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mardi, 19 décembre 2023

UN AN DE FOOTBALL A LYON ...

... A LA UNE DU PROGRÈS.

Bon, je tiens à prévenir : je ne suis pas un vrai supporter. Et même pas un supporter du tout. Je goûte le football de très loin, mais il se trouve que je suis un Lyonnais natif (pour ne pas dire "de souche") qui a très longtemps vécu sur les pentes de la Croix-Rousse à l'époque sale gosse dont je garde de formidables souvenirs (dont deux ou trois cuisants). Du quai Lassagne au quai Saint-Vincent, l'Annonciade, la place Sathonay, les billards de la salle Rameau, la rue des Capucins, la place Croix-Paquet, la ficelle avec son truck, l'école Michel Servet, l'église Saint-Polycarpe, la montée de la Grand'Côte, la rue Pouteau, les traboules (non verrouillées à l'époque), enfin bref, tout le paysage.

Nous avions vue sur les levers de soleil sur le Rhône, entre le pont de Lattre de Tassigny (témoin à distance de son inauguration par De Gaulle) et le pont Morand (celui où des ahuris n'avaient pas encore eu l'idée de faire passer un métro). Né à Lyon de pas mal de générations de Lyonnais, j'entends donc au fond de moi tinter une petite corde ancrée dans une fibre enracinée dans un humus riche en musique de bistenclaque-pan (où "pan" représente le coup de battant sur le bois du métier), en andouillettes, en tabliers de sapeur, en quenelles Nantua, en poêlées de gras-double et en pots de Saint-Amour. 

Tout ça pour dire que, sans être adepte de cette sorte de rugby où il serait interdit de mettre la main au ballon (tiens, dites ça au Françoué qui soutient le bar de toutes ses forces), les noms de Di Nallo, Combin, Lacombe et quelques autres me sont familiers. Cela remonte à l'époque archéologique (et ringarde vue d'aujourd'hui) où les joueurs des équipes défendaient les couleurs de la ville dont ils étaient originaires. Impensable ! 

Ce n'est que beaucoup plus tard, lorsque les clubs furent devenus des grosses machines à suer du fric par tous les pores et que les meilleurs buteurs ou prodigieux numéro 10 furent en mesure de stocker dans leurs garages les Lamborghini "Diablo", les Ferrari F40 et les Maserati "Granturismo", qu'il y eut à Lyon des gens comme Sonny Anderson, les sept couronnements d'affilée de notre bon vieux Lugdunum et la gloire pour le président Aulas.

Bien que non supporter, je m'y connais un tout petit peu, et je n'aurai garde d'oublier le miraculeux "coup de pied arrêté" de Master Juninho, vous savez, celui qui conduisait la balle tout en haut de la cage à droite, hors de portée des gants du gardien, après une trajectoire tellement invraisemblable et un contournement si mirobolant du "mur" qu'il fallait se frotter les yeux pour y croire. Même moi, je n'en revenais pas, pour vous dire.

Je garde donc peut-être un vieux reste de chauvinisme, mais si léger qu'il me fait paraître les vrais supporters purs et durs comme des bizarreries. Cette fois, je me suis amusé à souder en une seule image la plupart des "unes" que le journal Le Progrès a consacrées à notre équipe locale. Il y en a ici trente-deux (cinq fois six plus deux), échelonnées sur toute l'année, été compris. Je trouve que ça commence à faire beaucoup, mais bon, ils ont peut-être des sous dans l'affaire.

Je me garde de commenter les heurs et malheurs qui ont conduit l'O.L. à la dernière place du championnat après la cession des parts de Jean-Michel Aulas à l'homme d'affaires américain John Textor. En plus de ça, j'ignore tout de ce qui se passe et se dit dans l'équipe, dans le cercle dirigeant, dans les coulisses, etc.  J'imagine que le changement de "staff", de "manadgeur" et de "direccheun tiime" a tant soit peu déstabilisé tout ce petit monde, et je ne me pose guère de questions à ce sujet. Il se trouve que les deux dernières journées (en plus gros, tout en bas) ont tourné à l'avantage de l'O.L. et remonté par là même le moral des vrais amateurs. Eh bien je vais vous dire : je suis bien content pour eux !

OLYMPIQUE LYONNAIS L'ANNEE 2023.jpg

dimanche, 17 décembre 2023

PETIT TOUR AUX OUBLIETTES

LE MOIS DE JANVIER 2023 COMME SI VOUS Y ÉTIEZ (ENCORE).

JANVIER 2023 LES GRANDS TITRES DU MONDE.jpg

Je me suis amusé à scanner les titres de "une" que le journal Le Monde a consacrés à l'actualité brûlante du mois de janvier 2023. Il en manque deux ou trois mais, grosso modo, le panorama est à peu près complet (et dans l'ordre des dates). On se souviendra de la frénésie d'alors autour des retraites (sept occurrences), loin devant l'Ukraine (trois apparitions). A chacun de voir ce que tout ça est devenu et ce qu'il faut en penser. Je propose trois options.

a - Et tout le reste est littérature.

b - On pourrait dire, ô dieu, bien des choses en somme.

c - Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous nous en allons.

Je refuse de donner les noms des auteurs.

vendredi, 15 décembre 2023

iL GARDE LE MORAL !!!

... ET LE SENS DE L'HUMOUR !!!

Ce gars-là, il est atteint de la maladie de Charcot. Adepte des jeux de raquettes, il a constaté au fil du temps qu'il avait de plus en plus de mal à faire usage de ses bras. Et puis le verdict est tombé. D'abord les bras, et peu à peu le reste a suivi. Lucide, il envisage la fin, y compris celle qu'il aura décidée lui-même. C'est dire que. Et vous savez, le gus, ce qu'il sort au micro de France Culture, en ce vendredi 15 décembre 2023, entre 7 heures 25 et 7 heures 30 ? Un truc de grand humoriste, mais du genre féroce puisque c'est à ses propres dépens (la citation est textuelle).

« C'est pas parce que ma femme est végétarienne que je veux finir en mode légume ».

Alors là, dans un humour comme celui-là, j'entre chapeau bas. Desproges n'est pas loin. Merci Monsieur pour cette leçon de savoir-vivre et savoir-mourir.

jeudi, 14 décembre 2023

PETIT RECUEIL DE BÊTISES ...

... PARSEMÉ DE QUELQUES VÉRITÉS.

ou ... les plus courtes sont les meilleures (c'est du vrac).

Un critique américain, sur Amériques d'Edgar Varèse : « Symphonie pour voiture de pompiers et marteau-piqueur ».
Contrepèterie : Le Quai des brumes.
Entendu à la radio le 27 juin 2022 à 8 h. 38 : « Si vous avez été enceinte ou enceint ».
Mon petit, je vais te chanter une perceuse.
Alger vous faire voir.
Contrepèterie : Les ponts et les quais de Lyon.
Ne pas confondre la sauce islandaise et la saucisse landaise.
Dicton paysan : « C'est à la fin du marché qu'on compte les bouses ».
De Quentin Laffay, un samedi matin sur France Culture le 9 septembre 2023 : « Le Tombereau de Couperin de Ravel ».
Putsch au Gabon : Gabon Banania.
Le Molnupyravir bloque la polymérase virale.
Météo du 1 octobre 2023 : il fera 7 à Troyes.
27 octobre : on a vu des crocodiles nager dans les rues d'Acapulco frappé par l'ouragan Otis.
Maladie d'Alzheimer : le cerveau des Danaïdes.
24 octobre 2020 : Quartararo est champion du monde en moto GP. Le journaliste : « Historique, le mot n'est pas trop faible ! »
Ah, visiter Paris en bateau moche !
La paquebeau et le coquelaid (fable).
Contrepèterie (régulière dans le journal) : Ni fleurs ni plaques.
11 janvier 2021, France Culture, infos de 12h. 30 : « Les violences conjugales pendant le deuxième confinement ont connu une véritable explosion par rapport à la normale ».
« Tu sais même pas c'que ça veut dire, être amoureux. — Ben si ! Ça veut dire qu'on a un cœur ! » G. ♂ et N. ♀ (8 et 5 ans) en train de jouer.
Contrepèterie : L'huile ou la caisse. 
Les faux steaks hachés : les faussetés cachées.
Plus de 20.000 meurtres chaque année aux Etats-Unis : le dérèglement crimatique.

mercredi, 13 décembre 2023

ISLAM : ÇA FINIRAIT-Y PAR BOUGER UN PEU ???

EH BEN ÇA S'RAIT PAS TROP TÔT !!!

Il paraît que le préfet a mis fin au contrat qui liait le lycée Averroès de Lille à l'Etat français. Et il a fallu tout ce temps pour que les autorités prennent conscience que ce lycée, comme la plupart des structures musulmanes établies en France, n'est que la tête de pont d'une offensive générale d'un islam qui, depuis qu'il s'est réveillé en Iran (1979), est devenu conquérant partout où il y a du territoire à grignoter.

Je ne parle pas ici des musulmans qui se contentent de vivre paisiblement en compagnie d'une religion pas trop intrusive, et qui a un impact et des exigences modérés dans leur vie quotidienne, dans leurs petits plaisirs ou dans les menues infractions conviviales aux lois mesquines du Coran qu'ils commettent parce qu'après tout la vie n'est pas faite pour qu'on passe son temps à s'emmerder sur cette Terre.

Je parle de ces structures parfaitement organisées, infiniment courtoises au-dehors, mais au-dedans dûment disciplinées, activement mobilisées et discrètement financées qui tentent d'établir leur emprise politico-religieuse dans notre pays mécréant quoique de culture chrétienne ancienne, solide et profonde. Entre les Frères musulmans, les wahabites et diverses entités moins visibles et souvent moins pacifiques, ces structures alignent depuis lurette leurs troupes sur le territoire français en s'appuyant sur la neutralité religieuse de notre Etat, dans l'ombre protectrice de laquelle elles prospèrent.

Le préfet des Hauts-de-France a donc fait œuvre salutaire, en prenant une décision à même de mettre une bonne fois à nu, disons, pour ne fâcher personne, le "modèle économique" qui a permis à cet établissement d'atteindre l'excellence aux dépens du contribuable tout en faisant profession à peine dissimulée d'enseigner à la jeunesse le chemin de la mosquée. Si le financement est irréprochable, comme le clament ses défenseurs, la logique veut qu'il soit obligé de fermer boutique. Le préfet a d'autant plus de mérite que sa décision intervient dans un contexte de quasi-unanimité propalestinienne.

J'ai par ailleurs relevé dans le journal Le Progrès (27 novembre) une autre décision qui chiffonnera aussi quelques turbans d'imams. 

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Bon, on me dira que tout cela n'est pas grand-chose et que ça ne dit rien des grands mouvements de fond (et de fonds) actuels et à venir. Certes, c'est sans doute vrai, mais je me permets de ne pas dédaigner les plaisirs procurés par ces chiquenaudes appliquées au nez des contempteurs de la laïcité, si prompts à entonner le cantique de l'islamophobie, celui qu'on aime tant chanter dans un certain entourage mélanchonard. 

mardi, 12 décembre 2023

TROIS B.D. REMARQUABLES 3

III

2003-2004, deux volumes aux éditions Glénat.
EUROPA, par TOMAZ LAVRIC TBC au dessin et au scénario.

EUROPA TBC DEUX VOL..jpg

Un des plus terribles récits en bandes dessinées que j'aie jamais lus.

La Brique prend en charge Mordu, le neveu de maître Mïlé (ci-dessous), le cerveau qui dirige un réseau mafieux redoutable spécialisé dans la prostitution et la drogue : un monde de l'entreprise, certes, mais où la rudesse de la concurrence fait pas mal de morts dans les rangs du personnel, et une bonne dose de corruption dans ceux des fonctionnaires chargés de la répression des trafics.

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Au centre du récit, le personnage que l'on suit dans tous ses aléas, ses ratages, ses illusions et ses désespoirs, c'est le Mordu. D'où il vient (ex-Yougoslavie), il a déjà vécu des horreurs. Il est tellement animé par la haine, augmentée d'une solitude plus dure que la pierre, qu'il ne connaît que la force, la brutalité, la violence. La Brique, quant à lui, reste un comparse, une petite main, un coursier de la drogue et des filles à livrer. Le Mordu, quant à lui, ne connaît qu'un seul mouvement : la fuite en avant. Et sa trajectoire elle-même aura les traits accusés de son visage.

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Les seules douceurs qu'il va croiser au cours de sa brève aventure lui sont procurées par Sladjana, une prostituée prise dans le réseau et qui a pris l'escogriffe en affection. Tout ça finira évidemment très mal, avant même qu'il puisse se venger de maître Milé, son "cher tonton". Et tout cela servi par un dessin sec comme un coup de trique, net, sans bavure, sans tendresse et sans concession.

***

On aura peut-être noté que les trois B.D. citées dans cette série (voir Les Corruptibles, de Pendanx et Brezeaux - 13 novembre et Mister George, de Labiano, Le Tendre et Rodolphe - 15 novembre) ont paru autour de 2003. Mais je n'ai pas fait exprès, et ça ne veut sans doute rien dire.

lundi, 11 décembre 2023

CE FOU-LÁ ME PARLE

JACQUES VALLET 1939-2023 ... UN MEC UN PEU BARRÉ

Le journal Le Monde a fait mention de la disparition de Jacques Vallet dans une « Nécro » parue le 25 novembre dernier. Vu le tumulte médiatique autour de quelques guerres, cruautés et autres abominations, sa mort est passée à ce point inaperçue qu'on peut sans trop d'exagération la dire escamotée. 

VALLET 2023 11 25 JACQUES PHOTO.jpg

Je lui trouve une petite ressemblance avec le dessinateur Jacques Tardi (vous savez : Rumeurs sur le Rouergue, Adèle Blanc-Sec, la Commune de Paris, Léo Malet, Jean-Patrick Manchette, Daniel Pennac, le Stalag IIB, Géo-Charles Véran, avec par-dessus tout ça, la Grande Guerre, celle de 1914-1918, la première Shoah du XXème siècle).

Oh, Jacques Vallet n'est pas un grand héros. Il n'aurait garde d'y prétendre. Pour parler franchement, je ne connais pas grand-chose du parcours de vie de monsieur Jacques Vallet. J'ai découvert son nom en 1977 (et je ne l'ai pas oublié), dans l'« ours » d'une revue définitivement "inclassable" et complètement dérangée, une revue formidable et marginale et, pour tout dire, une revue trop improbable pour être restée au fronton des catalogues. Cette revue eut pour titre LE FOU PARLE.

Ci-dessous les couvertures des neuf premiers numéros.

 

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Jacques Vallet n'avait pas peur d'écrire des poèmes. 

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Métamorphose de Beaubourg 1977-1982 (peut-être un travail de Gustave Affeulpin).

METAMORPH. DE BEAUBOURG 1977-82.jpg

J'ai conservé précieusement des quinze numéros que j'ai achetés entre 1977 et 1984. Le Fou parle, c'était une revue sans doctrine, sans unité et même sans cohérence. Ce qui la rend irremplaçable, évidemment.

mardi, 05 décembre 2023

THE BRAND-NEW GASTON ?

"Brand-new", ça veut dire "tout neuf". Ben il paraît qu'ils ont osé, les cloportes, donner une suite au Gaston de Franquin. Vous rendez compte ? Non, messieurs-dames, cela ne se fait pas !!! Pas touche à mon Gaston !!! L'humour, faut pas plaisanter avec ça !!!

Voici comment il convient de l'accueillir, le prétendu "nouveau Gaston" !!!

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vendredi, 01 décembre 2023

ÉNERGIE FOSSILE RENOUVELABLE

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Monsieur Sultan Al Jaber (ci-dessus dans Le Progrès du 29 novembre) accueille le monde entier dans son Qatar natal (je dis "son" puisqu'il en est propriétaire) à l'occasion de l'inénarrable COP 28. En validant ce magistral oxymore conceptuel par leur présence, les responsables politiques des Etats du monde entier font semblant de voir enfin résolus des problèmes tels que la quadrature du cercle, le théorème de Fermat et le mariage de la carpe et du lapin.

Et je trouve tout à fait magnifique, instructive et judicieuse la manière dont le dessinateur jordanien Emad Hajjaj, en "une" du journal Le Monde daté 30 novembre 2023, synthétise le cynisme hilarant et terrible de la situation. Peut-être même imagine-t-il ici une solution ? Allez savoir...

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De toute façon, tout semble indiquer que le grand monde des producteurs d'énergie se soit d'ores et déjà mis d'accord pour retarder le plus possible l'échéance de la fermeture des robinets à charbon, pétrole, gaz et autres joyeusetés innovantes et riches en potentiel de CO2.

Et cela d'autant plus que personne parmi les grosses têtes des fossiliens ne remet en cause la gourmandise, que dis-je : la voracité de l'humanité en énergie. Et — cerise sur le derrick — je me suis laissé dire que le déluge de batteries pour automobiles électriques que la Chine fait s'abattre sur le monde à des prix défiant toute concurrence n'est pas sans défaut.

Il paraîtrait en effet que ces batteries à (si l'on peut dire) bas prix ne sont pas réparables quand elles se mettent à tapisser de l'intérieur votre capot de voiture de délicates particules d'une belle mousse rose. Par exemple, les véhicules électriques produits par Renault fonctionnent grâce à des batteries réparables, ce qui fait grimper la facture pour le client éventuel.

C'est pas pour demain, le mariage de la carpe.et du lapin. C'est bien connu : les énergies fossiles sont renouvelables jusqu'à épuisement des stocks.

dimanche, 19 novembre 2023

L'ANTIQUITÉ DE VIALATTE ...

... DATE DE LA PLUS HAUTE ANTIQUITÉ.

Certains amateurs des Chroniques de La Montagne (je pense, allez savoir pourquoi, à Philippe Meyer) font de la formule une sorte de signature, voire un timbre-poste qui sert d'immatriculation au style d'Alexandre Vialatte. En fait, il y a loin de la coupe au lèvres. En révisant les treize volumes de ma collection Julliard, voici ce que j'ai trouvé. Eh bien je peux vous dire que, tout bien compté, ça ne fait pas lourd, quoique je ne prétende aucunement avoir fait le tour de la question, et sans doute loin de là. Comme quoi, la formule inaugurée comme "post-it" par Vialatte fut en son temps une authentique trouvaille de style. Je dirais presque une clé : celle qui ouvre la porte de l'entrée en matière.

***

L'habitation date de la plus haute Antiquité.

Le Bonheur date de la plus haute Antiquité.

Le premier de l'an date de la plus haute Antiquité.

L'homme date des temps les plus anciens.

La femme remonte à la plus haute Antiquité.

La femme remonte, comme je l'ai déjà dit, à la plus haute Antiquité.

La majesté date de la plus haute Antiquité.

L'industrie date de la plus haute antiquité [sic] (Caïn avait déjà une pioche).

L'homme et la femme datent de la plus haute Antiquité.

Les pharmaciens datent de la plus haute antiquité [sic].

Les fleurs remontent à la plus haute antiquité.

La parole date de la plus haute Antiquité.

Note : D'autres formules, germées sous la plume d'Alexandre Vialatte, sont devenues des sortes de classiques. Je pense à : « le progrès fait rage », « résumons-nous » et autres bijoux.  Mais Vialatte est aussi l'auteur de nombreuses Enumérations (je mets la majuscule). Ces énumérations commencent de façon parfaitement logique puis, de fil en aiguille, l'auteur y mêle avec jubilation le bric et le broc, le zig et le zag, le tic et le toc, le mic et le mac, le plick et le plock, le ram et le dam, bref : à l'arrivée, il y a le grand Tout, ce lieu improbable où se trouve résumé l'univers dans son imperturbable unité et sa  complexité définitivement buissonnière.

Re-note : le mot "antiquité" est en général orné d'une majuscule à l'entrée. Mais pas toujours. J'ai scrupuleusement respecté l'orthographe du texte fourni par les soins de Ferny Besson, chère au cœur d'Alexandre Vialatte, aux éditions Julliard.

samedi, 18 novembre 2023

L'HOMME DE VIALATTE 3

L'homme n'est que poussière. C'est dire l'importance du plumeau. (L'éléphant est irréfutable)

Quand on rencontre l'homme, on est tout de suite frappé par sa silhouette décidée : il porte un petit chapeau fendu par le milieu, il marche sur les pattes de derrière. Un litre sort parfois de sa poche, un croûton de pain, une saucisse de Toulouse roulée dans un papier journal ;  et d'autres fois (s'il est du sexe féminin) il apparaît dans quelque music-hall, au sommet d'un escalier d'or, enveloppée d'une gaze vaporeuse qui lui fait un halo laiteux, et vêtu de bijoux scintillants complétés de quelques plumes d'autruche. (idem)

L'homme ne descend pas, il remonte. Il remonte au tarsier, une sorte de rat avec des mains prenantes et des oreilles pointues. Tel est le dernier état de la science.(idem)

Quand, pour la première fois du monde, l'homme se dressa sur ses pattes de derrière, encore tout chiffonné du plissement hercynien, et jeta un oeil hébété sur la nature environnante, il commença par bâtir ses villes à la campagne pour être plus près des lapins, des mammouths, des ours blancs et autres mammifères dont il était obligé de se nourrir. (Pas de H pour Natalie)

L'homme, au mois d'août, s'évade de ses logements cubiques pour retrouver à la campagne les maisons inconfortables du bonheur. (idem)

L'homme entre un jour dans la vieillesse comme dans un appartement vide à l'éclairage crépusculaire. Par la fenêtre, en bas, il voit passer la vie, grossie de ses souvenirs et de ses songes. Mais il ne la voit plus que par la fenêtre, improbable et fantomatique. Puis il s'efface lui-même et se déguise en souvenir. (idem)

Aux dernières nouvelles, l'homme s'ennuie. Surtout en Hollande et en Suisse. Où il a cependant toutes sortes de fromages. Qu'il ripoline le soir et qu'il lave le matin pour orner des vitrines brillantes. Mais enfin il s'ennuie parmi sa propreté. (idem)

L'homme n'est pas pareil à lui-même et ne cesse de s'en distinguer. (Dernières nouvelles de l'homme)

L'homme se prouve par le chapeau mou, qui le distingue des autres primates. Mais, même prouvé par le chapeau mou, l'homme a beau être réellement homme, l'Italien l'est encore plus que lui. D'abord parce qu'il ajoute des plumes au chapeau mou, des plumes vertes qui font lyrique. Rien n'est plus beau que de le voir se marier dans cette parure ornithologique. En chantant Sole mio. On dirait l'oiseau-lyre. (Chroniques des immenses possibilités)

L'homme date d'une si lointaine époque qu'il est affreusement fatigué. L'appendicite, les guerres mondiales, le souci d'une nombreuse famille lui ont fait les idées floues et le genou hésitant. (idem)

Que fait l'homme par ce froid sec en ce mois de février ? Il naît sous le signe du Verseau ... Et il a bien raison. C'est le vrai moment de le faire. Le délai expire aujourd'hui. (idem)

L'homme, autrefois, s'intéressait à l'homme. Il se passionnait pour son voisin. Il l'étudiait à fond, il connaissait ses vices, son casier judiciaire et son état de fortune. Il lui prêtait sde l'argent à 80 %. Il lui écrivait des lettres anonymes. Il l'y accusait d'avoir tué son vieux père pour lui voler un saucisson pur porc. Et d'être trompé par sa femme. Il lui accrochait dans le dos un poisson en papier : c'était la loi du 1er avril. Aujourd'hui, c'est l'indifférence : on laisse traîner un garagiste accidenté par une auto pendant huit heures dans un fossé plein d'escargots ; on n'accroche plus de poisson en papier peint aux basques de son chef de bureau. Bref, il semble que l'homme ait perdu tout esprit, tout altruisme et toute initiative. (Chroniques des grands micmacs)

vendredi, 17 novembre 2023

UNE BELLE BROCHETTE

BRAVO L'ARTISTE !!!

Il signe KIRO,
il dessine dans Le Canard enchaîné,

c'est formidable.
Le génial Cabu, virtuose du trait, faisait autre chose.

Mâtin, quel trombinoscope !!! aurait dit RENÉ GOSCINNY, directeur du défunt et regretté Pilote, qui s'y connaissait en talents de graphistes, puisque c'est lui qui avait recruté les grands et irremplaçables JEAN MULATIER (qui a fait le n°1 de la revue Mormoil qui en eut 7, comme tous les éphémères de l'époque : Tousse-Bourin, Surprise, Le Canard sauvage, Le Cri qui tue, etc.) et PATRICE RICORD, créateurs de la série des « Grandes Gueules», dont beaucoup de fabuleuses et inoubliables.
JEAN-CLAUDE MORCHOISNE leur a bientôt emboîté le pas. Grands hommes sortis de notre Grande Ecole Française du Dessin-Charge. L'Ecole du Grand Art. Dans l'ordre : Mulatier, Ricord, Morchoisne. Admirez le travail !

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Et longue vie à KIRO, digne porteur du flambeau !

1 LE TROMBINO.jpg

Comme j'ai prévu un peu trop radin pour l'identification, les amateurs reconnaîtront, de gauche à droite et de haut en bas : Bernard "Tumcherchesmec ?" Laporte, Gérard "MiamMiam" Larcher, Jean-Luc "Jevousdismerde !" Mélenchon, Christophe "Tenfaispasjassure" Castaner, Gérald "Fidiantresabrezlacanaille" Darmanin, Olivier "Ravidlacrèche" Dussopt, Xi "SaSuffisance" Jin Ping, Ilham "Cestmoilmeilleur" Aliyev (Azerbaïdjan) et Ramzan "Salafisteüberalles" Kadyrov (Tchétchénie).

***

Oui, Cabu faisait autre chose. Lui, c'était le trait, magique, magnifique, rapide, souverain. C'était le croquis sur le vif, l'instantané, le geste.

KIRO et les grands portraitistes que j'évoque aujourd'hui, c'est davantage gravure, burin, taille-douce, eau-forte, et jusqu'à la peinture. Allez, on se fait plaisir avec son Monsieur Xi.

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jeudi, 16 novembre 2023

L'HOMME DE VIALATTE 2

L'homme serait un roseau pensant. Disons plutôt un roseau pensif ... Ou même songeur ... Disons un salsifis songeur. Car la pensée paraît tout de même plus dense que les produits de la cervelle humaine, et le roseau est plus racé que l'homme. Soyons sincères : l'homme est un champignon rêveur ; un concombre qui a des visions ; un salsifis qui souffre de marottes.

Où va l'homme ? De plus en plus loin.

L'homme ne saurait avoir un fils sans lui acheter un abécédaire, bientôt un casque de Martien. Pour le payer, il  faut que l'homme travaille, pour être correct il doit mettre une jaquette, pour y mieux voir un lorgnon à ruban. Résumons-nous : il se transforme en lui-même, tel que le présentent tous les manuels d'école primaire. Il attend l'autobus 28 en feutre mou.

"L'homme, dit la Bible, est en exil sur cette terre". Et l'opinion publique ajoute : "Surtout dans le XIIIè arrondissement". 

Dernières nouvelles de l'homme (Julliard, 1978).

L'homme date des temps les plus anciens. Les manuscrits du Moyen Âge mentionnent déjà son existence. Sur des images à fond doré. Ils le représentent chassant le loup, le canard, ou même la sarcelle, en culotte rouge et un petit chapeau vert décoré d'une plume de poulet. Ou alors entouré de licornes. Et aussi mangé par des lions. Ou pliant le genou devant une dame. Ou attaquant des châteaux forts sur des lacs suisses, avec une petite culotte bouffante, des manches gigot, des piques très compliquées, des pertuisanes dont le fer a l'air d'ne lettre arabe, des canons, des boulets en pierre, sur des radeaux que les assiégés repoussent du pied en brandissant des couteaux de cuisine.

L'homme compte, assurent les zoologues, parmi les plus jolies productions de la nature. surtout quant il a un grand nez et qu'il fait un discours, juché sur un tonneau. Ou quand il se met des plumes sur la tête, comme le Peau-Rouge et le bersaglier. Et aussi quand il est chinois. Parce que alors il a des idées chinoises, et les idées chinoises sont tout à fait gracieuses. L'esprit chinois s'abandonne toujours à l'inspiration poétique.

Eloge du homard et autres insectes utiles (Julliard, 1987).

L'homme s'est, de tout temps, intéressé à l'homme. A ce qu'il dit, à ce qu'il fait, à ce qu'il voudrait qu'il fasse. Il lui écrit des lettres anonymes, Il le trapine en justice. Il "este" contre lui, comme disent les mots croisés. Il lui déclare des guerres mondiales, il le pend, il le brûle, il veut savoir ce qu'il fait, ce que mijote le voisin, ce qu'en a dit sa belle -soeur, pourquoi le mariage s'est fait, pourquoi il ne s'est pas fait, où le sous-préfet est allé en vacances, et pourquoi la chaisière a mis un chapeau neuf. Toutes ces choses le passionnent. Il cherche à les savoir. Telle est l'origine de la presse. 

Que devient l'homme ? On le garde encore, disait notre dernière chronique. Provisoirement. Pour la bonne bouche. On vient même d'en retrouver un qui datait de la guerre de Cent Ans. Un Anglais. A Boissy-le-Roi. En cherchant de l'eau. Et la locomotive de l'express 414 a rapporté sur son tampon, en gare de Nîmes, la tête d'un octogénaire dont le corps était resté en travers de la voie, à dix kilomètres de là : à Vergez. C'était un retraité. Les gens du quai podes cris. Mais la tendance serait plutôt de supprimer l'homme. Ses besoins contrarient le progrès. C'est le dernier obstacle qui reste au bonheur de l'humanité. Comme un jardin peut se passer de fleurs, l'homme peut peut-être se passer de lui-même ? Toute la question est là. L'expérience est en cours.

L'homme descend de moins en moins du singe. Il s'y était pourtant habitué. On y était fait. Une fois le pli pris, on aimait bien descendre du singe. La nuit j'avais des rêves grandioses : mon grand-père me revenait dans le sang ; attaché par la queue au sommet des palmiers, je me balançais à des hauteurs vertigineuses et je traversais l'Afrique en sautant d'arbre en arbre. Je me cachais dans la forêt vierge et j'effrayais l'explorateur à la façon de l'orang-outan (ou du gorille ?) en me tapant sur les pectoraux, ce qui produit dans ces solitudes une espèce de roulement de tonnerre plus effrayant que le "hoquet du Pygmée". Je n'avais plus peur que du serpent à lunettes. Je me faisais des grimaces dans un miroir à barbe. Adieu beau rêve !

Profitons de l'ornithorynque (Julliard, 1991).

mercredi, 15 novembre 2023

TROIS B.D. REMARQUABLES 2

II

2003-2004, deux volumes aux éditions Le Lombard, collection "Signé".
Par LABIANO au dessin et LE TENDRE et RODOLPHE au scénario.

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Une histoire abracadabrantesque de conseiller super-extra-spécial du président américain, dont celui-ci ne saurait se passer en vue de sa réélection. Le problème, c'est que le dit conseiller roule très vite sur une petite route dans sa très belle et très grosse bagnole.

Quand les "Services" apprennent l'accident où le dit conseiller est en train de passer de vie à trépas, c'est l'affolement et le branle-bas. La consigne est : ne laisser à aucun prix mourir les masses de données contenues dans la boîte crânienne du monsieur. Quand on cherche, on trouve.

La solution — je veux dire : une boîte crânienne disponible tout de suite — elle se trouve dans la pièce où l'on exécute les condamnés à mort. L'individu est particulièrement répugnant. Il a commis des horreurs. Il est sur le point d'y passer. Personne ne le regrettera. Mais tant pis pour la morale : il faut une boîte crânienne !

La raison d'Etat permet à celle-ci d'échapper au verdict au dernier moment, mais moyennant une petite opération, toute simple quoique bien improbable : remplacer le cerveau du criminel par celui, infiniment plus précieux, du conseiller, puis placer l'individu dans une nouvelle situation qui ressemble furieusement à une réalité sociale plausible, quoiqu'entièrement fabriquée. 

Le cerveau d'un surdoué de la politique dans le crâne d'un abominable assassin, deux mondes qui ne se rencontrent jamais, il fallait y penser, il fallait oser. C'est finalement une "expérience" à laquelle se livrent ici les "Services". Mais ils y ont mis les grands moyens : recréer une petite localité peuplée d'Américains moyens et normaux. L'ensemble étant placé sous la surveillance permanente et vigilante d'agents déguisés.

Sous une identité de fantaisie, ceux-ci sont chargés de noter toutes les réactions du personnage en jouant le rôle de l'entourage familier (le "tonton", l'"épouse", le "balayeur"), et de suivre les "progrès" du cobaye, jusqu'à ce que, le cobaye ayant assimilé tout le potentiel du cerveau implanté, on puisse le réintégrer dans le tout petit cercle politique où le conseiller déployait ses talents auprès du président.

On pense au film The Truman show de Peter Weir : le petit monde dans lequel évolue "George" est complètement factice. Tout va bien, les jours s'écoulent sans heurt, jusqu'au jour où le cobaye prend conscience du rôle qu'on lui fait jouer dans ce jeu de rôle grandeur nature : qui suis-je vraiment ? se demande-t-il avec un certain à-propos. Il fausse compagnie à ses anges gardiens. S'engage alors une course-poursuite dans laquelle il est aidé par une journaliste. On se retrouve alors dans Les trois jours du condor, de Sidney Pollack.

Mais je ne vais pas raconter l'histoire. Le dessin de Labiano est tout à fait à la hauteur, en se mettant au service de l'excellent scénario de Le Tendre et Rodolphe. Une B.D. originale, servie par un dessin au diapason d'un récit fondé sur une idée finalement glaçante.

mardi, 14 novembre 2023

L'HOMME DE VIALATTE 1

L'homme est devenu cosmique. Il se sent entraîné par la giration des étoiles. Il tourne autour d'axes invisibles. Toutes les douze heures, à cheval sur l'équateur, il se retrouve à vol d'oiseau à plus de 12.500 kilomètres de lui-même. Le grabataire, le paralytique, ne font pas moins de 40.000 kilomètres par jour. 

L'homme tel qu'on peut le voir de nos jours, nettoyant son auto avec un chiffon jaune, ou mordu à la fesse dans un jardin de banlieue par le "chien méchant" d'un cousin riche, cet homme remonte à la plus haute Antiquité.

L'homme est de la race des œufs dont on fait les omelettes.

L'homme, quoi qu'il fasse, finit toujours par se trouver en caleçon au fond d'un placard.

L'homme est devenu environnaire. Il a été remplacé par un trou.

L'homme reste le roi de la création. Il est debout sur la terre, qui tourne au milieu de toutes les choses qui tombent. Il est très beau à voir ainsi, parce qu'il a des souliers qui brillent. Il les fait luire avec un velours de coton.

L'homme assaille l'homme de ses questions : "Comment puis-je connaître le bonheur ?", "Que faire pour atteindre la paix ?", "Où se trouve la vérité ?", "Où sont les lavabos ?". Autant de questions qui prouvent son ignorance.

L'homme se compose essentiellement d'un chapeau mou et d'un pardessus demi-saison. Mais il n'y a là qu'une vérité moyenne. Aux courses, par exemple, il porte un melon gris.

L'homme a grand besoin du serpent de mer et de l'éléphant. L'homme ne saurait se passer des monstres. Comment connaîtrait-il sa taille sans la girafe et l'arteron ?

L'homme n'est réellement beau que sur les monuments, entouré de tous ses accessoires : le télégraphe optique, la boîte de la marmotte, le hérisson du petit Savoyard.

Alexandre Vialatte

Antiquité du grand chosier (Julliard, 1984).

 

lundi, 13 novembre 2023

TROIS B.D. REMARQUABLES 1

I

2002-2003-2004, trois volumes aux éditions Glénat.
LES CORRUPTIBLES, par PENDANX au dessin et BREZEAUX au scénario.

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Un dessin aux couleurs flamboyantes, un commissaire de police (Jean-Bedel Yapo) et son assistant (Shérif), disons, très couleur locale (sans mauvais jeu de mots), mais fonctionnant un peu "à l'américaine". Et ça grouille de personnages qui magouillent sans arrêt sur un fond apparent de foire permanente qui donne l'impression très forte d'un désordre indescriptible, mais dans un récit finalement très "guidé". Comment font les acteurs pour s'y retrouver dans ce fatras ? Mystère, mais ça présente toutes les facettes du Bengali (capitale Kamassoukro, président Papy Bastos), où il se passe quelque chose toujours et partout.

Attendez-vous à tomber dans un chaudron africain où grouillent et bouillonnent les passions humaines, les ethnies, les luttes pour le pouvoir, les bavures d'une force plus ou moins publique, les comptes qui se règlent, le parti unique tout-puissant, etc. Et puis ces deux flics qui pataugent dans la boue d'une société prise de vertige, mais où ceux qui détiennent les vraies commandes du vrai pouvoir (dans l'ombre, évidemment) arrivent toujours à leurs fins. 

Total et passionnant dépaysement garanti. Une B.D. truculente, joyeuse, violente et sauvage, qui permet un peu de comprendre pourquoi la volonté des anciens Etats coloniaux d'implanter en Afrique la forme de l'Etat politique tel que l'Occident l'a inventé pour lui-même (état de droit, procédures politiques définies par la loi, administration neutre, enfin bref, tout le sac d'embrouilles limpides que nous connaissons) n'a guère de chances d'y voir vraiment le jour. 

dimanche, 12 novembre 2023

MARCHONS ! MARCHONS !

J'ai entendu dire qu'il allait y avoir aujourd'hui, dimanche 12 novembre, partout en France, des marches contre l'antisémitisme. J'applaudis l'initiative, même si je ne sais pas trop de qui elle émane précisément. L'Etat français officiel ? Un cartel de partis politiques ? Une pléiade d'associations militant pour la paix entre Israël et le Hamas ? Tout ça à la fois ?

Quoi qu'il en soit, il faut se féliciter que, pour une fois, le consensus rassemble les forces vives de la nation française. Ce n'est pas si souvent. Bon, c'est vrai, la France Insoumise fait bande à part, mais il faut comprendre le parti dirigé d'une main de fer par l'olibrius Mélenchon : ce nouveau "Danube de la pensée" (après le Roumain Nicolae Ceaucescu) marche le moins possible, souffrant de cors aux pieds dans ses chaussures trop neuves pour avoir eu le temps de s'assouplir, mais ne le dites à personne. 

Cela dit, un détail continue à me chiffonner. Comment se fait-il que le Rassemblement national, le parti - Front National à l'origine - fondé autrefois par Jean-Marie Le Pen, ait décidé de se joindre à la foule bigarrée des gens qui ont été choqués, voire blessés, voire ulcérés, voire bouleversés par les agressions (verbales et autres) contre des synagogues et des membres de la communauté juive ?

On se souvient en effet que le père Le Pen ne reculait jamais devant un jeu de mot (« Durafour-crématoire ») ou une affirmation hasardeuse (le fameux « détail de l'histoire ») qui manifestaient, disons, une certaine porosité aux idées héritées d'une tradition antisémite solidement implantée dans notre pays — cela étant dit sans même remonter à l'affaire Dreyfus. C'est sur de telles idées que le Front National avait recruté la plus grande grande partie de ses membres. 

Il faut croire que la fille, après s'être débarrassée de la figure encombrante du fondateur, a réussi le tour de force de faire le ménage dans les rangs, jusqu'à le rendre, de la cave au grenier, propre et net de toute pensée suspecte. Je persiste cependant à m'interroger. Marine Le Pen, si prompte à brandir l'étendard de La Marseillaise comme preuve de son patriotisme, a-t-elle bien médité tout le sens des paroles de ce chant guerrier ?

Quand elle entend : 

« Marchons, marchons,
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons ! »,

p
our elle — et tout son parti derrière elle —, dans les veines de quel genre de population coule-t-il, ce "sang impur" ? A qui pense-t-elle au juste ? Est-ce que ce ne serait pas, par hasard, précisément un sang à la teneur quelque peu "sémitique" ? Ne subsisterait-il pas, dans les profondeurs inavouées du parti lepéniste, des traces de ce passé soi-disant révolu ?

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que la décision de mêler sa formation à la masse des gens pour qui la haine des juifs reste, sincèrement ou politiquement, une obscénité innommable, constitue un assez joli coup tactique, qui oblige tous les autres groupes à se situer par rapport à elle. Disons-le carrément : Marine Le Pen doit aujourd'hui rigoler comme une bossue à l'idée d'avoir foutu un magnifique merdier dans le camp d'en face. Gauche et droite ne savent plus où elles en sont. Signe peut-être que la France elle-même ne sait plus du tout où elle en est. La France semble être devenue un bateau ivre.  

Et on observe mine de rien que, quoi qu'en disent les commentateurs, Marine Le Pen est en train de réussir sa "dédiabolisation" de l'héritage paternel, puisque, à part les Insoumis, aucun autre groupe n'a fait part d'une quelconque répugnance à défiler aux côtés des fachos. Tout au plus de légères réserves ont-elles été émises ici ou là.

Et c'est cela qui devrait faire peur. Je n'insiste pas sur l'histoire du loup qui se change en agneau, mais il y a de ça. Car la Le Pen fait sans doute un pas de plus en direction du but qu'elle s'est fixé : le pouvoir. Pour cela, elle est prête, qu'on se le dise, à modeler son discours sur la forme des clés qui lui en ouvriront les portes. Ses convictions à elle importent-elles ? En a-t-elle seulement ?

C'est une autruche. C'est une matière plastique. Tout lui est bon, pourvu que cela la rapproche de l'objectif présidentiel. Quand elle l'aura atteint, qu'y fera-t-elle ? Quelles décisions prendra-t-elle ? L'inquiétante question se pose d'autant plus qu'elle ne sera pas seule : tout un entourage gravite autour de cette figure qui se veut centrale. Et une belle partie de cet entourage, qui sert de marchepied à Marine Le Pen et qui n'apparaît guère à l'avant-scène médiatique, est l'héritière de tout un passé lourd de menaces.

***

Note : le terme "antisémite" désigne exclusivement les juifs, dit-on. Mais c'est oublier, ce faisant, un tas d'autres collectivités, comme le montre la définition que le Petit Larousse Illustré donne du mot "sémite" (surligné par mes soins, pour cause d'actualité).

SEMITE P.L.I. 2002.jpg

On constate ici que les Arabes et les Hébreux sont au moins cousins (par la langue qu'ils parlent).

En gros, le mot désigne tous ceux qui parlent une langue sémitique. Je trouve que ça fait beaucoup de gens dans le même sac. Alors pourquoi seulement les juifs, dans "antisémite" ? Le Grand Robert est plus précis, et fait bien la différence d'usage, qualifiant la réduction du terme aux seuls juifs d' « abusive ».

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Ci-dessous, la preuve que les idées en France sont dans le fond du glou-glou.

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« Légèrement » !!! Farpaitement !!! Quelle trouvaille !!! Quel titre !!! Quelle santé !!! Quelle analyse !!!

 

samedi, 11 novembre 2023

AUX MORTS DE LA GRANDE GUERRE

MONTFAUCON 43 GASTON DINTRAT.jpg

J'ai pris cette photo autour de 1980 à Montfaucon, bourg de Haute-Loire comptant à peu près 1.500 habitants. Ciel uniformément gris ce jour-là, couleur de la tristesse intime et repliée, à l'unisson de ce que je ressens chaque fois que je pense à la Grande Guerre, à l'odieuse machine à faire disparaître les hommes que des hommes ont fabriquée de toutes pièces ; à l'unisson de la teinte de la roche dans laquelle Gaston Dintrat a sculpté dans les années 1920 cette image véridique de la douleur définitive, de la perte irréparable, du deuil inguérissable, du silence malheureux qui devrait habiter ceux qui, aujourd'hui, se souviennent à titre officiel. 

mercredi, 08 novembre 2023

CLIMAT : QUELQUES POUSSE-AU-CRIME

Troisième temps de la valse macabre.

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ON L'APERÇOIT, LE MONDE D'APRÈS :

TOUS LES GROS LARRONS EN FOIRE S'Y METTENT

Je n'ai pas collecté, loin de là, l'intégralité des titres du Monde parus sur le thème qui suit depuis le début de l'année 2023, mais par les quelques exemples cités ici, on verra que la tendance est avérée, lourde et générale, touchant les domaines d'activité les plus divers. Ce qu'il faut dénoncer, ce n'est plus la spirale « salaires / inflation » (comme à la fin des années 1970 et début 1980 : 14 %), mais la spirale « profits / inflation ». La captation de la plus-value (pour parler le Marx dans le texte) s'est rarement aussi bien portée.

L'extraordinaire, dans la période que nous vivons, c'est que l'explosion du nombre des pauvres ne provoque pas la fondation de « syndicats de défense des intérêts des pauvres ». Oui, je sais : c'est que "pauvre", ce n'est pas une classe sociale, c'est juste un tas d'individus inquiets du frigo, du lendemain et de la fin du mois. Mais il ne faut pas s'étonner que çà et là et de temps en temps, les pauvres donnent à ceux qui ne le sont pas des spectacles de plus en plus enflammés.

Ce chapitre parlant de lui-même, je m'abstiendrai de tout commentaire.

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Ces articles aux teneurs éminemment convergentes ont été publiés dans le journal Le Monde dans les premiers mois (février-mars) de l'année 2023, c'est-à-dire après publication des bilans des entreprises. J'aurais pu joindre ce qui a paru dans la presse dans la rubrique "autoroutes", mais ça aurait vraiment chargé la barque au-delà du raisonnable.

Cela permet d'éclairer tels ou tels titres d'articles parus postérieurement et conséquemment, pour répondre à l'interrogation muette de ceux qui se demandent ce que les bénéficiaires de ce système peuvent bien faire de tout cet argent (ci-dessous).

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Même Lyon n'est pas épargné, comme on le voit dans le journal Le Progrès (14 août et 6 septembre)..

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Récapitulons :

1 - On l'aperçoit, le monde d'après (31 octobre).
2 - Climat : c'est pas gagné (5 novembre).
3 - Quelques pousse-au-crime (8 novembre).
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On fera bientôt le bilan de tout ça.

lundi, 06 novembre 2023

ISRAËL RATE L'OCCASION DU SIÈCLE

L'Etat d'Israël vient de rater l'occasion du siècle. Du siècle ? Comment ça, baratineur de blog ? Eh bien pas la peine d'avoir Bac + 12 ou d'être sorti d'une Académie militaire pour s'en convaincre. A croire que les dirigeants de l'Etat hébreu semblent trop américanisés (je veux dire "mal dégrossis") pour comprendre les subtilités des guerres dites "asymétriques". Ils font pleuvoir des orages de bombes sur la population de Gaza. Du coup, les dégâts « collatéraux » parmi la population civile deviennent la règle, et le ciblage des méchants l'exception. C'est aveugle, criminel et con.

Ils ont beau savoir que les stratèges du Hamas, aidés en cela par les meilleurs stratèges iraniens, avaient derrière la tête une idée particulièrement tordue, ils font comme les Américains au Vietnam : le tapis de bombes. Suite à cette "stratégie" trop niaise pour être digne de ce titre, Israël est désormais, aux yeux de la plupart des pays normalement humanistes, un bourreau sanguinaire. Exactement le renversement des responsabilités attendu, souhaité et prévu par le Hamas.

Certains commentateurs vont jusqu'à égaler Netanyahou et Tsahal en cruauté aveugle à d'autres bourreaux dont les juifs furent eux-mêmes les victimes, en masse, en d'autres temps. On ne peut pas, hélas, donner complètement tort aux critiques qui s'abattent sur Israël. Pourtant, les terroristes du Hamas, par l'énorme pogrom commis le 7 octobre, avaient offert aux dirigeants israéliens une occasion en or, quasiment l'occasion du siècle, de retourner l'opinion mondiale en leur faveur. Ne pas avoir sauté sur cette occasion reste pour moi une énigme et une faute.

Vous imaginez le boulevard ouvert devant l'Etat d'Israël quand le monde a découvert, horrifié, l'étendue des massacres du 7 octobre ? Vous imaginez l'énorme opération de propagande gratuite qu'il aurait pu mener face au monde entier, à la tribune de l'ONU, et dont il aurait pu remercier le Hamas de la lui avoir offerte sur un plateau ? L'extraordinaire et idéal moment de se présenter en victime à la face de l'humanité ? Le voilà le grand mot que les Israéliens ont oublié de marteler : se présenter comme les victimes d'une haine exterminatrice. Quel tableau ! Quelle victoire ç'aurait été ! Et Hamas, Hezbollah et Iran l'auraient eu dans le baba ! La queue basse, les mollahs !!! A la niche les molosses !!!

Mais non, pour cela, il aurait fallu réfléchir, et non pas réagir dans l'instant, sous le coup de l'émotion, du scandale, de la souffrance, de la colère et de l'horreur. Il aurait fallu voir l'intention cachée derrière les actes des tueurs. En deux mots, il aurait fallu élaborer une vision politique de la situation ainsi créée, et non seulement se fier à une conception purement militaire, par définition incapable de parler autrement qu'avec le langage de la force. Avec au demeurant une efficacité très douteuse, précisément en termes militaires : à combien chiffre-t-on les hauts responsables du Hamas dégommés par l'armée israélienne ?

Pour réagir avec intelligence, il aurait fallu que les gouvernants israéliens sortent de la mécanique et de l'automatisme de la vengeance. Vous pouvez être sûr que, si Israël avait brandi comme un étendard les photos des hommes, des vieillards, des femmes, des enfants assassinés, aucun pays, fût-il acquis à la cause islamiste, n'aurait osé prendre le parti des assassins. Vous auriez vu le grand concert des nations se précipiter au secours de la nation attaquée dans sa chair. Israël aurait fait l'unanimité autour de lui. Vous imaginez, pour une fois, l'unanimité dans la compassion pour les juifs et dans la réprobation de leurs lâches ennemis ?

Au lieu que là, non seulement l'armée et tous les organes qui de défense et de sécurité ont été lamentablement pris en défaut, mais en répliquant comme des brutes en fonçant dans le piège tendu par le Hamas, ils ont 1 - fini par donner le beau rôle à celui-ci, 2 - réussi à faire oublier les actes barbares commis par celui-ci, 3 - revêtu aux yeux de tous le costume de l'ogre, du monstre, du grand méchant loup. 

Quel stupide et horrible gâchis ! C'est trop tard pour faire autrement. Israël est pris dans l'engrenage : il ne peut que poursuivre sur sa lancée et aggraver son cas aux yeux du monde. On saura plus tard l'ampleur de tout ce qu'a perdu Israël en réagissant comme il l'a fait. 

***

Note : maintenant, après cette terrible victoire des terroristes du Hamas, celui-ci a-t-il fait avancer la cause des Palestiniens ? Rien n'est moins sûr. Je persiste à penser, moi qui ne suis en rien géopoliticien, que la défense de la cause du peuple palestinien figure à peine comme un iota dans le programme du Hamas, même si celui-ci s'impose actuellement comme le vrai et seul représentant authentique, au détriment de l'Autorité palestinienne qui, dans la circonstance actuelle, se trouve, si c'est possible, encore plus disqualifiée qu'en temps ordinaire. [* Note : Je viens précisément d'entendre (16 novembre dans Les Matins de France Culture) que les gens du Hamas ont déclaré officiellement (ou au moins publiquement) que celui-ci avait besoin du sang des innocents pour affermir la ferveur révolutionnaire dans les rangs de la population palestinienne. Non seulement les terroristes n'en ont pas honte, mais ils s'en vantent.] 

A cet égard d'ailleurs, on peut dire que l'opération "assassinats" est pour le Hamas une réussite en termes de pouvoir et d'instrumentalisation de la cause palestinienne. Que la cause palestinienne, et même celle des prisonniers palestiniens en Israël, puisse être portée aujourd'hui par un mouvement composé de musulmans fanatiques et dont l'essentiel de la doctrine consiste en l'élimination pure et simple de l'Etat juif, c'est juste un échec tragique des forces de la Raison. Le Hamas représentant le peuple palestinien ? C'est ce qui pouvait arriver de pire à ce dernier. 

Et c'est de très mauvais augure pour l'avenir du peuple palestinien : la violence de Septembre Noir (J.O. Munich 1972) et du F.P.L.P. à laquelle s'ajoute la bouillie religieuse d'un islam haineux, tout ça annonce des lendemains qui ne chanteront pas (ci-dessous titres de tribunes parues dans Le Monde des 29-30 octobre et 9 novembre).

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dimanche, 05 novembre 2023

CLIMAT : C'EST PAS GAGNÉ !!!

ON LE VOIT DE MIEUX EN MIEUX, LE MONDE D'APRÈS.

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DEF. 2023 06 25-26 BOCAGES DECLIN DES HAIES.jpg

Le Monde, 25-26 juin 2023.

Les haies, j'ai l'impression d'en entendre parler depuis des dizaines d'années. On croit toujours que les acteurs d'un problème sont capables d'en comprendre les causes et de corriger le tir. Cet article date du mois de juin dernier, et on est obligé de constater qu'il n'en est rien. Bah, pourquoi se soucier du sort de ces petits arbres, arbustes, arbrisseaux ? Des malveillants de petite envergure les avaient sûrement installés là juste pour couper l'élan de nos gros tracteurs et autres grosses machines qui servent enfin à entrer dans les grandes dimensions de la modernité moderne et à transformer l'action de cultiver la terre en une entreprise industrielle comme n'importe quelle autre.

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DEF. 2023 06 22 C'EST LE SOJA QUI DEFORESTE.jpg

Le Monde, 22 juin 2023.

Là, on est évidemment en Amazonie. Le Brésil est, tout le monde le sait, complètement cinglé de vouloir faire du fric international en lieu et place de la bonne vieille canopée qui est comme une pompe (comme celle où les Dupondt sont enchaînés dans Le Trésor de Rackham Le Rouge) qui permet aux êtres vivants de respirer, même quand ils ne sont pas Brésiliens — et même quand ils ne sont pas scaphandriers.

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DEF. 2023 06 28 LA CHINE DEBOISE.jpg

Le Monde, 28 juin 2023.

Je ne suis pas sûr que la Chine possède sur son sol l'équivalent de la forêt amazonienne, mais c'est la même logique qui fonctionne. A la différence qu'en Chine, on pense d'abord à la nourriture des "petits Chinois" (comme on disait quand il fallait garder le "papier d'argent" des tablettes de chocolat, pour la raison, paraît-il, qu'ils mouraient de faim, les petits Chinois).

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DEF. 2023 06 28 ON DEFORESTE A TOUTE VITESSE.jpg

Le Monde, 28 juin 2023.

DEF. 2023 10 24 ON DEFORESTE ENCORE PLUS VITE.jpg

Le Monde, 24 octobre 2023.

Les articles de journaux se suivent, inlassablement, pour alerter le monde sur la folie qui consiste à faire disparaître les forêts. Mais qu'est-ce que c'est, "le monde" ? J'ai bien l'impression que c'est la même chose que la bien connue "communauté internationale", et même si possible en plus abstrait et inconsistant.

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2023 08 22 LA CLIME PROGRESSE ET POLLUE.jpg

Le Monde, 22 août 2023.

Bon, là, on est en pleine canicule, et il y a des tas de gens qui souffrent tellement de la chaleur que se fabriquer une température un peu moins forte peut ressembler à une bonne action. Mais l'été dernier, quand vous passiez sur le trottoir qui longe le magasin "Picard" — angle rue du Mail / rue Chariot d'or, à la Croix-Rousse —, le vent torride que vous soufflent les machines à congeler vous obligeait quand même à vous demander si tout ça était bien raisonnable.

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2023 09 02 BATTERIES TROP PUISSANTES.jpg

Le Monde, 2 septembre 2023.

Tout le monde aujourd'hui semble avoir mentalement adopté l'idée de la voiture électrique. Il faut dire que la propagande vantant les mérites de ces machines roulantes qui ne font pas l'affaire des émirs, des géants du pétrole et de mon garagiste est si tonitruante et omniprésente qu'on peut difficilement passer à travers les gouttes.

Cela dit, il faudrait peut-être que tous ces convaincus s'interrogent sur les origines et les conséquences de cette soudaine mutation d'une filière industrielle jusqu'ici essentielle.

Par exemple, si on raisonne en termes de consommation d'énergie (et non plus seulement de carburant), on se dit que, quoi qu'il arrive, il faudra produire de plus en plus de capacité de rouler, c'est-à-dire que la quête de puissance embarquée enflera et bouffera des quantités croissantes de matières capables d'alimenter les générateurs électriques. Certains pensent que l'on en respirera mieux. Admettons l'hypothèse.  

Seulement, on pourrait se dire qu'en se contentant de transférer le besoin d'énergie d'une source sur une autre, on ne fait que déplacer le problème. Le Problème ? Mais c'est la consommation d'énergie, bien sûr ! La sobriété, je vous dis !

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Le Monde, 18 octobre 2023.

Il faut d'abord savoir que R.E.A.C.H. (Registration, Evaluation, Autorisation des substances CHimiques), c'est le programme européen de régulation de quelque 20.000 molécules répertoriées. REACH, ça doit servir théoriquement à s'assurer de l'innocuité de chacune des substances inventées par les chimistes et, éventuellement, d'interdire les plus dangereuses. L'Europe montre une nouvelle fois qu'elle est à la pointe extrême de l'arrière-garde en matière de protection de la santé humaine et de l'environnement.

Il faut dire que les promoteurs de l'industrie chimique ont en horreur tous ces écolos à la noix qui ne rêvent que de les empêcher de gagner du bon argent pour engraisser les actionnaires. Et qu'ils ne lésinent devant aucun moyen humain ou financier pour infléchir le consensus européen en direction de leurs intérêts. La santé humaine ? Vous voulez rire ! Vous vous rendez compte de la catastrophe, si les Européens parvenaient à se mettre d'accord sur leur dos ? Comme quoi ils n'ont pas complètement tort, ceux qui établissent l'équation « Europe = Paralysie ». J'attends de pied ferme que l'équation soit démentie par un éclair de Raison qui toucherait les responsables européens. Est-ce complètement improbable ?

Le Canard enchaîné (25 octobre 2023) est plus sévère, et sans doute mieux informé de ce qui se passe dans les coulisses.

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Le Monde, 6 mai 2023.

Alors là, c'est une curiosité, sur laquelle les serviteurs de l'information vraie se sont fort peu étendus. Il s'agit des consignes envoyées par l'autorité gouvernementale aux personnes chargées de contrôler la façon dont les producteurs de fruits respectent la réglementation en vigueur en matière de pesticides. Ces consignes se résumaient quasiment à l'ordre de ne pas opérer de "visite de flagrance" dans les exploitations contrevenantes. Autrement dit : les inspecteurs devaient, en cas de flagrante infraction, fermer les yeux, le nez et les oreilles, et s'abstenir d'intervenir. Fallait y penser, non ?

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Le Monde, 28 mars 2023.

J'aurais pu, à la réflexion, intituler ce billet : "Un faisceau de présomptions" lourdes et convergentes. Regardez l'élection de ce représentant de l'agro-industrie à la tête de la F.N.S.E.A., ce drôle de "syndicat", qui ressemble par certaines façons de faire à un "syndicat du crime". Avec un tel président, au moins, on ne risque pas de voir le lobby des entrepreneurs en agriculture errer ou dériver vers une défense de l'environnement qui ne pourrait que nuire aux affaires.

Cela fait longtemps qu'on ne parle plus de "paysans" à la F.N.S.E.A. Mais si, paysans, ça doit vous dire quelque chose. C'était dans les temps anciens, où des millions de culs-terreux faisaient tout, mais en petit, bien à l'abri de leurs champs délimités par des haies, et qui étaient incapables de voir les choses "en grand", comme font de nos jours les modernes gros bras de l'industrie agricole.

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Le Monde, 22-23 octobre 2023.

Dernier maillon de la chaîne : du grand distributeur au petit consommateur. On nous a beaucoup bassiné avec « achetez bio, achetez "en vrac" ». Résultat des courses : toujours plus de suremballages. C'est la fête aux plastiques divers et au carton ! Il va nous en falloir, des poubelles, des poubelles et encore des poubelles.

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Oui, monsieur le président, nous sommes bien face à un faisceau de présomptions lourdes et convergentes. Oui, vous les entendez comme nous, monsieur le président, les appels à lutter contre le réchauffement climatique et contre les extrêmes météorologiques qu'il a déjà commencé à provoquer. Oui, monsieur le président, vous connaissez les coupables de l'empoisonnement des sols. Tout le monde sait ce qu'il y a à savoir, bien que les rangs des dénégateurs soient de plus en plus serrés.

Le malheur, monsieur le président, c'est qu'il vous semble très difficile de désigner et condamner des coupables ainsi que l'ensemble de leurs complices : tout le monde ne l'est-il pas, à un titre ou à un autre ? Ce qui est sûr, c'est que les kilomètres de discours et les kilotonnes de mots déversés quotidiennement se heurtent à une résistance dont on ne soupçonnait pas les ressources.

On braque volontiers l'attention sur ce qui se passe de bien ici ou là, en oubliant de dire qu'il faut de sacrés instruments d'optique pour identifier comme vertueuse telle ou telle expérience. En oubliant aussi de dire que le vertueux est perdu comme une goutte d'eau dans l'océan des nuisances et qu'il faut de sacrés bons yeux pour le distinguer. 

C'en est au point que la tendance générale est à l'aggravation, comme le montrent les effets de la grande coalition des tenants du pétrole et des autres énergies fossiles (voir mon billet d'il y a quelques jours). Et comme le montrent les usages de la chimie, les déforestations, la gloutonnerie énergétique chaque jour plus incontrôlable de notre époque et la volonté de puissance des acteurs de l'agriculture industrielle.

Je n'aimerais pas être à votre place, monsieur le président.

vendredi, 03 novembre 2023

TOUCHE PAS A "MA RAINEY" !

Je ne sais pas vous, mais moi, j'aime le jazz (entre autres). Comme un nombre plus que respectable de mes contemporains, et depuis 1966, pour replacer dans le temps. J'y suis entré par La Rage de vivre, ce merveilleux livre où Milton "Mezz" Mezzrow raconte sa vie, aidé pour tenir la plume du journaliste Bernard Wolfe. Ceci pour dire que mes premières amours en la matière appartenaient à cette sorte particulière de musiciens : ceux qui vivaient, jouaient ou faisaient les 400 coups dans la ville de Chicago, entre 1920 et 1935.

Beaucoup d'entre eux avaient migré de la "crescent city" qui a nom La Nouvelle Orléans, mais en transportant dans leurs bagages toute la musique, telle qu'elle se pratiquait dans ce Sud profond : King Oliver, Louis Armstrong, Jimmy Noone, Johnny Dodds, Kid Ory et toute la pléiade des génies qui faisaient le bonheur, alors presque exclusif, des Noirs, et qu'on retrouve au fil des pages du livre de Mezzrow.

Je n'ai jamais cherché à savoir si l'auteur de La Rage de vivre racontait des carabistouilles, et je m'en contrebalance : après dévoration du bouquin en bonne et due forme, j'ai embrayé sur les achats de disques de tous les souffleurs et tapeurs hautement recommandés de l'époque. Voilà mon baptême du jazz tel qu'il a duré plusieurs années, avant que je me rende compte, au fil de mes fréquentations, de mes lectures et de mes soirées au Hot Club et au B.C.Blues (les Lyonnais de ma génération n'ont pas besoin d'explications) avec les copains et les copines, que le jazz avait une histoire, et que les formes avaient diantrement évolué au cours de celle-ci.

Mais pour en rester à mes premiers pas dans le jazz, Mezzrow ne parle pas de Ma Rainey, mais il parle, et en quels termes, de Bessie Smith qui, je me souviens, lui passait la main dans les cheveux en riant, parce que ses ondulations faisaient comme des vagues qui lui donnaient le mal de mer. La voix de Ma Rainey est, si c'est possible, plus âpre, plus "rough", plus "roots" que celle de Bessie, encore que ça se discute. Toutes deux se sont connues, elles sont à peu près de la même génération, elles ont fait les mêmes tournées. La première ("Mother of the blues") en plus austère, la seconde ("Empress of the blues") en plus "prenante". C'est plutôt elle que l'histoire du jazz et du blues a retenue, même si elle reste dissimulée derrière les silhouettes écrasantes d'Ella, Sarah, Helen, Dee Dee et toutes les autres voix médiatisées ou invitées dans les festivals. Il reste que Ma Rainey demeure une grande artiste, un monument. 

Or, voici ce que je découvre, horrifié, dans un supplément du Monde daté 01-02 novembre 2023 (ci-dessous).

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Je lis bien "Ma Rainey". Je n'en crois pas mes yeux. J'ai rogné l'image de M. Langergraber publiée par Le Monde, j'ai recadré la légende, mais le matériel est garanti d'origine. Voilà une guenon qu'un cerveau malade a baptisée du nom d'une des femmes noires les plus admirables des Etats-Unis, une des femmes qui ont le plus compté dans la naissance et l'histoire du jazz et du blues. Ben merde !!!

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Gertrude Pridgett "Ma" Rainey, 1886-1939.

Passons sur la guenon "ménopausée". Ce qui est sûr, c'est qu'il y a de l'insupportable dans cette manie qu'ont certains (scientifiques ? Vous êtes sûr ?) de vouloir à n'importe quel prix conférer à l'animal une dignité personnelle qui, en l'élevant au-dessus de lui-même, lui fait usurper un statut de quasi-humain qu'il n'a jamais songé à réclamer. Et qui se trouve humiliante, dégradante, infamante pour la personne humaine qu'elle implique — d'une insigne valeur — et qu'on a dépossédée de son nom pour le jeter dans un zoo.

J'attends que Madame Christiane Taubira, dont tout le monde a en mémoire les diatribes véhémentes, hautaines et péremptoires, descende dans cette arène pour rétablir l'ordre des valeurs, elle qui fut, il y a quelques années, traînée dans la boue dans un torchon journalistique où une telle comparaison animalière se voulait une charge politique haineuse.

Bon, on dira que je pars en guerre contre les moulins à vent. Possible. Dans ce cas, qu'on veuille bien ne considérer ce billet que comme un mouvement d'humeur manifesté en réaction à une saloperie ordinaire. 

jeudi, 02 novembre 2023

AVEC GRÉGORY DOUCET

AVEC GRÉGORY DOUCET, MAIRE DE LYON,

L'ÉCOLOGIE COMME

JEU DE SOCIÉTÉ.

Voici ce qu'on peut — presque — lire dans les colonnes du journal Le Progrès du 27 octobre 2023. Enfin, je veux dire qu'on a failli lire ça. Ou plutôt qu'on aurait pu lire ça.

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 Pour célébrer la pose de la millième "Borne à Compost", le Maire de Lyon a eu une idée formidable, capable de fédérer tout le monde autour de la grande cause de l'écologie. Il invite la population de la ville à participer à un immense et joyeux JEU DE 1.000 BORNES A COMPOST.

Pour motiver les habitants, le lot des gagnants consistera en un abonnement à un an de consommation de déchets alimentaires, qu'une benne spécialement conçue à cet effet viendra décharger, dans un but louable de fertilisation, dans le jardin potager des vainqueurs, au grand bonheur de ceux-ci, n'en doutons pas. Gageons que les bénéficiaires de cette montagne de déchets feront bien des envieux !

Il faut savoir qu'à Lyon, la Mairie a entrepris de collecter l'ensemble des dits déchets alimentaires pour les transformer en énergie positive et, dans ce but, de déposer des poubelles en plastique (modèle banal et connu) spécialement dissimulées pour cet usage dans une carcasse métallique encombrante et disgracieuse.

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Après la Croix-Rousse (à tout seigneur tout honneur, n'est-ce pas), l'initiative a été étendue à d'autres quartiers. C'est ainsi que la millième borne vient d'être placée par les services municipaux cours de la Liberté (3ème arrondissement). C'est là que l'idée de notre vieux jeu de société a germé, puis explosé dans l'esprit vigilant et imaginatif de notre maire. Ça va être la fête à Lyon !!! Tous à vos épluchures !!! Ça, c'est la France !!!

Vous avez aimé l'antique jeu de "1.000 bornes" ? Vous vous passionnerez pour le

« 1.000 BORNES A COMPOST » !!!
Longue vie à son inventeur, le maire de Lyon !!! Une invention qui restera dans l'histoire !

Après les "Voies lyonnaises", les piétonnisations, les vergers de rue et de quartier (dont un, à Croix-Paquet, dédié à la pionnière Rachel Carson, auteur en 1962 de Printemps silencieux), les toilettes publiques écolos et la chasse aux automobiles, les "bornes à compost" démontrent que, pour les édiles de notre cher Lugdunum, l'écologie ne reste pas seulement une théorie trop abstraite dont seuls quelques intellos sont à même de se gargariser, mais une vision tout ce qu'il y a de plus concret et vertueux de la vie quotidienne en société, telle que la proposent ces précurseurs du progrès moderne que sont les Amish, si chers au cœur de notre président Emmanuel Macron. Les petits esprits se rencontrent.

Ceux qui émettraient des doutes sur l'impact de telles initiatives sur la marche du monde (voir mon billet précédent) et n'en verraient que le côté "Ecologie punitive" à destination de ceux qui n'en peuvent mais, ne sont que des pisse-vinaigre, voilà tout !

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Note: ci-joint le texte exact, quoique resculpté, du titre qui m'a donné l'idée de ce billet idiot : un titre qui, en quelque sorte, me tendait la perche.

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mardi, 31 octobre 2023

ON L'APERÇOIT, LE MONDE D'APRÈS ...

... ÇA A L'AIR BIEN PARTI.

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UN 

Pour bien commencer.

1 2023 09 03-04 CLIMAT GRANDS DISCOURS.jpg

Le Monde daté 3-4 septembre 2023. Ça, c'est ce que constate Esther Duflo, prix d'économie décerné par la banque de Suède, avec un faux nez bien rouge de Prix Nobel (je pouffe, mais je respecte évidemment la personne Duflo, qui tient en général des propos sensés). Les discours sont bien sûr ceux que tiennent les responsables politiques de la planète. Je compte pour pas grand-chose les déclarations de grandes et bonnes intentions des grands industriels qui affirment être conscients du dérèglement climatique, et dont les résolutions bien arrêtées sont juste de se badigeonner la surface d'annonces vertueuses pour mieux couvrir la réalité inchangée et délétère de leur action. 

En attendant qu'on lime les dents à toutes ces poules aux œufs d'or, gardons, mes bien chers frères, nos oreilles ouvertes à tous les vents, y compris les plus nauséabonds (car « par là je sens pas grand-chose », aurait pu dire le Sâr Rabindranath Duval, alias Pierre Dac)

Moralité : c'est pas gagné.

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DEUX

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Le Monde, 18 octobre 2023. Pour la Commission Européenne et l'ensemble des "Traités" qu'elle s'acharne à appliquer, à faire appliquer — et au besoin à imposer, quoique très mollement dans certains cas —, c'est le dernier arrivé qui aura gagné. Dans l'ambiance de concurrence féroce que se livrent les grands Etats, les grandes firmes et les grandes ambitions, y a pas de raison que l'Europe fasse le sacrifice de sa compétitivité et de sa richesse. D'où l'effort pour battre les records de lenteur.

En attendant qu'on en sache plus sur le projet profond, cohérent, magique et salvateur nourri dans le secret des bureaux bruxellois par des crânes d'œuf sortis des usines à formater les cerveaux, on restera suspendu dans le même brouillard que celui dans lequel baigne depuis sa conception cette grande Idée : l'Europe. 

Moralité : c'est pas gagné.

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TROIS

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Le Monde du 6 juillet 2023. La Chine domine paraît-il l'industrie du panneau photovoltaïque, mais aucun pays dans le monde, sauf peut-être l'Inde, ne construit autant qu'elle de centrales thermiques à charbon. On me dit que c'est pour alimenter sa volonté de croissance (de puissance) économique et industrielle. Après tout, c'est possible, non ? La Chine a sans doute des besoins tyranniques ? Ce qui est sûr, c'est que ce pays démesuré n'en a pas fini avec les énergies fossiles.

Moralité : c'est pas gagné.

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QUATRE

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Le Monde du 15 septembre 2023. Ah, le gros moteur ! Ah, le point de vue surélevé ! Ah, l'espace de rangement pour partir en vacances ! Ah, la belle consommation de carburant ! On aura le plus grand mal à s'en passer ! Ça risque de faire mal !

En attendant la voiture qui marche sans carburant, voire sans moteur, c'est-à-dire la voiture sobre, modeste, incolore, inodore et sans saveur (c'était la définition scolaire de l'eau dans les autrefois), c'est-à-dire la voiture virtuelle, les gaz d'échappement et les particules fines s'en donneront à cœur joie. 

Moralité : c'est pas gagné.

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CINQ

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Le Monde, 29 septembre 2023. Ah ben les Chinois ont besoin des énergies fossiles ? Et vous voudriez que nous, la vieille Albion (oui, ça se passe en U.K.), nous laissions perdre de telles ressources qui sont là à nous tendre la main depuis nos propres fonds marins [propres, mais pas pour longtemps, n.d.l.r.] ? Ça va pas, la tête ?

En attendant que les Anglais soient touchés par la grâce de la transition écologique, ils vont continuer à bouffer de la planète.

Moralité : c'est pas gagné.

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SIX

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Le Monde du 13 octobre 2023. Vive la fracturation hydraulique !!! Soyons fous !

En attendant que les ingénieurs ingénieux de l'industrie automobile aient inventé le moteur à eau, ou mieux : le moteur qui marche sans dépense d'énergie, les géants de la prospection et de la production d'énergies fossiles n'on pas fini de saloper les paysages de rêve et de tapisser le fond de nos poumons de suies du plus heureux effet décoratif.

Moralité : c'est pas gagné.

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SEPT

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Le Monde 2-3 juillet 2023. Ben oui, nous revenons sans le crier trop fort sur les quelques engagements mineurs que nous avions pris à la COP 21 au sujet de la sobriété, des gaz à effet de serre et autres fariboles d'écologistes. Faut nous comprendre, aussi, nous autres producteurs d'or noir : suite aux deux ou trois derniers exercices, dont les "résultats nets" (alias les profits) ont dépassé toutes les espérances, nos actionnaires nous ont fait de telles déclarations d'amour que nous ne nous sommes pas senti le cœur de les décevoir dans leurs attentes. C'est humain, non ?

En attendant que les fonds d'investissements (fond spéculatifs, fonds vautours, etc.) renoncent aux rendements ahurissants de 12 voire 15 %, les bons peuples devront se contenter de leur indulgence naturelle envers ces grands enfants un peu gourmands.

Moralité : c'est pas gagné.

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HUIT

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Le Monde du 25 octobre 2023. Bon, alors ça, c'est de la haute stratégie de long terme, de la haute finance et de la haute vision de visionnaire voyant. C'est dit : on ne se laissera pas distancer par les requins chinois du pétrole dans la course à la puissance industrielle et à la toute-puissance financière !

En attendant que les dirigeants politiques du monde entier reprennent le pouvoir que les puissants de la sphère économique se sont approprié à leurs dépens, l'humanité conservera son statut roturier face à cette élite aristocratique, dont le sang qui coule dans ses nobles veines a la belle couleur noire du pétrole.

Moralité : bref, c'est pas gagné du tout. 

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On a compris, va : il y a des tas de gens qui n'en veulent pas, de la sauvegarde de l'humanité, et qui se soucient comme d'une guigne de l'effet de serre, de la biodiversité et de l'avenir du vivant et de l'humanité. Ce qui compte pour eux, c'est l'argent, c'est le pouvoir, et c'est la liberté qui va avec : le plus riche est le plus libre. Ce qu'il  faut savoir reconnaître, c'est que ce sont des gens terriblement puissants, mais dont malheureusement l'argument principal a des airs imparables : c'est l'ensemble de leurs activités qui a fabriqué notre mode de vie, et qui le gouverne plus que jamais. 

Et nous, en bout de chaîne, ne voyons pas comment faire pour éviter le pire, parce que nous n'avons aucune envie d'envisager une autre manière de vivre que celle qui est la nôtre. Nous avons bien compris le sort qui nous attend si nous poursuivons dans la même direction, mais nous sommes dans l'incapacité de concevoir une manière autre, c'est-à-dire un avenir allant en se rétrécissant sur le plan matériel.

Cette autre manière de vivre, nous la considérons comme une régression insupportable, comme un gigantesque retour en arrière, où l'humanité serait obligée de se débarrasser des machines, des moteurs et de leurs carburants qui lui apportent l'aisance, le confort et la facilité au quotidien, et de remplacer ces machines par l'immémorial travail manuel, l'épuisant, maudit, dégradant, asservissant travail manuel

Franchement, qui parmi nous serait prêt à se passer de toutes ces machines qui nous sont devenues aussi nécessaires, pensons-nous, que l'air que nous respirons ? Quelques héroïques individus, peut-être. Mais nous, l'immense masse des gens ordinaires au rang desquels je me compte ? Même pour nous, les petits milliards d'individus perdus dans la masse, la voracité en énergie est inextinguible. 

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Note : je fais remarquer que les titres d'articles retenus pour ce petit florilège ne datent pas de Mathusalem. Je veux dire que ce tir un peu groupé (il n'y a sûrement pas tout) indique probablement une tendance lourde et actuelle. L'économie capitaliste n'est pas l'adversaire de l'écologie : elle est l'ennemi à abattre. Les capitalistes ont parfaitement compris ça. Les quelques titres mentionnés le laissent de plus en plus entendre. Qu'on se le dise : ils ne se laisseront pas faire sans réagir, quitte à user de toute la violence dont ils sont capables. On peut lire à ce sujet mes billets des 14 et 15 juin 2019.

samedi, 28 octobre 2023

DES NOUVELLES DE L'ARCON

DE L'ART CONTEMPORAIN A L'ARCON...

Nul n'arrêtera les audaces dans l'art. Et nul n'arrêtera les artistes audacieux, vous savez, ceux qui "cassent les codes" au risque de, qui franchissent les limites au péril des, qui ont le courage de "transgresser" quitte à, qui "luttent contre les stéréotypes" au prix de leur. Nul n'arrête non plus les collectionneurs fous qui ne savent plus quoi faire de leur pognon.

Celui-ci s'est entiché de tout ce qui est bêtement refusé par tous les musées, toutes les galeries, toutes les foires internationales d'art contemporain, et autres lieux qui luttent pour rester à la pointe du combat de l'Arcon. A tel point qu'il a fait un "Musée de l'art interdit" (Barcelone). Voici la photo que Le Monde s'est procurée pour illustrer l'article de Sandrine Morel paru dans son édition datée 26 octobre 2023. L'artristecon s'appelle Jani Leinonen. Comme quoi même les Finlandais peuvent.

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... ET DE L'ARCON A L'ARCOUILLON.

Un christ déguisé en clown à hamburger [ça se conjugue : je hamburge, tu hamburges, ...] ! Fallait y penser, un hamburger en guise de pain azyme ! Cela rejoint le "Piss-Christ" de Serrano et de célèbre mémoire en force expressive, en puissance d'évocation et en sportivité de l'extrême spirituel. En matière de scandale, Bettina Rheims en avait fait pas mal en un autre temps : c'était encore un christ, mais en femme crucifiée, et ça se passait je crois à Bordeaux. Qui battra ces records-là ?

Je crains hélas que ces blasphèmes attentats à la religion catholique ne tombent carrément à plat, vu l'état de déliquescence de l'Eglise de Rome. Leurs auteurs ne risquent rien et peuvent dormir tranquilles en attendant les pépètes fournies par le sacrilège. Tiens, une idée pour les artistes qui se sentent une âme de blasphémateurs : allez-y, représentez Allah et Mahomet en clowns Ronald de McDo, tiens ! On verra combien de temps il vous restera pour parader en bonne santé en uniforme de profanateurs.