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mardi, 11 septembre 2018

LA DÉFAITE DE L'ENVIRONNEMENT

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Décidément, c'est devenu une mode. C'est très "tendance". Ceux qui ont fait le plus fort, ce sont les 15.000 scientifiques qui ont signé l'appel de novembre 2017 dans Le Monde. Contre les inégalités, en décembre de la même année, les 100 économistes ont aussi tapé dur : s'agissant d'économie, trouver 100 spécialistes pour signer le même texte n'était pas un mince affaire (on est plus habitué aux célèbres disputes sur France Inter entre Bernard Maris (†) et Jean-Marc Sylvestre le vendredi matin, ou aux cacophonies du samedi matin sur France culture dans l'émission de Dominique Rousset).

L'appel récent de 200 personnalités "culturelles" pour le climat, en revanche, a fait un trou dans l'eau très vite refermé. Les cris d'alarme se suivent et se ressemblent : les mots ne sont décidément pas des actes. Les discours ne peuvent remplacer la volonté concrète d'agir sur les choses. Or, ceux qui peuvent agir (en théorie) sur les choses sont les gens qui sont au pouvoir (oligarchies gouvernementales et chefs d'entreprises géantes, qui fonctionnent par échanges de services). 

Le sort de l'environnement est indissolublement lié aux gens qui détiennent les divers vrais leviers du pouvoir. L'avenir de la planète dépend pour l'essentiel de ces gestionnaires de haut vol et de ces décisionnaires qui n'ont, le plus souvent, qu'un seul but dans la vie : rester à leur poste et accroître leur pouvoir et leur richesse.

Alors sachant cela, quel sort la réalité réelle du monde réservera-t-elle au SOS de 700 scientifiques publié par Libération samedi 8 septembre sur une "une" incendiée ? Ira-t-il rejoindre à la poubelle les nombreux cris d'alarme que poussent les écologistes depuis quarante et quelques années ? Ou la fréquence inédite des appels à laquelle on assiste depuis quelque temps est-elle le signe que les consciences sont en train de s'ouvrir à l'inquiétante réalité à venir ?

En effet, Le Monde vient de consacrer en une semaine une série de dossiers fouillés à quelques sites rendus définitivement inhabitables par l'homme ; le monde "culturel" s'est mis à frissonner d'horreur ; Libé se met à pointer le doigt sur l'indifférence générale aux catastrophes qui se produisent déjà ; une frange de la population (10.000 personnes à Lyon) est capable de consacrer son samedi après-midi à manifester son inquiétude.

Cela commence à faire beaucoup en très peu de temps. Est-ce une coïncidence, un simple effet de mode ou, plus sérieusement, le signe d'un mouvement progressif des consciences ? Je n'ai pas de boule de cristal pour le dire. Je me contente de noter la curieuse concentration de ces manifestations dans un temps très court. En tout cas une course est lancée. Qui va gagner ? Est-ce que ce seront les forces démesurées de l'ordre économique et politique établi ? Autrement dit, est-ce que ce seront les élites gouvernementales au pouvoir et les dirigeants d'entreprises géantes plus puissantes que les Etats puissants ? Ou bien la "vox populi" garde-t-elle quelques chances ?

Sachant qu'il s'agit d'une course de vitesse (et ça va de plus en plus vite) et mesurant les gabarits respectifs des deux compétiteurs, j'ai malheureusement peu d'espoir. Parce que, supposons juste qu'un jour une majorité de Français, et même – rêvons un peu – d'Européens seront convaincus de la nécessité de réduire drastiquement la voilure de leur mode de vie. A partir de là, comment s'y prendra-t-on pour convaincre les Africains du Malawi ou du Niger (populations parmi les plus pauvres du monde), les Chinois, les Turcs, les Boliviens, les Indiens ? 

La réponse est déjà dans la question. 

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