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mardi, 18 octobre 2016

ISLAM : ENCORE UNE COUCHE !

DERRIÈRE LES FRANÇAIS MUSULMANS 

Non, l’islam, de façon radicale, n’est pas une religion ni une croyance « comme les autres », dont il faudrait tolérer la pratique, à égalité avec toutes les autres, sur le territoire européen en général, et français en particulier. N’en déplaise à tous les tolérantistes enragés, toujours prêts à dégainer l’accusation d’islamophobie, la religion musulmane est inassimilable par l'estomac de la République.

Deux exemples entre bien d'autres : 1 – En Grande-Bretagne, pays où le communautarisme est la règle, les islamistes se sont infiltrés dans les rangs du parti travailliste (la tactique typiquement trotskiste de l’ « entrisme »), ce qui leur a permis de prendre progressivement le contrôle d’un certain nombre de municipalités. J’ai envie d’ajouter : pour commencer, et en attendant mieux.

2 – Une jeune française (Leïla ?) se réclamant du féminisme ose poster sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle déclare qu’elle considère l’islam, la religion dans laquelle elle a été élevée, comme une duperie et un mensonge, et qu’elle le rejette désormais, au même titre que toutes les autres religions, au motif qu’elle refuse de vivre dans la perspective d’un futur et hypothétique paradis, et veut vivre pleinement sa vie terrestre.

Une belle audace ! Mais que n’a-t-elle mesuré le risque avant de se lancer ? Aussitôt, en effet, elle voit déferler dans sa direction un Niagara d’insultes et même de menaces de mort. Elle se voit dans l’obligation de poster une autre vidéo, dans laquelle elle présente ses excuses à tous ceux qu’elle pourrait avoir blessés (une bande-son, entendue le 17/10 aux matins de France Culture). En matière de tolérance, messieurs les musulmans, tirez les premiers ! Mais j'ai l'impression qu'en la matière, on peut attendre qu'il pousse des dents aux poules.

Le seul musulman autorisé à quitter l’islam est le honteux qui tient surtout à ce que nul n'en sache rien : non seulement il ne se vante pas de ne pas faire le ramadan, voire de manger du jambon ou de s'envoyer un whisky, mais il ne tient pas à ce que ça se sache. En revanche, gare aux malotrus qui ont le toupet de crier sur les toits qu'il se soucient comme d'une guigne d'Allah, de Mahomet et du paradis promis. Le grand pianiste turc Fazil Say en sait quelque chose, lui qui a subi un procès pour blasphème envers l'islam parce qu'il avait osé déclarer publiquement qu'ils faisait aussi grand cas de celui-ci que de sa première chemise. Tant que les nations musulmanes laisseront inscrits à leur Code pénal les crimes de blasphème et d'apostasie, on ne pourra rien en attendre de bon. Et je ne parle pas de la "charia".

Je conclus de cette intolérance ahurissante (et potentiellement violente) que l’islam, que les Français sont invités à admettre comme une réalité banale, est une belle saloperie. J’ajoute que je dis ça d’autant plus volontiers que j’ai lu le Coran, invraisemblable puzzle fait de pièces et de morceaux sans queue ni tête, de sentences péremptoires et de rengaines obsessionnelles, et dont le message peut se résumer à cette commination : « Prosternez-vous, ou il vous en cuira ! ».

Soit dit en passant, je voudrais savoir à quoi ressemble le cerveau de tous ces enfants des écoles coraniques sommés d’apprendre par cœur un texte à ce point haché menu, et en combien de morceaux est fragmenté le dit cerveau. A ce sujet, il faudrait remettre en circulation la belle pensée de Thomas d’Aquin : « Timeo hominem unius libri » ("je crains l’homme d’un seul livre", a fortiori d’un seul Livre). Je crois fortement que les prêcheurs de tolérance sont avant tout des salopards, tout prêts à faire entrer la horde des loups dans la bergerie.

Non, trois fois non, la religion musulmane n’est pas comme les autres. Elle est organisée en réalité comme une mafia, qui punit sévèrement tous les membres qui montreraient des velléités de la quitter, comme si l’apostasie ressemblait en quoi que ce soit à la trahison d’une cause sacrée. Chez les catholiques au moins, ça fait belle lurette que l'excommunication ne défrise plus grand monde dans la population, et que l'autorité papale n'ose plus brandir cette arme devenue loufoque.

Cela dit, admettons par hypothèse désintéressée que les Français musulmans qui s’affichent comme tels sont sincères et seulement animés de bonnes intentions. Admettons. Cela ne doit pas nous amener à oublier à quoi tient l’expansion de l’islam depuis l’accession de Khomeiny au trône spirituel et temporel de l’Iran en 1979, et la transformation de la religion en instrument de conquête politique.

Cela ne doit pas nous faire oublier que, derrière tous ces bons musulmans sincères qui se disent français, s’agitent un certain nombre de forces, qui ne sont pas forcément animées des meilleures intentions du monde. Derrière les Français musulmans, on voit en effet à l’œuvre des réseaux d’influence qui ne veulent pas que du bien à l’Europe et à la France.

Ce n’est un mystère pour personne que beaucoup de mosquées construites chez nous depuis vingt ans et plus ont été financées par l’Arabie saoudite, le Qatar, le Maroc, que sais-je ; que les imams qui mènent le prêche, d’une part, le font souvent en arabe, et d’autre part, sont d’obédience wahabite ou salafiste, quand ils n’appartiennent pas à la secte des « frères musulmans ».

C’est cet islam-là, le plus rigoriste, le plus rétrograde, qui, sous couvert de piété et de stricte observance des préceptes de la foi, creuse peu à peu le fossé qui éloigne les Français musulmans des Français « de souche ». C’est cet islam-là qui, en provoquant l’adhésion des femmes, les amène à porter le voile soi-disant islamique, et à se faire ainsi, qu’elles le veuillent consciemment ou non, de simples propagandistes, de vulgaires "femmes-sandwichs" bénévoles, des militantes enthousiastes qui se chargent de faire la publicité gratuitement.

Le voile qui se répand dans nos villes n’est que le signe le plus visible de l’efficacité de la propagande conçue à l’extérieur de nos frontières, par des gens de pouvoir, calculateurs, qui se moquent bien des principes républicains en général, et de la laïcité française en particulier.

Des gens qui doivent se dire qu'il n'est jamais trop tard pour se venger de Poitiers, de 732, de Charles Martel et de toutes les « humiliations » subies au cours de l'histoire. La différence est que l'argent qui leur vient du pétrole qu'ils vendent leur donnent barre sur leurs clients, forcés d'être gentils avec eux (voir Hollande, voir Sarkozy), et leur permet, très pacifiquement cette fois, de poser une botte sur les démocraties. Quelle lâcheté, quel aveuglement, voire quelles compromissions guident ceux qui nient cette réalité qui fait pourtant tache d'huile ? 

Autant les croyances des individus sont respectables (quoique ça puisse se discuter), autant les calculs de ceux qui font de l’islam un instrument de conquête politique sont à combattre sans faiblesse, et surtout sans lâcheté. Les Français qui prêchent la tolérance à tout prix à l’égard des musulmans, qui brandissent le délit d’islamophobie à la moindre occasion, qui récitent les prières du bréviaire des bons sentiments, font semblant de ne pas voir, derrière la foi pourquoi pas sincère des individus, les manœuvres de ceux qui instrumentalisent la religion à des fins politiques.

Ils sont juste coupables de félonie envers la France.

Voilà ce que je dis, moi.

mardi, 27 septembre 2016

CA-LAIS ! CA-CA-LAID !!!!

Toutes les bonnes âmes qui vibrent pour le sort infâme fait aux migrants qui squattent la « jungle » de Calais condamnent l’inertie coupable du gouvernement. « Calais » est devenu un problème politique français, où les hauts responsables jugent indispensable d’aller se montrer et de se faire photographier. Les bonnes âmes ont raison, mais les bonnes âmes ont tort. Raison de s’élever contre l’inhumanité. Et tort de ne pas chercher les causes profondes.

Car les Français sont bien bons de s’apitoyer sur les malheurs de gens qui ne devraient pas se trouver là. Oui, les Français sont trop bons avec les Anglais. Tous ces gens laissés à l’abandon devraient en effet d’autant plus se trouver de l’autre côté du « Channel » que la plupart n’attendent que cela, et que c’est pour aller en Grande-Bretagne qu’ils sont venus là. Mais pourquoi les empêche-t-on de grimper dans les camions qui traversent, voire dans l’Eurostar ? La France n'a aucune raison d'endosser ce problème et de se déchirer autour de la verrue calaisienne.  

Oui, comment se fait-ce ? C’est bien simple : c’est la faute au Touquet et à l’année 2003, année où Chirac l’escroc était président, et Sarkozy l’hystérique ministre de l’intérieur. Je n’imagine pas qu’ils ne soient pour rien dans le fait que la France ait accepté de mettre sa signature au bas de l’ « Accord » bilatéral. C’est de cet accord avec un pays étranger que découle directement le problème. Je ne veux pas savoir dans quels termes est rédigé cet accord, je ne veux pas savoir s'il y a quelques clauses secrètes : je voudrais que les vrais responsables de la situation en dernier ressort soient officiellement désignés. Disons-le : c'est la faute aux Anglais. Il ont réussi à débarquer sur le sol français pour y planter une grosse verrue. Le plus fort, c'est que l'affaire semble devenue à 100% franco-française.

J’ai une seule chose à dire aux futurs candidats à la présidentielle : plutôt que de parachuter autoritairement (par voie préfectorale) cette population dans des communes qui n’ont rien demandé, et dont une bonne part de la population ne veut pas ; plutôt que de construire des barrières (et même un mur végétalisé !), engagez-vous à dénoncer l’accord du Touquet. Au besoin, menacez Londres de le dénoncer unilatéralement et d’ouvrir la frontière.

Que je sache, la frontière britannique est à Douvres ! Soyons "sport" : restituons dans un beau geste leur frontière à messieurs les Anglais.

Et vous, messieurs les Anglais, assumez ! On verra alors si vous êtes des hommes ! Et si vous osez bouter les migrants dans la mer !

Voilà ce que je dis, moi.

dimanche, 28 août 2016

JOURNALISTES MINABLES (suite)

JOURNALISTES.jpg

Dans le train, les marchandises avariées.

Photo parue dans le journal Le Monde daté 28-29 août 2016.

 

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Le 12 août (on peut cliquer), j'ai écrit un billet sur les journalistes "politiques", que je qualifiais de "minables par fonction". La preuve (s'il en était encore besoin), voici la photo parue dans Le Monde (daté 28-29 août). Non mais regardez-les, les plumitifs ! Je devrais dire les esclaves. Aucune dignité, aucune fierté personnelle ou professionnelle. Des larves. Titre de l'article en une (avec renvoi en page intérieure) : "François Hollande, président chroniqueur". Sous-titre : "Le chef de l'Etat aime parler aux journalistes. Beaucoup et souvent." Du côté de Sarkozy, ce n'est pas mieux : les "journalistes" font pieusement écho à ses moindres discours et, à longueur de colonnes, délaient sur leurs tartines la confiture des chamailleries de bac à sable qui l'opposent à Juppé, Fillon, Lemaire, etc.

Je pointais dans mon billet la propagandite journalistique aiguë qui a contaminé ce segment de la profession : de simples chambres d'échos, des scribes au service de leurs majestés autoproclamées (Sarkozy, Hollande, ou comment qu'ils se nomment). Tout ce petit monde croit dur comme fer à la vérité de la foutaise inventée par John Langshaw Austin, résumée dans la formule sacramentelle de la cuistrerie linguistique déchaînée : « Dire, c'est faire », qui semble conférer au mot la même valeur d'efficience qu'au marteau, au tournevis et à la clé anglaise.

Ce refrain a quelque chose à voir avec l'enfance, car quand le supposé cow-boy crie "pan t'es mort" à l'indien supposé, celui-ci fait effectivement semblant de mourir : on est dans la cour de récréation. Le terrain de jeu préféré des politiciens français, où courent également leurs complices : les "journalistes" politiques. Mais le fromage doit être délectable, à voir les grappes d'affamés qui se jettent dessus.

Tout ce petit monde, prenant la formule au pied de la lettre, participe à ce tout petit jeu qui se joue dans un petit bocal, et qui consiste à faire croire, en en offrant le spectacle au bon peuple, que les mots sortis de l'orifice buccal des politiciens sont déjà des actes (j'appelle ainsi ce qui a quelque chance de modifier la structure de fonctionnement des sociétés humaines).

Et les politologues (je pouffe et je m'esclaffe) se font une joie et un métier de décortiquer les pets de travers, les rots de fin de repas et les coliques - frénétiques quoique calculées - de ces bambins qui courent et nous feraient rire s'il ne nous faisaient rager. Tous d'accord pour donner à leur show le titre ronflant de "Vie Politique", ces petits hommes qui battent l'estrade jouent sur scène à se donner la réplique dans l'espoir de se donner réciproquement de l'existence et de la consistance.

Ils sont à cent lieues de se rendre compte qu'ils sont juste ridicules. Ils font semblant de ne pas voir que les spectateurs désertent de plus en plus massivement le théâtre où ils s'exhibent.

Des larves, décidément. Pauvres gens ! Pauvre France !

Voilà ce que je dis, moi. 

vendredi, 12 août 2016

JOURNALISTES MINABLES

LE JOURNALISTE POLITIQUE EST UN MINABLE

Les pauvres gens, vraiment ! On a pitié d'eux en les voyant se précipiter, le doigt sur la couture du pantalon, au moindre claquement de doigts de nos "hauts responsables politiques". Prenez François Hollande ou Nicolas Sarkozy, c'est kif-kif la même chose. Convoqués, les journalistes politiques accourent, se mettent au garde-à-vous et répondent en chœur  : « Chef ! Oui chef ! », comme les bidasses face au "sergent La Terreur" de Full metal jacket. Même si les pisse-copie, eux, sont à l'affût des propos tenus « off the record », attendant comme le messie la petite révélation qui leur permettra de tartiner, le résultat est le même : ils sont "aux ordres".

SERGENT FULL METAL JACKET.jpg

Hollande revient des JO et glisse quelques "confidences savamment dosées" dans l'oreille des folliculaires aux ordres, bidasses de la presse française, trop honorés d'avoir été admis dans l'avion du général en chef ? Echo garanti maximum, chers téléspectateurs et néanmoins (on le dit) citoyens !

Les intentions qui transparaissent dans les confidences, les discours, les déclarations de François Hollande peuvent-elles sérieusement être considérées comme des événements ? Des actions dont tout bon journaliste se fait naturellement un devoir de rendre compte ? 

Sarkozy "donne" une interview "choc" à une revue classée à droite de la droite (prière de noter le "positionnement" sur la carte électorale), où il remet en cause le droit du sol ? Echo maximum garanti, chers gogos électeurs et néanmoins (paraît-il) citoyens ! 

Les intentions qui transparaissent dans les déclarations et les interviews de Nicolas Sarkozy peuvent-elles être sérieusement considérées comme des événements ? Des actions dont tout vrai journaliste a évidemment à cœur de rendre compte ? 

La réponse aux deux questions ci-dessus est NON. 

Le journaliste politique se moque éperdument d'informer : il se goinfre et se repaît (et nous gave) de mots, de discours, de "petites phrases". Le journaliste politique s'efforce désespérément de transformer le monde virtuel où grenouille le marigot parisien en monde réel. Toute une entreprise (politiciens, journalistes, sondeurs, politologues, tous complices) travaille à donner corps et consistance à des ectoplasmes, tout comme des photographes astucieux donnaient corps à des apparitions fantomatiques, vers la fin du XIX° siècle. Une entreprise d'illusionnistes. 

En vérité, une entreprise de mystificateurs.

Pour montrer qu'il a tout compris, voulant passer pour un fin analyste de la chose, en bon faire-valoir, le journaliste politique invite en effet toutes sortes de politistes, politologues et autres directeurs d'instituts de sondage, pour s'efforcer de percer à jour les intentions des uns et des autres. Les VRP multicartes de la discipline se bousculent aux portillons des antennes : Stéphane Rozès, Roland Cayrol, Brice Teinturier et compagnie pour venir jouer les "madame Irma". 

Le journaliste spécialisé en politique intérieure et le journaliste sportif se ressemblent comme deux gouttes d'eau : ce dernier suppute les chances d'untel de faire cadeau à la France d'une médaille d'or, quitte, le lendemain de la défaite, à remâcher les espoirs déçus. Le journaliste politique dessine quant à lui la figure des lendemains qui nous attendent, quitte, le lendemain, à se déjuger sans vergogne en soutenant qu'il avait raison d'avoir tort. Alors que son tort principal est de faire semblant de considérer comme une "information" indispensable un propos qui n'est qu'une rumeur, que celui qui le tient voudrait bien voir considérée comme une vérité. Tant que le journaliste politique n'a pas renoncé à appeler la propagande par son nom, il se condamne à n'être qu'une chambre d'écho de celle-ci. Tant qu'il accepte de participer à ce petit jeu, qu'il le veuille ou non, il en est le complice. Il est le gardien vigilant du système à la conservation duquel il travaille.

Pauvre engeance, en vérité, que ces corbeaux plumitifs, que les vieux renards de la politique - vieux poissons, gros reptiles, perdreaux de l'année qui se rêvent en volatiles aguerris, ... -, font semblant de flatter (« Que vous me semblez beau ! »), pour mieux s'essuyer les pieds sur leur conscience, les mettre à leur service et "faire passer leurs messages".

Le journaliste politique aujourd'hui est un minable par fonction : c'est juste une antenne-relais, dont le rôle objectif consiste à perpétuer un système factice, moribond, vide de toute substance de vérité. Un propagandiste asservi à la tâche misérable de prodiguer les soins palliatifs à l'organisation politique de la France. Un urgentiste sommé de donner les apparences de la vie à une momie. Un « storyteller » avide de débiter les belles histoires féodales (adoubements et allégeances, fiefs électoraux, suzerains et vassaux, pieds à l'étrier, dynasties, ...) qui animent et déchirent les deux mafias rivales qui se disputent le gâteau "FRANCE".

Quelle pauvre presse, en vérité, qu'une presse gastéropode ! Heureusement, l'estomac des journalistes politiques n'est pas hérissé de pointes acérées comme la coque des oursins : les parquets des palais de la "République" n'y résisteraient pas longtemps. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : si je ne parle pas d'un autre parti, que la rumeur (je veux dire les sondages) voit poussé irrésistiblement par un vent qui lui souffle en plein dans la poupe, c'est tout à fait intentionnel : on essaie de nous vendre comme un produit nouveau une vieille mécanique boutiquière, au prétexte que ce parti bousculerait les "lignes". Que ce parti bouscule les deux autres, je veux bien, mais dans le paysage politique sinistré de la France, il a tout l'air du petit malfrat qui vient marcher sur les plates-bandes des deux "familles" installées pour se faire une place au soleil. Je veux dire que le Front National est, dans ses visées comme dans ses façons de faire, sous ses airs de chien dans le jeu de quilles, une copie conforme du parti socialiste et de "les républicains", dont il est juste une caricature, qui a le seul défaut de ne pas bénéficier de la patine suave et veloutée que procure l'exercice du pouvoir dans la longue durée.

vendredi, 15 juillet 2016

ENCORE COMBIEN DE MORTS ? ...

... FAUDRA-T-IL, AVANT QUE MONSIEUR HOLLANDE COMPRENNE QUE L'ÉTAT D'URGENCE NE SERT A RIEN ?

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jeudi, 14 juillet 2016

FÊTE NATIONALE ? ...

... OU SPECTACLE SINISTRE ET FARCESQUE DE LA FORCE ?

14 juillet,fête nationale,hollande,

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Où est-elle, la nation ?

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Là, vraiment (1984) ?

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Ou là (1998) ?

 

Pas cette dérision, quand même !

Une nation dans le football ? Dans une compétition ? 

Chaque fois qu'on perdrait, ce serait à se pendre.

Non !

La Nation est là où on ne la voit plus : dessous.

« Je regarde le gazon. » (Lamartine et Georges Brassens)

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Douaumont.

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Neuville-Saint-Vaast (nécropole nationale de La Targette).

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Sillery.

Chacune de ces croix fut un homme : une tête, deux bras, deux pieds plantés dans une vraie terre. Ce sont eux qui ont fait la nation. Ce sont eux que la "nation" a trahis.

Qui peut encore en avoir envie, de cette nation-là ?

On ne ressuscite pas les morts.

jeudi, 23 juin 2016

HOLLANDE ET LES « RÉFORMES »

Avant de parler de François Hollande, rappelons quelques souvenirs cuisants du passage de Nicolas Sarkozy (le George W. Bush français, surnommé "le binaire", son esprit étant hermétique à la complexité du monde) à l’Elysée. Dans le bilan de ce sinistre individu qui menace la France de revenir au pouvoir pour finir de la vider de son contenu ancien, on peut compter (j’en omets, car on n’en finirait pas) :

- côté police, la désastreuse élimination de la « police de proximité » mise en place sous Jospin (il était encore ministre de l’Intérieur), qui avait montré son indéniable efficacité, mais surtout la dévastatrice fusion de la DST (Défense et Sécurité du Territoire, le contre-espionnage) et des RG (Renseignements Généraux, le renseignement intérieur « de terrain »), deux maisons aux « cultures » radicalement hétérogènes. Mohamed Merah fut le premier bébé né de cette fusion, avant beaucoup d’autres.

- la dévastatrice réforme de la carte judiciaire, menée non pas tambour battant, mais carrément au canon (et avec les dents), par Rachida Dati, qui avait vu descendre dans la rue d’inédits et impressionnants cortèges de robes noires, et même de robes rouges.

- et ce qui est à l’origine de ces deux naufrages des institutions françaises : l’immortelle RGPP (Réforme Générale des Politiques Publiques), qui refusait d’avouer dans son appellation qu’elle était vouée au but exclusif de saigner la Fonction Publique, toutes Administrations confondues, en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux au moment de son départ en retraite. On a pu vérifier dans les faits des quelques dernières années l’effet miraculeux de cette politique sur l’état économique, éducatif, politique et sécuritaire de la France. Ce qui n'a pas empêché les dépenses de l'Etat de croître et embellir.

Après le démolisseur est donc venu un César au petit pied, qui n’est entré à l’Elysée que parce qu’il s’était fabriqué pour l’occasion le masque d’un « Monsieur Tout-le-monde », qu’il n’a pas tardé à jeter, une fois refermées les portes du Palais sur la légalité irréfutable de cette confiscation pour cinq ans de presque tous les leviers du pouvoir.

Je ne retiendrai ici, dans le bilan de ce sinistre individu (la France est-elle maudite ?), que quelques « réformes », prises dans leur chronologie (j'en omets, car on n'en finirait pas) :

- la loi introduisant dans la société et dans les mairies françaises le mariage des homosexuels mâles avec leurs pareils, même chose pour les homosexuelles femelles, à égalité avec le mariage normal, je veux dire d’un homme et d’une femme, au mépris de l’avis d’une bonne moitié de la population normale, clairement exprimé dans les rues de nos villes (quels que soient les sondages et les calculs qu’on pouvait percevoir derrière certaines indignations).

- la loi instaurant le redécoupage des régions définies lors du vote sur l’ancienne loi Defferre, au mépris de l’avis de beaucoup d’élus et de l’incompréhension ou l’indifférence d’une majorité de la population devant tant de hâte et de précipitation à présenter une telle réforme, informe et impensée, comme cruciale, urgente et indispensable.

- dernière en date : la réforme du Code du travail, qui balaie d’un coup violent les digues qu’un lent processus avait, dans des relations conflictuelles, patiemment élevées pour protéger la faiblesse inhérente au statut de ceux qui ne possèdent que leur force de travail pour subvenir à leurs besoins.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les modalités de ces trois réformes sont strictement identiques sur un point essentiel : il s’agit de trois coups de force. Trois putschs légaux. Notre président est un putschiste. François Hollande, on le savait bien avant 2012, n’est pas un Homme d’État, ce n’est même pas un petit boutiquier, c’est un arrière-boutiquier, qui n’a aucune prise sur les événements et qui, pour cette raison, en est réduit à se livrer à des petites ruses, à des calculs d’épicier pour voir quel avantage il pourra tirer ou quel désavantage il pourra éviter.

Ce tout petit homme, quand il n’est pas obligé de se retirer du jeu de quilles la queue basse parce qu’il s’est emmêlé les pinceaux dans une banale opération de communication (cf. le bazar autour de la « déchéance de la nationalité »), il est contraint, pour faire passer ses lois, de les parachuter d’en haut, en flattant ou intimidant ses godillots du Parti Socialiste, et quand ce n’est pas possible, il n’hésite pas à se passer de l’avis du Parlement : il tire au calibre 49,3 en disant à ses rebelles : « Même pas cap’ de voter une motion de censure ! ». Bien que ce ne soit pas passé loin la dernière fois, gageons qu'ils se montreront disciplinés : ils pensent à leur législative de 2017 et à la carotte de l'investiture que le bâton du parti leur met déjà sous le nez.

C’est ce tout petit homme qui s’était pourtant fait élire en promettant (« croix de bois-croix de fer-si je mens je vais en enfer ») de promouvoir en toute circonstance le « Dialogue », l’ « Echange » et la « Concertation ». Le résultat, on l’a vu : monsieur Hollande a vite versé dans l'autoritarisme des faibles, vous savez, ces petits tyrans domestiques qui se vengent le soir sur la maisonnée des avanies et humiliations que leur supérieur leur a fait subir dans la journée. Le débat ? Fi donc ! Hollande est un champion du débat par la méthode forte. Et même brutale.

Non, personne ne saurait vous prendre au sérieux, monsieur Hollande. Les nouvelles régions, par exemple, le gouvernement aurait pu lancer dès 2012 une vaste concertation programmée, je ne sais pas, disons sur deux ans, délai qui aurait permis à tous les acteurs de terrain de s’entendre et, pourquoi pas de faire des propositions, de déplacer des limites de territoire. Trop compliqué. Et puis ça aurait eu le fâcheux inconvénient de laisser l’initiative à la population. Même chose pour le mariage homosexuel. Même chose pour la « loi Travail ». Non, il vaut mieux trancher, sinon on va encore se faire taxer de passivité, se dit-il. 

L’improvisation à laquelle a donné lieu la « réforme territoriale » et le grotesque dans lequel ont plongé les sordides discussions de marchands de tapis au sujet de leurs contours et de leur nombre illustrent à merveille l’incompétence d’un homme dépourvu de toute vision de l’avenir, et dont toute l’action « politique » consiste à caboter sans trop s’éloigner des côtes et à opérer « à vue » de savantes et retorses petites manœuvres pour esquiver au dernier moment la menace du rocher à fleur d'eau, qu'il n'avait pas aperçu. 

L'improvisation fait rage : acte I : Valls-Hollande menace de « prendre ses responsabilités » si la CGT appelle de nouveau à manifester malgré la présence de « casseurs » (question : quelles consignes ont été vraiment données aux forces de l'ordre, qui identifient en quelques heures des hooligans russes, et qui mettent les violences sur le compte des syndicalistes eux-mêmes) ; acte II : Valls-Hollande déconseille à la CGT (sept syndicats signent l'appel) d'organiser une nouvelle manifestation ; acte III : les syndicats persistent dans leur intention de manifester ; acte IV : la sentence tombe, la manifestation est purement et simplement interdite par le préfet (le plus libre de tous les hauts fonctionnaires, comme chacun sait) ; acte V (coup de théâtre, qui a pris de court le journal Le Monde, ça s'appelle "deus ex machina") : une heure à peine après l'interdiction : la manif est autorisée, sur un parcours court. C'est la panique à bord, il n'y a plus de pilote. Le bateau qui prend l'eau file sur son erre, hors de contôle.

Embrassons-nous Folleville : c'était donc une FARCE. Déconsidérés, couverts de crotte et de ridicule, Hollande et Valls devaient encore avoir un œil sur les sondages : le sondage électronique quotidien du Progrès indiquait, mardi 21 juin, 80% d'opposants à toute interdiction de manifester. Je ne veux rien dire, mais je me demande si le titre d'un vieux feuilleton radiophonique ne devient pas de la plus urgente actualité. Cela s'appelait "Ça va bouillir". Je crains, hélas, que le pays ne s'approche irrésistiblement d'un tel seuil de température. Que va-t-il rester de vous, monsieur Hollande ?

Non, décidément, monsieur Hollande, ce n’est pas ça, un Homme d’État. 

Voilà ce que je dis, moi.

mercredi, 22 juin 2016

BRitishEXIT ? PAS TROP TÔT !!!

Pour des raisons sans doute de politique intérieure britannique qui échappent au bon sens du commun des mortels, les sujets de Sa Majesté sont invités à voter pour ou contre l’appartenance du Royaume à l’Union Européenne. Il serait temps, depuis le temps. Pourquoi les continentaux sont-ils allés faire des courbettes devant ces insulaires pour les supplier de bien vouloir se joindre à eux pour construire cet invraisemblable "machin" qu'on appelle l'Europe ? Pourquoi, devant les extravagantes conditions d'exception que ceux-ci posaient, ont-ils accepté de faire d'extravagantes concessions ? Ils savaient pourtant bien qu'il existait toutes les raisons de laisser les Anglais dans leur île.

Car la « City » de Londres est le plus gros, le plus grand, le plus puissant des paradis fiscaux du monde tant combattus par un célèbre Français qui s’est dit un jour d’égarement « ennemi de la finance » (discours du Bourget), alors qu’il en est un complice de tous les instants depuis que les électeurs lui ont dit « Amen ». Le Royaume est aujourd'hui une tête de pont de tout ce que la planète compte de grands banquiers et de la haute finance, puisque leur présence chez lui leur ouvre la porte de tout un continent.

La Grande Bretagne, c’est un paquet de dérogations au « droit de l’Union » (qu'ils ont d'ailleurs largement contribué à forger dans un sens ultralibéral fanatique), aux traités, etc. Les Anglais dérogent comme des fous quand il s’agit de s’introduire dans un groupe pour y exercer une influence sans en subir les lois. Depuis William Pitt, les Anglais sont passés maîtres dans l'art des renversements d'alliance pour empêcher l'avènement d'une puissance continentale.

"Contrôler sans dépendre", voilà la fière devise à laquelle ils se tiennent depuis deux siècles. La GB, qui veille jalousement sur sa souveraineté, veut bien s'associer, mais sans s'engager. Autrement dit, je veux bien tirer les marrons du feu, mais en ayant investi le minimum. L'Anglais dit : « I want my money back ».

Leur autre spécialité, c’est le « libre-échange absolu », absolument non régulé, c’est-à-dire la loi de la jungle, c’est-à-dire l’absence totale de lois s’appliquant à tous, au bénéfice d’innombrables contrats bilatéraux, qui font régner, comme on le sait, la loi du plus fort. Le peu de réglementation (je ne parle pas des normes, juste des échanges) imposé par la Commission européenne effarouche les milliardaires libertariens, ces ennemis de l'Etat et de l'autorité qui va avec, au point qu'ils ont financé le camp du Brexit. Les Américains ont poussé la chose à son paroxysme, et ont acquis dans la technique une virtuosité nonpareille.

Tous les traités signés, au nom de la France, par tous les responsables nationaux, qu’ils soient de gauche ou de droite, établissent la « concurrence libre et non faussée », qui programme dans son principe même la destruction des « services publics à la française », depuis longtemps déjà moribonds.

C’est ce qu’on appelle l’ultralibéralisme fanatique, qui ne vise rien d’autre que l’extinction définitive de tout « bien commun », c’est-à-dire l’avènement de la Grande Privatisation de Tout (y compris la brevetabilité illimitée du vivant), qui vise, comme son nom l’indique, à Tout introduire dans une logique de rentabilité, y compris, bientôt, l’air que les hommes respirent : il y aura ceux qui pourront payer et ceux qui ne pourront pas.

Alors les Anglais ? Mais qu’ils s’en aillent donc !

Boutons les Anglais hors d'Europe ! 

On n’aurait d’ailleurs jamais dû les y laisser débarquer.

Voilà ce que je dis, moi.

Note : mais je suis prêt à parier que, la mort d’une députée aidant (juste un « loup solitaire » à tendance psychiatrique, vraiment ?), l'iounaïtid kinngdomme va nous taper l'incruste. « Alas ! Poor Yorick ! » (Hamlet, V,1). Oui, tout est possible, mon cher Watson, répondent les institutions européennes et leurs 10.000 lobbyistes accrédités, en chœur avec tous les Jérôme Kerviel qui sévissent à la City de Londres, en toute impunité.

jeudi, 16 juin 2016

LA LIMACE ET LA TORTUE

HOLLANDE MORCHOISNE.jpg

Magnifique travail de Morchoisne.

HOLLANDE LIMACE 2.jpg

 

mercredi, 27 avril 2016

EUROPE TTIP : LES COMPLOTEURS

Après la Russie atomique, l'Amérique. Ainsi, Obama a rendu visite aux Européens. Le président des Etats-Unis est bien bon. Les Européens devraient lui savoir gré de sa bonté ? En réalité, monsieur Obama est venu faire la leçon (le gros titre du Monde daté d'aujourd'hui) à la vieille Europe. Première leçon : le « Brexit », c’est caca, il ne faut pas. Il y tient. Deuxième leçon : les accords de libre échange (TTIP ou TAFTA, au choix) en cours de négociation, c’est du miel délectable, il faut. Il y tient. Qu’on se le dise : Barack Obama sait mieux que les Européens ce qui est bon pour l’Europe. 

C’est évidemment un mensonge pur et simple, gros comme une maison (blanche). Obama est venu nous rendre visite en VRP de première classe des intérêts des Etats-Unis. Le Royaume Uni ? Une tête de pont des USA, et ça embêterait beaucoup les Américains de ne plus avoir un espion à leur disposition en plein cœur des institutions européennes. 

Mais ne parlons pas de la Grande Bretagne : s’ils veulent récupérer leurs billes, après tout, libre à eux. Qu’ils soient dehors ou dedans, ça ne change rien du tout à la vie quotidienne des Européens, même si le monde des affaires et de la finance peut en pâtir. Mais pour ce qui est du TTIP, c’est une tout autre sauce qu’on est en train de nous concocter. Et les Allemands sont apparemment les seuls à se cabrer un peu devant la menace. 

Qu’est-ce que c’est, en effet, ces accords de libre échange ? Jugez plutôt : pour avoir accès aux informations, il faut être soit un député ou un sénateur national, soit un député européen. Vous avez alors accès à un immeuble parisien. Avant d’entrer dans une pièce sans aucune fenêtre, vous êtes dépouillé de tout appareil électronique qui risquerait de transmettre quoi que ce soit, et vous signez un papier qui vous menace de poursuites pénales si vous dévoilez quoi que ce soit de ce que vous avez découvert. Une fois dans la pièce, vous consultez la documentation sous le regard d’un vigile vigilant. Vous ne trouvez pas que cette façon de procéder pue la charogne ? Que ça sent les comploteurs à cent kilomètres ? Cela a tout d'une assemblée générale de gangsters.

Rien que pour cette raison, l’Europe aurait non seulement dû claquer la porte depuis longtemps, mais elle n’aurait jamais dû l’ouvrir pour venir s’asseoir en face de gens sûrement très malintentionnés, vu la gravité de mystérieux secrets qu’ils ont de toute évidence à cacher. Attendez-vous à savoir (comme disait la désopilante Geneviève Tabouis aux époques héroïques de la radio) que les Européens doivent s'apprêter à "l'avoir dans l'os" !

Moi, je dégage de ce théâtre d’ombre une information : des gens très puissants – des Américains pour l’essentiel – sont en train de fomenter un complot pour accroître encore la vassalisation de l’Europe et pour en faire un terrain de jeu et de profit pour les grands groupes industriels d’outre-Atlantique. La visite d’Obama n’est pas celle d’un allié, c’est celle d’un suzerain. 

A moins que ce ne soit celle d’un « parrain ».

Qui aura les noix assez bien accrochées pour lui dire merde, à ce « parrain » ? François Hollande ? 

Ne me faites pas rire, j’ai les lèvres gercées. 

Voilà ce que je dis, moi.

CORRECTIF de dernière minute : Manuel Valls a déclaré qu'il est hors de question pour la France de signer l'accord de libre-échange en l'état. Alors acceptons-en l'augure. L'avenir futur nous dira ce qu'il en est.

lundi, 18 avril 2016

FINKIELKRAUT FASCISTE !!!

ALAIN FINKIELKRAUT CHEZ LES GENTILS DE "NUITS DEBOUT"

Qu’allait faire Alain Finkielkraut dans la galère de « Nuits debout » ? Qu'est-ce qui lui a pris d'aller y traîner ses guêtres ?

Il paraît donc que le professeur de philosophie (et peut-être philosophe, faut pas confondre) Alain Finkielkraut s’est fait sortir manu militari de la place de la République à Paris aux cris de « Finkielkraut fasciste ! ». Finkielkraut fasciste ! Ben en voilà, du nouveau qui vient de sortir ! Les bras m’en tombent et j’en reste sur le cul. Ainsi, le producteur de la célèbre émission Répliques, le samedi matin sur France Culture, que j’écoute régulièrement, mais pas toujours, pas forcément et surtout pas en opinant du bonnet (on peut (ré) écouter la dernière, samedi 16 avril, sur les combattants de 14-18, qui était absolument formidable), serait une résurrection dans l’ordre intellectuel de la figure de ce que fut Benito Mussolini dans l’ordre du muscle. Voilà où on en est ? Oui : voilà où on en est. M'enfin quoi, soyons sérieux.

Je ne vais pas me porter au-devant des ennemis de Finkielkraut pour lui servir de bouclier : je pense qu’il a appris à se défendre par lui-même. Ce qui m’intrigue davantage dans cette affaire, c’est la brutalité (en attendant la violence ?) du clivage qu’elle met en lumière. Politiquement, je ne sais pas comment analyser la chose. En revanche, si l’on se préoccupe de l’existence supposée, dans toute démocratie, d’un espace public pour les débats entre citoyens (agora, forum), je trouve ça très inquiétant. De quel côté de ce "fascisme" bien spécifique se trouvent les participants des « Nuits debout » ? 

L’alternative est celle-ci : en France, aujourd'hui, peut-on encore débattre entre gens raisonnables ? Ou bien existe-t-il une « vox populi » implicite et impérieuse qui impose silence aux dissidents ? Certains sont-ils interdits de parole au motif qu’ils sont catalogués parmi les « intellectuels médiatiques » ? Et au surplus dénoncés comme « réactionnaires » ? Dire, en plus, qu'on lit partout que ces "réactionnaires" attirent presque en exclusivité les caméras et les micros ! Que ces contempteurs du système sont quasiment devenus des moteurs du système ! Le "réactionnaire" élevé à la dignité de "Mutin de Panurge" (Philippe Muray) par on ne sait à la suite de quelles manipulations génétiques ! L'exception rebelle et libertaire s'érigeant en règle tyrannique !

Qu’est-ce que c’est, en réalité, « Nuits debout » ? A parler franchement, j’ai plutôt l’impression d’un symptôme que d’une promesse d’avenir. Je râle assez régulièrement contre la confiscation du débat par la caste des professionnels de la politique et par la démocratie représentative, ainsi que contre le musellement des voix des populations quand elles s’élèvent en dehors des échéances électorales, pour ne pas être intrigué par ce qui se passe la nuit sur la place de la République parisienne. 

« Nuits debout », c’est le symptôme (bénin) du cruel manque qui se fait sentir dans l’exercice concret de la démocratie du fait de la codification intégrale et rigide des formes du débat. Des autorités envisagent de construire un grand aéroport pour soulager une grande ville de l’ouest, mais dans une zone agricole et écologiquement précieuse ? Un barrage dans une zone humide pour alimenter en eau l’agriculture locale ? Un centre de loisirs dans une riche zone forestière ?

La réponse est chaque fois la même : la procédure légale a suivi son cours de façon imparable et ne peut donc être remise en question. Pour contester, suivez la voie hiérarchique, introduisez des recours devant les tribunaux compétents : ceux qui sont à l’origine du projet ont toute légitimité, se sont conformés à la loi et ont reçu l’approbation des élus du peuple. Peut-on faire plus démocratique ? Les protestataires n'ont aucune légitimité, ils ne parlent que pour eux-mêmes.

C’est là que le bât blesse : entre deux échéances électorales, la population est priée de la fermer. C’est à cette confiscation du légitime par le légal, au moyen d'une application administrative scrupuleuse des formes de la démocratie, au détriment de son contenu que réagissent les acteurs de "Nuits debout". Si la lettre de la loi a été respectée, si l'on ne peut repérer aucun "vice de forme", la procédure doit aller à son terme.

L'élection une fois intervenue, l'élu s'affranchit de toute limite à l'exercice du pouvoir qu'on lui a accordé. Sa légitimité découle la légalité : il a la loi pour lui. C'est à ça que cherche à répondre l’opération « Nuits debout ». L'intention est louable. Malheureusement, là où je commence à me méfier, c’est quand j’entends des reportages sur place, qui donnent la parole aux participants. Tout le monde est de bonne volonté, ouvert, convivial et soucieux de « faire avancer le débat ».

Mais pour parler franchement, on entend beaucoup de niaiseries générales, de propos indigents et de balourdises fumeuses. Et puis voilà que s'ajoute maintenant à la vacuité de ce "mouvement", la volonté de réduire au silence, et de chasser Alain Finkielkraut, au motif qu'il n'adhère pas spontanément et pleinement au beau "mouvement" "spontané", prometteur du futur "Empire du Bien" (encore Philippe Muray, décidément), et au motif qu'il tient à maintenir en exercice la plénitude de son esprit critique. Je répète la question : de quel côté, les "fascistes" ?

Et même le débat : sur quoi, le débat ? Une « nouvelle façon de faire de la politique » ? L’élaboration des bases d’une future société ? Un gros tas de chouettes copains ? Vraiment ? Allons donc, si c’est ça, « Nuits debout », c’est vraiment une plaisanterie, de la fumée, de la roupie de sansonnet. Le meilleur moyen pour se perdre dans les généralités, tirer des plans sur la comète et, dans le fond, alimenter en propos fumeux le « Café du Commerce ». Il faut avoir entendu Frédéric Lordon s’égosiller dans un micro et prononcer un discours enflammé sur de futurs lendemains qui chantent : c’est à se demander de quelle planète viennent les participants et sur quelle planète ils pensent avoir atterri. 

Je me demande si le terme désuet de « monôme », un peu condescendant je dois dire, prononcé par le très anodin Pascal Bruckner (auteur de La Sagesse de l’argent, et ancien copain d’Alain Finkielkraut pour Au Coin de la rue l'aventure), n’est pas plus apte à décrire cette manifestation - dont l’appellation (« Nuits debout ») semble au demeurant une "marque déposée" tout droit sortie du bureau d’études d’une agence marketing. Ce qu’il faut pour satisfaire l’appétit de la gent journalistique, toujours avide de formules chocs pour alimenter la Une en caractères gras (Libération : « Nuits debout, nuits débat », quelle trouvaille !). 

A ce propos, il y a quelque chose de stupéfiant dans l'ampleur donnée par les médias à ce qui ressemble fort à des blancs d’œufs montés en neige. On a vu qu'en quittant la place de la République, rien qu'en traversant la rue, on retombait dans ... dans quoi, au fait ? ... eh bien dans la vie ordinaire et quotidienne, qui continuait à se dérouler, imperturbable. C'est à se demander s'il est en train de se passer quelque chose sur la place de la République à Paris.

« Nuits debout », je vais vous dire, ça sent le feu de paille. « Nuits debout », franchement, ce n'est pas crédible : ça a plutôt à voir avec l'atmosphère de puérilité générale dans laquelle se confit l'époque. François Hollande, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy peuvent dormir tranquilles : ce ne sont pas les trompettes de « Nuits debout » qui feront tomber les murs du Jéricho politique où la démocratie française agonise. 

On peut le regretter. 

Voilà ce que je dis, moi.

jeudi, 14 avril 2016

HOLLANDE LE CONSTERNANT

Les trompettes des communicants de l’Elysée ont très tôt commencé à résonner : le Grand Consternant va parler. Dociles, obéissants, serviles et complaisants, les médias écrits, parlés, télévisés, électroniques, comme un seul homme, ont suivi : le grand consternant va à la rencontre des Français. Il y aura même quatre « vrais gens » sur le plateau de France 2 ce soir, pour tenir compagnie à trois journalistes. On va voir ce qu’on va voir. 

Attention, ne rêvons pas : l’Elysée a, nous dit-on, étroitement suivi l’élaboration du « panel » de « vrais gens ». Ce ne seront pas n’importe quels « vrais gens ». On peut être sûr par ailleurs que tout le déroulement de l’émission aura été soigneusement planifié, que les questions au consternant auront été dûment sélectionnées, rédigées et apprises par cœur par les « vrais gens ». 

Que peut-on attendre d’une telle farce ? Rien. En revanche, ce que montre la possibilité de diffuser sur une grande chaîne à une heure de grande écoute un scénario aussi grotesque, c’est le fonctionnement systémique du système français : politiques, communicants et journalistes se donnent la main et agissent en concertation pour que le spectacle continue. La veulerie journalistique sert la soupe à la nullité politique pour monter une vulgaire opération de communication, c’est-à-dire de publicité. Je n’assisterai évidemment pas à la représentation, dont le minutage précis s’étale déjà dans les journaux, rendant le spectacle inutile avant même qu'il se soit produit. Sans parler du Niagara des commentaires et analyses savants et documentés qui s'abattront sur nous pour étouffer notre pensée, aussitôt que la prestation aura eu lieu. Et en temps réel. Ça va décrypter à fond, on peut être sûr.

Je suis régulièrement stupéfait de voir l’empressement des journalistes à soutirer à la bouche des baudruches politiques des propos si convenus qu’ils n’apprennent rien à personne. Il n’y a rien de plus pitoyable que l’abdication consentie, au sein du bocal journalistique, de toute dignité intellectuelle et morale : je me demande parfois si tous ces gens, enfiévrés par la « qualité » du spectacle auquel ils participent et qu’ils ne veulent surtout pas faire rater, ne font pas, finalement, semblant de se prendre au jeu. Sinon, c'est à se demander s'il existe un seul journaliste politique qui soit un tant soit peu raisonnable.

Parce que franchement, je ne sais pas si vous avez vu et entendu le Grand Consternant répondre à quelques questions après le déclenchement de l’affaire des « Panama papers », mais j’ai l’impression que plus ça va, plus le débit et l’élocution de cet individu tombent en déliquescence. En gros : « Ça va faire rentrer des sous ». On l’interrogerait après un cataclysme nucléaire, j’imagine qu’il répondrait, léger et presque guilleret, sur le ton de la chansonnette, comme dans On Connaît la chanson. Mais Sabine Azéma entonnant le ringard "Résiste" de France Gall, ça valait son pesant de cacahuètes. Qui en veut, des cacahuètes de François Hollande ?

La morale de tout ça ? Ce que nous dit une telle façon de parler, c’est du genre : « La réalité, aussi horrible et sanglante qu’elle soit, n’est jamais grave ». Henri Salvador chantait autrefois : « T'en fais pas, baby, tout ça c'est pas grave ». Sauf que Hollande ne me fait pas rire. Mais alors pas du tout.


Le choix très voulu du ton détaché, désinvolte, indifférent, presque cavalier, de la « communication » du Grand Consternant, joint à l’incroyable segmentation de ses phrases dès qu’il ouvre le bec, tout cela rend encore plus ahurissante la prétention du personnage à croire que quiconque puisse le prendre au sérieux. Il suffit de l'entendre parler pour se rendre compte que lui-même n'en croit pas un mot.

A la fin de l'émission de ce soir, soyons tranquilles : il ne se sera rien passé. La météo marine nous renseigne : "mer étale partout". Et c'est cette petite chose qui, paraît-il, représente la France. Et qui s'est promis, ce soir à la télévision, s'est promis de "faire de la pédagogie" pour expliquer son absence de programme. 

Faire de la pédagogie !!! Comme si on n'avait pas compris, crâne de piaf ! C'est bien connu : les Français ont un QI de pétoncle. Cela dit quelque chose de la façon dont tous ces gens considèrent le peuple français : de la populace abrutie, de la racaille.

Ce que m'inspirent nos hommes politiques en général, et François Hollande en particulier ? C'est simple : une immense commisération et une colère aussi dure que l'acier.

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 11 avril 2016

YVES MICHAUD ET LA BIENVEILLANCE 3

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Ce qu’Yves Michaud, dans son deuxième chapitre, appelle le populisme, est causé selon lui par quatre fractures. Il fait d’abord allusion à une autre cause, beaucoup plus diffuse : les partis populistes (Front National, Cinq Etoiles, Podemos, Syriza) prospèrent sur l’impression des populations d’avoir perdu leur souveraineté, d’avoir de moins en moins de prise sur leur destin, de voir leur propre vie leur échapper. C’est du moins ainsi que je comprends ce paragraphe : « En fait, tous ces "partis" savent à peu près ce dont ils ne veulent pas : des "diktats" de l’Union européenne, du pouvoir des banques, de la crise, du chômage, de la retraite retardée, de la caste politique installée, du dégraissage des services publics – en ajoutant, pour la droite, les immigrés, les sans-papiers, les réfugiés, les islamistes. Ça fait des programmes d’opposition et de dénonciation, pas des programmes d’exercice du pouvoir » (p.63). 

Les facteurs qui « désarticulent le champ social » sont donc les suivants : une fracture générationnelle (« économique, culturelle, technologique, de distribution de pouvoir et de rationalité ») ; une fracture ethnique (de souche / immigrés) ; une fracture "de classe" (riches / pauvres) ; une fracture éducative ("cognitive", dit aussi l’auteur, entre les formés et les tôt déscolarisés). L’inventaire de ces fractures fait peur à lui tout seul. Il en ajoute deux autres, « plus spécifiquement françaises » : une fracture entre ceux qui vivent à l’abri de l’insécurité et ceux qui y sont confrontés dans leur vie quotidienne ; une autre fracture, entre « personnes à statut protégé et celles exposées à la précarité » (les fonctions publiques / les autres). N’en jetez plus : ça fait beaucoup. 

Je suis entièrement d’accord avec ce diagnostic inquiétant : la France souffre de « fractures multiples ». Quand un pays fait face à un tel champ de mines à fragmentation, l’impression qui domine, c’est le risque de démembrement. J'ajoute que ce risque est encore accentué par les particularismes revendicatifs émanant d’une kyrielle de « minorités » ou de « communautés » réclamant des « droits » spécifiques au nom de l’ « égalité ». 

On l’a vu de façon saisissante au moment du vote de la loi éminemment clientéliste ouvrant l'institution du mariage aux homosexuels, qui a donné une idée approchante de ce qu'est une guerre civile, les morts en moins. Toute promotion d’une « minorité » au motif qu’elle subit une « discrimination » ou une « stigmatisation », et au nom d'une prétendue « égalité », est en soi un facteur de désunion. L’érection de la « discrimination » et de la « stigmatisation » au rang de délits pénaux est en soi un facteur de dissolution de l’unité nationale. Je sais que cette seule idée va passer pour une horreur, mais qu’on y réfléchisse : plus la collectivité fait droit à des groupes particuliers qui tirent à eux la couverture et font braquer les projecteurs médiatiques sur leur sort d’ « opprimés » spécifiques, plus elle accumule les clivages au sein de la population. Et plus elle amenuise les chances de cette population d'envisager pour elle dans sa globalité un avenir commun. 

L’addition des fractures et la prolifération des particularismes revendicatifs constituent en soi une négation de tout rassemblement, de toute unité, de toute recherche de l’éventuelle et souhaitable entité surplombante – autrefois la nation, la patrie, … –  capable d’englober tous les particularismes, tous ces sous-ensembles disparates, hétérogènes et, bien souvent, inconciliables. La République a désormais un cœur d'artichaut : les « minorités » viennent se servir, comme au supermarché.

En l’état actuel des choses, je ne vois pas par quel moyen qui que ce soit serait en mesure de « remembrer » la France. Deux solutions : soit dénicher l’homme d’assez vaste stature et carrure pour donner à penser aux gens qu’ils peuvent se rassembler autour de lui ; soit demander aux acteurs de la politique de faire abstraction de leurs calculs pour rechercher un consensus dans l’intérêt général. Vous avez déjà deviné ce que j’en pense. Mais je suis un affreux pessimiste. 

Dans son troisième chapitre, consacré à la politique internationale, Yves Michaud commence par faire le tour de toutes les menaces qui se sont fait jour après la chute du mur et de l’empire soviétique, qui semblait promettre à la démocratie un avenir radieux. Il a fallu déchanter. Vingt-cinq ans après, force est de constater que le monde a rarement été aussi instable. Et l’Europe est devenue un monstre froid, mou et sans boussole (cf. Le Doux monstre de Bruxelles, de Hans Magnus Enzensberger). 

Le reste du chapitre est consacré à la critique de l’idéalisme en politique internationale, au nom du réalisme (la « Realpolitik ») dans la manière d’aborder les rapports de force. Un bref historique de l’idéalisme politique en philosophie (Grotius, Kant) permet à l’auteur d’en discerner trois sortes : « … soit caricatural, soit léger, soit formel ». La première est celle portée par B.-H. Lévy (il faut sauver Benghazi !) ou B. Kouchner (il faut nourrir les Somaliens !). Michaud présente ainsi BHL : « Le bhlisme, du nom de Bernard-Henri Lévy, cinéaste, homme d'affaires et essayiste français » (p.95). J'aime beaucoup les trois facettes qu'il retient, et surtout l'omission d'une quatrième, la préférée du personnage, l'étiquette sous laquelle il s'était fait connaître. Portrait net et sans bavure.

La deuxième est « celle des militants et théoriciens des droits de l’homme et du monde des ONG », ceux qui vont sur le terrain, poussés par de nobles motivations et une vision optimiste, souvent irénique de l’humanité : « L’idéalisme cosmopolitique flotte aussi au-dessus de la réalité en refusant de voir que ses interventions ont plutôt tendance à enkyster les crises en installant les populations déplacées dans des situations de "réfugiés perpétuels" sur le mode des Palestiniens, des Sahraouis, des réfugiés du Darfour et du Soudan » (p.114). Il faut intervenir pour sauver les hommes partout où ils sont menacés, sans se poser d'autres questions. Cela s'appelle foncer tête baissée : tant pis pour les effets pervers, dont parle Yves Michaud.

La troisième est celle du droit international « cosmopolitique », qui a tant de mal à se mettre en place. On vient de voir une curieuse manifestation de cette justice supranationale : la CPI, à quelques jours d’intervalle, a condamné Radovan Karadzic, tête pensante si l’on veut, à quarante ans de prison, mais a acquitté Vojislav Seselj, le chef de milices serbes sans pitié. 

Quoi qu’il en soit, la politique idéaliste a montré ses limites : « A plus long terme, le bilan est en réalité désastreux » (p.120). Tout simplement parce que « L’idéalisme politique méconnaît en fait les grandes déterminations de l’histoire » (p.121). Qu’il s’agisse des organisations socio-politiques traditionnelles, des croyances et religions, les données lourdes de la démographie. 

Moralité : il faut que les bonnes âmes et les humanistes optimistes abandonnent leur nuage de bons sentiments et de grandes idées, redescendent sur terre et reprennent pied dans la réalité épineuse. La politique internationale ne se conduit pas à coups de jugements de moralité, attitude splendide et totalement inefficace. 

La pauvre Caroline Fourest peut toujours asséner ses sentences vertueuses à l’encontre de Poutine, du roi d’Arabie et d’autres : ça ou cracher en l’air, ça revient au même. Un journaliste peut bien dénoncer le « double discours » de François Hollande, quand il appelle, d’une moitié de la bouche, les Africains à promouvoir l’état de droit et, de l’autre moitié, soutient Idriss Déby, ce dictateur à la Tchadienne au pouvoir depuis 1990. Ça ou faire des ronds dans l’eau … 

L’appel d’Yves Michaud à faire preuve de réalisme dans la politique internationale est bien venu. Dans l’histoire, la morale et les intérêts des nations ont rarement fait bon ménage. Nos gouvernants n’ont pas toujours tort de veiller aux intérêts de la France. 

Voilà ce que je dis, moi. 

Suitetfin demain.

dimanche, 10 avril 2016

YVES MICHAUD ET LA BIENVEILLANCE 2

MICHAUD YVES.jpgLa deuxième menace qui pèse aujourd’hui, selon Yves Michaud, sur la démocratie, et pas seulement en France (l’auteur cite l’Espagne, l’Italie et la Grèce), c’est le populisme : « Le populisme s’exprime aujourd’hui de deux manières : des votes en progrès constant en faveur de partis nouveaux venus qui appellent à en finir avec la caste des partis installés et, dans le même temps, une forte abstention de la part de citoyens qui se désintéressent de la politique et "n’y croient plus" » (p.61). Il ajoute : (« … mais ça veut dire aussi que plus de 55% des citoyens ont déserté la politique ou adoptent des positions populistes », (p.62). Faire de l'abstentionnisme une manifestation de populisme me semble assez curieux.

Personnellement, je ne suis pas sûr que le mot "populisme", devenu peu ou prou un cliché en bonne et due forme, soit pertinent ou puisse être d’une grande utilité opérationnelle dans l’analyse. Car je crois que la menace qui pèse sur la démocratie est différente : pour se limiter au cas français, j’ai la conviction que le Front National et l’abstention sont, en avers et revers inséparables, le symptôme d’un seul mal, beaucoup plus profond : la déliquescence morale de la classe dirigeante en général et du personnel politique en particulier. Je ne connais pas assez la situation dans les pays voisins pour me prononcer.

C’est ne rien apprendre à personne que de dénoncer l’insane médiocrité d’une large majorité du personnel politique français, choisi par cooptation après contrôle méticuleux des allégeances, des servilités et des performances administratives, affligé d’une effrayante courte vue, obsédé par l’unique souci de sa réélection, soumis à toutes sortes d'influences inavouées et de pressions intéressées dans la prise de décision et, plus gravement, incompétent parce qu’incapable d’agir sur la réalité et sur la marche des choses pour le bien du plus grand nombre. S'ajoute à cela la frontière de plus en plus floue entre une "droite" et une "gauche", entre deux camps qui font semblant de s'opposer sur des "valeurs", qui se croient de ce fait tenus d'entrer dans des rôles obligés, ce qui les amène, une fois au pouvoir, à défaire ce que l'autre a fait et, le reste du temps, à théâtraliser leurs gesticulations.

Les politiciens, en désespoir de cause, se sont rabattus de l’action sur le discours, le fétichisme des mots, l’incantation et la "communication" (les fameux "éléments de langage"). Les politologues, politistes et éditorialistes peuvent ensuite tout à leur aise constater l'incapacité à proposer ce qu’ils appellent niaisement un « grand récit » (mythe national, si vous voulez). A partir du moment où vous désignez ainsi la nation, ce grand principe d’appartenance, d’identité et d’unité, vous montrez que vous n'y croyez pas un instant, vous conceptualisez et vous rendez impossible la narration d’un quelconque "grand récit", au motif que le moindre historien, soucieux d’historicité scientifique, aura beau jeu de pointer les insuffisances et l’incomplétude du récit proposé. Sans même parler des rivaux dans la conquête du pouvoir : quand on sait qu’on nous raconte une histoire, on attend, au mieux, de la littérature, en aucun cas de l’action politique. 

L’entité « FRANCE » (l’identité nationale des Français), si elle a une réalité, tient, pour une large part, de la fiction. Et cette fiction a besoin d’une volonté et d’une adhésion, c'est-à-dire avec une croyance, plutôt qu’avec un savoir estampillé par l’Université. Pour que cette fiction ait une chance d’être collectivement éprouvée en réalité, il ne faut pas être trop intelligent ou savant : parler ici de « mythe » ou de « grand récit », si c’est scientifiquement plus exact, c'est désigner tout le fictif de l'affaire ; c’est en soi dévitaliser la chose, en la renvoyant dans les antiquités primitives. Moi qui suis plutôt un "intellectuel" (à ne pas confondre avec "intello"), je crois ne pas méconnaître la force d'entraînement que constituent la croyance, la foi, l'adhésion.

Donner de l’autorité au savoir universitaire en la matière, c’est déjà une démission du politique : la politique n'est pas de l'ordre du savoir. Le responsable a-t-il le droit de confier les manettes à des "experts" ? La croyance, pour être efficace et valide, a besoin, sinon d’une adhésion unanime, du moins de ne pas être constamment un objet de débat ou de dispute entre doctes : René Girard dit avec force que le sacrifice, pour ressouder valablement le corps social, nécessite la pleine adhésion d’une croyance exaltée. Pour "faire société", il ne faut pas s'en remettre à l'intelligence pieds et poings liés. Je me demande si le problème dans lequel la France donne aujourd’hui l’impression de se dissoudre ne se situe pas à cet endroit. Il faut comprendre qu'il n'est pas nécessaire de tout comprendre pour établir les conditions de la "bonne vie en commun". 

C’est là qu’Yves Michaud, me semble-t-il, se trompe : « Qu’il s’agisse de l’identité des personnes, des groupes ou des choses, il n’y a pas de substantialité de l’identité. Toute identité est une construction et une fiction » (p.159). Tout à fait d’accord, et je viens de le dire. Malheureusement, le problème n’est pas là : pour être français, il ne suffit pas d’une carte d’identité, encore faut-il y croire, encore faut-il se sentir français. Malheureusement, ce n'est pas mesurable, et sans doute pas conceptualisable. Bien sûr, il est vain de tenter de lister les items qui constituent notre identité. L’identité est un tissu serré, en chaîne d’une foule de traits d’appartenance, en trame d’une foule de traits de différenciation, dont dix ans de psychanalyse écouent à faire l'inventaire. Il n'existe pas deux identités superposables.

Ce n’est donc pas à ce niveau qu’il faut chercher. Il suffit de se rappeler la foire d’empoigne à laquelle a donné lieu le débat sur l’identité nationale suscité en son temps par Nicolas Sarkozy, pour se rendre compte que, s’il est effectivement impossible de dessiner avec exactitude le portrait de l’identité française, les réactions exacerbées auxquelles le débat a donné lieu ont amplement montré qu’on touche, en abordant la question, à un point névralgique, absolument crucial. 

Et je me demande si ce point, loin d’être cantonné dans la sphère rationnelle, n’a pas quelque chose à voir avec – excusez le grand mot – l'ordre du « sacré ». L’identité française ne peut certes pas être définie en détail, mais constatons quand même qu’il ne faut pas trop y toucher, sous peine de se faire mordre : je n’interprète pas autrement la réaction outragée de Jacques Chirac, lorsque la Marseillaise avait été sifflée (par qui, on se demande) en préambule à un match de football opposant la France à l’Algérie. 

Et je me demande si le mal français ne prend pas sa source, précisément, dans le fait que l’idée française, l’identité française, l’idée de la nation française a déserté massivement l’esprit de notre classe dirigeante en général, et de notre personnel politique en particulier (Chirac étant l'exception). Nos élites à profil de premier-de-la-classe semblent ne plus y croire et avoir définitivement abandonné l’idée que les carrières politiques doivent être mises au service de quelque chose de plus grand que les hommes qui s’y engagent.

On peut bien ressortir du placard le moulin à prières pour en appeler aux mânes de De Gaulle. Il avait beau être de grande taille (1,92 m., si je me souviens bien), De Gaulle se considérait comme plus petit que la France. Il mettait la France au-dessus de lui. Qui est aujourd'hui à la hauteur de cette "petitesse" ? Donnez-moi une classe politique qui soit à cette hauteur-là, capable de modifier le réel dans un sens favorable aux hommes, et vous verrez le Front National repasser dans l'autre sens à la trappe dont il est sorti. Et les électeurs revenir aux urnes en masse.

C'est De Gaulle qui était dans le vrai.

Voilà ce que je dis, moi. 

A suivre ...

Note : oui, je sais, c’est moins un compte rendu du livre d’Yves Michaud qu’une réflexion suscitée par la lecture, ô combien stimulante, de Contre la Bienveillance

vendredi, 08 avril 2016

QUELS PARADIS FISCAUX ?

NICOLAS SARKOZY : L'HOMME QUI PRENAIT SA VESSIE POUR UNE LANTERNE

(Pour ceux qui connaissent encore Pierre Dac et Francis Blanche dans le sketch célébrissime (et suranné) du "Sâr Rabindranath Duval" : « Et alors ? Et alors il se brûle ! »)

 

 

Un petit coup d’œil dans le rétroviseur est parfois bien instructif. ... Et réjouissant, après tout.

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Et pendant ce temps-là, j'espère que vous avez senti ce vivifiant vent politique de fraîcheur politique souffler sur la vie politique et le personnel politique français. Politique, on vous dit. Là est le salut. Du moins, c'est ce que nous clament tous les éditorialistes aujourd'hui, unanimes dans l'acclamation de ce jeune homme très propre sur lui, connu sous les initiales E. M. 

C'est alors que me revient cette phrase de Philippe Meyer parue en 1992 dans une gravure au burin représentant François Léotard (dans le réjouissant Pointes sèches) : « ... il m'arrive de me demander si Panurge ne devrait pas être le saint patron des journalistes ». C'est parler d'or. Je pasticherais volontiers Pascal : « Un éditorialiste sans Emmanuel Macron est un homme plein de misère ». La vérité, en effet, c'est qu'Emmanuel Macron, sans être un roi (quoique Brassens affirme qu'un certain roi ne saurait être détrôné), est déjà un divertissement. 

Les journalistes sont de la même espèce que ces touristes qui, se précipitant au commandement d'un seul côté pour voir ce qu'il y a à voir, font chavirer le navire qui les porte et coulent au fond avec lui.

Sûrement qu'Emmanuel Macron, avec son mouvement "En Marche", va redonner vie et jeunesse à l'épouvantable fossile qu'est la politique en France. Mais je doute fort que le petit Macron qui vient d'éclore (nous fait-on croire) parvienne à nous faire oublier l'énormité du mensonge que François Hollande avait vendu aux électeurs sous les traits de son slogan : "Le changement, c'est maintenant". Emmanuel Macron est aussi nouveau que les dents de requin trouvées dans le sable, quelque part en Ardèche : un vieux fossile.

Prout ou Macron, c'est kif-kif : ce n'est pas poétique, ça pue. Macron pouët-pouët : le même ne saurait produire de l'autre. Pendant le changement, le formatage continue.

Voilà ce que je dis, moi.

mardi, 05 avril 2016

ISLAMISATION, MAIS EN DOUCEUR

Ainsi, jour après jour, l’islam trouve de nouveaux moyens de nous boucher l’horizon et de nous empuantir l’atmosphère. Quand ce n’est pas à coups de kalachnikov et de bombes humaines prêtes au « sacrifice », c’est à coups de maillots de bain « islamiques », vous savez, cet uniforme de ninja (le mercenaire féodal du Japon ancien)

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Il ne manque pas grand-chose pour en faire une guerrière (voir illustration suivante).

fabriqué exprès pour que les dames qui se réclament de la religion musulmane puissent se joindre, dans les piscines, aux femelles lubriques qui ont la coupable impudeur d’offenser les yeux d’Allah et du prophète en ne couvrant leurs parties honteuses (est-il besoin de préciser que "honteuses" désigne les seins, le pubis et le cul ?) que du triangle exigu de quelques morceaux d’étoffe, au risque d'attiser la convoitise et la concupiscence des mâles (on suppose des gens à sexualité normale). 

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Un ninja, un vrai de vrai, pour sûr. Sa tenue, masque compris, s'appelle-t-elle un "burkini" ? Se baigne-t-il ainsi vêtu ?

Après les bombes de Zaventem, donc, le tout dernier cri de la mode qui se donnera à voir sur les plages d’aussi charmants pays que l’Arabie saoudite et du Qatar. Ah, on me dit que ce sera sur nos plages ? Bah, au point où nous en sommes … Blague à part, que nous apprend la mousse médiatique qui vient de se répandre sur ce thème ? 

Je crois que c’est très simple : après le « hard power » (attentats, massacres, bombes, etc.), le « soft power ». Pendant l’offensive islamique armée, l’offensive islamique en douceur continue. Il faut vraiment se voiler la face pour ne pas voir ça. Regardez par exemple ce qui se passe sur les « réseaux sociaux » après que madame Laurence Rossignol (ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes) leur a étourdiment jeté des propos que les dits « réseaux sociaux » attendaient pour pouvoir monter leur mayonnaise. 

Le Monde (3-4 avril) s’est fait l’écho de la chose : « Bien sûr qu’il y a des femmes qui choisissent, il y avait aussi des nègres américains qui étaient pour l’esclavage ». Je trouve que ce n’est pas mal envoyé. Il paraît qu’on a surtout reproché à madame Rossignol l’emploi du mot « nègre ». Les flics du « politiquement correct » font régner l’ordre dans la langue. Pour un peu, ça me réconcilierait presque avec certaines féministes (pas toutes, loin de là, il ne faut pas exagérer). 

Rien de tel qu’une bonne controverse pour asseoir l’objet du débat directement en plein milieu de l’avant-scène, juste sous les feux de la rampe. L’inquiétant, dans cette affaire, c’est que des marques commerciales aient jugé une telle innovation potentiellement assez rentable pour se lancer dans l’aventure en y investissant. Je conclus de cette décision que les marques en question jugent qu’il existe un « marché » pour un tel produit. 

S’il en est ainsi, ça veut dire que le ver est dans le fruit. Que l'ichneumon islamique (à moins que ce ne soit la rhysse persuasive musulmane), perçant de sa tarière notre si fragile verni de civilisation chrétienne, a déposé ses œufs mahométans parmi les larves en lesquelles nous avons dégénéré. Et ça veut dire que notre réalité est en train, paisiblement, de se rapprocher de la fiction que Michel Houellebecq mettait en scène dans son roman « scandaleux » Soumission, paru au moment de l'attentat de Charlie Hebdo : la société française s’accoutume à la soumission à des normes qui contredisent tout ce qui définit la civilisation que son passé lui a transmise. Le simple fait qu'il y ait controverse montre notre affaiblissement "culturel". Et alors ? Où est le mal ? Il faut s’adapter, voyons, vivre avec son temps. 

Madame Badinter est sûrement bien intentionnée en appelant au boycott des marques promotrices du « burkini », mais elle se fourre le doigt dans l’œil : s’il y a un « marché », c’est qu’il y a des clients. J’attends juste de voir à quoi ressemblera la plage l’été prochain : comment réagiront les femelles honteusement dénudées face à des baigneuses vêtues de pied en cap et aux formes soigneusement effacées par la coupe vestimentaire ? 

Comme le déclare Hélène Agésilas : « La France a un retard sur la mode islamique ». La dame a créé la marque Fringadine, « qui vend des vêtements longs typiques de cette mode dite pudique. "Il y a une réelle demande des femmes", souligne-t-elle dans un entretien à l’AFP, citant une étude selon laquelle le marché mondial de la mode islamique, évalué par un cabinet à 230 milliards de dollars (202 milliards d’euros) en 2014, pourrait atteindre plus de 320 milliards en 2020 ». C’est ainsi que se conclut l’article du Monde (je passe sur "une étude" et "un cabinet" : tout ça est bien flou). J'aime beaucoup la formule "la mode dite pudique" : c'est sans danger, voyons, c'est à ranger dans les futilités de la mode. Et puis, s’il y a du beurre à se faire … 

Les mahométans n’ont pas fini de grignoter notre espace et de nous bouffer l'air que nous respirons. Les mahométans se frottent les mains en serinant à leur profit nos beaux slogans sur la "tolérance". Quand ce n’est pas brutalement, c’est tout en douceur, exactement comme dans les interrogatoires : le bon flic (la marque vestimentaire) et le flic méchant (le djihadiste) se partagent la tâche. La stratégie fait que le malfrat (le bon peuple) finit par se confier au premier parce qu’il craint le second (en se disant : "ce sera moins pire"). On peut compter sur la lâcheté et la veulerie morale de Hollande, Valls et compagnie pour leur faciliter la tâche. 

Les djihadistes de l’Etat Islamique qui commettent des attentats et les marques qui lancent la mode du « burkini » ne sont pas ennemis : ils marchent main dans la main, ni plus ni moins que, pour bien cuisiner un suspect, les flics se répartissent les rôles du bon et du méchant. 

La bombe et l’esthétique de la mode sont les deux faces de la même médaille stratégique. Au motif que la recherche vestimentaire est moins pire que l’assassinat de masse, l’Européen, le Blanc, le Français préfèrera la « non-violence » inoffensive du maillot de bain (le flic gentil) agréable aux yeux d’Allah, dans l'espoir que ça lui permettra d'échapper à la folie meurtrière (le flic méchant). 

Sarkozy a beaucoup à apprendre de tout ça : pour ce qui est d'occuper le terrain et de faire parler de soi, il n'arrive pas à la cheville des fervents de l'islam, que celui-ci se présente sous les dehors conviviaux et pacifiques de la tolérance façon Tariq Ramadan, ou qu'il brandisse d'un bras vengeur la kalachnikov ou la bombe. L'islam aujourd'hui a une seule idée en tête : la conquête. Instaurer le débat en France autour de la question de l'islam est en soi une victoire de l'islam : pendant que je discute avec les tolérants, j'avance mes pions. Les esprits européens commencent à se faire à cette perspective. Au fond, pourquoi pas, semblent-ils se dire ?

Si j’ai bien compris, c’est pour demain, l’élection de Mohammed Ben Abbes, patron de "La Fraternité musulmane", à la présidence de la République française. Réalisant point par point le scénario imaginé dans Soumission. 

Ben Abbes président. Et Michel Houellebecq est son prophète. 

Voilà ce que je dis, moi.

jeudi, 31 mars 2016

À PROPOS DE KAMEL DAOUD

Que nous dit le ping-pong médiatique, parfois verbalement violent, autour de Kamel Daoud et de sa tribune parue dans Le Monde daté du 5 février (intitulée « Cologne, lieu de fantasmes », et aggravée par un article paru peu de temps après dans le New York Times, que je n’ai pas lu) ? Reconstitution de la succession des épisodes. 

D’abord les faits. Un 31 décembre 2015, la place de la Hauptbahnhof de Cologne connaît une affluence record : une foule presque exclusivement composée d’hommes, passablement alcoolisés paraît-il, se rassemble pour fêter le passage dans la nouvelle année. Parmi eux, quelle proportion de gens basanés, maghrébins ou réfugiés du Proche Orient ? Cette information est difficile à établir, bien qu’il y ait un certain consensus parmi des gens raisonnables : une proportion non négligeable.  

Des femmes voulant traverser la place, d’un nombre qui a tendu à augmenter au fil du temps, se font entourer et isoler par des grappes viriles. Les mains se baladent, s’attardent sur les seins, sur les fesses, s’introduisent dans le soutien-gorge, dans la culotte : bref, ces messieurs se font des sensations à peu de frais. Y a-t-il eu des viols ? Il semblerait. Combien ? Difficile de savoir. Est-ce qu’un bilan général de l’événement a été dressé (avec les faits similaires qui se sont produits à Berlin, Hambourg, Vienne, Helsinki, où encore ?) ? Je n’ai pas cherché à savoir. 

L’essentiel, après les faits, reste en effet le texte de Kamel Daoud, un brûlot, aux dires de ses dénonciateurs. Je l’ai sous les yeux. Il est assez long pour occuper un peu moins des trois quarts d’une page du journal (il y a encore un dessin (1/4) et une publicité (en pied de page). Que lit-on de si répréhensible ? 

Je relève deux phrases : « L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir » et : « Le sexe est la plus grande misère dans le monde d’Allah ». Allez, une troisième, pour faire bonne mesure : « On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme ». 

Le reste ? Cela commence par des considérations sur la place que les sociétés européennes font aux immigrés d’origine arabe, l’étroitesse de la place qu’elles sont prêtes à leur faire et sur le peu d’estime qu’ils manifestent à leur égard. Mais cela continue surtout sur de longs développements au sujet de ce qu’est la femme dans la société musulmane. Pour résumer brutalement : la femme n’appartient pas à elle-même, mais, corps et âme, à la société dans son ensemble. 

Ainsi : « Le corps de la femme est le lieu public de la culture : il appartient à tous, pas à elle ». Et plus loin : « Une femme est femme pour tous, sauf pour elle-même. Son corps est un bien vacant pour tous et sa "malvie" à elle seule. Elle erre dans un bien d’autrui, un mal à elle seule. Elle ne peut pas y toucher sans se dévoiler, ni l’aimer sans passer par tous les autres de son monde, ni le partager sans l’émietter entre dix mille lois ». Pour être franc, je n’ai pas tout compris et j’ai du mal à suivre le raisonnement de l’auteur et à discerner quel objectif il cherche à atteindre. Je me dis que toute la tribune de Kamel Daoud se situe dans un registre littéraire, lyrique, poétique. Ce n’est pas en journaliste qu’il aborde le sujet, mais en écrivain, en créateur de littérature : il a écrit Meursault, contre-enquête (prix Goncourt du premier roman, je crois, je ne l'ai pas lu). Il était journaliste, il déclare qu'il abandonne le métier. Il a peut-être raison.

Mais ce n’est pas comme écrivain ou poète que le considère le collectif qui a signé la réplique « Les fantasmes de Kamel Daoud », toujours dans Le Monde, le 12 février. Un collectif de dix-neuf personnes se présentant comme historiens, sociologues, anthropologues, politistes, auxquels se sont joints un journaliste et un philosophe. Que du beau monde ! De l'intello accroché à sa thèse comme un morpion à son poil ! Du sérieux et de l’universitaire comme s’il en pleuvait, pour bien faire nombre contre les assertions d’un détraqué isolé. 

Le papier n'est pas dénué de tonalités de haine, mettant curieusement dans le même sac Daoud, Rachid Boudjedra et Boualem Sansal. Sous un prétexte fallacieux : une fois transportés sur le sol européen, des propos que les polémistes considèrent comme légitimes (parce que minoritaires) sur le sol algérien deviendraient donc inacceptables parce qu'ils se mêleraient au chœur des loups majoritaires et islamophobes. Curieuse façon de tordre les mots. On a compris : les "intellos" en question font la police.

Ils sont tous d’accord pour le traiter de malade (comme les dissidents de l'URSS partaient en psychiatrie). Le coup classique de la mauvaise foi en argumentation : Kamel Daoud propose un regard peu amène sur certains aspects de la civilisation arabo-musulmane, c’est-à-dire un objet de réflexion sur une question d'ensemble ? Eh bien on va s’en prendre à sa personne (« ad rem » versus « ad personam ») pour la disqualifier. Ma parole, quelle volée de bois vert ils lui mettent ! Bizarrement, ils font remonter son papier au 31 janvier (je lis bien "5 février"). 

Que lui reprochent-ils ? De « racialiser ces violences sexuelles ». Je n’en reviens pas : les faits se sont-ils produits, oui ou non ? Leurs auteurs sont-ils d’origine maghrébine et orientale, oui ou non ? Ces universitaires militants sont manifestement dans la dénégation. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’on entend parler de la frustration sexuelle et du machisme répressif qui règnent dans les pays arabo-musulmans. Il n’y a pas si longtemps, c’était en Egypte, où les femmes se plaignaient des mains baladeuses et des attouchements – quand il n’y avait pas viol – dans les transports en commun. 

Mais il est interdit, n’est-ce pas, de « racialiser », d’ « essentialiser », parce que ça « stigmatise » indistinctement toute une communauté. Il est interdit de « faire des amalgames ». Il n’y a qu’à voir les réactions qu’a provoquées Patrick Kanner, ministre de je ne sais plus quoi dans le gouvernement de Manuel Valls et François Hollande (si on peut appeler « gouvernement » le gloubi-boulga qui glougloute à la tête de l’Etat français) : pensez, il y aurait des « Molenbeek à la française » en puissance. Que l'assertion soit pertinente ou idiote, peu importe (en argumentation, l'analogie est une autre figure de la mauvaise foi). Je note juste que, illico, c’est la levée des boucliers de toutes les « bonnes âmes de gauche ». Scandaleux, monsieur Kanner !  

J’en conclus que nous sommes dans une sacrée nasse. D’un côté, l’islam, que tout nous porte à croire qu’il ne se fondra jamais dans la  « République Française » : comment voulez-vous que cette masse de gens caressés dans le sens du poil par les « bonnes âmes de gauche » (Edwy Plenel et son ahurissant Pour les Musulmans) se dissolvent dans la société française, la laïcité, la disparition de ses signes identitaires (donc religieux) ? Sachons-le une fois pour toutes : les Arabes qui se revendiquent fièrement musulmans, implantés en France, ne se sentiront jamais complètement français.

De l’autre, les appels de tous ceux qui craignent la montée d’un climat de guerre civile, qui est exactement ce que cherche à provoquer l’ « Etat islamique ». Faut-il nommer les choses comme elles sont, au risque de susciter des oppositions entre « communautés », qui risquent de déboucher sur la violence ? Faut-il rester aveugle sur la réalité au motif que la paix sociale est en jeu ? Nous n’échapperons pas au dilemme. Et sans doute au conflit.

Qu’on le veuille ou non, les musulmans sont installés en France et, pour beaucoup, y ont pris racine. C’est ce qu’on appelle une « situation » : impossible de changer les données. La France déguste les effets des cinquante années qui ont précédé : importation de main d’œuvre pour permettre à l’économie une croissance rarement (ou jamais) égalée, regroupement familial aux conséquences calamiteuses, abandon de l’idée d’assimilation au profit de « l’intégration », lâcheté des autorités municipales qui ont acheté la paix sociale en déléguant des responsabilités aux associations musulmanes, etc. Aujourd'hui, tout le monde serre les miches. Et je ne vous dis pas ce qui se passe quand le sphincter se relâche sous l'effet de la panique : ça pue.

Ma pente à moi me pousse sans aucun doute à nommer les choses, au risque de choquer les « bonnes âmes » et d’attiser les conflits. J'aime mieux prendre le risque de « stigmatiser » qu'euphémiser en refusant de nommer les choses : « Si les signes vous effraient, combien davantage vous effraieront les choses signifiées », dit Pantagruel à Panurge. Je ne vois pas pourquoi il faudrait à tout prix fuir le conflit. Seuls des gens qui n'existent déjà plus par eux-mêmes vivent dans la terreur du moindre conflit. Je me dis que ce sont de semblables « bonnes âmes » qui, en 1938, ont accepté Munich en croisant les doigts pour qu’il n’y ait pas la guerre. Résultat, comme disait Churchill (on remplace "déshonneur" par "lâcheté") : « Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre ». La guerre on l'a déjà. Je veux dire qu'on a déjà eu le déshonneur.

Je ne vois pas qui pourrait nous sortir de là. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : je mentionne deux autres épisodes de la polémique dont Le Monde s'est fait l'écho. Le 21-22 février, Kamel Daoud répond sur la même page à Adam Shatz, un "ami" qui lui fait des reproches et ne le comprend plus. Drôle d' "ami" en vérité : Daoud pourrait dire, comme je ne sais plus qui : « Seigneur, protégez-moi de mes aùmis, quant à mes ennemis, je m'en charge ». Une page dont les enjeux, tenants et aboutissants me passent largement au-dessus de la comprenette : je l'avoue, je n'ai pas compris ce qu'il fallait comprendre. Et le 27 février, c'est Michel Guerrin qui consacre sa chronique à la défense de l'écrivain algérien.

Dernière minute : belle plaidoirie de Paul Berman et Michael Walzer pour Kamel Daoud dans Le Monde daté du 30 mars. Il faut que ce soient des Américains qui s'y collent !

lundi, 07 mars 2016

MAUDIT CODE DU TRAVAIL !

Qu’est-ce qui se passe autour du Code du travail ? Quel est l’enjeu des luttes féroces qui se livrent en haut lieu et en bas lieu à propos de ce « Code, l’unique objet de mon ressentiment » ? Un million et plus de signatures pour la pétition qui réclame le retrait du texte. Effervescence en ligne, panique du timonier, reculade gouvernementale, bref, encore une fois le même lamentable spectacle de la panouille intégrale qui sert de ligne directrice à François Hollande, depuis que l’inconséquence des Français l’a porté au pouvoir. 

Je me moque de savoir ce qui se passe sous les jupes et dans les dessous peu affriolants des calculs politiques à court terme autour de cette affaire. Quelles seront les modifications acceptées par Manuel Valls ? Peu importe : ce qui compte, c'est le mouvement général dans lequel s'inscrivent toutes les remises en cause des "droits" des travailleurs, un peu partout en Europe et dans le monde. La consigne est partout la même : il faut s'aligner sur le plus bas.

Car on peut deviner ce qui se trame derrière les clameurs de Gattaz, du patronat et de tous ceux qui poussent, soit à la démolition pure et simple de ce monument de tracasseries qui empêche les chefs d’entreprise d’embaucher et de licencier à leur gré ; soit, ce serait un minimum, de simplifier les procédures, de garantir les droits des salariés tout en injectant du lubrifiant dans les rouages des entreprises. 

On nous sort à tout bout de champ l’épaisseur du Code du travail, ses obscurités, ses contradictions, ses jurisprudences alambiquées, et on le compare au Code suisse, limpide, lui, et réglé comme un coucou.

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Gaston Lagaffe en train de repeindre le coucou de son coucou suisse.

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Gaston Lagaffe n'a rien compris au marché du travail.

Je veux bien croire qu’en matière d’emploi, un effort de clarification et de simplification des règles est nécessaire. Mais pour embêter les entreprises, il n’y a pas que ce maudit Code : il me semble que les normes (françaises, européennes) auxquelles elles doivent se conformer ne sont pas pour rien dans les tracasseries qu’elles subissent. 

Et puis quand on nous parle de chômage et d’emploi, on nous raconte beaucoup de bobards. Le premier est que la complexité du Code est la cause du chômage : le Code a bon dos. Et si, Code ou pas Code, la France perdait des emplois, tout simplement, à cause de la diminution du travail productif ? Et puis Hollande gave le MEDEF de cadeaux. Et puis on nous serine : « Plus de flexibilité sera favorable à l’emploi ». Rien n’est moins sûr, monsieur Gattaz : où est-il votre million de créations ? Perdu en route.

Et puis prenez le déficit "astronomique" (paraît-il) de l’UNEDIC. Deux solutions simples pour résoudre le problème : primo, cesser de l’obliger à participer au financement de Pôle emploi ; deuxio, pénaliser les entreprises qui recourent abusivement aux contrats précaires pour occuper des postes indispensables, ce qui alourdit notablement sa barque. 

Non, moi, ce que je vois se profiler derrière la guerre faite au Code du travail, c’est autre chose, et c’est plus grave. Car il faut savoir que, partout où ont été menées de « courageuses réformes du marché du travail » (Allemagne et Grande-Bretagne pour commencer), partout où l’on a « assoupli les règles », le nombre de travailleurs pauvres a explosé, et les inégalités se sont démesurément accrues. Et les "journalistes" perroquettent la doctrine officielle : ces pays ont un taux de chômage remarquablement faible. Moi, les statistiques, je n'admets que "celles que j'ai moi-même trafiquées" (Churchill).

Il ne suffit plus d’avoir le privilège de bénéficier d’un emploi pour espérer échapper à la pauvreté. Travailler plus pour gagner moins ! Sarkozy n'avait pas pensé à ça. Remarquez, il y avait déjà les éleveurs français qui payaient pour travailler, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ça montre la voie. Moralité : les dirigeants français sont en train d’admettre, de programmer et d’administrer l’appauvrissement des populations européennes. Les peuples ont perdu la guerre.

Ce qui se profile derrière la réforme du Code du travail, c’est ce que pointe Alain Supiot dans son excellent bouquin : La Gouvernance par les nombres (Fayard, 2015). Le message principal de l’ouvrage, enfin, ce que j’en retiens d’essentiel, c’est que le système économique que l’ultralibéralisme a installé (l’économie financiarisée au profit des seuls actionnaires) prévoit tout simplement d’abolir les lois qui régulent encore, pour un temps, la production et les échanges. Comme le dit le dirigeant d’une grande entreprise : « La régulation est un obstacle à l’innovation ». Ah, chère humanité, que serais-tu sans la déesse « Innovation » ? 

Tout ce qui régule l’économie est considéré par les grands acteurs qui interviennent sur les « Marchés » comme un obstacle à la bonne marche des affaires. Il faut « déréguler », on vous dit, dans un régime de « concurrence libre et non faussée ». L’Europe qui est  en place, pour le plus grand malheur de ses citoyens, est une illustration exacte du processus en cours. Les négociations secrètes qu’elle est en train de « conduire » avec les Etats-Unis (TAFTA ou TTIP) sont un pas de plus vers la disparition de toute régulation de la production et des échanges. Devinez au profit de qui ça se fera.

Comme le dit Alain Supiot, la loi (ce qu’il appelle « hétéronomie » : pourquoi pas ?) est ce qui s’impose indistinctement à tous les acteurs : elle surplombe, parce qu’elle a plus d’autorité et de pouvoir que tous les acteurs privés réunis. Tout le monde est contraint de s’y soumettre, et les infractions sont, en théorie, punies par les tribunaux. Or, dans le système que les plus grands acteurs privés de la production et des échanges sont en train d'installer, il est entendu que ce ne seront plus des lois qui gouverneront, mais des contrats. Kolossale finesse ! Vous avez compris : plus de règles qui s'imposent à tous indistinctement ! Tout est négociable ! Et comme dans toute négociation, on prévoit déjà de quel côté penchera la balance : celui du plus fort. 

La grosse différence entre une loi générale et un contrat, c’est que la loi est universelle (dans la limite des territoires où elle s’applique), alors que le contrat se négocie : vous mordez le topo (comme dit San Antonio) ? Le contrat en lieu et place de la loi, cela signifie que ce qui se trame, autour du Code du travail (qui est une loi), c’est la Grande Privatisation de Tout. C'est la Grande Confiscation des Richesses par une élite minuscule. Cela signifie, par conséquent, la disparition du bien public, l’élimination de ce qui s’est appelé dans le passé le "bien commun". Cela signifie aussi l’effacement de ce qu’on appelle encore, par abus de langage, la « puissance publique ». Cela signifie que les populations seront mises aux prises avec les « forces du Marché », mais pieds et poings liés. Et avec la complicité active de ceux qui gouvernent. 

Sale temps pour les humains en perspective. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : j'entends à l'instant un nommé Pierre Cahuc, chercheur en économie, accuser son contradicteur de ne pas lui répondre sur le terrain de l'économie, mais de la politique. Il lui reproche de se référer à des articles parus dans des revues non académiques : « Lisez les revues académiques, jeune homme ». Eh, espèce de foutriquet, ravale tes mensonges. Tu crois vraiment que l'économie est une science exacte ? Tu crois qu'on va la gober, cette fable d'une pure discipline de laboratoire ? Et sur le plateau de France Culture, tout le monde a l'air d'accord pour ne pas parler de politique au moment où l'on parle d'économie. Le mensonge est là : il n'est pas possible de faire de l'économie sans faire en même temps de la politique. S'intéresser à l'économie, c'est se demander quel modèle de société on veut. Si ce n'est pas de la politique, ça !

Si l'économie n'est pas de la politique, je ne sais plus ce que parler veut dire !

vendredi, 19 février 2016

I'M A POOR LONESOME COWBOY

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A L'OMBRE DES DERRICKS (N°18)

La seule fois où Jolly Jumper galope en parlant, et où Lucky Luke délaisse son refrain habituel, pour un autre où pointe toute la malice de Goscinny.

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Bon, les sondages, c'est les sondages, celui-ci en particulier (Le Progrès, 18 février) : par internet, alors bon, à prendre avec des pincettes.

Mais il ne faut pas chercher pourquoi les députés ont voté comme un seul homme pour la reconduction de l'état d'urgence jusqu'au 26 mai : ils ont l’œil sur les sondages. Les députés (et les zompolitiks en général) croient aux sondages. Et les journalistes se contentent de benoîtement faire écho au "risque politique" que les zompolitiks courraient s'ils revenaient à l'état de droit. Pensez à ce que voteraient les Français en 2017 en cas d'attentat ! Oui, les zompolitiks ont vraiment la truffe dans le gazon. Leur état est désespéré. Ils chassent le bulletin de vote.

Et les Français, ils n'en ont vraiment plus rien à faire, de l'état de droit ? Dans quel état moral et intellectuel sont-ils ? Ils sont prêts à subir le joug ? Cela veut-il dire qu'ils le subissent déjà ? A mettre en parallèle, peut-être, avec les 4 millions de téléspectateurs branchés tous les soirs sur une émission de divertissement de TF1.

Pendant que j'écris ça, un psy est en train de se gargariser en affirmant que, grâce au vaste mouvement de décomposition de l'archaïque "famille patriarcale" auquel on n'en finit pas d'assister, l'individu est amené à se prendre en charge de plus en plus, sans se référer à des valeurs héritées. Il décide de plus en plus de sa propre vie. Il opère de plus en plus des choix en fonction de ses préférences.

Conclusion du psy : « L'individu se désaliène ». Tu l'as dit, bouffi (comme dit Arsène Lupin en s'adressant à l'inspecteur Ganimard).

Ah bon ? Vraiment ? L'individu se désaliène ? Au moment même où il devient un pantin dont on ne sait quel marionnettiste tire les fils ?

C'est quoi, déjà, "vouloir être libre" ?

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jeudi, 04 février 2016

DÉCHÉANCE FRANÇAISE

Qu’elle était belle, la patrie des droits de l’homme, du temps de … du temps de … de quel temps, au fait ? On n'arrête pas de parler de déchéance de la nationalité, sans se poser aucune question au sujet de la légitimité de la double nationalité. Pourquoi cette possibilité est-elle offerte ? Il y aurait motif à y voir une injustice. Ben oui : à l'égard des pauvres Français qui n'en ont qu'une. Les Franco-Français, quoi.

Déchéance de nationalité, donc. Un moyen de communication très commode pour jeter un brouillard opaque sur la question fondamentale : l'installation durable de la France dans le régime de l'état d'exception. Quelques voix s'élèvent pour alerter sur la fin de l'état de droit que ce coup de force entraîne. On ne les entend guère. C'est toute l'idée que les Français devraient se faire de la France qui, par le fait, déchoit. 

Français, prenons plutôt exemple, une fois n'est pas coutume, sur Tarek Oubrou, l'imam de Bordeaux, qui a reçu des menaces de mort parce qu'il n'est pas assez "islamique", mais que ça n'a pas empêché de refuser la proposition d'une "protection rapprochée", avec gardes du corps. Ne changeons rien à notre façon de vivre. Les "Sentinelles" doivent retourner dans leurs casernes. Et tous les services (police, renseignement, ...) doivent faire leur boulot. Qu'on leur en donne les moyens par autre chose que des pouvoirs accrus.

Regardez-la, aujourd’hui, la patrie des droits de l’homme. L’œil sur les résultats de sondages massivement (paraît-il) favorables aux mesures d’exception, le chien Cerbère (Hollande-Valls-Cazeneuve), depuis le 13 novembre 2015, de ses trois gueules béantes, gronde, aboie, mord tous les "suspects" qui passent à portée de ses crocs. 

Pierre Grimal, dans son irremplaçable Dictionnaire de la mythologie, écrit : « Cerbère est le "chien de l'Hadès", l'un des monstres qui gardaient l'empire des morts et en interdisaient l'entrée aux vivants ».

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Cerbère s’apprête a pérenniser l’état d’urgence en l’inscrivant dans la Constitution. Mais ça ne lui suffit pas : il s’apprête à faire voter une loi sécuritaire – une de plus – destinée à transférer toujours plus de pouvoirs et de liberté d’action des instances judiciaires vers les instances administratives. 

Et s’il faut vraiment croire que les sondages ne sont pas si fantaisistes que j’ai tendance à le croire, les Français applaudissent, réclament toujours plus de sécurité, de répression préventive. Les Français préfèrent les flics à la justice.

J'en conclus que, les Français, en conséquence, méritent Cerbère. Ils ne se rendent pas compte que Cerbère fut le gardien des Enfers. Je leur rappelle malgré tout comment finit la phrase de Pierre Grimal citée plus haut : « ... et en interdisait l'entrée aux vivants mais surtout, il empêchait d'en sortir ». A bon entendeur.

Et je crains que les trois têtes de son actuel descendant s’apprêtent à bouffer ce qui reste de leur âme. Et nul Héraclès aux alentours pour museler le monstre.

Cette France-là n’est pas la mienne.

Voilà ce que je dis, moi.

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vendredi, 22 janvier 2016

MORT AU CUMUL DES MANDATS !

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Dans Le Progrès du mercredi 20 janvier 2016.

Eh oui, Gérard Collomb : difficile de se multiplier. Sénateur, maire de Lyon, président de la Métropole : trois métiers, trois vies, trois rentrées d'argent. Si ce n'est pas une preuve qu'il faut en finir avec le cumul des mandats !

La France en a marre des sangsues ! Merci au Progrès ! Merci à Geoffrey Mercier, qui ne doit pas beaucoup l'aimer, le Gégé ! Il a raison : Gérard Collomb est un symbole de l'agonie de la vie politique en France, et de sa confiscation par une caste monopolistique.

Après les "printemps arabes", c'est pour quand le "printemps français" ? Allez, reprenez après moi : « Dégage ! ».

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lundi, 18 janvier 2016

ACTUALITÉ DE GUY DEBORD

Dans son Journal de 1988, Philippe Muray cite à plusieurs reprises l’ouvrage de Guy Debord paru cette année-là : Commentaires sur La Société du spectacle. Cela m’a donné envie d’y retourner pour jeter un œil. On sait que La Société du spectacle date de 1967. Les Commentaires examinent ce qu’il en est advenu de cette société vingt ans après. Et l’on peut dire que le constat fait frémir. Ajoutons que Debord se contente, précisément, de constater : « Les présents commentaires ne se soucient pas de moraliser. Ils n’envisagent pas davantage ce qui est souhaitable, ou seulement préférable. Ils s’en tiendront à ce qui est » (Guy Debord, Œuvres, Gallimard/Quarto, p. 1595). 

On peut dire que l’évolution irrésistible du système, dont il faisait déjà une critique radicale, a comblé toutes les attentes que l’auteur avait placées en elle, et même au-delà. D’après ce que j’ai pu en comprendre, le « spectacle », dans le vocabulaire de Debord, n'a pas grand-chose à voir avec les maisons de théâtre, de cinéma ou d’opéra. Je me rappelle une émission de Bernard Pivot consacrée à La Société du spectacle, où ce grand couillon de Franz-Olivier Giesbert faisait l'énorme contresens habituel de tout confondre. Le malentendu demeure profond.

Pour reformuler dans mes propres termes ce que je pense avoir compris de ce concept de « spectacle », je dirai que c’est très généralement l’instauration d’une relation de plus en plus impossible entre les hommes et le monde, une relation non plus immédiate, comme depuis des millénaires, c’est-à-dire où rien ne vient s’interposer entre l’individu et le monde, mais médiate. Une relation désormais induite par une représentation artificielle (le "spectacle" ?), elle-même produite en dehors, puis introduite à l'intérieur de l’esprit par une instance tierce. 

Le « spectacle », c’est cette représentation (ce discours, ce pouvoir) qui s’impose pour faire écran entre l’individu et le monde. Qui prépare et canalise en amont l’expérience que l’individu peut avoir du monde. Qui formate sa perception. Ce discours fonctionne comme un conditionnement préalable de l’esprit, dont le résultat est illustré par ce « proverbe africain » : «  Le touriste ne voit que ce qu’il sait », qu’on pourrait traduire ainsi : « L’individu ne consiste désormais qu'en ce qu’on lui a précédemment inculqué ». Le système a inventé l'homme-ectoplasme.

On pourrait même dire que l’individu, dans sa mémoire et dans ses affects, n’est plus composé que des éléments dont on l'a fabriqué : il ne s’appartient plus. Il voit, entend, réfléchit, avec les yeux, les oreilles et le cerveau qu’on lui a greffés sans qu'il s'en aperçoive. Le sommet du grand art dans la fabrication de l’ "Homme Nouveau", dont rêvèrent Hitler et Staline, mais de façon combien fruste et grossière ! La principale caractéristique du discours ainsi médiatisé qui préside à cet endoctrinement et qui façonne la façon dont l’individu va percevoir et expérimenter le monde, est d’émaner d’un Pouvoir. Etant entendu que les « médias » ne sont qu’un aspect particulier, le plus visible, du système élaboré par et pour le maintien de ce Pouvoir : il faut deviner l'énorme masse de glace de l'iceberg systémique qui se cache sous la surface.

Autrement dit, tout ce qui descend du « spectacle » en direction de « la plèbe des spectateurs », « ce sont des ordres ». Et l’individu n’a d’autre choix que d’obtempérer, obéir, se soumettre, puisque le monde est ainsi fait, n'est-ce pas. Puisqu’il est convaincu d’avance qu’il serait vain d’essayer de le changer. Puisque l’idée même que cela fût possible, qu’on le pût ou qu’on le dût ne lui effleurerait jamais l’esprit. 

Mais dans ses Commentaires, Debord ajoute une nouvelle forme de « pouvoir spectaculaire » aux deux que le précédent ouvrage avait mises au jour. Il y parlait de la « concentrée », brillamment illustrée au cours du 20ème siècle par les grandes aventures hitlérienne et stalinienne. Il y parlait de la « diffuse », portée par la civilisation américaine, qui avilit l’idéal de Liberté en le réduisant à la médiocre « liberté de choix », c’est-à-dire une liberté dégénérée, une liberté de basse-cour. 

En 1988, pour compléter le tableau, il définit un pouvoir « spectaculaire intégré », qui est une combinaison des deux autres, et qu'il voit déjà partie à la conquête du monde. Le « spectaculaire intégré » emprunte au « concentré » l’autoritarisme, mais en le dissimulant : « … le centre directeur en est devenu occulte … » (on pense au "gouvernement invisible" appelé de ses vœux par le grand-prêtre de la publicité contemporaine, Edward Bernays : comment se révolterait-on contre une "Société Anonyme" ? A qui, en effet, pourrait-on s'en prendre nommément ?) ; et au « diffus » le formatage généralisé des comportements et des choses : « Car le sens final du spectaculaire intégré, c’est qu’il s’est intégré dans la réalité même à mesure qu’il en parlait ; et qu’il la reconstruisait comme il en parlait ».  

L’effet magistral ainsi obtenu est l’escamotage pur et simple de la réalité, le monde concret, les choses enfin, comment qu’on les nomme. Le dur sur lequel je me cogne. Les épines des églantiers qu’il ne faut pas hésiter à affronter bravement si l’on tient vraiment à la confiture succulente qui en découlera après un processus compliqué : tout salaire mérite sa peine. Maintenant, l'artifice absolu est devenu le monde dans lequel nous vivons tous les jours, incluant jusqu'à nos mots, nos images et nos existences. J’avais lu, à publication, Le Crime parfait, de Jean Baudrillard, qui décrivait la même mise à mort, quoiqu’en termes différents (vocabulaire, syntaxe et perspective, j'avoue que j'ai un peu oublié). 

Et Guy Debord ajoute, pour parfaire le triptyque de ses « pouvoirs spectaculaires » : « Quand le spectaculaire était concentré la plus grande part de la société périphérique lui échappait ; et quand il était diffus, une faible part ; aujourd’hui rien ». Traduction proposée : en régime dictatorial, il suffit de se maintenir en dessous de la couverture radar pour rester à peu près peinard. En régime capitaliste à l’américaine, on a du mal à échapper à la marchandise et à son cortège de servitudes. 

Mais alors là, en régime de « spectaculaire intégré » (déjà en 1988), impossible d’échapper aux griffes propagandistes de Moloch-Baal et au formatage et au conditionnement précis qu’il fait subir à tous ceux qui entrent sur la planète, planète qui leur apparaîtra forcément sous les traits du « monde tel qu’il est ». Et là, quel Michel Foucault, quel Jacques Derrida, quel Gilles Deleuze, ces champions de la "Déconstruction" de tout ce qui faisait notre civilisation, déconstruiront, mais à l'envers, leurs représentations pour leur dévoiler la vérité ? 

Ils seront tenus dans la complète ignorance du nombre et de la qualité des opérations successives d’usinage dont ils seront le résultat. Ils auront beau être fils de leur mère, ils ne sauront jamais de quel processus ils sont l’aboutissement. Ils seront ce qu’on leur aura dit qu’ils sont et préparés à être. A moins de s’appeler Winston Smith (dans 1984 de George Orwell). 

En fait, je ne voulais pas, en me lançant dans ce billet, brasser toutes ces matières. Je voulais seulement partager avec quelques lecteurs un paragraphe qui a littéralement explosé sous mes pas quand je suis passé dessus. Se souvenir, avant de le lire, qu’il fut publié en 1988 (le livre sort en mai, l’attentat de Lockerbie se situe en décembre). C’est vrai, on parlait déjà de terrorisme (OLP, FPLP, FPDLP, et leurs frères, leurs cousins, leurs conjoints, leurs alliés, …). Mais dites-moi si ce paragraphe ne sonne pas étrangement. 

« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut en effet être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’Etat ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. » 

Dites, je ne sais pas vous, mais moi, j’aimerais savoir ce qu’il buvait comme café pour lire dans ce marc extralucide. Car derrière « tout le reste », j’entends toute l’entreprise actuelle de Hollande et consort pour amoindrir le poids du pouvoir judiciaire et pour accroître celui de l’administration policière de la vie collective. 

J’ai peur pour l’état de droit.

Voilà ce que je dis, moi.

mercredi, 13 janvier 2016

THÉ ET FRATERNITÉ, VRAIMENT ?

L’emprise de l’islam sur les débats nationaux en France est de plus en plus grande. L’islam, un des principaux thèmes de nos controverses préférées, est, en une quinzaine d’années, devenu un centre de gravité de toutes les attentions. Cette omniprésence de la religion musulmane sur le devant de la scène médiatique est, en soi, fondamentalement anormale, et constitue en soi une atteinte à l’identité nationale de la France. Obliger les Français à se situer par rapport à une religion est en soi un formidable retour en arrière.

Ce seul fait donne des raisons légitimes d’en vouloir à l’islam en tant que tel, quelles que soient les modalités des pratiques religieuses de ses fidèles, pour avoir obligé les Français à se préoccuper de ce problème – puisqu’il y a problème. Et les Français auraient raison d’en vouloir à l’islam en tant que tel parce que, à ce qu’il paraît, l’islam, ils n’en ont strictement rien à faire : ils ont d’autres chats à fouetter. Ceux qui vont accrocher des têtes de cochon à la porte des mosquées sont des tarés, c'est entendu : on sait à peu près d'où ils viennent. Ce que les Français ne supportent pas, c'est qu'on leur empuantisse l'atmosphère avec de l'eau bénite, qu'elle vienne de La Mecque ou d'ailleurs.

Le bruit médiatique entretenu autour de l’islam, en France, offre une chambre d’écho absolument inespérée aux propagandistes islamiques de tout poil, y compris ceux qui se rasent le menton tous les matins. Ainsi, cette opération « Portes ouvertes » dans les mosquées le samedi 9 janvier, doublée de l’opération « Thé de la fraternité », doit être considérée comme une opération de propagande en faveur de cette religion intruse : intruse parce que religion suscitant un débat aux effets fratricides. Et notre minuscule président a encore amplifié les effets de cette campagne publicitaire en mettant gratuitement sa haute fonction au service de la Grande Mosquée de Paris. Remarquez qu'il avait déjà fait le coup dans une synagogue. Et personne ne se demande s'il fréquente les églises.

Il paraît qu’il faut « lutter contre l’islamophobie », « combattre la stigmatisation », « fuir les amalgames ». Tels sont les « éléments de langage » que la langue de bois du politiquement correct enjoint à tous d’adopter, sous peine de poursuites judiciaires. Qui est islamophobe, en France ? Suffit-il, pour être ainsi qualifié, de dénoncer la pollution de l’espace public par une question qu’aucun Français ne se poserait si on ne la lui mettait pas sous le nez à chaque instant ? 

Si c’est comme ça, alors oui, j’exige qu’on me considère comme islamophobe. Mais je récuse formellement l’appellation. J’ai le droit de vivre dans un espace public religieusement neutre, et j’exige qu’on le respecte. Or ce droit est violé en permanence par toutes sortes de malfaiteurs, à commencer par celui qui a le culot de prétendre qu’il nous représente en chef. A quelle instance dois-je m'adresser pour porter plainte ?

Et la loi établissant cette neutralité religieuse de l’espace public est allègrement et quotidiennement piétinée par des responsables politiques et médiatiques qui en appellent à la « tolérance » envers des comportements qui la bafouent, effrontément et en toute impunité. Et qui sont prêts à recourir à la force des tribunaux à l’encontre des « fauteurs de troubles » qui ont le toupet de ne pas hurler avec les loups du « consensus national ». En vérité, il n’y a pas de consensus. Il n’y a de consensus que parce qu’on fait taire ceux qui le refusent, en commençant par les traiter de « fachos ». Demandez-vous maintenant pourquoi le Front National prospère dans les urnes.

Et que tout le monde sache qu’on n’hésitera pas à se porter partie civile, si ces « fachos » persistent ou font mine de devenir trop visibles. En réalité, toutes ces bonnes âmes qui en appellent au « dialogue apaisé » et à « l’écoute réciproque » dans l’indispensable « débat démocratique », sont incapables de dialoguer, atteintes de surdité profonde et détestent le débat. Elles ne tolèrent votre point de vue que s’il entre exactement dans le moule du leur. Sinon, gare au bâton du gendarme : la panoplie judiciaire est assez complète pour vous tenir en respect et vous contraindre au silence. 

La société et la nation française sont en train de se faire bouffer de l’intérieur à cause, d’une part, de l’appétit des rats qui ont trouvé un succulent fromage et se préparent à un banquet revanchard sans précédent, et d’autre part de pleutres dont l'immonde et tragique lâcheté consiste à refuser de nommer les choses et d’appeler l’ennemi par son nom, sous prétexte de ne vouloir stigmatiser personne.

Celui qui est étranger à notre civilisation, il n’y a pas à tortiller du derrière, c’est l’islam, qu’il soit « modéré » ou « radical », parce qu'il refuse totalement, par principe, de séparer, comme les Européens le font, le religieux, le social et le politique. Il est de notre devoir de ne pas faire semblant de croire que tout est en tout et réciproquement. Il est de notre devoir de ne pas transiger sur les principes (je n'ai pas dit "valeurs") qui fondent notre société.

La civilisation européenne a su instinctivement, dès le départ, pourquoi elle a combattu la civilisation arabe : parce que l'islam lui faisait la guerre et voulait la soumettre et la faire disparaître. Cela fait du christianisme originaire et de l’islam deux univers définitivement incompatibles et irréconciliables. Il est raisonnable de penser que les deux peuvent aujourd'hui vivre en paix, voire en bonne intelligence, mais à condition qu'on se respecte mutuellement, et que l'un des deux partenaires ne passe pas son temps à enfreindre la règle de neutralité religieuse. Il n'y a pas de respect s'il n'y a pas réciprocité.

L’ahurissement me gagne quand j’entends le dessinateur Olivier Ranson, juif revendiqué à l’antenne (France Culture, « Le Secret des sources », 9 janvier), applaudir la couverture du Charlie Hebdo de la semaine, qui proclame : « Un an après, l’assassin court toujours », montrant un dieu indéterminé, un dieu œcuménique et consensuel en quelque sorte, déclarer doctement, la main sur le cœur : « Nous avons tous le même dieu ». Texto !

Tout faux, Ranson ! Menteur ou ignorant, Ranson ! C’est en toutes lettres dans le Coran, dans des affirmations réitérées de nombreuses fois : Dieu est unique, il n’a jamais engendré, c’est être dénégateur que de le prétendre, et il n’a donc aucune progéniture. Maudits soient les « associants » (= chrétiens ou polythéistes) ! Ça, c’est évidemment pour massacrer la Sainte Trinité : les chrétiens adorent un faux dieu. Le lecteur sait peut-être ce que j’en pense et n’en pense pas. Il ne faut pas avoir bac+12 pour se rendre compte que le dieu des chrétiens n’a rien à voir avec celui des musulmans : incompatibilité d’humeur ! Pour le dieu juif, je m’en remets à d’autres compétences, attendu que celui-ci ne fait pas de prosélytisme. A l’heure actuelle, l’islam recrute à tour de bras, ça fait une sacrée différence. 

L’islam est, historiquement, un ennemi religieux du christianisme et du judaïsme, mais c’est aussi un ennemi intellectuel et un ennemi culturel. Un ennemi de civilisation. Nous autres, Européens, n’avons rien à voir avec la religion musulmane, excepté dans des enclaves (Bulgarie, Bosnie, Albanie) qu’il convient de considérer comme des exceptions. L’Européen a inventé l’humanisme et les Lumières PARCE QU’il n’était pas musulman. En terre d'islam, pas de liberté de conscience. En terre d'islam, un Raif Badaoui peut être condamné (1000 coups de fouet + prison) pour "insulte à l'islam". Si l'Europe avait été islamisée, elle en serait restée au moyen âge. Et ce n’est pas parce que, selon Weber, puis Gauchet, le christianisme est « la religion de la sortie de religion », qu’il faut renoncer à cette civilisation que les Européens ont seuls (enfin, pas tout à fait) façonnée et portée à son point sublime (je n'examine pas ce qu'en a fait l'Amérique protestante). 

Toute l’histoire de l’Europe marque un refus de l’islam. Et il faudrait que l'Europe l'accueille benoîtement aujourd'hui ? Qui veut nous faire avaler cette fable ?

Sachons qui nous sommes et d'où nous venons. Et soyons forts, au lieu de nous aveulir comme des gastéropodes.

Voilà ce que je dis, moi.

Note : les attentats islamiques et sexuels qui ont eu lieu à Cologne, Hambourg, Berlin et quelques autres villes allemandes (mais aussi en Suède, en Autriche, en Finlande, où encore ?) pendant la nuit de la Saint-Sylvestre nous apprennent que, si les Européens sont en paix avec tout le monde, des gens bien déterminés ont déclaré la guerre à l'Europe. Et les dirigeants européens seraient peut-être bien inspirés d'envisager sous cet angle-là le problème des « Migrants » dans son ensemble. On érigera un monument aux "Grands Sentiments" quand ils seront devenus des universaux incontestés. En attendant, restons réalistes.

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jeudi, 07 janvier 2016

CHARLIE HEBDO : DOUZE MOIS !

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In Memoriam CABU, WOLINSKI et LES AUTRES. 

« Vous qui voyez la lumière,

De nous vous souvenez-vous ? »

"Pensées des morts", Lamartine, Georges Brassens.

 

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Frédéric Boisseau, Agent d’entretien.

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Franck Brinsolaro, Policier du Service De La Protection (SDLP).

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Jean Cabut, dit Cabu, Dessinateur.

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Elsa Cayat, Psychanalyste et Chroniqueuse.

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Stéphane Charbonnier, dit Charb, Dessinateur et Directeur de Charlie Hebdo.

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Philippe Honoré, Dessinateur.

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Bernard Maris, Economiste et Journaliste.

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Ahmed Merabet, Policier.

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Mustapha Ourrad, Correcteur.

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Michel Renaud, organisateur à Clermont-Ferrand d’une exposition de dessins de Cabu, à qui il les rapportait un certain 7 janvier.

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Bernard Verlhac, alias Tignous, Dessinateur.

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Georges Wolinski, Dessinateur.

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Que des gens à peu près normaux, quoi !

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« Oui mais jamais au grand jamais

son trou dans l'eau ne se refermait :

cent ans après, coquin de sort,

il manquait encore. »

(cliquer pour 5'46" de chaleur)

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Ce n'était déjà pas joli, le défilé (en fait, 10 minutes avant de s'esbigner) de chefs d'Etat, le 11 janvier 2015, en hommage à des gens qui vomissaient, sur tous les pouvoirs en place, leurs mots et leurs traits, mais les plaques solennellement dévoilées par notre guignol présidentiel, et avec la grotesque componction et l'imbécile raideur dans lesquelles il aime tant se draper, c'est vraiment très moche. Et je ne parle pas du Y au nom de Wolinski. Il n'a pas vu, Hollande, que c'est marqué "Pas touche !" ? Non : cet homme n'a pas le sens du sacré.

Et ce d'autant plus que, plus le temps passe, plus on découvre que les services de renseignement français ont salement merdé : voir Le Canard enchaîné du 6 janvier sur la disparition du PV mentionnant la présence de Kouachi devant Charlie Hebdo, qui venait en repérage trois mois avant les attentats. Ils font koua, dans leurs bureaux, les flics ? Ils grattent du papier ?

C'est le même Hollande qui, quand il va en Arabie Saoudite, passe l'honneur de la France au kärcher pour que les Arabes lui achètent le plus possible de ses joujoux militaires, en fermant les yeux sur les décapitations, le wahabisme (la frange la plus rétrograde et rigoriste de l'islam sunnite) et la condition faite aux femmes. Et le lendemain, il n'éprouvera nulle honte à en appeler aux "Valeurs de la République". Mais qui peut croire sérieusement à ces "valeurs", quand elles sont proclamées par ce fantoche qui vire à tous les vents ?

Et pendant ce temps, Valls s'assied bonnement sur l'état de droit quand il annonce tranquillement que la démocratie n'en a plus pour longtemps, puisqu'il prépare activement l'installation d'un Etat policier et d'une société de la peur en lieu et place de la République française, en transférant toujours plus de pouvoir de la justice et des juges vers la police et les préfets, au prétexte qu'il faut "lutter contre le terrorisme". Tout en faisant mine de s'inquiéter de la "dérive autoritaire" en cours en Pologne. Les Français sont massivement d'accord, du moins selon les sondages.

Si les sondages ont raison (ça arrive quand même de loin en loin, même si c'est par hasard ou par erreur), il est temps d'avoir la trouille.

vendredi, 01 janvier 2016

VU A LA CROIX-ROUSSE 2

QUELQUES PHOTOS POUR ACCUEILLIR LA NOUVELLE ANNÉE.

MEILLEURS VŒUX À TOUS.

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Dans la série "Le Monde dans la vitre".

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Photo prise le 28 décembre 2015 à 20 h 26.

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Photo prise le 31 décembre 2015 à 18 h 07

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Photo prise le 28 décembre 2015 à 20 h 27.

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Additif

On aura tout vu, tout entendu : François Hollande se veut le "Protecteur de la Nation". C'est curieux : plus cet ectoplasme de clown veut me "protéger", plus j'ai la trouille.