17.02.2012

LE DEPUTE, RAPPORT QUALITE / PRIX

Qu'est-ce qu'un DEPUTÉ, dans le fond, quand on pose la question sous l'angle du rapport qualité / prix ?

 

 

Dans le commerce, dans notre merveilleuse société de consommation, pour toute marchandise vendue, on est en mesure de calculer le « rapport qualité / prix ». A cet égard, n’importe quel objet vraiment durable, et vendu à prix modique, peut être considérée comme d’un bon rapport qualité / prix. De ce point de vue, le coût d’un député peut être jugé exorbitant.

 

 

Le rapport qualité / prix du député ne se mesure pas tout à fait comme celui d’un produit de lavage, parce que la date limite de vente est fixée une fois pour toutes à cinq ans. Mais renouvelables. Indéfiniment renouvelables, pour être précis. Certains députés sont des rentiers.

 

 

Observons le député commun, le député officinal, pour ainsi dire, certifié sans O. G. M. Qu’est-ce qu’il rapporte, au consommateur qui l’a acheté (« élu » est le terme habituel) ? Il rapporte des lois. Du moins il est supposé le faire. Voyons cela.

 

 

Vous avez désormais pris l’habitude de voir le Président, NICOLAS SARKOZY, sauter sur chaque fait divers dramatique pour rassurer l’opinion publique alarmée par « la montée de l’insécurité ».  Vite fait sur le gaz, vite écrite sur un coin de table, il fait rapidement pondre par quelques volailles une loi « ad hoc » (ou « loi de circonstance »), la fait inscrire et voter selon la procédure « d’urgence » (une seule lecture) au Parlement.

 

 

La télévision est contente, elle a eu sa dose de spectacle, de discours martiaux du Président et de ses sbires gouvernementaux, genre « je ne tolérerai plus », et le soufflé n’a pas eu le temps de retomber que – abracadabra ! – la loi est votée et l’opinion publique rassurée. « Trop fort ! », s’exclame-t-on unanimement dans la salle commune de la maison de retraite, lieu habituel, on le sait, de déchaînement soudain de la violence aveugle.

 

 

Or ce qu’il faut savoir, c’est que, quand une loi est votée, elle reste lettre morte si son adoption n’est pas suivie de la signature de divers décrets d’application et arrêtés. Vous vous souvenez de l’élu présidentiel de 2007 ? Faut-il vraiment redire son nom ici ?

 

 

Eh bien c’est tout simple, pour l’année 2007-2008, 24,6 % des textes réglementaires sont entrés en application. Pour les lois déclarées en « urgence », le taux d’application tombe à 10 %. Résultat ? Les lois n’entrent pas en vigueur (source : Sénat). Et je ne crois pas que le rendement, les années suivantes, se soit beaucoup amélioré.

 

 

Certains députés se sont émus de la chose, disant qu’on leur faisait faire un travail de singe, à voter dans la précipitation des textes de loi mal rédigés et qui n’ont guère de chances d’entrer en vigueur faute des décrets d’application subséquents.

 

 

Conclusion, quant à la « qualité », le député officinal se situe très bas sur l’échelle. Des esprits malintentionnés pourraient même aller jusqu’à interpeller le député officinal et lui demander : « A quoi sers-tu ? ». Je ne pense pas me tromper beaucoup en supposant qu’il protesterait énergiquement.

 

 

On le comprend, on ne quitterait pas sans de vifs regrets une table où le menu offre invariablement fromage ET dessert. Le repas est si plantureux qu’il sert, forcément et par définition, à quelque chose.

 

 

Il faudrait ajouter, pour être honnête, que la Constitution de la 5ème République ne place pas le député, mais le Président au premier plan. Le gouvernement apporte des « projets de loi », les députés apportent des « propositions de loi ». Mais combien de « propositions » sont en fait des « projets », induits par les amicales pressions du Président ou susurrés à tel ou tel par le gouvernement ?

 

 

De toute façon, quand on voit la discipline quasi-militaire que fait régner le pouvoir dans la majorité parlementaire, en usant tour à tour du charme (« si tu es gentil, je peux te faire avoir un poste intéressant à la Cour des Comptes ») et de la menace (« si tu n’es pas gentil, tu sais que j’ai la haute main sur la commission de validation des candidatures aux prochaines législatives, réfléchis bien »), on a tendance à voir dans le député un « obscur », un « sans-grade », simple masse de manœuvre mise en place grâce à une pure et simple légalité.

 

 

Au surplus, une petite moitié des lois votées sont seulement des transpositions de directives européennes dans le droit français. J’ai envie de dire : n’en jetez plus. D’ici qu’on ne voie dans le député français qu’une potiche, un simple décor de théâtre, il n’y a pas loin. L’efficacité du député tend vers zéro. Nous allons voir maintenant que son coût, s’il ne tend pas vers l’infini, en prend le chemin.

 

 

Oui, après la « qualité », examinons le « prix » : l’indemnité d’un parlementaire en France est de 7100 €, cumulable avec une indemnité reçue à titre local dans la limite de 8272 € et une queue de cerise. GERARD COLLOMB, qui est sénateur et maire de la ville de Lyon, perçoit donc cette somme. Il est également Président de la COmmunauté URbaine de LYon, mais ses services refusent de communiquer sur le sujet.

 

 

Le site Politiquemania indique cependant le chiffre de 5.512 €. Je vous laisse faire le calcul. Je ne me trompais pas trop en parlant de fromage ET dessert, mais là, s’il les touche effectivement, c’est carrément la « ronde des desserts ».

 

 

On comprend que monsieur GERARD COLLOMB soit un farouche partisan du cumul des mandats. On n’est pas obligé de croire monsieur GERARD FACON (http://lafitte-vigordane-le-citoyen-vigile.over-blog.com/article-voyage-chez-les-forcats-de-la-republique-96735508.html), qui évalue sur son blog les sommes reçues chaque mois par GERARD COLLOMB à 19.385 €. Sûrement un jaloux. Un élu, un notable de la « surface » de COLLOMB peut-il s’affranchir de la règle du plafonnement ? Je pose juste la question.

 

 

Loin de moi l’intention de jeter l’anathème sur la fonction d’élu du peuple, mais, une fois rassemblées les quelques données ci-dessus, je finirais presque par trouver que le député est décidément hors de prix.

 

 

Et je me pose la question : « Est-ce que, au prix qu’elle la paie et vu la faible qualité des résultats obtenus, la France a les moyens de rester une démocratie ? ». Oui, la France ne vit-elle pas au-dessus de ses moyens en entretenant des institutions coûteuses et surtout lourdes et  inefficaces ? Sans parler de la « crise » …

 

 

Je me rassure en me disant que, de toute façon, l’idée démocratique elle-même est dans un tel état que, un peu plus, un peu moins …

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

 

 

 

09.01.2012

DES MAIRES ET DES DISCOURS

Il fut un temps pas si lointain où l’expression « France rurale » aurait été considérée comme un pléonasme ; où l’expression « la communale » avait la solidité de granit d’un socle inamovible (pas comme le « socle commun de connaissances » dont parlent maintenant les sinistres de l’Education) ; où prononcer les mots « instituteur, docteur, curé et maire » ne s'accompagnaient pas, au coin de la bouche, d'une moue révélatrice de mépris.

 

 

Non, je ne me lamente pas sur un délicieux passé hélas perdu, et qui plus est, largement idéalisé par les nostalgiques. Je ne suis pas nostalgique. Je me risque à constater la panouille morale, mentale de l’époque actuelle, et à me dire que, merde, on n’a pas mérité ça. Qu’est-ce qui sort de la bouche de GERARD COLLOMB ? De BERTRAND DELANOË ?

 

 

Leur langue est faite d’un  bois qui a perdu le suc de toute racine. Leurs discours s’en trouvent délavés, fanés, froissés, flétris. C’est de la langue de gestionnaire et de comptable ("On gouverne avec de la comptabilité, jamais selon la comptabilité", dit FERNANDO PESSOA). Ce sont des hommes de papier, d’anciens bons élèves, qui étaient sages en classe parce qu’ils se disaient qu’un jour futur, ils seraient à la place de celui qui cause, là, sur l’estrade. Ah, on me dit qu’il n’y a plus d’estrades depuis l’année 1968. Dont acte.

 

 

Qui imaginerait qu’un Maire d’aujourd’hui soit à même de tenir les propos qui suivent, comme ils le furent lorsque l’édile, M. T., prononça son discours, alors qu’il venait d’unir les destinées de deux jeunes tourtereaux, dans une petite commune du centre de la France ? Jugez plutôt si ça ne fleure pas bon le terroir.

 

 

« Mes Chers Administrés,

 

 

Après les paroles officielles et puis réglementaires que je viens de prononcer devant vous pour vous unir par les liens du mariage, je ne veux point vous laisser partir sans en articuler d’autres d’une rigidité un peu plus délicate, c’est-à-dire d’une noblesse un peu plus caressante si bien de circonstance dans ce beau jour solennel.

 

Depuis que vous avez comparu devant ma personnalité investie des pouvoirs adéquats et susceptibles de procéder à la réunion de deux individus, je vous considère comme deux conjoints et j’en suis fier d’en être l’auteur attendu que j’en suis moi-même un depuis quarante ans et que j’ai jamais eu à m’en plaindre.

 

L’association d’homme et de la femme est comme dit si bien M. Larousse, l’écrivain bien connu dans son dictionnaire que m’a prêté l’Institutrice, la réunion de deux sexes différents qui s’appuient l’un sur l’autre pour écarter les difficultés de la vie.

 

Vous allez cheminer par un sentier bordé de ronces et d’épines qui mène à la vieillesse lumineuse qui vous fait dire quand on est vieux avec une joie qu’on a d’égal que dans pareil cas : « Je vais mourir mais j’ai bien vécu de delà ».

 

Pour y arriver, faut y vaincre les obstacles parasitaires qui sont à l’homme qui débute dans la vie c’qu’est la barrière du chemin à la patte du veau en bas âge qu’on mène à l’abreuvoir pour la première fois.

 

Pour y arriver, y a qu’un moyen, partir main dans la main en cultivant des deux bras la terre que nous ont légué nos ancêtres, puis en soignant le bétail qui la force d’nation dont je suis fier d’être le représentant.

 

L’Amour avec un A majuscule, c’est la plus belle institution de la République.

 

Vous, la femme épousée, votre mère respectée, en larmes, vous donnera dès ce soir les conseils d’usage avant que votre mari vous ouvre toute grande aux secrets de l’amour.

 

Quant à vous mon garçon, il n’est pas nécessaire de vous faire l’école, attendu que vous avez toujours vécu parmi nous et que la vie des animaux vous a sûrement instruit sur ce qu’était la vie humaine.

 

Je m’en vais couper court à ma branche de fleur de rhétorique en vous envoyant les folles agapes que vous n’allez point manquer de manger au cours de ce repas de noces. Mais en vous avertissant au préalable que j’ai reçu de la chaux et que je tiens à la disposition de tous les cultivateurs à raison de 30 francs le quintal.

 

Vive la France, vive la République, vive la Mariée une et indivisible. »

 

 

Que voulez-vous ? Même si c’est un peu enjolivé pour les besoins de la cause, n’avez-vous pas le sentiment que quelque chose s’est perdu, et qui vaudrait plus que 30 francs le quintal ? J’ai entendu de mes oreilles les paysans de Frontonas utiliser le patois dauphinois quand ils étaient entre eux. Oui, je sais, rien ne sert de pleurer sur le passé. Mais précisément, je ne me lamente pas du passé, je rage du présent.

 

 

Parce que je me dis : « Oui, l’Europe aurait pu être ceci, cela… ». Je me dis : « Oui, l’école aurait pu devenir ceci, cela… ». Je me dis : « Oui, la République aurait pu rester une idée vivante ». Je me dis des choses semblables à propos de l’hôpital public, du gaz et de l’électricité, de la SNCF, de la ville (en France, rien de plus beau, ne trouvez-vous pas, que l’arrivée par la route dans n’importe quelle ville, avec ses dizaines de chefs d’œuvre du style « boîte de conserve »).

 

 

Regardez le Maire de Champignac : si FRANQUIN l’avait inventé aujourd’hui, il y a fort à parier qu’il serait coiffé en brosse et rasé de près, habillé d’un costume trois-pièces strict, et que son bras se terminerait par un attaché-case. Surtout, le Maire de Champignac se serait vu pousser dans la bouche une langue en bois verni du plus bel effet, une langue sortie, sinon de l’ENA, du moins d’une école de « com. ». Il parlerait comme GERARD COLLOMB.

 

 

Au lieu que là, FRANQUIN n’a eu qu’à s’inspirer d’individus réels pour construire, selon le procédé de l’exagération poétique, ce qu’on est obligé de célébrer sous le nom des « DISCOURS DU MAIRE DE CHAMPIGNAC ».

 

 

Ces discours, qui valent largement la plaidoirie de maître Bafouillet dans Le Sapeur Camember (voir il y a quelques jours), et les « branches de fleurs de rhétorique » de M. T., sont l’ornement passager, mais indispensable, de bien des aventures de Spirou et Fantasio, dès que l’action impose leur présence dans la ville désormais mondialement célèbre de Champignac.

 

 

Comme, au restaurant, on sert des amuse-gueule ou « mise en bouche » avant la viande, voici un exemple des trouvailles de FRANQUIN (ou qui que soit le compère qui tient la plume, c’est arrivé) : « Si vous mettiez un peu d’eau dans votre vin, vous éviteriez de jeter de l’huile sur le feu ». Cette phrase va plus loin qu’un simple gag, c’est sûr.

 

 

 

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Si je ne me trompe pas (je n’ai plus les albums, mais je les ai fréquentés assidûment), le Maire apparaît dans Il y a un Sorcier à Champignac (1956). Sa lubie consiste à installer un feu tricolore sur une route d’accès à la ville, un feu que, au volant de sa guimbarde d’un autre âge, seul véhicule automobile de la contrée, le comte Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas de Champignac brûle insolemment sous son nez.

 

 

Les premières prouesses oratoires du Maire se trouvent, si ma mémoire est bonne, dans Le Dictateur et le champignon. Spirou, Fantasio, Spip et Seccotine sont aux prises (« desosar a mi ? ») avec l’infâme cousin Zantafio devenu dictateur, et le comte essaie fébrilement de concevoir un gaz qui rend instantanément le métal mou, dont les essais entraînent quelques dégâts collatéraux sur les œuvres d’art municipales.

 

 

Le Maire inaugure précisément un nouveau monument : « Cette statue qui fut détruite dans des circonstances qui seront éclaircies quand la lumière sera faite sur cette affaire, … je disais, cette statue, j’ai décidé de la remplacer par une autre encore plus émouvante, œuvre du sculpteur Mathieu Jules en bronze de toute beauté qui est un fils du pays dont nous sommes fiers et que je vais avoir l’honneur, la fierté et l’orgueil de dévoiler à l’instant devant vous, solennellement ». Un bel exercice sur l’usage du pronom relatif, comme on voit.  

 

 

Et ce morceau de bravoure se poursuit : « Le chef d’œuvre que vous avez devant vous représente le Champignacien qui, fier de son agriculture et de son industrie, lance d’une main sûre un regard plein de confiance vers un avenir qui l’attend de pied ferme ». On a là comme une base de travail pour la future inspiration rhétorique du Maire de Champignac.

 

 

Dans Le Voyageur du mésozoïque, le comte découvre dans les glaces arctiques un œuf de dinosaure qui, convenablement soigné, devrait donner naissance à  un bébé dinosaure. Le produit de croissance est malheureusement versé d’un seul coup dans la nourriture, et le bébé devient un bel adulte paléontologique en une seule nuit. Je ne vous dis pas les dégâts.

 

 

Or, on a vu le maire s’opposer farouchement à une opération d’urbanisme (comprendre que quelque promoteur se propose de « restructurer » le centre historique) en ces termes : « Jamais, vous m’entendez, je ne laisserai la dent des démolisseurs fouler aux pieds ces vieilles pierres dont le front chargé d’histoire a bercé le cadre où nos pères ont fait leurs premiers pas et dans le sein desquelles dort un passé glorieux qui tient l’œil fixé sur ses fils respectueux ».

 

 

Voici les propos qu’il s’empresse de tenir devant témoin après le passage du dinosaure dans le dit centre-ville : « Ce rétrécissement, véritable épine dans le pied de notre commerce, lui coupait les bras en étranglant la place du marché. Repoussant d’une oreille sereine les objections de certains, nous avons hardiment tranché la question et décidé d’amputer. Ainsi, le Champignacien, poursuivant son droit chemin, tourne délibérément ses pas vers l’avenir, car il sait qu’agriculture, commerce et tourisme sont les deux mamelles qui sèment le pain dont il abreuve ses enfants ». La juxtaposition des deux discours montre que la première compétence qui s’impose à l’élu est « l’adaptation aux circonstances ». A part ça, soyons honnêtes, et admirons la qualité de  l’inspiration.

 

 

 

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Le chef d’œuvre du Maire de Champignac est toutefois clairement identifié. Il est dans Le Prisonnier du Bouddah (1960). Le début de l’histoire est très marrant, avec les plantes démesurées que découvrent Spirou et Fantasio dans le jardin du château du Comte de Champignac, à commencer les énormes noisettes dont se régale l’écureuil Spip.

 

 

Nicolas Nicolaïevitch Inovskyev est un immense savant russe. Avec son collègue et ami Harold W. Longplaying, il a mis au point le Générateur Atomique Gamma, alias G. A. G. Je rappelle qu’on est en pleine guerre froide. Inovskyev s’est réfugié à Champignac, chez le comte. Longplaying est prisonnier des Chinois, dans la vallée des 7 Bouddahs. Mais le Russe est venu avec son appareil révolutionnaire et, pour ne pas le punir, on l’emmène assister à la cérémonie inaugurale du comice agricole, qui a lieu à Champignac.

 

 

C’est là que l’inspiration du Maire va se donner libre cours pour atteindre des sommets. C’est là qu’un habitant glisse à un autre : « Et un orateur de toute première force, vous verrez ». C’est là que le lyrisme administratif et préfectoral du Maire de Champignac va creuser des sillons de haute altitude.

 

 

Jugez-en par vous-mêmes : « Je suis heureux d’être aujourd’hui présent parmi toutes ces magnifiques bêtes à cornes, à la tête desquelles M. le Préfet nous fait l’honneur de s’asseoir, lui qui, debout à la proue du splendide troupeau de la race bovine du pays, tient d’un œil lucide et vigilant le gouvernail dont les voiles, sous l’impulsion du magnifique cheval de trait indigène, entraînent sur la route toute droite de la prospérité, le Champignacien qui ne craint pas ses méandres, car il sait qu’en serrant les coudes, il gardera les deux pieds sur terre afin de s’élever à la sueur de son front musclé vers des sommets toujours plus hauts ». Non mais franchement, qu’est-ce que vous dites de ça ?

 

 

Et lorsque le G. A. G. amélioré aura propulsé la statue en pied de la propre personne du Maire hors de l’attraction terrestre, voici les mots immortels qui sortiront de lui : « Et il porte bien haut une fière devise qui brillera parmi les étoiles pour le Champignacien qui, penché sur son labeur, y lèvera un œil avide afin d’y boire à pleins poumons le réconfort du symbole que je suis fier de lui donner ».

 

 

Mentionnons aussi la phrase exclamée par le Maire de Champignac dans Z comme Zorglub : « Chaque fois que la griffe de l’angoisse prend à la gorge le cœur de notre vieille cité, je lève un œil qui tombe à pieds joints sur ce château, dont l’activité mystérieuse et cryptogamique est une épée de Damoclès qui ronge mon cœur de Maire ». Il faut dire que tout le village est soulevé, à cause des sortilèges de Zorglub, contre les sortilèges que la rumeur publique attribue au savant comte de Champignac (« Mes petits champignons vont sortir de leurs petits pots », profère le comte dans un rictus sardonique).

 

 

Terminons cette étude universitaire et profondément intellectuelle sur une dernière citation, tirée des Petits formats, aventure moins ambitieuse, quoique montrant un Fantasio synthétique et cassable : « Quand mon regard tombe sur ce château, là-haut, il ne peut s’empêcher de rire. Oui, je ris sous cape. Cap que je n’hésiterai pas à franchir d’ailleurs si la folie du Comte risque de créer des remous dans le moral de marbre de notre population ».

 

 

On ne me convaincra pas que les discours de M. T. et du Maire de Champignac ne sont pas une preuve que l’humanité n’est pas capable de Progrès. Euh, je voulais dire : que l’humanité est capable… euh non : n’est pas capable… euh si : est capable… euh non…

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

23.12.2011

SARKOZY DEGAINE SON ARMENIE

Allez ! C’est reparti. Mais qu’est-ce que c’est, cette fièvre qui les prend régulièrement, les politicards, qu’ils soient « uhèmpistes » ou « péhessistes », qu’ils dorment au palais Bourbon ou au palais du Luxembourg, qu’ils aient le pouvoir ou qu’ils veuillent le conquérir ? Encore un tour de cinglés ! De toute façon, pour moi, le Bourbon est un mauvais whisky (américain) et le Luxembourg, un paradis fiscal avec « Chambre de Compensation » (ça veut dire Clearstream) incorporée.

 

 

 On avait déjà la répression des PROPOS sur quelques sujets (antisémitisme, sexisme, homophobie et autres « phobies »), sur lesquels on a voulu coudre la bouche des dizaines de millions d’individus qu’on appelle en général la « population », puisqu’on a abandonné le mot « peuple ». Rien que ça : réprimer des PAROLES, ça me fait déjà craindre le pire.

 

 

Eh bien qu’on se le dise, de même que monsieur GERARD COLLOMB a mis les Arméniens dans sa poche électorale en laissant installer un « monument commémoratif » (en fait, une dizaine de totems bizarres) au pied du clocher de la Charité, de même, le président NICOLAS SARKOZY, en vue de la présidentielle, est parti à la pêche aux voix  arméniennes en leur accordant le vote d’une loi réprimant la négation de « tout » génocide en général (sous entendu : du génocide arménien en particulier).

 

 

Eh bien, je me répète, qu’on se le dise : si un candidat, quel qu’il soit, veut acheter ma voix, il va falloir qu’il donne une rallonge sévère au chiffre des picaillons. Ma voix est hors de prix, monsieur COLLOMB. Ma voix est au-dessus de vos moyens, monsieur SARKOZY. De toute façon, il est probable que vous n’avanceriez pas un centime dans cet investissement. C'est du fonds perdu.

 

 

Et vous avez raison : dans toutes les prochaines élections, vous êtes prévenus, ma voix restera dans ma gorge. J’ai cessé de faire joujou avec les petits papiers. Et je ne ferai aucun jeu de mots sur « urnes » et « burnes ». Ici, on est toujours d’une correction impeccable. On a sa dignité, que diable !

 

 

De quoi s’agit-il ? D’une course à pied. D’un sprint, pour être précis. C’est à qui arrivera le premier pour occuper le créneau. Le « Parti Socialiste » annonce il y a quelque temps qu’il fait mijoter une loi sur le sujet. SARKO bondit sur l'UMP : « Merde, on va se faire griller sur le génocide arménien. Vite une loi ! ». Ben elle est là, la loi. Dans le match SARKOZY-HOLLANDE, avantage à SARKOZY.

 

 

Vous avez vu le coup de main ? Chapeau l’artiste ! Remarquez, c'est une habitude à prendre : les faits divers ont bien servi de galops d'essai, au chapitre des lois-événements. Et ces cons de socialistes, qui voient le fromage arménien leur échapper, vous croyez qu’ils font la gueule ? Mais non ! Ils l’ont dans le baigneur ! Dans le dos ! Dans l’anus ! Dans ce que vous voudrez : piégés par SARKO, ils vont la voter, la loi, comme un seul clampin. Bien obligés ! C’est bien fait pour eux !

 

 

Est-ce que ça veut dire pour autant que les Arméniens ont tort ? Non évidemment. Le sol turc abrite en tout et pour tout 60.000 individus de cette … quoi ? Ethnie ? Langue ? Religion ? En 1900, ils étaient 2.000.000. Je signale en passant que 1915 et 1916 ont vu disparaître non seulement des Arméniens en pagaille, mais en gros toutes les minorités (Grecs, Juifs, …) qui occupaient une portion du territoire ottoman. Aujourd’hui, on appellerait ça « minorités visibles ».

 

 

Avec déportations vers Alep, micmacs avec les Russes, et tout un tas d’atrocités sur lesquelles les historiens sont bien documentés, les « Jeunes Turcs » ont construit leur nouvel Etat sur la « turquification » de la population. Je recommande les photos montrant des officiers turcs posant fièrement derrière leurs trophées : des rangées entières de têtes coupées. On n'est pas plus "raffiné". On ne disait pas encore « nettoyage ethnique ».

 

 

 

Et le MUSTAPHA KEMAL ATATURK des familles, qu’on nous sort en toute occasion du placard comme fondateur moderne et progressiste de l’Etat actuel, c’est bien lui qui obtient l’amnistie pour les massacreurs, si je ne me trompe. La Turquie qui réclame son fauteuil à la table européenne, c'est exactement l'héritière de ça, il faut le savoir. La Turquie actuelle est un pays depuis bien longtemps nettoyé des impuretés raciales. Déjà ça, ça me chiffonne la somnolence postprandiale.

 

 

Ce qui me retourne l’estomac et me badibulgue la comprenette, ces jours-ci, ce n’est donc pas un quelconque problème avec les Arméniens, mais avec les épiciers français qui font commerce de ce genre de marchandise, sous l’emballage de n’importe quel yaourt électoral.

 

 

Car la loi votée jeudi n’est pas la première du genre à instaurer un délit d’opinion, une infraction de parole, un crime de pensée. Il a d’abord été interdit de dire du mal des juifs. On a ajouté l’interdiction de soutenir que les juifs n’avaient pas subi une extermination. Sauf erreur de ma part, cette loi "mémorielle" ne dit rien des tziganes, des handicapés, des homosexuels morts à Auschwitz ou ailleurs.

 

 

Et comme, en tout, « il n’y a que le premier pas qui coûte », et qu’un bon politicard soigne correctement les cuisiniers qui le nourrissent, on a continué sur la lancée : il a été interdit de traiter les handicapés d’infirmes ; d’appeler « pédé » un homme qui préfère les hommes ; de tenir sur les femmes des propos jugés méprisants par les femmes ; sur les noirs des propos jugés infamants par les noirs ; sur la Lune des propos jugés diffamatoires par les Lunatiques ; sur les bébés éprouvette des propos jugés injurieux par les éprouvettes. Et tutti quanti !!!

 

 

NE PENSEZ PLUS, VOUS ÊTES CERNÉS. NOUS AURONS LES MOYENS DE VOUS FERMER LA GUEULE. RENDEZ-VOUS !

 

 

 

Il paraît que nous vivons en « démocratie ». MONTESQUIEU, pour que ce régime fût viable, exigeait que les citoyens fussent vertueux. On voit aujourd’hui ce qu’il en est. Si MONTESQUIEU est dans le vrai, la démocratie est bel et bien foutue. Mais prenons les choses et les hommes comme ils sont, de niveau moral moyen et variable. Et « faisons avec », comme on dit. La simple logique veut que, en même temps que les fous, les handicapés et les imparfaits, la démocratie laisse vivre les imbéciles, les crétins, les bas-de-plafond, bref, toutes les sortes de bêtes et de méchants.  

 

 

 

Cette démocratie s’honore de les laisser vivre, mais aussi et surtout de les laisser s’exprimer. En démocratie, on n’a pas le droit d’interdire aux gens d’être cons. Oui, les cons en jouissent aussi, de la liberté  d’expression. Et c’est normal que ce soient des conneries qui sortent de leur bouche. Aussi longtemps que ça reste des paroles.

 

 

Qu’est-ce que c’est, ces « démocrates » en peau de lapin qui se chargent de faire la police du langage et s’érigent en juges de ce qu’il est licite ou pas de dire et d’écrire ? De penser ?  

 

Les juifs s’honoreraient de laisser dire des blagues, même très mauvaises, sur les juifs. Visiblement, ce n’est pas la voie que prend le CRIJF, sous la houlette de son président RICHARD PRASQUIER. Même chose pour les homosexuels, les femmes, les handicapés.

 

 

Même chose, aussi, pour les Arméniens : j'aimerais assez, et pour tout dire, je considèrerais comme tout à fait normal et compréhensible que les Arméniens vivant en France soient eux-mêmes gênés aux entournures par le coup de lèche-cul que les politicards français leur ont fait en l'occurrence. Il faudrait voir à qui le crime profite.

 

 

Je me rappelle une exécrable plaisanterie du clown alsacien ROGER SIFFER : « Quelle est la différence entre un fumier alsacien et un fumier lyonnais (le spectacle avait lieu à Lyon, évidemment) ? ». La réponse était, vous l'avez devinée : « C'est qu'en Alsace, les fumiers n'ont pas de plongeoir ! ». Ouarf ! On s'éclate !

 

 

Minorités de tous les pays, par pitié, laissez dire du mal de vous ! Plus vous laisserez dire, plus ça voudra dire que vous êtes fortes ! Minorités de tous les pays, montrez-vous supérieures à tous les calculs sordides. Le SACRÉ ne se décrète pas à coups de lois. Minorités de tous les pays, ne vous faites pas les flics de la parole et de la pensée. N'ajoutez pas votre pelletée de terre dans le trou où se trouve la démocratie.

 

 

 

Sinon, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Je suggère qu’on fasse une loi pour punir les blagues belges de vingt ans de prison. Ça vaudrait le coup, non ? Et châtier les mauvais qui s'en prennent aux rouquins (voir Egypte ancienne), aux unijambistes, aux sauteurs à la perche, aux automobilistes à contresens, aux réverbères à l'envers, aux sauts de puce. Je vous le demande : de quel droit se moquerait-on des sauts de puce (à la Sainte Luce, les jours rallongent d'un saut de puce) ?

 

 

 

Un cri monte des profondeurs (vous vous rappelez ce que vous chantiez à l'église : "de profundis clamavi ad te") : des lois pour punir, DES LOIS POUR PUNIR, DES LOIS POUR PUNIR. A croire que c'est le point culminant de l'avenir démocratique. Chaque « minorité » doit dire : « Toi, sale politicard que je méprise et qui te mets à mon service pour accéder à ton misérable petit poste de petit pouvoir, satisfais mes exigences forcément légitimes et réprime ceux qui m'humilient, et tu auras droit aux voix de mon groupuscule. Sinon, que la fièvre quarte et la vérole de la Vierge de Guadalupe te patafiolent, la paille en cul et le feu dedans ».

 

 

Car le plus rageant, dans cette évolution inexorable, c’est la raison pour laquelle elle est promue : la ligne bleue de l’élection prochaine, le Graal de politicards vulgaires qui font leur marché en trimbalant de client en client leur bouche en cœur, dégoulinante de « convictions fortes ». « Clientélisme » est un mot décidément trop gentil. Il faudrait des termes plus injurieux, plus proches de la vomissure et de l’étron. Des mots plus sales et plus puants.

 

 

Je me contenterai de traiter tous ces premiers de la classe qui se servent de nous pour leur servir de marmitons, de mitrons et de saute-ruisseau, de qualifier tous ces élèves doués qui ont choisi la carrière de vendeurs de vent d’un seul mot : MINABLES.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

04.11.2011

ENFANCE : A PROPOS D'UNE IMPOSTURE

DE LA BEAUTE D'UN SLOGAN : « JE VEUX APPRENDRE »

 

 

Il existe non loin de chez moi un lieu paradisiaque réservé aux enfants. Il porte le doux nom de « Maison de l’enfance », et le monde entier nous l’envie. Enfin, « paradisiaque », je n’en sais rien. C’est en tout cas l’impression laissée par la décoration extérieure.

 

 

On en acquiert aussitôt le sentiment infaillible que les autorités compétentes ont pris le « problème » de l’enfance tout à la fois aux cheveux, à gauche, à cœur, au mot, au sérieux et à bras le corps (n'en jetez plus !). C’est clair : on ne se fout de la gueule d’absolument personne. Je n'en sais rien, mais il y a fort à parier qu’un tel bâtiment a été inauguré par notre « grand-maire » lui-même, GERARD COLLOMB.  

 

 

L’artiste qui a été rémunéré pour donner au message envoyé par notre « grand-maire » GERARD COLLOMB à la planète et à la ville (traduire Urbi et Orbi) toute l’ampleur esthétique que requiert l’importance du problème, l’artiste, disons-le sans ambages, s’est surpassé.

 

 

Sur les deux pans de murs qui font l’angle des rues Chariot-d’Or et Dumont-d’Urville, il a disposé, en très grand, ce qui ressemble à un dessin d’enfant, avec, sur plusieurs lignes orientées en biais, sans doute pour simuler la touchante maladresse de la main enfantine, une écriture d’enfant à la gloire du bonheur d’apprendre.

 

 

Le couronnement de cette authentique « œuvre d’art » consiste en le visage d’un petit garçon et d’une petite fille pointant leur regard et leur visage rayonnant vers un avenir radieux, autrement dit en haut à droite. Sur une sorte de phylactère semblant sortir de leur bouche, probablement inspiré d’une miniature médiévale, on lit cette phrase où se résume la philosophie de notre « grand-maire » GERARD COLLOMB et de notre époque tout entière : « JE VEUX APPRENDRE ».

 

 

Cette simple phrase, ça n’a l’air de rien, c’est plat, une simple petite phrase simple, affirmative, sujet, verbe, C. O. D., même un enfant est en mesure de la comprendre. « JE VEUX APPRENDRE ». C’est dans ce genre d’occasion qu’on découvre le démesuré des grands sentiments que les adultes éprouvent pour les enfants. Enfin, pas exactement : que les adultes éprouvent à la place des enfants. Ce n’est même pas exactement ça : que les adultes veulent à tout prix que les enfants éprouvent. Enfin : « voudraient » serait plus exact que « veulent ».

 

 

On a vraiment l’impression au premier rabord que l’enfant est de lui-même porté vers et par la volonté d’apprendre. En réalité, il n’en est rien, car la phrase ne veut pas dire ce qu’elle semble dire. L’enfant n’a jamais VOULU apprendre. Simplement, il a consenti à faire ce qu’on lui disait de faire. Et si ça lui a plu, il a continué, il y a même peut-être pris goût.

 

 

Cette phrase signifie exactement ceci : « Enfant, toi qui entres dans cette Maison de l’Enfance que la collectivité a édifiée à ton seul bénéfice, et que notre « grand-maire » GERARD COLLOMB a inauguré sans dissimuler l’immense amour qu’il a mis dans l’entreprise, tu es invité, ou plutôt, tu es SOMMÉ d’obtempérer à l’ordre qui t’est donné par cette petite phrase anodine. Parce que toi, à proprement parler, tu ne veux rien, rien que barbouiller (pardon : dessiner), jouer et courir, si possible en criant ».

 

 

« JE VEUX APPRENDRE », ça illustre bien l’hypocrisie, et je dirai la perversité de l’adulte qui prend ses désirs pour des réalités et voudrait à toute force que ça se traduise dans la réalité. La France dispose d’ailleurs, en la personne de NICOLAS SARKOZY, d’une sorte de modèle du genre : « (je veux) travailler plus pour gagner plus », on a vu ce que ça voulait dire une fois traduit en français profond. « Je veux apprendre », il faut donc le traduire : « tu dois apprendre ».

 

 

Et pour éviter de faire apparaître le principe d’autorité que cache la petite phrase anodine, notre « grand-maire » et ses complices ont fait semblant d’être des enfants. Ils disent : « Tu ne voudrais tout de même pas décevoir toute l’attente et tout l’espoir que nous affirmons fort et clair à nos électeurs vouloir mettre dans notre volonté enthousiaste de construire l’avenir, conformément à nos cent dix promesses électorales. N’est-ce pas, que tu vas faire des efforts pour m’éviter d’avoir menti ? ». La manœuvre est claire : imposer en culpabilisant, en faisant intérioriser  l’ordre qui lui est finalement donné de l’extérieur. Je serais désolé de n’avoir pas été assez clair.  

 

 

C’est de plus en plus évident : le principe d’autorité aujourd’hui est devenu inavouable comme un vice abominable. C’est l’entreprise qui a montré le chemin. On ne parle plus, et depuis longtemps, d’ « employés », mais de « collaborateurs ». Il n’y a plus de « chef du personnel », mais un « directeur des ressources humaines ».

 

 

Moyennant quoi les travailleurs ne vont plus travailler, mais œuvrer à la réussite du groupe. Il ne s’agit plus de remplir une tâche contre  rémunération, mais de contribuer personnellement au développement de l’entreprise. Ce n’est plus seulement le corps qui doit fournir les efforts dus à celui qui paie, c’est l’âme tout entière qui est impérieusement invitée à se confondre avec la tâche rémunérée.

 

 

Chacun sera désormais personnellement impliqué dans le process, et aura à cœur de porter les valeurs propres à l’entreprise. Chacun désirera intimement que l’entreprise se développe à l’export, convaincu au plus profond de lui qu’une dynamique forte permettra de dépasser les objectifs fixés par le dircom.

 

 

Il faut intérioriser ce monde, ce langage, ces notions. Sinon, nous sommes désolés, cher collaborateur, votre implication au sein de l’équipe a été jugée insuffisante par le management, qui se voit au regret de devoir se passer de votre précieuse collaboration et se séparer de votre personne. Croyez bien que nous le déplorons. Autrement dit, le principe d’autorité n’a pas disparu. C’est même le contraire : il est d’autant plus puissant que dissimulé.  

 

 

Au collège, au lycée, c’est la même chose. Le cours magistral ? Une vieillerie. L’autorité du maître ? Un fascisme insupportable. Des devoirs notés de 0 à 20 ? Un abus de pouvoir, et qui plus est dévalorisant. Le maître lui-même ? Au mieux, un animateur, au pire un empêcheur. Faisons donc disparaître le principe d’autorité. Les élèves auront donc désormais les mêmes droits que le maître. Moyennant quoi celui-ci devra, au début de CHAQUE cours, quémander à ceux-là le droit de leur enseigner ce qu’il sait.

 

 

L’autorité a-t-elle pour autant disparu ? Que nenni, messires, que nenni ! Le principe d’autorité aura peut-être déserté l’institution scolaire, et ce beau résultat est en passe d’être atteint. Il s’est simplement réfugié ailleurs. Où cela ? Pas loin : il attend avec sa matraque, juste derrière la porte de sortie de l’école. Il s’est déguisé et a pris d’autres noms : recherche de travail, entretien d’embauche, chômage, etc. Le principe d’autorité, il s’est simplement réfugié dans ce qu’il faut bien appeler la réalité des rapports sociaux.

 

 

Et l’enfant qui entrera dans le monde du travail, ayant été ainsi trahi par l’école même qui était censée lui donner les armes, eh bien si j’étais à sa place, j’aurais vraiment envie, là, de devenir violent.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

15.10.2011

LE TROU DU CUL DE LA PRESIDENTIELLE

Ah on en a croûté, de la « primaire socialiste », jusqu’à plus faim : « Allô, j’écroûte ! Qui est à l’appareil ? – C’est pour un sondage. Alors vous, c’est AUBRY ou HOLLANDE ? – Je veux bien répondre, mais combien ça croûte ? – Le maximum, madame. – Alors j’en veux pas ». Moi non plus. Ça vous donne envie, à vous, le choix entre le pot à tabac et le directeur d’école primaire ?

 

 

De toute façon, vous voulez que je vous dose (dose, parfaitement !) mon sentiment ? Le Grand Orient de France a voté (et fait voter) HOLLANDE. La preuve, c’est que GERARD COLLOMB, quand il a vu qu’à Lyon, c’était AUBRY, il a piqué sa crise, soufflé dans les bronches à son personnel et remonté les bretelles à son équipe. Et c’est bien connu : GERARD COLLOMB, il est un « Grand Orient ». Sans ça, est-ce qu’il aurait été maire de Lyon ? C’est au pied du mur électoral qu’on voit le franc-maçon, non ? Ou plutôt qu’on ne le voit pas. Vous avez déjà vu un « trois points » avouer qu’il « en était », vous ? C’est comme la « jaquette » dans un autre temps : ça se sait, mais ça ne se dit pas.

 

 

Je suis catastrophé : cinq millions de téléspectateurs pour un « débat » télévisé ; deux millions et demi de pélots qui se sont déplacés pour voter ! Normalement, demain, ils devraient être trois millions (puisque  six millions mercredi soir devant le poste). Mais ils sont tous devenus fous ! Ou peut-être que c’est pire : ils y croient encore ! Si c’était ça, ce serait dramatique. Moi, je me suis abstenu. Mais de toute façon, même si je me suis abstenu de m’inscrire au parti abstentionniste, ça ne m’empêche pas de m’abstenir à TOUS les scrutins. Avec force. C'est mon seul moment de militantisme. Quand j’entends le mot « élection », je sors ma canne à pêche.

 

 

Tous ces politiciens qui se font du gras sur le dos de leurs clients et de leurs naïfs, je leur lance un double ultimatum : je recommencerai à voter le jour où 1) – le VOTE BLANC sera un suffrage exprimé à part entière ; 2) – être en même temps maire et sénateur deviendra, au Code Pénal,  un « abus de biens sociaux ». On appelle ça le NON-CUMUL DES MANDATS.

 

 

Il y aurait une troisième condition à ajouter : que la vie d’un citoyen ne se résume pas simplement à glisser toutes les X années un message dans une fente. S’il faut la fermer le reste du temps, on peut virer le mot « citoyen » du dictionnaire. Et quand les bonshommes qui occupent les postes méprisent trois millions de bonshommes qui parcourent les belles rue de nos riantes cités pour défendre les retraites, au simple motif qu’ « ils ont été élus » pour faire ce qu’ils font, je m’étonne qu’il y ait encore, à l’élection suivante, autant de gens pour faire « chauffer les fentes » (je parle des urnes, qu’alliez-vous penser, petits fripons ?).

 

 

C’est vrai, quoi, un bonhomme élu qui exerce plus d’une fonction, toutes fonctions électives confondues, c’est un faussaire et un menteur : les journées n’ont que vingt-quatre heures, jusqu’à nouvel ordre. Si on peut être sénateur (ou maire) à mi-temps, c’est que le boulot est un P. T. T., ben si, souvenez-vous : petit travail tranquille ! Maire à temps plein + sénateur à temps plein (au nom du sacro-saint « ancrage local » évidemment !), mon œil !

 

 

Ils me font bien rire, ceux qui, la main sur le cœur, en appellent au « devoir civique ». Bien sûr que ce serait un devoir, et je m’y soumettrais de nouveau volontiers, si la politique n’était pas devenue ce « cursus honorum », où les dits honneurs sont accaparés et confisqués par un petit nombre de professionnels qui ne tiennent pas à se voir emmerdés par des amateurs qui risqueraient, avec leur honnêteté et leur absence de tout calcul, de les empêcher de faire leur beurre.

 

 

Tant que vous êtes maire de Rimbach-Zell (196 habitants dans les années 1990), vous ne faites de l’ombre à personne. En plus, c’est vous qui faites à peu près tout (courage FREDDY ! tiens bon jusqu’en 2014 !).  Non, là, je ne parle pas des 36.000 maires, en particulier de ceux de ces toutes petites communes, je parle de tous les ambitieux, petits ou grands, qui ont choisi de FAIRE CARRIÈRE dans la politique, avec Paris dans le collimateur, et de devenir, de ce fait même, un MENTEUR PROFESSIONNEL (se reporter à ma note « profession menteur », d’il y a quelque temps).

 

 

Pour revenir à la « primaire socialiste », la nouvelle mouture de la farce politique à destination des badauds ébahis, je vois un signe positif tout de même. Si deux millions et demi de Français se sont déplacés dimanche dernier, c’est que, messieurs les politiciens professionnels, il y a une attente, dans les soutes de la société. Oui, vous êtes attendus au tournant, socialistes ou quoi que vous soyez. Ce n’est pas encore le cirque des « indignados », mais ça commence à frémir à la surface de la casserole. Attention quand l’eau se mettra à bouillir !

 

 

 

 

 

25.06.2011

PROFESSION MENTEUR (3)

Revenons à ceux qui font la pluie et le beau temps politiques en France : le P. S. (le Prout Socialiste) et l’U. M. P. (l’Union Merdique des Pompes). Aux frais de la République, tous ces larrons en foire s’entendent à merveille pour se partager le gâteau (ou le fromage) républicain et pour jouer les adversaires quand un plateau de télévision les met en présence. Car ils jouent, en essayant de faire croire qu’ils ont des « idées », et qu’elles n’ont rien à voir avec celles de l’ « adversaire ».

 

 

Chacun est prié de vendre sa salade avec conviction, et de faire preuve de la plus grande pugnacité dans l’ « affrontement » avec l’ « adversaire ». Ça, c’est la partie la plus variable : certains tandems sont très doués, je dois dire, dans la façon dont ils font semblant de se donner des claques,  pour faire croire qu’ils ne s’aiment pas du tout à cause de divergences de vue abyssales. Chacun est prié d’habiter le mieux possible son rôle : continuer à faire croire qu’une opposition franche sépare gauche et droite de façon irréconciliable.

 

 

Une fois les caméras arrêtées et les micros fermés, le politicien, son « adversaire », le « journaliste » (si si ! Il paraît que c'en est un !) qui organisait la « confrontation »  se remettent à se tutoyer comme d’habitude, comme les vrais copains qu’ils sont dans la réalité, et à se taper sur l’épaule, avant de se retrouver dans une gargote, autour d’une table, et à dégoiser leurs propos « off the record ». Le rideau est tombé, le public est parti, satisfait ou non du spectacle (on attend le sondage pour le lendemain), tout le monde peut enfin « se lâcher ».

 

 

Mais ce théâtre-là, j’ai à présent cessé d’y acheter mon billet d’entrée. Vient un moment où la parodie saute aux yeux, et où la nausée vous monte. Quand j’entends l’un, quelconque, de ces politiciens, je vois trop, sous le plastron, le comédien qui s’efforce de gagner sa croûte. Une des banderoles des « indignados » espagnols proclamait tout récemment, s’adressant à leurs politiciens : « Vous ne nous représentez pas ». Donc, ça commence à se savoir. L’abstention de masse est pour demain.

 

 

Je recommencerai à « accomplir mon devoir civique » (tu parles !) et à glisser mon bulletin dans l’urne à quelques conditions. Par exemple, le jour ou le bulletin blanc comptera comme suffrage exprimé. Ce serait déjà un progrès. Si aucun des pignoufs qui mendient ton vote, ce serait une bonne manière de le faire savoir.

 

 

Par exemple, aussi, le jour où la règle « un homme, un mandat » s’appliquera sans aucune restriction : comment se fait-il que GERARD COLLOMB puisse être à la fois sénateur et maire de Lyon ? La peste soit de ceux qui sont favorables à l’ « ancrage local » de représentants nationaux. Ce qu’on appelle le « cumul des mandats ». Et certains cumulards dépassent allègrement le double mandat. Quelques-uns trustent littéralement.

 

 

Mais « un homme, un mandat », cela voudrait dire aussi que la personne élue, une fois achevée la durée de celui-ci, RETOURNE A LA VIE CIVILE, et laisse définitivement la place. « Un mandat, une seule fois », oui, une fois pour toutes. Cela aurait l’immense mérite de dégager et d’élargir l’horizon, et potentiellement de faire vraiment, authentiquement, participer la masse des citoyens à la vie du pays.

 

 

Il faudrait encore que cesse l’impunité de fait dont jouissent en général les politiciens. Je pense au scandaleux cadeau dont CHRISTINE LAGARDE a fait bénéficier BERNARD TAPIE.

 

 

Un homme, un mandat, cela signifie accessoirement (si j'ose dire) que les politiciens MENTENT, quand ils parlent de la politique comme d'un METIER. Si vous exerciez une profession, on vous laisserait gérer votre entreprise entre vous, mesdames et messieurs.

 

 

Suite et fin au prochain numéro. Plus que quelques gnons à donner.