me donne juste envie de prendre le deuil. "Nous voulons des coquelicots" : je ne sais pas si ce titre peut "percuter". Cela m'est égal : j'y vais.


Cette vidéo, par les choix de mise en forme, a quelque chose d'horripilant, à commencer par la publicité inaugurale (on est chez L'OBS, hélas, je veux dire la gauche-bouse-de-vache, la "bullshit-gôche"), mais tant pis, il faut passer là-dessus : l'essentiel est dans le contenu.

Vas-y, Nicolino, fais péter : tu as la tchatche de Mélanchon, sans éprouver l'ivresse de l'orateur. Alors fonce dans le tas. Je te suis, et apparemment, je ne suis pas tout seul.

Je suis prêt à y croire (même si, comme Saint Thomas, j'ai besoin d'avoir vu pour croire).

mardi, 11 septembre 2018

LA DÉFAITE DE L'ENVIRONNEMENT

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Décidément, c'est devenu une mode. C'est très "tendance". Ceux qui ont fait le plus fort, ce sont les 15.000 scientifiques qui ont signé l'appel de novembre 2017 dans Le Monde. Contre les inégalités, en décembre de la même année, les 100 économistes ont aussi tapé dur : s'agissant d'économie, trouver 100 spécialistes pour signer le même texte n'était pas un mince affaire (on est plus habitué aux célèbres disputes sur France Inter entre Bernard Maris (†) et Jean-Marc Sylvestre le vendredi matin, ou aux cacophonies du samedi matin sur France culture dans l'émission de Dominique Rousset).

L'appel récent de 200 personnalités "culturelles" pour le climat, en revanche, a fait un trou dans l'eau très vite refermé. Les cris d'alarme se suivent et se ressemblent : les mots ne sont décidément pas des actes. Les discours ne peuvent remplacer la volonté concrète d'agir sur les choses. Or, ceux qui peuvent agir (en théorie) sur les choses sont les gens qui sont au pouvoir (oligarchies gouvernementales et chefs d'entreprises géantes, qui fonctionnent par échanges de services). 

Le sort de l'environnement est indissolublement lié aux gens qui détiennent les divers vrais leviers du pouvoir. L'avenir de la planète dépend pour l'essentiel de ces gestionnaires de haut vol et de ces décisionnaires qui n'ont, le plus souvent, qu'un seul but dans la vie : rester à leur poste et accroître leur pouvoir et leur richesse.

Alors sachant cela, quel sort la réalité réelle du monde réservera-t-elle au SOS de 700 scientifiques publié par Libération samedi 8 septembre sur une "une" incendiée ? Ira-t-il rejoindre à la poubelle les nombreux cris d'alarme que poussent les écologistes depuis quarante et quelques années ? Ou la fréquence inédite des appels à laquelle on assiste depuis quelque temps est-elle le signe que les consciences sont en train de s'ouvrir à l'inquiétante réalité à venir ?

En effet, Le Monde vient de consacrer en une semaine une série de dossiers fouillés à quelques sites rendus définitivement inhabitables par l'homme ; le monde "culturel" s'est mis à frissonner d'horreur ; Libé se met à pointer le doigt sur l'indifférence générale aux catastrophes qui se produisent déjà ; une frange de la population (10.000 personnes à Lyon) est capable de consacrer son samedi après-midi à manifester son inquiétude.

Cela commence à faire beaucoup en très peu de temps. Est-ce une coïncidence, un simple effet de mode ou, plus sérieusement, le signe d'un mouvement progressif des consciences ? Je n'ai pas de boule de cristal pour le dire. Je me contente de noter la curieuse concentration de ces manifestations dans un temps très court. En tout cas une course est lancée. Qui va gagner ? Est-ce que ce seront les forces démesurées de l'ordre économique et politique établi ? Autrement dit, est-ce que ce seront les élites gouvernementales au pouvoir et les dirigeants d'entreprises géantes plus puissantes que les Etats puissants ? Ou bien la "vox populi" garde-t-elle quelques chances ?

Sachant qu'il s'agit d'une course de vitesse (et ça va de plus en plus vite) et mesurant les gabarits respectifs des deux compétiteurs, j'ai malheureusement peu d'espoir. Parce que, supposons juste qu'un jour une majorité de Français, et même – rêvons un peu – d'Européens seront convaincus de la nécessité de réduire drastiquement la voilure de leur mode de vie. A partir de là, comment s'y prendra-t-on pour convaincre les Africains du Malawi ou du Niger (populations parmi les plus pauvres du monde), les Chinois, les Turcs, les Boliviens, les Indiens ? 

La réponse est déjà dans la question. 

lundi, 10 septembre 2018

LA DÉFAITE DE L'ENVIRONNEMENT ?

J'avoue que j'ai été carrément bluffé. Moi qui broie du noir chaque fois que je pense à la folie écologique qui mène l'humanité à sa perte, quand on a annoncé de grandes "marches pour le climat", je me suis dit que ce n'était pas la peine d'aller faire de la figuration place des Terreaux en compagnie de trois pelés et un tondu soucieux des conditions d'existence qui seront faites à l'homme demain (dont on commence à avoir une idée de plus en plus précise et présente).

Et puis voilà ce que je trouve dans Le Progrès d'hier :

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J'ai retrouvé l'impression qu'avait produite la manifestation du 11 janvier 2015, après les assassinats de Charlie Hebdo. Le nombre n'est pas comparable, c'est entendu.

Mais qui s'attendait à une telle affluence ? En tout cas pas moi. L'effet de surprise est complet. Allons, ai-je envie de me dire, tout n'est peut-être pas perdu. Oui, là, je l'avoue, mon pessimisme en a pris un coup.

Maintenant pas d'affolement : on a vu les suites de cette énorme manif qui a vu les carpes et les lapins se serrer les coudes et marcher main dans la main (Mahmoud Abbas à côté de Benjamin Nétaniahou, et tous ces chefs d'Etat, comiques à force d'hypocrisie, marchant pour la défense d'un journal qui vomissait toutes les religions). On me dit : "La société civile fait entendre sa voix et interpelle les puissants". Je dis bravo. 

Mais après ? Qui, parmi les manifestants, est prêt aujourd'hui à abandonner la voiture, le frigo, le lave-linge, voire l'ordinateur ou le smartphone ? Qui est prêt à opter concrètement, dans sa vie quotidienne, pour une consommation drastiquement restreinte ? 

Qui se sent assez héroïque pour se convertir à la frugalité, et pourquoi pas, à l'ascétisme ? Pour renoncer à son mode de vie ? Pour changer d'existence ? Pour cesser de consommer autre chose que le strict minimum vital ?

Car c'est dans notre mode vie qu'il commence, le grignotage de la planète. Tant qu'une petite minorité d'humains tapait allègrement dans la caisse, la planète encaissait. Mais accordez le même droit au gaspillage des ressources à sept milliards de personnes, la planète dit "Pouce, je ne joue plus".

Non, ce n'est pas gagné, comme le montre le sondage internet quotidien du journal Le Progrès paru ce jour (on me dira que 39% des gens, ce n'est pas si mal). Maintenant, qu'est-ce qu'un sondage ? Il est permis de se tapoter le menton.

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dimanche, 09 septembre 2018

JOURNAL DE FRÉDÉRIC BEUTTER

UN VOYAGE EN RUSSIE EN 1863.

Le texte transcrit ci-dessous est un extrait du Journal de Frédéric Beutter (1827-1909), le grand père de mon grand père Paliard. Frédéric Beutter, né à Constance, épousa en 1861 Sophie Paliard, fille de Jules Paliard, fabricant d'armes à Saint-Etienne, et de Hortense du Colombier. F. et S. eurent pour premier enfant une fille qu'ils appelèrent Hortense qui, plus tard, épousa Pierre Félix Elisé [sic] Paliard, son cousin et mon arrière-grand-père.

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 Fusil de chasse à canons juxtaposés

sorti des ateliers Paliard et Vialetton.

Ce texte relate le voyage commercial que Frédéric Beutter fit en 1863 en Russie, pour le compte de la maison Appold et Schulthess, de Lyon. 

Ne disposant pas du manuscrit original, je donne ici le texte tel que le livre une version dactylographiée sur une vieille machine à écrire, en je ne sais pas quelle année et dans des circonstances que j'ignore, par une personne qui n'avait apparemment pas d'affinités avec l'orthographe des noms propres, surtout allemands (fluctuante et le plus souvent invérifiable). J'imagine que l'écriture manuscrite de l'auteur (d'origine germanique) y est pour quelque chose.

Cette version étant parfois à la limite de la lisibilité (deuxième ou troisième carbone, pour ceux qui savent encore ce que ce fut), je me suis résolu à en retranscrire intégralement les 198 pages, augmentées des 7 pages du « Carnet Spécial » consacré par Frédéric Beutter à la relation plus détaillée de son voyage de noces. Voici quelques-unes de ces pages. Je tâche d'éclaircir quelques points par des références entre crochets. Les indications en rose indiquent les numéros des pages du tapuscrit. Je corrige les fautes d'orthographe manifestes. La ponctuation est laissée telle quelle.

A tort ou à raison, je considère un tel document comme exceptionnel et sa détention comme un privilège. Malgré le fait que Frédéric Beutter ne soit pas un écrivain (on s'en aperçoit vite), j'ai jugé bon d'inscrire ce billet dans la catégorie "Littérature". 

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Frédéric Jacques Félicien Beutter (1827-1909).

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Henriette Sophie Beutter, née Paliard (1839-1922).

On est en 1863.

VOYAGE EN RUSSIE

01 25 : Aujourd’hui Dimanche, après avoir depuis quinze jours travaillé énormément pour préparer mes affaires, nous mangeons pour la dernière fois aux Gauds [lieu où habite sa belle-famille] ; après dîner j’arrange mes bagages, le soir nos amis Fiedmann [Friedmann ?] soupent avec nous et je vais à 10 heures un moment chez Fraisse & Merley faire un trio avec Mlle Marie et Truarts [Frédéric Beutter joue assez bien de l'alto].

01 26 : A 8 heures du matin, je prends congé de ma chère femme et de mon enfant et accompagné par l’ami Fiedmann jusqu’à la gare, je pars à 8 heures par un temps magnifique. Arrivé à Lyon, je suis très bien reçu pas ces Messieurs [Appold et Schulthess, toujours ainsi nommés] qui me remettent des colis de Lyon et Fr 1.000 espèces. Je pars de Lyon à 8 heures du soir et fais le trajet à Paris très agréablement avec Mr Ferdinand Balaÿ.

01 27 : Je descends au Grand-Hôtel, et je fais une visite à Holop, Gonon et Julien ; au café on me parle de la révolution en POLOGNE, ce qui m’inquiète un peu. Je déjeune avec Holop, dîne avec Julien, et lance une dépêche à ma chère fille Hortense, le soir je vais au Gymnase entendre Les Ganaches [pièce de Victorien Sardou].

01 28 : Je pars de PARIS par LIEGE et COLOGNE pour LIEPZIG [sic] où j’arrive le lendemain à 10 heures du matin.

01 29 : Je vais voir Kettenbeit, et ne réussis pas à arranger à l’amiable son différend avec la maison ; je dîne chez lui et le soir, j’assiste à un très beau concert au Gewonndhaus [sic, pour Gewandhaus].

01 30 : A 7 heures du matin je pars pour Berlin où j’arrive à 11 heures, je me fais promener en ville et au Thiergarden [sic], je suis enchanté de tous ces beaux monuments, rues, palais. Le soir j’assiste à un superbe ballet : « Elestra » [Electra oder die Sterne, musique de Peter Ludwig Hertel] où je vois danser Mr Faglioni [Taglioni] et je suis ravi de ces beaux décors et de ce superbe théâtre. Après le théâtre, je soupe à mon hôtel (de Rome) et je pars ensuite en prenant un billet jusqu’à EYDTKUHNEN [aujourd'hui Tchernychevskoïe, du côté de Kaliningrad]. [13]

01 31 : Je fais le trajet par la Prusse, très agréablement et admire en passant le beau pont de DIRSOHAU [Dirschau] où il faut quatre minutes de chemin de fer pour passer, nous arrivons très gaiement jusqu’à HALLOPUNEN quand le chef de Station prie tous les voyageurs pour la RUSSIE de descendre car la route de POLOGNE était coupée par les insurgés et qu’il était impossible d’aller plus loin vu que EYDTKUHENE était rempli de réfugiés, je lance une dépêche à Lyon et retourne à KONISBERG où je descends à l’hôtel Janssouri [Sanssouci].

02 01 : Comme je suis déjà allé plus de dix fois à la gare, pour savoir des nouvelles, et que personne ne peut ou ne veut … rien me dire j’écris une lettre désolée à la maison et à ma chère femme et suis au désespoir de ne pouvoir atteindre le but de mon voyage. Je jette les deux lettres à la boîte et j’apprends que demain on va de nouveau essayer de passer. Je reprends donc à ma grande joie mes deux lettres, grâce à l’obligeance de l’employé de poste, et je pars à nouveau à 3 heures pour EYDTKUNEN où j’arrive à 7 heures du soir, en route je fais connaissance avec notre expéditeur Mr Rosa, qui me présente à tous ses amis et nous passons la soirée très gaiement en chantant et buvant du champagne jusqu’à minuit.

02 02 : Nous partons d’EYDTKUHNEN à 10 heures du matin et passons la frontière RUSSE, drôle d’impression en voyant pour la première fois un « Cosaque ». Mr Rosa m’accompagne à WISBALLEN, me fait changer mon argent, fait visiter mes bagages et m’installe dans un beau wagon de 1ère classe, nous passons par la POLOGNE très inquiets, sommes souvent arrêtés pour laisser passer des convois de troupes, et arrivons sans obstacle sérieux à Saint-PETERSBOURG, rencontre d’un vieux bonhomme qui nous demande des nouvelles de la route et en échange nous conduit à l’hôtel Klée où je demande de suite s’il n’y a pas quelqu’un de Lyon, car je suis presque au fond de ma bourse. J’y trouve Mr Deger de PARIS qui m’accueille très bien et me dit qu’il part avec moi le lendemain pour MOSCOU.

02 04 : Nous partons à midi et faisons le trajet très agréablement en causant du passé et en nous racontant nos biographies ; le temps n’est pas très froid et ce n’est que depuis WILNA que j’ai trouvé de la neige ; nous arrivons le lendemain matin à 10 heures à Moscou où à ma grande joie je trouve l’ami Revel à la gare, qui m’emmène dans son traîneau. Après avoir été très gracieusement accueilli par Mme Revel, je lance une dépêche à ma chère femme pour lui annoncer mon heureuse arrivée.

02 06 : Le lendemain Mr Revel nous propose de nous tutoyauter [sic] ce que j’accepte de grand cœur. Il m’accompagne et me présente chez tous nos clients : Mrs Klein, Hadt, Schmahlmann, Schlesinger Frère, et grâce à lui, je suis reçu partout comme un vieil ami ; le soir après la besogne finie, il m’emmène au théâtre où je vois des ballets magnifiques (Mlle Debideff) dans un théâtre superbe, immense, d’où j’entends des Opéras très beaux et très bien exécutés ; après le théâtre nous allons d’habitude chez Mme Miller où nous faisons une promenade magnifique en Droike [sic] à KRILNER, en passant devant l’ancienne résidence de Napoléon 1er en 1812. [14]

02 08 : Aujourd’hui Dimanche à 10 heures Revel m’emmène au Kremlin, nous rentrons par la porte sacrée où tout le monde se découvre en passant, je suis très vivement affecté par l’aspect de ce vénérable Kremlin, avec ses murs crénelés, ses églises dorées ou bariolées, ses palais grandioses, son cachet oriental, et nous avons une vue magnifique sur toute l’immense ville de MOSCOU par un temps magnifique malgré le – 28° de froid. Aujourd’hui arrivent chez Revel ses deux belles-sœurs de NISOOHNI [probablement Nijni Novgorod] Mmes Mariokin et Poeteren avec lesquelles je deviens bientôt très intime, elles me brodent un bonnet et me remettent leurs photographies avant de partir. Je fais d’assez bonnes affaires malgré l’état calme de la vente, je m’amuse beaucoup et passe mon temps agréablement ; j’ai beaucoup de succès par mes chansonnettes et suis bien vu partout ; l’ami Revel me montre chaque jour quelque chose de nouveau, me mène prendre des bains Russes et me traite absolument comme si j’étais son fils ; pendant mon séjour je visite le Kremlin et les églises, où je suis étonné par les immenses richesses enfouies sur [sic] les vêtements sacerdotaux : perles, diamants, rubis, etc. J’assiste aussi une fois à un office religieux et je suis ravi par le parfait chant (quatre voix d’homme) qui résonne comme un orgue. Revel ne me laisse pas dépenser un centime, je loge chez lui comme si j’étais de la famille et il me fournit même des cigares excellents (50) ; après avoir passé trois semaines bien agréables et fait des affaires très satisfaisantes, je commence mes préparatifs de départ et reçois le 28 février de l’ami Paul Revel pour cadeau de noces un superbe manchon et collier en marthre [sic] pour Sophie ; ce magnifique cadeau après tant de bienfaits de sa part m’a ému jusqu’aux larmes et jamais je ne pourrai remercier assez ce brave ami de tout ce qu’il a fait pour moi.

3 01 : Après avoir laissé mes photographies à mes divers amis, clients et après avoir fait mes adieux partout, je pars de MOSCOU à midi par un temps magnifique accompagné à la gare  par Mr et Mme Revel  et Messieurs Blimberg et Edmhoff ; quoique je sois excessivement content de recommencer mon voyage pour rejoindre ma chère femme et Hortense et mes amis, mais la séparation de ces bons amis de MOSCOU m’attriste beaucoup et je dois leur promettre de revenir sans faute l’année prochaine ; j’arrive à Saint-PETERSBOURG le lendemain matin, et à mon grand plaisir j’entraîne une affaire pour Lyon, avec une très bonne maison, qui m’avait été indiquée par Revel ; dans l’après dîner je fais une magnifique promenade sur la rue magnifique de Newoky, aux îles Petrowsky, Elgina, etc. en passant la Newa en traîneau attelé de quatre rennes. Je passe devant le superbe palais impérial avec l’arc de triomphe en face, je visite la citadelle où je vois le tombeau de Nicolas, la maison de Pierre le Grand, et les statues de Pierre le Grand et Nicolas, je visite les superbes églises de Isaac Casansky, avec leurs magnifiques sculptures, riches autels, superbe colonnes en marbre vert Casankry et construits d’après le modèle de Saint-Pierre de Rome, j’y suis douloureusement affecté en y voyant des drapeaux Français pris en 1810-12 étalés sur les murs.

03 03 : Après avoir fait mes affaires et recommencé ma promenade dans la ville, que je trouve excessivement intéressante, j’assiste le soir à un très beau concert dirigé par Richard Wagner ; 130 excellents musiciens exécutent la Symphonie Héroïque de Ludwig van Beethoven et quelques très [15] beaux fragments de Tamhausur [sic, tout le monde devine] à la perfection, je suis enthousiasmé autant par le concert que la belle assemblée et la superbe salle ; j’y rencontre un capitaine qui connaît Saint-Etienne.

03 04 : Aujourd’hui veille du jour de ma fête par un temps splendide je pars de PETERSBOURG à Midi, nous passons WILNA, KOWNO, et toute la POLOGNE sans aucun obstacle grâce au déploiement formidable de troupes Russes, nous arrivons le lendemain soir en bonne santé à Wirballen et après à EYDTKUHNEN où je retrouve mes amis qui sont tous contents de me revoir. : le soir même j’arrive encore à KONISBERG au même hôtel Sanssouci  seulement cette fois très content et très heureux de mon beau voyage en RUSSIE.

mardi, 04 septembre 2018

LA DÉFAITE DE L'ENVIRONNEMENT

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Paru dans Le Monde daté mardi 4 septembre 2018.

Il n'y a pas si longtemps (Le Monde, 14 novembre 2017), ils s'étaient mis à 15.000 scientifiques.

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Un peu plus tard (Le Monde, 15-17 décembre 2017), c'était le tour de 100 économistes d'alerter le monde sur la dangereuse montée des inégalités.

Les cris d'alarme se suivent et se ressemblent.

Parions que tout ça figurera un jour en bonne place dans la série "Ronds dans l'eau". Les appels ont une efficacité – on le constate tous les jours – de plus en plus nulle.

Non, je le reconnais, je ne suis pas optimiste.

Le pire, c'est que je crois que j'ai raison.

Il n'y a rien de plus urgent, mais rien ne sera fait : les USA quitteront les accords de Paris, Nicolas Hulot prendra acte de sa complète impuissance à influer sur le cours des choses et quittera spectaculairement le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Il n'y a rien de plus urgent. Je dirai même que c'est la seule et unique urgence qui devrait mobiliser toutes les énergies (renouvelables). C'est peut-être infiniment vrai, mais les chars d'assaut de la politique (lieu des rivalités de pouvoir) et de l'économie (lieu privilégié de l'exercice de la rapacité) – les vrais pouvoirs – ne s'en laisseront pas conter :

« Les affaires sont les affaires ».

Sans compter que les populations qui bénéficient d'un mode de vie confortable (moi compris) refusent toute perspective de régression matérielle. Et que les populations qui n'en bénéficient pas encore ont la volonté farouche d'y parvenir à leur tour.

Oui, messieurs les scientifiques (cela vaut aussi pour les économistes, les artistes et les écrivains), vous pouvez vous entraîner à crier de plus en plus fort. Je crains malheureusement qu'on doive vous renvoyer à la célèbre phrase du film Alien (adaptée à la situation) : 

« Sur Terre, personne ne vous entendra crier ». 

vendredi, 31 août 2018

LA VACANCE DE M. HULOT

LA DÉFAITE DE L'ENVIRONNEMENT

ou

« L'ÉCOLOGIE, ÇA COMMENCE À BIEN FAIRE ! ».

Je ne fréquente pas les cabinets ministériels, je ne circule pas dans les couloirs du pouvoir aux heures de pointe : je suis donc dans l'incapacité de dévoiler quoi que ce soit sur la fracassante démission du ministre de l'écologie. Si l'on se contente d'observer les faits, on peut cependant en tirer une conclusion bien nette : sale temps pour la planète ! 

Il est clair aujourd'hui que le placement de Nicolas Hulot dans le gouvernement d'Emmanuel Macron n'était qu'une manœuvre cosmétique et décorative : c'était un pur coup de com' destiné à récupérer au profit de ce dernier l'aura de popularité dont est nimbée l'image médiatique de Hulot. Pur et simple alibi dans un gouvernement par ailleurs entièrement converti à l'ultralibéralisme, Nicolas Hulot a quand même mis une année et le pouce avant d'avouer publiquement qu'il ne comptait pour rien dans les forces en présence. Il a mis plus d'un an pour admettre et avouer qu'il n'était qu'une potiche.

Le départ de Hulot met à nu et dévoile au grand jour la vraie vérité de Macron à l'égard de la défense de l'environnement. Je l'entends d'ici penser très fort la même chose que Nicolas Sarkozy : « L'écologie, ça commence à bien faire ! ». Cela s'appelle "METTRE BAS LES MASQUES". Oui, Nicolas Hulot n'était que le masque vert du président de la république (à ne pas confondre avec Le Visage vert, péché véniel du par ailleurs grand Gustav Meyrink, l'immortel auteur du Golem et de La Nuit de Walpurgis).

Que révèle l'aveu public d'impuissance de la part de l'ex-ministre ? Selon moi, malgré toutes les belles déclarations sur la prise de conscience de l'urgence, les gens au pouvoir et tous les cercles intéressés qui grenouillent pour orienter les décisions en leur faveur se soucient de l'écologie comme de leur premier biberon. Pour l'économie et pour la politique (ça va ensemble, puisque les deux ont à voir avec le pouvoir), la nature est un réservoir, et tant que le réservoir n'est pas complètement à sec, il faut y aller joyeusement. Tant qu'il reste des victuailles dans le placard, pas de raison de ne pas se servir. Les gens qui sont aux manettes ne sont pas prêts à changer les règles du jeu et les façons de fonctionner. Il semble même que le contraire soit vrai (un rapport suggère de construire six EPR dans les vingt ans qui viennent).

Soit dit en passant, ceux qui classent les écologistes parmi les groupes de pression ("lobbies") se foutent de la gueule du monde. Il suffit de comparer les forces de frappe en présence pour se rendre compte que la capacité des défenseurs de l'environnement d'influer sur les décisions n'a rien à voir avec le pouvoir de nuisance des légions de porte-flingue grassement payés pour représenter les industriels auprès des décideurs : la FNSEA (une sorte de mafia) bombarde le gouvernement de demandes de dérogation pour pouvoir continuer à répandre leurs pesticides néonicotinoïdes qui exterminent les abeilles. Et je ne parle pas des instances européennes de Bruxelles, où les vrais lobbyistes – qui se comptent par milliers – ricanent de voir le petit Martin Pigeon suer sang et eau pour faire avancer la cause écologique.

Macron, sans rien avouer publiquement, a emboîté le pas derrière Donald Trump : il a concrètement dénoncé les accords de Paris (COP 21). La seule loi de Macron est celle de la compétition économique acharnée, compétition dans laquelle tous les moyens sont bons. Avec les conséquences qu'on sait pour la planète et l'humanité.

Voilà ce que révèle la démission de Nicolas Hulot. 

La planète sait donc à quoi s'en tenir sur le sort qui lui est réservé. Même chose pour les humains qui l'habitent. 

jeudi, 30 août 2018

OISEAUX DE FEU

MON ART ABSTRAIT

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lundi, 27 août 2018

CINQUANTE NUANCES DE ROUILLE

MON ART ABSTRAIT

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Ça travaille fort, sur la péniche ! Mais ça y est, tout ce qui est métal est terminé. On peut passer à l'habillage.

dimanche, 26 août 2018

MARQUISE

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« Marquise, si mon visage

A quelques traits un peu vieux...... ».

 

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mercredi, 22 août 2018

INCANDESCENCE

MON ART ABSTRAIT

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Je mets au défi quiconque de trouver où et comment obtenir cette image.

Cette image, dans laquelle il m'arrive de voir la tête d'un gorille qui ouvre largement la gueule (ça n'engage que moi), a pour moi le mérite de rendre visible quelque chose dont j'ignore absolument la signification, et qui n'en a peut-être aucune.

A l'image du monde actuel, que plus personne n'est en mesure de comprendre, et dont plus personne n'est en mesure de maîtriser la marche : le pilote a sauté en parachute. Le tableau de bord de l'appareil est notre moderne "Pierre de Rosette", et il n'y a plus de Champollion pour la déchiffrer.

Ou plutôt, il y a tellement de Champollion armés des dards acérés de leurs sciences dites "humaines", que le cerveau humain est noyé sous un Niagara de traductions diverses, hétéroclites et contradictoires, et que l'on n'entend plus que la cacophonie de leurs interprétations et de leurs prophéties, comme à l'époque d'une certaine Babel. 

Voilà où nous en sommes : on y est, dans la tour de Babel, n'en déplaise à George Steiner (auteur d'un mémorable Après Babel, Albin Michel, 1978). Enfermés à l'intérieur. Et le concierge a jeté la clé à l'égout. 

Et Dieu dit : « Démerdez-vous ! ».

A moins que ce ne soit : « Allez au diable ! ».

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dimanche, 19 août 2018

UNE HISTOIRE DE PONT

Devinette de mauvais goût (vu l'actualité), mais je ne résiste pas (j'ai l'esprit mal tourné)  : 

Quelle est la différence entre une nourrice et un pont ?

Réponse : 

La nourrice montre son sein, et le pont sa fesse.

Excellente plaisanterie, quoique déjà ancienne, trouvée dans le premier volume des aventures de Bernard Lermite, du dessinateur Martin Veyron (Editions du Fromage, 1979), où l'on découvrait un usage magistral de l'ellipse narrative, en même temps qu'une belle illustration de la blague ci-dessus.

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Solution pour les paresseux : lire "s'affaisse".

jeudi, 16 août 2018

ELLE EST BELLE, LA LANGUE FRANÇAISE !

Entendu sur France Culture le 9 août aux environs de 8 h. 20, dans la bouche d'un nommé François-Xavier Freland :

« C'est une vraie bouée d'oxygène ! ».

**************

Et le 15 août autour de 12 h. 36 ou 37 : 

« Le seul point de passage entre Gaza et Israël, qui était jusque-là largement fermé ».

 

mercredi, 15 août 2018

BANDE

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mardi, 14 août 2018

LA LIVRAISON DU BOIS

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N'est-ce pas que c'est beau ?

LA RAYET-LIENART, VOILA L'AVENIR !

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Publicité parue en juillet 1910.

Je note que les argumentaires des vendeurs de voitures ont, si l'on veut bien oublier que les roues sont alors en bois, assez peu évolué. 

lundi, 13 août 2018

COUCHER DE SOLEIL

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Photo obtenue en appuyant seulement sur le déclencheur.

vendredi, 10 août 2018

C'EST BEAU, LE SPORT CYCLISTE

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Lance Armstrong, en posture de dieu cycliste, avant que ses sept titres de vainqueur lui soient enlevés parce que le monsieur se dopait ! Document servant de frontispice majestueux au dossier où, dans son album publié en 2005, l'association Reporters sans frontières récapitule l'intégralité des podiums du Tour de France de 1903 à 2005. Quel bel exemple, quel beau modèle, quel bel idéal pour notre belle jeunesse !

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Dans les quelques billets publiés dans Le Monde sous la plume de l'excellent Antoine Vayer – l'homme qui prouve le dopage scientifiquement et sans prélèvement, juste par le calcul de la puissance développée par le coureur dans certaines côtes –, il semblerait que l'entraîneur ait désormais remplacé les "docteurs" (Michele Ferrari, Bernard Sainz, alias Docteur Mabuse). La suprématie de l'équipe Sky, de Christopher Froome et de Geraint Thomas (je m'informe), non contente de tuer le suspense, est là pour le prouver. Heureusement, le public ne se laisse pas abuser, comme le montrent les huées qui ont servi de cortège triomphal à Froome. 

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Gérard Rancinan est le photographe qui a tressé cette couronne de lauriers à la gloire des maillots jaunes encore vivants en 2005.  

jeudi, 09 août 2018

EDOUARD GEFFRAY

M. Edouard Geffray est "G.D.R.H." au ministère de l'Education nationale. Tout le monde sait ce qu'est un DRH. On imagine la signification de G initial. M. Geffray a fait Science-Po, il a fait l'ENA. Il est, comme on dit, un "haut fonctionnaire". Mais attention, il refuse tout recours à ce jargon pseudo-pédagogiste qui a permis à un vain peuple de faire des gorges chaudes en un temps post-diluvien (ça veut dire il n'y a pas si longtemps), et de se moquer niaisement des délicieuses manies langagières des crânes d’œuf administratifs. 

Entendu de la bouche de M. Edouard Geffray : « Un "référentiel bondissant", je l'appelle un ballon ». Fort bien déclaré, monsieur, vous avez le sens des réalités de terrain et vous êtes doté d'un solide bon sens. Moyennant quoi, il poursuit : « Il y a deux sortes de formation pédagogique : la formation en présenciel et la formation en distanciel ». « Nous avons un dialogue stratégique avec les rectorats ». « Nous avons des rendez-vous à distance sémaphorique ». Je raffole, quant à moi, de cette "distance sémaphorique". La preuve est faite : M. Edouard Geffray a une connaissance approfondie du "terrain", et nul ne saurait l'accuser d'en être "déconnecté".

Allons, je crois qu'il faut réécrire la célèbre formule de Blaise Pascal : 

L'homme est un robot pensant.

lundi, 06 août 2018

UNE SÉPULTURE

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Quelque part dans le cimetière de Loyasse, Lyon V° arrt.