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mercredi, 17 juillet 2013

JOURNAL DES VOYAGES 3

Je suis en vacances, mais ...

 

Pour ne pas laisser vacant tant d’espace disponible, mais le remplir de façon bien sentie, je me suis dit que la collection 1876-1899 du Journal des Voyages était parfaitement idoine. Puisse l’illustration quotidienne remplir l’office du poisson rouge quand on est seul et qu’on n’a personne à qui parler : on peut toujours s’adresser au bocal.

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Pour comparer, voici le dessin d'un boucan à la façon des Toupinambaous, dans une édition d'avant 1600 (André Thevet, 1558).

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Ce n'est pas le même genre de viande. Quoique ... La dame à gauche au premier plan, oui, celle qui entame le bras du dernier prisonnier mis à cuire sur le boucan, elle a un appétit qui fait plaisir à voir. Celle qui brandit la jambe en la tenant par le mollet n'est pas mal non plus. Que préférez-vous ? L'aile ? La cuisse ?

 

vendredi, 21 juin 2013

BERNARD TAPIE LE CROCROCRO !

 

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BAUERNMÄDCHEN (JEUNES PAYSANNES), PAR AUGUST SANDER

 

***

Tout le monde connaît par cœur cette chanson enfantine, ou tout au moins le refrain :

 

« Ah les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles,

Sur les bords du Nil ils sont partis, n’en parlons plus ! » (bis).

 

Je propose de réécrire les paroles pour les faire coller à l’actualité récente. Cela pourrait donner quelque chose comme :

 

« Ah les socialo, les socialo, les socialistes,

Dans la pourriture ils sont tombés, n’en parlons plus ! » (bis).

 

Mais comme, dans la boutique en face, il n’y en a pas un pour racheter l’autre non plus, je propose la version suivante :

 

« Ah les sarkoko, les sarkoko, les sarkozystes,

Dans la corruption ils sont tombés, n’en parlons plus ! » (bis).

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MANCHETTE DU CANARD ENCHAÎNÉ DU 19 JUIN

C’est vrai ça, ils se tiennent par la barbichette. Ecoutez le monologue intérieur de François Hollande, j’y étais, j’aime vivre dangereusement : « Ah tu m’as fait virer Cahuzac ! Eh bien ça ne va pas se passer comme ça ! Tu vas voir comment je vais te l’essorer, ton Tapie ! C’est bien le diable si, entre la Bettencourt et le Tapie, je peux pas le flinguer une bonne fois, le Sarkozy ! Au moins, ça déblaiera le terrain pour 2017 ! Le Fillon ou le Copé, j’en croque un à tous les petits déjeuners, alors ! Et si quelques seconds couteaux prennent des balles perdues, elles ne seront pas perdues pour tout le monde ». Tel que, texto, juré, craché ! J’y étais, dans la matière G. à François H. Et je peux en témoigner : elle est vraiment très grise. Dire que ça a fait HEC et l'ENA ! Plus Sciences-Po pour faire bon poids. C'est bien la peine.

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LE CANARD ENCHAÎNÉ DU 19 JUIN 2013, 6 ANS APRES LE 7 MAI 2007

(ça reste un peu déchiffrable; ça commence par :"Le petit est élu. Je suis sauvé dans Adidas, maintenant le pognon va couler", paroles de BT prononcées le 7 mai 2007 - tiens tiens !?)

Je ne vais pas me donner la peine de commenter Tapie, pour la raison qu’il fait partie de cette catégorie dont je raffole : les preneurs de balles perdues. On dit bien qu’il y a des coups de pied au fondement du derche du croupion de l'arrière-train qui se perdent ! Le cul des salopards finis est un cul comme les autres. Il défèque sa merde tous les jours, comme tout le monde. Mais la merde, cette fois et pour le coup, est vraiment trop grosse. Et elle pue.

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UNE ASSEZ BONNE SYNTHÈSE DE LA QUESTION, PAR CABU

Qu’est-ce qu’ils attendent, les petits Marseillais shootés à la kalachnikov, plutôt que de gaspiller des balles ou du bon combustible fossile plein de CO² pour des lampistes de banlieue, tout ça parce qu’ils se sont trompés dans leurs additions et leurs soustractions au moment du partage du butin ? Ils ne pourraient pas apprendre à « rectifier le tir » (le verbe étant à comprendre comme dans : « Le vieux Nanar, il s'est fait rectifier ») ? Pour une fois, le vulgum pecus (alias la « foule des anonymes ») aurait l’impression qu’il y a parfois un semblant de justice ou de providence en ce bas monde. Pour un peu, sait-on jamais, le vulgum pecus se remettrait à croire en Dieu. Mais ce n'est pas gagné d'avance.

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De l’affaire Tapie-Sarkozy, je retiendrai surtout l’énormité de la ficelle qui a abouti à l’énormité de cette filouterie, mais j’y ajouterai l’énormité des calembredaines balancées à la télé par Tapie en personne, sur l’air de : « s’il y a du louche, j’annule tout » (ce qu’il serait bien en peine de faire, même s’il était sincère), alors que j’aurais bien aimé l’entendre dire : « s’il y a du louche, je rends l’argent », mais pas fou, le Nanar.

 

Il ne rendra pas l’argent, ou alors il faudra lui mettre la corde au cou ou le pistolet sur la tempe, avec quelque chose d'ogival et blindé entre les deux yeux (je trouve que le 11,43 conviendrait assez bien : c'est le calibre préféré du "milieu"). Oui je sais, avoir la tempe entre les deux yeux, c'est plutôt rare. Mais Tapie a montré de quelles prouesses il était capable : j'essaie de hisser mon imagination à la hauteur de l'enflure.

 

C’est bien connu, les plus grosses fadaises passent comme des lettres à la poste quand elles sont prononcées avec le monstre de culot dont est capable l’ancien tricheur (OM-VA), l’ancien condamné, l’ancien détenu. Posséder à ce point l’art de la démesure dans le mensonge a quelque chose de stupéfiant. Autre point proprement stupéfiant : comment se fait-il que tant de gens encore aujourd'hui lui veulent du bien, à Tapie ? Qui comprend ça me l'explique, merci d'avance.

 

Je me dis aussi que si le « journaliste » qui interroge BT avait un peu potassé son dossier, Tapie serait depuis longtemps dans les oubliettes. Mais quels journalistes ont aujourd’hui les bras, les couilles et le culot d’affronter des chefs de gangs adoubés au sommet de l’Etat ? Ils tremblent pour leurs abattis ou quoi ? Ah oui, c'est vrai, il faut encore croûter demain... Soit.

 

Car mine de rien, ça jette une lumière intéressante sur la profondeur pornographique du machiavélisme latrinier d’un François Mitterrand, sans lequel ce grossier menteur de Nanar (initiales BT ; au passage BT est le nom d’un célèbre et délétère maïs OGM, parce que les plantes aussi sont capables de mentir, y a pas de raison) serait encore en train de vendre des cacahuètes, des lacets et des salades sur les marchés.

 

Après tout, Mitterrand a réussi à mettre sur orbite deux sacrées  perdrix dans le ciel politique français : en plus de Bernard Tapie, il ne faut pas oublier en effet un certain Jean-Marie Le Pen. Dommage que la chasse de ces gibiers soit interdite. Nous serions nombreux sans doute à avoir envie de tenir le fusil du père de Marcel dans La Gloire de mon père. Cela ne vous dirait pas, vous, un beau doublé de ces bartavelles-là ? On pourrait même les manger, après avoir retiré les dents en or. Cela renouvellerait de façon intéressante l'idée du banquet républicain. Comme dans Astérix et les Normands, on trinquerait avec les crânes. Voilà une idée qu'elle est bonne !

 

Finalement, « Sur les bords du Nil ils sont partis », c'est une vieille rengaine. Et « n'en parlons plus », un rêve qui n'est pas près de se réaliser. Nous sommes pris entre un passé trop lointain et un avenir trop improbable : les temps sont durs.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

lundi, 17 juin 2013

LE CAS MERIC

 

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FONCTIONNAIRE NAZI. CHEF DU SERVICE CULTUREL DE COLOGNE EN 1938, PAR AUGUST SANDER

***

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de « JNR » ou d’« antifa », ce sont sûrement tous des enfants de chœur prêts à servir la messe, agenouillés en aube blanche en agitant leurs grelots, des angelots inoffensifs et peut-être asexués, dévoués et prêts à aider les vieilles dames à traverser les rues. C’est pour ça qu’ils fréquentent les clubs de muscu et d’arts martiaux, certaines vieilles dames ayant de l'embonpoint.

 

Malheureusement pour Clément Méric, il avait à peine commencé l’entraînement et n’avait pas atteint la taille (il ne « faisait pas la maille ») et la carrure réglementaires pour les circonstances auxquelles il s’est trouvé mêlé. Il ne méritait pas de mourir, c’est sûr, mais il a eu le tort d’être là. Et Esteban Morillo a vraiment frappé très fort. Il était apparemment très bien entraîné. Et il faisait la maille, lui.

 

Quant aux journaux, au milieu desquels Libération s’est spécialement distingué, ils se sont de nouveau illustrés dans l’interprétation des faits. On a eu droit à un festival de « sursauts démocratiques ». Un des aspects tout à fait comiques de leur « couverture » de l’événement (on parle de « couverture » sans doute pour garder l’événement bien chaud) a été un drôle de « constat », fait selon une drôle de grille de lecture. Que n’a-t-on entendu ?

 

Ils nous avaient déjà fait le coup, au moment du mariage homosexuel (vous avez remarqué que je me refuse à appeler autrement ce que tout le monde désigne au moyen d'une généralité euphémisante) et des manifs de Frigide Barjot et consort. Ils parlaient de la « libération de la parole homophobe ». J’avais déjà cru rêver en découvrant que des recoins secrets de la société française recelaient, tapis dans les tréfonds d’antres obscurs, un potentiel dormant de « parole homophobe », qui n’attendait qu’un signal, une étincelle pour se réveiller. Pour se libérer.

 

Les « manifs pour tous » et divers débats parlementaires auraient ainsi suffi pour allumer un mèche qui n'attendait que de faire exploser « la parole homophobe » qui, trop longtemps contenue (par on ne sait quelle magie), n'attendait que cette occasion pour se manifester à l'air libre. A moins que « la parole homophobe » n'ait attendu, comme un fauve hypocrite, que le moment tant attendu de sauter enfin sur sa proie pour enfin la dévorer !

 

Quelle que soit l'hypothèse, j'avoue que je reste épastrouillé et confondu devant l'IDEE géniale. Qui ne repose en fait que sur la capacité pour l'un des deux adversaires de se donner à lui-même le rôle enviable de la VICTIME, et à l'autre le rôle satanisé du MECHANT. En l'occurrence, la victime est homosexuelle et le méchant (tous ceux qui s'opposent au mariage homo) est homophobe.

 

Celui qui a fabriqué, avec les petites mains des boyaux de sa tête, l'expression « libération de la parole homophobe » mérite d'être considéré comme un maître dans l'art de la com. Digne de Stéphane Fouks, Euro RSCG et Jacques Séguéla réunis. Une prouesse dans l'art de fermer la gueule à toute contestation et récrimination, en faisant porter le chapeau du coupable aux soi-disant et a priori homophobes.  A mon avis, ça vaut la trouvaille de la "fracture sociale", si favorable en son temps à Nicolas Chirac. Ou celle de "travailler plus pour gagner plus", qui avait bénéficié à Jacques Sarkozy.

 

Nous n'aurons garde d'oublier cependant "la force tranquille", la "génération Mitterrand" ou "Yes we can". Comme quoi l'exercice de la démocratie est devenu une simple bataille de publicitaires. Mais je ne comprends toujours pas comment l'extrêmement ringard "le changement c'est maintenant" a pu faire élire François Hollande. J'attends qu'on m'explique pourquoi, sur cette base dérisoire (et dont tout le monde savait ce qu'elle valait), un tout petit peu plus de la moitié des votants se sont déclarés en sa faveur.

 

Moi je sais bien qu'il n'y a pas eu de « libération », mais que s'il y eut effectivement « parole homophobe », elle a été sciemment, méticuleusement calculée, provoquée par  François Hollande, qui a mis cette loi au programme, et par tous ceux qui l’ont soutenu, voire qui l’ont poussé à l’imposer, de force et sans vrai débat : « Qui sème le vent … » (proverbe connu). Jouer le rôle enviable de la « victime », de nos jours, est devenu un rôle si gratifiant. Et si je dis "enviable", c'est que ce genre de victime sait qu'il a tous les droits. Parlons si vous voulez de « victime triomphante », ou de « colonisateur victimaire ». Passons.

 

Et voilà-t-il pas qu'avec le cas Méric, ils remettent le couvert, et cette fois ils parlent de « libération de la parole d’extrême-droite » et autre « pensée fasciste », qui auraient été couvées par les « manifs pour tous ». Et allez donc ! Qu'on se le dise : la parole d'extrême-droite était en prison. Frigide Barjot l'a libérée en manifestant contre l'hypothèse qu'on puisse marier du masculin avec du masculin, du féminin avec du féminin. 

 

Je note au passage que c'est une libération dont les sans-culotte de l'égalité ne veulent à aucun prix : la liberté est une bien belle chose aux yeux des adeptes du « mariage pour tous », mais faudrait voir à pas exagérer ! Certains étaient déjà plus égaux que d'autres. Voici le temps des gens plus libres que les autres (puisqu'ils décident de la liberté de ces autres).

 

Quand je pense que je dénigrais Nicolas Sarkozy au motif qu’il coupait violemment la France en deux et qu’il provoquait sciemment la fracture entre les deux camps. C’était d’ailleurs vrai, personne ne peut dire le contraire, puisque Sarko se vantait précisément d’être très « clivant ».

 

Mais on n’avait pas vu à l’œuvre le chef de bureau qui nous gouverne, avec sa suavité digne, son sens lubrifié de la componction et son élocution ravie d’ancien bègue. En matière de clivage, le « capitaine de pédalo » en connaît un rayon, et « Flanby » a parfaitement fait la preuve que, pour ce qui est de monter une France contre l’autre, front à front, il ne « pédale pas dans le yaourt », même avec le grade de capitaine.

 

Pour provoquer la haine des uns pour les autres et retour, François Hollande ne me semble pas malhabile (la litote n'est pas l'euphémisme : elle vise à faire entendre le plus en exprimant le moins). Au moins, François Mitterrand portait sur son machiavélisme le visage de la vérité, même s'il a fait des dizaines de millions de dupes en 1981. Le problème, avec François Hollande, il a tellement mal l'air sincère, que tout le monde est persuadé qu'il est vraiment très bête.

 

Je donne gratuitement ces formules assez brillantes à l'équipe de communicants qui entoure notre lambeau de président. Les deux phrases ne sont pas trop mal écrites, je le reconnais bien volontiers.

 

D’une certaine manière, Hollande surpasse Sarkozy dans l’art de diviser les Français, en usant du même stratagème qu’un certain François Mitterrand qui, par pur calcul politicien, pour affaiblir et diviser la droite, envoya en son temps dans son jeu de quilles un chien nommé Jean-Marie Le Pen.

 

Mais on a peut-être grand tort de donner une aura politique à la mort de Clément Méric. Après tout, s’il n’y avait pas tant de renards gauchistes (???) glapissant au retour des hurlements des loups fascistes (???), la tragique bagarre devant un magasin de vêtements à la mode ne serait pas sortie de la rubrique « faits divers ». Franchement, quelle différence entre les violences réciproques des bandes voisines d’Aubervilliers et de La Courneuve et la confrontation entre les « antifa » et les « JNR », vu le niveau d’éducation politique en vigueur dans ces deux groupuscules ?

 

Et je signale à tous les journalistes qui ont crié à la menace fasciste que, dans leur précipitation, ils ont oublié de rappeler les saccages récents commis par les supporters du PSG au Trocadéro pour fêter dignement le titre de champion de France conquis par le club parisien. Au grand dam du financeur qatari. Ben oui : c’était des « anars » ou des « fachos » ? Chi lo sa ?

 

De toute façon, et je l'ai déjà dit, si le Parti « Socialiste » a conquis bien des terrains réservés autrefois à la droite, c'est parce qu'il a compris que la population française n'en veut plus, de la Révolution, et que ce qu'elle veut a plus à voir avec un rêve de petits-bourgeois qu'avec l'exaltation lyrique et unanimiste des masses ouvrières : elle est en masse passée à droite pour tout ce qui touche le logement, la voiture, le travail, même s'il flotte encore des effluves largement fictifs et illusoires d'une gauche des moeurs et d'un progressisme sociétal (vote des étrangers, mariage homo, ...).

 

Demandez à l'ouvrier chinois, en passe de s'enrichir, s'il n'en rêve pas, de sa voiture. Ensuite, parlez-lui donc un peu de la "conscience de classe". Et puis tiens, demandez-lui donc, à l'ouvrier chinois, ce qu'il penserait de ses dirigeants, s'ils voulaient imposer le vote des étrangers ou le mariage des homosexuels. Ah mais voilà, j'oubliais, là-bas, « ils ne sont pas en démocratie ». Ils sont fous, ces Chinois ! En plus, ils ont des principes ! Ils ont des valeurs ! C'est vraiment une dictature.

 

Pour conclure (il faut bien), il faut savoir ce qu'on veut : si tout le monde pousse à droite, il est mécanique et normal que la droite vraiment de droite s'extrémise, et produise ses petites mains qui n'ont pas froid aux yeux, des mains qui savent, à l'occasion, ne pas se croiser les bras, façon « SturmAbteilungen » (que Hitler, très tôt, en 1934, a "purgées" de Röhm et de quelques comparses lors de la "Nuit des longs couteaux", avis transmis à Serge Ayoub). Quant aux antifascistes, ils font tout ce qu'ils peuvent pour donner davantage de consistance et de visibilité à l'épouvantail qu'ils disent combattre, pour légitimer leurs propres hantises.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

dimanche, 16 juin 2013

LE CAS MERIC

 

 

 

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MEMBRE DE "LEIBSTANDARTE ADOLF HITLER", PAR AUGUST SANDER

("Leibstandarte" veut dire "garde du corps", c'était une division SS)

***

Alors bon, Clément Méric, les médias nous ont tellement tabassé le crâne et piétiné les burettes avec cette histoire, depuis le 5 juin, qu’il faut bien en extraire quelque chose qui ait un peu de sens. Et puis il ne saurait être dit que je n’en aie rien dit, quand même. On a sa dignité. Alors quoi ?

 

D’abord une remarque amusée : « Fred Perry » (le « Lacoste » britannique, paraît-il) est une marque de vêtements qui sert de signe de reconnaissance et de ralliement à des groupes que les journalistes prudents regroupent sous l’appellation sablonneuse de « mouvance d’extrême-droite », le sablonneux étant la qualité inhérente à la mouvance.

 

Malheureusement, la même marque sert de signe de reconnaissance et de ralliement à des groupes appartenant cette fois à la sablonneuse « mouvance d’extrême-gauche », parfois baptisée « anarcho-autonome » et autres joyeusetés lexicales. On voit que ça devient très vite très sablonneux et très mouvant.

 

Premier étonnement du néophyte que je suis : la condition première de l’appartenance à ces « mouvances » est la tenue : il s'agit de s'habiller "dernier cri", en s'adressant aux marques les plus en vogue. Deuxième étonnement : qu’on soit « anar » ou « facho », la tenue est la même. Plus fort encore : la marque est la même. Il paraîtrait que des codes couleur permettent de s'y retrouver. Vous peut-être, mais moi ... 

 

Bizarres, bizarres, toutes ces « fashion victims », vous ne trouvez pas ? De facho à fashion, en quelque sorte. A l’esprit de quelle personne normale viendrait l’improbable idée de porter sur elle ses opinions politiques, reconnaissables à la marque, à la forme, à la couleur de ses vêtements ? Quel plaisir peut-il bien y avoir à se transformer en étendard de soi-même ? Et j’imagine très bien que ces gens, tous très persuadés que leurs idées sont les meilleures, se mettent tout d’un coup, quand ils sont entre eux, une fois autour de la table, à « parler chiffon » : la température de lavage, l'adoucisseur, le repassage.

 

Les journaux ont offert un historique détaillé de cette préoccupation vestimentaire et primordiale, remontant jusqu’aux affrontements londoniens entre « mods » et « rockers ». Ma foi, je veux bien, parce que j’y apprends l’importance de la musique dans les « cultures » (!!!) respectives des adversaires, radicalement différentes, paraît-il, selon le clan auquel on appartient. Vu du dehors, la différence ne saute pas aux yeux (Bérurier noir chez les anars contre je ne sais plus que (heavy) métal chez les fachos), et vraiment pas, mais le principal, n'est-ce pas, est que les intéressés s’y retrouvent.

 

Petite parenthèse « culturelle » : l’interview de cette journaliste grecque par une chaîne de radio a réjoui mon âme à travers quelques remarques bien senties. Au sujet des députés « fascistes » envoyés au Parlement grec aux dernières élections, elle parle de « niveau intellectuel de camionneur », ce qui n’est pas très gentil pour la profession (revoir le sketch de Jean Yanne et Paul Mercey), mais elle sait peut-être de quoi il retourne.

 

Elle éprouve la même tendresse pour les Français (anars comme fachos), totalement ignares en histoire, en politique, en économie et quelques autres domaines indispensables à qui prétend conduire une réflexion politique. Selon elle, leur intelligence a à peu près la hauteur de la pâquerette officinale. Plafond bas, front bas. Masse de manoeuvre à la rigueur, main d'oeuvre occasionnelle sans doute. Mais action politique ? Que nenni !

 

Les faits, maintenant. Vous voulez vraiment que je vous dise ? Je ne peux certes que déplorer la mort de Clément Méric, mais à la place de ses parents, professeurs de droit dans une université bretonne, je n’aurais à l’esprit et à la bouche que cette question de Géronte à Scapin dans la pièce qui met en scène les « fourberies » de ce dernier : « Que diable allait-il faire dans cette galère ? ». Vu son âge, peut-être ce qu’il a fait en adhérant aux « antifa » s’apparente-t-il à ce qu’on appelait, dans les autrefois, « jeter sa gourme », dans la série « ma première biture », « ma première pute », « ma première vérole » ? Allez savoir.

 

Quelle idée, aussi, d’aller se fourrer dans les pattes d’un groupe intitulé « antifa » ? Dialogue : « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? – Antifa. – Ah, antifa, c’est intéressant, et ça rapporte ? – Des gnons. – Il n’y a pas de sot métier. A voir votre visage convenablement tuméfié, c'est un métier seyant et bien porté ».

 

Le problème, quand on se déclare « antifasciste », c’est qu’on a besoin du « fasciste » pour exister, autant que les Capulet ont besoin des Montaigu (et inversement) dans Roméo et Juliette, et que les Sharks ont besoin des Jets (et inversement) dans West Side story. L'un engendre l'autre, et vice-versa, comme le pôle positif de l'aimant a besoin du pôle négatif. Ils ne seraient rien si l'autre n'existait pas.

 

J'imagine que c'est l'existence de groupes tels que 3ème Voie, JNR et autres Bloc identitaire qui a suscité la création d'Antifa, mais franchement, est-ce que quiconque de sensé peut se définir "anti" ? Qu'est-ce donc que ce programme, dont la seule raison d'exister est de lutter contre ? Si c'est tout ce qu'ils ont à proposer, c'est donc qu'ils souffrent juste d'une démangeaison, peut-être d'une allergie. Ils devraient aller se faire gratter. Une réaction allergique, certainement pas une action politique (je me répète).

 

Quant aux « fascistes », j’avoue que ma documentation personnelle est trop pauvre pour en dire quoi que ce soit de sensé. Il m’est plus souvent arrivé de croiser la route de leurs adversaires antifa, sans doute parce que leur IBM (Indice de Bruit Médiatique) est plus élevé, pour cause de propagande mieux relayée, sous des noms divers (anarcho-autonomes et autres petites bières) dans les radios et télévisions, même si Serge Ayoub a réussi à projeter en peu de temps son groupe sur le devant de la scène, et de façon spectaculaire. C’est vrai que le logo adopté pour décorer son bar associatif laisse deviner quelles curieuses références historiques ont ses préférences. 

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DES AMOUREUX DE LA NATION FRANÇAISE, VRAIMENT ? LAISSEZ-MOI RIRE ! S'ILS N'ETAIENT PAS DES DEMI-PORTIONS DE NAZIS EN MIE DE PAIN, ILS L'AURAIENT GAMMÉE EN ENTIER, LEUR CROIX ! LÀ, ILS SONT OBLIGÉS DE RECOURIR A DES SUBTERFUGES POUR LA DISSIMULER, LEUR CROIX GAMMEE. ILS BIAISENT, QUOI, SANS DOUTE POUR FAIRE CROIRE QU'ILS SONT RUSÉS.

MÊME PAS CAP' D'ÊTRE DES PATRIOTES, DES VRAIS ! PENDANT LA GUERRE, ILS SE SERAIENT ENGAGÉS DANS LA LVF, LA CHARMANTE ET MOINS PETAINISTE QUE NAZI LEGION DES VOLONTAIRES FRANÇAIS CONTRE LE BOLCHEVISME. DES COSMOPOLITES, QUOI.

***

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mercredi, 29 mai 2013

TROP FORT, GASTON LAGAFFE

On trouve de drôles de choses, certains jours, dans notre PQR. A Lyon, PQR s’appelle Le Progrès. A la page « Faits divers », on tombe sur la photo suivante.

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Elle représente un échafaudage. Elle représente aussi une automobile, immatriculée en Corse. Le conducteur de celle-ci semble avoir confondu celui-là avec son garage, puisqu’il s’y est installé à pleine vitesse, sans avoir eu le temps de trouver bizarre qu’il n’ait pas eu à ouvrir la porte.

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J’entends bien souvent dire que « la réalité dépasse la fiction ». Eh bien non. Au moins pour cette fois. Gaston Lagaffe est en effet capable de bien pire, comme le montrent les quelques vignettes ici présentes. Au début de l'histoire, il vient de déposer sur un pare-brise un mot pour s'excuser d'avoir éraflé la carosserie de la voiture.

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Non, c’est vrai, je reconnais que la réalité peut, à l’occasion, avoir une certaine imagination. Mais pour s’aligner avec le cerveau ô combien fertile de Gaston Lagaffe, la réalité aurait dû se lever un peu plus tôt. 

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En fait, sans un bon auteur, la réalité est paresseuse, et ne parvient qu’exceptionnellement à approcher la suractivité de l’esprit du créateur inspiré, si celui-ci ne lui apporte le coup de pouce nécessaire. 

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Et Stendhal, avec son « miroir promené le long d’une route » (il parle du roman), peut bien la ramener : il est enfoncé, quand l'auteur s’appelle André Franquin.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

Note : on me reprochera de me moquer, alors que c’est une tragédie, le conducteur étant mort dans l’accident (6 h 30 le matin, les deux jeunes sortaient, sans doute beaucoup trop vite, de boîte de nuit, la passagère est quasiment indemne).  Je ne me moque pas, je lis le journal, c’est tout. Quelle idée aussi, la rubrique "faits divers" ? Qu’est-ce que j’y peux, si ça fait marcher la machine à associer les idées. Cette fois, c’est tombé sur Gaston.

 

Pour me faire pardonner, je vous propose de passer une minute (1' montre en main) en face d’un nuage d’étourneaux. Ce qu’aucune fiction n’est capable d’égaler. Et quand vous verrez les aurores boréales en mouvement filmées par S., vous admettrez avec moi que si, la réalité peut vraiment avoir une imagination débordante. Et du souffle.

 

Et puisque vous insistez, voici un nuage d'étourneaux d'un autre genre (si j'ose dire).

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UN LECTEUR INATTENTIF POURRAIT CROIRE QU'ON VA BIENTÔT PARLER DE SOINS PARTICULIERS A APPORTER AUX CHEVEUX LONGS (UNE BRUNE ET UNE BLONDE, POUR NE PAS FAIRE DE JALOUSES).

 

« Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d'une gazelle, qui paissent au milieu des lis. » (Salomon, Cantique des cantiques, I, 4, 5).

 

« Les hommes labouraient d'une main plus profond, les femmes employaient avec à propos les condiments dans la cuisine, les garçons pourchassaient les filles, et chacun priait Dieu qu'il voulût bien consommer la ruine de son prochain. » (Marcel Aymé, La Jument verte).

 

Toutes ces choses n'ont guère de rapport entre elles. J'en suis d'accord.

 

La vie est belle, et c'est tant mieux.

 

 

 

 

 

lundi, 27 mai 2013

PRESSE DE GAUCHE, VOUS AVEZ DIT ?

 

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AINSI, LA VIE D'ADÈLE, LE FILM D'ABDELLATIF KECHICHE, A-T-IL REÇU LA PALME D'OR. TOUT LE MONDE SENT AINSI SOUFFLER LE VENT DE L'HISTOIRE. MADAME HOMOSEXUALITÉ, VIEILLE COMME LE MONDE, SE PORTE COMME UN CHARME. ELLE A TOUTES SES DENTS, DE L'APPETIT, PIGNON SUR RUE, ET TOUT L'AVENIR DEVANT ELLE. ELLE NE SERA SATISFAITE QUE LE JOUR OÙ ELLE « SERA LE GENRE HUMAIN » (paroles de L'Internationale). PENDANT CE TEMPS, JEAN-FRANÇOIS "CHARLOT" COPÉ INVITE LES ANTI-MARIAGE GAY A S'INSCRIRE A L'UMP. IL N'A PAS DIT SI C'ETAIT POUR PARTOUZER. QUEL TALENT ! IL CROIT ENCORE QU'IL Y A DU POLITIQUE, VOIRE DU POLITICIEN, DANS LE SEXUEL ! FRIGIDE BARJOT L'A DANS LE BABA ! ELLE VA POUVOIR ALLER SE FAIRE VOIR. LA PORTE ETROITE (ANDRÉ GIDE) EST DEVENUE ARC DE TRIOMPHE, CELEBRANT L'AVENEMENT DE LA NOUVELLE CIVILISATION. ET ATTENTION : GARE A CEUX QUI RECRIMINENT !

 

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Le cas de Libération est différent de celui du Monde. Journal militant et révolutionnaire (et parfois folklorique, avec ses « petites annonces » et ses « notes de la claviste », ses suppléments "Bazooka" alias "Un Regard moderne", ...) au départ, il a peu à peu, comme Le Monde, dérivé en direction du système marchand que ses fondateurs voulaient détruire. Disons qu’il s’est laissé phagocyter. D’autres diront qu’il a déserté le champ de bataille. D’autres enfin soutiendront qu’il a fini par prendre en compte les réalités économiques. Raisonnablement. Voire !

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Mais ce qu’il faut noter, c’est que la décomposition progressive de l’esprit Libé a suivi à peu près une ligne parallèle à celle du Parti « Socialiste », dont la charogne nous « emboconne » (c’est du vieux lyonnais) l’atmosphère. En effet, comme le PS, Libération, en se convertissant à la société marchande, s’est reconverti dans la « gauche morale », dans la « gauche des droits », dans la gauche de l’évolution des mœurs, dans la gauche de dissolution du sens par l'amalgame de tout dans tout.

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Mais ce n’est pas de ça que veulent parler principalement ces deux billets, comme le montre leur balisage au moyen de titres (ou fragments de titres) extraits du journal. Pour bien montrer que celui-ci a renoncé à toute autre ambition que celle de distraire ses lecteurs, et qu'il a emboîté le pas au Canard enchaîné, qui pourrait être son arrière-grand-père, je tente de montrer qu'il pratique systématiquement le calembour, le jeu de mots, les approximations, etc.

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JE SIGNALE AMICALEMENT AU JOURNAL LIBERATION QUE "DRACHME" EST DU SEXE FEMININ

Mais à la différence du Canard, qui prend toujours bien soin de préserver la pertinence de ses jeux de mots, Libération en a fait un simple jeu d’enfants, un jeu de cour de récréation qui se pratique à tort et à travers, à bon et à mauvais escient, bref dans le joyeux bordel d’un n’importe quoi général. Je me souviens, à l'époque du "franc", de cette une : « Le dollar baisse comme une bête ». On dira que j'ai l'esprit mal tourné, du fait que je l'ai retenu. On aura peut-être raison.

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Libé a inventé le « journalisme d’enfantillage ». C'est peut-être tout ce qui reste à la gauche. Ce qui est sûr, c’est que le rapport logique entre le jeu de mots et l’article qu’il annonce est très souvent lointain, assez souvent aussi inexistant. Le sens ? C’est le cadet de nos soucis. Le mot d’ordre ? Humour, clin d’œil complice, on est entre nous, etc. Ce qu'il reste de l'esprit militant, sans doute. « La révolution a fait pschitt ! », dirait un Jacques Chirac.

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Dans les « calembours Libé », il y a à boire et à manger, des bons et des très mauvais, mais il y a aussi beaucoup à chier, beaucoup à se mettre l’index sur la tempe et à renoncer à dépenser 1,60€ par jour. De toute façon, qu'il s'agisse de Libération, du Monde ou du Figaro, quand on voit le nom du propriétaire (Lagardère, Bergé, etc.), on comprend que, puisque la gauche ne sert plus à rien, la presse de gauche n'a plus aucune raison d'exister. C'est peut-être pour ça que les titres de Libération, avec leurs jeux de mots, ont quelque chose à voir avec le bac à sable. Libération sert-il encore à quoi que ce soit ?

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Conclusion : les calembours de Libération, le journal fondé en 1973 « sous l’égide » (dixit wikipédia) de JPS (non, pas John Player Special) sont une bonne indication du sérieux avec lequel la « gauche responsable », la « gauche de gouvernement » envisage le message destiné aux masses laborieuses en vue de leur « libération ». 

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Voilà ce que je dis, moi.

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NOTE : Je n'ai pas évoqué le cas d'autres journaux "de gauche", comme L'Humanité ou d'autres feuilles plus confidentielles. Je n'ai rien contre L'Humanité, j'ai de temps en temps essayé d'y mettre le nez, mais je suis contraint d'avouer le constant échec de ces tentatives, sans que je puisse m'expliquer cette inhibition. Une infirmité, sans doute.

 

 

 

 

dimanche, 26 mai 2013

VOUS AVEZ DIT PRESSE DE GAUCHE ?

 

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Avertissement liminaire : comme le Petit Poucet du conte semait des cailloux blancs sur son chemin, je sème, dans mes billets d'aujourd'hui et de demain, des photos de titres prélevés dans le journal Libération. L'explication de la chose sera donnée demain.

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L’un des signes qui ne trompent pas sur le fait qu’il n’y a plus de gauche en France, c’est la presse. Quand je dis « plus de gauche », ça veut dire qu’il n’existe plus de force politique s’attaquant de front à la structure même de la société marchande, et non pas les tentatives plus ou moins velléitaires à aménager sur les marges des conditions un peu moins injustes pour les populations. 

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Disons, pour parler clair, que la gauche révolutionnaire a définitivement disparu : le capitalisme a gagné. Il ne s’agit même pas de le reconnaître : les faits sont là. Et c’est radical et définitif. Jusqu’à sa disparition, l’URSS a donné l’illusion (à ceux qui fermaient les yeux sur le sordide de la réalité alors produite, et sur l'absence totale de communisme "vrai" dans la patrie même du communisme, régie en réalité par un féroce capitalisme d'Etat) qu’il pouvait en être autrement, mais depuis la chute du mur, « tout est consommé », comme a dit un homme plus célèbre que connu (initiales JC).

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« Exeunt » les luttes ouvrières, quoi que puissent en dire quelques groupuscules d’extrême gauche (PC, LO, LCR, …). Ce qui a désormais pris la place des forces politiques qui voulaient autrefois mettre à bas le système capitaliste (« appropriation privée des moyens de productions », pour parler le Marx dans le texte), c’est ce que j’appellerai la « gauche de gouvernement », ou « gauche responsable ». 

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Ben oui, dès lors que la gauche accepte de gérer le système tel qu’il est, elle est obligée d’en accepter les règles et les structures, et de se contenter d’en modifier quelques aspects marginaux, comme l’a amplement démontré en son temps François Mitterrand en baissant brusquement pavillon en 1983 (le « tournant de la rigueur »).

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La presse a suivi. Le Monde, le navire amiral, le journal « de référence », à travers la neutralité, aussi affichée que professionnelle, de sa « ligne éditoriale », laisse voir en filigrane une corde faisant vibrer davantage d’harmoniques à bâbord qu’à tribord (si c’est pas bien dit, ça ! Ça vaut presque le maire de Champignac, pas vrai ?). 

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Certains diront que l’esquif « de référence » a progressivement dérivé, en laissant d’abord apparaître, dans ses colonnes, les cours de la bourse, puis en accordant un peu de place à la photo, puis à la publicité, et puis de plus en plus, allant parfois jusqu'à faire croire que les articles servent de support et de commentaires aux photos et aux publicités. Moralité : il faut bien vivre.

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Les journaux essaient (de plus en plus désespérément), de suivre les « goûts » de leur lectorat. Pour survivre, Le Monde s’est donc laissé grignoter. Il en est même arrivé à vendre (en date du samedi 24 mai 2013) les pleines pages 4, 5, 6 et 7 à Samsung pour promouvoir son nouveau « Galaxy S4 » (« Quoi ? Y a un nouveau Galaxy ? », voix suraiguë de Coluche, évidemment). La quantité d’information, je veux dire la vraie, dans Le Monde a donc beaucoup maigri ; elle n’a pas disparu.

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POUR COMPRENDRE CELUI-LÀ, IL FAUT SAVOIR QUI ETAIT LE "MIME MARCEAU"

Le Monde est encore un journal. Frustrant, décevant, exaspérant par rapport à ce que ça pourrait, mais un journal. Pas comme Libération, dont sont tirés les titres ici présents.

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Voilà ce que je dis, moi.

 

 

samedi, 13 avril 2013

POLITIQUES : TOUS POURRIS 3/3

 

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UN JOLI CAS D'HYDROCEPHALIE

 

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J’ai parlé de l’état de pétrification (c'est d'ailleurs curieux : la fossilisation semble ne pas faire obstacle à la putréfaction) avancée dans lequel se trouve la classe politique, du fait de l’organisation légale de la sélection de son personnel, caractérisée par la possibilité de passer sa vie dans les fonctions électives officielles, et même de cumuler ces fonctions. Ce que j’ai appelé la durée et la surface.

 

Tiens, est-ce que Gérard Collomb, grand-maire de Lyon, ne pourrait pas envisager de retourner enseigner le français, le latin et le grec dans un bon lycée ? Ah, on me dit qu'il serait mis à la retraite ? Eh bien en voilà encore une idée qu'elle est bonne ! Que dirais-tu d'un repos bien mérité, Gérard ?

 

Tout cela fait un paysage figé, où les bobines électorales visibles sur les affiches sont à peu près les mêmes d'un siècle à l'autre, d'un millénaire à l'autre. Pensez que Jules Cés... euh non, Jacques Chirac n'a jamais payé de loyer pour ses logements successifs : Hôtel de Ville de Paris 1977-1995, Palais de l'Elysée 1995-2007. Quarante ans à l'oeil, quarante ans aux frais de la princesse, y compris les frais de bouche. Après relecture, on va ôter dix ans, pour faire vraisemblable. Trente ans, ce n'est pas mal quand même. Un rat dans son gruyère : il n'y a pas d'autre mot. Et le docteur Alzheimer qui arrive pour finir, très opportunément. Tout effacer. A pu ! Pschitt !

 

Pour terminer cette poussée d’urticaire anti-politique, je voudrais mettre sur la sellette un autre vice de fond dans la sélection des élites politiques de la France.

 

Tout le monde a remarqué, je pense, que la population française est composée, à peu près à parité, d’hommes et de femmes. Que ces hommes et femmes sont d’âges très variables. Que la couleur de leur peau ne se résume pas à la blancheur. Que les tailles, les carrures et les poids sont extrêmement divers. Tout ça porte un nom : diversité. C’est même devenu une rengaine, un leitmotiv, une ritournelle, parfois une scie insupportable, bref, un refrain que certains entonnent régulièrement sur le ton de la revendication, voire de l’acrimonie.

 

Or quand on regarde du côté des palais de la république, le « Bourbon » et le « Luxembourg », magie-magie, on trouve une seule variété ethnique, qu’on définit ainsi : un homme, un blanc, un quarantenaire-cinquantenaire bien tapé, un bien nourri. On est bien obligé de constater que cette population précise diffère grandement de la population générale. Première anomalie.

 

Ensuite, si on revient aux gens ordinaires qui forment la population française (j’hésite à parler de « peuple français », parce que je me demande s’il existe encore), on note que certains sont sortis de l’école à seize ans et que d’autres sont devenus, par exemple, médecins, après dix ans d’études. La moyenne scolaire globale ne doit pas atteindre des Everest.

 

Or le « Bourbon » et le « Luxembourg » sont peuplés, dans leur immense majorité, des gens qui ont en général fait les plus longues études. Toujours en général, c’étaient même des très bons élèves, genre premiers de la classe. Ceux que, quand j’étais lycéen, on appelait les « polars » (pour « polarisés », parce qu’ils ne pensaient qu’au travail et au prix d’excellence à la fin de l’année). Pas tous, évidemment, mais j’attends que quelqu’un conteste que ce soit une tendance lourde et majoritaire. C’est la deuxième anomalie.

 

Résultat des courses ? La France est gouvernée par un tout petit monde. Le tout petit monde des premiers de la classe (mais un premier de la classe ne fait pas un chef : ce qui fait un chef n'est pas la meilleure copie rendue au prof, c'est d'abord un caractère). La France est devenue la République des bons élèves. Une HOMOGÉNÉITÉ  absolument remarquable. Tous fabriqués par le même logiciel intellectuel. 

 

Entre ces gens, les différences sont infinitésimales. Les similitudes, au contraire, sont criantes. Et ce tout petit monde est généralement habité par un sentiment aigu de la paroi qui sépare un dedans chaleureux et compréhensif d'un dehors hostile, mauvais et non-initié, comme dans n'importe quelle secte. Cela vous fabrique une CASTE en bonne et due forme. Qui tient à la fois de celle des brahmanes (c'est pour le côté aristocratie, à l'abri de la valetaille) et des "intouchables" (c'est pour le sentiment d'impunité judiciaire).

 

Tous ces gens ne regardent la réalité de la "population générale" qu'à travers des jumelles, et n'en ont une connaissance qu'une fois passée par le filtre d'une multitude d'intermédiaires. Tous ces gens pratiquent volontiers le contact avec la réalité ordinaire, à condition que ce soit à distance respectueuse, bien à l'abri de quelques forces de l'ordre judicieusement placées ou des vitres fumées de leurs voitures noires avec chauffeur. 

 

Alors, entre les produits des grandes écoles qui essaiment entre la haute fonction publique et les postes les plus élevés des plus grandes entreprise privées et publiques (ce qu’on appelle les « hauts fonctionnaires », alias « crânes d'oeuf »), d’une part, et d’autre part cette crème de la crème des élites proprement politiques qui proclament : « Le politique, c’est nous », admettez que ça commence à bien faire.

 

Le niveau scolaire moyen des Français étant ce qu’il est, admettez qu’on soit agacé de se faire faire des remontrances par des arrogants qui donnent l’impression de tout savoir. Si vous ajoutez le côté « Anciens des Grandes Ecoles » qui se tiennent les coudes, la mesure est comble.

 

L’homogénéité du « corps politique », qui tend à en faire un « corps chimiquement pur », se voit aussi à travers de curieuses réactions de solidarité corporatiste : dernièrement, jusqu’aux aveux de Jérôme Cahuzac, ce fut l’étrange modération de l’UMP, comme si Copé et ses sicaires avaient craint d’égratigner trop fort un « frère ». Il a fallu attendre, pour lâcher les chiens, que Cahuzac avoue. Les Serbes, les Hutus ont pratiqué l'épuration ethnique. Le système politique français pratique une épuration du même genre.

 

Il me semble que l’expression « corps politique » est d’une grande justesse, car elle rend bien compte du comportement spécifique : solidarité de corps face aux accusations de « tous pourris ! », accusations qui « font le lit du populisme, du Front National et de l’intolérance réunis » ; promptitude instantanée de réaction (intransigeance sur les principes) quand un membre de la caste se fait pincer sans doute possible : il faut réagir immédiatement, et expulser sans tarder le mouton noir pour protéger l'ensemble du peloton des dopés, pour dévier tous les soupçons sur le seul Richard Virenque, érigé en bouc émissaire.

 

Un corps étanche et homogène : « Que nul n'entre ici, s'il n'a pas » montré patte blanche, été dûment « adoubé » et n'a pas dûment juré « allégeance » ; en sont exclus (pas toujours séance tenante, cf. Georges Frêche, Jean Claude Guérini, car il y a la « présomption d’innocence ») ceux qui ont « failli ».

 

Le cas Cahuzac est éclairant : plus personne au PS ne le reconnaît dans la rue, surtout ceux qui, hier encore, lui tapaient sur l’épaule : « Coco, tu restes mon ami, je t'aime bien, mais il ne faudrait pas qu'on nous voie ensemble » (il faut s'appeler Julien Dray pour ne pas dire à Ségolène Royal qu'il a aussi invité Dominique Strauss-Kahn à son anniversaire, un vrai piège, dans lequel elle s'est vantée de ne pas être tombée).

 

Un corps étanche et homogène : ainsi fonctionne une mafia, ainsi fonctionne un parti politique, ainsi fonctionne une secte. Partout la même règle : soumission au parrain. C’est un « tout petit monde » où, d’un parti à l’autre, on se tutoie familièrement, on dîne ensemble, on se pique les femmes à l’occasion, et où l’agressivité et la violence sont là pour « faire le spectacle », quand le bon peuple est devant l’écran de télévision. Demandez à Daniel Cohn-Bendit combien il apprécie la table et la cave de Philippe de Villiers, tiens ! Cela vous épate ? C'est pourtant le fils de Villiers qui en parle. Les exemples foisonnent.

 

Conclusion : ceux qui constituent le corps politique sont trop peu nombreux, se connaissent tous trop bien et sont trop bien payés. En plus, ils ne quittent jamais la scène (je pense à Bernard Tapie, invraisemblable culbuto indéboulonnable). Un corps intellectuellement, socialement et culturellement d’une inquiétante homogénéité, du fait d’une sélection de type mafieux (ou incestueux ?).

 

Un corps tellement attaché aux avantages (je n’ai pas dit « privilèges », quoique …) liés aux belles fonctions que, quand on en détient une, on s’y accroche comme une moule à son rocher et que, si l’on a déplu, la relégation se fait sous la forme d’une promotion dans un placard honorifique (sans doute ce qui s'appelle « sortir de la crise pas le haut »).

 

Il faut que ces gens-là redescendent de leur Olympe. L'entarteur Noël Godin a montré la voie. Mais il faudrait que tout le monde, au jour le jour, puisse leur tirer les oreilles, leur cracher dessus à l'occasion, les engueuler le plus souvent, à la rigueur leur envoyer des oeufs et des tomates, en cas de surproduction agricole. Le jour où mon chien pourra, sans contravention, lever la patte sur la belle chaussure de Gérard Collomb (merdelion), je recommencerai à croire en la politique.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

vendredi, 12 avril 2013

POLITIQUES : TOUS POURRIS 2/3

 

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ON EST PEU DE CHOSE

 

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Nous en étions donc à la nécessité de casser l'idée même de carrière politique. Le premier moyen est de détruire la notion de « durée de vie politique ». Je préconise l'euthanasie politique à 10 ans. Après, c'est l'interdiction formelle de ressortir de la "vie civile". Pas de vieux chevaux de retour en politique.

 

Comment casser toute carrière politique ? Voici le deuxième moyen. En réduisant le statut politique d’un seul individu à la seule surface de cet individu : lui-même. Gérard Collomb (je m’adresse à celui que j’ai un peu connu, mais aussi à tous ceux qui sont dans le même cas), choisis ! Tu n’es pas trois personnes dans un seul corps.

 

La Sainte Trinité, dis-toi bien que c’est une vieille fable. Tu ne saurais être à la fois le « Père-et-Maire », le « Fils-et-Président-de-CUL » et le « Saint-Esprit-et-Sénateur-du-Rhône » ! Rien que pour toi, Gérard Collomb, ça fait deux espaces à libérer (et je ne sais pas tout). Et puis crois-moi : ça te libérera l’esprit et ça te détendra les mâchoires.

 

Voilà une vraie, fondamentale rénovation de la politique pour la France : un seul mandat (maire, conseiller, député, sénateur, ...) par individu, deux mandats successifs au maximum pour un seul individu : après, retour à la vie civile et interdiction de remettre les pieds en politique. Seul moyen d'en finir avec cette obsession de tous les responsables : une fois arrivé au pouvoir, tout faire pour y rester.

 

Messieurs les politiques, tant que vous n'aurez pas compris cette base irréfragable du divorce avec nous (population ordinaire, électeurs, contribuables, consommateurs, automobilistes, syndiqués, ...), tous vos blablas resteront des blablas. Vos discours des paroles verbales. Si, par extraordinaire, vous décidiez de remettre le pied dans la même réalité que nous, vous vous rendez compte des gains énormes dont bénéficierait la collectivité nationale ?

 

D’une part, n’étant plus découpé en tranches, le gars élu consacrerait tout son temps à son mandat unique ; d’autre part, plus question de durer : une fois exécutés les deux mandats, retour définitif à la vie civile. En plus, ça permettrait d’aller puiser les compétences, la jeunesse, les idées, l’enthousiasme et l'énergie dans l’énorme, l’innombrable vivier que ces idiots de journalistes appellent la « société civile », pour bien la démarquer de ce que Raymond Barre nommait le « marigot ».

 

Tant qu’on ne voudra pas admettre que la corruption de la caste politique est là, c’est la vie politique qui restera cadavre. Tant que les hommes politiques, semblables à des moules, sécréteront leur byssus (c’est comme ça que ça s’appelle) pour s’accrocher le plus longtemps possible à tous les rochers à leur portée, la caste politique française est condamnée à vivre dans son bocal, comme n’importe quelle mafia. Très loin de la population normale et démocratique.

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VOILA CE QUE C'EST, LE BYSSUS : UNE FOIS ARRIVÉ AU POUVOIR, COMMENT Y RESTER ?

Tiens, à ce propos, pourquoi les journalistes, parlent-ils du « fief » d’un député ? Pourquoi, en retraçant sa carrière, disent-ils qu’il a été « adoubé » par un ancien ? Pourquoi disent-ils qu’il a fait carrière après lui avoir « prêté allégeance » ? Le point commun entre ces mots ? FÉODAL. Pour dire que la mafia fait partie intégrante des mœurs politiques admises ! Ce langage a été consciencieusement intériorisé par les « braves » journalistes.

 

Les comptes en Suisse, à Singapour ou aux Îles Vierges britanniques, la fraude fiscale, les conflits d’intérêts seront des tentations et, de toute façon, ne seront jamais que des conséquences mécaniques de ce vice primordial : pouvoir faire carrière en politique.

 

Pouvoir envisager de faire toute sa carrière en politique (orientation « professionnelle » hallucinante mais trop souvent Contrat à Durée Indéterminée) et pouvoir occuper simultanément plusieurs postes à responsabilités sont déjà, en soi, une CORRUPTION. La corruption, elle  est déjà dans la perspective ouverte de creuser son trou dans le fromage républicain, et si possible plusieurs trous.

 

A ce titre, je le proclame, on a bien raison de crier : « TOUS POURRIS ». Ah ça, ils sont tout étonnés quand, à la fin de ses mandats, un président africain laisse pacifiquement la place à son successeur. Mais regardez-les, tous tant qu’ils sont, accrochés à leurs postes, comme des moules à leurs rochers. Même le vertueux Gérard Filoche, l’outragé, il n’a pas envie de le lâcher, son rocher.

 

Ont-ils assez brocardé Laurent Gbagbo, prêt à faire la guerre pour rester président, ces hommes accros à la piqûre quotidienne d'adrénaline que leur procurent leurs "responsabilités", et qui ne quitteraient la place que sous la menace des baïonnettes, tellement elle est bonne, la place !

 

Ouvrez les portes et les fenêtres ! Laissez tout le monde entrer dans la « carrière » ! Finissons-en avec le mode de sélection mafieux des élites politiques ! Ouvrez le TOUT PETIT MONDE de la politique à l’air du large. Tiens, savez-vous comment s’appelle l’avocate qui s’est occupée du divorce de Madame Cahuzac ? Elle s’appelle maître Copé, la propre sœur de Jean-François. Un tout petit monde, je vous dis. Un bocal. Et c’est ce tout petit monde qu’il faut détruire.

 

Messieurs les hommes politiques, un seul message :

 

FAITES LE MÉNAGE ! OU ALORS DU BALAI !

 

Je ne retournerai aux urnes que quand ce sera fait. Mais ce n’est pas parti pour. Je continuerai probablement longtemps à voter avec mes pieds, parce que les grosses moules qui nous gouvernent ne cèderont qu'une fois précipitées dans l'eau bouillante. Je le crains.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 11 avril 2013

POLITIQUES : TOUS POURRIS 1/3

 

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ON EST PEU DE CHOSE, MESSIEURS

 

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Vous vous rappelez cet appel : « Dieu, si tu existes, envoie-moi un signe ! ». C’était Raymond Devos. Un prodigieux, celui-là. Eh bien à mon tour, je lance un appel solennel :

 

« Hollande, si tu existes, envoie-nous un signe ! ».

françois hollande,politique,france,société,président de la république

 

En fait, je devrais plutôt demander à Madame Politique, si elle existe, de nous envoyer un signe, parce que Hollande, en ce moment, a plutôt l’air d’un petit rat pris au piège. Madame Politique n’est pas mieux lotie, vous me direz. Existe-t-elle encore ? J’en doute fort.

 

Je les entends, tous les curés laïques et toutes les grandes consciences républicaines et démocratiques, dressés « contre le Front National » : « Il ne faut pas entonner le refrain du "tous pourris". Ça fait le lit de tous les populismes » (ah, ce pluriel à "populisme" !). Eh bien moi, je dis que, s’il est vrai que les individus qui composent le « personnel politique » ne sont pas tous corrompus, ils sont arrivés à leur poste grâce à un système de sélection des élites politiques qui est corrompu jusqu’au trognon.

 

Le personnel politique est (peut-être) individuellement honnête, mais pourri collectivement. C'est le système en soi qui est malhonnête. Et c'est parce que le système est malhonnête qu'il est tout à fait légitime de crier : « TOUS POURRIS ! ».

 

Regardez le tableau de la vie dite politique en France, depuis … depuis … depuis … non, je renonce à dater : encéphalogramme plat ou presque. Enfin, moi, je n’appelle pas ça « faire de la politique ». Non, qu’on appelle ça « soigner sa carrière », je veux bien, mais « politique », non monsieur. « Je fais carrière dans la politique », ça sonne tout de suite plus vrai. Et « carrière politique », c’est aussi un oxymore : une contradiction dans les termes.

 

On commence par conseiller municipal, on continue maire, on poursuit conseiller général ou régional, puis président du conseil général ou régional, pour atterrir un jour, couronnement des ambitions, sur les bancs de l’Assemblée Nationale ou du Sénat. Certains voient plus loin, mais c’est donné à quelques rares auxquels, s’ils sont passés par Sciences-Po Paris, HEC et l’ENA (la promotion se porte très près du "Voltaire" en ce moment), les plus grands espoirs sont permis. Sans oublier que les fils ont tendance à s'installer sur le siège tout chaud laissé par les pères.

 

Résultat de ce parcours ? On voit toujours les mêmes bonshommes. Le casting ne varie pas d’un iota d’une élection à l’autre. Quand il entre en maison de retraite, le Français aura vu les mêmes trombines depuis qu’il est né, ou presque. Et le plus fort, c’est qu’on trouve ça tout naturel.

 

Les journalistes s’extasient, comme un chœur d’imbéciles : « Député depuis quarante ans de la même circonscription, c’est extraordinaire ! Comment faites-vous ? ». Mais non, bande de crétins congénitaux : non seulement ce n’est pas naturel, mais ce n’est pas NORMAL. C’est même de ça qu’elle est morte, la vie politique en France : la durée des carrières politiques.

 

Même chose quand ils s’adressent à Gérard Collomb : « Maire de Lyon ! Président de la Communauté Urbaine ! Sénateur du Rhône ! C’est extraordinaire ! Comment faites-vous ? ». Au passage, allez comprendre pourquoi aucun de ces fieffés imbéciles n’abrège Communauté Urbaine de Lyon en C. U. L., on se demande pourquoi. Au total, avec ses trois fonctions, une rémunération plus que confortable. C'est aussi de ça que la politique est morte : la surface politique occupée indûment par Gérard Collomb (et il n'est pas le seul).

 

Il faut savoir qu’avant d’occuper ces places officielles et électives (j’oubliais maire du 9ème arrondissement, mais c’était avant), il avait assez nagé dans toutes les eaux du PS, même les plus usées (Pierre Mauroy, si je me souviens bien), pour se voir confier je ne sais plus quelle fondation. Ah ça, on pourra dire qu’il les a gravis, les échelons de la « carrière ». En a-t-il assez sué pour arriver là où il est (merdelion) ! C’est sûr qu’ « il en a voulu ». Moi qui l’ai connu à la fac (si, si), je peux témoigner qu’il « en voulait » déjà. Passons.

 

Le problème de la politique en France, vous voulez que je vous dise, il est là et pas ailleurs. Et c’est un problème de temps et d’espace. Plus exactement de durée et de surface. Et pour résoudre, un seul moyen : réduire, comprimer, restreindre, limiter, circonscrire, borner. Empêcher la tache d’huile de se répandre dans l’espace et dans le temps. Empêcher qu’un citoyen ait la possibilité de « faire carrière » dans la politique.

 

Réduire la durée. Réduire la surface. Si Hollande existe, comme il persiste à vouloir nous en persuader, s’il veut entrer dans le club très fermé des « grands présidents », il fera une seule, mais une grande, une immense chose : briser les reins à toute « carrière politique ». Autrement dit : casser la durée et l’espace ouverts aux citoyens avides de pouvoir, d’honneur et de ..., non rien.

 

Comment casser toute carrière politique ? En réduisant la durée d’un parcours politique à deux mandats, mettons dix ans. On n’arrivera pas à me convaincre que s’occuper des affaires d’une collectivité (locale, territoriale ou nationale) puisse constituer l’objectif de toute une vie.

 

Non, « politique », ce n’est ni une profession, ni un métier.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mercredi, 10 avril 2013

LE CAS HUSAK

 

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CAS REMARQUABLE D'ANENCEPHALIE CHEZ UN SUJET FEMININ

 

***

Tout le monde a oublié le nom de GUSTAV HUSAK, ancien dignitaire du communisme tchécoslovaque. Heureusement que je suis là. C'était effectivement un cas : le bien nommé « Cas Husak » (ne pas confondre avec "cosaque"). D’abordHUSAK GUSTAV.jpg considéré comme un « modéré », il finit, après la fin du « printemps de Prague » et du pauvre Alexandre Dubcek, par s’aligner purement et simplement sur la rigidité intransigeante (et agonisante) de l’Union Soviétique. La poubelle de l’Histoire a refermé sur lui son couvercle magnanime.

 

Disons-le tout de suite : il n’est pas resté sans descendance. Le « Cas Husak » a proliféré après la chute du mur et la fin du communisme, deux événements qui ont offert sur un plateau, aux dignitaires méritants et ingénieux du système finissant, des moyens pour une réhabilitation fulgurante, en même temps que pour une promotion digne d’un coup d’Etat tribal en Afrique de l’Ouest. Sans parler du compte dans une banque des Îles Vierges britanniques (ou à Singapour, je ne sais plus).

 

Bon, j’arrête avec le gag épais (mais rappelons-nous celui de Gotlib : « Le gars GH' est formidable, et il fait rire tout le monde»).

GARS GH 3.jpg

Venons-en à Cahuzac. Vous avez noté que tout le PS, « Dans une ténébreuse et profonde unité » (sonnet des Correspondances, Ch. B.), a conspué le « mauvais socialiste », le « mouton noir », bref, l’exception exceptionnelle et unique :

 

« Comme un seul ils ont déclaré,

Sans vergogne,

Qu’on les avait déshonorés,

Déshonorés ».

 

Heureusement, Tonton Georges permet de faire face à toutes les situations. Merci, Tonton Georges.

 

Cahuzac est donc le seul pourri du Parti Socialiste. Le seul pourri ? On serait bien content de l’apprendre, si c’était vrai. Jean-Claude Guérini ? PS. Comment s’appelle-t-il, le trésorier de l’actuel président ? Augier, je crois. PS. Kucheida, qui passait au tribunal hier ? PS. Sylvie Andrieux à Marseille ? PS. Gérard Dalongeville, à Hénin-Beaumont ? PS. J’en oublie peut-être un certain nombre. Et même plusieurs. Pour ne pas dire quelques-uns.

 

Vous avez entendu le chœur des petits saints, dirigé par les vierges madones Caroline Fourest et Clémentine Autain, entonner le grand refrain du : « Crier "Tous pourris", c’est tout bénef pour le Front National ». D’autant plus que, c’est vrai, il est probable qu’il en reste, des gens honnêtes, dans le personnel politique. Oui, je me dis que ça doit pouvoir se trouver. Peut-être bien. Ce n’est pas complètement impossible.

 

Certains se souviendront cependant que, dès 1948, Gilbert Cesbron, dans Notre Prison est un royaume, mettait dans la bouche de ses lycéens impertinents cet appel : « On demande un député honnête ! » (ils jettent le trouble dans une réunion politique).

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Tiens, prenez Gérard Filoche, celui qui « pète un câble » chez Michel Field. Indigné, qu’il était, par Cahuzac ! Personnellement offensé. J’espère que vous avez été émus par ses sanglots en direct dans le micro et devant la caméra : un grand moment de vérité politique, vraiment ! Si ce n’est pas une preuve, ça ! Ah bon ? Ça non plus, vous n'y croyez pas ?

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Accessoirement, ce qui est rigolo, c’est que Pierre Moscovici a beau soutenir qu’il n’était au courant de rien, Laurent Fabius démentir qu’il détient un compte en Suisse, plus personne ne les croit. Et le « plus personne » a, somme toute, raison. Dans le peloton du Tour de France, les soupçons de dopage tombent aussi forcément sur « ceux qui marchent à l’eau claire » (il paraît qu'il y a encore des héroïques), et il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement : ils n’avaient qu’à pas être honnêtes.

 

Ou plutôt : ils n'avaient qu'à pas être là. Comment voulez-vous que le public fasse la différence ?

 

Je connais quelqu’un qui, à la fin de la guerre, pressenti pour la Légion d’Honneur, mais qui, ayant appris qu’un magouilleur de première, un de ceux qui ont retourné leur veste juste avant la limite, allait la recevoir en même temps que lui, redressa la tête, regarda bien en face la personne qui en parlait, et lui lâcha en pleine figure : « Si celui-ci est décoré, il faudrait que je sois fou pour l'accepter, la décoration ! Ce n'est même pas la peine d'en parler ! ». Ce qu’on appelle le sens de l’honneur.

 

Mais pour un qui l'a, le sens de l'honneur, combien iraient la chercher à plat ventre, la Légion d'Honneur ? Ce n'est sans doute pas du même "honneur" qu'il s'agit. De toute façon, si les vrais hommes "d'honneur" sont "légion", où est passé l'honneur ?

 

N’importe quel professeur vous le dira : dans n’importe quelle classe, un seul salopard à la grande gueule bien pendue, s’il s’y prend bien, suffit pour rendre tout un groupe d'élèves infernal et odieux. A-t-on pour autant déjà vu une telle classe faire la police dans ses rangs et mettre le trublion à la raison ? Non : ils la ferment. En politique, c’est pareil : si le soupçon met tout le monde « dans le même sac de nœuds de vipères lubriques », tous les « innocents » en puissance n’avaient qu’à pas être là. Ou faire la police dans leurs rangs.

 

Dans un groupe, la lâcheté, l’aveuglement, la complaisance ou l’incompétence des individus majoritaires face au salopard, ne sauraient tenir lieu d’absolution. Et c’est même le contraire, puisque ce sont autant de formes avérées de leur complicité. Qu'ils le veuillent ou non, ils y sont, dans le sac. Quelqu’un peut-il me dire la différence à faire entre cette passivité, même ignorante, et l’Omerta mafieuse ?

 

Messieurs, je ne vois plus qu'un moyen de vous dédouaner : cessez d'être complices, PARLEZ !

 

La conclusion logique du raisonnement est la suivante :

 

« Faites le ménage, ou alors : du balai ! ».

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mardi, 09 avril 2013

ÊTRE UN OTAGE FRANçAIS

 

8 1 APPAREIL DIGESTIF.jpg

CE QU'ON VOIT QUAND ON ENLEVE TOUT CE QUI N'EST PAS L'APPAREIL DIGESTIF

(la fonction digestive ne permet pas, hélas, de déterminer le sexe)

 

***

Puisque personne ne me demande mon avis sur la question, je vais le donner.

 

Oui, c’est vrai ça : que faire pour sauver la vie des otages français, que des méchants méchants détiennent abusivement et qui menacent de les tuer si … ?

 

Que faire ? Ma réponse sera brève, concise, laconique et, pour tout dire, compendieuse : RIEN. Pas un centime de rançon, pas un soupçon d’effort diplomatique, ce qui s’appelle RIEN. Un otage français doit être considéré a priori comme un individu perdu pour la nation.

 

Tiens, je lui donne une idée, à la nation. Avant même toute réflexion, rien que pour emmerder les auteurs de ces crimes, elle serait bien inspirée d’organiser, à chaque prise d’otage, des funérailles nationales solennelles pour les personnes injustement soustraites à l’affection des leurs.

 

On porterait aux Invalides, en grande cérémonie, autant de cercueils vides revêtus du drapeau national, avec l’inscription « Mort pour la France », attribution posthume de la Légion d’Honneur et pension à la veuve. Le président, détenteur de la fierté nationale, prononcerait un discours martial où il promettrait que le crime ne resterait pas impuni. Voilà qui serait digne et fort !

 

Je vous garantis que ça aurait une autre gueule que les voies tortueuses de diplomates ou de services secrets, et que les atermoiements des responsables politiques qui, pris entre le feu émotionnel et médiatique des affections familiales et le feu terroriste de bandits lancés en plein hold up, promettent maladroitement je ne sais combien de millions de dollars à verser sur un compte offshore.

 

La seule chose à faire, c’est de menacer les preneurs d’otages des pires représailles, au cas où il leur prendrait la fantaisie de faire subir le moindre mal à leurs captifs.

 

Ce n’est pas que la vie des personnes injustement séquestrées ne m'importe pas ou n’a aucune valeur : des individus, tout comme moi, des personnes qui n’ont pas moins de valeur, mais pas plus. Regardez la balance : dans un plateau, un être vivant menacé, dans l'autre, tout un pays. L'équation, elle est là.

 

Qui sont les preneurs d’otages ? Motif religieux, idéologique, philosophique ou autres, ce sont des bandits. Au nom d’Allah, au nom de la lutte armée, au nom de la cause, au nom de tout ce que vous voulez : ce sont des gangsters. Le plus souvent organisés en mafia, parfois en secte dominée par un gourou (Boko Aram au Nigéria).

 

La prise d’otage est un acte de guerre. Proclamer que, par principe, la vie des otages est sacrée, c’est se déclarer vaincu avant d’avoir combattu. C’est se coucher, s’humilier, se déclarer vaincu par qui ? Quelques fruits pourris de l’humanité.

 

La honte d’être Français me submerge, chaque fois qu’un otage est libéré contre rançon. Comment ? N’importe quelle fripouille peut faire plier ma nation, au simple prétexte qu’elle détient quelques individus en possédant la carte d’identité et le passeport ?

 

Qu’est-ce que c’est que cette « nation », qui en passe par les quatre volontés de quelques canailles, passe sous leurs fourches caudines, garnit leur compte en banque et améliore leur arsenal ?

 

Qui se déclare vaincu ? L’Etat français. Une collectivité nationale, une institution politique, une entité fondée sur le droit, une structure qui regroupe 65 millions de citoyens. Comment peut-on envisager une seconde d'hésiter entre les deux plateaux de la balance ?

 

Demandez-vous pourquoi il y a si peu de prises d’otages sur des citoyens britanniques : tout le monde sait que les gouvernants anglais ne négocient jamais avec les preneurs d'otages. Pourquoi le Français est-il une denrée recherchée ? C'est simple : le Français est une marchandise qui rapporte gros, pour la seule raison que le client est facile, et qu'il paie bien.

 

Et le client est d’autant plus facile que tout le monde s’y met : les proches, les associations montées pour la circonstance, les spécialistes des droits de l’homme.

 

Le bandit, dans sa grotte ou dans son palais, peut compter sur tous ces alliés involontaires, qui sont juste ses complices : ils sont dans la place, lancent des appels, collent des affiches, interpellent le pouvoir et l'opinion publique, rédigent et font signer des pétitions, manifestent, interviennent dans les médias, font ce qu'il faut pour que nul n'oublie les otages. Plus ils sont actifs et influents, meilleur c’est pour faire grimper les enchères.

 

C’est tout simplement insupportable.

 

Otage libéré est synonyme de défaite nationale.

 

On me dira : « Tu en parles à l’aise, blogueur insensible. Ça se voit que tu n’es pas dans cette situation ». Je sais. Et je ne saurais dire quels seraient mes sentiments au cas où. En attendant, et en souhaitant que cela n’arrive à personne, je campe sur ma position : « Messieurs les preneurs d’otages, vous n’aurez rien ! Mais comptez bien vos abattis ! Vous n’emporterez rien au paradis d’Allah ! ».

 

Françoise Claustre (Tchad, 1974), Jean-Paul Kaufmann (Liban, 1985), Ingrid Betancourt (Colombie, 2002), beaucoup d’autres ne me le pardonneraient pas. Je sais.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 17 janvier 2013

POUR UNE POIGNEE DE SABLE EN FEU

Pensée du jour :

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CAVALIERS PIEGAN, par EDWARD S. CURTIS

 

« Le malheur est un marche-pied [sic] pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme ».

 

HONORÉ DE BALZAC

 

 

Alors, fallait-y y aller, fallait-y pas y aller ? Où ça ? Comment ? De quoi ? Ben les Rafales, les bombes, la France à l’assaut de ses anciennes colonies ! La guerre, quoi ! Fallait-il, une fois de plus, endosser l'uniforme du justicier et du redresseur de torts, du défenseur de la veuve et de l'orphelin ? S'occuper des affaires des autres ? Ils ont appelé l'opération du nom d'un charmant félin, le SERVAL, qui, paraît-il et dans les temps anciens, fut un compagnon de chasse de l'homme (je crois ce qu'on me dit, moi, je fais confiance, vous pouvez pas savoir). 

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C'EST JOLI, UN SERVAL, NON ?

Alors, fallait-il que le président de la France, FRANÇOIS HOLLANDE, décidât que la France entrât en guerre ? Personnellement, j’ai tendance à penser qu'oui (l'apostrophe, c'est juste pour éliminer l'hiatus - et non pas "le" hiatus, comme disent les étourdis et les ignorants). Pour la raison simple que, certes, ce sont les affaires des autres, mais pas complètement quand même, à cause, par exemple, de l'importance de la communauté malienne en France. Eh oui, l'industrie a eu besoin des bras maliens. Faut assumer.

 

 

Si, face à la pétaudière géopolitique que constitue la Syrie, rien ne semble bouger, en revanche, face à la main de fer que quelques centaines de gangsters, de sadiques et, pour tout dire, de FASCISTES ont abattue sur les populations du nord du Mali, il fallait donc agir sans attendre qu’ils se fussent implantés à demeure et qu’ils eussent étendu la surface de leur conquête à l'ensemble du Mali. Et plus, si affinités, comme on dit. Pour la France, c'est d'une certaine manière de l'autodéfense. 

 

 

Que ces fascistes soient aussi musulmans n’y change rien, et en plus il est permis d’en douter fortement : des salafistes tunisiens n’ont-ils pas fait brûler le sanctuaire soufi (la tendance mystique et pacifique de l’Islam, s'il en est) de Sidi Bou Saïd, avec les Corans qui y étaient. Des musulmans qui brûlent le Coran ? Voilà un scoop, coco.  Fascistes j’ai dit, fascistes je maintiens. Et des bandits par-dessus le marché, dont le projet est, à travers le Sahara, la construction d'une autoroute de la drogue à destination de l'Europe. Coupeurs de mains pour compléter la panoplie et soigner l'image médiatique. 

 

 

 

Parmi eux figurent d’ailleurs peut-être des Toubous tchadiens, les anciens mercenaires sur lesquels KHADAFI faisait pleuvoir l'or de son pétrole. Il y avait en tout cas beaucoup de Touaregs qui, une fois le mécène tué atrocement (= lynché sans procès),  sont rentrés chez eux (façon de parler, ils sont nomades, nous dit-on), en emportant tout un tas de lance-missiles perfectionnés qu'ils avaient appris à manoeuvrer. 

 

 

 

Remarquez, KHADAFI est mort, mais l'argent continue à affluer dans les caisses des salafistes pour qui l'Arabie saoudite est le paradis sur terre, mais qui, au passage, ne peuvent pas encadrer les Frères musulmans. Et on nous raconte que l'Arabie Saoudite et le Qatar sont nos alliés ?

 

 

En tout cas, on leur achète tellement de pétrole qu'ils peuvent tout se permettre : acheter le PSG ou des hôtels particuliers du XVIIIè à Paris, et donner aux salafistes et autres djihadistes assez d'argent pour former des armées anti-occidentales. Heureusement, tous sont des sunnites, et s'entendent pour vouloir exterminer ces salopards de chiites et leurs cousins alaouites. On prend les paris sur ce qui va se passer entre eux, quand ils auront eu la peau d'ASSAD, en Syrie ?

 

 

 

Les Toubous du Tchad et les Touaregs de nulle part et de partout croient-ils seulement en quelque chose d’autre que l’argent ? C'est quoi au juste, ce fantasme des « droits des peuples à disposer d'eux-mêmes », au moment où la cocaïne des cartels de Colombie et d'ailleurs nous arrive à travers le Sahara ? Au nom du « droit à l'autodétermination », sans doute ?

 

 

 

Je pose juste la question. Reste que couper des mains et brûler des sanctuaires est le fait d'une petite bande de "tableraseurs du passé", qui me semblent autrement dangereux que les "sans-culotte" de 1793, qui n'avaient au moins dans le collimateur que tout ce qui déparait la sacro-sainte égalité. Les bandits fascistes du Sahel, eux, sèment leur bon plaisir et leur mafia partout où ils font le malheur des autres en débarquant dans leur existence. Et tout ça, grâce à la guerre en Lybie.

 

 

Les LE PEN, à côté, c’est du pipi de chat et de la roupie de sansonnet, et quand on compare, ça fait même étrange de les entendre traiter de « fachos ». Ils n’ont pas encore coupé de mains, eux. LE PEN en Algérie ? Certes, mais il n’a rien fait d’autre que ce qu’ont fait les AUSSARESSE, BIGEARD, MASSU et compagnie. Je le dis d’autant plus volontiers que je ne suis pas près de voter pour MARINE. Il ne faut pas confondre fascisme et "créneau porteur". 

 

 

Bref. Personnellement, je suis aussi assez favorable à l’entreprise au Mali, parce que j’ai entendu un général déclarer sérieusement que l’opération n’était que la 2ème phase de ce qui avait été commencé en Lybie par un certain … NICOLAS SARKOZY. Car ce qui est prouvé, c’est que la catastrophe malienne découle directement de la décision va-t-en-guerre de NICOLAS SARKOZY, inspiré par son « Père Joseph » nommé BERNARD-HENRI LÉVY, de tuer le Colonel KHADAFI.

 

 

 

Les charmants garçons d'AQMI (ex-GSPC), du MUJAO et d'Ansar Eddine ne sont que des ingrats : ils devraient savoir gré à NICOLAS SARKOZY de leur avoir ouvert en grand les portes des arsenaux pléthoriques et superbement garnis de MUHAMMAR KHADAFI.

 

 

Digne successeur de son prédécesseur, FRANÇOIS HOLLANDE prend bien soin de placer ses pieds dans les traces laissées par ceux du gars à qui il sortait, en plein débat préélectoral : « Moi, président de la République, … Moi, président … ». Mais pour être honnête, il faut dire que HOLLANDE a été obligé de prendre sa décision d’intervenir à cause de la situation créée par l’irréflexion congénitale propre à SARKO, et par son besoin souverain de faire du spectaculaire (dictature du 20 heures de TF1).

 

 

« Le changement c’est maintenant », qu’il disait. Remarquez, SARKOZY nous avait déjà fait le coup de la « rupture » en 2007. Et en fait de « rompre », il avait surtout « cassé » (l’hôpital, l’école, la justice, la police, …). Ah c’est sûr, HOLLANDE prend bien soin de ne rien casser. Moi dans mon coin, j’avais déjà pensé qu’il ne « cassait rien » (comme on dit vulgairement), HOLLANDE. Et pourtant si : il a envoyé l’armée « casser du nègre et du bougnoule », comme on disait joliment, du temps de la « coloniale ».

 

 

Surtout, il prend soin de ne rien casser de ce qu’a fait le prédécesseur, NICOLAS SARKOZY. C’est sûr qu’il veille à ce que les ruines laissées par lui restent en l’état, aussi propres et nettes qu’il les a trouvées en entrant dans les « lieux » (si vous voyez ce que je veux dire). Rien n'est plus seyant que de belles ruines bien entretenues. Voyez Pompéi.

 

 

Reste que les frontières dessinées par les colonisateurs de l’Afrique avant leur départ relèvent la plupart du temps de la plus haute fantaisie. Cela vient en grande partie, ai-je cru comprendre, du fait que ce sont des officiers de l’infanterie terrestre qui ont manié le crayon. Alors que les frontières tracées sur les cartes, mettons, en Asie du Sud-Est, l’ont été par des officiers de marine, et que sur le plan ethnique, en gros, ces frontières ont du sens (idée de l'immense géographe YVES LACOSTE). Pas celles des pays du Sahara.

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LA MAGIE DE LA LIGNE DROITE 

Le marin, il a un peu étudié le terrain, il a vu les populations dont il a fumé l’opium, il agit avec un certain tact et une certaine subtilité. Le biffin, lui, il carbure à l'alcool, il ne se tracasse pas, il prend une grande règle et c’est parti pour tracer de beaux traits bien rectilignes. Ça y est, vous avez un Etat. Ben non, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Un Etat, avec tous ses attributs, pour que ça ait une cohérence, il faut procéder autrement. Les seuls traits qui aient un peu de sens, là, sont ceux qui suivent le tracé des fleuves. Et encore : quels fleuves ?

 

 

A cet égard, de la Mauritanie au Soudan (c'est-à-dire de l’Atlantique à la Mer Rouge), en passant par le Mali, le Niger et le Tchad, ainsi que par le sud de l’Algérie, de la Lybie et de l’Egypte, l’arbitraire des tracés relèverait du registre le plus comique si, dans la réalité, ceux-ci n’étaient pas de pures fictions. Je crois rêver quand j’entends un journaliste déclarer doctement que « l’Algérie va fermer ses frontières ». Il sait ce que c'est, une frontière de 1400 kilomètres ? Dans le désert ? C’est ce qui s’appelle avoir le sens des réalités. Oui : des réalités virtuelles. Voilà ce que c'est quand on joue trop à la console.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

dimanche, 13 janvier 2013

VERS L'ANDROGYNIE TRIOMPHANTE !

Pensée du jour :

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GUERRIER CHEYENNE, par EDWARD S. CURTIS

« Avant de revenir à la littérature, aux pièces, aux films dont l’homme a si inextricablement encombré le mois de janvier qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits, il sied peut-être de le considérer encore un peu à l’état pur, tel qu’il sortit de la main de Dieu. L’homme le voit venir avec tant de joie qu’il tombe pour l’accueillir dans mille extravagances. Il se répand en gestes arbitraires. Roseau pensant, il se conduit au premier de l’an comme un roseau qui ne penserait pas ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

Résumé : les homosexuels vont pouvoir se marier. La messe est donc dite. Je finissais sur diverses considérations touchant la bague au doigt et sur l'histoire, racontée par RABELAIS, puis reprise par LA FONTAINE, de Hans Carvel, qui n'a d'autre solution, pour s'assurer de la fidélité de sa femme, que de faire du sexe de celle-ci un anneau permanent. Le Ciel en soit loué, nous ne vivons plus dans l'ère préhistorique de l'hétérosexualité monopolistique et triomphante.

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OÙ SE PORTE LA MAIN DE HANS CARVEL, POUSSEE PAR LE DIABLE ?

Car ces temps obscurantistes seront très bientôt balayés. Pour le plus grand bénéfice de la société, nous dit-on. « La France est rance, la France est en retard », nous serine la propagande homosexuelle à longueur de médias, enjoignant à l’ensemble de la population, qui n’en peut mais, d’enfourcher ce nouveau dada de la modernité. « Regardez, même la très catholique Espagne s’y est mise », entend-on.

 

 

Hier matin, dans l'émission Répliques, d'ALAIN FINKIELKRAUT, il faut avoir entendu le ton méprisant d'évidence péremptoire de madame IRÈNE THÉRY, qui ne cessait de couper la parole à ses deux interlocuteurs, sur le mode : « Mais voyons, vous n'y êtes pas, a-t-on idée ? » sans doute du haut de l'autorité de la science qu'elle professe (la sociologie, si j'ai bien compris).

 

 

C’est donc l’ÉGALITÉ républicaine qui se trouve aujourd’hui convoquée devant le tribunal parlementaire. Passons sur la nouvelle confiscation de valeur que constitue cet abus de langage. Passons sur le fait que les personnes concernées représentent une minorité de la « communauté » homosexuelle (puisque communauté il y a, paraît-il). Je connais un certain nombre d'homos à qui la simple idée de "se marier" apparaît tout à fait farfelue, pour ne pas dire ridicule.

 

 

Passons aussi sur l'incroyable chamboulement symbolique qu’impose (il n’y a pas d’autre mot) cette infime minorité à la totalité d’une population de 64 millions d’individus. Si c'est une loi de clientèle qui doit être votée, pourquoi ne le dit-on pas ? Car ce qui est sûr, ici, c'est que c'est une offre légale générale qui se propose de satisfaire une demande sociétale particulière. C'est bien l'ordre des choses symboliques pour tous qui change, au bénéfice de quelques-uns. Et c'est aux Etats-Unis que nous devons l'importation en France de l'idée de loi minoritaire, instaurant ainsi une sorte de privilège réservé.

 

 

 

Et la volonté générale s'incline devant le désir particulier. La nouvelle gagne à être connue : le Parlement est désormais un supermarché où les lobbies peuvent venir faire leurs emplettes. Pour y faire voter ce que les juristes appellent des « lois spécifiques », peut-être ? Des lois « ad hoc » ? Remarquez, je me suis laissé dire que c'est à peu près ainsi que fonctionne la machine administrative de la Communauté Européenne, où les lobbies du chimique, de l'agroalimentaire, du biotechnologique se bousculent entre les rayons avec leurs chariots.

 

 

Attardons-nous seulement sur l’idée que le mariage homosexuel constitue une avancée, un PROGRÈS. Il me semble que le simple fait de le présenter ainsi éclaire la scène d’un jour particulier. Car il repose sur l’idée implicite que l’homosexualité, dès qu'elle est traitée à égalité avec l’hétérosexualité, acquiert la même valeur, la même dignité que celle-ci, ce qui reste à démontrer.

 

 

Que les deux sexes soient égaux en droits et en dignité, comment ne pas en être d'accord ? Mais cela autorise-t-il à décréter les différentes sexualités (ou pratiques sexuelles) elles-mêmes égales en droits et en dignité ? Qui, s'il est de bonne foi, ne reconnaîtrait pas ici un abus de langage, un coup de force sémantique, bref, un MENSONGE ?

 

 

 

Dit autrement : la sexualité de la personne érigée en marqueur incontestable de sa dignité. L'identité de la personne se définirait par sa sexualité ? Je vois là quelque chose d'un peu hallucinant tout de même. Assez obscène, même. C'est peut-être inactuel, voire toute à fait virtuel, mais je vivais sur l'idée (toute archaïque peut-être) que la façon dont je prends mon pied ne regarde que moi.

 

 

 

Formulé autrement, je dirais que la lessive « homo » exige d'être placée juste à côté de la lessive « hétéro », dans la vitrine du magasin et sur le rayon du supermarché. « Quoi ! Tu connais pas le nouvel homo ! », aurait glapi COLUCHE. Les deux lessives sont affichées au même prix. Et ça ne vous semble pas louche ?

 

 

Soit dit en passant, une pléiade d'autres sexualités, d'autres orientations et pratiques sexuelles attendent à la porte de la loi une reconnaissance pleine et entière. Je ne vais pas énumérer : où finit le goût personnel ? Où commence la perversion ? Les lobbies n'ont pas fini de faire la queue aux caisses du supermarché parlementaire. 

 

 

Tout ça parce que le « client » est roi et qu’il doit avoir le choix. Dès l’enfance (je pense au projet de diffusion, sous couvert d'éducation à la tolérance, d’un film sur ce thème dans les écoles primaires), l’individu doit pouvoir se dire qu’il a le choix entre deux voies égales, et que c’est à lui de décider.

 

 

Alors qu’il faudrait savoir : l’homosexualité, qu’est-ce que c’est ? Résulte-t-elle d’un choix ? Est-elle la résultante d’une éducation ? D'une structure psychologique ? Une anomalie ? Une déviation ? Un destin ? Une fatalité ? Est-ce qu’on est (ou naît) homosexuel ? Est-ce qu'on le devient ? Est-ce qu’on le décide ? Il faudrait savoir. Des partisans du mariage gay pensent qu'on est homo.

 

 

Et je n'ouvre pas un nouveau front du côté des psys, parce que ça ferait beaucoup trop long. Certains (CHRISTOPHER LASCH, peut-être, mais il n'était pas psy, mais il faut impérativement avoir lu son livre La Culture du narcissisme) diraient sans doute que la loi sur le mariage homosexuel constitue l'irruption du narcissisme au coeur de nos institutions. Alors ?

 

 

Alors je crois que c’est exactement dans le fait de présenter l’homosexualité comme découlant d’un choix que se situe la PROPAGANDE. Autrement dit le MENSONGE. Il faut dire que le lobby (le "réseau", si vous préférez) fait le forcing depuis des lustres. Un forcing insidieux, peut-être, mais qui touche au but. Mon ami R. voit ici l'action des francs-maçons contre ce qu'il reste chez nous de chrétienté. Peut-être. Ce qui est sûr, c'est que la loi instaurant le mariage homo sera une loi votée sous influence.

 

 

 

L'entreprise qui trouve son aboutissement légal aujourd'hui vise, sous prétexte de déculpabiliser les franges marginales (ben oui, quoi, qu'on le veuille ou non) de la population qui se sentent attirées par le même sexe (ce qu'il ne me viendrait pas à l'esprit de vouloir interdire, évidemment, ni même contester), à installer en tête de gondole, à égalité de sens, de droit et de dignité, la lessive « homo » juste à côté de la lessive « hétéro » sur les rayons du supermarché qu'est devenue l'existence dans la société de consommation. Comme une alternative, quoi. Elle est là, la confiscation de l'idée d'égalité républicaine.

 

 

Et au bout du bout du raisonnement, qu’est-ce qu’on trouve ? L’idée que l’homosexualité constitue un progrès décisif par rapport à l’hétérosexualité. Examinez l’évolution de la question depuis les années 1970, vous y trouverez la recette pour qu’un dogme particulier finisse pas s’instaurer en vérité universelle, comme une avancée vers des lendemains qui chantent.

 

 

 

Le processus ne se restreint pas à la France. De même que le député doit transposer en droit français les directives européennes, de même, aujourd'hui, il se soumet à telle ou telle directive mondiale. Il y avait autrefois (paraît-il) une vingtaine de boîtes gay à San Francisco, elles sont (paraît-il) plus de 20.000 aujourd'hui. Qui fut premier, l'oeuf ou la poule ? L'offre ou la demande ? Curieuse évolution du sens de l'expression « société de consommation ». Le mariage homo marque le triomphe de l'idée de consommation comme seule boussole de l'existence humaine.

 

 

S’il en est ainsi, il est temps d’abolir les frontières entre les sexes. L'affaire suit son cours. Des différences faisons table rase, aurait dit EUGENE POTTIER, auteur de L’Internationale. Applaudissons à l’homosexualisation du monde ! Vive le « genre », aussi varié, divers et bigarré qu’il soit ! Longue vie à l’androgynie qui s’annonce à grands sons de trompette, comme avenir de l’humanité enfin rénovée ! L’horizon se dégage ! Pas trop tôt ! On en avait soupé, de la différence des sexes !

 

 

 

Ce qui change, dans l'histoire ? Oh, pas grand-chose. Juste ce qu'on appelait, dans des temps désomais révolus, obsolètes et archéologiques, le SENS DE LA VIE. Pardonnez ma ringardise, mon passéisme et mes gros sabots.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

samedi, 12 janvier 2013

VIVE L'ANDROGYNIE UNIVERSELLE !

Pensée du jour :

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CAVALIERS CHEYENNE, par EDWARD S. CURTIS

 

« Endeuillé par l’anniversaire de la mort du bon roi Dagobert, qui ne savait pas mettre sa culotte (c’était le début de la civilisation, l’homme hésitait encore devant ce vêtement nouveau), le mois de janvier vient de s’écouler, dramatisé par le passage du loup et par les exigences fiscales. Le mois de janvier rappelle à l’homme combien le progrès est chose ancienne ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

Justement, le progrès, on va en parler. Car c’est plié : le mariage homosexuel – habilement maquillé en « mariage pour tous » (ce qui ne veut pas dire que tout le monde devra obligatoirement se marier sous peine d’amende, ouf) – sera inscrit dans le Code Civil. La majorité « socialiste » (je pouffe !) votera pour. Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher la chose. La manifestation de dimanche 13 n’y changera strictement rien.

 

 

Les résistances au projet de loi sont reléguées au rang de vieilleries, mises au grenier, mises au compte d’un passéisme ringard, d’un conservatisme vieillot, d’un immobilisme paléontologique. Bref, à jeter d’urgence aux poubelles de l’Histoire. Le slogan frénétique de tout ce qui est « moderne » est, depuis déjà quelque temps : « BOUGEZ ! ». C’était déjà ce que célébrait (à sa façon) un « esprit libre » comme PHILIPPE MURAY.

 

 

Je ne sais plus quel conseiller de HOLLANDE déclare qu'il ne faut pas confondre "république stable" et "république immobile". Et j'ai entendu CHANTAL JOUANNO (du parti de BORLOO et favorable au mariage) déclarer qu'elle ne voudrait en aucun cas pouvoir être taxée de "ringardise". C'est le terme employé. Ce sont autant d'aveux de capitulation devant le nouveau "politiquement correct". Eh oui, que faire devant L'AIR DU TEMPS ? Devant ce que les médias (poussés par derrière par des lobbies influents) s'efforcent de faire apparaître comme la nouvelle idéologie dominante ?

 

 

J’ai déjà évoqué la parenté entre le débat actuel et la tentative avortée de FRANÇOIS MITTERRAND et ALAIN SAVARY de priver l’enseignement privé de tout apport d’argent public. C’était en 1984. Eh oui, bientôt 30 ans. Un million de catholiques dans les rues pour défendre la « liberté », qu’ils disaient. C’était déjà un bel exemple de CONFISCATION d’une de nos trois valeurs républicaines. Un joli tour de passe-passe. Disons aussi un joli montage de PROPAGANDE (cf. EDWARD BERNAYS). Une propagande abondamment relayée par toutes sortes d'"autorités" intellectuelles (sociologues, philosophes, etc.).

 

 

Le même tour de passe-passe est en train de se produire. Cette fois, c’est la deuxième de nos valeurs républicaines qui s’y colle. C’est au nom de l’ « ÉGALITÉ » qu’on va instaurer pour les homosexuels le droit de venir devant monsieur le maire et de se passer légalement la bague au doigt.

 

 

Remarquez, je dis ça, mais l’argot célèbre depuis longtemps ce qu’il appelle la « bagouze » : « A première vue, si j’étais un peu plus marle, un peu plus expérimenté de l’existence, je l’aurais flairé craquousette de la bagouse, chochotte probable ». C’est de l’ALPHONSE BOUDARD dans le texte. Les homosexuels mâles n’ont en effet pas attendu la loi pour se la passer, la bagouse.

 

 

EPHEMERO 1 CLOEON DIPTERUM.jpgBon, d’accord, ce n’est pas au doigt qu'ils se la passent, « bagouse » voulant dire « anus » (à ce titre, l'anus est, avec la bouche, le seul orifice "transgenre", car seul l'insecte appelé "éphémère" est dépourvu de bouche, d'anus et de tout ce qu'il y a entre les deux, ce qui amoindrit tant soit peu ses perspectives d'orgasme).

 

 

Mais RABELAIS déjà parlait de l’ « anneau d'Hans Carvel». L’anneau magique (entrevu en rêve) servait à Hans Carvel à s’assurer que nul autre que lui ne puisse visiter l’orifice féminin de sa jeune et ardente épouse. Et s’éveillant au matin, il se rendait compte qu'il avait dormi en glissant un doigt dans le dit orifice. Mais bon, Hans Carvel vivait aux temps antédiluviens de l’hétérosexualité régnante. Intolérable aujourd'hui. Inacceptable. Inenvisageable. 

HANS CARVEL 6.jpg

« Je te donne cestuy anneau [c'est le diable qui parle]; tant que tu l'auras au doigt, ta femme ne sera d'autrui charnellement connue sans ton su et consentement. 

 

Le diable disparut. Hans Carvel, tout joyeux, s'éveilla et trouva qu'il avait le doigt au "comment a nom ?" de sa femme ». La périphrase interrogative entre guillemets se déchiffre aisément en prenant juste la première et les deux dernières lettres. C'est beau, la littérature.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

vendredi, 11 janvier 2013

"REPUBLIQUE IRREPROCHABLE", VOUS DITES ?

Pensée du jour :

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SIOUX OGLALA, par EDWARD S. CURTIS

 

« Les enfants n'avaient autrefois que des souvenirs mérovingiens ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

« République irréprochable », vous dites ? « Moi, président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les présidents des chaînes de télévision publiques, je laisserai ça à des instances indépendantes ». J’ai bien entendu ? Vous vous souvenez, j’espère. Alors là je dis bravo tant que vous voulez. C’est sûr, j’applaudis le candidat qui a le courage de proclamer la pureté de ses intentions. En rupture avec les manières du président sortant.

 

 

Oui, j’applaudis à deux mains (j’ai essayé avec une seule, mais ça marche moins bien) cette déclaration du candidat FRANÇOIS HOLLANDE, face à un NICOLAS SARKOZY légèrement surpris, voire tétanisé. Malheureusement, la pureté des intentions s’est cassé le nez sur la sordidité de la réalité. Et je l’entends, le refrain de la réalité :

 

« Parole, parole, parole, parole, parole,

Encore des paroles que tu sèmes au vent ».

 

Tout le monde connaît ces mots que DALIDA réplique à ALAIN DELON en train de lui jouer la grande scène du « retour de flamme ».

 

 

Le chef de bureau qui nous gouverne, quittant les mots et la propagande pour affronter la réalité, voici ce qu'il dit : « Moi, président de la République, je nomme mon pote OLIVIER SCHRAMECK président du CSA ». OLIVIER SCHRAMECK ? Mais si, rappelez-vous, le grand copain de LIONEL JOSPIN, son directeur de cabinet (1988-1991) quand il est ministre de l’éducation, son directeur de cabinet (1997-2002) quand il est premier ministre. Un grand serviteur de l’Etat, donc, OLIVIER SCHRAMECK.

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Cela méritait bien un sucre d’orge : « Qu’est-ce que tu dirais du CSA ? – Ben, à la rigueur et faute de mieux, tope là ». Je n’étais pas dans le bureau où s’est prise la décision, mais ça doit ressembler à ça. Et HOLLANDE a dû ajouter : « Les gens diront ce qu’ils voudront, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Comme dit le philosophe HENRI BERGSON : « Pour se faire une idée de la vérité, il faut se référer non aux mots qu’une personne prononce, mais à ses actes ». Qui ne serait pas d’accord ? La « République irréprochable » attendra, elle a déjà été tellement patiente.

 

 

Bon, on dira, pour être gentil : « Pour cette fois, ça va, circulez, mais n’y revenez pas. – Promis, papa ». Malheureusement, ce genre d’embrouilles (et d’arrangements avec ses propres serments prêtés la main sur le coeur) notre président élu semble en avoir rapidement fait un mode de vie ordinaire. Il le fait voler en escadrille, l'arrangement. FRANÇOIS HOLLANDE a dû pratiquer le tir en rafales, visiblement, il s’y connaît.

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IL VOUS FAIT RIRE, VOUS ?

Secrétaire général de la présidence ? PIERRE-RENÉ LEMAS, ex-préfet. Directrice de cabinet du président HOLLANDE ? SYLVIE HUBAC, ex-conseillère d’Etat. Recteur de l’énorme académie de Versailles ? PIERRE-YVES DUWOYE, ex-directeur de cabinet de VINCENT PEILLON. Préfet de la très convoitée Région Aquitaine ? MICHEL DELPUECH, ex-préfet de la Région Picardie. Attendez la fin, ce n’est pas fini.

 

 

Ambassadeur en Afghanistan ? STANISLAS LEFEBVRE DE LABOULAYE. Administrateur provisoire de Sciences-Po ? JEAN GAEREMYNCK, conseiller d’Etat. Directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations ? JEAN-PIERRE JOUYET (tiens, tiens, il a pas fricoté avec SARKOZY, celui-là ?). Chargé de remettre un rapport sur l’Epargne ? PIERRE DUQUESNE. Directeur de Veolia Transdev, n°1 européen des transports ? JEAN-MARC JANAILLAC. Plus que deux à caser : où va-t-il les mettre ?

 

 

Nous trouvons CLAUDE REVEL, qui a mené carrière « dans le conseil » (l’appellation est drôle, mais ça mène à tout à condition d’en sortir), chargée de rédiger un obscur rapport sur les efforts internationaux de la France pour se positionner « en matière de normes » (texto). Et la DRH du groupe La Poste, alors, alliez-vous me demander ? Voilà une question qu’elle est bonne. SYLVIE FRANÇOIS, elle s’appelle.

 

 

Alors vous allez dire : « Tout ça ne nous dit pas l’heure. Pourquoi cette énumération, blogueur compulsif ? S’il y a un lien entre tous ces gens, quel est-il ? ». Votre intuition a percé le mur de la devinette que j’avais concoctée. OUI, IL Y A UN LIEN. Il suffit de se souvenir par quelles écoles notre président hélas élu (rassurez-vous, je dirais le même hélas si ç’avait été l’autre). Sciences-Po ? HEC ? Vous n’y êtes pas. 

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PROMOTION "VOLTAIRE" DE L'ENA (1980)

HOLLANDE DOIT SE DIRE : "PUTAIN ! ENCORE TOUT CE MONDE A CASER !"

(mais je ne vois pas la planche d'appui pour le tir aux pipes, dommage)

Ceux qui ont dit « ENA » ont gagné (mon estime). Oui, tous ces gens sont des camarades de FRANÇOIS HOLLANDE au sein de la « Promotion Voltaire ». Et c’est GILLES MARCHANDON, autre ancien de la dite promotion, qui, dans l’association des anciens, s’occupe du service « carrières ». Retenez bien ce prénom et ce nom : monsieur PROMOTION VOLTAIRE est le meilleur ami de FRANÇOIS HOLLANDE. Qui le lui rend bien. Avec les intérêts.

 

 

Je remercie un « hebdomadaire satirique paraissant le mercredi », sans les informations duquel la population française se verrait interdire le moindre accès aux cuisines de la cantine où on les fait manger, et à la cabine de pilotage de l’avion où on les a embarqués.

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QU'EST DEVENU LE SLOGAN IMMORTEL :

"LA LIBERTÉ DE LA PRESSE NE S'USE QUE SI L'ON NE S'EN SERT PAS" ?

(mais c'est vrai, qui se souvient des piles Wonder, qui ne s'usent que si l'on s'en sert ?)

Si vous tapez : « Moi président de la République », vous tombez sur un Youtube de 3’22 qui montre le candidat étalant la pureté de ses intentions. Je n’insère pas la séquence ici même, parce que je ne voudrais pas souiller ce blog, ni la pureté de ses intentions, dont je suis sûr que personne ne doute. Moi, président de cette République ? Vous rigolez ? La main sur le coeur, je le proclame : « NON MERCI ! ». Remarquez, je suis à l'abri : personne encore ne m'a demandé de me porter candidat.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mardi, 08 janvier 2013

BONNE ANNEE, BORIS !

Pensée du jour :

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SIOUX OGLALA, par EDWARD S. CURTIS

« Il y a quelque chose de choquant à voir les conditions de la célébrité. On ne saurait être célèbre à moins de sauver son pays ou de découvrir de quelle façon tournent les étoiles ; ou alors il faut tuer une famille britannique qui vient camper dans les asperges, y compris un enfant de dix ans ; ou même, comme Lacenaire, se faire guillotiner et être capable de manger un poêle à bois ; un poêle à bois à feu continu ; en briques vernies ; tout au moins la moitié. Bref, être un grand monsieur ou un grand dégoûtant. Ou alors un grand estomac. On voit par là que, faute de pays à sauver, ou si le ciel est couvert de nuages, si la famille est française comme tout le monde, si la guillotine marche mal ou si on ne digère pas la brique de poêle à bois, il n’y a pas moyen d’être célèbre ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

Le boulanger chez qui j’achetais mon pain autrefois (une formidable « marguerite » avec mie et croûte idéalement proportionnées, il travaillait « sur boulenc ») s’appelait GRILLON. Un excellent boulanger, à l’étrange physique tout en nerfs et en hauteur. Quand il a déménagé à « la Table de Pierre » pour s’agrandir, il a été obligé d’embaucher un apprenti.

 

 

Et il m’a raconté l’histoire suivante : « La première semaine, impeccable, rien à dire. La deuxième semaine, il vient le mardi, le mercredi, et le reste de la semaine, personne. Pas de message, rien au téléphone. Le lundi suivant, il débarque à l’heure normale. Je lui demande ce qui arrive : "Oh ben j’ai pas eu le temps de venir travailler" ». Il avait l’air tout surpris, monsieur GRILLON.

 

 

Pas le temps de venir travailler. Voilà tout. Loin de moi l’idée de jeter l’opprobre, le bébé, le discrédit et la pierre (avec l'eau du bain, bien entendu) à la jeunesse tout entière. Je connais des informaticiens qui sont devenus métalliers, parce qu’ils avaient, je crois, envie de continuer à avoir envie de travailler. Mais il y a peut-être malgré tout un phénomène de génération.

 

 

Je n’en veux pour preuve que l’exemple de BORIS, qui a eu les honneurs des pages « arrondissements » du Progrès de Lyon. Le gars en question zone dans le 3ème ou le 7ème arrondissement, comme l’indique le journal. Je ne veux, avec l’exemple de BORIS, que marquer l’incompréhension qui est la mienne, devant des, disons, « comportements nouveaux » ou encore « mentalités nouvelles ». Pour rester gentil.

 

 

BORIS n’est pas méchant, qu’on se le dise. Il a juste deux chiennes. A les voir, Athena et Sheeva sont des chiennes gentilles. Il a bon caractère, BORIS, nom de Dieu. C’est vrai ça. Il ne veut de mal à personne, BORIS. A condition qu’on ne l’emmerde pas. A condition que les passants ne l’apostrophent pas méchamment : « Je n’aime pas être dévisagé et entendre de sales réflexions. Je me sens incompris. Parfois, je me fâche, bien que je sois quelqu’un de gentil ». Les passants ont intérêt à se le tenir pour dit.

 

 

Heureusement, cet homme de 34 ans est tombé sur un(e) journaliste compréhensif(ve) qui a consenti à noircir du papier pour dresser son « portrait ». Alors là, pour le coup, c’est du journalisme gentil. Je dirais même qu’on ne saurait être plus aimable, si l’on se fie au titre retenu.

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C’est vrai qu’il en a subi, des épreuves, dans sa vie, BORIS : la DDASS « dès sa plus tendre enfance ». L’école ? « Je n’aimais pas l’école. » Pas de veine, hein ? Pas d’école. Pas de soutien familial. Pas de soutien  matériel. Pas de qualification. Dans ces conditions, pas d’insertion dans la vie professionnelle : « J’ai décroché plusieurs jobs, souvent saisonniers, comme plongeur dans un restaurant, homme de ménage, employé chez un loueur de ski ».

 

 

Arrivé à Lyon à 26 ans, il n’arrive pas à trouver de boulot stable : « Il faut dire qu’il n’a pas de toit et qu’il est confronté à l’enfer de la rue », dit l’article. L’enfer de la rue, pas moins : « J’ai vu des amis mourir autour de moi, révèle-t-il. Ça forge le caractère. Les épreuves ne font plus peur ». Pour quelqu’un qui vit en enfer, je trouve pourtant qu’il a l’apparence de quelqu’un qui s’en sort pas trop mal.

BORIS 3.jpg 

Il touche le RSA, il regarde la télévision, et pour « arrondir », il fait la manche au coin de l’avenue Jean-Jaurès et du cours Gambetta. Entre 10 et 30 euros. Parce que le RSA ne suffit pas pour tout payer. Qu’y a-t-il dans ce "tout" ? Ce n’est pas dit. L'après-midi, assis sur son tabouret, il attend que ça tombe. L’aide publique d’un côté, la charité des passants « gentils » de l’autre. Un éducateur de rue « lui déniche un petit appartement dans l’arrondissement ». Que demande le peuple ?

 

 

Conclusion ? Voici comment il envisage l’avenir, BORIS : « J’aimerais trouver un bon travail, avoir une petite amie et un jour, pourquoi pas, fonder une famille … ». Un homme normal, quoi.

 

 

Alors je demande : QU’EST-CE QUI CLOCHE, dans ce tableau ? Qu’est-ce qu’elle dit, la chanson de JACQUES HIGELIN ? Ah oui :

 

« Poil dans la main,

payé à rien foutre,

regarder la poutre

dans l’œil du voisin ».

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

lundi, 03 décembre 2012

DES HÔTELS EN TRES HAUTE MONTAGNE

Pensée du jour :

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"SURFACE" N°4

« Le printemps hésite ; à juste titre, car on ne sait pas encore s’il va faire chaud ou froid. Mais il viendra aux premiers beaux jours. Paris est gris autour du dôme des Invalides, et le soir la tour Eiffel darde ses yeux de ténia. L’homme rêve de s’occuper de choses importantes ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

Je parlais il n’y a pas très longtemps des quelques moments que j’ai consacrés, pendant un temps, à des activités sportives en montagne. On appelle ça « alpinisme », il paraît. Mais déjà, l’été au cours duquel j’ai fait, en compagnie d’ALAIN et CHRISTIAN, l’ascension du Mont Blanc, nous trouvions qu’entre les deux principales voies d’accès (refuge du Goûter et refuge des Grands Mulets), la fréquentation de l’arête des Bosses « atteignait des sommets » (si je peux dire). 

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VU DU BREVENT

En 2005, on a dénombré entre 25.000 et 30.000 personnes sur le Mont Blanc. Certains envisagent même avec horreur (mais réalisme) un chiffre futur de 50.000 à 100.000. A ce compte, ce n’est plus de l’alpinisme, c’est les Champs-Elysées. Sans parler du danger pour les hommes que pourrait représenter cette véritable bousculade, parlons de l’état de la montagne. 

 

 

A commencer par les abords du refuge du Goûter (je parle de l’ancien, pas de l’ « œuf d’inox » qui vient d’être achevé à quelque distance). Imaginez que la foule des marcheurs est composée de personnes qui mangent et qui boivent. Et que, fatalement, ces gens doivent expulser de leur corps les matières liquides et solides qui n’ont pas été assimilées. 

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ET JUSTE DERRIERE L'ANCIEN, QU'ON APERÇOIT AU FOND, IL Y A L'ANCÊTRE

Ajoutez à ces données numériques du problème le fait que la nuitée au refuge est facturée autour de 25 €, et que beaucoup d’amateurs, n’ayant pas les moyens, se contentent de monter avec leur tente. Et aux dernières nouvelles, fort peu de tentes sont équipées de latrines. Le résultat ? Il fut visible (et olfactivement intense, paraît-il) il y a quelques années, où les chutes de neige avaient été insuffisantes : la neige fondant, les abords du refuge étaient devenus un vrai champ d’épandage, sauf que ce n’était pas pour faire pousser des légumes. 

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L'ANCIEN (A DROITE), ET PUIS L'ANCÊTRE (LE SEUL !)

C’est ce moment que le Club Alpin Français choisit pour construire un nouveau refuge, avec une capacité d’accueil de 120 personnes. Révolutionnaire de forme et de conception, le nouveau refuge ! J’ai dit dans un billet précédent à quelles tristes circonstances il est lié, dans mon esprit. J’y pense, mais je n’y reviens pas. 

 

 

ELISABETH CHAMBARD, dans la revue du Conseil Régional, présente la construction comme un « hôtel des sommets ». C’est affreux. Franchement, s’il en est ainsi, je crains le pire. Passe que le refuge Albert 1er soit depuis longtemps considéré comme un hôtel, du fait que télécabine (Charamillon) et télésiège (col de Balme) transforment la « montée en refuge » en promenade, en quelque sorte. Une « nuit en refuge » est une expérience éventuelle, pourquoi pas ?

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BIONNASSAY : SUPERBE !

Mais le Goûter ? D’abord on est à 3.835 mètres. Ensuite, pas de remontée mécanique (si : le TMB vous monte à 2835, mais il vous reste 1.000 mètres à faire par vos propres moyens, et ce n’est pas du sentier, mais une ascension à part entière). C’est sûr, il est très beau, le nouveau Goûter : une architecture audacieuse, un porte-à-faux vertigineux, des perspectives uniques (l’extraordinaire arête et la magnifique aiguille de Bionnassay comme si vous y étiez !). Je dis bravo. 

 

 

Mais quel est le but du Club Alpin Français ? Je vais vous dire mon opinion : il aurait voulu envoyer à tous les amateurs de Mont Blanc un message du genre : « Vous pouvez y aller », il ne s’y serait pas pris autrement. Je me rappelle un matin : nous avions pris le téléphérique de l’aiguille du Midi. Passant sous la paroi rocheuse pour faire l’arête des Cosmiques, nous avons vu quelques cordées qui patientaient au pied, attendant que la cordée précédente ait avancé pour démarrer. 

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VOUS LES VOYEZ, LES BONSHOMMES ?

Et cette paroi (la voie Contamine) est réservée à des varappeurs très expérimentés. Alors imaginez, sur un itinéraire où le minimum exigé n’est pas un gros bagage technique de grimpeur, mais une simple endurance à toute épreuve. Un bon entraînement préalable, et vous êtes candidat « naturel » au Mont Blanc. 

 

 

En haute montagne, la difficulté technique élimine d’office tous les blagueurs et autres insuffisants. Si vous parlez de difficulté physique, vous élargissez automatiquement la clientèle potentielle. Ouvrez un hôtel au pied de la face sud de l’aiguille du Fou, vous mettrez rapidement la clé sous la porte : les gens capables d’arriver au sommet sont assez rares.

AIGUILLE FOU SUD.jpg

IL FAUDRAIT ÊTRE FOU POUR Y OUVRIR UN HÔTEL, NON ?

Mais construisez un « hôtel des sommets » au départ d’une « avenue des Champs-Elysées » : c’est l’affluence à Carrefour la dernière semaine avant Noël.

 

 

C'est ça qu'il veut, le Club Alpin Français ?

 

 

Voilà ce que je demande, moi.

 

 

 

 

 

 

 

samedi, 01 décembre 2012

MOI, SI J'ETAIS L'UMP

Pensée du jour :

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"MUR" N°16

« Quoi de plus beau qu'une rose, un papillon, ou la règle des participes ? Plus on vieillit, plus on aime les fleurs et la grammaire ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

Moi qui ne suis pas politicien (je m’en voudrais !), je suggère aux cadres et militants de l’UMP catastrophés par la haine que se vouent COPÉ et FILLON, haine qui risque de faire couler le bateau, de faire comme les « socialistes » : appeler ces ceux-là ELEPHANTS. Ça, c’est pour commencer.

 

 

Ensuite, je proposerais, si j’étais dans le zoo UMP (à Dieu ne plaise !), d’adopter, pour résoudre le problème, la solution qu’a trouvée la direction du Noorder Animal Park (tiens, c’est drôle, ça se trouve en HOLLANDE !) pour éviter à ses éléphants de s’entretuer.

 

Je vous explique : Htoo Khin Aye est morte. A 31 ans, elle était présidente de l’UMP locale, chez les douze éléphants de ce zoo situé dans la riante cité d’Emmen, aux Pays-Bas. Que s’est-il passé alors ? Eh bien, ça a été la bagarre. Et chez les éléphants, ça ne rigole pas, je vous jure. Deux femelles briguaient le siège présidentiel : Mingalar-oo, la fille légitime de la défunte, a d’abord pris le pouvoir.

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PAUVRE GAMIN !!!!

Mais Htoo Yin Aye, la doyenne d'âge (pensez, 30 ans et toutes ses dents) ne l’entendait pas de cette oreille : elle les a agitées violemment. Elle a barri très fort. Et au Noorder Animal Park, où l’on n’avait jamais vu ça, ça a été la bousculade générale. Les douze membres de l’UMP éléphantesque locale en sont venus aux trompes, et ont été bien près de donner de la défense contre leurs congénères. La situation est devenue intenable, d’après WEBREN LANDMAN, la biologiste du Parc.

 

 

Eh bien vous savez ce qu’elle fait, la direction ? Elle DONNE les quatre dissidents à qui en voudra. Elle en FAIT CADEAU, de ses éléphants belliqueux. Alors je pose la question : pourquoi l’UMP française n’en ferait-elle pas autant ? Imaginez la petite annonce : « Parti politique d’opposition, très riche en adhérents, cède à qui en voudra, deux dirigeants méchants, GRATUITEMENT ». Je sens que ça va se bousculer au portillon. 

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Vous avez un peu de place dans un coin du salon ? Adoptez JEAN-FRANÇOIS COPÉ. Quelques granulés, une gamelle d’eau, une bonne litière : il n’en demande pas plus. Une sortie le matin, une sortie le soir pour les besoins. Apprenez-lui le caniveau, vous verrez qu’il sera très docile. Seule précaution : une bonne laisse et une muselière sont conseillées. 

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Vous avez une niche dans le jardin ? Votre Médor vient de claquer ? Adoptez FRANÇOIS FILLON. Là, plus de muselière : votre propriété est protégée efficacement contre toute tentative d’intrusion malveillante, et vos tableaux, tapis, bibelots précieux sont durablement en sécurité. Un peu d’affection, quelques caresses, quelques croquettes : il n’en demande pas plus.

 

 

Elle est pas belle, ma proposition ? Qu’enfin un homme politique devienne utile ! Qu’enfin, il serve à quelque chose ! L’avenir est à l’homme politique domestique. Adoptez un COPÉ !!! Adoptez un FILLON !!! Votre vie va changer !!!

 

 

Seul problème : je n'ai pas demandé à la SPA si les deux espèces ("espèces de ... !", évidemment) étaient dûment recueillies par eux, en cas de départ en vacances inopiné, ou si l'on se contentait de les faire piquer séance tenante, parce que trop encombrantes.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

vendredi, 30 novembre 2012

L'HOMME QUI REPARE LES FEMMES

Pensée du jour :

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"GRILLE" N°7

« L'homme meurt en faisant "couic" sous le couteau. Ou alors en hurlant. Il meugle comme un boeuf. Par désespoir, par nostalgie. Il lui semble qu'il est frustré. Tout allait commencer, tout cessa. On lui fait ça. On ose. Il en est stupéfait ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

Pendant que deux sales gosses de l’UMP font tout pour empêcher l’autre de s’approprier son jouet, le sable du bac dans lequel ils jouent se couvre de sang virtuel. Le sang réel, lui, il coule (entre autres) en Afrique. Et plus précisément (entre autres) dans une région qui s’appelle le Nord Kivu. C’est au Congo, dans le nord-est, près du Rwanda et de l’Ouganda, là où se trouvent de grosses réserves de « coltan » (colombite + tantalite). Il paraît que sans lui, il n’y a plus de smartphones, de tablettes et autres joujoux. Il est donc évident que ce soit la guerre.

 

 

Drôle de région, si vous voulez mon avis : pendant que, d’un côté, les restes de l’armée officielle de RDC épargnent une maison au bord du lac Kivu, où veille une simple gardienne, le mouvement M23 (ou les Maï-Maï, ou d’autres bandes) fait régner la terreur dans les villages. La cible ? Tout ce qui est FEMME. Dans cette région, les hommes ont érigé le viol des femmes au rang d’activité industrielle. Une simple modalité parmi d'autres de la guerre qui s’y pratique depuis une quinzaine d’années.

 

 

On se dit que cela ne peut se passer qu’en Afrique ? Mais non : rappelez-vous 1991, Vukovar, la Yougoslavie, MILOSEVIC, les sinistres VOJISLAV SESELJ, RATCO MLADIC et consort. Pour construire la « Grande Serbie », ce fut, entre autres, leur façon de faire la guerre (au Croates, aux Bosniaques, etc…) : violer les femmes, et pas pour soulager leur libido frustrée. Au contraire : ça faisait partie intégrante de la (pardonnez-moi) « stratégie ». La libido n'était peut-être pas absente, après tout.

 

 

Mais au Congo, apparemment, il y a deux sortes de femmes : d’un côté, Madame KABILA, propriétaire de la maison citée ci-dessus, et de l’autre toutes les femmes. Je veux dire toutes les autres. Il faut dire que c’est au fait que Madame KABILA est propriétaire dans la commune que celle-ci doit de bénéficier d’une ligne à haute tension et des bienfaits de la fée électricité, un bienfait assez rare dans le pays. Qui se plaindrait ? Au passage, KABILA, c’est le nom du Président de RDC.

 

 

Mais foin d’entrée en matière : parlons des autres femmes. Et en particulier d’un homme. Il s’appelle DENIS MUKWEGE. Il est médecin. Il a fondé un hôpital dans une ville appelée Panzi. Quelle n’est pas sa surprise, le 25 octobre dernier, en rentrant chez lui après sa journée de travail, de se voir braquer une kalachnikov sur la tempe ! L’homme s’apprête à tirer. 

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LE DOCTEUR DENIS MUKWEGE

Soudain, un employé de l’hôpital se précipite sur le tueur, qui se retourne, et l’abat de deux balles. Le Docteur MUKWEGE ne doit la vie qu’à la confusion qui s’ensuit. Ça tire, il est couché à terre, le commando s’enfuit au volant de la voiture familiale. « Miraculé. J’en suis au sixième attentat par balles », déclare-t-il doucement.

 

 

« Pourquoi tant de haine ? », demande l’incrédule. Très simple : ce gynécologue (qui est aussi pasteur, nobody’s perfect), qui pensait avoir ouvert son hôpital pour s’occuper de mise au monde, de suivi des femmes enceintes, éventuellement de césarienne, voit arriver une femme dans son hôpital tout neuf, un jour de septembre 1999. Des soldats l’ont violée. Mais ça ne suffit pas : pour faire bonne mesure sans doute, son « appareil génital avait été déchiqueté par des balles tirées dans son vagin » (excusez-moi, je cite).

 

 

Ce n’est que la première d’une longue série. « Mais à la fin de l’année, j’en étais à 45 cas », dit le docteur. En 2000, 135 cas sont comptabilisés. En 2004, il y en a 3604. Visiblement, les gars sont contents d’avoir trouvé un "truc". Une idée à creuser, quoi. « Le viol était devenu une arme de guerre ». Les clitoris étaient coupés, les seins, les lèvres, les nez sectionnés.

 

 

« Et le viol s’est répandu. Utilisé par tous les groupes armés, les rebelles hutus et les combattants maï-maï, les soldats rwandais et les forces gouvernementales congolaises, et aujourd’hui les insurgés du M23 ». En treize ans, le docteur MUKWEGE a opéré plus de 40.000 femmes violées et mutilées. Au Congo, il parle de 500.000 femmes violées en seize ans.

 

 

Là, je suis désolé, mais je suis obligé de laisser parler le docteur, faites comme moi, accrochez-vous bien : « J’ai vu des vagins dans lesquels on avait enfoncé des morceaux d’arbre, de verre, d’acier. Des vagins qu’on avait lacérés à coups de lames de rasoir, de couteau ou de baïonnette. Des vagins dans lesquels on avait coulé du caoutchouc brûlant ou de la soude caustique. Des vagins remplis de fuel auxquels on avait mis le feu ». Ce n’est pas fini.

 

 

Car la journaliste insiste : « Il a soigné une femme qui, enlevée avec ses quatre enfants par un groupe armé pour devenir leur esclave sexuelle, a appris que le plat étrange qu’on l’avait forcée à avaler était constitué de trois de ses enfants. Il a tenté pendant des heures de reconstituer le vagin d’une petite fille de 3 ans que des sexes barbares avaient saccagé, lors d’un raid nocturne sur un village ». Personnellement, je me serais passé des « sexes barbares », tant la réalité du fait se suffit à elle-même, mais bon. On comprend mieux l'acharnement des violeurs de femmes à tuer le docteur DENIS MUKWEGE. En quelque sorte, il gâche le métier.

 

 

Ce qui anéantit le plus le bon docteur (L’Homme qui répare les femmes, COLETTE BRAECKMAN, André Versaille éditeur), c’est le silence assourdissant des instances internationales. Y a-t-il une « communauté internationales » dans l’avion ? La réponse est non. Car la "communauté internationale", en 1994, est intervenue au Rwanda quand, au 800.001 ème mort, elle put coller sur la chose le mot "génocide". Pour la Syrie, c'est un peu la même chose, mais les enjeux ne sont pas les mêmes, et ça, ça ralentit la "communauté internationale".

 

 

Vous comprenez pourquoi je persiste dans l’achat quotidien du journal Le Monde ? Tout simplement parce qu’ARIANE CHEMIN (voir ma note d’hier) et ANNICK COJEAN (dont l’article, sans doute rédigé à partir d’un entretien avec le docteur MUKWEGE réfugié quelque part, nourrit celle d’aujourd’hui) correspondent trait pour trait à l’idée noble que je me fais (malgré tout) des gens qui pratiquent le métier de journaliste. Merci à elles.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 29 novembre 2012

UNE SORTE DE MAFIA SOCIALISTE

Pensée du jour :

 

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"SILHOUETTE" N°17

« C'est ainsi qu'à la suite de traités "culturels", ou commerciaux, avec la Chine, nous allons recevoir des morts. On ne peut guère offrir que ce qu'on a. Il ne faut pas attendre de Pékin du chevreton ou de la fourme à points bleus. En revanche, nous aurons des "pièces anatomiques". (...) Nous aurons donc des cadavres chinois. Malheureusement, nourris exclusivement de riz, ils ont les os extrêmement frêles. C'est une constatation que tous les médecins ont faite depuis la guerre russo-japonaise : le mangeur de riz a l'os cassant. On l'enverra en "colis fragile". Les petits cadeaux entretiennent l'amitié ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

C’est vrai, je le reconnais, je l’avoue, depuis quelque temps, j’ai tendance à délaisser ici ce qui se passe autour de nous, à commencer par les feuilletons en cours en Syrie, en Israël-Palestine, ailleurs sûrement. Tiens, au fait, ça fait très longtemps qu’on n’a pas entendu parler de monsieur ROBERT MUGABE.

 

 

Peut-être qu’il ne s’y passe rien, au Zimbabwe, depuis qu’il a lancé la chasse aux blancs, enfin, la chasse aux terres cultivées par les blancs, au motif que c’était de l’accaparement hérité des colonies, et depuis que ces terres, après le départ de leurs « propriétaires » (on n’ose plus dire ça), sont tombées en friches et devenues improductives, obligeant constamment le pays à demander l’aide internationale d’urgence. Plus simplement, c’est sans doute qu’aucun organe de presse n’estime intéressant d’envoyer un journaliste à Harare.

 

 

Autrefois, les informations, ça s’appelait « les actualités ». Et c’était déjà de la propagande. Aujourd’hui que la hiérarchie des valeurs a été passée à la moulinette télévisuelle, et à la rubrique des « étranges lucarnes » (dans Le Canard enchaîné), le pire côtoie sans pudeur le meilleur, avec néanmoins une préférence marquée pour le premier des deux. Mais je ne vais pas faire mon Don Quichotte et me lancer dans une énième (et vaine) offensive contre la « machine à mouliner du vent » qu’est la télévision.

 

 

Devenue un véritable mode de vie, la télévision constitue une sorte de pilier, qui structure l’existence d’une part non négligeable de la population humaine de la planète, y compris dans les pays musulmans, où elle a été admise comme sixième pilier de l’Islam, avec Al Jazira. Je ne vais pas me faire que des amis, mais c’est vrai ça : je ne vois pas pourquoi quelques milliards de musulmans n’auraient pas droit au déluge de propagande qui s’abat sur l’humanité souffrante par le biais de ce que beaucoup de naïfs persistent à considérer (et tous les pouvoirs à présenter) comme un « merveilleux outil d’éducation et d’information ».

 

 

L’actualité aujourd’hui ? C’est cette envoyée spéciale qui passe toute une journée devant la porte d’un juge bordelais en train d’auditionner un certain NICOLAS SARKOZY et qui, n’ayant rien à dire, puisqu’il ne se passe rien, se contente d’avoir froid devant la caméra. C’est aussi La Course du rat (excellente BD de LAUZIER), où parti socialiste,françois hollande,afrique,robert mugabe,zimbabwe,syrie,israël,palestine,juifs,le canard enchaîné,don quichotte,télévision,musulmans,islam,cinq piliers de l'islam,nicolas sarkozy,jean-françois copé,françois fillon,ump,crise,manuel valls,alain bauer,stéphane fouks,grand orient de france,julien dray,ségolène royal,dominique strauss-kahn,jean-christophe cambadélis,le monde,journalisme,presse,ariane chemin,police,françois mitterrandJEAN-parti socialiste,françois hollande,afrique,robert mugabe,zimbabwe,syrie,israël,palestine,juifs,le canard enchaîné,don quichotte,télévision,musulmans,islam,cinq piliers de l'islam,nicolas sarkozy,jean-françois copé,françois fillon,ump,crise,manuel valls,alain bauer,stéphane fouks,grand orient de france,julien dray,ségolène royal,dominique strauss-kahn,jean-christophe cambadélis,le monde,journalisme,presse,ariane chemin,police,françois mitterrandFRANÇOIS COUILLON et FRANÇOIS FRAPPÉ veulent s’asseoir à la place du calife, en vue de devenir le Sultan (rien de moins) en 2017. Je me dis que le fromage doit avoir un goût délectable.

 

 

L’actualité aujourd’hui ? On en apprend, du joli, sur la mafia politique qui nous gouverne en lisant un excellent article sur une des plus vieilles amitiés politiques qui soude trois lascars (dans l'ordre, MANUEL VALLS, ALAIN BAUER, STEPHANE FOUKS), dont l’un est assis dans le fauteuil de ministre de l’Intérieur, dont l’autre, longtemps plus en retrait, s’est fait bombarder (par son alors récent copain NICOLAS SARKOZY, et, évidemment dirons-nous, au mépris des procédures habituelles et au grand dam des universitaires, ça vous étonne ?) professeur à une chaire de criminologie après avoir présidé aux destinées du Grand Orient de France, et dont le troisième, à la surface de notoriété médiatique encore moins vaste (coprésident de Havas quand même !), s’est dès longtemps spécialisé dans la « communication politique ».

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LES "FRERES" RIGOBERT BAUER, NEPOMUCENE ROCARD, WILLIBALD VALLS, LADISLAS FOUKS, EN SOUTANE DE MAÇONS D'ETE, LE 9 JUIN 1985

Le premier fait parler de lui presque tous les jours dans les cercles qui le croyaient « de gauche », et qui découvrent sans cesse que plus il agit en tant que ministre, moins il l’est, « de gauche ». C’est évidemment MANUEL VALLS. Monsieur ALAIN BAUER a très tôt formé le projet de devenir Grand-Maître du Grand Orient, le top de ce qui se fait en matière de mafia franc-mac. Quant à STEPHANE FOUKS, il ferait presque pâle figure, sauf qu’en matière de com’, il s’y connaît, et l’on peut dire qu’il se sent là, tout de suite, comme un poisson dans l’eau : responsable étudiant, il savait comme personne remplir une salle. C’est peut-être un talent, après tout.

 

 

Tout de suite, ils se partagent le marché politique, comme savent le faire des « parrains » qui jugent la paix préférable pour la prospérité des affaires. Tout de suite comme des vieux routiers. Ont-ils vingt ans, quand ils se retrouvent à la cafétéria de Tolbiac ? « Moi, je rêve un jour d’être grand maître ». « Moi je ne veux pas forcément faire de la politique mon métier ; j’aime la communication ». « Moi, j’aime la France, j’aimerais bien devenir président de la République ». Vous les avez reconnus ? C’est un certain JULIEN DRAY qui témoigne, vous savez, celui qui a récemment fâché SEGOLENE ROYAL en invitant DOMINIQUE STRAUSS-KAHN à son anniversaire.

 

 

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS y va aussi de son témoignage : « Chacun des trois avait déjà un morphotype : communicant, agitateur politique et, au choix, flic ou homme de réseaux. (…) Aux Jeunesses Socialistes, ils ont chacun une tâche : Manuel, la politique et la vie publique ; Bauer, la tactique et les manœuvres d’appareil ; Stéphane la communication ». Ces messieurs sont convenus de ne pas se marcher sur les pieds.

 

 

Ces trois-là viennent de fêter leurs 150 ans (sic ! Ils sont nés en 1962, sauf FOUKS ?) en « privatisant » les deux étages du restaurant Drouant (celui du Goncourt), et en invitant une bonne centaine de personnes : « Des patrons, des pontes du renseignement, des politiques, autant de cercles qui s’emmêlent tandis que sur les tablées le bon vin abolit les frontières ». « On offre des livres rares, des alcools forts millésimés ». Dans le trio qui invite, la personnalité la plus « intéressante » est peut-être celle d’ALAIN BAUER.

 

 

Le site wikipédia le présente comme un « consultant en sécurité » (on n'est pas plus pudique). Né en 1962, il est socialiste à 15 ans. Trente ans plus tard, il devient conseiller de SARKOZY. Sa spécialité ? La police. Plus précisément, les relations dans la police. Devenu vice-président de Paris-I-Tolbiac (en 1982, tiens, tiens), il suscite ce commentaire admiratif : « Quand on a vu Bauer arriver à la fac avec sa voiture et son chauffeur, on s’est dit que, là, il avait des réseaux qu’on n’aurait jamais, même à 50 ans ». En 1982, il avait 20 ans. Entre parenthèses, ça en dit long sur le Parti Socialiste de FRANÇOIS MITTERRAND, et bien avant sa victoire de 1981.

 

 

Le plus « intéressant » dans cette carrière « intéressante » me semble être le fait que monsieur ALAIN BAUER illustre à merveille une notion très à la mode : le RÉSEAU. Avec ALAIN BAUER, si vous additionnez le réseau FRANC-MAÇON, le réseau JUIF, le réseau POLICIER et le réseau SOCIALISTE, vous obtenez un « carnet d’adresses » épais comme un Bottin de Paris dans les années 1950 (minimum 15 cm sur papier fin). ALAIN BAUER est à lui seul une incarnation du concept de RÉSEAU. Sa personne est un LOBBY. C'est très fort.

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Cet homme est à lui seul une agence d’influence. Et je vais vous dire : les idées politiques, franchement, il n’en a rien à cirer. Et je vais vous dire mieux, il ne faut pas chercher ailleurs les "idées" (si par hasard ce sont des idées, et non de simples moyens de gouvernement) que MANUEL VALLS met en application maintenant qu’il est ministre : ALAIN BAUER, son vieil ami, enseigne à l’EOGN (officiers de gendarmerie) et à l’ENSP (cadres de la police). J’avoue que je n’ai pas lu les ouvrages de monsieur ALAIN BAUER. Honnêtement, quand ils ont paru, je faisais autre chose, j’étais en plongée sous-marine, sans doute.

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SURPRISE ! ANDERS BERING BREIVIK, TUEUR NORVEGIEN, EN TENUE DE "FRERE"

EST-CE UN MONTAGE ? JE ME POSE LA QUESTION.

Merci à ARIANE CHEMIN, pour la qualité de son article du Monde. Alors ça, oui, c'est ce que j'appelle du journalisme !

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

dimanche, 04 novembre 2012

LE DROIT DE MENTIR DANS LA DIGNITE ?

Pensée du jour : « Si tout le monde était de mon avis, tout serait plus commode ».

 

PROVERBE BANTOU

 

 

Franchement, je ne sais pas quel est au juste le degré de parenté de madame SYLVIE KERVIEL avec un certain JERÔME du même nom, et dont le patronyme et le petit nom ont couru les gazettes dans tous les sens pour une bête histoire de porte-monnaie de vieille dame évaporé dans la nature. Enfin, un porte-monnaie de cinq milliards quand même. Mais on ne choisit pas sa famille, n’est-ce pas ?

 

 

On ne choisit pas son nom de famille, c’est certain. Tenez, il existe sûrement quelque part quelqu’un qui s’appelle HITLER. Peut-être même son prénom est-il ADOLF. On appelle ça de l’homonymie. Je me dis que ça doit être assez lourd à porter. Je parlais il n’y a pas longtemps de MOHAMED MERAH. Eh bien j’ai lu quelque part qu’un autre malheureux MERAH, lui aussi prénommé MOHAMED, ne cessait de rencontrer, au quotidien, dans son travail, dans son quartier, des tracasseries diverses. J’espère pour lui qu’il y a mis fin.

 

 

La revue Lire avait publié dans le temps un dossier recensant quelques individus qui portaient le nom et le prénom d’écrivains célèbres. Je me souviens d’un garagiste francilien qui s’appelait JEAN-JACQUES ROUSSEAU. Dans la liste, il devait y avoir un MARCEL PROUST, quelques autres, parmi lesquels un poinçonneur du métro parisien. Le dossier, je dois dire, était assez drôle.

 

 

Sans même parler d’homonymie, j’admets que certains noms soient plus difficiles que d’autres à porter. Il y avait autrefois dans mon quartier une madame COURTECUISSE. J’ai croisé un PEUDEPIECE, un PIEDEVACHE. Rien à voir pourtant avec monsieur BORDEL, qui est parvenu à modifier son nom, moyennant une procédure, je crois, assez longue et tortueuse.

 

 

Car la loi française prévoit les cas où la vie de la personne est rendue invivable, du seul fait de son patronyme, jugé vexatoire, humiliant, et tout simplement impossible à porter. Je ne vous dirai pas à quelles sauces de plus ou moins mauvais goût mon propre nom a été mis tout le temps de la primaire et du lycée.

 

 

Mais enfin, venons-en à madame SYLVIE KERVIEL, journaliste au Monde. Comme tous les journalistes, elle écrit des articles. Etonnant, non (un coucou à La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, du regretté PIERRE DESPROGES) ? Le cas de madame SYLVIE KERVIEL, il faut que je l’avoue, m’a interpellé (non, vous ne me ferez pas ajouter « quelque part au niveau du vrai cul »).

 

 

Je n’ai rien à dire du sous-titre de son article : « Les mensonges des petits les aident à grandir ». C’est percutant de vérité massive. Je n’en dirai pas autant – mais alors pas du tout – du titre lui-même. Pensez, l’article figure en page 19, mais est « appelé » en Une par son titre et un court texte de présentation. Tenez-vous bien, madame KERVIEL intitule son laïus : « Accorder aux enfants le droit de mentir ».

UNE MONDE.jpg 

 

Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve ça extraordinaire. Ce titre me semble en effet très révélateur d’une grande tendance de l’époque qui ne cesse de « faire bouger les lignes », en un mot, ne cesse de bouleverser les points de repère dans nos esprits livrés à la confusion des mots et des notions.  

 

 

Donc, il faut ACCORDER AUX ENFANTS LE DROIT DE MENTIR (je signale que le « il faut » est sous-entendu par le verbe à l’infinitif). Qu’est-ce qui est aberrant dans la proposition ? Mais le simple fait de transformer une réalité en droit. Tout bêtement. Tiens, par exemple : qui n’a jamais volé ? Je veux dire volé quelque chose à quelqu’un ? Le vol est une REALITÉ. Un fait qui se produit tous les jours. Connaissez-vous pour autant une loi qui fasse du vol un DROIT ? Evidemment non.

 

 

Et voici, dans la très longue liste des « droits » nouvellement éclos (c'est nouveau, ça vient de sortir), un nouveau « droit » : celui de mentir. Et pas n’importe comment : le mensonge entre en effet dans l’arsenal des moyens éducatifs. Je reste un peu baba d’étonnement devant cette proposition audacieuse. Car jusqu’à nouvel ordre, mentir reste une infraction. Pas à la loi, non. Je ne crois pas qu’un tel délit figure au Code Pénal. Mais enfin une infraction aux règles morales de la vie en société.

 

 

Je sais bien que nous autres, gens ordinaires, passons notre temps à dissimuler, à omettre, à jouer double-jeu. Et que les hommes politiques ont fait du mensonge un métier (voir FRANÇOIS MITTERRAND face à JACQUES CHIRAC en 1988 : « Dans les yeux, je le conteste »). Mais cela fait-il du mensonge un « DROIT » ? Evidemment non.

 

 

Les enfants mentent, comme tout le monde. C’est un fait. Faut-il, à l’exemple de SYLVIE KERVIEL, se pencher vers eux avec un sourire bienveillant et leur dire : « Oui, c’est bien, continue » ? D’ailleurs, si les enfants mentent, ils ont de qui tenir : c’est du simple mimétisme. Toto voit sa mère décrocher le téléphone et dire : « Ah, ma chère amie, tu ne fais que me précéder, j’allais t’appeler, tu ne peux pas savoir le plaisir que tu me fais ! ». Ce disant, la maman regarde monsieur en se passant le revers des doigts sur la joue, aller et retour. Le gamin n’oubliera pas, soyez-en sûrs.

 

 

Il existe des réalités, dans la société : il y a des prostituées, des voleurs, des meurtriers, des menteurs, des escrocs, et bien d’autres tout aussi blâmables. Beaucoup de ces réalités sont réprimées par la loi, mais même sans cela, rien n’autorise à faire d’une réalité un droit, qu’il s’agisse de faire ou d’adopter des enfants, de se marier, de recourir à la procréation médicalement assistée (PMA).

 

 

On n’a pas DROIT à l’enfant, même si l’envie d’en avoir ne manque pas. Et cela vaut pour la mort (cf. l’ADMD), le mariage, etc. Que deviendrait le statut de la vérité si l’enfant se voyait autorisé à mentir ? S’il ne sentait pas que c’est « mal » ? S’il n’avait pas, quelque part, le sentiment (et le plaisir) d’enfreindre ? La vérité ne serait plus une sorte d'idéal à atteindre dans « le meilleur des mondes possibles » (quand il sera advenu), mais une option parmi d’autres sur les rayons du supermarché des notions morales.

 

 

Madame KERVIEL a perdu une bonne occasion de la fermer. Mais il paraît qu'on est en démocratie : tout le monde a-t-il pour autant le droit de proférer des âneries ? C'est pourtant, dans la réalité, ce  à quoi s'autorisent des légions d'individus à longueur de journées et de journaux. Après tout, c'est peut-être quand même ça, la démocratie : la possibilité de dire n'importe quoi. Mais non, personne ne pourra me convaincre qu’une réalité (ou un désir) ouvre, du seul fait qu’elle existe, sur un DROIT. Il ne faut pas confondre un FAIT avec un BUT.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

samedi, 03 novembre 2012

POURQUOI MOHAMED MERAH EST-IL MORT ?

Pensée du jour : « Voici de nouveau la misère : nous n'avons plus de vin ».

 

LEON BLOY

 

 

Les questions qui me viennent à propos de la façon dont les flics de la DCRI ont « géré » le cas MERAH sont de plusieurs ordres. Il faut d’abord un petit retour en arrière, et rappeler que la DCRI résulte d’une fusion : celle de la DST et des RG. DST pour Direction de la Surveillance du Territoire, RG pour Renseignements Généraux. Autrement dit, d’un côté la chasse aux espions, de l’autre la chasse à l’ « ennemi intérieur ». Le contre-espionnage et la surveillance de la population.

 

 

Il fut un temps, nous eûmes un voisin qui travaillait à la DST. Je me rappelle quelques petites choses qu’il nous racontait. Par exemple, la tâche de son service était de collecter des renseignements sur les membres de l’Orchestre et des Chœurs de l’Opéra. La raison de cette idée a priori bizarre ? Leur origine souvent étrangère. Il fallait s’assurer que leur présence en France était exclusivement motivée par des raisons professionnelles et musicales. Un certain nombre venaient des « pays de l’est », il y avait peut-être des espions, allez savoir. C’était la guerre froide.

 

 

La tâche des RG, ce n’était pas du tout la même chose. Pour résumer, quand il y avait une manifestation dans la rue (syndicats, partis, casseurs, …), c’était eux qui, montés sur des bornes, photographiaient méthodiquement tous les porteurs de banderoles et ceux qui marchaient derrière. On ne sait jamais, il pouvait se cacher parmi eux quelques dangereux subversif, agitateur, lanceur de cocktail molotov. Il faut bien renseigner les autorités de l’Etat sur ceux qui risquent de les jeter à  bas.

 

 

Deux services voués à des tâches radicalement hétérogènes donc. Enfin, peut-être pas si hétérogènes que ça dans le fond, je ne suis pas spécialiste. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que c’étaient deux « maisons » différentes, gérées différemment, où les personnels avaient, comme on dit, des « cultures » différentes, ce qui veut sans doute dire que les façons de travailler se distinguaient nettement, et que les automatismes professionnels des uns et des autres n’avaient pas grand-chose à voir.

 

 

Malheureusement, en 2002, arrive au Ministère de l’Intérieur un homme qui, en matière de maintien de l’ordre et de sécurité publique, a des convictions fortes, certains disent des lubies. Il s’appelle, tout le monde le connaît, NICOLAS SARKOZY.

 

 

La première mesure « emblématique » prise par le guignol de vogue (autant dire ses premiers dégâts), pour renforcer la sécurité, fut d’en finir avec la « police de proximité », mise au point par la gauche de JOSPIN pour modifier l’image de la police auprès des populations des « quartiers ». Ce en quoi le concept jospinien a montré son efficacité. Mais l’idée avait le tort d’être « de gauche ». Et de bafouer en apparence la sacralité de l'uniforme et de l'autorité.

 

 

SARKO est arrivé avec ses muscles : « Vous allez voir ce que vous allez voir ! », et a proclamé : « Les flics ne sont pas payés pour jouer au football avec de jeunes voyous ». Il leur a dit, à ses flics, de faire péter l’autorité de l’uniforme et de restaurer la majesté des défenseurs de l’ordre public. En leur ordonnant d’être efficaces, je veux dire de « faire du chiffre » et d’obtenir des « résultats ».

 

 

Si j’ai le temps, je dirai comment c’est tellement facile de « faire du chiffre », qu’on se demande pourquoi certains policiers qui ont encore le sens du métier se donnent du mal pour lutter contre la vraie délinquance.

 

 

Cela a donné la garde à vue à tout bout de champ (800.000 par an), le prélèvement généralisé de salive pour l’ADN (vous passez au tribunal si vous refusez), l’explosion du délit d’ « outrage et rébellion », le tutoiement institutionnalisé. On voit ce qu’il en est résulté à Marseille, où la ville vient d’arroser au champagne son 23ème mort par arme à feu de l’année, et où le mot « kalachnikov » ne s’est jamais si bien porté.

 

 

La deuxième mesure, dont le ratage policier dans l’affaire MERAH est sans doute une conséquence, ce fut donc la fusion RG-DST dans un machin appelé DCRI. Sans doute sur la base du culte de l’idée « un seul chef pour une plus grande efficacité ». L’idée, certes, n’est pas mauvaise en soi. Mais ce fut une décision purement administrative tombée de tout en haut, sans laisser aux choses et aux gens le temps de s’accoutumer.

 

 

D’après ce que je peux en savoir (la presse), la partie DST fut préservée, au détriment du maillage du territoire, naturel à la partie RG. Cela veut dire qu’on privilégie la centralisation du pouvoir, et qu’on considère les « locaux » comme de simples exécutants, lampistes et lampions. Cela veut dire une chose : le culte du chef. On reconnaît bien là la « patte » de SARKOZY.

 

 

Qu’on se le dise : il y a quelqu’un aux commandes. En plaidant l’éthique de la « responsabilité » ! S’il se sentait vraiment « responsable », il serait déjà en chemise et la corde au cou, devant ses juges, NICOLAS SARKOZY. Ce triste individu a simplement accéléré la dévaluation de l'image du policier dans l’esprit des populations. Et exacerbé l’hostilité de celles-ci à leur égard. Il faut faire péter l’autorité de l’uniforme, on vous dit !

 

 

Alors finalement, qu’est-ce qui pose question, dans l’affaire MOHAMED MERAH ? Que la « tête » parisienne ait méprisé les alertes de l’ « antenne » toulousaine n’est sans doute pas niable. Deux détails de l’affaire attirent l’attention : 1 – Le lendemain des meurtres de Montauban (des militaires français), la direction parisienne ordonne à l’antenne de diriger son attention vers l’extrême droite (syndrome BREIVIK ?) et d'abandonner la piste islamiste ; 2 – Un peu avant, elle a été jusqu'à envisager de recruter MERAH comme indicateur.

 

 

Les apparences plaident pour l’incompétence du haut commandement de la DCRI. Mais il y a une autre piste : la dérive idéologique. Toujours l’histoire de la mécanique des idées plaquée à toute force sur une réalité. Mésestimation, sous-estimation, aveuglement, erreur de jugement : n’en jetez plus. L’incompétence reste possible, voire plausible.

 

 

Mais il me vient une question bête. C’est sûr, MERAH n’avait aucune chance d’échapper aux policiers. Combien étaient-ils, autour de son logement ? On s’en fout. Moi, je m’interroge : pourquoi a-t-il été tué ? Comme ça, directement, d’une balle bien placée ? MOHAMED MERAH a-t-il été tué par un tireur d’élite sur un ordre spécifique ? Quelqu’un a-t-il ordonné que MOHAMED MERAH soit abattu ?

 

 

Je n’ai évidemment aucun élément pour faire de cette question autre chose qu’une simple hypothèse. Parce qu’il faut savoir qu’un « sniper » (en anglais, « tireur isolé »), s’il est vraiment un tireur d’élite, est capable de loger une balle de 5,56 (le calibre OTAN) dans une pièce d’1 euro à 500 mètres (vitesse initiale : 1300 mètres / seconde).

 

 

Le tireur qui a abattu MOHAMED MERAH pouvait l’atteindre dans des parties non vitales du corps (épaule, jambe, pied …). Je me dis que, si MOHAMED MERAH est mort, c’est qu’il devait mourir. Je me dis que seuls les morts ne parlent pas. A-t-il fallu l’empêcher de parler devant des juges ?

 

 

Et j’échafaude, et j’élucubre : nous sommes à proximité de l’élection présidentielle. NICOLAS SARKOZY lit les sondages. Il se dit, peut-être comme JACQUES CHIRAC en 1988 face à FRANÇOIS MITTERRAND, qu’une opération spectaculaire a des chances de redorer son blason. CHIRAC avait ordonné l’opération de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie (plus de vingt morts dans l'assaut).

 

 

Pour SARKOZY, si mon hypothèse est bonne, la grotte d'Ouvéa s’appelle MOHAMED MERAH : « Les mecs, je veux du spectaculaire, fait pour les caméras du JT de 20 heures, me loupez pas mon affaire ». J’invente, bien sûr. C’est peu vraisemblable. Mais moi je garde une question en travers : « Pourquoi MOHAMED MERAH est-il mort, alors que sa vie pouvait techniquement être épargnée ? ».

 

 

Parce qu’on ne m’enlèvera pas de l’esprit que sa mort, d’un point de vue strictement policier, n’était pas indispensable. Il ne pouvait pas s’échapper. Aucune chance. Il voulait « mourir les armes à la main » ? Et alors ? Il était tombé du « côté obscur de la force » ? C’est une vaste blague pour magazine people.

 

 

Alors, en conclusion, que le renseignement français ait été déstabilisé par ce trublion capricieux que fut NICOLAS SARKOZY, je veux bien. Il y a dans la très récente DCRI une incompétence manifeste, induite par la frénésie pathologique d’un Ministre de l’Intérieur devenu Président de la République. Mais il y a peut-être autre chose, davantage de l’ordre du calcul politique de circonstance. Je dis ça à tout hasard.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 11 octobre 2012

VOUS AVEZ DIT "ISLAMISATION" ?

Pensée du jour : « Publicité : j'étais chauve, et je le suis resté, grâce aux pastilles de menthe ».

ANDRÉ ISAAC, dit PIERRE DAC

 

Permettez-moi, surtout si vous avez des objections, de mettre un mot sur cette réalité qui vient : entreprise d'islamisation. Regardez la folie qui s'empare de certains au seul ouï-dire d'une saloperie de petit minable film anti-musulman (qui l'a vu ?). Regardez la fatwa renouvelée contre SALMAN RUSHDIE. Regardez l'effet boeuf produit par les caricatures de Mahomet. Regardez l'effet du sort indigne des Palestiniens sur les voisins d'Israël (je ne parle même pas des ennemis). Regardez ce qui se passe au Mali.

 

 

Comparez maintenant la longueur des robes des femmes en Egypte ou en Tunisie en 1960, avec ce qu'elles sont devenues en 2012 (on pourrait aussi parler de la France, et de l' « idée » que plus grand monde ne s'en fait, coucou DE GAULLE). Regardez la douceur extrême du salafiste tunisien moyen, qui ne se met qu'à quinze pour passer à tabac un touriste qui n'entre pas dans les cadres ou pour saccager un cinéma projetant des films "blasphématoires".

 

 

Je ne connais pas monsieur Ramadan, mais regardez le sort indigne qu'il fait au pain au chocolat. J'arrête ici une litanie de faits cohérents et convergents qui pourrait continuer. Est-ce paranoïaque, de mettre tous ces faits bout à bout ? Suis-je « islamophobe » ? Je récuse par avance, totalement, cette allégation.

 

 

Je me dis qu'il y a quelque part des rats vigilants qui grignotent méticuleusement toutes les miettes que des pays occidentaux exténués, ayant perdu l'appétit, n'ont même plus l'envie de ne pas laisser tomber de leur table. Des rats qui cherchent à intimider jusqu'à la peur les populations des pays démocratiques (relisons Chlorophylle contre les rats noirs, la belle BD de MACHEROT) ? Un jour, les rats n'hésiteront pas à monter se servir directement dans les assiettes.

 

 

Tout ça en prenant appui sur l'interdiction que les démocrates s'imposent à eux-mêmes de ne pas nommer crûment, nûment, sèchement, directement les choses, sous le prétexte de ne pas « stigmatiser toute une part de la population, cliver la république une et indivisible, discriminer sur une base religieuse » ?

 

 

Moi je dis que l'euphémisme est capable de tuer. C'est l'arme du masochiste, vous savez, le pistolet qui troue l'oeil de celui qui vise. Et son cerveau, pour faire bonne mesure. Ce manège donne tous les péteurs de trouille politique, en France, qui, sous prétexte de ne pas donner des armes aux islamistes radicaux, livrent sans combattre, et depuis les années 1980, les banlieues aux « associations musulmanes » et l'enseignement de l'arabe aux « associations musulmanes » (presque plus de profs d'arabe dans l'enseignement public).

 

 

La France a choisi de se coucher (devant le Qatar, qui achète les morceaux de banlieues défavorisées que lui abandonne le gouvernement, mais aussi devant tous les responsables des « associations musulmanes » qui lui susurrent à l'oreille ce mensonge qu'ils sont à même de bien "encadrer leurs ouailles", à condition, bien entendu, qu'on les laisse faire et qu'on leur alloue quelque subvention). Les autres ne vont pas se priver de lui marcher dessus. Ils seraient bien bêtes de ne pas en profiter.

 

 

L'Islam actuel est le début d'un problème. Le 11 septembre 2001 a inauguré une ère de conflit. Et c'est très curieux : moi qui ne suis pas chrétien (bien que de culture catholique, mais je n'ai pas jeté le bébé avec l'eau du bain, il aurait fallu me décerveler, et je chante même parfois : « Chez nous soyez reine, nous sommes à vous, Régnez en souveraine, Chez nous, chez nous. Soyez la Madone, qu'on prie à genoux, qui sourit et pardonne, chez nous, chez nous », juste parce que ...), je suis blessé par la haine islamiste.

 

 

L'Islam ne dispose pas d'un Pape : il n'y a pas d'excommunication chez les musulmans. L'Oumma, c'est la communauté de TOUS les musulmans. Moi, qui suis si primaire, j'en conclus, sans doute très bêtement, que, dans ces conditions, dénoncer une "tendance" (radicale, intégriste, wahabite, salafiste ...) de l'Islam, c'est dénoncer TOUT l'Islam.

 

 

Certes, ce sont des musulmans qui vous disent que le terrorisme, le djihad, la destruction des tombes des saints soufis, ce n'est pas l'Islam. Mais qu'est-ce que j'en peux croire ? Mystère. Comment faire le départ entre le croyant pieux et pacifique et l'illuminé prêt à se ceinturer d'explosifs ? Et boule de gomme. L'Oumma règne au-dessus de tout. La communauté de tous les musulmans. J'ai de plus en plus tendance à penser que l'Islam est un bloc. Ou plutôt, peut-être, disons qu'il y a, vivace dans tout l'Islam, le sentiment de constituer un bloc (soudé par les cinq piliers : chahada, hadj, zakat, çalat, jeûne du mois de ramadan). L'Oumma, quoi.

 

 

Sans vouloir me donner trop d'importance, pour que j'aie ce sentiment, il doit bien y avoir une histoire de civilisation, ma parole. L'euphémisme est la naïveté du bien-pensant qui se donne une généreuse bonne conscience face à l'intolérance (prenez et mangez, la formule est sans droits d'auteur). Mais c'est le même bien-pensant qui croyait aux emprunts russes avant 1917.

 

 

La langue de bois ("les Françaises et les Français") et l'euphémisme ("non-voyant" pour "aveugle", "personnes" pour "Arabes") sont les brèches dans lesquelles s'engouffre la brutalité prochaine du monde réel. L'intégration des "minorités" dans la communauté nationale ne saurait en aucun cas passer par l'occultation dans le langage de leurs infirmités ou de leurs tares. Franchement, elle n'est pas bien tapée, cette phrase ?

 

 

« Si les signes vous fâchent, ô combien vous fâcheront les choses signifiées ». Ce n'est pas moi qui le dis, c'est RABELAIS (Tiers Livre, 20). La lâcheté de l'euphémisme, avoir peur de dire les choses telles qu'elles sont, c'est commencer à mentir et à se coucher. C'est déjà avoir la trouille. Et c'est lancer un boomerang : les "choses signifiées", c'est le monde réel. Or le réel, il vous reviendra forcément dans la figure.

 

 

Réfléchissez à ce qui s'est passé tout récemment. L'Islam vient de réussir le tour de force d'occuper tous nos médias pendant une bonne quinzaine de jours. Une façon comme une autre de déclencher une opération d'occupation des esprits, ne pensez-vous pas ? Toujours la même logique publicitaire (« Parlez de moi », car je dois rester impérativement « au centre du débat »).

 

 

Mais ce n'est plus ici un petit SARKOZY qui se met au centre, ce n'est plus les « jouets par milliers» du Père Noël, c'est du SARKOZY djihadiste, un Père Noël de communication de masse, avec sa hotte coranique tirée par ses rennes salafistes. Demandez aux mains coupées du Mali ce qu'elles en pensent, des fascistes tarés qui font régner la terreur. Ne doutons pas que, pour certains, c'est avant tout un produit d'exportation.

MAIN COUPEE.jpg

LIBERATION DU 8 OCTOBRE 2012 

 

Alors que faire, docteur ? Le seul truc qui reste, c'est, pour les gens qui causent dans le poste, de faire croire au bon peuple, le "vulgum pecus", qu'ils sont en mesure de lutter (pour la défense des « valeurs », soyons-en sûrs) contre la montée de la méfiance, de l’intolérance, du racisme et de la haine, en assurant la communauté juive, par exemple, qu'il est hors de question de ne pas la défendre contre toute agression (suivez mon regard, n'est-ce pas, HOLLANDE ?). A moins qu'on n'ait un intérêt tactique, au contraire, à attiser le feu.

 

 

Vous avez compris pourquoi, aux yeux de tant de gens de la gôche généreuse, JEAN-FRANÇOIS COPÉ est l’homme à abattre ? Et vous avez compris pourquoi la « doctrine politique » de JEAN-FRANÇOIS COPÉ comprend le pain au chocolat pendant le ramadan ? Je ne veux pas plus de HOLLANDE que de COPÉ.

 

 

COPÉ, je n'aime pas le monsieur, c'est certain, mais je n'aime pas davantage les âmes vertueuses dont le poil se hérisse quand on touche aux « droits de l’homme », à condition que cet homme soit « de couleur » (puisque le blanc est ce pelé, ce galeux, d'où nous vient tout le mal), comme des rats prêts à la moindre occasion à bondir du fond de leur fromage, pour hurler des comptes qu’ils n’auront jamais fini de régler. Les âmes vertueuses (qui n'ont de vertueux que le discours doucereux et émasculé) n'ont pas fini de mentir et d'aboyer. Pauvres de nous.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

FIN (jusqu'à la prochaine occasion)

 

mercredi, 10 octobre 2012

OFFENSIVE ? QUELLE OFFENSIVE ?

Pensée du jour : « Offre d'emploi : on demande cheval sérieux connaissant bien Paris pour faire livraisons tout seul ».

 

ANDRÉ ISAAC, dit PIERRE DAC

 

Plus près de nous, prenez le double assassinat de Grenoble. Les victimes ? KEVIN NOUBISSI et SOFIANE TADBIRT. Parmi les coupables ? MOHAMED E., ILLYE T., IBRAHIM C. J’arrête. Comment les journaux ont-ils rendu compte des faits ? En journalistes bien neutralisés, ils n'ont pas osé parler d' « Arabes » ou de « Noirs ». Ils ont timidement parlé de « PERSONNES», victimes et coupables « présumés » (voilà que je me mets aussi à la langue de bois) confondus dans un terme neutre. Pas des Arabes. Des personnes.

NOUBISSI TADBIRT.jpg 

LES VICTIMES (selon ce qu'on trouve sur internet = sans garantie, mais c'est vrai qu'ils ont des gueules sympathiques)

Ce qui est curieux (attention, je n'ai pas dit "comique") c'est que la marche d'Echirolles a été qualifiée de « blanche». C'est simplement que, depuis l'affaire DUTROUX, plus aucun meurtre (dans les "quartiers") ne saurait être dignement considéré, s'il n'est pas automatiquement suivi de sa « marche blanche ». Rythmée au son de : « Plus jamais ça ».

 

 

Ce qui est sûr, c'est que quand on meurt, on ne risquera plus jamais de mourir. Il y a des preuves. C'est au moins ça d'acquis. En ce sens "plus jamais ça" est d'une grande vérité". Un peu curieux quand même, la marche blanche : c'est visiblement fait pour l'image, le concepteur de l'idée n'a-t-il pas une caméra de télévision derrière la tête ? Passons.

 

 

C’est sans doute pour éviter toute « stigmatisation » et tout éventuel « clivage » que la presse s’est retenue d’utiliser les mots exacts. Comment tourner autour du pot ? Comment faire pour ne pas désigner les acteurs par leur origine, et surtout leur couleur de peau, vu le quartier (La Villeneuve) dans lequel les faits se sont produits ?

 

 

C’est sûr que ce n’est pas facile de désigner les choses par leur nom. Dira-t-on « jeunes issus de l’immigration » ? Il ne faut pas, c’est mal. « Basanés » ? Il ne faut pas, c’est « stigmatisant ». Direz-vous « Arabes », « Noirs », ou pire « musulmans » ? On vous accusera de jeter de l’huile sur le feu et de fomenter le « choc des civilisations », plus cher au cœur de GEORGE W. BUSH (vous savez, la « croisade de l’Axe du Bien contre l’Axe du Mal ») qu’à celui de SAMUEL HUNTINGTON, l'auteur de la formule, grand incompris. Certains affectionnent le désuet : « Mais ça fait le jeu du Front National ». Ma foi, si ça leur fait plaisir.

 

 

Mais ce qui est sûr aussi, c’est qu’à force de ne pas appeler un chat un chat et les choses par leur nom, et de s’autocensurer pour ne pas « stigmatiser » telle ou telle partie de la population, la presse (pas que) joue un jeu très dangereux à la longue. On en arrive même, comme LAURENT FABIUS à une époque, à dire que JEAN-MARIE LE PEN disait certaines vérités. C'est l'euphémisme qui donne le beau rôle à tous les LE PEN, parce que, dès lors, ils peuvent se targuer de dévoiler des vérités que d'autres veulent cacher.

 

 

Pour désigner un criminel sans évoquer la couleur de sa peau (parce que c'est « discriminant », paraît-il, je me demande pourquoi), les journalistes auraient besoin d'un bel euphémisme, aussi satisfaisant que « longue maladie » pour « cancer » ou « hôtesse de caisse » pour « caissière ». Que tout le monde comprendrait, sans que la chose soit appelée par son nom.

 

 

Mais ils n'ont pas encore trouvé. Et ce n’est pas non plus les pathétiques aboiements « indignés » de SOS Racisme, de la LICRA, du CRAN ou du MRAP qui ont des chances d’arranger les choses. De toute façon, le problème, c'est que l'euphémisme, en pareil cas, est une lâcheté. Et un lâcheté politique. D'autant plus grave qu'elle est une lâcheté organisée, volontaire et consciente.

 

 

Je me dis que si l’on ne trouve pas de termes satisfaisants pour désigner les faits (des Arabes ont fait le coup, c'est des Noirs qui, etc …, on dit bien "des Corses", mais peut-être qu'ils ont l'habitude ...), c’est qu’une réalité nouvelle, qui n’a pas encore de nom, est en train de s’imposer à nous tous.

 

 

Et ce n’est pas l’incantation psalmodiée à longueur de médias, par laquelle les responsables appellent sans cesse à « retisser du lien social » et à tout faire pour « favoriser et améliorer le "vivre-ensemble" » (LE vivre-ensemble comme nom commun, on aura tout vu), et gna-gna-gna et bla-bla-bla, qui changera un iota à la situation.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.