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mercredi, 01 mai 2019

PREMIER MAI ...

... JOUR DU BONHEUR DE GASTON LAGAFFE.

Le travail, Gaston aime lui faire sa fête le plus souvent possible.

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Qu'il soit dans le ventre de la documentation de Spirou (tout y est : le chat, la mouette rieuse, le transistor, la lumière, la poêle à frire. Que c'est simple, le bonheur !) ...

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... ou en reportage au zoo,

pour Gaston,

c'est tous les jours premier mai !

mardi, 30 avril 2019

GASTON

On n'en a jamais fini avec Gaston Lagaffe, et si l'on me demandait lequel de ses environ 900 gags je préfère, je serais bien embarrassé. Mais, pour finir la présente série de billets, il y en a quand même un qui continue à me ravir chaque fois que je tombe dessus, c'est celui qui porte le n°787. Deux ouvriers arrivent un jour pour changer la moquette du bureau. L'action de Gaston est nulle : il ne fait strictement rien, sauf qu'il dort à poings fermés sur sa chaise de bureau (j'allais dire : comme d'habitude).

Le malheur veut que, d'une part, la chaise soit munie de roulettes, et d'autre part, que les deux ouvriers en question se trouvent être en harmonie complète avec le caractère le plus profond de Gaston : se débrouiller pour que le réel se mette à se gondoler devant les potentialités subversives que leur esprit créatif y décèle et leur suggère aussitôt. C'est la seule présence de Gaston roupillant qui fait partir en vrille l'imagination des deux compères : ils se mettent à jouer comme des gamins. En huit vignettes, Franquin synthétise sa vision du monde : l'ordre des choses n'attend, pour devenir vivable, que d'être dérangé. Prunelle fait un diagnostic assez juste, en estimant que l'esprit de Gaston est contagieux : rien que par le fait qu'il existe – et qu'il est là – ce garçon (de bureau) est dangereux.

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S'il existe une philosophie de l'existence qui s'appelle "gastonlagaffisme", cette planche l'illustre à la perfection.

Les deux poseurs de moquette apparaissent dans deux autres gags : celui, ô combien célèbre, dit "de la morue aux fraises",

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et celui d'une expérience de chimie inoubliable (je ne montre pas l'explosion qui les projette sur les toits, mais on voit qu'ils sont tous les trois carbonisés et comblés de joie).

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Non, je n'idolâtre ni Gaston, ni Franquin, son créateur. Ce qui m'arrive, c'est juste l'émerveillement devant le pouvoir d'un dessinateur d'éveiller l'empathie immédiate du lecteur devant la naïveté créative de Gaston. 

lundi, 29 avril 2019

SIGNÉ FRANQUIN

Franquin fait définitivement partie de mon panthéon de bédéphile de la vieille école. Après avoir révisé mes Gaston Lagaffe et célébré comme il se doit M. de Mesmaeker et le gaffophone, ces instruments du destin contrariant et contrarié de l'équipe de rédaction du journal Spirou (Fantasio, Prunelle, Moiselle Jeanne,

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Voilà l'effet que fait "Monsieur Gaston" à Moiselle Jeanne (on se demande jusqu'où Franquin serait prêt à aller dans la description des relations "concrètes" entre les deux s'il dessinait dans une autre revue que "pour la jeunesse", mais voilà,  Spirou oblige : il se retient, et c'est peut-être mieux ainsi), qui vient d'essayer sa nouvelle "invention" : un divan si confortable que Prunelle s'en étonne. A tort : Gaston l'a bourré de tout le "courrier en retard".

Lebrac, Bertje, etc.), je me suis penché sur un détail qui échappe normalement à l'attention du lecteur et qui est fait a priori pour passer inaperçu, à cause de sa taille réduite et de sa position hors-cadre : la signature. On voit que Franquin sait à merveille faire quelque chose de ces "hors-sujet", et que la lettre "q" du nom de l'auteur est savamment mise à contribution. 

Comme les musiciens qui reviennent sur scène pour répondre à l'appel du public et lui donner encore quelque chose, Franquin a fini par faire de sa signature une aventure à part entière, qui forme comme un aparté, un petit commentaire du gag qui vient de se dérouler, presque une histoire43.jpg47.jpg48.jpg53.jpg en soi, ce qu'on appelle une saynète. Inutile de s'attarder à faire l'éloge de ces dessins miniatures (ils sont ici agrandis) : on connaît la virtuosité de ce maître du trait.

Je précise que je me suis limité à quelques-unes des signatures figurant dans les volumes 12, 13 et 14 des aventures de Gaston. Ce mince échantillon montre à suffisance à quel degré se porte l'exubérance  de l'imagination du bonhomme.64.jpg103.jpg56.jpg62.jpg66.jpg88.jpg111.jpg109.jpg108.jpg106.jpg99.jpg97.jpg86.jpg94.jpg80.jpg65.jpg93.jpg

 

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dimanche, 28 avril 2019

GAFFOPHONE

Curieusement, j'ai été très surpris, dans l'ensemble des aventures de Gaston Lagaffe, par le petit nombre des planches dont le thème principal est le gaffophone, ce terrible monstre antédiluvien censé produire des sons musicaux (la sensibilité auditive de Gaston a quelque chose à voir avec la voix d'Assurancetourix – « Non, tu ne chanteras pas ! » –, le célèbre barde gaulois), mais qui en réalité produit des effets comparables aux pires machines de guerre sorties d'un cerveau humain (on pense un peu (pas plus) au moment où Assurancetourix peut enfin donner toute la mesure de son "talent" face à la tribu des féroces Normands, venus là pour apprendre à voler en apprenant la peur, au motif que « la peur donne des ailes »).

J'ai dénombré une vingtaine de gags en tout et pour tout. Au fond, c'est terriblement peu quand on se réfère à la résonance stratosphérique de la trouvaille. Car cette invention qui tient d'une harpe XXL additionnée d'un gros tambour et d'un énorme tam-tam africain pour la "résonance", capable de produire des vibrations comparables à la puissance d'une éruption volcanique ou à un séisme de magnitude 10, issue du cerveau prolifique de Gaston par la médiation de celui de Franquin, son interprète, son mage, son prêtre terrestre, est capable, en plus de résister aux termites traîtreusement introduits dans l'instrument par le malveillant Lebrac, de faire retourner en une fraction de seconde le camion qui le transporte à l'état d'inventaire intégral des pièces détachées nécessaires à sa fabrication (ce que les fabricants de pistolets, revolvers et autres joyeusetés appellent un "éclaté", – noter que Gaston rejette la faute sur le choix du camion par Fantasio) ;

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de remplacer au pied levé (et gratuitement) toute une équipe de spécialistes de la démolition des cheminées d'usine ;

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d'opérer en un clin d’œil la démolition de la dite rédaction de Spirou (aidé en cela, pour cette fois, par les instruments de Jules-de-chez-Smith-en-face, de Bertrand Labévue et de l' "Anglais", et attention les yeux quand les lascars les auront électrifiés), sûrement pour que celle-ci soit reconstruite en plus beau ;

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de perturber les manœuvres de l'aviation de chasse, voire d'en faire éclater les cockpits « ... et tous les cadrans du tableau de bord et même le verre de ma montre » ;

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de faire fuir pour le compte de Greenpeace les baleines loin des horribles navires baleiniers, harponneurs de cétacés ;

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de "simuler un tremblement de terre" pour empêcher une fois de plus M. de Mesmaeker de signer un contrat avec les éditions Dupuis ;

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de débarrasser Gaston lui-même de l'enduit aux aiguilles de sapin dont le produit miracle qu'il avait inventé devait débarrasser l'arbre de Noël et qui l'ont "habillé" d'un revêtement pour le moins piquant ;

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de chasser toutes les taupes des terres de l'ami paysan, mais aussi hélas, et par la même opération, de faire de son troupeau de vaches une nouvelle espèce migratrice ;

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de terroriser l'agent Longtarin lors d'un transport nocturne et pédestre ;

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et de briser la carrière et d'envoyer clochardiser sous les ponts le malheureux Fantasio, le jour où l'idée saugrenue et irréfléchie lui prend de couper une à une les cordes du gaffophone, jusqu'à ce que la grosse branche dont il est fait (et que Gaston a eu le plus grand mal à plier) se détende pour écraser brutalement le magnifique service de Limoges de 118 pièces que M. Dupuis a eu la très mauvaise idée de faire entreposer à proximité immédiate.

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Je ne connais aucun autre cas, dans toute la bande dessinée que je connais, d'une trouvaille aussi formidable qui, en un nombre aussi réduit de mises en scène, parvient à produire un effet aussi démesuré. C'est sûr, l'imagination débordante et proliférante de Gaston doit tout à celle de son créateur, mais aussi à son trait virtuose, dont l'expressivité magistrale réussit à donner vie, force et crédibilité à tout ce qu'il dessine. On constate ci-dessous que Franquin va jusqu'à concevoir son gaffophone comme un écosystème à part entière, où la vie animale et végétale s'affirme avec énergie : une nature à lui tout seul.

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vendredi, 26 avril 2019

ROUGE DE RAGE

HONNEUR A FRANQUIN.

Parmi les personnages qui gravitent autour de Gaston Lagaffe, en dehors du personnel des éditions Dupuis (Fantasio puis Prunelle, Lebrac, Moiselle Jeanne, Bertje, etc.), on connaît bien l'agent Longtarin, Jules-de-chez-Smith-en-face, et quelques autres, mais il y en a un qui occupe une place secondaire de premier plan : c'est M. de Mesmaeker. Hormis le fait que le monsieur a vraiment existé, il est intéressant de savoir que M. de Mesmaeker a trois métiers : passer des contrats avec la rédaction de Spirou, rater tous ses contrats avec la rédaction de Spirou, son troisième métier étant d'arriver avec la figure toute rouge de colère à la dernière vignette de chaque planche. D'après mon décompte, De Mesmaeker apparaît au gag n°109 et disparaît au n°888 : une belle carrière !

Pour empêcher que soient signés les éternels contrats entre De Mesmaeker et les éditions Dupuis, tous les moyens, toutes les inventions (parmi lesquelles le gaffophone occupe une place éminente) et tous les êtres (même la petite souris, qui est la seule à lui "faire de grand sourires") qui tiennent compagnie à Gaston sont bons : le chariot roulant suspendu qui court en silence dans les couloirs au risque de ceux qui y circulent ; le chat irascible aux griffes redoutables qui n'aime pas être dérangé ; la mouette au bec acéré qui inflige son humeur "massacrante" aux crânes non casqués ; l'imagination créatrice sans bornes de Gaston, prêt à noyer la rédaction de Spirou pour sauver son poisson rouge Bubulle parce que son bocal s'est cassé ou à pousser la chaudière à fond pour prouver qu'on peut faire rôtir des toasts dans les radiateurs ; la malchance des coïncidences les plus malheureuses, etc. (la liste n'est pas limitative).

On n'a pas idée de l'infinité des obstacles que Gaston, par son seul pouvoir de destruction pacifique, parvient à lui tout seul à dresser entre l'homme d'affaires et l'entreprise qui l'emploie – où d'ailleurs nul ne sait à quoi ce garçon peut bien servir, à part ne pas trier le courrier en retard, ne pas mettre de l'ordre dans la documentation, et trouver tous les moyens de ne pas en faire une rame pendant les heures de bureau, pendant que de son cerveau fertile ne cessent de jaillir des inventions prodigieuses destinées à ne servir à rien ; des appareils géniaux et catastrophiques ; des améliorations "techniques" (photocopieuse dont sortent des avions en papier) ; des instruments de musique dévastateurs ; des expériences de chimie explosive (sans "s" : avec Gaston, la chimie est explosive) ; des recettes culinaires plus improbables les unes que les autres (ah, sa "morue aux fraises" !) et des stratagèmes pour écouter le match de l'après-midi à la radio (ah, ce tir au but de Khudjad, et de 20 mètres !). Parmi la centaine d'apparitions de De Mesmaeker, j'ai retenu vingt-trois "chutes" (parfois si bien nommées). Les voici.

 

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lundi, 22 avril 2019

JAMAIS DEUX SANS TROIS

J'avais, ça commence à faire du temps (15 novembre 2012), remarqué une source d'inspiration possible de Hergé pour un épisode du Temple du soleil, où le capitaine Haddock, lancé à la poursuite des Indiens, fait une terrible chute dans une pente des Andes, qui le transforme assez vite en énorme boule de neige venant par bonheur (!) se fracasser sur un rocher, pendant que les quatre Indiens, eux-mêmes sphériquement enneigés, sont expédiés dans le précipice (il y a en effet quelques morts dans les aventures de Tintin, cf. On a Marché sur la lune). Notez les pieds qui dépassent.

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C'est en relisant Les Malices de Plick et Plock, de l'inoubliable auteur du Sapeur Camember, Georges Colomb, alias Christophe, que je m'étais dit qu'Hergé avait pu s'inspirer de son ancêtre en bande dessinée pour la page 33 du Temple (un demi-siècle sépare les deux BD). Plick et Plock, gnomes sans expérience, n'ont jamais vu la neige. Plock a donné une forte bourrade à Plick qui roule dans la pente ... : « ... et se trouve bientôt inclus dans une boule de neige qui va grossissant à mesure qu'elle descend, ainsi que le font habituellement les boules de neige ». C'est un « arbre providentiel » qui arrêtera la course de Plick, qui s'en trouve « délivré et meurtri ». Là, déjà, les pieds dépassaient.

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Mais ce n'était pas tout : jamais deux sans trois, dit-on. Révisant ces jours-ci, comme je le fais régulièrement par souci d'hygiène mentale, les immarcescibles facéties, volontaires ou non, souvent (mais pas toujours) catastrophiques de Gaston Lagaffe, génial perturbateur de la vie de bureau inventé par Franquin, je suis tombé sur une planche (n° 550, au scénario de laquelle Roba, l'auteur fameux de Boule et Bill, a participé). On ne le dira jamais assez : je ne connais pas de dessinateur qui sache donner à ses intentions comiques des formes aussi fortement expressives que ce virtuose du crayon.

On retrouve ici le thème de la boule de neige : Gaston est envoyé par la direction des éditions Dupuis pour aller chercher Prunelle dans sa maison de campagne et le ramener à la rédaction. Il est, comme on peut s'y attendre, au volant de son inénarrable tacot jaune et noir (riche source d'inspiration pour Franquin, comme M. de Mesmaeker, le gaffophone, la mouette rieuse, moiselle Jeanne, Jules de chez Smith-en-face, l'agent Longtarin, le chat et tant d'autres).

Comme il a beaucoup neigé, Gaston a installé des chaînes, mais comme de bien entendu, pas n'importe quelles chaînes : « Un modèle nouveau, conçu et fabriqué par un certain Lagaffe, qui en connaît un bout en matériel roulant », déclare-t-il au méfiant Prunelle (notez le clin d’œil du mot "roulant", mais peut-être ce sens – "qui fait rire" – s'est-il aujourd'hui perdu). Arrive évidemment ce qui devait arriver : l'une des chaînes se rompt, se prend dans l'essieu arrière, bloquant brutalement la voiture. Et comme par hasard, ça se passe dans une pente. On a déjà deviné la suite. Sauf qu'ici, pas de pieds qui dépassent.

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Franquin s'est-il inspiré de ses prédécesseurs ? Pas sûr, mais je dirai au moins que ça peut se discuter. La question qu'on se pose ensuite est de savoir si l'on trouve ailleurs dans la BD l'utilisation de ce thème de la boule de neige "habitée". Je n'ai pas de réponse à la question.

J'aurais pu ajouter à la série un autre gag de Gaston. On trouve en effet dans la demi-planche 791 (vol. 12, Le Gang des gaffeurs) une autre évocation de boule de neige, mais je ne l'ai pas jugée digne d'entrer dans la série. A tort ou à raison, je trouve le gag plus faible : ça se passe un jour de neige en ville. Gaston, qui a inventé le "jokari-avec-super-balle" (on se souvient des dégâts que la super-balle peut commettre par temps sec, planche 591, vol.8) organise une partie dans la rue en compagnie de son pote Jules-de-chez-Smith-en-face. Gaston lance la super-balle et les deux amis la voient "rebondir sur deux façades et tourner le coin", et se demandent combien de bourgeois vont être terrorisés. Et voici de quelle façon elle leur revient dans la figure. Je ne sais pas vous, mais moi, désolé, Franquin : j'ai du mal à y croire.

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mercredi, 02 novembre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

… C’ÉTAIT RIGOLO.

Aux cimaises de ma galerie BD.

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Franquin faisant un détour par la planète des singes, dans (A suivre) n°16, sans Spirou, sans Fantasio, sans le comte et le maire de Champignac, sans le marsupilami, sans Spip, sans Gaston, sans monsieur de Mesmaeker, sans Jules-de-chez-Smith-en-face, sans Prunelle, sans Lebrac, sans 'moiselle Jeanne, sans la bande, sans les voisins Ducran et Lapoigne, entrepreneurs de travaux publics irascibles (on les comprend).

Accessoirement, je n'entre pas dans le débat suscité par le selfie réalisé tout récemment par un macaque de je ne sais plus où : certains se sont en effet demandé si les droits d'auteur de ce selfie devaient être versés au singe ou au photographe qui lui a mis le smartphone en main.

On n'a que les questions qu'on se pose.

Je n'entre pas non plus dans le débat que s'acharnent à lancer des zoologistes et autres éthologues un peu allumés autour de la question du « Propre de l'Homme », et qui font tout pour convaincre le bon peuple que les animaux connaissent l'altruisme, que les chimpanzés ont des pratiques "politiques" (ça c'est une idée défendue par Pascal Picq) et autres ingéniosités visant à faire tomber les barrières d'espèces et l'humanité de son « piédestal ». Les talents, les performances et les prouesses de certaines espèces truffaient déjà les revues pour la jeunesse quand j'étais gamin.

Franquin est un Génie, je n'hésite pas à être, en cette occasion, aussi "péremptoire" que le "club" éphémère du même nom, auquel j'ai un temps appartenu. Mais il n'a plus besoin de thuriféraires ou d'adorateurs : son carrosse posthume avance sans que des laquais aient besoin de le pousser. Franquin est un carrosse automobile. Un carrosse royal, bien entendu !

lundi, 07 mars 2016

MAUDIT CODE DU TRAVAIL !

Qu’est-ce qui se passe autour du Code du travail ? Quel est l’enjeu des luttes féroces qui se livrent en haut lieu et en bas lieu à propos de ce « Code, l’unique objet de mon ressentiment » ? Un million et plus de signatures pour la pétition qui réclame le retrait du texte. Effervescence en ligne, panique du timonier, reculade gouvernementale, bref, encore une fois le même lamentable spectacle de la panouille intégrale qui sert de ligne directrice à François Hollande, depuis que l’inconséquence des Français l’a porté au pouvoir. 

Je me moque de savoir ce qui se passe sous les jupes et dans les dessous peu affriolants des calculs politiques à court terme autour de cette affaire. Quelles seront les modifications acceptées par Manuel Valls ? Peu importe : ce qui compte, c'est le mouvement général dans lequel s'inscrivent toutes les remises en cause des "droits" des travailleurs, un peu partout en Europe et dans le monde. La consigne est partout la même : il faut s'aligner sur le plus bas.

Car on peut deviner ce qui se trame derrière les clameurs de Gattaz, du patronat et de tous ceux qui poussent, soit à la démolition pure et simple de ce monument de tracasseries qui empêche les chefs d’entreprise d’embaucher et de licencier à leur gré ; soit, ce serait un minimum, de simplifier les procédures, de garantir les droits des salariés tout en injectant du lubrifiant dans les rouages des entreprises. 

On nous sort à tout bout de champ l’épaisseur du Code du travail, ses obscurités, ses contradictions, ses jurisprudences alambiquées, et on le compare au Code suisse, limpide, lui, et réglé comme un coucou.

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Gaston Lagaffe en train de repeindre le coucou de son coucou suisse.

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Gaston Lagaffe n'a rien compris au marché du travail.

Je veux bien croire qu’en matière d’emploi, un effort de clarification et de simplification des règles est nécessaire. Mais pour embêter les entreprises, il n’y a pas que ce maudit Code : il me semble que les normes (françaises, européennes) auxquelles elles doivent se conformer ne sont pas pour rien dans les tracasseries qu’elles subissent. 

Et puis quand on nous parle de chômage et d’emploi, on nous raconte beaucoup de bobards. Le premier est que la complexité du Code est la cause du chômage : le Code a bon dos. Et si, Code ou pas Code, la France perdait des emplois, tout simplement, à cause de la diminution du travail productif ? Et puis Hollande gave le MEDEF de cadeaux. Et puis on nous serine : « Plus de flexibilité sera favorable à l’emploi ». Rien n’est moins sûr, monsieur Gattaz : où est-il votre million de créations ? Perdu en route.

Et puis prenez le déficit "astronomique" (paraît-il) de l’UNEDIC. Deux solutions simples pour résoudre le problème : primo, cesser de l’obliger à participer au financement de Pôle emploi ; deuxio, pénaliser les entreprises qui recourent abusivement aux contrats précaires pour occuper des postes indispensables, ce qui alourdit notablement sa barque. 

Non, moi, ce que je vois se profiler derrière la guerre faite au Code du travail, c’est autre chose, et c’est plus grave. Car il faut savoir que, partout où ont été menées de « courageuses réformes du marché du travail » (Allemagne et Grande-Bretagne pour commencer), partout où l’on a « assoupli les règles », le nombre de travailleurs pauvres a explosé, et les inégalités se sont démesurément accrues. Et les "journalistes" perroquettent la doctrine officielle : ces pays ont un taux de chômage remarquablement faible. Moi, les statistiques, je n'admets que "celles que j'ai moi-même trafiquées" (Churchill).

Il ne suffit plus d’avoir le privilège de bénéficier d’un emploi pour espérer échapper à la pauvreté. Travailler plus pour gagner moins ! Sarkozy n'avait pas pensé à ça. Remarquez, il y avait déjà les éleveurs français qui payaient pour travailler, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ça montre la voie. Moralité : les dirigeants français sont en train d’admettre, de programmer et d’administrer l’appauvrissement des populations européennes. Les peuples ont perdu la guerre.

Ce qui se profile derrière la réforme du Code du travail, c’est ce que pointe Alain Supiot dans son excellent bouquin : La Gouvernance par les nombres (Fayard, 2015). Le message principal de l’ouvrage, enfin, ce que j’en retiens d’essentiel, c’est que le système économique que l’ultralibéralisme a installé (l’économie financiarisée au profit des seuls actionnaires) prévoit tout simplement d’abolir les lois qui régulent encore, pour un temps, la production et les échanges. Comme le dit le dirigeant d’une grande entreprise : « La régulation est un obstacle à l’innovation ». Ah, chère humanité, que serais-tu sans la déesse « Innovation » ? 

Tout ce qui régule l’économie est considéré par les grands acteurs qui interviennent sur les « Marchés » comme un obstacle à la bonne marche des affaires. Il faut « déréguler », on vous dit, dans un régime de « concurrence libre et non faussée ». L’Europe qui est  en place, pour le plus grand malheur de ses citoyens, est une illustration exacte du processus en cours. Les négociations secrètes qu’elle est en train de « conduire » avec les Etats-Unis (TAFTA ou TTIP) sont un pas de plus vers la disparition de toute régulation de la production et des échanges. Devinez au profit de qui ça se fera.

Comme le dit Alain Supiot, la loi (ce qu’il appelle « hétéronomie » : pourquoi pas ?) est ce qui s’impose indistinctement à tous les acteurs : elle surplombe, parce qu’elle a plus d’autorité et de pouvoir que tous les acteurs privés réunis. Tout le monde est contraint de s’y soumettre, et les infractions sont, en théorie, punies par les tribunaux. Or, dans le système que les plus grands acteurs privés de la production et des échanges sont en train d'installer, il est entendu que ce ne seront plus des lois qui gouverneront, mais des contrats. Kolossale finesse ! Vous avez compris : plus de règles qui s'imposent à tous indistinctement ! Tout est négociable ! Et comme dans toute négociation, on prévoit déjà de quel côté penchera la balance : celui du plus fort. 

La grosse différence entre une loi générale et un contrat, c’est que la loi est universelle (dans la limite des territoires où elle s’applique), alors que le contrat se négocie : vous mordez le topo (comme dit San Antonio) ? Le contrat en lieu et place de la loi, cela signifie que ce qui se trame, autour du Code du travail (qui est une loi), c’est la Grande Privatisation de Tout. C'est la Grande Confiscation des Richesses par une élite minuscule. Cela signifie, par conséquent, la disparition du bien public, l’élimination de ce qui s’est appelé dans le passé le "bien commun". Cela signifie aussi l’effacement de ce qu’on appelle encore, par abus de langage, la « puissance publique ». Cela signifie que les populations seront mises aux prises avec les « forces du Marché », mais pieds et poings liés. Et avec la complicité active de ceux qui gouvernent. 

Sale temps pour les humains en perspective. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : j'entends à l'instant un nommé Pierre Cahuc, chercheur en économie, accuser son contradicteur de ne pas lui répondre sur le terrain de l'économie, mais de la politique. Il lui reproche de se référer à des articles parus dans des revues non académiques : « Lisez les revues académiques, jeune homme ». Eh, espèce de foutriquet, ravale tes mensonges. Tu crois vraiment que l'économie est une science exacte ? Tu crois qu'on va la gober, cette fable d'une pure discipline de laboratoire ? Et sur le plateau de France Culture, tout le monde a l'air d'accord pour ne pas parler de politique au moment où l'on parle d'économie. Le mensonge est là : il n'est pas possible de faire de l'économie sans faire en même temps de la politique. S'intéresser à l'économie, c'est se demander quel modèle de société on veut. Si ce n'est pas de la politique, ça !

Si l'économie n'est pas de la politique, je ne sais plus ce que parler veut dire !

vendredi, 06 novembre 2015

NE PAS DERANGER

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jeudi, 05 novembre 2015

NE PAS DERANGER

 

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Hommage à René Girard, qui vient de rendre son tablier, qui a fini par se résoudre à plier ses cannes. Je n'oublierai pas le choc tectonique que fut pour moi la lecture de La Violence et le sacré, d'une érudition ébouriffante. C'était dans les années 1970. Même si on peut être agacé par la prétention de l'auteur à donner à sa théorie du désir mimétique, et sur un ton de certitude péremptoire, une dimension tellement englobante que Freud, avec toute sa psychanalyse, pouvait aller se rhabiller.

mardi, 03 novembre 2015

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mardi, 27 octobre 2015

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vendredi, 23 octobre 2015

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Le "Gris du Gabon" figure parmi les meilleurs imitateurs.

jeudi, 22 octobre 2015

NE PAS DÉRANGER

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mardi, 20 octobre 2015

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mercredi, 14 octobre 2015

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samedi, 03 octobre 2015

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dimanche, 27 septembre 2015

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samedi, 26 septembre 2015

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vendredi, 25 septembre 2015

NE PAS DERANGER

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dimanche, 20 septembre 2015

NE PAS DERANGER

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mardi, 15 septembre 2015

NE PAS DERANGER

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mardi, 01 septembre 2015

NE PAS DERANGER

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vendredi, 31 juillet 2015

UN ZESTE DE VIALATTE

VIALATTE NATALIE.jpgMême si ça peut sembler incongru, je comparerais volontiers chaque plongée dans les chroniques de maître Vialatte à celles que je fais régulièrement dans les albums de Gaston Lagaffe, la créature de maître Franquin : il suffit de quelques pages pour que le lecteur se mette à jubiler. Un ton et une tournure d’esprit absolument uniques, joints à la virtuosité du trait. Deux auteurs qui savent à merveille vous tenir en état de surprise permanente, à l'exact antipode de ce que Vialatte nomme quelque part (chronique "Des hauts et des bas" par Sempé) « le crime de l'uniformité ». Regardez par exemple ce paragraphe qui clôt diverses considérations, dont un éloge de Le Fond et la forme (tome II), de Jean Dutourd. On trouve ça dans Pas de h pour Natalie (Fayard, 1995). 

         « Je ne saurais terminer sans des conseils utiles : faites ramoner dès maintenant vos cheminées et réclamez une fiche de contrôle ; soyez vertueux et sensible ; ouvrez toujours les boîtes d’asperges "par le fond" ; si votre chat n’aime pas le mou, donnez –lui du caviar ; ne mentez qu’avec précision ; si vous engraissez de la ceinture, renversez la tête en arrière, vous rétablirez l’équilibre. Relisez Le Fond et la forme, votre fond en aura plus de forme, votre forme en aura plus de fond. Ne battez pas votre femme avec une barre de fer ; vous seriez puni par les juges d’Angleterre, car c’est un geste de goujat ; usez plutôt d’une canne flexible et résistante, vous serez approuvé par la Bible et par les proverbes arabes.

         Et c’est ainsi qu’Allah est grand. » 

Alexandre Vialatte, La Montagne, 17 mai 1960. 

On me dira ce qu’on voudra, ce genre d’allègre espièglerie ne peut se trouver que sous la plume d’un grand de la littérature. 

Mais là je n’apprends rien à personne. 

Voilà ce que je dis, moi.

ENGLEBERT OMER.jpgNote : quoi qu'on puisse en penser, Vialatte orthographie le prénom Natalie conformément à l'étymologie latine. On lit d'ailleurs dans l'irremplaçable Fleur des saints, cette bible écrite par Omer Englebert (Albin Michel), à la date du 27 juillet (où l'on fête toutes les Natalie) : « Ils furent décapités [en 852], écrit Euloge, dans l'ordre suivant : Félix, Georges, Liliose, Aurèle et Natalie (ou Noële) [sic] ». Eh oui, Noëlle et Nat(h)alie, c'est du pareil au même. C'est un des sujets de la dernière chronique du volume, "Chronique de l'h de Natalie". C'est sûr, Vialatte est du genre conservateur.

samedi, 06 décembre 2014

L’ART CON AU MUSÉE

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Forcément catalogués parmi les fossiles les plus archaïques des âges paléo-anthropiques, où les artistes et autres inventeurs de nos paysages se souciaient d’en fabriquer les éléments pour l’agrément, le bonheur et le plaisir des hommes qui vivaient là, mes pauvres yeux préhistoriques demeurent étrangement, quoique violemment, incrédules devant les extravagances qui surgissent en rangs toujours plus serrés des cerveaux d’individus royalement rémunérés par ce qui se fait de plus riche sur la planète.

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L'ex-courtier en matières premières à Wall Street, Jeff Koons et son patron, le richissime François Pinault, autour du buste intitulé "Jeff et Ilona" (Ilona est le vrai prénom de l'actrice porno "Cicciolina"). Photo peut-être prise au Palazzo Grassi à Venise, propriété de monsieur Pinault.

Il paraît qu’il convient de les appeler - quand même - « artistes ». Cela me laisse sur le cul, mais admettons que ce soit « l’époque qui veut ça ». Une époque qui ne cesse de donner des raisons de la haïr. Dernièrement, la dite époque nous a offert « l’affaire Paul McCarthy », du nom de « l’artiste » qui avait planté une chose verte en pleine place Vendôme, et dont il avait emprunté le dessin aux fournisseurs d’ustensiles des amateurs de sodomie. 

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Une "Très Grosse Commission" de Paul McCarthy (que les gens viennent quand même photographier).

Un éditorialiste du Monde était allé jusqu’à traiter de « crétins » les diplodocus et ptérodactyles qui avaient osé apporter la preuve, en rendant au « monument » la platitude qu'il n'aurait jamais dû quitter, que bien des « œuvres » de « l’art contemporain » ne sont, comme la baudruche, que de la gonflette, tout juste dignes de ces salles où des corps d’hommes (et de femmes) se gavent de clenbutérol, stanozolol et autres joyeusetés moléculaires anabolisantes, dans le but de faire mieux que Schwarzenegger, dans leur miroir qui n’a pas mérité ça. Il faut choisir : c’est ça ou le compresseur d’air.

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Mesdames, avouez : ça vous fait envie ?

Nous qui savons que tout époque produit les œuvres d'art qu'elle mérite, avons-nous besoin de ces « artistes » pour comprendre que l’époque présente est, dans ses grandes lignes et dans bien des détails, à vomir, à déféquer, à expulser comme les urates de n’importe quel docteur Faustroll qui s’ignore, même si, contrairement à l'original, la plupart des gens ne le font pas dans un « as » (chapitre "Du bateau du Docteur, qui est un crible", c'est dans la bible de la 'Pataphysique) ? Si c’est là le « message » de Paul McCarthy, je me permets de le trouver tout à fait niaiseux. Quoi ? Tout ça pour "ça" ?

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Un "Balloon Dog", façon Jeff Koons, mais de Paul McCarthy, et bien arrimé au sol, de peur qu'il rejoigne la stratoshère.

Dommage, d'ailleurs.

De graves « critiques d’art », de dignes « intellectuels » auront beau me prouver par a + b que je n’ai rien compris et que c'est moi qui suis affligé du même QI que le pétoncle, je persisterai dans mon aveuglement : que peut bien procurer au spectateur sa représentation de Blanche-Neige (ou qui que ce soit) en train de faire caca devant les animaux de la forêt ?

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C'est qui, déjà, qui avait détourné une couverture de livre pour enfants ?

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C’est sans doute moi qui suis irrémédiablement bouché. Je me rassure en me disant que des « œuvres » qui ont besoin de tout un volume imprimé sur papier bible pour expliquer et justifier leur nécessité doivent être décidément bien minces d’intérêt pour être remplacées par de si savantes logorrhées, plus conceptuelles qu'argumentatives.

 

Au moins, Jeff Koons, anticipant sans doute les agressions inqualifiables qui ont anéanti la chose verte de McCarthy, a conçu des œuvres « en dur ». A ceux qui se méprendraient, je dirai de se méfier : ne faites pas comme Prunelle, quand il veut essayer le « fauteuil de cuir fin » imaginé par Gaston Lagaffe pour la Fédération de boxe et qui se fracasse le crâne sur le prototype en plâtre armé. 

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Une histoire qui fait pendant à celle (vraie) de cette femme de ménage consciencieuse employée dans un musée allemand qui, croyant faire son boulot, a détruit une « œuvre d'art » en nettoyant un canapé sali exprès par l'artiste. Vous avez sûrement entendu parler. Après vérification, c'est une femme de ménage qui a détruit une œuvre (fait disparaître la patine) de Martin Kippenberger en récurant le récipient en caoutchouc, baptisé "Quand des gouttes d'eau commencent à tomber du plafond", qu'il exposait à Dortmund. L'œuvre était assurée pour 800.000 euros.

 

Quoi qu'il en soit, je me dis qu'après tout, ça existe peut-être, la "justice immanente".

 

Car Jeff Koons, lui, a conçu ses « Balloons » en acier, que ce soient des fleurs, des lapins ou des chiens, et pour parfaire l’illusion, il a exigé un « poli miroir » qui suscite l’admiration. Ça nous change de l’exhibition pas si lointaine (1991-1992) de ses galipettes sexuelles avec Ilona Staller, alias « la Cicciolina », l’actrice porno qu’il avait épousée. Jeff Koons, ou la pornographie érigée en œuvre d'art. Mieux : la pornographie élevée à la dignité de concept (vous connaissez sûrement, "nommé", "promu", "élevé à la dignité de" : on appelle ça la "Légion d'Honneur").

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Peut-être avait-il invité, en plus des amis, quelques caméras pour immortaliser leur nuit de noces, et quelques micros pour enregistrer les sons de leurs orgasmes.  S’agissant de sexe, certains n’hésiteraient pas à parler de « perfomance », bien que le terme, s’agissant d’art, prête aujourd’hui à confusion (contamination de l’anglais « to perform »).

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Ce qui s'appelle "faire argent de tout". Et surtout de n'importe quoi. Vérifiant l'adage qui dit que "l'argent n'a pas d'odeur". Ici, ça vaut mieux.

 

Voilà ce que je dis, moi.