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mercredi, 27 avril 2016

EUROPE TTIP : LES COMPLOTEURS

Après la Russie atomique, l'Amérique. Ainsi, Obama a rendu visite aux Européens. Le président des Etats-Unis est bien bon. Les Européens devraient lui savoir gré de sa bonté ? En réalité, monsieur Obama est venu faire la leçon (le gros titre du Monde daté d'aujourd'hui) à la vieille Europe. Première leçon : le « Brexit », c’est caca, il ne faut pas. Il y tient. Deuxième leçon : les accords de libre échange (TTIP ou TAFTA, au choix) en cours de négociation, c’est du miel délectable, il faut. Il y tient. Qu’on se le dise : Barack Obama sait mieux que les Européens ce qui est bon pour l’Europe. 

C’est évidemment un mensonge pur et simple, gros comme une maison (blanche). Obama est venu nous rendre visite en VRP de première classe des intérêts des Etats-Unis. Le Royaume Uni ? Une tête de pont des USA, et ça embêterait beaucoup les Américains de ne plus avoir un espion à leur disposition en plein cœur des institutions européennes. 

Mais ne parlons pas de la Grande Bretagne : s’ils veulent récupérer leurs billes, après tout, libre à eux. Qu’ils soient dehors ou dedans, ça ne change rien du tout à la vie quotidienne des Européens, même si le monde des affaires et de la finance peut en pâtir. Mais pour ce qui est du TTIP, c’est une tout autre sauce qu’on est en train de nous concocter. Et les Allemands sont apparemment les seuls à se cabrer un peu devant la menace. 

Qu’est-ce que c’est, en effet, ces accords de libre échange ? Jugez plutôt : pour avoir accès aux informations, il faut être soit un député ou un sénateur national, soit un député européen. Vous avez alors accès à un immeuble parisien. Avant d’entrer dans une pièce sans aucune fenêtre, vous êtes dépouillé de tout appareil électronique qui risquerait de transmettre quoi que ce soit, et vous signez un papier qui vous menace de poursuites pénales si vous dévoilez quoi que ce soit de ce que vous avez découvert. Une fois dans la pièce, vous consultez la documentation sous le regard d’un vigile vigilant. Vous ne trouvez pas que cette façon de procéder pue la charogne ? Que ça sent les comploteurs à cent kilomètres ? Cela a tout d'une assemblée générale de gangsters.

Rien que pour cette raison, l’Europe aurait non seulement dû claquer la porte depuis longtemps, mais elle n’aurait jamais dû l’ouvrir pour venir s’asseoir en face de gens sûrement très malintentionnés, vu la gravité de mystérieux secrets qu’ils ont de toute évidence à cacher. Attendez-vous à savoir (comme disait la désopilante Geneviève Tabouis aux époques héroïques de la radio) que les Européens doivent s'apprêter à "l'avoir dans l'os" !

Moi, je dégage de ce théâtre d’ombre une information : des gens très puissants – des Américains pour l’essentiel – sont en train de fomenter un complot pour accroître encore la vassalisation de l’Europe et pour en faire un terrain de jeu et de profit pour les grands groupes industriels d’outre-Atlantique. La visite d’Obama n’est pas celle d’un allié, c’est celle d’un suzerain. 

A moins que ce ne soit celle d’un « parrain ».

Qui aura les noix assez bien accrochées pour lui dire merde, à ce « parrain » ? François Hollande ? 

Ne me faites pas rire, j’ai les lèvres gercées. 

Voilà ce que je dis, moi.

CORRECTIF de dernière minute : Manuel Valls a déclaré qu'il est hors de question pour la France de signer l'accord de libre-échange en l'état. Alors acceptons-en l'augure. L'avenir futur nous dira ce qu'il en est.

lundi, 07 mars 2016

MAUDIT CODE DU TRAVAIL !

Qu’est-ce qui se passe autour du Code du travail ? Quel est l’enjeu des luttes féroces qui se livrent en haut lieu et en bas lieu à propos de ce « Code, l’unique objet de mon ressentiment » ? Un million et plus de signatures pour la pétition qui réclame le retrait du texte. Effervescence en ligne, panique du timonier, reculade gouvernementale, bref, encore une fois le même lamentable spectacle de la panouille intégrale qui sert de ligne directrice à François Hollande, depuis que l’inconséquence des Français l’a porté au pouvoir. 

Je me moque de savoir ce qui se passe sous les jupes et dans les dessous peu affriolants des calculs politiques à court terme autour de cette affaire. Quelles seront les modifications acceptées par Manuel Valls ? Peu importe : ce qui compte, c'est le mouvement général dans lequel s'inscrivent toutes les remises en cause des "droits" des travailleurs, un peu partout en Europe et dans le monde. La consigne est partout la même : il faut s'aligner sur le plus bas.

Car on peut deviner ce qui se trame derrière les clameurs de Gattaz, du patronat et de tous ceux qui poussent, soit à la démolition pure et simple de ce monument de tracasseries qui empêche les chefs d’entreprise d’embaucher et de licencier à leur gré ; soit, ce serait un minimum, de simplifier les procédures, de garantir les droits des salariés tout en injectant du lubrifiant dans les rouages des entreprises. 

On nous sort à tout bout de champ l’épaisseur du Code du travail, ses obscurités, ses contradictions, ses jurisprudences alambiquées, et on le compare au Code suisse, limpide, lui, et réglé comme un coucou.

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Gaston Lagaffe en train de repeindre le coucou de son coucou suisse.

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Gaston Lagaffe n'a rien compris au marché du travail.

Je veux bien croire qu’en matière d’emploi, un effort de clarification et de simplification des règles est nécessaire. Mais pour embêter les entreprises, il n’y a pas que ce maudit Code : il me semble que les normes (françaises, européennes) auxquelles elles doivent se conformer ne sont pas pour rien dans les tracasseries qu’elles subissent. 

Et puis quand on nous parle de chômage et d’emploi, on nous raconte beaucoup de bobards. Le premier est que la complexité du Code est la cause du chômage : le Code a bon dos. Et si, Code ou pas Code, la France perdait des emplois, tout simplement, à cause de la diminution du travail productif ? Et puis Hollande gave le MEDEF de cadeaux. Et puis on nous serine : « Plus de flexibilité sera favorable à l’emploi ». Rien n’est moins sûr, monsieur Gattaz : où est-il votre million de créations ? Perdu en route.

Et puis prenez le déficit "astronomique" (paraît-il) de l’UNEDIC. Deux solutions simples pour résoudre le problème : primo, cesser de l’obliger à participer au financement de Pôle emploi ; deuxio, pénaliser les entreprises qui recourent abusivement aux contrats précaires pour occuper des postes indispensables, ce qui alourdit notablement sa barque. 

Non, moi, ce que je vois se profiler derrière la guerre faite au Code du travail, c’est autre chose, et c’est plus grave. Car il faut savoir que, partout où ont été menées de « courageuses réformes du marché du travail » (Allemagne et Grande-Bretagne pour commencer), partout où l’on a « assoupli les règles », le nombre de travailleurs pauvres a explosé, et les inégalités se sont démesurément accrues. Et les "journalistes" perroquettent la doctrine officielle : ces pays ont un taux de chômage remarquablement faible. Moi, les statistiques, je n'admets que "celles que j'ai moi-même trafiquées" (Churchill).

Il ne suffit plus d’avoir le privilège de bénéficier d’un emploi pour espérer échapper à la pauvreté. Travailler plus pour gagner moins ! Sarkozy n'avait pas pensé à ça. Remarquez, il y avait déjà les éleveurs français qui payaient pour travailler, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ça montre la voie. Moralité : les dirigeants français sont en train d’admettre, de programmer et d’administrer l’appauvrissement des populations européennes. Les peuples ont perdu la guerre.

Ce qui se profile derrière la réforme du Code du travail, c’est ce que pointe Alain Supiot dans son excellent bouquin : La Gouvernance par les nombres (Fayard, 2015). Le message principal de l’ouvrage, enfin, ce que j’en retiens d’essentiel, c’est que le système économique que l’ultralibéralisme a installé (l’économie financiarisée au profit des seuls actionnaires) prévoit tout simplement d’abolir les lois qui régulent encore, pour un temps, la production et les échanges. Comme le dit le dirigeant d’une grande entreprise : « La régulation est un obstacle à l’innovation ». Ah, chère humanité, que serais-tu sans la déesse « Innovation » ? 

Tout ce qui régule l’économie est considéré par les grands acteurs qui interviennent sur les « Marchés » comme un obstacle à la bonne marche des affaires. Il faut « déréguler », on vous dit, dans un régime de « concurrence libre et non faussée ». L’Europe qui est  en place, pour le plus grand malheur de ses citoyens, est une illustration exacte du processus en cours. Les négociations secrètes qu’elle est en train de « conduire » avec les Etats-Unis (TAFTA ou TTIP) sont un pas de plus vers la disparition de toute régulation de la production et des échanges. Devinez au profit de qui ça se fera.

Comme le dit Alain Supiot, la loi (ce qu’il appelle « hétéronomie » : pourquoi pas ?) est ce qui s’impose indistinctement à tous les acteurs : elle surplombe, parce qu’elle a plus d’autorité et de pouvoir que tous les acteurs privés réunis. Tout le monde est contraint de s’y soumettre, et les infractions sont, en théorie, punies par les tribunaux. Or, dans le système que les plus grands acteurs privés de la production et des échanges sont en train d'installer, il est entendu que ce ne seront plus des lois qui gouverneront, mais des contrats. Kolossale finesse ! Vous avez compris : plus de règles qui s'imposent à tous indistinctement ! Tout est négociable ! Et comme dans toute négociation, on prévoit déjà de quel côté penchera la balance : celui du plus fort. 

La grosse différence entre une loi générale et un contrat, c’est que la loi est universelle (dans la limite des territoires où elle s’applique), alors que le contrat se négocie : vous mordez le topo (comme dit San Antonio) ? Le contrat en lieu et place de la loi, cela signifie que ce qui se trame, autour du Code du travail (qui est une loi), c’est la Grande Privatisation de Tout. C'est la Grande Confiscation des Richesses par une élite minuscule. Cela signifie, par conséquent, la disparition du bien public, l’élimination de ce qui s’est appelé dans le passé le "bien commun". Cela signifie aussi l’effacement de ce qu’on appelle encore, par abus de langage, la « puissance publique ». Cela signifie que les populations seront mises aux prises avec les « forces du Marché », mais pieds et poings liés. Et avec la complicité active de ceux qui gouvernent. 

Sale temps pour les humains en perspective. 

Voilà ce que je dis, moi.

Note : j'entends à l'instant un nommé Pierre Cahuc, chercheur en économie, accuser son contradicteur de ne pas lui répondre sur le terrain de l'économie, mais de la politique. Il lui reproche de se référer à des articles parus dans des revues non académiques : « Lisez les revues académiques, jeune homme ». Eh, espèce de foutriquet, ravale tes mensonges. Tu crois vraiment que l'économie est une science exacte ? Tu crois qu'on va la gober, cette fable d'une pure discipline de laboratoire ? Et sur le plateau de France Culture, tout le monde a l'air d'accord pour ne pas parler de politique au moment où l'on parle d'économie. Le mensonge est là : il n'est pas possible de faire de l'économie sans faire en même temps de la politique. S'intéresser à l'économie, c'est se demander quel modèle de société on veut. Si ce n'est pas de la politique, ça !

Si l'économie n'est pas de la politique, je ne sais plus ce que parler veut dire !

jeudi, 09 avril 2015

LES AMOUREUX DU "BIEN PUBLIC"

Le bien public coûte trop cher. Le bien commun est devenu hors de prix. L’Etat n’a plus les moyens. Ce qui « faisait société » se délite de plus en plus vite. Tout ce qui fait l’existence humaine doit rapporter. Cracher du cash. A qui ? A ceux qui réclament du 12 % de rendement annuel. Faut-il les appeler des investisseurs ? Des spéculateurs ? Des requins ? Des vautours ? La réponse à toutes ces questions : privatisons. 

Je ne donnerais pas cher de la peau de Radio France. Si le petit copain et grand protégé de l'onctueux Frédéric Mitterrand, a été mis à sa tête, c’est précisément pour faire ce qui a déclenché la grève. Une grève qui a ouvert en grand les robinets musicaux sur les chaînes de la radio (publique pour combien de temps encore ?). 

La première idée de Mathieu Gallet, quand il est arrivé, était paraît-il de vendre les murs de la « Maison Ronde », pour pouvoir les louer. C’est curieux, au même moment le ministère de la Défense envisageait de vendre des matériels militaires à des investisseurs, qui seraient en quelque sorte devenus des bailleurs de l’armée française. 

L’Etat vend à tour de bras des bâtiments prestigieux pour qu’ils soient transformés en hôtels de grand luxe ou en logements somptueux. Gérard Collomb, merdelyon, a vendu l’Hôtel-Dieu avec sa façade et son dôme de Soufflot. 

D’une main, les « autorités » en charge du bien public, du « vivre ensemble » et autres vieilles lunes passées de mode, font argent de tout, bradent, bazardent, soldent, liquident, alors qu’ils posent l’autre sur leur cœur chaque fois qu’il faut lancer des incantations appelant à « refaire société », à « se rassembler ».  

Il se passe avec Radio France ce qui se passe ailleurs depuis quelques dizaines d’années : la Grande Privatisation de Tout. Les Etats défèquent du Bien Commun comme s’ils avaient la colique. L’Etat français mettra combien de temps à tirer la chasse d'eau sur France Inter, France Culture et France Musique ?

J'ai l'impression d'entendre l'ultra-libérale Fleur Pellerin, vous savez, cette fan de l'accord de libre-échange transatlantique TAFTA, murmurer : « Le plus tôt sera le mieux ».

Voilà ce que je dis, moi.

samedi, 21 mars 2015

TAFTA ? TTIP ?

L’Europe (enfin, la Commission européenne, ce gouvernement non démocratique) a entamé des négociations avec les Etats-Unis. Ces négociations, ouvertes en 2013, visent à aboutir à un accord de libre-échange. Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) ou Transatlantic Trade Investment Partnership (TTIP) ?

Peu importe, finalement : l'important c'est que ça se passe en anglais, n'est-ce pas. Ce que veut l’Europe, c’est aussi clair aujourd’hui qu’hier. Cela s’appelle l’idéologie de « La Concurrence Libre Et Non Faussée », quelles que soient les circonstances (traduction : le rachitique mis en face d'Hercule, ça reste un combat loyal). C'est mieux et plus fort qu'un principe : ce sont les Tables de la Loi. 

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Ce que veulent les Etats-Unis, c’est aussi clair aujourd’hui qu’hier. Cela s’appelle « La Conquête Incessante De Nouveaux Marchés Au Nom De La Statue De La Liberté ». La différence avec l’Europe ? Ce n’est pas une idéologie, c’est du cynisme. D’autres appelleront ça le « Sens Des Réalités ». « Pragmatisme » si vous voulez. Doublé d'un appétit insatiable.

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Les Américains, depuis leur établissement en tant que « Nation », sont obsédés, une fois la limite franchie, par « The Next Frontier ». La liberté, ils la conçoivent sous la forme de la « Liberté Du Puissant » d'étendre sa puissance à l'infini. Et quand un des leurs est devenu puissant, ils s’inclinent et saluent le savoir-faire, la force de caractère. Ils respectent la fortune ainsi conquise. Plus il y a de "zéros" derrière le "un" sur le compte en banque, plus les marques de respect se font démonstratives, plus la reconnaissance fait du bénéficiaire une majesté. Les Etats-Unis, pareillement, respectent les ennemis puissants : s’ils ne peuvent les vaincre, ils s’entendent avec eux pourvu qu'ils ne soient pas russes.

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L’avantage avec l’Europe, pour les Etats-Unis, c’est qu’elle n’est ni un ennemi, ni une puissance : ils peuvent tout se permettre. Qu’on l’appelle le TAFTA ou le TTIP, l’accord transatlantique en négociation, tel qu’il se présente, ira le plus probablement dans le sens le plus prévisible : quelques concessions (« exception culturelle » et autres babioles, bricoles et brimborions) pour préserver la dignité des Européens, les gros morceaux pour les grandes firmes transnationales américaines. On compte sur les professionnels de la « Com' » pour faire passer la pilule auprès des opinions publiques en valorisant à outrance les babioles, bricoles et brimborions.

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Les Américains obtiendront-ils des Européens ces « Tribunaux Arbitraux » que ces firmes géantes attendent pour damer le pion à coup sûr aux Etats démocratiques et aux gouvernements élus dès que leurs législations seraient jugées trop contraignantes, et source de « manque à gagner » ? On serait entre amis et à huis clos, et tout le monde n'aurait ensuite qu'à la boucler et à courber l'échine.  

Ce n’est pas encore tout à fait sûr, mais je ne miserais guère, personnellement, sur la fermeté d’âme du négociateur européen désigné par la Commission. S’ils les obtiennent, on pourra dire avec certitude que la vassalisation de l’Europe sera accomplie : croupion du poulet au chlore de l’industrie américaine de l’agroalimentaire, l'Europe ira poser un genou en terre devant son suzerain, qui lui donnera son anneau d'or à baiser en signe d'allégeance. 

Et l'on dira : merci l'Europe.

Voilà ce que je dis, moi.

NOTE : Les illustrations de ce billet sont tirées d'un numéro du Journal des Voyages. Elles montrent une charcuterie de Cincinnatti (Ohio), aux alentours de 1880.  Juste pour se faire une idée de l'échelle à laquelle les Américains conçoivent l'alimentation humaine. Combien de temps encore l'établissement en France de « Fermes des 1000 vaches » soulèvera-t-il la colère des autochtones ? Qu'on n'a pas encore surnommés les "Aborigènes" (ce qui veut dire la même chose) ?