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vendredi, 17 novembre 2017

L’HUMANITÉ EN PRIÈRE 2

Des nouvelles de l'état du monde (6).

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Ceci n'est que la moitié supérieure de la "Une" du Monde du mardi 14 novembre 2017. Rien que la moitié, mais toute la moitié.

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SOLUTIONS : LES RÊVES ET LA RÉALITÉ

N’en déplaise aux 15.000-scientifiques-issus-de-184-pays, si l’humanité finit par bouffer tout le fromage planétaire, ce ne sera, au fond, que pure logique : la logique du monde occidental, riche, vorace et en moyenne bien portant, étendue à tous ceux qui en étaient écartés. Autrement dit, la logique d’une disparition programmée : un occident qui n'a pour projet que de substituer, partout dans le monde, notre économie de gaspillage à la traditionnelle et raisonnable - mais aléatoire - économie de subsistance. Car ils sont bien gentils, les 15.000 scientifiques, mais qu’est-ce qu’ils proposent pour éviter le désastre ?

Ils proposent le même genre de solutions que Gabriel Zucman pour la finance folle (La Richesse cachée des nations), que Paul Jorion pour le capitalisme (Se Débarrasser du capitalisme …), et que tous ceux qui, dans le dernier chapitre de leurs ouvrages critiques, tentent régulièrement de répondre à la question « QUE FAIRE ? » et nous tendent la guirlande fleurie de leurs propositions : il faut bien finir une critique sur du positif, n'est-ce pas. Ouvrir sur un avenir meilleur. Fournir des perspectives. Proposer des "solutions". Car il est convenu, entre gens civilisés, de ne pas donner prise à la contre-attaque : « C'est bien joli, vous critiquez, vous critiquez, mais qu'est-ce que vous proposez à la place ? ».

Mais cette contre-attaque, c'est juste pour intimider grossièrement l'adversaire : comme s'il fallait forcément, avant toute dénonciation de quoi que ce soit, concevoir et élaborer un modèle complet de remplacement clé en main. Un moyen classique de faire taire les mauvais coucheurs, quoi : selon les historiens, pour accomplir la Révolution française, ça a pris minimum cinq ans (Robespierre, 9 thermidor), maximum une centaine (III° République). En 1789, le scénario n'était pas écrit, c'est le moins qu'on puisse dire, et les Etats Généraux ont bien été précédés par l'exposé de doléances, que je sache. Il faut laisser à l'histoire le temps de se faire. Quand quelque chose est critiquable, il faut commencer par dire ce qui ne va pas, non ? Ce n'est pas parce que vous trouvez que quelque chose cloche que vous ne pourrez ouvrir le bec qu'après avoir mis tout un nouveau "Contrat social" noir sur blanc, non ?

Mais, en général bons princes, les critiques se plient à la convention. Ce n'est peut-être pas ce qu'ils font de mieux, mais c'est parce qu'ils pensent que, s'il est possible de faire quelque chose, on ne peut pas se permettre de ne pas le faire. Et qu'on ne peut pas rester là-devant les bras ballants et les deux pieds dans le même sabot. Louable volontarisme, où l'on reconnaît la morale d'un Théodore Monod : « Le peu qu'on peut faire, il faut le faire ». Il ajoutait : « Sans illusions ». Il y a de l'héroïsme dans ce "sans illusions". Hommage, classique et obligatoire, à l'énergie de l'optimisme et à l'inépuisable inventivité de l'homme. Quant aux propositions, disons-le, elles sont toutes frappées du sceau du bon sens (qualité « fleur-de-coin ») et d’une raison de roc, mais elles sont toutes carrément mirobolantes, de la cave au grenier et du sol au plafond. Eh oui, ce serait si simple ! Au comptoir, ça se dit : « Y a qu'à ! ». A l'université, on dit : « Il faut ! », et en général : « D'urgence ! » (ou variantes variées : « Il est impératif », « Il est du devoir d'un responsable », etc.).

« QUE FAIRE ? » Tout le monde a des idées sur ce qu’il faudrait faire pour que le monde tourne plus rond. Mieux : tout le monde sait ce qu’il faut faire, même et surtout les premiers responsables de la situation, qui savent tellement à quoi s'en tenir qu'ils ont déjà pris leurs précautions pour se mettre à l'abri en cas de. Qu'est-ce qu'il propose, Zucman ? Des sanctions contre la finance folle, des tarifs douaniers, un cadastre financier mondial, un impôt sur le capital, un impôt sur les sociétés, … Tout ça est bel et bon ("rien que du bon", aurait dit le Gotlib de Superdupont allant sauver la nouille française), mais en attendant que ça tombe, le financier fou se cure la dent creuse en souriant. Tiens, au moment des "Paradise papers", ça ne vous fait pas drôle de réentendre Sarkozy, en 2009 je crois, proclamer que "les paradis fiscaux, c'est fini !" ?

Jorion, lui, voudrait que le capitalisme tienne compte de l’environnement, accepte le principe d’une régulation, cultive une véritable « science » économique, cesse de favoriser la concentration de la richesse, etc. Là encore, "rien que du bon", mais autrement dit : il faudrait que les capitalistes cessent de capitaliser : les capitalistes, eux, un rien narquois, attendent Jorion tranquillement. Car, malheureusement, et c'est toujours la même chose pour les solutions, Zucman et Jorion oublient de nous dire comment on fait. C'est un peu embêtant. Oui, je sais, ce qui compte, c'est d'agir, et si possible d'agir en nombre. Ouais ! J'ai pratiqué ça, il fut un temps. Mais il y a une différence entre agir au sommet, agir à la base et exhorter "à la cantonade" les troupes éventuelles (pour les "galvaniser", n'en doutons pas, la galvanisation est un procédé qui a bonne presse).

Je note, à propos de l'efficacité des actions parties de la base, qu'il a fallu un mort à Sivens pour que le projet de barrage consente à se laisser modifier (pas "supprimer", notez bien). Rendement de ces fameuses "actions parties de la base" : zéro virgule miettes. Car s'il faut des morts pour faire avancer la cause de la planète, il va falloir que les défenseurs de l'environnement acquièrent sans tarder une mentalité de martyr. Si la mort de Rémi Fraisse est un « accident », à quand les djihadistes de l'écologie prêts au sacrifice de leur vie ? Qui est "prêt à mourir pour que vive la planète" ?

« QUE FAIRE ? » Paul Jorion, l’homme qui passe pour un devin depuis qu’il a prédit l’effondrement financier lors des « subprimes » de 2007-2008, va jusqu’à découper son avant-dernier livre (Vers un Nouveau monde, Renaissance du livre, 2017, le dernier vient de paraître, ça ne traîne pas) en « 1) Le monde tel qu’il est », « 2) Le monde tel qu’il devrait être ». "Le monde tel qu'il devrait être" : on nage en plein rêve ! Ce livre, qui voudrait être une plate-forme politique, n’est rien d’autre que l'espoir plein de lui-même d’un adolescent bien informé. Le genre d'idéalisme compact qu'on a à dix-huit ans. C'est pourtant le même Jorion qui déclarait encore il y a peu que les puissants accepteront de faire quelque chose pour sauver le monde, mais seulement si ça leur rapporte. Allez comprendre.

Il est vrai que Paul Jorion avoue une grande faille dans son raisonnement en ce qu’il est un admirateur ahurissant de la technique, cette preuve de la prodigieuse créativité et de l'ingéniosité humaines. Selon lui, la technique est totalement neutre, et ses effets bénéfiques ou néfastes dépendent exclusivement de l’usage qui en est fait. C'est manifestement faux : plus la technique est puissante et sophistiquée, plus les sociétés humaines en subissent les effets en profondeur. Si c'est ça, être neutre ! A l'exemple de Macron ("ni droite ni gauche"), Jorion plaide pour le "ni Bien ni Mal" en matière de technique.

Certes, le Mal n’est pas dans les choses (disons : dans la Nature), on est d'accord, mais il existe, à l’égal du Bien, dans toutes les fabrications humaines, avant même leur fabrication, potentiellement : dès la conception, l’objet recèle le meilleur et le pire des intentions humaines, en ce qu’il rendra tous ses usages possibles, positifs comme négatifs. Je n'irai pas jusqu'à affirmer, comme Günther Anders, que, "parce que c'est possible, cela doit être fait" (je cite de mémoire), mais on sait à quoi on peut s'attendre en matière d'intentions humaines.

Je crois, quant à moi, que si l'on a les bienfaits de la technique, il faut aussi, comme on fait dans les livres de compte (dépenses / recettes), en compter simultanément les méfaits, et cesser de parler bêtement, par exemple, de « destruction créatrice », célèbre niaiserie de Schumpeter, qui repose sur la conception opiomaniaque de l'irrésistible avancée de l'humanité vers le Bien. Comme tout le monde, j'aime le Bien. Mais quant au Mal, contrairement à beaucoup, je crois qu'il est vital de le reconnaître et de le nommer là où il est : en nous. Nous le côtoyons ici et maintenant. Où que nous allions, nous le portons en nous. En matière de technique, il n'y a pas de bienfaits sans des méfaits équivalents. Schumpeter pensait que les premiers compensaient largement les seconds, ce qui justifiait le sacrifice de l'existant au nom de la "croissance économique". Cela aussi, c'est manifestement faux. Ce qui est curieux, c'est que, face à chaque merveilleux apport de la technique, personne ne pose la question de savoir ce que cet apport nous enlève, et même dont il nous prive peut-être. C'est le point aveugle de l'estampille flamboyante du « Progrès ».

Mon théorème implicite ? Dès le moment que vous disposez d'une technique, vous pouvez être sûr que tous ses usages seront mis en œuvre, les meilleurs comme les plus funestes. Les "Docteur Folamour" sont des humains comme vous et moi : impossible de les retrancher. L'ivraie pousse toujours au milieu du bon grain. Axe du Bien et Axe du Mal sont des fatrasies nées dans des cerveaux malades et vénéneux. Je crois infiniment plus juste et plus subtile l'image du Tao : il y a du Mal dans le Bien et réciproquement (peu importe ici ce que veulent vraiment dire "yin" et "yang"). Cette idée s'applique particulièrement bien à tout ce que produit le génie technique des hommes. 

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Excellente raison, de mon point de vue, pour considérer ce génie technique avec méfiance et en peser toutes les "trouvailles" avant d'estimer qu'elles répondent à des "besoins" effectifs. Tous les vrais besoins des hommes sont comblés dès aujourd'hui si l'homme le décide. Les nouveautés actuelles surfent sur le fait que beaucoup de gens (une minorité globale quand même) attendent fiévreusement la nouveauté de demain, au simple motif qu'ils ont de quoi vivre. Ils sont juste assez riches pour ne pas trop s'en faire, mais plus oisifs ou intérieurement démunis, donc ils s'ennuient, regardent la télévision et ne savent pas quoi faire de leur existence, dont ils pressentent qu'elle est devenue plus ou moins superflue et vide de sens. Ils passent beaucoup de temps à consommer de la raison de vivre.

Car il n'y a pas de raison pour que les raisons-de-vivre ne deviennent pas des marchandises comme toutes les autres marchandises. Les raisons de vivre pullulent dans les supermarchés du désir. Avec des durées de vie extrêmement variables : de l'extrême précarité d'une chaussette à l'imputrescibilité de l'âme, c'est au choix de chacun. Quand ils en ont usé une, la plupart des gens attendent avec impatience qu'on leur propose la suivante, si possible rutilante et pas trop chère. C'est pourquoi on les appelle des "consommateurs". Rares sont ceux qui préfèrent l'indélébile à l'effaçable. 

jeudi, 01 novembre 2012

LA MALEDICTION DE LA CURIOSITE

Pensée du jour :

 

« L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire ».

 

GEORGES BERNANOS

 

 

Résumé : le champ des sciences humaines, fruits abondants de la curiosité de l'homme pour l'homme, est aussi vaste que l'humanité elle-même, mais encore plus morcelé, tronçonné, parcellisé et cloisonné (si c'est possible). Personne n'y comprend plus rien. Personne n'y voit plus goutte. Il fait plus noir que dans l'anus d'un nègre.

 

 

 

On se demande un peu ce qui explique cette prolifération de disciplines et de "sciences". Je me dis quant à moi qu'il ne faut pas chercher des poires sous un pommier et la main de ma soeur dans la culotte du zouave. Nous vivons dans un système industriel et technique voué au changement permanent. Quand ça bouge sans arrêt, impossible de fixer une quelconque définition. 

 

 

Ce changement incessant fait que le système est totalement incapable de se connaître lui-même, et qu'il est constamment obligé de réajuster sa connaissance de soi, s'il veut garder une chance de se gouverner. Est-ce qu'on ne peut pas dire que les sciences humaines découlent de cet effort ? Et que leur prolifération cancéreuse va avec l'accroissement et le creusement de l'ignorance à laquelle notre système est condamné ?

 

 

 

Le résultat, rétrospectivement prévisible, c’est que les disciplines intellectuelles qui consistent à décortiquer le fonctionnement et l’évolution des sociétés humaines et de l’esprit des individus n’ont jamais autant foisonné, et que quand il s’agit de faire appel à un spécialiste, quelle que soit la question soulevée, le journaliste ne sait plus où donner de la tête, tellement son carnet d’adresses ressemble à un bottin pour le nombre de pages.

 

 

Jamais autant qu’aujourd’hui, les sociétés n’ont rémunéré autant d’experts en toutes sortes de spécialités pour qu’ils auscultent les groupes humains d’une multitude de points de vue. Impossible d'allumer la radio ou la télé sans tomber sur de l'expert ou du spécialiste. Parce qu’en fait, chaque discipline, dès le moment qu’elle dispose d’un enseignement à l’université, n’a de cesse que de faire comme n’importe quel groupuscule trotskiste : se subdiviser en deux. Quel disciple n’aspire pas à devenir un maître ? Avec son école et ses adeptes bien à lui ?

 

 

Tenez, tapez « liste branches "sociologie" » sur Gogol, pour voir, allez sur wiki, et vous serez content du voyage. Rien que pour les méthodologies, vous avez l’embarras du choix : vous pouvez opter pour la « sociologie clinique, économique, historique, juridique, mathématique, politique, rurale, urbaine », et j’en oublie. Quant aux domaines d’étude, c’est la rafale de kalachnikov : « sociologie de l’art, des catastrophes, de la communication, de la connaissance, de l’éducation, de la famille, de l’imaginaire », et j’arrête, parce que trop c’est trop et qu’on a compris.

 

 

Et je n’ai pas parlé des « écoles », dont chaque maître à penser (DURKHEIM, WEBER, GURVITCH, BOURDIEU, ...) élève entre ses adeptes et le reste de la profession des cloisons étanches, et gare à eux s’ils vont voir ailleurs, comme on l’a beaucoup vu dans la psychanalyse : c’est l’excommunication. On ne dit plus "bondieuserie", on dit "bourdieusien" ("champ", "habitus", ...) : génuflexion conseillée, sous peine de ...

 

 

Prenez ce que vous voulez, histoire, « sciences [sic !!!] de l’éducation » (excusez-moi, je pouffe, c'est nerveux), économie, psychologie, prenez n’importe quelle « science humaine », vous tombez sur un champ d’étude si vaste et si « éparpillé par petits bouts façon puzzle » (BERNARD BLIER dans Les Tontons flingueurs), qu’il faudrait un cartographe de l’IGN pour que la poule retrouve chacun de ses poussins bien à sa place. Soit dit en passant, quelle prétention ne faut-il pas à des gens qui se prétendent sérieux pour s’intituler « chercheurs en sciences de l’éducation » ?

 

 

Conclusion ? Je m’en tiendrai à l’essentiel : déjà que dans les « sciences dures », un spécialiste en biologie moléculaire est incompétent en microbiologie ou en biochimie (malgré le "bio" commun aux trois), imaginez ce que ça donne, la parcellisation des tâches (cf. GEORGES FRIEDMANN) dans les « sciences molles » ! Sans parler de l’incroyable prétention à toutes ces dernières à se voir conférer le statut de « sciences » !

 

 

Je veux dire que, sans même parler de la « scientificité » (disons le mot) de ces disciplines, quel imposteur oserait prétendre qu’il est capable de faire la SYNTHÈSE de ce magma ? De proposer une explication globale ? Certainement aucun des « experts » ou « spécialistes » issus de l’une quelconque des spécialités.

 

 

L’explication de notre monde, qu’on se le dise, ne saurait en aucun cas venir d’un tenant de quelque discipline précise que ce soit. Il faudrait, pour avoir le sens de la chose, un PHILIPPE MURAY, un JACQUES ELLUL, une HANNAH ARENDT. Autrement dit un philosophe moraliste. Cela signifie à mes yeux que plus personne, parmi les médiocres et les bandits qui nous gouvernent, n’a de cap pour diriger le navire. Que plus personne n’est en mesure de dire où nous allons, ni même où il faudrait aller. A commencer par les "experts" et les "spécialistes". Plus ça va, moins nous y voyons clair.

 

 

 

La dernière preuve m'en a été fournie hier ou avant-hier chez MARC VOINCHET, sur France Culture, qui avait invité deux économistes (experts en « science économique », excusez-moi, je pouffe, c'est nerveux) pour parler de la crise. Ils n'étaient pas de la même "école". Chacun a pu parler en paix environ trois minutes vingt-deux secondes. Après, comme c'était sans doute trop, il a fallu que l'animateur s'interpose entre les ennemis pour éviter qu'il y ait du sang sur la moquette du studio. J'en conclus qu'on n'est pas sortis de la crise.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

Allez, promis cette fois, à demain la dernière louche. Je vous assure que je n'y peux rien. Et surtout, je ne veux pas faire trop long. Enfin, j'essaie. Là, ce sera vraiment le dernier feu.