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mardi, 06 septembre 2022

OH L'AGRÉABLE CHALEUR !!!

Je n'apprendrai ici rien à personne, le souvenir est tout "frais" dans les mémoires : il a fait chaud.

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Heureusement, il n'a pas fait chaud tout le temps : il a d'abord fait très chaud ; ensuite il a fait très très chaud ; et puis il s'est mis à faire très très très chaud. Maintenant, il fait un peu moins chaud : c'est dire si on s'habitue, finalement. C'est heureux, diront certains, car ça veut (peut-être) dire que nous nous adaptons (Le Monde du 1 septembre 2022).

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Et non seulement nous nous adaptons, mais nous ne sommes pas les plus à plaindre (Le Progrès du 8 août dernier). 

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Parions qu'en se montrant assidus à un tel entraînement, les Iraniens s'adapteront plus vite et plus fort au changement climatique.

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Alors pas d'affolement, restons calmes et rassurons-nous : LE PIRE EST A VENIR. Mais on les attend de pied ferme, les vagues de chaleur !!!

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Le Monde, 11 mai 2022. 

J'adore l'expression "déficit hydrique" pour dire "manque d'eau" ou plus simplement : "J'ai soif" : on sent que le gars tout content d'avoir trouvé ça est passé par les écoles. Et disons-le : ça fait tout de suite plus sérieux. Je me vois bien dire à un pote : « Tu viens ? Je suis en déficit hydrique. Je te paie un demi. » 

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Le Monde, 19 juillet 2022.

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Le Monde, 11 août 2022.

Et tant pis pour les tortues (Le Progrès, 8 août 2022) !!!

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On connaissait le changement de sexe des poissons du côté du lac Érié sous l'influence des médicaments rejetés dans l'eau, en particulier des substances hormonales, contraceptives ou autres. Mais il est interdit d'arrêter le progrès.

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ET BONNE RENTRÉE, HEIN !!! ON VA SE SERRER LES COUDES, LES DENTS, LES FESSES ET LA CEINTURE, HEIN !!! ON VA SE TENIR CHAUD, HEIN !!! ET VIVRE ENSEMBLE, HEIN !!! ET FAIRE SOCIÉTÉ, HEIN !!! COMME AU BON VIEUX TEMPS, HEIN !!!

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Fin de la série, mais pas du processus.

lundi, 05 septembre 2022

OH LA BELLE SÉCHERESSE !!!

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Hergé et Peyo sont d'accord.

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D'abord une grande découverte, et même, n'hésitons pas, une révélation : les plantes ont besoin d'eau pour exister, survivre et se développer (Le Monde 18 août 2022). Merci au journal "de référence" : du coup, le lecteur se sent moins bête.

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Reconnaissons-le : il fallait que cela fût dit, n'est-ce pas ?
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On voyait ce paillasson garanti grand teint et très grande dimension le 10 août dernier à Rancourt dans la Somme (Le Monde 18 août 2022). Si j'étais un ruminant, pas sûr que j'aurais envie de brouter ce tapis-brosse (non, je n'ai pas dit "gazon maudit").

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Le Monde 18 août 2022.

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Le Monde 7-8 août 2022.

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Le Monde 19 juillet 2022.

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Le Monde 14-15-16 août 2022.

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Le Monde 14-15-16 août 2022.

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Le Monde 20 août 2022.

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Alors la présente sécheresse a-t-elle battu le précédent record, détenu jusqu'à maintenant par l'été 1976, comme le montre cette couverture de Charlie Hebdo parue le 8 juillet 1976 et dessinée par Reiser ?

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L'été 2003, c'était seulement la canicule, vous savez, celle qui avait imperceptiblement abaissé la moyenne d'âge des Français en ôtant brutalement de la tranche supérieure (pour parler dans les termes autorisés des démographes de l'I.N.E.D.) 15.000 de nos concitoyens.

dimanche, 04 septembre 2022

OH LES BELLES RIVIÈRES !!!

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Vignettes piquées à la page 26 de En Remontant le Mississipi, texte et illustration de Morris.

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Journal Le Monde 14-15 juillet 2022.

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Journal Le Monde 2 août 2022.

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Journal Le Monde 10 août 2022.

A mon avis, l'argument purement technique de la "mauvaise gestion" a bon dos. Il s'agit plutôt d'une volonté d'accaparement des pays situés en amont (Turquie, Syrie). Même problème pour le Nil (Ethiopie, Soudan, Egypte) ou pour le Mékong (Laos, Thaïlande, Cambodge, Vietnam). Et ne parlons pas du Jourdain. La guerre de l'eau a déjà commencé, à coups de barrages. A la place de Jean-Michel Bezat, je n'aurais pas mis de point d'interrogation à ma chronique du 30 août 2022 dans Le Monde.

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Journal Le Monde 17 août 2022.

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Journal Le Monde 28-29 août 2022.

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Journal Le Monde 18 août 2022.

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Journal Le Monde 18 août 2022.

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Mais certains cours d'eau ont l'esprit de contradiction (Le Monde 30 août 2022). Là, c'est l'Indus qui manifeste sa furie. Allez comprendre !

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Et quand il n'y aura plus ni de fleuves ni de rivières, il n'y aura plus de poissons d'eau douce, il n'y aura plus de pêcheurs de truites ou de brochets, il n'y aura plus de permis de pêche et plus de garde-pêche pour alpaguer les galapiats qui pêchent impunément à la main" (ceux que je connais le mieux), au nez et à la barbe de la loi. Pire : il n'y aura plus de Cérigoule (Sérigoule ?) ou de Ruisseau de Chaumargeais. Mais je garderai, dans le gras du bout de mes doigts, le souvenir du ventre soyeux des truites planquées sous les grosses pierres plates, que nous caressions avec infiniment de délicatesse avant de les saisir brutalement et de les jeter dans l'herbe. Bon, c'est vrai, elles ne faisaient pas toujours la maille. Mais il y a prescription, monsieur l'agent : fallait nous pincer avant.

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ET BONNE RENTRÉE, HEIN !!! 

samedi, 03 septembre 2022

OH LA BELLE MER !!!

Cela se passe cet été dans la mer Méditerranée et dans le journal Le Monde daté 30 juillet 2022.

LA NATURE A VOTÉ "VACANCIERS".

Ben oui : le vacancier est content quand la Méditerranée est à 24°.
Quand elle est à 28°, il passe des "vacances de rêve".

Quand elle sera à 40° ...... bah, il sera bien temps d'aviser !

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"Anomalie de la température de surface de la mer, le 27 juillet."

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Ci-dessous le plus "parlant" selon moi.

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Et pendant ce temps, Emmanuel Macron nous enfume en tentant de nous refaire le coup de la "concertation" avec une nouvelle farce qu'il a sortie de son chapeau : le Conseil National de la Refondation. « Ça fait plus rire personne quand les enfants sont grands » (Félix Leclerc, puis Beau Dommage). Même Edouard Philippe ne s'y est pas laissé prendre, c'est dire de quelle crédibilité jouit notre pauvre président.

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ET SURTOUT BONNE RENTRÉE, HEIN !!! RESTONS BIEN DROITS DANS NOS BOTTES DE SEPT LIEUES !!!

vendredi, 02 septembre 2022

OH LA BELLE « MAISON QUI BRÛLE » (JA.CH.) !!!

Pendant que « nous regardons ailleurs » (Jacques Chirac, dans des temps déjà anciens), cela se passe en Californie et dans le journal Le Monde daté 28 juillet 2022.

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Oh la bonne chaleur ! Oh le bon CO² !!! Oh les bonnes particules fines !!!

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Mais on se dit que les Américains, ce n'est pas d'hier qu'ils connaissent les incendies, pardon, les méga-feux, même qu'ils les baptisent !

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ET SURTOUT BONNE RENTRÉE, HEIN !!! ET MÊME PAS PEUR, HEIN !!! ON A NOS COMBINAISONS D'AMIANTE (HÉ HÉ !) !!!

jeudi, 01 septembre 2022

OH LE BEAU GLACIER !!!

Cela se passe à ce qui fut le Glacier Blanc et dans le journal Le Monde daté 31 juillet-1 août 2022.

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Oh le beau "pré de Madame Carle" ! Oh la belle glace ! Oh la belle ressource !!!

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Le Monde 7 juillet 2022.

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Le Monde 31 juillet-1 août 2022.

Les refuges de Tête-Rousse et du Goûter (grâce au T.M.B., la voie d'accès au Mont Blanc la plus fréquentée) fermés en plein mois d'août, on n'a jamais vu ça. Les guides refusaient d'y emmener les clients. Remarquez que juste avant, il paraît qu'ils accueillaient une dizaine de pelés et tondus (ben oui, il faut traverser le redoutable et parfois mortel couloir du Goûter, devenu un véritable dégueuloir à gros cailloux). Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, a (par boutade ?) proposé d'exiger de tous les candidats à l'ascension du Mont-Blanc une caution de 15.000 euros : 10.000 pour les secours et 5.000 pour les obsèques. Aux dernières nouvelles, les refuges ont rouvert. Le 0°C au Mont Blanc est paraît-il monté à 5.000 mètres et plus : ce n'est pas très bon pour la stabilité de la montagne.

A l'aiguille du Midi, on a vu pour la première fois, la neige ayant fondu, apparaître la glace vive (enfin, avec la température, elle devait plutôt être "bulleuse" et craquante). Je souhaite bien du plaisir à tous les courageux qui se seront lancés dans la "traversée Midi-Plan", surtout à cause de la descente du glacier du Requin, car pour se frayer un chemin en zigzaguant entre les crevasses ouvertes, il faut être prudent, patient et déterminé. Mais tout en bas de la Vallée Blanche (enfin, quand je dis "blanche" ...), je ne sais pas combien de marches en plus, à l'heure actuelle, il faut que le touriste descende pour passer de la gare du Montenvers à la glace de la Mer de Glace. J'ai hélas connu l'heureux temps où l'accès au glacier était quasiment direct et presque de plain-pied. Pas besoin d'escalier. Les glaces ont également bien fondu aux glaciers d'Argentière, des Bossons, de Taconnaz, etc. Y a pas de raison : faut pas de jaloux.

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Oh le bel escalier, auquel on ajoute des marches au fil des années !!! Oh la jolie cabine de péage !!!

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On apprend que la Terre (je mets tout ça au conditionnel, parce que) perdrait chaque année 1.200 milliards de tonnes de glace (calottes polaires, Groenland et glaciers de montagne). En vingt-trois ans, ce seraient 28.000 milliards de tonnes de glace qui se seraient évaporées (source : newsletter du site loceanalabouche, septembre 2020).  

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ET SURTOUT BONNE RENTRÉE, HEIN !!! ON TIENT BON, HEIN !!! ON A CHAUSSÉ LES CRAMPONS, HEIN !!!

mercredi, 31 août 2022

ON CONTINUE !!!

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Morris et Goscinny, La Caravane, p. 19, à peine revue et corrigée.

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Ben oui, c'est sûr. Qu'on ne s'y trompe pas : en l'état actuel des choses, l'humanité persiste et signe. L'humanité refuse de changer quoi que ce soit à son mode de vie et à ses activités. Pardon : l'humanité veut bien faire des "petits gestes" (containers verre, poubelle papier-carton, etc.). Enfin, quand je dis "l'humanité" : la France et quelques-uns de ses égaux. Enfin, quand je dis "la France" : une partie d'une partie d'une partie : une fine élite. Vous voyez ce qui reste à faire pour que ces petits lanceurs d'alerte bien intentionnés se fassent entendre de "l'humanité". C'est pourquoi je me demande bien sur quelle planète le journal Le Monde est allé chercher l'idée de son grand titre de "une" dans son numéro daté 21-22 août dernier.

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En fait, si. J'ai une petite idée. C'est parce que Le Monde a les jumelles braquées sur le tout petit cercle des gens qui sont aux manettes, et qui donnent l'impression, sous la houlette de monsieur Emmanuel Macron, d'avoir un tout petit peu pris conscience de l'urgence climatique. Je me demande même s'il n'a pas suffi que le président Macron fasse entrer dans son vocabulaire le mot "sobriété" pour que le "journal de référence" se mette à croire que Noël est arrivé. Le Monde fait ensuite confiance à la machine médiatique de propagande pour diffuser, répandre et "faire ruisseler" dans le gros de la masse de la population les slogans, les mots d'ordre, les consignes, tous éléments de base de la "prise de conscience" affichée par les gens au pouvoir et revendiquée par le journal. Avant l'annonce des restrictions qu'imposeront dans pas longtemps les prix de l'énergie. AGLAGLA !!!

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ET SURTOUT BONNE RENTRÉE, HEIN !!! ON CONTINUE !!! NE CHANGEONS RIEN !!! LA CARAVANE ARRIVERA EN CA ... LIFORNIE !!! MERCI LUCKY LUKE !!!

mardi, 30 août 2022

OH LE BEAU FEU !!!

Cela se passe à Louchats en Gironde et dans le journal Le Monde daté 19 juillet 2022.

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Oh le bel incendie ! Oh la belle "maison qui brûle" (citation) !!!

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Le Monde 19 juillet 2022.
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RAPPEL.

Et en 2019, en Australie (photo satellite, Le Monde 31 décembre 2019) : oh les jolies fumées !!! Oh les énormes flammes !!!

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Ci-dessous, Le Monde, 7 janvier 2019.

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ET SURTOUT BONNE RENTRÉE, HEIN !!! ON GARDE LE MORAL, HEIN !!!

lundi, 29 août 2022

OH LE BEAU LAC !!!

Cela se passe au lac de Castillon dans les Alpes-de-Haute-Provence et dans le journal Le Monde daté 14-15 juillet 2022.

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Ceci était un lac. Oh la belle réserve d'eau douce (nous parlons de la bouteille d'eau minérale, bien sûr) !!!

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Ici, nous contemplons (de haut) l'état dans lequel se trouvait au 12 août le réservoir de Bouzey dans les Vosges (Le Monde 28-29 août 2022).

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ET SURTOUT BONNE RENTRÉE, HEIN !!!

lundi, 06 juin 2022

UNE HISTOIRE DE MÉTHANE ...

... CONTÉE PAR TONTON GOTLIB.

Ou : l'effet de serre expliqué à nos enfants.

On commence à savoir ce que sont le CO², ses tenants, ses aboutissants et la catastrophe future que nos débauches de production et de consommation nous promettent. On connaît sans doute moins le méthane (CH4), à côté duquel le CO² fait figure de lilliputien, de "petit bras", voire de "bras cassé" en matière d'effet de serre.

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 Dessin confondant de précision et d'exactitude, reconnaissons-le.

Certains prédisent que, enfin libérées sous l'action du réchauffement climatique, les gigantesques réserves de CH4 contenues dans les sols surgelés du permafrost (pergélisol si vous voulez) vont bientôt se lancer à l'assaut de l'atmosphère terrestre pour bien faire comprendre à l'humanité ce que "réchauffement" veut dire.

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Accessoirement, quelques bonnes âmes (des âmes damnées ?) incriminent les troupeaux de bovins qui permettent à nos assiettes de se fournir en bavette d'aloyau, pendant de filet, araignée, manteau, entrecôte, poire et autres muscles délectables à déguster saignants.

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La raison de cette incompréhensible vindicte ? Le méthane (CH4) que produisent ces animaux pourtant pacifiques. Les accusateurs des bêtes désignent, quand ils sont mal informés, l'orifice anal par où s'échapperait le gaz criminel. En réalité, le méthane bovi-sourcé s'exhalerait par l'orifice buccal. Ce n'est donc pas un pet, mais un rot, ce dernier bruit moins ignoble que l'autre, c'est du moins ce que dit Montaigne dans ses Essais (authentique).

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Observons les bulles de gaz : c'est ça, le méthane.

Evidemment, plus l'humanité mange de viande bovine, plus la viande, quand elle est encore sur pattes, produit du CH4, c'est humain, pardon, c'est bovin. C'est ce qu'explique très bien le professeur Gotlib en quelques schémas scientifiques éclairants, en détaillant pour nous le mécanisme de la digestion tel qu'il se déroule dans l'estomac complexe de ce bétail généreux.

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Même la coccinelle n'en revient pas.

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Méthane, deuxième service.

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Méthane, troisième service.

Conclusion logique. On l'a compris, l'un des grands responsables de l'effet de serre à l'origine de l'excessif réchauffement climatique est donc un animal herbivore, végétarien et même "végan" (quand on ne lui fait pas absorber des farines issues de l'équarrissage de ses congénères). Avouez qu'on a bien raison de manger de cette viande-là. Merci, professeur Gotlib, pour cet exposé aussi rigoureux que lumineux.

Signé : professeur Burp.

samedi, 21 mai 2022

NOUS ET NOTRE EXOSQUELETTE

Dans cette mine d'or à ciel ouvert qu'est l'ouvrage en bande dessinée Le Monde sans fin, de Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain (Dargaud, 2021), je me régale des trouvailles de l'ingénieur-pédagogue pour aider le lecteur à se faire une idée concrète des problèmes complexes qu'il expose, servi tant bien que mal par les dessins de son acolyte. Pour l'amener en quelque sorte à visualiser ce qui apparaîtrait foutrement abstrait à force d'aridité.

Par exemple, pour expliquer les pouvoirs extraordinaires dont l'innovation technique incessante a doté le moindre individu mâle ou femelle de l'époque actuelle, il a eu l'idée de les représenter dans la figure genre "Marvel Comics" d'IRON MAN, conçue comme un facteur démultiplicateur de la simple force musculaire individuelle : « Le parc de machines qui travaillent pour nous est une sorte d'exosquelette qui a la même force mécanique que si notre puissance musculaire était multipliée par 200 » (p.43). Il va de soi que, hors de cet exosquelette, nous nous affaisserions comme des bouses, comme des êtres chétifs et pitoyables perdus dans la nature hostile. Iron Man, en quelque sorte, nous permet de vivre dans une redoutable ILLUSION de puissance.

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Je n'ai pas modifié le texte de la bulle : je l'ai juste bidouillé pour le rendre moins pénible à déchiffrer (un défaut du livre).

Iron Man — j'ajoute Iron Woman, parce que, pour les femmes, réputées musculairement moins avantagées, la chose est encore plus spectaculaire — peut tout, ou presque. Iron Man, c'est la personnification de l'ensemble des machines qui peuplent aujourd'hui le monde, et qui permettent d'une part de tout explorer, de tout exploiter, de tout fabriquer, de tout consommer, et d'autre part d'éviter aux individus qui en ont les moyens de « travailler à la sueur de leur front », de s'astreindre à des tâches rebutantes, fatigantes et jugées parfois dégradantes. Iron Man, c'est LE SYSTÈME machinique, industriel et, disons-le, capitaliste (tout à la fois abstraction anonyme et puissance concrète hégémonique), et c'est aussi l'innombrable masse des individus qui sont pris dans sa logique impériale et sont bien obligés de courber l'échine sous sa loi.

La contrepartie de cette toute-puissance, et qui a fini par faire sentir ses effets désagréables, puis nocifs, puis carrément délétères, c'est qu'Iron Man est un assoiffé pathologique, et qu'il faut lui injecter sans arrêt plus de pétrole si l'on ne veut pas qu'il cesse de fonctionner. L'ennemi d'Iron Man, c'est la panne sèche. Et la panne c'est notre angoisse, notre hantise et, peut-être bientôt, notre cauchemar : « Pourvu que rien ne vienne interrompre le flux énergétique qui nous alimente ! », nous disons-nous. « Pourvu que personne ne coupe le cordon ombilical par lequel nous arrive notre carburant vital ! »

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Vous les voyez, tous les enjeux géopolitiques ? Vous les voyez, les pétroles de schiste du Texas ? Les sables bitumineux de l'Alberta ? L'oléoduc russe Northstream II ? Toutes les menaces qui pèsent déjà sur l'équilibre instable du monde ? Bon, on me dira qu'on sait tout ça. Certes, rétorquerai-je, mais Jancovici et Blain ajoutent à ce savoir déjà enregistré, catalogué, mémorisé, une incomparable force de persuasion par le détour de la narration et de l'illustration. Quant à savoir si ce savoir suscitera une action en retour, va savoir ...

Car Jean-Marc Jancovici se veut avant tout vulgarisateur. Mais attention, pas le petit tâcheron capable de bousiller toute une discipline en prétendant la mettre à la portée du vulgum pecus. Ici, on est dans la grande vulgarisation, la sérieuse, celle qui pèse de tout son poids sur la diffusion des données scientifiques les plus importantes dans les plus larges couches de la population. Ce livre qui fait peur s'est déjà vendu à plus de 250.000 exemplaires (chiffre donné dans M. le Magazine du Monde daté 19 mars 2022). 

Je ne cesse d'apprendre ma leçon en revenant souvent à cette source de lucidité : plus ça va, moins je supporte les bonimenteurs, doreurs de pilules, beurreurs de tartines et autres passeurs de pommade et cireurs de grolles.

Voilà ce que je dis, moi.

jeudi, 19 mai 2022

QUE FERIONS-NOUS SANS ESCLAVES ?

NOS ESCLAVES : LES MACHINES.

Voilà le genre de coïncidence que j'aime. A trente ans de distance, dans deux ouvrages un peu différents mais à peu près sur le même sujet (une B.D. et un ouvrage, disons "sérieux", je veux dire non illustré), je trouve exprimée la même idée : les machines nous servent exactement de la même manière que les esclaves ont servi nos lointains ancêtres. Du coup, j'ai bien envie de poser une drôle de question : pourquoi l'occident, au moment même où triomphe cette civilisation conquérante, dominatrice et colonisatrice, a-t-il consenti à ne plus réduire des humains en esclavage ? Puisqu'on se permettait tout en matière de comportement à l'égard des peuples soumis, pourquoi a-t-on — au moins dans beaucoup de pays — interdit de considérer d'autres humains comme des objets, comme des machines et comme des marchandises ? 

Voici mon idée : la civilisation occidentale a aboli l'esclavage au moment même où, se transformant dans un temps assez bref (grosso modo un siècle) en civilisation industrielle de production de masse et d'innovation technique permanente et forcenée, elle a accordé à quelques "grandes consciences", "esprits éclairés", "bonnes âmes" et autres "bienfaiteurs de l'humanité" le privilège de devenir de hautes figures morales du progrès proprement humain, en leur abandonnant l'esclavage, comme une sorte de concession du vice à la vertu. C'en est au point que je suis à deux doigts de me demander si la véritable raison de cette abolition ne réside pas précisément dans les avancées, les facilités, le confort et finalement les pouvoirs procurés par la technique.

Dans le fond, l'esclavage n'a-t-il pas été aboli quand on s'est rendu compte qu'on n'en avait plus besoin, parce que des machines étaient parfaitement capables de remplacer avantageusement les bonshommes dans l'accomplissement des tâches ingrates et gratuites ? Si l'hypothèse peut moralement choquer, elle mérite qu'on la considère, non ?

Et tant pis pour les militants anti-esclavagistes et autres bonnes âmes qui fulminent encore à longueur de temps contre l'occident colonialiste et contre la traite négrière transatlantique (disparue depuis lurette). Grâce au progrès technique, l'occident a pu se donner la vertu d'en finir avec l'esclavagisme, en rendant enfin la liberté à toutes sortes de populations opprimées.

Dans le même ordre d'idées, j'aime bien celle qui consiste à voir dans le progrès technique le principal facteur de l'égalisation des conditions entre l'homme et la femme : que serait la vie de celle-ci, si nous n'avions depuis longtemps à notre disposition toutes sortes de boutons sur lesquels il suffit d'appuyer pour que le travail pas drôle et musculairement coûteux s'accomplisse (il fallait de sacrés biscotos pour peser sur le volant du 10 T Berliet, et des cuisses en acier pour le double débrayage) ? Il me semble que les conquêtes du féminisme doivent énormément au progrès technique. Rien que cette petite idée m'amuse beaucoup.

La source de cette réflexion, je l'ai trouvée dans l'écho que fait un livre très récent à une comparaison faite voilà trente ans dans un ouvrage qu'on peut qualifier de cousin dans son propos, quoiqu'incompatible dans son mode d'expression. Voici ce qu'on trouve dans La Terre brûle-t-elle ?, de Cédric Philibert, paru aux éditions Calmann-Lévy en 1990 :

« L'énergie disponible par tête, de l'âge de pierre au paysan du XVIIIè, a été multipliée par cinq. Elle a, depuis, centuplé : "Le système énergétique mondial est l'équivalent de cent milliards d'esclaves au service des cinq milliards d'habitants" notent Pierre Radanne Louis Puiseux, qui commentent ainsi cet événement inédit : "Il ne s'agit pas là d'une simple accélération de croissance, c'est l'équivalent d'une véritable mutation génétique, un changement de nature de la vie humaine analogue à l'acquisition des pattes ou des ailes dans un phyllum animal."
L'exploitation des réserves concentrées d'énergie a changé la face du monde ... » (p.123-124).

Et puis voici ce qu'on trouve dans Le Monde sans fin, la B.D. de Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain (Dargaud, 2021, c'est l'ingénieur Jancovici qui s'adresse à Blain, le néophyte qui découvre tout ça avec stupéfaction ; je me permets de reproduire le texte parfois mal lisible) : 

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"Par contre, ce que tu peux constater, et qui est fondamental ... c'est que chaque Terrien consomme en moyenne 22.000 kWh par an."

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"Avec l'équivalence dont je t'ai parlé tout à l'heure, c'est comme si chaque Terrien avait, à peu près, 200 esclaves qui bossaient pour lui en permanence."

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"Sans machines sur Terre, il faudrait faire travailler 1.400 milliards de Terriens pour avoir la même production ... Je ne crois pas que la Terre ait les moyens de nourrir ces 1.400 milliards."

***

Cette façon de présenter toute l'ère du machinisme régnant comme l'asservissement de forces mécaniques au service de la prospérité, du bien-être et du bonheur généraux me paraît tout à fait intéressante : plus nous possédons de machins électriques, de bidules à moteur et de gadgets électroniques, plus nous nous rendons dépendants de tout un système énergétique coûteux, dont le but est de nous faire vivre dans un cocon. Comme nous nous trouverons bêtes et démunis, le jour où l'électricité (le charbon, selon Jancovici) et le pétrole viendront à manquer !! 

Au passage, je note l'écart astronomique qui s'est creusé en trente ans entre le chiffre de la population humaine et celui de la puissance développée par les équivalents-machines. Autrefois, 100.000.000.000 d'esclaves pour servir 5.000.000.000 d'humains, cela fait, si je calcule bien 20 esclaves par tête de pipe. Aujourd'hui, 1.400.000.000.000 d'esclaves pour 7.000.000.000 d'humains, cela fait bien, comme dit Jancovici, 200 esclaves par crâne de piaf. Autrement dit, si je crois en la véracité des chiffres, c'est un facteur 10 qui a multiplié la puissance des machines en trente ans. Est-ce la productivité du travail mécanique qui a été multipliée par dix ? Ou alors la production de biens proprement dite ? Ou bien est-ce simplement le nombre des machines ?

Précisons quand même : tous les pays du monde ne sont pas égaux face à l'esclavage mécanique. Il faut être juste et précis, et ne pas se contenter de ce "200 esclaves par personne" qui semble mettre tout le monde sur un pied d'égalité : une moyenne est toujours trompeuse (c'est comme l'indice du pouvoir d'achat de l'INSEE). Selon Jancovici, le citoyen du Bangladesh est à 30, celui de l'Inde à 50. A 100, on trouve l'Equateur, le Pérou, l'Egypte, ...... Au sommet de l'échelle, on trouve Singapour (1250), le Canada et la Norvège (1100). La France se situe à 600, non loin de l'Allemagne (650). J'imagine que, pour arriver à ces chiffres, le calcul de Jancovici se fonde sur la production industrielle ou l'équipement des ménages en appareils électriques, automobiles, etc.

Quoi qu'il en soit, la conclusion logique s'impose : nous sommes, globalement et en moyenne, dix fois plus heureux qu'il y a trente ans. Ah ? Vous ne saviez pas ? Ben non. C.Q.F.D. et content de l'apprendre.

Voilà ce que je dis, moi.

dimanche, 15 mai 2022

UNE VIEILLE CONNAISSANCE ...

... LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE.

Un ami m'a insidieusement prêté ce livre : il sait que je suis un peu sensible à tout ce qui touche à la question. Quand il m'a mis le bouquin entre les mains, un petit sourire malicieux s'est dessiné sur son visage. Je me suis demandé pourquoi.

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Quand je l'ai ouvert, j'ai compris. Ce livre est paru en 1990 ! Ça fait donc trente-deux ans. Et on y trouve déjà à peu près tout ce qu'on sait aujourd'hui sur le sujet (j'exagère bien sûr, mais tous les faits et données accumulés ensuite n'ont fait que confirmer l'état des lieux en aggravant le constat). Bon, il y a des éléments qui ont changé (le trou dans la couche d'ozone, par exemple, n'est plus un problème). Et puis c'est un livre de journaliste, je veux dire qu'il a les inconvénients de ses avantages : l'auteur se sent obligé d'évoquer tous les aspects de la question, au risque de paraître superficiel ou mal argumenté. C'est un survol, si l'on veut, mais qui fait le tour de la question en un peu plus de deux cents pages. 

Et puis les spécialistes du climat n'étaient pas encore organisés comme ils le sont aujourd'hui, les bataillons du futur G.I.E.C. avaient à peine commencé à éplucher les centaines, puis les milliers, puis les dizaines de milliers d'articles scientifiques parus dans des revues « à comité de lecture » et consacrés à tel ou tel aspect plus ou moins large, ou plus ou moins "pointu" du sujet. Le livre ne peut être qualifié de prémonitoire, puisque l'auteur s'appuie sur des faits déjà dûment constatés et répertoriés. Je retiens qu'en 1990, ON SAVAIT DÉJÀ TOUT !!! Ci-dessous, le texte proposé en "quatrième de couv.".

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C'est curieux comme résonne à mes oreilles le mot "urgence", trente-deux ans après la parution : « Si nous nous dérobons à l'urgence d'un effort rapide et concerté .... ». Hé hé hé !!! Ma parole ! J'ai déjà entendu ça quelque part. Et je me dis : trente-deux ans !!! Et rien n'a bougé ou presque. Ah si, pourtant : le réchauffement climatique est devenu un passage obligé parmi les rubriques des bulletins d'information. Mais concrètement ?

Conclusion et moralité ? Je doute encore plus qu'avant de l'utilité du savoir. A quoi bon, en effet, accumuler des données sur des phénomènes irréfutables et menaçants, si personne n'est là pour faire passer dans les faits les conclusions des observateurs ? On reproche aux gens au pouvoir de ne rien faire. On leur fait même des procès. Il y a même des tribunaux qui condamnent des Etats à cause de la mauvaise volonté qu'ils mettent à réagir. On invente une Greta Thunberg, vous savez, cette surdouée de l'écologie justicière qui apostrophe les puissants de ce monde : « How do you dare ? » ("comment osez-vous ?"). On organise à grand spectacle des "marches des jeunes", des "marches pour le climat", des "marches pour le futur", soi-disant pour mettre les gens au pouvoir au pied du mur. Et rien ne se passe, ou alors si peu que rien. A première vue, cette inaction est extraordinaire. Mais je crois qu'elle s'explique parfaitement.

Ben oui. En démocratie, les gens au pouvoir, on les appelle des élus (ailleurs, l'environnement est le dernier des soucis des régimes autoritaires ou dictatoriaux, regardez comment Poutine considère l'écologie en Ukraine). Et pour être élus, les vieux de la vieille savent que les grands sujets dont il faut parler sont le pouvoir d'achat, le coût de la vie, le logement, les problèmes alimentaires, ce qu'on appelle aujourd'hui les « mobilités » (la voiture, les transports, les échanges transnationaux, etc.) et puis, "last but not least", l'emploi, c'est-à-dire le travail, le revenu, le salaire, les charges, les impôts, l'industrie, l'activité économique, la prospérité, le progrès sans limites et les lendemains meilleurs. La candidate à la présidentielle Marine Le Pen ne s'est pas trompée en tapant sur le clou "pouvoir d'achat".

Pourquoi croyez-vous que Yannick Jadot, le tout fiérot chef des écolos, a obtenu moins de 5% des voix à la présidentielle ? Parce que, si les électeurs ne font qu'une confiance très limitée à Emmanuel Macron pour mettre en œuvre une politique capable de résoudre leurs problèmes, ils savent parfaitement que si la France était gouvernée par des écologistes, ce serait pour eux une véritable catastrophe sur tous les points énumérés ci-dessus. Et je ne parle même pas de la dimension franco-française du débat, rapportée à ce que représente, en termes d'influence, la France dans le monde.

Elle est là, la vérité : la population veut bien accepter de corriger (à la marge) quelques excès qu'elle peut commettre dans sa façon de consommer ; faire des "petits gestes" qui ne servent pas à grand-chose au plan global ; déposer les diverses sortes de déchets dans les poubelles adéquates ; être privée de quelques places de parking pour laisser place à un "verger urbain" (j'ai sous les yeux un charmant pommier tout jeune, et quelques poiriers, cassissiers prometteurs, etc. : ça prend la place de six bagnoles) ; venir déposer ses épluchures dans la caisse à compost gérée par une association du quartier, et autre menues activités sans trop de conséquences ; se déplacer davantage à vélo en ville ; s'abonner à l'A.M.A.P. qui vient tous les mercredis poser ses tréteaux et ses étals pour distribuer ses "paniers" de produits en circuit court. 

Mais ce qu'elle veut en priorité absolue, la population, c'est du boulot qui lui rapporte de quoi vivre au-delà du 15 du mois ; c'est de quoi manger pas cher et nourrir la famille ; c'est de quoi se loger décemment et sans trop de tensions avec le proprio ; c'est de quoi, si possible, partir en vacances pour changer d'air de temps en temps. Voilà déjà tout un programme. Appelons ça la nécessité. Le dur du concret si vous voulez. Voilà les attentes auxquelles ont à faire face les élus, futurs élus et autres hautes éminences responsables du destin d'autrui ou qui aspirent à le devenir.

Bien sûr que la même population, celle qui lit, écoute ou regarde les nouvelles, n'est ni aveugle, ni sourde et que, hormis quelques endurcis de la comprenette, quelques complotistes gothiques et quelques antivax égarés, elle sait désormais que l'atmosphère se réchauffe du fait des activités humaines. Elle sait qu'il faudrait faire quelque chose. Mais allez lui dire qu'elle a tort de vouloir vivre correctement, avec des ressources suffisantes pour ne dépendre de personne, et surtout pas des banques alimentaires ! Vous voyez déjà la réaction !

On a beaucoup entendu, au moment des "gilets jaunes", la litanie : « Fin du mois et fin du monde, c'est kif-kif ! Ecologistes et gilets jaunes, fraternisons ! » Ben non, justement, ce n'est pas du tout la même chose. C'est même l'opposé. Il y a une contradiction flagrante, irréductible entre le projet de bâtir un monde enfin sobre, enfin écologiquement soutenable, enfin débarrassé de toutes les nuisances procurées par la modernité, la technique et la production à-tout-va (ça, c'est les écolos), et puis, en face, la nécessité, par exemple, pour des parents de gagner assez pour bien nourrir les enfants et leur offrir un cadre où ils puissent s'épanouir durablement (ça, c'est les gens ordinaires).

Aucun tribun, aucun meneur d'hommes, aucun chef de parti ne peut espérer rassembler des masses de gens derrière lui s'il balance à la gueule des foules un discours sur la sixième grande extinction, le réchauffement climatique ou la préservation des espèces menacées, car il devra ajouter que ces tableaux apocalyptiques seront forcément accompagnés de terribles restrictions sur la satisfaction des besoins, sur l'assouvissement d'énormément de désirs et sur d'innombrables espoirs d'améliorations et d'agréments promis par le Progrès et la Technique.

Tout laisse à penser que l'homme d'Etat doté d'une assez vaste envergure pour surmonter l'incompatibilité des termes de la contradiction n'est pas près de naître.

Alors, cela étant dit, suis-je pessimiste davantage que réaliste quand je pronostique que la situation de l'humanité ressemble à une nasse aussi vaste et profonde que l'univers ?

Voilà ce que je dis, moi.

Note : Dans toutes les forces qui font de la résistance à la lutte contre le réchauffement climatique, je n'ai pas cité la forteresse dans laquelle sont retranchés les grands acteurs de l'économie mondiale, les chimistes empoisonneurs, les productivistes déforesteurs, les extractivistes fossiles et autres engeances arc-boutées sur la course aux profits infinis. Il va de soi que tous ces gens (on peut à bon droit les appeler "le Système") figurent au premier rang des militants anti-écologistes. Ceux-là, ils n'agissent pas par nécessité, mais par choix. 

mercredi, 06 avril 2022

YOUPPPIII !!! LE PÉTROLE NOUS A RENDUS FOUS !!!

LA MÉCANIQUE DU GAG.

SÉQUENCE 3/3

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Tiens, essayez de faire la même chose quand vous aurez des cheveux (euh !...) blancs.

YOUPPPIII !!! LE PÉTROLE NOUS A RENDUS FOUS !!!

LA MÉCANIQUE DU GAG.

SÉQUENCE 2/3

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Il est resté très vert, malgré son âge, non ?

YOUPPPIII !!! LE PÉTROLE NOUS A RENDUS FOUS !!!

LA MÉCANIQUE DU GAG.

SÉQUENCE 1/3

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La carafe et le verre : un truc marrant de Morris, devenu un classique.

mardi, 05 avril 2022

JANCOVICI ET BLAIN : PÉDAGOGIE PAR L'IMAGE

La grande force du bouquin de l'ingénieur Jean-Marc Jancovici et du dessinateur Christophe Blain (Le Monde sans fin, Dargaud, 2021), c'est qu'il permet de visualiser les questions plutôt abstraites posées par le réchauffement climatique. Je dis "abstraites" à cause de la quasi-invisibilité du processus en cours du fait de l'extrême lenteur qui le rend imperceptible à nos sens.

Un exemple : on nous rebat les oreilles avec les nuisances des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). En deux images, les auteurs nous mettent sous le nez la raison pour laquelle nous avons le plus grand mal à admettre l'énormité du problème.

Un : le pétrole comme carburant. Pas la peine, je crois, de revenir ou d'insister sur la constante augmentation de la consommation de charbon par une humanité toujours plus gourmande en électricité. Ici, il s'agit des machines de taille plus ou moins imposante, qui décuplent, centuplent, milluplent, cent-milluplent la puissance d'un individu, et qui ne sauraient se passer de pétrole.

Jancovici et Blain nous proposent pour bien visualiser la chose la figure d'IRONMAN, exosquelette mécanique qui permet de creuser les profondeurs du sol, de raser des forêts en un tour de main, de transporter gens et marchandises au bout du monde, et autres facilités offertes à chacun de nous. Nous sommes tous, de gré ou de force, des IRONMEN.

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Deux : le pétrole comme matière première. Nous n'y pensons pas en permanence, mais sans le pétrole et ses multiples transformations par les soins de l'industrie chimique, combien de nos objets familiers faudrait-il supprimer ? Jancovici et Blain s'amusent ici à extraire du logement tous les objets dans la fabrication desquels le pétrole entre. La réponse arrive vite : ça ressemblerait à du nettoyage par le vide. Voyez plutôt.

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Le pétrole, que ce soit comme carburant ou comme matière première, s'est peu à peu immiscé, au fur et à mesure  que la chimie inventait de nouvelles formules et de nouveaux usages, dans les moindres recoins de nos existences, dans les moindres interstices de nos gestes et de nos besoins.

***

Alors sérieusement, vous pensez que l'humanité est en mesure de se passer, de se priver de tout ce qui fait aujourd'hui son décor, son confort ? Qu'est-ce que ça peut bien signifier, "prendre conscience de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique", si cela ne marque pas la volonté, le courage, la décision de jeter tous ces objets à la poubelle ? L'enjeu, il est là et pas ailleurs. Ceci admis, il est aisé de calculer le pourcentage de chances qui s'offre à l'humanité d'atteindre, ou même d'approcher ce noble objectif. 

Bien entendu, je ne voudrais démoraliser personne.

Voilà ce que je dis, moi. 

Note : J'apprends ce matin que le G.I.E.C., vous savez, ce collectif de scientifiques qui reste pendu au signal d'alarme depuis des années, vient de publier un nouveau rapport. Il nous donne jusqu'à 2025 pour inverser la tendance. A l'extrême rigueur, on pourrait fixer 2030 comme date butoir. A votre avis, quel pourcentage de chances ?

jeudi, 31 mars 2022

JEAN-MARC JANCOVICI, VULGARISATEUR D'ALERTE

JANCOVICI JEAN-MARC.jpegJean-Marc Jancovici commence à être célèbre. La preuve, c'est qu'il a fait la couverture de M, le magazine hebdomadaire du journal Le Monde. Un truc tellement bourré de publicité pour des marques de luxe, de photos pour des vêtements ou des accessoires de luxe et de personnages de luxe que j'ai tendance à me réfugier sur l'îlot désert des mots croisés. Je pioche dans ce magazine insupportable, de temps en temps, telle ou telle recette de cuisine pas trop compliquée, mais je laisse royalement à qui s'y intéresse le sudoku. Pour une fois, à cause de ce personnage singulier à la tête a priori bien sympathique, le magazine a bénéficié d'un sursis avant de disparaître dans la poubelle papier.

Jean-Marc Jancovici, on peut aussi dire qu'il est d'ores et déjà célèbre à cause de la Bande Dessinée dont il est l'un des deux auteurs, avec Christophe Blain, qui s'est paraît-il vendue à ce jour à plus de 250.000 exemplaires. Je me dis que ça permet de voir venir l'avenir personnel avec une sérénité certaine, et de conforter certaines thèses défendues depuis longtemps, au début dans le désert, à présent devant un public tant soit peu plus nombreux. Le seul et unique combat de Jancovici ? Le réchauffement climatique. Son truc à lui ? Faire parvenir l'urgence climatique à la comprenette du plus grand nombre. 

Un mot pour se faire une idée de qui est Jean-Marc Jancovici ? UNE TRONCHE, et majuscule ! Bien faite et bien pleine ! Et dedans ça fonctionne à vitesse accélérée. Pour m'en rendre compte, je n'ai eu qu'à visionner un ou deux Youtubes : non seulement il parle sans notes, mais en plus il vous balance par camions entiers les informations, les chiffres, les faits, les données, les comparaisons audacieuses et parlantes. Bref, il attaque à toute allure votre propre cerveau de tous les côtés à la fois. Je l'avoue : j'ai eu un peu de mal à suivre. Il me faudrait des vidéos passées au ralenti pour enregistrer, pour prendre le temps d'assimiler, pour bien comprendre.

BLAIN 2021 JANCOVICI.jpgC'est la raison pour laquelle la B.D. Le Monde sans fin, (Dargaud, 2021) réalisée avec Christophe Blain, me convient à merveille. Ben oui, le livre va à la vitesse que vous voulez, pas besoin de sortir toutes les banalités bien connues à ce sujet. Là, je suis plus à l'aise, plus libre de mes mouvements et de mes choix. Je picore. Par exemple, j'apprends que Jancovici est l'inventeur en 2000 du concept de "Bilan Carbone", devenu depuis, non seulement une évidence, mais la « norme mondiale pour compter les émissions de gaz à effet de serre des entreprises » (p.8). Pour ce qui est de l'imagination créatrice, Jancovici ne craint personne. Son obsession, c'est de quantifier.

Si j'ai un peu de mal à entrevoir toutes les significations et implications de la grande "Loi de Conservation" (« A l'intérieur d'un système qui ne communique pas avec l'extérieur, on ne peut ni créer, ni détruire de l'énergie », p.19), ça va beaucoup mieux lorsque l'ingénieur explique à son interlocuteur qu'il n'y a pas d'énergie propre en soi et que tout dépend de la quantité consommée.

Ça me rappelle la double page "Les Riches et les Pauvres" de Reiser : quand les riches étaient seuls à se droguer, c'était exotique et ça avait de la classe ; quand les pauvres se droguent, ça devient un désastre social. Ben oui, il y a beaucoup plus de pauvres que de riches. De même, tant que le pillage des ressources naturelles était le fait d'une minorité (occidentale) qui avait pris goût à l'abondance, au confort et aux facilités de la vie, le "Système Terre" pouvait supporter ; mais dès que la Chine, l'Inde et autres pays autrefois sous-développés se sont mis dans le crâne l'idée de faire de même, c'est la catastrophe. S'il prend à tous les humains l'envie de vivre comme les Américains, ça revient à programmer la fin du monde humain.

Pour l'heure, je retiens surtout que tout le problème du réchauffement climatique tourne autour de notre voracité énergétique absolument incommensurable à nos seules petites capacités physiques personnelles, une voracité qui nous a rendus dépendants de toutes sortes de machines gourmandes, soit de façon directe (auto, lave-linge, smartphone, etc.), soit de façon indirecte (notre système d'alimentation en eau, gaz, électricité, d'enlèvement des ordures ménagères, etc.).

Je retiens que toute énergie devient SALE dès lors qu'elle est consommée, non plus par trois pelés un tondu, mais par des milliards d'humains semblables à nous.

Je retiens que, grâce aux machines que la technique et ses innovations ont mis à notre disposition, c'est comme si chacun d'entre nous disposait de DEUX CENTS ESCLAVES (200) prêts à nous servir à tout instant. C'est une moyenne mondiale. En ce qui concerne la France, le chiffre se situe plutôt autour de 600. 

Je retiens que si l'on détruisait TOUTES les machines présentes sur Terre, il faudrait que l'humanité compte MILLE QUATRE CENTS MILLIARDS (200 x 7 milliards) d'individus pour abattre une besogne équivalente. Ce qui signifie, soit dit en passant, que ce sont en réalité, à l'heure où j'écris, 1.400 milliards d'équivalents-humains qui croquent dans la planète avec leurs grandes dents. Est-ce que c'est assez parlant, à votre avis ?

Voilà le talent de Jean-Marc Jancovici : il quantifie, il mesure. Et il compare les ordres de grandeur. Et il traduit en images parlantes le résultat de ses comparaisons. J'ajoute que Christophe Blain a le dessin modeste et efficace, et qu'il met celui-ci entièrement au service du propos. 

Le Monde sans fin : un livre excellent.

Voilà ce que je dis, moi.

dimanche, 13 mars 2022

LE "MONDE" ET L'ETAT DE LA GAUCHE

POUR CHANGER LE MONDE, LA GAUCHE DOIT CHANGER DE MONDE.

Le Monde est un journal sérieux. C'est même (c'était ?), paraît-il, LE journal de référence. Nicolas Truong est journaliste au journal Le Monde. C'est donc un journaliste sérieux : c'est lui qu'on envoie au front. Il a publié dans le numéro daté samedi 5 mars une magnifique double page, orné sur la deuxième d'un joli, symbolique et attendrissant dessin de belle surface, et d'une facture excessivement féminine, signé Christelle Enault. 

Nul doute que Nicolas Truong est un bon journaliste, et un journaliste consciencieux. Il se contente ici, modestement, de rendre compte d'un certain nombre de lectures qu'il vient de faire : des ouvrages récents consacrés à des analyses des raisons de la déconfiture de plus en plus flagrante de tout ce qui s'est longtemps appelé la GAUCHE. Il s'efforce de coudre ensemble les propos divers, chatoyants et bigarrés des nombreux experts qui interviennent pour signer le constat de décès et le procès verbal d'autopsie expliquant les causes de la mort, elles-mêmes pleines de bigarrures. On ne s'étonnera donc pas que le tableau d'ensemble que la lecture de cet article procure, ressemble au costume d'un Arlequin gesticulant plutôt qu'à un tailleur Chanel porté par une femme élégante lors d'une soirée chic.

Le journaliste commence par un curieux panorama des tendances qui tiraillent les gens qui se sentent "de gauche" : on se demande d'abord ce que peut bien être un "communisme institutionnel". L' "écologisme" donne lieu à un joli gloubi-boulga, où se mélangent "récit émancipateur" et "réchauffement climatique", et où l'écologie "peine à intégrer les révolutions de la pensée du vivant" : prenez ça dans la figure ! Truong tient à faire une place au "trotskisme", cette amibe qui se prend pour un être vivant chaque fois que se profile une présidentielle. Il achève ce tour de table sur l'improbable mouvance insurrectionnelle : je me demande s'il pense à Julien Coupat (L'Insurrection qui vient) ou aux troupes très mobiles qui viennent aux manifs pour casser du flic et des vitrines et donner au gouvernement un prétexte pour casser du manifestant.

Vient ensuite le plat de résistance : les noms d'auteurs défilent, accompagnés du titre de leur ouvrage ou de leur titre professionnel, voire universitaire. Nicolas Truong sème ses petits cailloux blancs : ici un stéréotype qui ne saurait renier ses origines vasouillardes et benoîtement orientées — "avènement d'une société du commentaire où s'est engouffrée la mouvance néoréactionnaire". Ça y est, l'étiquette est collée, pas besoin d'argumenter ou de nommer l'ennemi, on peut y aller dans l'esbroufe confortable. Sans compter que le vocable "mouvance" se prête à merveille à toutes sortes de lectures désobligeantes.

Là une formule étrange : "Olivier Ferrand, fondateur du laboratoire d'idées progressistes" : qui nous dit ce qu'est ce "progressisme"-là ? S'agit-il des idées qui réclament une plus juste redistribution des richesses produites ? Ou bien de celles qui brandissent la défense de toutes sortes de minorités qui "luttent contre les normes excluantes" d'une majorité et d'une société intolérantes ? On ne saura pas.

Ailleurs une expression discutable : par exemple, "une classe politique largement désintellectualisée", sans doute pour suggérer que, vu la médiocrité de nos politiciens, tous plus premiers-de-la-classe les uns que les autres, il n'existe plus d'hommes d'État en mesure de « se faire une certaine idée de la France », raison pour laquelle ils délèguent le souci de penser à des "think tanks" qui ont pour mission de trouver les éléments de langage capable de donner au mariage de la carpe et du lapin tout le lustre qu'il mérite. 

Mais parlons des auteurs et de leurs idées. Le politiste Rémi Lefebvre pense que "la gauche est un monde défait". Le constat est imparable. Tout va bien, jusqu'à ce que Laurent Jeanpierre assigne à la gauche le devoir de "se détacher de ses atavismes et de ses identités partisanes arrimés au XX° siècle". Mais pourquoi faut-il qu'un illuminé ramène sa fraise et sa sociologie avec des "atavismes" et des "identités partisanes" ? Du coup, on n'y comprend plus rien. Bon, je vois là, plus ou moins, une sommation faite à la gauche de se "moderniser", c'est-à-dire de se convertir à la version sociétale du "progrès", et d'abandonner les classes laborieuses à leur sort. C'est admettre que le capitalisme a triomphé.

Je passe sur quelques oiselleries de Mme Marion Fontaine, qui décochera plus loin ce trait amusant : "Nous assistons à l'effritement du Parti socialiste français, qui a sans doute rempli sa mission historique". Je ne sais pas pourquoi je trouve cette phrase hilarante. Peut-être le Parti socialiste est-il félicité d'avoir, en se couvrant d'opprobre (mariage homosexuel, loi El Khomri, ...), anéanti la crédibilité de tout ce qui ressemble à une force de gauche ?

J'ai bien envie de passer aussi sur le fameux rapport de "Terra Nova" de 2011, vous savez, ce "think tank", dirigé par le médiocrate pusillanime Thierry Pech, et qui préconise de ne plus centrer la doctrine de la gauche sur la classe ouvrière, au motif que "la nouvelle gauche a le visage de la France de demain : plus jeune, plus féminin, plus divers, plus diplômé". Un gros coup de badigeon sur les vieilleries ouvrières et de "modernisation" : quelle marge de manœuvre le capital laisse-t-il aux tenants des anciens idéaux qui ont fait la Révolution ? Pas grand-chose : la "bienveillance", le "care", l'inclusion des exclus, quelques autres babioles. Des "valeurs de gauche", quoi, histoire de ne pas avoir tout perdu. Le capital peut dormir tranquille.

Personnellement, je comprends que la classe ouvrière, et plus généralement les classes populaires, aient laissé tomber les partis de gauche, tous coupables de trahison, pour se tourner vers des gens (les Le Pen et leurs variantes) qui prenaient en compte, au moins dans leurs discours, leurs préoccupations, y compris ce satané conservatisme social si mal vu par la "nouvelle gauche".

On n'y peut rien : le bas peuple tient à des structures éprouvées et à des traditions sûres, et se méfie à cet égard de toutes les formes d'innovation. Certains peuvent bien juger cela arriéré ou insupportable, et la propagande véhiculée ne s'en prive pas, au nom du "progressisme", n'en doutons pas, reste que les "vrais gens" sont comme ça et pas autrement. S'en prendre avec hauteur ou hostilité aux réticences à la frénésie d'innovation sociétale, c'est mépriser les gens simples, les "gens de peu".

Peut-être est-ce après tout une simple histoire d'offre et de demande : quand les partis communiste, socialiste, radical de gauche et tutti quanti se sont vu préférer les épouvantails d'extrême droite par leur clientèle traditionnelle, ils ont modifié leur offre, pour ne pas finir trop vite exsangues, en direction d'une clientèle "rénovée". C'est humain : tout le monde, y compris une structure, veut "persévérer dans son être". Remarquez que ça n'a pas empêché les deux grands partis de gauche d'être obligés d'abandonner leur vaisseau de croisière (Colonel Fabien, Solférino) pour se réfugier sur une coquille de noix au fur et à mesure de leurs avanies électorales.

Qu'entendent Marion Fontaine et son acolyte le sociologue Cyril Lemieux par "effondrement du monde ouvrier et de ses institutions paternalistes" ? "Paternaliste", ça sent déjà son mépris du "moderne" pour l'"archaïque", mais ne faudrait-il pas parler, plutôt que d'effondrement, de la désertification industrielle de la France, quand les coalitions d'actionnaires ont obtenu des grands conseils d'administration l'embellissement des dividendes par la vente des forces productives à la Chine ? Voir sur ce sujet la B.D. de Benoît Collombat et Damien Cuvillier Le Choix du chômage.

Une petite mention à Nicolas Mathieu, écrivain et "transfuge de classe", à ce qu'on nous dit, qui parle d'une "gauche hypokhâgne" à égalité avec une "gauche bac pro" : on sent qu'ici le ver est déjà dans le fruit. Une petite mention également aux écrivains libertaires Jean-Pierre Garnier et Louis Janover, qui parlent un peu gentiment des "renoncements" du Parti Socialiste, et à Rémi Lefebvre qui évoque plus justement cette "deuxième droite" qui a, sous François Hollande, "abîmé la gauche" et "très durablement discrédité le PS". Pauvre Anne Hidalgo, envoyée au casse-pipe par ses propres frères d'armes !

Bruno Karsenti est philosophe et il n'aime pas trop le peuple, expliquant que "la gauche est à la fois minée par la puissance du libéralisme et la prégnance du conservatisme". Foutu conservatisme : encore un de ces "science-humanistes" bavards, qui voudrait bien inculquer aux gens ordinaires un peu de sens de la modernité, formater les hommes d'après l'image qu'il s'en fait et les débarrasser de leurs haïssables préjugés et "stéréotypes" (de classe, de race, de sexe, de norme, etc.).

Preuve que plus personne ou presque ne sait où il en est, "La gauche démocratique et modérée ne s'est pas volatilisée, elle vote Macron". Encore un de ces foutus politistes qui disent tout et le contraire de tout, sans le dire, mais tout en le disant. Car enfin, si une gauche vote Macron, est-ce une gauche ? Non ! Heureusement Bruno Karsenti rétorque : "Emmanuel Macron n'est pas social-démocrate, il incarne le sommet de son dévoiement". 

Nicolas Truong aborde ensuite le cas de la "gauche écologique et sociale". C'est pour mentionner aussitôt le feu de paille de l'espoir que certains avaient mis dans le virus et dans un hypothétique "monde d'après", où les peuples, les penseurs, les industriels et les gouvernants auraient réfléchi et admis qu'on faisait fausse route. Il n'en a rien été, comme on le constate tous les jours : "Ce qui n'a pas évité un retour à la normale", "normale" étant écrit sans guillemets par le journaliste lui-même. 

Citons au passage la grosse niaiserie du renommé et néanmoins sociologue Bruno Latour, qui ose affirmer que "l'écologie, c'est la nouvelle lutte des classes". Laissons-le à ses lubies, quoi qu'il dise de sensé sur le productivisme et l'extractivisme qui gangrènent la planète et les bipèdes qui en foulent le sol. Comment fait-on, comme le suggère le philosophe Pierre Charbonnier pour : "se réapproprier un progressisme social détaché des illusions de la croissance" ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, qu'il faudrait "une politisation des sciences sociales" ? La tâche n'est-elle pas pour l'essentiel accomplie ? Et que signifie : "Il convient de mêler socialisme et écologie, ces deux courants apparentés, mais dont la ligne est encore "mal tracée"" ? J'ignorais que socialisme et écologie fussent des "courants", et encore plus : qu'ils fussent apparentés (voir ce qui est dit plus haut de l'extractivisme comme matrice du socialisme : il faudrait savoir).

Bon, j'arrête là. Il resterait bien quelques menues considérations des uns et des autres à mentionner, mais je crois suffisants les éléments de preuve accumulés. Preuve de quoi ? Oh, pas grand-chose : juste le terrible champ de bataille de thèses, d'hypothèses et de foutaises qu'est devenu le problème de la gauche, depuis que la réalité de la protection des classes les moins favorisées a été laissée aux soins des forces du marché. Juste l'innommable bouillie déversée par des intellos de tout acabit sur une situation d'ensemble que plus personne ne comprend et ne maîtrise.

L'article de Nicolas Truong est finalement assez honnête, en ce qu'il reflète assez bien, malgré quelques bizarreries, la couleur et la substance de la panade économique, politique, sociale, intellectuelle et morale dans laquelle le temps présent nous fait patauger, tous tant que nous sommes, gens ordinaires.

Mais il y a une autre tendance qui ressort en relief de ce tableau chaotique : l'émergence à "gauche"  (on se demande ce qui les rattache à la gauche) de nouvelles forces : les jeunes, les femmes, les minorités, les diplômés, et des "divers", c'est-à-dire une pléiade de groupes d'une splendide hétérogénéité, dans lesquelles j'ai du mal à voir autre chose que divers segments d'une clientèle exigeante à l'égard des entrepreneurs politiques et des produits qu'ils proposent sur le marché.

Voilà ce que je dis, moi.

Note : « Or il semblerait ne plus y avoir de "monde d'après", même à Saint-Germain-des-Prés, pourrait-on avancer avec Léo Ferré ». Mais que je sache, "il n'y a plus d'après à Saint-Germain-des-Prés", cher M. Truong, est une chanson de Guy Béart, paroles et musique.

mercredi, 09 février 2022

PLACE AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES !!!

UN GROS MENSONGE

Répartition quantitative des différentes sources d'énergies fossiles dans la consommation globale de l'humanité. 

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On voit dans ce tableau quelle place occupent les matières fournies par la Nature pour permettre à l'humanité de se chauffer, de s'éclairer et de produire toutes sortes de biens en alimentant toutes sortes de moteurs. Tout le monde ou presque aujourd'hui s'accorde à dire que cette consommation est suicidaire à plus ou moins long terme, et que l'avenir de l'humanité (la planète, il n'y a pas à s'inquiéter pour elle, elle s'en tirera toujours) repose sur les énergies renouvelables. En théorie, dans l'absolu, dans l'idéal et dans le monde fabuleux de nos rêves, de nos désirs et de notre besoin de merveilleux, c'est absolument vrai. Mais jetez un œil sur le tableau ci-dessous.

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Regardez, tout en haut du graphique, les trois pauvres petites virgules où s'entassent, grossies par le dessin dans leur case exiguë, les parts de l'éolien, du solaire et des "autres renouvelables".

Dans la réalité réelle, vous savez, celle sur laquelle on se cogne et qui fait mal, c'est une autre paire de manches à air, comme le montre cet excellent graphique conçu par Jean-Marc Jancovici (solide ingénieur — Télécom,  Polytechnique et quelques autres casquettes, s'il vous plaît —  spécialiste des énergies) et dessiné par Christophe Blain (merci à Fred, qui me l'a fourni) dans la BD très instructive Le Monde sans fin (Dargaud, 2021). Encore le dessinateur a-t-il pris soin de coller une grosse loupe sur la part des énergies renouvelables dans la consommation générale. Ça relativise sacrément la portée des déclarations exaltées des écologistes et des politiques qui leur courent après. Et ça ressemble sacrément à un gros mensonge de la part de tous ceux qui connaissent la question (ils commencent à être nombreux).

On comprend d'un seul coup d'œil l'Himalaya, que dis-je : l'empilement des Everest d'investissements qu'il faudrait faire pour donner aux renouvelables la part que nous rêvons de leur accorder. On comprend que NON, ce n'est pas ainsi que cela peut se passer. La seule façon de fournir à l'humanité la possibilité d'un peu d'avenir, elle est dans la baisse radicale de la consommation d'énergie. Le rationnement. Et ce n'est pas tout de le dire : il faut envisager les conséquences de cette assertion.

Elles sont simples : il ne suffit pas, comme certains le disent, de préconiser la sobriété, les "entreprises à mission" (je rigole !), la construction de logements à "énergie positive" ou ces fumisteries que constituent le "développement durable" ou la "croissance verte". Il faut que l'humanité, après deux siècles de gabegie, de gaspillage et de dilapidation des richesses sous les coups de la production industrielle effrénée et de la recherche effrénée du profit, cesse dès maintenant de se repaître des entrailles de la planète.

Il faut que tous les gens importants qui causent dans le poste et qui persistent à se payer de mots, cessent de beurrer la tartine aux populations à coups de lendemains meilleurs et d'avenir radieux. Il faut arrêter de faire de la consommation la condition sine qua non de notre bonheur. Il faut que l'humanité se résigne à redevenir pauvre devant la nécessité. Il faut que l'humanité retrouve le sens du tragique de l'existence et de sa précarité. Mais, à notre époque où le désir individuel impose sa tyrannie, où chaque désir ouvre un droit, où chacun érige son propre désir en loi, qui a envie de ça ? Levez la main, les volontaires.

La lutte contre le réchauffement climatique ? Moi je veux bien, et encore : pas sûr. Parce que si, comme je le crois, cela passe par des privations coûteuses et par le renoncement à consommer de l'énergie à tout-va pour préserver ma zone de confort et de facilité, je vais y regarder à deux fois. Et je suis sûr de ressembler en cela à l'immense majorité des gens ordinaires à qui, à longueur d'ondes radio, d'images et de papier, les journalistes et un paquet de bouches "autorisées" (par qui ?) tiennent des propos vertueux ou donnent des leçons de "tri sélectif des déchets". 

Comment croyez-vous que réagiront les masses de population si on leur coupe le courant et l'essence qui alimentent leurs moteurs (thermiques, électriques et autres) plus ou moins gros ? S'ils se voient contraints de remplacer ces carburants par du travail ? On ne se rend pas trop compte de ce que ça signifie, les conséquences qu'entraînera la lutte effective et efficace contre le réchauffement climatique : l'abandon progressif ou brutal de la puissance fournie par l'électricité ou les autres carburants qui nous épargnent des efforts qui apparaissaient nécessaires à nos ancêtres. Qui est prêt à remplacer l'ÉLECTRICITÉ par du TRAVAIL ? Je le dis sans honte : pas moi.

Voilà ce que je dis, moi.

Note : des nouvelles de cette chatoyante question quand j'aurai achevé la lecture d'un livre qui, selon toute probabilité, n'est guère fait pour remonter le moral.

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mardi, 09 novembre 2021

COP-26 - GRETA THUNBERG : MÊME BLA-BLA

DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE : LE "BLA-BLA" UNIVERSEL.

Ils sont tous bien gentils, ces gouvernements, ces dignitaires, ces chefs d'Etat qui se rassemblent pour engager solennellement la responsabilité de leur pays dans la lutte contre le vilain CO², contre le très vilain CH4, et signer quelques papiers avant de retourner chez eux. Mais c'est vrai aussi qu'ils sont tous bien sympathiques, ces manifestants qui n'en dorment plus de la nuit de se faire du souci pour le climat et en veulent beaucoup aux précédents parce tout ça leur file des insomnies et des brûlures d'estomac. C'est vrai qu'il faut leur secouer les puces, aux puissants de ce monde qui ne font rien ou si peu pour que la température globale moyenne du globe ne grimpe que de 1,5° Celsius.

C'est vrai — tout le monde le sait — que si on laisse filer le thermomètre, il ira se promener 2,7° C (certains disent 4° ou 5° et pourquoi pas plus ?) au-dessus d'aujourd'hui. Et alors le processus deviendra irréversible, avec son cortège de phénomènes météo extrêmes de plus en plus dévastateurs, et de migrations climatiques de masse.

C'est du moins ce que prédisent les spécialistes du climat réunis au sein du GIEC, vous savez, la très sérieuse société presque anonyme de scientifiques dont plus personne n'ignore aujourd'hui l'existence, l'expertise, l'expérience et l'autorité en matière de prévisions climatiques.

Je ne doute absolument pas de l'exactitude des données, de la pertinence de leur interprétation et de la certitude des conclusions que ces milliers de spécialistes en tirent. Ils ont raison de tirer le signal d'alarme (à défaut des oreilles des puissants). Donc, lors de la COP-26 à Glasgow, ce sont les gouvernants qui sont mis en accusation du fait de leur inaction criminelle par les manifestants emmenés par la sémillante Greta Thunberg.

Jusqu'à ce que je l'entende sortir de cette bouche juvénile, je croyais que "bla-bla-bla" était une onomatopée typiquement française. Je suis bien d'accord avec elle : tous ces chefs de quelque chose causent, causent, c'est tout ce qu'ils savent faire.

Remarquez qu'on en entend parfois de drôles, émanées de cette grosse assemblée. J'ai clairement mémorisé cette phrase prononcée fièrement par je ne sais quel responsable : « Il est temps de tenir les promesses et de mettre tout ça sur le papier ! ». De telles affirmations redonneraient le moral aux plus maussades, n'est-ce pas ? 

Donc parlons du "bla-bla-bla" que dénonce avec raison la petite Greta, cette petite sirène à la suédoise que tous les médias du monde s'arrachent. Ouais, parlons-en. Mais qu'est-ce qu'elle fait d'autre que du "bla-bla", la prêtresse Greta ? Elle engueule, elle vaticine, elle fait la morale, elle s'en prend à ceux dont on croit qu'ils tiennent les manettes, mais à la fin des fins, qu'est-ce qu'elle fait, si ce n'est pas causer, causer, causer, tout en désignant ceux qui, selon elle, sont les coupables ? Mais coupables de quoi ? De ne rien faire ? Ah, c'était donc ça ? Mais c'est là que ça devient couillon de les accuser ! Car il y a une solution à la catastrophe annoncée du dérèglement climatique, une seule : la diminution drastique du pillage des ressources et de la consommation d'énergie. 

Moi je dis que ça ne sert à rien d'interpeller, voire de faire condamner des gouvernements, des puissants ou des autorités : c'est la civilisation qui est coupable. Reprenons le raisonnement : à qui ou à quoi est-il dû, le réchauffement climatique ? C'est très simple : il est dû à toi, il est dû à moi, il est dû à nous tous qui achetons des trucs et des machins pour satisfaire nos besoins plus ou moins primaires, plus ou moins secondaires, etc. Il est dû à eux tous qui se démènent pour satisfaire nos besoins primaires, secondaires, etc. quand ils n'accourent pas au-devant à coups d'arguments publicitaires.

Il est dû à ma voiture, à mon frigo, à ma chaudière, à mon lave-vaisselle, etc. Il est dû à ce qui s'est imposé aux Occidentaux comme le mode de vie désirable parce qu'il leur apportait du confort, de la facilité au quotidien, bref : parce que ce mode de vie a progressivement mais massivement transféré la pénibilité du travail de l'homme vers la machine par l'utilisation généralisée du moteur et de diverses sources d'énergie jusqu'au fond de la forêt de nos milliers de gestes ordinaires. Vous imaginez s'il fallait maintenant faire l'opération inverse ? Transférer les tâches des machines vers le travail humain ? Vous vous voyez, la vaisselle et la lessive à la main ?

Tant qu'on n'aura pas vaincu dans l'esprit de l'humanité cet avantage de facilité qu'offre l'usage permanent de machines, d'automatismes et d'énergies que nous ne percevons même plus dans le moindre de nos gestes de la vie concrète tant c'est devenu "naturel", c'est toute l'humanité qui décidera par ses actes que la température du globe doit continuer à grimper de façon déraisonnable. Tant qu'on n'aura pas convaincu l'humanité que la seule issue de secours est de revenir au travail sans les machines, celle-ci votera par ses actes pour le réchauffement, c'est-à-dire contre le refroidissement. Je souhaite bien du plaisir à qui entreprendra pour de bon de convaincre l'humanité de RENONCER à ce que l'humanité a inventé pour améliorer son bien-être et ses conditions de vie.

Tiens, il se trouve que je n'ai personnellement aucune envie de revenir au temps d'avant les machines, les moteurs, tous ces outils magiques où il suffit d'un bouton à actionner pour que la tâche ingrate se réalise de ma part. Et non seulement je ne suis pas le seul à raisonner ainsi, mais à part quelques radicaux illuminés qui refusent que leur maison soit reliée à quelque réseau électrique (il y en a une petite tribu quelque part en Ariège), je crois que c'est l'humanité entière qui demande à toutes les sources d'énergie et à toutes les machines possibles de la décharger du fardeau des travaux pénibles, et même de lui procurer des satisfactions jusque dans des domaines considérés jusque-là comme superflus. Qui est prêt à lâcher ces merveilleuses trouvailles ? Il est là et pas ailleurs, le nœud de l'intrigue.

Elle est là, la quadrature du cercle dans lequel évoluent gouvernants et défenseurs du climat : d'une part les politiques savent qu'ils sont assis sur des sièges éjectables (au moins dans nos "démocraties"), et que s'ils prennent des mesures qui défrisent trop ceux qui les ont mis là par leur vote, c'en est fini pour eux, de la vie dans les palais de la République : les électeurs qui veulent se priver de la voiture, du lave-linge, du lave-vaisselle et de quelques autres commodités offertes (façon de parler, bien sûr) par la société de consommation existent sûrement, mais à l'état d'écrasante MINORITÉ.

Car d'autre part, les populations ordinaires et laborieuses n'ont aucune envie de modifier quoi que ce soit à leur façon de vivre et de consommer. Au contraire : elles attendent de l'avenir qu'il leur facilite de plus en plus l'existence. Vous n'avez qu'à voir comment elles ont accueilli certaines décisions "surprenantes" prises par le maire écolo de Lyon nouvellement élu. Non seulement je les comprends, mais je les approuve : j'en fais partie. Tous ces objets indispensables, et même tous ces objets pas très utiles voire superflus mais agréables qui meublent nos intérieurs, s'il fallait les remplacer par du TRAVAIL, vous vous rendez compte de la révolution à l'envers ? Ne plus faire jaillir la lumière en appuyant sur un bouton ? Couler l'eau potable en actionnant le robinet ? 

Le voilà, le paradoxe. La voilà, la grande contradiction. Le piège ignoble dans lequel toute la civilisation de technique, de production et de consommation a fourré l'humanité : ce sont toutes les activités qui permettent à chacun de vivre plus ou moins agréablement et confortablement (selon ses moyens) qui font grimper la production de CO² et la température de l'atmosphère. La conclusion n'est pas difficile à tirer.

Ceux qui tiennent les manettes, même les plus conscients des enjeux, même les mieux intentionnés, sont piégés : soit ils font la course de lenteur pour les prises de décisions, soit ils dégagent. Quant aux militants, dont des armées tous les jours plus nombreuses se lèvent pour les engueuler, les admonester et les accuser de "bla-bla-bla", de deux choses l'une : soit ils sont aveugles et ne se représentent pas toutes les conséquences de ce qu'ils réclament de leurs dirigeants, à savoir une baisse radicale de la consommation d'énergie, donc de la production de biens matériels, et l'instauration d'un monde de sobriété radicale ou d'ascétisme contraint (rayer la mention inutile) ; soit ils mentent.

Les ingénieurs et autres illuminés font d'incroyables efforts d'imagination pour biaiser avec l'issue fatale. Ils travaillent joyeusement à "augmenter" l'humanité, soit en inventant des oxymores du genre "développement durable", soit en développant les sources d'énergie renouvelables (vent, soleil, géothermie, ...), soit en mettant en place des stratégies encore plus folles de maîtrise des paramètres du climat (géo-ingénierie).

Leur seul objectif : maintenir constante et infinie la courbe ASCENDANTE des activités humaines, c'est-à-dire maintenir la courbe ascendante de la croissance, c'est-à-dire du système actuel de production-consommation-finance, c'est-à-dire du pillage des ressources et de l'incessante recherche de sources d'énergie. Vous les voyez, les pouvoirs en place, trembler rien qu'à l'idée de ce dont seraient capables les peuples qu'ils gouvernent s'ils venaient à leur promettre toutes sortes de rationnements, de restrictions et de privations pour se faire réélire ? Tout porte à penser que les populations ne supporteraient pas cette Vérité sur le climat et se précipiteraient dans les palais du pouvoir pour leur donner une fessée.

La Vérité, c'est qu'un jour viendra où il leur faudra SE RESTREINDRE, y compris les plus ardentes aujourd'hui à réclamer des gouvernants de vraies actions contre le réchauffement climatique. Et tout laisse à penser que le jour où elles se rendront compte qu'elles ne peuvent pas faire autrement que de se passer de tout un tas de trucs et de machins dont elles ne peuvent pas se passer aujourd'hui, elles risquent de le prendre très mal. Et ça risque de faire de gros dégâts. Je ne suis ni Madame Soleil, ni Nostradamus, ni Madame Irma, mais il me vient de cet avenir-là des odeurs de violence.

Voilà ce que je dis, moi.

mercredi, 08 janvier 2020

2020 : TOUT FLAMBE !

Voici ce qu'on peut lire en page 16 du journal Le Monde daté 7 janvier 2020.

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Et voici ce qu'on peut lire en page 15.

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En 2020, nous sommes prévenus, TOUT FLAMBE.

Le recto et le verso d'une médaille qui, sans avoir une existence officielle, constitue la signature d'une époque suicidaire. Le paragraphe que je préfère, dans cet article signé Isabelle Dellerba, c'est celui qui clôt l'avant-dernière colonne : 

« "Ce n'est pas un feu de brousse, mais une bombe atomique. Il cause un enfer, des dévastations indescriptibles", déclarait, samedi 4 janvier, sur la radio ABC, Andrew Constance, ministre des transports de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, qui a défendu lui aussi sa propriété contre les braises. Les incendies sont tellement gigantesques qu'ils créent des nuages. Ceux-ci provoquent à leur tour des orages et des éclairs qui peuvent déclencher de nouveaux brasiers ».

L'époque a inventé l'incendie irréversible, celui qui crée de façon autonome les conditions de son indéfinie prolongation. Et je pense à cette observation d'un climatologue : si l'humanité ne parvient pas à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2,5°C, un seuil sera alors franchi, qui mettra le phénomène hors de contrôle. Autrement dit, si l'humanité ne devient pas raisonnable, on ne sait pas où s'arrêtera le processus de réchauffement, ni à quelle vitesse il se déroulera.

Observons que toute la partie Sud-Est de l'Australie est, comme par hasard, la plus peuplée et la plus urbanisée. Je ne sais pas dans quelle mesure est vraie l'idée que les forêts natives de ces régions ont été remplacées par des forêts d'eucalyptus, beaucoup plus rentables, mais infiniment plus inflammables.

Ce dont je suis sûr, en revanche, c'est que l'action de l'homme sur la nature est à l'origine de la catastrophe qui touche l'Australie.

Et je ne parle pas de l'obsession charbonnique du gouvernement qui, pour développer cette filière, envisage sans sourciller d'un sourcil de favoriser une industrie minière qui menace l'existence de la célèbre et fragile "Barrière de Corail".

Note : je signale qu'on trouve dans le journal Le Progrès la confirmation du fait que les températures à Lyon se sont, en un siècle, élevées de plus de 3°C. Alors je me demande, s'agissant de l'objectif mondial d'une augmentation maximum de 2,5°C, dans quel conte de fées les gens "au courant" ont l'intention de tenir le petit petit peuple.

Quand les gens qui tiennent les manettes cesseront-ils de mentir ?

mardi, 17 décembre 2019

TYPHON JAPONAIS

Pour mon calendrier de l'Avent.

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Que c'est beau, les éléments déchaînés !

« Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René sur les rivages d'une autre vie ! » (cité de mémoire).

mardi, 24 septembre 2019

LA CAUSE ÉCOLOGISTE RIDICULISÉE ...

... PAR SES PROPRES MILITANTS.

S’agissant d’écologie, je suis terrifié. Il y a bien des raisons pour que l’affolement me gagne, mais la dernière n’est pas la moins bonne. Je vous explique. Je traitais ici même, le 24 juillet dernier, la petite Greta Thunberg de clown. Le 22 septembre, j’ai non seulement récidivé, mais aggravé mon cas, en m’apitoyant sur la santé mentale et la maturité affective du rédacteur en chef du journal Le Progrès, qui avait laissé passer ce titre de « une » surréaliste : « Les enfants au secours du monde ».

J’intitulais mon billet : « L’écologie devient une farce ». Je me disais que la cause écologique, en se popularisant au point d’accaparer l’attention des journaux, l’œil des radios, l’oreille des télévisions, le trou du cul des réseaux sociaux et même le neurone que des partis politiques en déroute mettent en commun aux moments de crise, faute de ressources propres, – que la cause écologique, disais-je, tout en entrant dans les discussions des familles réunies autour de la table, risquait de se muer en un grand n’importe quoi. Comme aime à le dire Alexandre Vialatte : « même une chatte n'y reconnaîtrait pas ses petits ». C’est en train de devenir chose faite.

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Pauvre climat ! Cela s'appelle "lui faire sa fête".

J’en veux pour preuve le titre et la photo qui annoncent l’article du Progrès du dimanche 22 septembre où Marie Redortier (qui a pris la photo ci-dessus) rend compte de la « marche pour le climat » qui a eu lieu la veille à Lyon. Le titre d’abord : un slogan sans doute piqué sur une banderole du défilé ou un slogan vaillamment scandé au mégaphone : « Macron, si t’es champion, arrête la pollution ! ». Je vous le dis en face : je suis terrassé par l’épaisseur de la bêtise de l’injonction. Le meilleur moyen d'empêcher de prendre la cause écologique au sérieux. Il faut en finir avec la dérision. Macron doit bien rigoler à ce spectacle, et se dire qu'il n'y a rien à craindre de toutes les manifs de bouffons. Avec les gilets jaunes, c'est une autre paire de manche (il envoie un peu plus de policiers).

Cette bêtise me fait penser à un sketch ancien de Raymond Devos : « Dieu ! Si tu existes, envoie-moi un signe ! ». Sauf qu’ici, je n’arrive pas, même à la jumelle, à voir le bout de la queue d’un poil d’oreille de l’humour propre à maître Devos. Quel geste magique l’auteur du slogan attend-il de Macron ? Mystère. Il veut que Macron marche sur les eaux ? Sur les mains ? Sur la tête ?

On me dira : c’est le propre d’une « manifestation bon enfant ». Je répondrai : « Est-ce que ça enlève quoi que ce soit à la connerie de la chose ? Y en a marre des manifs "bon enfant" ». Il faut de l’humour ? Mais ceux qui sont en face, vous croyez qu’ils en ont, de l’humour ? On me dira : « Il faut bien de la com', c'est pour les journaux, c'est pour la télé ». Je répondrai : « Faire de l'écologie un objet de com', ça revient à la fusiller ». 

Quoi qu'en dise Edward Bernays (Propaganda, éd. La Découverte, disponible et pas cher), ce n'est pas par une « stratégie de com' » qu'on convaincra les masses de cesser d'être consommatrices. Et je suis franchement d'accord avec moi (c'est mon opinion et je la partage, disent les Dupondt) : tout ce qui est bon pour la croissance est ruineux pour la nature (la preuve est faite), et tout ce qui est bon pour la nature est ruineux pour la croissance, donc mauvais pour l'économie, détestable pour le travail et haïssable pour l'emploi. En quelle langue faut-il l'écrire ? L'économie capitaliste est l'ennemie radicale de la préservation de la nature. J'ajoute que malheureusement ce sont l'économie capitaliste, le travail capitaliste, l'emploi capitaliste qui gouvernent le monde et qui tiennent l'humanité à la gorge. Quel prix faudra-t-il payer pour les mettre à bas ?

Je l'ai dit il y a quelque temps : l'écologie est par nature anticapitaliste. Comment convaincre les masses laborieuses des pays riches que la croissance – qui leur donne de l'emploi, de l'argent, du confort, une vie meilleure –, c'est bon pour l'emploi (et encore), mais horriblement mauvais pour la nature, la planète et la santé ? Comment les persuader d'adopter l'écologie qui, si l'humanité se décide à l'accomplir, vouera l'humanité à plus de travail (ben oui!), moins de confort et plus d'insécurité ? Comment leur fera-t-on admettre que, plus elles conformeront leurs pratiques quotidiennes à des normes inspirées de la nature, plus la croissance démographique des populations de la planète les obligera à se retreindre en tout, pour que l'existence de l'humanité globale soit préservée ?

Après le titre, la photo. Ce qui crève le cœur, l’écran, les yeux (et en passant, le plafond de la stupidité), c’est évidemment le nez rouge, dont se sont affublés les joyeux drilles qui disent qu'ils « luttent contre le réchauffement climatique ». Je ne savais pas qu’il fallait un nez rouge pour faire baisser la température. Et j’étais à au moins cinq kilomètres et demi (une petite heure de marche) de penser que quelqu’un prendrait à ce point mon idée de « clown » au pied de la lettre.

Le coquelicot, vous savez, celui que Fabrice Nicolino a lancé en même temps que sa campagne contre les pesticides, le coquelicot a beau être une belle idée, ça ne l’a pas empêché de faire un énorme flop médiatique. Alors vous pensez, un nez rouge !!!!!! C’est pire que la cravate de travers de l’orateur enflammé ou du candidat qui se laisse interviewer en gros plan avec une tache de jaune d’œuf sur sa chemise ou un reste de laitue sur une incisive. Et ces clowns ne font rire personne. Et eux-mêmes font semblant, comme tous les clowns.

Voilà ce que je dis, moi.

dimanche, 22 septembre 2019

L'ECOLOGIE DEVIENT UNE FARCE

Une farce qui ne me fait pas rire.

Si la population du monde soucieuse de son avenir voulait démontrer qu'en réalité elle n'en a rien à foutre, la "une" du Progrès du vendredi 20 septembre 2019 en apporterait, sinon une preuve irréfutable, du moins un témoignage probant. L'air du temps, il est là : la vérité sort de la bouche des enfants. Les adultes sont disqualifiés d'office, les enfants sont portés au pinacle. Le spectacle de cette grappe de "grandes personnes" agrippées aux nattes pas si blondes du petit clown suédois qui fait la leçon au monde entier me laisse stupéfait.

Regardez-les tous : ils sont armés d'appareils à la pointe du progrès technique (en haut, sauf erreur, un capteur de sons sophistiqué) pour enregistrer la présence et le message d'une petite marionnette céleste venue ici-bas prêcher la bonne parole. A en lire son gros titre de "une", le journal Le Progrès n'est pas le dernier des groupies à s'agenouiller devant l'idole : où le rédac'chef est-il allé chercher une telle ânerie ? J'en suis encore tout baba déconfit.

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Un monde qui se prosterne devant un enfant ne fait que s'accrocher au pinceau pendant que la dure réalité enlève l'échelle. Pour gage de leur bonne foi, la première chose à demander aux extasiés de la petite Greta Thunberg serait de jeter leurs smartphones, ces magasins de terres rares tellement difficiles à seulement recycler vu la complexité de leur fabrication.

Plus généralement, il faudrait leur demander desquels des éléments de confort domestique que leur a vendus – au prix de leur travail – notre flambant progrès technique ils seraient prêts à se priver : c'est à ce genre de sacrifices qu'on pourrait mesurer la sincérité et l'authenticité de leur engagement contre le réchauffement climatique.

Qu'en est-il des centaines de milliers, peut-être des millions de gens qui participent aux si sympathiques "marches pour le climat" à travers le monde ? Ils ne font que gesticuler. Se rendent-ils seulement compte des conséquences qu'auraient sur leur mode de vie les décisions qu'ils somment à grands cris de prendre les gouvernants et dirigeants de la planète ?

Il y a de fortes chances pour que, si ces puissants prenaient les seules décisions qui s'imposent logiquement, tous ces "marcheurs" se lanceraient aussitôt dans des insurrections violentes contre cette agression caractérisée (voir l'origine des gilets jaunes). Ce qu'ils disent en réalité, c'est quelque chose du genre : « Faites quelque chose, mais surtout sans toucher à notre mode de vie ». C'est demander tout et le contraire de tout, puisque c'est précisément le mode de vie à l'occidentale, c'est tout le mode de vie des pays riches – et que tous les autres pays nous envient et tentent d'acquérir – qui est à l'origine du désastre écologique.

La seule manière de ne pas épuiser les ressources est de les laisser là où elles sont. La seule lutte contre le réchauffement climatique (je ne parle pas des divers empoisonnements dont nous gratifie l'industrie chimique) suppose que l'humanité cesse de se servir dans le patrimoine vivant comme si c'était un garde-manger américain. Que l'humanité cesse de marcher à la production d'énergie et au moteur. Que l'humanité retourne à l'état d'humilité qui était le sien avant les révolutions industrielles. Qui serait d'accord pour aller à de telles extrémités ?

Même moi, qui crois être un peu lucide, je ne tiens pas du tout à me passer de mon frigo, de mon lave-linge et de mon lave-vaisselle. Je tiens à la lumière que j'allume le soir en rentrant, à l'eau potable (y compris dans la chasse d'eau) qui coule quand j'ouvre le robinet. Je tiens à l'eau chaude (à volonté) de ma douche. Je tiens à ma voiture, si peu que j'en fasse usage. Je n'ai aucune envie d'aller m'établir au Malawi (capitale Lilongwe), pays privé de tous ces avantages.

Et je ne crois pas être très différent de tout un chacun. Comme les hommes ordinaires, j'aime l'écologie tant qu'elle reste un ornement, une valeur ajoutée, une couleur à embellir le paysage et une saveur à mieux goûter les aliments. Mais je ne veux en aucun cas que ma vie entière devienne écologique. La dépendance est trop forte, et la conversion serait trop brutale. Je sais que le monde est de plus en plus invivable, mais c'est mon monde et j'y tiens. L'échéance est inéluctable. Tout ce que j'espère, c'est que l'humanité trouve le moyen de la retarder le plus possible.

Le nœud du problème :

JE SAIS, MAIS JE NE VEUX PAS.

Voilà l'impasse. 

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Résultat du sondage internet quotidien du Progrès au sujet de Greta Thunberg, paru le 21 septembre 2019.

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Je le sais bien, que ce genre de sondage est hautement fantaisiste, mais du coup je me sens moins seul (8063,06 personnes sont d'accord avec moi au sujet de la petite suédoise).