vendredi, 10 avril 2020
CORONAVIRUS : LES À-CÔTÉS
Entendu sur l'antenne de France Inter le lundi 6 avril aux alentours de 13h12 (44'10" au minutage de l'émission, qui commence à 12h32). Emmanuel Grabey fait un reportage à Paris, du côté de Belleville, pour informer sur la façon (aléatoire) dont les aides sociales sont distribuées dans les bureaux de poste. Ce ne sont pas les premiers mots du reportage, mais pas loin.
« Appuyée sur une béquille, Sabrina est en tête de queue ... ».
Merci à Emmanuel Grabey pour ce petit instant de petit bonheur. Il ne se doute peut-être pas de la chose, en ces temps d'angoisse et de confinement.
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france inter, emmanuel grabey, coronavirus, confinement, épidémie, pandémie
jeudi, 09 avril 2020
CORONAVIRUS : LE BOLÉRO CONFINÉ
Après Clapping music de Steve Reich (hier), voici une vidéo tout aussi enthousiasmante : le Boléro de Maurice Ravel par le "National", certes en raccourci, mais comme vous ne l'avez jamais vu ni entendu. Tout un orchestre, mais dont chaque membre joue de chez lui, et devant une caméra. La mise en image est un véritable tour de force technique (4'46").
La caisse claire, à laquelle il m'est arrivé de voir Emmanuel Krivine abandonner la direction de l'orchestre, se situe ci-dessous au milieu de la première rangée.
09:00 Publié dans L'ETAT DU MONDE, MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, orchestre national de france, maurice ravel, boléro de ravel, coronavirus, confinement
mercredi, 08 avril 2020
CORONAVIRUS : NE PAS CESSER D'APPLAUDIR
Les percussionnistes de Radio France sont confinés comme tout le monde. Cela ne les empêche pas d'applaudir, comme tout le monde, les personnels de santé (n'oublions pas les caissières, les éboueurs, ...). Ils donnent, en restant chacun chez soi, Clapping music de Steve Reich. La vidéo est époustouflante.
Didier Benetti, Gabriel Benlolo, Emmanuel Curt, François Desforges, Benoît Gaudelette, Jean-Claude Gengembre, Florent Jodelet, Nicolas Lamothe, Renaud Muzzolini, Francis Petit, Gilles Rancitelli, Rodolphe Théry (montage et mixage).
***
Bravo messieurs. Moi aussi j'applaudis (pas aussi savamment).
06:57 Publié dans L'ETAT DU MONDE, MUSIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coronavirus, musique, france musique, percussionnistes radio france, clapping music, steve reich
lundi, 06 avril 2020
DES MOYENS POUR L'HÔPITAL PUBLIC
ADRESSE AU PRÉSIDENT MACRON ET A SES SEMBLABLES.
Photo parue dans Le Monde, 5-6 avril 2020.
Pas moins de huit personnes pour entourer le brancard perfectionné. Voilà ce que ça veut dire, Monsieur Macron, "investissement pour l'hôpital public".
Oui, monsieur Macron, voilà pourquoi je suis en colère. Très en colère. Pour dire vrai, je bous de rage.
Car voilà, monsieur Macron, les moyens qu'il faut à l'hôpital public pour que la France puisse faire face aux imprévus sanitaires : des moyens financiers et du personnel hospitalier en nombre. Seulement, pouvez-vous comprendre que l'hôpital est tout sauf une entreprise ? Que la raison d'être de l'hôpital public n'est pas d'être rentable ? Que l'hôpital public se définit comme un Bien Commun inaliénable ?
C'est vous, monsieur Macron, qui avez parlé d'un « plan massif d'investissement pour l'hôpital public ».
Vous l'avez dit, mais tiendrez-vous parole ? J'espère que l'article de Laurent Mauduit sur Mediapart (1er avril 2020) servira de "geste-barrière". Le contraire serait trop terrible. J'espère que vous renoncerez à n'être que l'ultralibéral qui cause, qui cause, c'est tout ce qu'il sait faire.
***
Il faut absolument lire, dans le même numéro du Monde l'article intitulé "Carnet national", signé par « Pascale Robert-Diard, avec l'ensemble de la rédaction du "Monde", du monde.fr et de nos correspondants régionaux ». On a du mal à s'en remettre. L'auteur a compilé les avis de décès publiés dans la presse régionale. On y apprend, entre autres, que dans L'Alsace (journal du Haut-Rhin), les avis de décès parus du 18 au 28 mars 2019 étaient au nombre de 241. Sur la même période, mais en 2020, on en compte 620.
***
Réveillez-vous, monsieur Macron ! Prenez conscience, monsieur Macron ! Il est encore temps, monsieur Macron !
16:27 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : covid 19, coronavirus, crise sanitaire, hôpital public, emmanuel macron, plan massif d'investissement pour l'hôpital public, journal le monde, société, france, politique, ultralibéralisme, médiapart, pascale robert-diard
samedi, 04 avril 2020
PHOTOS DU CONFINEMENT
Le confinement n'a fait que développer et accentuer chez moi une pente naturelle : voir des choses intéressantes dans la banalité du décor le plus quotidien. Par exemple, je tiens (depuis 1980) de ma chère tante Marie-Thérèse, qui fut d'une piété impeccable et qui avait bon goût, un bénitier qui a ceci de particulier qu'y est figuré un tableau de Filippino Lippi (1457-1504), fils d'un curé dévergondé et peintre génial, Fra Filippo Lippi (1406-1469). On y voit une Vierge Marie agenouillée mains jointes devant un Jésus dodu et tout nu, et accompagnée d'un ange et de Saint-Jean Baptiste. Voici ce que ça donne quand la lumière se met à faire des siennes sur la surface curieusement modelée.
D'abord le thème de base.
A présent, les variations.
Les "artistes-plasticiens" à la mode d'aujourd'hui peuvent toujours s'aligner : la lumière et la réalité seront toujours les plus fortes.
09:00 Publié dans FAÇON DE REGARDER | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie
vendredi, 03 avril 2020
PHOTOS DU CONFINEMENT
THÈME ET VARIATIONS POUR PASSER LE TEMPS.
Tiens, on pourrait appeler ça : "Représentations de l'expansion du son dans l'espace après le coup de gong". Ou, pour complaire à quelques-uns, qui trouvent ce titre trop concret pour figurer de l'art contemporain : "Composition WBX18". Pour tout dire, je ne me prononce pas sur la pertinence. En revanche, je garantis que les couleurs sont authentiques.
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie
jeudi, 02 avril 2020
TECHNIQUES DE LA PANDÉMIE, OU ...
... GASTON LAGAFFE ET LE CONFINEMENT (2/2).
Prunelle,
Lebrac,
Moiselle Jeanne,
Fantasio,
avec Gaston, tout le monde y passe.
Le vecteur du virus est apparemment immunisé.
09:00 Publié dans BANDE DESSINEE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pandémie, confinement, coronavirus, covid 19, bande dessinée, andré franquin, gaston lagaffe, contagion, humour
mercredi, 01 avril 2020
TECHNIQUES DE LA PANDÉMIE, OU ...
... GASTON LAGAFFE ET LE CONFINEMENT (1/2).
Ce qui est sûr, c'est que Lagaffe est contagieux et que, de toute évidence, il n'a pas son attestation dérogatoire.
Et qu'il a exclusivement des bonnes intentions.
Et qu'il se fait du souci pour la vie d'autrui.
Malheureusement, il ne pense pas à tout.
Heureusement, nous, on a les "gestes-barrière".
09:00 Publié dans BANDE DESSINEE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pandémie, confinement, coronavirus, covid 19, bande dessinée, andré franquin, gaston lagaffe, contagion, humour
mardi, 31 mars 2020
POÈME DU CONFINEMENT
CŒUR PARADIS
Cœur paradis, fais de ta transe un animal,
friand de rut et sauvage en son sommeil.
*
Cœur paradis, fais de ton éveil un clandestin,
fleur fiévreuse ou grand chien maraudeur.
*
Cœur paradis, deviens la porte de l’hiver,
fermée de tôle ou traversée de ses blessures.
*
Cœur paradis, fais de ton poids l’armature :
invisible, méthodique et transhumante.
*
Cœur paradis, dans l’être qui remplit et qui vide,
redeviens ce partage où nous aimions caracoler.
09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie
lundi, 30 mars 2020
DÉTAIL
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie
dimanche, 29 mars 2020
POÈME DU CONFINEMENT
Demain est tout à fait creux.
La vie promène son désastre
sur toutes les routes.
J'attends la fin du bruit
et le retour du bruit.
09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie
samedi, 28 mars 2020
CORONAVIRUS : MASQUER LES MASQUES
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, confinement, coronavirus, covid 19, sras-cov-2
vendredi, 27 mars 2020
LE FOND DE LA CASSEROLE ...
... APRES LA CUISSON DES ARTICHAUTS.
***
Pendant le confinement, j'oublie la casserole sur le feu (ce n'est pas vraiment une habitude, mais...).
Recette : oublier la casserole avec son fond d'eau, et surtout ne pas éteindre le feu après la fin de la cuisson. Et puis ne plus y penser, jusqu'à ...
***
Détail 1 : une figure intéressante.
***
Détail 2 : les points de contact, après.
***
L'artichaut était délicieux, la sauce exacte et le cœur à point.
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, confinement
jeudi, 26 mars 2020
FRATERNITÉ ASTÉRIX
GOSCINNY ET UDERZO, LES DEUX INSÉPARABLES.
René ΓΟΣΚΙΝΝΥ et Albert ΥΔΕΡΖΟ en bas-relief se traitant (en caractères grecs) de "despote" (ΔΕΣΠΟΤΗΣ) et de "tyran" (ΤΥΡΑΝΝΟΣ, dans Astérix aux jeux olympiques, p.29) : les auteurs ne sont pas spécialement analphabètes.
Ci-dessous, Uderzo s'est fait la gueule de Laverdure. Ça en dit long comme le bras à ceux qui connaissent.
(petit exercice de révision des classiques : fastoche, j'ai respecté l'ordre de parution des albums, ici il y en a vingt-quatre : ceux que les deux compères ont réalisés ensemble, avant que Goscinny lâche brutalement la rampe)
Mine de rien, le banquet final, c'est une vraie trouvaille. La fraternité, telle que la rêvent Goscinny et Uderzo, n'est pas un besoin : elle est une nécessité.
Moralité, les Français savent quel usage il faut faire de la surpopulation des sangliers, sanglochons et autre cochongliers : il faut les MANGER.
Si possible rôtis, ... et ensemble.
****
J'aimerai diantrement être du festin quand tous les PERSONNELS DE SANTÉ pourront enfin souffler.
Juliette, tiens bon : le petit Macron vient de découvrir le monde, l'hôpital et sa basse réalité ! Il promet un PLAN MASSIF D'INVESTISSEMENT POUR L'HÔPITAL. Il l'a dit, il l'a promis, il s'est engagé. On verra ce qu'il en sera dans la basse réalité !
09:02 Publié dans BANDE DESSINEE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bande dessinée, astérix et obélix, les aventures d'astérix, albert uderzo, rené goscinny?personnels de santé, soignants, infirmiers, médecins, aides-soignants
mercredi, 25 mars 2020
ALBERT UDERZO N'EST PAS MORT ...
... SON ŒUVRE RESTE.
Les deux compères des Aventures d'Astérix (Astérix et la rentrée gauloise). Goscinny est mort le 5 novembre 1977.
On apprécie l'ambiance : vraiment "bretonne".
Le banquet final du Tour de Gaule d'Astérix. Tout un programme, et ... de circonstance.
Les deux compères présentant Obélisc'h à l'équipe de Pilote. Ils l'ont rencontré alors qu'il se promenait, lui aussi, sur les quais d'un petit port breton. Il ne se sépare jamais de sa "chose en pierre" qui "prend la place de deux personnes". Un très ancien parchemin (ci-dessous) rappelle les armoiries, ainsi que la fière devise de sa très illustre lignée.
mardi, 24 mars 2020
LE DESSOUS D'UNE CARAFE
Pendant le confinement, je regarde encore plus.
***
Variations sur un thème.
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, confinement
lundi, 23 mars 2020
LE SAUVAGE ET LA CHAIR HUMAINE
Pendant le confinement, je conseille l'évasion par la lecture.
Aujourd'hui, un autre extrait passionnant de Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil, cet ancêtre du manuel d'ethnographie en général et de Lévi-Strauss en particulier (qui parle du « bréviaire de l'ethnologue » et du « chef d'œuvre de la littérature ethnographique »), publié par Jean de Léry en 1578 (Le Livre de Poche, coll. Bibliothèque classique).
Jean de Léry rapporte ici des traditions ... disons "culinaires" (et sociales) légèrement différentes des nôtres. L'orthographe est "modernisée", mais j'ai laissé la syntaxe telle quelle. Si on voyait ça au cinéma, on aurait du mal à supporter. Âmes sensibles s'abstenir.
***
CHAPITRE XV
Comment les Ameriquains traittent leurs prisonniers prins en guerre, et les ceremonies qu'ils observent tant à les tuer qu'à les manger.
« Il reste maintenant de savoir comme les prisonniers pris en guerre sont traités au pays de leurs ennemis. Incontinent donc qu’ils y sont arrivés, ils sont non seulement nourris des meilleures viandes qu’on peut trouver, mais aussi on baille des femmes aux hommes (et non des maris aux femmes), même celui qui aura un prisonnier ne faisant point de difficulté de lui bailler sa fille ou sa sœur en mariage, celle qu’il retiendra, en le bien traitant, lui administrera toutes ses nécessités. Et au surplus, combien que sans aucun terme préfix, mais selon qu’ils connaîtront les hommes bons chasseurs, ou bons pêcheurs, et les femmes propres à faire les jardins, ou à aller quérir des huîtres, ils les gardent plus ou moins de temps, tant y a néanmoins qu’après les avoir engraissés, comme pourceaux en l’auge, ils sont finalement assommés et mangés avec les cérémonies suivantes.
Premièrement après que tous les villages d’alentour de celui où sera le prisonnier auront été avertis du jour de l’exécution, hommes, femmes et enfants y étant arrivés de toutes parts, ce sera à danser, boire et caoüiner toute la matinée. Même celui qui n’ignore pas que telle assemblée se faisant à son occasion, il doit être dans peu d’heures assommé, emplumassé qu’il sera, tant s’en faut qu’il en soit contristé, qu’au contraire, sautant et buvant il sera des plus joyeux. Or cependant après qu’avec les autres il aura ainsi riblé et chanté six ou sept heures durant : deux ou trois des plus estimés de la troupe l’empoignant, et par le milieu du corps le liant avec des cordes de coton, ou autres faites de l’écorce d’un arbre qu’ils appellent Yvire, laquelle est semblable à celle du Til de par deçà [par deçà = en Europe], sans qu’il fasse aucune résistance, combien qu’on lui laisse les deux bras à délivre, il sera ainsi quelque peu de temps promené en trophée parmi le village. Mais pensez-vous que encore pour cela (ainsi que feraient les criminels par-deçà) il en baisse la tête ? Rien moins : car au contraire, avec une audace et assurance incroyable, se vantant de ses prouesses passées, il dira à ceux qui le tiennent lié : j’ai moi-même, vaillant que je suis, premièrement ainsi lié et garrotté vos parents : puis s’exaltant toujours de plus en plus, avec la contenance de même, se tournant d’un côté et d’autre, il dira à l’un : j’ai mangé de ton père, à l’autre : j’ai assommé et boucané [= rôti au feu] tes frères : bref ajoutera-t-il : j’ai en général tant mangé d’hommes et de femmes, voire des enfants de vous autres Toüoupinambaoults, lesquels j’ai pris en guerre, que je n’en saurais dire le nombre : et au reste, ne doutez pas que pour venger ma mort, les Margajas de la nation dont je suis, n’en mangent encore ci-après autant qu’ils en pourront attraper. » (p.354-356)
(...) Or sitôt que le prisonnier aura été ainsi assommé, s'il avait une femme (comme j'ai dit qu'on en donne à quelques-uns), elle se mettant auprès du corps fera quelque petit deuil : je dis nommément petit deuil, car suivant vraiment ce que fait le Crocodile : à savoir qu'ayant tué un homme il pleure auprès avant que de le manger, aussi après que cette femme aura fait ses tels quels regrets et jeté quelques feintes larmes sur son mari mort, si elle peut ce sera la première qui en mangera. Cela fait les autres femmes, et principalement les vieilles (lesquelles plus convoiteuses de manger de la chair humaine que les jeunes sollicitent incessamment tous ceux qui ont des prisonniers de les faire vitement dépêcher [= exécuter]) se présentant avec de l'eau chaude chaude qu'elles ont toute prête, frottent et échaudent de telle façon le corps mort ayant levé la première peau, elles le font aussi blanc que les cuisiniers par deçà sauraient faire un cochon de lait prêt à rôtir.
Après cela, celui duquel il était prisonnier avec d'autres,tels, et autant qu'il lui plaira, prenant ce pauvre corps le fendront et mettront si soudainement en pièces, qu'il n'y a boucher en ce pays ici qui puisse plus tôt démembrer un mouton. Mais outre cela (ô cruauté plus que prodigieuse) tout ainsi que les veneurs par deçà après qu'ils ont pris un cerf en baillent la curée aux chiens courants, aussi ces barbares afin de tant plus inciter et acharner leurs enfants, les prenant l'un après l'autre ils leur frottent le corps, bras, cuisses et jambes du sang de leurs ennemis. Au reste depuis que les Chrétiens ont fréquenté ce pays-là, les sauvages découpent et taillent tant le corps de leurs prisonniers, que des animaux et autres viandes, avec les couteaux et ferrements qu'on leur baille. Mais auparavant, comme j'ai entendu des vieillards, ils n'avaient d'autre moyen de ce faire, sinon qu'avec des pierres tranchantes qu'ils accommodaient à cet usage.
Or toutes les pièces du corps, et même les tripes après être bien nettoyées sont incontinent mises sur les Boucans, auprès desquels, pendant que le tout cuit ainsi à leur mode, les vieilles femmes (lesquelles, comme j'ai dit, appètent merveilleusement de manger de la chair humaine) étant toutes assemblées pour recueillir la graisse qui dégoutte le long des bâtons de ces grandes et hautes grilles de bois, exhortant les hommes de faire en sorte qu'elles aient toujours de telle viande : et en léchant leurs doigts disent, Yguatou, c'est-à-dire, il est bon. Voilà donc ainsi que j'ai vu, comme les sauvages Américains font cuire la chair de leurs prisonniers pris en guerre : à savoir Boucaner, qui est une façon de rôtir à nous inconnue. » (p.361-364)
Le "boucan".
09:00 Publié dans LITTERATURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, ethnographie, france, jean de léry, indiens tupis, histoire d'un voyage en terre de brésil
dimanche, 22 mars 2020
COPEAU
Pendant le confinement, on s'occupe comme on peut.
La gouge a refusé de figurer sur la photo.
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie
samedi, 21 mars 2020
L’OCCIDENTAL ET LA NUDITÉ FÉMININE
Des profondeurs de mon confinement, je crie vers toi, Liberté ! En attendant ton Retour, je m'efforce de prendre patience comme je peux.
« Mais entre les choses doublement étranges et vraiment émerveillables, que j’ai observées en ces femmes brésiliennes, c’est qu’encore qu’elles ne se peinturent pas si souvent le corps, les bras, les cuisses et les jambes que font les hommes, même qu’elles ne se couvrent ni de plumasseries ni d’autres choses qui croissent en leur terre : tant y a néanmoins que quoi que nous leur ayons plusieurs fois voulu bailler des robes de frise et des chemises (comme j’ay dit que nous faisions aux hommes qui s’en habillaient quelques fois), il n’a jamais été en notre puissance de les faire vêtir : tellement qu’elles en étaient là résolues (et je crois qu’elles n’ont pas encor changé d’avis) de ne souffrir ni avoir sur elles chose quelle qu’elle soit. Vrai est que pour prétexte de s’en exempter et demeurer toujours nues, nous alléguant leur coutume, qui est qu’à toutes les fontaines et rivières claires qu’elles rencontrent, elles jettent avec les deux mains de l’eau sur leur tête, et se lavent et plongent ainsi tout leur corps comme cannes, tel jour sera plus de douze fois, elles disaient que ce leur serait trop de peine de se dépouiller si souvent. Ne voilà pas une belle et bien pertinente raison ? mais telle qu’elle est, si la faut-il recevoir, car d’en contester davantage contre elles, ce serait en vain et n’en auriez autre chose. Et de fait, cet animal se délecte si fort en cette nudité, que non seulement, comme j’ai jà dit, les femmes de nos Toüoupinambaoults demeurant en terre ferme en toute liberté, avec leurs maris, pères et parents, étaient là du tout obstinées de ne vouloir s’habiller en façon que ce fût : mais aussi quoi que nous fissions couvrir par force les prisonnières de guerre que nous avions achetées, et que nous tenions esclaves pour travailler en notre fort, tant y a toutefois qu’aussitôt que la nuit était close, elles dépouillant secrètement leurs chemises et les autres haillons qu’on leur baillait, il fallait que pour leur plaisir et avant que se coucher elles se promenassent toutes nues parmi notre île. Bref, si c’eût été au chois de ces pauvres misérables, et qu’à grands coups de fouets on ne les eût contraintes de s’habiller, elles eussent mieux aimé endurer le halle et la chaleur du Soleil, voire s’écorcher les bras et les épaules à porter continuellement la terre et les pierres que de rien endurer sur elles. »
Jean de Léry, Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil, (1578, p.231-233).
Note : Il paraît que le "Rouge Brésil" du très médiatique Jean-Christophe Rufin doit beaucoup à Histoire d'un voyage faict en la terre du Bresil. Je me suis résigné à mettre l'orthographe au "goût" d'aujourd'hui. Je n'ai rien changé à la syntaxe. L'auteur est un calviniste pur jus de faucille et marteau, qui en veut énormément à un certain Thevet, salopard de la même époque (un quasi-Trotski), quoique catholique fervent, qui a le toupet de ne pas croire en Dieu de la façon correcte et qui, de ce fait, raconte n'importe quoi. Je n'ai pas lu Thevet. On est très loin de l'histoire délicieuse de Marciole venant livrer de belles cerises au redoutable seigneur De La Roche, que Béroalde de Verville raconte au début de son merveilleux Moyen de parvenir. Là, la religion ferme sa gueule. Elle a intérêt.
Incroyable comme la langue française du XVI° siècle reste pour moi d'une saveur sans pareille.
Voilà ce que je dis, moi.
Petit rappel (édition en français d'aujourd'hui) :
09:00 Publié dans LITTERATURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coronavirus, covid 19, politique, france, littérature, littérature française, jean de léry, voyage au brésil, histoire d'un voyage en terre de brésil, béroalde de verville, le moyen de parvenir
vendredi, 20 mars 2020
LES JOIES DU CONFINEMENT
A l'article « Confinement ».
LITTRÉ : « s.m. 1. Action de confiner, de reléguer. 2. Terme de droit criminel. La peine de l'isolement dans les prisons. H. XVI° s. Par dégradation d'honneur, confiscation d'estat, de biens, et confinement que l'on appelle mort civile, Carl. II, 6. C'est une gehenne et lieu de tourments ou un confinement où les âmes sont reléguées, Amyot, De la tranq. d'âme, 39. Fut conamné à mort, qui luy fut neantmoins eschangée par la douceur de l'empereur en un confinement de religion et monastère, Pasquier, Recherches, liv. II, p. 41, dans Lacurne.»
***
"GRAND" ROBERT (2001) : n.m. – 1579, « emprisonnement » ; « terrain confiné », 1481 ; de confiner.
◊ 1 Littér. ou style soutenu. Action de confiner (3,), Le confinement des prisonniers dans leur cellule. → isolement. – Méd. Interdiction (à un malade) de quitter la chambre. → Quarantaine (2,). Le confinement (d'un malade) à la chambre. – (Sans compl.) Un long confinement.
◊ 2 Techn. Restriction, moyen par lequel on réalise une restriction de l'espace accessible à un ensemble de particules. Confinement des produits de décomposition d'une substance explosive. – Phys. Le confinement des matières radioactives dans un réacteur, des particules chargées d'un plasma.
Note : Par pure commodité, je ne reproduis pas avec toute l'exactitude souhaitable le code graphique quasi-maniaque adopté dans le grand dictionnaire d'Alain Rey.
***
PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ (2002, que le PLI 2020 reproduit scrupuleusement : la réalité ne change pas si vite que ça, en réalité) : n.m. 1. Action de confiner ; fait de se confiner, d'être confiné. – Situation d'une population animale resserrée en grand nombre dans un espace étroit. 2. NUCL. Ensemble des précautions prises pour empêcher la dissémination des produits radioactifs, dans l'environnement d'une installation nucléaire. ◊ Enceinte de confinement : bâtiment étanche entourant un réacteur nucléaire.
***
Je retiens évidemment la définition de Littré : « Terme de droit criminel », qui a quelque chose à voir avec la prison et la situation actuelle. Je retiens aussi « population animale resserrée en grand nombre dans un espace étroit ». Je retiens enfin « empêcher la dissémination ».
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Pour lutter contre le coronavirus, les autorités devraient peut-être s'inspirer de la consigne diffusée autour de 1832, quand le choléra sévissait en Provence, par des gens facétieux. On trouve ce texte réjouissant (attendez la chute) dans un numéro du Journal des Voyages paru dans les années 1880, texte agrémenté d'un très joli dessin.
« Un homme qui veut être à l’abri de la contagion doit être costumé d’après la description qui suit :
D’abord, le buste entièrement enveloppé de gomme élastique, par-dessus laquelle on appliquera un grand emplâtre de poix ; le tout est recouvert d’une bande de flanelle de six aunes de longueur. Sur le creux de l’estomac on placera une plaque en cuivre. La poitrine sera préservée par un sac rempli de sable chaud. Autour, une double bande remplie de grains de poivre et de genièvre. Les oreilles seront bien bouchées avec deux morceaux de coton imprégnés de camphre. Au nez il suspendra un grand flacon rempli de vinaigre des quatre voleurs, et, devant la bouche, on ajustera une branche d’acorus. Par-dessus la bande qui enveloppe le corps, il portera une chemise passée au chlore de chaux. Des pantalons en flanelle, des bas de fil trempés dans le vinaigre, recouverts de bas de laine frottés de camphre, puis des semelles creuses en cuivre, constamment remplies d’eau chaude, par-dessus lesquelles il mettra des gros souliers.
Derrière les mollets, il est nécessaire de suspendre deux cruchons pleins d’eau. Puis, une grande redingote, un tissu de laine, et finalement, pour recouvrir tout le costume, un ample manteau en toile cirée et le chapeau pareil. Dans la poche droite de la redingote, il portera une livre de thé de mélisse et une demi-livre de racine de gentiane. Dans la poche gauche, une livre de racine de coriandre, et une demi-livre de feuilles de souche. Dans la poche de la veste, un flacon d’essence de camomille, et dans le gousset un flacon d’éther camphrée. Dans le fond du chapeau, une terrine de soupe ; dans la main droite un buisson de genévrier, et, dans la gauche, un arbre d’accacia [sic]. Il sera attelé à une charrette qu’il traînera avec lui, dans laquelle se trouveront quinze aunes de flanelle, l’appareil nécessaire pour prendre un bain de vapeur, dix brosses à friction, deux pelisses et une chaise percée. La figure sera couverte d’un masque en pâte, et dans la bouche il aura un quartier d’acorus ; ainsi pourvu et costumé, on est certain que le choléra — vous atteindra le premier. »
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Oui, le soir à 20 heures, moi aussi j'ouvre ma fenêtre et j'applaudis les blouses blanches, même si la rue est absolument déserte.
09:00 Publié dans LITTERATURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : épidémie coronavirus, covid 19, confinement, attestation dérogatoire, dictionnaire littré, alain rey, petit larousse illustré., le grand robert, emmanuel macron, politique, france, état d'urgence sanitaire
jeudi, 19 mars 2020
VOIR LA VIE EN GREEN
Le même Streptocarpus, mais autrement.
Et une de mes crêpes de midi.
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mardi, 17 mars 2020
LE FLACON DE CRISTAL TAILLÉ
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lundi, 16 mars 2020
LE MANCHE DE PARAPLUIE DANS LA VITRINE
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dimanche, 15 mars 2020
UNE DRÔLE D'OMBRE
Recette du sandwich : une couche de transparence entre une tranche de soleil et une tranche de blancheur.
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie
samedi, 14 mars 2020
UNE LUMIÈRE ET DES OMBRES
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie