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lundi, 16 septembre 2019

DIX CONVERSATIONS A RETENIR

7

A la maison, avenue du Châter, un matin d’hiver très rigoureux (dans les - 20°C). 

P. et moi regardons par la fenêtre notre voisine, Mme L. qui, la veille au soir, a couvert le pare-brise de sa Renault R6 blanche d’une couverture de laine en la passant sous les essuie-glaces et en coinçant le bas dans le capot qu’elle a claqué dessus. P. me dit : « Oh ça, c’est une chouette bonne idée. Tu devrais faire pareil ». Mme L. va pour ouvrir le capot. Rien à faire, le capot résiste, le verrou est sans doute trop tendu, et ça ne veut vraiment pas. Elle tire sur la couverture, sans succès. Elle prend la gamine dans ses bras, remonte chez elle, redescend avec la gamine et un outil pour faire levier. Toujours rien. Elle remonte avec la gamine qui pleure. Nouvel outil, nouvel échec. Elle remonte chez elle avec la gamine qui hurle. Enfin, nous la voyons redescendre avec la gamine dans les bras et partir en courant vers l'avenue, laissant la couverture en bataille sur le capot.

dimanche, 15 septembre 2019

DIX CONVERSATIONS A RETENIR

6

Rue de la Barre (quartier Bellecour). Il fait chaud. 

Marchant côté ombre, je croise une fille aux yeux écarquillés, immobile au bord du trottoir, l’air effaré. Elle serre quelque chose que je ne vois pas, les deux mains crispées sur sa poitrine. Elle semble attendre pour traverser la rue. Je poursuis ma route. Soudain, un hurlement de pneus, un choc mat un peu mou, des cris de femmes. Je me retourne : c’est elle qui est par terre, au milieu de la rue. Il y a du sang. Le conducteur a jailli de sa voiture en criant : « Elle s’est jetée ! Elle s’est jetée ! ». Une chaussure a atterri non loin de moi. Je la ramasse pour la lui rapporter. Son tibia fait un angle bizarre. Elle a du sang sur la figure, une blessure à la tête. Je la regarde. Elle est consciente, mais semble totalement absente. Quelques badauds se sont arrêtés. Elle me regarde. On dirait qu’elle me supplie. Elle dit d’une voix faible : « Non … non … non … ».

samedi, 14 septembre 2019

DIX CONVERSATIONS A RETENIR

5

Un petit restaurant pas cher, rue des Marronniers (quartier Bellecour). 

Beaucoup de tables, impression d'être serré en s'asseyant. Je viens de finir l’entrée. Un gars assez épais s’installe en face, à deux tables (la première est vide). Ma première impression, c’est qu’il est ivre. Mais à la réflexion, peut-être est-il plutôt sous neuroleptiques. Pas un mot pour commander : il pose un index mou sur le menu. Ce sera poulet rôti, haricots verts. Il prononce quelques mots pâteux en me regardant. Le personnel est efficace : le monsieur est servi promptement. Alors il regarde son assiette, va pour la prendre, la saisit à deux mains, en verse le contenu entier sur la nappe en papier, puis pose l’assiette tranquillement dessus en levant des yeux vides vers moi. Le patron, les yeux écarquillés, le regarde patouiller avec son assiette, le poulet et les haricots. Personne ne semble faire attention. Il essaie alors de manger avec les doigts, mais abandonne rapidement. Tout d’un coup, de la main côté couloir, il saisit son assiette par le bord, entre le pouce et l’index, la laisse pendre, puis lui donne un mouvement de balancier. Son œil est morne, la paupière basse. Enfin, d’un geste plus énergique, il projette l’assiette vers l'avant en la faisant tourner. Elle tombe sur le carrelage et se brise. Les gens présents regardent à peine. Puis le gars se renverse contre le dossier, ventre en avant, tête en arrière, s’apprêtant visiblement à dormir. Le patron arrive, le secoue et lui crie dans les oreilles de partir sans payer : « Ça fait rien ! C’est pour la maison ! ». L’homme s’ébroue, se lève, s’avance en hésitant vers la porte et s’en va. Il n'a finalement rien mangé. Le patron : « Ah là là ! Quelle époque ! ». Un garçon vient nettoyer la table et le sol.

         Il ne s’est pas passé cinq minutes que s’installe à la même place une femme portant des lunettes très épaisses d'un verdâtre fort teinté. J'arrive à la fin de mon repas. Sans m'adresser un mot ni me regarder, elle se penche pour prendre le sel qui est devant moi, puis saisit ma bouteille d’eau minérale, s’en verse une rasade, boit, puis prend ma carafe de vin rouge, dont elle verse le fond dans son verre. Elle repose la carafe devant elle. Elle ne m'a pas vu.

         Je paie. Je sors.

vendredi, 13 septembre 2019

DIX CONVERSATIONS A RETENIR

4

Place Bellecour, un matin, devant la vitrine de la librairie Flammarion. 

Un clochard est écroulé, tant bien que mal adossé de biais à la vitrine. Sa sébile est renversée, il se bave dessus, il a vomi un peu de son vin, il est dans le cirage. Un autre clochard arrive près de lui. Il est à jeun, lui, et il pique une grosse colère. Il se met à secouer son camarade : « T’as pas honte ? ». Pas de réaction. « T’as vu comment t’es ? T’as pas honte ? ». Il le bourre de coups de poing dans une épaule. « Dis, t’as pas honte de saloper le métier comme ça ? T’appelles ça faire la manche ? T’appelles ça faire la manche ? ».

Note : Il y a belle lurette qu'il n'y a plus de librairie Flammarion place Bellecour : je vous parle d'un temps ... Il n'y avait pas encore de SDF, il n'y avait alors que des clochards.

jeudi, 12 septembre 2019

DIX CONVERSATIONS A RETENIR

3

La salle d’attente du docteur L. à Francheville (banlieue SO de Lyon). Il est 19h.30.

Quand j'ouvre la porte, deux personnes sont assises. Il y a beaucoup de retard. L’homme a une cinquantaine d’années, le visage humble et bon, peut-être pas tant que ça après tout. La femme est énorme et sans âge, ses jambes trop courtes pour toucher le sol se balancent. Vêtue d’une jupe-culotte vert bouteille, son ventre déborde sur ses cuisses. Je crois tout d'abord qu’elle connaît le monsieur, parce qu’elle lui parle sans discontinuer. Quelques sujets, dont je m’aperçois qu’ils reviennent, cycliques, toutes les deux ou trois minutes, avec un silence de vingt secondes entre deux sujets : le retard du médecin, la tambouille du soir, l’heure du bus qu’elle va prendre pour rentrer, l’heure du départ au boulot le lendemain matin, le repas de fin d’année de l’entreprise. Sa vulgarité est totale, désarmante et inattaquable, sympathique mais gênante, car en réalité elle ne connaît pas du tout l’homme à côté d’elle qui, pendant toute la demi-heure que dure la scène, n’a cessé de feuilleter les revues de la salle d’attente en marmonnant « hum » régulièrement, par politesse ou pour être tranquille. Elle ne se gêne pas pour lui tirer la revue quand le titre l’intéresse. Elle me demande : « Et vous, c’est pour quelle heure ? ».

En sortant à l'appel de son nom, elle dit bien fort : « Au revoir, messieurs ! ». Impossible de ne pas lui rendre son salut.

mercredi, 11 septembre 2019

DIX CONVERSATIONS A RETENIR

2

Une charcuterie place de la Croix-Rousse, un samedi matin. 

La petite grosse charcutière sert une vieille dame rabougrie, timide et ridée, tout en finissant de conter à la cliente précédente le détail des terribles ennuis de santé de son mari. Elle coupe, elle coupe, elle coupe le jambon à l’os, sans s’aviser de l’inquiétude qui grandit sur le visage de la vieille dame, qui murmure : « Euh, j’en veux trois, s’il vous plaît », mais pas assez fort pour être entendue. La patronne continue. Le corps de la toute vieille devient nerveux, se crispe, s’agite. Un peu plus fort : « Ça suffit, s’il vous plaît ». Pas de réaction : la charcutière débite les tranches en continuant de se plaindre. Alors, à plusieurs reprises et de plus en plus fort : « Eh, ça suffit ! ». On est à six bonnes tranches. La charcutière, interrompt enfin son geste, emballe la marchandise, encaisse, parlant toujours. La toute vieille dame paie, met le paquet dans son cabas, et puis elle se retourne vers une aussi vieille, sans un mot, mais avec un regard et un sourire d’une gentillesse immense qui excuse l’étourderie de la charcutière qui a tellement de soucis.

mardi, 10 septembre 2019

DIX CONVERSATIONS A RETENIR

1

Un café, place Rivoire, au chevet de Saint-Nizier. 

Le patron est imbibé, dodeline de la tête, sourit aux anges, mais n’a pas l’air ivre. Sa main ne tremble pas pour verser le énième canon à mon voisin de comptoir qui, lui, atteint l’épaisseur d’un blindage correct. Entre un petit homme, visage bouffi et nettement couperosé, la casquette en arrière, mains enfoncées dans les poches, le journal bien serré sous l’aisselle droite. Pas un mot en s’approchant du comptoir. « Bonsoir, M. Marius ! », lance le patron. Il sort un verre à pied, le pose devant le client, le remplit de rouge. M. Marius ne fait pas un geste. L’œil à mi-hauteur des alcools en face de lui, on dirait qu’il contemple. Puis son regard tombe sur le verre. Marius le saisit de la main gauche, le vide lentement en une seule lampée, la pomme d’Adam remontant plusieurs fois. Une fois le verre vide, il contorsionne son bras droit pour extraire la monnaie de sa poche sans lâcher le journal, dépose la somme en silence, remet la main en poche, se retourne avec difficulté, franchit la porte en s’efforçant de contrôler. « A demain, M. Marius ! », lance le patron.

lundi, 09 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Il n'y a pas que la lumière dans la vie : il y a aussi l'aspect des choses.

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J'ai pris la photo ci-dessus lors d'une visite de chantier naval, quelque part dans le centre de la France. On voit l'état d'une coque métallique de bateau qui aurait bien besoin d'un kärcher.

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Ce qui m'a plu ici, c'est l'aspect de lavis vaguement aquarellé de l'édifice, dans une famille de gris entre sépia et noir et blanc.

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Le verre à vin d'Alsace. Là, on comprend tout de suite : c'est le jeu des complémentaires.

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Là, c'est un très beau dessin au trait, que peuvent piétiner impunément tous les passants de l'avenue Adolphe Max.

dimanche, 08 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Quand la lumière traverse la matière (pas n'importe laquelle).

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Les drôles de vitres à l'ancienne (et le marronnier en fleurs).

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La drôle de carafe.

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Le drôle de cubisme.

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Le drôle d'effet de prisme.

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Les drôles de tranches.

samedi, 07 septembre 2019

COMMENT JE REGARDE MES PHOTOS

Je ne sais pas si j'ai raison et je ne suis pas sûr que ça vaille le coup. Je n'ai aucune théorie à défendre, mais si je voulais essayer d'expliquer comment je regarde mes photos (et la réalité à l'occasion), je prendrais aujourd'hui l'exemple d'un cliché pris entre 1988 et 1990, lors d'une réunion de famille à l'occasion de Noël. Cette photo montre deux personnes. Celle qui est à droite de la photo est dans une attitude banale et montre un visage, selon moi, plutôt neutre (le sourire un peu figé ?). Et je me rends compte que, si je lui prête davantage d'attention qu'à la personne qui se trouve à gauche, c'est uniquement à cause de la manche droite de son gilet, qui fait une curieuse cascade du fait de l'ombre étrange (je ne comprends toujours pas d'où elle vient) qui s'y projette. Et à force de focaliser mon attention sur ce détail, je finis par me convaincre qu'il est peut-être là, le centre de l'image, qu'un recadrage va mettre en évidence (après tout, si je me souviens bien,c'est ainsi que procède le photographe du film Blow up pour faire apparaître le pistolet). C'est peut-être idiot, ça n'a sans doute aucun intérêt. Après tout, c'est peut-être seulement l'étrangeté du détail qui aura attiré mon regard plus que de raison. Quoi qu'il en soit, il serait vain de tirer de tout ça un concept, une théorie, une doctrine quelconques.

Etape n°1.

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Etape n°2.

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Etape n°3.

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vendredi, 06 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Quand la lumière dessine la matière.

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Les tilleuls en hiver (clin d’œil à qui les a connus).

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La cuisine de la brasserie, sur le boulevard.

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La vie derrière la vitre.

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Après une bonne pluie d'été.

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Le chapeau de lampe.

jeudi, 05 septembre 2019

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

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Luca le mafieux un peu caricatural, parrain de rang "honorable", fait la leçon à Luciano son petit frère, à qui il reproche de ne pas "savoir s'y prendre" avec Valérie. On appréciera la restriction « sous mon toit ». Restriction que le dit Luca enfreint allègrement un peu plus tard, d'ailleurs (à son grand dam ! car la dame a de la ressource).

Vignettes extraites de La Veuve blanche, une histoire de couleur bien noire de Paul Gillon, Dupuis, 2002, coll. Aire libre.

***

BD mise à part, à quel degré de misère morale ou sociale faut-il que le mec soit descendu pour en venir à frapper une femme ? Quelles humiliations a-t-il subies au-dehors ? Qu'est-ce qui lui a donné un tel sentiment de sa propre dévalorisation (dévirilisation) qu'il s'abaisse à donner des coups à la femme qui vit avec lui, jusqu'à, éventuellement, ce que mort s'en suive ?

J'ai ma petite idée sur la question. Je développerai peut-être un de ces jours, bien qu'il ne fasse pas bon, par les temps qui courent, de formuler certaines évidences.

mercredi, 04 septembre 2019

TRIOMPHE DE L'ECOLOGIE MARCHANDE

Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs. (Chirac)

L'Amazonie est sur tous les écrans : pas la peine d'insister.

Ci-dessous, le triomphe de l'écologie marchande : un choc !

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Ce paysage d'hallucination figure sur une photo parue dans Le Monde daté 3 septembre 2019 : on aperçoit encore le village de Calahonda (Andalousie), mais « encerclé par des centaines de serres, allouées notamment à la culture de tomates » (c'est la légende de l'image).

Dans la province d'Almeria, ce sont 3.300 hectares de terres qui sont ainsi couverts par les bâches des serres où sont produites les "tomates bio" qu'on trouve toute l'année chez « Carrefour, Auchan, Leclerc, Lidl, Monoprix, Franprix » (je cite). Mais il faut dire que la surface en "bio" ne fait que 10% de la surface bâchée totale : imaginez, pour le coup, un vrai océan de plastique, et plus un seul mètre-carré de vraie terre à l'air libre.

Ce sont 108.566 tonnes de "bio" qui sont sorties des serres d'Almeria en 2018. Et je ne parle pas des conditions de travail des esclaves généralement noirs ou le plus souvent marocains qui œuvrent dans ces lieux inhospitaliers. Le journaliste (Stéphane Mandard) n'a pas pu en savoir plus sur ce point. Et je ne parle pas des caravanes de camions qu'il faut pour acheminer cette production vers l'Europe friande de légumes espagnols. Vive le bilan carbone ! Vive le commerce ! Vive la nature ! Vive l'écologie ! Vive le "bio" !

Ci-dessous, par contraste violent, l'écologie citoyenne, croix-roussienne et totalement imaginaire : les gars qui font ça doivent rêver d'une ZAD encore plus intraitable que Notre-Dame-des-Landes. Ils ont inventé la "révolte en pot de fleur". Certains appellent ça "manifester". Leur slogan : « On-vaa-gaa-gner ! On-vaa-gaa-gner ! ».

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Photo prise le 3 septembre 2019, rue de Cuire : la dérision à l'état le plus pur.

La photo du haut nous confirme que, quand les mots s'affranchissent de toute réalité (c'est en bas), la réalité cavale déjà, loin devant et à toute blinde, inarrêtable. Même Gilles Boeuf, dans ses prêches inspirés, ne cesse de répéter "il faut, il faut, il faut".

La vraie, la seule question est :

COMMENT ON FAIT ?

Qui peut encore y croire ?

mardi, 03 septembre 2019

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS

Je ne suis pas photographe, je le sais, je l'ai dit à maintes reprises, je n'ai à cet égard ni prétention ni ambition. J'aime juste prendre des photos, comme tout le monde. Je pratique cette activité depuis mes douze ans (six décennies !), quand ma chère marraine (la délicieuse et tendre tante Madeleine D.) a eu l'étrange et magnifique idée de m'offrir un superbe appareil : un Ultra-Fex (pellicule 6 x 9 "petit trou", que je faisais développer chez Perrichon, rue Puits-Gaillot), une drôle de machine, extrêmement rudimentaire et à lentille "rustique", dont il fallait à la main tirer la partie "objectif" pour faire la partie "chambre".

En ai-je gâché, de la pellicule et de l'argent de poche ! J'ai quand même gardé quelques mauvaises images d'un voyage à Rome et à Naples, de quelques camps "scouts" et de quelques vacances à Tence, à Corbeyssieu ou ailleurs. Je ne suis pas devenu photographe pour autant : si je suis aujourd'hui content d'avoir fait quelques clichés pas inintéressants, c'est que j'ai beaucoup erré, beaucoup tâtonné, beaucoup raté, je veux dire beaucoup gaspillé.

Tout ce qui relève de la technique, du matériel ou du travail de laboratoire m'indiffère, m'agace ou me rase. Moi, ce que j'aime, c'est regarder. Une histoire de rapport au monde. Je demande à mon appareil photo de me restituer le plus fidèlement possible l'image que mon œil a aperçue – espoir le plus souvent déçu, faut-il préciser. Qu'est-ce qui attire mon œil ? Difficile de répondre de façon limitative. Je dirai que le point commun à beaucoup des images que j'ai produites a quelque chose à voir avec le passage de la lumière dans (ou sur) la matière. 

Tenez, il y a quelques jours, je passe comme tous les soirs dans le couloir où est punaisé au mur un plan mural plastifié de la ville de Lyon. Je remarque que la petite lampe allumée, de l'autre côté de la porte, s'y reflète de façon particulière et "intéressante", et voilà ce que ça donne : une espèce de grosse molaire fluorescente, une sorte de sculpture lumineuse à l'épiderme grumeleux qui ravit mon œil. C'est tout ce que je demande : que ça me plaise.

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Il m'arrive d'appeler le résultat de ce genre de moment "Mon Arcon" : le recadrage, en effet, fabrique parfois une image qui me fait dire que beaucoup d'artistes "contemporains" ne font après tout que s'inspirer d'un réalité qui apparaît à qui veut, pourvu qu'on la regarde d'assez près ou dans les détails.

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Comme ces "artistes", je me fiche de savoir ce que peut bien représenter l'objet visuel qui découle de la démarche. Je me dis que le détail, s'il est porté à l'échelle de la perception commune, a le droit de susciter mon intérêt. Et pourquoi pas, celui de quelques autres (on peut rêver).

lundi, 02 septembre 2019

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Un quai du Rhône, avec ombre envahissante de l'opérateur.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

Ubiquité

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Esplanade de Fourvière, 2003, l'abri du pèlerin.

Le photographe est au premier plan et tout au fond.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

photographie

On voit deux fois le photographe, et pas que.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

photographie,lyon

Un quai du Rhône.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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L'Hôtel-Dieu vu depuis une vitrine de la rue de la Barre.

Le photographe, on le voit, n'a pas sa casquette.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Là, ça doit être à Dijon.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Là, on reconnaît la "Fac de Droit" (en ancien français).

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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Le photographe est dédoublé.

Tour métallique et "Fourvière-basilique" (inversées) en toile de fond.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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On voit deux fois le photographe.

OÙ EST LE PHOTOGRAPHE ?

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"Ficelle" de Fourvière, 2003.

dimanche, 01 septembre 2019

POUR CLORE LES VACANCES

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Paris, 2014, le pont des Arts, à l'époque des cadenas d'amour.