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lundi, 05 octobre 2015

TROISIÈME GUERRE MONDIALE

Des responsables de grandes nations, grandes voix autorisées s’il en est, disent craindre une troisième guerre mondiale et affirment tout faire pour que cela n’arrive pas. Visiblement, ils tiennent à éviter de semer la panique dans les populations. Parce que cette guerre mondiale, les apparences montrent qu'elle a déjà commencé. C'est parti mon kiki. Le constat crève les yeux : entre l’Irak et la Syrie, on ne dénombre pas moins de quatre-vingts nationalités en présence. Quatre-vingts nationalités ! Ce n'est pas mondial, ça ?

Il y a cent quatre-vingt-treize "Etats" représentés à l'ONU, mais est-on obligé de compter comme Etats les Kiribati (80.000 habitants), Palau (19.000), Nauru (11.500) ou Tuvalu (10.000), pour ne regarder que du côté des "Etats" (des croupions, en vérité) du continent océanien ? A l'ONU, pour dire la vérité, combien de ces "Etats" n'ont été "reconnus" que pour apporter des voix aux Etats-Unis lors des assemblées générales ?

La règle "un Etat = une voix" se moque allègrement du monde. Et je ne m'attarderai pas sur le pouvoir exorbitant que l' "Europe" actuelle accorde aux petits Etats (baltes et autres) qu'elle a intégrés en son sein en appliquant le même absurde principe. Les Révolutionnaires de 1789 avaient fait un petit pas en admettant le "doublement du Tiers" ! A quand, en Europe, le vote par tête ? Tout ça pour dire qu'avec quatre-vingts nationalités représentées dans les combattants du champ de bataille irako-syrien, je ne vois pas pourquoi on ne qualifierait pas le conflit de "mondial". Passons (pardon pour la digression).

Je ne devrais d’ailleurs pas mettre l’Irak et la Syrie dans le même sac, même si les situations ont fini par se confondre en un magnifique écheveau de fils désormais totalement indémêlables. Si l’on a d’un côté un dictateur en guerre contre « son peuple » (sic !) qui, au départ, réclamait un peu de reconnaissance et de démocratie (les « printemps arabes »), on a de l’autre le résultat américain d’une véritable folie furieuse, voire criminelle. 

C’est sur l’ordre du trio infernal George W. Bush-Dick Cheney-Donald Rumsfeld qu’un certain proconsul en Irak nommé Paul Bremer a signé dès 2003 l’ordre de dissolution de tous les militaires baasistes de Saddam Hussein et de toutes les polices qu’il avait mises en place, au motif que leur affectation précédente les avait rendus infréquentables et inemployables. Rendus de force à la vie civile sans indemnité, que croyez-vous qu’il arriva ? Ils sont tous devenus, du jour au lendemain, des ennemis jurés des "envahisseurs". C'est quoi, Daech ? Pour une large part, l'ancienne armée de Saddam Hussein. Encore bravo !

On dira ce qu’on veut de l’armée irakienne du temps du dictateur : tout le haut commandement était composé d’officiers avisés et d’excellents stratèges. Il ne faut pas chercher ailleurs ce qui forme le gros des chefs de Daech (que le grotesque Hollande prononce « Dache » (cf. « c'est à dache »), comme Mitterrand prononçait « Mastrik »). Ces gens savent ce que sont une manœuvre militaire, un repli tactique, un but de guerre. Comme professionnels de la guerre, ils se posent un peu là. Et dire qu’on se demande comment il se fait qu’ils ne sont pas encore anéantis ! 

Bon, c’est vrai, si les deux situations n’ont rien à voir au départ, ces deux chaudrons du diable n’en forment aujourd’hui plus qu’un, et personne n’est en mesure de prédire quel goût aura la mixture qu’un nombre chaque jour grandissant d’acteurs, officiels ou masqués s'ingénient à touiller tout en jetant de l'huile sur le feu : Iran, Qatar, Arabie saoudite, Russie, USA, Al Qaïda, … on ne sait plus qui roule pour qui, les seuls à ne pas avoir d'alliés pour leur fournir armes et assistance sont les démocrates qui manifestaient pacifiquement en 2011 !

Ce qui est sûr, c’est que chaque fois, au 20ème siècle, qu’un conflit a opposé de nombreuses nations, on a appelé ça des « Guerres mondiales ». Alors c'est vrai, le champ de bataille, pour une fois, n’est pas situé en Europe (encore que … : Charlie Hebdo, Hyper Casher, attentats divers, Ukraine). Mais ce n’est pas une raison pour ne pas appeler les choses par leur nom. 

Vous voulez que je vous dise ? La Troisième Guerre mondiale est commencée. 

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 15 juin 2015

LE NIAGARA DES MIGRANTS A VENIR

Le « migrant » s’est installé à l’avant-scène de l’actualité. Et pas seulement en Méditerranée : les Rohingyas, ces musulmans de Birmanie, ne connaissent pas un sort plus enviable que les Soudanais, Erythréens ou Syriens pressurés dans des filières de passeurs sans scrupules, et qui risquent leur vie dans des embarcations improbables. Je note d’ailleurs que le Bangladesh, l’Indonésie et la Malaisie éprouvent à l’égard des migrants une belle absence d’états d’âme dans leurs réactions. A comparer avec les réactions des Européens, moins inhumaines quoi qu’on en dise. 

Il n’y a jamais eu autant de « migrants » dans le monde, dans toute l’histoire de l’humanité. Depuis quelques années, c’est un flux, un flot, un Niagara de migrants. Leur point commun ? Ils fuient. Parce que la vie, là où ils vivaient, ne leur est plus possible. C’est à cause de la guerre. La question est : pourquoi la guerre ? 

Deux causes, les premières à la portée de ma petite compréhension. La première découle, je crois, assez directement de la guerre froide : la montée de l’islamisme radical. Disons-le : un islamisme combattant. Ça remonte à l’affrontement Russie-Etats-unis en Afghanistan. Les Russes ont piétiné pendant dix ans face à des Afghans (et brigades internationales islamiques) gracieusement armés (et entraînés par sous-traitants interposés) par les Américains. Les Russes quittent l’Afghanistan la queue entre les jambes. Début de la fin de la « guerre froide ». Les combattants aguerris d’Afghanistan se retrouvent chômeurs. Ils cherchent une guerre à faire. Un employeur.

J’avoue que les causes profondes de la résurgence de l’Islam m’échappent pour une large part. Je note cependant que les Russes quittent l’Afghanistan en 1979, au moment où Khomeiny installe la révolution islamique en Iran. Les Américains sont qualifiés de « Grand Satan ». Il y a polarisation : l’Islam devient une arme politique de riposte contre la domination occidentale. Khomeiny est un génie politique. Sa révolution islamique a essaimé largement (FIS, GIA, AQMI, GSPC, … : l’ingéniosité acronymique n’a pas de limite). 

Survient Ben Laden, Al Qaïda, 11 septembre et tout ce qui s’ensuit. C’est la deuxième cause : l’incompétence américaine, magnifiquement incarnée dans le gnome George W. Bush, qui commence par lancer l’armée américaine sur l’inextricable Afghanistan (pays jamais colonisé). En 2003, il sublime la catastrophe en lançant à coups de mensonges son armée sur l’Irak. Consigne impérative : éliminer tout ce qui s’apparente à une parenté baasiste, le parti Baas (Hafez El Assad en Syrie, Saddam Hussein en Irak) étant affublé par les néo-conservateurs américains de toutes sortes de défroques diaboliques. 

C’est là que le responsable américain (que son nom ne soit plus !) signe l’arrêt de mort de la paix au Moyen-Orient : il rend à la vie civile, sans indemnité, non seulement toute l’armée irakienne, mais toute l’administration irakienne, au prétexte que tous ces gens étaient des émanations pestilentielles du baasisme.

De Gaulle était aussi cynique, mais plus intelligent : en 1945, il avait laissé en place l’administration de Vichy, gardant, entre autres Maurice Papon, préfet collaborationniste, et un grand nombre de ses semblables. L’administration, l’armée, la police, sont les colonnes vertébrales des Etats : on ne peut s’en passer. Ça fait partie du bréviaire du dirigeant de « grande nation ». Résultat : des masses de militaires professionnels aguerris se retrouvent chômeurs. Ils cherchent une guerre à faire. Un employeur.

George W. Bush et son général félon ont détruit l’Etat irakien. Merci, monsieur Bush. Daech a été conçu et mis en œuvre par les plus géniaux experts militaires de l’armée de Saddam Hussein (voir l’impressionnant article sur le colonel Haji Bakr, dans Le Monde du 26 avril), que Bush a, d’un trait de plume, renvoyés dans leurs foyers. 

Là-dessus arrive le « Printemps arabe ». En Tunisie, belote, rebelote, capot et dix de der. Bravo. Ailleurs ? Fiasco sur toute la ligne : Egypte, Libye, Syrie, Yémen, partout, c’est le régime sévère de la mise au pas de la population. Disons la guerre, et pas froide, la guerre ! L’ordre règne en Egypte, tant bien que mal. Mais alors le Yémen, la Syrie et la Libye, pardon, le souk intégral ! La merde ! Le caca ! Grâce au grain de sel « humanitaire » de Sarkozy-BHL-Brown jeté sur la queue de Kadhafi. Fallait-il laisser massacrer Benghazi ? Non, sans doute, mais je constate ce qui en découle : la pétaudière, la guerre partout, le chaos, la violence. 

Maintenant ajoutez à ce maelstrom que les populations ont partout de plus en plus de mal à vivre ensemble : Dinkas et Nuers au Sud-Soudan, Hutus et Tutsis au Burundi, chiites et sunnites, Serbes et Bosniens, etc. Ajoutez la déliquescence et la corruption qui ont fait des Etats, en de nombreux points du globe, en particulier en Afrique, des fruits pourris jusqu’au cœur. Ajoutez la corne de l’Afrique (chebabs de Somalie), la région du lac Kivu (RDC), peuplée de bandes armées se livrant au trafic de ressources minières, la Centrafrique (Sélékas contre anti-Balakas), le nord du Nigéria (Boko Haram) et tout le coin (Niger, Cameroun, Tchad), le sud algérien et le Mali. Résultat de cette addition : la souffrance, la mort, l’insécurité. La vie devenue invivable. La fuite comme seul espoir de survie.

La conclusion de tout ça ? Elle est évidente : on n’est qu’au début d’une gigantesque vague de migrations qui a commencé à déstabiliser notre monde. Peut-être même le chambouler. On nous annonce 500.000 migrants à l’assaut de l’Europe en 2015 (source OMI, Organisation Maritime Internationale). Et ce n’est qu’un début. 

On n’a pas fini d’entendre les appels à notre générosité, à notre solidarité. Il n'a jamais servi à rien d’élever un « Barrage contre le Pacifique ». On n’arrêtera pas le Niagara d’une humanité chassée de chez elle par la cruauté, la famine ou la guerre. L'Europe n'a qu'à bien se tenir. Si les guerres s'étendent, comme ça en a pris le chemin depuis 2001, je ne vois pas ce qui pourrait tarir le flot des migrants.

Gare à nous : notre solidarité n'aura pas de limite. De gré ou de force.

Voilà ce que je dis, moi.

samedi, 07 juin 2014

L'AMERIQUE AIME L'EUROPE ! 2/2

Résumé : Etonné de l'aveuglement des analystes occidentaux qui se répandent dans les médias, qui adoptent et récitent avec conscience la version américaine du conflit ukrainien, j'ai essayé de montrer hier comment les Américains, depuis la fin de l'URSS, n'ont cessé de harceler la Russie en essayant (avec ou sans succès) de faire tomber du côté de leur zone d'influence les dominos qui dépendaient des Russes depuis l'ère soviétique (la stratégie d'encerclement).

 

Et quand arrive la révolte du peuple syrien contre Bachar el Assad, tout fiérot de sa « victoire » libyenne, l’occident croit judicieux de montrer ses muscles. Stupeur générale, Poutine dit NIET aux opérations envisagées. Obama aura beau fixer une « ligne rouge », celle-ci recule comme l’horizon quand on marche vers lui, armes chimiques comprises. 

 

Putain de merde, dit Obama. Ça résiste ! Il ne reste plus aux bonnes âmes qu'à prier et se lamenter, en dénonçant les manquements d'Assad à son engagement à ne pas faire usage d'armes chimiques. Et à compter les morts et les réfugiés. En se disant que les gens (les autres, toujours les autres) sont méchants.

 

Ça aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, à l’Obama. Et quand on arrive à l’Ukraine, où beaucoup de gens, s’ils se sentent d’abord Ukrainiens, parlent le russe, et ne voient aucune raison de se fâcher avec le « grand frère », l’occident, tout par un coup, tombe sur un bec quand il prétend ancrer le navire ukrainien en eaux européennes.

 

Obama et l’Europe (ah, l’Europe des droits de l’homme, qui en dira le lyrisme pathétique, moribond et factice ?) montent à l’assaut de la Russie. Pensez, le revirement de Ianoukovitch est un véritable affront ! Une insulte ! Mais à la réflexion, la réaction américo-européenne, si on raisonne en géo-stratège, est une provocation contre la Russie de Poutine.

 

Au nom du peuple ukrainien et de ses « droits inaliénables », on décide de faire pencher irréversiblement l’Ukraine du côté du Bien, du côté des « droits de l’homme », du côté de l’occident, évidemment. Il ne vient apparemment à l’esprit de personne de demander son avis à quelqu’un qui n'habite pas loin de là, et qui, pour de très vieilles raisons historiques, a son mot à dire. On s’en fout, on attaque, on se décrète du côté de Maïdan, parce que Maïdan, c’est la volonté du peuple. Démocratie à l'américaine.

 

Je suis prêt à parier mes roubignolles que, si l’occident n’avait pas appuyé sur le champignon des « droits de l’homme », et avait laissé les Ukrainiens se démerder, la Crimée serait toujours ukrainienne, même si les Ukrainiens seraient toujours dans la panade. D'ailleurs, aux dernières nouvelles, ils y sont jusqu'au cou, dans la panade ! Jusqu'aux sourcils ! Et plus qu'avant !

 

Au lieu de ça, les Américains ont sciemment jeté de l’huile sur le feu. Il paraît que 300 mercenaires de l'ex-Blackwater (désormais « Academy ») sont présents quelque part en Ukraine (je répète ce que j'ai entendu). Si c'est vrai, ça confirme. Aidés par des complices européens qui ne voient pas les conséquences plus loin que le bout de leur nez, qu’ils ont hélas camard, ils y sont allés flamberge au vent.

 

Qui est favorable au système de corruption mis en place par Ianoukovitch et sa clique ? Qui est adversaire de la liberté et des droits de l’homme ? Personne, évidemment. Mais il faut un peu « réfléchir avant d’agir », comme se disent Plick et Plock à la fin de leurs aventures, ayant reçu un peu de plomb dans la tête. Ce n'est pas gagné. Plick et Plock auraient pu devenir d'immenses géo-stratèges.

PLICK REFLECHIR 1.jpg

 

Et l’Europe dans tout ça ? Mais c’est quoi, l’Europe ? Ce n’est rien, ce n'est qu'un vieillard sous tutelle américaine et bourré de fric. Pour une certaine Amérique nostalgique de la guerre froide, l’Europe, c’est une masse de manœuvre. Parfois un terrain de parade. Tout ce que s’efforcent de faire ici les Américains, c’est de faire chier la puissance russe, en traitant les Européens comme de la valetaille qu’on envoie au charbon à la demande.

 

Si j’avais une question à poser, je demanderais bien en face aux Américains ce qu’ils nous veulent, à nous Européens. Bien que j’aie une petite idée de la réponse qu’ils ne feront pas. On en a eu un aperçu en janvier ou février, quand une délégation de grands patrons du MEDEF a annoncé qu’elle allait se rendre en Iran pour faire de la « prospection ». N'attendez pas de moi que je m'érige en avocat du MEDEF, j'essaie froidement de raisonner géo-stratégie.

 

Ça n’a pas traîné : un grossium de l’administration Obama leur a aussi sec remonté les bretelles, leur disant que ce n’était pas bien d’aller faire du commerce avec un grand diable qui figure sur « l’Axe du Mal ». Sans aller jusqu’à avouer que, en cas d’ouverture du marché iranien (et la configuration est en train de changer, comme ça tombe bien !), les patrons américains passeraient avant les Français. Les affaires avant tout. Le message ? Attention, les Européens, c’est moi qui commande. Et s'il faut s'en mettre plein les poches, c'est moi d'abord !

 

Et l’amende extravagante infligée par un juge américain à la banque BNP Paribas pour avoir fricoté avec des Mauvais en dollars américains, c'est une preuve du mal qu'est capable de nous faire notre « allié » américain quand il s'agit de ses intérêts. Loin de moi l’idée de défendre les banques, évidemment : elles nous ont piqué assez de pognon.

 

Il y aurait encore beaucoup à dire au sujet des actuelles négociations entre l'Europe et les Etats-Unis en vue d'un Traité de Libre-Echange, où les Américains voudraient instaurer un « Tribunal arbitral » qui pourrait infliger des sanctions à des Etats souverains qui s'opposeraient à ce que Monsanto, Google, Microsoft, Goldman-Sachs et consort (toutes entreprise américaines, soit dit au passage) écoulent leurs camelotes sur leurs territoires.

 

Il y aurait aussi beaucoup à dire des pressions que les Américains exercent sur le gouvernement français pour qu'il renonce à vendre à la Russie une série de porte-hélicoptères d'assaut de type « Mistral ».MISTRAL PORTE HELICOPTERE.jpg Ce match-là non plus n'est pas terminé. Mais je mets tous ces trucs-là bout à bout, et je trouve que ça commence à faire beaucoup. L'Amérique est notre alliée, mais l'Europe devrait se souvenir que quand il s'agit de ses intérêts, l'Amérique peut devenir impitoyable, surtout avec ses meilleurs amis.

 

Qu’est-ce que l’Europe aux yeux des autorités américaines ? Un « je-ne-sais-quoi » ! Un « presque-rien » ! Un souffle ! Un ectoplasme. Et l’affaire d’Ukraine le démontre à suffisance. Bien sûr, les droits de l’homme ! Bien sûr, la place Maïdan ! Bien sûr, Poutine est un gros salaud ! Bien sûr, Ianoukovitch est un bandit ! On sait tout ça. Mais franchement, qu’est-ce que l’Europe envisage ou espère, en emboîtant le pas aux Américains dans des « sanctions » contre les Russes ? Mettre les mains dans le panier de crabes ? Où est-il, son intérêt, à l’Europe ? Faire la guerre à Poutine ? Allons donc !

 

Tout diplomate le sait, et toute personne sensée devrait le savoir : il faut parler avec ses adversaires avant qu’ils ne deviennent des ennemis, pour éviter d'avoir à leur faire la guerre. Et je n’entre pas dans les considérations sur la force des armes économiques que peuvent brandir les acteurs en présence. A la place des Européens, s’ils existent (ce qui n’est pas sûr), je regarderais où je mets les pieds. Avec la Grande-Bretagne, les USA ont à leur service un loup ultralibéral dans la bergerie européenne (soit dit en passant, ils ont interdit à Cameron de sortir de l'Union Européenne). Devinez ensuite pourquoi une Europe-puissance n'est pas près d'émerger.

 

L’inénarrable salopard (pas d'autre mot) Jean-Marie Colombani, alors patron du Monde, intitulait son éditorial paru le lendemain du 11 septembre 2001 : « Nous sommes tous américains » ! Farpaitement ! Je préfère de loin : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! ». Je ne sais pas si Voltaire a vraiment écrit ça, mais en l’occurrence, bon Dieu, qu’est-ce que c’est vrai ! Non, une fois pour toutes, je ne suis pas américain ! L'Europe, c'était autre chose, avant les Américains. Colombani a l'étoffe du traître.

 

L’Amérique aime l’Europe, c’est certain. A son petit déjeuner. Car l'Amérique n'est pas près de la considérer comme un plat de résistance. A la rigueur comme une vache à lait. Consentante. Avachie. Inconsistante. L'Europe ? L'Amérique ne la veut pas autrement que colonisée par ses soins.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

dimanche, 04 mai 2014

BAUDRUCHES DE FRANCE

LE JOURNALISTE ET LE POLITIQUE (FABLE)

 

Ahurissant non ? Je parle de la mauvaise farce que les députés viennent de nous jouer. Mais si, vous savez : « pacte de stabilité », ça s’appelle. Est-ce que Valls va passer ? Combien de députés socialistes vont se rebiffer au moment de voter ? Ah, être « homme politique » ! Le pied ! L’extase ! En fait qu’est-ce qu’on voit ? Une cour de récréation, où des sales gosses jouent aux grandes personnes. « Toi tu serais de gauche. – Ah non ! C’est moi qui l’ai fait la dernière fois ! – Mais tu serais de gauche pour du beurre ! … ». Etc. Gamins, va ! Des mômes et des mômeries.

 

Je ne leur demande pas d’être des surhommes, ni même des « hommes providentiels ». Je voudrais juste que les « hommes politiques » qui gouvernent la France, ou qui aspirent à la gouverner, soient à la hauteur de la tâche, à la hauteur de leurs ambitions. Bref, à la hauteur tout court.

 

Et ce n’est pas la façon dont ces farces sont commentées par les professionnels de l’ « information politique » qu’on appelle les « journalistes politiques » qui peut nous convaincre que cette hauteur attendue est atteinte.

 

C’est même drôle (hum !) de constater que la vie politique française fonctionne sur la base de ce couple infernal étroitement enlacé qui danse pour nous le même tango dérisoire que celui raconté par le grand Hermann dans Sarajevo Tango, pour dénoncer la lâcheté impuissante de l'ONU, en pleine guerre de Bosnie : l’homme politique est inséparable du journaliste politique, à tel point qu’ils exécutent devant nous un ballet obsessionnel, mais bien réglé. Je dirai même minutieusement codifié.

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ON LES A OUBLIÉS (ET ON A BIEN FAIT) : BOUTROS GHALI, C'ETAIT L'ONU, JE SUPPOSE QUE L'AUTRE FIGURE L'OTAN.

Soit dit par parenthèse, Hermann avait figuré la même lâcheté impuissante de l'insaisissable « communauté internationale lors du siège de Sarajevo par ce qu'il avait appelé des « Gros Doigts Grondeurs », c'est-à-dire ni plus ni moins que des baudruches, mais internationales cette fois. 

SARAJEVO GROS DOIGT.jpg

On a entendu de semblables risibles menaces il n'y a pas longtemps, à propos de certaine « ligne rouge », qu'Assad ne devait en aucun cas franchir en Syrie (ça voulait dire la guerre chimique, dans la mouche d'Obaba, pardon, dans la bouche d'Obama. Je ferme la parenthèse et je reviens à mon couple de danseurs mondains tendrement enlacés : le journaliste politique et l'homme de mêmes acabit, texture et teneur en inconsistance. Je me dis que si l'on mesurait le taux d'inconsistance de nos personnels d'élite nationale avant de les autoriser à exercer, ça ferait de la place aux initiatives nouvelles.

 

L’un des partenaires est donc le journaliste franco-français, pour ne pas dire franchouillard. Celui qui est spécialisé dans la relation, l’analyse et le commentaire de ce qu’on appelle la « politique intérieure ». Son instrument favori et principal est le microscope.

 

Ben oui, il faut bien un microscope pour donner à des micro-événements assez d'épaisseur pour faire croire aux gogos qu'il s'agit de vrais événements grandeur nature ! Qu'on se le dise, dans le secret de leur bureau, les journalistes politiques de France sont outillés de microscopes à balayage électronique pour le moins, et même peut-être de microscopes à effet tunnel !

 

C’est le minimum pour observer les micro-événements qui se produisent dans le bouillon de culture qui stagne dans le minuscule bocal où grenouillent un certain nombre de centaines de politiciens qui croient tirer les ficelles du monde, alors qu’ils ne sont que des schtroumpfs qui pataugent dans le marigot ! Des galapiats qui se courent après et se disputent dans la cour de récréation. Aux frais de la République. Sous l'œil microscopique de journalistes dont la rémunération est suspendue à leur art du grossissement à l'infini.

 

Ils se tiennent tous tellement par la barbichette qu’il ne se passe en réalité jamais rien de notable. Disons le mot : en matière de politique intérieure, en France, il ne se passe rien ! Et le plus fort, c’est que le journaliste politique a tout l’air de croire à l’importance effective du spectacle qui se déroule sous ses yeux. Ou alors il sait rudement bien faire semblant d’en être captivé.

 

Parce que je ne sais pas si vous serez d’accord, mais les attractions minable du cirque minable où évoluent les clowns de troisième zone et autres hommes caoutchouc de la politique qui nous gouvernent, les Français en mangent dans les médias plus souvent qu’à leur tour. A croire qu'il n'y a rien de plus important que de disséquer la moindre velléité d'action d'untel ou la moindre petite phrase d'autretel.

 

A en croire les faramineux temps d’antennes et les surfaces imprimées que leurs valets d’écurie (pardon, les « journalistes politiques ») leur consacrent, on pourrait croire que le sort de la planète se joue dans les bacs à sable élyséens, dans les aires de jeux élaborées pour que les gosses de Matignon, des palais Bourbon et du Luxembourg se dégourdissent les jambes à la récréation. Une indigestion !

 

Tout ça parce que les « journalistes politiques » sont armés d’un microscope électronique qui leur permet de faire croire à tout le monde (mais qui y croit vraiment ?), en grossissant dix mille fois les micro-événements qu’ils narrent dans les moindres détails des aspérités et mini-vaguelettes, que le sort de la France dépend des questions qu’ils posent aux gamins qui font du toboggan et du cheval à bascule à la tête de l’Etat. C’est vrai que plus leurs acrobaties paraissent importantes, plus le « journaliste politique » est fondé à se gonfler d’importance.

 

Tas de baudruches, va ! Tas de « Gros doigts Bluffeurs » !

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mardi, 27 août 2013

LA MORT DE VIRGILE

 

ÎLE FLOTTANTE.jpg

POUR CEUX QUI AIMENT LES ÎLES FLOTTANTES, UNE SEULE RECETTE :

LE JOURNAL DES VOYAGES

 

***

 

Préambule événementiel inspiré par la situation en Syrie  : qu'est-ce que l'ONU ? Qu'est-ce que la "Communauté Internationale" ? Rien. Du vent. Des pets sur une toile cirée. Je signale que les organismes onusiens interviennent en Syrie exclusivement dans les parties du territoire encore tenues par le gouvernement de Bachar El Assad, au motif lumineux qu'ils ne traitent qu'avec des Etats constitués et reconnus, jamais avec des factions vaguement identifiables.

 

Résultat ? L'ONU, chaque fois qu'elle veut intervenir en Syrie, lève le doigt et demande au maître du pays l'autorisation. Je signale que la France entretient toujours des relations diplomatiques avec Damas, et que, aux dernières nouvelles, les deux ambassades fonctionnent normalement. Le bombardement aux gaz neurotoxiques ? C'est le moment que Nathalie Nougayrède, directrice du journal Le Monde, choisit pour signer un éditorial au titre violent, révolutionnaire, extraordinaire de fierté, de courage et de morale internationale :

A SYRIE 2.jpg.

 

On croit rêver ! "Le crime de trop" ! Non mais, de quelle planète débarque cette éberluée ? Car j'en déduis que, dans le raisonnement de la journaliste, les 100.000 morts qui ont été bombardés par des armes conventionnelles, eh bien tenez-vous bien, ils n'étaient pas de trop. Allez, Bachar El Assad avait bien raison d'y aller à fond. Bravo Le Monde! Bravo Nathalie Nougayrède ! Et tant que j'y suis : bravo l'ONU ! Bravo la "Communauté Internationale" ! Je préfère de loin le dessin de Willem paru dans Libé hier.

A SYRIE 1.jpg

Au moins on sait à quoi s'en tenir sur l'impuissance des puissants, sur la lâcheté et sur la consistance finale des grands discours dont le bon peuple se laisse abreuver quand il regarde, à la télévision, une mousse blanchâtre sortir du nez et de la bouche des enfants morts !

 

 

 

*** 

 

La Mort de Virgile, maintenant. Ce livre de Hermann Broch est présenté comme un roman, c’est marqué sur la couverture. Après l’avoir refermé, autant le dire tout de suite, je dis : « Roman mon œil ! ». Mon ami Yves me l’a rendu juste après l’avoir commencé (je ne sais pas s'il a lu vingt pages), en le qualifiant de « roman philosophique ». Je ne peux pas dire qu’il ait complètement tort, mais ce n’est encore pas ça. Les trois ingrédients principaux d’un roman sont, d’après ce que j’en sais, des personnages, des situations et des péripéties.

 

J’en oublie : écriture, composition, etc. Certes, il y a des personnages, dans La Mort de Virgile, et pas des moindres : Virgile bien sûr, mais aussi l’empereur Auguste en personne, et puis quelques autres : les amis proches du poète, Plotius Tucca et Lucius Varius, le médecin Charondas. Mais il y a aussi un jeune garçon, Lysanias, dont on ne sait à la fin s’il a vraiment existé ou s'il n'était qu'une rétroprojection du poète jusqu'aux temps de sa jeunesse. De même, Plotia, la femme aimée mais échappée. Et puis un esclave. Ces trois personnages à l’existence fantomatique parlent-ils en réalité dans la chambre de Virgile ? Ou lui parlent-ils dans sa tête seule ? Aucune certitude.

 

La situation est très simple et restera la même du début à la fin : Virgile était à Athènes, mais Auguste lui a demandé impérieusement de rentrer avec lui en Italie, au motif que l’écrivain est malade et qu’il lui faut se faire soigner. Le livre commence un soir avec l’arrivée du convoi majestueux des navires impériaux dans le port de Brundisium (écrit parfois Brindisium). Il se termine le lendemain matin.

 

Dans ce laps de temps on ne peut plus court, que s’est-il passé ? Quelles péripéties ? Il s’est passé que Virgile, après mûre réflexion – mais on pourrait dire aussi « en proie aux pensées les plus noires » –, a décidé de descendre sur la plage et de brûler le manuscrit de L’Enéide, son manuscrit presque achevé, mais pas tout à fait. Il le conserve précieusement dans un coffre en cuir.

 

Cette décision horrifie évidemment ses amis Plotius et Varius, puis le médecin Charondas, et pour finir, Auguste lui-même. Quoi, l’auteur brûlerait son pur chef d’œuvre ? C’est non seulement impensable, mais inacceptable. Après une longue entrevue avec l’empereur, Virgile renoncera à son funeste projet. Voilà l’intrigue. Un peu « ledge », non ? Oui, vraiment léger. Hermann Broch écrit pourtant un livre de plus de 400 pages.

 

La première question qui vient à l’esprit est : comment fait-il ? Et nous voici au cœur du problème. Car ce livre est un problème pour le lecteur que je suis. J’avais tenté une première fois d’en venir à bout, en vain, je m’étais arrêté à la première centaine de pages. Et puis j’ai lu Le Tentateur, dont j’ai un peu parlé ici, et auquel je crois qu’il faudra que je revienne. Alors je me suis dit que c’est trop bête de reculer devant la difficulté.

 

Qu’on se le dise, parmi les sommets littéraires, si celui-ci n’est pas le plus haut, c’est celui dont la paroi est la plus raide qu’il m’ait été donné de gravir. Broch ne fait aucun cadeau au lecteur, aucune concession, aucune gentillesse. Ce livre met le lecteur au défi, à l’épreuve, ce que vous voulez : il faut le mériter, il faut le conquérir. A aucun moment, il ne se laisse amadouer. Aucun encouragement en cours de route. Ce n’est pas un livre dédaigneux, c’est un livre hautain, au meilleur sens du terme. Hautain et sûr de lui, il va son chemin, sans se préoccuper du reste.

 

S’il me fallait dire, au fond du fond, ce qu’il y a dans ce bouquin, je commencerais par dire ma perplexité. C’est un livre qui me dépasse, et je n’en ai pas perçu tous les enjeux avec la netteté suffisante. Le plus simple est de dire ce qui m’en reste. Comme le Docteur, le narrateur dans Le Tentateur, mais de façon incommensurable, Virgile, quelques heures avant de mourir, se sent transpercé par deux flèches, l’une verticale, l’autre horizontale. L’espace et le temps, tous deux infinis.

 

La première lui fait prendre conscience de l’infini de l’espace au-dessus et au-dessous de lui, ainsi que des confins les plus lointains qui se présentent à sa vue, au-devant et en arrière. La seconde figure la trajectoire de sa propre vie à travers les temps, depuis la première enfance, toute rurale, à Andes, jusqu’à cette heure dernière, en passant par Mantoue, puis par tous les êtres qu’il a croisés en chemin, en particulier Plotia, mais aussi Alexis, le bel adolescent dont il n’est pas dit grand-chose, mais dont on devine les traits sensuels, et Cébès, le jeune garçon qui devient son élève en poésie.

 

Hermann Broch se débrouille pour que, à aucun moment du récit, le lecteur ne perde de vue l’immensité de l'espace qui entoure le personnage, mais aussi qu'il n’oublie jamais que chacun s’inscrit (se circonscrit), à chaque instant, dans une durée immémoriale, au-devant et en arrière. Pour l’auteur, l’homme a besoin de ces deux infinis.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 29 novembre 2012

UNE SORTE DE MAFIA SOCIALISTE

Pensée du jour :

 

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"SILHOUETTE" N°17

« C'est ainsi qu'à la suite de traités "culturels", ou commerciaux, avec la Chine, nous allons recevoir des morts. On ne peut guère offrir que ce qu'on a. Il ne faut pas attendre de Pékin du chevreton ou de la fourme à points bleus. En revanche, nous aurons des "pièces anatomiques". (...) Nous aurons donc des cadavres chinois. Malheureusement, nourris exclusivement de riz, ils ont les os extrêmement frêles. C'est une constatation que tous les médecins ont faite depuis la guerre russo-japonaise : le mangeur de riz a l'os cassant. On l'enverra en "colis fragile". Les petits cadeaux entretiennent l'amitié ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

C’est vrai, je le reconnais, je l’avoue, depuis quelque temps, j’ai tendance à délaisser ici ce qui se passe autour de nous, à commencer par les feuilletons en cours en Syrie, en Israël-Palestine, ailleurs sûrement. Tiens, au fait, ça fait très longtemps qu’on n’a pas entendu parler de monsieur ROBERT MUGABE.

 

 

Peut-être qu’il ne s’y passe rien, au Zimbabwe, depuis qu’il a lancé la chasse aux blancs, enfin, la chasse aux terres cultivées par les blancs, au motif que c’était de l’accaparement hérité des colonies, et depuis que ces terres, après le départ de leurs « propriétaires » (on n’ose plus dire ça), sont tombées en friches et devenues improductives, obligeant constamment le pays à demander l’aide internationale d’urgence. Plus simplement, c’est sans doute qu’aucun organe de presse n’estime intéressant d’envoyer un journaliste à Harare.

 

 

Autrefois, les informations, ça s’appelait « les actualités ». Et c’était déjà de la propagande. Aujourd’hui que la hiérarchie des valeurs a été passée à la moulinette télévisuelle, et à la rubrique des « étranges lucarnes » (dans Le Canard enchaîné), le pire côtoie sans pudeur le meilleur, avec néanmoins une préférence marquée pour le premier des deux. Mais je ne vais pas faire mon Don Quichotte et me lancer dans une énième (et vaine) offensive contre la « machine à mouliner du vent » qu’est la télévision.

 

 

Devenue un véritable mode de vie, la télévision constitue une sorte de pilier, qui structure l’existence d’une part non négligeable de la population humaine de la planète, y compris dans les pays musulmans, où elle a été admise comme sixième pilier de l’Islam, avec Al Jazira. Je ne vais pas me faire que des amis, mais c’est vrai ça : je ne vois pas pourquoi quelques milliards de musulmans n’auraient pas droit au déluge de propagande qui s’abat sur l’humanité souffrante par le biais de ce que beaucoup de naïfs persistent à considérer (et tous les pouvoirs à présenter) comme un « merveilleux outil d’éducation et d’information ».

 

 

L’actualité aujourd’hui ? C’est cette envoyée spéciale qui passe toute une journée devant la porte d’un juge bordelais en train d’auditionner un certain NICOLAS SARKOZY et qui, n’ayant rien à dire, puisqu’il ne se passe rien, se contente d’avoir froid devant la caméra. C’est aussi La Course du rat (excellente BD de LAUZIER), où parti socialiste,françois hollande,afrique,robert mugabe,zimbabwe,syrie,israël,palestine,juifs,le canard enchaîné,don quichotte,télévision,musulmans,islam,cinq piliers de l'islam,nicolas sarkozy,jean-françois copé,françois fillon,ump,crise,manuel valls,alain bauer,stéphane fouks,grand orient de france,julien dray,ségolène royal,dominique strauss-kahn,jean-christophe cambadélis,le monde,journalisme,presse,ariane chemin,police,françois mitterrandJEAN-parti socialiste,françois hollande,afrique,robert mugabe,zimbabwe,syrie,israël,palestine,juifs,le canard enchaîné,don quichotte,télévision,musulmans,islam,cinq piliers de l'islam,nicolas sarkozy,jean-françois copé,françois fillon,ump,crise,manuel valls,alain bauer,stéphane fouks,grand orient de france,julien dray,ségolène royal,dominique strauss-kahn,jean-christophe cambadélis,le monde,journalisme,presse,ariane chemin,police,françois mitterrandFRANÇOIS COUILLON et FRANÇOIS FRAPPÉ veulent s’asseoir à la place du calife, en vue de devenir le Sultan (rien de moins) en 2017. Je me dis que le fromage doit avoir un goût délectable.

 

 

L’actualité aujourd’hui ? On en apprend, du joli, sur la mafia politique qui nous gouverne en lisant un excellent article sur une des plus vieilles amitiés politiques qui soude trois lascars (dans l'ordre, MANUEL VALLS, ALAIN BAUER, STEPHANE FOUKS), dont l’un est assis dans le fauteuil de ministre de l’Intérieur, dont l’autre, longtemps plus en retrait, s’est fait bombarder (par son alors récent copain NICOLAS SARKOZY, et, évidemment dirons-nous, au mépris des procédures habituelles et au grand dam des universitaires, ça vous étonne ?) professeur à une chaire de criminologie après avoir présidé aux destinées du Grand Orient de France, et dont le troisième, à la surface de notoriété médiatique encore moins vaste (coprésident de Havas quand même !), s’est dès longtemps spécialisé dans la « communication politique ».

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LES "FRERES" RIGOBERT BAUER, NEPOMUCENE ROCARD, WILLIBALD VALLS, LADISLAS FOUKS, EN SOUTANE DE MAÇONS D'ETE, LE 9 JUIN 1985

Le premier fait parler de lui presque tous les jours dans les cercles qui le croyaient « de gauche », et qui découvrent sans cesse que plus il agit en tant que ministre, moins il l’est, « de gauche ». C’est évidemment MANUEL VALLS. Monsieur ALAIN BAUER a très tôt formé le projet de devenir Grand-Maître du Grand Orient, le top de ce qui se fait en matière de mafia franc-mac. Quant à STEPHANE FOUKS, il ferait presque pâle figure, sauf qu’en matière de com’, il s’y connaît, et l’on peut dire qu’il se sent là, tout de suite, comme un poisson dans l’eau : responsable étudiant, il savait comme personne remplir une salle. C’est peut-être un talent, après tout.

 

 

Tout de suite, ils se partagent le marché politique, comme savent le faire des « parrains » qui jugent la paix préférable pour la prospérité des affaires. Tout de suite comme des vieux routiers. Ont-ils vingt ans, quand ils se retrouvent à la cafétéria de Tolbiac ? « Moi, je rêve un jour d’être grand maître ». « Moi je ne veux pas forcément faire de la politique mon métier ; j’aime la communication ». « Moi, j’aime la France, j’aimerais bien devenir président de la République ». Vous les avez reconnus ? C’est un certain JULIEN DRAY qui témoigne, vous savez, celui qui a récemment fâché SEGOLENE ROYAL en invitant DOMINIQUE STRAUSS-KAHN à son anniversaire.

 

 

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS y va aussi de son témoignage : « Chacun des trois avait déjà un morphotype : communicant, agitateur politique et, au choix, flic ou homme de réseaux. (…) Aux Jeunesses Socialistes, ils ont chacun une tâche : Manuel, la politique et la vie publique ; Bauer, la tactique et les manœuvres d’appareil ; Stéphane la communication ». Ces messieurs sont convenus de ne pas se marcher sur les pieds.

 

 

Ces trois-là viennent de fêter leurs 150 ans (sic ! Ils sont nés en 1962, sauf FOUKS ?) en « privatisant » les deux étages du restaurant Drouant (celui du Goncourt), et en invitant une bonne centaine de personnes : « Des patrons, des pontes du renseignement, des politiques, autant de cercles qui s’emmêlent tandis que sur les tablées le bon vin abolit les frontières ». « On offre des livres rares, des alcools forts millésimés ». Dans le trio qui invite, la personnalité la plus « intéressante » est peut-être celle d’ALAIN BAUER.

 

 

Le site wikipédia le présente comme un « consultant en sécurité » (on n'est pas plus pudique). Né en 1962, il est socialiste à 15 ans. Trente ans plus tard, il devient conseiller de SARKOZY. Sa spécialité ? La police. Plus précisément, les relations dans la police. Devenu vice-président de Paris-I-Tolbiac (en 1982, tiens, tiens), il suscite ce commentaire admiratif : « Quand on a vu Bauer arriver à la fac avec sa voiture et son chauffeur, on s’est dit que, là, il avait des réseaux qu’on n’aurait jamais, même à 50 ans ». En 1982, il avait 20 ans. Entre parenthèses, ça en dit long sur le Parti Socialiste de FRANÇOIS MITTERRAND, et bien avant sa victoire de 1981.

 

 

Le plus « intéressant » dans cette carrière « intéressante » me semble être le fait que monsieur ALAIN BAUER illustre à merveille une notion très à la mode : le RÉSEAU. Avec ALAIN BAUER, si vous additionnez le réseau FRANC-MAÇON, le réseau JUIF, le réseau POLICIER et le réseau SOCIALISTE, vous obtenez un « carnet d’adresses » épais comme un Bottin de Paris dans les années 1950 (minimum 15 cm sur papier fin). ALAIN BAUER est à lui seul une incarnation du concept de RÉSEAU. Sa personne est un LOBBY. C'est très fort.

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Cet homme est à lui seul une agence d’influence. Et je vais vous dire : les idées politiques, franchement, il n’en a rien à cirer. Et je vais vous dire mieux, il ne faut pas chercher ailleurs les "idées" (si par hasard ce sont des idées, et non de simples moyens de gouvernement) que MANUEL VALLS met en application maintenant qu’il est ministre : ALAIN BAUER, son vieil ami, enseigne à l’EOGN (officiers de gendarmerie) et à l’ENSP (cadres de la police). J’avoue que je n’ai pas lu les ouvrages de monsieur ALAIN BAUER. Honnêtement, quand ils ont paru, je faisais autre chose, j’étais en plongée sous-marine, sans doute.

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SURPRISE ! ANDERS BERING BREIVIK, TUEUR NORVEGIEN, EN TENUE DE "FRERE"

EST-CE UN MONTAGE ? JE ME POSE LA QUESTION.

Merci à ARIANE CHEMIN, pour la qualité de son article du Monde. Alors ça, oui, c'est ce que j'appelle du journalisme !

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

lundi, 03 septembre 2012

QUOI DE NEUF DANS LES NOUVELLES ?

Pensée du jour : « Le but inavoué de ces articles étant de flatter les puissants, je chanterai les magnats de la presse. C'est une conduite avilissante : je m'en promets mille prospérités ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

 

DÉCÈS DU JOUR

 

 

Désolé, j’ai une très mauvaise nouvelle : Java est morte. Elle avait 67 ans. La plus vieille femelle en captivité dans un zoo européen. Je vous présente la malheureuse. C’était au parc de la Tête d’Or, au temps de sa splendeur.

 

ELEPHANT TÊTE D'OR.jpg

AU PARC DE LA TÊTE D'OR

 

Elle habitait là depuis 1964. On pense que la tuberculose l’a tuée. Le centre vétérinaire de Marcy l’Etoile rendra prochainement les résultats de ses analyses. Des engins de levage ont été dépêchés sur place à cette fin. L’éléphant avait été donné par le cirque Amar (et j’en aurais, des choses à dire, sur le cirque Amar !).

 

*

 

LE TOURISME ORIENTAL ET LE SANG

 

 

Pour la Syrie, j’emprunte à un très vieux sketch de ROBERT LAMOUREUX : « Et l’année suivante, BACHAR EL ASSAD était toujours vivant ». Attendons l’année prochaine. D’ici là, le nombre des réfugiés, des morts et des blessés aura eu le temps d’exploser, comme le proclame la presse : le journaliste sociologiquement ordinaire aime à faire exploser les nombres.

 

BACHAR EL ASSAD.jpg

 

Quoi, je me permets de rire ? Que voulez-vous que je fasse, avec la foule de ceux qui sont cramponnés au signal d’alarme et qui écrasent le frein ? Alors qu'ils sont aussi nombreux et forts, ceux qui enfoncent la pédale d'accélérateur ? C'est pour ça que le train de la mort continue, cahin-caha, vaille que vaille, son bonhomme de boulot.

 

*

 

ROMS EN VILLEGIATURE EN FRANCE

 

 

En France, pour les vacances, les Roms continuent à privilégier le départ sur les routes. Ces GM (Gentils Membres) d’un nouveau genre y sont incités par ceux qu’on appellerait GO au Club Méditerranée (Gentils Organisateurs), qui veillent à ce que la tradition du voyage, propre à cette population, ne se perde pas.

 

 

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Une tradition d’autant plus symbolique qu’elle est inscrite dans le drapeau qu’elle s’est choisi librement en 1971.

 

 

En revanche, la science et la police se perdent en conjectures sur la composition réelle (et la fonction, sans doute religieuse) d’une mystérieuse « ESENȚǍ DE ROM » : serait-ce une sorte de teinture-mère obtenue par distillation de quelques individus de l'ethnie en vue de quelque expérience philosophale ? Un arôme destiné à la pâtisserie ?

 

ROM 2.JPG

PEU LISIBLE, MAIS JE GARANTIS L'AUTHENTICITE

 

Aucune hypothèse n’est écartée. Et que signifie cette date du 15 mai 1990 qui figure sur l’étiquette ? Mystère. En tout cas, le Rom est partout. Ci-dessus la photo suspecte.

 

 

Quoi ? Je ris du malheur des autres ? Et alors, la foule des grandes âmes et des bonnes consciences (de gôôôôche, comme par hasard) est si compacte que je n’aurais pas pu y introduire une feuille de papier à cigarettes (si j’avais eu du papier à cigarettes), et encore moins à m’y faire une place sans être dans la minute écrasé.

 

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

dimanche, 19 août 2012

ON A ENFIN REFERME L'OLYMPISME

Question du jour : « Faut-il réagir contre la paresse des voies ferrées entre deux passages de trains ? ».

MARCEL DUCHAMP

 

 

Enfin, l’écume olympique est retombée. Enfin, vient de s’ouvrir une nouvelle olympiade. Olympiade veut dire : « Ouf, quatre ans sans Jeux Olympiques, c'est pas trop tôt, il était temps que ça s'arrête ». Oui, je sais de quoi je parle. Pour les mal informés et les ignorants, je signale que le mot olumpias (ỏλυμπιάς), en grec, désigne, en plus des nymphes du mont Olympe, séjour des dieux, la période de quatre ans qui sépare deux Jeux Olympiques, autrement dit pendant laquelle les cités grecques de l’antiquité pouvaient allègrement se faire la guerre.

 

 

Car c'était ça, le SENS des Jeux Olympiques : la trêve des armes. Clin d'oeil (façon de parler) à la Syrie, au Soudan, au Kivu, etc. « Olympiade » n’est donc pas du tout synonyme de « Jeux Olympiques ». Avis aux journalistes en général, et aux journalistes sportifs en particulier (les ânes que je préfère, à cause d'un braiement particulièrement distingué).

 

 

Alors, les Jeux Olympiques de Londres ? Furent-ils une grande réussite comme le claironne l’unanimité des organes de presse ? J’ai lu quelque part que Monsieur GORDON BROWN attend 16 milliards d’euros (ou de livres ?) de retombées financières dans les quatre ans qui viennent. C’est une bonne nouvelle, si ça se réalise, mais ce n’est pas encore fait.

 

 

En tout cas, ce qu’on sait, c’est ce que ça a coûté : au départ, la prévision était de 6 milliards, mais – et on a vu la même chose avec l’extravagante élucubration architecturale du Musée des Confluences, qui trônera bientôt tout en pointe de la presqu’île lyonnaise (voir ci-dessous) – on est arrivé à 12 milliards. Je n’ai aucune idée concrète de ce que ça fait, comme somme, 12 milliards. J’observe que les spécialistes chargés de creuser les déficits et les dettes doivent détester commettre des impairs, puisqu’ils sont des adeptes des nombres pairs (6, 12, 16). Au moins quelques-uns qui sont pour la parité, me dis-je dans mon for intérieur qui n'en pense pas moins.

 

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LA FUTURE POINTE DE LA PRESQU'ÎLE LYONNAISE.

ÇA NE VOUS RAPPELLE PAS "RENCONTRES DU 3ème TYPE" ?

 

Tout ça a donc coûté très cher. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas, n’est-ce pas, pour faire oublier aux masses humaines l’effondrement de la Grèce, l’ensanglantement de la Syrie, la flambée spéculative des denrées alimentaires et les prochaines émeutes de la faim qu’elle devrait provoquer dans le monde, comme en 2008, la corruption qui fait sans doute du Mexique (mais il y a de la concurrence) le premier Etat gouverné par la Mafia (même si la façade de l’immeuble donne les apparence du flambant neuf) et la montée de l’extrême-droite en Europe ?

 

 

Puisque l’Empire romain s’effondre, donnons aux masses humaines du pain et des jeux. Notons que, si les Jeux Olympiques ne se passent pas dans un Cirque, ça y ressemble diablement. Comme dit le capitaine Haddock aux Dupondt : « Le Cirque Hipparque n’a pas besoin de deux clowns. Vous ne pouvez donc faire l’affaire ». Ah ça, des clowns, il y en a eu, dans le bordel olympique. Mais c’est peut-être grâce au tartan orangé de la piste d’athlétisme.

 

 

Comme les vitesses mutantes (le dopage mutant dont parle ANTOINE VAYER)  atteintes lors du Tour de France : c’est grâce aux nouveaux bitumes des routes, on vous dit. Le sport moderne a inventé le frottement qui accélère. Tous les physiciens vous le diront : la vitesse augmente en proportion de l'intensité du frottement !!!

 

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LES CLOWNS DU CIRQUE HIPPARQUE

(MAIS C'EST LA FAUTE DES COMPRIMES N 14) 

 

Car ils ont accompli des performances de clowns, à croire qu’ils se sont inspirés des coureurs du même Tour de France, véritable modèle en matière d’exploit ... disons « sportif ». Prenons le 4 x 100, par exemple. Priorité aux dames, n’est-ce pas. Elles sont américaines. Elles n’étaient pas au mieux de leur forme : « Personne dans l’équipe n’était fraîche. On a enchaîné les courses, mais on voulait ce record ». C’est ALLYSON FELIX qui parle, déjà médaille d’or sur 200 m.

 

 

Traduction ? On était crevées, alors on est allées plus vite. Quasiment du SARKOZY dans le texte : au départ, je fonce, et en vue de l'arrivée, j'accélère.sport,jeux olympiques,marcel duchamp,athlétisme,athlètes,olympiade,londres,gordon brown,déficit,dette,grèce,syrie,mafia,mexique,extrême droite,tour de france

 

 

Résultat ? En plus de la médaille d’or, le record du monde (WR, sur la photo) pulvérisé de 55 centièmes de seconde. Oui madame. Un journaliste ose même parler de « chrono irréel ». Quelle audace dans le vocabulaire ! Un record qui tenait depuis 1985, rendez-vous compte ! Tout le monde le disait imbattable. Mais Sony en a rêvé, et elles l’ont fait ! Les anciennes recordwomen ? Des clowns d’Allemagne de l’Est. Les lanceuses de marteau, les sprinteuses, les nageuses étaient formatées comme KORNELIA ENDER (ci-dessous).

 

ENDER 1 KORNELIA.jpg

PREMIERE AU CONCOURS "MISS DEMENAGEURS BRETONS" 

 

Oui, vous savez, ces femmes en forme de déménageurs bretons (un copain m'a soufflé « armoire normande », mais j'ai mon éthique, nom de diable) auxquelles il poussait de la moustache, des poils entre les seins et je ne sais quoi d’autre, à force de petites pilules roses ou bleues gentiment offertes par leurs « entraîneurs ».

 

 

Comment rester femme tout en allant à des vitesses stratosphériques ? Faites comme les quatre clowns Américaines de 1997, les seules depuis 1985 à approcher de juste quelques centièmes le record des déménageuses bretonnes d’Allemagne de l’Est. Les Américaines de 2012 ont enfin trouvé la recette du cocktail gagnant. Sans trop se bousculer le brushing.

 

 

Quand je pense que le record du monde de la perche, à 6,14 mètres, est détenu, depuis 1993 par l’inamovible SERGUEI BUBKA (l’homme qui se laissait pousser la mâchoire inférieure à coups d’hormones de croissance), et que RENAUD LAVILLENIE, médaillé d’or en 2012, franchit à peine 5,97. Dix-sept centimètres de moins. Quel minable, finalement.

 

 

Je n'évoque même pas (ceci est une prétérition) le saut en longueur du siècle de BOB BEAMON en 1968 (à 8,90 mètres !!! soit 55 cm de plus que l'ancien record, en une seule fois, que ça sortait du cadre mesurable prévu !!!), qui ne fut battu que 23 ans après (POWELL).

 

 

 

Que fait le Progrès Humain, pendant ce temps ? Il se prélasse sur une plage des îles Caïman, l’oreille collée à son smartphone, en train d’écouter l'effet des variations du cours du maïs à la bourse de Chicago sur les comptes secrets qu'il a dans le paradis fiscal. BUBKA aurait pu faire passer la recette, quand même, au lieu de la stocker dans un coffre-fort.

 

JAZY 1 MICHEL.jpgBEN JOHNSON.jpg

 

 

 

Ça ne vous a jamais intrigué, l’évolution morphologique des athlètes, au cours du temps ? Ne parlons pas de l’haltérophilie, archétype et parangon du sport anabolisé. Mais comparez le corps humain de MICHEL JAZY (1955 à 1965, à gauche) et le corps anabolisé de BEN JOHNSON (JO 1988, à droite). Comparez CHRISTINE CARON (années 1960, à gauche), l’est-allemande KORNELIA ENDER (1976, voir ci-dessus) et l'invraisemblable torse de Monsieur Muscle d'ALAIN BERNARD (à droite).

 

CARON 1 CHRISTINE.jpgBERNARD 2.jpg

 

 

Comparez les VILLEPREUX, GACHASSIN ou CAMBERABERO du rugby à l’ancienne (je veux dire normaux) et les monstres du Gévaudan australiens ou néo-zélandais (JONAH LOMU, 1,96 m., 119 kilos) poussés à la créatinine qui règnent aujourd’hui. Ça ne vous saute pas aux yeux, cette évolution dans le GABARIT ? Moralité ? Ce n’est plus le sportif qui gagne, c’est l’industrie chimique, c’est tout. Alors franchement, les « valeurs de l’olympisme » ? Ne me faites pas rire, j’ai les lèvres gercées.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.


lundi, 06 août 2012

QUOI DE NOUVEAU DANS LES NOUVELLES ?

Le soleil est revenu, hier matin. Du coup, il a fait chaud. Très chaud. Est-ce que ce sera bon pour la vigne ? Parlons de la SYRIE.

 

 

Je n’aimerais pas vivre en Syrie en ce moment. Les plages sont polluées et il y fait beaucoup trop chaud. Rendez-vous compte, 40 ° l’après-midi. Et puis le sable y est de qualité assez moyenne. Et puis la clim de l’hôtel marche seulement quand elle l’a décidé. Et puis le champagne qu’on y sert est d’origine douteuse, je veux dire chinoise. Et puis ils ne savent pas ce que ça veut dire, servir frais. L’Iran a bien essayé de remédier au problème, mais leur produit ne contenait ni alcool ni bulles.

 

 

Pour tout dire, leur ruse a été vite éventée : ils prétendaient faire rentrer des devises en recyclant la pisse de leurs chameaux. Mais y a-t-il seulement des chameaux en Iran ? C’était peut-être de l’huile de vidange passée en centrifugeuse, il paraît qu’ils en ont beaucoup là-bas, des centrifugeuses. Et puis, dans les hôtels syriens, le personnel, très courtois et stylé au demeurant, n’est pas formé correctement. Pensez donc, accomplir son service sans gants blancs. A croire qu’ils préfèrent se salir les mains à des besognes inavouables.

 

 

Et puis, en Syrie, l’hygiène corporelle laisse à désirer. Bon, je comprends bien leur souci d’économiser l’eau, mais ça finit par sentir la chair en décomposition, ce qui n’est pas bon pour le tourisme. On ne peut rien contre l’odeur de cadavre, sous ces latitudes.

 

 

Bon, j’arrête. Ce n’est pas que ça n’aurait pas été amusant. J’aurais mis BACHAR EL ASSAD en maître-nageur implacable d’une piscine olympique remplie d’une eau vaguement rougie, et ajustant à la kalachnikov le premier qui se laisserait aller à pisser dans l’eau. Et puis je me suis dit que ça devenait laborieux, lourd, voire fâcheux. Au sens de MOLIERE. Pourtant, l’humour noir, je suis à fond pour.

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IL EST PAS MIMI, EN MAÎTRE-NAGEUR ?

 

L’humour noir, c’est un souverain antidote au poison sentimentaliste, à la dégoulinade humanitaire, au grand épanchement douloureux étalé par tous ceux qui sont, pour leur bonheur et leur sécurité, très loin de ce qui s’appelle un « champ de bataille ». Tous ceux qui peuvent donc éprouver des « bons sentiments », et surtout le faire savoir. Et tout ce qui est antidote, surtout pour la tête, je suis pour : ce n'est pas pour rien que j'ai baptisé ce blog ALEXIPHARMAQUE. Contrepoison, si vous préférez. Contre tous ceux qui proclament : « Voyez comme je suis bon ! ».

 

 

Rappelons-nous ce que LOUIS-FERDINAND CÉLINE découvrit à Paris, en décembre 1914, hospitalisé au Val-de-Grâce après les deux graves blessures reçues à Poelkapelle (une balle ricochante (= avec ébarbures de plomb) et un éclat d’obus non loin du rocher, autrement appelée partie pétreuse de l’os temporal) : l’insouciance, la veulerie et le mépris de « l’arrière » et des « planqués » pour la mort de ceux qui étaient au front. On peut dire que ça lui a ouvert les écoutilles.

 

 

Les apitoiements de toutes les bonnes âmes sur les victimes civiles de la guerre de Syrie, sont le meilleur moyen de ne rien comprendre à ce qui se passe en réalité. Franchement, dans le monde, qui est prêt à se déclarer, à froid, partisan de la guerre et adversaire de la paix ? Tout le monde est d’accord pour que le sang ne coule pas. Tout le monde est pour la paix. TOUT LE MONDE EST POUR LA PAIX.

 

 

Seulement voilà, le sang coule quand même. Acroire qu'il ne peut pas s'empêcher. Je serais à la place des grands sentiments humanitaires, je serais profondément vexé, et j’annoncerais à grands renforts de trompettes que, pour punir les couleurs de sang (couleurs = ceux qui le font couler, ndlr), je me lance dans une grande BOUDERIE. Ils seraient tous bien attrapés, comme dirait le petit Nicolas, de SEMPÉ et GOSCINNY. Et que je ne cesserai que quand, … que lorsque, … que si … Et voilà tout. C’est vrai, il faut savoir leur parler, aux dictateurs.

 

 

La vérité ? Je ne la connais certes pas, mais je me dis que si le sang continue à couler malgré les bouderies de vierge effarouchée de KOFI ANNAN et de l'ONU (je suis injuste : on ne peut raisonnablement en vouloir à un combattant qu’on envoie au combat avec des menottes aux mains, rappelons-nous Srebrenica, et l’interdiction faite aux casques bleus de s’opposer par la force aux troupes fanatisées de RATKO MLADIC), c’est bien que des volontés (et des stratégies) extrêmement puissantes sont en train de s’affronter sur le terrain syrien, et que le vulgum pecus dont je fais partie en est réduit au rôle de spectateur paralytique.

 

 

Et ça, je ne peux plus. Je ne peux plus jouer ce rôle du « saule pleureur de victimes innocentes ». Trop c’est trop. Trop de victimes. Je ne peux plus m’apitoyer. Personne ne peut m’obliger à passer ma vie à pleurer sur le sort des victimes. Devant ma radio ou ma télévision. En tant qu’individu individuel, je ne peux que proclamer fièrement mon incapacité à agir sur les événements qui font l’histoire, et ma fierté à me proclamer « spectateur 100 % pur gros porc ». A ma grande honte. Mais, à la réflexion, la honte se dissipe.

 

 

D’ailleurs, franchement, le feuilleton syrien me saoule au point que j’ai décidé de quitter la salle de projection avant la fin. Je suis désolé pour vous qui mourez, vous qui souffrez, vous qui êtes torturés à mort, vous qui avez perdu un fils, une jambe ou la tête. Je ne peux strictement rien pour vous. Toute cette affaire n’est pas de mon ressort. Je ne suis pas décideur. Elle ne me concerne donc pas. Du ressort de quel citoyen de base est-elle, d’ailleurs ? L’ « opinion publique » ? Laissez-moi rire. C’est bon pour l’Orphée aux Enfers d’OFFENBACH, une œuvre qui va gaillardement sur ses 160 ans :

 

« Qui je suis ? Du théâtre antique

J’ai perfectionné le chœur ;

Je suis l’Opinion Publique,

Un personnage symbolique,

Ce qu’on appelle un raisonneur.

Le chœur antique en confidence

Se chargeait d’expliquer aux gens

Ce qu’ils avaient compris d’avance

Quand ils étaient intelligents.

Moi je fais mieux, j’agis moi-même,

Et, prenant part à l’action,

De la palme ou de l’anathème

Je fais la distribution. »

 

 

En gros, OFFENBACH a mis sur la scène cette voix de mazzo-soprano pour qu'elle figure l'énorme BLA-BLA ambiant. L’opinion publique n'existe pas. C'est un bruit de fond. Ce sont les journaux, les radios, les télévisions qui la font, l’opinion publique. A la limite, les journaux, les radios et les télévisions (ajoutons internet), je leur en veux de me mettre ce spectacle sous les yeux et les oreilles. De me l’imposer, leur opinion publique.

 

 

 

Qu’est-ce que ce bourrage de crâne peut finir par créer dans le dit crâne ? C'est fait pour terrasser de terreur. Je vais vous dire : c'est fait pour inspirer la peur, la culpabilité, la certitude de l’impuissance devant le réel que d’autres nous façonnent à leur gré. Et pour finir, la soumission à je ne sais quelle fatalité.

 

 

Je vois bien ce qui risque d’arriver, avec l’histoire syrienne : chaos, islamisme, guerre totale, vu le nombre de pays importants impliqués dans l’affaire, mais je vais vous dire : comme je n’y peux rien, j’estime avoir le droit, que dis-je, j’estime avoir le DEVOIR DE M’EN FOUTRE. Expliquez-moi à tire-larigot que l’ordre du monde se joue là, et pas ailleurs.

 

 

Que ce qui est imposé aux Syriens est terrible. Eh bien je vais vous dire, l’ordre du monde, JE LE COMPISSE, JE LE CONCHIE. A quoi ressemblerait le monde, aujourd'hui, si SARKOZY n'avait pas envoyé ses Rafales sur Benghazi ? Qu'est-ce qui peut m'obliger, moi, citoyen basique, à ne pas supporter les morts d'ailleurs ? En quoi il me concerne, franchement, l'ordre du monde ?

 

 

Pour une raison qui n’est peut-être pas excellente : pendant que la caméra mondiale est braquée en permanence sur la Syrie, il n’y a plus personne pour regarder les violences en Somalie, le viol industriel qui règne au nord-ouest de la République Démocratique du Congo, les violences au Sud-Soudan, j’arrête là. Quel être raisonnable aurait la prétention de croire qu'on peut faire régner l'ordre et la paix sur notre planète ?

 

 

Ce qui m’étonne, c’est que les foules spectatrices soient toujours convaincues, qu’il est possible de sauver les autres (« Mais faites quelque chose ! », entend-on depuis les débuts de cette autre atrocité que constitue l'action humanitaire). Donc qu’il faut les sauver. Comme SARKOZY qui, en déclenchant la foudre contre KHADAFI, a réussi à déstabiliser gravement tous les pays de la région sahélienne. Là encore, je ne peux que conspuer cette maxime chère à ma tante A. (voir hier) : « Quand on veut, on peut ».

 

 

Vous comprenez pourquoi je me suis tourné vers la ’pataphysique ? C’est parce que

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Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

vendredi, 06 avril 2012

MUSULMAN ET TOTALITAIRE ?

Avant de commencer, je veux dire qu’on n’a pas assez noté, à mon avis, que, parmi les quatre victimes militaires que MOHAMED MERAH a flinguées pour de bon, trois portent des noms arabes : ABEL CHENNOUF, MOHAMED LEGOUAD, IMAD IBN ZIATEN. Le quatrième – est-il encore vivant, au fait ? – porte un nom latin, LOÏC LIBER, et la peau noire de sa naissance guadeloupéenne. Il est donc pour le moins étonnant qu’on n’ait plus parlé que de crimes « antisémites ». Cela ressemble à une confiscation du deuil.

 

Je signale que l’armée française compte, aux dernières nouvelles, environ huit mille recrues « issues de l’immigration » et musulmanes, une « intégration » sans tambour ni trompettes, un recrutement bien plus discret, mais combien plus efficace que les légions d’Al Qaeda (vous connaissez le refrain de PIERRE PERRET, qui ne parlait pas des camps d’entraînement du Waziristan : « Les jolies colonies de vacances (…) tous les ans, je voudrais que ça recommence, youkaïdi aïdi al qaïda »).  

 

 

Pourquoi je voulais le faire remarquer particulièrement ? Tout simplement, parce que ce type qui a tué des enfants juifs, soi-disant  pour venger les enfants palestiniens tués par les Israéliens, il a commencé par tuer des types aussi musulmans que lui. Des Français, peut-être, qui servent dans l’armée française, peut-être, mais qui sont d’origine arabe, et de religion musulmane. Si quelqu’un peut m’expliquer ce sac de nœuds, il est le bienvenu.  

 

 

Maintenant, venons-en au sujet du jour. Y a-t-il une « offensive islamiste » en France ? La réponse est « oui ». Je me réfère à ce qui se passe en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Lybie, et maintenant au Mali, où l’offensive islamiste est patente, avérée, officielle. Il n’y a pas de raison pour que l’Europe, en particulier la France, où vivent beaucoup de musulmans, reste en dehors de ce mouvement de fond.  

 

 

Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi un certain nombre de signes.  

 

 

1 ) – Le premier me vient d’un prêtre catholique qui s’appelait CHARLES PALIARD. Moi qui suis athée, je dis tout de suite, à son sujet, que je n’ai jamais vu personne d’aussi peu doctrinaire, d’aussi peu dogmatique. D’aussi peu crispé sur une idéologie. Et pour tout dire, d’aussi ouvert. Certaines mauvaises langues diraient « d’aussi œcuménique ». 

 

 

Curé dans la paroisse de Saint Priest, il est mort en 1992. Ses propos datent donc de bien avant, mettons vingt-cinq ans, et s’ils étaient dépourvus de crainte ou de haine, ils étaient très nets : il parlait de l’islamisation rampante à l’œuvre dans cette ville de la banlieue lyonnaise, où la population d’origine arabe est nombreuse.  

 

 

Il ne semble pas que le processus à l’œuvre, qu’il constatait il y a vingt-cinq ans se soit interrompu. Bien au contraire, l’Islam, en France, a pris de la place, de plus en plus de place. Le mouvement s’est amplifié, a crû et embelli, est devenu tellement visible qu’il a fini par poser un vrai problème (voile, prières en public, etc…), au point d’envahir le devant de la scène. 

 

 

Quand on regarde ainsi le phénomène sur la longue durée, il est raisonnable de s’interroger, et même de s’inquiéter. Et de se dire, rationnellement et posément, que la France, non seulement n’est pas à l’abri d’une « offensive islamiste », mais qu’elle constitue pour celle-ci un terrain de jeu privilégié, sans doute à cause, d’une part, du nombre d’adeptes, d’autre part, de la place qu’y tient la laïcité, dont les musulmans – et même pas les plus radicaux – ne veulent à aucun prix.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

jeudi, 22 mars 2012

QUE SERAIT LE MAL SANS L'HUMANITAIRE ?

Allez, j’ai bien envie de choquer, de heurter de nouveau quelques âmes sensibles et de bonne foi, mais tant pis. Voilà, il faut que je le dise : si le bénévolat et l’aide humanitaire pullulent aujourd’hui comme de la vermine, ça veut dire que le pire est en train d’accroître son emprise sur l’humanité.

 

 

L’humanitaire, le généreux, l’altruiste et le bénévole, enfin tout ce qu’on regroupe souvent sous le terme générique « les associatifs », sont nés il y a moins d’un demi-siècle (je ne parle pas des « grands anciens », genre Croix-Rouge), et depuis un demi-siècle, ça s’est mis à proliférer, au point, aujourd’hui, d’occuper le devant de la scène.

 

 

La Syrie donne un assez bon exemple de la place exacte qu’occupe  l’humanitaire dans la réalité, tout à fait différente de la surface médiatique que les acteurs de la propagande humanitaire s’efforcent de lui donner.

 

 

On voit ici les grands principes venir s’échouer comme une vaguelette mourante sur la falaise de la réalité économique, politique et géopolitique, qui n’a jamais été mue par les sentiments, au grand dam de nos modernes croisés des droits de l’homme.

 

 

La gesticulation humanitaire est évidemment destinée aux caméras de télévision, autrement dit, à « l’opinion publique ». Ce n’est ni plus ni moins que de la propagande. On me dira que c’est pour la bonne cause. Ça reste à voir.

 

 

MICHEL COLUCCI, dit COLUCHE, affirmait que les « Restos du cœur » auraient gagné la partie le jour où ils disparaîtraient. Et il avait bien raison : cela aurait voulu dire que le problème à l’origine des « Restos du cœur » a tout simplement, lui aussi, disparu.

 

 

Or que voyons-nous, d’année en année ? La demande d’aide à la simple survie explose. Pas seulement pour le « droit au logement », pas seulement pour le « droit au travail ». Mais pour le droit de manger à sa faim. Non seulement le problème n’a pas disparu, mais il s’est aggravé, et il ne cesse de s’aggraver, comme poussé par une force maléfique irrésistible.  

 

 

On ne compte plus les quêtes pour la « banque alimentaire », les « sans abri » et autres associations à but caritatif. Dites, ça ne vous impressionne pas, que le caritatif explose comme jamais, que la bienfaisance mobilise en masses toujours plus compactes,  que le tsunami de la bonté referme sa mâchoire en acier humanitaire sur le malheur des gens ? Moi, je me permets de trouver ça louche.

 

 

Et j’ai fini par me poser une question incongrue, voire scandaleuse : « Est-ce que par hasard ce n’est pas à cause des « restos du cœur » que la situation devient pire de jour en jour ? ». Ou plutôt, est-ce que ce n'est pas parce qu'ils existent, et que certains malintentionnés savent qu'ils existent, que ça s'aggrave ? On pourrait appeler ça les « effets pervers de la bonne volonté ». 

 

 

La vraie question ?  « Il y a des margoulins prêts à tout, pour qui COLUCHE et ses semblables fonctionnent comme des PERMIS DE NUIRE, car ils voient qu'il y aura toujours, quels que soient leurs forfaits, « les gens de bonne volonté », « la société civile », « les associations » pour réparer les dégâts qu’entraînent leurs activités trop salopes pour être avouées ».

 

 

Est-ce que ce n’est pas à cause de l’existence d’un tissu associatif de plus en plus serré et préoccupé de la « solidarité » que des gangsters sont en train de se dire : « Tranquille, Mimile, on peut y aller à fond les manettes, ils n’ont encore rien vu ». COLUCHE, mais avant lui KOUCHNER & BRAUMAN (et avant eux HENRI DUNANT) ont inventé la petite cuillère du bon cœur à vider la marée montante de la haine et du mépris.

 

 

Car disons-le, l’humanitaire et le bénévole sont profondément bêtes par nature. Intrinsèquement bornés. Viscéralement obtus. Bon, quelqu’un a dit : « Heureux les pauvres d’esprit, car le royaume des cieux est à eux ». Ne soyons donc pas moins miséricordieux que la miséricorde.

 

 

Non, je n’insulte personne, je dis les choses comme elles sont. L’humanitaire et le bénévole sont exactement comme le cycliste dans l’ascension du Tourmalet : ils ont le nez dans le bitume juste devant la roue, et rien d’autre. Le paysage, connais pas. Le bitume, on appellera ça le « terrain ».

 

 

On appellera le paysage « compréhension de la situation », comme une carte, qui sert à comprendre un territoire. L’humanitaire, lui, a le nez dans le bitume, le terrain, il est celui qui se trouve ou se rend « sur-le-terrain ». Il sert à ça : ne pas comprendre. Il sert tout au plus à taper à l'émotion. L'humanitaire, c'est le tripal et le lacrymal.

 

 

A cet égard, l’humanitaire et le bénévole ne sont rien d’autre que les alibis du système en place. Ils sont les avatars modernes des Dames Patronnesses qui, autrefois, avaient « leurs pauvres », qu’elles visitaient et dont elles s’efforçaient, gentiment apitoyées, de « soulager le sort misérable ». Et qui permettaient au système de se conforter, aux inégalités criantes entre richissimes et misérables de perdurer.

 

 

Je manque peut-être d’esprit de tolérance, mais je n’ai pas l’intransigeance absolue et terrible de LEON BLOY. S’il arrivait à des humanitaires la même chose qu’aux aristocratiques dames patronnesses mortes dans l’incendie du Bazar de la Charité (130 morts), le 4 mai 1897, je n’irais certes pas jusqu’à écrire, comme le « mendiant ingrat » dans son Journal :

 

 

« J’espère, mon cher André, ne pas vous scandaliser en vous disant qu’à la lecture des premières nouvelles de cet événement épouvantable, j’ai eu la sensation nette et délicieuse d’un poids immense dont on aurait délivré mon cœur. Le petit nombre des victimes, il est vrai, limitait ma joie » (lettre du 9 mai).

 

 

 

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Il fallait oser. Mais c'est vrai que la charité, le caritatif et tout ce qui y ressemble, ne sont qu'un sinistre bazar.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.


 

lundi, 13 février 2012

LOI DU NOMBRE ET DEMOCRATIE

Je pose aujourd’hui une question puissante, attention les yeux, ça va décoiffer : qu’est-ce que la démocratie ? Je vous préviens, on n’est pas à Sciences-Po. Je pars du ras des pâquerettes, et j’y resterai peut-être, allez savoir. La démocratie ? Jusque-là, rien à dire, ça reste assez simple : l’expression de la « volonté générale ». A partir de là, vous allez voir, la volonté « générale », elle n’arrête pas de vous serrer le kiki et la ceinture.

 

 

Parce que là où ça se complique, c’est quand on demande : c’est quoi, la « volonté générale » ? Naïvement, je réponds, déjà embarrassé : c’est la volonté de tous, du peuple, de tout le peuple, je veux dire  de chacun des membres du peuple, que sais-je ? C’est le « peuple souverain », bien connu de sa concierge.

 

 

Oui, mais comment vous allez savoir ce que c’est, la volonté de chacun ? La réponse est tout bonnement impossible. En 1789, la France comptait 27.600.000 habitants, « en comptant les femmes et les petits enfants » (FRANÇOIS RABELAIS). Comment veux-tu faire ? Le NOMBRE est en soi un obstacle à la démocratie. Je ne parle pas ici de délégation et de représentation, notez bien, juste du NOMBRE.

 

 

Parenthèse sur « La démocratie culinaire » (inspiré par Les Petits plats dans les grands, « La méthode illustrée par l’exemple », HENRI-PIERRE D’ACREMANT, Firmin-Didot éd., 1884, beau frontispice en couleur, plusieurs chromolithographies hors-texte, nombreuses gravures in-texte, jamais réédité).

 

 

Suppose que c’est toi qui es dans la cuisine. Mettons qu’autour de la table, ils ne sont pas trop nombreux, disons vingt. Le problème, c’est que chacun est venu avec son menu à lui. Vingt menus complètement différents : vingt entrées, vingt plats, vingt desserts. Comment tu fais, toi, devant ton piano et tes gamelles ? Le problème de la démocratie, il n’est pas ailleurs, il est là.

 

 

Alors on simplifie. Tiens, regarde les repas que tu fais entre collègues, en fin d’année ou à l’occasion d’un départ ou d’une retraite, comment ça se passe. Ça dépend du restaurant, mais ça m’étonnerait qu’on aille au-delà de trois propositions de menus. Ça fait trois entrées, trois plats, trois desserts. Ce n’est pas beaucoup, mais les gens considèrent que ce n’est déjà pas mal. Chacun, donc, avant même d’être à table, a déjà intériorisé l’idée qu’il va falloir qu’il restreigne ses désirs. Fermeture de la parenthèse.

 

 

La démocratie, c’est exactement ça : comme on est trop nombreux, la cuisine ne peut plus suivre. On est obligé de réduire le choix. La démocratie, c’est d’abord une restriction de chacun à des dimensions plus modestes que son individu individuel. Le serrage de ceinture, il commence là : plus on est nombreux, moins chacun a de surface démocratique individuelle.

 

 

Plus on est nombreux, moins on compte, et moins on existe. C’est mathématique et inversement proportionnel : ta part de vie dans le nombre décroît quand le nombre croît. Comme au loto : plus il y a de combinaisons possibles, plus les chances de gagner diminuent.

 

 

D’un point de vue démocratique, un Chinois, en comptant un milliard d’inscrits (en supposant que …), existe à peu près vingt-cinq fois moins qu’un Français (quarante millions). Moralité : plus tu es nombreux, plus la démocratie t’écrase, toi, individu ! Qu’est-ce que c’est, finalement, un individu ?

 

 

Oui, nous sommes trop nombreux pour que chacun de nous ait une véritable existence politique. Et c'est d'autant plus vrai depuis que la montée en puissance de l'Europe aux dépens des nations a rendu encore plus évanescent le pouvoir de chaque individu sur la marche des choses.

 

 

Alors la démocratie ? Tiens, comment ils ont fait, en 1789 ? Ils ont fait comme pour la pyramide : plus tu montes, plus c’est étroit, et moins il reste de place pour toi. Appelons ça la réduction de l’individu (façon réducteurs de tête). Au départ, soyons franc, tu as l’impression que tout est possible. La base s’exprime. Tout le monde frétille de la queue (ou du croupion, c’est selon). A l’arrivée, même pas un atome de croupion.

 

 

Il arrive la même chose aux molécules en homéopathie, vous savez, les CH (« centésimale hahnemannienne »), la mémoire de l’eau (les tribulations « scientifiques » de JACQUES BENVENISTE) et tout le tremblement : au départ, une molécule en pleine possession de ses moyens, bien vaillante et prête à l’emploi.

 

 

A l’arrivée, qu’est-ce qui reste, sinon rien ? Car 9 CH, c’est un centième répété neuf fois, je vous laisse calculer tous les 0 que ça fait après la virgule, pour ce qui reste d’actif dans le tube à essais. Mais je ne voudrais pas déclencher une polémique.

 

 

Pour un phénomène analogue d’évanouissement de la réalité dans sa quintessence abstraite et virtuelle, on pourra préférer la page 441 de l’intégrale de la Rubrique-à-Brac de GOTLIB, où l’escargot disparaît carrément par le fond de sa coquille, et où le cher professeur Burp se lamente : « Escargot mon ami, qu’as-tu fait de ta vie ? ».

 

 

 

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N'AYANT PAS TROUVE L'ESCARGOT,  JE VOUS PRESENTE

LE PROFESSEUR BURP EN COMPAGNIE DE L'HYENE

(si si, c'est comme ça qu'on dit et qu'on écrit)

 

La loi du nombre, appelons ça le point extrême de la dilution. Je vais vous donner un exemple. J’ai vu construire une « pyramide » en 2003 dans l’Education Nationale : tous les « partenaires » de la « communauté éducative » se réunissent en différentes commissions, dont chacune rédige un document résumant les idées émises. Cela fait une dizaine de commissions dans chacun des 11375 établissements (public + privé) du second degré. Je vous laisse calculer le nombre de documents.

 

 

Puis ces synthèses sont rassemblées par le chef, qui les envoie au rectorat. Les fonctionnaires rectoraux rédigent une synthèse académique et l’envoient à Paris. Là, des fonctionnaires ministériels élaborent, à destination du ministre, un document qui synthétise l’ensemble.

 

 

La « Commission THELOT », ça s’appelait. « Quelle école pour demain ? », ça demandait. Résultat, la bouche du ministre de l’époque a laissé tomber face aux caméras une bouse de vache, et tout est retombé dans le silence. Comme dit la sagesse populaire, c’est la montagne qui accouche d’une bouse de vache. Ce qu’on pourrait appeler une synthèse de synthèse de synthèse de synthèse de synthèse de synthèse de synthèse … « Mammouth mon ami, qu’as-tu fait de ta vie ? », se lamente le professeur CLAUDE ALL… euh, non, le professeur Burp.

 

 

Et, bonne pomme, je n’ai même pas tenu compte du fait que les conclusions étaient déjà toutes prêtes et connues du ministre avant l’élaboration de la montagne pondeuse de bouses de vache par ministre interposé. J’ai fait comme si tout ça n’était pas un simple cinéma à grand spectacle pour dire au bon peuple spectateur qu’on a les dossiers bien en main. Au moins, personne ne pourra dire que le système n’est pas démocratique. Les personnels ont été consultés, on leur a demandé leur avis, c’est sûr. Qu’on s’asseye dessus ensuite, tout le monde s’en fiche.

 

 

Dans la loi du nombre, elle est là, la mort démocratique. L’individu infinitésimal, molécule vivante diluée des millions de fois dans le tube à essais électoral, qu’il dise quelque chose ou qu’il ne dise rien, cela revient au même. Pesé grain de sable après grain de sable sur les balances de précision de la machine statistique, l’individu infinitésimal n’existe plus. On aura beau me seriner que l’individu est la pierre angulaire de l’édifice démocratique, je persisterai à me gausser.

 

 

« Tu te rends compte, si tout le monde faisait comme toi ? » Oui, je me rends compte. Et alors ? Beaucoup de gens font d’ores et déjà comme moi. Ils s’abstiennent de voter. Ils ont peut-être pris conscience de la fiction que leur existence politique constitue, va savoir. Le char d'assaut médiatique a beau leur rouler sur les neurones avec ses obus chargés de devoirs civiques, ils ont cessé d'y croire, à cette histoire : « Chaque voix compte, la tienne est aussi importante que toutes les autres, tu ne vas pas nous faire ça ».

 

 

Et puis il faut aussi comprendre une chose : quelle existence politique ont eue, après 2007, les 17.000.000 d'électeurs qui ont voté SEGOLENE ? Rien, que dalle ! Qu'est-ce que c'est, aussi, ce système où une quasi-moitié du corps électoral est écrasée purement et simplement ? Qu'est-ce que c'est, la loi de la majorité ? Un moyen de faire taire la minorité. « Vous n'avez qu'à être majoritaires », entend-on. Mais j'y reviendrai, sur le scandale majoritaire.

 

 

Qu’est-ce qui leur manque, à ceux qui votent avec leurs pieds aux élections ? Il leur manque l’impression toute simple d'exister politiquement, de peser, d’être pour quelque chose dans la marche des choses, de voir leur volonté (pas leur opinion) prise en compte dans les décisions. Ce n’est pas avec des « débats participatifs » à la SEGOLENE, avec des « comités de quartier » qu’on arrivera à leur donner cette impression. C’est en leur donnant un pouvoir de décision, un vrai. Comment ? Ah, je l’ai dit au début : on n’est pas à Sciences-Po. Vous n'avez qu'à demander aux experts. Ils savent tout.   

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

APRES-PROPOS : l'actualité nous montre une curieuse parenté qui s'installe entre deux pays pourtant à des années-lumières l'un de l'autre. Pendant que la « communauté internationale » élève la voix contre le meurtre collectif d'Etat commis par le régime syrien contre son propre peuple et fait quelques efforts pour l'empêcher, la « communauté européenne » abat la griffe de son autorité sur le pouvoir grec pour obliger celui-ci à réduire son propre peuple à la misère. C'est la logique droit-de-l'hommiste contre la logique financière. Devinez qui va gagner. Les deux, mon général. JANUS BIFRONS aura encore frappé.

 

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LA GUERRE OU LA GUERRE ?

PILE JE GAGNE, FACE TU PERDS

 

 

 

vendredi, 08 juillet 2011

D'ISRAEL ET DE LA PAIX DANS LE MONDE

JEAN-PIERRE ANDREVON, écrivain de science-fiction, écrivait dans les années 1970 des histoires qui se passaient très loin dans le futur. Il y parlait en particulier des foyers de guerre permanents qui se profilaient vers la fin des "trente glorieuses". L'un de ces foyers était situé au Proche-Orient : la guerre entre Arabes et Israéliens. Je ne sais plus dans quelles années il situait l'action (2500 ?), mais on en a pris, semble-t-il, le chemin.

 

Avant de monter dans le train qui m’emmenait en Allemagne pour l’été, j’ai acheté au kiosque de la gare, absolument au hasard, un livre de LEON URIS, Exodus. J’avais dix-sept ans. Exalté et passionné, j’y ai découvert un monde que j’ignorais totalement. La difficile installation d’un peuple exilé sur un territoire. L’épreuve effroyable qu’il venait de traverser. La formation des premiers « kibboutzim » (c'est au pluriel). Le sinistre travail des « Sonderkommandos », chargés de débarrasser les chambres à gaz du monceau de cadavres nus après une exécution. Je n’ai jamais relu ce livre. Mais il me reste des images, quelques séquences.

 

 

L’un des personnages est un jeune garçon né en Palestine (?), que le père envoie livrer des denrées (de la farine ?), qu’il se fait régulièrement voler par de jeunes Arabes. Le père réfléchit, puis il enseigne à son fils le maniement du fouet de cuir, il veut lui apprendre à se défendre. Le fouet est lourd, la lanière est raide, l’apprentissage difficile. Le garçon a du mal, puis moins de mal, puis il arrive à faire claquer l’extrémité. Alors le père charge l’âne et confie à son fils la même mission. Les jeunes voleurs l’attendent. Mal leur en prend : le fouet leur enlève quelques bouts de peau, ils ne recommenceront pas.

 

 

Le livre date de 1958. Cette scène qui m’est restée (parmi d’autres) me semble symbolique de la façon dont les mentalités des juifs israéliens ont été façonnées : « Il faut se défendre » apparaît comme le maître-mot. C’est peut-être devenu un trait culturel fondamental, dont tous les juifs d’Israël sont vraisemblablement imprégnés. C’est peut-être un réflexe, à présent, de considérer la terre sur laquelle l'Etat d'Israël a été constitué comme globalement hostile.

 

 

Par parenthèse, qu'on ne me raconte pas que la Palestine est terre juive depuis 3000 ou 5000 ans : historiquement, c'est un mensonge tellement énorme et stupide que seuls des fanatiques peuvent donner dans le panneau. HITLER lui-même n'a-t-il pas envisagé de donner aux juifs, comme terre d'accueil, une partie de Madagascar ?

 

 

Et par parenthèse, je me refuse à parler d'Etat juif. Ce non-sens théocratique est une telle injure à l'idée que je me fais de la laïcité nécessaire d'un Etat, quel qu'il soit, ne peut avoir pour conséquence que de jeter de l'huile sur le feu du conflit.

 

 

J’avoue que j’ai été fasciné par l’Etat d’Israël. Je garde en mémoire l’éclair de feu que fut la guerre de 1967, si mal préparée par les ennemis du nouvel Etat que celui-ci en vint à bout avec une souveraine aisance. Est-ce dans Paris-Match que parut cette photo où l’on voyait les brodequins abandonnés sur le sable du désert par les soldats égyptiens, soi-disant pour s’enfuir plus vite ?   Il n’en fut pas de même en 1973, où Israël eut bien du fil à retordre, du fait d’une préparation beaucoup plus soigneuse (et secrète) par HAFEZ EL ASSAD et ANOUAR EL SADATE.