Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 06 novembre 2014

LES MATINS DE FRANCE CULTURE

FRANZ KULTUR EXISTE, JE L’AI RENCONTRÉ

 

1

 

C’est vraiment devenu quelque chose de pas grand-chose, « Les Matins de France Culture ». Et moi qui m’y étais réfugié pour fuir certaines dérives de France Inter qui, en dehors de quelques îlots où la survie est encore possible, rendent trop souvent la chaîne inécoutable ! Je ne parle même pas de RTL, Europe 1, RMC et tutti quanti, dont les avenues si fréquentées sont jonchées de tant de légions de cadavres publicitaires que la simple odeur putride de leur écoute est depuis longtemps insoutenable et rédhibitoire.

 

Depuis que les décideurs ont décidé d’ « ouvrir la chaîne » (sans doute jugée trop « élitiste » par quelque instance suprême, alors que moi, qui ne fais pas partie de l’élite, je la trouvais de loin la plus « écoutable ») et d’ « accroître son audience », je ne sais plus où fourrer mon oreille le matin pour trouver quelques échos du monde qui ne soient pas dictés par l’urgence de l’actualité, les derniers rebondissements intervenus dans tous les feuilletons guerriers qu'elle tourne en permanence ou les exigences de l’audimat. Les échos du monde, je les apprécie quand la vague de l'urgence s'est retirée, quand la mousse de l'écume s'est évanouie, quand on peut enfin commencer à essayer de comprendre ce qui s'est passé.

 

J’exagère, je sais. Et ce n'est pas fini, peut-être que c’est devenu une habitude. Mais il fut un temps, peut-être pas si ancien, où l’auditeur avait le temps de prendre son temps : celui d’écouter un(e) invité(e), très souvent remarquable, qui venait pour éclairer, approfondir, développer. Longuement.

 

Maintenant, il faut paraît-il faire comme Jean-Luc Delarue qui animait jadis l’émission télé « Ça se discute », et qui invitait sur son plateau, par exemple, un juif et un nazi. L’esprit de ce genre d’émission est très simple : il faut que ça castagne, que ça cogne, que ça saigne. Sur la base du raisonnement primaire « Les gens veulent du spectacle, on va leur en donner ». Avec (qui sait ?) en ligne de mire l’audimat et les flots de pubs et d’argent qui vont avec. Résultat, mon copain Franz Kultur a l’haleine chargée. J'exagère, je sais. Je sais surtout que c'est pire ailleurs.

 

Du temps de Nicolas Demorand, d’Ali Baddou (déjà parfois agaçants de frénésie) et même, si je me souviens bien, de Marc Voinchet à ses débuts, on était à l’abri de ce canardage en règle, soigneusement programmé. Il n’en est plus de même. Voilà que France Culture se met à courir après l’audimat. Et sa « Matinale » à partir dans tous les sens : l’invité est désormais au nombre minimum de deux, souvent davantage. Tu comprends, coco, il faut proposer à l’auditeur la pluralité des points de vue.  

 

Mais pour le coup je le dis tout net à monsieur Poivre d’Arvor (Olivier), directeur : « Ça se discute, monsieur ! ». Il ne faudrait pas confondre l'étendue et la profondeur. Le pilote de l'émission a choisi l'étendue. Je préfère la profondeur, au motif (arithmétique) que plus c'est étendu, moins c'est profond. C'est comme la confiture culturelle : moins c'est épais, plus il faut l'étaler. Sans compter qu'inviter un « spécialiste » en le flanquant de plusieurs autres pourrait à bon droit être considéré par lui comme une marque de défiance et/ou de manque de considération.

 

Et puis, monsieur, pourquoi faut-il à tout prix « élargir l'audience »  : « Chers auditeurs [Tewfik Hakem l'autre matin, tout fiérot], merci d'être de plus en plus nombreux à nous écouter et à nous podcaster » ? Mais qu'est-ce que ça peut me faire, l'audience, si je trouve mon compte à entendre ce que j'entends ? On dirait que le gars est payé au rendement, ma parole. Intéressé au résultat, peut-être ?

 

En dehors d’exceptions notables (le juge Marc Trévidic un de ces derniers matins, et encore, le secret des enquêtes lui mettait un bœuf sur la langue), l’auditeur est privé de sa sonate du matin, pour se voir forcé d’ingurgiter un pâté sym-caco-phonique orchestré par un descendant de Bruckner ou de Boulez, qui n’a d’équivalent comestible que le kouign-amann breton ou le christmas pudding grand-breton, dont il est bien connu qu'il faut l'attaquer au burin. Il faut en effet se farcir … se farcir quoi, au fait ?

 

Dans le meilleur des cas, ça passe. Prenez lundi 3 novembre, deux fins connaisseurs du Burkina Faso, un militaire-ancien-ambassadeur à « Ouaga » (la capitale, à ne pas confondre avec « Bobo » (Bobodioulasso), dont les habitants, c’est bien connu, sont les « Bobolais ») et un anthropologue très au fait des tenants et des aboutissants de la situation : un régal, parce qu'à la fin, vous avez saisi au moins quelques fils de l’embrouillamini dans lequel la France a fourré les doigts (Blaise Compaoré grand ami de la France !).

 

Prenez maintenant mercredi 5, avec trois intervenants. Très intéressant, l'essentiel a été dit, je crois, sur ce qui bloque au barrage de Sivens. Cette fois, ce sont les deux animateurs qui, sous couleur de jouer les « avocats du diable » et de ne pas laisser les invités dérouler des discours convenus, nous ont « brouillé l'écoute ». Il ne faut pas confondre "empêcher le doctrinaire de ronronner" et "concert de casseroles pendant le quatuor à cordes". Mais, à part le bouton de la radio, l'auditeur est assez démuni de moyens de les faire taire.

 

Car autant le dire : le meilleur des cas est rare. La plupart du temps, ça donne une panouille (qui peut virer à l'exécrable) dont l’animateur essaie de garder les fils conducteurs en main, mais dont l’auditeur sort frustré, exténué, furieux, pantelant. Et surtout perdant. L’animateur tâche tant bien que mal de distribuer la parole, mais je vais vous dire, ce genre de saute-moutons est le plus souvent pénible à suivre. A cause de la segmentation due à la pluralité des invités.

 

Car si vous faites le compte (20 minutes de 7h 40 à 8h + 30 de 8h 15 à 8h 45 = 50 minutes), plus vous avez invité de monde (« plus on est de fous, plus on rit »), moins chacun a le temps de s’exprimer. Il faudrait d’ailleurs minuter le temps de parole de l’animateur. Ah, l’animateur, rien qu’à l’entendre couper la parole sans peur, sans cesse et sans vergogne, qu’est-ce qu’il a besoin de s’exprimer ou de montrer qu’il a bossé son sujet ! On le prendrait parfois pour l'invité principal. Qu'est-ce qu'il cause, Marc Voinchet ! Brice Couturier, son âme damnée, est plus discret, mais il lui arrive à l'occasion d'être envahissant et même étonnamment péremptoire ou imbu de sa vérité.

 

Je suis sûr que si Voinchet s’invitait lui-même, il serait intarissable. Il serait capable de se couper la parole avant d'avoir eu le temps de se répondre. Il devrait s’inspirer du juge Roy Bean (Le Juge, un Lucky Luke, Dupuis, édition souple, p. 44) qui, lors du procès qu’il dirige contre lui-même, se tait après la question, le temps de faire le tour pour se mettre à la place de l’accusé, avant de reprendre, en refaisant le tour, la place du juge : ça repose le lecteur. En plus, ça l'amuse. On appelle ça le « rythme » (vif-lent-vif), qu'il ne faut pas confondre avec le « tempo » (la noire à 120).

LE JUGE 1 PROCES.jpg

Je sais bien que vous avez l’œil sur votre sacro-saint « conducteur », mais lâchez un peu la pression, monsieur Voinchet : la vraie culture a besoin de sérénité. Cessez de donner à tous les échanges cette inutile et horripilante couleur d’urgence. Ça finit par être du harcèlement sonore. Ou alors faites comme le Parti Socialiste, l'UMP ou le Front National : changez de nom. S'agissant de France Culture, il faudrait juste supprimer le deuxième terme. J'exagère, je sais.

LE JUGE 3.jpg

Prenez exemple, monsieur Voinchet.

Voilà ce que je dis, moi.

 

dimanche, 26 juin 2011

SI LE MARIAGE EST GAY, RIS DONC ! (3)

Libération du 25 juin m’oblige à revenir sur la question. Quelle pub, mes amis, pour l’ordre homosexuel ! Avec de grandes photos de la « Gay Pride » de l’an dernier. Deux mecs harnachés de baudriers noirs sur leur peau nue qui se tiennent par le cou. Quatre nanas qui montrent pas mal de peau en se tenant serrées. 

 

Deux mecs déguisés en « mammamouchis », mais ils ne viennent sûrement pas du Bourgeois Gentilhomme. Un couple de garçons dont l’un en mini-jupe sur un collant bleu et l’autre en smoking avec des escarpins à hauts talons aux pieds. Un couple de filles tout de blanc vêtues dont l’une en short et tee shirt masculins tenant dans les mains, sans doute, un arc de Cupidon. Ma foi, pourquoi pas ? 

 

Moi, dont le cerveau est sûrement un peu limité, voire étriqué, je voudrais qu’on m’explique que tout cela n’est pas une propagande effrénée en faveur de l’homosexualité. Qu’on me dise (attention : de bonne foi !) que tous ces gens ne sont pas des missionnaires envoyés en mission en territoire encore honteusement hétérosexuel. Et un missionnaire en mission, c’est un MILITANT. Sa mission, c’est de CONVERTIR. 

 

Sous couleur de « conquête de l'égalité des droits », n'assiste-t-on pas à une offensive en direction d'une indifférenciation généralisée, d'une uniformisation androgyne de l'humanité. On met dans le même sac inégalités et différences. Que cela s'appelle lutte pour l'égalité des droits, METISSAGE ou CREOLISATION, c'est toujours la même haine des différences qui s'exprime, avec le culot de le faire au nom du respect des différences.  

 

PHILIPPE MURAY, il y a déjà quelque temps, voyait se développer un processus d' « homosexualisation » du monde, c'est-à-dire de dissolution de la différence entre les sexes. Il rejoignait RENÉ GIRARD, et sa théorie du désir mimétique, qui débouche sur l'indifférenciation des individus, qui entraîne à son tour une violence généralisée. Désolé : ça ne va pas. 

 

D'ailleurs, je voudrais qu'on m'explique en quoi être empêché d'accéder à l'institution sociale qu'est le mariage du fait d'une « orientation sexuelle » particulière constitue une inégalité. J'avoue ne pas comprendre. Il me semble qu'on peut voir ici, avec le mot "égalité", le même kidnapping que les catholiques avec le mot "liberté" en 1984, quand ils avaient lutté pour que leurs boîtes d'enseignement continuent à bénéficier de la manne obligeamment versée par les contribuables. 

 

La une de Libération annonce "une" couleur : « Mariage gay : la droite se décoince ». L’article, qui, proprement « fait l’article » (au sens fort des camelots), est intitulé « La droite en marche vers le mariage gay ? ». Une avocate, intitulée, elle, Caroline Mécary, déclare que « Le pacs ne garantit pas l’accès aux mêmes droits. ». Et le joufflu et moderniste NICOLAS DEMORAND, qui a pris la place de LAURENT MOUCHARD, alias JOFFRIN, à la tête du journal, demande à « la France de retrouver sa place dans des combats par essence politiques ». On croit rêver. 

 

Je l’ai déjà dit : s’il y a quelque chose qui n’a rien à voir avec le politique, c’est bien la sexualité, et on peut bien me citer tous les MICHEL FOUCAULT du monde à l'appui du contraire. SOCRATE, qui fait un éloge appuyé de l’amour des garçons (c’est dans Le Banquet), n’affirme nulle part que cela a quoi que ce soit à voir avec le politique. Si mon souvenir est bon, il parle plutôt d’un moyen de s’élever personnellement vers le BEAU. 

 

Je l’ai déjà dit : l’homosexualité est un FAIT, qui « remonte à la plus haute antiquité » (pour parler comme ALEXANDRE VIALATTE). Ce fait EXISTE. Ce serait imbécile de le nier. Et même très bête de ne pas l’accepter. Le délit est désormais aboli, heureusement viré, je ne sais plus quand, du code pénal. 

 

Mais de là à autoriser le mariage aux homosexuels, il y a une distance qu’il me semble assez baroque de vouloir franchir. Passons rapidement sur la contradiction qu’il y a à réclamer en même temps la reconnaissance d’une différence et la reconnaissance de la normalité (deux incompatibles, jusqu’à plus ample informé, ça fait un oxymore), à moins de soutenir que le soleil est noir ou que le feu est un bloc de glace : voyez mes notes des 21 et 22 juin. C’est ce que j’appelais « vouloir le beurre et l’argent du beurre ».

 

A suivre.