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mercredi, 15 septembre 2021

NOUS SAVONS DÉTRUIRE CE QUI EST BEAU !

L'HOMMAGE D'UN INCONNU AU PLUS BEAU PONT DE LYON AVANT SA DESTRUCTION.

PONT BOUCLE 1983 D.jpg

Chapeau l'artiste !

Photo de René Dejean prise en 1983.

On aperçoit quelques éléments des préparatifs de la démolition et, avec de bons yeux, des bribes du prochain pont Winston Churchill, une espèce de modernité banale, aride et fonctionnelle, destinée à remplacer le vétéran magnifique aux formes généreuses, et à servir dans l'axe la toute nouvelle "Montée de la Boucle", tranchée inhabitée, profonde, excessive et violente qui, pour les Croix-Roussiens, a fait de Caluire une ville étrangère (j'exagère, heureusement). J'ai sévèrement coupé la belle diapositive de René Dejean pour mettre en évidence la performance du monsieur perché. Ci-dessous la version complète.

PONT BOUCLE 1983 D FUNAMBULE RENE DEJEAN.jpg

Le monsieur ici perché a réalisé la promesse que se faisaient régulièrement une bande de lycéens d'autrefois ("Ouaaah ! t'es même pas cap. !") sans jamais oser la réaliser : franchir le pont sur les arches. La rouille qui a craquelé la peinture et rendu le métal croûteux  — on n'allait plus faire des frais d'entretien pour un machin bientôt détruit ! — a sans doute rendu plus aisée la bravade de l'aventurier, il n'en reste pas moins que le geste est joli.

PONT BOUCLE 1983 A RENE DEJEAN.jpg

J'aime à penser que le livre ouvert par le monsieur qui fait semblant de le lire est au moins du genre de La Montée de l'insignifiance, de Cornélius Castoriadis (c'est un exemple). Même en faisant semblant, cela aurait eu de la gueule. Car on aura beau me traiter de passéiste nostalgique et me mettre sous le nez les nécessités de la circulation des automobiles (il faut voir l'actuelle montée de la Boucle aux heures de pointe !), rien ni personne ne pourra me convaincre que cette merveille de pont n'était pas le plus BEAU de Lyon. J'augure mal d'une civilisation qui tend avec obstination à réduire les hommes et les choses à leur misérable utilité, à leur pauvre fonction de rouages dans la Machine Société.

Voilà ce que je dis, moi.

********

AU SUJET DU PHOTOGRAPHE RENÉ DEJEAN (1926-1999) : un article de Robert Luc.

René Dejean, graphiste, décorateur, enseignant, amoureux de Lyon, conteur de rues, auteur de Traboules de Lyon et de Balade à travers Lyon insolite fut aussi l'initiateur des randonnées pédestres citadines. Il a organisé - et collaboré - à de nombreuses expositions comme graphiste et affichiste.

Avant d'être un infatigable piéton de Lyon, René Dejean fut diplômé de l'École Nationale des Beaux Arts de Lyon et débuta sa carrière dans l'atelier de son père Marius, peintre et dessinateur en plein coeur de la Croix-Rousse. Très créatif, il multiplie les domaines de ses interventions.

Affiches, logos, plaquettes se succèdent. Grand sportif et voyageur, on le retrouve aussi bien sur les glaciers alpins que dans les dunes sahariennes. Mais, c'est un amoureux de Lyon, un amoureux exigeant. Un érudit des traboules qui publiera aux éditions Le Progrès" l'ouvrage qui deviendra la bible du promeneur "Traboules de Lyon". En 1978, il imagine un parcours à travers Lyon. Quatre heures trente de marche, dans le calme d'un dimanche matin à travers Lyon insolite au rythme d'une cinquantaine de rues, places, quais et ponts. Le parcours des "Cinquante" est né. Plus de 18000 personnes retrouvent le goût de la promenade citadine. Il vient d'ouvrir une voie qui est aujourd'hui poursuivie avec talent par des "gones" comme Jean-Luc Chavent.

En janvier 1999, René Dejean confie aux Éditions des Traboules un manuscrit achevé, ce Parcours des 50. Il désirait accompagner ce livre de dessins. Hélas, il disparut prématurément laissant les Lyonnais dans la peine. Son dernier livre sera sans aucun doute, comme celui des traboules, un ouvrage de référence. Clair, pratique, riche en anecdotes, brillamment illustré de photos de l'auteur, il permet seul ou à plusieurs de découvrir ou redécouvrir une ville merveilleuse.

"Et si l'on reparlait de René Dejean",, article de ROBERT LUC in Le Progrès, 5 novembre 2002.

***

Il faudrait que j'ajoute une note en souvenir de Robert Luc (1943-2017), lui-même journaliste, infatigable Lyonnais, co-fondateur de la galerie "Vrais Rêves", rue Dumenge, organisateur et animateur de mémorables "bambanes" sur le plateau et les pentes de la Croix-Rousse.

jeudi, 19 août 2021

LI BLANC LI BOULA-MATARI ...

... EN 1911 A LYON.

On admire au passage la case en paille, les casques coloniaux, les palmiers et même les « black faces ».

BELLECOUR 1911 CAVALCADE 1 COLONISATION.jpg

Un seul commentaire : WOUAH ! WOUAH !

samedi, 24 juillet 2021

UN ARTISTE LYONNAIS

Ci-dessous une photo de Vissarion Agathope Hégésippe de Plancourbe de Boluville, compositeur lyonnais injustement méconnu quoiqu'issu d'une excellente famille enrichie dans le commerce des futailles. Vissarion Agathope (ses prénoms d'usage) vient d'improviser d'éblouissantes variations sur un thème d'une partition écrite par son grand rival dans le quartier d'Ainay, Lucien Durand, dont la famille habite un modeste appartement de la sombre rue Chouchan, au bas des pentes de la Croix-Rousse.

Note : cette rue est tellement sombre qu'elle ne figure même pas sur les plans de la Ville, ni dans le livre de Maurice Vanario, Les Rues de Lyon.

PERSONNE 1910 BOURGEOIS A SON PIANO FJSYLV.jpg

Fonds Sylvestre, BML.

09:00 Publié dans HUMOUR, LYON | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 23 juillet 2021

LA FORMATION DES INSTITUTEURS

Nous voici au Clos-Jouve, à la Croix-Rousse de Lyon, juste devant l'Ecole Normale des Instituteurs de la rue Anselme. Les formateurs utilisent l'espace libre devant l'Ecole pour apprendre aux futurs instituteurs les gestes professionnels de base qui seront les leurs dans l'exercice de leur difficile métier.

1900 CLOS JOUVE L'EXERCICE CL JS TGB.jpg

Mille excuses : j'ai oublié de préciser que la photo appartient au fonds Sylvestre de la Bibliothèque Municipale de Lyon.

mardi, 20 juillet 2021

UNE AUTRE CROIX-ROUSSE ? (2)

Le projet présenté aujourd'hui est celui d'Edouard Guillon, ingénieur, assisté de Georges Trévoux, architecte. Quoique plus schématique ou moins abouti que celui du tandem Chalumeau-Garnier, il consiste toujours à raser purement et simplement tout ce qui empêche de joindre selon l'axe le plus direct et le plus large la place de la Comédie (on aperçoit la façade de l'Opéra à droite et un petit morceau de l'Hôtel de Ville à gauche) au presque sommet de la colline de la Croix-Rousse, je veux dire la place Bellevue, à l'extrémité en contrebas du boulevard de la Croix-Rousse côté Rhône.

Comme on le voit sur le détail de droite reproduit en plus grand plus bas, on ne lésine pas : on raie de la carte la montée Saint Sébastien, et vu l'emprise au sol de la "rue de la République prolongée", on démolit l'église Saint-Bernard, et on massacre sans doute l'église Saint-Polycarpe (si chère à mon cœur à cause des quatre-vingt-onze tuyaux en façade de l'orgue ; j'étais assis dans le chœur, je faisais face à l'instrument ; c'est juste après que j'ai quitté l'église, le père Voyant, le père Béal, les scouts et le catholicisme — anecdote authentique évidemment). 

G TREVOUX PROJET COMEDIE CROIX ROUSSE.jpg

Et contrairement au projet précédent, Guillon-Trévoux, pour couronner l'œuvre, n'ont pas choisi de célébrer les morts innombrables de la guerre de 1914-1918, mais de glorifier la victoire militaire finale de la France sur l'ennemi prussien. On bombe le torse, et on est prêt pour la suivante. Avec le résultat qu'on sait.

G TREVOUX E GUILLON COMEDIE CROIX ROUSSE.jpg

Ci-dessous un agrandissement du détail de droite : la "rue de la Crèche" (aujourd'hui Boussanges) en biais accrochée par un bout au boulevard de la Croix-Rousse, la place Bellevue et la descente vers la place de la Comédie, l'Opéra et la Mairie centrale. On voit sur ce plan que, si le projet était allé à son terme, la nouvelle portion de la "rue de la République" aurait été nettement plus large que celle que nous connaissons aujourd'hui dans la presqu'île. 

G TREVOUX EDOUARD GUILLON JS.jpg

Dans le fond, il n'y a guère lieu de se plaindre, en définitive, de ce que, des deux projets concurrents, qui bénéficièrent d'une exposition en 1919, aucun n'ait été retenu, que ce soit pour une raison financière ou autre. Je retiens que la "raison" l'a emporté. Nul doute que les percements qui eurent lieu autour de 1860 dans la presqu'île pour élargir les artères (rue Impériale-rue de la République ; rue de l'Impératrice-rue Edouard-Herriot ; etc.) et pour faire comme les Parisiens du baron Haussmann, font partie du paysage lyonnais depuis lurette.

Le Lyon d'avant n'existe pas, contrairement à ce qu'essaie de faire croire un groupe comme "Lyon historique et actuel". Je ne fais pas partie de ces nostalgiques qui ne cessent de gémir et de s'attendrir un peu niaisement à coups de « Mon dieu, que de souvenirs ! », et de remercier les "administrateurs", souverains maîtres, de leur offrir des images d'un passé qu'ils ont peut-être vécu. Non, je ne dis pas : « C'était mieux avant ». J'enrage simplement des dégâts irréparables que la "modernité" fait en toute bonne conscience et pour de basses raisons subir à tous les quartiers un peu anciens de nos villes.

Je me félicite quant à moi de ce que le quartier de la Croix-Rousse ait échappé aux projets de transformations radicales de quelques urbanistes fous. Les Brésiliens eux-mêmes ignorent sans doute quel sort un certain Le Corbusier réservait à leur cité mondialement célèbre : un long ruban autoroutier courant au sommet du long serpent immobilier où l'architecte fou avait prévu de loger l'intégralité de la population carioca. Et il existe des dessins du même qui montrent à quel sort funeste ont échappé les Parisiens .

Qui a dit : « La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires » ? Même chose pour l'aménagement d'une ville : ce que certains appellent l'urbanisme. A la Croix-Rousse, tout bien considéré, les urbanistes n'ont plus leur mot à dire. Ils ont été supplantés par les promoteurs immobiliers, qui se livrent une concurrence acharnée pour savoir qui sera le premier à s'occuper des "dents creuses" que comporte (encore pour combien de temps ?) le plateau de ma Croix-Rousse. Qui est le plus à craindre ? Qui est le plus nuisible ? L'urbaniste ou le promoteur ? Sachant que l'urbaniste a des idées, quand ce n'est pas une doctrine ou une idéologie, et que le promoteur en a une seule, d'idée : valoriser le terrain et rentabiliser l'investissement.

Et ce ne sont pas les allumés du bulbe qui affichent leurs T-shirts floqués "La Croix-Rousse n'est pas à vendre" qui changeront quoi que ce soit au processus. Mais si, Papy-Art, la Croix-Rousse est à vendre au plus offrant, comme tout le reste. Et ce ne sont pas ceux qui, paraît-il, "font de la résistance" qui arrêteront les troupes des envahisseurs : quelles armes ont-ils à opposer aux formes parfaitement légales dont ceux-ci habillent leurs appétits voraces ? 

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 19 juillet 2021

UNE AUTRE CROIX-ROUSSE ? (1)

Aujourd'hui le projet de Camille Chalumeau, ingénieur en chef de la ville de Lyon, avec la collaboration (mais je ne suis pas sûr) de l'architecte Tony Garnier. Vous êtes au-dessus de la place Bellevue, à l'extrémité du boulevard de la Croix-Rousse côté Rhône, et vous regardez vers le sud, la presqu'île et le confluent. La longue trouée rectiligne que vous avez en face de vous, c'est la rue de la République.

Mais oui, parfaitement : dans ce projet, la rue de la République escalade la "colline qui travaille" jusqu'à la place Bellevue. Un seul mot d'ordre : on rase tout ce qui dépasse, comme au joyeux temps du Second Empire. On dira : l'escalade n'est pas complète. Certes, on n'est pas au point culminant de la Croix-Rousse qui, comme chacun sait, se situe à l'intersection des rues Henry-Gorjus et Jérôme-Dulaar, non loin du parc Popy, mais le plus dur est fait. Et l'ingénieur a pensé que la pente n'était pas trop raide pour amener une ligne de tramway à proximité immédiate du plateau (sans faire le détour par le cours Général-Giraud).

T GARNIER C CHALUMEAU 1935.jpg

Est-ce que le monument ci-dessous est vraiment celui qui devait couronner le projet ci-dessus tout en haut de l'exaltante ascension ? Pas sûr. Surtout à cause des dates indiquées par la BML pour la réalisation des dessins : 1935 pour le projet de l'ingénieur Chalumeau, 1918 pour la proposition de Tony Garnier : un majestueux temple élevé à la mémoire des morts de 1914-1918. Pensez : des colonnes de quarante mètres de haut ! Un monument aux morts peut-être plus visible encore que la basilique de Fourvière flanquée de sa tour métallique. Dessins de Tony Garnier, photographiés par Jules Sylvestre autour de 1918.

T GARNIER MONUMORT 4.jpg

Voyez plutôt l'effet qu'on aurait observé depuis le pont Saint-Clair (alias Vaïsse). Le fort Saint-Laurent, qui occupe une partie de la pente, ne disparaît pas, mais presque.

T GARNIER 1919 07 MONUMORT 1.jpg

Voyez aussi de quelle façon le monument aux morts de 1914-1918 se serait imposé à la vue de chacun, vu de la rive gauche du Rhône. Dans presque tous les villages de France, le monument aux morts se trouve sur la place centrale, et personne ne peut l'ignorer. Alors imaginez : quelle dignité dans une telle situation rayonnante ! Quelle grande occasion perdue !

T GARNIER 1918 07 07 PHOTO J SYLVESTRE.jpg

Il faut donc regretter que le monument aux morts ait finalement été relégué dans l'île aux Cygnes du parc de la Tête d'Or, un endroit certes pas tout à fait invisible, mais qu'il faut avoir vraiment envie d'atteindre, après avoir traversé un tunnel humide, peu sympathique et pas toujours ouvert aux piétons. 

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Bon, n'exagérons rien : on n'est pas à Sainte-Hélène.

Personnellement, j'ai tendance à ne pas digérer que les édiles de la Ville aient renoncé, sans doute pour un problème de coût, à honorer de cette façon considérable et après tout normale les travailleurs, les hommes, les paysans, bref, les civils morts (sont-ils en définitive 10.600, 13.000 ou 16.000 ? Je finis par ne plus savoir.) sous l'uniforme militaire pour défendre la Patrie entre 1914 et 1918.

Et il faut remercier (attention : une fois n'est pas coutume !) l'ancien maire de Lyon Gérard Collomb d'avoir décidé de restituer intégralement les noms des morts en les faisant regraver, mais sur une pierre enfin assez sérieuse pour résister aux injures du temps (Comblanchien, je crois), à l'occasion du centenaire de la première boucherie industrielle de l'histoire humaine.

Autre chose : faut-il regretter que la rue de la République (rue Impériale à l'origine) ait renoncé à escalader la colline et se soit résignée à buter sur la place de la Comédie et le "bas des pentes" ?

Là, je suis catégorique : la Croix-Rousse, ça doit continuer à se mériter. Et le Croix-Roussien doit pouvoir encore et toujours proclamer fièrement, quand il va faire des courses dans la presqu'île : « Je descends à Lyon ».

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 09 juillet 2021

LE SABRE ET LE GOUPILLON ...

... NE SONT PLUS CE QU'ILS ÉTAIENT.

1962 ORDINATION ST JEAN GVERMARD.jpg

Cela commence, dans la cathédrale Saint-Jean, par le recrutement de mains capables de tenir le goupillon, demain et après, avec la fermeté souhaitable. Ici la soumission se fait sur deux genoux (voir ci-dessous).

ECOLE SANTE 1967 MILIT G VERMARD.jpg

Je ne sais pas si l'Ecole de Santé des Armées procède toujours ainsi dans sa façon d'introniser de nouveaux membres. J'observe avec curiosité le pied gauche en extension, qui ajoute au sadisme, et j'imagine l'effort pour garder l'équilibre et la posture impeccables tout en conservant l'impassibilité de l'expression. Ce qu'on appelle la discipline. J'ignore si celle-ci est une condition nécessaire à l'usage du stéthoscope et de la seringue. J'ignore si cela fait de bons médecins. On reconnaît la cour de l'Hôtel de Ville de Lyon.

ERRATUM : ce n'est pas l'Ecole de Santé Militaire dont on suit ici la cérémonie en 1962, mais l'Ecole de Saint-Cyr, dont un lecteur (R.N.) qui s'y connaît a reconnu un ancien condisciple : celui qui est debout au premier plan. Toutes mes excuses. J'engueulerai la Bibliothèque Municipale de Lyon pour la légèreté de ses informations et pour la propagation de "fake news" (ce n'est hélas pas la première fois). J'admets cependant que le photographe n'est peut-être pas pour rien dans la méprise. 

RENARD 1968 01 26 CARDINAL GVERMARD.jpg

Un cardinal visiblement de combat : voyez ces mains qui n'attendent que de tenir le sabre. Lui, c'est pas le stéthoscope et la seringue qu'il manie : en voyant ces yeux, je n'aimerais pas être fusillé par le regard de Renard (c'est son nom : il fut archevêque de Lyon).

Les photos sont de Georges Vermard.

jeudi, 08 juillet 2021

CHOULANS MÉTAMORPHOSE

I

1950 PLAN.jpg

1950 : LE PLAN.

De la Saône, en bas à gauche, à la place de Trion, en haut, c'est la montée de Choulans.

II

1961 QUAI DES ETROITS.jpg

1961

Cliché très instructif. Je n'ai pas réussi à trouver le nom du photographe. Détail grossissant ci-dessous : le premier virage est complètement intégré au bâti. Le versant de la colline comporte de vastes espaces verts. La montée de Choulans n'est pas encore la large trouée que nous connaissons. Et l'on est encore très loin du tunnel futur concocté par Zizi Pradel, le fou du béton.

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III

1969 01 CHOULANS 6 GV.jpg

1969

Noter que le pont Kitchener est un peu décalé pour accéder au serpent routier de la montée de Choulans. Avant les grands travaux, le bâti dans la première boucle est encore intact. Photo Georges Vermard.

IV

1969 01 CHOULANS 1 GVERMARD.jpg

1969

Les machines sont passées à l'action. L'immeuble frontal tient encore debout. Noter qu'au sud du chemin de fer (à gauche), la dent creuse vue plus haut est comblée par un beau cube. Photo Georges Vermard.

V

1969 01 CHOULANS 4 GVERMARD.jpg

1969

On voit ici l'intention initiale des urbanistes de placer l'entrée de la montée dans l'axe du pont ("alignez-vous ! je veux voir qu'une tête !", criait l'adjudant). A part le Cours de Verdun derrière et le chantier qui avance guilleret, je vois un immeuble qui n'en a plus pour longtemps. Photo Georges Vermard.

VI

1976 TUNNEL FOURVIERE.jpg

1976

Sept ans après la précédente, tout est en place, avec le tunnel, les tours d'aération, le troisième pont de Perrache. Ah non, tout n'est pas en place : il manque la belle boucle d'accès du pont Kitchener au tunnel, que l'on voit sur le plan ci-dessous. Carte postale.

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VII

1989 06 26 CLAUDE ESSERTEL.jpg

1989

Le progrès incontestable après tous ces travaux. Mais on vous dira que "Non, c'était pas mieux avant". Photo Claude Essertel.

« On n'arrête pas le progrès, dit Alexandre Vialatte : il s'arrête tout seul. » Et, comme on le constate au sortir de la deuxième boucle, ça se passe dans la montée de Choulans de Lyon.

Voilà ce que je dis moi.

***

Dernière minute : savez-vous ce que j'apprends dans Le Progrès d'aujourd'hui ?

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Ceux qui ont voté Grégory Doucet et Bruno Bernard à la dernière municipalo-métropolitaine vont commencer à comprendre les douleurs que signifie dans la réalité la "transition écologique". Le progrès fait rage. « Jusqu'où s'arrêtera-t-il ? », disait Coluche.

lundi, 05 juillet 2021

UNE ÉTONNANTE PHOTO

JULES SYLVESTRE

ECOLE DE GUERRE 1915 SYLVESTRE.jpg

On est en 1915. La photo est prise par Jules Sylvestre (1859-1936), qui a marqué la ville de Lyon de son empreinte de photographe infatigable. De plus, au fil de sa carrière, il a constitué une collection de plaques photographiques et de clichés divers quand ils lui paraissaient intéressants.

L'ensemble de ces images, qu'elles soient de Sylvestre ou amassées par lui, est conservé à la Bibliothèque Municipale de Lyon sous l'appellation de « Fonds Sylvestre ». Il est parfois difficile de faire la distinction, sur le site de la BML, entre les photos qui sont de l'auteur en personne et celles qu'il a acquises (je pense par exemple à l'ensemble "Louis Froissart").

Quoi qu'il en soit, ce que j'aime dans la photo ci-dessus, c'est d'abord l'ahurissante netteté de la définition (de mon point de vue d'amateur). Cela vient en bonne partie du format 18x24 de la plaque utilisée. Cette netteté permet de lire des détails que le présent format rend illisibles, des détails qui ajoutent selon moi une bonne dose de sel à l'air farouche ou triomphant des soldats ainsi immortalisés.

En voici deux : un des graffitis marqués à la craie sur le mur et une partie des mots ajoutés par les militaires à la structure du châssis. J'aime bien l'espèce de « commentaire » inscrit sur le mur, derrière le képi. Sylvestre, le professionnel, devait voir ce détail, sans doute resté inaperçu des troufions. Et ce n'était peut-être pas pour lui déplaire (là, je brode).

Source0.jpg

ecole de guerre lyon.jpg

On se contente de peu, avant, c'est sûr, la victoire prochaine. 

dimanche, 04 juillet 2021

UN ÉLÉPHANT : SA TROMPE

ELEPHANT 1965 05 GV.jpg

Photos de Georges Vermard au parc de la Tête d'Or.

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samedi, 03 juillet 2021

ACCROCHE-TOI AUX ÉCHELLES !!!

J'AI ENLEVÉ LES PINCEAUX !!!

1967 FOIRE DE LYON VERMARD.jpg

Photo de Georges Vermard prise à la Foire de Lyon.

lundi, 28 juin 2021

LA LANGUE DES BANLIEUES EN 1987

Une vespasienne à Corbas.

CORBAS CLAUDE ESSERTEL 1987 06 19 GRAFFITI.jpg

Le texte (aussi bon que le dessin) :

« les coboy de corbas « les cocus » les hommes qui ne veau PAS un pé de lapin il tirent par la peure »

Photographie de Claude Essertel. Inutile de dire que la langue des banlieues a "bien" (enfin, façon de parler) évolué depuis ce temps quasiment préhistorique.

Ci-dessous les destinataires du message.

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Photographie de Marcos Quinones.

Bon, c'est vrai, on est en 1992 à Pierre Bénite, mais.

dimanche, 27 juin 2021

DRAGUER

CLAUDE ESSERTEL 1985 DRAGAGE RHÔNE.jpg

Une chouette photographie de Claude Essertel.

mercredi, 23 juin 2021

QUE SERAIENT LES TERREAUX SI ... ?

... ÇA N'AVAIT PAS ÉTÉ BUREN ?

Bon, je sais, comme je déteste toutes les œuvres de Daniel Buren, avec son blabla sur l'organisation de l'espace public selon les Ecritures de sa Bible Artistique, certains me jugeront de parti pris. Je suis peut-être injuste envers cette vedette de l'ARCON (temporain), mais je suis prêt à reconnaître qu'il n'a pas tous les torts. Car si la place des Terreaux est restée aussi minérale qu'elle l'était déjà depuis fort longtemps, ce n'est certainement pas de sa seule faute.

Cela ne me fait pas oublier le procès qu'il a intenté et perdu contre les éditeurs des cartes postales où figurait "sa" place des Terreaux, à qui il osait réclamer des droits d'auteur. Comme si Daniel Buren avait inventé cet espace, alors que dans le fond il n'était en l'occurrence que le prestataire de service, autrement dit un domestique rémunéré de la municipalité. J'avoue avoir éprouvé un contentement certain à la publication du jugement qui le déboutait.

Il existe en effet de fort nombreuses photos plus ou moins anciennes qui montrent la même place des Terreaux, certes agrémentée d'arbres, mais jamais mis en pleine terre : les édiles se dépêchaient de rapatrier dans l'Orangerie du Parc de la Tête d'Or les espèces végétales qui ornaient les lieux pendant les belles saisons. Tout juste a-t-on osé faire creuser des WC souterrains ("côté dames / côté messieurs" s'il vous plaît) qui ont duré un temps (il y avait les mêmes place des Jacobins et place de la République), jusqu'à la fin des "dames-pipi". C'est triste, mais on est obligé de constater que nul responsable de la Ville n'a jamais songé à "végétaliser" de façon définitive cet espace pour le moins central. 

Pourquoi ? Sans doute pour préserver les belles perspectives, mais à part ça, mystère. Peut-être est-ce la raison pour laquelle un Maire (dont je veux oublier le nom) a décidé d'y creuser une fosse assez vaste et profonde pour ensevelir les automobiles le temps que leurs propriétaires aient achevé leurs emplettes ou leur journée de travail : rendez-vous compte, pas d'arbres à arracher en ces temps d'écologisme galopant !

Partant de cette "idée" géniale d'un parking souterrain dissimulé sous le sol de la place des Terreaux, le Maire en question ("Par Horus demeure ! Que ton nom ne soit plus !" lui a lancé le cheik Abdel Razek) lance un concours d'architectes. Quels ingrédients va-t-on étaler sur la tartine, sachant que le crime premier restera invisible et impuni ? Les concurrents ne sont pas nombreux : une demi-douzaine peut-être. Voici à quelles places des Terreaux les Lyonnais ont échappé. Peut-être pour leur malheur. Peut-être pas tant que ça : ce ne sont que des maquettes. Allez savoir. Du moment que la société Lyon Parc Auto se porte comme un charme.

Projet de l'Atelier Latitude Nord.

CLAUDE ESSERTEL 1991 12 16 TERREAUX PROJET ATELIER LATITUDE NORD.jpg

Projet de Bureau Paysage.

CLAUDE ESSERTEL 1991 12 16 TERREAUX PROJET BUREAU PAYSAGES.jpg

Projet Jourda Perraudin (noter l'impression de clôture de l'espace dans les angles).

CLAUDE ESSERTEL 1991 12 16 TERREAUX PROJET JOURDA PERRAUDIN.jpg

Projet Roure Bove.

CLAUDE ESSERTEL 1991 12 16 TERREAUX PROJET ROURE BOVE.jpg

And the winner is .... Projet Buren Drevet !!! On a quand même échappé aux trois portiques visibles sur la maquette.

CLAUDE ESSERTEL 1991 12 16 TERREAUX PROJET BUREN D.jpg

On l'a peut-être échappé belle !!! De toutes façons et quoi qu'il en soit, le crime premier n'était-il pas dans la décision de faire venir la voiture en centre-ville tout en se débrouillant pour la rendre invisible ? 

Tout cela se passait en 1991. Les photos sont de Claude Essertel.

mardi, 22 juin 2021

LA BEAUTÉ A L'ABRI DES REGARDS

En ces temps d'élections régionales, départementales et tout le toutim habituel, il est bon, pour l'édification des foules, de les faire pénétrer subrepticement, en dehors de la pompe des visites annuelles aux trésors de notre patrimoine, dans les secrets des bâtiments officiels qui servent de cadres aux joutes fraternelles et parfois fratricides qui sont l'âme même de notre République, au plus près des réalités du terrain, pardon : du territoire.

PREFECTURE VERRIERE LUCIEN BEGULE 1895 THIERRY WAGNER.jpg

Voici l'œuvre d'art qui veille sur les conseillers départementaux (anciennement conseillers généraux). Elle sert de plafond à la salle des délibérations de l'Hôtel du département (anciennement Préfecture). Ce vitrail est l'œuvre de Lucien Bégule (1848-1935), le maître verrier qui l'a réalisé en 1895. J'ai trouvé cette remarquable photo de Thierry Wagner (meilleure que celle, en N&B, de Marcos Quinones) sur un site consacré à l'artiste lyonnais, qui a laissé nombre de traces de sa maîtrise dans l'art du verre et de la couleur à Lyon et dans les environs. ( http://www.vitraux-begule.com/pages/lieux/prefecture/luci... ) Le tenancier du site pousse l'amabilité jusqu'à nous indiquer l'emplacement exact du vitrail sur le plan de l'édifice.

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Comme l'image ci-dessus est trop indécemment petite pour permettre de l'apprécier à sa juste valeur du fait de ses dimensions, je me permets de la présenter dans le sens vertical.

PREFECTURE VERRIERE LUCIEN BEGULE 1895.jpg

Du coup vous trouvez ça un peu flou, hein ? Moi aussi. Je ne comprends pas pourquoi je n'arrive pas à faire mieux. Le monde numérique ne cesse de me jeter à la face cette impardonnable infirmité.

jeudi, 17 juin 2021

LE REGARD DU PHOTOGRAPHE

Aujourd'hui un cliché intéressant de Georges Vermard.

GERLAND 1961 06 15 GD PLONGEOIR G VERMARD.jpg

Le grand plongeoir de la piscine de Gerland, tout en géométrie, tout en rectiligne, tout en nuances de gris.

mercredi, 16 juin 2021

LE REGARD DU PHOTOGRAPHE

Aujourd'hui les Gratte-Ciel de Villeurbanne, comme le piéton ordinaire ne les verra jamais.

Deux photographes ont eu à peu près la même idée. Le lecteur peut constater que, si les deux photos ont évidemment une parenté (sur le principe de l'enfilade), elles diffèrent de façon irréductible.

CLAUDE ESSERTEL 1991 06 03 GRATTE-CIEL.jpg

Claude Essertel.

GRATTE CIEL 3 2004 11 09 MQUINONES.jpg 

Marcos Quinones.

J'avoue avoir un faible pour la première.

Encore une histoire d'angle !

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mardi, 15 juin 2021

LE REGARD DU PHOTOGRAPHE

Sur le pont de Lattre.

Une histoire de priorité.

PONT DE LATTRE 2001 02 14 MQUINONES.jpg

Photo couleur de Marcos Quinones : à lui les façades classiques (bourgeoises) encadrant l'entrée de la rue Duquesne.

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Photo N&B de Jean-Marie Huron : lui, il aime bien mettre en perspective avec un premier plan envahissant.

PONT DE LATTRE RENE DEJEAN.jpg

Diapositive de René Dejean. Celle que je préfère : architecture, ligne, équilibre des couleurs, perspective, etc.

And the winner is .................. ??????????

lundi, 14 juin 2021

UNE BELLE PHOTO DE CLAUDE ESSERTEL

CLAUDE ESSERTEL 1991 02 18 FORT SAINT JEAN.jpg

L'angle absolu.

Fort Saint-Jean.

dimanche, 06 juin 2021

UNE FACÉTIE DE CLAIR TISSEUR

Clair Tisseur était un monsieur très sérieux. Architecte de son métier, on lui doit, par exemple, la mairie du 2ème arrondissement rue d'Enghien, l'église du Bon Pasteur sur les pentes de la Croix Rousse et celle de Sainte-Blandine, dans le quartier "derrière les voûtes". Il a aussi dessiné les églises de Brignais, Tassin, Saint-Laurent-d'Agny, ...

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Sainte Blandine, sans doute autour de 1932. Photo Jean Meunier.

Clair Tisseur n'était donc pas un petit rigolo. Mais on le connaît davantage sous son nom de plume, puisqu'il est l'auteur, sous le nom de Nizier du Puitspelu, de la Bible des Lyonnais en la personne (oui, oui) du Littré de la Grand'Côte, cette réserve inépuisable de saveurs charcutières où l'on peut apprendre, au gré de ses humeurs, ce qui arrive quand on mange des navets, en quoi consiste "baiser le c.. de la vieille", la recette authentique du "fromage fort" et tant d'autres joyeusetés lexicales et coutumières.

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Voici parmi les fort nombreuses comportant le mot "c.." (parlant par respect), l'analyse de l'expression "Révérence à c.. ouvert", où l'on savoure l'approche scientifique et néanmoins lettrée d'un auteur pétri de ses "humanités".

« Révérence à c.. ouvert (le mot salut serait plus exact, mais révérence est l’expression accoutumée). C’est une rigoureuse observation des lois de la physiologie qui a conduit des Lyonnais à donner ce nom à un profond salut, qu’il s’adresse d’ailleurs à un monsieur ou à une dame. L’agent principal du phénomène consigné dans cette expression est la contraction des muscles abdominaux : le grand droit, le pyramidal qui lui fait suite, le grand oblique, le petit oblique et le transverse. A cette contraction correspond naturablement, l’extension des fibres antérieures du muscle que, parlant par respect, les physiologistes nomment le grand fessier. Ce muscle rhomboïdal, épais, constitue l’élément le plus actif de la station debout. Son bord inférieur forme la limite de la πυγή. Lorsque le saluant s’incline, l’ίσχίον cesse d’être recouvert par le muscle, l’ὀρῥοπυγιον s’entrouvre proportionnellement. L’opération inverse a lieu lorsque le muscle, sous l’action nerveuse, reprend sa position primitive et vient de nouveau recouvrir l’ίσχίον. Les sphincters sont étrangers à ce mouvement ; cependant ils cèdent relativement dans la position baissée, et c’est ce qui explique pourquoi il n’est pas sans exemple qu’une révérence trop profonde n’ait amené des accidents, sans importance au point de vue pathologique, il est vrai, mais contraires aux lois de la politesse.

Si nous avons bien pu faire comprendre ce qui précède, il en résulte que, appelant : E, l’écartement de l’ὀρῥοπυγιον au maximum du salut ; N, le salut ou inclinaison du corps en fonction de cet écartement ; R, l’importance de la personne saluée ; on a E/N = N/R. D’où : N² = ER. D’où : N²/E = R. On peut donc en mesurant dans la pratique l’écartement de l’ὀρῥοπυγιον du saluant, connaître l’importance du salué.

Quant à la valeur de R, elle est pratiquement variable. Autrefois elle s’obtenait par la multiplication de divers coefficients : moralité, considération, rang social, services rendus, etc. Aujourd’hui il n’en est plus de même, et je connais des députés, des préfets, des sous-préfets, des magistrats, dont je ne donnerais pas deux sous, et que de pauvres diables sont obligés de saluer à sept, huit, neuf et jusqu’à dix centimètres d’écartement. »

Je n'ajouterai à ces facéties aucune des invariables plaisanteries entendues il y a bien longtemps, au cours de mon séjour sous uniforme dans une base aérienne proche de Lyon sur la façon d'entrer dans le bureau d'un supérieur dans l'intention de quémander une faveur avec un espoir de voir sa demande satisfaite.

Note : Je laisse au lecteur avisé le soin de traduire les quelques vocables grecs utilisés par Nizier du Puitspelu pour être substitués aux termes français jugés trop crus, blessants pour la bienséance et appelant toujours la formule "parlant par respect" qui lui sert dans toutes les occasions gênantes à ses oreilles.

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Autre note : D'où Clair Tisseur a-t-il tiré son pseudonyme ? On trouve peut-être la réponse sur un très vieux plan de Lyon. Pour la curiosité du lecteur, voici un fragment de ce plan de 1550, où l'on peut lire distinctement quelques noms de bâtiments ou de rues : Serpillière, L'Hostel-Dieu, Grolée, et ............ Puits-Pelu. Quant à Nizier, voici l'illustration qu'on trouve en frontispice de l'édition originale du Littré de la Grand'Côte, où l'on voit une flèche du clocher de l'église Saint-Nizier.

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Chacun en tirera ou non enseignements ou clartés à sa guise.

lundi, 19 avril 2021

LYON

Si vous connaissez Lyon, vous savez plus ou moins que la ville s'est appelée Lugdunum dans les autres fois et que, sur la colline de Fourvière, se trouvent des théâtres remontant à l'époque romaine. Mais qu'est-ce qu'il y avait avant ? Je veux dire avant la mise au jour de ces monuments légués par l'antiquité ? La réponse attend les curieux dans les trésors accumulés par la Bibliothèque Municipale de Lyon. On trouve en particulier une photo des lieux prise avant le début des fouilles impulsées par Edouard Herriot à partir de 1933.

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Vue générale des propriétés du "Syndicat des institutrices libres" et du "Couvent de N.D. de la Compassion", à l'emplacement du grand Théâtre, avant le 25 avril 1933, date du commencement des travaux de dégagement (légende BML).

Cette photo, quand je l'ai découverte sur un réseau social (Lyon historique et actuel), m'a plongé dans un abîme d'admiration et d'incrédulité. D'abord à cause de la qualité technique hors du commun du cliché. Quand je compare la "définition", le "piqué" de cette photographie avec ceux de la plupart des images produites aujourd'hui par wagons entiers, je m'interroge sur la notion de "progrès". Encore le format contraint de ce billet ne permet-il pas de s'en faire une idée juste.

Ensuite me vient la question de savoir comment, à partir de cette simple photographie des lieux, quelqu'un pourrait imaginer tout ce qui dort ici, tranquille et invisible, depuis vingt siècles. Vous le voyez, vous, le théâtre romain tel qu'il apparaîtra onze ans plus tard, en avril 1944 (ci-dessous, observez aussi le verger en fleur) ?

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Bon, je sais que les archéologues n'ont pas besoin de voir : ils savent par d'autres sources que tel bâtiment cité dans un texte doit se trouver à peu près à tel endroit (Chateaubriand prétend bien, dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem, avoir retrouvé l'emplacement véritable de Sparte sur la base de ses lectures !). Il reste que moi, qui ne suis pas archéologue, je vois ici des prés portant dans une pente paisible des arbres fruitiers qui n'attendent que le moment de fructifier pour le plus grand plaisir des gens qui vivent en ces lieux.

Je subodore aussi qu'Edouard Herriot, en lançant cette énorme opération de dégagement (de déblaiement), n'était pas mécontent de donner un coup de pied dans la fourmilière de la "Colline qui prie" (opposée jadis à la "colline qui travaille", qui est la Croix-Rousse) : malgré toute la force de leur foi, c'est sans doute par la force de la loi que le syndicat des institutrices libres et le couvent de Notre Dame de la Compassion ont été expropriées.

Devant cette immense débauche d'énergie pour rendre au présent des œuvres du passé lointain de la ville, je me permets de garder une certaine distance. Car dans le cas qui nous occupe, il s'agit moins de faire apparaître que de rebâtir entièrement. Pour moi, le théâtre "romain" est pour une large part fictif. J'en veux pour preuve cette photo du chantier prise en janvier 1934 : voilà l'état des ruines telles qu'elles ont été déterrées.

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Vous vous voyez, assis sur ce tas de cailloux, même avec un coussin, pour assister à une représentation de Lohengrin (quatre heures au bas mot) ? N'en déplaise aux mânes d'Amable Audin, ce grand archéologue, on est bien devant une entreprise de reconstruction complète. Cela dit, oui, j'avoue avoir passé là des soirées, et même des nuits mémorables, au cours desquelles je ne pensais guère aux Romains.

samedi, 27 mars 2021

RENDEZ-NOUS LES VESPASIENNES

A bas les machines JCDecaux !

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Rendez-nous nos édicules !

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C'est pas beau, une vespasienne ?

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Photos de Jules Sylvestre, Lyonnais.

09:05 Publié dans LYON | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lyon, vespasiennes

vendredi, 04 décembre 2020

MARCELLINE GASTON

Je ne sais pas où habitait exactement Marcelline Gaston, je veux dire dans quelle piaule à bon marché elle avait trouvé un abri. Quand je l'ai vue, à ma grande surprise, dans l'église Saint-Polycarpe, assister aux obsèques du cher docteur Maurice Denis, j'ai commencé à me demander si quelque âme généreuse ne lui avait pas trouvé une chambre dans le très sélect immeuble "Saint-Bernard", boulevard de la Croix-Rousse. Maurice et Annie Denis, catholiques fervents, possédaient là un bel appartement. J'avais d'ailleurs vu un jour Marcelline sortir de l'immeuble. Aurait-elle eu, sans cela, de quoi se loger ?

Le territoire de Marcelline n'était pas très étendu : la place de la Croix-Rousse en tout premier, avec des apparitions chez le boulanger Caclin (maintenant "Les Co'pains d'abord"), à l'angle de la rue d'Austerlitz et de la rue Belfort. On pouvait parfois apercevoir sa silhouette rue Aimé Boussange ou rue Victor Fort. En dehors des producteurs du marché du boulevard, dont certains la connaissaient fort bien, pour lui abandonner à vil prix quelques denrées, du moins à ce que j'ai cru comprendre, je ne l'ai jamais vue s'aventurer beaucoup plus loin.

Sa silhouette ? Indescriptible. Imaginez un arbre cassé en deux, le tronçon supérieur faisant un angle droit avec la partie verticale. Ajoutez qu'elle marchait d'un pas saccadé, tenant une béquille orthopédique dont elle dirigeait vers l'avant la partie réservée au coude, et tenait la poignée comme si ç'avait été une arme. Elle n'aimait pas qu'un marcheur audacieux ose la dépasser d'un pas plus rapide, et elle le faisait savoir. 

Tous les gens passant par ce coin de Croix-Rousse ont un jour croisé la route de Marcelline Gaston. Certains s'en souviennent peut-être pour avoir subi ses imprécations au moment de la côtoyer, que ce soit sur le trottoir ou faisant la queue dans un magasin, émettant à jet quasiment continu ses récriminations contre le monde ou contre ses semblables.

Je l'ai entendue enjoindre à une femme qui en est restée tout ébaubie de retourner chez elle pour quitter son pyjama et passer enfin une tenue correcte. Elle ne dédaignait pas l'insulte, et je ne doute pas qu'elle a froissé les oreilles ou l'amour-propre des passants qui ne fréquentaient le plateau qu'à l'occasion de son marché ou pour se procurer quelques macarons chez Bouillet. 

Cela dit, moi je sais que Marcelline Gaston n'était pas méchante. Ceux qui avaient compris et admis sa présence, à commencer par les commerçants chez qui elle se procurait le peu qu'elle mangeait, devinaient (plus qu'ils ne savaient) que son existence passée n'avait pas été de tout repos et qu'elle avait eu son gros lot d'épreuves. 

Chaque fois que je l'ai croisée, après un temps de surprise vaguement déconcertée, j'ai pris le parti de la saluer d'un : « Bonjour Madame » sonore. Du coup, elle m'avait "à la bonne". La preuve, c'est qu'elle n'hésitait pas, quand nous nous trouvions dans la même file d'attente, à me taxer d'une pièce ou deux. Comment refuser ? Je n'oublierai pas le regard presque sauvage qu'elle levait vers les personnes en qui elle reconnaissait non des méchants, mais au moins des vivants tolérables. 

Un jour que j'étais assis à la terrasse de La Crèche en train de lire mon journal en sirotant (avec modération) quelque boisson forte, elle me reconnut, s'approcha et me demanda : « Vous me payez un verre ? ». Là encore, comment refuser ? Elle s'assit, pendant que j'allais demander à Jean-Pierre un pastis pour la dame. Jean-Pierre ne dit rien.

Elle me raconta alors une partie de ses malheurs, en particulier ses séjours à l'hôpital, où les chirurgiens lui certifiaient que son problème de colonne vertébrale était absolument inopérable. « Sinon j'y passais », avait-elle ajouté. 

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Marcelline Gaston vient de mourir. J'en ai lu l'annonce dans Le Progrès. Elle avait trouvé pour finir refuge chez les Petites Sœurs des Pauvres. J'espère qu'elle est morte en paix avec le monde et avec elle-même. Qui peut bien se cacher derrière le "nous" qui a assuré les frais de cet avis de décès paru dans Le Progrès daté du 26 novembre 2020 ? J'aimerais bien le savoir.

jeudi, 21 mai 2020

LES AFFAIRES ONT REPRIS

L'action se passe rue Boussange (69004).

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Là, c'était avant, quand les lieux ne servaient à presque rien de franchement utile et à presque personne de vraiment important.

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Là, à 6000€ le m², ça va sûrement servir à quelques importants (état du chantier au 4 mai 2020).

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Là, on voit que le promoteur ne plaisante pas. Je passe sur l'édification des immeubles projetés. Presque toute la couleur verte de la photo Google est promise à disparition, mais ils vont peut-être garder le cèdre (la couleur ne trompe pas les connaisseurs).

J'attire juste votre attention, ci-dessus,  sur la bande de terre qui sépare le chantier des immeubles anciens, dont le côté "cour" est limité par un haut mur (visible au sud de la petite verrière). Une bande de terre qui, elle non plus, ne sert à rien ni à personne (je plaisante). En fait, c'est un creux, peut-être le fossé des anciens remparts qui protégeaient Lyon des ennemis venus du nord en général et de Caluire-et-Cuire en particulier (commune limitrophe). C'est là-dessus que je braque mon objectif.

Ci-dessous le mur qui sépare la bande de terre de la rue Boussange, mur caché - à droite - sur les photos Google. L'indispensable Café de la Crèche est voisin immédiat.

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La brosse métallique a déjà clarifié le terrain, et la disqueuse a déjà tracé les contours de ce qu'il faudra enlever.

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Voilà ce que ça donne, l'ancienne bande de terre qui ne servait à rien, quand la future porte des garages est ouverte. Il faut tenir le mur qui tient le mur de séparation. L'immeuble du fond arrive à son quatrième étage. Je pense aux habitants des immeubles anciens (à droite), qui voyaient quelque chose d'agréable de leurs fenêtres.

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Une couverture pour garder au chaud (pour boucher, aussi) : on ferme.

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Plus qu'à attendre que ça tienne. On est dans le dur de la réalité.

La Croix-Rousse ? En route vers la modernité moderne, on vous dit !

mercredi, 15 avril 2020

LA CROIX-ROUSSE CORONAVIRÉE

On ne peut pas la louper : elle est à l'angle du boulevard de la Croix-Rousse et de la place de la Croix-Rousse.

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La Brasserie des Ecoles (Mr. C., propriétaire, père de famille nombreuse et chrétien fervent) comme je ne l'ai jamais vue.

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Tous rideaux tirés, tables et chaises empilées : une brasserie en temps normal ouverte 7 jours sur 7, de 6 heures à minuit, vacances comprises !!!

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Un choc !