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jeudi, 01 novembre 2012

LA MALEDICTION DE LA CURIOSITE

Pensée du jour :

 

« L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire ».

 

GEORGES BERNANOS

 

 

Résumé : le champ des sciences humaines, fruits abondants de la curiosité de l'homme pour l'homme, est aussi vaste que l'humanité elle-même, mais encore plus morcelé, tronçonné, parcellisé et cloisonné (si c'est possible). Personne n'y comprend plus rien. Personne n'y voit plus goutte. Il fait plus noir que dans l'anus d'un nègre.

 

 

 

On se demande un peu ce qui explique cette prolifération de disciplines et de "sciences". Je me dis quant à moi qu'il ne faut pas chercher des poires sous un pommier et la main de ma soeur dans la culotte du zouave. Nous vivons dans un système industriel et technique voué au changement permanent. Quand ça bouge sans arrêt, impossible de fixer une quelconque définition. 

 

 

Ce changement incessant fait que le système est totalement incapable de se connaître lui-même, et qu'il est constamment obligé de réajuster sa connaissance de soi, s'il veut garder une chance de se gouverner. Est-ce qu'on ne peut pas dire que les sciences humaines découlent de cet effort ? Et que leur prolifération cancéreuse va avec l'accroissement et le creusement de l'ignorance à laquelle notre système est condamné ?

 

 

 

Le résultat, rétrospectivement prévisible, c’est que les disciplines intellectuelles qui consistent à décortiquer le fonctionnement et l’évolution des sociétés humaines et de l’esprit des individus n’ont jamais autant foisonné, et que quand il s’agit de faire appel à un spécialiste, quelle que soit la question soulevée, le journaliste ne sait plus où donner de la tête, tellement son carnet d’adresses ressemble à un bottin pour le nombre de pages.

 

 

Jamais autant qu’aujourd’hui, les sociétés n’ont rémunéré autant d’experts en toutes sortes de spécialités pour qu’ils auscultent les groupes humains d’une multitude de points de vue. Impossible d'allumer la radio ou la télé sans tomber sur de l'expert ou du spécialiste. Parce qu’en fait, chaque discipline, dès le moment qu’elle dispose d’un enseignement à l’université, n’a de cesse que de faire comme n’importe quel groupuscule trotskiste : se subdiviser en deux. Quel disciple n’aspire pas à devenir un maître ? Avec son école et ses adeptes bien à lui ?

 

 

Tenez, tapez « liste branches "sociologie" » sur Gogol, pour voir, allez sur wiki, et vous serez content du voyage. Rien que pour les méthodologies, vous avez l’embarras du choix : vous pouvez opter pour la « sociologie clinique, économique, historique, juridique, mathématique, politique, rurale, urbaine », et j’en oublie. Quant aux domaines d’étude, c’est la rafale de kalachnikov : « sociologie de l’art, des catastrophes, de la communication, de la connaissance, de l’éducation, de la famille, de l’imaginaire », et j’arrête, parce que trop c’est trop et qu’on a compris.

 

 

Et je n’ai pas parlé des « écoles », dont chaque maître à penser (DURKHEIM, WEBER, GURVITCH, BOURDIEU, ...) élève entre ses adeptes et le reste de la profession des cloisons étanches, et gare à eux s’ils vont voir ailleurs, comme on l’a beaucoup vu dans la psychanalyse : c’est l’excommunication. On ne dit plus "bondieuserie", on dit "bourdieusien" ("champ", "habitus", ...) : génuflexion conseillée, sous peine de ...

 

 

Prenez ce que vous voulez, histoire, « sciences [sic !!!] de l’éducation » (excusez-moi, je pouffe, c'est nerveux), économie, psychologie, prenez n’importe quelle « science humaine », vous tombez sur un champ d’étude si vaste et si « éparpillé par petits bouts façon puzzle » (BERNARD BLIER dans Les Tontons flingueurs), qu’il faudrait un cartographe de l’IGN pour que la poule retrouve chacun de ses poussins bien à sa place. Soit dit en passant, quelle prétention ne faut-il pas à des gens qui se prétendent sérieux pour s’intituler « chercheurs en sciences de l’éducation » ?

 

 

Conclusion ? Je m’en tiendrai à l’essentiel : déjà que dans les « sciences dures », un spécialiste en biologie moléculaire est incompétent en microbiologie ou en biochimie (malgré le "bio" commun aux trois), imaginez ce que ça donne, la parcellisation des tâches (cf. GEORGES FRIEDMANN) dans les « sciences molles » ! Sans parler de l’incroyable prétention à toutes ces dernières à se voir conférer le statut de « sciences » !

 

 

Je veux dire que, sans même parler de la « scientificité » (disons le mot) de ces disciplines, quel imposteur oserait prétendre qu’il est capable de faire la SYNTHÈSE de ce magma ? De proposer une explication globale ? Certainement aucun des « experts » ou « spécialistes » issus de l’une quelconque des spécialités.

 

 

L’explication de notre monde, qu’on se le dise, ne saurait en aucun cas venir d’un tenant de quelque discipline précise que ce soit. Il faudrait, pour avoir le sens de la chose, un PHILIPPE MURAY, un JACQUES ELLUL, une HANNAH ARENDT. Autrement dit un philosophe moraliste. Cela signifie à mes yeux que plus personne, parmi les médiocres et les bandits qui nous gouvernent, n’a de cap pour diriger le navire. Que plus personne n’est en mesure de dire où nous allons, ni même où il faudrait aller. A commencer par les "experts" et les "spécialistes". Plus ça va, moins nous y voyons clair.

 

 

 

La dernière preuve m'en a été fournie hier ou avant-hier chez MARC VOINCHET, sur France Culture, qui avait invité deux économistes (experts en « science économique », excusez-moi, je pouffe, c'est nerveux) pour parler de la crise. Ils n'étaient pas de la même "école". Chacun a pu parler en paix environ trois minutes vingt-deux secondes. Après, comme c'était sans doute trop, il a fallu que l'animateur s'interpose entre les ennemis pour éviter qu'il y ait du sang sur la moquette du studio. J'en conclus qu'on n'est pas sortis de la crise.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

Allez, promis cette fois, à demain la dernière louche. Je vous assure que je n'y peux rien. Et surtout, je ne veux pas faire trop long. Enfin, j'essaie. Là, ce sera vraiment le dernier feu.

 

 

 

mercredi, 31 octobre 2012

EUROPE ET CURIOSITE

Pensée du jour : « Un monde gagné pour la Technique est perdu pour la Liberté ».

 

GEORGES BERNANOS

 

 

 

Promis, je vais arrêter de laïusser sur la CURIOSITÉ, avant que tout le monde en ait marre, moi le premier. En fait, ce qui m’intéresse là, c’est encore deux choses. D’abord et d’une, que c’est en Europe que la curiosité a pris son essor définitif. Et dans deux directions : à l’égard des choses (physique, chimie, mathématiques, bref, les sciences « dures », on va laisser ça de côté, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, bien qu'il y ait à dire) et à l’égard des hommes.

 

 

Ensuite et de deux, que cette deuxième branche part elle-même dans deux directions : l’une est toujours scientifique, l’autre est morale. C’est cette double branche qui a motivé le laïus depuis le début. Vous me direz que j’aurais pu prévenir. Je rétorquerai que j’aurais prévenu si j’avais su la tournure que ça prendrait.

 

 

Commençons par la morale. Car si l’Europe en général, et la France en particulier, voient leur tomber dessus à bras raccourcis les descendants des « indigènes » et des esclaves exploités dans les anciens pays colonisés, il ne faut pas oublier le reste. Il ne faut pas oublier que chez nous, les premiers à s’alarmer aujourd’hui du sort des immigrés, sans papiers, clandestins sont très souvent des Français à la peau blanche (voir le travail de la Cimade dans les centres de rétention, et les efforts des membres de RESF pour empêcher l’expulsion d’enfants scolarisés).

 

 

L’Europe est allée puiser les moyens de sa richesse et de sa domination dans tous les pays du monde. Elle a exploité tant qu’elle a pu les minerais et les populations. C’est ce qu’on appelle l’époque coloniale. Mais en même temps, elle a inventé la tolérance, fille de la curiosité. Docteur Jekyll et Mister Hyde, si vous voulez. Ou alors l'Europe schizophrène, pourquoi pas ?

 

 

Je pense ne rien apprendre à personne en rappelant la « Controverse de Valladolid », de 1550-1551, entre BARTOLOME DE LAS CASAS et JUAN GINES DE SEPULVEDA, au sujet de la façon dont devaient être conduites les colonisations pour que la conscience n’ait pas à en souffrir. Et l’impeccable comportement de LAS CASAS dans ses domaines de Cuba à l’égard des Indiens. On rappelle toujours aimablement l’avers de la médaille (les cruautés commises par les conquistadors), on oublie trop facilement son revers, reflet de préoccupations morales indéniables.

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LAS CASAS 

 

Ce n’est sûrement pas l’Europe qui a inventé l’intolérance, en revanche, c’est là et pas ailleurs que sont nées l’idée et l’exigence de tolérance. De même pour le racisme : c’est en Europe que sont élaborées les premières théories essayant d’établir (« scientifiquement ») l’inégalité des races (VACHER DE LAPOUGE, ARTHUR DE GOBINEAU, ERNEST RENAN, PAUL BROCA, oui, celui de la « circonvolution »), qui connaîtront le succès qu’on sait en Allemagne.

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PLANCHE TIREE DE "ANTHROPOGENIE" D'ERNST HAECKEL, 1874

(le même qui disait : "L'ontogénèse est une courte récapitulation de la phylogénèse")

(voir en bas à droite)

 

Mais c’est aussi en Europe qu’est né l’antiracisme. Et c’est l’Occident qui a inventé les « Droits de l’homme » et les associations de « défense des droits ». Et ce n’est pas en Occident, si l’on excepte les cris d’orfraie d’Amnesty International et autres dénonciateurs professionnels des infractions commises chez lui (Guantanamo, centres de rétention français, …), que ces mêmes « droits de l’homme » sont foulés au pied.

 

 

Je signale en passant que la peur ou la haine de l’étranger n’est pas l’apanage des Européens, comme le voudraient des militants à jamais insatisfaits (MRAP, LICRA, CRAN, « Indigènes de la République », …), mais que ce sont des réflexes, sinon universels, du moins tellement partagés et immémoriaux que ce n’en est pas loin.

 

 

L’intolérance et la xénophobie (le « repli identitaire », selon l’expression affectionnée des médias et des journalistes) sont la réaction immédiate de l’homme au surgissement de l’inconnu. Pour être tolérant et antiraciste, en un mot pour être CURIEUX, il faut FAIRE UN EFFORT. Et ce n’est jamais évident. Ce qui est évident, c’est le rejet de prime abord.

 

 

Et j’ajoute que tolérance et antiracisme sont des idées valables à la seule condition que ce soit RECIPROQUE. Je veux bien qu’on exige de moi du respect si l’on fait preuve du même à mon égard. Le problème vient quand la relation est dissymétrique, et que l’un des deux se prétend la victime de l’irrespect de l’autre. A qui est-ce, de commencer ?

 

 

L’autre branche de la double branche dont je parlais, ce sont les sciences humaines. Et alors là, je voudrais insister sur un paradoxe qui m’apparaît faramineux. Car toutes les disciplines qu’on appelle « sciences humaines » ont connu un drôle de retournement. Les sciences humaines, c’est l’ethnologie, la sociologie, la psychologie, l’économie, l’histoire, quelques autres « logies » en perspective, autrement dit, ce que le Collège de ’pataphysique appelle les « sciences inexactes ».

 

 

Dites-moi s'il ne faut pas une curiosité incroyable pour aller vivre durablement chez les Bororos ou chez les Nambikwaras, comme l'a fait CLAUDE LEVI-STRAUSS. Et les ethnographes qui ont fait pareil ne se comptent pas sur les doigts d'une seule main. On peut même dire que ça a été très à la mode, l'immersion. Faut-il que les Occidentaux aient été CURIEUX de la vie de toutes les peuplades "exotiques" pour avoir ainsi payé de leur personne.

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FEMME NAMBIKWARA 

 

C’est pour dire ceci (on va essayer d'éviter le grandiloquent) : jamais, dans l’histoire de l’humanité, une société n’a autant développé les moyens de se connaître elle-même que la société actuelle. Jamais on n’avait aussi bien découpé et segmenté les activités humaines en autant de paramètres (forcément pertinents, bien sûr). Chaque paramètre donnant lieu à une spécialité, il était logique que chacun débouchât sur une discipline autonome.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A finir demain, juré.

lundi, 22 octobre 2012

PETIT RETOUR EN ARRIERE

Pensée du jour : « Presque tous les désirs des pauvres sont punis de prison ».

 

LOUIS-FERDINAND CELINE

 

On ne se rappelle déjà plus ce qu'on a fait il y a six mois (enfin presque, on ne va pas chipoter). Mais si, HOLLANDE, le Parti Socialiste et toute la fièvre du « changement c'est maintenant».

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On ne se rappelle déjà plus qu'on était content de ne plus voir la trombine de SARKOZY dans tous les coins des plateaux de télévision et des couvertures de magazines, et de ne plus entendre la voix pleine de certitude et de volontarisme de NICOLAS. Six mois que nous n'entendons plus le matamore déclarer : « Vous allez voir ce que vous allez voir».

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AVANT LE PREMIER TOUR ...

 

Et qu'on a vu qu'on n'a rien vu. Et c'est tellement vrai qu'on n'a toujours rien vu que ça commence à se savoir, et même à se voir. Vous dire que je l'avais bien prévu, ce serait paraître prétentieux, n'est-ce pas : ça ne se fait pas. Et pourtant si, je l'avais vu, du fond de mon bocal viscéralement abstentionniste.

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... ET APRES !

 

Je le savais, qu'après les sévices infligés au "Service Public à la Française" par le grand éradicateur du Bien Commun, on allait voir ce qu'on est en train de voir, c'est-à-dire rien.

 

Pour une raison relativement connue et banale, mais qui me semble cruciale : sans même parler de tous les lobbies qui s'en donnent à coeur joie autour des ministres, dans les couloirs de l'Assemblée Nationale, du Sénat et des Institutions Européennes, on le sait, que les politiques n'ont plus guère de pouvoir sur la réalité.

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AVANT LE DEUXIEME TOUR ...

 

On le sait, que ce ne sont plus les forces politiques des sociétés qui gouvernent le monde, mais que les leviers de commande sont fermement détenus par les forces économiques, au premier rang desquelles viennent les forces financières. Cela fait déjà quelque temps que ce n'est plus le politique qui organise la vie des sociétés. HANNAH ARENDT, pour qui l'action politique était le summum de la civilisation humaine, doit se retourner dans sa tombe.

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... ET APRES !

 

Je le savais, que tout ce qui sortait de la bouche de SARKOZY était de la parade musculaire et que tout ce qui sortait de la bouche de HOLLANDE était du bluff. Mais tout ça, ça relevait du « A chacun son style ! », et de rien d'autre. La "com" de SARKOZY reposait sur le muscle. Celle de HOLLANDE sur le verbe. Pour agir sur les esprits, ça change peut-être beaucoup. Pour agir sur la réalité, cela ne change pas un iota.

 

Voilà ce que je dis, moi.  

 

 

samedi, 20 octobre 2012

MONUMORTS QUI ME TOUCHENT

Pensée du jour : « Tout chrétien sans héroïsme est un porc ».

 

LEON BLOY

 

 

Parmi les 36.000 monuments aux morts de la guerre de 1914-1918, on peut en distinguer trois sortes : ceux qui touchent le passant, ceux qui restent neutres, ceux qui sont ridicules. Je parle de leur aspect. Car entendons-nous bien, TOUS les monuments aux morts touchent, et pour une raison évidente : ils portent les noms des morts.

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PLOZEVET 29

A ce sujet, je trouve incompréhensible que la cérémonie du 11 novembre revête encore de nos jours un uniforme militaire (avec drapeaux, anciens combattants, bérets rouges, trompette éventuelle ...). Car les jeunes hommes de la commune qui ont laissé leur vie dans la boucherie étaient des CIVILS, des paysans pour la plupart. Et "paysan", c'est d'une certaine manière la quintessence du civil. Rien n'est plus impropre au militaire que le métier de paysan.

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PONT-CROIX 29

C’est d’ailleurs pour ça que l’on a gravé leurs noms sur les flancs du monument communal (rural, pour la plupart). Je suis, encore aujourd'hui, impressionné par l’invraisemblable liste de ceux que le premier suicide de l’Europe a retranchés du nombre des vivants. Et je maintiens que le plus bel hommage qu'on pourrait leur rendre, plutôt que la sempiternelle sonnerie « Aux morts», que tout le monde écoute en attendant la fin, serait de lire tous les noms gravés. Et ça aurait une autre gueule. Encore une effort, monsieur le Maire !

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PLOUHINEC 29

Esthétiquement, la plupart des monuments sont neutres : un simple obélisque. L’obélisque est la façon la plus courante (ne disons pas la plus banale) dont les vivants ont rendu hommage aux morts de la Grande Guerre.

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DAGNEUX 01 

Sans doute parce qu’il était la moins coûteuse des solutions, surtout dans les toutes petites communes (quoiqu’une loi de 1920 ait autorisé les subventions publiques). Beaucoup se sont contentées d’une simple plaque apposée soit sur la croix du cimetière, soit sur le mur de la mairie, soit dans l’église.

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TENCE 43

Soyons clair : les monuments que j’estime ridicules sont ceux qui exaltent l’héroïsme du combattant, soit par la grandiloquence de la stature prêtée au poilu, soit par l’ardeur guerrière et l’attitude triomphante du soldat qui part la fleur au fusil (façon : « Gais et contents, nous marchions triomphants … », « A Berlin ! »).

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LA CHAPELLE SOUS ROUGEMONT 90 

Franchement quand je lis, sous la plume de CHARLES PEGUY :

 

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,

Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.

Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre,

Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle. »,

 

je mesure l'insondable fossé (intellectuel, moral, historique, …) qui me sépare de lui. Son excuse, c'est qu'il a mis son poème en pratique (il est mort au combat, à Villeroy, le 5 septembre 1914). Chapeau, monsieur PEGUY. Et respect !

 

 

C’est vrai qu’à son époque, le mot « patrie » avait encore du sens, et qu’il fallait la grandeur (intellectuelle, morale, …) d’un ROMAIN ROLLAND pour refuser d'être sensible à l’appel au sacrifice de soi pour le salut de la terre de ses pères : « Un Français doit vivre pour elle, Pour elle un Français doit mourir », chantait-on alors.

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BIAS 40 

Une autre variété de monuments ridicules se caractérise par l’emphase insupportable des allégories mises en scène, parmi lesquelles la Marianne casquée ou l’Ange rédempteur, ou par l’effort de reconstitution de la tranchée, comme Ville-en-Tardenois l’a fait.

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VILLE EN TARDENOIS 51

(notez le "crapouillot") 

Ces monuments perpétuent un mythe national, une idéologie devenue haïssable : « Vous avez bien fait de donner votre sang et votre vie pour votre patrie. Vous avez bien fait de mourir : voyez comme nous honorons votre mémoire ». Je me demande d’ailleurs si l’horrible guerre de 14-18 n’est pas pour quelque chose dans la dévaluation de l’idée de nation, dont je parlais précédemment.

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PLEHEDEL 22 

Certains diront évidemment qu’il faut comprendre autrement ces monuments, et proclameront : « C’est à vous que nous devons la vie ». Ce n’est pas faux, et je ne peux pas leur donner tort. C’est vrai qu’aujourd’hui, nous voyons les choses avec le recul de l’histoire, et que c’est tout le 20èmesiècle qui peut nous paraître frappé d’absurdité et balayé par des horreurs innombrables et sans nom.

Campan 65.JPG

CAMPAN 65

J'ai préféré néanmoins m’attarder aujourd’hui sur des monuments qui laissent d'abord s’exprimer le deuil, la plainte, la lamentation de ceux qui restent (plutôt celles, d’ailleurs, ce qui s’explique bien sûr très rationnellement) sur les disparus et les absents. A cet égard, parmi les monuments aux morts de la Grande Guerre qui me touchent le plus, regardez ci-dessous.

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MONTFAUCON 43 HAUTE-LOIRE

(2 "BOUCHET", 2 "BOYER", 2 "CORNUT", 3 "DELEAGE", 2 "ESCOFFIER")

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

PS : du même GASTON DINTRAT (mort en 1964), et de la même inspiration, le monument de Joyeuse (07) :

JOYEUSE 07.jpg

 

 

 

 

jeudi, 18 octobre 2012

IDENTITE NATIONALE ET IMMIGRATION

Pensée du jour : « Il est permis de se demander, et même de demander aux autres, pourquoi un homme qui a vécu comme un cochon a le désir de ne pas mourir comme un chien ».

 

LEON BLOY

 

 

Réponse à la pensée du jour : « Les morts sont tous des braves types ».

 

GEORGES BRASSENS

 

 

Bon, on ne va pas passer le réveillon sur l’identité nationale, quand même. Alors je vais essayer de conclure. Pour circonscrire l’incendie, j’annonce le programme :

 

a)   Double nationalité.

b)   Regroupement familial.

c)   Appartenance / différenciation.

 

 

Parmi les facteurs de dilution de la nationalité française, voyons donc la double nationalité. Je comprends bien d’où vient le rêve : directement de la Révolution de 1789. Ah, c’est grand et généreux, c’est sûr. L’ivresse française d’alors, c’était de se penser UNIVERSELLE (cf. « Tous les hommes naissent, ... etc »).

 

 

La Fraternité, vous pensez. « Alle Menschen werden Brüder ». C’est dans l’Hymne à la joie, qui clôt la 9ème symphonie de BEETHOVEN : tous les êtres humains deviennent frères. Comme dit Don Corleone, dans Le Parrain : « Je lui ferai une offre qu’il ne pourra pas refuser ». Mais la fraternité universelle, il a bien fallu déchanter. Parce que la fraternité, il faut être deux.

 

 

Qui la veut, aujourd’hui, la fraternité universelle ? Personne. Même la fraternité européenne semble frappée d’obsolescence. J’en conclus que la fraternité n’est pas une condition de départ, mais un résultat. Eventuel. Si certaines conditions préalables sont remplies. Par exemple, que les parties en présence se mettent d’accord. C’est là que le bât blesse.

 

 

La France a passé depuis longtemps des accords de gouvernements assurant à nombre de gens vivant sur le sol français la nationalité française, mais en plus, la nation française généreuse a fait, au nouveau citoyen, le cadeau royal de sa nationalité d’origine. Alors moi je dis : il faudrait savoir. La double nationalité peut, à bon droit, être considérée comme un abus par un Français de souche.

 

 

Je sais : avec l’expression « de souche », je fais froncer le sourcil à pas mal de gens. Mais je vous assure que je n’essaie que de raisonner sur la dilution de l’idée de nationalité française. Et je crois être de bonne foi. Franchement, je ne suis pas arrivé à obtenir des chiffres fiables : on tombe facilement sur des sites particuliers (marqués à droite de la droite). Combien de Français ont une double nationalité ? J'aimerais savoir.

 

 

Car il faut savoir que l’abolition de la double nationalité fait partie des revendications d’extrême droite. Et je ne crois pas être d’extrême droite. J’essaie de comprendre ce qui se passe. Il y a des choses qui m’écœurent , c’est certain, mais j’essaie de rester rationnel. Et la double nationalité, j’avoue que ça me pose problème.

 

 

Parce que si moi, j’ai ma petite nationalité française, j’ai le droit d’estimer que je suis français à 100 %. Et je me dis, sans doute bêtement, qu’un citoyen français qui a une autre nationalité, n’est français qu’à 50 %. C’est peut-être idiot, mais je trouve que ça tombe sous le sens. Un « double-national » n’est qu’à moitié français.

 

 

On ne peut avoir 200 % d'identité nationale. Et 200 % de droit de vote. Je vois là une sorte d’injustice. En même temps qu’un autre facteur de dissolution, de dévaluation de l’identité nationale. De même qu'on dénonce le cumul des mandats, on devrait dénoncer le cumul des nationalités. Il y a de la lâcheté dans la double nationalité.

 

 

Le regroupement familial, à présent. Je n’ai pas grand-chose à en dire, sinon que nous devons cette trouvaille à monsieur VALERY GISCARD D’ESTAING, qui a autorisé les travailleurs du Maghreb et d’Afrique noire à faire venir leur famille, dans un décret du 29 avril 1976, « consolidé » (comme dit la notice wikipedia) le 9 novembre 1994.

 

 

Le Conseil d’Etat et la Convention Européenne des Droits de l’Homme iront constamment dans le même sens. Tout le monde est d’accord : l’individu a le droit de mener une vie familiale. Cela date sans doute d’avant le décret, ces files d’hommes aperçus à Barbès, à Paris, qui attendaient leur tour, devant les officines des putes.

 

 

On peut voir à bon droit dans le « regroupement familial » un nouveau facteur de dilution de l’identité nationale française. Pour des raisons arithmétiques : les femmes ont continué à avoir des enfants. Or, en France, c’est le droit du sol qui s’applique : le gamin est automatiquement français. Le regroupement familial a ainsi accru, dans la population française, la part de Français d’origine étrangère. Et d’origine africaine, qui plus est, ce qui était totalement nouveau.

 

 

Autre nouveauté : cette population étrangère venait de territoires qui furent des colonies. Tant que l’immigration était européenne (les « Ritals », les « Polaks »), les immigrés se fondaient progressivement (et finalement assez vite) dans la population d’origine. Mais ajoutez des quantités non négligeables de culture maghrébine et africaine, (celle, au surplus, d’anciens colonisés), dans de la culture européenne (disons gréco-latine et chrétienne), le mélange devient forcément difficile, voire impossible. L’émulsion a du mal à prendre et reste prête à se défaire en cas de problème.

 

 

Si vous ajoutez au tableau les conditions sociales faites à cette part importante de la population, vous mettez le doigt sur le détonateur. Pour résumer : vous faites venir de vos anciennes colonies des gens de diverses cultures extra-européennes, vous les installez dans des zones territoriales aménagées à la va-vite, vous les maintenez pendant quelques décennies dans une condition sociale précaire. A quoi vous arrivez ? Aux « émeutes » de 2005 (vous savez : ZIED et BOUNA, le transformateur EDF, les flics, les voitures qui brûlent dans la nuit, belles comme les forêts en été).

 

 

Comment voulez-vous appliquer, dans ces conditions, le principe d’assimilation, unanimement vanté comme moyen privilégié de maintenir l’unité de la nation ? La première raison en est simple : pour qu’un immigré soit déclaré « assimilé », il faut qu’il cesse d’être visible en tant qu’immigré. Or, pour qu’une peau basanée ou noire cesse d’être visible, une seule solution : que la peau majoritaire perde de sa blancheur. Cela s’appelle le « métissage ».

 

 

Ce qui est en train de se passer – que ne supportent pas un certain nombre de Français « de souche », et après tout, cela peut se comprendre – c’est le résultat d’un processus amorcé en 1976. Allez inverser la tendance, maintenant. Je dis que ça ne sert à rien de s’en prendre aux immigrés. Par quelque bout que vous preniez la question, elle résulte d’une évolution au long cours, qui produit aujourd’hui une situation totalement irréversible.

 

 

Maintenant, ajoutez la double nationalité à cette situation héritée du regroupement familial, et vous comprenez que l’identité nationale française, il en reste forcément de moins en moins. Qui peut espérer rattraper les choses ? Le temps ne se rembobine pas. La mécanique du réel échappe à tout le monde.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mercredi, 17 octobre 2012

L'EURO ET L'IDENTITE NATIONALE

Pensée du jour : « Peu d'oeuvres donne beaucoup d'amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie ».

 

HONORÉ DE BALZAC

 

 

Je serais assez tenté d’accuser les hauts responsables de la France (principalement politiques, mais aussi médiatiques) d’avoir sciemment laissé tomber en déshérence les notions de nation et d’identité nationale. Tenté aussi d’attribuer à cette déréliction volontaire la floraison d’un mouvement comme le Front National, dont l’essentiel de la doctrine se résume d’ailleurs à la nation (« préférence nationale », « souveraineté nationale », et deux ou trois autres babioles, gadgets et bricoles).

 

 

Je vais vous dire, si la nation avait été portée par les grandes voix politiques, LE PEN serait resté le borgne qui faisait 3 ou 4 % aux élections. A cet égard, le fait qu’il doive son ascension électorale au machiavélisme tactique de FRANÇOIS MITTERRAND, en dit long sur le « sens de l’Etat » dont celui-ci a fait preuve.

 

 

Mais ça en dit long aussi sur son patriotisme : la redoutable bête politique qu’il fut a mis la France au service de son ambition et de sa carrière. CHARLES DE GAULLE a fait le contraire, avec un certain orgueil et une certaine classe, faisons-lui au moins ce crédit, en mettant son ambition et sa carrière au service de la France. DE GAULLE aurait fait un excellent homme d'Etat sous l'Ancien Régime.

 

 

Pour POMPIDOU et GISCARD, qui lui ont succédé, la nation française n’était pas encore une faribole, mais déjà plus tout à fait une priorité, perdant alors en netteté. Et la façon dont les politiques actuels se réfèrent aujourd’hui à « nos valeurs » a quelque chose de profondément obscène.

 

 

Et je n’oublierai pas que, sur la photo présidentielle (prise par l’estimable RAYMOND DEPARDON), le drapeau français, en toile de fond, partage l’espace avec le drapeau européen. Le message est clair : le drapeau tricolore n’occupe plus que la moitié du lit.

 

 

D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais vu comme sont présentées les trois couleurs, ça devient le drapeau des Pays Bas. Le gag n’est sans doute pas volontaire. Pendant ce temps, le drapeau azur à étoiles d’or, vous pouvez le tourner dans tous les sens, ce sera toujours le même cercle vicieux.

 

 

Et toujours à propos d’Europe, mais avant de passer à autre chose, parlons donc de l’euro. Qui a fait l’euro ? Et pourquoi ? Comment s’est passé l’abandon des monnaies nationales ? Le Franc ? Dissous dans la grande marmite européenne. Le premier franc ? Il a été battu (de « battre monnaie ») en 1360. Et je dis que le franc entrait pour beaucoup dans la définition de l’identité nationale française. Et l’abandon du franc nous renvoie toute notre histoire à la figure, aujourd’hui que l’euro coule.

 

 

Vous savez ce que ça veut dire, « franc » ? Comme il fallait payer la rançon de JEAN LE BON prisonnier des Anglais, on a appelé la monnaie qui l’a fait sortir de sa prison du nom de « liberté ». Regardez en France, le nombre de villes qui portent « franc » dans leur nom. Regardez le nombre d’expressions de notre langue : « franc-jeu, franc-maçon, franco de port, franc-parler, franc-tireur, … ». « Franc », ça veut dire « libre ».

 

 

La part d’identité nationale française que nous devions à cette monnaie qui nous était spécifique, a été purement et simplement jetée à la poubelle, au nom d’un pur et simple PARI fait au début des années 1990 par FRANÇOIS MITTERRAND, une grande fusion de toutes les identités nationales dans une identité supranationale. Sauf que la monnaie ne suffit pas à faire une identité. Or le reste (identité politique) n’a pas suivi. Ou précédé.

 

 

Ce n’est pas pour rien que JEAN-PIERRE CHEVENEMENT, dans La France est-elle finie ? (Fayard, 2011), a parlé du « pari pascalien » de MITTERRAND, au début des années 1990. Le « pari » de PASCAL, si je me souviens bien, se formule à peu près comme ceci : « Pariez sur l’existence de Dieu. De toute façon, ça ne vous coûte rien et, si Dieu existe, ça vous rapportera la vie éternelle ». Je résume. Le gros lot, quoi. Zéro de mise, en quelque sorte, pour un jackpot infini. Mais un jackpot supposé. Remplacez Dieu par l'euro, l'équation reste la même.

 

 

Le fond du jackpot, les Grecs sont en train de le toucher (du doigt, de la langue et du reste). Mais en somme, ils n’avaient qu’à ne pas parier comme des fous. C’est vrai qu’ils se sont fait prêter par « Dieu », en masse, de la vie éternelle anticipée, « à profiter de suite » en quelque sorte. Ils n’avaient pas le temps d’attendre. Ils ont inversé les termes du pari. Et ils ont bouffé le jackpot avant d’avoir trouvé les bons numéros. Bien fait pour eux. Le problème, c’est que d’autres risquent de suivre.

 

 

Personnellement, je n’aimerais pas que ça nous arrive.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

mardi, 16 octobre 2012

VOUS AVEZ DIT IDENTITE NATIONALE ?

Pensée du jour : « C'est en flattant les hommes et les peuples qu'on les perd ».

LEON BOITEL (cité par ROLAND THEVENET, L'Esprit canut, n°18)

 

 

Ceux qui ont suivi les deux notes précédentes ont sans doute deviné où je voulais en venir en abordant la question de l’identité nationale. C’est entendu, NICOLAS SARKOZY, en lançant son soi-disant débat, a voulu faire un coup médiatique : de la « com », comme on a pris l’habitude de dire et d’entendre, quand il s’agit de propagande politique. Quelques vagues violentes pendant une dizaine de jours, et tout retomba dans le silence. Qui n’aurait pas dû être seulement troublé.

 

 

L’identité nationale, c’est donc quelque chose de très difficile à caractériser. Mais c’est aussi quelque chose de très fort, qui atteint des profondeurs insoupçonnées. Il n’y a qu’à voir les éclats auxquels le « débat » a donné lieu. Je fais abstraction des efforts du Front National pour récupérer à son profit toute cette énergie mise en œuvre, singulièrement pour attirer les troupes mouvantes de l’UMP sur son terrain. Tiens, au fait, où ça en est, le rapprochement ?

 

 

Définir l’identité nationale de la France ? Un pari stupide. Si je reprends le bien modeste propos d’hier à propos de l’identité individuelle (tout ce qu’on a hérité et vécu, toutes les personnes rencontrées, bref, toute une vie), la France est une espèce de monument qui porte la marque de tout ce qu’elle a été, fait et vécu au cours de son histoire. Ce qui fait l’identité nationale de la France, c’est son passé. Tout son passé. Maintenant, allez vous débrouiller avec ça. Comment voulez-vous ?

 

 

Parce que s’il avait fallu accorder la nationalité française à ceux qui portent effectivement l'intégralité de ce bagage, il y aurait eu dans l’histoire entre cinq Français un quart et dix Français et demi. Guère plus. Pour qu’il y ait nation, il faut davantage.

 

 

La nation, si vous regardez ce que dit le Robert : « Groupe humain, généralement assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun ». Dieu du ciel ! Quelle précision ! Quel sens de l’observation ! M’enfin, comme dirait Gaston Lagaffe, c’est mieux que rien : conscience d’une unité, volonté de vivre ensemble. Certes, il ne parle pas directement de l’identité, mais de la nation.

 

 

Il faut aborder, je crois, les choses autrement. Et je reviens à mes dadas : l’appartenance et la différenciation. A quelle idée de la France ont le sentiment d’appartenir ceux qui vivent sur son sol ? Combien ont le sentiment d’être Français ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que, si ce sentiment existe, il est mitigé. Et ce n’est pas le défilé du 14 juillet ou les cérémonies du 11 novembre qui y changent quoi que ce soit : ce qui est sur le papier diffère de ce qu’il y a dans les cœurs. Appelons-le le "sentiment national".

 

 

Et qu’est-ce qu’il y a dans les cœurs ? Difficile à dire. Les facteurs de perturbation n’ont pas manqué. A commencer par l’Europe. Que devient une nation, quand elle doit se fondre dans l’ensemble plus vaste, quand cette fusion n’est pas voulue du fond du cœur par les populations qui la peuplent ? Réponse : la fusion se fera sans elles, par-dessus leurs têtes, au mépris de leurs désirs, et sans leur donner le temps de désirer quoi que ce soit. Et s’il leur prend de dire « non », on leur mettra au cul (cf. 2005).

 

 

On fera des « Traités », on signera des accords entre gouvernements, on s’entendra entre dirigeants : parce qu’un certain nombre de gens très compétents, très intelligents ont décidé que c’est bon pour les peuples. Et basta !

 

 

Tout ça parce que des bureaucrates passés par des ENA quelconques ont conclu à la nécessité d’administrer, au gré des lubies du fanatisme libéral (la « concurrence libre et non faussée »), les centaines de millions de gens que les hasards de l’histoire et l’arbitraire de leur formation avaient placées en leur pouvoir. Et décrété : « Il faut faire l’Europe », en tapant des pieds et en allumant leur briquet. Une variante, sans doute, de ce qu’on appelle le « concert des nations ».

 

 

Mais y a-t-il une « nation européenne » ? La réponse est évidemment négative. Il n’y a pas de nation européenne. Toujours est-il que le matraquage de « l’idée européenne » a forcément fait des dégâts dans les esprits sur la notion qu’ils avaient de la « nation française », vous ne croyez pas ? Il y a de la dilution dans l’air. Encore, tant qu’on s’est contenté de six ou dix Etats membres, chaque Etat pouvait encore se considérer comme un individu, mais VINGT-SEPT !!!!

 

 

Diluée, la nation française. Dissoute, l’identité nationale française. Délayé, le "sentiment national". Regardez ce qui s’est passé après la chute du mur entre Tchéquie et Slovaquie, regardez l’éclatement de la Yougoslavie. Regardez maintenant ce qui se passe entre la Catalogne et l’Espagne, entre la Flandre et la Belgique. Ajoutons l'Ecosse et la Grande-Bretagne, pour faire bonne mesure. 

 

 

Qu’est-ce qu’ils disent, tous ces gens ? Ils disent tous : « Nous voulons être nous-mêmes ». C'est ça, le sentiment national. Un peu le même qui anime les Longevernes et les Velrans dans La Guerre des boutons. Je ne vois pas d'inconvénient à appeler ça du "repli sur soi".

 

 

En France, les revendications régionalistes émanent de quelques allumés : personne, à part quelques Corses ou quelques Basques, ne réclame l’indépendance. Cela devrait vouloir dire que tout le monde adhère à l’identité nationale française. Or, face à la dilution européenne, les médias laissent s’exprimer avec condescendance et apitoiement quelques illuminés qu’ils appellent dédaigneusement  « souverainistes », mais ceux-ci restent marginaux (NICOLAS DUPONT-AIGNAN), si l’on excepte le Front National.

 

 

Cette absence de sursaut collectif signifie, je crois bien, que l’identité nationale française est déjà salement diluée. Le sentiment national est d’ores et déjà, majoritairement, perdu. Tout au moins – s’il existe encore, présent et vivace –, il est globalement inaudible. Sans doute on le fait taire, qui sait ? Car il a suffi qu’un ludion politique (NICOLAS SARKOZY) lui offre une tribune, à l’occasion des « débats » sur l’identité nationale française, pour qu’une bourrasque imprévue se mette à souffler.

 

 

Vous ne trouvez pas ça étrange ? On s’est rendu compte à cette occasion, que quelque chose était à vif, comme une plaie, mais maintenu délibérément hors-champ. Par qui ? Qui la défend, l'identité nationale française ? Des hauts responsables ? Vous n'y êtes pas. Juste des gens qui n'ont pas la parole. Rappelez-vous, les promoteurs de ces débats, tout d'un coup effarés et effrayés par le monstre qu’ils avaient eux-mêmes suscité. Et la tribune des « débats » mis en scène par SARKOZY s’est écroulée.

 

 

On ne m’enlèvera pas de l’idée qu’au quotidien, la population française vit, pense, s’exprime, mais qu’on fait peser sur cette vie, cette pensée et cette expression la loi d’un tabou radical. Le « on » serait à creuser. En attendant, je suis frappé par le fait que des groupes qui se font appeler « identitaires » soient automatiquement classés à l’extrême-droite (sous-entendu, c’est ba-caca, méchant et compagnie), pour ne pas dire chez les fascistes et autres nazis. Cela en dit long. Qui a associé l'idée de « repli » à ce qui est identitaire ?

 

 

Cela veut dire, si je comprends bien, qu'être soi-même, c'est avoir peur du monde extérieur ? C'est évidemment un mensonge : tous ces gens malintentionnés confondent à plaisir « être soi-même » et « se replier sur soi-même » (voir ci-dessus). Cela tombe sous le sens.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

dimanche, 14 octobre 2012

LA CONFITURE D'IDENTITE NATIONALE

Pensée du jour : « Monsieur presbyte cherche dame myope pour échange de vues ».

 

PIERRE DAC

 

 

Je ne sais pas si vous avez déjà traversé la Suisse sans payer la sacro-sainte vignette à la frontière pour avoir le droit de laisser les pneus de votre voiture fouler au pied de la lettre le bitume des autoroutes helvétiques. Cela m’est bien sûr arrivé. Mais quelquefois, il m’a pris de musarder du sud-ouest (Genève) au nord-est (Constance, « Konstanz », et Schaffouse, « Schaffhausen ») par les routes secondaires.

 

 

Eh bien, un des aspects les plus frappants de la Suisse ainsi traversée, en dehors du spectaculaire arbre fruitier (du poirier, me semble-t-il, principalement) qui pousse accroché à certaines façades, et que le propriétaire taillera amoureusement toute sa vie, c’est, jusque dans les villages perdus et tranquilles, le très patriote et national drapeau rouge à croix blanche qui trône au milieu d’innombrables jardins.

 

 

Vous allez me dire qu’on voit ça aussi aux Etats-Unis, en particulier après le 11 septembre 2001, qui a provoqué un Niagara de « star spangled banners » à toutes les sauces. Certes, il règne aux Etats-Unis un patriotisme et une fierté nationale : voir l’épaule gauche d’ARMSTRONG, ALDRIN et COLLINS sur la rabâchée photo prise avant le départ, et le drapeau planté sur la Lune.

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Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que ce patriotisme-là découle d’une intense propagande d’Etat, et disons-le, d’un bourrage de crâne au marteau-pilon, principalement destinés à unifier un peuple terriblement hétérogène (Indiens, Européens, Noirs, Espagnols, Asiatiques, Martiens, …), donc soumis à des forces centrifuges. Le procédé est efficace.

 

 

Rien de tel en Suisse. Je ne suis pas sûr que le gouvernement de Berne exige des citoyens qu’ils fassent des plantations de drapeaux du pays dans leur jardin. Où je veux en venir ? A cette idée simple : l’identité nationale, c’est exactement ça. Sans crispation, sans vantardise, sans prosélytisme, sans propagande, ces Suisses-là, en plantant leur drapeau bien visible devant leur maison, disent : « Nous sommes ce que nous sommes. Nous n’avons jamais colonisé personne. Et la réciproque est vraie ». Ils ont raison, l’identité nationale, ça commence par : « Nous sommes ce que nous sommes ».

 

 

Tout le monde se souvient du grand « débat » lancé naguère par NICOLAS SARKOZY sur l’identité nationale, n’est-ce pas ? Comme d’habitude, il avait besoin de monter sa énième mayonnaise médiatique. Le « débat » avait assez vite viré au déballage de xénophobie et de haine, au point qu’assez rapidement, ordre avait été donné de le mettre en veilleuse, de noyer le poisson et de poser vite fait un couvercle sur la marmite.

 

 

De quoi s’agit-il ? Pour le savoir, j’ai fait comme Jérémie Victor Opdebec, vous connaissez sûrement le garnement : « Eh bien quand il était enfant, Il montrait à tous les passants Son CUrieux esprit compétent ». Devenu inventeur, il se demande comment faire, pour que le linge, une fois sur l’étendage, ne soit pas emporté par le vent : « Et dès lors dans sa tête, Obsession qui l’inquiète. Le pincer ? Le pincer ? Puis un jour, il avait trouvé ». Tout le monde a reconnu les paroles que FRANCIS BLANCHE a collées sur la 5ème symphonie de BEETHOVEN, pour célébrer l’immortelle invention de la pince à linge. 

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Identité Nationale, vous avez dit ? Là on entre tout de suite dans le dur. Il faudrait savoir ce que c’est qu’une nation, et rien que ça, ce n’est pas de la tarte. Sur le papier, c’est certain : la France a des frontières stables depuis presque cent ans. Sur le papier, la France a une langue, même si on peut déplorer que, sous l’influence des réseaux électroniques antisociaux, des médias prosternés devant la vulgarité et de la promotion du langage djeunz, celle-ci tend à « évoluer », et, pour dire vrai, à se "simplifier" de plus en plus pour permettre aux illettrés de dire qu’ils la maîtrisent.

 

 

Sur le papier, la France a une Constitution, que le monde entier lui envie (et lui emprunte), et même des Sages, qui veillent à ce que les lois y soient conformes et qui se voient poser plein de « QPC »  par des citoyens qui, disons au hasard, haïssent la corrida. Heureusement, les Sages décident qu'elle est constitutionnelle. Sur le papier, la France a des institutions, Justice, Armée, Police, Santé, Instruction Publique, etc. Sur le papier, la France dispose de procédures démocratiques pour désigner un gouvernement légitime.

 

 

Bref, sur le papier, tout se passe bien : « La France joue sa partition dans le concert des nations ». La phrase fait partie du vocabulaire basique de la langue de bois. Maintenant, si on va voir un peu dans les profondeurs de la réalité, qu’est-ce qu’on observe ? Je vais vous dire : c’est là que les Athéniens s’atteignirent et que les Perses se percèrent. Certes, sur le papier, la nation existe, mais dans les têtes et dans les cœurs, j'ai l'impression qu'elle a disparu corps et biens. Alors dans ces conditions, l’identité nationale, comment voulez-vous vous y retrouver ? Moi je donne ma langue au chat dans la gorge du Tarn (et Garonne, tant que j'y suis).

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

 

 

mercredi, 10 octobre 2012

OFFENSIVE ? QUELLE OFFENSIVE ?

Pensée du jour : « Offre d'emploi : on demande cheval sérieux connaissant bien Paris pour faire livraisons tout seul ».

 

ANDRÉ ISAAC, dit PIERRE DAC

 

Plus près de nous, prenez le double assassinat de Grenoble. Les victimes ? KEVIN NOUBISSI et SOFIANE TADBIRT. Parmi les coupables ? MOHAMED E., ILLYE T., IBRAHIM C. J’arrête. Comment les journaux ont-ils rendu compte des faits ? En journalistes bien neutralisés, ils n'ont pas osé parler d' « Arabes » ou de « Noirs ». Ils ont timidement parlé de « PERSONNES», victimes et coupables « présumés » (voilà que je me mets aussi à la langue de bois) confondus dans un terme neutre. Pas des Arabes. Des personnes.

NOUBISSI TADBIRT.jpg 

LES VICTIMES (selon ce qu'on trouve sur internet = sans garantie, mais c'est vrai qu'ils ont des gueules sympathiques)

Ce qui est curieux (attention, je n'ai pas dit "comique") c'est que la marche d'Echirolles a été qualifiée de « blanche». C'est simplement que, depuis l'affaire DUTROUX, plus aucun meurtre (dans les "quartiers") ne saurait être dignement considéré, s'il n'est pas automatiquement suivi de sa « marche blanche ». Rythmée au son de : « Plus jamais ça ».

 

 

Ce qui est sûr, c'est que quand on meurt, on ne risquera plus jamais de mourir. Il y a des preuves. C'est au moins ça d'acquis. En ce sens "plus jamais ça" est d'une grande vérité". Un peu curieux quand même, la marche blanche : c'est visiblement fait pour l'image, le concepteur de l'idée n'a-t-il pas une caméra de télévision derrière la tête ? Passons.

 

 

C’est sans doute pour éviter toute « stigmatisation » et tout éventuel « clivage » que la presse s’est retenue d’utiliser les mots exacts. Comment tourner autour du pot ? Comment faire pour ne pas désigner les acteurs par leur origine, et surtout leur couleur de peau, vu le quartier (La Villeneuve) dans lequel les faits se sont produits ?

 

 

C’est sûr que ce n’est pas facile de désigner les choses par leur nom. Dira-t-on « jeunes issus de l’immigration » ? Il ne faut pas, c’est mal. « Basanés » ? Il ne faut pas, c’est « stigmatisant ». Direz-vous « Arabes », « Noirs », ou pire « musulmans » ? On vous accusera de jeter de l’huile sur le feu et de fomenter le « choc des civilisations », plus cher au cœur de GEORGE W. BUSH (vous savez, la « croisade de l’Axe du Bien contre l’Axe du Mal ») qu’à celui de SAMUEL HUNTINGTON, l'auteur de la formule, grand incompris. Certains affectionnent le désuet : « Mais ça fait le jeu du Front National ». Ma foi, si ça leur fait plaisir.

 

 

Mais ce qui est sûr aussi, c’est qu’à force de ne pas appeler un chat un chat et les choses par leur nom, et de s’autocensurer pour ne pas « stigmatiser » telle ou telle partie de la population, la presse (pas que) joue un jeu très dangereux à la longue. On en arrive même, comme LAURENT FABIUS à une époque, à dire que JEAN-MARIE LE PEN disait certaines vérités. C'est l'euphémisme qui donne le beau rôle à tous les LE PEN, parce que, dès lors, ils peuvent se targuer de dévoiler des vérités que d'autres veulent cacher.

 

 

Pour désigner un criminel sans évoquer la couleur de sa peau (parce que c'est « discriminant », paraît-il, je me demande pourquoi), les journalistes auraient besoin d'un bel euphémisme, aussi satisfaisant que « longue maladie » pour « cancer » ou « hôtesse de caisse » pour « caissière ». Que tout le monde comprendrait, sans que la chose soit appelée par son nom.

 

 

Mais ils n'ont pas encore trouvé. Et ce n’est pas non plus les pathétiques aboiements « indignés » de SOS Racisme, de la LICRA, du CRAN ou du MRAP qui ont des chances d’arranger les choses. De toute façon, le problème, c'est que l'euphémisme, en pareil cas, est une lâcheté. Et un lâcheté politique. D'autant plus grave qu'elle est une lâcheté organisée, volontaire et consciente.

 

 

Je me dis que si l’on ne trouve pas de termes satisfaisants pour désigner les faits (des Arabes ont fait le coup, c'est des Noirs qui, etc …, on dit bien "des Corses", mais peut-être qu'ils ont l'habitude ...), c’est qu’une réalité nouvelle, qui n’a pas encore de nom, est en train de s’imposer à nous tous.

 

 

Et ce n’est pas l’incantation psalmodiée à longueur de médias, par laquelle les responsables appellent sans cesse à « retisser du lien social » et à tout faire pour « favoriser et améliorer le "vivre-ensemble" » (LE vivre-ensemble comme nom commun, on aura tout vu), et gna-gna-gna et bla-bla-bla, qui changera un iota à la situation.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

 

 

 

 

 

 

mardi, 09 octobre 2012

VAS-Y COPé !!!!

Pensée du jour : « Les lois sont des toiles d'araignée à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites ».

 

MONTESQUIEU

(ce pourrait être un proverbe bantou)

 

 

LE PAIN AU CHOCOLAT ET LE RAMADAN

(fable édifiante et didactique).

 

 

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Je n’aime certes pas, d’une manière générale, l’arrivisme vorace, le carriérisme confortable, la cuisine immangeable que concoctent inlassablement les guignols qui nous gouvernent, et en particulier les amuse-gueule que JEAN-FRANÇOIS COPÉ jette par jeu aux charognards de presse, quand ce renard aux dents longues a fini son repas dans le poulailler national.

 

 

Ce qu’il y a de public chez cet homme est certainement assez antipathique. Pour une raison évidente : ayant bien compris l’époque, il a jeté aux orties les oripeaux inutiles d’une doctrine politique quelle qu’elle soit. Pour lui, ceux qui ont des idées politiques sont soit des imbéciles, soit des menteurs. BALZAC et ZOLA notaient déjà que le sac aux grandes idées était un ballon de baudruche. Et que la seule idée vraiment politique (ou réelle) était la voracité extrême des gens habités par le goût du pouvoir.

 

 

Jusque-là, je ne saurais le désapprouver totalement : l'humanité a fait le tour complet des idées politiques possibles, et retour. Mais ce que je réprouve, en revanche, c'est la gnaque "décomplexée" : trop visiblement, il veut le pouvoir. Et ce seul fait rend l'individu méprisable. Vouloir régner, a-t-on seulement idée ? Lui ? Plus besoin de masque : le pouvoir nu, le pouvoir en soi, le pouvoir pour soi. Pas le pouvoir pour façonner le monde. Je veux le pouvoir pour l'exercer. N'est pas NAPOLÉON qui veut.

 

 

Pendant que l'homme de gôche agite comme un étendard la baudruche de ses idées, l'homme de drwate brandit comme un drapeau le mirage de ses fantasmes. Une minute de silence, s'il vous plaît, en vous inclinant devant cette phrase.

 

 

 

HOLLANDE, sous son babil papelard et vaguement cagot, n'a pas agi autrement. Il aurait pu être élevé chez les bons Pères (c'est peut-être le cas, je n'ai pas vérifié). COPÉ a déjà l'air satisfait, mais encore  gourmand de celui qui détient un pouvoir, mais qui n'a pas encore atteint le sommet.

 

 

Rappelez-vous CHIRAC en 1995, cet extraordinaire contentement de père Bidochon quand il a enfin pu s'affaisser dans le fauteuil présidentiel : « Putain, j'y suis arrivé, finalement ! ». Finie, l'ambition. Il était comblé. A quoi servirait encore de désirer ? Il a pu donner libre cours à son absence de vision poltique. COPÉ, il n'a pas encore une tête de père Bidochon. Il a encore des perspectives.

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Tout ce que COPÉ juge à même de l’amener à bon port est donc bon à prendre. Oh, le petit a de qui tenir : NICOLAS SARKOZY, en son temps, a procédé de même (non, pas de photo de lui, il a épuisé son stock des unes de magazines pour au moins deux cent trente-huit ans quatre mois vingt-deux jours trois heures et trente sept minutes (je vous fais grâce des secondes) !). Ne lui doit-on pas une publicité gratuite et spectaculaire pour une marque célèbre de nettoyeurs haute pression ? Peut-être le meilleur et le plus historique de ses apports.

 

 

L’élève souhaitant arriver au même but que le maître, il pense savoir à qui il doit s’adresser pour susciter l’adhésion du plus grand nombre. Il sait aussi qui aura l'impression d'avoir reçu la gifle de son propos insultant sur la joue droite de son intellect formaté : cette perspective le réjouit au plus haut point. C’est la stratégie de toute bonne publicité : « Dites du mal de MOI, dites du bien de MOI, pourvu que vous parliez de MOI ». C'est ça qui fait vendre.

 

 

C’est ce que les journalistes (ci-dessus évoqués en des termes moins neutres) appellent « l’art de se placer au centre du débat ». NICOLAS SARKOZY, en son temps, a dépensé beaucoup d'énergie (et de "brain storming" de son staff) à tirer cette grosse ficelle (instituteur contre curé, magistrats "petits pois" laxistes, et tant d'autres), pas toujours à bon escient, il faut bien dire, car même le staff peut errer.

 

 

L’effet est garanti : la fourmilière entre en ébullition (tant pis pour la cohérence des images ; et puis tout de même, n’y a-t-il pas, à la surface de la fourmilière bousculée le même friselis (approchez l'oreille, c'est flagrant) qu’à celle de l’eau qui ne va pas tarder à bouillir ? Ceux qui un jour ont botté une fourmilière me comprendront).

 

 

En l’occurrence, puisqu'il est question de pain au chocolat et de ramadan,  toutes les âmes vertueuses des associations antiracistes, au premier rang desquelles le chœur des « indignés » de SOS Racisme, ont entonné le refrain qui les fait jouir et vibrer, en même temps que l'estomac de ces âmes angéliques se soulevait.

 

 

N'oublions pas HARLEM DESIR, nouveau pilote ectoplasmique du bateau ivre du PS. Qui surnommera monsieur DESIR le "Hollandais flottant" (hommage au commandant du navire, qui flotte à présent dans ses vêtements), par allusion à Der fliegende Holländer, de RICHARD WAGNER ? Certainement pas moi, pensez.

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Pour condamner le "pain au chocolat du ramadan" de JEAN-FRANÇOIS COPÉ, deux mots coulaient comme une bave de la lippe de la pauvre larbine désignée comme porte-voix par SOS Racisme : « Propos stigmatisants ». Elle en ajoutait parfois un troisième :  « clivants ». Ces gens pourraient faire un effort pour enrichir leur vocabulaire, que diable ! Je leur propose de commencer dès maintenant.

 

 

Sans passer toutefois en revue la longue liste des synonymes, il y a quelque profit à y puiser, par exemple et entre autres « anathématiser, incriminer, jeter la pierre, diffamer, clouer au pilori ». Le pilori est d’autant plus seyant que plus personne n’en a vu depuis 1789, qui l’avait interdit, et que 1848 a aboli le « carcan », qui l’avait remplacé.

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Pauvre larbine ! Elle est bien dévouée ! Et vous avez deviné pourquoi le sang de SOS Racisme n'a fait qu’un tour ? Mais c’est exactement pour la même raison qu’on a tout fait, au moment de l’affaire MOHAMED MERA, pour accréditer la thèse de crimes fascistes, avant de se rendre à l’évidence : l'auteur des crimes était bien un Mohamed, et pas un Aubierge, un Tiburce ou un Frédéric.

 

 

Et le motif djihadiste a crevé l'écran. En même temps qu'a été confirmée, accessoirement, l'importation chez nous du conflit israélo-palestinien (mais il y avait déjà eu KHALED KELKAL). Il ne faut pas heurter les Arabes établis en France. Nous sommes prévenus.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

 

 

vendredi, 28 septembre 2012

DU RACISME ANTI-FRANçAIS

Pensée du jour :

« Entre l'absence et la chemise,

Le temps d'une exhalaison,

Fume le corps de gourmandise

De nos appétits sans raison ».

 

 

Ainsi, monsieur JEAN-FRANÇOIS COPÉ, un clone de NICOLAS SARKOZY, drague les voix d’extrême-droite en soutenant qu’il existe un racisme anti-blanc, sur le territoire même de la République Française, une et indivisible. A entendre, les bouchons dans les oreilles, les hurlements des accusateurs, on se dit que JEAN-FRANÇOIS COPÉ est un salopard fasciste.

 

 

Je ne crois pas que JEAN-FRANÇOIS COPÉ soit un salopard fasciste. Il est juste un politicien français. Pour lui, la présidence de l’UMP n'est qu'une rampe de lancement. En direction du perchoir national : la Présidence de la République. Avec son « racisme anti-blanc », il se contente de répliquer à l’annonce surprise de FRANÇOIS FILLON de 45.000 parrainages en vue du prochain congrès de l’UMP. « Il faut lâcher le congrès », lisait-on jadis dans l’Album de la Comtesse, du Canard enchaîné (contrepèterie relativement facile).

 

 

Il faut le comprendre, COPÉ : FILLON lui a grillé la politesse, en annonçant dans les médias un nombre pharamineux de signatures et de soutiens. Cramé, COPÉ. Obsédé par la Présidence, que vouliez-vous qu’il fît ? Son raisonnement ? « Comment vais-je lui faire manger ses dents, à ce Néandertal ? » Une petite séance de « brain-storming » avec son « staff » (je cause moderne), et voilà le racisme anti-blanc qui arrive sur le devant de la scène. Vas-y à fond, coco ! C’est tout bon ! La best réplique sur l’échelle de Richter. Enfoncé, FILLON.

 

 

C’est entendu : COPÉ drague les voix du Front National, c'est-à-dire la frange droite des militants UMP. Il n’est pas fasciste pour autant. Monsieur COPÉ est un pur produit de la politique à la française : la politique considérée comme une carrière. En son temps, ALFRED JARRY avait écrit un article paru dans Le Canard sauvage, n° du 11 au 17 avril 1903, intitulé « La Passion considérée comme course de côte ». De nos jours, tout est possible, et l’horizon de l’ambitieux s’élargit au-delà des dimensions humaines, comme l’horizon russe au moment où monsieur HITLER se mit dans l’idée fixe de l’envahir.

 

 

COPÉ ? Il va juste à la pêche. C’est, comme on dit, une opération de communication. Elaborée dans un bureau de petit comité. Les penseurs de ça sont dix au maximum. FILLON  dispose d’une équipe identique. Tout le monde est grassement payé, en spéculant sur l’avenir, comme MANUEL VALLS et ARNAUD MONTEBOURG l’ont fait avant l’élection de HOLLANDE. Aucune de ces personnes n’a, à proprement parler, de « ligne politique ». Exercer le pouvoir est le seul objectif.

 

 

Reste, paraît-il, le « débat ». On parle ici de faits et de réalité. Existe-t-il, aujourd’hui en France, un racisme anti-français ? Existe-t-il un racisme anti-blanc ? Eh bien, mesdames et messieurs, au risque de choquer, je dis que la réponse est OUI. Il faut, certes, relativiser : le racisme anti-français se développe dans des portions très délimitées, et même très limitées du territoire national. Il n’empêche, il existe. La haine de la France se développe dans certaines villes de France.

 

 

Maintenant, regardons un peu ce qui s’est passé dans les principaux pays arabes pendant les trente dernières années : l’Egypte de ANOUAR EL SADATE, l’Algérie de CHADLI BENJEDID, la Tunisie de ZINE EL ABIDINE BEN ALI. La Libye de KHADAFI est un cas à part : j’aurais envie d'opérer un rapprochement entre le « Guide de la Révolution » et un certain JOSIP BROZ, dit TITO (Yougoslavie). Tant que le dictateur fait régner son ordre, les populations vivent dans une unité relative. Lui disparu, l’Etat central et unificateur a tendance à se désagréger.

 

 

Mais ailleurs ? SADATE, et MOUBARAK après lui, achète la paix à coups de mosquées, réprimant les Frères Musulmans, mais en ayant soin de leur laisser gérer la misère sociale, l’entraide mutuelle, les associations de secours à la population. Si la situation diffère en Tunisie, et surtout en Algérie, elle s’en approche. Tunisie ? Mosquéisation à fond la caisse, gestion du social aux islamiques. Algérie ? Arabisation à fond la caisse pour éradiquer le souvenir même de l’infect colonisateur, gestion du social aux religieux.

 

 

Vous avez repéré les termes de l’équation ? Le clan au pouvoir (MOUBARAK et sa famille, BEN ALI et sa femme, la redoutable LEÏLA TRABELSI et toute sa parentèle, une clique de généraux puissants et BOUTEFLIKA qui leur sert de faux-nez) vit sur le tas d'or qu'il a piqué, achetant ici et là les bonnes volontés influentes et utiles ;  la population, pour l’essentiel, croupit dans la misère et le chômage ; l’Islam progresse, prospère, croît et embellit sur le fumier du social, négligé par le pouvoir.

 

 

Maintenant regardez les « quartiers » français. Ôtez le clan prédateur de l’équation, reste quoi ? L’Islam d’un côté, de l’autre, la misère et le chômage. Ajoutez à l’équation la guerre israélo-palestinienne : MOHAMED MERA est une exception du fait qu’il passe à l’acte, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

 

Mais le sentiment anti-français qui l’animait, la motivation qui était la sienne, pensez-vous qu’ils demeurent une exception, dans nos banlieues ? L'identification aux Palestiniens comme victimes est largement répandue. Et imaginez maintenant cette misère chômeuse, trafiquante et islamisée avec des kalachnikovs dans les mains. C’est juste une image. J’espère.

 

 

C’est sur ces entrefaites (tiens donc !) qu’on apprend, ces derniers jours, que le Qatar, qui a déjà acheté, entre beaucoup d’autres, le P.S.G., a proposé au gouvernement de créer un fonds d’investissement qui serait là pour aider des jeunes des banlieues (d’origine essentiellement maghrébine) à créer leur entreprise. Le dit gouvernement s’est empressé d’accepter, en précisant évidemment qu’il serait présent dans le financement pour contrôler. Mon oeil !

 

 

Sans même parler des prêches dans les mosquées le vendredi, est-il vrai que les responsables politiques français, nationaux et territoriaux, laissent des « associations » plus ou moins confessionnelles s’occuper des populations « issues de l’immigration » ? Oui ou non ? Une petite subvention par-ci, on ferme les yeux par-là ? Que croyez-vous qu’il arrivera, à la longue ?

 

 

Et monsieur HARLEM DESIR (avec ses congénères prêcheurs stipendiés de la diversité, de la mixité sociale, du « métissage » et de la tolérance) s’indigne (le mot est faible) qu’un politicien français « droitise » son discours et récupère des idées du Front National.

 

 

Ces idées ne sont celles du Front National que parce qu’une portion non négligeable de la population française « de souche » a l’impression, en certains lieux, de ne plus être chez elle. Car le Front National n’existe que parce qu’il a une clientèle : toute demande suscite une offre qui se propose de la satisfaire. C’est la loi du marché.

 

 

Maintenant, prenez un politicaillon – mettons qu’il s’appelle JEAN-FRANÇOIS COPÉ – qui désire progresser en direction du pouvoir et qui, pour cela, a besoin d’occuper un poste-clé au détriment de son principal rival – mettons FRANÇOIS FILLON. « Ah, FILLON me grille la politesse en proclamant le nombre de ses soutiens UMP ? Puisque c’est comme ça, je me mets « au centre du débat » (pour parler comme les « journalistes ») en claironnant sur le thème ». Car il ne s’agit que de rassembler des voix sur son nom. Pas de résoudre un problème.

 

 

Mais cela ne veut dire en aucun cas que le problème n’existe pas.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

dimanche, 23 septembre 2012

MARIAGE HOMO, MENAGE IDIOT ?

Pensée du jour : « Si tes amants t'ennuient, marie-toi, cela leur donnera du piquant ».

JEAN ANOUILH

 

L’homosexualité, quand – comme moi, par exemple – on ne se tient pas au courant des dernières tendances, est un univers à part, difficile à appréhender dans sa cohérence et son homogénéité. Si tant est que ce soit un milieu cohérent et homogène. Or, rien n'est moins sûr.

 

 

« Toutes choses égales par ailleurs » (formule énigmatique qu'on entend beaucoup dans la bouche des politiciens ; je l'emploie donc parce que personne ne sait ce qu'elle veut dire exactement), c’est un peu comme l’Islam. En France, de même qu'on dit "l'Islam" en parlant de tous les musulmans du monde, on parle de "la communauté gay". C'est mettre tout le monde un peu vite dans le même sac. Car il y a homosexuel et homosexuel.

 

 

L’Islam est une religion difficilement compréhensible au non-initié. LUTHER.jpgChez les protestants, au moins, c’est clair : tu choisis ta secte, personne n’ira te demander des comptes. Les autres sectes te foutent une paix royale, même si elles sont toutes plus ou moins en concurrence entre elles. C’est « chacun pour soi ». Ce n’est pas pour rien que l’individualisme a été inventé par les adeptes de la Réforme de MARTIN LUTHER.

 

 

 

 

 

 

Chez les musulmans, c’est plus compliqué. Beaucoup plus. Ils font mieux que le dialectique : « Un se divise en deux », du regretté Président MAO DZE DONG,MAO.jpg abondamment mis en application par les trotskistes au cours du 20ème siècle. Eh bien l’Islam fait encore plus fort : « Un se divise en trois » : sunnites, chiites, kharidjistes. Et encore ne cité-je que les trois branches principales, chacune d’elles ayant à cœur de se subdiviser à son tour on ne sait pas combien de fois. A croire que MAO s’est inspiré de l’Islam.

 

 

Chez les homosexuels, cercle que j’ai approché tangentiellement, moi qui ne suis pas spécialiste, j’ai cru pouvoir distinguer deux grandes tendances, dont je me hasarde ici à proposer la modeste description. Description est d’ailleurs un bien grand mot. N’ayant à ma disposition ni le fonds documentaire, ni la méthodologie de l’entomologiste, je ne saurais pas plus entrer dans le menu du détail que dans le détail du menu. Brossons de l'extérieur, si vous le voulez bien, deux silhouettes, à gros traits. Avec une marge d'erreur généreuse, on le comprendra.

 

 

Dans la partie gauche de la photo, l’homosexuel qui choisit délibérément de vivre en rupture avec l'ordre normal. De rejeter les codes sociaux touchant les moeurs. Il opte en toute conscience pour la fracture, pour l’affirmation de soi, pour la proclamation de sa « différence ». Les conventions en vigueur parmi les adeptes de la normalité ? Très peu pour lui.

 

 

Ainsi, DANIEL, le serveur de la brasserie X, affichait-il l’altérité de son style en toute décontraction, avec une touche de malice et d'insolence. D’autres que lui,  certes, tiennent à la respectabilité de la façade, et ne tombent le masque que lorsque le contexte s’y prête, ce qui les oblige parfois à mener, tant bien que mal, une double vie.

 

 

Cet homosexuel, donc, ostensiblement (ostentatoirement ?) ou secrètement contre, revendique la transgression de l’ordre moral. Il ne négocie pas. Au sein de la « communauté », il reste un individu individuel. Un individualiste. Peut-être un aventurier. Un insoumis avide d'expériences inédites que la normalité horrifiée réprouve. Il est, éventuellement, assidu aux soirées intitulées « no limit », ainsi que D. nous le narrait en petit comité. Il est différent de la majorité ? Eh bien il assume, et voilà tout. Abattre le mur qui le sépare des gens normaux ? Pas question.

 

 

Appelons-le Barbe-Noire.jean anouilh,littérature,politique,société,homosexualité,moeurs,morale,sexualité,communauté gay,islam,protestantisme,protestant,martin luther,mao tse toung,trotskiste,sunnite,chiite,fhar,mariage homo,adoption homo,marcel proust,le temps retrouvé Son symbole : un sabre d’abordage ou un drapeau noir habillé d’un crâne. Que cela se voie ou non, il n’aime pas qu’on l’embête avec le Code Civil. Il veut vivre comme il l'entend. Il n'a peur de rien. Même hors-la-loi ne lui fait pas peur. Non-conformiste, sa façon de faire indique une remarquable cohérence, en même temps qu'un certain courage.

 

 

Dans la partie droite de la même photo, on aperçoit maintenant l’homosexuel « méchant ». C'est un théoricien offensif qui pense globalement. Il est porteur de doctrine sociale et politique (inscription de l'individu dans le collectif, et tout le bataclan). Il descend peut-être du F.H.A.R.,jean anouilh,littérature,politique,société,homosexualité,moeurs,morale,sexualité,communauté gay,islam,protestantisme,protestant,martin luther,mao tse toung,trotskiste,sunnite,chiite,fhar,mariage homo,adoption homo,marcel proust,le temps retrouvé l’antique Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (voir ci-contre). C'est peut-être cet élan révolutionnaire qui fait du mariage homo une revendication « de gauche ». Drôle d'idée, si on y réfléchit.

 

 

Cette politisation de l'homosexualité résonne bizarrement, d'ailleurs, et interroge.  Franchement, l'idée n'est pas évidente : qu'y a-t-il de gauche, plutôt que de droite, dans la pédérastie et dans le lesbianisme ? J'ai du mal à voir du politique dans le sexuel. Et qu'on ne me ressorte pas, pour me prouver le contraire, les théories sociologiques de l'organisation et de l'administration de la sexualité par la structure sociale. Et qu'on ne me ressorte pas WILHELM REICH et compagnie.

 

 

Si être homo faisait voter à gauche, c'est plus de 90 % de voix pour la droite qu'il devrait y avoir aux élections.  

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

vendredi, 14 septembre 2012

HANDICAP ET CULPABILITE COLLECTIVE

Pensée du jour : « Un idiot pauvre est un idiot. Un idiot riche est un riche ».

 

PAUL LAFFITTE

 

 

Tiens, pensez à un détail : une loi récente oblige tous les bâtiments qui se construisent à prévoir des équipements spéciaux pour les handicapés (ascenseurs, plans inclinés, issues de secours, …). Imaginez un moment ce que ça représente concrètement. Rien qu’en surcoût de construction. Que la loi fasse une place aux handicapés, c’est rien que du normal. Mais que ce soit le handicap qui dicte la loi et impose ses propres normes à l’ensemble des citoyens, ce n’est plus normal du tout.

 

 

Que le handicap, après avoir été relégué dans les oubliettes, devienne législateur (une loi est par principe de portée universelle), cela ressemble à une aberration. Que l’architecture soit même pensée tout entière en fonction du handicap me semble tout simplement anormal. On apprend que 15 % des établissements publics seront équipés à temps pour accueillir les gens dits « à mobilité réduite », pour se conformer à la loi. Je le déplore évidemment et forcément, mais combien ça coûte aux collectivités ? « On vous obligera à être tolérants », dit l’adjudant (ou le commissaire du peuple).

 

 

L’affaire du mariage et de l’adoption ouverts aux homosexuels tient d’une logique comparable, fondée sur un fantasme d’égalitarisme absolu (et dépravé, confondant différence et inégalité). Une logique sous-tendue par une idée que je trouve dangereuse : l’interchangeabilité de tout individu par n’importe quel autre (« Tout homme en vaut un autre »). C’est ce que dit en filigrane le « flyer » glissé sous l’essuie-glace des voitures occupant indûment les emplacements « spécial handicapés » : « Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap ». Alors que « ma place », en ville, est déserte 23, 5 heures sur 24. Mais c'est vrai qu'ils ne sont pas rares les goujats qui n'en ont que pour trois minutes, je vous le jure, monsieur l'agent.

 

 

Conditionner la vie de TOUS au bien-être de QUELQUES-UNS (les bonnes âmes vertueuses parlent d’ « intégration », sous le noble prétexte d’éviter toute « exclusion »), pardonnez-moi, mais c’est trop. Et les bonnes âmes vertueuses ont cessé définitivement de m’amuser : elles me courent durablement sur le haricot, qu’elles font semblant de ne pas voir qu’elles me le "brisent menu" (citation d’un film réalisé par GEORGES LAUTNER, dialogué par MICHEL AUDIARD, et bénéficiant d'une certaine notoriété). C'est fou le nombre de gens qui, du haut de leur âme vertueuse, font la leçon à tout le monde et, à l'occasion, la police de la pensée.

 

 

A cet égard, merci aux juristes (les impeccables et rigoureux MIREILLE DELMAS-MARTY ou MARIO BETTATI, par exemple) qui ne cessent de rappeler qu’aucune loi ne saurait se réclamer d’un particularisme et que toute loi s’applique indépendamment de tout particularisme, ce qui peut produire parfois des effets d'aubaine (le raisonnement est le même pour le mariage homosexuel, la filiation post mortem, la fin de vie, …).

 

 

Car la loi institue en général, c'est-à-dire indépendamment des cas. Plus une loi est spécifique et particulière (un fait divers ? Une loi ! raisonnait NICOLAS SARKOZY), motivée par une circonstance précise, plus est grand le risque d'abus de droit. Tiens, comment s'appelle-t-il, ce député de la France qui a fait passer un amendement exonérant je ne sais plus quel investissement de toute fiscalité, exonération qui, comme par hasard, bénéficie à la commune dont il est l'élu (merci au cumul des mandats et à l' « ancrage local » cher à ses adeptes fanatiques) ?

 

 

D’accord pour que la société institue, par l’éducation et l’instruction, le respect  envers toutes les « minorités » qu’on voudra. Mais je ne suis plus d’accord quand il s’agit de faire passer la majorité de la population sous les fourches caudines (les fourches caudines, ça fait toujours très bien, très culturel, même si on a oublié qu'elles concernent les Romains, vaincus par les Samnites en - 321) de groupes (lobbies) dont l’habileté consiste à se présenter comme des « victimes » de cette majorité. Pire encore : « victimes » d’une « discrimination » intolérable.

 

 

On aura beau torturer les mots et les phrases, les handicapés sont, par accident ou par la naissance, des êtres physiquement (ou mentalement) diminués. Que la société fasse des efforts pour leur faire une place digne est un signe et une preuve de civilisation. VALÉRY GISCARD D’ESTAING (oui, c’est vieux) le disait déjà. On n’est plus à Sparte, où le bébé mal formé était supprimé.

 

 

Plus près de nous dans le temps, l’humanité a vu des horreurs. Espérons ne pas assister à de tels retours de l’enfer. Mais que TOUS les bords de trottoirs (déjà surbaissés pour la commodité des poussettes) soient munis de « bandes podotactiles » (comme cela s'appelle à Lyon) destinées aux cannes des aveugles, je n’y peux rien, cela me pose question (ne serait-ce qu'à propos de l'argent public que cela représente, mais peut-être suis-je un monstre).

 

 

La société a donc un devoir, celui de rendre aux handicapés la vie supportable et plus facile. Mais pas plus qu’on ne lui demande de donner aux gens le bonheur, en aucun cas elle ne saurait être tenue d’instaurer une égalité absolue entre les valides et les handicapés. Obligation de moyens, tant qu'on veut, obligation de résultat, jamais de la vie. Que le handicap, inné ou acquis, donne lieu à une compensation relative, c’est bien. Que le handicap finisse par conditionner la vie de la collectivité entière, il ne serait pas bon qu'on y arrive (si on n'y est pas déjà).

 

 

Dans le régime politique de la démocratie, l’élection donne à une majorité, par la Constitution, le droit et l’autorité de faire les lois. En démocratie, la minorité électorale est obligée de se soumettre, bon gré mal gré, à la majorité (personne n'a attenté à la vie de SARKOZY, bien que l'envie n'en manquât pas à beaucoup de gens). Il est curieux d’assister, à l’occasion de débats sociétaux (place des handicapés, place des immigrés, mariage homosexuel, …), à une inversion de la loi démocratique, et de voir une minorité dicter sa loi à la majorité. Par l'indimidation et la culpabilisation.

 

 

En régime démocratique, les personnes, qu’elles soient physiquement ou mentalement complètes ou diminuées, sont juridiquement égales. On ne sort pas de là. Ensuite, jusqu’où faut-il aller ? Je pose la question.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.


 

dimanche, 09 septembre 2012

ULTRALIBERAL ? MAIS JUSQU'OU ?

Pensée du jour : « Quand ne sera-t-il plus besoin de rappeler que les antialcooliques sont des malades en proie à ce poison, l'eau, si dissolvant et corrosif qu'on l'a choisi entre toutes substances pour les ablutions et lessives, et qu'une goutte versée dans un liquide pur, l'absinthe par exemple, le trouble ? ».

ALFRED JARRY

 

JARRY FEE MUR PEINT GRAND LEMPS.jpg

ALFRED JARRY SUR UN MUR DU GRAND LEMPS (38)

EN COMPAGNIE DE L'ABSINTHE ET DU PEINTRE PIERRE BONNARD

 

C’est ainsi que, dans un premier temps, monsieur DEGAUCHE dépénalise l’homosexualité. Comme depuis un bon moment, le délit ne saute plus aux yeux de beaucoup de gens, monsieur DEDROITE ne moufte pas. Mais cela ne suffit pas. Ainsi, les curetons (rien que des DEDROITE), en 1984, n'ont-ils pas fait plier ALAIN SAVARY et FRANÇOIS MITTERRAND au sujet de l’enseignement catholique, en brandissant le drapeau de la « liberté » (après un beau hold up sur la dite liberté) ?

 

 

Eh bien monsieur DEGAUCHE leur emboîte le pas. A ceci près que, en dehors de l'extravagante "Gay Pride", il n'aura pas à manifester par millions dans les rues. Il ne voit donc aucun inconvénient à inscrire dans le marbre de la loi le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Au nom de l’ « égalité », cette fois. Mieux : pour lutter contre l’ « inégalité des droits ».

 

 

Monsieur DEDROITE, et parfois l’homme de la rue (une variante primitive d’homo sapiens), a du mal à comprendre cette spécification de la notion d'égalité, qui semble, pour l’occasion, curieusement détournée de son sens.

 

 

En fin de compte, si monsieur DEGAUCHE a admis l’ordre capitaliste des choses (comment ça, il a retourné sa veste ? Mais comment osez-vous ?), en revanche, dans le domaine "culturel" (ou "sociétal", comme on voudra), il a gardé intacte sa volonté de mettre à bas l’arbitraire qui établit des différences (rebaptisées « inégalités »), fondées sur des critères de jugement. Juger, se dit-il, c’est mal. Il est interdit de juger. Aussi importe-t-il de rendre tout jugement impossible. Et donc de brouiller les repères le plus savamment possible. Le grand tout, c'est de « décloisonner » à tout va. Abattre les frontières entre les « genres ».

 

 

Curieusement, cependant, monsieur DEGAUCHE s’arrête en chemin. On ne sait quelle vergogne le saisit au moment de franchir un autre Rubicon. Peut-être sent-il vaguement que « la société » n’est pas prête ? Toujours est-il que, alors même que toutes les forces du commerce et de la marchandise, toutes les forces des médias en général et de la télévision en particulier, concourent à élire la PETITE FILLE en icône féminine (et même sexuelle, voyez LOLITA), digne de tous les soins de peau, de tous les maquillages et de toutes les modes vestimentaires les plus « modernes », monsieur DEGAUCHE retrouve le sens du sacré. Je veux dire qu'il recule devant le risque d’accusation de pédophilie. Ici, on perçoit une légère contradiction entre commerce et morale ? Qu'allez-vous chercher ?

 

 

Alors, LGBT tant que vous voudrez, mais ne touchez pas à l’enfant. LGBT, c’est pour « Lesbienne, Gay, Bi et Trans ». Le message implicite de LGBT, c’est : « Tout est permis ». Eh bien non : on ne sait quelle pudeur saisit soudain l’homme de gauche à l’orée de la forêt enfantine.

 

 

 

Car monsieur DEGAUCHE, qui n’en est pas à une contradiction près, revient très fermement au répressif (qui, pour tout le reste, lui fait horreur), persistant à appeler « malade » une personne attirée sexuellement par un enfant, et à lui ordonner, dans ses cours de justice, des « obligations de soins ». Exactement l'accusation qui visait les homosexuels il n'y a pas si longtemps. Etrange, ne trouvez-vous pas ?

 

 

Un mystérieux mur invisible l’empêche de réaliser dans ce domaine la trilogie qu'il a menée à bien dans les autres : 1 - dépénaliser (abolir le délit), 2 -  légaliser (accorder la respectabilité, en punissant au besoin l' « homophobie »), 3 - légiférer (accorder aux homosexuels le mariage et l'adoption d'enfants).

 

 

Ce qu’il a fait en faveur des LGBT, il ne le ferait pour rien au monde à l'égard de ces immondes pédophiles, la honte de l’humanité. Fi donc ! Jarnidieu ! La peste soit du fat ! Jusqu’à ce que peut-être, un jour futur, ceux-ci s’étant à leur tour organisés en associations "de défense" criant à la "stigmatisation" et à la "persécution", forment des groupes de pressions, s'introduisent en réseaux influents parmi les cercles du pouvoir, pour finir par faire modifier la loi en leur faveur, et établir une bonne fois le délit de « pédophilophobie ».

 

 

Monsieur DEGAUCHE pourra alors se dire en toute bonne conscience que « la société est prête ». Que « les mentalités ont évolué ». Qu’à tant faire que de « faire tomber des tabous », au fond, pourquoi pas celui-là ? 

 

 

Mais on oublie trop souvent que parmi ce qu’il est convenu d’appeler les « minorités sexuelles » avides de faire reconnaître officiellement leur « orientation sexuelle », leur « choix de genre » et leurs « préférences sexuelles », il n’y a pas que les LGBT, loin de là. Certains pourraient même les accuser d’accaparer égoïstement toute l’attention, au détriment de beaucoup d'autres. Il faut voir plus loin, plus large et, si j'ose dire, plus profond.

 

 

Car, si monsieur DEGAUCHE était vraiment progressiste, il devrait, en plus des pédophiles, exempter des foudres de la loi les zoophiles (à quand le mariage entre gent humaine et gent canidée (mais à quel doigt passer l'anneau ?) ?), les coprophiles et autres scatophiles, les sadiques, les masochistes (le baron de Charlus dans Le Temps retrouvé), les exhibitionnistes, les masturbateurs, les gérontophiles, les nécrophiles, les fétichistes (à quand l’adoption de chaussures à talon haut, reconnue par la loi, par les couples fétichistes ?).

 

 

Bref, puisque la notion de « limite » fait horreur à monsieur DEGAUCHE, la liste est longue des « droits » à réclamer, à ouvrir et à inscrire dans le métal de la loi ; des « barrières » à faire tomber ; des « tabous » à abolir. Pour conclure, je finirai sur une allusion au marquis DE SADE : gens de la gauche morale, « encore un effort pour devenir … », quoi, au fait ? On trouve en effet, inséré au milieu de la débauchée Philosophie dans le boudoir, une sorte de traité révolutionnaire : Français, encore un effort si vous voulez être républicains.

 

 

Bon, si vous voulez, retranchons « républicains » à la formule du marquis. Et reprenons en chœur : « gens de gauche, encore un effort pour devenir ». Un point c’est tout. Monsieur DEDROITE n’a plus qu’à fermer sa gueule, à ruminer et à regarder passer les trains des « réformes ». Monsieur DEGAUCHE, de son côté, n'a plus qu'à devenir un point. C'est tout.

 

 

Alors, mes bien chers frères, vous voulez savoir quoi ? DEVENONS. C'est le fond de l'affaire.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

samedi, 08 septembre 2012

ULTRALIBERAL DE GAUCHE ?

Pensée du jour : « L'âme est un tic ».

 

ALFRED JARRY

 

 

Je disais donc qu’aux Etats-Unis, les libertariens travaillent à la disparition de l’Etat. Leur slogan : « L’Etat n’est pas la solution, c’est le problème ». Dès qu’on leur parle de redistribution des richesses, ils crient à la dictature communiste. Mais s’ils sont ultralibéraux en politique et en économie, ils restent cohérents quand il s’agit des rapports sociaux et des mœurs : ils sont, entre autres et par exemple, favorables au mariage homosexuel et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Ils vont au bout de leur logique.

 

 

En France, on n’en est pas là. A droite comme à gauche, on reste timoré, pusillanime, pour ne pas dire effarouchable, dès qu’il s’agit d’être logique. Tous deux cultivent leurs contradictions amoureusement, comme un bout de jardin où poussent quelques légumes qui leur servent de fonds de commerce. Chez l’un, la tomate du dirigisme social voisine impunément avec l’aubergine du libéralisme économique. Chez l’autre, le poivron du dirigisme économique côtoie fièrement la courgette du libéralisme social. Et tout ça fait une excellente ratatouille, à condition d'oignons et aulx à suffisance.

 

 

Mais on va voir qu’ils poussent le fétichisme de la contradiction encore plus loin, jusque dans le domaine des mœurs. C’est ainsi que monsieur DEDROITE a dressé un piédestal sur lequel il a juché, entre autres valeurs sûres, la famille, le mariage, les bonnes manières. Au nom de la tradition, d’une part, mais d’autre part parce qu’il faut bien fonder la vie commune sur quelques vérités bien senties.

 

 

La famille découle de l’union, si possible consacrée en présence de Notre-Seigneur, entre un homme et une femme. L’union est évidemment définitive, et monsieur DEDROITE sentirait ses cheveux se hérisser sur son crâne, rien que d’imaginer qu’il pût en être autrement. La respectabilité avant tout. Cela fait partie des valeurs sûres et éprouvées. Et le respect des enfants pour leurs parents est une simple base de départ, évidente. Quasiment une condition.

 

 

Monsieur DEGAUCHE, de ce côté, il faut bien l’avouer, fait beaucoup plus débraillé. La famille ? Il faut être tolérant. Elle est à géométrie variable ? Il faut être compréhensif. Avec des rejetons ouverts aux possibles ? Il faut être tolérant. A peine sortis du berceau, les enfants sont considérés comme des personnes. A ce titre, ils sont dignes de respect : c’est à eux de choisir. La conception de l’enseignement est à l’avenant : c’est à l’enfant lui-même de « construire son savoir ».

 

 

Dans La Grande bouffe, MICHEL PICCOLI, avant d’entrer dans la villa de Neuilly pour y mourir d’occlusion intestinale, laisse sa fille lui présenter un grand noir dont le principal talent est de danser comme un dieu. PICCOLI est sûrement DEGAUCHE. Tout ça, apparemment, ne porte guère à conséquence.

 

 

Le mariage ? Qu’est-ce que c’est, cette institution désuète ? Il fait partie des structures d’une société honnie. Car monsieur DEGAUCHE déteste en général tout ce qui vient de la société capitaliste, et en particulier, tout ce qui en fait l’armature morale, dont il a bien l’intention de se débarrasser quand il aura changé la société dans son ensemble.

 

 

La manière de s’habiller ? JACK LANG, ministre de la Culture, la première fois qu’il voulut aller s’asseoir sur les bancs des ministres à la Chambre, se vit refuser l’accès par les appariteurs. Sûrement soudoyés par la droite réactionnaire : il voulait entrer, rendez-vous compte, en costume impeccable et impeccable pull blanc à col roulé ! Un attentat contre les institutions ! Disons-le : monsieur DEGAUCHE a inventé le « non-conformisme ». Le pull blanc à col roulé, au risque de renverser la république.

 

 

Car monsieur DEGAUCHE a accédé au pouvoir. Il y a planté les dents avec curiosité, l'a mâché avec intérêt, avalé avec délices. Ce faisant, il s’est dit : « Pourquoi pas moi ? ». C’est pourquoi en 1983, monsieur DEGAUCHE se convertit à l’économie de marché. C’est la seule concession qu’il consent à l’ordre établi. Pour le reste, il est intraitable : il faut être tolérant avec la canaille car, si l’on y regarde de près, c’est la société qui est responsable et en a fait des victimes. C’est en tout cas ce que proclame saint PIERRE BOURDIEU, de derrière ses lunettes teintées en vert-de-rose.

 

 

Il faut aussi se montrer tolérant avec tout ce qu’une société réactionnaire nomme « déviance » (à la rigueur « perversion »). Qu'on se le dise, rien que le fait de nommer déviance ou perversion des pratiques sexuelles statistiquement marginales, c'est porter un JUGEMENT. Et c'est intolérable à monsieur DEGAUCHE.

 

 

La « norme » est une convention établie de façon arbitraire par un ordre injuste, qui introduisait un clivage sans pitié entre les « normaux » et les « anormaux ». Ça, c’est saint MICHEL FOUCAULT qui l’a "déconstruit" de façon indubitable et définitive. C’en est fini des normes, du normal et de l’anormal. C'en est fini de juger. Monsieur DEGAUCHE a inventé l'interdiction des critères, des différences et des classements. Il a décidé que poser une limite est une atteinte aux droits fondamentaux. Tout est dans tout, voilà le credo.

 

 

C’est lui qui le dit.

 

 

A suivre.


 

vendredi, 07 septembre 2012

QUEL ULTRALIBERAL ETES-VOUS ?

Sonnet du jour :

 

« Vase olivâtre et vain d'où l'âme est envolée,

Crâne, tu tournes un  bon regard indulgent

Vers nous, et souris de ta bouche crénelée.

Mais tu regrettes ton corps, tes cheveux d'argent,

 

Tes lèvres qui s'ouvraient à la parole ailée.

Et l'orbite creuse où mon regard va plongeant,

Bâille à l'ombre et soupire et s'ennuie esseulée,

Très nette, vide box d'un cheval voyageant.

 

Tu n'es plus qu'argile et mort. Tes blanches molaires

Sur les tons mats de l'os brillent de flammes claires,

Tels les cuivres fourbis par un larbin soigneux.

 

Et, presse-papier lourd, sur le haut d'une armoire

Serrant de l'occiput les feuillets du grimoire,

Contre le vent rôdeur tu rechignes, hargneux

 

ALFRED JARRY, Les trois meubles du mage surannés.

 

 

Nous avons pu voir, hier, mes bien chers frères, combien tranchée était l’opposition entre monsieur DEDROITE et monsieur DEGAUCHE en matière économique. Enfin, pas si tranchée que ça, puisque monsieur DEGÔCHE a renoncé à faire la révolution et à organiser la redistribution des richesses sur les bases d’une certaine justice. De son côté, monsieur DEDROITE ne dédaigne pas, à l’occasion, de mettre un peu d’eau sociale dans son vin capitaliste. A condition de ne pas exagérer. Notons en passant que monsieur DEDROITE se définit plutôt par un "pour", et monsieur DEGAUCHE par un "contre". L'un a un but, l'autre a un idéal.

 

 

Aujourd’hui, je vais tâcher de montrer que l’opposition est tout aussi virulente entre monsieur DEDROITE et monsieur DEGÔCHE, mais curieusement, ils ont troqué leurs costumes et enfourché le cheval de l’autre. On ne parle plus d’économie. Aujourd’hui, en effet, on va les voir s’affronter sur les questions dites de société. Inversion radicale des rôles. Ce qui nous promet quelques ricanements.

 

 

En effet, autant monsieur DEDROITE est à fond pour la liberté quand il s’agit d’entreprendre, de vendre, d’acheter, de spéculer, de s’enrichir, autant son humeur s’assombrit quand on s’avise de s’en prendre aux VALEURS. Pas touche à l’AUTORITÉ, par exemple. Celle de l’Etat, en particulier, ne se négocie pas. Elle doit s’exercer jusque dans les confins et les recoins des banlieues défavorisées, vampirisées par les mauvais garçons, les gangs et le trafic de drogue. Pour monsieur DEDROITE, l’autorité doit procurer la SÉCURITÉ. Mot-clé.

 

 

Monsieur DEGÔCHE voit les choses un peu autrement. Sans nier la nécessité (ni la légitimité) de l’autorité, il mise sur le contact, la relation et la négociation. Sur l' « adhésion au pacte social ». Il compte sur la proximité, comme il avait en son temps baptisé une forme de police mise en place dans les « quartiers » (il suffit de le dire comme ça pour savoir de quels quartiers on parle, c'est assez drôle).

 

 

Il faut avouer que ça ne marchait pas mal, que c’était efficace en termes d’ordre public, la « police de proximité ». L’ancien Guide Suprême de la France (allez, je le nomme au moins une fois : le tout petit NICOLAS SARKOZY, le mec aux talonnettes), en caricaturant la chose (« un policier n’est pas payé pour jouer au foot avec des voyous »), a fait « peter les galons » (comme on disait quand j’étais au service militaire).

 

 

Il a trompeté qu’il allait tout passer au kärcher, il a blackboulé la « proximité » pour envoyer les CRS qui, en matière de « contact avec la population », s’y connaissaient bien mieux. C’est bien connu. Et il a demandé aux flics de « faire du résultat », de « faire du chiffre » (faisant passer la réalité du terrain loin derrière la statistique, parce que la réalité, ça fait moins d'effets d'annonce dans la presse).  

 

 

Résultat ? Crispation des flics sur l’autorité de l’uniforme, respect à sens unique, tutoiement obligatoire, gardes à vue comme s’il en pleuvait, recours massif au délit d’ « outrage et rébellion », bref, du grand art. La subtilité du sarkozysme (si ça existe). Car le problème de ce monsieur DEDROITE, c’est sa fascination pour l’intimidation, le muscle, la parade et la démonstration de force, exactement comme certains clubs de hooligans du PSG : mettez un uniforme bleu à un hooligan, quelle différence avec un vrai flic, d'après vous ? Ah bon, j’exagère ?

 

 

Autre sujet de crispations antagonistes entre messieurs DEDROITE et DEGAUCHE : la frontière entre Etats. Le premier tient à son inviolabilité (on appelle ça le « souverainisme »). Même quand il est européaniste convaincu, il tient à ce que la frontière, même reportée à la limite de l’ « espace Schengen », soit bien gardée (non, je ne me lancerai pas dans la digression, qui me tend pourtant les bras, sur Lampedusa, la frontière gréco-turque, etc.).

 

 

 

Monsieur DEGAUCHE, au contraire, favorise la porosité des frontières autant qu’il peut, et milite même pour leur abolition (« Ouvrez les frontières », chantent AMADOU et MARIAM, qui ne sont pas européens, mais qui y ont beaucoup de complices). Le premier remplit des charters ou des bateaux à destination des pays d’origine de tous ceux qui n’ont rien à faire sur le sol national.

 

 

Le second, c’est d’abord un grand cœur, une grande âme. Et ce cœur et cette âme se penchent avec compassion et altruisme sur le sort infâme que la nation ose réserver aux étrangers. Ce rocher espagnol inhabitable, qu'il soit couvert de réfugiés africains, quelle honte pour l'Etat espagnol ! Honte à MANUEL VALLS, qui ose se prétendre de gauche, et qui arrache des Roms à leur immonde favela !

 

 

Monsieur DEDROITE s’insurge contre les intrusions. Monsieur DEGAUCHE s’insurge, et même milite, contre les extrusions. Disons-le : monsieur DEGAUCHE trouve sa vocation dans le "comité d'accueil". Et quand il y a des enfants dans l'affaire, il tonitrue. C’est logique.

 

 

Le premier est crispé, pas forcément sur la couleur de peau, disons sur une certaine idée de sa propre identité. Il tient à faire la différence entre être d’ici et être d’ailleurs. Ce n'est pas si bête, pourtant. Il faut dire que ça lui fend quand même le cœur, à monsieur DEDROITE, de sortir au terminus du RER à Gagny (dans le 9-3) et de se croire débarqué à Bamako. On ne peut pas seulement lui en tenir grief. Disons qu'il y a au moins matière à réflexion, et qu'on ne peut pas lui jeter la pierre sans y avoir un peu réfléchi.

 

 

Monsieur DEGAUCHE, lui, a appelé « diversité » la libre circulation et l’installation d’étrangers sur le sol national, il s’en félicite, il s’en réjouit. Il s’en fait même un programme, un objectif à atteindre : c’est le joyeux « métissage », l’euphorisante « créolisation », dont il se promet mille merveilles de civilisation, dans « la patrie des droits de l’homme », comme il aime à se gargariser. Il s'extasie devant les "sans-papiers". Il s'émeut face aux "sans-logis". Mais que fait l'Etat, nom de Dieu ?

 

 

Bilan paradoxal provisoire : autant monsieur DEDROITE se montre libéral tant qu’il s’agit de produire, d’acheter, de vendre et de faire circuler des marchandises d’un bout à l’autre de la planète, autant il se montre rigide, voire inflexible dès qu’il s’agit d’une certaine idée de l’ordre social et de la nation. Autant les choses ne connaissent pas de frontières, autant, s’agissant des gens et des personnes, il s’en tient à l’adage : « Chacun chez soi ». Il veut rester lui-même. C’est humain.

 

 

Contradiction identique pour monsieur DEGAUCHE : lui qui, s’agissant d’économie, voudrait réprimer l’ « argent roi », les « paradis fiscaux » et l’exploitation (éhontée, disons-le avec force) de l’homme par l’homme (la formule a, notons-le, totalement déserté les discours) et qui appelle à une redistribution des richesses, et par la force si nécessaire, lui, dès qu’il s’agit des gens et des personnes dans la société, il se sent fondre de bienveillance. Et il appelle ça « humanisme ».

 

 

Je ne peux pas m’empêcher de les trouver bizarres, ces contradictions. C’est vrai, quoi, comment peut-on être, et parfois de façon caricaturale, une fois souple et une fois rigide ? Tolérant et intransigeant ? Prenez ceux qu’on appelle les « libertariens » aux Etats-Unis. Eux, ils sont cohérents : ils prônent la disparition de l’Etat et de toute régulation, mais s’agissant du social et du sociétal (puisque sociétal il y a, paraît-il), ils sont tout aussi tolérants et ouverts.

 

 

Mais ce n’est pas fini. Ça continue demain. Attention les yeux.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mercredi, 05 septembre 2012

DU NEUF ET DES NOUVELLES

Pensée du jour : « On dit que la Terre est ronde. Mais c'est une plaisanterie. Il n'y a d'ailleurs qu'à la regarder. Elle est toute couverte de bosses, de cicatrices, de gros furoncles, toute mal cuite et toute mal fichue ; ravinée de crevasses, de rides, de creux, de sillons, percée de trous comme un gruyère.  Des trous pleins d'eau. C'est ce qui permet de prendre des vacances. Si la Terre était ronde il n'y aurait pas de vacances ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

 

Je lis dans le journal : « Hollande passe à la vitesse supérieure ». Voilà une bonne nouvelle. Bercé par l'allégresse, pour ne pas dire l'alacrité coruscante du message, tout d’un coup, voilà que me reviennent en mémoire quelques vers d’ARTHUR RIMBAUD :

 

« Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides

Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ».

 

TROUPEAU VACHES.jpg

PAIX DES PÂTIS SEMÉS D'ANIMAUX

 

A croire qu’un autre HOLLANDE  était passé « à la vitesse supérieure » à l’époque d’ARTHUR. En apprenant cela, en effet, le viscère se détend ; le trait du visage gagne en plénitude ; l'orteil s'ouvre en éventail ; l'épiderme se déride ; la narine inhale un azur parfumé ; l’oreille jouit d'ouïr gazouiller l'onde pure ; l'esprit accède à la musique des sphères. C’est la félicité. C'est la rentrée. FRANÇOIS HOLLANDE passe à la vitesse supérieure.

 

*

 

La mort de MARION COTILLARD dans le dernier Batman met l’internet en joie : on ne compte plus les vidéos (plus ou moins réussies) postées sur Youtube, où des facétieux imitent l’actrice au moment où elle dit quelques mots avant de fermer les yeux en baissant brusquement la tête sur le côté.

 

COTILLARD.jpg

 

Quelle idée, en mourant, de fermer les yeux en baissant la tête sur le côté, aussi ! Je l’ai toujours fortement déconseillé. Je conseille quant à moi de "ne pas mourir du tout" (GEORGES BRASSENS, Funérailles d'antan). Mais on ne m’écoute pas.

 

*

 

Le collectif "Libération Animale" a manifesté le 1er septembre pour interpeller citoyens et élus : « Comme l’esclavage humain a été aboli [où ont-ils pris ça ? Ils rêvent, ma parole], l’esclavage animal doit aussi être aboli ». Pour cela, rejoignez l'ange ailé élu ci-contre.littérature,alexandre vialatte,poésie,françois hollande,arthur rimbaud,politique,parti socialiste,sonnet des voyelles,rentrée scolaire,marion cotillard,batman,libération animale,témoins de jéhovah,johnny halliday,bronzage,jeux paralympiques,handicapé,boson de higgs,cern

 

 

 

Un « mouvement généreux [on croit rêver] » doit faire « évoluer les consciences », et faire passer l’humanité « d’une société spéciste à une société antispéciste ». On ne se doute pas des ravages du spécisme, insecte récemment importé d'Uranus ou d'Alpha du Centaure. A ne pas confondre avec le charmant lépisme. Il n'empêche qu'il convient de libérer aussi le lépisme.littérature,alexandre vialatte,poésie,françois hollande,arthur rimbaud,politique,parti socialiste,sonnet des voyelles,rentrée scolaire,marion cotillard,batman,libération animale,témoins de jéhovah,johnny halliday,bronzage,jeux paralympiques,handicapé,boson de higgs,cern Comment ? Ce n'est pas mon problème.

 

 

 

On passe à côté de distractions décisives. J'admire le combat des vertueux et trop rares antispécistes contre les hideux spécistes. Je n’ai pas vu les manifestants, mais je ne saurais les imaginer autrement que portant sur la figure les signes de l’appétit de vivre, de l’épanouissement et de la gaieté débridée qu’on peut observer sur le visage longiligne et sérieux d’un Témoin de Jéhovah. Qu'on se le dise, si le Témoin de Jéhovah (il n'est pas le seul, hélas) veut réformer l'espèce humaine, c'est pour son BIEN. "Son", c'est bien sûr celui de sa secte.

 

TEMOINS DE JEHOVAH 1.jpg

LÀ, C'EST A LVOV

 

Mes aïeux m'ont légué dans leurs gènes l'allergie à l'anti-spécisme, aux Témoins de Jéhovah et à tous les améliorateurs de l'espèce humaine. L'espèce humaine est largement surestimée, en général, j'en suis d'accord, mais j'y tiens. Telle qu'elle est. Avec ses monstrueux défauts, elle me suffit, n'allons pas lui en rajouter. Merci d'avance à tous ceux qui renonceront à Satan, à ses pompes, aux Témoins de Jéhovah et aux libérateurs des animaux.

 

*

 

JOHNNY HALLIDAY est passé de l’hôpital de Pointe-à-Pitre à celui de Fort de France, avant un gagner une clinique américaine.

 

BLOC OPERATOIRE.jpg

AUTOPORTRAIT RECENT DE JOHNNY HALLIDAY

 

Une idée du dernier chic à suggérer aux tour-opérateurs : plutôt que quelque temple grec et autre antiquité, proposez un panorama complet des temples modernes de l’efficience médicale. Succès assuré.

 

 

Tout ça pour une « vieille bronchite » mal soignée ! N'empêche qu'il a fallu aller la récupérer, la vedette, quand ça lui a pris de faire quelques brasses dans la mer. Le fan s'inquiète. Il y a peut-être de quoi.

 

*

 

Les méfaits du soleil commencent à être bien connus. On le vérifie une fois de plus dans le 13ème arrondissement de Paris. Est-ce un réglage excessif des appareils ? Un étui à lunettes négligemment abandonné sur une lampe à bronzer ? Toujours est-il qu’on a retrouvé le corps sans vie d’un habitué, une fois le salon dévasté par l’incendie.

 

ABATTOIR DE CORBAS.jpg

DESOLE, JE N'AI PAS LE SALON DE BRONZAGE,

ON SE CONTENTERA DE L'ABATTOIR DE CORBAS EN PLEINE ACTION

 

*

 

Un handicapé au moins ne participait pas aux Jeux Paralympiques : à 52 ans, il a été retrouvé chez lui lardé d’une dizaine de coups de couteaux. Le parquet de Grenoble exclut l’hypothèse du suicide. Il me vient à l'esprit qu'il est sans doute raisonnable de considérer qu'il n'a pas complètement tort.

 

*

 

En dernier lieu, je porte à la connaissance du public que, après la découverte du boson de HIGGS (aussi nommé "particule de Dieu"), au CERN, vous savez, le circuit automobile souterrain à cheval sur la frontière franco-suisse (réservé aux véhicules ultra-luminiques), j'ai eu le bonheur de mettre au jour la première bosonne. Il fallait bien une nouvelle Eve pour tenir compagnie à ce nouvel Adam. Il y a fort à parier qu'il ne va pas s'ennuyer, le lascar.  

 

HIGGS PENNY.jpg

ELLE S'APPELLE PENNY HIGGS.

APPAREMMENT, ELLE A PLUSIEURS BOSONS A SON ARC,

VU LA FAÇON QU'ELLE A DE LE BANDER (SON ARC)

 

Il paraît que la particule appelée boson est celle qui donne de la masse à toutes les autres. Partant de ce principe simple et on ne peut plus sain, personnellement, je ne demande pas mieux que les autorités sanitaires me déclarent carrément "à la masse".

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

mardi, 04 septembre 2012

UN PEU DE NEUF DANS LES NOUVELLES

Pensée du jour : « La dernière mode, dans la grande peinture, est à l'informe et aux programmes en noir sur noir (on ne peut les lire que sous un certain angle). C'est ainsi que la nuit, dans la nuit, présente l'absence à notre admiration. Et avec quel académisme ! Car, plus l'informe qu'on nous montre est informel, plus les textes qui le commentent sont distingués, au subjonctif, signés de maître du style et de grands officiels. La balayure s'expose sur du satin broché. Le dernier cri est aux manches à balais présentés dans un grand musée par des textes d'académiciens ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

VIVE LE TIR SPORTIF

 

L’arme dessinée et mise au point par MIKHAIL KALACHNIKOVAK KALACHNIKOV.jpg est en train de faire un tabac. Il faut savoir que ce fusil d’assaut (appelé AK 47, pour « automate de Kalachnikov », et pour l’année 1947 de sa mise au point) réduit à pas grand-chose le prix d’achat, à presque rien son entretien, tout en offrant une fiabilité et une efficacité inégalées, comme le prouvent les 19 cibles touchées depuis janvier en plein dans le mille, à la grande satisfaction de ses utilisateurs marseillais. On voit par là que rien ne vaut l'entraînement assidu pour améliorer la précision du tir.

 

AK 47 1.jpg

 

 Réflexion faite et aux dernières nouvelles, MANUEL VALLS, ministre de l'Intérieur et des cultes, n'enverra pas l'armée pour faire la guerre aux trafiquants des quartiers nord qui s'entretuent.

 

*

 

UNE BELLE HISTOIRE D'AMOUR

 

Une psychothérapeute parisienne, très populaire et très aimée dans son quartier, aura du mal à se remettre de l’élan amoureux d’un jeune homme brun de 20 ans, qui pour prouver à la dame la vigueur de son sentiment, a posé les doigts autour de son cou sans maîtriser sa force. La dame a suffoqué devant tant d’enthousiasme.

 

 

Il lui faudra du temps pour retrouver son souffle. Une main anonyme a collé sur la porte du cabinet un petit mot au contenu pour le moins compendieux : « Mme D. est absente en raison d’un contretemps ».

 

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Le jeune homme se remet de ses émotions dans les locaux hospitaliers d’un poste voisin, veillé par des infirmiers en uniforme bleu.

 

*

 

A la Nouvelle-Orléans, on observe in vivo un magnifique phénomène de vases communicants : plus il y a d’eau dans les rues, plus il y a d’automobiles sur les routes. Le public s’interroge.

 

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*

 

A propos de l’Ultra Trail du Mont Blanc (166 kilomètres d’une seule traite, 9600 mètres de dénivelé), des médecins scientifiques se demandent si c’est l’épuisement ou la fatigue qui limite les capacités humaines. On est heureux de voir enfin posée la question essentielle. Je pressentais quant à moi, dans ma coupable simplicité, que l’excès d’effort produisait l’épuisement, m'imaginant en revanche que dépenser trop d’énergie entraînait la fatigue.

 

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Je suis heureux d’être désormais fixé : le sportif en état d'épuisement souffre finalement de fatigue. Et inversement. Le surmenage n’est pas loin.

 

 

Conseillons-lui La Position du tireur couché (excellent roman de JEAN-PATRICK MANCHETTE, excellemment mis en images par JACQUES TARDI, éditions Futuropolis, histoire dans laquelle le tueur prend une brutale extinction de voix, avant de prendre, sans en mourir, quelques balles en plomb dans le crâne). Quant à moi, j’ai résolu la question : avant même d’être épuisé, j’évite de me fatiguer (recette corse, encore des amis).

 

*

 

Les Jeux Paralympiques ont débuté à Londres. Ce qui permet de se pencher avec des larmes dans la voix sur le sort de nos frères diminués. La grande leçon de morale, ici, c’est qu’un handicapé est un individu comme un autre. Enfin pas tout à fait, puisqu'on fait pour lui des Jeux à part.

 

 

L’autre jour, rue du Pavillon, je propose mes services à un monsieur en fauteuil roulant : je crois que le vélo cadenassé l’empêche de passer, vu l’étroitesse du trottoir. Que nenni ! En fait, il demandait l’ouverture de la porte de l’immeuble. Une personne est arrivée, qui l’a tiré à l’intérieur.

 

PARALYMPIQUE 3.jpg

QUELS PROGRES TECHNIQUES NE DOIT-ON PAS AUX PROGRES TECHNIQUES !

 

N’en doutons pas, les handicapés sont des gens comme tout le monde. Ils sont comme FRANÇOIS HOLLANDE : ils sont normaux. Sauf qu’ils ont besoin des autres.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

lundi, 03 septembre 2012

QUOI DE NEUF DANS LES NOUVELLES ?

Pensée du jour : « Le but inavoué de ces articles étant de flatter les puissants, je chanterai les magnats de la presse. C'est une conduite avilissante : je m'en promets mille prospérités ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

 

DÉCÈS DU JOUR

 

 

Désolé, j’ai une très mauvaise nouvelle : Java est morte. Elle avait 67 ans. La plus vieille femelle en captivité dans un zoo européen. Je vous présente la malheureuse. C’était au parc de la Tête d’Or, au temps de sa splendeur.

 

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AU PARC DE LA TÊTE D'OR

 

Elle habitait là depuis 1964. On pense que la tuberculose l’a tuée. Le centre vétérinaire de Marcy l’Etoile rendra prochainement les résultats de ses analyses. Des engins de levage ont été dépêchés sur place à cette fin. L’éléphant avait été donné par le cirque Amar (et j’en aurais, des choses à dire, sur le cirque Amar !).

 

*

 

LE TOURISME ORIENTAL ET LE SANG

 

 

Pour la Syrie, j’emprunte à un très vieux sketch de ROBERT LAMOUREUX : « Et l’année suivante, BACHAR EL ASSAD était toujours vivant ». Attendons l’année prochaine. D’ici là, le nombre des réfugiés, des morts et des blessés aura eu le temps d’exploser, comme le proclame la presse : le journaliste sociologiquement ordinaire aime à faire exploser les nombres.

 

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Quoi, je me permets de rire ? Que voulez-vous que je fasse, avec la foule de ceux qui sont cramponnés au signal d’alarme et qui écrasent le frein ? Alors qu'ils sont aussi nombreux et forts, ceux qui enfoncent la pédale d'accélérateur ? C'est pour ça que le train de la mort continue, cahin-caha, vaille que vaille, son bonhomme de boulot.

 

*

 

ROMS EN VILLEGIATURE EN FRANCE

 

 

En France, pour les vacances, les Roms continuent à privilégier le départ sur les routes. Ces GM (Gentils Membres) d’un nouveau genre y sont incités par ceux qu’on appellerait GO au Club Méditerranée (Gentils Organisateurs), qui veillent à ce que la tradition du voyage, propre à cette population, ne se perde pas.

 

 

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Une tradition d’autant plus symbolique qu’elle est inscrite dans le drapeau qu’elle s’est choisi librement en 1971.

 

 

En revanche, la science et la police se perdent en conjectures sur la composition réelle (et la fonction, sans doute religieuse) d’une mystérieuse « ESENȚǍ DE ROM » : serait-ce une sorte de teinture-mère obtenue par distillation de quelques individus de l'ethnie en vue de quelque expérience philosophale ? Un arôme destiné à la pâtisserie ?

 

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PEU LISIBLE, MAIS JE GARANTIS L'AUTHENTICITE

 

Aucune hypothèse n’est écartée. Et que signifie cette date du 15 mai 1990 qui figure sur l’étiquette ? Mystère. En tout cas, le Rom est partout. Ci-dessus la photo suspecte.

 

 

Quoi ? Je ris du malheur des autres ? Et alors, la foule des grandes âmes et des bonnes consciences (de gôôôôche, comme par hasard) est si compacte que je n’aurais pas pu y introduire une feuille de papier à cigarettes (si j’avais eu du papier à cigarettes), et encore moins à m’y faire une place sans être dans la minute écrasé.

 

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

dimanche, 15 juillet 2012

DES EMPLOIS, PAR PITIE !

Résumé : si de vrais industriels investissent dans de vraies industries, ça les enrichit, parce que ce qu’ils veulent d’abord, c'est s'enrichir, mais il y a des retombées favorables au plus grand nombre, parce que ça donne du boulot. Pour une raison très simple : le travail productif produit de la richesse.

 

 

Voyons Peugeot, maintenant. Qu’est-ce qu’il fait, Monsieur Peugeot ? Il ferme l’usine d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Ses usines sont en « surcapacité ». Encore un joli euphémisme. Ça veut dire quoi, « surcapacité » ? Moi, je traduis par « inutilité ». Ben oui, quoi, une usine qui produit trop, c’est une usine qui ne vend pas assez. Ça veut dire qu’il n’y a pas assez de gens qui achètent des voitures. Cela veut dire que les voitures produites ne trouvent pas preneurs. Et donc ne servent à rien. Dès lors, pourquoi s'acharner ?

 

 

Il faut savoir que le parc automobile français est chargé (au 1er janvier 2012) à raison d’à peu près 500 voitures pour 1000 habitants. En France, au 1er janvier 2012, il y a un peu plus de 38.000.000 de véhicules immatriculés, pour 65.000.000 d’habitants. Plus d'un pour deux habitants. Faire mieux serait inquiétant pour la couche d'ozone. En Chine, le parc automobile compte environ 40 véhicules pour 1000 habitants, et 100.000.000 de voitures en circulation. Conclusion ? Il reste de la marge. Pas en France, on est bien d'accord ? En Chine.

 

 

Dans ces conditions, essayons d’imaginer ce qui va se passer en France : Peugeot va supprimer 8000 emplois. Ça fera 8000 salaires en moins. Donc moins de gens pour acheter des voitures. Appelons ça un cercle vicieux, et n’en parlons plus. Et c’est un processus. Je veux dire que c’est comme un haut fourneau ou comme un super-porte-containers : il faut du temps pour remettre en route ou pour changer de cap. Il y en a qui disent : inverser la tendance.

 

 

En ce moment, réjouissons-nous et profitons bien du fait qu’il n’y a encore que 4.000.000 de chômeurs, à peu près 10 % de la population active. Combien de temps pour rejoindre l’Espagne avec ses 20 % ? Je ne sais pas, mais c'est parti pour. J’ai parlé de processus, et celui qui est à présent en cours n’est pas difficile à identifier : c’est un processus de paupérisation. La vieille histoire des vases communicants : pendant que l’économie de la France se satisfait de se contracter de - 0,2 % (parce qu'elle craignait pire), celle de la Chine patine avec une croissance de seulement + 7 % (comme le déplorent quelques amusants journalistes, enfin, pas si amusants que ça).

 

 

« Rien ne se perd, rien ne se crée » disait, je crois bien, LAVOISIER. Pour faire bonne mesure, il ajoutait : « Tout se transforme ». Rien ne se crée : la richesse de quelqu’un est forcément prise dans la poche de quelqu’un. Et plus quelqu’un est riche, plus nombreuses sont les poches qu’il a vidées. C’est de la mécanique des fluides, pour ainsi dire.

 

 

 

La France va arriver à 20 % de chômeurs (et pourquoi pas davantage, après tout ?). Heureusement, Zorro est arrivé. Je veux dire que la France va être sauvée. Vous devinez par qui ? Par Monsieur Baccalauréat. Si, si ! C'est même en "Une" du Monde. Un titre comme on en trouve un par siècle, et qui prouve que Le Monde a TOUT compris du monde dans lequel il vit (cela veut dire, évidemment, RIEN COMPRIS DU TOUT).

 

 

Pensez, à la date du Samedi 14 juillet, il titre triomphalement : "OBJECTIF ATTEINT : 85 % D'UNE GENERATION AU NIVEAU DU BAC". "Objectif atteint". Cela résonne comme : " Mission accomplie, mon Général". "Objectif atteint", on en frémit de fierté nationale et d'orgueil cocardier. Ainsi, articule avec peine le lecteur ému aux larmes, la France est capable de "se fixer des objectifs". Mieux, se dit-il avec des trémolos dans la voix, la France est capable "d'atteindre des objectifs". Que demande le peuple ?

 

 

Que demande le peuple ? Il voudrait simplement savoir un peu plus précisément ce qu'ils savent, les bacheliers. Ce dont ils sont capables. Et, très accessoirement, ce qu'ils ont envie de faire. Je sais, je généralise bêtement.

 

 

Alors, trêve de plaisanterie, cette Grande Conférence Sociale ? Quoi de neuf ? RIEN. On va forcément vouloir faire comme si : comme si on voulait poser des petites rustines sur des trous plus grands qu’elles. En gros, je vais vous dire, on va réfléchir à ce qu’on va pouvoir prélever dans la poche des gens qui ont encore un travail pour venir en aide aux cohortes toujours plus nombreuses de ceux qui n’en ont pas. Cela s'appellera TVA sociale ou augmentation de la CSG, prenez-le comme vous voudrez, on en reviendra forcément toujours à ça.

 

 

Il n’y a pas besoin d’être con comme un « économiste » (j'aime assez la formule, et vous ?) pour ne pas avoir envie de se raconter des histoires. Si personne n’est assez fort pour pousser la France à se REINDUSTRIALISER, et pour que la France, à nouveau, produise elle-même des richesses, ce qu’il faudrait dire aux gens, c’est de faire très attention, et de bien regarder le trou béant dont ils sont en train de s’approcher, pour qu’ils ne se trompent pas de pied au moment où ils le mettront dedans.

 

 

Alors moi, c’est sûr, j’aimerais bien que la Grande Conférence Sociale débouche sur du concret. En l’état actuel des choses, malheureusement, je crains fort qu’il s’agisse moins de peser sur la réalité (la production industrielle de richesses) que de parler pour rassurer et pour donner à espérer. Cette conférence est une simple machine à fabriquer de l'incantation au kilomètre, comme de la saucisse.

 

 

 

Les participants participent et les partenaires sociaux partenarisent à qui mieux-mieux : ils font des bulles en espérant je ne sais comment que les gens croiront dur comme fer que le vent qu'ils font va devenir une mayonnaise bien prise. En attendant, ils espèrent donner à espérer aux gens qu'ils représentent, qu'ils emploient ou qu'ils administrent. Ils espèrent raconter l'histoire assez bien pour que les gens y croient.

 

 

 

Comment s’appelle-t-il, ce « responsable » politique qui vient de déclarer qu’il fallait d’urgence s’efforcer de rendre le territoire français séduisant pour les investisseurs étrangers ? C'est vrai ça, qu'est-ce qu'il a contre des investisseurs français ? Peut-être qu'il n'y en a pas ? Et n’est-ce pas une façon de croiser les doigts et d’espérer un miracle venu d'ailleurs ?

 

 

C’est sûr, FRANÇOIS HOLLANDE va prochainement, devant les caméras, et en présence de toutes les Françaises et de tous les Français, « guérir des écrouelles » un chômeur en fin de droits. A quand, après ceux de Saint LOUIS, le miracle de Saint FRANÇOIS ?

 

 

Et juste après, promis-juré, le Président HOLLANDE, il marche A LA FOIS sur les mains et sur les eaux.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

samedi, 14 juillet 2012

DES EMPLOIS, S'IL VOUS PLAÎT

Tiens, avant de commencer, à propos de MOHAMED MEHRA : je n'ai aucun scoop à diffuser, seulement une question. Les flics qui étaient sur place étaient des superflics, surentraînés, supercompétents. Les plus pointus, n'est-ce pas ? Comment se fait-il qu'aucun tireur d'élite, un sniper, vous savez, ces gars capables de percer une pièce d'un euro à 1000 mètres, n'a été en mesure de BLESSER MEHRA (épaule, jambe, ou autre) ? Ma question, c'est : quelqu'un a-t-il donné l'ordre d'abattre MOHAMED MEHRA ? Fin du préambule.

 

 

Résumé de l'épisode précédent : les contrats industriels avec « transferts de technologie », signé avec la Chine (et d’autres) ont vidé la France d’une bonne part de sa capacité de « production de richesses ».

 

 

Les (ir)responsables politiques et industriels français ont ainsi rêvé d’une division mondiale du travail : les boulots de pauvres (production, fabrication, saleté) dans les pays pauvres. Les boulots nobles (= col blanc, créativité à fortes retombées sonnantes) devaient continuer à enrichir les pays riches. Le boulot noble, ce n’est pas celui qui salit les mains, n’est-ce pas ? C’est celui qui trace sur le papier les équations, les lignes, les projets. On appelle ça la CONCEPTION. Des industries sans usines, on vous dit. Et des usines sans ouvriers.

 

 

Toutes les entreprises d’une certaine taille ont un Bureau de Recherche et Développement (abrégé en R & D). C’est là qu’on pense le futur. C’est là qu’il y a de l’espionnage industriel (pardon, il faut dire « intelligence économique »). Mais les Chinois, ils ont compris : ils produisent (ainsi que les Indiens) dix ou trente (ou cent, ou mille) fois plus d’ingénieurs que la France. Et la France n’a plus les moyens (mais a-t-elle seulement l'envie ?) d’éduquer correctement ses jeunes. Vous devinez l’avenir ? Moi, oui, et pourtant je ne suis pas devin.

 

 

Moralité, les richesses, il faut les PRODUIRE. Je ne sors pas de là. Si vous ne les produisez pas, vous devez les acheter (pour les besoins vrais, mais aussi les « besoins » que les publicitaires nous ont fait découvrir qu'on avait). La France doit acheter ce qu’elle ne produit pas, et dont elle a cependant besoin (ou « besoin »). Exemple, le pétrole, les ananas, l’huile (oui !), mais aussi, les écrans plats, les iphones et tout le toutim.

 

 

Or, tout tend à prouver que la France a renoncé à produire. Je connais quelqu’un (vaguement apparenté) dont le métier a consisté, pendant des années, à vendre des machines-outils à la Bulgarie, à la Turquie, voire plus loin. Je peux vous dire que ça a bien marché, et pendant des années, et qu'avec ça, il a bien gagné sa vie. Des machines-outils qui venaient d’usines parfaitement françaises, mais dont plus personne ne voulait. Il y a bien eu un choix du renoncement à produire de la richesse.

 

 

Alors revenons à la Grande Conférence Sociale de FRANÇOIS HOLLANDE et au souriceau fripé dont la montagne va accoucher. Qu’est-ce qui va se passer ? Ceux qui ont RAISON, c’est ceux qui disent qu’il faut réindustrialiser la France. Il faut remettre en route les hauts fourneaux. Il faut que les usines automobiles Peugeot, Citroën et Renault produisent en France. Il faut …, il faut …, il faut … Enfin, il faudrait. Même qu'il faudrait peut-être. Va savoir.

 

 

Vous avez compris. Qu’est-ce qui va se passer ? Mais c’est tout vu, voyons ! Monsieur LAKSHMI MITTAL, milliardaire indien qui possède pas mal de hauts fourneaux en Europe, a décidé d’en arrêter pas mal, dont celui de Florange, qui a cessé depuis longtemps d’alimenter les poches de sa famille des 30 % de bénéfices qu’il avait décidé d’y déposer régulièrement. A votre avis, est-ce qu’il a très envie de le voir redémarrer ? La réponse est NON.

 

 

Un haut-fourneau, attention, en soi, c’est une usine verticale, avec ses 70 mètres de hauteur, qui fonctionne 24 heures sur 24, et avec des dimensions pareilles, ça manque de souplesse : on ne peut pas l’arrêter et le remettre en route comme une plaque de cuisson. Il réclame des délais respectables pour les changements de régime.

 

 

Ça se conduirait plutôt comme un super-porte-containers : pour prendre le prochain virage, il convient d’anticiper quelques dizaines de kilomètres avant (j’exagère sûrement). Et les virages industriels, ça prend plusieurs dizaines d’années. Il vaut mieux ne pas se tromper d’angle d’attaque. Et là, je regrette qu’on n’ait plus la possibilité juridique de brandir la tête des « responsables » au bout d’une pique. Si possible avec du persil dans les narines.

 

 

Parce que, franchement, vous ne sentez pas un peu de moutarde vous les chatouiller, les narines, quand vous vous dites que la situation actuelle, vous la devez à des décideurs d'il y a vingt et trente ans. Pour eux, c'était un rêve : une industrie sans usines, des usines sans ouvriers. Et qui dit "sans ouvriers", dit "sans emmerdeurs syndicaux". La solution ? Elle tenait dans trois mots : ROBOTISATION, INFORMATISATION, DELOCALISATION. En disant aux pays alors pauvres : démerdez-vous avec la production et les mains sales, nous gardons toutes les tâches de conception. A haute valeur ajoutée.

 

 

Moralité : nous avons perdu les ignobles tâches de production de richesses. Mais ça ne nous a pas empêché de perdre les nobles tâches de conception, conditions de la production de richesses. Enfin, pour le moment, pas toutes.

 

 

Car, pour pousser le pion de la conception généralisée et arriver au Graal d'un emploi noble pour tout le monde, il faut un énorme effort collectif pour élever le niveau de formation des jeunes. Or, j'exagère à peine en affirmant que le système éducatif français n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut, et qu'il menace ruine. A commencer par les filières techniques, qui ont été passées au lance-flammes. Quand ce n'est pas au lance-flammes qu'on les a passées, c'est au broyeur, voire au sani-broyeur.

 

 

 

La preuve de la déconfiture nationale ? Cette année, 85 % des jeunes français ont suivi une classe de terminale (certains ont suivi de très loin). Et 77 % des jeunes français ont obtenu ce que l'on n'appelle plus depuis très longtemps une "peau d'âne". Je plains, certes, les 23 % qui ne l'ont pas obtenue, mais je pense qu'ils étaient très, très, très NULS. Qu'est-ce qu'il faut être, et qu'est-ce qu'il faut NE PAS FAIRE, pour rater le cadeau Bonux ? Disons : pour rater le Père Noël (c'est plus consensuel, le cadeau Bonux ne survivant que dans le sketch de COLUCHE) ?

 

 

 

J'ai gardé une oreille dans le système éducatif, et j'y en reçois quelques échos qui me font dire qu'il faut vraiment être très, très, très CON pour ne pas avoir le bac. Avec de futures pareilles recrues (qui n'ont acquis à l'école qu'un goût très, très, très modéré pour le travail et l'effort), la future industrie productive française, que le monde entier nous envie, n'a qu'à bien se tenir. Ce qui en reste debout ne s'en remettra pas.

 

 

Subséquemment et par voie de conséquence, c'est très logiquement le moment de redresser la tête, de bomber fièrement le torse, de se dresser sur ses ergots, les pieds dans le tas de fumier, d'inspirer un grand coup, et de chanter à tue-tête un retentissant COCORICO. Avant d'entonner martialement une Marseillaise endiablée. Ben oui quoi : c'est le QUATORZE JUILLET. C'est le moment d'être fiers de notre grande nation. Et moi, qu'on se le dise, j'ai la fibre patriotique. Enfin, je l'ai eue.

 

 

C'est pourquoi, chers concitoyens, je vous dis : Vive la République, Vive la France ! Et le reste.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

Suitetfin demain.


 

jeudi, 12 juillet 2012

NOUS-VOU-LONS !!! DES-EM-PLOIS !!! (2)

Résumé : les prophètes (économistes, politiciens,…) des années 1980 annonçaient la grande division mondiale du travail : la production, les mains sales et les bas salaires  aux pays pauvres, la conception, les tâches nobles et la valeur ajoutée aux pays riches. Des patrons rêvaient ouvertement pour l’Europe d’industries sans usines, et d’usines sans ouvriers. On voit aujourd'hui la grandeur et la justesse de vision de ces penseurs.

 

 

Les conseils d’administration ont donc commencé à ordonner aux directeurs et aux présidents de réduire à tout prix le « coût de la main d’œuvre ». Car le bonhomme qui travaille, ce n’est pas un investissement, c’est un COÛT. L’homme, en termes comptables, est dans la colonne « débit ». Qu’est-ce qu’ils ont fait, les présidents et les directeurs ? Ils ont construit des usines en Chine (je schématise). Cette opération porte le joli nom de « délocalisation ». Tout le monde s’émerveille du taux de croissance de la Chine, de l’Inde et du Brésil, mais il n’y a strictement rien de miraculeux là-dedans.

 

 

Tout a été calculé. Sur les bilans des grandes entreprises occidentales, qui ne donnaient pas une assez grande place aux DIVIDENDES : « Quoi, hurle la veuve écossaise (tapez « scottish widow », juste pour voir), seulement du 6 % de rentabilité de mes actions chéries ? Je veux du 15 % par an, vous entendez ! ».  

 

 

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JE NE SAIS PAS SI ELLE EST ECOSSAISE,

EN TOUT CAS, ELLE EST VEUVE ... ET VORACE !

ET ELLE TISSE SA TOILE.

 

Et le fonds spéculatif, qui fait marcher les actions de la veuve écossaise et qui siège au conseil d’administration agite son bâton, et le président-directeur éjectable, il obtempère. Et il cherche le pays où il pourra payer l’ouvrier productif LE MOINS POSSIBLE. Pour pouvoir offrir du 15 % par an à la veuve écossaise.

 

 

En gros, voilà le tuyau de descente des emplois productifs sur lesquels la voracité des « investisseurs » (le mot est un trop joli mensonge pour désigner la voracité de spéculateurs effrénés) n’a cessé de tirer la chasse d’eau depuis trente ans (ah, qui chantera la bienfaisante action de REAGAN et THATCHER ?).

 

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ASSEZ SALAUD POUR CHOPER ALZHEIMER

ET POUVOIR DIRE QU'IL A TOUT OUBLIE

 

L’économie chinoise se porte bien ? On peut remercier tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la vente du travail productif occidental au capitalisme chinois. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’économie occidentale a été vendue à la Chine, sous la pression spéculative des « fonds de pension », donc des veuves écossaises.

 

 

Le problème, avec la Chine, c’est qu’il y avait foule à la porte d’entrée (les salauds et les cons appellent ça la « concurrence » ou la « compétition internationale »). Une concurrence féroce. Les Chinois n’avaient qu’à pointer le doigt pour désigner le vainqueur, les autres ne mouftaient pas, ils restaient à plat ventre, espérant des lendemains meilleurs. 

 

 

Et les Chinois qui, ne l’oublions pas, sont les inventeurs et les maîtres absolus du jeu de Go, n’ont pas eu trop d’efforts à faire pour que la concurrence (sans doute « libre et non faussée », comme on dit dans notre Europe cramponnée aux principes ultralibéraux) accepte d’opérer des « transferts de technologie » (traduction en clair : le vol de la propriété intellectuelle, pour laquelle certains font encore semblant de se battre aujourd’hui).

 

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AU JEU DE GO, IL S'AGIT D'ETOUFFER L'ADVERSAIRE 

 

« Transfert de technologie », c’est un euphémisme extraordinaire. Tu crois que tu exportes des biens, mais en réalité, tu exportes toutes les recettes qui te permettaient de les fabriquer. Et qui vont permettre à ton client, dans pas longtemps, de devenir ton concurrent. Je dis n’importe quoi, mais supposons que tu exportes ton TGV, celui avec son bogie insurpassé qui lui permet d’aller à 515 km / h (record du monde sur rail).

 

 

Le contrat implique un « transfert de technologie » ? Cela veut simplement dire que, pour avoir le contrat, tu abandonnes à ton client la propriété (on appelle ça « concession ») des centaines de brevets que tu as mis au point à tes frais et avec tes méninges (on appelle ça des « bureaux d’études »).

 

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CE N'EST PAS UNE COPIE CONFORME, MAIS BON, PAS BESOIN D'INSISTER 

 

Et qu’avec un peu d’ingéniosité et de formation, des ingénieurs, les Chinois te vendront bientôt des TGV plus performants et beaucoup moins chers que les tiens. Où croyez-vous qu’ils l’ont trouvée, la croissance, les Chinois ? Les Occidentaux, tout simplement, la leur ont offerte sur un plateau. Et vous cherchez encore la cause du chômage en Europe ? Et vous avez encore l'espoir qu'on peut y remédier ? Mais où avez-vous la tête, ma parole ?

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

 

 

 

samedi, 07 juillet 2012

UN PARFUM DE TROISIEME REICH (2)

LISTE DES INTERDITS : cette formule me fait penser à un texte d’ALAIN (Propos sur le bonheur). Le philosophe oppose la famille où règne la joie dans l’absence de contraintes imposées à ses membres à celle où la vie en commun se réduit à la stricte observance des phobies de chacun : il ne faut heurter personne. Résultat, « tous se regardent d’un œil morne et disent des pauvretés ».

 

 

Poussons les choses à l’extrême : imaginez, dans notre petite société française de 65.000.000 d’habitants, que CHACUN ait le droit d’interdire à TOUS ce qui ne lui plaît pas, que devient la vie sociale ? Et que devient la vie ? Qu’avons-nous fait de la liberté ? Sur le papier, nous n’avons jamais été aussi libres.

 

 

Dans la réalité, nous n’avons jamais autant fait, au même moment que les autres, la même chose que tout le monde : nous déplacer, nous alimenter, nous distraire, nous reposer, etc. Dans les espaces divers que nous occupons successivement dans la journée, dans la semaine, dans le mois ou dans l’année, c’est soit le désert, le vide angoissant, soit l’engorgement, la saturation, la thrombose (mot savant affectionné des journalistes).

 

 

Donc, d’un côté, une liste de PROSCRIPTIONS oppose à nos désirs d’expression libre le mur des conventions morales, voire légales (judiciarisation de la vie en société). De l’autre, une liste de PRESCRIPTIONS lexicales vite adoptées, véhiculées et imposées par les médias et les complaisants, inattentifs ou négligents journalistes. Je suis parti de l’exemple « Françaises, Français ».

 

 

Mais les exemples de ces formules ne manquent pas. Je pense à « cellule de crise », qui montre que le responsable politique est bien à son poste, l’œil vigilant, la main prête à passer à l’action. Je pense à « commencer son travail de deuil », qui, lors du procès d’un meurtrier, sous prétexte de valoriser la victime, occulte la nécessité d’une justice juste pour que le citoyen normal puisse recommencer à dormir paisiblement.

 

 

Je pense à « cellule psychologique », qui voit des autorités proches des gens, des « vrais gens », et prêtes à les entourer de leurs soins et de leur prévenance suite au traumatisme subi. Je pense à « devoir de mémoire », qui appelle la prise en compte du passé historique, particulièrement de ses moments tragiques. Rappelez-vous, sous SARKOZY, la lettre de Guy Môquet et le parrainage d’enfants morts à Auschwitz par des écoliers.  

 

 

Je pense à l’expression horrible « la foule des anonymes », dont le journaliste ordinaire et catastrophique (père, pardonnez-lui, parce qu’il ne sait pas ce qu’il dit) se repaît, dès que lui incombe la tâche de narrer par le menu et dans le détail tout le pittoresque d’une cérémonie funèbre. Après la liste des interdits, donc, la liste des commandements.

 

 

S’inspirant de VICTOR KLEMPERER, ERIC HAZAN a écrit en 2006 LQR – La Propagande au quotidien (Editions Raisons d’agir). LQR signifie « langue de la cinquième République ». Ce petit livre (122 pages) n’a pas l’ampleur, la portée et l’ambition de LTI – Notizbuch eines Philologen de son ancêtre KLEMPERER.

 

 

VICTOR KLEMPERER était juif, et son livre est l’aboutissement d’un travail de longue haleine, qui couvre toute la durée de l’hitlérisme au pouvoir (13 ans). ERIC HAZAN fait néanmoins œuvre utile et réjouissante, en étalant au grand jour la prétention et la cuistrerie des Trissotin qui nous gouvernent, dont le vocabulaire apparemment sensé n’est finalement qu’un nouveau masque du mensonge politique.

 

 

Il montre en particulier que la foule, en intériorisant le langage des puissants, intègre de ce fait l’attitude de soumission qu’ils attendent. Il cite, p. 21, cette histoire, racontée par KLEMPERER, du docteur P., juif, qui « faisait siens tous les propos antisémites des nazis, spécialement ceux de Hitler (…). Il ne pouvait probablement plus juger lui-même dans quelle mesure il se raillait du Führer, dans quelle mesure il se raillait de lui-même et dans quelle mesure ce langage d’humiliation volontaire était devenu sa seconde nature ».

 

 

« La vérité c’est qu’on n’a jamais vu pareille docilité des masses. Parce qu’il n’y eut jamais tant de moyens de les conditionner à son gré », écrit ALEXANDRE VIALATTE. On peut à bon droit s’inquiéter du degré d’intériorisation de la soumission des esprits auquel nous a conduits le règne actuel de la télévision, qui assure le règne hégémonique voire totalitaire de la PROPAGANDE.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

vendredi, 06 juillet 2012

UN PARFUM DE TROISIEME REICH (1)

Bérurier, vous savez, c’est, pour le commissaire San Antonio, comme un alter-ego, mais ce que San Antonio est en propre, jeune premier et séduisant, Bérurier l’est en sale, et le plus souvent répugnant. N’empêche que FREDERIC DARD a élaboré un sacré personnage : gras du bide, la braguette ouverte, c’est lui qui s’arrache les poils du nez et laisse échapper une larme suite à l’opération.

DARD F BERURIER.jpg 

LE "GRAVOS"

 

Dans Votez Bérurier (Fleuve Noir n° 56, 1964), comme il y a une élection municipale dans le village de Bellecombe, où le commissaire enquête, l’inspecteur, incognito, se porte candidat, et son discours de candidature débute sur ces fortes paroles : « Bellecombais, Bellecombaises… ». L’amateur que je suis raffole de ces petites facéties de l’écrivain, même si l’adjoint de San Antonio se permet de faire passer les messieurs avant les dames, sans quoi l'effet du jeu de mots serait raté. Mais Bérurier n’est pas un homme politique.

 

 

Car oui, l’homme politique, élevé dans la langue de bois maternelle et le « politiquement correct », inverse et déclare : « Les Françaises et les Français… ». Le maire de Paris : « Les Parisiennes et les Parisiens… », de Marseille : « Les Marseillaises et les Marseillais… ». Qu’y a-t-il là de politiquement correct, me dira-t-on ?

 

 

Eh bien, tout simplement qu'en bonne grammaire, le masculin est « générique », alors que le féminin est « marqué ». On dit aussi : le masculin l’emporte sur le féminin, mais c’est mal vu et C'EST EXACTEMENT ÇA, le politiquement correct : cette formule est une insulte à l’égalité de l’homme et de la femme. Inutile (ou utile au contraire) de dire que l’idée même d’insulte est proprement ridicule.

 

 

La pensée choisit peut-être les mots capables de l'exprimer, c'est bien possible, mais aujourd'hui, les mots médiatisés façonnent la pensée des masses. Sinon, je ne comprends pas comment NICOLAS SARKOZY a pu être élu en 2007, pas plus que FRANÇOIS HOLLANDE en 2012. On appelle ça la PROPAGANDE (lisez Propaganda, d'EDWARD BERNAYS, le neveu de SIGMUND FREUD, un des principaux inventeurs de la gestion des populations au vingtième siècle).  

 

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VICTOR KLEMPERER, L'HUMBLE ET NOBLE

SCRIBE DE LA LANGUE HITLERIENNE

 

VICTOR KLEMPERER a écrit un ouvrage mémorable sur la langue du III° Reich : LTI – Notes d’un philologue, paru en 1947 (édition Pocket, collection Agora, n° 202), où LTI signifie, en français, Langue du Troisième Reich (« Lingua Tertii Imperii »). George Orwell, en 1948 (dans le livre plus célèbre que lu 1984), imagina la « Novlangue », autrement dit la réécriture de l’histoire et de la réalité (voir les retouches de photos officielles sous STALINE).

 

 

Le point commun de toutes ces conquêtes impériales de la langue de tous, celle que nous parlons, c’est la généralisation de l’euphémisme : on ne dit plus « élève borné » ou « cancre », mais « apprenant à apprentissage différé », car il ne faut plus humilier personne, dans notre société d’égalité (handicapés, femmes, homosexuels, arabes, noirs, juifs et tutti quanti), ce qui est un progrès indéniable et décisif, n’est-ce pas.

 

 

Cela veut dire qu’on a le droit d’être con ou salaud (on est en démocratie), mais personne n’a le droit de le dire, sous peine de correctionnelle (on est sous l’œil des miradors et des gardes-chiourme, il paraît que c’est compatible avec la démocratie, si, si !). Il est désormais interdit de porter un jugement. Je ne suis d'ailleurs pas sûr qu'il soit encore permis d'exercer son jugement, comme nous l'ont enseigné les LUMIERES.

 

 

Mais il faut aussi compter avec la liste toujours plus longue des interdits : le vrai et juste combat des minorités américaines (les noirs, pour tout dire) pour la reconnaissance de leurs droits a abouti paradoxalement à installer une POLICE DE LA LANGUE (on ne dit plus un noir, mais un Africain-Américain, alors même qu'entre eux, les noirs s'interpellent "hey, nigga" ; on ne dit plus un nain, mot affreux, mais une « personne contrariée dans sa croissance verticale »), en attendant la POLICE DE LA PENSEE, qui s’est déjà imposée dans le paysage.

 

 

On ne doit plus, aux Etats-Unis, dire "un noir", mais un "africain-américain". Il n'y a plus de "bombardements", mais des "frappes", éventuellement "chirurgicales". Il n'y a plus de "victimes civiles", mais des "dommages collatéraux". On ne parle ni de "rigueur", ni d'"austérité", mais "du sérieux dans la gestion comptable des deniers publics". Je pourrais continuer longtemps.

 

 

 

 Attention, mon frère, aux mots que tu prends pour parler des handicapés, des femmes, des homosexuels, des arabes, des noirs, des juifs (surtout des juifs, mais ils sont talonnés, pour ce qui est des moyens de pression) et des tutti quanti.

 

 

FRANÇOIS RABELAIS, en son temps, eut des problèmes avec les autorités et la justice, mais jamais pour une histoire de mots : ce sont les idées qui sont ou non porteuses de force, subversive ou non. De nos jours, la police a resserré son étreinte : il ne s’agit plus d’idées subversives – puisque plus RIEN n’est désormais subversif (c’est la société tout entière qui se subvertit elle-même en permanence), du fait même que TOUT est en soi subversif (se prétend tel, ou est célébré comme tel, évidemment). Du coup, le policier et le juge s'en prennent aux mots mêmes.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

 

 

 

 

lundi, 02 juillet 2012

DES (MAUVAISES) NOUVELLES DE LA FRANCE

J’espère que vous n’avez pas mis trop de temps à vous rendre compte que, sous HOLLANDE, ça n’a pas duré pour qu’il en aille tout autrement que sous SARKOZY, c’est-à-dire, évidemment, que tout est comme avant et que rien n’a changé.

 

 

Une seule chose a disparu du paysage, et c’est déjà un drôle de soulagement : le plaisir de sale gosse de NICOLAS SARKOZY qui consistait, patiemment, jour après jour, à dénicher une nouvelle fourmilière pour y foutre un grand coup de tatane, à seule fin de jouir en ricanant méchamment du spectacle du grouillement innombrable et affolé des insectes. La fourmilière pouvait s'appeler "carte judiciaire", "RGPP", "Hôpital public", "Ecole", "Police", peu importait. Reste à voir comment HOLLANDE va réparer tout ça.

 

 

C’est vrai que SARKOZY avait érigé en méthode de gouvernement l’ébahissement permanent des foules : « Oh non, quand même, ça, il n’osera pas ! – Ben si, qu’est-ce que vous croyez ? ». C’en était très curieux, d’ailleurs, de voir SARKOZY dans son déguisement de président, trop grand pour lui. C’était ça le plus sidérant : le voir déguisé en président, avide de voir les visages des Français sidérés, ahuris, jour après jour, de voir une fourmilière après l’autre démolie à coups de bottes par le sale gosse caractériel.

 

 

Dans le fond, SARKOZY, pendant cinq ans, a fait diversion. Il a inventé le quinquennat de la diversion : pendant qu’il s’agitait au premier plan, les bottes cloutées de ses cabinets ministériels attaquaient une nouvelle fourmilière, en prévoyant déjà leur cible suivante, et en se demandant s’ils allaient l’attaquer de la pointe ou du talon. On va pouvoir quitter des yeux l’écran et sortir de la salle pour aller se soulager la vessie. Est-ce que ce sera reposant pour autant ? Pas sûr, Arthur.

 

 

Ah si, quand même, avec la présidence HOLLANDE, ce sera plus reposant pour les journalistes. Les rédacteurs en chef ont déjà cessé d’éditorialiser à tout va au moindre battement de cil de l’époux de CARLA, que j’avais presque envie (dans mes temps morts) d’appeler « monsieur BRUNI ». Et ils ont cessé d'envoyer leurs journalistes en rafales de grappes d'escadrilles aux trousses de l'agité de la focale. C’est sûr, FRANÇOIS HOLLANDE souffre moins pathologiquement de n’être pas constamment au centre des conversations.

 

 

Mais franchement, vous croyez qu’il va faire mieux que le sidérateur professionnel qui l’a précédé ? Les finances, l’activité industrielle, le « pouvoir d’achat des Françaises-et-des-Français », vous croyez que ça va s’arranger ? Personnellement, je dis que non, et que le pire est à venir.

 

 

Pour une bonne raison (qui est très mauvaise en soi), c’est que la logique du spéculateur est une logique proprement USURAIRE. Ceux que les « journalistes » économiques (si on peut nommer cette engeance) appellent mensongèrement des « investisseurs », ne sont rien d’autre que des usuriers, de la même espèce que l’affreux Gobseck inventé (et observé) par BALZAC. Avec les dettes souveraines, ils ont trouvé un prodigieux gisement à se faire du gras.

 

 

 

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Je signale à ceux qui ne se tiendraient pas au courant que le taux maximum possible (défini par l'Etat, au-delà c'est de l'usure), pratiqué par les banques, en France, pour un emprunt de 1524 euros (c’est précis), est de 20,65 %, soit 1,72 % par mois. Et que ça passe à 19,5 %, jusqu’à 3000 €, pour les crédits renouvelables (vous savez, les "revolvings"). Donc ça reste juteux (pour qui ?). Le Figaro.fr du 9 mai 2012 indique que la Grèce pourrait emprunter « sur les marchés » au joli taux (à dix ans) de 22 %. CQFD.

 

 

Les prétendus « investisseurs » des « journalistes » sont bel et bien des USURIERS à qui toutes les autorités politiques du monde ont décidé de laisser impunément la bride sur le cou. Et qu’on se le dise, depuis que l’Etat français n’a plus le droit d’emprunter à 0 % auprès de sa banque centrale, depuis la scandaleuse loi de GISCARD et POMPIDOU (1973), l’Etat français a été obligé de se tourner vers les USURIERS pour financer les salaires et les retraites des fonctionnaires, mais aussi les cadeaux fiscaux faits à droite et à gauche.

 

 

Sans que ça l'empêche de brader les bijoux de famille de l'Etat lui-même (patrimoine immobilier, autoroutes, privatisation des grands services publics, mis au rencart au nom de la très européenne "concurrence libre et non faussée", etc.).

 

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CE CROCHU-LÀ EST PEINT PAR QUENTIN METSYS

 

Je note que ni MITTERRAND ni JOSPIN n’ont touché à cette loi scélérate. Gauche et droite sont un seul et même bateau. Cette loi a passé autour du cou de tous les dirigeants politiques, quelles que fussent leurs couleurs et leurs paroles, un nœud coulant, dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’il est passé autour du cou de tous les contribuables.

 

 

Tout ça pour dire que, avec HOLLANDE ou SARKOZY à la barre, c’est kif-kif bourricot et du pareil au même. Et qu’ils obéissent au doigt et à l’œil, sous peine d’étranglement, à la sacro-sainte « loi du marché », qu’on peut tout bonnement appeler la LOI DE LA JUNGLE. L’un comme l’autre, ils sont au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du pantalon, en attendant les verdicts éminemment « rationnels » (!!!!!) de Wall Street et des entreprises qui gagnent leur vie en vendant des opinions (on les appelle couramment des « agences de notation »).

 

 

Non, je ne suis pas optimiste. « Tu vas pas mourir de rire, Et c’est pas rien de le dire » (Mickey 3 D).

 

 

Voilà ce que je dis, moi.