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samedi, 06 janvier 2018

LE PROGRÈS FAIT RAGE

Une maison d'opéra, le Theatro del Maggio Musicale à Florence, vient de donner une production de Carmen, de Georges Bizet. Avec une petite variante, oh, presque rien : à la demande du directeur du théâtre de trouver un moyen de ne pas faire mourir l'héroïne, Leo Muscato, metteur en scène, a réécrit la fin, expliquant : « A notre époque, marquée par les violences faites aux femmes, il est inconcevable qu'on applaudisse le meurtre de l'une d'elles » (je cite le site du Huffington Post). Le célèbre metteur en scène Olivier Py a apporté son entier soutien à l'innovation. Accessoirement, Leo Muscato a aussi choisi de situer l'action dans un camp de Roms, qui sera ensuite évacué par des policiers en tenue anti-émeute.

Note ajoutée le 9-01 : la situation a encore progressé, car j'apprends à l'instant qu'à la fin de l'opéra, c'est Carmen qui flingue Don José. 

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Madame Geneviève Fraisse, philosophe de son état, interrogée sur le harcèlement sexuel, entre autres propos, a cette formule : « masculinité abusive ».

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Après l'écriture inclusive.

M le magazine du Monde publie ce samedi un article intitulé : « La culotte inclusive ». Le chapeau de l'article : « Depuis quelques saisons déjà, la tendance androgyne bouleverse l'univers de la mode. Pour plaire à une nouvelle génération ayant un rapport souple au genre, les marques de lingerie créent des lignes unisexes, sobres et aux couleurs neutres ».

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Sans commentaire.

vendredi, 08 décembre 2017

LE VIOL DES FEMMES

VUKOVAR, CROATIE, 1991 

L'HORREUR EST HUMAINE

Les Serbes de Slobodan Milosevic, obéissant à leurs chefs qui leur promettent le prochain établissement de la « Grande Serbie », attaquent Vukovar, ville de Croatie. Après la reddition des troupes croates, on ne sait pas grand-chose de ce qui est arrivé aux hommes en âge de se battre. Ce qu’on sait des femmes, peu de choses, sinon que, neuf mois après, beaucoup ont accouché de petits Serbo-Croates, aussitôt baptisés Serbes. On a appelé ça du « viol comme arme de guerre ».  Les troupes de Vojislav Seselj ont bien travaillé : mission accomplie.

Que fait la « communauté internationale » ?

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PANZI, LAC KIVU, 2012

L'HORREUR EST HUMAINE

(billet Alexipharmaque du 30 novembre 2012, extraits)

Denis Mukwege est médecin. Il a fondé un hôpital dans une ville appelée Panzi, dans la région du lac Kivu, au nord-est de la RDC (Congo Kinshasa)  : ce gynécologue, qui pensait avoir ouvert son hôpital pour s’occuper de mise au monde, de suivi des femmes enceintes, éventuellement de césariennes, voit arriver une femme dans son hôpital tout neuf, un jour de septembre 1999. Des soldats l’ont violée. Mais ça ne suffit pas : pour faire bonne mesure sans doute, son « appareil génital avait été déchiqueté par des balles tirées dans son vagin » [citations toutes tirées du journal Le Monde de l'époque, je ne me rappelle plus si c'est Annick Cojean ou Ariane Chemin qui a écrit l'article, le nom de Colette Braeckman apparaît aussi dans le contexte].

Ce n’est que la première d’une longue série. « Mais à la fin de l’année, j’en étais à 45 cas », dit le docteur. En 2000, 135 cas sont comptabilisés. En 2004, il y en a 3604. Visiblement, les gars sont contents d’avoir trouvé un "truc". Une idée à creuser, quoi. « Le viol était devenu une arme de guerre ». Les clitoris étaient coupés, les seins, les lèvres, les nez sectionnés. « Et le viol s’est répandu. Utilisé par tous les groupes armés, les rebelles hutus et les combattants maï-maï, les soldats rwandais et les forces gouvernementales congolaises, et aujourd’hui les insurgés du M23 ».

En treize ans, le docteur Mukwege a opéré plus de 40.000 femmes violées et mutilées. Au Congo, il parle de 500.000 femmes violées en seize ans.  « J’ai vu des vagins dans lesquels on avait enfoncé des morceaux d’arbre, de verre, d’acier. Des vagins qu’on avait lacérés à coups de lames de rasoir, de couteau ou de baïonnette. Des vagins dans lesquels on avait coulé du caoutchouc brûlant ou de la soude caustique. Des vagins remplis de fuel auxquels on avait mis le feu ».

« Il a soigné une femme qui, enlevée avec ses quatre enfants par un groupe armé pour devenir leur esclave sexuelle, a appris que le plat étrange qu’on l’avait forcée à avaler était constitué de trois de ses enfants. Il a tenté pendant des heures de reconstituer le vagin d’une petite fille de 3 ans que des sexes barbares avaient saccagé, lors d’un raid nocturne sur un village ». 

Même si le mot "barbare" n'est pas très déontologique de la part d'une journaliste, Denis Mukwege est devenu « L'homme qui répare les femmes ».

Que fait la « communauté internationale » ?

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PARTOUT EN SYRIE (et ailleurs), 2017

L'HORREUR EST HUMAINE

Syrie. Manon Loizeau, dans un documentaire diffusé hier soir, a recueilli les témoignages de Syriennes confrontées à la barbarie du régime de Bachar El Assad. La veille de la diffusion, Le Monde (daté mercredi 6 décembre) a publié, sous la plume d’Annick Cojean, le témoignage de Hasna Al-Hariri, femme de 54 ans. Un fils déserteur (motif éthique après onze ans de service) suffit à faire de toute la famille une « ennemie du régime ».

Emprisonnée un première fois, elle raconte : « Le sol ruisselait de sang, il y avait des cadavres dans les coins, et j’ai assisté à des scènes de torture inconcevables, sous les hurlements, les menaces, les injures : des jeunes hommes nus frappés avec des bâtons ou des câbles tressés leur arrachant la chair, suspendus par les bras à des chaînes accrochées au plafond, crucifiés, coincés dans des pneus, empalés sur des pieux. J’ai vu découper des membres à la tronçonneuse sur des êtres vivants, pour effrayer les autres et leur faire avouer des choses qu’ils n’avaient pas faites ».

Elle-même, dans un premier temps, n’est pas violée. Tout juste évoque-t-elle ce jeune soldat qui lui enfonce les doigts dans le sexe (« Je pourrais être ta mère », hurle-t-elle). On lui montre « des salles de torture où des hommes nus se faisaient violer et ils me criaient : "Regarde bien ! C’est ce qui arrivera à tes fils et tes filles si tu continues à comploter contre le régime. On vous violera tous !" Ils savent bien que dans nos sociétés, le viol est pire que la mort ». Comme quoi il n'y a pas que les femmes qui se font violer. Selon la tradition, le déshonneur subi par la femme rejaillit sur toute la famille, déshonneur justifiant parfois que celle-ci commette des "crimes d'honneur" : c'est la victime la coupable.

Troisième détention, elle raconte : « J’ai vu des femmes mourir au cours d’un énième viol. J’ai vu des femmes essayer d’avorter et mourir d’hémorragie. J’ai vu une fillette de 13 ans, suspendue pas les poignets et la poitrine lacérée. J’ai vu des gardiens entrer dans notre cellule et tordre la bouche des filles en exigeant des fellations. J’ai vu une femme pleine du sang de ses règles à qui, en se moquant, on a jeté des rats qui lui ont bouffé le sexe ».

Que fait la « communauté internationale » ?

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Hollywood, Californie, USA, 2017

L'HORREUR EST MASCULINE

(on a enfin trouvé le coupable)

Pendant ce temps, dans d’autres zones, sévissent d'autres guerres meurtrières dont on ne parlait guère jusque-là (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, …). Des femmes subissent d'authentiques traitements inhumains et dégradants de la part d’hommes aussi abjects qu’immondes, qui s’appellent tous désormais Harvey Weinstein, bourreaux sans aucune pitié qui profitent honteusement de leur position de pouvoir pour obtenir toutes sortes de faveurs sexuelles.

Cette fois, trop c'est trop. On regarde déferler l'énorme vague planétaire de la « libération de la parole ». Les victimes se décident enfin à parler. Le monde entier hurle sa répugnance et sa révolte. La « communauté internationale » est enfin unanime pour condamner ces abominations "qui nous ramènent aux heures les plus sombres de l'histoire humaine". Mais cette fois, on tient les coupables¹. Pas trop tôt ! La « communauté internationale » se décide enfin à punir comme ils le méritent ces porcs indignes d'être qualifiés de civilisés. 

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Question.

Qu’attendent les femmes croates violées par des reîtres avinés, les Congolaises martyrisées par des soudards shootés, les Syriennes torturées par des spadassins fanatisés et toutes les femmes suppliciées aujourd'hui dans le monde pour venir réconforter leurs sœurs américaines, britanniques ou françaises, atrocement blessées dans leur dignité ? Elles pourraient faire quelque chose, non, vu l'expérience accumulée, pour toutes ces victimes, actrices ou mannequines qui souffrent, privées de tout, odieusement, honteusement, ignominieusement maltraitées par des porcs qui abusent en masse de leur pouvoir ? 

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Autre question.

C'est quand, la civilisation ?

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Note 1 : "coupable" : étymologiquement : "que l'on est en droit de couper". 

dimanche, 10 mai 2015

LES MECS, C'EST TOUS DES CONS !

I - 1 - Je ne sais plus pour quelle banque est faite cette publicité (France Inter), où l’on entend un fils faire la leçon à son père, juste parce qu’il n’est pas assez malin pour s’être rendu client, avec armes et bagages, de cette même banque. Le père croit que son fils lui manque de respect et le prend pour un vieux con, et quand il comprend l’histoire de la banque, il s’exclame soulagé : « Ah, j’aime mieux ça ». On comprend le message : les hommes sont lourds, épais, lents à la comprenette.

2 - Je ne sais plus pour quelle compagnie d’assurance-retraite est cette publicité (France Inter), où une femme tanne son mari pour qu’il s’abonne ici plutôt que là, et le pauvre mec, qui ne sait plus où il a mis les papiers, quand elle lui dit qu’on ne trouve les documents que « sur son "espace personnel" », en ligne, il se justifie pauvrement : « Ah, tu vois bien que j’oublie pas tout ». On comprend le message : les femmes sont subtiles et à la page. Les hommes ? Des benêts, des balourds, des empotés, des étourdis.

3 - Toujours sur France Inter, au moment de Pâques, publicité pour des chocolats. Pépé raconte au gamin l’histoire des cloches. « Mais non pépé, c’est pas ça l’histoire ». Suit le nom de la marque : « Et en plus c’est toi qui vas courir » (au magasin, évidemment). On comprend le verdict : les hommes sont des dinosaures, et les enfants leur font la leçon. Au passage, on entend aussi  le cri de guerre : à la poubelle les traditions et les histoires d'autrefois.

Synthèse : Il y en a d’autres, des publicités qui présentent les hommes comme des couennes, des nouilles, des buses. L’air du temps est imprégné. C’est très à la mode, le « male-bashing » (les mâles méritent une bonne dérouillée ; « male / female », l'anglais n'a pas de nos petites pudeurs langagières, je m'engouffre dans la brèche). Qu'est-ce que nous prenons, mes frères ! Si la publicité véhicule ces clichés, c'est que le "créneau" est "porteur". Je veux dire : la société est réceptive. Demandeuse.

II - Et en plus, quand ils ne sont pas plombés du bulbe, les hommes sont d'immondes salauds. Le 5 mai, Libération fait sa « H-une » sur le thème du harcèlement des journalistes femelles par les politiciens mâles. Il paraît qu’on appelle ça « sexisme ». Il paraît que le sexisme, eh bien c'est pas bien du tout ! C'est même très vilain. « La morale de cette histoire, C'est que les hommes sont des cochons ». Des cochons sexistes !

C’est  Libération qui le dit, dans un dossier de cinq pages complètes (mais avec photos grand format) ! Si j'ai bien compris, le sexisme, ça consiste à considérer les personnes de l'autre sexe comme étant de l'autre sexe. Dites-moi si je me trompe. Soit dit en passant, les féministes les plus enragées contre « l'ordre masculin » ne se privent pas de manifester un sexisme à l'état aigu. Il va de soi que ce sexisme-là est sanctifié. Il y a le sexisme HDL et le sexisme LDL. Le sexisme, c'est comme le cholestérol : il y a le bon et le mauvais.

Faut-il être un mâle niais, arriéré, demeuré (pléonasmes aux yeux de certaines) pour adhérer au mauvais sexisme ! Soyons modernes, nous clame la clameur. Etonnamment, le Manifeste des 40 journalistes femelles prend soin de préciser que c'est Françoise Giroud qui a inventé LA "Journaliste Politique", mieux à même, selon elle, de tirer les vers du nez de ces mâles qui font carrière en politique, grâce à son charme et aux efforts qu'elle fera pour soigner son apparence. Il fallait appâter le poisson.

C'est donc Giroud qui a inventé l'argument de la séduction dans les rapports entre journalistes et personnel politique (plusieurs de ces rencontres ont fini devant monsieur le maire - ou plus directement dans un lit). Moi je dis : qui s'y frotte s'y pique. Moi je dis : fallait pas y aller ! Car cette incitation à développer « ad libido » (pardon) tous les moyens de valoriser leur féminité ne les empêche pas aujourd'hui de hurler : 

2015 5 mai.jpg

Le gros titre en une de Libé, le 5 mai.

Autrement dit, elles sortent la matraque du policier, parce que  le truc de la séduction est d'une merveilleuse efficacité. Autrement dit : on veut le beurre (professionnel, journaliste, si possible un scoop qui rapporte gros, dont la célèbre « petite phrase » est le modèle de base sacramentel) et l'argent du beurre (le mec, j'en fais ce que je veux, c'est moi qui commande). On fait les coquettes. On joue les Célimène, mais des Célimène punitives.

Pauvres hommes politiques : un certain Tantale, dans un mythe célèbre, avait connu pareil supplice. Avouez qu'il y a du sadisme dans l'attitude féminine. Avec cette histoire de devenir des appâts en faisant miroiter leurs appas, tout en refusant les effets totalement prévisibles de leur manège (c'est même fait pour ça), les femmes journalistes gagnent sur les deux tableaux. 

Très fort, très habile, très à la mode, et très pervers, en ces temps policiers : tout prendre sans rien donner. C'est peut-être ça, l'avant-garde du « combat pour les femmes » : se servir du désir masculin pour arriver à ses fins. Sauf qu'utiliser son corps pour gagner sa vie professionnellement, ça porte un nom, sur les trottoirs.

Je signalerai juste qu'une prostituée de métier, elle, paie vraiment de sa personne.  Et qu'il y a des chances pour que ce soient les mêmes effarouchées à la vertu outragée qui veulent, légalement, « pénaliser le client » et « éradiquer la prostitution ». Mot d'ordre et horizon de la démarche : chasser du corps du mâle le démon de la nature humaine (cf. L'Exorciste). On me dira qu'il n'y a pas de nature humaine. Moi je dis : ben si !

A ce propos, Caroline Eliacheff, le mercredi 29 avril, commençait sa chronique sur France Culture par une dénonciation du harcèlement sexuel : « 100 % des femmes ont été harcelées dans les transports en commun ». Je m’attendais déjà au pire. Caroline Eliacheff m’a très vite rassuré : bien qu’elle soit « présentable » (mon copain Yves dit : « Pas fatigante à regarder » ; mon collègue Alain, lui, disait plus subtilement : « Elle est "gentille" »), elle affirme n’avoir jamais été « harcelée ». J’aime mieux ça. C’est une femme raisonnable. 

Tout repose en effet sur la définition du mot « harcèlement ». Pour les féministes, le harcèlement commence, semble-t-il, au moment où un homme regarde une femme et lui fait comprendre qu’il la trouve jolie. C'est souvent primaire, reconnaissons-le. Mais que cela soit bien entendu, une fois pour toutes : c’est intolérable. Le gonze qui manifeste un intérêt pour une gonzesse, c’est un « lourd ». Un « macho ». Bref : un agresseur, qui a le tort de ne pas se crever les yeux au passage d’une jolie femme. Brassens est plus normal. Disons plus humain : « Mais faut dire que je m'étais crevé les yeux En regardant de trop près son corsage ».

Qu'on se le dise : de nos jours, le regard d'un homme sur une femme qui passe devant lui est en soi un agression, tout simplement. Pas pour toutes les femmes cependant : Libération du 6 mai mentionne, avec des pincettes et en se bouchant le nez (on est "degôche", n'est-ce pas), l'incongruité que constitue Sophie de Menthon (ci-dessous).

2015 6 MAI.jpg

Qui est choqué ? Qui la dame a-t-elle fait hurler ? Devinez.

 

Ah, on me susurre que la main accompagne souvent le regard ? On va dire que l’homme est un primate (ce qu’il est, en toute vérité zoologique, comme la femme), un rustaud, un mal-dégrossi, à équidistance du singe, du "Crétin des Alpes" et du paysan du Danube. Tout ça pour dire que c'est un anormal. Je ne crois pas me tromper beaucoup en voyant la Correctionnelle pas loin derrière. L’ « envie de pénal » a encore frappé. Reviens, Philippe Muray ! 

CRETIN DES ALPES.jpg

Le "Crétin des Alpes".

Balzac en parle dans Le Médecin de campagne. Le docteur Bénassis s'en tire avec une déportation en bonne et due forme. Les féministes pourraient s'en inspirer, non ? Qu'est-ce qu'elles attendent ?

 

Selon la Publicité et les Féministes, l’air du temps est catégorique.

Au choix : les mecs sont des cons, ou bien des salauds. 

Et pourquoi pas les deux ? Façon "cumul des mandats" ? Ça aurait au moins un petit air "socialiste", non ?

Voilà ce que je dis, moi.