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mardi, 31 mars 2015

LAURENT JOFFRIN, GRAND MALADE ...

... OU BLAIREAU ACCOMPLI ? 

1/2 

Je ne suis pas médecin, mais à la place de Laurent Joffrin, je me ferais du souci pour ma santé, à commencer par la mentale. Ce n’est pas que je me plaise en la compagnie des écrits de ce monsieur : ce serait même plutôt le contraire. J’ai dit ici, il n’y a pas longtemps (23 mars), tout le mal que je pensais de ses positions, et aussi de sa mauvaise foi. 

Mais son dernier papier (recension dans sa chronique « La cité des livres » du livre de Dominique Nora Lettres à mes parents sur le monde de demain) paru dans Libération du 28 mars m’a tellement confirmé dans la certitude que le « journaliste » (et cogérant et directeur de la publication et de la rédaction, s’il vous plaît) est un illuminé, tout prêt à se convertir à la croyance aux Élohim (les « Raéliens » de monsieur Claude Vorilhon, qui affirme avoir rencontré ces extra-terrestres créateurs de l’humanité quelque part sur un volcan d’Auvergne), longuement évoqués par Michel Houellebecq dans La Possibilité d’une île, que je ne peux m’empêcher de revenir à la charge.  

Je me demande même s’il n’est pas, en grand secret, un lecteur assidu de l’écrivain qu’il dit par ailleurs, je crois bien, exécrer (je me demande même si ce n'est pas réciproque, mais je ne suis pas sûr qu'il soit dans la nature de Michel Houellebecq de pouvoir haïr quelqu'un). J’ai dit récemment qu’on a affaire à un indécrottable optimiste. La caricature archétypale et pathétique de l'Optimiste. 

Il me ferait presque penser, en plus jeune, au vieux gaga de la philosophie française, Michel Serres, capable de s’enthousiasmer devant la prodigieuse rapidité avec laquelle une ado dûment « connectée » est capable de taper à sa copine un message du genre « çui-là jle kif a mor », au point d’appeler cette nouvelle engeance « petite Poucette », avec les yeux humides du pépé attendri qui mouille sa couche sous le coup de l’émotion. 

Il est entendu que monsieur Joffrin laisse à d’autres le soin de se soucier des conséquences de certaines promesses que sont en train de réaliser quelques fous furieux de laboratoires de la Silicon Valley, financés par de richissimes cinglés préparant d’ores et déjà la post-humanité, cette « humanité augmentée » composée d’êtres mi-chair, mi-composants électroniques baptisés cyborg, et autres fantaisies humaines reprogrammables à volonté.  

N’en déplaise à Houellebecq lui-même qui, impatient d’éradiquer le Mal et la souffrance,  semble très intéressé par les expériences de clonage reproductif (voir le livre de Dominique Noguez Houellebecq, en fait, Fayard, 2003) je persiste : cette « humanité augmentée » ne me dit franchement rien qui vaille.

Mais d’après monsieur Joffrin, je suis déjà classé, de ce fait, parmi « les anti-modernes », « les ronchons » (il pense "nouveaux réactionnaires"), tous ceux qui trouvent « de bon ton de dire que dans ce monde déshumanisé, le progrès est désormais un mirage, que la planète se défait, que la technique menace l’homme, que le chaos s’installe ». Oui, monsieur Joffrin sait admirablement quoi faire pour disqualifier et ridiculiser la position de l'adversaire, tout en occultant l'argumentaire précis que recouvre chacune de ces formules. 

Monsieur Joffrin, lui, vote des quatre mains de son esprit en faveur de cet avenir radieux, en optimiste militant et décomplexé, en courtisan prudent, préparant le terrain en vue de l’avènement des nouveaux princes de la planète que ces « progrès » nous fabriquent en grand secret, au service desquels il envisage sérieusement de mettre ses talents de propagandiste, dans un futur assurément aguichant. 

Monsieur Joffrin adhère comme un fou à ce monde en mouvement, ce monde d’innovations toutes plus innovantes que les autres. Il y adhère comme une patelle à son rocher. Ses « lendemains qui chantent » à lui, ils sont là. Il en est tout étourdi, comme le Ravi de la Pastorale des Santons, qui ne cesse de s’émerveiller et de répéter : « Mon Dieu, que ce monde est beau ». 

Comme il chante les "Béatitudes" qui nous attendent dans le monde qui nous est promis, je propose de le surnommer « Joffrin-le-Béat ». 

Voilà ce que je dis, moi.  

lundi, 23 mars 2015

UN TRISTE SIRE ...

… ET UN ODIEUX PERSONNAGE 

Je ne connais pas Laurent Obertone. Il vient de publier La France Big Brother, que je ne lirai pas : cela fait belle lurette que je suis au courant. Je n’oublie pas ma lecture de 1984, il y a longtemps, où apparaît le « Grand Frère », cette simple anticipation que George Orwell appliquait alors au régime stalinien, mais qui, le progrès technique aidant, est devenu le modèle de développement de grands groupes industriels (Apple, Google, etc. …), jusqu’à modeler de A à Z ce qu’il est convenu d’appeler encore une « civilisation occidentale ». 1984 apparaîtrait presque comme l'ébauche grossière et prémonitoire de ce modèle, qui s'est, depuis, merveilleusement perfectionné.

Sans même parler des « Grandes Oreilles » mises en place par la CIA, la NSA et les officines d’espionnage de tous les pays (Edward Snowden, ...), ces firmes ont substitué aux polices secrètes du « Petit Père des Peuples » (PPP, à ne pas confondre avec les Partenariats Public-Privé, ruineux pour les finances publiques, instaurés par Nicolas Sarkozy) l’ordre numérique et marchand qui surveille nos comportements grâce à des logiciels et algorithmes de plus en plus sophistiqués et intrusifs. 

Je n'apprends rien à personne : le moindre pas de la fourmi dans sa fourmilière est cartographié, mis en mémoire, retraçable, inoubliable, ineffaçable. La police n'a plus besoin de poser des questions à des personnes, plus d'interrogatoire à mener : les réponses n'attendent qu'une requête de sa part pour parvenir. 

Avouez que le profilage commercial de l’internaute consommateur et le stockage ad libitum de ses « données personnelles » dans une « ferme de serveurs » aux fins de constituer un réservoir infini de « Big Data », c’est tout de même moins terroriste que le KGB ou le NKVD de Staline. 

Est-ce moins totalitaire ? Je pose la question. Je réponds que, tout bien considéré, une autre forme de totalitarisme pointe ici le bout de l'oreille. Au moins le bout : le nec plus ultra en matière de totalitarisme, celui auquel les masses adhèrent avec enthousiasme.

Est-ce moins totalitaire ? Laurent Joffrin, lui, le cogérant et directeur de la publication et de la rédaction (tout ça !) du journal Libération, répond par une affirmative épanouie, décomplexée, et pour tout dire d’un optimisme enfin libéré de toute entrave : nos chères démocraties n'ont strictement rien à voir avec ça. Exactement ce que Philippe Muray nommait « L'Empire du Bien ». L'insupportable et invivable Empire du Bien. Précisément le fonds de commerce du « journaliste » Laurent Joffrin (il a la carte, mais ...).

Laurent Joffrin ignore de toute la hauteur de sa superbe (et de sapresse,journalistes,journal libération,laurent joffrin,laurent obertone,la france big brother,george orwell 1984,staline,stalinisme,kgb,nkvd,cia,nsa,big data suffisance satisfaite, voir le portrait, ci-contre, qu'il aime afficher dans son journal), le fichage généralisé des individus qui usent des technologies numériques en général et de l'informatique en particulier. Il n'y voit aucune atteinte aux libertés. Il doit se dire : « Ça ne me pose aucun problème, je n'ai rien à me reprocher ». S'il raisonne ainsi, il a de drôles de lunettes.

Dire que Laurent Joffrin, Mouchard de son vrai nom (on se demande bien pourquoi il en a honte, c'est un joli nom, Mouchard, pour un journaliste), n’aime pas Laurent Obertone, c’est un euphémisme. Il y a peut-être des raisons de ne pas aimer Laurent Obertone, si on se réfère à ce que j’ai trouvé sur le monsieur en pianotant devant l’ordinateur. Je n’ai ni le temps ni l’envie de creuser la question. Il faut juste retenir que Laurent Joffrin se paie une page de publicité gratuite en plantant ses ergots de coq dévasté par le multiculturalisme dans le cadavre bientôt froid de son ennemi. C'est dans son journal qu'on la trouve, sous la forme d'une "chronique des livres parus".

Donc, Laurent Joffrin n’aime pas Laurent Obertone (c’est aussi un pseudo, paraît-il). Raison ou pas, mon propos est ailleurs. Il se trouve qu’il mentionne en passant, dans son papier, « l’excellente émission d’Alain Finkielkraut » (« Répliques », le samedi matin à 9 heures sur France Culture). Inutile de dire qu'il la trouve excellente parce qu'il y est invité. Il se trouve que j’ai écouté le début de cette émission. Juste le début. 

Or il écrit, dans la « recension » (le mot « assassinat » serait plus exact, puisqu'il l'intitule d'une façon qui se veut originale et humoristique, et qui est juste infamante et grotesque, voir ci-dessous) qu’il en propose dans Libération de samedi 21 mars : « Il a, ainsi, pu expliquer, une heure durant, sur une radio nationale, que le système médiatique aux mains de la pensée unique l’empêchait de parler ». Je m’inscris en faux, monsieur Joffrin. Je vous prends ici en flagrant délit de mensonge.

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Je ne connais pas Laurent Obertone. Je doute fort, cependant, qu'il ressemble en quoi que ce soit à l'illustre chef de guerre des barbares.

Si Laurent Obertone a été empêché de parler, ce n’est pas à cause du « système médiatique », c’est parce qu’un certain Laurent Joffrin n'a cessé de lui couper la parole dès qu’il ouvrait la bouche pour exposer ses idées. Si celles-ci sont aussi nauséeuses que le pense Joffrin, la moindre des courtoisies à l'égard de l’auditeur que je suis, pour qu'il s'en rende compte par lui-même, c'est de laisser le monsieur étaler en détail ce qui fait son ignominie supposée : sinon, je n’ai aucun moyen de savoir à quoi m’en tenir, à part acheter le livre.

Laurent Obertone n’a strictement rien pu développer. J’ai dit que j’ai écouté le début de « Répliques ». En effet, quand j’ai jugé, au bout d'un quart d'heure, que, vraiment, monsieur Joffrin s’était rendu assez odieux, j’ai coupé. Comment puis-je encore acheter le torchon publié sous l'autorité de Laurent Joffrin ? Peut-être parce que j'y trouve, de loin en loin, de véritables et importantes informations. Que j'estime trop cher payées.

Non seulement l’odieux monsieur Joffrin n’a cessé de couper la parole de l’interlocuteur, mais dans l’article cité ci-dessus, il ment effrontément en affirmant qu’Obertone « a pu expliquer, une heure duant … ». Vous êtes un odieux menteur, monsieur Joffrin, je suis là pour en témoigner. Et ce faisant, vous êtes à vous tout seul une illustration exemplaire de la validité du reproche que Laurent Obertone, selon vous, fait au « système médiatique ». 

La peste soit de ces voix que leur notoriété autorise à s’exprimer sur les ondes ou dans les journaux, et à empêcher de le faire tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Je pense à Edwy Plenel, à Caroline Fourest, à quelques autres, qui viennent jouer les professeurs de morale sur France Culture. Laurent Joffrin appartient à cette même espèce nuisible qui se cramponne aux lambeaux des valeurs qui ont fait la démocratie, la République française, et dont il ne restera bientôt plus que le souvenir.

De derrière ce rempart en mie de pain, ces petits flics de la pensée (assez minables dans leur démarche, il faut le dire) lancent incantations, imprécations et foudres sur ceux qui osent rouler un peu à côté des rails des certitudes orthodoxes, émettre le moindre doute sur la validité du modèle qui les nourrit, remettre tant soit peu en question le bien-fondé des certitudes et du modèle. 

Laurent Joffrin, avec ses semblables, tente de disqualifier, de ridiculiser l’adversaire en caricaturant son message (ici, Laurent Obertone est dénoncé pour l'amalgame qu'il fait entre nos régimes démocratiques et le totalitarisme policier élaboré par Staline). Exemple : « Dans cette société totalitaire, en effet, on a le front de penser, en général, que les hommes sont égaux en droit, que le racisme est condamnable et que les femmes peuvent prétendre aux mêmes droits que les hommes ». Un peu lourd, vous ne trouvez pas ?

Ça lui permet, et d'une, de faire ronfler une fois de plus les grands mots de la doxa, et de deux, de ne pas faire l'effort d'entrer dans les détails, le CQFD servant de point de départ à son raisonnement. En logique, cela s’appelle une « pétition de principe », le raisonnement typique du fraudeur et du démagogue, qui consiste à dénaturer les arguments de l'adversaire pour mieux les anéantir et le faire huer par le public qu'on a ainsi mis de son côté, conquis par la force de l'évidence. 

Comme ses semblables, non content de faire semblant, outrageusement semblant, Laurent Joffrin pratique allègrement la dénégation du réel, au nom, dit-il, des grands principes. L’odieux, ici, est qu’il fait semblant d’oublier que le propre d’une idéologie, c’est de se présenter comme une évidence incontestable, de ne pas se reconnaître comme idéologie, mais de s'affirmer comme vérité. Laurent Joffrin est finalement le parfait exemple de l’idéologue qui, parce qu’il en tire les moyens de sa subsistance, se tient dans le système comme un rat dans son fromage.

Encore quelqu'un qui ne doit pas aimer les livres de Michel Houellebecq.

On a compris que je n'irai pas à l'enterrement de Laurent Joffrin : je ne veux pas entendre l'éloge  que prononcera François Hollande à la mémoire de ce grand « Patron de Presse ».

Voilà ce que je dis, moi. 

jeudi, 29 mai 2014

ENFONCER LE CLOU

 

FRED ZIZI.jpg

POURQUOI DIABLE QUELQU'UN (que je ne nommerai pas) M'A-T-IL OFFERT CETTE PLAQUE EMAILLEE ?

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Tiens, je ne suis pas tout seul à penser que la victoire de Marine Le Pen, si c'est un « triomphe », comme l'écrivait en une le journal Le Monde (voir ici même il y a deux jours), ça a tout du triomphe minable, qui ressemble, si on regarde avec les bonnes lunettes, à un gros pet de lapin.

En ce moment même (29 mai, 8h moins le quart), j'entends Régis Debray, sur France Culture, analyser le succès du Front National aux élections européennes. Selon lui, la cause est à chercher dans l'infinie médiocrité de nos classes dirigeantes.

On trouve par ailleurs en une du Canard enchaîné (28 mai) le même genre d'analyse. Voici :

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Je ne connais pas monsieur Jean-Claude Martinez (et je ne tiens pas à faire connaissance), mais tout le monde appréciera ce qu'il dit de Marine Le Pen. Eh oui, pas des fauves, mais des chihuahuas. Je trouve que ça relativise.

Le tragique de l'affaire, c'est que la France semble paralysée, qu'elle est devenue totalement incapable de produire et de sélectionner de vraies élites. Le tragique de l'affaire, c'est qu'on pourrait se demander si la France elle-même n'est pas devenue un gros pet de lapin.

La production et la sélection des élites ont été confisquées par une usine qui fabrique un seul type d'hommes, copies conformes les uns des autres, très compétents pour constituer des dossiers, mais dénués de convictions politiques, donc incapables de décider correctement. Nous sommes gouvernés par des agents de bureau, qui ne sont là que parce qu'ils ont été premiers de la classe.

Or, comme on sait, la biodiversité est une condition de la survie des espèces. Le clonage politique est une impasse biologique. La reproduction humaine, quand elle est à ce point endogamique sur des générations, condamne la famille à dégénérer.

Tant que les « élites » françaises se prendront pour des élites, alors que la façon dont elles fonctionnent (cooptation clanique, allégeance, mise à l'épreuve) les apparente furieusement à une mafia, je nous vois très mal partis. Tous ces gens entraînent le pays à la déchéance.

Seule la colère .... 

 

mardi, 27 mai 2014

GROSSE COLERE EUROPEENNE

On marche sur la tête. On le savait déjà, mais les élections européennes (je parle de la France) nous font franchir une ligne rouge. C'est facile à trouver, vous ne pouvez pas vous tromper : c'est juste avant d’entrer dans la camisole de force. La douche infirmière et les électrochocs médicaux n’y feront rien. Déjà et d’une, pourquoi faire voter par régions regroupées (sept grandes régions) ? Pourquoi pas un seul scrutin national, pour mettre un peu de simplicité dans l’embrouillamini inextricable qu’est l’Europe à vingt-huit ?

 

Réponse : j’imagine que s’il y avait seulement des listes nationales en France, listes avec soixante-quatorze noms, ça foutrait la merde dans les deux « partis de gouvernement », qui ne sauraient plus que faire de leurs barons. Ce serait une telle bousculade, une telle empoignade, une telle guerre intestine, bref, un tel caca au PS et à l'UMP pour savoir qui passerait devant qui, qu’ils se sont mis d'accord pour préférer, pour réduire les risques de répandre leur précieux sang, ouvrir sept têtes de liste pour placer chacun sept barons avides d'honneurs. Même si l’on apprend plus tard que ceux-ci n’ont jamais mis les pieds à Bruxelles et à Strasbourg, comme c’est probable, au moins, ça diminue les tensions internes. Ouf !

 

Ensuite et de deux, j’ai eu toutes les peines du monde à trouver dans les journaux du lundi autre chose que les pourcentages nationaux, régionaux ou départementaux fournis par le Ministère de l’Intérieur. Pour avoir les chiffres, il faut vraiment chercher (inscrits, votants, exprimés, enfin tout, quoi). 

 

Or si tout le monde s’accorde sur l’importance de l’abstention (je m’enorgueillis de n’avoir pas voté, moi, même que c'est sûrement à cause de mon pauvre quarante millionième de voix que le FN est arrivé en tête), je m’étonne que tout le monde, dans une belle unanimité, enfourche ces canassons (« qu'a na sont pas frais », dit Boby Lapointe dans Saucisson de cheval n° 2), sans se donner le mal de refaire les calculs.

 

Car ces pourcentages sont calculés sur le nombre des suffrages exprimés. Dit autrement : comment jouer à se faire peur et à foutre la trouille aux braves gens ? Rendez-vous compte, un quart des Français prêts à lever le bras droit bien raide en l’honneur de je ne sais quel Führer ! Quinze millions de fascistes ! Au secours ! Et Copé le comique, Copé le désespéré qui y va de son analyse : selon lui, c'est l'expression d'une « immense colère » contre François Hollande ! Ah c'est sûr, il a tout compris, Copé. Ou alors il fait semblant de faire le bourrin.

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LIBÉ ADORE DONNER DANS LE DRAMATIQUE.

C'EST QUE LIBÉ CHÉRIT QUELQUES ÉPOUVANTAILS.

C’est une imposture manifeste (« Une posture magnifique ! », répliquait Ubu à Achras, c’est dans Ubu cocu ou l’Archéoptéryx). Aucun des Valls-Cambadélis-Copé-Fillon n’ayant bien sûr l’intention de se poser des questions sur les vraies causes du phénomène, ils se sont tous mis d'accord pour pousser les hauts cris. Et pour faire semblant de chier dans leur froc. 

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VOUS FAITES ERREUR, M. LEMONDE : LE PAYSAGE POLITIQUE FRANÇAIS EST DÉVASTÉ DEPUIS LONGTEMPS.

CHANGEZ DE LUNETTES.

Alors que le Front National devrait à tous faire moins peur que l’abstention. Mais il est révélateur de constater que, manifestement, toutes les bouches autorisées considèrent l’abstention comme une non-expression. Les abstentionnistes n’existent pas, ainsi en ont décidé les bouches autorisées. Et si l'on se contente de déplorer l'abstention galopante, c'est parce qu'on a une confiance aveugle dans la démocratie représentative : seuls ceux qui font l'effort de mettre leur bulletin méritent d'exister politiquement. Autrement dit la démocratie par délégation. Dans ce système, on me demande juste de renoncer à ma liberté pour la confier à quelqu'un dont j'ignore toutes les qualités, tous les défauts et quel usage il en fera, de ma liberté !

 

L'abstention, seuls quelques journalistes étourdis en parlent comme du « parti majoritaire », mais surtout sans en tirer les conclusions. Si, à la rigueur, on entend parler de perte de confiance, mais ça ne va pas plus loin. Je vais exiger que l'abstention soit décomptée parmi les suffrages exprimés, tiens. Voilà une idée qu'elle bonne !

 

Alors prenons le nombre des « inscrits », pas celui des « exprimés ». Cela donne quoi ? Au plan national, très difficile de savoir. Je suis allé voir les chiffres sur le site du ministère : au moment où j’écris, pas de résultats nationaux ! Voyons donc la grande région « Sud-Est ». Inscrits : 7.981.771. Exprimés : 3.318.163 (bulletins blancs désormais compris, environ 2 %). Ce qui fait à peu près 58 % d'abstention. 60 % avec les blancs. Mais non, ce n'est pas le moment de se poser des questions, on vous dit !

 

La conclusion logique ? Les hommes politiques n'ont pas besoin de l'esprit civique. Ils ont seulement besoin de quelques gogos qui se disent qu'il « faut aller voter ». A quel taux de gogos la machine électorale s'arrêtera-t-elle de fonctionner ? 15 % de votants ? 10 % ? Qui dit mieux ? 

 

Et puis je refais les calculs : si l’on passe des exprimés aux inscrits, Le Pen tombe de 28,18 % à 11,71 %. Ça relativise, non ? Et on comprend pourquoi Valls en reste aux exprimés : le Parti « socialiste » s’effondre de 11,87 % à 4,93 %. Ah ça, je dois dire que ça fait du bien ! Il faut le savoir, dans le grand Sud-Est, le PS attire moins de 5 % des Français en âge de voter. Il faudrait claironner le résultat de ce sondage grandeur nature. Je précise que j'ai pris les chiffres provisoires sur le site du ministère.

 

L’arnaque est donc à plusieurs étages. Passons sur l’absurde complexité qui empile, sur le site ministériel, au sujet de l'Europe, le département, la région, la « grande région » et passe sous silence la dimension nationale, pour nous intéresser à l’arnaque médiatique. Tout le monde se rend bien compte que les deux grandes structures « politiques » (?) du PS et de l’UMP sont absolument cramées à cœur et que, en dehors du Front National, la France est donc un désert politique. Rappelons quand même que le succès actuel du FN a été patiemment préparé, mitonné, élaboré dans les cuisines du PS et de l'UMP.

 

Le FN, franchement, je n’aimerais pas le voir aux manettes. Entre les jean-foutres et les dangereux, on voit bien qui prendrait l’ascendant. C’est à cela qu’on mesure l’état totalement misérable dans lequel est le personnel politique français. Toute la classe politique est paralysée, passant l’essentiel de son énergie, de son temps et de notre argent à « communiquer », à s’observer, à calculer, à élaborer des tactiques, tout en s’efforçant de neutraliser l’adversaire dès que celui-ci prend l'initiative ahurissante de lever un sourcil. Pendant ce temps, les députés allemands élus au Parlement européen travaillent.

 

Et quand le Président commence à manquer d'air ou de daphnies au fond de son bocal, il convoque les caméras et prend son chapeau de prestidigitateur pour en sortir le lapin de la suppression des départements, histoire de donner l’impression qu’il se passe quelque chose. C'est sûr, Hollande ne manque pas d'air. Etonnez-vous que le FN donne aux gens l’impression qu’il existe. Les hommes politiques français, en réalité et en profondeur, sont désespérés, pétrifiés d’impuissance. Il ne savent plus quoi inventer pour exister dans les médias.

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Tout cela est pitoyable, lamentable, affligeant, consternant, navrant, minable, désastreux, funeste, .... La Classe morte est une inoubliable pièce de théâtre de Tadeusz Kantor. Quel grand dramaturge nous écrira La Classe politique morte ? La France n'a pas de problème plus grave et urgent à résoudre. La classe politique française est morte, droite comme gauche. Et on a égaré le luth constellé (« Ma seule étoile est morte et mon luth constellé Porte le soleil noir de la mélancolie »). 

 

Et je mets dans le même sac tous les journalistes politiques qui font semblant de prendre des mots pour des actions et des ectoplasmes pour des hommes politiques. Qui alimentent en carburant la machine à ne rien faire. Qui braquent la niaiserie de leur loupe sur les buts de l'un, les intentions de l'autre (« Serez-vous candidat ... ? »), les ambitions du troisième, les hypothèses du quatrième, les « propositions » du cinquième (car il faut être positif et ne pas se contenter de récriminer, donc on se présente comme une « force de proposition »), .... etc.

 

Les journalistes sont armés de microscopes : c'est excellent pour gonfler les petitesses des clowns avides de pouvoir. Leur pouvoir de grossissement finirait presque par nous faire prendre une poussière pour une planète. Et les hommes politiques sont trop heureux de se faire ainsi gonfler le jabot.

 

Quand absolument tout est à réformer en même temps, on ne réforme rien. On se gargarise de mots. Paralysés, on est. Et puis un jour, ça pète. Je ne souhaite pas. Hollande-Valls-Copé-Sarkozy aura-t-il le courage de se faire greffer les gènes de la vraie intelligence et du vrai courage politiques ? OGM acceptés. J'aimerais bien. Mais j'en doute.

 

Je ne sais quel homme politique allemand déclarait, il y a quelques jours, parlant de l’Europe : « Es macht mich kotzen ! ». Eh bien moi aussi, tout ça me fait vomir.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 15 mai 2014

2/4 MAIGRET JOURNALISTE

Le personnage de Maigret, disais-je dans un billet précédent (hier, si je ne me trompe), est un prétexte. Certes, le métier de Georges Simenon est d’écrire des romans. Mais il est aussi journaliste. La preuve cette série de 12 articles intitulée Escales nordiques, publiée par Le Petit journal du 1er au 12 mars 1931. Les titres en sont très rigolos, je tiens à le souligner. Voir plus bas pour confirmation du fait.

 

Je n’irai pas jusqu’à prétendre que les Maigret sont de mauvais romans policiers, ce serait idiot, ridicule et insoutenable. Mais il faut bien dire que l’intrigue de plusieurs de ceux que j’ai lus est bâtie sur une chute qui a tout l’air d’être parachutée. Je pense par exemple à l'extravagant nid d’espions qu’on trouve dans une boîte de nuit de Liège, dans La Danseuse du Gai Moulin. Une histoire pépère, planplan et apparemment minuscule.

 

Le fait que le crime crapuleux s’ajoute à l’affaire d’espionnage montre que Simenon est un maître du tricotage narratif. Il n’en reste pas moins que cette histoire de plans « d’un nouveau fusil-mitrailleur fabriqué à la FN de Herstal » et de mise à l’épreuve d’un apprenti espion par ailleurs richissime qui a le tort et la faiblesse de s’ennuyer dans la vie, garde des airs assez peu crédibles. 

 

Je dirai que l’intrigue proprement policière (toujours bien tricotée) permet à l’auteur d’appâter son lecteur. C’est d’ailleurs ce qui émerge de temps à autre dans le récit à propos de la « méthode » que Maigret applique dans ses enquêtes. Cette méthode est précisément de ne pas en avoir. Enfin, pas vraiment. On ne peut pas dire en effet que les « deux phases » décrites dans La Guinguette à Deux Sous puissent en tenir lieu. Mettons plutôt une façon d’être qu’une façon de faire.

 

La première phase consiste pour Maigret à pénétrer dans l’ambiance spécifique dans laquelle baigne le milieu social ou géographique où va se dérouler l’affaire : « D’abord la prise de contact du policier avec une atmosphère nouvelle, avec des gens dont il n’avait jamais entendu parler la veille, avec un petit monde qu’un drame vient d’agiter ». Au cours de cette période, « la plus passionnante » pour le commissaire, « on renifle. On tâtonne ». Et quand le juge Poiret lui demande ce qu’il pense de l’affaire : « Je ne pense pas encore. Je tâtonne ». Ça, c’est dans Maigret et le tueur. Mais c’est quand même au chapitre deux, c'est-à-dire dans la partie initiale, où le commissaire patauge encore.

 

Revenons à La Guinguette … La deuxième phase peut ensuite débuter : « Brusquement on saisit un bout de fil et voilà la seconde période qui commence. L’enquête est en train. L’engrenage est en mouvement. Chaque pas, chaque démarche apporte une révélation nouvelle, et presque toujours le rythme s’accélère pour finir par une révélation brutale ». J’avais noté pour ma part cette impression de « tempo accelerando » (voir ici même au 29 avril) produite par la manière dont le commissaire conduit (semble conduire, car c'est évidemment le romancier qui tient les manettes) son enquête.

 

Georges Simenon semble construire ses Maigret comme fait un journaliste d’investigation quand il est en reportage. Et l’auteur fut un tel journaliste. Patrick Kéchichian le confirme en 2008 dans Le Monde (1er août) à propos du Simenon de 1935 débarquant à Tahiti : « Il allait y séjourner deux mois. Largement de quoi s’imprégner, dira-t-on, de cette autre réalité … ». Kéchichian commente ici une édition des textes journalistiques (Georges Simenon. Les Obsessions d’un voyageur, textes choisis et commentés par Benoît Denis). Je relève avant tout le verbe « s’imprégner ». Simenon le journaliste et Maigret le policier appliquent la même « méthode ».

 

Et dans le fond, les enquêtes de Maigret ne sont-elles pas, outre des intrigues policières bien ficelées (quoique plus ou moins convaincantes), des reportages dans les milieux les plus divers ? Celui des marins – d’eau douce ou au long cours – semble être une des prédilections de l’auteur : j’ai l’impression d’avoir fait un tir groupé, avec Au Rendez-vous-des-Terre-Neuvas, Le Chien jaune, Le Charretier de « La Providence », Le Port des brumes. Successivement Fécamp, Concarneau, les canaux, Ouistreham. C’est vrai que beaucoup de titres sont datés d’un « A bord de l’Ostrogoth » significatif : Simenon a navigué et la mer et les marins, il connaît.

 

Toujours est-il que l’imprégnation est à la base de la méthode de l’écrivain comme de celle du policier qu'il a imaginé.

 

Simenon reste journaliste en écrivant ses romans policiers. Et il fait un journaliste du commissaire devenu une grande figure de la littérature policière française. Les enquêtes de Maigret ressemblent un peu à des reportages.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

dimanche, 04 mai 2014

BAUDRUCHES DE FRANCE

LE JOURNALISTE ET LE POLITIQUE (FABLE)

 

Ahurissant non ? Je parle de la mauvaise farce que les députés viennent de nous jouer. Mais si, vous savez : « pacte de stabilité », ça s’appelle. Est-ce que Valls va passer ? Combien de députés socialistes vont se rebiffer au moment de voter ? Ah, être « homme politique » ! Le pied ! L’extase ! En fait qu’est-ce qu’on voit ? Une cour de récréation, où des sales gosses jouent aux grandes personnes. « Toi tu serais de gauche. – Ah non ! C’est moi qui l’ai fait la dernière fois ! – Mais tu serais de gauche pour du beurre ! … ». Etc. Gamins, va ! Des mômes et des mômeries.

 

Je ne leur demande pas d’être des surhommes, ni même des « hommes providentiels ». Je voudrais juste que les « hommes politiques » qui gouvernent la France, ou qui aspirent à la gouverner, soient à la hauteur de la tâche, à la hauteur de leurs ambitions. Bref, à la hauteur tout court.

 

Et ce n’est pas la façon dont ces farces sont commentées par les professionnels de l’ « information politique » qu’on appelle les « journalistes politiques » qui peut nous convaincre que cette hauteur attendue est atteinte.

 

C’est même drôle (hum !) de constater que la vie politique française fonctionne sur la base de ce couple infernal étroitement enlacé qui danse pour nous le même tango dérisoire que celui raconté par le grand Hermann dans Sarajevo Tango, pour dénoncer la lâcheté impuissante de l'ONU, en pleine guerre de Bosnie : l’homme politique est inséparable du journaliste politique, à tel point qu’ils exécutent devant nous un ballet obsessionnel, mais bien réglé. Je dirai même minutieusement codifié.

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ON LES A OUBLIÉS (ET ON A BIEN FAIT) : BOUTROS GHALI, C'ETAIT L'ONU, JE SUPPOSE QUE L'AUTRE FIGURE L'OTAN.

Soit dit par parenthèse, Hermann avait figuré la même lâcheté impuissante de l'insaisissable « communauté internationale lors du siège de Sarajevo par ce qu'il avait appelé des « Gros Doigts Grondeurs », c'est-à-dire ni plus ni moins que des baudruches, mais internationales cette fois. 

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On a entendu de semblables risibles menaces il n'y a pas longtemps, à propos de certaine « ligne rouge », qu'Assad ne devait en aucun cas franchir en Syrie (ça voulait dire la guerre chimique, dans la mouche d'Obaba, pardon, dans la bouche d'Obama. Je ferme la parenthèse et je reviens à mon couple de danseurs mondains tendrement enlacés : le journaliste politique et l'homme de mêmes acabit, texture et teneur en inconsistance. Je me dis que si l'on mesurait le taux d'inconsistance de nos personnels d'élite nationale avant de les autoriser à exercer, ça ferait de la place aux initiatives nouvelles.

 

L’un des partenaires est donc le journaliste franco-français, pour ne pas dire franchouillard. Celui qui est spécialisé dans la relation, l’analyse et le commentaire de ce qu’on appelle la « politique intérieure ». Son instrument favori et principal est le microscope.

 

Ben oui, il faut bien un microscope pour donner à des micro-événements assez d'épaisseur pour faire croire aux gogos qu'il s'agit de vrais événements grandeur nature ! Qu'on se le dise, dans le secret de leur bureau, les journalistes politiques de France sont outillés de microscopes à balayage électronique pour le moins, et même peut-être de microscopes à effet tunnel !

 

C’est le minimum pour observer les micro-événements qui se produisent dans le bouillon de culture qui stagne dans le minuscule bocal où grenouillent un certain nombre de centaines de politiciens qui croient tirer les ficelles du monde, alors qu’ils ne sont que des schtroumpfs qui pataugent dans le marigot ! Des galapiats qui se courent après et se disputent dans la cour de récréation. Aux frais de la République. Sous l'œil microscopique de journalistes dont la rémunération est suspendue à leur art du grossissement à l'infini.

 

Ils se tiennent tous tellement par la barbichette qu’il ne se passe en réalité jamais rien de notable. Disons le mot : en matière de politique intérieure, en France, il ne se passe rien ! Et le plus fort, c’est que le journaliste politique a tout l’air de croire à l’importance effective du spectacle qui se déroule sous ses yeux. Ou alors il sait rudement bien faire semblant d’en être captivé.

 

Parce que je ne sais pas si vous serez d’accord, mais les attractions minable du cirque minable où évoluent les clowns de troisième zone et autres hommes caoutchouc de la politique qui nous gouvernent, les Français en mangent dans les médias plus souvent qu’à leur tour. A croire qu'il n'y a rien de plus important que de disséquer la moindre velléité d'action d'untel ou la moindre petite phrase d'autretel.

 

A en croire les faramineux temps d’antennes et les surfaces imprimées que leurs valets d’écurie (pardon, les « journalistes politiques ») leur consacrent, on pourrait croire que le sort de la planète se joue dans les bacs à sable élyséens, dans les aires de jeux élaborées pour que les gosses de Matignon, des palais Bourbon et du Luxembourg se dégourdissent les jambes à la récréation. Une indigestion !

 

Tout ça parce que les « journalistes politiques » sont armés d’un microscope électronique qui leur permet de faire croire à tout le monde (mais qui y croit vraiment ?), en grossissant dix mille fois les micro-événements qu’ils narrent dans les moindres détails des aspérités et mini-vaguelettes, que le sort de la France dépend des questions qu’ils posent aux gamins qui font du toboggan et du cheval à bascule à la tête de l’Etat. C’est vrai que plus leurs acrobaties paraissent importantes, plus le « journaliste politique » est fondé à se gonfler d’importance.

 

Tas de baudruches, va ! Tas de « Gros doigts Bluffeurs » !

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

vendredi, 25 avril 2014

EUROPEENNES : VOTEZ PROUT !

La Grèce va mieux. Youpi !

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Le Monde daté du 23 avril nous invite à l'optimisme. C'est dans son supplément

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 Mais catastrophe ! Le même jour, dans le corps du journal cette fois, dans la rubrique « International », voilà ce qu'on lit (page 5) :

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Avec, extraite de l'article, une citation synthétisant un point essentiel :

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Je suis perdu. Dites-moi, je vous en supplie, qui il faut croire. Est-ce  Le Monde ? Ou alors est-ce Le Monde ? Quelle main faut-il serrer ? La droite, qui se félicite de la bonne santé des banques ? La gauche, qui présente un bilan de la mauvaise santé des individus ? Eh bien ça dépend de ce qu'on regarde, les vrais gens ou l'argent. Mais on risque de se démancher la vision et de se mettre à loucher.

Belle image de ce qu'est l'Europe : entre les gens et l'argent, l'Europe a fait son choix. Les gens ? Peuvent crever ! L'argent ? Faut le sauver ! Le Monde, lui, se contente de relever, d'enregistrer et de juxtaposer les deux informations. Neutre, on vous dit ! Neutre jusqu'à la moelle des os. Plus neutre, tu meurs ! Comme un Grec ! Stoïque !

Brice Couturier, chroniqueur sur France Culture, a lui aussi fait son choix : il se félicite de la santé retrouvée des banques grecques. Il s'est rangé fièrement du côté de l'Europe. Tant pis pour les Grecs concrets. Brice Couturier n'aime pas les gens.

A la place des Portugais, je me méfierais : la "troïka" s'intéresse de près aux finances (donc aux banques) du Portugal. Faites gaffe, le peuple ! Faites gaffe les vrais gens ! Faites gaffe, les individus vivants ! Quand la structure se porte à merveille et que l'individu agonise, il y eut un temps où il y avait des Hannah Arendt pour appeler ça "totalitarisme".

Une belle preuve que l'Europe telle qu'elle se fait aujourd'hui n'a pas de plus grand ennemi que la chair et les os des peuples, quand ils se permettent de péter de travers. Et même plus simplement quand ils se permettent d'exister. Et je ne parle pas de l'Ukraine.

Un seul bulletin dans l'urne aux européennes : votez

 

PROUT !

 

Et ce n'est pas le rapport que vient de publier Transparency International qui risque de me faire changer d'avis (mes excuses pour le choix du site auquel renvoie le lien : j'ai pris le premier venu, et j'ignore tout du PRCF, même si je me doute "d'où il parle").

 

 

 

 

mercredi, 23 avril 2014

QUE PEUT LE POLITIQUE ?

DE L’IMPUISSANCE DU POLITIQUE 3/4

 

ELLUL 1 JACQUES.jpgLe ministre « compétent », vous savez, celui qui « connaît ses dossiers », n’est donc en soi presque rien. Car ce qu’il a ingurgité avant un débat parlementaire ou avant de se faire cuisiner par une meute de chiens journalistes dressés à montrer les crocs et à caresser ses mollets, ce n’est rien d’autre que de la note de synthèse à la file, jusqu’à en perdre l’appétit.

 

Conclusion : « Je me suis dit finalement : si c’est ça la situation d’un conseiller municipal, qu’est-ce donc pour un ministre qui ne reçoit pas trente dossiers mais trois ou quatre cents ! On se trouve dans la dépendance des services » (Jacques Ellul).

 

Le ministre, tout fiérot et fringant qu’il paraisse, n’est en effet rien d’autre qu’un « premier de la classe » qui continue, trente ans après avoir quitté les bancs du lycée, à apprendre par cœur ses leçons pour les réciter ensuite. Sa seule part de créativité, ici, consiste en la façon qu’il a de « mettre en musique » le texte pondu par ses sous-fifres, chefs et sous-chefs de bureau. Le ministre, par lui-même, n’est rien. A la rigueur un plastron, parfois un faux-nez. En réalité, le ministre n’existe pas. Ce qui existe, c’est l’ADMINISTRATION.

 

Une preuve tout à fait actuelle ? Regardez la bisbille qui vient de faire des étincelles entre le Ministère des Affaires Etrangères et le Ministère de l’Economie et des Finances. Laurent Fabius voulait que tout ce qui relève du Commerce Extérieur soit rattaché au Quai d’Orsay. Des voix « autorisées » jugent cette demande rationnelle et justifiée.

 

Que croyez-vous qu’il arriva ? François Hollande accéda à la requête de Fabius mais, pour ne pas se mettre à dos Montebourg, qui hurlait comme un goret qu’on va égorger, décida que, certes, l’autorité habilitée à diriger ce service serait transférée aux Affaires Etrangères, mais que le dit service serait maintenu physiquement à Bercy. Un coup de pommade pour Fabius, pour que rien ne change et que l’essentiel reste en place. Belle paralysie en perspective.

 

Moralité ? C’est la patte terriblement griffue des hauts fonctionnaires de Bercy qui est la plus forte : quand elle tient une proie, elle ne la lâche plus. Car le poids politique d’Arnaud Montebourg, s’il est certes réel, ne saurait expliquer à lui seul la décision de François Hollande de faire plaisir à tout le monde. Sans doute ce qu’on appelle la « synthèse ». Si François Hollande avait été Salomon, il aurait fait trancher le bébé tout vif pour en donner une moitié à chacune des mères.

 

L’Ecole Nationale d’Administration vomit ainsi chaque année autour d’une centaine d’individus passés maîtres dans l’art de la confection de dossiers, de la rédaction de « notes de synthèse » en vue de la « préparation à la décision ». Inutile de préciser que tous ces « Grands Serviteurs de l’Etat », selon le point d’avancement dans leur carrière, détiennent, du fait du poste qu’ils occupent, ce qu’il est convenu d’appeler un « pouvoir ».

 

Un pouvoir indissolublement lié à la capacité du fonctionnaire à aller au-devant des besoins du politique censé tout diriger. La servilité inhérente à une telle anticipation s'apparente en effet méchamment à l'exercice d'un vrai pouvoir qui ne dit pas son nom.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

mercredi, 05 février 2014

HOLLANDE PIRE QUE SARKOZY ?

François Hollande, impuissant face à ses ennemis (enfin, c'est ce qu’il disait à propos, par exemple, de la « finance internationale », ricanons un peu), se résigne à agir sur des réalités qui ne sont pas hors de son bon vouloir : les lois. Puisqu’on ne peut changer les choses, par exemple cette absurdité logique et mathématique de « l'inversion de la courbe du chômage », raisonne-t-il, on va s'en prendre au vocabulaire : changeons les mots, changeons le sens des mots, réécrivons le dictionnaire où se trouvaient rassemblées les définitions de la société et du sens de la vie en commun.

 

En s’attaquant à ça, il a mis le feu. Et ça l'étonne ! Enfin non : il fait semblant d'être choqué. Il est vrai qu’avec ses débats sur « l’identité française », Sarkozy avait mis en place quelques éléments du brasier. Cela a en effet donné le mariage des homosexuels et l’interdiction du spectacle de Dieudonné. Que la droite de la droite ait profité de l’aubaine pour s’engouffrer dans cette brèche, rien de plus explicable. Mais il ne faut pas oublier qu’ils ne sont pas les seuls. Et qu'il y a des gens normaux qui pensent depuis le début beaucoup de mal du mariage homo (sans être homophobes) et de la censure de Dieudonné (sans être antisémites).

 

Il est vrai que s’il fallait que je me situe politiquement, je serais très embarrassé. Que voulez-vous, dans notre « démocratie par procuration », où l’on demande aux populations d’abdiquer leur volonté entre les mains de « représentants », eux-mêmes pris dans les filets de systèmes ou d’entreprises de pouvoir (des « partis politiques », qui ne sont plus rien d'autre que des machines à arriver au pouvoir) qui détiennent les clés qui ouvrent ou ferment les portes donnant sur les instances de décision, j’ai beau regarder à droite et à gauche, je ne vois personne qui défende une idée plus haute que la somme des officines en présence.

 

Ils baragouinent au sujet « des Françaises et des Français », mais aucun pour parler un peu noblement de « La France ». Ce qu’on appelait autrefois « le Sens de l’Etat ». Je ne fais pas exprès de ne pouvoir me reconnaître dans aucun des guignols qui aspirent au pouvoir ou qui l'exercent présentement. Je reviens à mes trois moutons. Voici le troisième.

 

La troisième et dernière affaire en date que je retiens est celle de l’ « ABCD de l’égalité garçon-fille », lancée par le pauvre franc-maçon Vincent Peillon, accessoirement ministre de l’Education. C’est sûr que la droite (« forte », « dure » ou « extrême », je m’en fous) a dévié la trajectoire de son but initial, en dénonçant ici la théorie du genre. Cela veut dire qu’un certain nombre de connards calculateurs ont loupé une occasion de se montrer républicains. Vous voulez savoir ce que j’en pense ? Eh bien tant pis, je vous le dirai quand même.

 

« L’égalité garçon-fille », vous n’avez pas deviné à qui c’est destiné ? A mon avis, c’est l’évidence : aux populations d’immigrés et descendants d’immigrés qui vivent dans des « quartiers sensibles », essentiellement musulmans, où les filles, quand elles ne sont pas victimes de « tournantes » dans des caves lugubres, préfèrent s’habiller dans des survêtements amples, dans lesquels leurs formes sont suffisamment dissimulées pour qu’aucun petit caïd de onze ans n’ait le culot de les qualifier de salopes et l'envie de leur sauter dessus à plusieurs pour les violer.

 

Sans parler bien sûr de la mini-jupe. Heureuses et libres, dans ce contexte préfigurant la société terroriste que les talibans vont bientôt imposer de nouveau en Afghanistan, doivent se sentir les filles qui ont choisi, hélas, de s’habiller de noir de la tête aux pieds (sans oublier les gants, j'espère). Dans ce contexte, mais dans ce contexte seulement, l’ABCD de l’égalité garçon-fille se comprend et doit être considérée comme une excellente idée. Je vous étonne, hein !

 

Malheureusement pour le gouvernement, pour une fois bien intentionné, cela ne peut en aucun cas être dit officiellement, sous peine d’être aussitôt l’objet d’une QPC, recours auprès du Conseil Constitutionnel comme Question Prioritaire de Constitutionnalité. Les (paraît-il) « Sages » de la République auraient immanquablement censuré, au motif du sacro-saint principe d’égalité qui, considéré et régnant comme un impératif absolu, a déjà commencé à tuer notre pays.

 

Le Cons. Cons. est censé veiller au strict respect (paraît-il, ça reste à voir) de l’universalité des lois. A noter que le problème est strictement le même que lors de l'adoption de la loi sur le voile islamique, où le législateur a été obligé de se déguiser du masque de l'universalité en interdisant à tout le monde (et à toi, et à moi, et à l'autre, etc.) de dissimuler son visage sur la voie publique. On se rappelle les glapissements que cette loi avait suscités.

 

Je m’explique : de même que nul ne peut s'en prendre à des croyances, de même il est rigoureusement impossible de demander aux gouvernants en général et à Vincent Peillon en particulier de dire que ce programme éducatif n'est en réalité destiné qu'aux Arabes et aux Noirs installés en France depuis plus ou moins longtemps.

 

Vous imaginez le schproum gigantesque que ça ferait, la gauche de gouvernement accusée de discrimination raciale ? Les « associations », tout ce qui existe d'antiraciste ou d'antifasciste, toutes les bonnes âmes altruistes des droits de l'homme auraient glapi à la « stigmatisation », péché très à la mode.

 

Vincent Peillon, en instaurant  l’ABCD, selon moi, a donc été obligé de prendre une mesure revêtue du sceau de l’universalité. Et c’est là que ça cloche, parce que si l’on sait dans certains territoires de France que les filles qui se maquillent se font traiter de putes, on sait aussi que ce n’est pas le cas partout ailleurs, et que l’égalité garçons-filles est la règle dans la plupart des lieux.

 

La stupidité paradoxale de ce programme éducatif saute ainsi aux yeux : établi pour une toute petite minorité de la population, bien ciblée sur des communautés imprégnées de la culture islamique traditionnelle, où le statut de la femme est assujetti à la loi masculine, il est obligé, pour éviter les foudres de la censure constitutionnelle, pour ne pas risquer d’être accusé de « stigmatiser » qui que ce soit, de prendre le masque de l’universalité et d'être mis en application absolument partout, au risque de prêcher (et de fatiguer à force de rabâchage) la grande masse des déjà convaincus. Au cas où je verrais juste, je ne m'en dirais pas moins qu'il y a quelque chose de pourri au royaume des borgnes, où ce sont les aveugles qui font la loi.

 

Ensuite, que des escrocs jettent la panique chez des parents d’élèves en mettant sur le tapis la théorie du « genre », je considère ça comme un épiphénomène, qu’il faut être au moins journaliste pour traiter comme un événement majeur. Les journalistes – pas tous – me font penser à ces girouettes que les courants de l’air du temps font tourner sur leur axe, successivement dans toutes les directions.

 

Disons à leur décharge que c’est dû à la féroce guerre commerciale à laquelle se livrent les différents supports médiatiques dans la collecte de la manne publicitaire, guerre qui les oblige à faire le plus de mousse possible pour attirer le consommateur, en espérant affoler les compteurs chargés de mesurer leurs audiences respectives.

 

Pendant ce temps, le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur – l’ordinaire et l’à peu près raisonnable, le citoyen normal, pour résumer – se lamente en vain et se ronge les ongles, s'il lui en reste.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

mardi, 04 février 2014

HOLLANDE PIRE QUE SARKOZY ?

Quand on met le doigt dans les eaux turbulentes de l’actualité, on risque d’y mettre tout le reste et d’être emporté par le courant : eh oui, je ne suis ni sourd ni aveugle, j’écoute et je regarde. Je lis aussi quelques journaux, accessoirement. Mais je promets de tâcher de me consacrer rapidement à des sujets plus plaisants, plus gratifiants, qui n’ont rien à voir avec le puits sans fond de ce tonneau des Danaïdes qu’on appelle « l’actualité ».

 

On a dit pis que pendre de Nicolas Sarkozy. Je n’ai pas été le dernier. A cet égard, je n’ai ni regret, ni remords, et je suis effaré de voir constamment publiées dans la presse, depuis quelques mois, des photos où apparaît la sinistre trombine de ce triste individu, accompagnées de légendes explicites mentionnant son « retour en 2017 » et ses nouvelles « ambitions pour la France ». Ah bon ? Elles sont « nouvelles », ses ambitions ? Comme dit Georges Brassens, « si l’Eternel existe », qu’il le prouve en nous préservant de cette malédiction.

 

François Hollande, lui, a été élu au mépris du fait que je n’ai pas non plus voté pour lui en 2012. J’en tire la conclusion que le suffrage universel a quelque chose de profondément injuste, moi qui ai érigé en doctrine cette profonde maxime que nous devons aux Dupondt, de célèbre mémoire : « C’est mon opinion et je la partage ». On ne remerciera jamais assez Hergé, qui nous a offert cette trouvaille.

 

On se rappelle une accusation, parmi d’autres fort nombreuses, formulée à l’encontre de Nicolas Sarkozy. On lui reprochait en effet d’être « clivant ». Autrement dit de susciter la haine entre Français, entre autres avec son fumeux débat sur la désormais problématique « identité française ». Tout le monde semble l’avoir oublié, maintenant qu’Hollande (son H est-il muet ou aspiré ?) a pris sa place.

 

J’espère qu’on n’a pas oublié sur quels arguments François a remplacé Nicolas, arguments qu’on peut résumer dans la formule « rupture avec la rupture ». La « rupture », c’était le slogan de Sarko en 2007, et ça a marché du tonnerre, les gens y ont cru, pour mieux se retrouver « Gros Jean comme devant » un peu plus tard. « Rupture avec la rupture », si je comprends bien le français, devait renouer avec le « statu quo ante ».

 

Mais là, apparemment, ce n’est pas de compréhension du français qu’il s’agit. Il faut sans doute admettre que le contraire du contraire n’a rien à voir avec le retour à l’état initial. Parce qu’il y a eu de l’innovation entre-temps. « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », comme dit l’autre (ici, « l’autre » s’appelle Héraclite, il faut toujours se méfier de ce que dit « l’autre »). Mais peut-être que Hollande (ou « qu’Hollande » ?) est un lointain descendant d’Héraclite (ou « de Héraclite » ?).

 

Je reviens au « test comparatif » entre ces deux barils de lessive (ne  prétendent-ils pas tous deux laver la vérité plus blanc que blanc ?) que sont François Hollande et Nicolas Sarkozy. On reprochait donc au second d’être beaucoup trop « clivant », d’opposer les Français entre eux et d’exciter la haine. A me souvenir du quinquennat du tout petit homme (je suis gentil, aujourd’hui), je suis amené à penser que c’est tout à fait vrai.

 

Maintenant, que voit-on depuis bientôt deux ans que François Hollande a accédé à la plus haute marche du podium présidentiel ? Franchement, ce n’est pas mieux. On pourrait même dire que c’est nettement pire. Ce type qui nous sert de président, avec sa tête de premier de la classe, bien lisse et arrondi aux angles, a réussi à prendre en vingt mois une belle brochette de mesures dont on fait semblant aujourd’hui de s’apercevoir qu’elles dressent les Français les uns contre les autres, bien plus efficacement que ne l’avait rêvé pour son compte le tout petit homme. J’en retiendrai trois.

 

Je ne reviendrai pas sur le mariage homosexuel (je me refuse à dire « pour tous », puisqu’il était déjà pour tous auparavant), qui continue à me heurter de front, tant il contredit des convictions profondément enracinées, dénuées de toute référence à une quelconque religion ou à je ne sais quelle morale. Je crois qu’on s’est ici servi de l’égalité comme d’un rideau de fumée, pour mieux distendre des liens anthropologiques que l’humanité entretient avec ce que je persiste à appeler la « Nature ». Ajoutons que la loi a été décidée dans l’arrogance de la force que donne une majorité parlementaire. L'adoption du mariage homosexuel me fait valdinguer hors du consensus national. J'en prends acte douloureusement. Mais passons.

 

Il y a ensuite l’ « affaire Dieudonné », dont j’ai déjà parlé ici. J’avoue personnellement que j’ai, depuis toujours, considéré le personnage comme un plaisantin tombé dans ce qu’on appelle aujourd’hui le comique, mais un comique qui ne m’a jamais fait rire. Je n’ai pas suivi sa trajectoire, sinon dans les grandes lignes, que les médias retracent à la hache aujourd’hui, pour simplifier l’explication du « phénomène Dieudonné » grâce au terme « antisémite ».

 

Le résultat est facile à deviner : de même que, pour la presse idéologique tout entière, il y a eu une énorme « libération de la parole homophobe » à l’occasion du mariage homosexuel, il y a eu, à l’occasion de « l’affaire Dieudonné », « libération de la parole antisémite ». Comme de bien entendu, ai-je envie d’ajouter. Tout le monde oublie que, sans l’appel de Valls à l’interdiction des spectacles du personnage, l’affaire aurait gardé sa dimension artisanale d’origine, juste faite pour faire couler le pognon dans la galaxie où évolue la planète erratique du soi-disant comique. Dieudonné peut remercier Manuel Valls.

 

Sur ces deux premiers sujets, donc, qu'est-ce qu'on constate ? Que ce soit à propos du mariage homosexuel ou à propos de l'antisémitisme (supposé ?) de Dieudonné, le gouvernement de monsieur François Hollande, celui qui se revendiquait le « Président Normal », en rupture avec la rupture provoquée par le tout petit homme, a systématiquement jeté du pétrole pour éteindre l'incendie allumé par son prédécesseur (on se rappelle que c'est lui qui a commencé, en instaurant les débats sur l'identité française).

 

Pour mieux dissimuler sa volonté de ne rien changer aux structures et au fonctionnement économiques et politiques du monde, ou pour ne pas avouer sa complète impuissance à le faire, François Hollande a choisi et décidé de reporter son action sur le terrain sociétal, et de brandir le drapeau du sens de la vie en commun pour rassembler sous son panache blanc sa clientèle électorale.

 

Accessoirement, il n'a pas hésité à ébranler des piliers anthropologiques de l'humanité, sous le prétexte fallacieux de la modernisation du corps social. Ce faisant, il a moins accompli la « rupture avec la rupture », qu'il n'a introduit une fracture dans la colonne vertébrale du squelette même du dit corps social.

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LE MONDE DATÉ DIMANCHE 2 - LUNDI 3 FEVRIER 2014

Ah c'est sûr, maintenant, elles peuvent hurler au « réveil de la France réactionnaire », toutes les chorales anti-homophobes et anti-racistes, tous les incendiaires, la militante intégriste de la confusion des valeurs Caroline Fourest en tête ! Ah c'est sûr, François Hollande, avec son air de ne pas y toucher, est remarquable dans le rôle du provocateur à la haine et du pyromane en chef.

 

Eh bien, que le cul leur pèle ! Comme dit je ne sais plus quelle sorcière chez Alfred Jarry : « La paille en cul et le feu dedans ! ».

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

lundi, 03 février 2014

LAÏCITE : ISRAËL ET TUNISIE

C’est entendu, il faudrait que moi aussi je commente un peu l’actualité, que je fasse mon petit « Café du Commerce », que j’ajoute mon grain de sel sur la queue de la pie qui bavarde, qui jacasse, qui nous soûle d'informations, qui nous gave d'événements et qui tente de saturer notre imaginaire avec le spectacle du monde en nous faisant croire qu'il illustre la phrase de Rimbaud : « La vraie vie est ailleurs ». Ma vraie vie à moi, elle est ici. Mais je ne sais pas pourquoi, en ce moment, j’ai le commentaire difficile, l’envie tiède, le goût mou, l’appétence renâclante, la fringale épuisée. Peut-être ai-je par surcroît le besoin satisfait et le désir comblé ? Allez savoir.

 

Il y a sans doute aussi la conscience ou la certitude que, à l’instar de chacune des quarante-trois millions de petites feuilles que les Français se préparent à glisser dans des petites enveloppes bleues puis à laisser tomber dans un cube transparent aux sons lugubres d'un timbre de compteur et d’une voix caverneuse proférant un « a voté » fatidique, ce que je peux dire ici ne sert à rien, noyé qu'il est dans le flot des avis, le déferlement des opinions, la cataracte des idées et l’avalanche des points de vue. Sans parler du foisonnement des jugements.

 

Et ce n’est pas qu’il n’y aurait rien à dire du spectacle du monde tel qu’il s’offre en divers lieux de notre encore belle planète. Tenez, prenez cette innocente confidence faite au premier ministre norvégien par le premier ministre israélien, comme quoi son fils Yair couchait avec la belle Sandra Leikanger. 

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YAÏR NETANYAHU AVEC SA NORVEGIENNE

Je me moque de savoir dans quelles positions variées ils ont accompli la chose. A les voir ici, on se dit qu'ils ne se sont pas trop ennuyés ensemble. Mais l’intéressant dans l’affaire est ailleurs : c’est la réaction des noyaux de fondamentalistes et autres intégristes juifs, souvent membres du parti Shass (que je situerais volontiers à l'extrême-droite de Jean-Marie Le Pen), que des journalistes peu scrupuleux qualifient d’ « orthodoxes ». Je ne vois pas bien ce qui les empêche de les appeler des « fascistes religieux ».

 

Bref, en apprenant les aventures de Yair Netanyahu avec Sandra Leikanger, ce minuscule monde qui fait un bruit énorme s’est dressé sur ses ergots, partant en guerre contre ce scandale innommable. Qu’est-ce qui les défrise à ce point, ces fanatiques ? Oh presque rien, c’est seulement que ça ne se fait pas, à leurs yeux. C’est seulement que Sandra la norvégienne n’est pas juive. Horreur ! Au fait, personne n’a pensé à l'occasion à demander à Anders Bering Breivik, fasciste déclaré, tueur de l’île d’Utoya en 2011 (77 victimes suivant une source), pensait du fait qu’une de ses compatriotes consente à se faire sauter, sans déplaisir apparent, par un juif ?

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ANDERS BERING BREIVIK, FASCISTE ET FIER DE L'ÊTRE

Qu’on se le dise, il est interdit à un juif d’épouser une non-juive. Les juifs intégristes détestent ça. Et mêmes quelques autres, considérés je ne sais pourquoi comme plus tolérants (voir La Vérité si je mens). Le crime ? L'agression ? L'attentat ? Cela s’appelle « assimilation » (en passant, les médias français se gargarisent avec la tisane idéologique qui porte le nom d' « intégration »). Sans entrer dans les détails des prescriptions et proscriptions religieuses, je voudrais juste qu’on réfléchisse à une drôle de comparaison que l’actualité nous met sous les yeux.

 

Regardons un peu du côté de la Tunisie. Qu’est-ce qui se passe là-bas ? Pas grand-chose : après des mois de luttes politiques, de tractations tortueuses, parfois de crimes contre des représentants de la Tunisie démocratique, la Constituante vient d’adopter une nouvelle Constitution. Tiens donc, diable et stupéfaction, c’est le premier pays musulman à rayer de la liste des crimes inexpiables celui d’apostasie, puni de mort en Arabie Saoudite et dans d'autre contrées accueillantes.

 

Ça ne vous fait pas quelque chose, d’apprendre que dans un pays musulman, la religion, non seulement cesse d’être LA source du droit, mais qu’il soit en plus admis de la renier ? Pendant ce temps, tous les pays où le pouvoir est viscéralement uni à la religion font leur possible pour criminaliser sa contestation.

 

Or c’est très curieux, ce qu’on constate : c’est sûr que la Constitution tunisienne, la presse en a parlé. Mais finalement pas tant que ça. Et pas forcément avec la précision souhaitable. Et c’est sûr que le parti Ennahda, les islamistes majoritaires (dans les urnes, mais …), a accepté de laisser le gouvernement à des « technocrates », mais n’en garde pas moins un assez bon appétit de pouvoir.

 

Toujours est-il que la France entière (j’exagère beaucoup) célèbre l’extraordinaire avancée que représente cet article de la Constitution qui décriminalise le rapport des individus à la religion. Tout en ne protestant pas violemment contre les vociférations fascisantes des fanatiques du parti Shass, qui conditionne son adhésion au gouvernement Nétanyahu à son respect de l’intégrité absolue des prescriptions et proscriptions du Livre.

 

Je ne sais pas combien il y a, respectivement, de juifs et de musulmans en France. Il paraît qu’ils sont entre 30000 et 40000 à porter l’étoile de David en Rhône-Alpes. Sur la France entière, les musulmans sont (à ce qu’on m’a dit) plusieurs millions. Encore faudrait-il différencier croyants et pratiquants, mais bon.

 

Ce que je retiens, c’est la différence de traitement : pendant que tous nos démocrates saluent la nouvelle Constitution tunisienne, considérée comme un immense Progrès, parce qu'elle consacre un article à l'effacement des infractions à la religion de la liste des crimes, c'est à peine si l'on entend quelques vagues échos vite assourdis quand des fascistes religieux menacent le premier ministre israélien de lui retirer leur soutien politique s’il persiste à autoriser son fils à baiser avec une femme qui a sans doute, avant de croiser sa route, déjà frayé avec des non circoncis.

 

La différence de traitement, pour ne pas dire la contradiction flagrante, entre les deux faits montre à mon avis deux influences inégales en France, toujours présentée comme la Terre Promise de la laïcité. Mais si la France était à ce point laïque, laïciste ou laïcarde, l’Etat français aurait célébré à grand coup des trompettes de la Garde Républicaine le vote quasi-unanime de la Constitution tunisienne (islamistes compris, alors qu’ils sont légalement majoritaires), avec sa volonté d’instaurer la laïcité, pour la première fois de l’histoire dans le monde musulman !

 

Les ronchons diront qu’il reste interdit, dans ce texte novateur, de s’en prendre au « sacré ». J’en suis d’accord, et l’histoire n’est pas finie. Mais que la France laïque, laïciste ou laïcarde, pays en tout cas où l'on fait si grand cas de la laïcité, n’ait strictement rien à dire sur le statut du religieux dans l’Etat d’Israël, je le dis comme je le pense, voilà qui me semble à la fois inconséquent et assez répugnant.

 

Que des citoyens d'Israël puissent revendiquer fièrement l'idée que l'Etat d'Israël soit admis comme un « Etat Juif », voilà du rétrograde racorni qui dépasse mon pauvre entendement républicain. Que faire des Arabes israéliens ? Sont-ils des citoyens à égalité avec les autres ? Il ne faut pas confondre théocratie et démocratie.

 

Voilà ce que je dis, moi. 

 

 

jeudi, 26 décembre 2013

IRRECUPERABLE

LE MAUVAIS SUJET NON REPENTI

 

Quand j’avais tous les défauts, j’avais honte d’être ce que j’étais. Maintenant que j’ai tous les vices, je me sens infiniment mieux dans ma peau. Et soulagé !.... 

 

Tous les défauts, à la réflexion, ce n’est pas grave : la publicité ne prêche-t-elle pas l’indulgence la plus coupable et la plus complaisante à l’égard de tout ce qui était regardé autrefois comme des « péchés mortels » ? Regardez le message obsédant du sermon publicitaire qui, comme une oraison inspirée par Satan, tombe comme un rapace de la chaire télévisuelle, non seulement le dimanche, mais tous les jours que Dieu fait.

 

Ce ne sont qu’éloges, apologies et dithyrambes tressés comme des couronnes de laurier sur la tête des gourmands, encouragements réitérés aux paresseux, miels doucereux versés dans les plaies ouvertes des envieux, exhortations exaltées à la jouissance sexuelle lancées aux luxurieux de tout poil, légitimation libérale et marchande de l’ambition des orgueilleux, « j’en passe et des meilleurs » (Hernani, III, 6). Il n’y a guère que la colère et l’avarice qui soient bannies des agences de com’, comme trop peu « convenables » et trop évidemment antisociales.

 

En dehors de ces deux exceptions, l’époque actuelle glorifie tout ce qui autrefois justifiait qu’on se rendît chaque semaine dans ce petit édifice en bois établi sur les bas-côtés des églises, pour avouer à un homme vêtu d’une longue robe noire les turpitudes accumulées en l’espace de sept jours, et surtout sept nuits. La grille en bois était supposée préserver l’anonymat des interlocuteurs, mais n’empêchait pas le curé de vous souffler dans le nez son haleine pestilentielle.

 

Quels sont les péchés mortels d’aujourd’hui, maintenant que les confessionnaux ont été fermés ? Y a-t-il aujourd’hui, en dehors des psys, coaches, et autres conseillers en bien-être, des gens faisant fonction de curés, maintenant qu’aucune absolution de quelque péché que ce soit n’est imaginable ?

 

La réponse à la première question est simple : les péchés mortels d’aujourd’hui, qui sont considérés comme des vices rédhibitoires, ont pour nom « sexisme », « islamophobie », « homophobie », « antisémitisme »,  « racisme », « intolérance », « conservatisme ». Je note que le nombre des péchés mortels n’a pas varié : on ne se débarrasse pas si facilement du bagage chrétien porté par la civilisation.

 

Quant aux curés, la première différence est qu’ils ne sont plus nommés par une autorité ecclésiastique légitime, mais qu’ils se sont autoproclamés « autorité », se réclamant de ce que les « journalistes » se sont habitués à appeler d’un drôle de nom générique : « les associations », l’appellation d’ « ONG » étant réservée comme supposée plus noble aux entreprises multinationales du caritatif (CCFD, …), de l’écologie (WWF,…) et des « Droits de l’homme » (Amnesty,…), bien qu’une « association » soit de ce fait même et par nature une « ONG », du moins quand elle ne sert pas de faux-nez, par exemple, à une municipalité, pour des raisons juridiques que je n’ai jamais cherché à approfondir.

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand survient un événement, une parole, un spectacle, qui effleure la « sensibilité » des juifs, ou des femmes, ou des musulmans, ou des noirs, ou des homosexuels, aussitôt se dressent pour venger l’offense, outrées, menaçantes et scandalisées, « les associations ».

 

Les voilà, les nouveaux curés. Ils n’ont pas de soutane. Ils n’officient pas dans des confessionnaux pour recueillir les aveux de culpabilité des pécheurs ou pour absoudre leurs péchés. Ils s’en voudraient, les nouveaux curés, d’absoudre quoi que ce soit. Parce que, s’ils n’ont pas revêtu la soutane pour exercer leur ministère, c’est qu’ils refusent d’être identifiés sous un seul uniforme : il leur en faut deux.

 

Quel est le deuxième, demanderez-vous ? Mais l’uniforme de flic, voyons. « Les associations » sont en effet composées de cette espèce hybride (le mot est à la mode : automobile, OGM, …) qui reste à baptiser. Je proposerais bien de les appeler « curés-flics ». Mais heureusement, outre que l’expression pourrait prêter à confusion, il existe un mot qui synthétise assez bien cette nouvelle entité : le « MILITANT ».

 

Pour le militant, le monde est d'une simplicité évangélique. Il se partage en deux : d'une côté (le sien) les « BONS », de l'autre (le reste du monde) les « MECHANTS ». « Les associations » sont en réalité de véritables petites armées. Le « militant » n’est en effet rien d’autre qu’un militaire sans uniforme. Comme le militaire, il évolue en troupe en suivant son porte-drapeau.

 

L’étendard est en effet l’autre visage du « militant ». Cet étendard porte, brodé au fil d’or sur l’étoffe, un mot ou un sigle qui flamboie au soleil et rayonne partout alentour avec l’ambition d’illuminer l’espace tout entier et d’embrasser l’humanité entre ses bras (qu’il a particulièrement longs), je veux parler de la « CAUSE ».

 

Le « militant » qui combat pour sa « cause » n’existerait pas s’il n’avait pas un ennemi : le « méchant ». Contrairement au curé d’autrefois, le « militant » ne pardonne rien. Son cri de guerre n’est pas « la victoire ou la mort », mais « la victoire ou la victoire ». Son seul objectif est d’éliminer l’adversaire. Sa seule pensée : le « PUNIR ». Et ça tombe bien : il a su mettre les institutions et les responsables politiques dans sa poche.Tout cela peut sembler abstrait. Certains murmurent peut-être : « Des noms ! Des noms ! ». Certains lecteurs habituels de ce blog se doutent déjà de la liste inscrite ici en filigrane. Mais qu’on se rassure, cela viendra.

 

Voilà ce que je dis, moi. 

 

lundi, 17 juin 2013

LE CAS MERIC

 

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FONCTIONNAIRE NAZI. CHEF DU SERVICE CULTUREL DE COLOGNE EN 1938, PAR AUGUST SANDER

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Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de « JNR » ou d’« antifa », ce sont sûrement tous des enfants de chœur prêts à servir la messe, agenouillés en aube blanche en agitant leurs grelots, des angelots inoffensifs et peut-être asexués, dévoués et prêts à aider les vieilles dames à traverser les rues. C’est pour ça qu’ils fréquentent les clubs de muscu et d’arts martiaux, certaines vieilles dames ayant de l'embonpoint.

 

Malheureusement pour Clément Méric, il avait à peine commencé l’entraînement et n’avait pas atteint la taille (il ne « faisait pas la maille ») et la carrure réglementaires pour les circonstances auxquelles il s’est trouvé mêlé. Il ne méritait pas de mourir, c’est sûr, mais il a eu le tort d’être là. Et Esteban Morillo a vraiment frappé très fort. Il était apparemment très bien entraîné. Et il faisait la maille, lui.

 

Quant aux journaux, au milieu desquels Libération s’est spécialement distingué, ils se sont de nouveau illustrés dans l’interprétation des faits. On a eu droit à un festival de « sursauts démocratiques ». Un des aspects tout à fait comiques de leur « couverture » de l’événement (on parle de « couverture » sans doute pour garder l’événement bien chaud) a été un drôle de « constat », fait selon une drôle de grille de lecture. Que n’a-t-on entendu ?

 

Ils nous avaient déjà fait le coup, au moment du mariage homosexuel (vous avez remarqué que je me refuse à appeler autrement ce que tout le monde désigne au moyen d'une généralité euphémisante) et des manifs de Frigide Barjot et consort. Ils parlaient de la « libération de la parole homophobe ». J’avais déjà cru rêver en découvrant que des recoins secrets de la société française recelaient, tapis dans les tréfonds d’antres obscurs, un potentiel dormant de « parole homophobe », qui n’attendait qu’un signal, une étincelle pour se réveiller. Pour se libérer.

 

Les « manifs pour tous » et divers débats parlementaires auraient ainsi suffi pour allumer un mèche qui n'attendait que de faire exploser « la parole homophobe » qui, trop longtemps contenue (par on ne sait quelle magie), n'attendait que cette occasion pour se manifester à l'air libre. A moins que « la parole homophobe » n'ait attendu, comme un fauve hypocrite, que le moment tant attendu de sauter enfin sur sa proie pour enfin la dévorer !

 

Quelle que soit l'hypothèse, j'avoue que je reste épastrouillé et confondu devant l'IDEE géniale. Qui ne repose en fait que sur la capacité pour l'un des deux adversaires de se donner à lui-même le rôle enviable de la VICTIME, et à l'autre le rôle satanisé du MECHANT. En l'occurrence, la victime est homosexuelle et le méchant (tous ceux qui s'opposent au mariage homo) est homophobe.

 

Celui qui a fabriqué, avec les petites mains des boyaux de sa tête, l'expression « libération de la parole homophobe » mérite d'être considéré comme un maître dans l'art de la com. Digne de Stéphane Fouks, Euro RSCG et Jacques Séguéla réunis. Une prouesse dans l'art de fermer la gueule à toute contestation et récrimination, en faisant porter le chapeau du coupable aux soi-disant et a priori homophobes.  A mon avis, ça vaut la trouvaille de la "fracture sociale", si favorable en son temps à Nicolas Chirac. Ou celle de "travailler plus pour gagner plus", qui avait bénéficié à Jacques Sarkozy.

 

Nous n'aurons garde d'oublier cependant "la force tranquille", la "génération Mitterrand" ou "Yes we can". Comme quoi l'exercice de la démocratie est devenu une simple bataille de publicitaires. Mais je ne comprends toujours pas comment l'extrêmement ringard "le changement c'est maintenant" a pu faire élire François Hollande. J'attends qu'on m'explique pourquoi, sur cette base dérisoire (et dont tout le monde savait ce qu'elle valait), un tout petit peu plus de la moitié des votants se sont déclarés en sa faveur.

 

Moi je sais bien qu'il n'y a pas eu de « libération », mais que s'il y eut effectivement « parole homophobe », elle a été sciemment, méticuleusement calculée, provoquée par  François Hollande, qui a mis cette loi au programme, et par tous ceux qui l’ont soutenu, voire qui l’ont poussé à l’imposer, de force et sans vrai débat : « Qui sème le vent … » (proverbe connu). Jouer le rôle enviable de la « victime », de nos jours, est devenu un rôle si gratifiant. Et si je dis "enviable", c'est que ce genre de victime sait qu'il a tous les droits. Parlons si vous voulez de « victime triomphante », ou de « colonisateur victimaire ». Passons.

 

Et voilà-t-il pas qu'avec le cas Méric, ils remettent le couvert, et cette fois ils parlent de « libération de la parole d’extrême-droite » et autre « pensée fasciste », qui auraient été couvées par les « manifs pour tous ». Et allez donc ! Qu'on se le dise : la parole d'extrême-droite était en prison. Frigide Barjot l'a libérée en manifestant contre l'hypothèse qu'on puisse marier du masculin avec du masculin, du féminin avec du féminin. 

 

Je note au passage que c'est une libération dont les sans-culotte de l'égalité ne veulent à aucun prix : la liberté est une bien belle chose aux yeux des adeptes du « mariage pour tous », mais faudrait voir à pas exagérer ! Certains étaient déjà plus égaux que d'autres. Voici le temps des gens plus libres que les autres (puisqu'ils décident de la liberté de ces autres).

 

Quand je pense que je dénigrais Nicolas Sarkozy au motif qu’il coupait violemment la France en deux et qu’il provoquait sciemment la fracture entre les deux camps. C’était d’ailleurs vrai, personne ne peut dire le contraire, puisque Sarko se vantait précisément d’être très « clivant ».

 

Mais on n’avait pas vu à l’œuvre le chef de bureau qui nous gouverne, avec sa suavité digne, son sens lubrifié de la componction et son élocution ravie d’ancien bègue. En matière de clivage, le « capitaine de pédalo » en connaît un rayon, et « Flanby » a parfaitement fait la preuve que, pour ce qui est de monter une France contre l’autre, front à front, il ne « pédale pas dans le yaourt », même avec le grade de capitaine.

 

Pour provoquer la haine des uns pour les autres et retour, François Hollande ne me semble pas malhabile (la litote n'est pas l'euphémisme : elle vise à faire entendre le plus en exprimant le moins). Au moins, François Mitterrand portait sur son machiavélisme le visage de la vérité, même s'il a fait des dizaines de millions de dupes en 1981. Le problème, avec François Hollande, il a tellement mal l'air sincère, que tout le monde est persuadé qu'il est vraiment très bête.

 

Je donne gratuitement ces formules assez brillantes à l'équipe de communicants qui entoure notre lambeau de président. Les deux phrases ne sont pas trop mal écrites, je le reconnais bien volontiers.

 

D’une certaine manière, Hollande surpasse Sarkozy dans l’art de diviser les Français, en usant du même stratagème qu’un certain François Mitterrand qui, par pur calcul politicien, pour affaiblir et diviser la droite, envoya en son temps dans son jeu de quilles un chien nommé Jean-Marie Le Pen.

 

Mais on a peut-être grand tort de donner une aura politique à la mort de Clément Méric. Après tout, s’il n’y avait pas tant de renards gauchistes (???) glapissant au retour des hurlements des loups fascistes (???), la tragique bagarre devant un magasin de vêtements à la mode ne serait pas sortie de la rubrique « faits divers ». Franchement, quelle différence entre les violences réciproques des bandes voisines d’Aubervilliers et de La Courneuve et la confrontation entre les « antifa » et les « JNR », vu le niveau d’éducation politique en vigueur dans ces deux groupuscules ?

 

Et je signale à tous les journalistes qui ont crié à la menace fasciste que, dans leur précipitation, ils ont oublié de rappeler les saccages récents commis par les supporters du PSG au Trocadéro pour fêter dignement le titre de champion de France conquis par le club parisien. Au grand dam du financeur qatari. Ben oui : c’était des « anars » ou des « fachos » ? Chi lo sa ?

 

De toute façon, et je l'ai déjà dit, si le Parti « Socialiste » a conquis bien des terrains réservés autrefois à la droite, c'est parce qu'il a compris que la population française n'en veut plus, de la Révolution, et que ce qu'elle veut a plus à voir avec un rêve de petits-bourgeois qu'avec l'exaltation lyrique et unanimiste des masses ouvrières : elle est en masse passée à droite pour tout ce qui touche le logement, la voiture, le travail, même s'il flotte encore des effluves largement fictifs et illusoires d'une gauche des moeurs et d'un progressisme sociétal (vote des étrangers, mariage homo, ...).

 

Demandez à l'ouvrier chinois, en passe de s'enrichir, s'il n'en rêve pas, de sa voiture. Ensuite, parlez-lui donc un peu de la "conscience de classe". Et puis tiens, demandez-lui donc, à l'ouvrier chinois, ce qu'il penserait de ses dirigeants, s'ils voulaient imposer le vote des étrangers ou le mariage des homosexuels. Ah mais voilà, j'oubliais, là-bas, « ils ne sont pas en démocratie ». Ils sont fous, ces Chinois ! En plus, ils ont des principes ! Ils ont des valeurs ! C'est vraiment une dictature.

 

Pour conclure (il faut bien), il faut savoir ce qu'on veut : si tout le monde pousse à droite, il est mécanique et normal que la droite vraiment de droite s'extrémise, et produise ses petites mains qui n'ont pas froid aux yeux, des mains qui savent, à l'occasion, ne pas se croiser les bras, façon « SturmAbteilungen » (que Hitler, très tôt, en 1934, a "purgées" de Röhm et de quelques comparses lors de la "Nuit des longs couteaux", avis transmis à Serge Ayoub). Quant aux antifascistes, ils font tout ce qu'ils peuvent pour donner davantage de consistance et de visibilité à l'épouvantail qu'ils disent combattre, pour légitimer leurs propres hantises.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

jeudi, 13 juin 2013

LA NOUILLE ET LE RUTABAGA

 

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LIBERATION, POUR MIEUX EMANCIPER LA FEMME, ERIGE LA PIPEUSE EN MODELE

(MAIS "je vois tes dents")

LE PROGRESSISME NOUVEAU EST ARRIVÉ

 

***

J’en étais resté à la logique de notre monde en ruine (Hermann Broch, Logique d’un monde en ruine, éditions de l’Eclat, 2005), qui peut se résumer dans cette forte formule : « Moi d’abord ». J’avançais (avec prudence mais fermeté d'âme) que la norme, c’est d’abord, à l’inverse de cette logique individualiste, la logique majoritaire de modes de vie, de règles, de coutumes, de pratiques sur lesquelles il se fait un consentement général. Le problème du consentement général, c’est qu'il est horriblement compliqué d'en inventorier et énumérer les éléments. Il est plus facile de dire ce qu'il exclut.

 

Tout simplement parce que la norme repose sur un ensemble de choses non dites. Et non dites parce qu’évidentes : c’est le mode de vie, qui peut se résumer dans cette forte formule : « C’est comme ça ». Certes, le consentement général, quand on est français, se visualise dans un drapeau bleu-blanc-rouge, un béret, une baguette, des charentaises . Bidochon, quoi.

 

Bidochon, c’est-à-dire stéréotype. Caricature. Comme on sait, le stéréotype est faux et mensonger. Mais il condense. Il condense peut-être des choses qui ne sont plus, mais il perdure. Il est loin, le temps où Gotlib pouvait faire rire quelques générations autour du personnage de Superdupont, sorte de Superbidochon, mais enfin, il reste une référence. Peut-être même qu'il y a de la vérité là-dedans.

 

C’est cette formule qui permet de faire un départ assez net (mais pas trop) entre le normal et l'anormal. En forçant le trait, on pourrait s’inspirer de ce programme de vie dessiné par des jeunes quand on leur demande comment ils envisagent l’avenir : fonder une famille, avoir un travail, faire des enfants, avoir une voiture, … (authentique, évidemment). On ne se doute pas combien les jeunes sont effroyablement conformistes.

 

Rendez-vous compte : ils veulent faire comme les autres. Ils veulent faire comme tout le monde. Être dans la norme. Il est là, le consentement général. Ensuite, on voit que la mise en œuvre de ce programme revêt l’infinité des formes que revêtent les individus, avec leur histoire personnelle, qui sert de centre à leur univers, comme c’est le cas pour chacun de nous autres, occidentaux.

 

Chez nous, donc, les gens vont sur deux jambes et deux pieds en état de marche, dans leur immense majorité. Chez nous, peu de gens se promènent avec une crête de cheveux verts ou violets dressée, héroïque, au  milieu du crâne rasé. Chez nous, dans leur immense majorité, les gens convolent en justes noces  avec un partenaire « du sexe opposé » (variante : « d’un genre qu’on n’a pas », c’est Guy Béart qui chantait ça, déjà le « genre », on n’en sort pas !). Sinon, ils « cohabitent ». Ah ce verbe qui commence par une question (« quoi ? ») et qui finit par une réponse.

 

On a compris, l’immense majorité de la population est formée de gens dont la vie, dans ses infinies variétés individuelles, est relativement homogène. Appelons cet ensemble « Population Majoritaire ». C'est un animal qui pond un œuf, plein de jaune et de blanc à la fois homogène et divers. Un oeuf baptisé « La Norme ». Comme tout œuf, celui-ci a une coquille, mais un peu spéciale, parce que, ni trop dure ni trop molle, elle est, en fait, plastique.

 

La coquille est faite pour signaler le poste frontière qui signale qu'on va sortir du territoire de la norme. En-deçà, on peut voisiner en bonne entente entre voisins, même quand on ne s’apprécie guère. Au-delà, certains envisagent, par exemple, de marier du masculin avec du masculin. Au-dedans, la forme de tout ça est un peu indéterminée. Au-dehors, les formes se découpent beaucoup plus nettement. Il est plus facile de dire ce qui n'est pas normal que ce qui est normal.

 

Le consentement général forme donc une réalité molle, difficile à saisir. Un exemple : le voisin, on ne le connaît pas bien, mais ça ne viendrait pas à l’esprit de ne pas le saluer dans l’escalier. Ce salut peut être qualifié de normal. Le problème, aujourd’hui, c’est qu’il est de plus en plus introuvable, le « consentement général ». L’œuf majoritaire semble avoir perdu sa coquille. Le blanc et le jaune se sont répandus sur le sol. On patauge dans le glaireux.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

Note : Ben non, pas de nouille, pas de rutabaga. Comme dans Le Parapluie de l'escouade, d'Alphonse Allais, où il n'est question ni de parapluie, ni d'escouade.

 

 

jeudi, 30 mai 2013

TOUT EST POLITIQUE, VRAIMENT ?

 

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ANSEL ADAMS : MONT MCKINLEY ET WONDER LAKE

***

 

Donc, nous venons d’apprendre que le mariage homosexuel est « de gauche ». C’est tout le camp « progressiste » qui a emporté la décision, et la foule de ceux qui ont manifesté dans les rues (18,3 individus selon la police, « en comptant les femmes et les petits enfants », aurait dit Rabelais) ne sont que des « conservateurs », dans le meilleur des cas, des « homophobes » dans le pire, avec, entre les deux, le marécage des « réactionnaires ».

 

Pêle-mêle et dans le même sac, on trouve l’UMP, qui a cru qu’elle pouvait « faire un coup », et l’Eglise catholique, accusée de se cramponner à des valeurs obsolètes et sommée d’enfin mettre sa doctrine à la page, au parfum de l’époque. Elle pourrait répondre comme Cromwell : « Qui épouse son époque sera vite veuf ».

 

Vladimir Poutine cumule sans doute les trois tares à la fois, pour avoir déjà déclaré que la Russie ne laisserait pas adopter des petits Russes par des couples homosexuels mariés. On attend une déclaration de la Confédération Helvétique pour savoir à quoi s’en tenir au sujet des petits Suisses. Je rigole. Je ne devrais pas.

 

Il reste cependant étonnant, dans toute cette affaire, qu’on ait vu s’installer entre partisans et adversaires du mariage des homosexuels le bon vieux clivage, quasi paléontologique, entre une France « de droite » et une France « de gauche », étant donné que les deux partis dominant le champ « politique » (laissez-moi pouffer) sont clairement DE DROITE.

 

Je sais, on va me ressortir de la naphtaline et du formol la momie de Wilhelm Reich, le pape de la sexologie politique qui mettait beaucoup de névroses à l'oeuvre dans la classe ouvrière sur le compte des conditions socio-économiques qui lui étaient faites (je simplifie). Ses livres (La Lutte sexuelle des jeunes (1932), La Fonction de l’orgasme (1927) et bien d’autres) doivent toujours se trouver quelque part. Le problème, avec Reich, c'est qu'il a mal fini, avec sa machine à détecter l'orgone.

 

Je sais, on me dira que « tout est politique », encore que ça se dise beaucoup moins que jadis. Sans doute, rien de ce que nous faisons, disons ou pensons n’échappe à une analyse selon une grille « politique ». Cela au moins me paraît indiscutable.

 

Mais il me paraît tout aussi indiscutable que tout ce qui est humain est « sexuel ». Tout ce qui est humain, « économique ». Tout ce qui est humain, « religieux ». Tout ce qui est humain, « social ». Tout ce qui est humain, « psychologique ». Tout ce qui est humain, « relation au pouvoir ». On n’en finirait pas.

 

Il suffit de choisir sa paire de lunettes et de regarder le monde à travers. Ensuite, ce n’est qu’une question de couleur des verres. Pour choisir la couleur, il suffit d’une petite opération chirurgicale, qui consiste, depuis l’invention des « sciences humaines », à mettre l’homme sur le billot et à le couper en morceaux : une tranche pour le sexologue, une tranche pour le sociologue, une tranche pour le psychologue, une tranche pour ... Autant de tranches que de « sciences humaines ». Servez-vous, le buffet est « à volonté ».

 

Donc, disions-nous, rien de ce qui est sexuel n’est apolitique. Ma foi, pourquoi pas ? Je note au passage que, en tant qu'adversaire du mariage homosexuel, se faire traiter d’ « homophobe » montre bien qu'il y a en jeu quelque chose de plus ; je crois que ça montre que l’enjeu de cette ouverture institutionnelle ne se réduit pas au mariage, mais qu’il s’agit aussi et en plus de faire la promotion de l’homosexualité en tant que telle.

 

Si l'on ajoute à la loi votée la palme d'or offerte à un film chantant l'amour entre deux femmes (La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche), on peut dire que le tableau est complet. Jamais on n’a vu, sur n'importe quelle question touchant la sexualité, un tel battage publicitaire, un tel effort de propagande. Mais si je parle de prosélytisme, de quoi va-t-on me traiter ? Non, il est plus prudent de chanter, avec la vox populi : « Je vous déclare mari et mari ».

 

Un autre indice de cet enjeu : la manipulation de « l’opinion publique ». Il s’est répété, tout au long de la campagne pour le vote de la loi, que les sondages étaient unanimes à trouver dans la population française une approbation du mariage homosexuel par plus de 60 % des gens, parfois plus.

 

Sans parler de la futilité des conditions dans lesquelles sont pratiqués les sondages (j'en ai longuement parlé dans le passé), je lis dans Le Progrès (27 mai pour la "question du jour", puis 28 mai pour la réponse) une statistique légèrement différente. Il est vrai que la question ne porte pas sur le mariage homo, mais sur les manifs "anti". On me dira que ce ne sont que 4064 internautes qui ont répondu à cette « question du jour », mais j’attends qu’on me dise en quoi ce genre de réponse est moins valable que n’importe quel sondage. Et ce qu'il en serait, si la question portait sur le principe lui-même de ce mariage. 

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EN HAUT LA QUESTION, EN BAS, LE LENDEMAIN, LA REPONSE.

LÀ, C'EST PLUTÔT UNE FRANCE CONTRE L'AUTRE.

Mais tous les médias, toutes les autorités, toutes « les associations » nous ont tellement martelé qu'il y a un consensus au sein de la société, qu'on est tout surpris de constater que la quasi-unanimité a tous les caractères d'une fable. Tiens, que pensez-vous de Les Animaux malades de la peste ?

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

mercredi, 29 mai 2013

TROP FORT, GASTON LAGAFFE

On trouve de drôles de choses, certains jours, dans notre PQR. A Lyon, PQR s’appelle Le Progrès. A la page « Faits divers », on tombe sur la photo suivante.

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Elle représente un échafaudage. Elle représente aussi une automobile, immatriculée en Corse. Le conducteur de celle-ci semble avoir confondu celui-là avec son garage, puisqu’il s’y est installé à pleine vitesse, sans avoir eu le temps de trouver bizarre qu’il n’ait pas eu à ouvrir la porte.

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J’entends bien souvent dire que « la réalité dépasse la fiction ». Eh bien non. Au moins pour cette fois. Gaston Lagaffe est en effet capable de bien pire, comme le montrent les quelques vignettes ici présentes. Au début de l'histoire, il vient de déposer sur un pare-brise un mot pour s'excuser d'avoir éraflé la carosserie de la voiture.

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Non, c’est vrai, je reconnais que la réalité peut, à l’occasion, avoir une certaine imagination. Mais pour s’aligner avec le cerveau ô combien fertile de Gaston Lagaffe, la réalité aurait dû se lever un peu plus tôt. 

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En fait, sans un bon auteur, la réalité est paresseuse, et ne parvient qu’exceptionnellement à approcher la suractivité de l’esprit du créateur inspiré, si celui-ci ne lui apporte le coup de pouce nécessaire. 

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Et Stendhal, avec son « miroir promené le long d’une route » (il parle du roman), peut bien la ramener : il est enfoncé, quand l'auteur s’appelle André Franquin.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

Note : on me reprochera de me moquer, alors que c’est une tragédie, le conducteur étant mort dans l’accident (6 h 30 le matin, les deux jeunes sortaient, sans doute beaucoup trop vite, de boîte de nuit, la passagère est quasiment indemne).  Je ne me moque pas, je lis le journal, c’est tout. Quelle idée aussi, la rubrique "faits divers" ? Qu’est-ce que j’y peux, si ça fait marcher la machine à associer les idées. Cette fois, c’est tombé sur Gaston.

 

Pour me faire pardonner, je vous propose de passer une minute (1' montre en main) en face d’un nuage d’étourneaux. Ce qu’aucune fiction n’est capable d’égaler. Et quand vous verrez les aurores boréales en mouvement filmées par S., vous admettrez avec moi que si, la réalité peut vraiment avoir une imagination débordante. Et du souffle.

 

Et puisque vous insistez, voici un nuage d'étourneaux d'un autre genre (si j'ose dire).

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UN LECTEUR INATTENTIF POURRAIT CROIRE QU'ON VA BIENTÔT PARLER DE SOINS PARTICULIERS A APPORTER AUX CHEVEUX LONGS (UNE BRUNE ET UNE BLONDE, POUR NE PAS FAIRE DE JALOUSES).

 

« Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d'une gazelle, qui paissent au milieu des lis. » (Salomon, Cantique des cantiques, I, 4, 5).

 

« Les hommes labouraient d'une main plus profond, les femmes employaient avec à propos les condiments dans la cuisine, les garçons pourchassaient les filles, et chacun priait Dieu qu'il voulût bien consommer la ruine de son prochain. » (Marcel Aymé, La Jument verte).

 

Toutes ces choses n'ont guère de rapport entre elles. J'en suis d'accord.

 

La vie est belle, et c'est tant mieux.

 

 

 

 

 

lundi, 27 mai 2013

PRESSE DE GAUCHE, VOUS AVEZ DIT ?

 

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AINSI, LA VIE D'ADÈLE, LE FILM D'ABDELLATIF KECHICHE, A-T-IL REÇU LA PALME D'OR. TOUT LE MONDE SENT AINSI SOUFFLER LE VENT DE L'HISTOIRE. MADAME HOMOSEXUALITÉ, VIEILLE COMME LE MONDE, SE PORTE COMME UN CHARME. ELLE A TOUTES SES DENTS, DE L'APPETIT, PIGNON SUR RUE, ET TOUT L'AVENIR DEVANT ELLE. ELLE NE SERA SATISFAITE QUE LE JOUR OÙ ELLE « SERA LE GENRE HUMAIN » (paroles de L'Internationale). PENDANT CE TEMPS, JEAN-FRANÇOIS "CHARLOT" COPÉ INVITE LES ANTI-MARIAGE GAY A S'INSCRIRE A L'UMP. IL N'A PAS DIT SI C'ETAIT POUR PARTOUZER. QUEL TALENT ! IL CROIT ENCORE QU'IL Y A DU POLITIQUE, VOIRE DU POLITICIEN, DANS LE SEXUEL ! FRIGIDE BARJOT L'A DANS LE BABA ! ELLE VA POUVOIR ALLER SE FAIRE VOIR. LA PORTE ETROITE (ANDRÉ GIDE) EST DEVENUE ARC DE TRIOMPHE, CELEBRANT L'AVENEMENT DE LA NOUVELLE CIVILISATION. ET ATTENTION : GARE A CEUX QUI RECRIMINENT !

 

***

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Le cas de Libération est différent de celui du Monde. Journal militant et révolutionnaire (et parfois folklorique, avec ses « petites annonces » et ses « notes de la claviste », ses suppléments "Bazooka" alias "Un Regard moderne", ...) au départ, il a peu à peu, comme Le Monde, dérivé en direction du système marchand que ses fondateurs voulaient détruire. Disons qu’il s’est laissé phagocyter. D’autres diront qu’il a déserté le champ de bataille. D’autres enfin soutiendront qu’il a fini par prendre en compte les réalités économiques. Raisonnablement. Voire !

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Mais ce qu’il faut noter, c’est que la décomposition progressive de l’esprit Libé a suivi à peu près une ligne parallèle à celle du Parti « Socialiste », dont la charogne nous « emboconne » (c’est du vieux lyonnais) l’atmosphère. En effet, comme le PS, Libération, en se convertissant à la société marchande, s’est reconverti dans la « gauche morale », dans la « gauche des droits », dans la gauche de l’évolution des mœurs, dans la gauche de dissolution du sens par l'amalgame de tout dans tout.

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Mais ce n’est pas de ça que veulent parler principalement ces deux billets, comme le montre leur balisage au moyen de titres (ou fragments de titres) extraits du journal. Pour bien montrer que celui-ci a renoncé à toute autre ambition que celle de distraire ses lecteurs, et qu'il a emboîté le pas au Canard enchaîné, qui pourrait être son arrière-grand-père, je tente de montrer qu'il pratique systématiquement le calembour, le jeu de mots, les approximations, etc.

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JE SIGNALE AMICALEMENT AU JOURNAL LIBERATION QUE "DRACHME" EST DU SEXE FEMININ

Mais à la différence du Canard, qui prend toujours bien soin de préserver la pertinence de ses jeux de mots, Libération en a fait un simple jeu d’enfants, un jeu de cour de récréation qui se pratique à tort et à travers, à bon et à mauvais escient, bref dans le joyeux bordel d’un n’importe quoi général. Je me souviens, à l'époque du "franc", de cette une : « Le dollar baisse comme une bête ». On dira que j'ai l'esprit mal tourné, du fait que je l'ai retenu. On aura peut-être raison.

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Libé a inventé le « journalisme d’enfantillage ». C'est peut-être tout ce qui reste à la gauche. Ce qui est sûr, c’est que le rapport logique entre le jeu de mots et l’article qu’il annonce est très souvent lointain, assez souvent aussi inexistant. Le sens ? C’est le cadet de nos soucis. Le mot d’ordre ? Humour, clin d’œil complice, on est entre nous, etc. Ce qu'il reste de l'esprit militant, sans doute. « La révolution a fait pschitt ! », dirait un Jacques Chirac.

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Dans les « calembours Libé », il y a à boire et à manger, des bons et des très mauvais, mais il y a aussi beaucoup à chier, beaucoup à se mettre l’index sur la tempe et à renoncer à dépenser 1,60€ par jour. De toute façon, qu'il s'agisse de Libération, du Monde ou du Figaro, quand on voit le nom du propriétaire (Lagardère, Bergé, etc.), on comprend que, puisque la gauche ne sert plus à rien, la presse de gauche n'a plus aucune raison d'exister. C'est peut-être pour ça que les titres de Libération, avec leurs jeux de mots, ont quelque chose à voir avec le bac à sable. Libération sert-il encore à quoi que ce soit ?

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Conclusion : les calembours de Libération, le journal fondé en 1973 « sous l’égide » (dixit wikipédia) de JPS (non, pas John Player Special) sont une bonne indication du sérieux avec lequel la « gauche responsable », la « gauche de gouvernement » envisage le message destiné aux masses laborieuses en vue de leur « libération ». 

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Voilà ce que je dis, moi.

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NOTE : Je n'ai pas évoqué le cas d'autres journaux "de gauche", comme L'Humanité ou d'autres feuilles plus confidentielles. Je n'ai rien contre L'Humanité, j'ai de temps en temps essayé d'y mettre le nez, mais je suis contraint d'avouer le constant échec de ces tentatives, sans que je puisse m'expliquer cette inhibition. Une infirmité, sans doute.

 

 

 

 

vendredi, 30 novembre 2012

L'HOMME QUI REPARE LES FEMMES

Pensée du jour :

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"GRILLE" N°7

« L'homme meurt en faisant "couic" sous le couteau. Ou alors en hurlant. Il meugle comme un boeuf. Par désespoir, par nostalgie. Il lui semble qu'il est frustré. Tout allait commencer, tout cessa. On lui fait ça. On ose. Il en est stupéfait ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

Pendant que deux sales gosses de l’UMP font tout pour empêcher l’autre de s’approprier son jouet, le sable du bac dans lequel ils jouent se couvre de sang virtuel. Le sang réel, lui, il coule (entre autres) en Afrique. Et plus précisément (entre autres) dans une région qui s’appelle le Nord Kivu. C’est au Congo, dans le nord-est, près du Rwanda et de l’Ouganda, là où se trouvent de grosses réserves de « coltan » (colombite + tantalite). Il paraît que sans lui, il n’y a plus de smartphones, de tablettes et autres joujoux. Il est donc évident que ce soit la guerre.

 

 

Drôle de région, si vous voulez mon avis : pendant que, d’un côté, les restes de l’armée officielle de RDC épargnent une maison au bord du lac Kivu, où veille une simple gardienne, le mouvement M23 (ou les Maï-Maï, ou d’autres bandes) fait régner la terreur dans les villages. La cible ? Tout ce qui est FEMME. Dans cette région, les hommes ont érigé le viol des femmes au rang d’activité industrielle. Une simple modalité parmi d'autres de la guerre qui s’y pratique depuis une quinzaine d’années.

 

 

On se dit que cela ne peut se passer qu’en Afrique ? Mais non : rappelez-vous 1991, Vukovar, la Yougoslavie, MILOSEVIC, les sinistres VOJISLAV SESELJ, RATCO MLADIC et consort. Pour construire la « Grande Serbie », ce fut, entre autres, leur façon de faire la guerre (au Croates, aux Bosniaques, etc…) : violer les femmes, et pas pour soulager leur libido frustrée. Au contraire : ça faisait partie intégrante de la (pardonnez-moi) « stratégie ». La libido n'était peut-être pas absente, après tout.

 

 

Mais au Congo, apparemment, il y a deux sortes de femmes : d’un côté, Madame KABILA, propriétaire de la maison citée ci-dessus, et de l’autre toutes les femmes. Je veux dire toutes les autres. Il faut dire que c’est au fait que Madame KABILA est propriétaire dans la commune que celle-ci doit de bénéficier d’une ligne à haute tension et des bienfaits de la fée électricité, un bienfait assez rare dans le pays. Qui se plaindrait ? Au passage, KABILA, c’est le nom du Président de RDC.

 

 

Mais foin d’entrée en matière : parlons des autres femmes. Et en particulier d’un homme. Il s’appelle DENIS MUKWEGE. Il est médecin. Il a fondé un hôpital dans une ville appelée Panzi. Quelle n’est pas sa surprise, le 25 octobre dernier, en rentrant chez lui après sa journée de travail, de se voir braquer une kalachnikov sur la tempe ! L’homme s’apprête à tirer. 

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LE DOCTEUR DENIS MUKWEGE

Soudain, un employé de l’hôpital se précipite sur le tueur, qui se retourne, et l’abat de deux balles. Le Docteur MUKWEGE ne doit la vie qu’à la confusion qui s’ensuit. Ça tire, il est couché à terre, le commando s’enfuit au volant de la voiture familiale. « Miraculé. J’en suis au sixième attentat par balles », déclare-t-il doucement.

 

 

« Pourquoi tant de haine ? », demande l’incrédule. Très simple : ce gynécologue (qui est aussi pasteur, nobody’s perfect), qui pensait avoir ouvert son hôpital pour s’occuper de mise au monde, de suivi des femmes enceintes, éventuellement de césarienne, voit arriver une femme dans son hôpital tout neuf, un jour de septembre 1999. Des soldats l’ont violée. Mais ça ne suffit pas : pour faire bonne mesure sans doute, son « appareil génital avait été déchiqueté par des balles tirées dans son vagin » (excusez-moi, je cite).

 

 

Ce n’est que la première d’une longue série. « Mais à la fin de l’année, j’en étais à 45 cas », dit le docteur. En 2000, 135 cas sont comptabilisés. En 2004, il y en a 3604. Visiblement, les gars sont contents d’avoir trouvé un "truc". Une idée à creuser, quoi. « Le viol était devenu une arme de guerre ». Les clitoris étaient coupés, les seins, les lèvres, les nez sectionnés.

 

 

« Et le viol s’est répandu. Utilisé par tous les groupes armés, les rebelles hutus et les combattants maï-maï, les soldats rwandais et les forces gouvernementales congolaises, et aujourd’hui les insurgés du M23 ». En treize ans, le docteur MUKWEGE a opéré plus de 40.000 femmes violées et mutilées. Au Congo, il parle de 500.000 femmes violées en seize ans.

 

 

Là, je suis désolé, mais je suis obligé de laisser parler le docteur, faites comme moi, accrochez-vous bien : « J’ai vu des vagins dans lesquels on avait enfoncé des morceaux d’arbre, de verre, d’acier. Des vagins qu’on avait lacérés à coups de lames de rasoir, de couteau ou de baïonnette. Des vagins dans lesquels on avait coulé du caoutchouc brûlant ou de la soude caustique. Des vagins remplis de fuel auxquels on avait mis le feu ». Ce n’est pas fini.

 

 

Car la journaliste insiste : « Il a soigné une femme qui, enlevée avec ses quatre enfants par un groupe armé pour devenir leur esclave sexuelle, a appris que le plat étrange qu’on l’avait forcée à avaler était constitué de trois de ses enfants. Il a tenté pendant des heures de reconstituer le vagin d’une petite fille de 3 ans que des sexes barbares avaient saccagé, lors d’un raid nocturne sur un village ». Personnellement, je me serais passé des « sexes barbares », tant la réalité du fait se suffit à elle-même, mais bon. On comprend mieux l'acharnement des violeurs de femmes à tuer le docteur DENIS MUKWEGE. En quelque sorte, il gâche le métier.

 

 

Ce qui anéantit le plus le bon docteur (L’Homme qui répare les femmes, COLETTE BRAECKMAN, André Versaille éditeur), c’est le silence assourdissant des instances internationales. Y a-t-il une « communauté internationales » dans l’avion ? La réponse est non. Car la "communauté internationale", en 1994, est intervenue au Rwanda quand, au 800.001 ème mort, elle put coller sur la chose le mot "génocide". Pour la Syrie, c'est un peu la même chose, mais les enjeux ne sont pas les mêmes, et ça, ça ralentit la "communauté internationale".

 

 

Vous comprenez pourquoi je persiste dans l’achat quotidien du journal Le Monde ? Tout simplement parce qu’ARIANE CHEMIN (voir ma note d’hier) et ANNICK COJEAN (dont l’article, sans doute rédigé à partir d’un entretien avec le docteur MUKWEGE réfugié quelque part, nourrit celle d’aujourd’hui) correspondent trait pour trait à l’idée noble que je me fais (malgré tout) des gens qui pratiquent le métier de journaliste. Merci à elles.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 29 novembre 2012

UNE SORTE DE MAFIA SOCIALISTE

Pensée du jour :

 

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"SILHOUETTE" N°17

« C'est ainsi qu'à la suite de traités "culturels", ou commerciaux, avec la Chine, nous allons recevoir des morts. On ne peut guère offrir que ce qu'on a. Il ne faut pas attendre de Pékin du chevreton ou de la fourme à points bleus. En revanche, nous aurons des "pièces anatomiques". (...) Nous aurons donc des cadavres chinois. Malheureusement, nourris exclusivement de riz, ils ont les os extrêmement frêles. C'est une constatation que tous les médecins ont faite depuis la guerre russo-japonaise : le mangeur de riz a l'os cassant. On l'enverra en "colis fragile". Les petits cadeaux entretiennent l'amitié ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

C’est vrai, je le reconnais, je l’avoue, depuis quelque temps, j’ai tendance à délaisser ici ce qui se passe autour de nous, à commencer par les feuilletons en cours en Syrie, en Israël-Palestine, ailleurs sûrement. Tiens, au fait, ça fait très longtemps qu’on n’a pas entendu parler de monsieur ROBERT MUGABE.

 

 

Peut-être qu’il ne s’y passe rien, au Zimbabwe, depuis qu’il a lancé la chasse aux blancs, enfin, la chasse aux terres cultivées par les blancs, au motif que c’était de l’accaparement hérité des colonies, et depuis que ces terres, après le départ de leurs « propriétaires » (on n’ose plus dire ça), sont tombées en friches et devenues improductives, obligeant constamment le pays à demander l’aide internationale d’urgence. Plus simplement, c’est sans doute qu’aucun organe de presse n’estime intéressant d’envoyer un journaliste à Harare.

 

 

Autrefois, les informations, ça s’appelait « les actualités ». Et c’était déjà de la propagande. Aujourd’hui que la hiérarchie des valeurs a été passée à la moulinette télévisuelle, et à la rubrique des « étranges lucarnes » (dans Le Canard enchaîné), le pire côtoie sans pudeur le meilleur, avec néanmoins une préférence marquée pour le premier des deux. Mais je ne vais pas faire mon Don Quichotte et me lancer dans une énième (et vaine) offensive contre la « machine à mouliner du vent » qu’est la télévision.

 

 

Devenue un véritable mode de vie, la télévision constitue une sorte de pilier, qui structure l’existence d’une part non négligeable de la population humaine de la planète, y compris dans les pays musulmans, où elle a été admise comme sixième pilier de l’Islam, avec Al Jazira. Je ne vais pas me faire que des amis, mais c’est vrai ça : je ne vois pas pourquoi quelques milliards de musulmans n’auraient pas droit au déluge de propagande qui s’abat sur l’humanité souffrante par le biais de ce que beaucoup de naïfs persistent à considérer (et tous les pouvoirs à présenter) comme un « merveilleux outil d’éducation et d’information ».

 

 

L’actualité aujourd’hui ? C’est cette envoyée spéciale qui passe toute une journée devant la porte d’un juge bordelais en train d’auditionner un certain NICOLAS SARKOZY et qui, n’ayant rien à dire, puisqu’il ne se passe rien, se contente d’avoir froid devant la caméra. C’est aussi La Course du rat (excellente BD de LAUZIER), où parti socialiste,françois hollande,afrique,robert mugabe,zimbabwe,syrie,israël,palestine,juifs,le canard enchaîné,don quichotte,télévision,musulmans,islam,cinq piliers de l'islam,nicolas sarkozy,jean-françois copé,françois fillon,ump,crise,manuel valls,alain bauer,stéphane fouks,grand orient de france,julien dray,ségolène royal,dominique strauss-kahn,jean-christophe cambadélis,le monde,journalisme,presse,ariane chemin,police,françois mitterrandJEAN-parti socialiste,françois hollande,afrique,robert mugabe,zimbabwe,syrie,israël,palestine,juifs,le canard enchaîné,don quichotte,télévision,musulmans,islam,cinq piliers de l'islam,nicolas sarkozy,jean-françois copé,françois fillon,ump,crise,manuel valls,alain bauer,stéphane fouks,grand orient de france,julien dray,ségolène royal,dominique strauss-kahn,jean-christophe cambadélis,le monde,journalisme,presse,ariane chemin,police,françois mitterrandFRANÇOIS COUILLON et FRANÇOIS FRAPPÉ veulent s’asseoir à la place du calife, en vue de devenir le Sultan (rien de moins) en 2017. Je me dis que le fromage doit avoir un goût délectable.

 

 

L’actualité aujourd’hui ? On en apprend, du joli, sur la mafia politique qui nous gouverne en lisant un excellent article sur une des plus vieilles amitiés politiques qui soude trois lascars (dans l'ordre, MANUEL VALLS, ALAIN BAUER, STEPHANE FOUKS), dont l’un est assis dans le fauteuil de ministre de l’Intérieur, dont l’autre, longtemps plus en retrait, s’est fait bombarder (par son alors récent copain NICOLAS SARKOZY, et, évidemment dirons-nous, au mépris des procédures habituelles et au grand dam des universitaires, ça vous étonne ?) professeur à une chaire de criminologie après avoir présidé aux destinées du Grand Orient de France, et dont le troisième, à la surface de notoriété médiatique encore moins vaste (coprésident de Havas quand même !), s’est dès longtemps spécialisé dans la « communication politique ».

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LES "FRERES" RIGOBERT BAUER, NEPOMUCENE ROCARD, WILLIBALD VALLS, LADISLAS FOUKS, EN SOUTANE DE MAÇONS D'ETE, LE 9 JUIN 1985

Le premier fait parler de lui presque tous les jours dans les cercles qui le croyaient « de gauche », et qui découvrent sans cesse que plus il agit en tant que ministre, moins il l’est, « de gauche ». C’est évidemment MANUEL VALLS. Monsieur ALAIN BAUER a très tôt formé le projet de devenir Grand-Maître du Grand Orient, le top de ce qui se fait en matière de mafia franc-mac. Quant à STEPHANE FOUKS, il ferait presque pâle figure, sauf qu’en matière de com’, il s’y connaît, et l’on peut dire qu’il se sent là, tout de suite, comme un poisson dans l’eau : responsable étudiant, il savait comme personne remplir une salle. C’est peut-être un talent, après tout.

 

 

Tout de suite, ils se partagent le marché politique, comme savent le faire des « parrains » qui jugent la paix préférable pour la prospérité des affaires. Tout de suite comme des vieux routiers. Ont-ils vingt ans, quand ils se retrouvent à la cafétéria de Tolbiac ? « Moi, je rêve un jour d’être grand maître ». « Moi je ne veux pas forcément faire de la politique mon métier ; j’aime la communication ». « Moi, j’aime la France, j’aimerais bien devenir président de la République ». Vous les avez reconnus ? C’est un certain JULIEN DRAY qui témoigne, vous savez, celui qui a récemment fâché SEGOLENE ROYAL en invitant DOMINIQUE STRAUSS-KAHN à son anniversaire.

 

 

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS y va aussi de son témoignage : « Chacun des trois avait déjà un morphotype : communicant, agitateur politique et, au choix, flic ou homme de réseaux. (…) Aux Jeunesses Socialistes, ils ont chacun une tâche : Manuel, la politique et la vie publique ; Bauer, la tactique et les manœuvres d’appareil ; Stéphane la communication ». Ces messieurs sont convenus de ne pas se marcher sur les pieds.

 

 

Ces trois-là viennent de fêter leurs 150 ans (sic ! Ils sont nés en 1962, sauf FOUKS ?) en « privatisant » les deux étages du restaurant Drouant (celui du Goncourt), et en invitant une bonne centaine de personnes : « Des patrons, des pontes du renseignement, des politiques, autant de cercles qui s’emmêlent tandis que sur les tablées le bon vin abolit les frontières ». « On offre des livres rares, des alcools forts millésimés ». Dans le trio qui invite, la personnalité la plus « intéressante » est peut-être celle d’ALAIN BAUER.

 

 

Le site wikipédia le présente comme un « consultant en sécurité » (on n'est pas plus pudique). Né en 1962, il est socialiste à 15 ans. Trente ans plus tard, il devient conseiller de SARKOZY. Sa spécialité ? La police. Plus précisément, les relations dans la police. Devenu vice-président de Paris-I-Tolbiac (en 1982, tiens, tiens), il suscite ce commentaire admiratif : « Quand on a vu Bauer arriver à la fac avec sa voiture et son chauffeur, on s’est dit que, là, il avait des réseaux qu’on n’aurait jamais, même à 50 ans ». En 1982, il avait 20 ans. Entre parenthèses, ça en dit long sur le Parti Socialiste de FRANÇOIS MITTERRAND, et bien avant sa victoire de 1981.

 

 

Le plus « intéressant » dans cette carrière « intéressante » me semble être le fait que monsieur ALAIN BAUER illustre à merveille une notion très à la mode : le RÉSEAU. Avec ALAIN BAUER, si vous additionnez le réseau FRANC-MAÇON, le réseau JUIF, le réseau POLICIER et le réseau SOCIALISTE, vous obtenez un « carnet d’adresses » épais comme un Bottin de Paris dans les années 1950 (minimum 15 cm sur papier fin). ALAIN BAUER est à lui seul une incarnation du concept de RÉSEAU. Sa personne est un LOBBY. C'est très fort.

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Cet homme est à lui seul une agence d’influence. Et je vais vous dire : les idées politiques, franchement, il n’en a rien à cirer. Et je vais vous dire mieux, il ne faut pas chercher ailleurs les "idées" (si par hasard ce sont des idées, et non de simples moyens de gouvernement) que MANUEL VALLS met en application maintenant qu’il est ministre : ALAIN BAUER, son vieil ami, enseigne à l’EOGN (officiers de gendarmerie) et à l’ENSP (cadres de la police). J’avoue que je n’ai pas lu les ouvrages de monsieur ALAIN BAUER. Honnêtement, quand ils ont paru, je faisais autre chose, j’étais en plongée sous-marine, sans doute.

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SURPRISE ! ANDERS BERING BREIVIK, TUEUR NORVEGIEN, EN TENUE DE "FRERE"

EST-CE UN MONTAGE ? JE ME POSE LA QUESTION.

Merci à ARIANE CHEMIN, pour la qualité de son article du Monde. Alors ça, oui, c'est ce que j'appelle du journalisme !

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

dimanche, 11 novembre 2012

UN TOUR DANS L'ÎLE DU SOUVENIR

Pensée du jour :

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"POURTRAIT" N°1

 

« L'homme se prouve par le chapeau mou, qui le distingue des autres primates. Mais, même prouvé par le chapeau mou, l'homme a beau être réellement homme, l'Italien l'est encore plus que lui. D'abord parce qu'il ajoute des plumes au chapeau mou, des plumes vertes qui font lyrique. Rien n'est plus beau que de le voir se marier dans cette parure ornithologique. En chantant Sole mio. On dirait l'oiseau-lyre. J'ai eu ce bonheur en Italie. C'est un tableau qu'on n'oublie pas ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

Je ne peux pas laisser passer un 11 novembre sans ajouter mon petit gravier à l'édifice national commémoratif, n'est-ce pas ? J'invite d'abord le lecteur à faire un détour par les albums ci-contre, ne serait-ce que pour marquer le coup, en faisant observer que je me suis arrêté aux communes françaises dont le nom commence par la première lettre de l'alphabet, et que je n'ai inséré qu'une faible partie (139 photos) des 942 images dont je dispose. Je me suis permis d'ajouter un album des photos que j'ai prises au cours de mes pérégrinations en France et autour de Lyon.

 

 

 

GEORGES BRASSENS chante : « Un 22 septembre, au diable vous partîtes, Et depuis chaque année, à la date susdite, Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous, Mais nous y revoilà, et je reste de pierre, Pas une seule larme à me mettre aux paupières. Le 22 septembre, aujourd’hui, je m’en fous ». J’espère que nul Européen ne cédera à cette tentation du désamour, s’agissant du premier suicide de sa terre natale.

 

 

Car il s’agit bien de la guerre de 1914-1918, et la chanson de BRASSENS n’était qu’un prétexte pour parler à nouveau de la « Grande Guerre », de la « Der des Der », bref, de la Première Guerre Mondiale. Et cette guerre n’a jamais été Un long dimanche de fiançailles (JEAN-PIERRE JEUNET, 2004, avec AUDREY TAUTOU), non, elle fut le premier « long suicide européen ».

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JE N'INVENTE RIEN : JE TIRE CE TABLEAU DE LA REVUE BT2

(n°53, novembre 1973, revue du réseau CELESTIN FREINET)

 

Un suicide intrépidement poursuivi en 1939-1945 (avec une tendance à l’exportation), et probablement en train de se consommer aujourd’hui. L’ironie de l’Histoire est féroce : c’est au moment où elle croit qu’elle va parachever son édification (la « construction européenne ») que l’Europe a sans doute signé son propre permis d’inhumer, et commencé à creuser son propre trou de ses propres mains.

 

 

Et c’est épouvantablement normal : cette Europe-là est un mensonge qui remonte au coït inaugural de ses premiers parents, quand ils l'ont conçue comme un piédestal pour la Grande Privatisation du bien commun (qui portait en France le nom devenu dramatiquement ringard de "Service Public"). Passons.

 

 

Pour revenir à 14-18, nous commémorons aujourd’hui la fin du premier massacre industriel de l’histoire, une énorme broyeuse des enfants mâles de grands pays. Un massacre que GEORGES BRASSENS a célébré à sa manière dans une chanson plus connue que celle ci-dessus. 

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Le journal Le Progrès le fait – de façon assez digne, je dois dire – dans son numéro lyonnais du 9 novembre (dans les pages locales), en citant les noms de l’initiateur et du sculpteur auxquels le quartier de Montchat doit, selon lui, de posséder le premier monument aux morts (il porte 170 noms !). Vous avez dit « premier » ? Mais premier de quoi ? En France ? A Lyon ? Aucune idée. D’ailleurs, peu importe.

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PARC TÊTE D'OR : NOTRE "ÎLE DES MORTS" EST AU MILIEU DU LAC

 

L’important est d’y penser. Rien qu’un jour par an, ce n’est pas beaucoup. Et encore, un petit moment dans la journée. Le monument de Lyon a les dimensions d’un temple. Il fallait bien ça. Il a été élevé à partir de 1920. Il occupe l’intégralité de l’ « île du souvenir », au milieu du lac du Parc de la Tête d’or. Il est en forme de rectangle très allongé. On y accède par un tunnel qui passe sous le lac : il faut descendre des marches, remonter des marches (quand la grille n'est pas fermée, ou alors il y a la nage).

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On commence par faire le tour du « temple », pour prendre conscience - on en est effaré ! - du trou que la guerre a creusé dans la population mâle de la ville : tous les prénoms et les noms ont été gravés méticuleusement, l'un derrière l'autre, sur des plaques qui ceinturent l’espace du monument proprement dit.

 

Pour vous faire une idée, dites-vous, en regardant la photo ci-dessous, que toutes les parties rectilignes extérieures du quadrilatère sont couvertes de noms, quasiment à hauteur d'homme.  De quoi peupler une ville mieux que moyenne.

 

Au total, ce sont 10.600 noms qui figurent ici, et 76 plaques ont été nécessaires. Il faut penser à ces milliers de noms comme à des hommes encore debout. Je vais vous dire : ça ferait du monde aujourd'hui. Et l'histoire du "regroupement familial" ne serait qu'une mauvaise blague, absolument incompréhensible (la remarque s'adresse à ceux qui pensent qu'on peut refaire l'histoire).

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MERCI MALGRE TOUT A GOGOL

 

Je ne sais pas quelle est la pierre qui a servi à fabriquer les plaques, en tout cas, elle est assez friable pour avoir rendu nécessaire une restauration générale qui sera achevée (théoriquement) en 2013 : la plupart étaient devenus illisibles, au point que certains venaient compléter un nom ou un prénom au feutre noir, façon comme une autre, finalement, de rendre hommage à un mort. L'opération aura coûté 800.000 euros aux contribuables lyonnais, si le devis est respecté. La mémoire, ça se paie.

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Pour accéder au monument, il y a encore quelques marches à monter. L’esplanade est vaste. Le « saint des saints » (si l’on veut) du temple est situé dans la partie nord, et se compose de deux parties. Une sculpture représentant des hommes (six, je crois) portant sur leurs épaules un cercueil revêtu d’un long voile (un drapeau ?) qui semble flotter lourdement ; et puis une sorte de crypte : il faut descendre plusieurs marches pour se trouver face à un livre ouvert, protégé par des vitres. Je crois bien, sauf erreur (je ne le jure pas) que les pages portent elles aussi les noms des morts.

MONUMORT LYON ÎLE.jpg

 

A l’occasion du 11 novembre 2012, j’espère que vous ne m’en voulez pas trop d’avoir proposé cette petite visite dans « l’île du souvenir ».

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

vendredi, 28 septembre 2012

DU RACISME ANTI-FRANçAIS

Pensée du jour :

« Entre l'absence et la chemise,

Le temps d'une exhalaison,

Fume le corps de gourmandise

De nos appétits sans raison ».

 

 

Ainsi, monsieur JEAN-FRANÇOIS COPÉ, un clone de NICOLAS SARKOZY, drague les voix d’extrême-droite en soutenant qu’il existe un racisme anti-blanc, sur le territoire même de la République Française, une et indivisible. A entendre, les bouchons dans les oreilles, les hurlements des accusateurs, on se dit que JEAN-FRANÇOIS COPÉ est un salopard fasciste.

 

 

Je ne crois pas que JEAN-FRANÇOIS COPÉ soit un salopard fasciste. Il est juste un politicien français. Pour lui, la présidence de l’UMP n'est qu'une rampe de lancement. En direction du perchoir national : la Présidence de la République. Avec son « racisme anti-blanc », il se contente de répliquer à l’annonce surprise de FRANÇOIS FILLON de 45.000 parrainages en vue du prochain congrès de l’UMP. « Il faut lâcher le congrès », lisait-on jadis dans l’Album de la Comtesse, du Canard enchaîné (contrepèterie relativement facile).

 

 

Il faut le comprendre, COPÉ : FILLON lui a grillé la politesse, en annonçant dans les médias un nombre pharamineux de signatures et de soutiens. Cramé, COPÉ. Obsédé par la Présidence, que vouliez-vous qu’il fît ? Son raisonnement ? « Comment vais-je lui faire manger ses dents, à ce Néandertal ? » Une petite séance de « brain-storming » avec son « staff » (je cause moderne), et voilà le racisme anti-blanc qui arrive sur le devant de la scène. Vas-y à fond, coco ! C’est tout bon ! La best réplique sur l’échelle de Richter. Enfoncé, FILLON.

 

 

C’est entendu : COPÉ drague les voix du Front National, c'est-à-dire la frange droite des militants UMP. Il n’est pas fasciste pour autant. Monsieur COPÉ est un pur produit de la politique à la française : la politique considérée comme une carrière. En son temps, ALFRED JARRY avait écrit un article paru dans Le Canard sauvage, n° du 11 au 17 avril 1903, intitulé « La Passion considérée comme course de côte ». De nos jours, tout est possible, et l’horizon de l’ambitieux s’élargit au-delà des dimensions humaines, comme l’horizon russe au moment où monsieur HITLER se mit dans l’idée fixe de l’envahir.

 

 

COPÉ ? Il va juste à la pêche. C’est, comme on dit, une opération de communication. Elaborée dans un bureau de petit comité. Les penseurs de ça sont dix au maximum. FILLON  dispose d’une équipe identique. Tout le monde est grassement payé, en spéculant sur l’avenir, comme MANUEL VALLS et ARNAUD MONTEBOURG l’ont fait avant l’élection de HOLLANDE. Aucune de ces personnes n’a, à proprement parler, de « ligne politique ». Exercer le pouvoir est le seul objectif.

 

 

Reste, paraît-il, le « débat ». On parle ici de faits et de réalité. Existe-t-il, aujourd’hui en France, un racisme anti-français ? Existe-t-il un racisme anti-blanc ? Eh bien, mesdames et messieurs, au risque de choquer, je dis que la réponse est OUI. Il faut, certes, relativiser : le racisme anti-français se développe dans des portions très délimitées, et même très limitées du territoire national. Il n’empêche, il existe. La haine de la France se développe dans certaines villes de France.

 

 

Maintenant, regardons un peu ce qui s’est passé dans les principaux pays arabes pendant les trente dernières années : l’Egypte de ANOUAR EL SADATE, l’Algérie de CHADLI BENJEDID, la Tunisie de ZINE EL ABIDINE BEN ALI. La Libye de KHADAFI est un cas à part : j’aurais envie d'opérer un rapprochement entre le « Guide de la Révolution » et un certain JOSIP BROZ, dit TITO (Yougoslavie). Tant que le dictateur fait régner son ordre, les populations vivent dans une unité relative. Lui disparu, l’Etat central et unificateur a tendance à se désagréger.

 

 

Mais ailleurs ? SADATE, et MOUBARAK après lui, achète la paix à coups de mosquées, réprimant les Frères Musulmans, mais en ayant soin de leur laisser gérer la misère sociale, l’entraide mutuelle, les associations de secours à la population. Si la situation diffère en Tunisie, et surtout en Algérie, elle s’en approche. Tunisie ? Mosquéisation à fond la caisse, gestion du social aux islamiques. Algérie ? Arabisation à fond la caisse pour éradiquer le souvenir même de l’infect colonisateur, gestion du social aux religieux.

 

 

Vous avez repéré les termes de l’équation ? Le clan au pouvoir (MOUBARAK et sa famille, BEN ALI et sa femme, la redoutable LEÏLA TRABELSI et toute sa parentèle, une clique de généraux puissants et BOUTEFLIKA qui leur sert de faux-nez) vit sur le tas d'or qu'il a piqué, achetant ici et là les bonnes volontés influentes et utiles ;  la population, pour l’essentiel, croupit dans la misère et le chômage ; l’Islam progresse, prospère, croît et embellit sur le fumier du social, négligé par le pouvoir.

 

 

Maintenant regardez les « quartiers » français. Ôtez le clan prédateur de l’équation, reste quoi ? L’Islam d’un côté, de l’autre, la misère et le chômage. Ajoutez à l’équation la guerre israélo-palestinienne : MOHAMED MERA est une exception du fait qu’il passe à l’acte, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

 

Mais le sentiment anti-français qui l’animait, la motivation qui était la sienne, pensez-vous qu’ils demeurent une exception, dans nos banlieues ? L'identification aux Palestiniens comme victimes est largement répandue. Et imaginez maintenant cette misère chômeuse, trafiquante et islamisée avec des kalachnikovs dans les mains. C’est juste une image. J’espère.

 

 

C’est sur ces entrefaites (tiens donc !) qu’on apprend, ces derniers jours, que le Qatar, qui a déjà acheté, entre beaucoup d’autres, le P.S.G., a proposé au gouvernement de créer un fonds d’investissement qui serait là pour aider des jeunes des banlieues (d’origine essentiellement maghrébine) à créer leur entreprise. Le dit gouvernement s’est empressé d’accepter, en précisant évidemment qu’il serait présent dans le financement pour contrôler. Mon oeil !

 

 

Sans même parler des prêches dans les mosquées le vendredi, est-il vrai que les responsables politiques français, nationaux et territoriaux, laissent des « associations » plus ou moins confessionnelles s’occuper des populations « issues de l’immigration » ? Oui ou non ? Une petite subvention par-ci, on ferme les yeux par-là ? Que croyez-vous qu’il arrivera, à la longue ?

 

 

Et monsieur HARLEM DESIR (avec ses congénères prêcheurs stipendiés de la diversité, de la mixité sociale, du « métissage » et de la tolérance) s’indigne (le mot est faible) qu’un politicien français « droitise » son discours et récupère des idées du Front National.

 

 

Ces idées ne sont celles du Front National que parce qu’une portion non négligeable de la population française « de souche » a l’impression, en certains lieux, de ne plus être chez elle. Car le Front National n’existe que parce qu’il a une clientèle : toute demande suscite une offre qui se propose de la satisfaire. C’est la loi du marché.

 

 

Maintenant, prenez un politicaillon – mettons qu’il s’appelle JEAN-FRANÇOIS COPÉ – qui désire progresser en direction du pouvoir et qui, pour cela, a besoin d’occuper un poste-clé au détriment de son principal rival – mettons FRANÇOIS FILLON. « Ah, FILLON me grille la politesse en proclamant le nombre de ses soutiens UMP ? Puisque c’est comme ça, je me mets « au centre du débat » (pour parler comme les « journalistes ») en claironnant sur le thème ». Car il ne s’agit que de rassembler des voix sur son nom. Pas de résoudre un problème.

 

 

Mais cela ne veut dire en aucun cas que le problème n’existe pas.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

lundi, 03 septembre 2012

QUOI DE NEUF DANS LES NOUVELLES ?

Pensée du jour : « Le but inavoué de ces articles étant de flatter les puissants, je chanterai les magnats de la presse. C'est une conduite avilissante : je m'en promets mille prospérités ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

 

DÉCÈS DU JOUR

 

 

Désolé, j’ai une très mauvaise nouvelle : Java est morte. Elle avait 67 ans. La plus vieille femelle en captivité dans un zoo européen. Je vous présente la malheureuse. C’était au parc de la Tête d’Or, au temps de sa splendeur.

 

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AU PARC DE LA TÊTE D'OR

 

Elle habitait là depuis 1964. On pense que la tuberculose l’a tuée. Le centre vétérinaire de Marcy l’Etoile rendra prochainement les résultats de ses analyses. Des engins de levage ont été dépêchés sur place à cette fin. L’éléphant avait été donné par le cirque Amar (et j’en aurais, des choses à dire, sur le cirque Amar !).

 

*

 

LE TOURISME ORIENTAL ET LE SANG

 

 

Pour la Syrie, j’emprunte à un très vieux sketch de ROBERT LAMOUREUX : « Et l’année suivante, BACHAR EL ASSAD était toujours vivant ». Attendons l’année prochaine. D’ici là, le nombre des réfugiés, des morts et des blessés aura eu le temps d’exploser, comme le proclame la presse : le journaliste sociologiquement ordinaire aime à faire exploser les nombres.

 

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Quoi, je me permets de rire ? Que voulez-vous que je fasse, avec la foule de ceux qui sont cramponnés au signal d’alarme et qui écrasent le frein ? Alors qu'ils sont aussi nombreux et forts, ceux qui enfoncent la pédale d'accélérateur ? C'est pour ça que le train de la mort continue, cahin-caha, vaille que vaille, son bonhomme de boulot.

 

*

 

ROMS EN VILLEGIATURE EN FRANCE

 

 

En France, pour les vacances, les Roms continuent à privilégier le départ sur les routes. Ces GM (Gentils Membres) d’un nouveau genre y sont incités par ceux qu’on appellerait GO au Club Méditerranée (Gentils Organisateurs), qui veillent à ce que la tradition du voyage, propre à cette population, ne se perde pas.

 

 

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Une tradition d’autant plus symbolique qu’elle est inscrite dans le drapeau qu’elle s’est choisi librement en 1971.

 

 

En revanche, la science et la police se perdent en conjectures sur la composition réelle (et la fonction, sans doute religieuse) d’une mystérieuse « ESENȚǍ DE ROM » : serait-ce une sorte de teinture-mère obtenue par distillation de quelques individus de l'ethnie en vue de quelque expérience philosophale ? Un arôme destiné à la pâtisserie ?

 

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PEU LISIBLE, MAIS JE GARANTIS L'AUTHENTICITE

 

Aucune hypothèse n’est écartée. Et que signifie cette date du 15 mai 1990 qui figure sur l’étiquette ? Mystère. En tout cas, le Rom est partout. Ci-dessus la photo suspecte.

 

 

Quoi ? Je ris du malheur des autres ? Et alors, la foule des grandes âmes et des bonnes consciences (de gôôôôche, comme par hasard) est si compacte que je n’aurais pas pu y introduire une feuille de papier à cigarettes (si j’avais eu du papier à cigarettes), et encore moins à m’y faire une place sans être dans la minute écrasé.

 

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

dimanche, 15 juillet 2012

DES EMPLOIS, PAR PITIE !

Résumé : si de vrais industriels investissent dans de vraies industries, ça les enrichit, parce que ce qu’ils veulent d’abord, c'est s'enrichir, mais il y a des retombées favorables au plus grand nombre, parce que ça donne du boulot. Pour une raison très simple : le travail productif produit de la richesse.

 

 

Voyons Peugeot, maintenant. Qu’est-ce qu’il fait, Monsieur Peugeot ? Il ferme l’usine d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Ses usines sont en « surcapacité ». Encore un joli euphémisme. Ça veut dire quoi, « surcapacité » ? Moi, je traduis par « inutilité ». Ben oui, quoi, une usine qui produit trop, c’est une usine qui ne vend pas assez. Ça veut dire qu’il n’y a pas assez de gens qui achètent des voitures. Cela veut dire que les voitures produites ne trouvent pas preneurs. Et donc ne servent à rien. Dès lors, pourquoi s'acharner ?

 

 

Il faut savoir que le parc automobile français est chargé (au 1er janvier 2012) à raison d’à peu près 500 voitures pour 1000 habitants. En France, au 1er janvier 2012, il y a un peu plus de 38.000.000 de véhicules immatriculés, pour 65.000.000 d’habitants. Plus d'un pour deux habitants. Faire mieux serait inquiétant pour la couche d'ozone. En Chine, le parc automobile compte environ 40 véhicules pour 1000 habitants, et 100.000.000 de voitures en circulation. Conclusion ? Il reste de la marge. Pas en France, on est bien d'accord ? En Chine.

 

 

Dans ces conditions, essayons d’imaginer ce qui va se passer en France : Peugeot va supprimer 8000 emplois. Ça fera 8000 salaires en moins. Donc moins de gens pour acheter des voitures. Appelons ça un cercle vicieux, et n’en parlons plus. Et c’est un processus. Je veux dire que c’est comme un haut fourneau ou comme un super-porte-containers : il faut du temps pour remettre en route ou pour changer de cap. Il y en a qui disent : inverser la tendance.

 

 

En ce moment, réjouissons-nous et profitons bien du fait qu’il n’y a encore que 4.000.000 de chômeurs, à peu près 10 % de la population active. Combien de temps pour rejoindre l’Espagne avec ses 20 % ? Je ne sais pas, mais c'est parti pour. J’ai parlé de processus, et celui qui est à présent en cours n’est pas difficile à identifier : c’est un processus de paupérisation. La vieille histoire des vases communicants : pendant que l’économie de la France se satisfait de se contracter de - 0,2 % (parce qu'elle craignait pire), celle de la Chine patine avec une croissance de seulement + 7 % (comme le déplorent quelques amusants journalistes, enfin, pas si amusants que ça).

 

 

« Rien ne se perd, rien ne se crée » disait, je crois bien, LAVOISIER. Pour faire bonne mesure, il ajoutait : « Tout se transforme ». Rien ne se crée : la richesse de quelqu’un est forcément prise dans la poche de quelqu’un. Et plus quelqu’un est riche, plus nombreuses sont les poches qu’il a vidées. C’est de la mécanique des fluides, pour ainsi dire.

 

 

 

La France va arriver à 20 % de chômeurs (et pourquoi pas davantage, après tout ?). Heureusement, Zorro est arrivé. Je veux dire que la France va être sauvée. Vous devinez par qui ? Par Monsieur Baccalauréat. Si, si ! C'est même en "Une" du Monde. Un titre comme on en trouve un par siècle, et qui prouve que Le Monde a TOUT compris du monde dans lequel il vit (cela veut dire, évidemment, RIEN COMPRIS DU TOUT).

 

 

Pensez, à la date du Samedi 14 juillet, il titre triomphalement : "OBJECTIF ATTEINT : 85 % D'UNE GENERATION AU NIVEAU DU BAC". "Objectif atteint". Cela résonne comme : " Mission accomplie, mon Général". "Objectif atteint", on en frémit de fierté nationale et d'orgueil cocardier. Ainsi, articule avec peine le lecteur ému aux larmes, la France est capable de "se fixer des objectifs". Mieux, se dit-il avec des trémolos dans la voix, la France est capable "d'atteindre des objectifs". Que demande le peuple ?

 

 

Que demande le peuple ? Il voudrait simplement savoir un peu plus précisément ce qu'ils savent, les bacheliers. Ce dont ils sont capables. Et, très accessoirement, ce qu'ils ont envie de faire. Je sais, je généralise bêtement.

 

 

Alors, trêve de plaisanterie, cette Grande Conférence Sociale ? Quoi de neuf ? RIEN. On va forcément vouloir faire comme si : comme si on voulait poser des petites rustines sur des trous plus grands qu’elles. En gros, je vais vous dire, on va réfléchir à ce qu’on va pouvoir prélever dans la poche des gens qui ont encore un travail pour venir en aide aux cohortes toujours plus nombreuses de ceux qui n’en ont pas. Cela s'appellera TVA sociale ou augmentation de la CSG, prenez-le comme vous voudrez, on en reviendra forcément toujours à ça.

 

 

Il n’y a pas besoin d’être con comme un « économiste » (j'aime assez la formule, et vous ?) pour ne pas avoir envie de se raconter des histoires. Si personne n’est assez fort pour pousser la France à se REINDUSTRIALISER, et pour que la France, à nouveau, produise elle-même des richesses, ce qu’il faudrait dire aux gens, c’est de faire très attention, et de bien regarder le trou béant dont ils sont en train de s’approcher, pour qu’ils ne se trompent pas de pied au moment où ils le mettront dedans.

 

 

Alors moi, c’est sûr, j’aimerais bien que la Grande Conférence Sociale débouche sur du concret. En l’état actuel des choses, malheureusement, je crains fort qu’il s’agisse moins de peser sur la réalité (la production industrielle de richesses) que de parler pour rassurer et pour donner à espérer. Cette conférence est une simple machine à fabriquer de l'incantation au kilomètre, comme de la saucisse.

 

 

 

Les participants participent et les partenaires sociaux partenarisent à qui mieux-mieux : ils font des bulles en espérant je ne sais comment que les gens croiront dur comme fer que le vent qu'ils font va devenir une mayonnaise bien prise. En attendant, ils espèrent donner à espérer aux gens qu'ils représentent, qu'ils emploient ou qu'ils administrent. Ils espèrent raconter l'histoire assez bien pour que les gens y croient.

 

 

 

Comment s’appelle-t-il, ce « responsable » politique qui vient de déclarer qu’il fallait d’urgence s’efforcer de rendre le territoire français séduisant pour les investisseurs étrangers ? C'est vrai ça, qu'est-ce qu'il a contre des investisseurs français ? Peut-être qu'il n'y en a pas ? Et n’est-ce pas une façon de croiser les doigts et d’espérer un miracle venu d'ailleurs ?

 

 

C’est sûr, FRANÇOIS HOLLANDE va prochainement, devant les caméras, et en présence de toutes les Françaises et de tous les Français, « guérir des écrouelles » un chômeur en fin de droits. A quand, après ceux de Saint LOUIS, le miracle de Saint FRANÇOIS ?

 

 

Et juste après, promis-juré, le Président HOLLANDE, il marche A LA FOIS sur les mains et sur les eaux.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

lundi, 02 juillet 2012

DES (MAUVAISES) NOUVELLES DE LA FRANCE

J’espère que vous n’avez pas mis trop de temps à vous rendre compte que, sous HOLLANDE, ça n’a pas duré pour qu’il en aille tout autrement que sous SARKOZY, c’est-à-dire, évidemment, que tout est comme avant et que rien n’a changé.

 

 

Une seule chose a disparu du paysage, et c’est déjà un drôle de soulagement : le plaisir de sale gosse de NICOLAS SARKOZY qui consistait, patiemment, jour après jour, à dénicher une nouvelle fourmilière pour y foutre un grand coup de tatane, à seule fin de jouir en ricanant méchamment du spectacle du grouillement innombrable et affolé des insectes. La fourmilière pouvait s'appeler "carte judiciaire", "RGPP", "Hôpital public", "Ecole", "Police", peu importait. Reste à voir comment HOLLANDE va réparer tout ça.

 

 

C’est vrai que SARKOZY avait érigé en méthode de gouvernement l’ébahissement permanent des foules : « Oh non, quand même, ça, il n’osera pas ! – Ben si, qu’est-ce que vous croyez ? ». C’en était très curieux, d’ailleurs, de voir SARKOZY dans son déguisement de président, trop grand pour lui. C’était ça le plus sidérant : le voir déguisé en président, avide de voir les visages des Français sidérés, ahuris, jour après jour, de voir une fourmilière après l’autre démolie à coups de bottes par le sale gosse caractériel.

 

 

Dans le fond, SARKOZY, pendant cinq ans, a fait diversion. Il a inventé le quinquennat de la diversion : pendant qu’il s’agitait au premier plan, les bottes cloutées de ses cabinets ministériels attaquaient une nouvelle fourmilière, en prévoyant déjà leur cible suivante, et en se demandant s’ils allaient l’attaquer de la pointe ou du talon. On va pouvoir quitter des yeux l’écran et sortir de la salle pour aller se soulager la vessie. Est-ce que ce sera reposant pour autant ? Pas sûr, Arthur.

 

 

Ah si, quand même, avec la présidence HOLLANDE, ce sera plus reposant pour les journalistes. Les rédacteurs en chef ont déjà cessé d’éditorialiser à tout va au moindre battement de cil de l’époux de CARLA, que j’avais presque envie (dans mes temps morts) d’appeler « monsieur BRUNI ». Et ils ont cessé d'envoyer leurs journalistes en rafales de grappes d'escadrilles aux trousses de l'agité de la focale. C’est sûr, FRANÇOIS HOLLANDE souffre moins pathologiquement de n’être pas constamment au centre des conversations.

 

 

Mais franchement, vous croyez qu’il va faire mieux que le sidérateur professionnel qui l’a précédé ? Les finances, l’activité industrielle, le « pouvoir d’achat des Françaises-et-des-Français », vous croyez que ça va s’arranger ? Personnellement, je dis que non, et que le pire est à venir.

 

 

Pour une bonne raison (qui est très mauvaise en soi), c’est que la logique du spéculateur est une logique proprement USURAIRE. Ceux que les « journalistes » économiques (si on peut nommer cette engeance) appellent mensongèrement des « investisseurs », ne sont rien d’autre que des usuriers, de la même espèce que l’affreux Gobseck inventé (et observé) par BALZAC. Avec les dettes souveraines, ils ont trouvé un prodigieux gisement à se faire du gras.

 

 

 

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Je signale à ceux qui ne se tiendraient pas au courant que le taux maximum possible (défini par l'Etat, au-delà c'est de l'usure), pratiqué par les banques, en France, pour un emprunt de 1524 euros (c’est précis), est de 20,65 %, soit 1,72 % par mois. Et que ça passe à 19,5 %, jusqu’à 3000 €, pour les crédits renouvelables (vous savez, les "revolvings"). Donc ça reste juteux (pour qui ?). Le Figaro.fr du 9 mai 2012 indique que la Grèce pourrait emprunter « sur les marchés » au joli taux (à dix ans) de 22 %. CQFD.

 

 

Les prétendus « investisseurs » des « journalistes » sont bel et bien des USURIERS à qui toutes les autorités politiques du monde ont décidé de laisser impunément la bride sur le cou. Et qu’on se le dise, depuis que l’Etat français n’a plus le droit d’emprunter à 0 % auprès de sa banque centrale, depuis la scandaleuse loi de GISCARD et POMPIDOU (1973), l’Etat français a été obligé de se tourner vers les USURIERS pour financer les salaires et les retraites des fonctionnaires, mais aussi les cadeaux fiscaux faits à droite et à gauche.

 

 

Sans que ça l'empêche de brader les bijoux de famille de l'Etat lui-même (patrimoine immobilier, autoroutes, privatisation des grands services publics, mis au rencart au nom de la très européenne "concurrence libre et non faussée", etc.).

 

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CE CROCHU-LÀ EST PEINT PAR QUENTIN METSYS

 

Je note que ni MITTERRAND ni JOSPIN n’ont touché à cette loi scélérate. Gauche et droite sont un seul et même bateau. Cette loi a passé autour du cou de tous les dirigeants politiques, quelles que fussent leurs couleurs et leurs paroles, un nœud coulant, dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’il est passé autour du cou de tous les contribuables.

 

 

Tout ça pour dire que, avec HOLLANDE ou SARKOZY à la barre, c’est kif-kif bourricot et du pareil au même. Et qu’ils obéissent au doigt et à l’œil, sous peine d’étranglement, à la sacro-sainte « loi du marché », qu’on peut tout bonnement appeler la LOI DE LA JUNGLE. L’un comme l’autre, ils sont au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du pantalon, en attendant les verdicts éminemment « rationnels » (!!!!!) de Wall Street et des entreprises qui gagnent leur vie en vendant des opinions (on les appelle couramment des « agences de notation »).

 

 

Non, je ne suis pas optimiste. « Tu vas pas mourir de rire, Et c’est pas rien de le dire » (Mickey 3 D).

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

 

 

lundi, 28 mai 2012

SAUVEZ LE SOLDAT DOSIERE

Il ne fait pas bon être un ami des « socialistes » en période électorale, surtout si vous avez pris au pied de la lettre le mot d’ordre lancé par FRANÇOIS HOLLANDE de la « République Exemplaire », et que vous vous êtes efforcé de le mettre en pratique avec ténacité, en traquant par exemple l’argent public englouti dans l’institution présidentielle.

 

 

Monsieur RENÉ DOSIÈRE est un député « apparenté socialiste ». A priori, pas de quoi en faire un fromage. En général, je n’ai guère d’estime pour la faune politique, la grenouille parlementaire, la tortue sénatoriale et autres bestioles peu appétissantes. Mais il se trouve que certains individus trouvent grâce à mes yeux. Monsieur ETIENNE PINTE, élu sous l’étiquette UMP, est de ceux-là. En compagnie, donc, de Monsieur RENÉ DOSIÈRE.

 

 

 

 

DOSIERE R.jpg

 

 

 

C’est vrai que la logique partisane, au Parlement, oblige l’élu du peuple, la plupart du temps, à voter, comme un mouton, pour la couleur sous laquelle il s’est fait élire. Et quand un individu se fait repérer dans ce troupeau d’ovins, en général, son horizon politique se borne à la fin de son propre mandat, car il y a bien des chances que ses « amis » ne lui pardonnent pas les infidélités partisanes qu’il aura pu commettre à l’occasion de certains votes.

 

 

RENÉ DOSIÈRE est donc parti à la recherche de tout ce qui concernait le financement de l’Elysée. Il en a tiré un ouvrage instructif : L’Argent caché de l’Elysée. Il y raconte l’incroyable et presque indémêlable écheveau qui a été tissé de main de maître autour de tout ce qui touche aux finances de la présidence française, et les incroyables obstacles qu’il a trouvés sur son chemin avant de faire un peu de lumière sur cette question tabou.

 

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Entre autres trouvailles qu’il a faites dans ce labyrinthe, il a montré que les sommes dépensées par et pour l’Elysée sous la présidence de JACQUES CHIRAC avaient augmenté, au cours des douze années de ses mandats (1995-2006), de 798 %. Parfaitement : sept cent quatre-vingt-dix-huit pour cent, ce qui autorise l’auteur wikipedia à parler de « forte progression ». L’euphémisme confine ici au mensonge. Ah, vraiment, la peste soit du "modérateur" de wikipedia.

 

 

798 % !

 (en douze ans)

 

Histoire de ne pas dire 800 %. Un chiffre, donc, si je compte bien, multiplié par huit. Pour un peu, je regretterais presque de ne pas avoir voté pour JEAN-MARIE LE PEN en 2002. Les manifestants anti LE PEN de 2002 n’avaient-ils pas quelque raison de traiter CHIRAC d’escroc ? Comment ne pas comprendre que certains entonnent le refrain du « tous pourris » ?

 

 

Les « socialistes » sont pour une « République Exemplaire », mais faut pas pousser, quand même. Il y a des limites à l’intégrité, quand même. C’est sans doute la raison pour laquelle RENÉ DOSIÈRE s’est vu, pour les prochaines législatives, retirer l’investiture du Parti « Socialiste » dans la première circonscription de l’Aisne. Je précise que je ne connais pas ce monsieur, et ne suis pas en mesure d'évaluer le taux d'intégrité personnelle qu'il serait en droit de se voir accorder.

 

 

 

DOSIERE RENE.jpg

 

Sans remonter au déluge (l’affaire Urba), c’est sans doute en vertu de la R. I. (« République Irréprochable ») qu’a pu éclater l’affaire DOMINIQUE STRAUSS-KAHN. C’est sans doute en vertu de la vertu (républicaine, cela va sans dire) qu’a pu éclater l’affaire des frères JEAN-NOËL et ALEXANDRE GUERINI. Y a-t-il eu ou non une affaire (corruption) KUCHEIDA dans la fédération socialiste du Pas-de-Calais (au sujet de cette affaire KUCHEIDA, on lira avec profit la chronique de DANIEL SCHNEIDERMANN dans Libération daté du 28 mai) ?

 

 

Remarquez que NICOLAS SARKOZY a mis aussi de la poussière sous le tapis : à propos des conditions d’attribution d’un permis de construire à un promoteur pour un immeuble à l’île de la Jatte à Neuilly, quand il en était maire, et sur la curieuse moins-value dont il a bénéficié pour l’achat d’un appartement dans le dit immeuble (doublée d’une belle plus-value à la revente), l’enquête préliminaire a été fort opportunément interrompue, malgré les investigations embarrassantes du Canard enchaîné.

 

 

Moralité : il ne fait pas bon, pour la « vertu républicaine », de voisiner de trop près avec le pouvoir. En attendant, malgré mon abstentionnisme militant, j’en suis arrivé à souhaiter que Monsieur RENÉ DOSIÈRE soit réélu, malgré le Parti « Socialiste ».

 

 

Voilà ce que je dis, moi. 

 

 

P. S. (je vous assure que ce PS n'a rien à voir avec le Parti "Socialiste") dernière minute : je n'achète jamais Marianne. Le dernier numéro paru offre pourtant un article croquignolet sur l'usage et l'abusage que les députés font de leur IRFM (indemnité représentative de frais de mandat). Quelqu'un a déniché (sûrement grâce à un gros jaloux) les relevés bancaires d'un député magnanimement laissé anonyme.

 

 

Résultat : escapades en plein mois d'août en Espagne, à l'île de Saint-Barth, au parc Disney, etc. Tout ça, c'est moi qui lui paie, alors que j'ai pas vraiment envie. Et ça, c'est de la petite turpitude courante, quotidienne, banale, entrée dans les moeurs. Tous partis confondus. TOUS PARTIS CONFONDUS, qu'on se le dise.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

PPS (post-post-scriptum, je dis ça pour rassurer) : on trouve en p. 14 du même numéro de Marianne le propos suivant : "Pourtant s'il fallait élargir la règle appliquée à AUDREY PULVAR [compagne d'ARNAUD MONTEBOURG] à tous les journalistes entretenant des relations de très grande proximité, voire de connivence affichée, avec les politiques (il n'y a pas besoin de partager leur couche pour ça), les rédactions des grands journaux seraient dévastées". C'est signé F. D. Mais c'est en tout petit, en bas de la page 14, alors que ça devrait être en gros et gras, en UNE. Vous êtes rassurés, sur la racaille journalistique ?