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jeudi, 29 décembre 2016

RUE DE LA TERRASSE

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Photographie Frédéric Chambe.

Ci-dessous la rue de la Terrasse. A gauche la place des Tapis. Ne parlons pas, à droite, de l'espace récemment aménagé en lieu et place du parking, colonisé par tout ce que le quartier compte de jeunes à roulettes, ni des boudins de béton artistement posés sur le sol, qui ressemblent furieusement à des ....

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JACQUELINE SAUVAGE

Finalement, François Hollande a donc exercé son droit de grâce : Jacqueline Sauvage est sortie de prison. La justice a eu tout faux en la condamnant. La meurtrière était en réalité une victime, qui était en état de légitime défense, comme elle a eu l'idée extravagante de plaider devant le tribunal, ce qui est juste un mensonge grossier : Jacqueline Sauvage n'était pas en état de légitime défense. Elle n'a jamais porté plainte ? Elle ne s'est jamais plainte à un proche ? Elle a juste attendu quarante et quelques années pour se faire justice. Alors que, si elle avait plaidé les circonstances atténuantes, le jury avait des chances de se montrer indulgent.

Le message du président est limpide : femmes battues, ne vous embêtez pas à porter plainte contre l'homme violent, ne prenez pas de gants, tuez la brute ! Ne doutons pas que le message tombera dans des oreilles qui ne sont pas sourdes.

Voilà un fier résultat du combat féministe : un déni de justice. Et pourquoi pas une porte ouverte, allez savoir.

Le plus ahurissant, c'est que tout le personnel politique, journalistique, médiatique applaudit avec une belle unanimité. Tout ce monde est d'accord, Hollande en tête, pour dire merde aux juges. Pour s'asseoir sur la justice.

mercredi, 28 décembre 2016

AU DIABLE VERT-VERRE

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Photographie Frédéric Chambe.

mardi, 27 décembre 2016

PATRON, REMETTEZ-NOUS ÇA !

Islam, Coran, Mahomet : allez, patron, remettez-nous ça ! C'est ma tournée !

Mahmoud Hussein est le pseudonyme du tandem formé par les franco-égyptiens Bahgat El Nadi-Adel Rifaat. Pascal Galinier, dans Le Monde daté 24-26 décembre 2016, rend compte de leur dernier essai paru : Les Musulmans au défi de Daech (Gallimard). Mahmoud Hussein s'efforce, essai après essai, de promouvoir un islam qui admettrait enfin la nécessité de porter un regard critique sur le texte sacré du Coran. Tout le problème que pose l'islam dans le monde actuel vient de là, depuis que, il y a environ 1.000 ans, interdiction a été faite aux docteurs de la foi de toute glose, de toute démarche exégétique, de toute herméneutique qui soumettrait le texte même du livre à la critique. Depuis, c'est un commandement : "Touche pas à mon Coran !".

Or, Pascal Galinier dit une chose que tous les défenseurs de la "liberté religieuse" à tout prix devraient longuement méditer, ruminer, malaxer : « Le Livre saint est un texte hermétique pour le commun des mortels, donc sujet à d'infinies interprétations, chacun y piochant ce qu'il veut - à commencer par l'EI ». Merci monsieur Galinier, merci pour le mot "hermétique". Car le Coran, il m'a fallu faire un énorme effort, il y a exactement un an, pour arriver au bout de sa lecture. J'ai écrit un billet ici même (28 décembre 2015) pour rendre compte de cette lecture, qui n'avait aucune prétention savante, et même qui se revendiquait celle d'un pékin moyen, d'un citoyen français ordinaire qui veut en avoir le cœur net sur les salades qu'on lui sert à longueur de journée, et qui livre les impressions qu'il en a retirées. J'en ai tiré la conclusion que si Mahomet avait voulu plonger l'humanité dans l'angoisse en la lançant dans la construction d'une sorte de tour de Babel pour la jeter dans d'interminables dissensions, il ne s'y serait pas pris autrement. 

Car la caractéristique principale de ce texte du Coran est l'effet ahurissant de pulvérisation du sens qu'il produit. Je pense à Robert Musil, dont le casse-tête (ordre des chapitres finaux, achèvement de la rédaction de certains chapitres) de la fin de vie empêche à tout jamais les lecteurs de se faire une idée définitive de son chef d'œuvre, L'Homme sans qualités, même s'il s'en faut de pas tant que ça finalement, et que le résultat en fait une oeuvre, certes, terriblement complexe, mais qu'on peut dire à bon droit, sinon achevée, du moins "constituée".

Le Coran, c'est le même genre de casse-tête, mais porté à la puissance 10 ou 20. D'un bout à l'autre, c'est un invraisemblable assemblage de bribes et de lambeaux de phrases, un fouillis inextricable juxtaposant d'innombrables miettes et fragments disjoints, une improbable collection de pièces et de morceaux hétéroclites réunis à la diable. Dans le Coran, le discontinu règne en maître souverain. Impossible pour un esprit rationnel de s'y retrouver.

Pour les continuateurs du "guerrier-prophète" (attention : oxymore !) qui se sont donné pour tâche de mettre en forme ce salmigondis (le calife Uthman, ...), et de mettre un peu d'ordre (? ! ?) dans ce capharnaüm, il existait un seul et unique moyen de remédier à cette absence quasi-totale de lisibilité, de cohérence et d'unité : la répétition des formules, le rabâchage des sommations, la réitération des interdictions, la rengaine des menaces. Autre curiosité : le Coran n'est pas composé : on démarre très simplement de la plus longue sourate pour aller à la plus courte.  Avis aux braves intellectuels qui fustigent la pensée binaire et le manichéisme (forcément simpliste) : le Coran est une illustration parfaite, une caricature de tout ce que la pensée humaine peut produire de plus effréné en fait de binarisme et de manichéisme. 

C'est cet infâme bric-à-brac simpliste, totalisant et, tout compte fait, totalitaire, que les élèves des écoles coraniques sont sommés d'ingurgiter par cœur (700 pages in-quarto !!). C'est cet inimaginable patchwork qu'un milliard et demi d'individus considèrent aujourd'hui comme sacré, au point de faire mourir ceux qu'on soupçonne de lui avoir manqué de respect. Pour moi, pour avoir jugé sur pièce, cette vénération est rigoureusement incompréhensible. C'est peut-être aussi cette vénération superstitieuse qui, en terre autrefois chrétienne, fait de l'islam un corps de doctrine définitivement inassimilable. Si l'Europe existe encore.

Ce qu'il faut bien voir, c'est que le texte du Coran est tellement hermétique, tellement peu intelligible que le lecteur, même un peu averti, est contraint de s'en remettre à la compétence supposée de "spécialistes" pour ce qui est de la compréhension du message. Le croyant sincère est contraint de faire confiance à quelqu'un que la société lui présente comme une autorité. Pas de lecture autorisée du Coran sans recours à une autorité spécialement habilitée à délivrer des avis autorisés. 

Car, si tous les Européens admettent depuis deux ou trois siècles la liberté de conscience, il faut savoir qu'il n'y a pas de liberté de conscience en terre d'islam. Le Coran est un instrument entre les mains des gens qui sont au pouvoir ou qui veulent le conquérir. Le Coran est à leur service pour faire régner l'ordre : "soumettez-vous" est en fin de compte la formule d'une sommation qui pourrait résumer l'intégralité du "livre sacré". Il ne viendrait à l'esprit d'aucun musulman d'apostropher Mahomet et de lui enjoindre de répondre à la sommation : "Prouve-le !". Comme le dit le journaliste dans son article, le texte du Coran est « sujet à d'infinies interprétations ». Et malheureusement, ce ne sont pas les gens savants qui manquent. Le problème avec l'interprétation, c'est que plus il y a d'interprètes, plus il y a de versions différentes.

Or il n'y a rien de plus difficile que de mettre d'accord deux interprètes. Je n'insiste pas sur la gravité du vieux problème du conflit des interprétations (cf. Paul Ricœur). Rien que le mot "djihad", comment faut-il le traduire ? Désigne-t-il la guerre armée contre les infidèles ? Signifie-t-il la violence que l'individu est invité à se faire dans un but d'ascèse morale ? Si vous sacralisez le texte, dites-vous déjà que la métaphore vous est interdite, et que le sens littéral s'impose à vous, sous peine de. Même à mille quatre cent et quelques années de distance. Remarquez, les créationnistes américains sont bien persuadés que le monde a été créé en six jours. Alors ...

J'insisterai davantage sur la suite de la phrase de Pascal Galinier : « ... chacun y piochant ce qu'il veut ». Malek Chebel, spécialiste s'il en est, le disait déjà : « L'islam est une auberge espagnole ». C'est en effet moins sur la façon dont il faut comprendre telle ou telle phrase (encore que ...) que s'étripent les interprètes, que sur les éléments du texte sur lesquels l'accent est mis : de même que dans la Bible, on trouve dans le Coran, tour à tour et successivement, des appels à la paix et des prêches de chef de guerre. Au fond, le choix par l'interprète de ses priorités de lecture est un révélateur de ses intentions préalables.

Pour les musulmans évolués, pour l'immense majorité des musulmans que nous croisons tous les jours, le Coran est une référence. Pour les salafistes, les Frères musulmans, les wahabites, les tyrans de l'Etat islamique - et, en France, les femmes voilées -, le Coran est une arme de conquête massive.

Notre problème, en France et ailleurs, c'est qu'ils ont tous raison.

Voilà ce que je dis, moi. 

lundi, 26 décembre 2016

RUE LOUIS THEVENET

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Photographie Frédéric Chambe.

Ci-dessous le même immeuble, en plus complet, vu du ciel (et de jour).

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Narguons les algorithmes : devenons imprévisibles.

A bien y réfléchir, les algorithmes qui nous ciblent dans nos requêtes sur les réseaux et nous resservent dans la foulée des publicités pour des marchandises ayant trait, paraît-il, aux traces que nous avons laissées de ce qui apparaît comme autant de "préférences" ou d' "orientations", ces algorithmes qui nous ligotent, paraît-il, plus étroitement que des ficelles matérielles, ces algorithmes, décidément, sont des crétins de premier ordre. La meilleure preuve est qu'ils me proposent d'acheter des produits, soit qui ne m'intéressent pas, soit que j'ai déjà eus entre les mains et qui m'intéressent donc probablement moins. Ils se contentent de bondir comme des fauves sur le plus petit pseudopode que j'émets au cours de mon activité sur la toile, parce qu'ils imaginent que chacune de ces excroissances recèle le secret définitif d'un désir. Comme si je me réduisais à cette notion infime de ce qu'est une "activité". 

Les algorithmes semblent ne faire aucune différence entre ce qui a, dans un passé récent ou non, attiré mon attention, et ce qui a des chances, dans un avenir proche ou lointain, de solliciter mon intérêt. Entre la fumée des curiosités passagères qui me traversent et la pierre du socle qui sert de base à ce qui m'a construit. Ce n'est pas parce que j'ai effectué une recherche sur le Mig 29 (Fulcrum, si je ne me trompe) russe ou le F35 américain que j'ai l'intention d'en acheter un seul exemplaire. Tout au moins Dieu m'en garde, surtout si j'en ai un de ces jours prochains les moyens de le faire.

Les algorithmes semblent postuler par hypothèse que la vie de mon esprit repose sur un continuum d'affects et de préoccupations absolument immuable dans le temps. Les algorithmes semblent être dans l'incapacité de prévoir le moindre des sujets vers lesquels, demain, je me tournerai peut-être. Le seul effet qu'ils semblent chercher à produire est celui-ci : éterniser l'instant présent. Figer vos désirs dans la gangue du moment où ils les ont repérés. En espérant que vous y resterez pris.

En l'état actuel des choses, du moins telles que je suis en mesure de les observer au travers de leurs propositions (publicitaires, cela va sans dire), ils sont par ailleurs totalement infoutus de deviner quoi que ce soit de mes "attentes" (ou soi-disant telles), attendu qu'ils sont faits exclusivement pour me considérer comme un consommateur de produits. Les algorithmes sont infirmes, en ce qui concerne toute autre dimension de l'homme que la bouche, organe par excellence de la consommation (et la vessie natatoire qui contient les picaillons).

L'homme est plus vaste et plus profond que l'ensemble de ses moments d'existence. L'homme est plus vaste que la liste exhaustive des ingrédients qui le composent, si cette liste pouvait par miracle être établie. L'homme échappe par nature à toutes ses définitions.

Cette impuissance de l'ordre numérique à dresser de moi un portrait un tout petit peu plus complexe que cette caricature d'individu lobotomisé, qui voudrait me réduire à ce pauvre être doté de juste assez de réflexes conditionnés pour être mû soit par l'envie exclusive de désirer demain ce que j'ai désiré hier, soit par celle de consommer des marchandises, est finalement assez réjouissante. Oui, cette impuissance de la machine algorithmique à porter son attention sur la réalité qui me constitue dans les profondeurs m'apporte un réconfort non négligeable. On me dit : "On y travaille". On me dit : "Ça viendra". Je dis : "Peut-être". Et ce "peut-être" me donne envie de sourire.

Note : je sais bien que, dans tout ce que nous faisons ou disons, il y a des invariants, et qu'on ne peut pas passer son temps à s'efforcer de ne pas refaire, de ne pas répéter, de ne pas "repasser par là". Il n'empêche que.

dimanche, 25 décembre 2016

ÉLOGE DE LA CRÈCHE

Laurent Wauquiez a donc eu le culot d'installer une crèche à l'Hôtel de région ! Il a eu raison. Et tant pis pour les laïcards (qui ont d'ailleurs perdu le référé introduit au tribunal). Ils attendront le jugement sur le fond, bien après les fêtes, quand la crèche aura été remballée, pour éventuellement voir leur demande satisfaite. Je le dis d'autant plus facilement que tout ce qui tourne autour d'une foi quelconque, et de la catholique en l'occurrence, me coule dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard. Non seulement pas de honte, mais je ne sors pas de là : pas de Noël sans sapin et sans crèche, petit Jésus compris. PASTORALE DISQUE.jpgAvec, pourquoi pas, pour couronner, l'accompagnement sonore de La Pastorale des santons de Provence (texte d'Yvan Audouard, qui prête aussi sa voix à l'âne), son ange Boufaréou, son "Boumian", son Aveugle, sa Poissonnière, son Pistachié, son Berger, son Gendarme, enfin bref : tout le monde. On a cependant tout à fait le droit (et même peut-être le devoir) de préférer les six cantates de l'Oratorio de Noël de Maître Jean-Sébastien. Mais, comme on dit, les deux "ne boxent pas dans la même catégorie".

Ci-dessous, quelques-uns de ces délicieux personnages inventés par la Provence, et signés Escoffier, Gonzague, Carbonel, Chave, Lambert, Arterra, Le Moulin à huile, Gateau, etc. Et même par "Le Santon savoyard" !

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De la robe de bure monacale au surplis le plus raffiné, en passant par la plus traditionnelle "serpillère de ratichon" (alias la soutane), voici l'assemblée des curés. Le "Savoyard" est le plus grand.

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"Il faisait un mistral à décorner les taureaux de Camargue". La superbe cape sort des ateliers d'Escoffier (Aubagne).

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Les Gitans, au gré des divers éditeurs.

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Le Père fouettard est du Moulin à huile. Le Saint Nicolas, de Lambert.

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Le rémouleur, suivant Gelato, Gonzague et Gateau.

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Les "pète-en-chœur" (pardon !) d'Escoffier.

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De la basse-cour à l'exotisme, en passant par l'utilitaire.

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Alphonse Daudet a inspiré les créateurs de Lambert.

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Premiers intrus : les Alsaciens (mais j'en connais un certain nombre à Lyon, alors pourquoi pas en Provence ? Et puis ne faut-il pas "ouvrir de nouveaux marchés" ?). On trouve aussi des Bretons.

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J'ai ajouté celui-ci, parce qu'il n'y a pas de raison : on est à Lyon, que diable. Guignol tient fièrement sa "racine d'Amérique", qui lui sert à rosser le Gendarme et aussi, il faut bien l'avouer, sa chère et tendre Madelon, qui est pourtant une "canante" bien "chenuse". Pour "canante", Nizier du Puitspelu, précise dans son Littré de la Grand'Côte : « De "canant" [très agréable], parce qu'une canante, dans les commencements, c'est tout ce qu'il y a de plus canant, mais dans les commencements seulement ». On ne le dit pas assez, mais le canut était (à l'imparfait parce que les canuts ont disparu) un vieux macho sexiste et catholique (donc réactionnaire), évidemment.

samedi, 24 décembre 2016

RUE CALAS 3

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Photo Frédéric Chambe.

Ci-dessous la rue Calas vue du ciel. C'est une rue étroite, à l'ambiance agréable, mais avare en trottoirs. C'est regrettable, vu le nombre d'automobilistes qui l'empruntent pour rejoindre la rue de la Croix-Rousse (ou la rue Chariot d'or, vers l'est du plateau).

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vendredi, 23 décembre 2016

RUE CALAS 2

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Photographie Frédéric Chambe.

Ci-dessous la rue Calas vue du ciel. Les jardins sont de l'autre côté des maisons.

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jeudi, 22 décembre 2016

RUE CALAS 1

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Photographie Frédéric Chambe.

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A force d’écouter aux portes de la langue

Ce que disent les nuits du parfum des étreintes ;

A force de chanter l’air blanc qui sort des bouches,

Portes de lune éteinte ou chemins de naissance ;

A force de tailler la même écorce vive

Aux formes de la main rétive aux récompenses ;

A force de recoudre, immédiate et limpide,

L’aile figée dans l’ambre au reflet du matin,

 

J’ai coulé dans la pierre une assemblée de pas,

Ma collection d'échecs,

Et ce qui reste moi.

 

F. C.

mercredi, 21 décembre 2016

RUE CHARIOT D'OR 1

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Photographie Frédéric Chambe.

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Il pleut du soir, en fumée ronde,

Sur le désir de poursuivre la route.

Il pleut un air de vieux cheval

Sur le souffle qui s’agrippe.

Il pleut des baisers pieux

Sur la peau qui ne veut rien savoir.

Il pleut des moments creux

Sur la raison désertée d’être.

 

Dans les gouttes des sons qui savent,

Entends la mort des mots qui vient

Derrière le front de ceux qui vivent.

 

F.C.

mardi, 20 décembre 2016

RUE DE CUIRE

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Photographie Frédéric Chambe.

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Pendant que la porte bat en attendant le visiteur,

Pendant que le corps s’en va dans le jardin de la nuit

Souffrir sa solitude irrespirable,

Pendant que l’armée des pensées traverse son désert

Pour venir se heurter au vent qui patrouille,

Pendant que l’inquiétude fabrique ses faiblesses,

Pendant que le stratège des confins révise la bataille,

Le sommeil mord la sentinelle

Et se répand, porté par son incandescence.

 

F. C.

lundi, 19 décembre 2016

RUE DE CUIRE

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Photographie Frédéric Chambe.

 

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De la lenteur de l’air à la pesanteur des paroles,

De l’eau des landes qui s’entrouvrent

Au troupeau des échos qui s’aventurent

Entre deux haies d’étoiles filantes,

De la grammaire qui gît entre les parenthèses

Au corps nerveux qui s’enroule,

Orvet luisant sur le dard du doigt dur,

J’ai connaissance intime de la frivolité.

 

F. C.

dimanche, 18 décembre 2016

RUE DUMONT D'URVILLE

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Photographie Frédéric Chambe.

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Combien je suis d’âmes de bêtes,

Avec le mauvais rêve d’une paix sans miséricorde ?

 

Combien je suis de frères de peu d’emphase,

Museau dans l’abreuvoir

Et sabots dans la vanité ? 

 

Combien je suis de secrets en péril,

Combien de portraits en retard,

Combien d’arides à-peu-près,

Et pour quel texte originel ?

 

F.C.

samedi, 17 décembre 2016

LUMIÈRE

Mon art abstrait.

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Photographie Frédéric Chambe.

vendredi, 16 décembre 2016

VARIANTES DE LUMIÈRE

BEC, OISEAU, PLUME, VENT.

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Photographies Frédéric Chambe.

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Unter der Flut

fliegen, an

gehöhten schwarzen

Opfersteinen vorbei,

 

die unendlich geerdete Schwermut

in den

Fahrwerkschächten,

 

berauschte Flugschreiber im

Sehnsuchtsgehänge,

 

künftige Fundstücke, silbrig,

im

schädligen Cockpit,

 

Sichttunnels, in

den Sprachnebel geblasen,

 

Selbstzündblumen

an allen Kabeln,

 

im großen, unausgefahrenen

Felgenring deinen

genabten Schatten,

Saturn.

 

PAUL CELAN

Lichtzwang (1970).

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Voler sous

le flux, près

des pierres levées

noires, sacrificielles,

 

la mélancolie infiniment mise à la terre

dans les

logements de train d'atterrissage,

 

des enregistreurs de vol grisés dans

la suspension de la nostalgie,

 

de futurs objets trouvés, argentés,

dans

le cockpit crânien,

 

des tunnels de visibilité, soufflés

dans le brouillard du langage,

 

des fleurs d'auto-allumage

à tous les câbles,

 

dans le grand anneau verrouilleur,

pas encore sorti, ton

ombre à moyeu,

Saturne.

 

PAUL CELAN

Contrainte de lumière.

 

 

jeudi, 15 décembre 2016

LUMIÈRES

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Photographie Frédéric Chambe.

mercredi, 14 décembre 2016

LUMIÈRE DU DEDANS

Mon art abstrait.

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Photographies Frédéric Chambe.

 

mardi, 13 décembre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

Toujours Berlion.

Avec Histoires d'en ville - Rochecardon I (Alfonso), II (Karima), III (Ange), Berlion se montre plus ambitieux. Il est au scénario et, bien entendu, au dessin. Ci-dessous la place des Terreaux façon Daniel Buren (une place publique que son concepteur considérait comme son bien propre : il avait fait un procès (perdu, heureusement) à des cartepostaliers pour toucher un dividende sur les ventes).

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L'histoire est juste ce qu'il faut crade et sordide pour qu'on se sente dans l'ambiance du roman noir. Le centre de gravité, au début du récit, est un café du quartier de Vaise, pas loin de la voie ferrée, tenu par "Bob", ainsi surnommé à cause d'une vague ressemblance avec Robert De Niro. Les clients sont des habitués : Alfonso Rodriguez, Kamel (qui vient pour faire des baby), Gaby, un ex-flic qui noie son marasme dans l'alcool. La serveuse, Karima, qui se fait appeler Karine, est la soeur de Kamel. Depuis peu, un certain Pinson vient prendre tous ses repas à midi. Il a des "airs mystérieux". 

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Et puis il y a Frank, qui la ramène, qui roule des mécaniques et qui se prend pour un gros dur, tout ça parce qu'il distribue sa came à un réseau de dealers du quartier. Lui, il a du pognon, roule en BMW, prend des airs supérieurs pour se moquer du journal que tient Al (ci-dessus, admirez le festival de sépia), mais il s'écrase face à Bob, qui se fâche après un mot méprisant pour Karima. 

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Parce que Bob, il en pince pour ce beau brin de fille. Malheureusement, elle, c'est Al qu'elle aime. Et Kamel, le petit frère, subira un sort funeste pour une parole malheureuse à ce sujet que Bob a prise de travers.

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L'autre centre de gravité de l'histoire est un terrain vague dans le quartier de Rochecardon. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est dans le 9ème arrondissement de Lyon, en bord de Saône, juste sous la colline. Le "périph'nord" a passablement changé la physionomie du coin.

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Le problème de ce terrain vague, c'est qu'on y retrouve des cadavres, plus ou moins enterrés (ou déterrés à dessein). Le vieux Julien Jambert, qui a sa maison juste au-dessus, n'a jamais rien vu. C'est du moins ce qu'il dit au commissaire Colombet. 

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Belle composition bien blafarde pour montrer qu'Alfonso n'est pas rancunier envers Frank, puisqu'il vient lui sauver la mise face aux deux tueurs envoyés par Ange pour le mouiller dans le meurtre de Stéphano. Mais Frank n'arrive pas à appuyer sur la détente : il cane devant l'obstacle.

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Lui, c'est Ange Simeone, le caïd à gueule de Klaus Kinski qui a vue sur la place des Terreaux et qui tient le trafic de drogue sur le coin, avec la complicité (secrète !) du commissaire Colombet. Il a une bande à son service. L'étudiant amoureux de Nadège Winkler a eu le tort de s'intéresser à ses affaires, de prendre des photos et de le faire chanter. C'est son cadavre que Gaby l'ex-fllic a un peu déterré pour qu'on le trouve.

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Gaby Chomsky a précisément quitté la police parce qu'il avait échoué à dénouer les fils de l'affaire Nadège Winkler et qu'il ne supportait plus de patauger dans la boue de l'humanité. Mais là, il s'accroche. S'il intervient, c'est qu'il n'a pas renoncé à nettoyer sa petite écurie d'Augias. 

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Karima est allée tirer manu militari Frank de sa planque en Ardèche parce qu'Alfonso est tombé entre les pattes des malfrats. Au lieu de la fermer, Frank la ramène, une fois de plus.

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Le commissaire vient de flinguer Ange. Il n'a pas prévu que Gaby l'ex-flic surgirait à ce moment.

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Carrera a succédé à Gaby auprès du commissaire Colombet. C'est lui qui procède à l'arrestation de son chef. Quant au soi-disant Pinson, il s'appelle en fait Winkler. Il est le père de l'étudiante Nadège, qui a malheureusement disparu suite à la mort de l'étudiant.

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Heureusement, le vieux Julien Jambert (celui du terrain vague) invite Pinson-Winkler à boire un coup, "pour la route". C'est que Julien a une sœur dans la Sarthe. Il vient de l'appeler pour lui annoncer la toute prochaine visite de M. Winkler.

Ce petit résumé décousu n'a servi que de prétexte pour montrer quelques aspects du travail de Berlion. Un travail formidable.

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Le bonus, numéroté et signé.

lundi, 12 décembre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

... C’ÉTAIT RIGOLO.

Aux cimaises de ma galerie BD.

Un bel album de BERLION.

J'ai découvert le travail de Berlion (qui aurait pu s'appeler Berlyon, vu ses attaches) quand il produisait, en tandem avec Corbeyran comme scénariste, un série très sympathique intitulée Sales mioches. Une petite bande de chenapans supervisés par un "grand" évoluait entre les rues grises des pentes de la Croix-Rousse, la presqu'île, les rives de Saône et l'île Barbe, mêlés à des tours pendables, mais aussi à des affaires louches, qu'il est entendu qu'ils résolvaient en équipe, et pas souvent selon les règles de la procédure pénale. C'était à peu près mon quartier : on voyait tour à tour la rue Pouteau, le passage Mermet, avec ses rampes métalliques terribles à la glissade, le sinistre passage Thiaffait, devenu un lieu chic de création de mode (j'ai du mal à m'y faire), la façade de Saint-Polycarpe, la ficelle (Terme ou Croix-Paquet, je ne sais plus), etc.

C'est Corbeyran qui scénarise encore le volume intitulé Lie-de-vin, qui raconte l'enfance, l'adolescence et le devenir adulte d'un garçon pas gâté par la vie : d'abord on a forcé sa mère (qui avait 16 ans au moment de) à l'abandonner. Ensuite, il est affligé, de naissance, d'une large tache rouge qui lui "habille" toute la joue droite, du cuir chevelu au menton. Que n'a-t-il pas entendu à ce propos depuis qu'il est tout môme !

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Il a été recueilli chez la vieille Albertine et sa fille Perrine (ses "tantes"), qui l'élèvent tant bien que mal, la première ne ratant pas une occasion de l'humilier, la seconde (ci-dessous) prenant sa défense, parce qu'on suppose qu'elle a le béguin. Est-ce l'instinct maternel ? Est-elle jalouse de Marie-Mystère ? Est-ce elle qui a commis l'irréparable ? On ne le saura pas.

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Le truc de Berlion, on le voit, ce n'est pas "la ligne claire" (Hergé et compagnie) : il privilégie la couleur aquarellée. Sans dédaigner les contours, il ne fait pas de la définition des traits des personnages son sujet principal. Ce n'est pas choisir la facilité : le résultat est moins "joli" (quoique, ci-dessus ...), moins "propre". Le trait est plus évocateur que démonstratif. Son sujet, c'est l'ambiance de suie qui suinte des murs, le marasme intérieur, cotonneux, presque gluant par moments, dans lequel se débat Lie-de-vin. Pour être exact, il faut préciser que tout n'est pas noir dans la vie de Lie-de-vin, et que certains moments parviennent à trouer la couche nuageuse pour trouver un peu de ciel. Reste que, globalement, c'est un garçon très seul. Et même tout à fait seul.

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Le village où évoluent (non, on ne peut pas dire qu'ils évoluent : c'est juste le temps qui passe) les personnages est immobile, comme gélifié.

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Maïs est la fille d'une ferrailleuse. Elles vivent dans une roulotte, hors du village. Maïs gagne un peu d'argent avec son corps. Que fait-elle le reste du temps ? Maïs est l'initiatrice de Lie-de-vin. Berlion, ci-dessus, ne nous laisse rien ignorer de ce qui va se passer bientôt entre eux. Elle, qui aime rôder dans le village la nuit, a entendu et vu ce qui s'est passé un soir à la maison que Marie-Mystère a achetée, au nez et à la barbe du boucher, qui voulait agrandir son domaine. Et ce qui s'est passé concerne Lie-de-vin de très près.

Une histoire amère et banale, quoi. Mais qui laisse derrière elle un arrière-goût très "long en bouche".

Quant au récit, Corbeyran a fait un travail méticuleux : d'une part il le découpe entre différents modes de narration (le magnétophone à cassettes, le monologue intérieur, les dialogues en direct entre les personnages) ; d'autre part, sans que ça nuise à l'impression de continuité chronologique (Lie-de-vin ne cesse de grandir), il se permet des retours en arrière et des anticipations qui exigent une lecture assez attentive.  

dimanche, 11 décembre 2016

ÇA FAISAIT DES BULBES …

Qui peut dire où vont les fleurs ?


Moignon d'amaryllis (non, pas ci-dessus !).

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Photographie Frédéric Chambe.

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PERMIS DE TUER

Il paraît que des féministes manifestent en ce moment, au nom de toutes les femmes, disent-elles, en faveur de Jacqueline Sauvage, meurtrière de son mari. Elles ont envoyé au chef de l'Etat (un certain François Hollande) une lettre dans laquelle elles lui réclament une grâce totale pour la condamnée. Hollande lui en avait déjà octroyé une, mais partielle. Cela ne suffit pas : les féministes veulent voir Jacqueline Sauvage sortir de prison séance tenante. Elles considèrent que la détention fait subir une injustice à toutes les femmes. On se demande où elles vont chercher ça.

C'est entendu, monsieur Sauvage était un sauvage. Pendant quarante ans il a battu sa femme Jacqueline, et j'imagine ce qu'il a fait à ses filles. Elle a enduré au-delà de ce qu'on peut se représenter. Au bout de quarante ans de souffrances, Jacqueline en a eu assez : elle a tué monsieur Sauvage.

Pour dire le vrai, je n'ai pas suivi le procès. Sur le peu d'informations dont je dispose, je ne peux que rester perplexe. Moi, ce qui m'impressionne, c'est cette expression : "quarante ans", qui revient en boucle. Je me dis que ce n'est pas très raisonnable de passer quarante ans auprès d'un mec violent et abusif. Quoi, Jacqueline Sauvage, en quarante ans, n'a pas eu un seul moment creux pour se plaindre à quelqu'un ? Une voisine ? Une assistante sociale ? Un employé de mairie ? Quoi ? En quarante ans, elle n'a pas eu une seule fois l'idée de pousser la porte d'un commissariat pour déposer une "main courante" ? Pour déposer plainte ? Qui peut croire ça ? Ce que je retiens, c'est que Jacqueline Sauvage, pendant quarante ans, a fermé sa gueule. C'est aussi simple que ça. Les sociologues et psychologues peuvent bien débarquer avec leurs explications, supputations et suppositions, ils n'excuseront rien. Entre comprendre et justifier, il y a un fossé que comblent allègrement les bonnes âmes militantes.

Car il reste qu'elle a tué son mari. Au bout de quarante ans. Moi, ce qui m'interpelle, c'est donc cette durée : quarante ans. Pourquoi ça ? Parce que c'est cette durée qui sert d'argument à un groupuscule de féministes pour introduire une demande de grâce totale auprès de la présidence de la République pour Jacqueline Sauvage. Qu'est-ce qu'elles demandent, ces femmes, en réalité ? Elles exigent que soit accordé un permis de tuer aux femmes qui ont fait l'erreur d'épouser un homme violent, un homme qui se venge sur elles, pendant quarante ans, des humiliations et frustrations que lui fait subir la société.

Ce qui me laisse tout effaré, c'est que, dans les éléments de langage des féministes qui poussent des hurlements de louves jusque dans les médias pour obtenir une grâce totale pour Jacqueline Sauvage, c'est ce "quarante ans" qu'elles utilisent comme argument pour faire valoir une "légitime défense" totalement imaginaire, une "légitime défense" qui exonérerait la condamnée de tout crime. Car on ne peut pas sortir de là : ce que Jacqueline Sauvage a commis s'appelle un crime. Que monsieur Sauvage ait commis des délits de violences sur sa femme ou sur ses filles, sans doute des crimes sexuels, ne change rien au fait qu'il est mort et que c'est sa femme qui l'a tué. A la limite, on pourrait reprocher à celle-ci une "non-dénonciation de crime", parce que quarante ans, cela s'appelle de la complicité. Je ne sais pas quels sont les arguments de l'accusation qui ont le plus porté, mais je me dis qu'un jury d'Assises a décidé de la condamner. Cela veut au moins dire que les débats n'ont pas tourné en sa faveur. Les féministes peuvent-elles tenir compte de ça ?

Qu'on le veuille ou non, il y a du consentement au mal dans le silence de quarante ans de Jacqueline Sauvage.

Voilà la cause ahurissante que défendent les féministes qui réclament la grâce totale pour Jacqueline Sauvage : il y a de l'appel au meurtre dans cette demande. Et si la grâce lui est accordée, bien des femmes risquent de se sentir autorisées à y voir un permis de tuer. 

samedi, 10 décembre 2016

LA VIE DERRIÈRE LA VITRE

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Photographie Frédéric Chambe.

 

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PLANÈTE

La France va mieux, ça on le savait de source sûre (François Hollande, surnommé "la bocca della verita", vous savez : "si je mens, je vais en enfer"). La planète, quant à elle, va de mieux en mieux. Elle pète le feu, la santé, la forme et la joie de vivre.

Deux informations pour confirmer la bonne nouvelle : 

1 - Gilles Bœuf, spécialiste de la biodiversité, nous apprend que 100 % des records de pêche en termes de taille et de poids des prises datent d'avant 1950, et que la masse des poissons ramenés par les navires-usines a durablement cessé d'augmenter malgré les investissements colossaux : ça stagne, et même ça baisse. Les poissons sont de plus en plus petits, c'est-à-dire de plus en plus jeunes (car ils ne cessent de grandir et grossir au cours de leur existence), donc de plus en plus immatures. Ne parlons pas du chalutage profond, qui va chercher des espèces dont certaines n'atteignent la maturité sexuelle et l'aptitude à se reproduire que très tardivement (jusqu'à quinze ans pour l'empereur, je crois). Résultat : Gilles Bœuf réfute la disparition des espèces océaniques ("Il y a un seul océan", dit-il, "et il n'est pas possible de démontrer qu'une espèce n'existe pas quelque part"), mais il s'alarme de "l'effondrement des populations" (c'est son expression) : pas le nombre des espèces, donc, mais le nombre des individus de chacune.

2 - Le Monde, journal quotidien, nous apprend qu'entre août 2015 et juillet 2016, 8000 km² de forêt amazonienne ont été rasés au Brésil, en progression de 29 % sur l'année précédente.

Et tout cela sans même évoquer le réchauffement climatique, bien connu désormais de monsieur tout-le-monde. Tout cela va dans une seule et même direction : le suicide.

Heureusement que l'humanité ne cesse de prendre de bonnes résolutions : qu'est-ce que ce serait dans le cas contraire !!! 

On pourra bientôt prendre au sérieux ce qui, sous la plume d'Alexandre Vialatte, n'était qu'une boutade : « On n'arrête pas le Progrès : il s'arrête tout seul ». On peut mettre la phrase au futur : le progrès s'arrêtera tout seul. La boutade se fait prédiction. N'en doutons pas.

Gilles Bœuf ajoute une chose intéressante (et à méditer) : l'humanité ne va pas dans le mur, car il n'y a pas de mur. Simplement, ce qui va arriver, c'est que les hommes vont souffrir de plus en plus.

 

vendredi, 09 décembre 2016

LA VIE DERRIÈRE LA VITRE

L'atelier de reliure.

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Détail.

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Photographie Frédéric Chambe.

jeudi, 08 décembre 2016

LA LUCARNE TOUT EN HAUT

Entrée de la rue d'Austerlitz, le 7 décembre, juste pour la petite fenêtre éclairée, tout en haut du mur (presque) aveugle, sous les toits.

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Photographie Frédéric Chambe.

mercredi, 07 décembre 2016

A VUE D’ŒIL

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Photographie Frédéric Chambe.

mardi, 06 décembre 2016

LA VIE DERRIÈRE LA VITRE

La buée sur la baie vitrée du restaurant : c'est qu'il ne fait pas chaud dehors, et que le cuistot prépare la tortore. Il paraît que ce qu'on y mange est plutôt végétal. Peut-être pour ça que je n'ai pas essayé.

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Photographie Frédéric Chambe.

lundi, 05 décembre 2016

GOTLIB EST MORT !

Gotlib est mort ! Mauvais signe !

Non, je ne vais pas baratiner mon baratin ou délayer ma confiture au moment où le cher Marcel nous quitte. J'ai juste entendu : « Il était le père de Gai-Luron et de Super-Dupont ».

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Ces deux vignettes (qui se suivent et se répondent dans la planche) sont tirées des Dingodossiers.

Je me suis dit, avant même d'écouter la suite : « Ah bon ? Et Bougret-Charolles, alors ? Isaac Newton ? La coccinelle ? L'élève Chaprot ? Le professeur Blurp (note du 7 : toutes mes excuses au professeur Burp, dont j'ai estropié l'estimable patronyme) ? Et Hamster jovial ? L'hyène ? La girafe ? Le boueux de mon enfance (« Tu vois fiston ? Souple, la main ! ») ? Le capitaine Capitaine et le matou matheux ?  Le loup végétarien ? Fanchon la cruche (« Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se case ») ? Et la sœur Anne, celle qui "raque aux deux berges" ? Et "Si goret su goret pas venu" ? Et "lblésmoutilabiscouti" (réponse : oui, lblésmoulabiscou) ? Et le Biaffrogalistan ? Et le petit chaperon rouge dans la brousse africaine, avec ses dialogues en "petit nègre" ? Et Alain Delon dans sa lamasserie, converti au bouddhisme (« Lama Delon vient nous servir à boire ») ? ». L'accroche journalistique était prévisible, certes. Mais.

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Au centre, Bougret (avec la tête de Gébé) et Charolles (la tête de Gotlib). Tout autour du tandem héroïque, gravitent Tarzan (on note son pied gauche), le samouraï qui demande à Léon un petit blanc sec, pour la femme, j'ai oublié, puis le meunier qui ne rêve que d'aventures chevaleresques et sur le moulin duquel Don Quichotte vient se fracasser, Aristidès Othon Frédéric Wilfried, l'innocent à tête de Fred, l'enfant sauvage du docteur Itard-Truffaut, le chien du professeur Burp et Blondeaux Georges Jacques Babylas, le coupable à tête de Goscinny. Je n'ai pas parlé de la coccinelle, parce qu'on ne parle pas de la coccinelle, voyons !

On a beau savoir, on ne s'habitue pas. Le dernier en date, c'était Moebius. Un peu avant, c'était Fred. Pourquoi on ne s'habitue pas ? Eh bien c'est qu'on s'approche aussi, n'est-ce pas. Il avait quatre-vingt-deux ans. Il ne dessinait plus depuis longtemps, il avait fait le tour de son possible et de son désirable à lui. Ma foi, quand on est à l'heure du bilan (voyez François Hollande), on voit ce qui reste. Et quand on voit ce que Gotlib laisse derrière lui, alors là pardon, excusez du peu. Monsieur Hollande peut aller se rhabiller. Parce que Gai-Luron et Superdupont, je veux bien, mais il faut commencer par le commencement.

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En couverture du catalogue publié pour l'expo qui a eu lieu en 2014 au musée d'art et d'histoire du judaïsme. On n'y retrouve pas, malheureusement, les trois planches qui figuraient à l'expo, où Gotlib met en scène sa mère Régine qui vient s'asseoir devant le poste de télé, avec des copines, un soir où son fils intervient dans je ne sais plus quelle émission. Trois pages absolument formidables. Je crois qu'il a cessé de dessiner juste après la mort de cette mère.

Pour moi, le commencement, c'est Les Dingodossiers. Et le sommet, La Rubrique-à-brac. C'est-à-dire la période Pilote. Et puis il y a les revues : Pilote, L'Echo des savanes, Fluide glacial (magazine « d'umour et bandessinée »). Même si j'aime moins (rétrospectivement, s'entend) ce qu'il a fait après Pilote (revue pleine d'humour « glacé et sophistiqué »), dans L'Echo ou Fluide (plus à fond dans la dérision), je n'enlève rien, je prends tout. Comme dit Victor Hugo (mais c'est au sujet d'un certain William Shakespeare, c'est tout de même autre chose que de la B.D.) : « Dans un chef d'oeuvre, j'entre chapeau bas ».

Si je voulais évoquer ce que je préfère dans toute la production gotlibienne, j'aurais l'embarras du choix. Allez, arbitrairement, j'en reviens aux débuts avec Goscinny, avec deux doubles pages qui restent délectables : "Les grands enfants" et "Les petits hommes", où le scénariste doué imagine allègrement des adultes retournés à la communale, puis des enfants dotés de comportements plus raisonnables que leur âge.

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La dame respectable.

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Les respectables hommes d'affaires au restaurant.

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Le goûter des petites filles soucieuses de leur ligne.

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Les petits garçons qui ont bien l'intention d'arrêter la sucette.

Merci pour tout, monsieur Gotlib.