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jeudi, 05 avril 2018

SÉLECTIONNER LES ETUDIANTS ?...

... VOUS N'Y PENSEZ PAS !

Tout va mieux, et toutes les conditions sont réunies pour que tout continue à aller de mieux en mieux. La preuve ? Un chiffre : 50% des étudiants européens dans les filières psychologiques de l'enseignement supérieur sont des Français ! Alléluia ! Le psychologue deviendra un produit d'exportation à bas prix que le monde entier nous enviera. Le monde entier importera d'autant plus volontiers nos psychologues que, vu les débouchés, ils seront payés à la bulgare. On brade ! Mais dites-moi : qui a besoin d'autant de psychologues ? Ou d'étudiants en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), section submergées de demandes et obligées de refuser du monde ? 

Quel est le problème ? Les futurs étudiants d'aujourd'hui ne veulent pas entendre parler de sélection, mot qui, à leurs oreilles, sonne comme une injure ordurière. Sous-entendu : "J'ai le droit de m'engager dans l'impasse sociale de mon choix". C'est entendu. Mais les pauvres diables, ils devraient être capables de réfléchir un peu.

Pensez, juridiquement, il paraît que le baccalauréat est toujours le premier grade universitaire, alors qu'à bien regarder la façon dont les choses se passent dans la réalité actuelle, il est visiblement devenu le couronnement de l'enseignement secondaire et qu'il n'a plus guère de lien, dans le contenu, avec l'enseignement supérieur.

Et c'est logique et de bon sens : en 1950, 5,3 % d'une génération décrochait son sésame pour l'université. Et en 2006 ? 64,6% !!! (chiffres officiels, évidemment). Pour la réussite au bac de 2017, j'ai entendu circuler le chiffre de 90% des candidats ! Ben voyons ! Continuons comme ça ! Poussons les murs ! Exigeons ! Réclamons ! Revendiquons !

J'ai oublié l'époque où a été instauré le "Collège unique", mais cette réforme qui se voulait égalitaire et prétendait permettre à tout un chacun de décrocher son parchemin (en papier), a abouti à une véritable ségrégation dans l'enseignement supérieur : il n'y a jamais eu aussi peu d'étudiants des classes populaires.

L'une des conséquences du "Collège unique" et du slogan "80% d'une classe d'âge au bac" est le sacrifice qui a été fait des "filières" (terme encore complètement tabou, vocable honni par les nouveaux fanatiques, les bien pensants égalitaristes), qui permettaient d'orienter vers l'enseignement technique soit des ados qui n'avaient visiblement aucun goût pour l'abstraction et la connaissance, soit des jeunes qui voulaient au plus vite travailler de leurs mains.

Je connais assez bien le cas d'un jeune qui, assez bon dans les matières scientifiques, a décroché, après son bac, un DUT d'informatique. Résultat : un jour il en a eu assez marre de passer sa vie devant des écrans pour, à trente ans, passer un CAP de métallier, filière dans laquelle il s'épanouit encore aujourd'hui et qui le rend heureux. A ce propos, j'ai voisiné quelques jours avec l'ancien patron d'une petite entreprise de métallerie (garde-corps, clôtures, portails, ...). Il a vendu son entreprise pour une unique raison : il ne voulait pas de simples exécutants, mais il ne trouvait plus personne qui ait assez d' "intelligence de la main" (c'était son expression) pour réaliser les attentes des clients en s'adaptant aux contextes, aux situations, etc.

Heureusement, le "Collège unique" a mis fin à cette épouvantable injustice des "filières", à cette ségrégation sociale précoce : il a mis tout le monde dans le même sac, débrouillez-vous avec ça, on verra bien bien ce qui en sortira.

Quelques décennies plus tard, c'est-à-dire trop tard pour remédier à quoi que ce soit, on voit qu'un rouleau compresseur qui se moquait bien de la couleur politique des uns et des autres a ratiboisé ce qui faisait le système éducatif français. On déplore que la proportion des étudiants qui abandonnent au bout d'un ou deux ans soit phénoménale ? Mais qui a décidé d'en finir avec le Lycée, avec l'Université ? Les jeunes croient-ils vraiment que le salut leur viendra de leurs smartphones ? De leurs pages Facebook ? Des "réseaux sociaux" ? On n'a pas fini de se lamenter sur le déclassement progressif et régulier de la France dans les classements internationaux.

DE PROFUNDIS !

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