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vendredi, 09 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 6/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE VI

 

Avec le moi d’ici,

en remettant

le temps d’avant

qui se déchire,

je t’ai refait le déroulé,

le temps d’avoir du sens,

comme un sas de vent

avant soi la cassure.

 

Tout mon secret,

la rue d’après,

le venin vite,

tout le support,

ça fait confort.

 

Le noir de corps

frappe au décor.

La rue d’après,

ça rend sourd.

On se tait en couleur,

sac de soi,

la vie par plaques.

 

Volute au mur de mal.

La vie rutile.

Dans le corps intérieur,

le noir se ferme,

c’est en lui-même.

 

Au cœur de gris avec cadavre,

on fait papier d’accord.

C’est en dépouille,

ce qu’on sait du semblable.

C’est l’hiver, ou la personne ?

 

L’impur de voir

a fait sa goutte,

une eau creuse,

avec surface.

 

Vêtu de l’œil,

pour la similitude,

on a la volupté sans frais.

 

Bar de nuit,

citron-fraise,

un coup dur.

 

Après la suie, la promenade.

La vie foisonne.

 

Dans le fruit direct,

on a trouvé du vertige,

ça coule en peur

avec les autres tiges.

J’ai vu mon corps cousu,

ma tête en cerisier,

en fruit direct.

 

Dans la moisson,

c’est peur de l’engrenage,

avec vie de forme,

hissé la tige en dur

jusqu’aux traces à pourquoi.

 

J’ai la couleur en cru,

le noir en papier fort,

malgré la trace

dans la cloche à pourquoi.

 

On suivait l’acte,

respect d’encore,

de ventre fait,

ça se balance

avec mort de vie,

en fruit direct.

 

Le fort se met en fruit.

C’est l’hiver en personne.

C’est déduit des contours.

 

Il a sa silhouette.

Il parcourt la nuit,

beaux yeux gris,

la frontière en peau peinte.

 

Le pour de quoi devient du corps.

Après l’afflux,

ça fait complice.

 

C’est en vie qu’on foisonne,

et c’est l’hiver de la personne,

en fruit direct.

 

On a du lourd de soi,

en bout de branche.

Insulte à devenir.

 

Quand je serai complet,

le pouvoir dense.

La douleur, mais en vrai,

capable à supporter.

En parcourant de nuit,

on comprend l’engrenage.

 

La trousse à nourriture.

 

J’ai le devis d’angoisse.

Hiver, hiver,

il vit dans la personne.

 

C’est secret, la pourriture.

C’est deviné, le jus.

J’ai tout trié.

 

Tombeau en fruit direct.

Dans la peur,

j’ai pris le respirable.

 

La montagne à jalousie,

la fabrique à formule.

 

C’est en parcours de nuit

qu’on fait de la dépouille.

 

Il fait du couteau dans l’orgueil,

il a son dominé, sa volupté.

Il tend ses traces

avec respect du vent.

 

On saura recevoir

le nerf du cœur.

 

Il ne dira que pour les gouttes.

C’est un sang qui passe.

 

Quand tu te réduis à l’impur.

 

A raturé en retour.

C’est du tendu,

à coups de rire.

 

Visage en plis dans l’eau drôle.

Tu fais ton dieu par mégarde.

Le nettoyé se livre au premier corps.

Tu te retournes, mais ça obéit.

A la façon du trou qui porte,

tu sens qu’on a mal à son vrai.

 

Quel odieux dieu,

l’hiver de la personne.

Dans son sable,

l’otage a pris le geôlier.

 

On se nomme en abstrait.

Le soi, c’est métaphore.

Le corps, ça va se dire.

 

Il s’inhumait en plaisir,

avec vertige impérieux,

le fort correct avec fatigue.

 

Décision de l’aimer.

Amour ce qui touche,

à collision d’affronts,

à frivolités fortes.

Qui tu retiens,

dans ton courage à risque ?

 

Alors la terreur.

Pris conscience en frousse.

C’est en lui.

 

Quand tu me tiens,

c’est la formule.

Qui est cet autre ?

La trace est en embuscade.

Tendu à coups de rire,

c’était en force,

le coup parti.

 

Ce fut un coup d’aile,

il est tout seul dans son voyage.

Il se porte en otage,

sable autant que sablier,

ça coule en délité,

il dit son vertige.

 

Qu’est-ce qu’il est ténu,

le fil du frein !

 

C’est venu dans l’apparence.

Avec ses taches.

Tourné vers après.

Vaguement lâche.

 

Mais c’est dans la cage,

le craint qui sévit.

 

L’hiver en poche.

Où elle va, la personne ?

 

Couvert de vie,

tout seul avec son bruit.

 

Il fait son cœur.

 

Très lourd de traces,

on vient de loin,

on cherche à devenir.

 

Il est approché.

C’est en touchant,

dans son langage,

qu’il a formé.

 

Couvert de vie,

on a du mal à devenir.

 

Il faut aussi la surface,

la saveur, la plage.

 

On accumule en abstrait.

Qu’est-ce qu’on apprenait ?

 

Dans la formule au sable,

c’est obéir au présent.

 

On se tient court de front.

C’est cousu dans son hiver.

C’est un horizon,

un éternel.

 

Dans l’étranger, ça respire.

Le bruit du cœur,

ça fait son poids.

 

J’entends la vie venir.

Elle devient seule.

Mais en entier.

 

En sable pour les traces.

 

C’est en soi, la personne.

 

Couvert de vie,

aux frais des pendules.

 

L’écran des gouttes

accumule en abstrait.

 

Le bruit de tout, le cœur,

on veut ce qui se brûle.

 

Dans  le seul de soi,

ça consume.

C’est consommé, le sable.

 

Qu’est-ce qu’on prend ?

L’eau des traces,

lourd à vitesse,

le sec de cendre.

 

Accroché à ses traits,

on reste en coin de table.

 

Rideau de gouttes,

on voit avec les dents

l’insu de la personne.

 

Il bat dans sa pendule,

le bruit avec son cœur.

Il broie du seul.

 

Le bibelot fait son travail.

Pas dans le drôle en force,

mais dans le mur de quoi,

avec citerne occipitale.

 

Etre avec ses ratés,

à cette vitesse,

c’est court de front.

 

De l’âme en récusé

à l’aigre de la bouche,

il dort en creux.

 

Dénoncé en faux-corps,

l’enchevêtré désir.

 

C’est le surplus fabriqué,

avec la liqueur froide.

 

Il bat son bruit avec son cœur,

ça fait plus d’ombre,

et ça revient, appartenu.

 

Dans l’insu de sa personne,

l’œil qui pique.

 

Le faux-corps fait son geste.

Il fait ligament de soif

(on dira que c’est désir).

 

Entre les poussières,

le bruit de la vitesse.

 

L’ailleurs de soi,

c’est doux, mais ça bégaie.

Il fait du cœur, mais de loin.

 

Il bat dans son horloge,

le cœur qui sait que rien.

 

Il croit que ça débute.

Qu’est-ce qui compte ?

 

Il croit au temps qui part.

Est-ce que c’est mal ?

 

Il y a du mal.

Qu’est-ce qu’on perd ?

 

Il fait la digression,

on ne saura rien

des péchés de la mère.

 

A quoi on a mal ?

Qui est le donateur ?

Il se rend à son temps,

c’est promis sans presser.

 

L’instant s’ajoute à lui.

Ne parlons pas de vie normale.

 

Moins aboli que le présent,

il se donne un longtemps.

 

Avec du bois de soi,

il fait comme on doit faire.

 

Ai-je un esprit ?

 

Corps dans sa coque,

le regard fait son vide.

 

C’est le désert d’hiver.

Le dévolu se tasse.

 

On oublie ce qu’on a,

on n’a pas ce qu’on doit.

 

Au premier bout des traces,

il a du lourd d’effort.

 

Il se déplace.

Il nage animal avec son jour.

 

C’est du reclus en déposé.

 

Il fait masse.

Il fait dire.

 

On n’a pas la place.

On marche entre les corps.

 

Dans les sons de soi,

ça fait du fort.

 

Il ne dit pas pourquoi

ça fait du désir.

 

On ne sait pas

si c’est pénible.

 

Il y a du construit.

Qu’est-ce qui se prépare ?

 

On est dans les habitudes,

ou bien c’est la forme des choses ?

 

Est-ce que c’est mal ?

 

Dans le su, le fruit de soi,

le dit n’est pas le cru.

 

L’insu se défait,

il devient double.

Il fait un autre,

un refrain vague.

 

Il sort en buée,

en lignes creuses.

Il voudrait faire ou devenir.

 

Dans le dépôt des traces,

on voit celui qui va,

on ne sait pas le moi qui veut.

 

Alors le vu devient tordu,

un corps en vague,

avec un vide.

 

On n’explique pas.

Dans ce qu’il dit,

il ne sait pas.

 

On fait des plans,

de l’autre en construit,

de l’ailleurs défini.

 

Si c’est mal, ce qui sera,

on ne sait pas.

 

L’insu, c’est ce moi trouble,

avec désir à dire.

 

Si ça résiste à l’après,

c’est moins pénible.

 

On a cru,

ça fait du reste.

 

Si tu dis quoi,

tu fais du reste.

 

Dans ton habit en entier,

tu fais du lourd.

 

Lent sur le sens,

tu ne sais pas tout.

 

Qu’est-ce qu’on croit ?

 

Il faut du beau.

Est-ce qu’on s’y trouve ?

 

Avais-tu cette ombre ?

C’est ça que tu deviens.

 

Tu fais le choix des choses,

comme un loup dans les choix.

 

As-tu le corps en moins ?

Veux-tu vraiment ce visage,

en ailleurs qui convient ?

 

Le tir à balle,

c’est encore du repentir,

ou bien ça venge.

 

La vie en clou,

dans le corps terminé.

 

Est-ce que tu dois quelque chose ?

 

En autre quoi,

c’est l’art,

ça fait du beau.

 

L’insu de soi,

dans l’urgent,

c’est le beau du complice.

 

On sait d’avant

ce qui blesse à découvert.

 

Quand tu fais ta joie,

respire.

 

Sorti de mon sac,

je prends l’amour,

j’anticipe.

 

Il y a long devant,

c’est la course.

 

Dans sa voix apprentie,

il s’est posé.

 

Couvert de vie,

ça monte au vertige,

avec droit au désir.

 

Si tu te dis,

ça fait complice,

ça retient l’eau de l’autre.

 

Il bat son cœur avec son bruit.

 

L’aire à repos,

le blanc de la couture.

 

Il a du cuir en surface.

 

Il dit pour quoi faire ?

Ce n’est pas un numéro,

ça existe en durée.

 

Il fait du bruit avec sa peur.

 

Couvert de vie,

son arbre boit d’avance

à même il est, le courant d’heure.

 

Dans le noir, il conduit.

Si ça disloque,

il donne en fourre-tout

les mots qu’on exige.

 

Il fait du cœur avec son bruit.

C’est mesuré.

 

Dans le noir du fruit,

c’est là qu’il dort.

 

Il fait corps.

Il fait beau.

Il a du fort en devenir.

 

Tout en nuit,

dans le froid, ça hésite.

 

Il a du noir.

Ailleurs, c’est la limite.

 

Il bat de l’heure

autour du trou.

C’est libre d’aile.

Labeur extrusif.

 

Il y a du fort dans ce trouble.

 

L’idée, elle est en bruit,

ça fait du lourd de traces.

Elle est en cœur dans le battu,

la vie complice.

 

Tout en fond, c’est la cuve,

avec sons vigoureux.

 

C’est de la voix qui s’étale,

ça se promène en soi,

le corps de forme.

 

L’idée, elle bat,

elle compte,

elle est venue en noir

nager dans le précis des traces.

jeudi, 08 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 5/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE V

 

Le corps du vide,

à bout de traces,

ça résonne.

 

Il y en a qui nage,

et la citerne efforce.

 

Avoir été celui,

c'est un dépôt sous l'écorce.

Dans le regard à la coque,

on a du fort qui passe.

 

Pas de sable avec pierre,

aucun recours dans le jour d'os.

 

On sait qu'on marche,

et dans le cru du désert d'eau,

on sait qu'on vide

à coups de masse

le corps de dune,

racine de ruines

au bout du vent qui coule.

 

En dépôt dans le vague,

un alphabet se déplace.

Le pur de langue

se donne en respiré.

 

Né en cage,

dans le passé.

Trouvé vide,

en bout de jour.

Déplacé dans son vague,

à coups de creux.

 

Le travers est pénible.

L'effondré reste en désir.

Il faut progresser.

Vers il paraît, ça veut dire.

Il faut du beau.

 

Dans la cour du vrai,

le corps fait son ombre.

L'avais-tu, ce qui devient ?

Le souvenu, le tir à balle,

c'est de l'ailleurs à repentir.

 

On a fondu ensemble.

Les sons du sombre,

on a compris la danse.

La voix partie en fleur.

 

On a l'autorité des traces.

En devenu d'hiver,

la foule ambiante.

Pourquoi plus ?

Si tu mens à la source,

la vie divise.

 

Si j'ai l'hiver en consumé,

je fais la force,

je mets le doute,

à court d'ombre.

Pourquoi l'entier ?

 

A fond dans le mordu,

baiser calculé au plus juste.

Il y a du beau,

qui fait lumière.

 

Ce qui est à jeter,

du bord du monde.

Ce qui résiste,

inflammation,

non la crête du vague,

ni le cadavre en action.

 

Ce qui pousse au regard.

Il y a la poussée.

Il y a le format d’homme.

C’est un récipient,

ça va s’ouvrir.

 

Il a l’air métallique.

Le corps de citerne,

avec un cou de sang.

Sous le discours,

la forme du visage.

Le trou savant.

Le fond de vérité.

 

La cour du vrai

ne fait pas d’éclat

dans le détenu.

Ce qu’il détient

fait de l’œil.

 

L’hiver de parole.

On ne sait pas que ça se voit.

C’est là comme un front bas.

On sait qu’on va mentir.

 

C’est l’hiver de parole.

On emporte avec soi

l’accessoire de soi.

Besoin désir,

envie d’envie.

 

On tourne en travail,

on ne peut pas atteindre.

On va mentir à volonté.

On va confondre.

On n’est pas en sécurité.

 

Qu’est-ce qui hésite,

dans le propre nom ?

Tu couches les mots,

tu brosses, tu brocantes.

Tu vas dans l’assoupi

combler le spectateur.

Tu te vois à l’écran.

Mais c’est du formel.

 

Alors tu hivernes.

C’est du sommeil à gros,

c’est plein d’insectes,

avec travail de grouillement.

Ton âme était trop nue.

 

La couverture à plis,

ou bien le sac d’embrouilles,

ou bien la foule à bruit.

Cousu avec parois,

le couloir fait son corps.

 

Ma voix, c’est un bras mort,

un couloir liquide,

on voit beaucoup dormir,

avec du froid,

le dos fait des épaules.

Rien ne court.

 

J’ai l’hiver de parole.

Je suis l’outre.

Je sais tourner.

Je n’avertis pas quand je tombe.

Dans le froid, ça débute.

 

Je suis pour la vacuité.

En cours de possible,

la porte m’ouvre.

Où je serais,

si je n’étais pas sourd ?

 

Je suis tout en étreinte,

en vigilant,

dans le captif,

le cru furtif.

Ma foule obtuse,

en pur de langue,

a fait ses trous dans le sujet.

 

Tu fais du temps,

la vie dans la couleur,

ça coule en portrait.

Envers moi, tu éprouves.

Qui t’a suivi ?

 

Dans l’hiver de parole,

c’est là, le front bas.

Qui est rapace ?

Qu’est-ce qui console ?

On est en foule obtuse,

en force feinte.

 

Le cœur courant,

la ficelle à bas prix.

On joue l’hiver en fond sonore.

La voix est cartonnée.

C’est un travail de son.

 

L’effort au pire.

La flaque de faux.

L’hiver a la parole.

C’est du dédain,

le cœur ficelle,

la farce en seul.

 

Gare à tant pis,

la cour du poétique,

le fort du vrai,

ça découle avec sang.

 

Cousu dans la parole,

l’albatros vit seul.

En train de boire à son sommeil,

il forme un vide,

un corps de silhouette de soi

sur fond de chanson.

Avec le corps mineur,

il trime, il fait du contenu.

 

Rien sur le vivre,

rien en matière à défiler.

Dans l’hiver de parole,

il fait du trop.

 

Encore avec le sien,

la ficelle à bas prix,

il fait du menti,

de la voix cartonnée.

 

On a du clandestin,

peu musical,

pas courageux destin.

Amant, ce qui se fait,

à la voix, les coups sourds.

 

Au fond d’ici,

c’est la ficelle,

le froid de la parole.

Dans le couru du vent,

on fait du sec.

On devient mort,

le même à respirer.

Le cousu d’os,

la foule obtuse.

 

La cour du vrai,

dans la cloche à plongeur.

C’est qu’il fait froid,

au fond de la parole.

Le menti serti dans du vrai,

le creux de la famine.

 

Il fait du froid dans ma parole,

je mendie à cause de ça.

Je fais mon minuscule.

Dans le couloir des sons,

c’est la voix voulue

qui manque à mon appel.

 

C’est au pourtour,

le filet d’encre,

la voix couleur.

Vrai comme un soi

qui vient avec.

 

Le sourd de veille

se fait rapace.

Le bec de voix

cherche un désir.

 

On a peur du fond,

dans le menti du corps.

Il est en train de souvenir.

Hiver ivre en parole.

 

Qu’est-ce qui est fertile ?

Le tu de la figure ?

Le vent qui fait le respiré ?

Le pur de langue ?

Dans le cousu du minuscule,

toute la matière.

 

La voix sinue en marge.

On a du corps en trop,

et c’est la vie rapide.

Autour du trop,

ça reste à dire.

 

Un peu de peau

dans le vibré de vivre.

Le corps mineur

est fort de feinte.

L’induit de soi

dans l’oubli couche

fait son retard de cœur.

 

Tordu de soi,

le cousu coule

en voix couleur.

Là dans la force,

il a du trop, le poétique.

 

Dans le désert de foule,

un clown avide.

On ferme en cloche

un corps mendiant

qui se dévide.

On cherche en roche.

Entre les frères en peu,

surgit le vide.

 

C’est juste un cortège,

qui fait la voix

dans le nu du pourtour.

Avec son mort en couche,

c’est le total d’hiver

qui se plie en parole.

 

L’honneur du pauvre,

c’est dans le tu du cœur,

la ficelle à respire.

Pour le rien du vide.

C’est toi la farce.

 

Non à dormir,

non à mentir en voix,

non à tension de la figure

autour du trop qui siffle.

 

A la couleur du feint,

le vu du mort en couche

devient douleur du confus terminé.

 

Et ça s’entend, le contenu,

avec le thème en corps de voix.

Tout vient autour,

et ça s’amuse.

 

Dans le central à poudre d’os,

il fait son temporal.

C’est trop tard pour l’avantage.

Dans le froid d’aile, avec vertige,

le lourd a cassé.

 

Si c’est du vivre sur du rien,

le soi, c’est clandestin.

C’est devenu loquace, on dit,

le pur de langue en dur de chose.

 

Il fait le respiré du beau,

avec muscle à terre entière.

Il est réduit au corps interne.

A la vitesse du poétique,

il se mime, tiré de son destin

jusqu’au désert de foule.

 

Le fou de silence, l’auteur de quoi,

dans le triste de la figure,

l’hiver de pauvre, en minuscule,

avec du creux pour immerger

l’intestin clos, corps à plongeur.

 

Le petit sourd a la raison,

c’est son éternité rapace.

Dans le noyau du fond d’ici,

coule en cousu la voix d’ici.

 

L’insecte en mineur de fond

(c’est le scolyte avec rayons),

il fait musique d’effort,

il fait travail, il entrevit son corps.

Il doit du son de soi au poétique.

 

Avec lampyre en grappe,

autour des noms fusés du vide,

il attend la fracture à parole,

ce qui découle en hésité,

le fil de voix de soi où ça résiste.

 

La vie foisonne,

et c’est l’hiver de la personne.

 

A la volée de voir,

il faut des gestes.

 

On a furieux,

le grand vivant.

On se retient de foi.

On dresse un doigt.

 

La vie fait ses racines.

A la volée, les joncs.

Faut voir le travail des ruines.

 

Tout autre communique.

Déboîté, le furieux.

La vie se dresse,

et c’est le geste de personne.

 

Il court le vivant,

racine en vase,

il suit la fuite,

et c’est inextricable,

hiver de la personne.

 

Il y a trop.

On s’y marche.

C’est gluant défait.

Il fait ventouse,

un pied noir.

 

Coulé en foi dans sa glu,

le corps désert.

Il fait hiver,

revu en cru.

 

Qui veut quoi que je fais ?

Que veut qui que je nomme ?

Que peut quoi que je dise ?

 

Un signal à savoir.

Un silence d’œil.

Un coup de permanence.

 

La mue d’ignorance.

Le gel.

Le noir de geste.

 

Est-ce qu’on sait quoi,

quand on scrute ?

Tu veux voir volonté ?

C’est quand, la racine ?

 

Quand ça moissonne,

c’est en bruit.

 

C’est dans l’hiver, le fruit,

la couleur pauvre,

le donné.

 

Dans le pris du plaisir,

ça fait cloison.

La vie foisonne,

et c’est l’hiver de la personne.

 

As-tu vécu ?

C’est en murmure.

J’ai mon cadavre en pire.

 

C’est dans le tu

qu’on foisonne.

Avec hiver en face.

Avec savoir qui interroge.

 

C’est dans le tu de la foison

qu’on vit en cri.

Comment les gens ?

 

Quand on entend,

ça fait énorme.

C’est dans le tu de toi

que j’attends de savoir.

 

Quoi franchir ?

On fait cœur,

on fait bruit.

J’ai du cri avec mort d’avenir.

 

Du cru de moi,

qui attend, su, le soi,

le tu de toi,

l’hiver de la personne.

 

La vie de moi murmure.

C’est quand je crois à quoi ?

Dans le défait de moi,

ça reste en racine.

 

Il y a du fort,

ça fait du beau,

construit de vent vivant.

 

On me vit comme un comme,

c’est de l’interrogé.

A la vue d’écriture,

on a dit ce qu’on sait.

 

S’il fait du ventre,

c’est dans son propre noir.

Il reste près du tu,

l’insu de soi qui le foisonne.

 

Si j’ai le noir du mal,

ça fait mur.

 

Le moi de la dépouille,

le corps du vrai,

la soie de la personne

qui coule en croix,

la vertu du vrai noir,

l’instant d’encore avec l’écrit.

 

Mouru sans voix,

si c’est le manifeste,

avec l’encouru

(si c’est le risque de l’insu),

ça fait son tort malgré le soi.

 

C’est moi qui coule en tu,

c’est dur de gris d’en avoir plus.

Avec savoir,

le papier reste.

 

Il a du corps vorace.

En gros d’amour,

ça frappe au vivant,

ça veut que ça revienne,

en savoir plus.

 

Si j’ai voulu le quoi,

c’est le rien qui renvoie.

Dans la cour du vrai,

ça joue du cœur,

ça devient mur de mal.

 

J’ai dur de ventre,

à court de court,

l’imminent fait centre,

et je le suis.

 

Ma courroie d’air,

c’est dans le fissuré.

 

En cru d’insu,

en envie d’ire,

j’ai dépourvu l’impire,

le quoi du grand,

quand meurt de soi

l’insecte ou le grossir.

 

Avec le court de la cassure,

j’ai du malgré dans l’injure,

j’ai fait le douloureux.

 

Avec le toi de moi,

le rabais de front bas,

le sas que j’insupporte,

on a défenestré le vent.

mercredi, 07 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 4/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE IV

 

Le comédien, en corps d’enfant,

meurt à la plume,

acculé à l’hilarité.

Le prédateur attend,

dans son lieu sûr,

le bout du compte.

 

En retenu, en succédé,

le devenu de l'infraction

comprend le legs

avec son dépôt nul.

 

C'est un oiseau d'hilarité

qui se tient devant le vide.

Sous l'aile, avec dédain,

l'aliment vraisemblable du secret.

 

On n'y va pas au précipice.

Avec du lourd dans l'idée,

le nom veut léguer son lieu sûr

au fond d'ici.

 

Avec la mémoire,

on fait un corps-type,

émergé du mort-né.

Couvert de vies en essayage,

le prédateur a fait concret,

des bruits de table.

C'est un banquet.

Il met fin à l'éternité.

On entrera dans les contours.

 

Le trou de tout,

c’est pas de l’appétit.

On fabrique en devenu,

ça fait de l’émergé,

la partie chaude en apparence.

L'enfant joue au devenu.

Mais il n'a pas la source.

 

Comptoir de vain,

des tas de vies.

Ca coagule, pris dans la masse.

On est en gel dans la fabrique.

Le lourd avec des ailes

a voulu dire

avant de consommer.

 

Dans le trou d'os,

l'occipital d'apparence,

banquet de vies à retourner

avant le quand d'éternité.

 

Dans le corps-type en écriture,

on a fourni le chaud.

C'est l'appétit de bruits.

On vient pour consommer

le courant dur,

l'hiver de la personne.

 

Avec jamais,

le retourné de l'essayage,

autour du trou.

Est-ce qu’on a vu le vent,

tiré l’escroc de soi,

escorté la limite ?

Le corps d’escorte ?

Qui sera le fils,

s’il nage en vrai

dans le trou d'os ?

 

Il erre entre les morts nés.

A court de vie,

il se désigne, il se nomme.

Mais il s'est trompé de foule.

Il a tenu dans son gel

le lourd avec les ailes.

 

Il est devenu, sans avoir,

le vent d'à-peu-près.

Voyage après le désert d'eau,

il nage en corps

dans le trou d'os,

la tanière occipitale

avec ivresse opératoire.

 

C’est le couvert de vie

qui reste en devenu.

Avec la soif dans le sourire.

Il imprévoit d’être plus loin.

Il court au fond d’ici.

Il s’amuse.

 

Travail en bord,

suspendu aux marges.

On attend d'être invité.

Silhouette en suie,

avec trous dans les contours.

Format de vie,

mais celle qu'on cache.

Travail en tige,

avec temps d'incubation.

Vrillé dans le courant dur.

 

La pierre à souche,

et la formule à faire,

ça fait beaucoup d’écriture.

C’est arrivé en bord,

le pur de langue,

le dur mort en délivré.

On a tenu à devenir.

 

Travail dedans la nuit,

dans la couleur du corps,

on est le visité de son vivant.

 

Dans le damier organique,

il déduit le trop-perçu.

Avec le caractère qui finit,

c'est le pourquoi du rien

qui se souligne au fond d'ici.

Dans l’après du parcours,

qui va compter ?

 

Travail en suie,

avec vie déclarée.

On perpétue la précédente.

Le prédateur voit bien,

la silhouette est vernie,

ça brille avec surface.

Dans le travail en proie,

la personne a fait forme.

Avec le corps complet,

le toit de tuile,

on se reçoit dans le trou d'os.

 

La joie d'ici est suspendue.

Le bras s'oriente,

l'effort déplace,

ça devient du visage,

tout un travail d'écorce.

Ce n'est plus vague,

ça veut dire.

 

Au fort des lignes,

on a du mal.

Il y a du construit,

avec des traces.

Le devenu fait son ailleurs.

Le soir convient.

As-tu cette ombre ?

 

On fait le choix des choses,

Avec idée entre les traces,

On n'est pas né à condition.

C'est tout de suite autrement,

le défi dans les apparences.

On entre avec muscle.

On comprendra.

 

Muni du semblant,

on se bascule en soi,

on met la forme,

avec travail.

 

La voûte est ronde.

Les couleurs sont confondues.

Avec la vie, la correctrice.

Imaginons la peur,

en corps coulé,

corps copulé,

ciseau des tectrices.

C'est un ciel.

 

Le dos du lent

retourne à son portique.

Il a du froid dans l’effort.

Il fait avec son moi,

monument d’imparité,

le nageur dans l'eau drôle.

La force est contenue

dans le trou d'os.

On ne savait pas qu'il faisait.

 

La courbe d’huile est en retard.

Au fond de la citerne en quoi,

si ce n'est pas le sec de l’énergie...

Je ne dis pas ce qui devient.

Je m'éclos. C’est mon aventure.

J'entends la forficule.

 

Tour du sommeil

en quarante-cinq lampes.

Le corps se vide.

A bout de traces,

le bord en boule.

Derrière le trop d'hiver,

on a des jours.

 

Il a mouru, le corps des traces.

Il a raison, l'effort sans masse.

Il a pris le dépôt en marche.

Il s'habitue, il se déplace.

Avec le vide en laisse,

dans son hiver avec la coque.

 

En vide, il est le souvenu.

Il est d'ici, le désert dur.

La cour du vrai

dépose en alphabet

le respiré de la frontière.

 

Entre deux vagues de lignes,

j'ai le ciel creux,

avec sa dune en place.

L'effort de corps

se voudrait vague.

 

Le mal déplie les habitudes,

on confond l'horizon avec plus tard.

On monte à bord des formes.

A travers, ça dérive.

 

Au bout du corps sans masse,

le désert d'eau,

le mort sans trace.

Au bord du construit,

on dérive, on répare.

Dans la pendule,

ça fait du cœur

au fond d'ici.

 

A bord des traces,

on se déplace avec effort.

L'hiver du vent,

au bout du temps d’ici,

résonne en suie

dans le courant de la personne.

 

Ai-je un noyé ?

C'est non, dit le regard en torse.

On est venu,

la dune en marche,

sans laisser le corps

dans son désert d'écorce.

 

Corps dans sa coque.

Il nage avec son jour,

dans son désert d'hiver.

Corps pris dans sa cosse.

Il faut monter à bord

pour marcher dans les traces.

Corps dans sa suie,

avec progrès, pour la musique.

Le dévolu, avec sa place,

inscrit son vide.

 

Il reste un son sans masse,

un doigt de plaisir sans voix.

Dans l'autre cas,

on creuse en vif

dans les contours.

Avec le vif, on fait du songe.

Il faut du fort.

 

La forme en douce,

un corps de fort,

projet défait,

dessin libéré de quoi ?

 

Je dors en frousse,

le cœur court après moi,

j'existe en douce.

 

A force d'ombre,

en vision crise,

je compte en clair,

à la chaux vive.

 

J'ai du final

dans les nageoires.

Trouver le trou dans l'origine,

ça ne délivre pas du grave.

 

Il y a du gel.

On ne sait pas ce qui se nomme.

Le caractère est trou,

à travers du pénible.

Un os de forme.

On se répare.

 

Il faut du beau.

Comme un loup de visage,

dans le choix des choses,

on se doit un ailleurs,

le temps a trouvé son ombre.

 

Autour de l'os de forme,

voir comment ça danse.

On voit, à fleur de son,

le capturé, le tu, le coi.

La flore occipitale

vient de source chaude.

 

Les poissons courts,

en trébuché de soi,

font de l'ivresse.

Ils jouent avec la conscience.

On est au confin.

 

S'il y avait du déplaisir,

on sait que ça bascule.

Autour de l'os de forme,

on s'entraîne à consentir.

 

On est le devenu, le divisé,

le possesseur de quoi,

le trébuché du tour à tour.

 

Dans la cour du vrai,

le soi du sexe, avec désir,

et le trouvé, avec son doute,

incite au corps.

 

De l'effondré aux habitudes,

il y a du construit.

Qu'est-ce qui se répare ?

 

Rendez-vous en fin de ruine.

Il faut du beau,

la ruine est un caractère.

 

On fait le choix des choses

avec un corps qui se devient.

On fait du repentir

avec le dos dur,

mais le visage apprenti.

 

Friture dans la cour du vrai.

Courir en moins,

dans le sec de nage,

la fleur occipitale.

 

On danse avec le tu,

le dit de moins,

ce qui rit en sombre.

Depuis la capture,

on a cueilli.

 

On a gardé le son des traces.

Dans la pensée, on a des chances.

A la surface, on voit le fond triché,

la couleur molle en conséquence.

 

Trait dur, cœur court,

la parodie défait, refait

le coup de l'ombre,

la ruine en cours.

 

Il fait le destiné,

le mort en contre,

un tour de forme avec du digne.

Mais il faut plus de libre.

 

En répété, en prolongé,

on a grossi la solitude.

Dans son respect,

travail tiré de soi,

ça consiste en deux lèvres,

la joie.

 

L'introuvé, dans sa cache,

depuis le corps du vif,

la sonde à cris,

attend sa forme.

 

L'arrêt du son,

friture en ligne,

à fond l'effet.

 

C'est toi le double

à court d'acquis.

Vis ton mortel

en fort de trace.

Ton résistant se porte

avec du trapu dans les pointes.

 

La frontière à bout d'acte,

la tour de vie touche au bord,

la boussole en pierre.

 

Avec la mort nocturne,

l'étrangère en bruit,

il reste un lien.

Je me respire en suie,

un ornement du nu

qui se retient au mur d'après.

 

Tu comprends pur

le choix des choses.

Avec odeur de vie.

 

Donne ton nom en entier,

avec urgent,

le blanc s'accroche.

Mû par son nom,

le mort en suspendu.

C’est son être qui rit dans l’encore.

 

En eau drôle,

à refrain de fabrique,

l'oiseau s'éparpille.

En alouette à voix,

l'envers du vent s'aiguise.

 

Il s'agit de serrer du soi-même.

Il s'agit de fatigue,

au bord du courant dur.

Je regarde occipital.

Le seul blotti qui prend son être,

c'est un peut-être avec du temps.

 

L'assourdi part en souffle,

il appartient au coi,

l'introuvé thoracique,

il sait le tu,

il attend dur.

 

Le droit d'y voir,

dans le désert de forme.

Dans l'effondré,

c'est la dérive.

Le réparé fait sa carcasse.

Il faut du beau,

peut-être du visage.

 

C'est dans le désert d'eau,

la flore occipitale.

Le temps maintient le ciel

en ordre vague.

Dans son hiver,

le fond des traces

n'a pas la force.

 

Trouble-moi,

dit son ombre.

A coups de forme,

on est monté.

Jusqu'en lumière,

on a joué.

 

Dans l'acquis du non-dit,

le muscle fait semblant.

Il faut que l'autrement du mort

progresse en sorte de matière.

L'indécis reste libre,

mais ce n'est pas un monopole.

A court de chair,

le digne se défait.

 

Il y a du construit.

Un courant dur traverse.

Le fort est basculé,

le songe a suivi son réel

à court de chair.

Dans le mécanique des contours,

on a trouvé de quoi.

 

Le pur de langue,

c'est le respiré.

Il a trouvé en dur

le quoi des choses.

Il voulait de l'insu,

du tu, de l'étranger.

Il restait des liens.

 

Le pur de langue,

c'est un muscle.

Avec le beau de l'ordre vague,

il faut du fort.

Il a le respiré.

Le dur de mort,

en terre entière,

avec des noms,

il a l'envers,

avec poème en peur.

 

Le pur de langue,

il a tout fabriqué.

 

Avec sa peur.

 

Entre deux fatigues,

sans se regarder.

Il a tout son temps, le thoracique.

Dans le seul du profond,

le dur de soi résonne.

 

Un cœur monnaie courante.

Dans l'hiver de la parole,

on se retient d'amour.

Le désert d'eau,

le cœur de libre,

la ficelle à bas prix.

 

Qu'est-ce qui répond ?

Le regard ? Le reflet ?

La voix blanche ?

On voit l'intime.

Mais dans l'écran,

l'actif de vie,

c'est le confort qui déborde.

 

Au promené,

le corps extrême a débranché.

Pourquoi l'intense ?

Le délivré.

Le cours de l'air

ne fait pas nul.

Pour un ouvert,

combien de fissurés ?

 

A moitié eau,

le paysage en tort.

A fleur de flaque,

le débranché.

Dans la fenêtre,

un sommeil fort.

Qui tu vois dans la foule ?

 

Avec redit de la parole,

j'ai fait l'intense.

On est rebelle.

Vêtu d'extrême,

le devoir onirique.

On fait du corps

comme on branche un sommeil.

 

Là où le pied d'espace,

au cœur de moi,

franchit le sec.

mardi, 06 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 3/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE III

 

Où suspendre l'abandon ?

Le vase olivâtre et vain ?

Il est lucide.

Il a quelqu’un sur la chair

(il dit à vif),

c'est la vive à tendresse.

 

Le comédien se fait servir.

Il se sert.

Il consiste à flotter.

L'enfant consiste en soif.

Reconstitué, posé moineau,

il fait le fil de lame.

Il joue à l'abandon.

 

Il vaut mieux l'automne.

Il veut un front.

Le trou de nage occipital.

Pétri violent,

le dos d'armure.

La corde à loin.

Il boit à la citerne,

au fond du lieu.

Il joue ses illusions.

Il a besoin du comédien.

 

Ca serpente en lucide.

Mais pas avant la vie.

C’est quand, la prochaine ?

L'illusion encore vierge.

Pas longtemps.

Ca peut mourir avant,

en attendant la bouche.

 

On a beaucoup nié,

en espérant la chair,

celle qui fuit.

On a pétri avant de dire,

avant la bouche à mots,

les frottés à la chair,

pour grossir la foule.

 

S'il dit c'est vain,

ça fait violent,

tout lent à revenir.

Pour les diverses mères,

en équilibre à la seconde,

ça fait de l'appétit.

Des bouts d'hiver,

des corps d'ennui.

L'intime est vide.

 

L'enfant dans le violent,

construit du désordre.

Il joue à l'ennui.

Le comédien connaît le mieux.

La foule inclut son corps,

sa dérive en bord de vie,

son déni, son désaxé.

 

Pour celle que je connais

(l'ivresse à dénoyer),

il a fallu du sel,

de l'eau violente.

Le vrai d'hiver,

c'est le corps médiocre,

le bord du vide.

 

Pour celle que je connais,

il faut pétrir.

J’ai vu sur ses mains d'ennui,

les traces de l'équilibre,

mais sans vertu.

On n'a qu'un corps salé.

 

Dans le cours de l'ordre,

j’ai deviné le caustique.

Dans le corps nu du vide,

j'ai trouvé le violent d'ennui.

Pour celle que je connais

(c'est le mieux pour un bord),

j'ai respecté cet hiver.

 

Celle que je connais

meurt en appétit.

Elle fait de son corps un bruit.

Un son d'artère avec des noms.

Le nombril est ouvert.

Le ciel est atteint.

Le temps se retient.

L'équilibre a rejoint le violent.

 

Les mains sur le vide,

j'ai dit aux diverses chairs

un poème d'ennui.

Pour celle que je connais,

j'ai redressé le corps,

dénoyé d'avoir bu.

 

Dans le cours violent,

sur le fil de lame,

j'ai redressé l'hiver de parole.

Un peu d'ordre entre les vides,

avec les diverses claires.

Tout près du bord et du déni.

Ce n'est pas pour l'intime,

l'étang salé avec ses morts.

Le trou de nage occipital

flanque son enfer dans le médiocre.

Il est né cassé.

 

L'enfant reconstitué

revient du comédien au corps.

Avec les mains du vide,

il a dénoyé,

compté jusqu'au nul,

après avoir bu son caustique.

Il faut laisser.

Le cou se casse.

L'ordre est petit.

La bouche a fondu ses lettres.

On a pétri violent.

 

Je n'ai pas vu la poésie.

Avec ses façons de fontaine,

ça coule en tort.

Il faut d'autres sillages.

D'autres sortes.

Nager dans l'eau drôle,

ça fait du sang de soi.

Il faut compter la tête.

 

Je n’ai pas cessé l'aurore.

Le trou de nage est dégrisé

avant d'avoir la vie.

Couchée dans son langage,

l'herbe à force

et la terre à figure.

Avant d'avoir la mienne.

 

Couvert de vie.

 

La vie est vraisemblable.

J'ai acheté le don d'errer,

ça fait barrière,

mais ça guide.

Le creux de la matière,

le poids des formes,

les impressions de vertige.

 

Je déferai mon infini.

Entre deux drames,

j'essaie des ventres.

J'entasse les moyens.

J'ai la raison.

Couvert de vie,

j'ai la lisière.

 

Rien de continu,

c'est par instants,

j'entasse, j'attends.

 

J'erre entre les moyens.

Ce n'est pas bête, l'inaction.

A partir du moment,

c'est le premier marasme.

Le vers vibre, inoculé.

Je tourne autour du spasme.

Je prends l'écoute.

 

La vie est vraisemblable.

C'est l'existence.

C'est l'âpreté.

La colonie des bêtes.

On s’est fait en soif.

Pris dans l'instant,

c'est en soi ferme.

 

Dans la cour de vrai,

soumis au cœur,

les appétits.

On s’est fait vraiment.

On a couru.

C'est perspicace.

Pas de confident.

 

Autour de la vie pire,

on a défait mon infini.

Après tout, l'appétit,

pourquoi le poids fait mal ?

Infirme à l'autre bout.

 

Le courant dur,

c'est qu'on affirme.

On écoute en carré,

la douane occipitale.

En prélevé sur le vertige,

on fait de la raison.

On en tire un propos.

C'est pour mieux faire.

 

Il y a des dégâts,

mais on a l'écoute.

On pourrait peser,

mais c'est mal.

Le temps, on le voit pas.

Ca fait la poésie.

Une sorte de dégât.

L'idée du bonheur.

 

L'œil en barrière

gère le moi,

c’est secret.

Il y a la raison.

C'est un métier.

Constat de nuit.

Plus libre en horizon.

 

La douane occipitale

a besoin de ses ruines,

pour garder son vertige.

Mais c'est invisible.

 

J'ai proposé la poésie.

J'ai écouté la fête avec le moi.

J'ai deviné les solitaires.

Avec le front de rien,

ça ne veut plus.

On fait entendre.

 

Je demeure en besoin.

C'est quand j'écoute,

que je prends la raison.

C'est quand tout le monde a,

que je déduis.

Ca fait constat de nuit.

Comme un métier.

Je vis en dire.

Si tout le monde a.

 

J'ai le fruit marin,

le besoin digne,

dans le dégât.

C'est l'idée du bonheur.

Tout le monde est en ça.

La poésie, c'est à midi.

Toute en vertige.

 

Quand la frontière est dans le moi,

le solitaire est poursuivi.

A la façon du fruit,

c'est dit.

 

Le métier de l'horizon,

l'appétit couvert de vie.

Un métier pour l'apparence.

Il ne veut plus, le solitaire.

Il demeure,

encore un peu détruit.

Le métier d'idée

ne sort pas du secret.

 

Au bord d'avoir,

on veut saisir la caresse,

même en seul.

Tout le jaloux du moi,

il fait un vent, du c'est-à-dire.

Courageuse en faute,

la foule accède au mal.

Le moi fallu

cultive un corps

au fond d'ici.

 

Tout le moral du faux

cultive un moi,

dans son jadis perdu.

Il paraît clair

quand c'est puni.

Mais il revient.

 

Dans le quoi du jaloux,

c'est en faute.

Il a du calme avec métier.

L'accroupi aquatique,

c'est du corps incompris.

On est dans le perdu.

 

Le c'est-à-dire du jeu,

on le corrige en vent.

Ca devient comment faire

pour avoir la caresse.

Tout le perdu du quoi

se tait dans la foule,

dans le moi triste.

 

Tout le puni devient pourquoi,

et le moral accède au vertige.

Je tiens l'idée de cette solitude.

 

Dans le jaloux du faux,

on a le désert d'eau.

Le comédien s'attroupe.

L'enfant reconstitue.

 

Le trou de nage occipital

cultive un horizon.

Il pense avec,

mais pas assez longtemps.

Cousu en clair

sur le corps du puni,

le calme a perdu moi.

 

Tout en jadis,

l'encore du jeu de soi

vadrouille en pénitence.

C'est un désert.

La foule accède au seul.

C'est l'attroupé qui s'enfuit.

 

Dans la cour de vrai,

ça vient du corps caresse.

Au fond d'ici,

je rends la science au solitaire.

 

Dans son désert appris,

le vent n'est pas facile.

Il faut le tri moral des sortes,

- j'entends la science.

Je prends avec.

 

Au fond d'ici,

le c'est-à-dire.

 

L'idée, si je la rends,

je reste au fond d'ici.

Assis dans le désert de foule,

dans l'accident moral,

solitaire avec du vertige.

Autoportrait en science.

 

Il fait du vent,

de l'hôpital de sens.

Avec son animal,

la vie du premier corps,

la vie de l'existence.

 

Serpent de suie,

le visage a dû parvenir.

Odeur de panse,

au fond d'ici.

Premier sens du sommeil.

A qui doit-on se repentir ?

 

Au bord du mauvais rôle,

j'ai la coulée.

La vie dormie,

c'est le visage,

du côté qui sait.

 

J'ai la vie sans.

J'apprends le temps,

le vent dans l'animal.

Traduit du premier quoi,

le vers vibre

avec le soi du rêve.

 

Longtemps seul,

mon vertige.

Pour qu'il soit en désert,

il va à ce qu'il pense.

La foule accède au vent.

Le rêve a pris.

 

Sous la morale en tuile,

la route à mots.

Une sorte de poésie.

Je lui dois un visage.

Celui qui vit.

 

Trou dans l'écume,

indice de bois,

structure en surface.

 

Travail en suie

dans le soi pâle.

L'insu du sale,

il fait sa silhouette,

trou des contours.

Visage en sommeil,

à qui dois-je ?

 

Le douanier des traces

a le sens du péché.

On erre entre les gestes.

Silhouette en suie.

Au fond d'ici.

Le trou dans les contours.

 

Il est sonore, cet âge,

et le langage en sort,

avec du requinqué,

pour la vieillesse.

Un peu en lumière,

on fait tranquille.

 

Dans la misère adverse,

ça manque en figure.

Ce sera la vie grave.

 

Le trouble a du sens.

Planté de trous,

franchi d’armures et chevaux,

dans la vitesse de l'eau,

le douanier des traces.

 

Mais il faut débrouiller.

Dans le trou de l'image,

la forme fait.

La mère adverse

a la vie grave.

Le trou dans l'eau

n'a rien à déclarer.

 

Comme un théâtre,

où le voilà visage,

voici celui qui doit.

C'est trop de forme,

avec trop d'ombre.

Qu'est-ce qui se tait ?

Pas la lumière,

ni le profond.

 

Dans le profond du vrai,

ça murmure,

le trou du sens,

il se refait.

Voilà le doux,

c’est du facile,

s’il fait son climat.

 

Le comédien fouille

entre ses tempes.

L'enfant reconstitué

traduit la cour du vrai.

Le douanier de trace

- le corps de nage occipitale -,

fabrique en langue

un lieu pour soi.

Du conscient trouble.

 

On sait à quelle vitesse ?

Et si je communique ?

Le corps est corrigé.

L'animal est prêt

(le dingo des tropiques

vit en société

et n'aboie jamais).

Il n'est pas dans l'hiver,

le temps du vrai de soi.

Il est au fond d'ici.

 

La vitesse du cou,

dans le trou de nage,

c'est le corps du sang.

L'occipital fait route.

 

Dans le perdu mimé,

le temps du trop,

avec sa poésie

- c'est le verbe être.

Tiré de son destin,

avec la peau qui pique,

dans la citerne autour.

 

Je marche en bord,

couvert de suie,

j’attrape un fond d'ici,

mais ce n'est pas la forme,

avec l'encore du temps,

le trop animal qui fragmente.

 

Il sort de son avenir

du compliqué.

C'est du visage en creux,

de la vitesse en traits.

 

Face à la mère adverse,

combat à l'intérieur du nom.

L'aliment de l'abandon.

Le désert d'eau,

le territoire en sec.

On tourne en biais.

 

La poudre émet les traces.

Ce qui survit

se crée sans avenir.

Le loup des choses en tort

erre entre les formes.

 

L'enfant cassé en blanc

devient musique.

Le comédien attrape un corps

entre ses tempes.

Il consiste en trop.

Couvert de vie,

le prédateur.

 

C'est la vie mitoyenne.

Celle qu'on a,

la cerclée en dedans.

Là où on est semblable,

on devient l'aliment,

dans la vie vraisemblable.

 

L'idée, c’est dans le corps désert,

la minute à secret,

le territoire aux traces.

La lutte a vidé les noms,

déposés en lieu sûr,

loin de leur amertume.

 

Vite au grenier du sens,

on revient des contours,

le prédateur en bloc,

douanier des traces,

Il est le visité.

 

On fouille en nage occipitale

la citerne à froid sûr,

la stèle de vie-vite.

Dans l'aliment du corps secret,

on a déposé l'amertume.

 

Le travail au secret

dans le vide avec lourd.

L'ami dédain,

le complice en angoisse.

Du mal avec l'autre.

Et le travail en suie.

 

Pourquoi tout le givre en oiseau ?

Le travail d'aile avec corps,

on suit le prédateur.

On veut vider les noms de leur combat.

Le témoin dépose ses minutes.

Lieu sûr au fond d'ici.

 

La vie sort de son legs.

Infraction par les aliments.

Couvert de vie,

le nom se tient en aile,

avec tout son travail de corps.

lundi, 05 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 2/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE II

 

Pour y monter,

passer par l’infirmité.

   Mais pour trouver la mère,

détacher une à une

les ventouses.

Brûler sa propre cendre.

Le ventre céramique

a vernissé la cicatrice.

 

L’objet de l’art,

c’est la vie-vite.

Il reste en doute,

mais c’est ouvert.

Il reste en sursaut

le corps de la matière.

Alors c’est du présent,

pris en soi-même.

 

La poésie comme on fera

sera dans la photo

comme un ventre où ça brille.

On claquera des dents

si ça refuse de s’ouvrir.

 

Bien avant la naissance,

on a ressemblé.

On prendra part ailleurs,

on fera soi la profondeur.

 

On aura dit la vie-vite

qu’on a trouvé dans l’organique

l’âme instinctive.

 

L’infirmité,

sursaut de la matière,

aura trouvé sa mère.

 

Dans l’urne assouvie,

la cendre aura brûlé,

verni le visage

(ou bien verni sans le visage),

y compris la dorure.

On rassemble soi-même,

frivole à force de transmis.

 

Veux-tu ratisser ?

Il y a trop de feuilles.

 

Est-ce que tu peux haïr ?

Sois cher,

montre-toi.

Garde-toi bien,

grandis, nourris ton être.

Continue à faire.

 

Tout est petit dans le jardin.

Crois quand tu dis.

Avec le fond du noyau,

enterre le reste.

 

Le geste est sombre.

La nuit a peur.

On te dit d’avoir peur.

La nuit massive aussi.

 

Tu offres le geste :

garde la pulpe.

Tu te nourris,

tu respires.

Sois cher.

La vie résout.

Une sorte de poésie

a l’air de s’inventer.

On passe en éternel

tout ce qui fait hurler.

Cœur de forge,

où ça coule en dur.

 

L’épilogue du père et de la mère,

hors de leur propre détresse,

c'est leurs tempêtes et leurs cruautés.

Si tu es en paix à regarder le monde,

tu gardes les regrets

(c'est déjà beaucoup à supporter).

 

Encore un ventre,

avec des os.

Maladie en hiver.

 

On est dans un couloir,

on est en cage.

En tout cas c’est un crime.

On s’afflige.

On est flou.

 

Il y a des larves,

pour qu’on aille à la pêche.

 

C’est en sommeil, la main.

Le jeu pudique, le lendemain.

Un espace à chercher.

 

Qu'est-ce qui nous fait ?

On pousse, on geint, on demeure.

Est-ce malgré soi ?

 

On frotte.

On attend l’amer,

le lucide.

 

Qu’est-ce qui me tient ?

Je marche ensemble.

Coiffé courtois,

je nage occipital.

 

Barbe en rocher,

bourgeon de dune.

Le bouquet mou.

Je vis en tiède,

je tiens un bout.

 

Le bon de l’œuvre,

c’est la mare écoulée.

Le fardeau vole,

et le vol est spectacle.

 

Quelqu’un dans l’assemblée,

dans sa tanière occipitale,

se fait à ma place.

Ce qui me coiffe,

c’est le fardeau.

 

Qu'est-ce qui me tient ?

Dans l'assemblée où je marche,

je suis ensemble.

Les dunes épointées,

leur courtoisie courante,

la mare occipitale,

ça bourgeonne en bouquets mous.

 

Je vis en tiède.

Sous le fardeau,

j'ai le spectacle.

En bout de compagnie,

je tiens des mots fermés,

ceux qui n’ont pas servi en corps,

mais ça germe.

 

Derrière les volets,

les corps merveilleux.

Dans la mare occipitale,

le dytique et la notonecte

font des fruits.

 

Qu’est-ce qu’on entend ?

Le ver dans le fruit,

la fièvre à la viol-vie cuite.

On est dans le soi d’ici à là-bas.

Le gobelet un peu fébrile.

Le creux du soi d’ici.

Le dévidoir de centimes.

Tout en fantaisie perdue.

 

Le creux de joie d’ici.

La compagnie qui signifie.

Le ver dans le fruit d’ici.

Il dit le quotidien.

Il perd de vue.

Il parle de palissades,

de chantiers éteints.

 

Qu’est-ce qui sert ?

Ce qu’on entend ?

La vie prépuce ?

L’ankylose ou la perte ?

 

En compagnie du corps,

on dévide les centimes.

C’est le chantier,

le fruit véreux,

le quotidien.

 

Pas de paroles :

les mots sont,

les sons phrasent.

 

Qu’advient-il quand on peut ?

S’il faut rester pour être,

ça devient dur de tenir.

Ou alors on l’a bien connu.

On est le rendez-vous.

 

Le carnet à souche.

La pierre à formule.

L’action en compagnie.

C’est un palier avec des choix.

Le pénible est connu.

On fait des traits.

On confond. On étale.

On fait erreur.

 

Dans la cour close,

ça souffle.

Rendez-vous en compagnie.

On fait des progrès.

On se plaint.

On additionne.

 

La formule, on fait pas semblant.

Dans la citerne occipitale,

la pierre a souffle.

Qu’est-ce qu’on veut ignorer ?

 

Il est clos, pierre à pierre.

Il n’est pas en courage,

il est en songe.

Il fait du trait

sur le palier du choix.

 

S’il confond,

il a dur à tenir.

Il a du songe.

Il défend la formule.

Il a perdu le souvenir.

Déjà la mare occipitale.

La nage d’ignorance.

Il a beau signer l’air

de la main qui affronte.

 

Le rendez-vous,

la pierre à souche.

Feu la formule.

La fabrique à songe,

ou l’action cannibale ?

 

C’est en progrès.

Je fais des traits.

J’ai confondu les souffles.

Je n’étais pas en courage.

 

Dans la citerne occipitale,

le trou de nage,

pour être en libre.

La forficule en finit

(travail de nuit) :

elle agite en vain sa pince,

à quand le trou d’oreille ?

 

Pour le souffle à venir,

c’est un palier.

On compte entier

le corps pénible.

 

On ignore à quoi tend

le signal aparté.

Ma force attend le parricide,

mais ne lèvera plus la main.

C’est l’hiver à la formule.

Il a intérêt, le destin !

 

C'est l'hiver de parent.

C’est part en part l’hiver.

Le fer à souche.

Il suffit qu'il soit

(distance à parcourir)

pour devenir quoi ?

En plein courant,

le fond de cale,

si c’est possible.

 

A soi parent,

l’hiver de forme.

En plein contrat,

le rideau front.

L’effort vibré d’encore,

rendu à la distance,

si c’est possible.

 

On atteint en frisson,

on recompte les gouttes.

On a mis des anneaux.

Quelque chose de fort,

le droit de se détacher.

Laissant le rêve en goût,

c’est loin à parcourir.

 

Un brin de mèche,

en fort de soi,

- le fort du goût, le rêve -

a parcouru la main de brèche.

Est-ce que ça montre

par quel fond c’est devenu partout ?

 

Et ça montre si c’est possible.

Si c’est quel soi qui rit,

quel caractère en cri,

quel mètre on a couru.

On vibre en main très longue,

on fait l’effort de recompter.

 

On est devenu si.

A condition d’encore.

En plein parent,

c’est devenu le goût :

on apprend le possible.

 

La misère à mesure,

le poids de la méduse

en plein sombre.

D’ailleurs et d’ombre,

au demeuré du corps,

l’enfant reconstitué.

 

D’ailleurs et d’orifice,

le corps en médusé.

Le soi parent panache,

le moi qu’il dit en braille

a quelque chose de fort.

 

D’ombre et dépossédé,

à soi maturité,

le plein du fond en détaché,

avec le toi dans la surface.

 

Il tombe en fleur,

l’enfant médusé.

Le toi reconstitué

a quelque chose de fort.

Juge impossible.

 

Dans le soi sombre

avec parent dépossédé,

en source pleine.

Le jour en fraude,

corps en surface,

et l’orifice en source pleine.

 

Le jour en demeuré

panache avec blessure

dans le fond de soi sombre.

L’enfant reconstitué

la brasse en vue de guérison

du corps momentané,

avec la source pleine.

 

D’ailleurs et d’orifice,

on entend les fleurs franches

et l’arrivée de la surface en clair.

D’ailleurs et d’eau coulée,

la guérison arrive en source,

et donne à l’ombre, en demeurée,

le baiser d’orifice

la mélodie attentive.

 

Dans le sombre où je déteste,

je peine au corps médusé.

Mais en fidèle ailleurs,

le corps prétexte a fait fleur.

Dans le cri des orifices,

l’enfance au demeuré

se blesse au blanc,

le baiser, l’ombre en surface,

le fond en fraude.

 

Reconstitué sans bagage,

l’enfant surface a repeint l’officine.

Quelque chose de fort s’en détache.

Je suis le cours de ce complice,

l’inégal relief souterrain,

les contours du moment,

l’infirmité des sons dans la façade.

Il y a de l’aimable.

 

 

C’est une infirmité à vivre.

Pas tout à fait un crime.

Comme une fabrique.

Vécue pour la sonorité

la flamme est dans les plis.

Corps fendillé.

Une lourdeur compliquée,

un pétrole à profondeur.

 

C’est un souterrain à conduire.

Pas exactement une aubaine.

Presque une offrande.

On compte les fleuves.

C’est minuscule.

Et jamais en façade.

 

C’est une secousse à deuil,

pas forcément de la mémoire.

Une sorte d’amphore.

Une figure en façade.

Un genre de chien à l’intérieur

(qui est le thylacine ?

où l’otocyon se conçoit-il ?).

 

C’est un format de l’existence.

Jamais plus de deux

à comparaître.

Jamais plus d’un fleuve dans le deuil.

Comment porter ?

Combien offrir ?

 

La naissance incurve.

C’est un autre souci qui fonde.

Dans le trou de mon deuil,

j’entends claquer la voix façade,

la voile enfreinte au neuf du corps.

Jamais je n’ai.

 

Si je porte, j’entends.

Si j’ai voulu, c’est la mémoire.

Il y a de l’ailleurs dans l’autre.

En habit de voix,

ce sont les chiens.

Ils ont le deuil en souterrain,

la porte des contours.

 

C’est ce moi forcené ?

Je suis le nain lardé,

à coups de coups,

dans le matin vibré ?

Un kriss en lame nue,

à nu de voiles ?

On confie sa vie,

et puis on la dispute.

Et puis on la confisque.

 

L'autre souci,

en grotte occipitale,

nage en marin dans la citerne.

Le marmot nain

consiste à définir.

On ne sait pas combien il faut un autre.

C'est le rire de l'existence.

Un bras fort dans l'eau drôle.

La lame est ronde.

 

Quelques points du passé.

Du descendant à la défense.

Du fou d'amour

au processus de danse.

De la concubine au bonheur.

On dort dans le souci.

C'est le nain forcené qui cogne.

On a des vies à convoyer.

 

Entre gargouilles, on se convie.

Le bonheur est introuvé.

Encore demain je suis.

Je vis dedans.

C'est un fou, c’est la demande.

Le matin, il consiste.

 

C'est dans l'autre souci

qu'on serait fort de rire.

Mais est-ce que les yeux sont en voile ?

On s'est forcé à savoir.

Pourtant, dans le profil de chat,

ça s'entrelace en autre.

Il y a du travail.

 

Le lieu s'énerve au passage.

Il est en existence.

Pourquoi on est réduit à la vie ?

L'occipital aussi ?

Je suis matin,

avec du froid.

Couvert de vie,

le comédien.

Le marmot nain syllabe.

Avec le grain du lieu,

ça fait un bruit de sans défense.

 

J'ai midi cousu.

C'est le complice.

J'ai la pilosité,

l'énervement.

De profil, le lieu en carcasse.

A son tour d'ignorer

le pourquoi de l’emballage.

Couvert de vie,

le courant dur,

comme un complice.

 

Je possède l'hiver du lieu :

c'est l'ignorance.

On a cousu le corps en cage.

C'est un délai physique.

Toujours trop court,

le vrai ne saigne pas.

J'ai la fonction du trait,

couvert de vie,

le front dans les coutures.

 

En possédé,

j'ai le profil.

Le trou de nage occipitale,

c'est la carcasse,

avec la même excuse.

En séparé dans le trop court,

je fais du vrai malgré.

Ensuite on a donné.

 

Dans l'eau de mer,

le comédien sans illusions.

Ca serpente dans ses illusions.

Il pense au prochain.

Commence à pétrir violent.

A se frotter la poche à air.

 

A coups de torsions,

dans les méduses,

l'enfant reconstitue.

Il fait la faille.

 

C'est dans son désert d'eau.

Il faut un moteur.

Il a pétri  violent.

Il joue au moineau,

à l'envolée.

dimanche, 04 mars 2018

MON PRINTEMPS DE LA POÉSIE 1/7

LIVRE TRADUIT D'UN PUR DE LANGUE I

Je ne suis pas poète. J'avais pourtant donné quelques courts extraits d'un ouvrage que, faute de mieux, j'avais appelé "poétique". Cet ouvrage, achevé en 2003, était le distillat d'une épreuve morale qui a creusé en moi des ravines et labouré le champ de ce que j'étais pour y semer un grain que j'ignorais alors. Enracinée dans la mort de quelqu'un, cette écriture a vu naître celui que je suis devenu. Son caractère expérimental n'échappera, je pense, à personne (sachant ce que je pense, en matière d'art, de tout ce qui ressemble à de l'expérimental : on n'est pas à une contradiction près). Elle a eu l'honneur d'assez "déconcerter" (c'est le terme qu'il avait employé dans la lettre qu'il avait pris la peine de m'envoyer) le défunt Paul Otchakovsky-Laurens pour que ce grand éditeur de poésie s'abstienne avec courtoisie de la publier. Ce manuscrit, je le donne à partir d'aujourd'hui dans son intégralité. Sans illusion. Sans état d'âme. Comme un état de fait. 

Techniquement, la composition de l'ensemble repose sur un pari sonore : priorité aux consonnes. Et sur le corollaire de ce pari : l'éviction aussi totale que possible des "e" muets. Je précise que cet aspect formel est moins le résultat d'un choix qu'il ne s'est imposé, comme s'il avait fallu donner aux mots la rudesse d'un flot tourmenté, à l'image de mon âme à ce moment. Quant au titre, il s'est donné tel quel, de lui-même. Il en résulte peut-être une musique âpre à l'oreille, mais comme on proteste contre un destin : on sait que c'est en vain et on le fait quand même. Le tout, du moins est-ce ainsi que je me raconte l'histoire, est moins fait pour être lu que pour être parlé.

Le corps du texte se déroule en continu sur soixante-quatorze pages, auxquelles s'ajoutent une dizaine d'autres, pour la "strette", la "coda" et le "postlude". L'ensemble a été ici segmenté – au hasard – en sept (trop) longs tronçons à peu près égaux. 

****************************************************

Besoin désir ?

Ou bien envie d’envie ?

 

Envie d'ouvrir,

mais c'est compris :

il faut attendre.

 

Une envie faite à réfléchir.

On entend, ça gronde.

On absorbe, en raideur,

le démarré de quoi ?

 

L’autorité, ça sait,

et c’est toujours ailleurs.

C’est déjà dans un ordre.

J'affiche un air,

quelqu'un d’ailleurs saura.

 

Imprimé à contrebande.

Un peu, pas tout à fait.

C’est un peu sincère.

On se garde à point.

 

On calcule avec nombres

(y compris celui des gravats).

Ça fait des plans, des empilements,

des tas de conditions.

Alors, par quoi commencer ?

 

Quand on voulait, c’était ouvrir,

c'est pas le mien, peut-être.

Construit à cause.

Un peu blindé, la pierre à souche.

Du vrai qui sait qu’on meurt.

 

Avec l'envie d'aller,

d'en prendre un autre.

On n'en manque pas.

Mais c'est sans preuve.

Qu'est-ce qu'on a donc ?

 

Envie d'éveil.

Je crois l'avoir.

Alors je pousse encore,

mes tisons font la fièvre,

mais j'ai donné sans preuve,

j’en suis réduit.

 

C'est que s'il faut que oui,

on sort de soi,

ça ne prend pas.

Hors du somnolé, on se confie.

On s'expose en envie.

 

Quelque part, quelqu’un sait ?

Mais quand même il faut.

C'était l'envie. Qui est là ?

Lui aussi, ça doit rester.

Il faut que oui.

 

Tout retenu dans le pli,

perché tout près.

Sans forcer la main,

sans faire esprit.

 

Voilà, ça vient se dire.

Pas trop de peine.

Qui vient symboliser ?

Qui fait priorité ?

C'est l'envie.

Mais du coup, ça fait tout.

Tout vient ensemble.

On a pas mieux.

 

Trier, ça éternise.

Avec le temps,

ça fait du vent.

 

On a voulu savoir,

mais c’est au saut du lit.

Et pour savoir un peu,

on fait du doute.

 

Dans le clair du dessin.

C'est l’attention, avec du mou.

Est-ce que ça rend heureux ?

 

Envie d'ouvrir, allez,

quelqu'un qui fasse.

Si on peut pas, alors quoi ?

 

Etrange et bas, le sûr se tait.

Je dis les bribes.

Mais l’entier ne cesse pas.

Le temps vient après tout ça.

 

J’entends l’existence.

C'est en forme de fin,

dans le conflit, on entre en parole.

On n’est peut-être pas.

 

Ecrit à l’endroit fort,

transparent sur l’opaque.

Sans repentir, entre la forme et la fin.

 

En action pure de langue,

forme à tout prendre.

On fait de la personne,

en vie, du foisonné.

 

C'est le cœur contre,

on doit s’y rendre.

La formule est en presque.

 

Ce n’est pas là, le diverti.

Qu'est-ce qu’on a ?

Ce n’est pas net.

Pourtant c’est fort aimé.

Mais dans ce cœur,

on se repasse le plat d’idée.

 

Qui veut ouvrir ?

Qui se fait en dedans,

avec des trous de formes ?

Il faudra bien nommer.

 Laisser partir.

D’après moi, ça se fait.

 

Quand j'ouvrirai, ça servira ?

Qui a voulu, en conscience ?

Ce qu’on laisse à deviner,

ça se donne en peur enivrée.

 

Visage en roue voilée,

en vérité sur quoi ?

C’est rapiécé,

comme un visage.

 

Pas de mais.

Rien que la glace.

Pour la galerie,

ça se rassemble,

le coup de pouce est à la peine.

C’est à la source. Ca brille.

On s’incline.

Un avenir ou deux.

Il faudra, tu devras.

 

A peine entré, c’est là qu’on va.

On a repris le cours,

ceux qui prétextaient.

On dévide.

 

Quand on aura vu, on rejoindra.

Dans deux temps, ça peut jouer.

Tout dépendra des comédiens.

 

On appuie à peine.

C’est lent.

On attend, pour l’exprimer,

les témoins oculaires.

On attend, pour agir,

la nécessité, les analyses.

 

Il ne faut pas dormir.

On entrevoit : ça mûrit,

beaucoup à la fois.

Il n’est pas en secret.

On essaie d’apercevoir :

qui se dérobe ?

 

Tout le monde accroché.

Au cœur du lieu, ce serait pur.

Au lieu du coeur, ce serait dur.

Qu’est-ce qu’on refuse ?

 

Si on demande un délai,

l'angoisse aura changé,

la fermeture est annoncée.

Il faudra défaire et laisser.

 

Si ça décompose,

on comprend quoi ?

Un visage à montrer.

 

Un seul en apparence ?

C'est la vie grosse,

un tour de soif.

 

Qui ravitaille en apparences ?

On sent la durée suspendue.

On est pour la joie.

 

Tout tombe,

tout se redresse,

les mots, les attirails.

Et puis, avec superbe,

on choisit son métier.

Parce qu’il faut gagner,

ce serait ça, la vertu.

 

Les prémices de vieux.

Les frissons qui vont avec.

On se libère de rien,

rapport à tout ce qui précède.

Qui a tout donné ?

C’est quoi le sacrifice ?

Mouture fine.

 

      Voilà qu’il s’éveille en cuir.

Il ouvre les placards.

Il verse un peu de conscience

dans son cadavre de nuit.  

Il entre en souvenir.

Ce qui tombe en premier,

ça joue dans le courant.

Mais ça se tient.

Tout n’est pas rose :

c’est la lisière.

Mais ça sent clair.

 

Il est vêtu.

Cela prouve, évident.

Il faudra bien sortir.

Il a fait des enfants.

Il se délivre avec les yeux :

quand il les ferme,

il n’est pas dans l’obscur,

c’est la vie profonde.

 

C’est du sommeil intense.

En habit de surmenage,

il a mis son visage en gravité.

Le visage est brisé.

Il a plaisir en grimace,

il a fontaine de traits.

Il renouvelle son identité.

 

Tu es gâté,

soyeux.

Tu creuses,

tu photographies.

Tu jettes les cris par la fenêtre.

Tu ne fais pas la guerre.

Tu fais des tartines.

 

Tu ne sais pas quoi devenir.

Un voyage, un visage, un ordre ?

Dire par quel moyen :

mais on risque un racontar,

tu seras aveugle ou saoul.

 

Pas de chef de physionomie.

Tu vois l’avenir se remplir de ça.

Tu retournes à l’entrée, au salon,

où boivent les enterrés.

Tu ne sais pas comment finir.

 

Pour trois quarts d’humanité,

l’amertume.

Tu regardes.

Tu ne sais pas comment t’en tirer.

 

Je vois le cœur.

J’ai la césarienne.

J'envie les désirs des mort-nés.

Il y a une sorte de poésie.

 

On pénètre en rétro,

c’est le propre corps.

On est sonneur de quoi,

le corps dehors ?

Un peu de monticule,

un petit bord :

on mourra propre.

Je suis né sans effets,

pourquoi il est fait, ce ventre ?

 

J'envie les désirs des mort-nés.

Impuissant par la mère,

quoi remuer ?

Avec un peu sa honte,

sous la surface en chair.

 

Entre deux, de très loin,

les corps s’assemblent,

mais sans virer au gai.

Entre deux, j'ai vécu à cent francs.

Avouer, décider, se tromper :

comment se fabriquer ?

Comment s’extraire ?

 

J’envie les désirs des mort-nés.

J'enterre ma honte.

J’ai décidé de me tromper.

Je n’ai pas trop de honte.

Je ne suis pas forçat.

Je ne suis pas sourd.

 

J’envie les désirs des mort-nés.

Complots d’opérette,

parturitions d’opérette.

Je nais de force.

Je peux fabuler.

C’est une sorte de poésie.

Je fabrique en vie propre.

 

Avec la frontière du corps,

dire adieu au corps maternel.

Est-ce qu’on est sûr ?

Qui fabrique la vivante,

l’entrée dans la matière ?

 

On se trompe en espoir ?

Alors c’est l’obstruction ?

Qu’est-ce qui est vivant,

hors du corps maternel ?

 

Les envies des mort-nés.

La fuite, l’utérus des pensées.

On se force à fabriquer.

C’est vraiment du désir ?

On s’extrait de la matière,

malgré la parturiente ?

Rien de plus obstiné.

Tout un effort,

la vie faite à l’extrusion.

 

Il y eut une pensée,

il y eut un problème.

Ce fut le jour du temps,

le sourd consume.

Avec sens et joyeux d’avoir,

le monde adonne.

Un jour loin.

 

L'exception éphémère

(on a compris dedans,

c'est l'effet-mère).

Elle a pu s'oublier

(la vraie qui se renonce,

avec la clé de la semence).

La poésie des profondeurs.

On accepte seulement.

 

Qui se prend pour ?

Où ça s'installe ?

L’éternité pouvait.

On a douté.

Un écroulement.

Alors c'est la vie-vite.

 

Il fallait un ventre.

On fait du refus,

mais à moitié.

En-four-né cuit à point.

On ouvre les dents.

On comprend comment c’est,

avec le face-à-face.

 

La porte claque,

on refait l’auparavant,

la vie profonde,

vite organique.

La vie-vite,

en-four-née.

Oh qui dira les torts,

si la vie-vite ?

On reprend tout,

mais à la diable.

Rien ne ressemble.

 

Quelle est la poésie ?

L’infirmité en sursaut ?

La matière en tort ?

L’instinctif insu ?

 

Une âme extraite animale

n’a plus à penser.

Forme des dents,

le vent du centre.

On fait complet

avec le sang du ventre.

 

Avant la profondeur,

on doutait du sérieux.

L’infirmé s’use en silex

à chercher son âme.

La poésie semble au refus.

Et s’il fallait assouvir ?

 

Devenu l’urne-mère,

cendre à transmettre,

dorure incomprise.

La poésie, après l’impossible,

c’est quand on creuse en trop,

ça lave en souterrain l’enfance.

 

Il fallait un ventre.

On eut le refus.

En-four-né, la vie s’ouvre.

L’homoncule cuit à point.

On fera semblant de comprendre.

On ressemble à la photo,

qui n’est pas l’âme.

 

On l’a pris ailleurs,

l’air de la profondeur.

On l’a trouvé avant naître,

on transmet en vie-vite.

 

La poésie de reproduction

fabrique sa honte.

On opercule, et c’est trop tard.

Reste l’infirmité,

le sursaut de la matière.

 

Il n’y a pas à penser,

ni à savoir.

Le ventre ne s’ouvre pas,

quand on ne prend pas part.

Dans l’urne-mère,

ça brûle.

Les dents claquent,

on se transmet les torts.

 

A qui revient la profondeur ?

L’âme instinctive a mal.

Qui s’est moqué de l’utérus ?

Avant la naissance,

le doute a ratissé,

pas à pas, un pas vide.

On a trouvé l’organique,

mais c’est ailleurs.

Le lieu de poésie

reste en photo.

vendredi, 02 mars 2018

PHOTOGRAPHIE

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jeudi, 01 mars 2018

PHOTOGRAPHIES

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Avec la lumière venue du monde extérieur.

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La même, avec la lumière intérieure.

mercredi, 28 février 2018

L'ARCON A LA CROIX-ROUSSE

Vu à la Croix-Rousse.

Il y en a sûrement qui pensent que c'est de l'art.

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"Blues for mama".

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"Born to be wild".

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"Bad girl".

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"Let's dance" (sur une reproduction du Saint-Sébastien de Guido Reni qui sert, paraît-il, d'emblème à un groupe de pression porté par l'air du temps).

Ci-dessous, l'argumentaire censé justifier le travail de l'artiste.

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En lisible : « L'exposition est une sélection de pièces de ma dernière série "BARBARIE", c'est un écho au féminin, une proposition décalée à la fois mélancolique, surannée, cruelle et déviante, une parenthèse féministe et poétique.

Mes travaux de broderie (depuis 2014) explore [sic !] le fil, dans un mélange parfois rétro mais résolument contemporain de broderie graphique, croisée, tissée, géométrique, typographique, sur des supports photographiques détournés (cartes postales, affiches vintages).

Mes dernières créations sont une palette de broderies typographiques décalées, ironiques et parfois abstraites. Une variation de broderies (à la main) sur des imageries obsolètes et rétro qui, en détournant leur sens virtuel premier, offre une lecture intime, étrange, violente et contemporaine ».

Je m'en voudrais de dire quoi que ce soit de l'usage de l'adjectif comme tapis de bombes, de commenter cette prose et de citer le nom de son auteur.

J'ai failli inscrire ce billet dans ma série "Des nouvelles de l'état du monde", et puis ...  

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vendredi, 23 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

VI/VI

De la Croix-Rousse, pour descendre à Lyon (c'est comme ça qu'on dit), une recette parmi bien d'autres. 

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Descendre l'escalier de la rue Célu (Jeanne-Marie, 1780-1846, pas celle de Rimbaud – Les Mains de Jeanne-Marie –, mais la fabricante d'étoffes de soie : une de ces cibles honnies que visaient sans doute les canuts en 1831 et en 1834).

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Rue Célu, jeter un œil en passant sur un peu de verdure jalousement protégée.

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Hésiter entre la rue Bodin (1788-1876, conseiller municipal, président du tribunal de commerce, administrateur des hospices, qui fut propriétaire du sol de la rue : comme les cimetières, les rues de nos cités sont pleines de noms de toutes sortes de gens indispensables) et la rue Mottet-de-Gérando (1771-1828, conseiller municipal et député, et trajet de la ligne 6).

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S'arrêter un instant sur le balcon de la place Bellevue et jouir du coup d’œil.

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Rue Bodin, lever les yeux sur le haut de la rue Grognard (1748-1823, négociant et bienfaiteur du Musée, on ne le sait pas assez),

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puis sur le bas : la rue de Magneval (1751-1821, conseiller municipal et député, comme tout le monde) et, plus loin, la rue des Fantasques (nom d'origine inconnue, mais on trouve dans l'Almanach de 1745 cette intéressante mention : "On nomme ce chemin ainsi parce que c'est un endroit fort écarté, servant de promenoir à des gens d'un caractère particulier, qui veulent éviter la compagnie") et le Rhône.

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Au bout de la rue Bodin, saluer les arbres de la place Colbert (ce monsieur n'a pas besoin d'être présenté).

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Emprunter résolument la montée Saint-Sébastien (ce saint jeune homme, un peu masochiste si l'on en juge par les multiples photos des siècles passés, n'a nul besoin d'être présenté).

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Tourner un instant la tête à droite (la cour des Voraces, cet emblème touristique incontournable, n'est pas loin).

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Quitter la montée Saint-Sébastien pour prendre le virage vers la rue des Fantasques.

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Se souvenir que ce long rectangle bitumé, en contrebas, fut une cour de récréation, à une époque où billes, agates et bigarreaux changeaient de poche avec fureur.

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Ne pas s'attarder dans la rue Adamoli (1707-1769, conseiller du roi, maître des ports et passages de Lyon, il donna sa bibliothèque à l'Académie de Lyon).

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Prendre l'escalier sans dénomination d'où l'on domine ce qui fut le préau des garçons de l'école de la place Michel-Servet (1511-1553, qui finit brûlé vif parce que sa façon de croire en Dieu défrisait les autorités de l'époque), préau d'où l'on apercevait, à travers un croisillon de bois losangé, ce qui fut la cour des filles, dans l'arrondi de laquelle (ici visible) les maîtresses faisaient tourner les punies (ça ne s'appelait sans doute pas la "tournante" : « Adélaïde, à la récréation, vous tournerez ! – Oui maicresse »).

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Mesurer le changement d'altitude.

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Se contenter de passer devant ce qui fut l'école des filles.

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Constater qu'on est arrivé en bas.

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Ne pas s'attarder place Croix-Paquet (du nom du monsieur qui obtint en 1628 la permission – confirmée deux ans plus tard en Conseil d'Etat – de "restablir une croix en la place" qui avoisinait sa maison).

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Apercevoir la place Tolozan à travers la Grande rue des Feuillants (du nom d'un monastère disparu).

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Se souvenir de la rue Royale, autrefois la rue des soyeux, où l'on pouvait même observer, à travers une vitrine, le travail de deux linotypistes assis devant leur clavier « elaoin sdrétu » (drôle de formule dont le grand Franquin avait fait, pour le "Petit Noël", une merveilleuse "machine à faire plaisir"), et le fonctionnement particulier de ces machines et de leur "volant" latéral, dont la forme intriguait au plus haut point les enfants qui passaient devant. 

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Se souvenir de la Petite rue des Feuillants où était sise, en plus de quelques entrées traboulantes, la boutique où l'on louait les skis pour le week-end.

Traverser le plus vite possible et sans trop regarder la pauvre "place Tolozan" (1726-1811, dernier prévôt des marchands, qui fit construire le bel immeuble du n°19) et gagner le nouveau pont Morand (dans lequel passe la ligne A du métro).

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Une fois sur la rive gauche, apprécier la vue sur les pentes est de la Croix-Rousse avant de poursuivre sa route.

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Note : j'achève ici une série de six "bambanes" sur les pentes de la Croix-Rousse. A vrai dire, il en reste quelques-unes au programme. Mais ça suffit, je crois, pour se faire une idée assez précise de la physionomie de ce qu'on appelle "Les Pentes" (par opposition au "Plateau") de la "Colline qui travaille" (par opposition à la "Colline qui prie"). 

mercredi, 21 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

V/VI

Descendre de la Croix-Rousse aux Terreaux, on a l'embarras du choix.

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1 Un amical salut au 24 rue des Pierres Plantées, à la chambre haut perchée (ici au soleil) et au jardin à hauteur du premier étage, invisible derrière le mur clair (à gauche).

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2 Dans ce sens, la rue Jean-Baptiste Say descend. On ne jette pas un regard sur la montée de la Grande-Côte, devenue un grand boulevard.

lyon,croix-rousses,pentes de la croix-rousse,rue des pierres plantées,rue pouteau

3 On laisse aussi la rue De Sève, la place Colbert et la montée Saint-Sébastien.

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4 On préfère passer par la rue Pouteau (à cause de la lumière).

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6 Le bas du premier escalier.

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7 Au bas du deuxième escalier, vécut autrefois Sorokine, peintre lituanien et vaguement clochard dont la dent unique et proéminente démeublait magnifiquement le sourire crachotant (« Comprénez-vous ? », avec un roulement d'r), dans ce qui était alors un gourbi encombré d'un invraisemblable fourbi de planches, de poussière et de poésie. La modernité a mis le holà à ce désordre.

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8 Un crochet par la place Chardonnet (je n'ai pas vérifié si la traboule entre la place – au n°2, en face – et la rue en dessous – Burdeau – est encore ouverte).

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9 Vue dominante sur le sombre passage Mermet.

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10 L'immeuble était occupé par je ne sais quelle congrégation, aujourd'hui délogée ou éteinte, et possédait une entrée directe (méconnue mais palpitante) dans le haut de l'église Saint-Polycarpe.

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11 Passage Thiaffait.

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12 Ci-dessus et ci-dessous, le même vitrail demi-lune, vu du passage Thiaffait, puis de l'église (pourrait-on se douter qu'il y a là une église ?).

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14 Le sombre passage Thiaffait, devenu pimpant jardin des modes.

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lyon,croix-rousses,pentes de la croix-rousse,rue des pierres plantées,rue pouteau

16 Dans l'église Saint-Polycarpe, trop « insérée dans le tissu urbain » (édifiée au XVII° siècle, il a fallu construire autour d'elle), la lumière concrète ne peut vraiment venir que d'en haut. Y a-t-il encore un musicien pour s'asseoir de temps en temps à la console de l'orgue Augustin Zeiger, "le plus ancien et le plus important de la ville de Lyon" ?

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17 Le passage Mermet, vu de la rue René Leynaud (poète et journaliste, fusillé par les Allemands en juin 1944).

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18 Je n'ai jamais vu ouverte cette porte latérale de l'église.

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19 Ce qu'on voit du passage Mermet en tournant le dos à l'escalier.

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20 Vers la rue des Capucins, par la voie officielle (ça traboule).

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21 Rue Sainte-Marie-des-Terreaux, on tient le bon bout.

lundi, 19 février 2018

PAS PHOTOGRAPHE, MAIS ...

Mon art abstrait.

photographie

 

dimanche, 18 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

IV/VI

Du plateau au plateau par la place de la Boucle.

On est de nouveau côté Rhône. La place a été rebaptisée Adrien Godien, et le splendide pont de la Boucle a été détruit, pour laisser place au pont Winston Churchill, banalement moderne. Je n'ai rien contre Adrien Godien, estimable peintre lyonnais, qui avait, je me rappelle, illustré une belle édition du Saint Julien l'Hospitalier de Flaubert. Un jour où je faisais la sieste en salle des ventes, j'ai laissé partir sous mon nez, pour des prix dérisoires (genre 40€), plusieurs tableaux fort présentables. Je m'en suis voulu.

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1 Rue Joséphin-Soulary.

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2 C'est ici que la rue devient une curiosité.

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 4 Le Rhône, en bas et au loin, et une vague apparition du lac de la Tête d'Or. On entrevoit aussi l'immeuble d'Interpol.

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5 Le "street-artist", pour excréter son art, n'a pas besoin d'une pissotière : il dépose ses matières à la vue de tous, là où il n'y a ni policier, ni caméra de surveillance, et en dehors des heures généralement ouvrables. Pudique, le "street artist" ne veut pas de témoin : c'est un timide. Pour la lumière, il a cependant besoin d'une aide extérieure.

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8 La maison (avec le buste en façade) de Joséphin Soulary, poète (1815-1891). J'ai un peu croisé la route de l'actuel propriétaire, mais nos atomes n'étaient pas crochus.

 

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9 Le bas de la rue Eugène Pons, juste avant de remonter.

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10 Il est pas beau, le pont de la Boucle ? Faut-il le démolir ?

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11 On va remonter par la rue Mascrany, du nom d'une famille originaire des Grisons, installée à Lyon aux XVI° et XVII° siècles. Le précédent nom de Camille Jordan (homme politique important, paraît-il, du temps de Napoléon) fut attribué à une immense rue d'au moins un pâté de maison, entre les rues des Tables-Claudiennes et Imbert-Colomès.

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12 Rue Saint-Dié.

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13 Ce qu'on voit vers le nord, du haut de la rue Saint-Dié (ainsi nommée "à cause des combats en 1917").

samedi, 17 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

III/VI

De Saint-Bruno à Saint-Bruno par le quai de Saône.

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Saint-Bruno vu du boulevard.

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Aperçu sur un lacet des Esses (derrière le mur).

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En face, les tours de l'Observance, sur la colline de Loyasse.

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L'accès à la Muette, depuis le quai Saint-Vincent. Je connaissais très bien les gens qui occupaient tout le premier étage de l'immeuble à droite : Michel et François (leur chambre, balcon du premier étage) ne prêtaient plus depuis longtemps aucune attention aux péniches qui passaient sur la Saône, mais j'aimais bien venir, parce qu'ils étaient très outillés en Meccano, et qu'ils étaient abonnés à Tintin (moi, c'était Spirou, on se complétait).

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Saint-Bruno vu de la rue Pierre-Dupont (célébrité poétique de la ville, Pierre Dupont, 1821-1870, qui avait l'estime de Baudelaire, est enterré au vieux cimetière Croix-Rousse).

vendredi, 16 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

II/VI

Côté Saône.

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On va descendre par la rue de l'Alma (pas de zouave, ici, seulement un souvenir de Crimée, et encore).

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J'ai habité une chambre située au rez-de-chaussée face à ce paysage.

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Avec une bonne loupe, on aperçoit deux explorateurs de bouche en train de parfaire leur technique.

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Arrivée au "Jardin des Plantes" (appellation officielle).

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L'escalier des Carmélites.

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Impasse Fernand Rey (ce conseiller municipal et adjoint au maire, bien connu de ses proches, mort en 1945, a aussi une (petite) rue et même une (toute petite) place).

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La falaise au bout de la rue de la Vieille (qui fut aussi rue du Vieux-Loup, rue de la Monnaie, rue de la Monnaie Saint-Vincent – la paroisse et le quai ne sont pas loin – et rue de la Vieille Monnaie).

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La falaise au-dessus du jardin Saint-Benoît.

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On s'apprête à remonter par le passage Gonin (du nom d'un ancien propriétaire).

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Un jardin, avec quelques salades et quelques nichoirs.

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Montée de Vauzelles (une famille de notables au XVI° siècle).

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Montée Lieutenant-Allouche (assassiné par les Allemands – je devrais dire "nazis", mais – en 1944 à Grenoble).

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Retour à la rue de l'Alma et au plateau.

jeudi, 15 février 2018

DRÔLES DE RUE DE LYON

"C'est pas seulement à Paris que ..." (c'est "L'Assassinat" de Georges Brassens qui commence comme ça).

RUES DE PARIS 1.jpgJ'allais dire : c'est pas seulement à Paris qu'il existe un dictionnaire desRUES DE PARIS 2.jpg rues, nous à Lyon aussi l'on a .... Mais ce n'est pas vrai. D'abord, à Paris, ils ont Jacques Hillairet, et personne ne pourra faire comme si : il existe un et un seul Jacques Hillairet. En plus, son extraordinaire ouvrage (deux volumes augmentés d'un supplément) s'intitule Dictionnaire historique des rues de Paris (Minuit), deuxième raison qui le rend incomparable.

RUES DE LYON MAYNARD.jpgTroisième raison : l'ouvrage de Louis Maynard ne se veut pas "Dictionnaire", encore moins "historique". Beaucoup plus modeste, il seRUES DE LYON VANARIO.jpg propose sous le titre Rues de Lyon (Jean Honoré, 1980), sans plus. Même l'ouvrage de Maurice Vanario, le continuateur de Maynard, ne s'est voulu ni "dictionnaire", ni "historique". Vanario, "Sous-Archiviste", « sous la direction de Henri Hours, Conservateur Municipal des Archives de la Ville de Lyon » a publié presque sous le même titre (Les Rues de Lyon à travers les siècles, LUGD, 1990), une sorte d'inventaire sérieux et complet de toutes les artères qui traversent, aèrent et desservent la cité (y compris les "voies privées").

Cela donne un livre de pas 300 pages in-octavo, dans lequel, hélas, revient comme une rengaine l'expression "origine inconnue", quand l'œuvre de Hillairet – trois volumes de grand format (on dit, paraît-il, "in-quarto"), dont deux très "robustes" (700 et quelques pages sur deux colonnes chacun) – va constamment tout au fond des choses. Si je prends au hasard la rue du Cardinal-Lemoine, voici comment s'annonce l'article : « V° arrondissement. Commence 17 quai de la Tournelle. Finit place de la Contrescarpe. Longueur 680 m. ; largeur 12 à 20 m. » (la rue de Vaugirard s'étale, elle, sur plus de 4km.). On ne saurait être plus précis.

Et l'auteur enchaîne sur un condensé de l'histoire de la voie, puis passe en revue tous les numéros dont il y a quelque chose à dire (parfois fort longuement, en fonction de). J'imagine volontiers que pour rédiger cette œuvre d'une vie, Jacques Hillairet a usé bien des pantalons sur des chaises de bibliothèques ou de salles d'archives. On le voit, le "cahier des charges" n'a rien à voir. Maynard puis Vanario se contentent d'un répertoire.

Il n'est d'ailleurs pas sûr que la capitale des Gaules mériterait que quelqu'un s'engageât dans une telle besogne, d'autant qu'aucun baron Haussmann n'est venu compliquer la tâche en bouleversant à ce point les traces du passé, et que le nombre des gens dignes de figurer dans l'histoire pour y avoir vécu reste d'une modestie provinciale, une fois jetés les noms de Louise Labé, Rabelais, Herriot, Henri Béraud ou Albert Londres. Inutile de nier le pouvoir d'attraction de la capitale. Il y a aussi des Rastignac en puissance chez les "bons gones", et même ches les "mamis que sont pas de cogne-mous" (voir il y a quelques jours).

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Nos rues, avenues, places, boulevards, quais, impasses, montées portent, comme partout ailleurs, des noms en général ordinaires (je veux dire préfet normal, philanthrope obscur, député honnête (!), martyr de la Résistance, aviateur lyonnais, fabricante d'étoffes de soie épouse de Jacques Ray, professeur de minéralogie et géologie, sixième adjoint au maire, imprésario bienfaiteur des œuvres laïques, maître imprimeur, navigateur et autres célébrités mémorables) avec, ici ou là, des curiosités bien propres à appâter l'amateur de couleur locale (rue du Manteau jaune, rue des Quatre chapeaux, rue du Plâtre, etc...).

Je suis cependant curieux d'apprendre s'il existe, dans une seule des 36.000 communes de France, une "Rue des Actionnaires". Oh, ce n'est vraiment pas grand-chose, cette rue : un pâté de maison, tout au nord de la Croix-Rousse, tout en bas des pentes, presque à la limite de Caluire. Bon, c'est vrai, c'est une église dotée de son jardin (Saint-Eucher), mais est-ce que ça justifie ? Et en face, on ne voit aucune entrée d'immeuble. Ça ne fait quand même pas beaucoup d'habitants au mètre linéaire. Je n'ai pas fait attention, mais il n'est pas impossible que la rue des Actionnaires ne comporte aucun numéro ! L'Histoire est une vieille dame cynique, quand on voit la place gargantuesque qu'ont prise les actionnaires (fonds de pension, fonds souverains, fonds spéculatifs, fonds vautours, etc.) dans la marche du monde actuel.

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La voilà, la rue des Actionnaires.

Voici ce que nous indique Maurice Vanario à l'article "Actionnaires" (rue des, 4°) : « Tenant : rue Eugène Pons. Aboutissant : rue Mascrany. En souvenir de la compagnie financière constituée, sous la Restauration, pour créer le quartier Saint-Eucher. Attesté en 1849 (dél. C. M.). Devenue rue du Tribun en 1849 (dél. C. M. 17 janvier). Redevient rue des Actionnaires en 1852 ».

C'est un peu court, vieil homme,

On pouvait dire, oh dieu, bien des choses en somme.

Edmond Rostand (enfin presque).

Mais n'est pas Edmond Hillairet qui veut. 

mercredi, 14 février 2018

UN PETIT TOUR SUR LES PENTES

I/VI

Côté Rhône. 

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Vu de la montée Rater.

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Un petit bout de la montée Bonafous.

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Une des entrées, dit-on, vers les "arêtes de poisson".

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Ci-dessus / ci-dessous :

"Champ-contrechamp" montée Rater / cours d'Herbouville.

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On retourne vers le plateau par la montée Coquillat : avouez que ça fait un peu "dégueuloir", et la falaise des Fantasques au bout, n'encourage pas, et la hauteur des marches a de quoi dissuader, et ....

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La toute petite rue Philibert Delorme.

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Au bout de la rue de Magneval, l'escalier.

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« Ô récompense après une montée

Qu'un long regard sur le calme des lieux. »

Paul Valéry (enfin presque).

dimanche, 11 février 2018

GUIGNOL

"Guignol" est un mot qui appartient à la famille des antonomases célèbres, et compte ainsi dans son cousinage par force des gens aussi estimables que le frigidaire, la poubelle ou le sandwich, substantifs en général issus des nobles lignées qui ont eu le génie de faire don de leur patronyme au Dictionnaire. Je ne vais pas réécrire son histoire : ce serait forcément moins bien que tous ceux qui se sont donné la peine de le célébrer.

Parmi ces gens d'un goût très sûr qui savent reconnaître le génie, on trouve Alfred Jarry, que le Père François (je veux dire le pape, qui me l'a dit en confidence la semaine dernière) s'apprête à canoniser en grandes pompes, à cause du culte sans faille que l'illustre écrivain a rendu à sa majesté l'Absinthe, au point de lui faire le sacrifice de son existence (même si l'hypothèse est controversée ; notez que Christophe Colomb lui-même n'a été recalé qu'à la suite d'un procès en canonisation en bonne et due forme, cf. La Harpe et l'ombre d'Alejo Carpentier). Gloire à Alfred Jarry, saint et martyr, qui a inclus dans ses Minutes de sable mémorial un mémorable Guignol qui prouve en l'instaurant la parenté indubitable de son Ubu avec notre marionnette lyonnaise.

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Photos des marionnettes de Guignol (Chignol pour les intimes) et Gnafron, prises au musée de Gadagne dans les autrefois (années 1970). J'ignore comment elles se présentent, aujourd'hui que l'hôtel de Gadagne a été transformé de fond en comble. 

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Ici, admirez juste la rusticité raffinée du travail du sculpteur et la magnifique teinte vermeille qui orne la trogne de ce misérable buvanvin* de Gnafron. C'en est au point qu'une maison de vin de chez nous avait fait de la marionnette un emblème renommé sous nos latitudes.

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Je me sens mauvais Lyonnais : je ne suis retourné à Gadagne que pour m'asseoir en été à une table des "jardins suspendus", au quatrième étage du musée (photo ci-dessous). Je recommande le lieu, on est à hauteur de toit, accroché à la colline, bien loin des rumeurs et des miasmes urbains. Une riche bonne idée ! Mauvais Lyonnais ? Je n'ai jamais été folkloriste, et ai renoncé à le devenir un jour : les folkloristes m'ennuient autant que les touristes revenus d'ailleurs pour une "soirée diapos".

Je ne suis pas davantage le militant de mes origines. Je laisse ce sale boulot à de pauvres excités insulaires même pas comiques, qui nous emboconnent l'atmosphère avec la singularité que leur confère leur insularité. Certaines "singularités collectives" ressemblent à des phénomènes de foire, vous savez, ces "hommes-trépied", "hommes-tronc", "femmes-serpent", frères siamois ou femmes à barbe, qui ne pouvaient gagner leur pain qu'au cirque. Et je ne suis pas non plus un collectionneur frénétique d'images et de "couleur locale". Je me contente de picorer à l'occasion dans le catalogue des fleurs qui un jour ont poussé sur ces terres.

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Pour parler franchement, les Lyonnais ne parlent plus le lyonnais depuis bien longtemps. Combien savent ce qu'était un trancanoir ? Qui parle encore d'équevilles ? Je ne suis même pas certain qu'ils connaissent un peu le théâtre de Guignol, annexé par les "actions culturelles à destination des enfants", alors que Laurent Mourguet destinait aux seuls adultes les dialogues de ses pièces dont, si je ne me trompe, il n'a pas laissé d'originaux. Remarquez, j'ai l'air de critiquer, comme ça, mais j'ai moi-même glissé les mains dans les gaines de quelques pantins en compagnie d'un oncle, très cher à ma mémoire quoiqu'il fût prêtre, pour distraire petits et moins petits, par quelque après-midi pluvieux (Le Déménagement, Les Embiernes, La Racine d'Amérique, ...). Mais c'était indéniablement lui qui prenait l'accent de par chez nous avec le plus d'authenticité (il n'avait pas son pareil pour glisser dans les conversations des lyonnaiseries : "comme un coq en plâtre", "en tapis noir", etc.).

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Le digne magistrat Jean-Baptiste Onofrio, qui assistait incognito aux représentations de Mourguet en a pieusement recueilli assez de bribes (y compris sur ses manchettes – on pense aux omoplates de chameaux de Mahomet pour le Coran) pour offrir un beau recueil de pièces (1865), imité beaucoup plus tard (1925, ci-dessus) par Les Amis de Guignol, Justin Godart, Mgr Lavarenne, Ernest Neichthauser (qui fabriquait les marionnettes) et d'autres.

Ce n'est pas sous la plume de l'auguste magistrat Onofrio qu'on trouve la pièce de Guignol, hélas méconnue, pochade intitulée Le Sarsifi petafiné, à ne pas mettre entre des mains inaverties. La justification du tirage (ou l'achevé d'imprimer) portait fièrement la phrase : « Cette pièce ne sera jamais réimprimée ». A la lecture, on comprend que les éditeurs étaient des gens d'une extrême pudeur. Le thème, bien qu'autrement formulé, s'en retrouve curieusement dans le film de Claire Denis Trouble every day (2001), avec une Béatrice Dalle pleine de dentition aiguisée et d'hémoglobine. Il est question d'un accident subi par Guignol sur une partie de lui-même à laquelle les messieurs tiennent en général beaucoup. Il serait malséant que j'en dise davantage. On devinera à partir de là le rôle des dents de Béatrice Dalle.

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Le dessinateur Berlion et son scénariste Corbeyran, dont j'ai évoqué les "Sales mioches" récemment, donnent un coup de chapeau à Guignol dans les pages de garde de leurs albums : bien maigre consolation, qui n'offre que le côté caricatural du folklore. Ci-dessous on voit le tandem infernal, avec sa mise en abyme pour faire le lien avec les "mioches". Notez que le cadre est sympathique : le castelet du parc de la Tête d'Or, sur fond de kiosque à fleur de la place Bellecour (je ne suis pas sûr de l'exactitude de ce détail, M. Berlion, d'autant que Guignol est dépourvu de la "tresse" que tout bon canut se devait de porter à l'époque de Mourguet).

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Le vieux, le grand, le magnifique Gotlib avait donné une version autrement "moderne", décapante et "détrancanée" à souhait de la caricature. Mais Gotlib était un peu plus "voyou" dans son dessin, puisqu'il s'en passait de belles dans le castelet (Rubrique-à-brac tome I).

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La tradition des bons gones s'est vaille que vaille maintenue et soutenue jusqu'à la deuxième guerre, grâce à la vigilance active de la Société des Amis de Guignol. A partir de 1945, la France semble avoir brutalement rompu avec l'esprit de "Résistance", puisqu'elle a accueilli à bras ouvert le Grand Débarquement des Nouveautés venues par cargos entiers d'outre-Atlantique. C'est alors que la "culture américaine" (si ce n'est pas un oxymore) a supplanté la vieille Culture Française, à laquelle elle s'est contentée de dire, avec ses gros bras musclés : « Ôte-toi de là que je m'y mette ! ». Exit Guignol.

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C'est dans la publication annuelle de cette honorable société (Almanach des Amis de Guignol) qu'on trouve des récits bien canants, comme l'histoire du pari fait par le Glaudius et le Toni ou celle de la Commode de la cousine Stéphanie (Catherin Bugnard, de célèbre mémoire). Je grossis ci-dessous l'exposé des motifs de cet immortel réservoir de lyonnaiseries.

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Le cogne-mou, ça dit bien ce que ça veut dire, si l'on se représente le monsieur en bûcheron. Et pour 159 sous, il n'y a pas de raison de se priver.

Note : Voici la définition que Nizier du Puitspelu donne de "buvanvin" : « Ivrogne. Jean Brunier (prononcez Bruni), notre granger, était un brave homme, mais quelque peu buvanvin. Un dimanche, à trois heures, mon père le trouve le pouce sur le loquet du Bon Coin, à Saint-Irénée. – Eh, Jean, que faites-vous là ? – Monsu, j'allôve à vêpres. – Au moins, disait mon père, s'il n'avait pas eu le pouce sur le loquet ! ».

jeudi, 08 février 2018

C'EST QUOI, CORSE ?

Propos d'un Français ordinaire et endurci.

C'est quoi, au fait, Corse ?

Moi, je suis Lyonnais, je suis né là, j'y habite, et je dis et alors ? So what ? Je n'en fais pas un "brocciu" (nous, on a la "cervelle de canut").

Ils revendiquent leur minuscule identité ? Grand bien leur fasse. Ils viennent emmerder le monde à cheval sur cette identité pour en découdre ? Alors là, rien ne va plus.

300.000 insulaires arrivent à empuantir (de temps en temps) l'air médiatique que respirent 66.000.000 de Français ? Mais c'est quoi, cette blague ? J'attends qu'on m'explique pourquoi une nation de cette dimension devrait se laisser impressionner par une république de Lilliput. Et de structure clanique, qui plus est.

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Uderzo.

Ils voudraient qu'il y ait deux langues officielles en France, le français et le corse ? Mais c'est quoi cette blague ? J'espère qu'on me demandera mon avis : le corse langue officielle de la France ? Et puis quoi, encore ? Elle aurait bonne mine, la France, dans le "concert des nations", à l'ONU, où les propos de l'ambassadeur seraient traduits du français et du corse.

D'abord, le corse est-il une langue ? Même pas. Allez, une variante, une cousine de l'italien, un dialecte groupusculaire, je veux bien, soyons bon prince. Mais une langue ? Le breton, le basque, à la rigueur, mais le corse ? C'est quoi, cette blague ?  Talamoni, vieux compagnon de route des cagoulés, président de la nouvelle entité, fait des discours en corse ? Très bien, mais qu'il ne compte pas sur moi pour faire le moindre effort pour l'écouter, l'entendre ou le comprendre. Il veut nous quitter ? Je dis : bon vent !

A comparer, il y a quelque temps, avec la conférence de presse du chef de la police de Barcelone, qui s'est levé de son siège et a quitté les lieux quand un journaliste lui a demandé pourquoi il s'était exprimé exclusivement en catalan. Je m'étais dit : pour qui se prend-il, le flic en chef ?

Là où je suis prêt à reconnaître un mérite exceptionnel aux Corses, c'est à propos de la préservation de leur littoral. Alors là, je dis : "Bravo!", et depuis bien avant la création du "Conservatoire du Littoral". Une mention aussi pour I Muvrini, A Filetta et autres formidables chœurs (Marcel Pérès et son Ensemble Organum, par exemple) qui donnent une belle idée de ce que sont les polyphonies corses.  Mais pour le reste (nationalisme, indépendantisme, régionalisme et tutti quanti), je dis : vas-y Macron ! 

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Pétillon. L'Enquête corse (Albin Michel, 2000), excellente caricature.

Demande-leur, à Talamoni, à Siméoni et à leurs copains, s'ils en veulent, de la carte d'identité de la République Française. Êtes-vous français, monsieur Talamoni ? Ils n'en veulent pas ? Allez, donne-leur l'indépendance qu'ils réclament à cor, à cris et à pétards. Mais à charge exclusive pour eux de constituer une armée, une police, une administration, une monnaie, et tout ce qui fait les nations indépendantes : le beurre et l'argent du beurre, c'est fini ! Ils se disent Français quand il s'agit de "solidarité nationale", mais Corses pour tout le reste. Ah ça oui, quand il s'agit de faire rentrer l'argent du beurre, ils sont là.

Pour le moment, je vois des petits caïds de quartier qui veulent exploiter à leur profit le territoire d'un parrain puissant, qui a trop longtemps laissé les gamins jouer avec des grenades et des kalachnikovs dans le bac à sable, en faisant semblant de les considérer comme des égaux. 

Si le gouvernement de la République en finit avec la lâcheté, la duplicité (je pense à "l'étage des Corses", à la mairie de Paris, succursale d'un succédané de mafia, du temps d'un ancien maire devenu président et d'un ancien Corse devenu ministre de l'Intérieur) ou le laisser-faire, je dis au président : Bravo !

Et puis, Macron, si ça fait du chambard au-delà du raisonnable, fais donc un petit référendum sur tout le territoire français. Je parierais volontiers qu'une majorité de Français serait d'accord pour larguer la Corse, les Corses, leurs humeurs et leurs bombes, pour ne plus entendre parler de ça.

Bye-bye, va petit mousse, où le vent te pousse.


Un bon moyen de mettre à tous ces fanatiques le nez dans leur bouse.

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Après-coup.

Il semblerait que le président affiche une "fermeté républicaine". Talamoni (le vieil ami des bandes armées qui donnaient, devant des journalistes convoqués, des conférences de presse nocturnes en plein maquis) est très déçu et amer. Il est "consterné". Il a boycotté le banquet républicain. Il annonce des problèmes et, qui sait, peut-être des morts. Des menaces, maintenant, monsieur Talamoni ? Et ce sont les Corses qui ont élu ce type-là président ? Honte à eux !

mercredi, 07 février 2018

DOCTEUR, COMMENT VA LE MONDE ?

Des nouvelles de l’état du monde (18).

Le monde va-t-il bien ? Le monde va-t-il mal ? Le débat fait rage (un de plus, dira-t-on, voir au 2 février). Les uns ne voient, selon les autres, que le côté heureux des choses, sont heureux du monde dans lequel ils vivent et disent du mal de Michel Houellebecq. Les autres souffrent, selon les uns, d’une sinistrose chronique aiguë, trouvent inquiétant tout ce qui arrive et sont allergiques à Michel Serres, le « ravi de la crèche ».

Bien entendu, « les uns » et « les autres » se toisent, s’affrontent, s’invectivent et ne peuvent supporter de voir applaudir leurs adversaires. Pour « les uns », « les autres » sont d’insupportables pessimistes, tandis que l’optimisme des premiers apparaît aux seconds comme d’indéfendables béatitudes. « Les uns » détiennent des richesses actives de créativité, « les autres » possèdent la sagesse imperturbable de la lucidité. Peut-être une version modernissime de la concurrence entre les partisans de l'"action" et le adeptes de la "connaissance" (vieilles catégories de la philo en classe de terminale) ? Une nouvelle mouture du combat des Voraces contre les Coriaces ? Comment savoir qui a raison ?

Je crois que c’est assez simple. Comme dans la médecine, il s’agit de mesurer assez objectivement une température ou une pression artérielle : plus la température augmente, plus la pression monte, plus il faut s’inquiéter, c’est proportionnel. On est à l'affût de la moindre anomalie ; on guette l'AVC, l'infarctus, la rupture d'anévrisme ; on scrute les appels à l’aide, on entend les cris des lanceurs d’alertes. On a l’œil sur les signaux, on note leur fréquence et leur intensité. Dès lors, on a une idée approximative de l’amélioration ou de l’aggravation de l’état du malade. Je propose de limiter notre étude à quatre symptômes.

1 – Le symptôme humanitaire.

Tout le monde a l'air de trouver normal qu'il existe aujourd'hui des organisations qui se sont donné pour but de sauver les humains auxquels il arrive des malheurs. J'en déduis que tout le monde trouve normal qu'il arrive des malheurs. Il faut pourtant le dire bien fort : il n'est pas normal qu'il y ait de l'humanitaire. L'existence même des organisations humanitaires, et surtout leur omniprésence sur toutes sortes de terrains et dans tous les canaux médiatiques est un très mauvais signe.

L’idée est simple : plus vous avez d’intervenants humanitaires, d’associations de bénévoles, d’ONG plus ou moins puissantes engagés sur le terrain, plus ça veut dire qu'il y a urgence : le nombre des sauveteurs permet de mesurer le malheur. Mais la taille des camps de réfugiés répartis sur la surface du globe et l’importance des populations contraintes ou désireuses de quitter leurs terres pour des ailleurs moins sombres sont également de bons indicateurs.

Prenez la Birmanie, charmant pays exotique bourré de bouddhisme et de bouddhistes qu’on nous présente en général comme des modèles de tolérance et de pacifisme. Résultat : 650.000 réfugiés dans des camps au Bangla Desh voisin. L’aimable junte birmane, incitée par une grande humaniste qui a eu le prix Nobel de la paix, leur promet qu’ils peuvent rentrer chez eux, à condition qu’ils puissent prouver leur identité et leur lieu d’habitation, étant entendu que les éléments de preuve et les lieux ont été soigneusement détruits au préalable, par le fer et par le feu.

Prenez le Yemen, charmant pays bourré d’islams divers et de corruptions variées qui s’opposent militairement, qu’on présentait il n’y a pas si longtemps comme un paradis pour touristes (il est vrai que certains étaient invités à prolonger leur séjour jusqu’à paiement d’une rançon). L’ambiance éminemment fraternelle qui règne aujourd’hui dans le pays a ouvert la porte à une société principalement fondée sur le choléra et, dans un avenir très proche, sur la famine.

Prenez le Kasaï, province congolaise, où se commettent allègrement découpages à la machette de fœtus extraits du ventre de leur mère, plantages d’objets tranchants ou contondants dans le vagin des femmes, dévorations et autres cruautés. On avait lu les mêmes choses en 2012 (cf. 30 novembre), quand le naïf docteur Mukwege (« l'homme qui répare les femmes ») avait installé une maternité dans le nord-Kivu, autre province congolaise, qui était très vite devenue, par la force des événements, un atelier de réparation des femmes torturées et violées. Il y a depuis 1999 des casques bleus de l’ONU en mission (MONUC, puis MONUSCO) quasi-humanitaire en RDC (17.000 actuellement). En pure perte : il y a trop d’appétits voraces sur ces terres et trop de coltan (ou d'or, ou de niobium, ou d'étain, ...) en dessous pour que la paix puisse régner. Il y a même des casques bleus qui paient cette paix-là de leur vie.

Prenez les camps ouverts au Tchad pour les plus de 200.000 réfugiés définitifs du Darfour (trois provinces à l’ouest du Soudan). Prenez les camps de Dadaab au nord du Kenya, où s’entassent 500.000 réfugiés définitifs venus de Somalie pour échapper à la guerre. Prenez les 2.000.000 de Palestiniens installés au Liban ou en Jordanie avec le statut de réfugiés définitifs. Prenez les îles de Nauru et Manu, qui servent au gouvernement australien de poubelles à migrants. Prenez la Turquie, la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan, mais aussi la Jordanie, le Liban, la Libye, le Sinaï, le Sahel, la Somalie, … Prenez … Prenez … Prenez ...

Prenez, en France à présent, face à la foule de ceux qui n’ont pas assez d’argent pour manger tous les jours, se démener les foules caritatives et humanitaires du genre Banque alimentaire, Secours Populaire, Secours catholique et autres associations. Prenez les Restos du cœur, dont Coluche espérait, en les fondant, les voir disparaître un jour, et qui n’ont cessé de croître et embellir avec le temps, passant de 8,5 millions de repas distribués en 1985-1986, année de fondation, à 136 millions en 2016-2017.

J’hésite presque à parler de Calais, où les Anglais laissent la France, avec un flegme imperturbable, patauger dans l’innommable merdier qu’ils ont réussi à lui refiler (accords du Touquet, 2003, Chirac-Sarkozy), déclenchant au passage une petite guerre civile où s’affrontent les troupes humanitaires françaises et les troupes françaises du ministre de l’intérieur, pendant que s’affrontent à coups de feu passeurs érythréens et afghans. La France porte injustement le fardeau de ce merdier (ne pas confondre avec le "fardier de Cugnot") légué par l'Angleterre.

Je note que ce ne sont pas les bonnes volontés qui manquent pour intervenir sur le terrain, que ce soit en Europe (Grèce, Italie, Espagne, France), en Afrique, au Proche-Orient : plus le nombre des gens qui ont besoin qu’on leur porte secours augmente, plus la générosité populaire se manifeste (du moins on le souhaite). Plus s'allongent les colonnes de réfugiés, malheureux, démunis, misérables, SDF dans le monde, plus prospèrent les rangs des troupes humanitaires. Aussi est-ce moins cette générosité qui m’inquiète que les situations et événements qui l’ont rendue à ce point nécessaire : l'humanitaire n'est qu'un effet induit des situations et événements. Quel est le degré maximum d'urgence humanitaire que l'humanité est capable de supporter ?

Alors, docteur, comment va le malade ? Votre diagnostic sur le symptôme humanitaire ?

A suivre prochainement : les symptômes 2-planétaire, 3-inégalitaire, 4-mercenaire.

lundi, 05 février 2018

LI-BÉ-REZ ! LA-PA-ROLE !

La façon dont certaines expressions se mettent à courir d'une bouche à une oreille, et puis de proche en proche de toutes les bouches à toutes les oreilles, a quelque chose de mystérieux, d'imprévisible. Regardez ce qu'il est advenu de "la libération de la parole" : une drôle de trajectoire, quand on y pense.

Si je me souviens bien, la première floraison médiatique de l'expression remonte au si judicieux débat que Nicolas Sarkozy avait cru bon de lancer pour définir une fois pour toutes ce que c'est que "l'identité française", donc entre 2007 et 2012. Je me rappelle avoir entendu, dans la bouche du journaliste de service, forcément bien intentionné, dire que le lancement, par un président malavisé, de ce grand débat national, avait "libéré la parole raciste". Et que le débat avait agi comme un électrochoc sur les couches les plus "réactionnaires" de la population (c'est ensuite qu'on avait entendu, dans les meetings du Front National, scander ces vibrants « On est-chez-nous ! On est-chez-nous ! »).

Résurgence de l'expression sous François Hollande, quand ce tout petit monsieur nous avait fait "le coup du père François", armé de sa contondante et haineuse Christiane Taubira : la loi ouvrant tout grand les bras de l'antique institution du mariage à la clientèle homosexuelle (entre parenthèses, on traitait Sarkozy de "clivant", mais dans le même genre, Hollande-Taubira, ce monstre à deux têtes, avait montré qu'il était capable de cliver autant, si ce n'est davantage). Le journaliste habituel, toujours avide de ces formules appelées à un bel avenir de stéréotype, avait lancé la notion de "libération de la parole homophobe". 

Plus récemment, c'est un individu un peu plus louche (lié semble-t-il au ministère de l'intérieur) qui avait lancé une association intitulée "La parole libérée", censée regrouper tous les anciens enfants dont des prêtres catholiques étaient supposés avoir plus ou moins abusé dans des temps déjà un peu anciens. Sur la lancée de la dénonciation des agissements du père Preynat (ne pas confondre avec le "Père peinard"), un certain nombre d'anciennes victimes de prêtres pédophiles se sont manifestées, déposant des plaintes plus ou moins fondées, certaines carrément farfelues ou injurieuses (je pense à l'estimable père B., le même qui officiait à Saint-Denis à la Croix-Rousse). Le journaliste formaté avait longuement fait écho à "La Parole Libérée". 

Enfin, la petite dernière venue, mais pas le moins croustillant des membres des "Libérations-de-la-parole", cette famille de plus en plus nombreuse et bigarrée : la moitié de l'humanité. J'ai nommé "La Femme", du moins celle qui porte plainte contre "L'Homme" (ça réduit déjà le champ d'application), ce porc immonde qui a l'audace de désirer des personnes désirables, et qui se débrouille pour le leur faire savoir. A noter que les dites personnes ont préalablement abattu, librement et sans y être forcées, bien de la besogne pour se donner une apparence agréable et attirante.

Oui, ils sont patauds, importuns, lourdauds et tout ce qu'on veut. Ils sont primaires (« rustres, agrestes et grossiers », faisait dire Claudel à ceux qui allaient brûler Jeanne à Rouen) et manquent de la plus élémentaire subtilité quand ils s'efforcent d'approcher les innombrables Célimène qui passent dans leur champ de vision. Ceux qui dépassent les bornes sont-ils la monnaie la plus courante ? Pour parler franchement, j'ai du mal à le croire. Les pimbêches et les allumeuses méritent-elles qu'on leur coure après ? Qu'importe : l'histoire retiendra cette expression digne d'être gravée dans le marbre : La Libération de la Parole des Femmes. 

Drôle de parcours quand même pour une drôle de formule très vite devenue toute faite. Bientôt un néo-stéréotype qui se sera longuement baladé : des racistes aux femmes, en passant par les "homophobes" et les pédophiles. Ce serait drôle si ce n'était pas si moche. Mais un stéréotype comme neuf, comme James Bond après une vache bagarre : en pleine forme, costume et mise en plis impeccables et pas une égratignure. 

Bon courage aux linguistes du futur pour reconstituer la logique de l'enchaînement. Je note quand même que la formule est passée du camp du Mal au camp du Bien. La porte sur le Mal a été heureusement refermée. Et tout sera fait pour qu'elle le reste, soyons-en sûrs. Accessoirement, je note aussi que, des racistes et des "homophobes", autrement dit du camp des méchants et des coupables, la "parole libérée" a migré vers le camp des victimes. 

Ouf, on est rassuré : la morale est sauve. Justice est faite !

La seule question que je me pose est, à présent : « Où y a-t-il encore des paroles à libérer ? ». Dépêchez-vous, Paroles Prisonnières, de vous signaler : le créneau est porteur, mais pour combien de temps encore ? Il y a des marchés à prendre, mais cela durera-t-il ?

dimanche, 04 février 2018

VOIE DE GARAGE, OU GARE DE TRIAGE ?

Cela va de soi : faire un tri entre les humains, c'est très vilain. L'homme du vingt et unième siècle a trop à l'esprit l'arrivée de certains trains au terminus d'une voie située autour de la ville polonaise d'Oswiecim, plus connue sous son nom allemand, et l'envoi de certains bétails humains, en guise de descente du train, les uns vers l'esclavage du travail forcé non rémunéré, les autres directement vers des douches douteuses alimentées au Zyklon B. Cela se passait il y a un gros demi-siècle.

Il va sans dire que la notion de tri a d'autres bien fâcheuses connotations : on trie les animaux, en fonction de leur aspect, de leur conformation à un standard, de leur potentiel génétique, etc. On trie aussi, depuis déjà quelque temps, les déchets, paraît-il, bien que, nous assure-t-on, la France reste très en retard sur ses voisins européens, s'agissant de la récupération des plastiques.

On se met donc à la place des jeunes, qui renâclent à se laisser sélectionner à l'entrée dans l'enseignement supérieur : on n'est pas des bestiaux. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ne sont pas habitués. C'en est au point que le mot "sélection" est désormais interdit de vocabulaire officiel, et même que l'on traque la substance du vocable sous les déguisements lexicaux les plus divers. 

Cette phobie, qui s'ajoute à bien d'autres, s'explique aisément, mais n'en reste pas moins paradoxale. Le féroce égalitarisme soviétique que des idéologues bien placés dans les structures hiérarchiques du ministère de l'Education nationale ont instauré à tous les niveaux de la scolarité jusqu'au baccalauréat a habitué les enfants et adolescents à passer dans la classe supérieure quoi qu'il arrive, jusqu'à la terminale. Les autorités voulaient en finir une fois pour toutes avec les inégalités : louable intention. Résultat des courses : le système éducatif français est, nous dit-on, un des plus inégalitaires qui soit. Un des plus inefficaces aussi. Allez comprendre !

Les ministres successifs ont multiplié les "réformes" et les "trouvailles innovantes" : fin du cours magistral, du classement de fin d'année et de la distribution des prix (surtout ne pas récompenser les meilleurs, dont je n'ai jamais été, mais que j'ai enviés, et alors ?), instauration du collège unique (surtout ne plus rejeter les moins bons dans les filières techniques), abolition du redoublement, multiplication des activités connexes à l'école primaire (invasion de la classe par toutes sortes d'intervenants en musique, langue, sport, etc.), abolition des filières, classes "indifférenciées" du crack au débile léger, dévalorisation de tout l'enseignement technique, instauration des "notations formatives" pour ne plus "stigmatiser" les derniers de la classe, consignes impératives de "générosité" aux correcteurs des épreuves du bac, 80% d'une classe d'âge au bac, etc.

Il est donc normal que les élèves réagissent mal à l'idée de se voir brutalement opposer une fin de non-recevoir à leur désir d'entrer à l'université dans la filière de leur choix : le nouveau bachelier ne veut pas entendre parler de sélection et veut pouvoir entrer dans la formation de son choix, quels qu'en soient les débouchés sur le "marché du travail", et quelles que soient les capacités d'accueil des établissements : l'université n'a qu'à faire ce qu'il faut pour recevoir tous ceux qui le veulent, na ! Et le gouvernement n'a pas intérêt à sucrer nos APL, sinon il va voir !

Tout cela pour dire quoi ? Simple : qu'à toutes les étapes du parcours scolaire (formation initiale), règne un souverain négationnisme de la sélection, et que cela prépare magnifiquement les enfants, puis les jeunes à être accueillis à bras ouverts dans une société qui a aboli depuis longtemps l'idée de sélection. On le constate tous les jours, les patrons d'entreprises souriants et les DRH aimables répètent à tous les vents : « Laissez venir à moi les petits enfants ».

C'est bien connu, la société est accueillante, et le marché du travail est d'une magnanimité sans égale, se moquant éperdument de la qualité de la formation reçue par les candidats à l'emploi. C'est bien connu : quand il y a 200 postulants pour un seul poste offert, le premier qui oserait parler de "sélection" se fait bannir pour obscénité. C'est bien connu : quand un employé rouspète, mécontent de la façon dont on le fait travailler, le DRH ne l'invite jamais à prendre ses cliques et ses claques en lui laissant entendre que 200 remplaçants attendent impatiemment à la porte pour prendre sa place.

C'est bien connu : la société dans son ensemble ignore superbement toute idée de sélection. Et c'est si vrai qu'on a vu proliférer les émissions télévisées fondées sur la compétition. Qu'on parle de chanson, de cuisine, de sport et même de finance, c'est compétition à tous les étages, et dans le consentement général ! Allez comprendre ! On nous a toujours bercés et maternés, et voilà que tout d'un coup, on entend de furieux cris : « Honneur et gloire au vainqueur, malheur et honte au vaincu », nous dit tout le monde moderne ! Le monde moderne veut des agressifs, des gens qui aient la gnaque et n'hésitent pas à marcher sur les pieds des copains, des molosses prêts à se jeter sur les proies qui passent à portée de croc. Le monde moderne serine à l'oreille de chacun : c'est toi le meilleur ! Qu'attend-tu pour y aller ? Pour te jeter dans la bagarre ? Qui ne tente rien n'a rien. 

Dans cette société si égalitaire, on ne compte plus les sportifs avides de se trouver face à des "challenges" à la hauteur de leurs ambitions, qui ne rêvent que de "relever des défis", de "se dépasser", d'être "motivés à 200%". Et ce n'est qu'un exemple parmi cent autres. Curieux contraste, en vérité. 

Je crois qu'il est là, le cancer qui ronge le système éducatif français : l'angélisme perpétuel d'une idéologie de la bienveillance (n'est-ce pas, Yves Michaud ?), dont tout le déroulement postérieur de la vie sociale constitue un démenti formel et de touts les instants. Toute sa vie, le gamin va entendre retentir l'injonction d'avoir à donner le meilleur de lui-même. Le problème, c'est qu'on ne le lui aura jamais dit. L'affrontement pacifique avec les autres, cela s'appelle l'émulation. Mais l'égalitarisme soviétique a rayé l'émulation des moyens offerts aux individus pour progresser. Sauf dans la vraie vie, où la compétition, l'autre nom de l'émulation à l'état aigu, règne en maîtresse.

Je ne dis pas qu'il faut transformer la salle de classe en "arène sanglante", je dis juste que le rôle de l'école est de fournir les outils – et les armes, pourquoi pas ? – pour préparer chacun à entrer un jour dans la compétition, puisque compétition il y a. Et donc qu'il est d'une grande irresponsabilité de nier la dimension sélective d'un système éducatif, quel qu'il soit.

Quand on voit à tous les étages de la société la promotion fanatique de la seule idée de compétition, il est criminel de prêcher solennellement, tout au long de la scolarité, que 

« les hommes naissent libres et égaux en droit ».

Voilà ce que je dis, moi.

vendredi, 02 février 2018

LE DÉBAT FAIT RAGE

La France (non : la ville de Paris) doit-elle accepter que le "Bouquet of tulipes", cadeau fait par l'artiste Jeff Koons en mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015 (?), soit installé entre le Musée d'Art Moderne et le Palais de Tokyo ?

LE DÉBAT FAIT RAGE;

  Faut-il rééditer Mein Kampf, d'Adolf Hitler ?

LE DÉBAT FAIT RAGE.

Faut-il autoriser ou non la "gestation pour autrui" pour les couples de lesbiennes ?

LE DEBAT FAIT RAGE.

Les hommes ont-ils le droit d'importuner les femmes dont ils apprécient la physionomie, l'allure, l'apparence ou la plastique ?

LE DÉBAT FAIT RAGE.

L'éditeur français qui possède le plus beau catalogue de littérature du vingtième siècle a-t-il le droit de rééditer Bagatelles pour un massacre, le gros pamphlet antisémite de Louis-Ferdinand Céline ?

LE DÉBAT FAIT RAGE.

Est-il légitime que l'on fasse figurer, dans le livre 2018 des commémorations nationales, les noms de Charles Maurras, antisémite notoire, et de Jacques Chardonne, collaborationniste notoire (ajoutons le Simon de Montfort de la croisade contre les Albigeois, 1208-1229) ?

LE DÉBAT FAIT RAGE.

Cette liste n'est pas limitative.

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D'une manière générale, les débats font rage en France.

Je propose, comme réponse à la question « Qu'est-ce que l'identité de la France ? »,

le hashtag

« #balancetondébatfaitrage ».

Cela donnera aux bouches des exaltés de tout bord une raison renforcée de lancer des flammes. Cela donnera à toutes sortes de phraseurs (espèce animale déjà surabondante et encore en voie de prolifération : le phraseur, espèce envahissante, invasive et irrespirable) – intellectuels venus de l'université et faisant autorité, ou militants moralisateurs d'associations menant tous les combats des "justes causes" – encore plus d'occasions et de raisons de graver dans le château de sable du bronze de la presse quotidienne, les grandes formules définitives de leurs convictions ardentes. 

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Un point commun unit tous ces "débatfaitrage" : lecteur perspicace, sauras-tu le retrouver dans le tableau ?

lundi, 29 janvier 2018

POURQUOI LA CROIX-ROUSSE ?

POUR ÇA !

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Rue des Pierres plantées. Trop de monde le dimanche après-midi. La faute à la Grande-Côte, qui assure le drainage.

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Rue Pouteau. Là on est sûr d'être plus tranquille.

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Boulevard de la Croix-Rousse. Au fond le Mont Blanc, juste à côté du "Gros Caillou"..

Trois raisons, parmi beaucoup d'autres.

vendredi, 26 janvier 2018

LA BD EN VISITE A LYON (5)

Aujourd'hui : sa Majesté JACQUES TARDI débarque à Lyon.

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Cela commence en gare de Perrache en 1941.

Nul besoin de faire les présentations : Tardi domine le paysage (en compagnie de quelques anciens toujours vivants). Il n'a plus rien à prouver depuis lurette. Et je n'ai pas grand-chose à en dire, puisque ses dessins se passent de commentaires et que ses récits, de Adieu Brindavoine et Rumeurs sur le Rouergue à Moi, René Tardi, en passant par Le Démon des glaces, Adèle Blanc-Sec et les adaptations de Léo Malet, Jean-Patrick Manchette, Daniel Pennac (l'étrange et dérisoire La Débauche, où un tigre de zoo est mis au service d'une vengeance, si je me souviens bien) ou de Géo-Charles Véran (l'implacable Jeux pour mourir) ont assis l'autorité du puissant narrateur visuel.

Je place à part l'énorme travail que Jacques Tardi a consacré à la guerre de 1914-1918, par lequel l'auteur a tenté de venger (mission impossible : ils ne seront jamais vengés) les millions de morts, toutes nations confondues, en leur élevant un cénotaphe digne de la boucherie industrielle à laquelle ils ont été sciemment envoyés (mais c'est la mort qui avait le plus gros appétit).

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Je lui pardonne de n'être pas un Lyonnais pur sucre (« Tout le monde peuvent pas être de Lyon, il en faut ben d'un peu partout », dit La Plaisante sagesse lyonnaise de Catherin Bugnard), même s'il a fait un tour par la rue Neyret (ancien siège de l'Ecole des Beaux-Arts).

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Rue Bellecordière (= Louise Labé).

Je lui sais grand gré d'avoir refusé de se faire introniser "Légionnaire d'Honneur" (dans le cerveau de quelle infâme limule mentale l'idée a-t-elle germé un jour ? La limule étant ce crustacé – pardon : cet arthropode – géant qui envahit un jour les aventures d'Adèle Blanc-Sec – la même qu'Alfred Jarry qualifie de « bête marine la plus esthétiquement horrible », pas Adèle, la limule !).

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Est-ce bien Tardi et sa femme qui font le coup de feu sur les barricades de la Commune (tome 3 de la série Le Cri du peuple) ? Je me suis demandé.

Il a épousé en 1983 (dit l'encyclopédie en ligne) Dominique Grange, fille d'un ophtalmologiste renommé (Jean si je me souviens bien) qui officiait Boulevard des Belges, grand monsieur qui vous examinait avec une gravité bienveillante, et qui était l'ami de mon grand-père, le docteur Paliard. 

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Les Brotteaux.

A vrai dire, Tardi ne parle pas souvent de Lyon dans ses bouquins, mais quand il le fait, c'est comme s'il y avait toujours vécu. En vérité, sauf ignorance de ma part, il en parle dans 120 Rue de la gare, et nulle part ailleurs. 

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Il n'y a plus de bistrot passage de l'Argue.

Bon, ce n'est pas lui qui manifeste son humeur contre Lyon (« Putain de brouillard ! Putain de ville ! »), c'est Léo Malet, l'auteur du roman,

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Pas si gâteux que ça, si j'en crois ses lectures (supposées).

qui fait dire à son Nestor Burma du mal de notre ville, quand celui-ci sort en balade de l'Hôtel-Dieu où il se remet de quelques blessures (il a failli passer sous le train démarrant de Perrache, en voulant en descendre).

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Le péristyle de l'Opéra, bien avant Jean Nouvel.

Le séjour forcé de Burma dans la "capitale des Gaules" donne l'occasion à Malet-Tardi de livrer un portrait de la ville, qu'ils revêtent d'une tonalité étonnamment homogène, quoique peu engageante : le brouillard, l'humidité, le pavé luisant, tout y est déprimant. C'est du dessin en noir sur fond gris, avec très peu de blanc.

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Le superbe pont de la Boucle.

« Cette charipe de brouillard » (vous savez, ce truc épais et jaunâtre descendu des Dombes qui a joué des tours au Glodius et au Tony qui, ayant éclusé bien des pots (on mesurait au mètre de comptoir), descendaient la rue Pouteau pour aller aux Terreaux « droits comme des bugnes » et qui se sont retrouvés à la Doua) baigne toutes les scènes extérieures d'un halo poisseux. Peut-être à l'image de l'intrigue, dont je ne me soucie pas ici. Disons juste que Burma croise au Stalag XB le chemin d'un drôle d'amnésique qui va le mener plus loin qu'il pensait, dans une drôle d'affaire. Et même une affaire pas drôle.

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La Ficelle Croix-Paquet avec son "truck", et la gare du même nom.

Ce qui est sûr, c'est que Lyon, tout triste qu'il soit, existe fortement dans le dessin de Tardi. Contrairement à ce qu'on trouve chez Kraehn et Lacaf, dont je parlais dernièrement, la cité est rendue de façon furieusement "ressentie". Elle en acquiert une présence presque tactile et désolée. Attention, c'est le Lyon des années 1940, une sacrée contrainte pour la documentation (Tardi est né en 1946) : il y a des îlots de galets et de gravier au milieu du Rhône, la ligne 7 va de Perrache à Cusset, les voitures circulent à double sens rue de la République et accèdent sans problème à la gare, l'Hôtel-Dieu est un hôpital (et pas un hôtel 5 étoiles), il n'y a pas (encore) de tunnel sous la Croix-Rousse, etc. Tardi est documenté, qu'on se le dise.

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La gare de Perrache, accessible aux voitures.

On se dit qu'il s'est beaucoup baladé. On reconnaît la rue de la Bombarde, on reconnaît la rue de la Monnaie, avec son trottoir et ses dames dessus,

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on reconnaît la rue Eugène Pons, avec son escalier au fond, où habitaient M. et Mme L.-R., un couple de professeurs de philo. Il adresse même un salut fraternel à la rue Petit-David et à l'Adrienne qui y régnait, femme ô combien d'Expérience. Ce Lyon-là est à proximité immédiate et parle la même langue que moi. 

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Adrienne pas loin de sa librairie de la rue Petit-David (mais ce n'était pas en 1941), un vrai lieu de perdition pour les amateurs de BD : retour d'Angoulême, elle vendait 150 francs – une somme à l'époque – le capitaine Cormorant d'Hugo Pratt en sérigraphie. J'avais plongé. J'étais fou de Pratt, que j'avais découvert dans Pif Gadget, mon petit frère y était abonné. Aux avant-dernières nouvelles, il est coté 900 euros (le Pratt, bien sûr, pas mon petit frère). Merci Adrienne.

Le plus convaincant, dans la façon dont Tardi aborde la ville de Lyon, c'est qu'il n'y passe pas en simple touriste : il s'y attarde, il détaille, il insiste, il savoure (avec une moue de dégoût, mais quand même) : son pont de la Boucle n'est pas un simple figurant (c'est un exemple parmi bien d'autres).

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L'ancienne BM de Lyon, non loin du chevet de la cathédrale, où l'on attend 8.000 personnes ce matin pour les obsèques de PAUL BOCUSE. J'y serai, mais juste en bas de la tour des cloches, pour entendre la grosse voix d'Anne-Marie, celle qui retentit pour honorer les défunts (ci-dessous, on n'est pas obligé d'écouter les 9' et quelque). Faites juste l'expérience, si vous êtes sensible à la magnificence d'un son à écouter pour lui-même : attention : juste sous la tour des cloches (un "clocher", quoi : c'est à gauche quand on regarde la façade).


Résultat des courses : en fait de 8.000 personnes, j'ai vu place Saint-Jean environ 150 parapluies qui se couraient après, protégés par autant de CRS et de militaires et autres gendarmes, et à un micro éberlué qui me demandait si j'étais triste, j'ai aussitôt répondu : « Non, je viens juste écouter le bourdon de Saint-Jean ». C'était vrai, mais en fait de bourdon, une armada de hauts-parleurs déversaient à l'extérieur une improvisation à l'orgue qui a failli me gâcher le plaisir. J'ai refait le tour (pas question de traverser sans "accréditation") pour aller faire le poireau sous le clocher, place Sainte-Croix. J'ai quand même eu le concert dont j'étais probablement le seul auditeur. Dommage, on fait sonner Anne-Marie une quinzaine de fois par an, paraît-il, alors autant en profiter, non ?

Par exemple, pour qui a rendu visite à des proches à l'Hôtel-Dieu, avant même toutes les rénovations des lieux, je veux dire à l'époque d'avant les chambres, ce qui est mon cas, c'est comme si on y était, sauf qu'entre-temps, chaque lit de la salle immense avait été doté de rideaux censés isoler le malade du regard des autres (mais pas du brouhaha permanent, ou des odeurs).

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Bravo à Nestor Burma, capable de descendre de face et les mains dans les poches l'escalier qui mène au bas-port : ce n'était pas à la portée de n'importe qui, vu l'angle.

Même chose pour l'ancienne gare des Brotteaux (désormais salle des ventes) ou pour le Pont de la Boucle (belle architecture métallique maintenant détruite). Burma va même se balader sous le péristyle de l'Opéra, c'était bien avant Jean Nouvel, au temps qu'on y trouvait encore des échoppes : côté Puits-Gaillot des tutus et chaussons de danse, des bouquins (mes premiers Jerry Spring et mon Bergson du centenaire aux PUF), des pipes du pipier Nicolas et, du côté Joseph-Serlin, tout pour la philatélie. Tardi ne va pas jusqu'à dessiner la vespasienne à l'angle de la rue Luigini. Tant pis. De toute façon, il n'y a plus de vespasienne à Lyon : Decaux et la publicité en ont fini avec l'édicule pissatoire, maintenant il y a de la place pour huit.

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Le Rhône au pont Morand, sur fond de place Tolozan, quai Saint-Clair et colline de la Croix-Rousse mangée par le brouillard.

De la page 21 à la page 107 de 120 rue de la Gare, Tardi vous fait donc visiter Lyon en vous répétant que c'est une « putain de ville », mais de telle manière que ça donne envie de se sentir chez soi. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : je ne résiste pas au plaisir de citer une vignette de la page 174, où Tardi s'offre la tête de deux philosophes célèbres, présentés comme un « couple insignifiant », aujourd'hui enterrés au cimetière du Montparnasse.

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Si la dame ressemble à une de ses photos de "jeune fille rangée", l'auteur renvoie le monsieur à un anonymat mérité de bon gros à lunettes (au physique de crapaud dans la réalité). Dans La Variante du dragon, Golo, plus explicite et fidèle si l'on veut, n'y était pas allé de main morte. 

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Allez, encore un petit coucou à un vieux de la vieille de la flicaille familière, à qui il fallait toujours cinq minutes de plus à la télé pour trouver la solution de l'énigme, et qui ne s'appelait ni Thomas, ni Petit.

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