16.05.2012
VOTE FRONT NATIONAL (suite)
La vie politique française est donc congelée, confisquée, fossilisée. Tout est fait pour que la « volonté du peuple » (ça c’est beau tant que ce ne sont que des mots) reste lettre morte. Le « gros » score de MARINE LE PEN au premier tour de la présidentielle, qui scandalise tant de « belles âmes », s’explique largement par le « ciel bas et lourd » du couvercle que le tandem Parti « Socialiste » – UMP (que MARINE LE PEN a bien raison de fusionner en « UMPS ») s’efforce de faire peser sur la marmite politique du pays.

LES BALCONS SONT DECORES. C'EST LA FÊTE.
En termes économiques, on appellerait ça un quasi-monopole, ou un abus de position dominante, avec à la clé un truc rigoureusement interdit, qui s’appelle « ENTENTE ILLICITE », et qui est sanctionné – tout au moins quand on est pris la main dans le sac – d’amendes astronomiques de la part des autorités. Il s’agit tout simplement d’interdire à des petits concurrents de venir jouer dans la « cour des grands » comme dit le mauvais journaliste normal.
A quoi comparer le phénomène LE PEN ? Au filet de vapeur qui sort, d’abord à petit bruit, de la cocotte-minute quand la pression monte. En réalité, le phénomène politiquement informe qu’on appelle les « indignés » n’est pas autre chose. MARINE LE PEN est une expression identique, mais dans l’ordre politique, officiel, structuré – et qui plus est légitime (puisque le Front National n’est pas interdit, que je sache). Certains feraient bien de se méfier de la cocotte-minute dont ils s'efforcent de boucher la soupape. Car on ne me fera pas croire que six millions d'adultes sont devenus fachos.

A force de construire l’Europe sans, voire contre les peuples, à force de gouverner la France sans le peuple, à force de faire passer, au Parlement un texte préalablement rejeté par référendum (tout le monde voit, ou faut-il un dessin ? Allez, un dessin.), il ne faut pas s’étonner.

Je ne fais aucune confiance à MARINE LE PEN pour ce qui est des solutions, en particulier économiques (mais aussi politiques : pas plus de carrure pour ça que le papa JEAN-MARIE). Mais j’en fais encore moins au couple UMPS, bien que ce soit pour des raisons différentes : le personnel politique émane presque en entier de grandes écoles où tout le monde est fondu dans le même moule intellectuel et quand il sort de la fabrique des élites, il est identique à tout le monde. Ils sont beaucoup à bien se connaître (Science-Po, ENA et maintenant HEC) et à se tutoyer, à « dîner en ville » ensemble, et à faire semblant de s’affronter quand les caméras sont là.
Vous voulez l’ENA ? Prenez la promotion Voltaire (1980) : HOLLANDE, ROYAL, VILLEPIN, JOUYET, SAPIN, BREDIN, CAMBACÉRÈS, DONNEDIEU DE VABRES, et quelques autres. Vous préférez HEC ? HOLLANDE (encore lui), PECRESSE, LAMY (OMC), PROGLIO (qui a dégommé LAUVERGEON à Areva), CLAIRE CHAZAL, RICHARD (France Télécom) et le milliardaire PINAULT.
Ah c’est sûr qu’ils réussissent, les premiers de la classe. Cela devrait être d’ailleurs un sujet d’inquiétude, que nous soyons gouvernés rien que par des premiers de la classe. Voilà qui rendrait presque SARKOZY, je ne dis pas sympathique, il ne faut pas exagérer, mais moins antipathique. Car un premier de la classe a tendance à se montrer plein d’arrogance et de certitude. Regardez un type comme JEAN-FRANÇOIS COPÉ. Et vous l'avez déjà entendu parler ?
Vous trouvez vraiment que c’est normal de donner le pouvoir aux premiers de la classe ? Bon, je veux bien, à la rigueur, que de temps en temps, ça arrive. Mais vous ne vous posez aucune question, quand ça FAIT SYSTÈME ? Quand plus aucun des moins bons n’arrive en tête ? Ne disons pas « des moins bons », disons des scolaires « moins éminents », si vous voulez. HOLLANDE, avec toutes ses grandes écoles, vous le trouvez normal ?
A partir de ce constat, quel est le mode de sélection des futurs gouvernants ? Un seul : la COOPTATION. Pour les autres pays, je ne sais pas, mais pour la France, c’est sûr, on croit que c’est démocratique, mais c’est le contraire qui se produit. Parce que si on croit que ça se passe « au mérite », on se met le doigt dans l’œil jusqu’au trou de balle (quatre doigts de sérieux, un doigt de vulgarité, pour garder la forme). Vous allez voir où je veux en venir.
Bien sûr, il faut manifester quelque aptitude et quelques compétences. Quelqu’un qui exerce un pouvoir n’a besoin de « gras-du-bulbe » que pour les toutes basses besognes (passer la serpillière après le sang versé). Le secret de la cooptation, c’est la capacité qu’on montre à « rendre des services ». De façon efficace, mais aussi et surtout de façon docile et discrète. Et plus on est efficace, docile et discret, plus nombreuses sont les marches qu’on est en droit d’espérer gravir.
Et cela pour une raison assez évidente : cette façon de procéder est une formidable machine à créer de la « solidarité ». Une solidarité très spéciale, comme vous allez voir, et très difficile à saisir, en dehors des procédures judiciaires : aurait-on appris quoi que ce soit des affaires BETTENCOURT, si BANIER n'avait pas voulu s'en mettre plein les fouilles jusqu'à l'indigestion ? FRANÇOIS-MARIE BANIER a seulement eu le tort d’exagérer. S’il s’était montré « raisonnable » et avait su se contenter de milliers au lieu de millions, on n’aurait jamais rien su des enveloppes BETTENCOURT aux politiciens.

"ELLE PORTAIT SUR SA TÊTE TROIS POMMES DANS UN BANIER"
(ENFIN "TROIS POMMES", LA CHANSON OUBLIE QUELQUES ZEROS)
Voilà ce que je dis, moi.
A suivre.
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24.02.2012
SAINT FIACRE HOLLANDE
LA VERITABLE ENFANCE DE NOS SAINTS POLITIQUES
INTRODUCTION
En cette période d’élections prochaines, il est bon de revenir sur la véritable carrière de quelques candidats qui briguent quelque poste exposé mais avantageux, et se présentent pour cela, courageusement, devant le tribunal du suffrage universel. Notons que, sans s’être donné le mot, tous ces candidats gardent sur une partie méconnue de leur carrière un silence de tous les instants.
Disons même qu’ils se gardent bien de s’en vanter. Allons-y carrément : de même que des héros célèbres (Tristan, Hercule, Gargantua, …) ont vécu ce qu’on appelle des « enfances », la plupart de nos saints politiciens, avant de tenir le haut du pavé médiatique, ont eu, eh oui, une sainte enfance.

L'ENFANCE D'UN CHEF (nouvelle d'un certain J.-P. S.)
Mais à la différence de ces saints héros (preuve qu’ils n’en sont sûrement pas), ils semblent l’avoir reniée, comme s’ils la considéraient comme une existence antérieure, sur laquelle la plus extrême prudence de parole doit être observée. A croire que cette existence première les couvrirait de honte si son déroulement effectif venait à être connu.
S’ils savaient, pourtant, toute la sympathie, toute l’empathie, toute la compassion, et disons-le toute la pitié qu’ils pourraient s’attirer de la part des foules, si celles-ci étaient mises au courant de la toute première partie édifiante de leur éminente carrière, ils ne tarderaient pas à commanditer de célèbres agences de communication publicitaire pour établir à leur juste valeur les « galops d’essai » qui préfigurent à jamais, à n’en pas douter, l’excellence future de leur parcours.

SAINT FIACRE AVEC SA PELLE ET SON LIVRE
(à Saint Germain d'Auxerre)
Ayant déjà évoqué ces « galops », quoique trop allusivement, brièvement et fragmentairement, nous nous sentons le devoir de revenir, en les approfondissant, sur des trajectoires exceptionnelles, marquantes pour le genre humain tout entier, et pour tout dire, définitives. Des trajectoires aujourd’hui couronnées de la sainte appellation catholique de SAINT, même si les impétrants (mot désormais à la mode) se désistent de l’orgueil d’en réclamer le titre (toute fausse modestie mise à part, je trouve que cette phrase est assez bien tournée).
AUJOURD'HUI : SAINTE ENFANCE DE FRANÇOIS HOLLANDE
Nous commencerons la revue de ces célébrités trop modestes, par un coup d’œil jeté du côté du petit FRANÇOIS HOLLANDE, devenu sur le tard le désormais irremplaçable SAINT FIACRE HOLLANDE, que certains calomniateurs ont (heureusement en vain) tenté de faire passer pour un « fromage de Hollande ».

L'AIR (FROID) DE LA CALOMNIE
Le petit HOLLANDE naquit sans doute au début du 7ème siècle, quelque part en Irlande. Il est mort en Seine-et-Marne, en un lieu qui lui était prédestiné, puisqu’il s’agit de la commune bien connue de Saint-Fiacre-en-Brie. Cet événement funeste serait intervenu autour de 670 de notre ère (on sait qu’on ne peut être promu au grade de « SAINT » patenté avant l’ère qu’on appelle « chrétienne »).
Grâce à Saint Faron, lui-même fils d’une biche, d’où, évidemment, vient l’expression « faon Faron », dont la célébrité a atteint la Côte d’Azur puisqu’on a donné son nom à une montagne qui domine la ville de Toulon, SAINT FIACRE HOLLANDE fut autorisé à devenir ermite en forêt de Brie.
On ne sait comment grandit sa renommée. Toujours est-il qu’il reçut des visiteurs qu’il récompensait, en quelque sorte, en priant sur eux, et en distribuant consolations et bons conseils (je n’invente rien). Il lui arrivait de les guérir.

NON , LE SUPPLICE DU PAL, C'EST PLUS GRAVE
Il les guérissait principalement des hémorroïdes, l’usage étant que le pèlerin qui souffrait précisément de ce « mal de SAINT FIACRE HOLLANDE » (parfois appelé « fic », on se demande pourquoi) s’asseyait sur la pierre où le saint s’était lui-même assis. On ne sait pas vraiment à quel épisode de sa vie se rattache cette tradition. Les archives ne disent pas tout. Mais en tout cas elles disent : « Loué soit Dieu, SAINT FIACRE HOLLANDE guérit les hémorroïdes. Après l’annus horribilis, l’anus hollandibilis ».
Il nourrissait en cas de besoin les pèlerins des légumes de son jardin, souvent des haricots. Ces jours-là étaient jours de fête. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle les jardiniers ont, le 30 août 1237, élu pour leur saint patron SAINT FIACRE HOLLANDE en personne. A l’unanimité. Toute parenté avec quelque hémorroïde que ce soit serait purement fortuite.
Principalement, il savait sur quel ton il fallait parler aux gens : toujours suave, toujours caressant, presque tendre, il atteignait ses auditeurs au fond de leur cœur, imperméable aux propos de quelques vilains jaloux qui ne se privaient pas de le brocarder de diverses expressions qui se seraient voulues blessantes.

LE VERT BAVEUR
Heureusement, FIACRE HOLLANDE (qui n’était pas encore décrété saint), était au-dessus de cette bave crapaudesque, et allait son chemin vaillamment. Si certains lui auraient vu les manches de lustrine et le « rond de cuir » dont Courteline et Maupassant ont fait le symbole de la bureaucratie fin-de-siècle, il se voyait quant à lui sur la plus haute marche du podium électoral.
Malheureusement, un journal d’opposition déterra une malheureuse affaire où un de ses ancêtres, QUINTIANUS HOLLANDUS, avec lequel il offre d'ailleurs une ressemblance de visage tout à fait spectaculaire, avait fait torturer celle qui devint plus tard SAINTE RITA ROYAL. Cette affaire lui coûta le poste de premier consul en 1798. Ce qui n’empêcha pas Anne d’Autruche, bien connue pour avaler n’importe quoi, d'avoir recours à ses miracles pour accoucher (enfin !) de LOUIS XIV.

LE CENTURION (ADJUDANT) QUINTIANUS HOLLANDUS
C’est d’ailleurs de cette curieuse circonstance que s’autorisa un certain Monsieur SAUVAGE qui, en 1640, investit dans une compagnie de taxis (ça ne s’appelait pas ainsi, mais c’est pour donner l’idée), qu’il baptisa « voitures de Saint-Fiacre », tout ça parce qu’elles étaient attachées à l’hôtel de Saint-Fiacre. Les sceptiques, s’ils prennent la précaution de vérifier l’information, en seront pour leurs frais. Bien fait ! « Heureux celui qui croit sans avoir vu ». Ce n’est pas moi qui le dis.
Un auteur, savoureux autant que méconnu, ajoute même, sur un ton qui fait penser à ALEXANDRE VIALATTE, que « les fiacres étaient tirés par un vieux cheval désabusé, que conduisait un cocher haut-perché, armé d’un fouet, surmonté d’un gibus ».
Il va de soi que la plupart des données figurant dans cette note ont été puisées aux meilleures sources, même s'il est possible que se soient glissées, ici ou là, quelques approximations susceptibles de gauchir la stricte vérité.
Voilà ce que je dis, moi.
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13.02.2012
LOI DU NOMBRE ET DEMOCRATIE
Je pose aujourd’hui une question puissante, attention les yeux, ça va décoiffer : qu’est-ce que la démocratie ? Je vous préviens, on n’est pas à Sciences-Po. Je pars du ras des pâquerettes, et j’y resterai peut-être, allez savoir. La démocratie ? Jusque-là, rien à dire, ça reste assez simple : l’expression de la « volonté générale ». A partir de là, vous allez voir, la volonté « générale », elle n’arrête pas de vous serrer le kiki et la ceinture.
Parce que là où ça se complique, c’est quand on demande : c’est quoi, la « volonté générale » ? Naïvement, je réponds, déjà embarrassé : c’est la volonté de tous, du peuple, de tout le peuple, je veux dire de chacun des membres du peuple, que sais-je ? C’est le « peuple souverain », bien connu de sa concierge.
Oui, mais comment vous allez savoir ce que c’est, la volonté de chacun ? La réponse est tout bonnement impossible. En 1789, la France comptait 27.600.000 habitants, « en comptant les femmes et les petits enfants » (FRANÇOIS RABELAIS). Comment veux-tu faire ? Le NOMBRE est en soi un obstacle à la démocratie. Je ne parle pas ici de délégation et de représentation, notez bien, juste du NOMBRE.
Parenthèse sur « La démocratie culinaire » (inspiré par Les Petits plats dans les grands, « La méthode illustrée par l’exemple », HENRI-PIERRE D’ACREMANT, Firmin-Didot éd., 1884, beau frontispice en couleur, plusieurs chromolithographies hors-texte, nombreuses gravures in-texte, jamais réédité).
Suppose que c’est toi qui es dans la cuisine. Mettons qu’autour de la table, ils ne sont pas trop nombreux, disons vingt. Le problème, c’est que chacun est venu avec son menu à lui. Vingt menus complètement différents : vingt entrées, vingt plats, vingt desserts. Comment tu fais, toi, devant ton piano et tes gamelles ? Le problème de la démocratie, il n’est pas ailleurs, il est là.
Alors on simplifie. Tiens, regarde les repas que tu fais entre collègues, en fin d’année ou à l’occasion d’un départ ou d’une retraite, comment ça se passe. Ça dépend du restaurant, mais ça m’étonnerait qu’on aille au-delà de trois propositions de menus. Ça fait trois entrées, trois plats, trois desserts. Ce n’est pas beaucoup, mais les gens considèrent que ce n’est déjà pas mal. Chacun, donc, avant même d’être à table, a déjà intériorisé l’idée qu’il va falloir qu’il restreigne ses désirs. Fermeture de la parenthèse.
La démocratie, c’est exactement ça : comme on est trop nombreux, la cuisine ne peut plus suivre. On est obligé de réduire le choix. La démocratie, c’est d’abord une restriction de chacun à des dimensions plus modestes que son individu individuel. Le serrage de ceinture, il commence là : plus on est nombreux, moins chacun a de surface démocratique individuelle.
Plus on est nombreux, moins on compte, et moins on existe. C’est mathématique et inversement proportionnel : ta part de vie dans le nombre décroît quand le nombre croît. Comme au loto : plus il y a de combinaisons possibles, plus les chances de gagner diminuent.
D’un point de vue démocratique, un Chinois, en comptant un milliard d’inscrits (en supposant que …), existe à peu près vingt-cinq fois moins qu’un Français (quarante millions). Moralité : plus tu es nombreux, plus la démocratie t’écrase, toi, individu ! Qu’est-ce que c’est, finalement, un individu ?
Oui, nous sommes trop nombreux pour que chacun de nous ait une véritable existence politique. Et c'est d'autant plus vrai depuis que la montée en puissance de l'Europe aux dépens des nations a rendu encore plus évanescent le pouvoir de chaque individu sur la marche des choses.
Alors la démocratie ? Tiens, comment ils ont fait, en 1789 ? Ils ont fait comme pour la pyramide : plus tu montes, plus c’est étroit, et moins il reste de place pour toi. Appelons ça la réduction de l’individu (façon réducteurs de tête). Au départ, soyons franc, tu as l’impression que tout est possible. La base s’exprime. Tout le monde frétille de la queue (ou du croupion, c’est selon). A l’arrivée, même pas un atome de croupion.
Il arrive la même chose aux molécules en homéopathie, vous savez, les CH (« centésimale hahnemannienne »), la mémoire de l’eau (les tribulations « scientifiques » de JACQUES BENVENISTE) et tout le tremblement : au départ, une molécule en pleine possession de ses moyens, bien vaillante et prête à l’emploi.
A l’arrivée, qu’est-ce qui reste, sinon rien ? Car 9 CH, c’est un centième répété neuf fois, je vous laisse calculer tous les 0 que ça fait après la virgule, pour ce qui reste d’actif dans le tube à essais. Mais je ne voudrais pas déclencher une polémique.
Pour un phénomène analogue d’évanouissement de la réalité dans sa quintessence abstraite et virtuelle, on pourra préférer la page 441 de l’intégrale de la Rubrique-à-Brac de GOTLIB, où l’escargot disparaît carrément par le fond de sa coquille, et où le cher professeur Burp se lamente : « Escargot mon ami, qu’as-tu fait de ta vie ? ».

N'AYANT PAS TROUVE L'ESCARGOT, JE VOUS PRESENTE
LE PROFESSEUR BURP EN COMPAGNIE DE L'HYENE
(si si, c'est comme ça qu'on dit et qu'on écrit)
La loi du nombre, appelons ça le point extrême de la dilution. Je vais vous donner un exemple. J’ai vu construire une « pyramide » en 2003 dans l’Education Nationale : tous les « partenaires » de la « communauté éducative » se réunissent en différentes commissions, dont chacune rédige un document résumant les idées émises. Cela fait une dizaine de commissions dans chacun des 11375 établissements (public + privé) du second degré. Je vous laisse calculer le nombre de documents.
Puis ces synthèses sont rassemblées par le chef, qui les envoie au rectorat. Les fonctionnaires rectoraux rédigent une synthèse académique et l’envoient à Paris. Là, des fonctionnaires ministériels élaborent, à destination du ministre, un document qui synthétise l’ensemble.
La « Commission THELOT », ça s’appelait. « Quelle école pour demain ? », ça demandait. Résultat, la bouche du ministre de l’époque a laissé tomber face aux caméras une bouse de vache, et tout est retombé dans le silence. Comme dit la sagesse populaire, c’est la montagne qui accouche d’une bouse de vache. Ce qu’on pourrait appeler une synthèse de synthèse de synthèse de synthèse de synthèse de synthèse de synthèse … « Mammouth mon ami, qu’as-tu fait de ta vie ? », se lamente le professeur CLAUDE ALL… euh, non, le professeur Burp.
Et, bonne pomme, je n’ai même pas tenu compte du fait que les conclusions étaient déjà toutes prêtes et connues du ministre avant l’élaboration de la montagne pondeuse de bouses de vache par ministre interposé. J’ai fait comme si tout ça n’était pas un simple cinéma à grand spectacle pour dire au bon peuple spectateur qu’on a les dossiers bien en main. Au moins, personne ne pourra dire que le système n’est pas démocratique. Les personnels ont été consultés, on leur a demandé leur avis, c’est sûr. Qu’on s’asseye dessus ensuite, tout le monde s’en fiche.
Dans la loi du nombre, elle est là, la mort démocratique. L’individu infinitésimal, molécule vivante diluée des millions de fois dans le tube à essais électoral, qu’il dise quelque chose ou qu’il ne dise rien, cela revient au même. Pesé grain de sable après grain de sable sur les balances de précision de la machine statistique, l’individu infinitésimal n’existe plus. On aura beau me seriner que l’individu est la pierre angulaire de l’édifice démocratique, je persisterai à me gausser.
« Tu te rends compte, si tout le monde faisait comme toi ? » Oui, je me rends compte. Et alors ? Beaucoup de gens font d’ores et déjà comme moi. Ils s’abstiennent de voter. Ils ont peut-être pris conscience de la fiction que leur existence politique constitue, va savoir. Le char d'assaut médiatique a beau leur rouler sur les neurones avec ses obus chargés de devoirs civiques, ils ont cessé d'y croire, à cette histoire : « Chaque voix compte, la tienne est aussi importante que toutes les autres, tu ne vas pas nous faire ça ».
Et puis il faut aussi comprendre une chose : quelle existence politique ont eue, après 2007, les 17.000.000 d'électeurs qui ont voté SEGOLENE ? Rien, que dalle ! Qu'est-ce que c'est, aussi, ce système où une quasi-moitié du corps électoral est écrasée purement et simplement ? Qu'est-ce que c'est, la loi de la majorité ? Un moyen de faire taire la minorité. « Vous n'avez qu'à être majoritaires », entend-on. Mais j'y reviendrai, sur le scandale majoritaire.
Qu’est-ce qui leur manque, à ceux qui votent avec leurs pieds aux élections ? Il leur manque l’impression toute simple d'exister politiquement, de peser, d’être pour quelque chose dans la marche des choses, de voir leur volonté (pas leur opinion) prise en compte dans les décisions. Ce n’est pas avec des « débats participatifs » à la SEGOLENE, avec des « comités de quartier » qu’on arrivera à leur donner cette impression. C’est en leur donnant un pouvoir de décision, un vrai. Comment ? Ah, je l’ai dit au début : on n’est pas à Sciences-Po. Vous n'avez qu'à demander aux experts. Ils savent tout.
Voilà ce que je dis, moi.
APRES-PROPOS : l'actualité nous montre une curieuse parenté qui s'installe entre deux pays pourtant à des années-lumières l'un de l'autre. Pendant que la « communauté internationale » élève la voix contre le meurtre collectif d'Etat commis par le régime syrien contre son propre peuple et fait quelques efforts pour l'empêcher, la « communauté européenne » abat la griffe de son autorité sur le pouvoir grec pour obliger celui-ci à réduire son propre peuple à la misère. C'est la logique droit-de-l'hommiste contre la logique financière. Devinez qui va gagner. Les deux, mon général. JANUS BIFRONS aura encore frappé.

LA GUERRE OU LA GUERRE ?
PILE JE GAGNE, FACE TU PERDS
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27.01.2012
PROPAGANDE ET DEMOCRATIE (fin)
Résumé : les succès de SARKOZY sont bâtis sur une grosse machine à PROPAGANDE. Le Parti Socialiste a beaucoup réfléchi et, après mûre réflexion, a fini par se dire : « Pourquoi pas moi ? ».
Donc cette fois, qu’est-ce qu’on a mis en face de NICOLAS SARKOZY, comme produit ? On a troqué la preuse (ben oui, pourquoi y aurait pas de féminin à « preux » ? Vous voyez que j’ai l’esprit et la grammaire larges) héroïne nationale, SEGOLENE ROYAL, contre un fromage de HOLLANDE qui, à vue de nez, ne sort pas tout frais de la fabrique.

LA BLAGUE EST UN PEU FACILE, MAIS INEVITABLE
Ce n’est pas faute de conseillers en communication (chargés précisément du packaging du produit). Mais cette fois, promis, on va faire moins amateurs. Bon, c’est vrai, le moteur tourne de temps en temps sur « trois pattes », mais on a des bons mécanos dans l’équipe. Vous allez voir ce que vous allez voir. Roule Raoul.
Ce qui est sûr, c’est que la com’ de SARKOZY en 2007 n’est pas tombée dans l’œil d’un paralytique, et que le verrouillage des images n’est pas tombé dans l’oreille d’un aveugle. Au « grand meeting inaugural de la campagne de FRANÇOIS HOLLANDE », au Bourget, dimanche dernier, c’est une officine du Parti « Socialiste » (ou payée par lui) qui a exclusivement fourni les images offertes par la télévision dans la soirée. Exactement ce qu'avait fait SARKOZY en 2007. Entre eux, ils se piquent les trucs qui marchent. Enfin, ils espèrent que ça marche.
Ouverture de la parenthèse sur la bande-son du « meeting-du-Bourget-de-FRANÇOIS-HOLLANDE ».
C’est sûr qu’elle a été particulièrement soignée. On se serait cru chez STANLEY KUBRICK en personne, l’orfèvre en matière de bande-son, un des rares cinéastes à avoir fait des films qui « s’écoutent » vraiment. Tiens, regardez voir Eyes wide shut, et écoutez le piano obsédant de GYÖRGY LIGETI.
Au Bourget, je ne sais pas si vous avez fait attention à ça. Vous entendez l’orateur – mais est-ce que FRANÇOIS HOLLANDE est un orateur ? Ecoutez bien, vous entendez autre chose en même temps : la foule l’acclame pendant qu’il parle. C’est une acclamation EN CONTINU. Etonnant, la clameur collective semble ne jamais s’interrompre. Un sourd rugissement, venu du fond des êtres, sert de socle constant aux envolées du candidat du Parti « Socialiste ».
La foule trépigne donc sur place. L’orateur, pour donner l’impression que c’est lui qui déclenche cet enthousiasme, en même temps qu’il domine la situation, doit pousser sa voix. Le public est si heureux d’avoir trouvé le chef charismatique, qu’il l’incite à se dépasser, et le chef est tellement charismatique qu’il déclenche l’hystérie du public. La clameur le dispute à l’orateur dans des assauts alternés d’intensité et d’enchantement. J’ai trouvé ça spectaculaire.
Dans la tradition du discours de campagne, le public laissait sagement le chef développer un thème. Puis, lorsque le point culminant avait été atteint et que des mots qui marqueront forcément l’histoire avaient été prononcés, dans un élan lyrique particulièrement réussi, il laissait jaillir son allégresse comme un « sonnez, trompettes éclatantes, taratata, taratata » (chœur des enfants au début de Carmen).
Ici, me semble-t-il, le Parti « Socialiste » a mis au point dans ses laboratoires de propagande une belle innovation : la manifestation permanente d’un enthousiasme collectif qui ne demande qu’à se répandre, à se propager dans la population entière, après avoir été dûment enregistrée dans la boîte aux images. On n'arrête pas un peuple enthousiaste qui déferle sur la place Tahrir. C'est l'effet de masse. Le peuple en marche est irrésistible. C'est le message des communicants du Parti « Socialiste ».
Tout cela est très au point, vraiment. Car évidemment destiné au sacro-saint « 20 heures » de TF1. C'est important, l’élaboration de la bande-son. J’espère que les « chauffeurs de salle » ont été dûment rémunérés, voire récompensés. Qu’on se le dise : le Parti « Socialiste » non plus, ne laissera rien au hasard, en 2012, pour ce qui est de la « communication ».
Clôture de la parenthèse.
Cela veut dire une chose : la machine à PROPAGANDE, qu’on soit à gauche ou à droite, tourne à plein régime. Bon, c’est vrai, je me suis déjà interrogé sur l’épaisseur de la feuille de papier à cigarettes qui sépare la droite de la gauche.

C'EST-Y PAS BEAU ?
(le candidat avant son régime)
Et BERNARD ACCOYER peut toujours dire que si FRANÇOIS HOLLANDE est élu, la France subira un désastre comparable à celui d’une guerre. « Paroles verbales ». Mauvais cinéma. Gesticulation théâtrale. Car il faut posséder un nuancier excessivement précis, ou une balance de revendeur de haschich pour apprécier ou peser la différence entre P. S. et U. M. P.
Oui, je sais, on va encore me dire que j’exagère. Que le bipartisme existe toujours bel et bien en France. Et patali et patala. C’est vrai, on met une pincée de social et de redistributif d’un côté, on insiste de l’autre sur la sécurité et la performance économique.
Mais regardez 1983 : c’est bien le Parti « Socialiste » et FRANÇOIS MITTERRAND qui se sont convertis une fois pour toutes à l’économie de marché, à la concurrence « libre et non faussée », bref, à l’ultralibéralisme. Et qu’ils ont froidement laissé tomber, disons le mot : trahi les « couches populaires ».
Ce faisant, il faut le reconnaître, ils ont bien anticipé la chute du Mur de Berlin, la défaite du (soi-disant) « communisme » et le triomphe aveuglant du capitalisme, du libéralisme et de la finance débridée. Ont-ils pour autant eu raison de le faire ? Moi, je dis non.
Du coup, comme il n’y a plus qu’un seul système, mais que ça serait compliqué et risqué de le dire, gauche et droite sont obligés de faire comme si la guerre froide continuait. Ils sont tous obligés d’aller fouiller dans les poubelles de l’Histoire pour dénicher des « thèmes » qui les démarqueront de l’adversaire. A condition de ne pas se les faire piquer (cf. les GUY MÔQUET, JEAN JAURÈS sortis de la bouche de SARKOZY ; remarquez, MARINE LE PEN s’est bien mise à parler de « justice sociale » et de « redistribution »).
On n’est plus dans la politique. On est bien dans l’argumentation publicitaire. En débat public, ils haussent le ton comme au théâtre pour faire croire qu’ils s’engueulent et que de vraies « convictions » antagonistes les habitent et les opposent, irréconciliables. Mais regardez-les, les larrons en foire, les margoulins qui surveillent les clôtures des prés où leurs bêtes pâturent. S’agirait pas que le maquignon d’en face me pique la Blanchette, sinon qu’est-ce qui va me rester comme fromage ?
Il y a quand même quelques indices qui laisseraient presque des raisons d’espérer. Je ne sais pas si j’ai raison, mais il me semble que, si la machine à PROPAGANDE turbine plus fort que jamais, son rendement baisse de façon spectaculaire. Comme si la production d’automobiles régressait vers ses premiers âges, quand on faisait des moteurs de 200 CV qui tiraient péniblement la bagnole à 40 km / h.
Je ne voudrais pas trop m’aventurer, mais j’ai comme l’impression que le BARATIN a un peu plus de mal à faire de l’effet. Alors je voudrais vous dire que si, le 22 avril 2012, soir du premier tour de la présidentielle, j’entends qu’au deuxième tour, ce sera BAYROU contre LE PEN, je débouche le champagne.
Vrai, si les deux GEOLIERS (les deux GARDE-CHIOURME, si vous préférez) de la vie politique en France se font blackbouler, le lendemain matin, les flics pourront à bon droit et raison me placer en cellule de dégrisement pour une semaine. Et je redeviens OPTIMISTE, promis, juré, craché. Même si je ne me berce de nulle illusion quant à la nature profonde de FRANÇOIS BAYROU et de MARINE LE PEN.
Rien que la perspective d’un Parti Socialiste dans les choux et d’un U. M. P. dans les pommes, ça me donnerait une de ces patates !
Voilà ce que je dis, moi.
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26.01.2012
PROPAGANDE ET DEMOCRATIE
C’est très curieux, une campagne électorale. Regardez celle de 2007 : tout est verrouillé, autour de NICOLAS SARKOZY. Je pense à cette photo de lui à cheval, en Camargue, paradant à proximité d’une charrette à foin tirée par un tracteur, sur laquelle la foule des photographes de presse a été vivement invitée à monter, au point que plusieurs sont en équilibre instable. Pas une image ne doit montrer le bout du nez en dehors de celles prévues par l’U. M. P. (ou l’officine de prod. qui en tenait lieu).
Car SARKOZY avait inventé, enfin, non, plutôt piqué aux Américains, le contrôle intégral des images distribuées dans les médias : une boîte de production payée par l’U. M. P. avait fabriqué 100 % des images vues alors à la télévision.

NICOLAS SARKOZY A LA MAIN HEUREUSE QUI LE DEMANGE
Une manière de dire aux médias : vous êtes des moins que rien. Si vous croyez pouvoir jeter un œil critique sur notre campagne, vous vous fourrez le doigt dedans. C’est nous qui sommes chargés de la publicité. Et personne d’autre. Sur la base du principe : « Qui maîtrise les images maîtrise la réalité ».
Résultat, les gens n’ont vu que du papier millimétré, intégralement élaboré dans le laboratoire d’une officine privée, spécifiquement rémunérée pour ça. Ils n’ont rien vu d’autre, dans le pays qui célèbre régulièrement la liberté de la presse, que des images plus lisses et brillantes que des fesses de bébé sorti du bain. Cela signifie une chose précise et inquiétante : nous vivons désormais à l’ère de la PROPAGANDE, et d’une propagande qui s’affiche de plus en plus éhontément comme telle.
Pas du subliminal, non, de l’explicite bien net et bien franc. Enfin pas tout à fait, parce qu’il fallait être au courant des secrets de fabrication, sinon, on était devant ces images comme devant un film de cinéma ou une pause publicitaire : on gobait, un point c’est tout.
Parce qu’au cinéma, si vous n’êtes pas du métier, vous ne vous demandez pas si le plan est rapproché, américain ou éloigné, de quelle façon le film a été monté ou quels sont les angles préférés du cinéaste : un film, ça marche ou ça ne marche pas. Si ça marche, vous gobez, sinon, vous sortez. Sauf si vous vous dites que c’est bête d’avoir payé la place pour rien.
En face, en 2007, c’est sûr, ça faisait un peu amateur. SEGOLENE ROYAL, on a tout su de la conception et de la réalisation de sa campagne. On a su qu’elle avait un metteur en scène de cirque pour ses meetings, un habilleur, et tout le toutim. On n’a rien ignoré du nouveau flou de ses cheveux et de sa longue tunique, de la symbolique de ses couleurs, le bleu et le blanc de JEANNE D’ARC, j’en passe, et des meilleures, comme disait VICTOR HUGO (Hernani, III, 6).
On a tout su de ce qui se passait dans les coulisses de la candidate. On n’a rien su de la fabrique des images qui a vendu celle du produit NICOLAS SARKOZY. Le « marketing », le « merchandising », le « packaging » du détergent miracle ont fonctionné de façon absolument impeccable.
Comme le camelot et le produit étaient un seul individu, passez muscade, comme disent les petits escrocs de rue, avec leur bonneteau. Les électeurs ont acheté. Il leur a fallu quelques années pour déballer le détergent révolutionnaire, et se rendre compte que c’était de la poudre de perlimpinpin. Cela prouve une chose : que la PROPAGANDE, ça marche.

L'HYENE VOUS SALUE BIEN
Et ce n’est pas fini. NICOLAS SARKOZY nous la joue en ce moment « homme-courageux-qui-a-ses-faiblesses », sur le mode « si je perds, je quitte la politique », qui ne veut dire qu’une chose : « aimez-moi, je vous en supplie », sanglotez, violons !
Le packaging va forcément être révisé, la révision des cinq ans, je vous la rends comme neuve. Mais la poudre est toujours la même perlimpinpin, celle de la fée qui transforme la citrouille en carrosse et Cendrillon en princesse, attention, jusqu’à minuit pas plus. Après, tant pis pour toi. Tu reviens à pinces.
Voilà ce que je dis, moi.
Demain, promis, on goûte le fromage de HOLLANDE. Est-ce du Gouda (prononcer raouda, comme la ville), du frison, du leyden, du leerdamer, de la mimolette, du limbourg ? Le suspense est à son comble.
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08.12.2011
DANS LE TELETHON, TOUT EST BON
Ils sont merveilleux, les Français ! Rendez-vous compte, en pleine crise, en plein allongement de la durée de cotisation pour la retraite, en plein chômage, en pleine crise de l’euro, en plein marasme moral, voilà qu’ils trouvent le moyen (et les moyens) d’être encore plus généreux que l’an dernier : les promesses de dons ont afflué au standard du TELETHON.
C’est épastrouillant, vous ne trouvez pas ? Ça rentre encore mieux que les impôts ! 86 millions ! Un tirage de l’Euro-millions après quelque temps d’incubation stérile. Dans le fond, c’est plus banal que je ne croyais au premier abord : la Française des jeux n’a pas à être jalouse, elle qui distribue les millions d’euros régulièrement, fidèlement, semaine après semaine. Ça relativise.
Mais 86 millions de promesses en deux jours. Bon, ce ne sont peut-être que de ces promesses qui ne sont pas destinées à être tenues, comme on en entend avant chaque élection. Mais parions sur la sincérité. 86 millions ! Je n’en reviens toujours pas. Je crois que je n’en reviendrai jamais. Je vais tâcher de vous dire pourquoi.
Et je promets d’essayer de ne pas essayer de faire rire des myopathies, et encore moins des myopathes. Et pourtant, il y aurait matière, par exemple en imaginant un myopathe en train de gratter une carte de la Française des jeux. Mais j’ai promis d’essayer, et cette promesse, je la tiendrai. Peut-être.
La raison de ma répugnance à l’égard de l’opération Téléthon (je dis bien « opération ») est assez simple, et j’y viendrai. Mais ma première remarque concernera les propos tenus je ne sais plus en quelle année par PIERRE BERGÉ : en gros, je crois me souvenir qu’il reprochait au Téléthon de siphonner tout l’argent de la générosité, et qu’il n’en restait plus ou presque pour sa cause à lui : le Sidaction.
Ben faut le comprendre, PIERRE BERGÉ, qui fut l’amant et compagnon richissime du richissime YVES SAINT-LAURENT, qui finance la revue Têtu, qui a financé SÉGOLÈNE ROYAL (appartement de 200 m², campagnes diverses), au-delà du raisonnable, puisqu’il a fini par se rendre compte qu’il avait misé sur la mauvaise jument. En tant que porte-drapeau de la cause homosexuelle, il aimerait bien que les gens mettent un peu d’argent dans la recherche sur le SIDA.
Pour répondre à l’attente de PIERRE BERGÉ, livrons-nous à un petit calcul. Combien de personnes sont touchées par les myopathies ? Je ne veux pas dire de bêtises, mais je crois bien qu’en France, il semble qu’on compte environ 5.000 individus souffrant de maladies rares. Les myopathies en font partie, entre autres. Mon ami SALVATORE est bien mort d’une de ces autres vacheries, je ne sais plus laquelle. J’imagine que le Généthon s’occupe de toutes.
Maintenant, combien de malades du SIDA ? Le nombre qu’on peut trouver, c’est celui des morts en France depuis le début de l’épidémie (aux Etats-Unis, c’est 1981) : 35.000. Certains parlent de plus de 40.000. Quant aux personnes séropositives, qui ne sont que porteuses du virus (à ne pas confondre avec les malades du SIDA), une estimation de « sida info service » de novembre 2010 fait état de 152.000.
Où veux-tu en venir, blogueur suspect, avec cette comparaison ? – Eh bien, cher lecteur, je réfléchis. Je regarde, j’écoute, je lis : oui, je réfléchis. C'est un peu pour ça que je me permets de tenir le résent blog. Je remarque que les promoteurs du Téléthon défendent une CAUSE. Qu'il y a dans le Téléthon du militantisme. Or, comme l'écrit AMBROSE BIERCE dans Le Dictionnaire du diable : « Le militant est un militaire qui porte son uniforme à l'intérieur ».
Accessoirement, il serait tout à fait imaginable que l’entreprise Généthon fût conçue pour déposer des brevets, pour ensuite, on ne sait jamais, les monnayer pour s’alimenter en argent frais et se débarrasser de la corvée de la quête publique ? Mais je ne veux pas jeter la suspicion sur une démarche louable dans son principe.
Si j’examine le paysage à partir du mot-clé « une cause à défendre », alors là, le vertige me prend, cher lecteur. De ce côté, la cause des mal-logés, avec pas loin la cause des mal-nourris, et tout près la cause des pas logés du tout, derrière laquelle se cache la cause des enfants hospitalisés.
De cet autre côté, la cause des animaux à fourrure, coude à coude avec la cause des espèces en voie d’extinction et la cause des taureaux de combat. De cet encore autre côté, des sans-papiers, des réfugiés politiques, des réfugiés climatiques, des migrants en général, des victimes de la famine en Somalie, des victimes de l’amiante ou de l’atome, etc. J’arrête, car ça n’en finirait pas.
Tu as compris, cher lecteur, ce qui me chiffonne, avec le Téléthon ? Je me suis arrêté à quelques « causes » dont les médias sont friands, mais j’aurais pu transformer l’énumération des « causes » en véritable litanie des saints, tu sais, cette prière d’intercession dite le jour de la Toussaint et qui dure juste à peine quelques heures.
A ton avis, de même que, dans la litanie, aucun saint n’a la priorité sur les autres, excepté par l’ordre d’apparition, quelle est la « cause » qui l’emporte sur les autres ? Car c’est bien connu, « choisir, c’est éliminer ». Et je me demande incidemment s'il n'y a pas quelque injustice à focaliser l'attention et la générosité publiques sur cette cause-là plutôt que sur cette autre.
Bon, alors c’est vrai, on peut tâcher d’y voir un peu clair et opérer un premier « tri sélectif » (je ne me lasse pas de ce délicieux pléonasme), en faisant passer, par exemple, les animaux après les humains : exit la vivisection, exeunt (c'est comme ça qu'il faut dire) les espèces menacées et les animaux à fourrure. Ça, c’est relativement facile. Encore que j’en entende déjà certains protester vigoureusement.
Mais ensuite ? Qu’est-ce que tu vas prendre, comme critères de sélection, d’élection de TA cause ? Quel âge ont-ils ? Quelle est leur souffrance objective ? La situation est-elle urgente ? Critique ? Combien sont-ils ? Combien risquent-ils d'être demain ? Quelle est la gravité du mal dont ils souffrent ? Eh oui, il est bien là, le problème : il faudrait tout faire. Dit autrement : si on n’est pas insensible, on voudrait tout faire. Et je sens que si on organisait un débat là-dessus, les participants en viendraient rapidement aux mains.
Car ce n’est pas la souffrance qui manque, sur cette planète, on est d’accord. Certains l’appellent le MAL. C’est d’autant plus insupportable qu’on est au courant de tout ce qui se passe de MAL, aujourd’hui, presque au moment où ça se produit. Avec la télévision, cher lecteur, c’est toute la souffrance du monde qui débarque chez toi, dans ton salon, et en pleine digestion.
Rectification : c’est l’image de toute la souffrance du monde qui vient s’asseoir à ta table. Ça change tout. C'est GUY DEBORD qui disait ça, paraît-il. Je n'ai pas vérifié. D’ailleurs, est-ce que le problème ne vient pas précisément de là ? Car, puisque nous réfléchissons, demandons-nous ce qui a produit cette exacerbation du sentiment populaire autour du seul Téléthon, qui a fait passer très loin derrière lui toutes les autres « causes » à défendre. Réponse catégorique : rien d’autre que la TELEVISION.
Je ne veux pas savoir QUI a eu l’idée du Téléthon. Quoi qu’il en soit, il mériterait d’être bombardé directeur du marketing d’une grande entreprise multinationale. Ce fut certainement un coup de génie (je crois que c’était en 1986). Comprends-tu, cher lecteur, pourquoi PIERRE BERGÉ peut à bon droit se plaindre de l’ombre qui est faite au Sidaction ?
C’est tout simplement parce qu’il s’est fait brillamment griller par cette offensive surprise et victorieuse sur le principal média de propagande qu’est la TELEVISION. Bon, c’est sûr, en 1986, on parlait de sidéens, de sidaïques, de sidatoriums, voire de « sida mental » (LOUIS PAUWELS). Si je me souviens bien, l’épidémie de SIDA n’avait pas encore mis en œuvre toutes ses capacités de nuisance et n’était pas encore le fléau décimateur de l’Afrique subsaharienne (autrefois, on disait « Afrique noire », c’était plus facile à prononcer).
L’image des malades du SIDA était ténébreuse, voire sulfureuse. « Ils l’ont bien cherché », entendait-on. Pour la télévision, en 1986, ce n’était pas un bon produit, au « packaging » lisse et impeccable. Impossible de mettre côte à côte, sur le plateau de télévision, le petit myopathe et le mec atteint du sarcome de Kaposi (toujours prêt, celui-là, à profiter lâchement de la perte d’immunité). Pour tirer des larmes et de l’argent, « yapafoto », comme disent les Japonais.
Hé oui ! L’avantage et l’inconvénient de la télévision, ils sont là. En 2011, tu mets sur scène monsieur GAD ELMALEH tenant dans ses bras un petit myopathe (au pays de la myopathie, on est vieux avant trente ans, ça restreint forcément). Et hop ! Tu commences par tirer des larmes. Ça détourne l’attention, et comme tu es rapide et habile, tu fais les poches du sentiment populaire.
L’inconvénient, pour ne pas dire le vice congénital de la télévision, c’est de frapper à l’estomac : le petit myopathe il te rentre dans le chou de l’émotion, dans le vif du sternum, exactement là où s’exacerbe le sentiment populaire. Et le sentiment populaire, qu’est-ce qu’il fait ? Il y va de sa larme. Et le sentiment populaire, juste après – car il ne faut pas laisser refroidir, je veux dire réfléchir –, il prend son téléphone et il promet. Et une fois qu’il a promis, va revenir dessus ! Difficile : il s’est engagé.
L’avantage, c’est évidemment que la télévision se transforme sous tes yeux en machine à sous qui crache d’un coup tout le pactole, dans un déchaînement grandiose de pitié, d’amour et d'humanité d'un côté, et de l'autre, de crépitement des flashes, d’applaudissements et de lumières vives qui clignotent. Voilà ce que c’est, le Téléthon. C'est du spectacle, comme disait GUY DEBORD, paraît-il. Je n'ai pas vérifié.
Je précise, cela devrait aller sans qu’il fût besoin d’être dit, que je ne veux strictement aucun mal aux enfants infirmes atteints de myopathie. Dans mon proche entourage, on sait trop ce qu’infirmité veut dire pour que je laisse subsister quelque ambiguïté. Cela ne m’empêche pas de voir dans l’émission de télévision intitulée « Téléthon » l’exercice d’une forme de violence faite au peuple. En même temps que d'une forme d'injustice.
Avec toute la sincérité, l'honnêteté et la bonne volonté qui animent les promoteurs de l'opération "téléthon", il y a une forme de violence, liée au choc émotionnel propre à l'image, en particulier télévisuelle, et une forme d'injustice, liée à l'élection et à la promotion d'une cause parmi dix mille autres.
De toute façon, PIERRE DESPROGES, dans je ne sais plus quel sketch, voyait aussi une forme de violence dans tout appel au sentiment de pitié. Voire dans toute mendicité. « Mes cent balles, je les garde », disait-il.
Voilà ce que je dis, moi.
NOTE-À-BENNE : il y eut une ville nommée Athènes, il y eut une bataille à proximité d’une ville nommée Marathon. Le mot « téléthon » voudrait être un mot-valise qu’il ne pourrait pas y arriver. Pour une création lexicale, on peut dire que le mot « téléthon » est un monstre, au sens antique du terme. C’est comme si on avait pris le nom de Paris et qu’on l’avait coupé et recollé pour donner « téléris ». Je ne commente pas. Pas la peine, je suppose.
09:00 Publié dans BOURRAGE DE CRÂNE, LES BONNES ÂMES, UNE EPOQUE FORMIDABLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : téléthon, loto, euro-millions, générosité, télévision, charité publique, myopathies, pierre bergé, yves saint-laurent, ségolène royal, sida, sidaction, têtu, généthon, louis pauwels, sarcome de kaposi, gad elmaleh, pierre desproges
03.06.2011
CAUSE TOUJOURS !
MAIS QU’AVEZ-VOUS A PROPOSER ?
J’imagine que ça commence à se voir : ce serait faux de dire que TOUTES les notes de ce blog, à ce jour, ont une tonalité critique, mais enfin, le lecteur aura eu largement le temps de s’apercevoir que le ton, ici, n’est en général pas à l’approbation de ce qui se passe, ni à l’enthousiasme délirant pour tous les personnages de théâtre qui défilent « dans le poste » en essayant de tenir d'une seule main le public en haleine et le haut du pavé de bonnes intentions, et que, quand je fais l’éloge de PHILIPPE MURAY, il s’agit comme par hasard d’un écrivain qui ne tient en haute estime ni son époque, ni bon nombre de ses contemporains.
Disons que je m’efforce de regarder le monde qui m’entoure, avec un minimum de ce qu'on appelle « lucidité », et que je ne trouve pas beaucoup d’arguments pour le considérer comme beau à voir. J’entends d’ici la question qu’on ne m’a pas posée, et à laquelle, par conséquent, je vais m’empresser de répondre après vous avoir remercié la personne qui ne l'a pas posée : « Mais que proposez-vous ? »
Et moi de répondre du tac au tac, avec la fausse naïveté qui me caractérise : «Vous me demandez ce que j'ai à proposer ? Mais RIEN, voyons. Pourquoi cette question ? ». « Parce que vous critiquez, vous critiquez, vous passez votre temps à critiquer. Ça ne vous fatigue pas de voir uniquement le côté négatif des choses ? De vous complaire à contempler leur face sombre, alors qu’il y en a tant qui sont à même de mettre de bonne humeur, de procurer de la joie, de faire un bain de béatitude parfumée ? »
Moi, je réponds, tranquille : « Ah bon ? Vraiment ? ». J’attends évidemment les exemples infirmant la certitude que les affaires du monde en général et de l’Europe en particulier sont assez mal emmanchées. Et que si on se posait la question de la valeur propre et de l’état de la civilisation (les arts, l’éducation, etc.) que l’occident a gracieusement imposée au reste des habitants de la planète (à coups de conquistadors et de fronts bas coloniaux, envoyés par des vautours autrefois en fraise, plus tard en col amidonné, aujourd'hui en col blanc), la réponse risquerait elle-même de ne pas être gaie.
Je répondrai ensuite que, dans le titre même (alexipharmaque) et la thématique annoncée de mon blog («blog littéraire et critique»), j’annonce la couleur. « Alexipharmaque », ça fait savant, ça jette, ça impressionne. Mais j’ai peut-être déjà dit que c’est un simple synonyme (vieux et inusité) de « contrepoison » (alias http://kontrepwazon.hautetfort.com/), qui était le titre de mon blog de 2007-2008. Mais je répondrai surtout : « Mais, mes pauvres amis, pour quoi faire ? ». C’est vrai quoi ! Je vais tâcher d'expliquer pourquoi je ne fais AUCUNE PROPOSITION. Je me souviens, et ce n’est pas vieux, de Madame SEGOLENE ROYAL, dans la campagne présidentielle de 2007.
Qu’est-ce qu’elle avait trouvé, sur les rayons de « l’innovation politique » (ben oui quoi ! Les équipes de marketing, de merchandising, de packaging de la candidate du Parti « Socialiste » (je pouffe !) avaient trouvé le filon des « débats participatifs » (je voudrais bien savoir ce que c’est, un débat non « participatif », si c’est vraiment un débat). Et la fonction du « débat participatif » (mais j’ai les lèvres gercées) était de rassembler à la base les propositions et revendications des « vrais gens », et de les faire remonter vers le bureau des crânes d’œuf de la ROYAL, pour essayer de dénicher la pépite capable de donner à la candidate une « avance décisive ».
On a vu ce que ça a donné. NICOLAS SARKOZY, lui aussi, en avait, des tombereaux de propositions, de projets, de promesses (rien que des PROS, dans son équipe et dans sa bouche), ajoutant : « Je ne vous mentirai pas. Je ne vous trahirai pas.». Le paquet, ou au moins son emballage, sans doute plus lustré, plus coloré, a endormi les gogos, et il y est arrivé, au pouvoir. Là aussi, on a vu.
Bien avant dans le temps, je ne sais plus quel Sinistre de l’Education Nationale avait lancé un vaste « concertation » de tous les enseignants. Dans chaque établissement, ils étaient obligés (vrai !) de se réunir dans des commissions dont les missions avaient été définies au Sinistère (autrement dit, les catégories du débat étaient définies par avance, et fermez vos g…), et qui devaient rendre leur copies en fin de parcours avec la substance des débats, les observations et propositions qu’ils avaient « fait émerger ».
Moyennant quoi, une fois corrigées les 100.000 copies (pour environ 800.000 profs), une fois que l’alambic sinistériel (la commission Thélot, me semble-t-il) eut distillé tout cela pour produire son alcool imbuvable, chaque établissement reçut la visite d’un inspecteur qui réunit les gens par disciplines. « Surtout, ne croyez pas que je vous apporte la « doxa » (mieux connue dans sa version « langue de bois » popularisée dans les médias) : je viens vous écouter, puis vous proposer des solutions pour améliorer le fonctionnement du système. » Moyennant quoi, cela se traduisit en consignes strictes et en recommandations chaudement recommandées.
Passons rapidement sur les « 110 propositions » de 1981, quand MITTERRAND s’est fait élire, avant d’opérer en 1983 une trahison à 180 degrés et une conversion brutale à la religion du marché. Conclusion : le monde croule sous les propositions, étouffe de toutes les propositions qu’on le force à avaler, avec indigestion à la clé, ou occlusion intestinale. Le fabuleux, dans l’histoire, c’est que tout ça a un destin, et ce destin s’appelle « tonneau des Danaïdes », vous savez, ce tonneau sans fond que les filles de Danaos avaient été condamnées à remplir (quarante-neuf sur les cinquante charmantes créatures avaient juste, sur ordre de leur père, zigouillé leurs quarante-neuf maris la nuit de leurs noces, sauf Hypermnestre, épouse de Lyncée, qui vengera un jour ses frères. Aux dernières nouvelles, elles continuent à remplir le tonneau.).
Pour quelle raison, me direz-vous ? Pour quelle raison ça ne sert à RIEN de faire des PROPOSITIONS ? Tout simplement parce que ce sont des mots, et pas des actions. Car, pendant les propositions, les actions continuent à agir, les hommes d’actions persistent dans leur trajectoire, les financiers continuent à spéculer, la Grèce continue à s’écrouler (remarquez, la Grèce, les ruines, elle connaît : ça ne serait que les nouvelles ruines, elle pourrait clamer : « La ruine nouvelle est arrivée. », comme le beaujolais. Je suggère un concours de Miss « ruine de l'année», par exemple.), et une multinationale comme Monsanto continue à disséminer ses OGM, et à tout faire (auprès des Etats) pour que ça croisse et embellisse.
C’est là qu’on entend le refrain : « La dictature, c’est ferme ta gueule, la démocratie, c’est cause toujours. ». La proposition, c’est exactement « CAUSE TOUJOURS ». L’homme d’action, il jubile, il se dit : « Continue à proposer. Pendant ce temps-là, tu ne m’embêtes pas. ». Tant d'innombrables individus veulent contribuer au débat, apporter leur pierre à l'édifice, tant d'innombrables gens ont besoin de s'exprimer, comprenez-vous, et de se faire entendre ! Il faut bien les laisser s'exprimer.
Donc, voilà quelques exemples de ce que c’est, une proposition, et de ce qui risque de lui arriver : « l’alambic », tout est là. Dans les journaux, le topo est identique. Que ce soit dans Libération, dans Le Monde, dans Le Monde diplomatique, des gens très bien écrivent des articles « de fond » eux-mêmes très bien, que c’en est irréprochable. Et même parfois très juste, soyons juste. J’imagine que tout le monde connaît le schéma : quel que soit le sujet, il s’applique. Je choisis mon thème, mon problème, ma question de société : tout ça surabonde, on peut y aller à l'aveugle.
Je commence par dresser un constat (alors, au choix : « sévère », « inquiétant », « alarmant », en tout cas, ça veut dire que la question devrait « mobiliser », alors que tout semble « au point mort ». Voyez le climat, la finance, la justice sociale, le travail, bon, j'arrête.). Je continue par une analyse si possible « impitoyable » des causes, où je dois démontrer que la question, je la connais comme le fond de ma poche, que rien de ce qui y touche ne m’est étranger, que j’ai lu tout, et même davantage, ce qu’on peut trouver dans la « documentation », pire : dans la « littérature » (c’est comme ça qu’on dit : pauvre littérature, quand même !).
J’arrive enfin à la dernière étape obligée de ce parcours d’école (ben oui, ça s’apprend à l’école, tout ça, les « écoles de journalisme » ne sont pas faites pour les chiens) : les solutions, où il me faut impérativement prouver qu’ayant intensément « réfléchi » à la question, j’en suis arrivé à découvrir la pépite d’or : la proposition. Alors ça pourra se présenter comme des « interrogations », des « hypothèses » ou comme de vraies « propositions » concrètes.
On est prié de ne se rabattre sur les « souhaits » qu’en cas d’extrême pauvreté (d’esprit !), car là, on est tout près du « vœu pieux », immédiatement classé parmi les fumées de l’imaginaire et les extravagances de l’utopie. Là, vous manquez de sérieux, mon vieux, redescendez sur terre (chœur des loups unanimes). Voilà pour le schéma obligé. L’ai-je pas bien descendu, mon escalier, avec mon truc en plumes dans le derrière ?
La manie de la proposition touche également des gens très bien : le grand LEWIS MUMFORD a écrit un livre tout à fait intéressant : Les Transformations de l’homme. C’est très ambitieux : il veut rien de moins que reconstituer la trajectoire de Progrès de l’humanité dans son ensemble, de la technique de maîtrise du feu aux massives avancées techniques accomplies aux 19ème et 20ème siècles. Sur neuf chapitres, sept retracent le parcours aboutissant impitoyablement au tragique 20ème siècle, présenté comme découlant tout à fait logiquement de toutes les autres étapes énumérées, et voué à la catastrophe finale, inéluctable au bout du chapitre 7.
Et puis voilà-t-il pas que les deux derniers arrivent comme Zorro pour chasser brusquement l’épaisse couche des sombres nuages. Oui, voilà le temps des « perspectives » et « propositions ». Le ciel s’ouvre soudain, comme par miracle. Le soleil sort de derrière les fagots sans prévenir et se met à resplendir. Le livre laissait tellement peu d’espoir que l’auteur a dû se dire : non je n’ai pas le droit de laisser le lecteur dans le désespoir ! Même LEWIS MUMFORD se laisse contaminer !
Ce serait marrant de faire l’inventaire sur une année : combien d’articles « de fond » ainsi ficelés, ainsi fagotés, d’où émanent autant de propositions lancées comme des injonctions, ou du moins comme des appels ? Combien de problèmes résolus ? Combien de réponses à d’urgentes questions de sociétés ? Et surtout, combien de PEINES PERDUES ? Vous vous rendez compte, toutes ces belles idées « semées à tous les vents » ! Toutes ces innovations remarquables, dignes du CONCOURS LEPINE, jetées aux orties !
Ce serait encore plus marrant de repérer, dans chacun de ces éminents travaux, le moment où « ça bascule » : c’est vrai, après tout, à quel moment le journaliste (ou le « spécialiste », autre espèce savoureuse) bascule-t-il dans la « proposition » ? Docteur, dites-nous quel est le symptôme caractéristique de la « propositose ». C’est très facile à repérer. Le moment générique de bascule dans la proposition s’appelle « IL FAUT » (avec ses variantes : « il faudrait », « on devrait », et autres charmantes mignardises). Attention : certains auteurs sont plus retors, et dissimulent le virus plus habilement. C’est au lecteur de rester vigilant et de ne pas se laisser prendre à ces ruses de vendeurs de salades. Dès qu'un politicien (ou un spécialiste, autre espèce immangeable) se met à commencer ses phrases par IL FAUT, c'est fini, dites-vous qu'il a basculé.
D’ailleurs, la « sagesse populaire » a étiqueté proprement la « propositose », qu’elle résume dans la formule « faukon-yaka ». Alors quand on est au café, ça ne porte pas à conséquence. En fait, ça ne porte à RIEN. Quand on est aux manettes, c'est un peu différent. Faukon fasse quelque chose : on peut pas laisser ces pauvres gens (alors là, une fois de plus, vous n’avez que l’embarras du choix. Mettez : « Réfugiés libyens, victimes du tsunami, migrants tunisiens, femmes de Ciudad Juarez, réfugiés du Darfour, etc. »). Il faut intervenir ! (Remarquez le « il faut » de rigueur.)
Ça, c’est ce que clame le chœur de loups unanime des « BONNES AMES ». Il faut intervenir en Libye (c’est fait), en Syrie, au Yemen, à Gaza, en Yougoslavie (ça c’est fait), au Rwanda (ça aussi), en Tchétchénie (et pourquoi pas en Khabardino-Balkarie, qui n’est pas loin ?), en Grèce, au Portugal, en Irlande. Mais que fait SARKOZY, nom de dieu ? Et la liste n’est pas close, évidemment. Pendant ce temps, l’homme d’action, qui vend des armes ou des poulets, des ordinateurs ou des biberons, qui fait du commerce ou de la spéculation, bref : qui n’a qu’une seule idée, S’ENRICHIR, il se frotte les mains.
« IL FAUT », on vous dit. « Cause toujours. », répondit l’écho.
09:49 Publié dans BOURRAGE DE CRÂNE, LES BONNES ÂMES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, politique, littérature, société, lewis mumford, philippe muray, ségolène royal, parti socialiste, éducation nationale, françois mitterrand, danaïdes, grèce
29.04.2011
VOUS AVEZ DIT SONDAGE ? (1)
On a oublié la SEGOLENE de 2007, avec ses « DEBATS PARTICIPATIFS » : madame la candidate promenait sa myopie sociale et politique dans toute la France pour demander leur avis aux « VRAIS GENS » sur ce qu’il fallait qu’elle fasse, si jamais elle était élue. Appelons ça le degré 1 de la démagogie, le degré 0 étant assuré par l’éternel « demain, on rase gratis », autrement dit la « promesse électorale ». A-t-on oublié le DISCOURS de NICOLAS, toujours en 2007, où il déclarait qu’il était celui qui dit ce qu’il fera, et qui fera ce qu’il a dit, ajoutant même : « Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas » ? Moyennant quoi, depuis quatre ans, il gouverne au jour le jour, alternant suivant l’humeur, coups de volant financiers, embardée religioso-morale, brusques coups de frein sociaux, dérapages culturels plus ou moins contrôlés, mais toujours, obstinément, l’œil obnubilé par le dernier SONDAGE.

Le sondage, pour ces deux MARCHANDISES ELECTORALES, ces deux VULGAIRES PRODUITS, (et, ajoutons-le tout de suite : PRODUITS VULGAIRES) est une METHODE DE GOUVERNEMENT.
Quelle est la LOGIQUE profonde du SONDAGE ? Et surtout : QUI commande des sondages ? La réponse à cette dernière question est très simple : les MARCHANDS, c’est-à-dire tous ceux qui ont quelque chose à vendre, tous les camelots qui ont de la camelote à fourguer aux badauds ébaubis, tous les boutiquiers baratineurs qui ont des drouilles à bazarder. La logique elle-même est relativement simple : il s’agit, en posant aux VRAIS GENS la question de SAVOIR CE QU'ILS PENSENT, de leur tirer les vers du nez, de leur faire avouer ce qu’ils attendent de la possession d’un produit comme satisfaction, comme service, enfin toute la salade. Ensuite, dans le laboratoire PUBLICITAIRE, il s’agit de concevoir, puis de fabriquer, enfin de présenter quelque chose qui, en profondeur et dans le subconscient de ceux qui, de VRAIS GENS qu’ils étaient, se transforment brutalement en CONSOMMATEURS, ENTRE EN RESONANCE avec les désirs exprimés au cours de l’enquête, autrement dit quelque chose qui ressemble trait pour trait à l’attente exprimée.

D’ailleurs, l’essentiel des sondages effectués a une destination mercantile. Sur un an, me semble-t-il, à peine 10 % répondent à des demandes politiques.
Mais la vraie et seule question à se poser ici est la suivante : QUE SIGNIFIE l’avidité, la fringale, que dis-je : la BOULIMIE SONDAGIERE des personnels politiques de tout bord ? Eh bien je crois que la réponse, là encore, est relativement simple. Cela signifie, tout simplement, tout bonnement, que
IL N’Y A PLUS DE POLITIQUE.
J’exagère à peine. Ce qu'on appelle encore faussement la vie politique n'est qu'une application de la logique de l'hypermarché, dont la principale préoccupation du responsable est d'attirer le plus de mouches, euh pardon, de clients, en offrant (non : il n'y a pas de cadeaux) dans ses rayons la liste la plus exhaustive possible des produits disponibles sur le marché. D’ailleurs, demandez-vous pourquoi tous ces responsables, si bien intentionnés aux approches d’élections, tous ces partis qui se « mettent en ordre de bataille », tous ces candidats autoproclamés, n’ont, au moins quand ils sont sur un plateau de radio ou de télévision, qu’un mot à la bouche : LE PROJET. Ils n’ont qu’une seule préoccupation : constituer un programme ; qu’une angoisse : développer leurs idées ; qu’un souci : élaborer (et annoncer, que dis-je, annoncer : CLAIRONNER) les futures mesures qu’ils prendront dès qu’ils « seront aux responsabilités ». Cela veut dire qu'ils n'ont NI PROJET, NI PROGRAMME, NI IDEES, encore moins de VISION de quoi que ce soit. Quant aux MESURES qu'ils prendront, ça dépendra des circonstances et des rapports des forces en présence. Cela veut dire que ces gens, bien sûr, ne méritent en aucun cas l'accusation de "tous pourris", mais bien plutôt celle de "TOUS VIDES". Conclusion
LA POLITIQUE EST MORTE, ET BIEN MORTE.
Qu’est-ce que c’est donc que la politique ? Alors là, on entre dans le lourd et le complexe. Pour faire simple (et clair, si possible) : c’est avoir un regard sur le monde, une vision particulière d’un monde souhaitable, dans lequel il fasse bon vivre : quelle société, fondée sur quelles règles, pour quelle vie ? Or, si je dis qu’il n’y a plus de politique, c’est que personne aujourd’hui n’a un tel monde à proposer. Tout ce que les irresponsables qui gouvernent ont à proposer comme horizon, c’est de faire bonne figure dans la compétition mondiale, c’est au moins de survivre le moins mal possible dans la jungle.
A quoi se réduit aujourd’hui la politique ? A une lutte pour le pouvoir, mais sans aucun contenu. La politique est aujourd'hui un ENSEMBLE VIDE. Pour parvenir au pouvoir, cependant, puisqu’on est, paraît-il, entré dans le régime de la « démocratie d’opinion » (sous-entendu des médias et des sondages), on beurre les tartines et les culs des VRAIS GENS, on propose même de mettre du miel dessus. Tous les camelots, tous les boutiquiers s’y mettent : sur les plateaux, ils semblent prêts à s’étriper ; mais une fois les caméras et les micros fermés, ça déjeune en ville, ça se tutoie, ça se tape dans le dos. Normal : tout ça sort des mêmes écoles (pour faire court : l’E. N. A. et l’X). Ils ont usé leurs pantalons Armani sur les mêmes fauteuils rembourrés des mêmes grandes écoles. Alors c’est vrai : ensuite, ça diverge, certains optant pour « les affaires », d’autres pour « la politique ». Parfois, souvent, ils échangent leurs rôles, passant d’un univers à l’autre, mais sans jamais CHANGER DE MONDE. Tous ces gens ONT LA MEME VISION DU MONDE : comment voulez-vous qu’ils aient des idées opposées ? Ce serait un tour de force particulièrement douloureux qui les ferait, en quelque sorte, se renier eux-mêmes ? Le journaliste du Monde, et cependant écologiste déclaré, HERVE KEMPF, 
à la suite de bien d’autres, appelle ça L’OLIGARCHIE (voir son livre récent qui porte ce titre). La règle d’or de ce petit monde qui fonctionne dans un bocal jalousement protégé des miasmes venus du bas par le flot des belles images et des belles paroles qui coulent des médias dont ils sont propriétaires, c’est L’OMERTA, la connivence, la complicité.
Mais ces images et ces paroles, pour ENTRER EN RESONANCE avec le subconscient du public, pour posséder un minimum de cohérence et de vraisemblance, doivent avoir été pêchées dans ce subconscient au préalable. C’est précisément cela qui déclenche la SONDAGITE AIGUE, surtout en période d’élection, car c’est là que se tient la LUTTE POUR LES PLACES. Quels "morceaux de vrais fruits sociaux" faut-il mettre dans mon yaourt ? Quel "packaging moral" habillera ma lutte contre l’exclusion ? A quelle hauteur dans les rayons faudra-t-il placer mes "boîtes de défense du travail" ? Ma "défense du pouvoir d’achat", comment souhaitez-vous que je vous l’introduise ? On a compris maintenant pourquoi existent ceux qui s’intitulent pompeusement (et mensongèrement) « instituts » de sondage. La naissance de ces vulgaires entreprises (et entreprises vulgaires) répondit à une demande, qui s’est produite au moment même où se mettait en place le règne absolu et totalitaire de la marchandise et que la politique a commencé sa longue agonie. Moment qu’on peut situer, dans ses prodromes tout au moins, autour des années trente.
Alors, un conseil : la prochaine fois qu’un « anonyme » en tenue décontractée ou un « officiel » en uniforme s’approchera de vous et vous demandera votre avis (« ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS ?) sur la dernière soupe en poudre ou la couleur de la cravate de NICOLAS, 
sur la ligne du cabriolet dernier cri à 60.000 euros sorti par Mercedes ou celle de la vêture de MARTINE AUBRY, refusez de vous laisser mettre ce thermomètre psychique dans le derrière. Sonder, c’est envoyer au fin fond de l’espace, de la terre, de la mer (ou du corps humain) un objet technique chargé de MESURER, autrement dit de prendre vos mesures, éventuellement de prendre les mesures de votre CERCUEIL. ABSENTEZ-VOUS DE TOUT SONDAGE, et même de la catégorie des fameux N. S. P. (ne se prononce pas). Refusez ce qui, après tout, n’est rien d’autre qu’une INTRUSION, une sorte de VIOL SUAVE, d'autant plus VIOL qu'il se présente sous des dehors plus SUAVES.

Ami lecteur, ô lecteur bénévole (c'est E.T.A. HOFFMANN qui s'adresse ainsi à lui dans ses Contes infiniment admirables), dis-toi toujours, je veux dire à chaque instant, que le sondeur, le sondage, tous les sondages, toutes les enquêtes d'opinion, oui : TOUTES, qu'elles soient à visée politique, commerciale, culturelle, artistique ou quoi que ce soit d'autre, ne visent qu'à une chose : aider quelqu'un (LE GRAND QUELQU'UN) à savoir de toi quelque chose, à recueillir sur toi une information qui lui manque pour acquérir sur toi rien d'autre qu'un POUVOIR.
Je proposerai prochainement (ne soyez pas trop pressés quand même !) une solution pour sortir de l'impasse politique institutionnelle dans laquelle la FRANCE, et, a fortiori L'EUROPE, sont terriblement ENGLUEES.
Voyez la suite au 2 mai.
15:48 Publié dans VOUS AVEZ DIT ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, nicolas sarkozy, politique, littérature, sondages, propagande, publicité
23.04.2011
SAINT FIACRE HOLLANDE
Curieusement, l’histoire raconte que SAINT FIACRE HOLLANDE est né en Irlande, et qu’il est mort en Seine-et-Marne, en un lieu qui lui était prédestiné, puisqu’il s’agit de la commune bien connue de Saint-Fiacre-en-Brie. Cet événement funeste serait intervenu autour de 670 de notre ère (on sait qu’on ne peut être décrété « SAINT » avant l’ère qu’on appelle « chrétienne »). Saint Fiacre Hollande, grâce à Saint Faron, lui-même fils d’une biche, d’où, évidemment, vient notre « faon Faron », dont la célébrité a atteint la Côte d’Azur puisqu’on a donné son nom à une montagne qui domine la ville de Toulon, fut autorisé à devenir ermite en forêt de Brie. On ne sait comment grandit sa renommée. Toujours est-il qu’il reçut des visiteurs qu’il récompensait, en quelque sorte, en priant sur eux, et en distribuant consolations et bons conseils (je n’invente rien). Il lui arrivait de les guérir. Principalement des hémorroïdes, l’usage étant que le pèlerin qui souffrait précisément de ce « mal de SAINT FIACRE HOLLANDE» s’asseyait sur la pierre où le saint s’était lui-même assis. On ne sait pas vraiment à quel épisode de sa vie se rattache cette tradition. Les archives ne disent pas tout. Il nourrissait en cas de besoin les pèlerins des légumes de son jardin, souvent des haricots. Ces jours-là étaient jours de fête. Principalement, il savait sur quel ton il fallait parler aux gens : toujours suave, toujours caressant, presque tendre, il atteignait ses auditeurs au fond de leur cœur, imperméable aux propos de quelques vilains jaloux qui ne se privaient pas de le brocarder de diverses expressions qui se seraient voulues blessantes. Heureusement, Fiacre Hollande était au-dessus de cette bave crapaudale, et allait son chemin vaillamment. Si certains lui auraient vu les manches de lustrine et le « rond de cuir » dont Courteline et Maupassant ont fait le symbole de la bureaucratie fin-de-siècle, il se voyait quant à lui sur la plus haute marche du podium électoral. Malheureusement, un journal d’opposition déterra une malheureuse affaire où un de ses ancêtres, QUINTIANUS HOLLANDUS (voir une note précédente), avec lequel il offre d'ailleurs une ressemblance de visage tout à fait spectaculaire (voir la gravure d'après nature),

avait fait torturer celle qui devint plus tard SAINTE ZITA ROYAL. Cette affaire lui coûta le poste de consul. Anne d’Autruche, bien connue pour avaler et faire avaler n’importe quelle fadaise, eut recours à ses miracles pour accoucher (enfin !) de LOUIS XIV. C’est d’ailleurs de cette curieuse circonstance que s’autorisa Monsieur SAUVAGE qui, en 1640, investit dans une compagnie de taxis (ça ne s’appelait pas ainsi, mais c’est pour donner l’idée), qu’il baptisa « voitures de Saint-Fiacre », tout ça parce qu’elles étaient attachées à l’hôtel de Saint-Fiacre. OMER ENGLEBERT (déjà cité dans plusieurs notes) ajoute, p. 282, que « les fiacres étaient tirés par un vieux cheval désabusé, que conduisait un cocher haut-perché, armé d’un fouet, surmonté d’un gibus ». J’adore quant à moi le « cheval désabusé ». OMER ENGLEBERT écrit parfois comme ALEXANDRE VIALATTE. Grâces lui soient rendues. Et que vive la mémoire de SAINT FIACRE HOLLANDE.
Il va de soi que la plupart des données figurant dans cette note ont été puisées aux meilleures sources, même s'il est possible que se soient glissées, ici ou là, quelques approximations susceptibles de gauchir la stricte vérité.
22:25 Publié dans LES SAINTS MARTYRS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, ségolène royal, saints, catholique, église
21.04.2011
SAINTE AGATHE ROYAL
On place souvent le martyre d'AGATHE ROYAL à Catane (Sicile) au 3ème siècle. Des sources douteuses situent son existence dans la région PICTO-CHARENTAISE (= Poitou-Charente, en français moderne). L'abominable QUINTIANUS HOLLANDUS, personnage cruel lubrique et consulaire, avait juré de la séduire alors qu'elle était une jeune vierge.
Elle résista. Il s'emporta. Fit appel à une entremetteuse pour la fléchir. Elle était incorruptible. Il la fit traîner à son tribunal, flageller jusqu'au sang parce qu'elle résistait. Le tribunal la condamna ensuite à se faire déchirer les chairs pas des "ongles de fer", puis à avoir les seins purement et simplement coupés. La voix de la sainte s'éleva fortement : "Homme cruel, ne te souvient-il plus de ta mère et des seins qui t'ont nourri, pour me mutiler de la sorte ?" (Omer Englebert, p. 52 : on est au 5 février). Saint Pierre (???) la visita en personne et guérit ses blessures.

L'insupportable QUINTIANUS HOLLANDUS fit traîner AGATHE ROYAL sur des charbons ardents, où elle expira "en poussant un grand cri de joie", pour remercier Dieu de l'appeler à lui. Les artistes européens l'ont, quant à eux, représentée le plus souvent portant ses seins sur un plateau. QUINTIANUS HOLLANDUS ne l'emporta pas en paradis : il ne fut jamais élu consul. Mais la sainteté véritable de SAINTE AGATHE ROYAL reste encore à ce jour tout à fait controversée.
Nota Bene : à quelques éléments près, cette note s'inspire de sources parfaitement autorisées.
21:48 Publié dans LES SAINTS MARTYRS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, françois hollande, saints, martyrs, omer englebert, politique, histoire, littérature


