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vendredi, 09 décembre 2016

LA VIE DERRIÈRE LA VITRE

L'atelier de reliure.

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Détail.

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Photographie Frédéric Chambe.

jeudi, 08 décembre 2016

LA LUCARNE TOUT EN HAUT

Entrée de la rue d'Austerlitz, le 7 décembre, juste pour la petite fenêtre éclairée, tout en haut du mur (presque) aveugle, sous les toits.

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Photographie Frédéric Chambe.

mardi, 06 décembre 2016

LA VIE DERRIÈRE LA VITRE

La buée sur la baie vitrée du restaurant : c'est qu'il ne fait pas chaud dehors, et que le cuistot prépare la tortore. Il paraît que ce qu'on y mange est plutôt végétal. Peut-être pour ça que je n'ai pas essayé.

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Photographie Frédéric Chambe.

jeudi, 01 décembre 2016

LA VIE DANS LA VITRE APRÈS LA FERMETURE

Le Chesterfield.

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Photographie Frédéric Chambe.

« Ce ne sera pas vraiment la fortune. Ils [Jérôme et Sylvie] ne seront jamais présidents-directeurs-généraux. Ils ne brasseront jamais que les millions des autres. On leur en laissera quelques miettes, pour le standing, pour les chemises de soie, pour les gants de pécari fumé. Ils présenteront bien. Ils seront bien logés, bien nourris, bien vêtus. Ils n'auront rien à regretter.

Ils auront leur divan Chesterfield, leurs fauteuils de cuir naturel souples et racés comme des sièges d'automobile italienne, leurs tables rustiques, leurs lutrins, leurs moquettes, leurs tapis de soie, leurs bibliothèques de chêne clair.

Ils auront des pièces immenses et vides, lumineuses, les dégagements spacieux, les murs de verre, les vues imprenables. Ils auront les faïences, les couverts d'argent, les nappes de dentelle, les riches reliures de cuir rouge.

 

Ils n'auront pas trente ans. Ils auront la vie devant eux ».

 

On trouve ça dans les dernières pages de Les Choses, de Georges Perec, le mémorable "prix Renaudot" 1965.

A comparer avec les dernier mots du Soumission de Michel Houellebecq : « Un peu comme cela s'était produit, quelques années auparavant, pour mon père, une nouvelle chance s'offrirait à moi ; et ce serait la chance d'une deuxième vie, sans grand rapport avec la précédente.

Je n'aurais rien à regretter ».

Autre différence : sorti début janvier 2015 (je l'ai acheté le 6, la veille de), c'était trop tard pour le Renaudot (ou trop tôt, c'est selon).

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Rions un peu.

Entendu le soir de la victoire de Fillon à la primaire, un juppéiste de la plus belle eau (qui ?) déclarant : « Il va de soi que tous les amis d'Alain Juppé se rassemblent dès maintenant pour se ranger devant ... euh ... derrière François Fillon ».

Comme le chantait Claude Nougaro : « Les p'tits bruns et les grands blonds, Quand ils sont entre garçons, Les p'tits bruns et les grands blonds Rient comme des fous, sont comme des frères ».

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Pour compléter la photo ci-dessus.

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mercredi, 30 novembre 2016

APRÈS LA FERMETURE

Les caisses de Carrefour city (ou comment qu'il se nomme, market, matou, matraque ou quoi), avec leur lecteurs de cartes bancaires cacochymes et désarticulés.

 Rien d'affriolant : c'est juste pris sans reflet intempestif de la rue.

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Photographie Frédéric Chambe.

Me reviennent les paroles d'une petite chanson : quand j'avais rencontré Guy Prunier (cette fois, je vous parle d'il y a vraiment très longtemps), elle n'était pas définitivement au point. Le refrain disait : « Si ça te dit, samedi on ira à Carr'four, c'est chouette l'amour ».

Faire rimer Carrefour et amour, c'était plus original que le sempiternel amour / toujours, et somme toute annonçait assez bien la divinisation démoniaque de la marchandise et de l'univers spectaculaire dont la société de consommation (titre d'un bouquin mémorable de Jean Baudrillard) a su l'entourer pour mieux y enfermer l'esprit des gens.

mardi, 29 novembre 2016

APRÈS LA FERMETURE

Le Riad (coiffure), sans lumière ni reflets ajoutés.

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Photographie Frédéric Chambe.

lundi, 28 novembre 2016

VU DE LA TABLE DU FOND

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Photographie Frédéric Chambe.

dimanche, 27 novembre 2016

HALLOWEEN CHEZ LE FLEURISTE

 

On n'a pas trop forcé sur la déco.

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Photographie Frédéric Chambe.

samedi, 26 novembre 2016

UN JOUR DE FERMETURE

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Après la "vogue des marrons", La Voguette.

Photographie Frédéric Chambe.

jeudi, 24 novembre 2016

LUMIÈRES DE LA VOGUE DES MARRONS

LYON, CROIX-ROUSSE, 1 octobre - 11 novembre MMXVI

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"Le Palais sucré."

Photographie Frédéric Chambe.

samedi, 19 novembre 2016

DE JOUR / DE NUIT

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Ce satané double vitrage !

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Un chantier, rue Dumont.

Photographies Frédéric Chambe.

jeudi, 10 novembre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

... C'ÉTAIT RIGOLO.

Aujourd'hui, un Grand Maître aux cimaises de ma galerie BD.

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Sa Majesté Gir, alias Giraud, alias Moebius.

Ci-dessus, on a un bonne idée de ce que, dans la BD, on pourrait appeler la Planche Absolue. Gir fait partie du tout petit cercle des gens capables de "ça". On la trouve dans Ombres sur Tombstone, puis dans le volume Apaches, qui rassemble, des cinq volumes de "Mister Blueberry", tout ce qui concerne les Indiens.

Ci-dessous, une demi-page virtuose (qui a quelque chose à voir avec La Vague d'Hokusai) du  Major fatal, dès le début duquel Moebius part à l'aventure : on se dit que, d'un épisode au suivant, lui-même ne sait pas du tout ce qui va se passer. Le scénario est un collage de souvenirs de films et de toutes sortes d'inventions, et se fout royalement de la continuité du récit. Il flirte avec tous les genres à la mode, tous les clichés narratifs, quelques poncifs cinématographiques, mais en se moquant éperdument de tous les genres. On y voit même que le ciel commence à se disloquer. Comme dit la chanson : « Dis, dis, qu'est-ce que tu dis ? Tout ça n'est que parodie » (Guy Béart, 4'41"). A moins que ce soit un pastiche.

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Dans cette histoire qui se moque éperdument de la logique de l'histoire racontée, il y a un major Grubert, un Jerry Cornélius, un Bakalite, un Star Billiard, robot gigantesque conçu pour rallier le premier niveau par onde Puchpull, qui s'assied en plein désert aussi longtemps que l'espion et la passagère clandestine font l'amour dans son crâne, une dame qui s'appelle Malvina, un certain Graad, un archer masqué (ci-dessus après avoir abattu l'objet volant du destin et recueilli l'ingénieur Barnier, qui se révélera être une femme après avoir perdu son casque). Et un tas d'autres trucs dérisoires et sublimes. Les tâcherons de la science-fiction, du space opera, de l'héroïc fantasy et autres "genres" peuvent aller se rhabiller avec leur uniforme de sérieux et d'application. Moebius reste Moebius : indépassable.

Ci-dessous, on voit, jusque dans le détail le travail d'orfèvre de maître Moebius, une planche du Garage hermétique de Jerry Cornelius, suivi de deux zooms avant pour mieux apprécier la précision. Moralité : côté technique, Moebius m'en bouche un coin et met la barre très haut. 

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Le grand Hayao Miyazaki, que les Japonais considèrent à raison comme un génie du cinéma d'animation (Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, ...), n'évoquait pas sans une vive émotion la grande figure de Jean Giraud alias Moebius, dont il reconnaît très volontiers l'influence sur son propre travail.

Et quand Moebius n'était pas encore le seigneur de la BD qu'on a connu ensuite, il ne dédaignait pas de donner un dessin à des petites revues sans moyens, gravitant autour du fantastique et de la science-fiction. Exemple ci-dessous, avec ce n°1 de Nyarlathotep, revue à la vie courte, fondée par M. M., Lyonnais, fils d'Inspecteur Général, vaguement situationniste, devenu bibliothécaire, puis perdu de vue.

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mercredi, 09 novembre 2016

AVANT L'OUVERTURE

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Photographies Frédéric Chambe.

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L'installation est pour très bientôt.

Les points clairs en bas à droite (un vert, un rouge) ne sont pas des parasites ou des saletés.

Quelques reflets inopportun à cause du double vitrage.

Pour l'instant, l'accès à la mezzanine semble un peu problématique, sinon compromis. Je me demande si la CHSCT (Commission Hygiène Sécurité et Conditions de Travail) avalisera l'usage de l'échelle télescopique. Cela m'étonnerait un peu.

Ci-dessous la dernière mouture, autrement éclairée, telle qu'elle se présente aujourd'hui même.

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dimanche, 30 octobre 2016

LE MONDE DANS LA VITRE ...

... ET LA VIE DERRIÈRE LA VITRE

(les deux, mon général !).

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La boulangerie en train de fermer.

Photographie Frédéric Chambe.

mercredi, 26 octobre 2016

LE MONDE DANS LA VITRE

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Photographie Frédéric Chambe.

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Les facéties de l'actualité.

Au printemps, Nuit debout repeint le monde aux couleurs de la révolution.

A l'automne, voilà que c'est au tour de la police de faire sa Nuit debout.

mardi, 25 octobre 2016

THERMOMÈTRE HUMANITAIRE

Lettre ouverte à ceux qui pensent que ça va aller mieux.

Pour avoir une idée de l'état de santé du monde, je propose de prendre sa température. Pour cela, pas de meilleur thermomètre que de constater la prolifération des lieux en état d'urgence humanitaire.

Quand il a fondé les « Restaurants du cœur », en 1985, cette structure reposant pour la plus grande part sur la générosité de la population et sur le bénévolat militant, Coluche rêvait du jour où ils seraient appelés à disparaître. Il pensait que ce jour-là, on n’aurait plus besoin de cette béquille conçue pour apporter à ceux qui n’ont presque rien de quoi manger.

Coluche rêvait en effet. Dans sa naïveté (!), il ne voyait pas (ou plutôt faisait semblant) que ce qui était en train de se mettre en place, c’était un système global, pour dire vite, ultralibéral et impitoyable, faisant du commerce des biens le nec plus ultra de la civilisation mondialisée, et de la dérégulation de tout ce qui pouvait l’entraver une nécessité absolue.

Résultat, trente ans après, le nombre des gens qui ont besoin des Restos du cœur a explosé. Plus fort encore : d’autres associations s’y sont mises, comme la Banque alimentaire, en plus de celles dont c’était déjà le « métier » (Secours populaire, Secours catholique, Emmaüs, etc.). La pauvreté en France n’a cessé de croître, pour atteindre en 2013, selon l’INSEE (vérifié sur le site), le nombre ahurissant de 8,6 millions. Et François Hollande nous déclare "les yeux dans les yeux" que « la France va mieux ». Pour s'assurer de la justesse du diagnostic du docteur Hollande, il suffit d'imaginer ce qui se passe le jour où les associations qui s'occupent des pauvres cessent de fonctionner. Pas besoin, j'espère, de faire un dessin.

Même chose dans tous les pays riches : l’anglais a inventé l’expression « working poors » pour désigner ces gens qui parfois ne gagnent pas de quoi payer un logement, et qui habitent dans leur voiture. Résultat, les urgences se multiplient, les intervenants (plus ou moins désintéressés) prolifèrent, les appels aux dons affluent de tous les horizons. Et il suffit de se promener sur le plateau de la Croix-Rousse pour constater que les mendiants de toutes sortes sont de plus en plus nombreux.

Il n’y a pas besoin de lire les 900 pages de Le Capital au 21ème siècle de Thomas Piketty (ce que je ne suis pas mécontent d'avoir pourtant fait) pour savoir que les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres sont de plus en plus criantes, quoi qu’en disent les moyennes obtenues par le moyen des statistiques, qui voudraient nous convaincre que, globalement, « la pauvreté a reculé dans le monde ».

Voilà donc le thermomètre que je propose pour prendre la température de l’état du monde : regarder le nombre des associations humanitaires qui se sont fondées dans le monde, les effectifs des gens qui agissent en leur sein, la taille des populations au secours desquelles elles interviennent. Les humanitaires se démènent comme des diables en Grèce, à Lampedusa, à Calais, et ne savent plus où donner de la tête. Le bénévolat (ce travail gratuit dont Le Monde a souligné récemment qu'il est "créateur de valeur") est en plein essor. J'imagine le jour où un tiers de l'humanité viendra au secours d'un autre tiers, exclusivement composé de victimes d'un troisième tiers, celui des bourreaux. Belle répartition des rôles en perspective.

S’il fallait mesurer la bonne volonté des hommes sur terre, il n’y aurait apparemment aucun souci à se faire, il suffit de regarder le Téléthon, et les innombrables opérations à visée altruiste (par exemple "courir pour elles"). Trois références suffiront à le prouver : 2004 à Sumatra, 2010 à Haïti, 2015 au Népal. La bonne volonté des hommes sur terre est si grande que les canaux acheminant les secours se retrouvent engorgés et les secours eux-mêmes passablement désorganisés. Haïti, à cet égard, fait office de caricature, tant les ONG, les associations humanitaires, l’ONU et autres se sont marché mutuellement sur les pieds dans un désordre proche de l’anarchie.

Ce n’est donc pas un problème de bonne volonté, et l’altruisme a de beaux jours devant lui, quoi qu'on en pense. Mais s’il en est ainsi, il est permis de se demander comment on en est arrivé là.

Comment il se fait que les associations à visée humanitaire ont continué à pulluler et les grandes ONG humanitaires à croître comme des start-up, jusqu’à devenir des multinationales puissantes, opérant leur recrutement de cadres dirigeants dans les grandes écoles, et managées comme des entreprises entrées en concurrence, jusqu’à rendre quasi-automatique aujourd’hui le recours des journalistes à un vocabulaire devenu facile parce qu’il semble évident, mais qui ne l’est pas du tout (« humanitaire », « associations », « ONG »). Et jusqu’à rendre haïssable le vocable même d’ « humanitaire » par saturation.

Comment en est-on arrivé là ? Mais c’est juste que le monde, ignorant superbement les appels à la « fraternité » (ah qu'elle est belle, la campagne pour la « fraternité générale » lancée actuellement !), à la « solidarité », à l’interdiction de toute « discrimination », de tout « amalgame », de tout « racisme », de toute « xénophobie », en gros toutes les pommades verbales qu’on répand sur les plaies ouvertes dans l’espoir de bâillonner les souffrances, ce monde, qui a pour tort unique d'être le monde réel, persiste dans sa volonté de faire le mal et, contre toute raison, d'étendre, d'approfondir et d'accentuer ce mal.

Moralité : les incantations comminatoires à base de grands mots et de « nos valeurs » sont devenues des gadgets, des hochets puérils, totalement déconnectés de la réalité, ce qui est après tout le propre de l’incantation. Le pire, c’est que ceux qui, refusant de manier la pommade consolante, s’entêtent à mettre les vrais mots sur les choses, sont renvoyés d’office aux poubelles de l’histoire, notés d’infamie sous les appellations aussi aisées qu’indémontrées de « conservateurs », de « réacs », quand ce n’est pas de « fachos ».

Le compassionnel est devenu un aboiement d’adjudant. L’émotion est devenue un mode de gouvernement (de domestication) des masses. Plus le monde va mal, plus ceux qui disent qu’il va mal se muent en boucs émissaires, qu’une magie sémantique métamorphose sous nos yeux en « bourreaux » de « victimes » innocentes. Il faudrait pourtant voir les choses en face, et se demander pourquoi le monde a de plus en plus besoin de l'humanitaire.

La vraie fonction de l’humanitaire est, en fin de compte, de cacher aux foules la nature épouvantable du monde qui est en train d’advenir. C’est une sorte de division du travail : aux uns (Monsanto, Apple, E.I., Assad, Poutine, …) la Terreur et le Mal, aux autres (ONG, humanitaires, altruistes, tous les Pangloss, tous les "rassurants", tous les "consolants", …) les pansements sur les jambes de bois. Les infirmiers de la catastrophe prennent le plus grand soin à « ne jamais prendre parti ». Au prétexte que ça les disqualifierait auprès des belligérants, qui les accuseraient de travailler pour leur ennemi. Comme si on admonestait Satan parce qu'il fait le Mal, alors que c'est précisément ce pourquoi il existe : « C'est pas bien, mon petit, de faire le Mal. Allez, ça ira pour cette fois, mais ne recommence pas. ».

C’est-à-dire qu’ils se condamnent à ne jamais nommer les causes du Mal. Ils s’interdisent par principe toute analyse un peu politique. Ils ont la tête dans le guidon et le nez au ras des pâquerettes (ils ont un dos d'une souplesse à toute épreuve). Ils s'en tiennent au service d'urgence, de plus en plus saturé. Cette façon de faire a pour effet de s’en tenir au traitement de la conséquence (les souffrances), en ne se mêlant surtout jamais de la cause (la cruauté, la guerre). 

Le monde humanitaire est un hôpital. « Surtout ne nous mêlons pas de ça ! », geignent-ils sur les plateaux de télévision. Et d'en appeler au « crime de guerre » chaque fois qu'un hôpital est pris pour cible très intentionnelle par les bombardiers. Ils en sont ainsi réduits à l’imprécation incantatoire : « Comment peut-on être d’une telle cruauté ? ». Avec gémissements aigus et suppliques à Poutine (qui se marre bien, sous son masque d'impassibilité). Une variante sans doute des Suppliantes (Euripide). Aujourd'hui le beau rôle.

Les associations et ONG humanitaires, en s’interdisant d’intervenir sur autre chose que les malheurs, la souffrance des gens, se coupent les bras face à l’origine du Mal. Réduites à l’impuissance, réduites au traitement des urgences, elles assistent, comme nous tous, à la montée de la violence dans le monde. A cet égard, l’humanitaire constitue un thermomètre crucial. Un symptôme si vous voulez. Car pendant qu'on nous bombarde de cris d'alarme, les causes du malheur bombardent les populations. Et moi, qu'est-ce que j'y peux ?

C'est certain, la prospérité des organisations humanitaires est directement proportionnelle à celle des malheurs dans le monde. De quoi se demander si les situations seraient pires si les ONG et autres associations caritatives n'existaient pas. Car cette prospérité seule devrait, en soi, alerter les gens ordinaires. Qui devraient se dire qu'il y a de la dénégation du réel dans le réflexe humanitaire.

Faire appel à l'émotion, à l'empathie et aux bons sentiments, comme nous y invite l'humanitarisme à tout crin (« Mais on ne peut pas rester là à savoir ça et à ne rien faire ! Il faut faire quelque chose ! »), c'est nier la réalité bien concrète des intérêts et de la géopolitique.

C'est vouloir vider l'océan à la petite cuillère pour le vider dans le tonneau des Danaïdes.

Il faut redire ce que disait Coluche au début des Restos du cœur : c'est quand toutes les associations humanitaires seront devenues inutiles et amenées à disparaître que l'humanité pourra se dire sans risque d'erreur qu'elle « va mieux ». En attendant, il y a du mouron à se faire.

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 24 octobre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

… C’ÉTAIT RIGOLO

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François Schuitten, dans (A suivre) n°3, avec son incroyable trait en courbes de niveau qui m'évoque irrésistiblement le corps zébré des femmes de Lucien Clergue (ci-dessous).

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dimanche, 23 octobre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

… C’ÉTAIT RIGOLO.

 

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Jeanne d'Arc, vue, revue et corrigée en foutraque par F'murr.

F'murrr et ses "r" extensibles, son joyeux et débridé délire : Jehanne Darc, Au Loup (où il assaisonne à sa façon, en de nombreuses variantes frapadingues, le conte du Chaperon rouge), et surtout Le Génie des alpages (au moins une douzaine de volumes),

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avec son troupeau de moutons en folie qui suivent les cours de la Bourse, son bélier Romuald, son chien qui explique E=MC², son berger au bord de la crise de nerfs plus souvent qu'à son tour, dans (A suivre) n°1.

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Corbeau dessiné en direct par F'murr (avec un coup de main en forme de soleil couchant de Mézières), au temps où je courais les signatures-dédicaces (c'était à la librairie Expérience, fermement tenue par Adrienne, rue Petit-David, juste pas loin du théâtre des Ateliers).

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Ceux-ci sont dans Barre-toi de mon herbe.

J'ajoute ceci, qui ouvre sur une perspective un peu plus "contemporaine".

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mercredi, 19 octobre 2016

APRÈS LA FERMETURE

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Photographie Frédéric Chambe.

Lors de la réfection des locaux, avant l'agrandissement de la boulangerie (c'était une boutique de sapes). Voir 17 octobre.

lundi, 17 octobre 2016

DES VIES DERRIÈRE LA VITRE

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Ça turbine très fort, y compris le samedi soir, avant la réouverture de la boulangerie, agrandie et embellie. Sa « formidable clientèle » [sic], qui a pris son mal en patience pendant les travaux, se prépare pour l'assaut.

Photographie Frédéric Chambe.

mercredi, 12 octobre 2016

L'ORANGER DES OSAGES

Qulques aspects du fruit (immangeable, paraît-il, je n'ai pas essayé) qui pousse sur un oranger des Osages vu au parc de la Tête-d'or.

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Photographies Frédéric Chambe, 10/11 octobre 2016.

jeudi, 29 septembre 2016

UN FANTÔME

Voici l'avis de décès que j'ai piqué dans Le Progrès daté du 27 septembre.

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Jacques Goudet a fini par avaler son extrait de naissance. Cet homme, qui fut en son temps, un personnage important au sein de l'université lyonnaise, a eu le temps et l'avantage d'être oublié par la rumeur publique. Il se trouve que j'ai un peu croisé sa route en des temps incertains, dans le "ciel de traîne" (comme disent les météorologues) qui a suivi l'orage de mai 1968. Pour tout dire, non seulement je n'étais pas un de ses familiers, mais je l'ai connu à travers une minuscule circonstance étroitement liée à l'époque. Le seul souvenir que le nom de Jacques Goudet m'évoque est en effet celui de l'escouade de gauchistes, probablement maoïstes (trotskistes ?), qui avait fait escorte à ce professeur de langue et civilisation italienne, qui restait impavide, en scandant, le bras tendu à la nazi : « Goudet fasciste ! Goudet fasciste ! ». Tout ça parce que, selon la rumeur, le monsieur avait le tort d'être en relation avec des gens peu recommandables du fascisme italien, comme un certain Pozzo di Borgo. Il se rasait soigneusement le crâne. Il travaillait, disait-on, à la création du réseau d'une internationale fasciste. C'est après tout possible. Je n'en sais rien. On disait aussi, à l'époque, qu'il était père d'une famille de onze enfants, faits ou adoptés avec une épouse asiatique, peut-être annamite. Sous-entendu : catho jusqu'au bout des ongles des doigts de pied. La personne fut sûrement un tout petit peu plus complexe que le schéma que voici. C'est juste une drôle de période qui m'est revenue en mémoire à cette occasion. 

Sans nostalgie aucune, qu'on veuille bien le croire.

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 23 septembre 2016

DES NOUVELLES DE L'ARCON

Rouvrant par hasard un catalogue d’exposition, je suis tombé sur quelques perles qui, me remettant en présence des trouvailles de quelques artistes contemporains (je veux désigner par là tous ceux qui ont travaillé à l'émergence et au triomphe de l'ARCON, depuis la foutaise inaugurale de Marcel Duchamp et de son postulat : « Tout ce que l'artiste désigne comme étant de l'art est de l'art », postulat qui repose sur cet autre, tout aussi niais : « Tout homme qui se déclare artiste est un artiste »), m’ont fait retrouver toutes palpitantes les raisons qui m’ont découragé d’accorder mon suffrage au grouillement d’innovations innovantes qui ne cesse d’assaillir la modernité des preuves de son interminable agonie, dont l’enthousiasme entraîne l’humanité dans l’infinité de ses impasses.

L’exposition en question est, en alternance avec la Biennale de la danse, une des manifestations « de prestige » que la ville de Lyon s’enorgueillit d’organiser. L’une des dernières expositions d’art du dernier 20ème siècle que j’ai eu la faiblesse de visiter s’appelait « Biennale d’art contemporain de Lyon », dont un certain Thierry Raspail dirige les destinées depuis la création du MAC, logé dans le dernier pavillon survivant de l’ancien Palais de la Foire, qui fait face à la roseraie du parc de la Tête d’or, intégralement remodelé de l’intérieur par un architecte paraît-il dûment diplômé.

MELGAARD.jpgMais la Biennale de l’an 2000 (« Partage d’exotismes », avec un design par je ne sais qui sur la couverture, visez l'objet ci-contre, ça swingue), celle dont je parle, s’exposait sous les poutres de béton de la Halle Tony Garnier, désormais promue au rang de salle de spectacle grand public (Britney Spears, avec ses cohortes de préadolescentes fanatiquement érotisées, …). Honnêtement, il ne me reste pas grand-chose de l’événement (si on peut le nommer ainsi). Il aura fallu le hasard d’un désordre commis par la main d’un petit d'homme pour me remettre en mémoire ce temps des obscénités, qui est devenu le quotidien du spectacle imposé par (ce qu'il faut bien appeler) notre monde à l’œil de l’homme normal, ce survivant.

Parmi les perles dont je parlais, un diamant brille de tous ses feux. La photo de l’œuvre dont il s’agit figure en page 16 du volume II du catalogue célébrant l’événement. C’est celle (« l’œuvre ») d’un nommé Bjarne Melgaard. Elle est intitulée (en français) « Sperme sur la tombe de Paul Gauguin » (en estropiant au passage le nom de Gauguin), et date de 1998.

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Mais cette œuvre (si l'on peut dire), si pleine de sens par sa propre pesanteur sémantique, voire séminale, ne serait rien sans le commentaire (en français) qui la commente, avec le réjouissant lyrisme boursouflé du nouvel académisme triomphant. Le baratin que voici illustre à merveille la substitution de la création purement verbale à la technique du métier d'artiste, et l'imposture sur laquelle est assise la création "artistique" contemporaine.

« Le trait insistant de Sperme sur la tombe de Paul Gauguin [sic !] se redouble en cherchant la forme dans des dessins très spontanées [sic authentique !] qui ne renient pas leur allégeance à Munch. Peu importe que ce Nordique qui a longtemps vécu dans l’hémisphère Sud ait joint l’acte à la parole. Tout est dit avec le sacrilège qui libère la semence de la fécondité. Splendide incarnation d’un mythe fondateur ». Libérer la semence de la fécondité ! En voilà un Graal ! Cela veut dire : "vive la masturbation ! vive la stérilité !". « Viva la muerte ! » criaient les escadrons de Franco. Masturbons-nous, c'est le plaisir des dieux ! N'ayons pas de descendance ! Vivement la "post-humanité" : non la "réalité augmentée", dont on nous rebat les oreilles à coups de "pokémon go", mais l'humanité diminuée.

C'est pas beau, ça ? Je jure que je n’ai rien changé au texte, ni une virgule, ni une faute d’orthographe ! Les laïus (pompeusement appelés "notices rédactionnelles") « sont le résultat d'un travail collectif faisant intervenir Marc Augé, M. Convert, Pierre-Alain Four, Alain Girard, Philippe Grand, Hélène Joubert, Anish Kapoor (déjà !), Noah Lurang, Jean-Hubert Martin, Gérald Minkoff, Jean-Christophe Neidhardt, PhiliPeltier, Thierry Raspail (the boss !), Carlo Severi ». Ils se sont mis à tout ça pour pondre leurs sentences définitives.

J’espère que le lecteur de ce billet appréciera la teneur métaphysique du propos, dont les auteurs tiennent à insister sur la liberté nouvellement acquise par le mâle moderne, enfin libéré du fléau asservissant d’avoir à engendrer un être nouveau quand il éjacule, et en allant répandre, à des fins "esthétiques", sa semence dans les cimetières. L'obscur branleur Bjarne Melgaard prenant l'avion pour les Marquises, trouvant dans son imagination la force d'une érection pour aller se masturber (on note que l'homme est gaucher) sur la tombe d'un peintre célébrissime, voilà bien un spectacle auquel je ne regrette aucunement d'avoir échappé.

Je ne sais pas quelles lunettes ornaient le nez (ou ce qu'ils avaient bu ou fumé) des auteurs de la formule : « Splendide incarnation d'un mythe fondateur ». Moi j'appelle ça vouloir engrosser des squelettes.

C'est l’image que l’artiste se fait de l'avenir de son métier et de celui de l’humanité. 

Voilà ce que je dis, moi.

jeudi, 15 septembre 2016

UNE FAMILLE S'EST ÉTEINTE

Léon Paliard, médecin, a épousé Marie-Thérèse Amblard en 1922. 

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Il est mort en 1924, peut-être d'une crise cardiaque (antécédents familiaux). Leur fils Jacques, né en 1923, a donc été élevé par sa mère, longtemps aidée de sa propre mère, madame Amblard. Elle ne s'est jamais remariée, se consacrant entièrement à Jacques.

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Jacques avec sa grand-mère et une personne non identifiée.

Jacques, fils unique, s'est engagé dans la résistance (maquis de Beaubery, en Saône-et-Loire), bientôt nommé "bataillon du Charollais" quand il fut incorporé dans l'armée du général de Lattre.

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Il fut tué non loin de Bourbach-le-bas (Haut-Rhin), âgé de 21 ans, dans les combats des 7 et 8 décembre 1944. La lignée familiale s'est donc interrompue, faute de descendance.

Marie-Thérèse a ensuite vécu toute seule, tout petitement, de travaux de couture, puis du "minimum vieillesse". Elle aimait la musique et ne manquait aucun concert donné salle Molière par la Société de Musique de Chambre de Lyon. C'était sa seule et unique distraction. Elle avait une vraie préférence pour les Sonates de Mozart, et écoutait régulièrement l'un ou l'autre disque de leur intégrale Erato (enregistrée au Japon en 1974) par Maria João Pires, qu'elle possédait. Elle en avait même travaillé plusieurs, si j'en juge par les annotations qu'elle a laissées sur le livret accompagnant le coffret.

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Il est vrai que les disques (vinyle) qu'elle écoutait encore dans son grand âge sur son électrophone ont tous une caractéristique qui leur est propre : le début de chaque face est rayé de façon parfois criante par le saphir du bras qu'elle y posait sans voir tout à fait ce qu'elle faisait. Je ne lui en veux pas, vous pensez bien : chaque fois que la musique heurte un caillou du chemin, je me dis qu'elle est comme griffée par les ronces de l'existence qui fut la sienne, jalonnée d'épreuves terribles. Alors son beau visage aimable, souriant, ridé comme une pomme en février, m'apparaît. 

De la Bible, elle revenait sans cesse à un passage, qui est la grande consolation de ceux qui n'ont rien excepté la foi, et qu'on trouve dans l'évangile de Matthieu (Mt 5, 3-12), connue sous le titre de "Sermon sur la montagne", également appelé "Les béatitudes", qu'elle avait cochée d'une croix au crayon dans son exemplaire de la traduction de Louis Segond, mais qu'elle avait marquée à l'encre et au crayon, de sa main, dans le gros volume du chanoine Crampon, qu'elle préférait. J'ai tendance, moi l'endurci mécréant indécrottable, à croire que ces "Béatitudes" lui ont toujours servi de guide. Respect. Silence. Rien à dire.

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Marie-Thérèse Paliard fut une délicieuse, une merveilleuse vieille dame pleine d'amour et de bonté.

Heureux les cœurs purs, car ils porteront témoignage !

Voilà ce que je dis, moi.

dimanche, 04 septembre 2016

LA TETEE EN 1923

photographie,lyon,docteur paliard

Marie-Thérèse Paliard nourrissant Jacques.

Scan (à même le verre) d'une plaque stéréoscopique prise par le docteur Léon Paliard, le 17 octobre 1923.

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Les mêmes, en tirage sur papier.

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Jacques Paliard (ici orthographié Paillard, comme souvent), soldat de 2° classe, sera tué en Alsace le 10 décembre 1944. La photo a été prise par sa mère. Je n'ai pas encore identifié le cimetière. Il avait "pris le maquis" dans ce qui s'est appelé le "Maquis de Beaubery", constitué de 250 hommes de toutes conditions qui devaient former le "Bataillon du Charollais" (lisible sur la croix) embauché dans l'armée de De Lattre.

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