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dimanche, 26 mars 2017

FRAPADINGUE ET VEGAN ...

... SONT DES MOTS QUI VONT TRÈS BIEN ENSEMBLE.

(Pardon aux Beatles).

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« Lait = viol », « Stop souffrance »,

« Lait = meurtre », « Stop, go vegan ».

Toutes ces belles inscriptions sont signées ALF. Il paraît que le sigle signifie (en anglais) Animal Liberation Front. En français : Front de Libération des Animaux. La fromagerie ainsi décorée se trouve à Lyon, dans le quartier Saint-Georges. Trois autres fromageries (on disait "crèmeries" - ou crémeries - dans les autrefois) lyonnaises ont subi le même sort, autour du 19 mars. On trouve l'information en divers lieux, entre autres dans Le Progrès du 24 mars.

Je ne m'attarderai pas outre-mesure à commenter la chose. Je me dis quand même que la santé mentale fait rage, et que, parallèlement à la montée du Front National, d'autres pathologies progressent jour après jour, aussi irrésistiblement, quoiqu'avec une moindre publicité. Ce qui est sûr, c'est que je ne suis pas près de consommer le fromage (rien à voir avec notre « cervelle de canut » lyonnaise : fromage blanc, crème, échalote, oignon, persil, ciboulette, ail, huile d'olive) qui tient lieu de cerveau à des zozos qui, comme tout djihadiste qui se respecte, érigent leur monomanie en vérité universelle, en dogme absolu, en doctrine obligatoire, sous peine de. Leur objectif est celui des djihadistes : convertir l'humanité entière à leur religion. Car ils savent de source sûre ce qui est bon pour les autres, dont ils ont décidé de prendre le destin en main et d'assurer le salut, y compris dans l'au-delà. Et y compris contre leur gré (cf. les anti-corridas). Du genre "démoulé à chaud", comme on ne dit peut-être plus.

J'ai un peu honte de poster un tel billet le jour même du cent-quatre-vingt-dixième anniversaire de la mort du grand Ludwig van. Puissent ses mânes avoir la mansuétude de me le pardonner. En pénitence et en guise de prière, je me réciterai à genoux tout l'adagio de l'opus 106 (Hammerklavier, 1819), avec son miraculeux "la-do" initial ajouté in extremis, au grand dam de l'éditeur, qui a fini par trouver ça génial (noires pointées, la croche à 92), et ses prodigieuses et récurrentes remontées vers la lumière, depuis le fond des catacombes du piano (à la main gauche, évidemment). Puissé-je être encore vivant quand on sonnera le bicentenaire ! Qu'est-ce, après tout, que dix ans ?

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lundi, 20 mars 2017

ÉPITAPHE A L'EMBRASURE

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Photographie Frédéric Chambe.

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Je ne sais plus si j'ai déjà cité le très court texte qui clôt les Contes et nouvelles en vers de La Fontaine, et j'ai la flemme de vérifier. Ces six petites lignes rimées me sont si plaisantes que je ne résiste pas.

« ÉPITAPHE DE M. DE LA FONTAINE,

faite par lui-même.

 

Jean s'en alla comme il était venu,

Mangeant son fonds après son revenu ;

Croyant le bien chose peu nécessaire.

Quant à son temps, bien sut le dépenser :

Deux parts en fit, dont il soulait passer

L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire. »

 

Note : "souler", c'est proprement "avoir l'habitude", "avoir pour agréable".

samedi, 11 mars 2017

PENDANT LES TRAVAUX

Ce qui fut historiquement le premier local de l'association Agend'arts (de l'histoire ancienne : maintenant, ils sont au large). 

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Photographie Frédéric Chambe.

jeudi, 09 mars 2017

L'ATELIER

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Photographie Frédéric Chambe.

mercredi, 08 mars 2017

LÉON PALIARD

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Photo sur plaque de verre (13x18 cm.), prise autour de 1900. Le pêcheur, à la vocation artistique contrariée, homme d'affaires, receveur des Hospices Civils de Lyon, et qui se présentait en « défenseur des intérêts des pauvres », garda jusqu'à la fin son âme et son hobby de poète et de compositeur de musique. Il est mort en 1907, âgé de 81 ans, « respecté, regretté et honoré de tous ».

Il a malheureusement été empêché de déployer toute l'étendue de ses talents : admis comme élève dans la classe d'illustres maîtres de l'époque au Conservatoire de Paris (Adolphe Adam, auteur du Toréador, du Postillon de Longjumeau, etc., Ambroise Thomas, auteur de Mignon, Hamlet, etc.) et promis à une belle carrière, il lui a fallu interrompre ses études à la mort de son père pour faire face à la situation. La partition ci-dessous est datée de 1898 : on voit à quoi Léon Paliard consacrait ses temps libres. Il est vrai qu'il devait alors être à la retraite. J'aime bien le titre (pour un raison personnelle), mais je ne sais pas si cette musique méritait de passer à la postérité. L'appellation "historiette", à tort ou à raison, permettrait d'en douter.

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Le praticien de la photographie à qui je me suis adressé a été incapable d'obtenir un tirage correct de la plaque négative. Il a fallu que je bidouille un rétro-éclairage acrobatique au-dessus de la plaque positive posée sur le scanner pour obtenir une luminosité acceptable. Et le scanner n'est pas de première qualité, comme on le voit peut-être dans l'eau de l'étang.

Ci-dessous une autre photo, qui montre Léon Paliard écrivant, peut-être de la musique (quoiqu'il ne soit pas au piano), pendant que son épouse s'adonne apparemment à des travaux d'aiguilles, dans leur appartement de la rue Vaubecour, à Lyon. Bref, on pose.

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mardi, 07 mars 2017

AU CAFÉ

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Photographie Frédéric Chambe.

lundi, 06 mars 2017

FRICHE CROIX-ROUSSIENNE

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L'escalier (assez sinistre, à vrai dire) monte vers les courts de tennis désaffectés, dont la gestion était, me semble-t-il, associative (je me trompe peut-être).

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Le terrain, théoriquement encore sous l'emprise de l'INRAP (vous savez, ce machin de l' "Archéologie Préventive", concession faite par les bétonneurs au patrimoine culturel collectif, dont je n'ai jamais vu un seul membre sur le terrain), est promis au béton. Un beau jardin avec des bancs, une pelouse, un espace pour les crottes de chien, un espace pour les jeux des enfants, le tout étant délicieusement ombragé par de vrais arbres en bois d'arbre ? Voyons, vous n'y pensez pas ! Soyons sérieux !

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La friche occupe, comme on le voit, le cœur de cet îlot, compris entre une bribe du boulevard (en bas), la place de la Croix-Rousse (à gauche), la rue d'Austerlitz (en haut) et la rue Boussange (à droite). Le rectangle en bas est le toit de l'ancien centre de formation de la Poste, qui a été récemment transformé en immeuble de très grand standing (on appelle ça la "gentryfication"), du haut duquel le panorama sur la ville doit être splendide. Derrière les façades de la place (à gauche), on voit le rectangle bistre du terrain de boules où les habitués descendent (c'est, au bas d'une vingtaine de marches, un des restes de l'ancien fossé du fort de la Croix-Rousse, quelques autres rectangles un peu sombres, en-deçà des immeubles, indiquent les autres restes) faire leur pétanque et s'imbiber le gosier. Les petits vernis qui avaient vue sur la verdure bénéficieront bientôt d'un paysage plus "moderne". Hors des jardins privés bien établis, on pensera peut-être à sauver quelques arbres.

Photographies Frédéric Chambe.

samedi, 04 mars 2017

LA SUBVERSION FILLON

Table très recommandable.

Mais pourquoi avoir voulu coincer à tout prix des rafales de bouquins sur des rayons manifestement trop pas faits pour ça ?

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Photographie Frédéric Chambe.

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Nicolas Sarkozy, président de la République, avait comparé les juges à des boîtes de petits pois alignées sur un rayonnage. François Fillon, candidat à la présidence de la République, a fait un pas de plus en direction de la destruction de l'institution judiciaire. Que des personnes qui exercent la plus haute fonction des institutions de l'Etat ou qui aspirent à le faire puissent contester la légitimité d'une de ces institutions est proprement sidérant. François Fillon a mis bas le masque sur sa conception profonde de l'exercice du pouvoir, une conception autocratique. Il voudrait créer une situation insurrectionnelle qu'il ne s'y prendrait pas autrement. J'espère que ce n'est pas dans ses intentions, bien que ses propos ressemblent furieusement à ceux que tient Marine Le Pen. Drôle d'endroit pour une rencontre. Je dirais même : inquiétant. 

Cet homme est dangereux.

vendredi, 03 mars 2017

ITINÉRAIRE BELGE

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Derrière la baie vitrée de l'ancienne plomberie, l'inscription qui justifie le titre abracadabrant du billet figure en toutes lettres (illisible ici) sur la planchette tout en haut à droite de l'édifice livresque (il y a aussi des DVD). J'ai l'impression (ce n'est qu'une impression) que le livre sur Lyon (tout en bas au milieu), ainsi que le jeu de Monopoly (édition de Lyon, en haut à droite) sont là pour faire croire que. Cela sent l'implantation récente.

mardi, 28 février 2017

ON REDÉMARRE

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Avant, puis après le nettoyage des vitres.

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Reste quelques finitions. Et une serpillière à passer. Et les tables à installer (aux dernières nouvelles, c'est fait).

Photographies Frédéric Chambe.

jeudi, 23 février 2017

JARDIN A LA CROIX-ROUSSE

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Photographie Frédéric Chambe.

mercredi, 22 février 2017

LA VIE DERRIÈRE LA VITRE

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Photographie Frédéric Chambe.

lundi, 20 février 2017

LE FEU DU PROJECTEUR

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Cela valait vraiment le coup d'être mis en pleine lumière.

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Photographies Frédéric Chambe.

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samedi, 18 février 2017

LA SOIERIE EN TRAVAUX

Derrière la peinture blanche appliquée sur les vitres pendant la durée du chantier.

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Photographie Frédéric Chambe.

lundi, 13 février 2017

RUE DUMENGE 3

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Photographie Frédéric Chambe.

dimanche, 12 février 2017

RUE DUMENGE 2

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Photographie Frédéric Chambe.

 

samedi, 11 février 2017

LES "COUPS" DU PÈRE FRANÇOIS

Lettre ouverte à tous ceux qui nous font honte d'être Français.

Les coups de projecteur sur les activités de François Fillon, et sur la réalité des inactivités grassement rémunérées de son épouse Penelope et de ses enfants Marie et Charles, ont mis en pleine lumière une bonne part de ce qui rend l'ensemble du personnel politique français vomitif et haïssable aux Français, et surréaliste aux yeux du monde, qui regarde notre pays avec effarement.

Mais si le cas Fillon suscite un tel dégoût, ce n'est pas seulement parce qu'il révèle une pourriture particulière. Car si Fillon (et beaucoup d'autres) a pu prospérer à ce point et si longtemps, c'est que tout le système politique fonctionne de façon à autoriser de telles pratiques, et quand je dis "autoriser", c'est peut-être "favoriser", voire "organiser" qu'il faut entendre. C’est tout le fruit qui est véreux jusqu’au cœur. 

Le pire dans cette affaire est que le cas particulier Fillon n'est que la caricature de mœurs très communément partagées, qui font des députés, sénateurs et ministres cette odieuse caste de privilégiés, sans parler de tous les rats mis « en réserve » (= recasés tant bien que mal pour "services rendus") dans des sinécures plus ou moins fromagères : siège dans une "Haute Autorité", au CSA, au Parlement européen, au Conseil économique et social (véritable malle au trésor réservée à tous les récompensés des "petits services"), Institut du monde arabe (pour Jack Lang), direction d'un des très nombreux "Observatoires" lucratifs mis en place depuis des décennies, et un nombre indéterminé de planques moins voyantes. La pourriture est dans les "usages", les "habitudes" et les "coutumes" en vigueur parmi les élites politiques, un pli qui a été pris avec la professionnalisation des fonctions politiques.

Les ministres suédois, quant à eux, mangent à la cantine, et les députés se déplacent à vélo et voyagent en train : de quoi tomber de sa chaise quand on compare. De quoi être écœuré jusqu'à la nausée par ce que se permet un homme qui trait les contribuables comme une vache à lait, et qui ose se présenter à leurs suffrages pour diriger le pays. 

C'est le statut actuel des hommes politiques qui doit être rayé de la carte. Le "sortez les sortants" est une poudre aux yeux. Le "dégagisme" vociféré par le vieux poisson Mélenchon est totalement illusoire s'il ne s'accompagne pas de la décision de jeter à bas la structure entière du mode de désignation des "élites" politiques. Il est frappant de constater que Mélenchon, Hamon, Valls, Fillon, sauf erreur, n’ont jamais vécu ailleurs que dans le petit monde des politiciens professionnels. Marine Le Pen est juste une fille-à-papa. Quant à Macron, candidat de la banque (au fait, d'où tire-t-il les ressources qui lui permettent de faire campagne en grand ?), qui peut voir un instant, en cet immature paltoquet (Le Robert : « homme insignifiant et prétentieux »), un chef de l’Etat ? 

Pour moraliser la vie politique française, il y a un excellent et efficace moyen : cesser de doter les mandats électifs d'avantages matériels (financiers et autres) si consistants qu'ils ne peuvent que susciter concurrences et rages de convoitise. Cesser de rendre ces postes éminemment désirables pour les ramener à leur fonction originaire : servir le pays en faisant les lois. Cela redonnerait à la fonction parlementaire la signification noble et respectable que des pratiques complaisantes ont avilie et dévoyée. Sans aller jusqu'à assécher complètement le fleuve Pactole, il faudrait en enserrer le débit entre des digues sûres. 

Pour commencer, on pourrait revoir à la baisse le nombre des parlementaires, cesser de les rémunérer avec l’argent public comme s’ils étaient des patrons de PME florissantes (plus de 12.000€ (indemnité + frais de mandat), sans compter les crédits pour payer des collaborateurs : on voit avec Fillon où peut aller cet argent), les obliger à abandonner leur fauteuil de maire s’ils veulent être députés ou sénateurs, leur interdire d'occuper plus d'un poste (Gérard Collomb, qui vient de rejoindre Macron, est à la fois maire, sénateur et président de la Métropole de Lyon : vous trouvez ça normal ?), d’assurer plus de deux mandats d’affilée, les faire retourner à la vie civile après avoir joué leur rôle, sanctionner la moindre absence aux débats, bref, les obliger à descendre de leur piédestal confortable et de mettre pied à terre, et tout faire pour empêcher qu’ils puissent se considérer autrement que comme des personnes ordinaires.

Car le plus choquant dans l’histoire Fillon (après d’autres) est l’impression qu’il a produite de se sentir dans son bon droit, invulnérable, immunisé contre la réalité commune (nous faire le coup de l’indignation, franchement, il nous prend pour qui ?).  La césure entre la caste des politiciens (avec tous ceux qui gravitent autour, en profitent et filtrent ce qui leur arrive de la réalité) et la population française ne sera comblée qu’à ce prix. Malheureusement, mon sentiment intime est qu'elle n'est pas près d'être comblée.

Encore plus choquant : je m’étais senti humilié en tant que Français par la bassesse arrogante d’un Nicolas Sarkozy allant mendier des stylos de luxe dans les rencontres internationales ; je me suis senti humilié en tant que Français par l’indécision pathologique d’un François Hollande, obsédé de faire la « synthèse » et de ne se mettre mal avec personne ; aujourd’hui je me sens humilié en tant que Français par le cynisme impavide d’un François Fillon capable, comme tant d'autres, de laisser la France ridiculisée dans la presse internationale pour les mœurs corrompues de son personnel politique, et indifférent au discrédit moral dont le pays tout entier est l'objet. 

François Fillon, comme les autres, nous fait perdre le sens de la dignité et de l’honneur. François Fillon, qui se prétend homme d’Etat, n’hésite pas à laisser fouler aux pieds l’honneur de la France, qu’il aspire à diriger.

Honte sur lui. Et honte sur nous tous Français, s’il venait à être élu.

Voilà ce que je dis, moi.

jeudi, 09 février 2017

TRAVAUX À L'AGENCE

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Photographie Frédéric Chambe.

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(Au sujet du texte suivant, on peut se reporter à son "exposé des motifs" à la date du 3 février, qui ferme une porte définitive sur quoi, qui était peut-être une œuvre.)

11/11

 

C'est au fort de toi que je donne

le cru, le pauvre, avec des ouvertures.

Avec toi, qui me déplaces,

j'apprends le dru, le très formé,

le fort du lisse avec lumière.

Qui j'ai voulu, c'est dans l'aveu,

ce toi, ça vient du cœur du fond.

Dans le poids du travail ourdi

(c'est un réseau de voix rusées),

c'est devenu le vrai, ce ventre,

le compris de la source.

Le nénuphar est une antenne

tendue vers le silence.

Si je comprends ce qui s'efforce,

c'est en-deçà que ça bourgeonne.

Très confondu avec mon livre,

je te fais des mains croustillantes.

 

FIN

 

F.C.

(Livre traduit d'un pur de langue, fragment, p. 83.) 

mardi, 07 février 2017

APRÈS L'HÔPITAL ... ?

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Photographie Frédéric Chambe.

Le cabinet du docteur (avec le jovial "Oscar" des carabins pour donner courage).

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(Au sujet du texte suivant, on peut se reporter à l' "exposé des motifs" à la date du 3 février.)

10/11

C'est dans le dur de moi :

Je bats à coups de bruits

Mon cœur défait du pire.

Dans le couteau de moi,

Ça fait de la peau pure.

C'est dans le gros de ça

Qu'on sent le sel qui coule.

C'est fort de goût le sûr.

 

Dans le cousu du sac de peau,

Je suis le ruminé complice,

Le réservoir inclus.

La photo dépolie,

Ça fait une entrée double.

Je me disjoins, je sors.

Je cherche un bruit : le pur.

La fenêtre à venir.

 

Je livre au corps secret

Mon verre avec ma lèvre.

Hésité jusqu'au noir,

J'ai convaincu l'air pur.

Dans l'induit, ça passe outre,

Et ça verse au concert.

Le décousu, le dû,

L’œil aime à son insu.

 

Dans le moi que je dis,

Ça reste tu, ça dort.

Tu entends les coups sourds,

La voix au fond d'ici,

Le cœur en bout de bruit.

C'est dans le tu qu'on est.

Vers tu, ça se complique :

Élaboré le pur.

 

Le moi de la fabrique

A fait son dû, parole.

L'insu de soi d'avant,

Il a de quoi porter.

Il a le devenu,

Celui qui part en bloc.

Complet de mes fantômes,

Je suis le murmuré.

 

Corps étrange à la source,

Je me rends au danger.

Ma langue, à coups de bruits,

Cherche ailleurs à combler,

C'est l'autre avec ses robes,

C'est l'autre avec ses danses.

Je vois dans l'encolure

Un beau jour émergé.

 

Le sédiment du ciel,

C'est l'autre voix du corps.

J'ai dans le pur de noir

La condition des formes.

Mur de toile au futur :

Des corps peints, des contours,

En court ça se dessine.

Ce sera bleu, qui chante.

 

En dépoli, sorti,

en étranger de bruit,

ça s'émancipe en traits.

C'est donné, la tournure.

C'est cœur d'abois, le dire.

Reste à signer l'air pur

Avec les doigts d'après,

Compteur des grains du fruit.

 

Il est dans le donné,

Le sorti, le complice,

Celui qui naît déçu.

Il a du droit, des preuves.

Il ira vers le brut,

Conduisant clair ailleurs,

limite ouverte à suites,

Bruit d'avenir voulu.

 

Il a vu ce qu'il vit.

Il sait, pour la forêt :

c'est le fort du secret

qui s'alimente au doute.

Dedans, c'est du construit.

Avec du vent vibré,

le bleu entre les tempes,

il sédimente en fruits.

 

F.C.

(Livre traduit d'un pur de langue, fragment, p. 80-82.) 

dimanche, 05 février 2017

APRES LA FERMETURE

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Le bistrot.

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Le "goûter".

Photographies Frédéric Chambe.

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(Au sujet du texte suivant, on peut se reporter à son "exposé des motifs" à la date du 3 février.)

8/11

Mouru sans voix,

si c'est le manifeste,

si c'est le risque de l'insu,

ça fait son tort malgré le soi.

 

Le moi qui coule en tu,

c'est dur de gris d'en avoir plus.

Avec savoir, le papier reste.

 

Il a du corps vorace,

et ça frappe au vivant,

ça veut que ça revienne,

en savoir plus.

 

Mais j'ai voulu le quoi.

J'ai dur de ventre.

L'imminent fait centre.

 

Dans la cour du vrai,

ça joue du cœur,

ça devient mur de mal.

J'ai du malgré dans l'injure.

 

Quoi franchir ?

Quand on fait cœur, on fait bruit.

J'ai du cri avec mort d'avenir.

 

Du cru de moi,

qui attend, su, le soi,

le tu de toi,

l'hiver de la personne.

 

Dans le défait de moi,

ça reste en racine.

 

F.C.

(Livre traduit d'un pur de langue, fragment, p. 60.)

jeudi, 02 février 2017

LA MÊME BAIE VITRÉE

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Photo du 1 novembre 2013.

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Photo du 16 janvier 2017 (le restaurant en face est fermé le lundi, et il y a un échafaudage contre la façade).

Photographies Frédéric Chambe.

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7/11

Ce fut un coup d'aile.

Il est tout seul dans son voyage.

Il porte son corps en otage,

sable autant que sablier, ça coule en délité,

il dit son vertige.

 

Qu'il est ténu,

le fil du frein !

C'est venu dans l'apparence,

avec ses taches,

tourné vers après.

 

Mais on est dans la cage,

avec la crainte qui sévit.

L'hiver est dans la poche :

où elle va, la personne ?

 

Couvert de vie,

tout seul avec son bruit.

Il fait son cœur.

 

F.C.

(Livre traduit d'un pur de langue, fragment, p. 65.)

mardi, 31 janvier 2017

RUE D'IVRY 3/4

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photographie,lyon,croix-rousse

Photographies Frédéric Chambe.

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5/11

On a beaucoup nié,

en espérant la chair.

On a pétri du pire,

avant la bouche à mots,

avant de se frotter,

pour grossir la foule.

 

S'il dit : c'est vain,

ça fait violent.

Pour les diverses mères,

en équilibre à la seconde,

ça fait de l'appétit,

des bouts d'hiver,

des corps d'ennui.

L'intime est vide.

 

L'enfant dans le violent,

construit du désordre.

Il joue à l'ennui.

Le comédien le connaît mieux.

La foule inclut son corps,

et sa dérive en bord de vie,

et son déni, son désaxé.

 

Pour celle que je connais

(l'ivresse à dénoyer),

il a fallu du sel,

de l'eau violente.

Le vrai d'hiver,

c'est un corps médiocre,

au bord du vide.

 

Pour celle que je connais,

il faut pétrir.

J'ai vu ses mains d'ennui,

les traces, un équilibre,

mais sans vertu.

On n'a qu'un corps salé.

 

Celle que je connais

meurt en appétit.

Elle a fait de son corps un bruit : 

un son d'artère avec des noms.

Le nombril est ouvert.

Le ciel se retient.

 

 

F.C.

(Livre traduit d'un pur de langue, fragment, p. 24-25.)  

dimanche, 29 janvier 2017

RUE DU PAVILLON 2

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Photographie Frédéric Chambe.

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4/11

C'est la secousse à deuil,

pas la mémoire.

Comme une amphore,

la figure en façade.

 

C'est un format de l'existence :

jamais plus à comparaître.

Comment porter ?

Combien offrir ?

 

La naissance incurvée,

c'est un souci qui fonde.

Dans le trou de mon deuil,

j'entends claquer la voix façade,

la voile enfreinte au neuf du corps.

Jamais je n'ai.

 

Si je porte, j'entends.

Si j'ai voulu, c'est la mémoire.

Il y a de l'ailleurs dans l'autre,

dans l'habit de la voix.

Il a le deuil en souterrain.

Il porte les contours.

 

C'est le moi forcené,

lardé de matins vibrés,

à nu de lame.

On confie sa vie,

et puis on la confisque.

 

F.C.

(Livre traduit d'un pur de langue, fragment, p. 20.)

vendredi, 27 janvier 2017

PLACE DES TAPIS 2

Dernières feuilles qui résistent, deux silhouettes à la fenêtre.

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Photographie Frédéric Chambe.

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2/11

Étrange et bas, le sûr se tait,

ça dit les bribes.

L'entier n'a pas cessé.

Le temps vient après ça.

 

J'entends cette existence.

Pas loin, c'est en forme de fin.

Dans le conflit, entre en parole.

On n'est peut-être pas.

 

Ecrit à l'endroit fort,

transparent sur l'opaque,

sans repentir entre la forme et la fin.

 

En action pure de langue,

forme à tout prendre.

On fait de la personne en vie.

Le foisonné, c'est la vie-vite.

 

C'est le cœur à l'encontre,

on doit s'y rendre.

La formule est en presque.

 

Ce n'est pas là, le diverti.

Qu'est-ce qu'on a ?

Ce n'est pas net.

Pourtant c'est fort aimé.

Mais dans ce cœur,

on se repasse le plat d'idée.

 

Qui veut ouvrir ?

Qui se tait en dedans,

en trou de forme ?

 

Il faudra bien nommer.

Laisser partir ?

D'après moi, ça se fait.

 

Quand j'ouvrirai, ça servira ?

 

F.C.

(Livre traduit d'un pur de langue, fragment, p.3.)

mardi, 24 janvier 2017

SYLLOGISME

Rue Dumenge.

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Photographie Frédéric Chambe.

Première fois que je passe devant le local de la Fédération ainsi éclairé.

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DE GRANDS BIENFAITEURS DE L'HUMANITÉ

Tous ceux qui ne voient dans la mondialisation que des bienfaits, sûrement animés d'intentions excellentes, présentent le phénomène comme inéluctable à la façon de la force des choses. Pour mieux entortiller leur monde, ils l'ont même rebaptisé « mondialisation heureuse ». Le syllogisme qui suit m'est venu après avoir entendu un propos tenu sur une antenne franceculturelle :

1 - Les industries des pays du "Nord" ont été déplacées en Chine et dans beaucoup de pays du "Sud" par les industriels, les actionnaires et les spéculateurs.

2 - Or, la mondialisation a beaucoup profité aux pays du "Sud", et a appauvri les classes moyennes des pays du "Nord".

3 - Donc les industriels, les actionnaires et les spéculateurs sont de grands philanthropes altruistes, universalistes, et des tiers-mondistes généreux.

C.Q.F.D.

 

- Tiens, dis, j'ai une idée. Tu penses pas qu'il faudrait dire à un de ces bienfaiteurs de se présenter à l'élection présidentielle des Etats-Unis ? - Ouah, t'es fou ! Il a aucune chance d'être élu !