samedi, 21 février 2026
J'ENTRE AU C.P. ET CE QUE J'Y APPRENDS ...
... EN MATIÈRE D'IMAGE.
Ben oui, c'est vrai, pourquoi le nierais-je ? Il y a un peu plus d'un an, je me suis lancé dans la fabrication d'images "à ma façon". Je ne savais rien de rien, mais alors du genre nib de nib, balpeau, bref, que dalle ! J'entrais à l'école primaire, pour ne pas dire en "grande section", c'est dire.
Et je dois avouer qu'aujourd'hui je ne suis pas satisfait du tout de mes premières tentatives, et à peine content de beaucoup de suivantes. Sans doute les problèmes liés à tous les premiers pas. Mais avec la ferme volonté de ne rien apprendre dans une école quelconque. Mon étendard : autodidacte ou rien ! On a sa fierté, quand même ! — l'idée n'est pas de moi : « Pas bien haut, mais tout seul ! » — ça dit peut-être quelque chose à quelqu'un.
Ma méthode : le tâtonnement obstiné, des tonnes d'essais, des mégatonnes d'erreurs. Je savourais l'obscurité dans laquelle baignait mon esprit face aux outils que la technique ultrasophistiquée met aujourd'hui à notre disposition. Précision inutile : ce vice rédhibitoire persiste. D'autant plus que je ne tiens pas à accroître mes connaissance et ma maîtrise dans ce domaine technique.
Les outils que j'ai mis en œuvre depuis mes débuts, et même jusqu'à présent, les vieux routiers du domaine, ceux qui savent donc tout ce qu'il faut savoir et tout comment faire, ne peuvent pas ne pas savoir que mes capacités sont restées rudimentaires, rustiques, pour ne pas dire d'un ascétisme monacal. "Enfantin", doivent-ils penser. Ce qui fait qu'au final, je trouve assez regardables avec un relatif plaisir un pourcentage infime de toute ma production. pour dire qu'en fin de compte, amateur j'étais, amateur je reste. Amateur endurci.
En partie à cause d'un obstacle majeur cependant : le budget à consacrer à la chose. Mon envie de dépenser quoi que soit dans ce domaine tendait vers le zéro mathématique : j'avais trop d'autres curiosités, souvent plus "vitales" disons, à satisfaire.
Fragment d'une photo prise au camping de Strasbourg en juillet 2017.
Je me suis d'abord donné comme objectif de fabriquer des images sur une base symétrique. Ne m'en demandez pas les raisons, je l'ignore, et dans le fond, je m'en fous. L'une d'elles est sans doute que cela me permettait une sorte de construction formelle artificielle capable de transformer le hasard et le chaos apparent des formes de la nature en objet élaboré par une volonté. Progressivement, je suis tombé sur quelques ouvertures, j'ai entrebâillé quelques portes, et ça m'a un peu encouragé à poursuivre la démarche. Depuis cette symétrie obsessionnelle, j'ai quand même élargi mon horizon.
Première manip. à peu près selon les mêmes contours que l'original.
En utilisant divers procédés dénichés à droite et à gauche dans ma machine, j'ai obtenu diverses séries d'images que j'ai baptisées de divers intitulés, qui ont varié au fil du temps (la liste serait trop longue et ennuyeuse pour figurer ici), mais qui s'efforçaient de mettre en cohérence l'ensemble des éléments que j'y rangeais.
Résultat final : une sorte de négatif.
Ce que j'attendais, ce qui m'a guidé dans toutes ces élaborations, c'est le moment où se produisait un déclic qui transformait d'un coup quelque chose en autre chose en matière d'effet visuel, si possible rigolo ou plaisant : je voulais d'abord être surpris moi-même à la vue de ce qui surgissait sur mon écran. Plus la métamorphose était soudaine, nouvelle, voire brutale, plus j'étais content : une voie semblait s'ouvrir. Mon Graal : transformer l'aspect des choses visibles, au point de les rendre méconnaissables. Exemple ci-dessous. J'ose mettre au défi quiconque de deviner l'origine de l'image. Non non, pas d'indice, n'insistez pas.

Autre exemple, toujours selon l'esprit de symétrie. Cette fois je peux le dire : c'est à partie du motif figurant sur la quatrième de couverture d'une édition ancienne du Michel Strogoff de Jules Verne.

Et chaque fois qu'une telle surprise s'est produite, j'avais l'impression d'avoir appris quelque chose, sans que quiconque me l'ait enseigné. Mis au point la représentation de la possibilité d'une nouvelle réalité visible jamais aperçue nulle part auparavant, quel qu'en fût l'intérêt proprement esthétique. Peut-être une lointaine réminiscence de deux des strophes immortelles sorties de la plume de notre plus grand poète (Charles Baudelaire, évidemment) : celles qui closent le dernier poème des Fleurs du Mal : « Le Voyage. ».
Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'ancre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons.
Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, Qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie.


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