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samedi, 24 janvier 2015

WILLEM, CHARLIE ET LES ECOLOGISTES

Je me refuse à parler de "liberté d'expression", de "provocation", de "blasphème", d' "offense à Mahomet", qui sont des formules toutes faites plus ou moins vidées de leur substance : je voudrais que tout le monde admette une fois pour toutes que chaque citoyen français

 

A LE DROIT DE SE MOQUER DE TOUT.

 

NULLE OPINION NE DOIT CONSTITUER UN DELIT. 

 

Et ce droit est sans limite : l'univers des mots n'a jamais fait et ne fera jamais couler le sang. Cessons de confondre le monde du langage (l'arbitraire du signe, Saussure, signifiant/signifié, tout ça) et le monde de la réalité matérielle (pour Saussure le "référent" : le signifié, disons, pour faire clair, le mot "chien" n'a jamais mordu aucun facteur).

 

Il est honteux d'assimiler quelque parole que ce soit (fût-ce l'incitation à la haine raciale) à un acte, fût-il "en puissance". Le vrai démocrate érige une muraille infranchissable entre, d'une part, le verbe, et d'autre part, la croyance au verbe. Entre la Lettre et l'Esprit de la Lettre. Le vrai démocrate met la Lettre à distance. Il la soumet à examen. 

 

Il est démocratiquement très inquiétant que, sous couvert de respect et de tolérance (et puis quoi, encore ?), des gens par ailleurs instruits confondent la mot avec la chose. Il devrait être interdit d'interdire de prononcer certains mots par crainte de voir certaines choses se produire réellement. Pantagruel le dit à Panurge (Tiers Livre, XX) : « Si les signes vous faschent, ô quant vous fascheront les choses signifiées ».

 

A elle toute seule, la croyance que le mot porte intacte, dans le sens que lui accorde un pauvre dictionnaire particulier et partisan, la VÉRITÉ pure et sans tache, cette croyance est porteuse de mort. Restons vivants : enseignons la polysémie aux affolés dangereux qui restent prosternés au pied de la Lettre.

 

La pénalisation de quelque parole que ce soit, l'interdiction de quelque opinion que ce soit, la condamnation de l'auteur de quelque déclaration que ce soit sont des insultes à la démocratie. Une saloperie pourvoyeuse de haine. Supprimons le délit d'opinion du Code Pénal.

 

 

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Willem doit être un peu asocial : cette infirmité lui a sauvé la vie. Il déteste en effet les conférences de rédaction. Il aurait dû théoriquement se trouver avec les autres. Je ne sais pas quel est aujourd’hui son état d’esprit. Quels sont ses états d’âme (s’il en a une, ce dont il n’est sans doute pas persuadé). Comment il pense à ses copains disparus. Willem est le dernier survivant des "anciens". Aussi précieux désormais qu'un monument historique.

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En révisant mes vieux Charlie Hebdo, je suis tombé sur cette page parue le 3 juillet 1972 (n°85). Et je trouve épatant et incroyable que, dans la même revue, aient pu écrire et dessiner des gens aussi dissemblables et opposés que ce Hollandais qui estropie le français dans la joie et la bonne humeur, et des gens comme Cabu, cet écolo précoce, et Pierre Fournier, l’oublié, tué il y a bien longtemps par le surmenage imposé par la gestion du destin de La Gueule ouverte. Un intransigeant de l’écologie, lui.

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C’est peut-être à Fournier que Willem répondait dans la page que j’essaie de restituer ici, découpée tant bien que mal pour les besoins de la cause. On a compris : l’écologie, ce n’est carrément pas son truc.

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Mais le plus génial dans cette page, selon moi, sous le coup de griffe caricatural donné aux purs et durs de la nature, c’est tout de même la prophétie qu’elle contient.

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Car pensez-y, les débats sur le réchauffement climatique tournent autour de quoi, en définitive ? Rien d’autre que l’avance des pays développés sur les pays en développement, en termes de progrès technique et de confort matériel. Ou alors l'inverse : le retard de ceux-ci sur ceux-là.

 

Enfin ça, c'est la phraséologie officielle, surtout chez les tiers-mondistes et autres O-N-G-istes soucieux de « porter secours aux déshérités de la planète ». Je précise que je n'ai rien contre les déshérités de la planète. J'ai juste envie de vivre ma vie le mieux possible. Mon égoïsme foncier n'est pas pire que celui des milliards d'autres humains.

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« Dans dix ans nous aurons te dépassé », dit le personnage. Dix non,  quarante, c'est sûr.

Suivez mon raisonnement, il sera simple. Les pays pauvres veulent du développement pour rejoindre les pays déjà développés. Donc ils veulent de la croissance économique.

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Donc les pays pauvres veulent de l’énergie pour faire marcher des industries et pour produire et vendre des biens. Pour s'enrichir et améliorer leur sort.

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Donc les pays pauvres veulent du réchauffement climatique. Puisque l'énergie pour faire marcher des industries, c'est précisément ce qui a produit le réchauffement climatique. C’est mathématique.

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Le pire, c’est qu’au nom de la justice et de l’égalité, ils y ont droit. Nous ne pouvons pas leur refuser, si nous croyons que notre façon de faire est un modèle. Nous sommes coincés. L'humanité est dans la nasse.

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C’est rassurant : quand tous les pays du monde seront développés, le monde sera mort. Bon, c’est vrai, Willem se trompe dans sa conclusion : les anciens pays pauvres seront aussi morts que les riches.

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La marque de la voiture rappellera quelque chose à certains. Nul doute qu'ils seront sensibles à l'ironie de Willem. Peut-être même que ça les amusera.

Mais si cette page de 1972 n’explique pas tout, elle explique un peu du monde tel qu’il se présente aujourd’hui à nos yeux émerveillés et terrifiés. Bon courage aux négociateurs de Paris-Climat-2015, la conférence qui doit avoir lieu en décembre prochain..

 

Bon courage à l'humanité.

 

Voilà ce que je dis moi.

dimanche, 07 juillet 2013

MON ANTHOLOGIE MONTAIGNE

 

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COUPLE BOURGEOIS, PAR AUGUST SANDER

 

***

Montaigne fut le premier écologiste. Je ne l’affirme pas, je le prouve : « Mais, quand je rencontre, parmi les opinions les plus modérées, les discours qui essaient à montrer la prochaine ressemblance de nous aux animaux, et combien ils ont de part à nos plus grands privilèges, et avec combien de vraisemblance on nous les apparie, certes, j’en rabats beaucoup de notre présomption, et me démets volontiers de cette royauté imaginaire qu’on nous donne sur les autres créatures. Quand tout cela en serait à dire, si y a-t-il un certain respect qui nous attache, et un général devoir d’humanité, non aux bêtes seulement qui ont vie et sentiment, mais aux arbres même et aux plantes. Nous devons la justice aux hommes, et la grâce et la bénignité aux autres créatures qui en peuvent être capables. Il y a quelque commerce entre elles et nous, et quelque obligation mutuelle ». Qui y trouverait à redire ?

 

Peut-être Carolyn Christov-Bakargiev, responsable d’une foireuse foire d’art contemporain (« arcon » en abrégé, opposé à l’ « art temporain », je crois que la dame sévit à la Documenta de Kassel), qui a par ailleurs rédigé une Déclaration des Droits des plantes (elle travaille même sérieusement à leur faire accorder le droit de vote, des élections locales jusqu'à l'ONU) : elle trouverait Montaigne d’une insupportable pusillanimité. Une femme tonique, une merveilleuse éradicatrice de civilisation, à l'image exacte des canons de l'époque où elle a été condamnée, hélas, à exister.

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ELLE A POURTANT L'AIR NORMAL, MADAME CAROLYN CHRYSTOV-BAKARGIEV

Dans l’Apologie de Raymond Sebond (II, XII), Montaigne tourne dans tous les sens la question de ce qui différencie l’homme de l’animal. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas convaincu que l’homme est un animal si différent que ça des autres animaux : « ceux qui entretiennent les bêtes se doivent dire plutôt les servir qu’en être servis ».

 

On n’est pas plus net, ce me semble, et la hiérarchie établie par la doxa biblique, le Vatican et la Sorbonne latinisante entre les êtres vivants n’est, aux yeux de Montaigne, qu’une manifestation d’arrogance dérisoire. Pascal Picq et tous ses copains de l’abolition des frontières entre l’homme et l’animal doivent hoqueter de bonheur en voyant se profiler à l'horizon la tombe à venir de l’humanité. Et toc ! Pascal Picq voit une amorce du politique dans les rituels tribaux des groupes de chimpanzés, c'est vous dire ce qui nous pend au nez. Moi je dis à Pascal Picq : « Ben mon pote, on n'est pas sortis de l'auberge espagnole ». Remarquez que Sarkozy en chimpanzé (avec Hollande en Cheetah ?), ça n'aurait rien de bien défrisant. Notez que "cheetah" veut dire "guépard" (d'après mon dictionnaire).

 

Marcel Gauchet, dans Le désenchantement du monde (1985), rappelle que « le christianisme est la religion de la sortie de la religion ». Je soupçonne quant à moi le sieur Michel de Montaigne d’y être pour quelque chose. Vous voulez une preuve ? Prenez le chapitre XVI du Livre II des Essais (De la gloire) : « Le marinier ancien disait ainsi à Neptune en une grande tempête : Ô Dieu, tu me sauveras si tu veux ; tu me perdras si tu veux. En attendant, je tiendrai mon timon toujours ferme et droit ».

 

La Fontaine, au siècle suivant, a dit la même chose autrement : « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Eh oui, l’homme chrétien n’attend plus passivement le bon vouloir de la providence : il fait quelque chose pour faire advenir la providence. L'action humaine entre en action. C'est une révolution, car c’est le début de la fin du christianisme. Si l’homme doit agir pour que le Ciel l’aide, c’est que le Ciel n’est pas tout-puissant, et que l’homme est devenu impatient, et il s'agace de cette bizarre impuissance du Ciel à combattre le Mal qui le menace. La remarque de Montaigne, comme celle de La Fontaine, c’est une marque du slogan futur : « Deviens ce que tu fais ». Dit autrement : agis, et tu seras sauvé. Tout le monde actuel, quoi, à part le "sauvé", vu la façon dont tourne ce qui reste de la nature. Mais comme dit l'autre (c'est toujours "l'autre") : il suffit d'y croire.

 

Et l'on se demande pourquoi nous sommes déchristianisés !!! Je le disais : avec Montaigne, le ver est dans le fruit : il voit l'homme non plus comme l'exclusive créature de Dieu, mais comme l'une parmi toutes les autres. Une sorte de « primus inter pares ». Avec Montaigne, le vrai n'est plus légitime. Tout simplement parce que, avec Montaigne, il n'y a plus de vrai de vrai.

 

Montaigne n'est peut-être qu'un symptôme de la montée en puissance qui attend l'Occident au tournant, mais ce ver dans le fruit que j'y vois, cette démission de légitimité du vrai, c'est exactement au même rythme qu'il croque dans la pomme que nous sommes. Le « canard du doute », qu'on trouve dans Les Chants de Maldoror, d'Isidore Ducasse, alias Comte de Lautréamont. Comme dit Maldoror : « Je te salue, vieil océan ! ».

 

Voilà : je te salue, vieil océan.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

mardi, 23 avril 2013

QUE FAIRE AVEC LE MAL ? (4)

 

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UN QUI L'A OUVERTE, SA GUEULE

(DESSIN DU REGRETTÉ PIERRE FOURNIER)

***

Je disais donc du bien de La Violence et le sacré, grand livre de René Girard, et je laissais entendre qu’ensuite, ça se gâtait. Mais on peut déjà faire un reproche à l’auteur, à propos de son maître-livre, c’est de ne pas se prendre pour  un flacon d'urine éventée. Franco de port, il ne vous l’envoie pas dire : sa théorie du désir mimétique et de la victime émissaire est tout simplement "révolutionnaire". Elle envoie à la poubelle, en même temps qu’aux oubliettes, toute la psychanalyse de Papa Freud.

 

Mieux : elle l’englobe ! Pour vous dire la supériorité de son « pouvoir heuristique », comme on dit à l’université, pour dire qu’une théorie parvient à expliquer d'un seul jet homogène un ensemble de phénomènes éparpillés, que l’état précédent des connaissances ne permettait d’aborder qu’en ordre dispersé.

 

Remarquez que j’avais demandé (c’était entre deux portes, il est vrai) au père Denis Vasse, psychanalyste renommé, ce qu’il pensait des travaux de René Girard. Il m’avait regardé, puis m’avait répondu (je cite de vieille mémoire et en substance) : « Mais c’est qu’il ne s’occupe de rien de ce que nous faisons ». Circulez, y a rien à voir ! Un partout la balle au centre.

 

J’aurais quant à moi tendance à me méfier davantage de Girard que de la psychanalyse, et pour une raison précise : avec, et surtout après la publication de Des Choses cachées depuis la fondation du monde, il a viré au militant chrétien. Je précise que Denis Vasse était prêtre jésuite, mais n'a jamais confondu sa foi avec les choses de la science. Je n'en dirai pas autant de Girard. Chacun fait ce qu’il veut, mais quand on est militant, cela jette un drôle de jour sur l’objectivité des savoirs établis à l’université, qui sont davantage faits pour enrôler les adeptes d’une croyance que pour former des esprits à la méthode scientifique.

 

Je ne prendrai comme exemple que Judith Butler, militante avouée de la cause lesbienne, avec sa théorie du « genre ». Soit dit par parenthèse, on peut s’étonner que les affirmations qui forment le socle du « genrisme », et qui enfoncent les vieilles portes ouvertes du vieux débat « nature / culture », aient contaminé aussi facilement autant de soi-disant bons esprits, dotés d'un soi-disant bon sens, lui-même soi-disant rassis.

 

On s’étonne moins quand on voit que la théorie du genre sert de drapeau à tous les militants de la « cause » homosexuelle : nulle objectivité là-dedans, mais une arme, et une arme aux effets dévastateurs, car son champ d’action est le langage lui-même, le sens des mots et la façon dont ils désignent les choses. Les adeptes, ici, obéissent au raisonnement : « Puisqu'on ne peut pas tordre les choses, commençons par tordre les mots ». Et on peut dire qu'ils ont réussi, au-delà de toutes leurs espérances, à les tordre, les mots. Regardez ce qu'ils font aujourd'hui, au nom de l' « ÉGALITÉ » !

 

Revenons à René Girard et à Des Choses cachées …. En dehors des salades que l’auteur commence à débiter sur la supériorité du christianisme, je garde de la lecture de ce gros bouquin le souvenir d’une idée qui me semble encore étonnante de pertinence : à observer les bases du christianisme à travers une grille de lecture « sacrificielle » (le rite religieux conçu et mis en œuvre pour expulser d’une communauté humaine la violence accumulée, dangereuse pour sa survie, en la déviant sur un seul individu), Jésus Christ apporte une innovation radicale.

 

Si j’ai bien tout compris, la mort du Christ sur la croix est le premier sacrifice raté, le premier sacrifice qui échoue à rétablir la paix dans la communauté dont il devait raffermir la cohésion. En tant que sacrifice humain comparé à tout ce qui s’est pratiqué et se pratique dans les sociétés, primitives ou non, la mort du Christ est un ratage complet. Le dernier des sacrifices humains, si l’on veut, du fait qu’il est le premier sacrifice inefficace. Et en même temps, il s’avère comme façon radicalement nouvelle d’envisager le Mal.

 

Un ratage, pour la raison très simple que la victime est reconnue et déclarée innocente, alors que la « bonne » victime est celle sur la tête de laquelle s’est concentré tout le Mal accumulé, et dont toute la communauté doit pouvoir dire qu’il était juste de la tuer, au motif qu’elle était coupable.

 

Le message du Christ, de ce point de vue, est clair : s’en prendre à un individu innocent, et croire ainsi expulser hors de soi le Mal,  c’est commettre une injustice, voire un crime. Ce n’est pas parce que vous tuez un homme (choisi ou non au hasard) que vous chassez le Mal de la communauté. A cet égard, je suis bien obligé de reconnaître que la base du christianisme constitue une avancée décisive sur ce qu’on appelle la « mentalité primitive ». Le Christ est le premier à dire que le Mal est au-dedans de chacun, et que pour le rejeter au-dehors, il faut s’y prendre autrement.

 

On dira ce qu’on veut, mais c’est un vrai Progrès.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

vendredi, 12 octobre 2012

LA GUÊPE : L'AVENIR DE L'HOMME ?

Pensée du jour : « Fait divers : trois banquiers attaquent un gangster et lui dérobent sa sacoche ».

 

ANDRÉ ISAAC, dit PIERRE DAC

 

 

Tout le monde a été, sinon piqué, du moins embêté par des guêpes, au moment de manger sa tartine grillée, couverte d’une couche de beurre dissimulée sous la confiture de mûre, sur une belle terrasse aérée, encore à l’ombre des heures tièdes et matinales d’un été finissant.

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EN FIN DE JOURNEE, CE N'ETAIT PAS MAL NON PLUS

 

Si ce n’était pas sur cette terrasse, c’était dans le camping hospitalier de Champagny-le-haut, assis dans le fauteuil en tissu posé juste à la sortie du terrier de l’herminepierre dac,humour,littérature,guêpe,insecte,hyménoptère,nature,ichneumon,rhysse persuasive,entomologie,françois terrasson,la peur de la nature,carl von linné,vespa piaggio,calendrier pataphysique entrevue au réveil, au moment où la vessie commence à tirer le signal d’alarme du lever, et qu’il faut se résoudre à sortir de la tente, après en avoir actionné la fermeture éclair à la musique si caractéristique des aubes couvertes de rosée. Ceux qui ont campé à Champagny-le-haut me comprendront.

 

 

La guêpe arrive aux meilleurs d’entre nous. Rien de plus agaçant, si vous voulez mon avis, quand c’est sur la confiture de mûre dans laquelle je m’apprête à mordre. Attention, je ne parle pas de n’importe quelle guêpe. Rien à voir avec une sournoise guêpe fouisseuse,HYMENO 1 AMMOPHILE.jpg vous savez, cette ammophile des sables (ci-contre) qui, non contente de paralyser d’un coup d’aiguillon quelque chenille glabre, se donne un mal de chien pour la traîner jusqu’au trou qu’elle a creusé dans la terre pour la donner en pâture à ses larves. Non.

 

 

Précisons, avant de poursuivre notre offensive, qu’il ne faut pas confondre l’ammophile des sables avec la cruelle HYMENO 51 RHYSSA PERS ICHNEUMON.jpgrhysse persuasive femelle (ci-contre), le plus grand des ichneumons, dont l’ovipositeur est long comme un jour sans pain, parce qu’il sert à déposer, après usage de cette perceuse intégrée, des œufs sur les larves de sirex, que ses longues antennes lui servent à détecter. Dernière précision encourageante : le femelle de l'ichneumon proprement dit (le suspiciosus), pour sa part, préfère enfoncer ses oeufs, carrément, dans le corps de quelque papillon de nuit, pour être sûr que la larve pourra se nourrir de son intérieur, le moment venu. Le papillon de nuit est délectable au palais de la larve d'ichneumon. 

 

 

Comme je dis toujours, le monde naturel gagne à être connu dans ses moindres détails. Car cela suffit à en dégoûter intensément. On se demande, après ça, pourquoi l’homme s’est éloigné de la nature : mais bon sang, c’est la nature elle-même qui ne veut pas de l’homme ! L’homme, après tout, n’a fait, depuis l'aube des temps, que se défendre contre une agression manifeste. L'homme est le seul être vivant à avoir trouvé les moyens de s'opposer à tous ses prédateurs possibles. 

 

 

Aujourd'hui, après tant de millénaires de PEUR (voir FRANÇOIS TERRASSON, La Peur de la nature, éditions Sang de la terre, 1988), l'humanité se venge enfin, ce n'est pas trop tôt, et n'aura de cesse que lorsque mort se sera enfin ensuivie, au soulagement de tous. Mort de qui ? On verra bien.

 

 

Je ne parle pas non plus du frelon (vespa crabro), dont j'eus, un jour d'inadvertance, la bonté d'emporter un exemplaire piqué sous le pied, à travers la chaussette (quelle idée, aussi, de marcher en chaussettes !), pour le plus grand plaisir des quelques spectateurs qui m'ont vu ce jour-là danser comme un Sioux autour du poteau de torture, sauf que le poteau et la torture, c'était moi.

 

 

Je parle ici de la banale guêpe, de l’obsédante guêpe, de l’horripilante guêpe des fins d'été, en un mot de la vespula vulgaris L. (le "L." renvoie au père de la taxonomie chère au cœur des poètes de la nature que sont les botanistes, mais aussi les entomologistes : le Suédois CARL VON LINNÉ).

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On ne rappellera qu’en passant, tant cette chronique se soucie d’exactitude et de science, que le scooterpierre dac,humour,littérature,guêpe,insecte,hyménoptère,nature,ichneumon,rhysse persuasive,entomologie,françois terrasson,la peur de la nature,carl von linné,vespa piaggio,calendrier pataphysique,écologie fabriqué par Piaggio n’a été surnommé « Vespa » (= guêpe, en italien) qu’à cause de l’horripilation sonore qui sortait de son pot d’échappement, et qui véhiculait, d'une oreille à l'autre, sa piqûre douloureuse. Sans jamais perdre son dard.

 

Ma grand-mère avait coutume d’enduire de confiture le goulot d’une bouteille à moitié remplie d’eau. Elle la posait sur le muret de la terrasse mentionnée ci-dessus, et attendait. C’était très efficace : à la fin de la journée, les guêpes formaient une couche de plusieurs centimètres au fond de la bouteille.

 

 

Je me suis longtemps demandé si le flacon se contentait de capturer la gourmandise des guêpes passant à proximité, ou s’il jouait les appâts pour tout ce que la gent vespidée comptait d’individus à des kilomètres à la ronde. Je n’ai pas la réponse. C’était – c’est le cas de le dire – une « recette de grand-mère ».

 

 

Mais je peux redire ici la recette que j’ai moi-même mise au point pour me débarrasser des insectes en général, et des guêpes en particulier, que je trouvais pierre dac,humour,littérature,guêpe,insecte,hyménoptère,nature,ichneumon,rhysse persuasive,entomologie,françois terrasson,la peur de la nature,carl von linné,vespa piaggio,calendrier pataphysique,écologiedans ma chambre de la « petite maison » le soir. Prenez une bombe insecticide en état de marche, une bougie et une allumette. Après avoir usé de cette dernière pour allumer la précédente, saisissez la bombe dans la main droite (je m’adresse aux droitiers, que les gauchistes ne m’en veuillent pas), le bougeoir dans la gauche. Vous avez votre lance-flammes.

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UNE VRAIE TÊTE DE PIRATE (ET CARNIVORE)

 

Intercalez à présent la bougie entre la guêpe égarée sur le mur en plâtre bleu et votre lance-flamme – à distance respectable, mais pas trop loin cependant. D’un index efficace, pulvérisateur et exterminateur, envoyez la purée dans la bonne direction : résultat garanti. C'est un trépas sans souffrance pour l'animal. Le présent témoignage est la vivante preuve qu'on peut survivre à cette méthode, que je déconseille formellement, cela va sans dire, on ne sait jamais.

 

 

Il est vrai que, plus tard, j'ai su qu'un ange veillait sur moi, et qu'un talisman me garantissait contre tout ce qui aurait dû me détruire s’il y avait une justice. J'en ai eu la preuve le jour où le Capitaine MARCHISET, du 5ème GALAT (bientôt GALREG) basé à Corbas (69), inscrivit dans mon livret militaire le jugement suivant : « Dangereux. A surveiller. A toujours su éviter les gros ennuis ». Authentique. L’ange gardien, jusqu’à ce jour, a toujours bien fait son métier de veiller sur le mauvais sujet.

 

 

J’ai pris connaissance de ce jugement à Bourg-Saint-Maurice, grâce à la complicité d’un agent des forces de dissolution nationale, après ma mutation disciplinaire au 7ème BCA, tout ça parce que le capitaine MARCHISET, qui avait des lectures éclectiques, avait vu mon nom dans la revue trotskiste Rouge, qui avait publié un complément aux premières signatures de je ne sais plus quel appel antimilitariste. Ce n’était pas le bon temps, ça non.

 

 

Tout ça pour parler de guêpes ? Mais tu exagères, blogueur ! « Peut-être, mais pas sûr », rétorqué-je. Eh oui, chacun ses piqûres (de rappel).

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

Dès demain, je reprends ma quête de la vespula vulgaris L., je le jure sur la tête de Saint Bardamu, voyageur, dont la fête tombe aujourd’hui, 5, absolu de l’an 140 de l’ère ’pataphysique (la Saint René tombe tous les 12 novembre de l’ère vulgaire). On ne plaisante pas avec les choses sérieuses.

 

 

samedi, 11 août 2012

METEO DES JEUX

Pensée du jour : « Les Sioux ont l'accent chinois, leur manière de vivre est celle des Tartares.» (ABBE FLEXIER DE REVAL, 1735-1802).

 

 

Résumé : nous disions donc : « La chaussure, voilà l’ennemi ».

 

 

C’est ce que se disait DENIS DUFOUR, compositeur attachant que j’ai rencontré du temps où je ne manquais rien de ce qui se faisait en musique contemporaine. Lui, son truc, c’était la musique électro-acoustique. Ne pas confondre avec HUGUES DUFOURT, adepte d’une musique moins contemporaine, puisqu’elle se joue avec de vrais instruments fabriqués par des ébénistes. DUFOUR 1 DENIS.jpg

 

 

 

DENIS DUFOUR marche pieds nus, qu'on se le dise (Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, extraordinaire texte de KNUT HAMSUN, Dix portraits, …). Parce que, m’a-t-il dit – et ce n’est sans doute pas dénué de vérité –, ne pas avoir de semelle permet de ressentir des vibrations physiques que ne perçoit pas l’oreille. L’avantage, c’est que, vu la couleur de ses pieds le soir, il ne risque pas qu’un quelconque lèche-bottes vienne lui faire des compliments sur sa musique, puisqu’il n’en a pas, de bottes. Le pied nu constitue, en quelque sorte, le fin du fin du retour à la nature.

 

 

Ce qui prouve par a + b que l’homme, en inventant la chaussure, s’est séparé de la nature il y a 4000 ans, quand il interposa entre lui et le sol une lamelle de cuir plus ou moins épaisse. De plus en plus perfectionnée. Pour s’épargner les injures faites à son pied par les cailloux du chemin. Nous sommes devenus trop sensibles, voire hypersensibles.

 

 

 

Un rien (qu’est-ce que 15 cm de neige ?) nous pousse à l'émeute contre nos dirigeants. Plus nous avons perfectionné et accru notre confort, plus nous sommes devenus vulnérables, craintifs et vindicatifs. Peut-être voudrions-nous reconstituer les conditions de la maternation originaire. Attendons-nous, dans ce cas, à quelques déconvenues funestes.

 

 

Ce qui prouve accessoirement que les travaux d’Hercule (qui vainquit Antée, en le privant de tout contact avec la Terre, qui n'était autre que sa mère Gaïa, et on considère encore aujourd'hui que ce fut un progrès) HERCULE ANTEE JEAN DE BOLOGNE.gif ont accéléré le mouvement de rejet de la Nature. A mon avis, Hercule avait  des chaussures aux pieds. Ah, qui dira le joli temps des écuries d’Augias (« les deux pieds les deux mains dans la merde ») ? Hydre de Lerne, reviens parmi nous !

 

 

Cela nous en dit long, soit dit en passant, sur les chances que l’homme industriel a de se réconcilier avec sa planète. C’est vrai que j’ai perdu pas mal de mes capacités à lover mes côtes et mes vertèbres entre les cailloux et les racines des terrains de camping. J’ai noté, en particulier, que les racines de pin sont résolument invincibles.

 

 

C’en est même un brin paradoxal, vous ne trouvez pas ? Ben oui, quoi, plus nous nous fleurbleuisons, plus nous nous écologisons, plus nous nous renaturisons sous l'égide de MAMÈRE NOËL (je ne peux pas croire que les parents ne lui ont pas joué un tour en lui donnant ce prénom) et CECILE DUFLOT (qui ne s’est pas risquée à accepter un poste de ministre de la Nature), plus nous avons peur que la Nature nous fasse du mal (tsunami, éruption, cyclone …).

 

 

Mais allez marcher pieds nus sur les trottoirs de nos villes, aujourd’hui ! Nos trottoirs rendraient indispensables et obligatoires, d’une part, le pédiluve (dans le temps, on disait « bain de pieds »), du fait de la caniphilie urbaine généralisée, et d’autre part la boîte à pharmacie, pour réparer les dégâts commis par les débris de bouteilles de bière. Il faut savoir que la merde de chien et la bouteille cassée sont le principal apport de la modernité au trottoir urbain macadamisé. Vivre sans chaussures en milieu aussi hostile, c’est accepter de vivre dangereusement. La Nature s'éloigne de l'homme inexorablement. A moins que ce ne soit l'inverse.

 

 

N’empêche que, quoi qu’on dise, courir sans semelle entraîne une flexion accrue : l’amorti en devient articulaire ! Je n'invente rien. Courir pieds nus permet d’éviter les ampoules et de limiter les risques de tendinites. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est scientifique. Les mêmes scientifiques affirment que si la fantaisie vous prend de vous mettre au « freedom running », mieux vaut y aller doucement.

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 Progressivement. Fiez-vous aux marques : elles ont d’ores et déjà inventé la chaussure minimaliste, semelles fines comme des crêpes et « five fingers » pour ganter les doigts de pieds.

 

 

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MAIS POUR CE PIED, QU'EST-CE QU'ON FAIT, DOCTEUR ?

ON APPELLE CELA POLYDACTYLIE : IL Y A ENCORE PLUS FORT

 

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SEIZE ORTEILS A LA NAISSANCE : QUI DIT MIEUX ?

 

En six ou douze mois, quand vous aurez usé huit paires de semelles fines et de « five fingers », vous pourrez passer au « barefoot » et au « freedom running ». Les marques ont même inventé les « barefoot shoes ». Comme disait ALEXANDRE VIALATTE, « le progrès fait rage ».CHAUSSURE 16.jpg

 

 

Vous pourrez même, suprême raffinement, vous passer de toute chaussure. Après avoir, nous l’espérons, contribué de vos deniers au redressement productif des entreprises spécialisées dans la semelle fine et dans la « barefoot shoe ». Pendant six à douze mois. Mais restez prudent. Oui, à ce moment, il est alors possible d’effectuer quelques sorties pieds nus. Et rendez-vous compte, vous verrez de la corne, carapace naturelle de la peau, se développer autour du pied afin de le protéger. Comme disait ALEXANDRE VIALATTE : « On n’arrête pas le progrès : il s’arrête tout seul ». C’est fort bien dit.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

samedi, 05 mai 2012

DES NOUVELLES DE TCHERNOBYL

Pas la peine de refaire l’histoire : Tchernobyl est le petit nom de la catastrophe, Fukushima pourrait être le nom de famille. Tout le monde connaît le jeu des 7 familles : dans la famille Catastrophe, je demande ... Donc, tout le monde connaît le petit garçon nommé Tchernobyl Fukushima, un sacré morveux, un galapiat capable de toutes les facéties, y compris les pires. Comme le chantent les Quatre Barbus (texte de FRANCIS BLANCHE) : « Il montrait à tous les passants son Cul-rieux esprit compétent ».

 

 

 

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Vous avez reconnu Jérémie Victor Opdebec, immortel inventeur de la pince à linge, célébré dans l’hymne commençant par Pom-Pom-Pom-Pom, point-point-point-trait, le V de la victoire en alphabet morse, vous savez, « ici Londres, les Français parlent aux Français », sur un air bien connu de BEETHOVEN (la symphonie en ut mineur, la n° 5, celle qui a eu sa préférence jusqu'à la fin).

 

 

Et comme le chante BOBY LAPOINTE : « On l’a mené à l’hôpital Pour le soigner où il avait mal. Il s’était fait mal dans la rue, mais on l’a soigné autre part. … Et il est mort ! ». Eh oui, le petit Tchernobyl Fukushima est désormais un cadavre. Mais un cadavre pas comme les autres. Un cadavre éminemment précieux entre tous. Une sorte de roi, de prince oriental. Disons une sorte de PHARAON, et n’en parlons plus.

 

 

Allez, vous me voyez venir avec mes gros sabots. Mais c’était trop évident pour y échapper : le SARCOPHAGE. Rien que l’idée de donner ce nom à la première enceinte de confinement, c’est vraiment une drôle d’idée. Pour une raison simple : « sarko » (désolé, je n’y peux rien, c’est du grec : σαρξ, σαρκος, je passe les accents) veut dire « chair », et « phage », « manger ».  

 

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Le sarcophage est supposé manger la chair du mort. C’était une belle idée, mais parce que c’était l’antiquité, le temps des momies (« c'est le temps de l'amour, le temps des copains et de l'aventure », chantait FRANÇOISE HARDY) et du respect des morts : on les mangeait. Aujourd’hui ? Ça fait curieux. Parce que la chair atomique, franchement, très peu pour moi. Je ne suis pas doué pour être sarkophage. L'Atomic Sarko est proprement immangeable. Je n’ai pas envie de m’empoisonner.

 

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JE L'AI PERDU DANS MON GRAND LIT,

MON DIEU QUEL HOMME QUEL PETIT HOMME !

(chanson pour enfants, qu'ils disent!)

 

J’ai dit « la première enceinte », parce qu’il va y en avoir une seconde, pour remédier aux faiblesses de l’autre, qui laisse échapper, paraît-il, des tas de choses pas bonnes pour la santé (150 m² sont à ciel ouvert). Pourtant, à voir de loin, ça a l’air d’être du sérieux, cette enceinte en métal et béton.

 

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SARKOPHAGE N° 1

 

Le cadavre est dans le placard, mais la porte ferme mal ? Il faut mettre le placard dans un placard plus grand, ça a l'air logique, comme ça. C’est ce qui se dessine. Les journaux appellent ça un « sarcophage géant ».

 

 

Un gadget fut en faveur, un temps, dans les cuisines : le « sac à sacs », vous savez, ces choses informes pendues à je ne sais quoi. Eh bien, à Tchernobyl, c’est la même chose, un « placard à placard », sauf les dimensions. Pour donner une idée : 400 pieux métalliques d’un mètre de diamètre. La construction pèsera 30.000 tonnes. Quatre fois la gringalette Tour Eiffel, il paraît.

 

 

 

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L’épaisseur de la paroi extérieure ? Soixante centimètres (mais je lis ailleurs « une double peau de douze mètres d’épaisseur », il faudrait savoir). Elle a intérêt à être étanche, à ce prix-là. Le contrat garantit l’étanchéité pendant un siècle. Après ? Démerdez-vous !

 

 

Et, « l’as     AS DE PIQUE.jpg

 botte not’liste » (« pardon my english », comme dit GEORGE GERSHWIN dans sa pochade musicale, mais qui fait passer un très bon moment), l’ensemble aura une hauteur de 108 mètres. La Statue de la Liberté pourrait y tenir debout. Mais je demande : est-il raisonnable de déplacer la Statue de la Liberté dans une centrale nucléaire en ruine ?

 

 

Cela m’inspire une question : est-ce que l’homme était assez fort pour déclencher la puissance de l’atome ? Est-ce que l’homme a la dimension de l’atome ? Est-il raisonnable de se mettre dans l’obligation de soigner la maladie nucléaire fulgurante dont un géant est atteint, qui risque de contaminer tout le monde ?

 

 

 

Certains diront : c’est déjà fait. J’en conviens. Ben oui : c'est trop tard. On attendait GROUCHY, c'était BLÜCHER. On a appelé ça Waterloo. Côté Tchernobyl, et je ne parle pas de Fukushima, le Waterloo est encore devant nous. Et Waterloo, vu la longévité humaine, sera toujours devant nous. La défaite de Waterloo érigée en état permanent, l'homme n'en a pas rêvé, et Sony ne l'a pas fait. L'industrie nucléaire, si.

 

 

Car le problème, c’est que le cadavre de ce géant n’est pas mort, il bouge encore, et pour longtemps. Pas loin d’être éternel, même. Après tout, c’est ce que je me dis, c’est peut-être un dieu qui est étendu, là-bas, à Tchernobyl. Le dieu Atome en personne. C’est peut-être une cathédrale, qu’on lui construit. Mais une drôle de cathédrale, où il serait interdit à la foule de pénétrer pour déclamer des prières et chanter des cantiques en l’honneur du dieu Atome. Quelle époque étrange, quand même !

 

 

Pas moins de vingt-trois portes blindées de 8 mètres sur 8 sépareront la divinité du monde extérieur. Il n’est pas question de laisser les fidèles recevoir l’onction sainte : c’est comme dans l’Egypte ancienne, où seuls les prêtres ont le droit d’approcher la statue du dieu. Eux seuls auront le privilège d’être contaminés par le cœur brûlant de l’Etre Suprême (« Ave ROBESPIERRE, ceux qui vont mourir pour l'Atome te saluent »). Ils sont supposés en tirer une connaissance secrète, strictement réservée aux initiés.

 

 

Eh bien moi, je vais vous dire : cette connaissance secrète, je la leur laisse, aux prêtres, encore que, pour le démantèlement de la statue du dieu, il soit prévu d’utiliser au maximum des robots, vils êtres sans conscience, inaccessibles à la majesté de la métaphysique nucléaire et à la sublimité du culte qui entoure le dieu Atome depuis sept décennies. Non, décidément, l’homme n’est pas à la hauteur de la divinité, et ne mérite pas tous les bienfaits que celle-ci déverse sur sa tête avec l’abondance de sa générosité infinie.

 

 

Rendez-vous compte, rien que pour commencer à travailler, il a fallu décontaminer neuf hectares, couler 25.000 m³ de béton sur trente centimètres d’épaisseur, déblayer 55.000 m³ de matières contaminées et 135.000 m³ de matériaux « propres » sur quatre mètres de hauteur. Tiens, c’est vrai ça, l’histoire ne dit pas où on a mis tout le contaminé. J’espère qu’il n’ont pas fait comme le Sapeur Camember, du grand GEORGES COLOMB, alias CHRISTOPHE, qui doit creuser un trou pour y enfouir la terre du trou qu’il a creusé auparavant pour y mettre la terre du trou …

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Bref, tout ça ne semble guère raisonnable, de la part de personnes qui – prises individuellement – ont depuis longtemps passé l’âge de raison, mais qui collectivement s’encouragent à courir plus vite. Vers où ? Le Monsieur Prudhomme de HENRI MONNIER a déjà répondu (autour de 1850) : « On ne va jamais plus loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va ».

 

 

Il est vrai que les trouvailles de Monsieur Prudhomme sont nombreuses et réjouissantes : « Regarde, mon fils, la sagesse de la nature, qui a fait passer les rivières au milieu de nos villes » ou : « Si Napoléon était resté officier d’artillerie, il serait encore sur le trône ». Bon, ça n’a rien à voir avec Tchernobyl. Je sais. Et alors ?

 

 

De toute façon, rien ne vaudra jamais cette maxime qui permet à l'humanité de survivre en milieu hostile :

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Voilà ce que je dis, moi.

 

 

Nous mourrons rassurés.

 

mardi, 01 mai 2012

DES NOUVELLES DE LA PLANETE (1)

Les tendances de la mode.

 

Cette année, la terre cultivable se portera de plus en plus confisquée. La tendance est sans doute appelée à durer, peut-être à se renforcer.

 

 

Je ne sais pas si vous savez ce qu’est un « bail emphytéotique », ce qu’on appelle une location de longue durée, voire de très longue durée. Le plus souvent, ce sont des baux à 99 ans. Un siècle quoi. J'appelle ça de la confiscation. D'autres parlent d'accaparement. Les initiateurs du mouvement appellent ça « aide au développement ». Cherchez l'erreur.

 

 

J’ai entendu dire, mais je ne veux pas le croire, que certains baux emphytéotiques peuvent être signés sur une durée de 999 ans. En tout cas, on trouve ça sur wikipédia. Ça me semble une hallucination. Parce que déjà, 99 ans, ça fait sur trois générations. Pas une appropriation, mais pour ainsi dire.

 

 

Le tout, pour signer un bail de location, c’est d’être deux. Quelqu’un qui possède un bien, et quelqu’un qui aimerait bien user de ce bien, contre rétribution. En l’occurrence, le bien est la terre cultivable disponible. C’est une richesse (presque) naturelle. Celui qui veut en user, c’est évidemment quelqu’un qui en manque, de cette richesse. Mais lui, il a de l’argent. Or le propriétaire du bien, c’est justement quelqu’un qui n’en a pas beaucoup, d’argent. Qu’est-ce que ça tombe bien !

 

 

Maintenant, si on regarde qui sont les bailleurs et qui sont les « locataires », on commence à mieux comprendre ce qui se passe : des pays riches, voire très riches, qui manquent de terres cultivables, sont en train de confisquer (un « bail à 99 ans », c’est un euphémisme pour « confiscation », ou je ne sais plus que 2 + 2 = 4), d’immenses territoires à des pays pauvres, voire très pauvres.

 

 

Cette confiscation est rendue d’autant plus facile que la propriété des sols, dans les pays du tiers-monde, n’est pas juridiquement aussi précise et cadastrée que chez nous. Ah, ta famille cultive cette terre depuis cinq générations ? Peut-être, mais prouve-moi qu’elle t’appartient ! Où est l’acte notarié ? Bon, ben puisque c’est comme ça, tu vas prendre tes cliques et tes claques et me foutre le camp d’urgence. Maintenant, c’est ce Monsieur qui la cultivera.

 

 

En général, c’est le gouvernement du pays qui procède aux formalités légales. Et comment ne pas imaginer que le futur locataire sait trouver des arguments sonnants et trébuchants, capables de toucher les sentiments du gouvernant, d’abord réticent, puis intéressé au fur et à mesure que les enchères montent ? Des enchères à lui seul destinées, bien entendu. Comment ne pas se sentir enclin à céder quand on en tire un joli bénéfice personnel ?

 

 

Il va de soi que je ne fais qu’imaginer ce scénario fantasmatique, n’est-ce pas. On connaît trop la parfaite intégrité morale des élites dirigeantes des pays « pauvres » (KABILA en RDC, SASSOU-NGUESSO au Congo Brazza, OBIANG en Guinée Equatoriale, etc.). On ne voit pas ce qui pourrait laisser supposer qu’elles pourraient se laisser corrompre.

 

 

 

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J'ESPERE QU'ON PEUT DECHIFFRER,

EN PARTICULIER LES CHIFFRES 

 

On a déjà compris que le plus gros gisement de terres cultivables disponibles se trouve en Afrique. En l’état actuel des choses, on parle de 180.000 km². Oui, vous avez bien lu : cent quatre-vingt mille kilomètres carrés (18.000.000 d’hectares) de terres africaines cultivables ont été soustraites aux cultivateurs autochtones, pour être confiées pour 99 ans à des entreprises étrangères. Et quand je dis « entreprises », cela veut moins dire des agriculteurs les pieds dans la glèbe que des industries avec leurs engins lourds.

 

 

Rien qu’à Madagascar, ce sont 37.000 km² qui sont passés sous la coupe étrangère. Un peu plus de 30.000 en Ethiopie, un peu moins en République Démocratique du Congo. Les pays les plus touchés, ensuite, sont, dans l’ordre, le Soudan, le Bénin, le Mozambique. Bref, le tableau s’éclaire violemment. L’Amérique du sud est concernée à la marge. Dans le Pacifique, les Philippines semblent avoir été entièrement mises en vente, loin devant l’Indonésie.

 

 

Maintenant, demandons-nous sans plus longtemps tergiverser qui sont les acheteurs (terme plus approprié que locataire). Au premier rang, la Chine, suivie à plusieurs longueurs des Etats-Unis. Viennent ensuite la Grande-Bretagne, la Malaisie, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Inde, la Suède et l’Afrique du Sud.

 

 

Comment, vous dites « colonialisme » ? Mais non, voyons, on vous dit que c’est du contrat tout ce qu’il y a de parfaitement légal. Et puis de toute façon, ce ne sont pas des Etats qui les ont passés, ces contrats, mais de la bonne grosse entreprise industrielle tout ce qu’il y a de privé.

 

 

Quoi, ça dépossède le petit paysan d’Afrique de toute possibilité de cultiver ? Quoi, ça risque dans un avenir assez proche de semer la famine ? Quoi, ces terres sont utilisées à des productions directement réexportées vers le pays propriétaire ? Quoi, on y produit principalement des biocarburants à haute valeur financière ajoutée ? Mais tout ça, mon brave monsieur, ne nous regarde pas. Nous n’y pouvons rien. C’est de la bonne vieille transaction commerciale. Vieille comme le monde.

 

 

Alors vous voulez que je vous dise ? L’UNICEF pourra toujours hurler à la faim des enfants dans le monde, JEAN ZIEGLER pourra toujours aboyer contre les pays riches qui laissent mourir de faim les populations du tiers-monde, Action Contre la Faim pourra toujours organiser des collectes dans les rues pour que des populations culpabilisées remplissent la sébile de la charité universelle, ils peuvent attendre, tous les généreux et toutes les bonnes âmes de la planète.

 

 

Pendant que le pékin moyen donnera une goutte, une cohorte de vampires confisquera une citerne (c’est vrai, au fait, j’ai oublié de parler des menaces sur les ressources en eau potable que font peser sur les pays pauvres ces entreprises agricoles d’un nouveau genre).

 

 

Continuons comme ça. Le Paradis n’est plus très loin. Faisons confiance aux instances supérieures.

 

 

Mais quoi qu'il en soit, en toute circonstance, n'oublions jamais que

 

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Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

mardi, 20 mars 2012

LA SAINTE TRINITE DES ECOLOGISTES (suite)

Résumé : l’auto-flagellation de l’écologiste occidental croise avantageusement les erreurs magistrales d’analyse des économistes occidentaux, et tout ce petit monde prêche sa bonne parole sur les ondes.

 

 

Tout ça est excellent pour la croissance mondiale, le commerce mondial, les affaires mondiales. Et au passage, désastreux pour la planète. Dans ces conditions, je me demande ce qu’il y a à « réparer ». Où est-elle la « DETTE ECOLOGIQUE » ? Dès que j’entends qu’il s’agit de « réparer », je ferme les écoutilles.

 

 

Pour une première raison relativement simple : on ne fera croire à personne que les classes dirigeantes et possédantes (il y en a dans tous les pays du monde) sont dans l’ignorance de l’état de misère dans lequel vivent leurs concitoyens. Que les dirigeants et possédants de tous les pays commencent par redistribuer les richesses dont bénéficie leur pays, alors oui, mais alors seulement, on pourra parler de « dette écologique ». Eventuellement.

 

 

Pour cette autre raison simple que nul ne saurait réparer l’histoire. Les occidentaux ont fait ceci, cela et encore autre chose. Ce sont les faits, dont la chaîne interminable forme l’histoire. Et j’ajoute que si les peuples anciennement colonisés n’avaient pas, sous une forme ou sous une autre, tiré quelque bénéfice de la colonisation, ils ne seraient pas en mesure de réclamer repentance.

 

 

Ce n’est pas pour rien que les classes dirigeantes africaines s’empressent d’envoyer leurs rejetons dans les plus grandes universités américaines ou anglaises. SAIF AL ISLAM KHADAFI est sorti de Cambridge, si je ne me trompe.

 

 

Et puis franchement, vouloir juger et condamner les crimes commis au cours de l’histoire, ce serait vouloir remplir le tonneau des Danaïdes. Qui réclame aux Romains des dommages et intérêts pour la colonisation de la Gaule ? Faudra-t-il punir les descendants de Catherine de Médicis, qui a ordonné la Saint-Barthélemy ? Les crimes écologiques commis depuis « les indépendances » (comme il faut dire) le sont, que je sache, par des Africains d’Afrique, des Brésiliens du Brésil et des Indonésiens d’Indonésie.

 

 

Ils sont bien péruviens de naissance, les dirigeants contre lesquels se battent les Péruviens d’origine indienne, parce qu’ils autorisent l’implantation de mines d’or épouvantablement polluantes à proximité de leurs réserves d’eau potable. Qui vend aux Chinois, Coréens, Japonais,  les terres cultivables de Madagascar, du Gabon, du Cameroun, au détriment de leur propre population paysanne ?

 

 

A cet égard, il serait bon de réviser la terminologie employée dans les médias et les organisations internationales : « colonisateur », de toute évidence, c’est du passé. C’est fini, y en a plus. Mais les baux de location de 99 ans des terres de pays du sud par les riches pays émergents ont un aspect léonin qui ne devrait échapper à personne.

 

 

Si l’on ne parle plus de « colonisateurs », on pourrait bien parler des « prédateurs » modernes, qui font exactement la même chose que l’Occident au temps des colonies, mais, d’une part, avec la bénédiction de l’Organisation Mondiale du Commerce, au motif que ce sont des transactions établies « librement » entre Etats souverains ; et d’autre part dans des dimensions incomparables avec l’ancien temps.

 

 

Le présent PILLAGE de la planète n'a pas de précédent. Et le présent PILLAGE de la planète n'a jamais été aussi LEGAL. Et entre nous (et entre parenthèses), ce que beaucoup, d'un air gourmand, appellent la mondialisation, n'a jamais été aussi légalement injuste.

 

 

On pourrait même dire que, somme toute, les crimes écologiques commis par les occidentaux du temps de la colonisation honnie (qui avait au moins la décence de faire l'effort de justifier l'injustifiable) doivent être considérés comme tout à fait anodins et dérisoires par rapport à ce qui se pratique depuis « les indépendances » (environ cinquante ans), et se pratique aujourd’hui à échelle infiniment plus grande, puisque tout le monde veut « vivre à l’occidentale ».

 

 

Or c’est une banalité (à la limite du ressassement) de dire que si sept milliards d’humains vivaient un jour « à l’américaine », la Terre ne suffirait pas, que c’en est au point qu’il faudrait quatre autres planètes. Et si même il était possible de mettre à profit quatre autres planètes, elles seraient l’objet de la même voracité et de la même prédation. L’échéance ne serait que retardée. Lamentable, évidemment. 

 

A ce titre, parler de « dette écologique » est une pure et simple fumisterie. Ce genre d’écologiste, avec ses « bons sentiments », se livre à une très belle imposture. La vérité, c’est que, de deux choses l’une : soit le monde entier a le « droit » de vivre à l’occidentale, et dans ce cas la planète est dans de sales draps ; soit les sept milliards d’humains arrivent à s’entendre pour répartir équitablement et redistribuer les richesses produites dans un esprit de justice.

 

 

Je vous laisse deviner ce qui va arriver.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

lundi, 19 mars 2012

LA SAINTE TRINITE DES ECOLOGISTES

Aujourd'hui, le Père auto-fouettard.

 

 

Je me suis permis récemment de brocarder le « Fils », celui qui est « descendu sur Terre », je veux dire « revenu à la terre », pour la raison que « la terre ne ment pas ». Je l’ai appelé le « moine-ermite ». Je parlerai prochainement du « Saint Esprit ». Après l’un et avant l’autre, je voudrais aujourd’hui me farcir le « Père », et plus précisément le « Père Fouettard ».

 

 

Mais un père fouettard à la TERENCE, cet auteur latin rendu célèbre par sa pièce L’Héautontimorouménos, titre que BAUDELAIRE donne à l’un de ses poèmes. On peut traduire ce mot savant par « le bourreau de soi-même ».

 

 

Je veux parler de l’écologiste de la repentance. L’écologiste qui part en guerre contre lui-même, celui qui refuse, celui qui dit non, mais comme une sorte de CHARLES DE GAULLE à l’envers après la défaite de 1940.

 

 

Ce père fouettard de soi-même, en l’occurrence, il est, de trois choses l’une, soit  chrétien, soit de gauche, soit les deux. En tout cas, c’est un altruiste, un tièrmondosphérique, un solidariste, un confit en dévotion devant les miséreux du monde entier, et prêt, pour se faire pardonner, à faire crucifier tous les pays occidentaux, et lui avec, en juste châtiment de leurs infâmes turpitudes passées.

 

 

En particulier, il parle de « DETTE ECOLOGIQUE » (France Culture, RUTH STEGASSY, émission « Terre à terre » du 11 février). Selon ces bonnes âmes au grand cœur et au masochisme certifié d’origine, les occidentaux ne doivent pas cesser de se frapper la poitrine en signe de contrition, de pénitence, de repentance et, disons le mot, de résipiscence.

 

 

Dans le monde, bien sûr, « l’occident » forme la figure idéale et commode du grand méchant loup, du conquérant dominateur, du colonisateur impuni. Nous sommes d’accord, mais je fais juste remarquer que ce sont des occidentaux qui ont dénoncé cette infamie les premiers.

 

 

Et j’espère qu’on me pardonnera de faire remarquer aussi que les écologistes tièrmondosphériques mènent ce combat au moment précis où tous les peuples du monde ne désirent qu’une seule chose : adopter le mode de vie occidental, coûte que coûte, contre vents et marées et le plus tôt sera le mieux.

 

 

Par ici, la voiture, le frigo, la télé, les diverses prothèses portables sans lesquelles on ne peut plus vivre. « Nous voulons vivre comme dans les feuilletons américains, bollywoodiens, brésiliens ou égyptiens dont nous nous gavons », clament les peuples du monde. Et au nom de quel principe le leur interdirait-on ?  

 

 

Et il faudrait que les Occidentaux renoncent à leur façon de vivre au moment précis où des milliards d’hommes veulent l’adopter ? Qu’on me pardonne, là encore, mais ce serait pousser le paradoxe un peu loin.

 

 

C’est vrai ça, tous les pays du monde ont désormais le droit de vivre comme des Américains. C’est d’ailleurs l’avis des économistes régulièrement réunis sur France Culture par DOMINIQUE ROUSSET. Citons-les, ces braves gens : PATRICK ARTUS, NICOLAS BAVEREZ, OLIVIER PASTRÉ, JACQUES MISTRAL, DOMINIQUE PLIHON, XAVIER THIMBEAU, DAVID THESMAR.

 

 

Entre parenthèses, ils se félicitent des « transferts de technologie », or quand on parle de « transferts de technologie », il faut se dire que ce n’est qu’une entreprise de pillage de la puissance industrielle productive de l’Europe, et rien d’autre, soit dit en passant, et uniquement pour des motifs de rentabilité financière et actionnariale. Si l’Europe se retrouve à genoux, il ne faut pas chercher ailleurs.

 

 

Ces économistes, très contents d’eux-mêmes, fiers de leurs diagnostics toujours contredits par les faits, et riches de leurs erreurs infaillibles, notent que les « pays émergents » représentent des « marchés en pleine expansion », et attendent le moment mirifique où la population chinoise dans son ensemble consommera autant qu’un Américain.

 

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

A finir demain.  

 

 

 

 

mercredi, 07 mars 2012

LA SAINTE TRINITE DES ECOLOGISTES (suite)

Résumé : quelques héros des temps modernes ont décidé au péril de leur vie de reconquérir les campagnes désertées depuis l'exode rural. C'est difficile. A cause du bouton électrique qu'on ne peut pas s'empêcher d'actionner chaque soir quand il fait sombre. C'est plus qu'un fil à la patte : c'est un cordon ombilical. Comment pourrait-on se défaire du progrès technique ? Telle est la question, mon cher Watson.

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Autant dire qu’elles (les choses) font partie de nous, et que s’en séparer reviendrait à s’amputer. On pourrait presque soutenir, dans bien des cas, que l’humain est devenu la prothèse de ses gadgets techniques. Vivement un bon stage de survie en milieu hostile, organisé pour tout le staff de l’entreprise, qu’on puisse se confronter aux conditions de vie et aux épreuves les plus rudes, et retrouver le vrai sens de l’existence. Ça nous rappellera les paras. Eventuellement sous l’œil d’une caméra de Koh Lanta. Avant de retrouver, content de soi, mais content que ce soit fini, le canapé et le four à micro-ondes.

 

 

L’avers de la médaille, c’est donc une vie rurale restaurée dans ses « fondamentaux », une vie collective réhabilitée, mais sans les pesanteurs paysannes d’autrefois, il ne faut pas exagérer. On a gardé le goût libertaire pour le partage des valeurs, des joints et des femmes (là non, j’exagère d’exagérer et j’abuse d’abuser, quand même, que c’en est odieux et caricatural, mais je pense à certains reportages anciens de CABU sur les « communautés » installées en Ardèche, reportages qui ne dédaignaient pas de donner là-dedans, ne serait-ce que pour rigoler).

 

 

Le revers de la médaille, eh bien, c’est toujours ce foutu cordon ombilical qui nous lie à la société. C’est pénible à avouer, mais personne n’est vraiment arrivé à le couper. Les plus drôles, à cet égard, sont ceux qui reviennent régulièrement sur les plateaux de télévision pour dire qu’ils l’ont coupé, eux, le cordon ! Voyez le sieur ANTOINE, des lunettes je ne sais plus quoi, rescapé régulier des Maldives (à moins que ce ne soit des Marquises, de toute façon, il y a beaucoup trop d’eau pour moi).

 

 

C’est tout le débat qui eut lieu en Corse à une époque : à côté de ceux qui se contentaient de vivre comme ils pouvaient et de ceux qui étaient ravis d’engranger les subventions, il y avait les modérés, partisans de l’autonomie, et les jusqu’auboutistes, fervents défenseurs de l’indépendance.

 

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Soit dit en passant, il y avait les cumulards, autonomistes ou indépendantistes, qui ne poussaient pas le militantisme jusqu’à refuser les subventions. Il a bien fallu en rabattre, sur les ambitions premières, et se contenter d’une autonomie relative. Les « moines-ermites » de l’écologie, ils en sont là.

 

 

Comme « il faut bien vivre, mon pauv’monsieur », on trouve un boulot dans le coin, dans le « milieu associatif », dans le secteur qu’il est convenu d’appeler « économie sociale et solidaire ». Je schématise, mais il y a de ça. Parce qu’un vrai métier, ça occupe de vraies journées bien remplies. Et ça suppose des répartitions des rôles moins consensuelles. Je suis méchant, je sais. J'ai mauvais fond, que voulez-vous. Mais ce n’est pas complètement faux, quand même.

 

 

Parce que, dans ce qui reste du cordon ombilical, le fluide vital qui circule et dont on n’aime pas parler, ce n’est rien d’autre que le salaire, indispensable pour se payer les allumettes en vue de la flambée du soir et les abonnements au réseau internet et au téléphone portable. Il y a aussi l’eau et l’électricité, sans doute l’essence, bref, les conditions du maintien sur place. L’argent, quoi.

 

 

Le choix du « Fils », ce choix de « descendre sur terre », de s’incarner dans la figure du « néo-rural », je le respecte. Ce n’est pas le mien, mais il ne me dérange en rien, puisqu’il ne me demande rien. Je le respecte d’autant plus qu’il suppose un tas de renoncements divers, sans doute coûteux. Ce qu’on appelle les « commodités » offertes par la ville, les facilités apparentes – il faudrait plutôt parler des tentations constantes. Le « mouvement », la vitesse, le bruit, le nombre, les meubles ikea, qui donnent l’impression d’être la vie, et qu’on a tendance à prendre pour la vie.

 

 

Je le respecte, ce choix, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il consiste, d’une certaine manière, à biaiser. « Puisque je ne peux pas changer le monde, dit cet écologiste-là, je vais changer de vie ». Pourquoi pas ? Biaiser, je ne suis pas contre a priori. Comme le chante BOBY LAPOINTE : « Ça ne me mettait pas à l’aise De la savoir Antib(i)aise, Moi qui serais plutôt pour ».

 

 

Mais que faire, quand se profile à l’horizon un aéroport pharaonique, comme par exemple, et depuis lurette, à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), sous les auspices du « socialiste » JEAN-MARC AYRAULT, camarade d’un certain autre « socialiste » du nom de FRANÇOIS HOLLANDE ? Le monde ne se laisse pas facilement oublier. La marée montante du « monde » guette le moindre « îlot de verdure ». Même si c’était une citadelle.

 

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ÇA FERA BEL EFFET, DANS LE POTAGER, C'EST SÛR 

 

Moralité : l’écologiste du genre « moine-ermite », il fait rien qu’à biaiser.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

mardi, 06 mars 2012

LA SAINTE TRINITE DES ECOLOGISTES

Aujourd’hui, le « Fils ».

 

 

L’écologiste, aujourd’hui, présente de multiples visages. L’écologiste est devenu, en quelque sorte, un « Janus multifrons ». Parmi ces fronts multiples, il y en a quelques-uns qui ont le don, sinon de me courir sur le haricot, parce que, dans le fond, « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » (je cite le raffiné JACQUES CHIRAC en personne), du moins de laisser absolument intact mon scepticisme naturel.

 

 

Bon, c’est vrai que la société dans laquelle nous sommes immergés ne fait aucune place à l’écologiste. C’est injuste, mais c’est comme ça. Ça oblige celui-ci à rester souple. Mais là, ce n’est plus la souplesse du yoga, c’est du contorsionnisme. Je propose d’identifier, dans la nébuleuse écologiste, trois archétypes. Appelons-les, par exemple et au hasard, le « Père », le « Fils » et le « Saint-Esprit ».

 

 

Aujourd’hui, penchons-nous, sérieusement et tendrement, sur le « profil » du « moine-ermite », en qui le « Père » a mis toutes ses complaisances (traduction par le chanoine CRAMPON de la scène du baptême par Jean-Baptiste).

 

 

Comme dans les Evangiles, ce sera donc le « Fils », celui qui est « descendu sur terre », ou plutôt qui est « retourné à la terre ». Mes bien chers frères : « Tu retourneras en poussière », est-il dit quelque part. Comme il est dit ailleurs : « Ashes to ashes, Dust to dust, When the women don’t, The liquor must ».

 

 

Cette aimable phrase ouvre une version ancienne de Did’nt he ramble, par LOUIS ARMSTRONG et son groupe (le « hot seven »?). Je veux bien traduire en français, pour ceux qui ignorent le karakalpak et le monégasque : « Des cendres aux cendres, de la poussière à la poussière, si ce n’est pas les femmes, c’est l’alcool qui s’en chargera ». Amen.

 

 

Pour l'écologiste retourné à la terre, l’important, c’est de vivre « en accord avec ses principes », mais quand même pas jusqu’à la crucifixion. Ça veut dire, sans couper tous les ponts avec la société honnie, où l’on compte peut-être encore des amis, des parents. On achète et retape donc une vieille crèche dans un coin perdu. On en fait un lieu agréable et convivial. Le soir, comme il fait frais, on allume une belle flambée dans la belle cheminée. Avec des allumettes achetées à l’épicerie du bourg. Ça va plus vite que deux Solex, euh non, deux silex. C'est benêt, je sais, mais ça se veut une fine allusion au « retour à l'âge de pierre », dont la bouche des anti-écolo est pleine.   

 

 

L’écologiste est rejoint par quelques autres. Cela finit par former un « éco-village » (vérifiez, ça existe). Perdu au milieu de nulle part. Mais avec l’électricité. Pour la lumière quand il fait nuit, bien sûr, mais il faut pouvoir aussi rester en contact avec les autres « éco-villages » par internet. On est « modernes ». On a peut-être souscrit un abonnement « i-phone » si la « couverture » le permet. On a une forme de vie vraiment collective, tout simplement inimaginable en ville.

 

 

On cultive un sympathique potager qui fournit les légumes « bio ». On est peut-être végétarien, mais pas forcément. Certes, les paysans installés dans les alentours ne s’y sont pas encore mis, au « bio », mais à force d’en discuter avec eux, ils y viendront forcément. En attendant, ils aspergent leurs terres de saloperies, tout autour du potager « bio ». Il y a même l’eau courante. Sans doute fournie par Véolia ou Suez. Et puis, au cas où, on ne sait jamais, il y a un hôpital à distance raisonnable, une pharmacie, voire un supermarché.

 

 

Cela fait déjà quelques rudes concessions au système : on reste à part peut-être, mais pas trop loin quand même. De toute façon, difficile d’accoster à une île déserte dans un pays entièrement « civilisé », cartographié, quadrillé, n’est-ce pas.

 

 

Cela fait des concessions (des « contorsions » si l’on veut), mais en même temps, ça vous met, comme disent les conformistes, « en marge » de la société. C’est un « choix de vie », certainement. La distance ainsi prise avec, disons, le « monde connu », sans être infranchissable, est une séparation, et il faut la vouloir pour l’accepter. C’est évidemment une « cote mal taillée ».

 

 

Car il y a un cordon ombilical presque impossible à couper, c’est tout simplement le progrès technique : on est né et on a grandi dedans. Essayez de vous passer d’appuyer sur le bouton électrique quand vous rentrez chez vous, tiens. Pour voir ! Tant il est vrai que pour revenir à l’âge de pierre, il faudrait se dépouiller de tous ces choses qui, au cours du temps, se sont mises à nous entourer, au point de devenir indispensables. Indissociables même.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre.

 

dimanche, 04 mars 2012

LES VERTS DE TERRE-A-TERRE

Peu de gens connaissent le nom de RUTH STEGASSY. C’est normal, son émission Terre à terre, sur France Culture, a été placée de 7 à 8, le samedi. En pleine grasse mat’, en pleins câlins du week end, en plein effort de repopulation de la France. On peut regretter la modestie, pour ne pas dire l’obscurité de cette tranche horaire. On peut néanmoins se consoler en se disant qu’internet permet d’écouter l’émission après-coup. Encore faut-il être au courant que ça existe.  

 

 

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SANS ENGRAIS AJOUTÉ

 

Je ne suis pas sûr que Terre à terre soit un bon titre pour cette excellente émission. L’expression « terre à terre » signifie « au ras des pâquerettes ». Le Robert indique « matériel et peu poétique ». Il y a là, visiblement, du péjoratif.

 

 

Et il me semble aussi que ça contredit la hauteur de vue à laquelle se situent quelques remarquables invités de RUTH STEGASSY. J’ajoute qu’elle n’a pas mal fait de supprimer les émissions publiques au « phyto-bar », qui faisaient vraiment ringard, avec les immanquables questions en pataugas de gens sûrement sympathiques mais pas très bien informés (j’essaie d’être gentil).

 

 

C’est le créneau « écologiste » de la station culturelle nationale. C’est la bonne conscience environnementale des radios publiques, plus ambitieuse et moins « consensuelle » (et dans un créneau plus secret), que CO² mon amour, gentille émission du sémillant DENIS CHEISSOUX, qui sévit sur France Inter le samedi après-midi, et qui donne à chaque fois la parole au très catholique JEAN-MARIE PELT, dont j’avais lu il y a fort longtemps le fort intéressant Drogue et Plantes magiques (et non pas « Drogues », comme indiqué dans la notice wikipedia). Mais CO² mon amour fait dans le « grand public ».

 

 

Tout ça pour parler de l’émission Terre à terre, de RUTH STEGASSY. J’évoquais très brièvement, il y a quelques jours, l’émission du 10 décembre dernier, où RUTH STEGASSY interroge MARIE GROSMAN et ROGER LENGLET, auteurs du livre Menace sur nos neurones, Alzheimer, Parkinson … et ceux qui en profitent (Actes Sud).

 

http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-maladi...

 

 

 

L’intérêt de cette émission est de faire découvrir quelque chose que les toxicologues professionnels connaissent sur le bout des doigts : des connaissances scientifiques extrêmement précises et documentées sur les corrélations entre la diffusion incontrôlée de substances neurotoxiques (arsenic, mercure, etc …) et l’explosion (il n’y a pas d’autre mot) des cas de maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

 

 

L’intérêt de cette émission est d’être une sorte de bulle (bien modeste) qui éclate à la surface : en l’occurrence, l’énorme savoir accumulé par les toxicologues est totalement ignoré des politiques (ça, on savait), mais aussi, et plus bizarrement du corps médical dans son ensemble. Quand on fournit un peu de documentation à un médecin, il tombe de haut : « Quoi ? C’est aussi grave que ça ? ».

 

 

Une sorte de paroi étanche s’élève entre ceux qui savent et le corps social : c’est comme si ce savoir n’existait pas, alors même qu’il touche notre vie quotidienne d’on ne peut plus près. L’exemple de la présence de sels d’aluminium dans l’eau du robinet devrait à lui seul faire exploser les ventes d’eaux minérales, car les spécialistes ont prouvé qu’ils sont pour quelque chose dans la maladie d’Alzheimer.

 

 

Dans l’émission Terre à terre du 18 février, un Canadien (ALAIN DENEAULT, auteur de Noir Canada, de Offshore, paradis fiscaux et souveraineté criminelle et Faire l’économie de la haine) explique pourquoi toutes les entreprises de recherches et d’exploitation minières se font domicilier au Canada : le droit canadien est tellement généreux avec ce genre d’entreprise qu’aucune plainte pour dégâts irréversibles sur l’environnement n’aboutira jamais.

 

http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-noir-c...

 

 

Bref, je ne saurais trop recommander l’écoute de cette émission remarquable. Même si l’écolo folklo, genre « retour à la terre », n’est pas absent du paysage, du moins RUTH STEGASSY donne-t-elle la parole à des initiatives locales qui valent ce qu’elles valent. Je me rappelle une émission lointaine où un Africain racontait comment il avait monté un réseau destiné à reconstituer la mangrove par la plantation d’arbres (des palétuviers ?). Et ça marchait du tonnerre.

 

 

Quel est le pouvoir de ce genre d’émission ? Il vaut mieux ne pas se poser la question. Gardons l’idée simple que c’est juste un petit fenestron qui s’ouvre à date fixe sur une autre façon de voir, de concevoir et de faire le monde. Rien que pour ça, cette émission est indispensable.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

samedi, 03 mars 2012

L'ECOLOGIE, C'EST VERT DE TERRE

Ce n’est pas parce qu’il y a désormais un « parti politique » dédié à l’écologie et à la défense de l’environnement, que l’état physique et moral de la planète a cessé de se dégrader. On pourrait même dire que, maintenant que les « verts » se sont constitués en « parti » (gaussons-nous, mes frères), c’est-à-dire en chose flasque inopérante, on va pouvoir enfin s’occuper de défendre l’environnement. Sans eux, surtout. Car il ne s’agirait pas que les gens qui ont à cœur de sauver leur petit bout de planète voient des « écologistes » venir leur marcher sur les arpions.

 

EVA JOLY.jpg

 

Nous sommes d’accord : EVA JOLY n’est une bonne candidate écologiste à la présidentielle, qu’elle se mette de face ou de profil. J’imagine que si elle posait de dos à la façon de LOUIS ARMSTRONG pour la pochette d’un vieux 33 tours vinyle que j’avais aperçu dans les bacs de La Clinique du tourne-disque, rue Joseph-Serlin, c’est-à-dire complètement à poil, son corps ressemblerait sans doute (de loin et dans le brouillard, au crépuscule) à celui, impressionnant, du trompettiste et chanteur.

 

 

GROSSE.jpg 

EVA JOLY EN 1505

PORTRAIT PAR ALBRECHT DÜRER

 

Mais ce n’est pas parce qu’EVA JOLY ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait des candidats à la présidentielle et des trompettistes de jazz qu’il faut cracher sur l’écologie. J’ai, quant à moi, été un écologiste à l’époque où la société se mettait l’index sur la tempe en disant « toc-toc » chaque fois qu’elle assistait à des actions menées au nom de la défense de l’environnement.

 

 

Je ne sais pas si l’expression « pylône de Heiteren » va dire quelque chose au lecteur. Pour situer dans le temps et dans l’espace, ça se passait avant la pose de la ligne à haute tension qui partait d’une modeste installation industrielle située dans un modeste patelin du nom de Fessenheim.

 

 

Ça vous revient, maintenant ? Cela pose un homme, n’est-ce pas ? Je suis rapidement devenu beaucoup moins écologiste, quand je me suis dit qu’il aurait fallu se mettre à militer. Et ça, c’est plus fort que moi : je ne peux pas. Et Fessenheim ne sait plus quoi faire du fric que lui rapporte la centrale.

 

 

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Pour être militant, il faut être militaire (la seule différence consiste en l’uniforme, et encore, il y a des militants, on les dirait sous les drapeaux), et ça, c’est au-dessus de mes forces. Il y a les œillères à se mettre, la discipline à se soumettre, la réduction du monde à opérer en l’une, toute petite, de ses parties. Tout militant réduit le monde à la dimension de son obsession. Tiens, ça pourrait faire un bon proverbe bantou, non ?

 

 

Travailler à faire triompher une « cause », quelle qu’elle soit, c’est rendre le monde plus étroit, et en même temps, se donner à soi-même la dimension démesurée du monde et de tous ceux qui « y croient ». Et j’ai perdu très tôt toute aptitude à la croyance, au point que ceux qui « y croient » me paraissent au mieux pitoyables, au pire dangereux.

 

 

Depuis le « pylône d’Heiteren » et la centrale nucléaire de Fessenheim, il faut pourtant bien dire que la situation globale de l’environnement naturel ne s’est pas améliorée, loin s’en faut. Tiens, savez-vous que dans l’Etat de Coahuila, au Mexique, région aride s’il en est, certains gros entrepreneurs n’ont rien trouvé de mieux que d’élever 300.000 vaches laitières, qui produisent annuellement 7.000.000 de litres de lait ?

 

 

Pour fabriquer des prairies en zone quasi-désertique, on tire en masse la flotte du sous-sol. Mais il faut savoir que celui-ci est naturellement riche en arsenic. Ensuite, c’est mathématique : vu la surexploitation agricole de la ressource, la baisse du niveau des nappes phréatiques fait monter le taux d’arsenic dans l’eau que les gens boivent.

 

 

Résultat, il a fallu couper une jambe à MANUEL SUNIGA : « L’arsenic dans mon sang a d’abord affecté l’ongle de mon pied, puis ma jambe est devenue noire ». En plus, les vaches mexicaines sont des pisseuses de lait de la race Holstein.

 

 

HOLSTEIN VACHE.jpg

LA PISSEUSE VOUDRAIT REVOIR SA NORMANDIE

 

Je ne vais pas parler de la déforestation, du réchauffement climatique, de l’empoisonnement des sols par les industries « agro-alimentaires », de l’empoisonnement de l’air et de l’eau, des conséquences de l’usage des somnifères sur la durée de vie (voir la presse, ces derniers jours).

 

 

Je fais seulement observer que l’évolution vers un monde de plus en plus radicalement invivable (et pas seulement en restant dans le registre environnemental) s’est faite envers et contre tout, posément, pas à pas, implacablement. L’action des écologistes, de ce point de vue, débouche sur un échec retentissant. Cuisant si vous voulez.

 

 

Les écologistes sont la petite cuillère qui a pour ambition de vider la mer. Ou alors, pour reprendre un petit conte que j’ai beaucoup entendu ces temps-ci, ils sont le colibri qui se démène comme un malade pour aller jeter sa goutte d’eau sur l’incendie qui fait rage. Je ne crois ni à la petite cuillère courageuse, ni au colibri sauveur.

 

 

Je ne suis pas non plus de ceux qui traitent les écologistes de « khmers verts » (je crois bien que c’est GERARD COLLOMB, le « grand-maire » de Lyon) ou d’ « ayatollahs de la nature ». Il y a bien, parmi eux, des tendances à vouloir faire régner une sorte d’ « ordre naturel », à vouloir régenter la vie des autres. Mais si l’on veut faire l’inventaire de toutes les vocations policières qui ont aujourd’hui le vent en poupe, on n’a pas fini. En tout cas, le poids qu’ont pesé les écologistes dans la marche du monde depuis quarante ans, c’est « peau de balle et balai de crins ».

 

 

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C’est très logique. Le « petit village gaulois qui résiste encore et toujours à l’envahisseur », c’est rigolo, ça fait plaisir, ça fait même rire. Mais dans le monde réel, il n’y a pas de potion magique. La logique veut – car nous sommes dans le monde capitaliste – qu’une complicité de nature fasse de l’argent et du pouvoir des alliés indéfectibles.

 

 

A cet égard, l’accès de NICOLAS SARKOZY, l’ami du Fouquet’s et du yacht de BOLLORÉ, à la présidence n’a rien d’incompréhensible. Si c’est particulièrement caricatural, c’est aussi pleinement logique. Même le très écologiste JACQUES CHIRAC n’avait pas beaucoup d’amis qui fussent pauvres. C’est d'ailleurs pour ça que, après avoir sans discontinuer, squatté les palais de la République (et je ne compte pas les entourloupes autour du château de Bity), il est en train de finir ses jours dans le luxueux appartement de la famille HARIRI.

 

 

L’écologie, c’est sûr, il y a à boire et à manger, à prendre et à laisser. Il y a de la chèvre et du chou. On ne peut pas tout avoir. A chaque jour suffit sa peine. Après la pluie le beau temps. On va le payer. Je ne vous le fais pas dire. Ainsi soit-il.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre...

 

 

* NOTE-A-BENNE : j'espérais ici même, le 1 mars, que l'humain resterait à jamais hors de la brevetabilité, c'est-à-dire hors de l'appropriation privée. Il faut croire que je suis encore un grand idéaliste, autrement dit, un naïf. Les laboratoires du monde entier, en réalité, sauf le Généthon, sont lancés dans une concurrence effrénée pour des séquences synthétiques d'ADN humain. Du vendable qui rapporte. Le champion de ce type de recherche s'appelle JOHN CRAIG VENTER. A suivre aussi.