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mercredi, 19 février 2020

LE BEAU TRAVAIL ...

... de Paul Edwards.

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Apis mellifica ? Paravespula vulgaris ? Peut-être ni l'une ni l'autre.

 

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mardi, 18 février 2020

LE BEAU TRAVAIL ...

... de Paul Edwards.

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Si on me demandait, j'avancerais (prudemment) : gryllotalpa gryllotalpa (face, puis profil).

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lundi, 17 février 2020

LE BEAU TRAVAIL ...

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... de Paul Edwards.

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vendredi, 14 février 2020

CLAIRE BRETÉCHER

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Pour moi, le grand oeuvre de Claire Bretécher se trouve dans Les Frustrés. Ci-dessous une planche intitulée La Bohême, où l'avachissement physique et moral du "Bobo" se lit sans peine.

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N°25 de Pilote, juillet 1976.

Je n'oublie pas que Bretécher a fondé L'Echo des savanes en compagnie de Gotlib et Mandryka. Ci-dessous, les trois fondateurs dans un petit roman-photos où les deux hommes se disputent les faveurs de la femme. Peine perdue : c'est un troisième larron (Gébé) qui emportera la jolie proie.

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Ci-dessous, quelques vignettes d'un "hommage" (aux petits oignons) de Gotlib à sa complice : "l'intervieweur" interroge la dessinatrice sur ses goûts cinématographiques.

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Ci-dessus, observer le "lancement" des deux lentilles de contact.

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J'ai appris incidemment que cette femme issue de la bonne bourgeoisie nantaise avait épousé l'immense constitutionnaliste Guy Carcassonne.

jeudi, 13 février 2020

LES AILES DU NEZ

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Dessin de Roland Topor pour la couverture de Charlie Mensuel n°147 (avril 1981).

mercredi, 12 février 2020

HOMMAGE A UN DESSINATEUR SURDOUÉ

Pierre Fournier est mort en février 1973, au moment où paraissait le numéro 4 de sa mémorable revue La Gueule ouverte, l'ancêtre de tout ce qui se fait aujourd'hui en matière de revue d'écologie et de militantisme antinucléaire (si tant est que ça existe encore).

Fournier a fait une grosse connerie en mourant brutalement : il n'a pas été remplacé, et La Gueule ouverte, après ça, n'a plus été la même. Le bateau a certes couru sur son erre grâce à tout le matériel qu'il avait accumulé, mais a vite zigzagué.

A la barre, une équipe hétérogène où les contradictions n'ont pas tardé à le disputer à l'amateurisme. La Gueule ouverte a fini par se dissoudre dans Combat non-violent et une petite secte basée à La Clayette (71), devenant un gloubiboulga de plus en plus informe, évanescent, illisible.

Je vois dans cette histoire le modèle sur lequel s'est calquée l'histoire des partis verts en France. D'un côté, les « politiques », partisans de l'accès au pouvoir et de la participation éventuelle à un gouvernement ; de l'autre, les « khmers verts », adeptes de l'action radicale à tout prix.

D'un côté, vous reconnaissez Nicolas Hulot (ou Voynet, ou Lalonde ou n'importe qui), qui a passé son temps à avaler des couleuvres. De l'autre, vous identifiez sans mal les "zadistes" de Notre-Dame-des-Landes. Entre ces deux extrêmes, toutes sortes de variantes, de nuances, de visages et d'initiatives courageuses ou foutraques. 

La conclusion que j'en tire ? Elle n'est pas gaie : un demi-siècle après la mort de Pierre Fournier, où en est la cause écologique ? Oui, elle a un bon créneau médiatique, mais j'ai dans l'ensemble envie de dire : pendant l'écologie, la destruction continue. Un demi-siècle !!!

Pour la raison que c'est le système économique tout entier qui refuse la prise en compte de la problématique écologiste. C'est le capitalisme industriel qui détruit la nature. La seule véritable écologie, si elle existait, serait radicalement anticapitaliste (voir mes billets des 14 et 15 juin 2019). 

En attendant, je reste baba devant les dessins de Fournier : tout me semble admirable. Ci-dessous, quelques échantillons.

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Dessin exécuté par Fournier à l'âge de 15 ans. Le trait acéré est déjà là.

mercredi, 05 février 2020

TERRORISME DES « SENSIBILITÉS »

DICTATURE DES MINORITÉS

TOTALITARISME DES IDENTITÉS

Théocratie des intouchables

DESPOTISME DES SUSCEPTIBILITÉS

HÉGÉMONIE DES PARTICULARITÉS

OPPRESSION DES GROUPES DE PRESSION

TYRANNIE DES SPÉCIFICITÉS

(Ne rayez rien : il n'y a pas de mention inutile.)

***

L'ÉPOQUE ACTUELLE A L’IDENTITÉ TRÈS DOUILLETTE ET HORRIBLEMENT CHATOUILLEUSE : CETTE « SENSIBILITÉ »-LÀ EST DEVENUE LE MOTEUR DE L’INTOLÉRANCE RÉGNANTE.

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Dans le titre du dessin, j'ai juste corrigé une étourderie de Cabu.

Et Cabu publiait ce dessin dans Charlie Hebdo en 1977 (le 10 mars) !!!!!!! De quoi se plaignait-il ? On n'était alors qu'au début du processus de régression. Le nouveau mot d'ordre : « Pas touche à mon identité ! » Chacun, bien installé au fond du bastion de son identité, s'intronise "nombril du monde", prêt à pilonner les contrevenants à coups de Code Pénal. On ne se tanne plus réciproquement le cuir dans des empoignades mémorables : on a la chair de poule et l'épiderme délicat de gallinacés frileux (élevés en batterie). La société est devenue un poulailler (industriel). Elle ne cesse à aucun moment de « heurter » la mienne, de « sensibilité ». Assez de raisons pour rendre les coups, non ?

Ci-dessous, une petite bande datant de 1975, où l'on sent déjà, sous les propos du gauchiste, planer la menace de l'esprit de sérieux qui caractérise la police de la pensée.

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S'interroger sans cesse sur son identité ("qui suis-je ?"), c'est partir à la conquête du Grand Rien du Tout. C'est s'appliquer à soi-même la définition pascalienne de l'infini ("le centre est partout et la circonférence nulle part"). Non : il vaut mieux faire.

mardi, 04 février 2020

L'AFFAIRE MILA

C’est pourtant un très vieux truc. Pensez, quand j’étais en fac, quelques années autour d’un célèbre mois de mai, des étudiants africains l’utilisaient déjà. Eh bien le très vieux truc, il marche encore, mais avec le turbo. Il consiste en dernier recours, pour un mâle engagé dans une tactique de conquête d’une femelle, s’il n’arrive pas à ses fins, à lui lancer : « Si tu veux pas sortir avec moi, c’est que tu es raciste ! ». Culpabilisation d’autant plus forte si la femelle visée était « de gauche ». Mais ça n’allait pas plus loin en règle générale.

L’affaire Mila constitue une simple variante du très vieux truc, où la religion a pris la place de la race : « C’est parce que je suis musulman que tu veux pas sortir avec moi ? ». Mais Mila ne s’est pas laissé impressionner par la saloperie argumentative : elle a volé dans les plumes du garçon éconduit, en ajoutant quelques propos bien sentis sur la « religion » invoquée.

Pas la peine, arrivé à ce point, de souligner l’extraordinaire mayonnaise mousseuse que les « réseaux sociaux » sont aujourd’hui capables de monter en quelques minutes dès que le micro-événement s’est produit : le prétexte est servi sur un plateau.

Mon propos concerne l’islam, seulement l’islam, encore l’islam, toujours l’islam. J’ai déjà abordé ici ce problème à de multiples reprises, mais sa récurrence et la résonance de plus en plus forte qu’il acquiert à chaque nouvel événement montrent que la France, loin d’être sortie de l’auberge, doit s’apprêter à faire face à des soubresauts de plus en plus violents.

Quand « Sale Français ! » devient une injure courante, qu'on entend dans les rangs de détenteurs de notre Carte Nationale d'Identité, on attendrait au moins une réaction de la part des "grandes oreilles" qui nous gouvernent (les "grandes oreilles", vous savez, tous ces gens très propres sur eux et qui parlent dans le poste, et qui sont "à l'écoute permanente et attentive" des Français).

J’ai déjà dit que s’il y a résurgence de l’antisémitisme en France, ce n’est pas aux quelques groupuscules négationnistes bien connus qu’on le doit, mais à l’existence sur le sol français d’une communauté musulmane qui se sent davantage tenue par le Coran et les « cinq piliers de l’islam » que par les lois françaises, et qui a pris fait et cause pour le peuple palestinien en particulier.

J’ai déjà dit aussi pour quelles raisons il me semble que l’islam est incompatible avec l’idée que les Français se font de la démocratie et de la République, et que, quels que soient les efforts que ceux-ci feront pour faciliter l’assimilation, l’islam demeurera, quoi qu’il arrive, un corps étranger.

Ce que je retiens de l’affaire Mila, c’est avant tout l’incroyable potentiel de haine que recèle la communauté musulmane envers les Français non-musulmans (ça fait quand même encore un fameux paquet) qui font savoir (ce qui est leur droit le plus strict) tout le mal qu’ils pensent de cette religion. Un incroyable potentiel de haine toujours prêt à éclater comme une bombe. Ce qui m’inquiète, c’est qu’il semble de plus en plus évident aux membres de cette communauté qu’il est normal de pousser des hurlements dès que s’exprime le plus léger reproche à l’égard de l’islam.

Tout se présente comme si, à la manière dont les responsables de l’Etat israélien promeuvent son caractère essentiellement juif pour mieux jeter la confusion sur la distinction entre antisionisme et antisémitisme, les musulmans de France exigeaient que notre pays accorde à l’islam une place exorbitante, pour mieux pouvoir crier à l’islamophobie au moindre chatouillement de la « sensibilité ». Dans les lois françaises, ils ne retiennent que ce qui leur est favorable.

La mollesse des réactions de tout le personnel politique face au déferlement de haine qui a emporté la jeune Mila comme un tsunami, en montrant l’aveuglement des hauts responsables de la France à l’égard du danger que représente l’islam, est en soi un véritable scandale.

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 03 février 2020

LEÇON DE POLITIQUE

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Cours Magistral de Politique Intérieure Française par Monsieur le Professeur Georges Wolinski, publiée dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo, le 30 septembre 1976 : le Président Giscard d'Estaing explique à Monsieur Raymond Barre la raison pour laquelle ses décisions suscitent une levée de tous les boucliers.

La question qui me vient à l'esprit est la suivante : « Emmanuel Macron aurait-il malgré tout raison, puisqu'on voit justement se lever tous les boucliers ? ». Autrement dit : « Quand on gouverne, faut-il attendre que tous les boucliers se soulèvent pour savoir qu'on est dans le vrai ? ». La réponse, dans les années 1950-1960, aurait été : « Certes, il y a des classes sociales, mais au-dessus, il y a le sentiment d'appartenance au peuple français ». Ce qui produit le plus souvent des conclusions qui satisfont tout le monde à moitié.

Aujourd'hui, il n'en est rien : le peuple français s'est scindé en une multitude d'îlots qui forment un archipel (Jérôme Fourquet, L'Archipel français) : le Président de la République élu en 2017 essaie de nous faire croire qu'il est autre chose qu'un directeur d'hypermarché soucieux de satisfaire jusqu'aux plus infimes compartiments de sa clientèle.

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Toujours Wolinski, dans Charlie Hebdo du 17 juin 1976.

Emmanuel Macron en revient aux rodomontades politiques, étant entendu que vouloir faire de la politique aujourd'hui revient à se livrer à de simples rodomontades, puisque l'économie a définitivement relégué la politique au rang de simple remorque de son char triomphal.

C'est en tant que P.-D. G. de l'entreprise "France" – et directeur du service comptabilité – que monsieur Macron a entrepris une réforme du système de retraite dont la principale finalité est de faire des économies (sur le dos des futurs retraités).

Mais quelle prescience dans le regard de Wolinski : n'est-ce pas précisément Macron qui a parlé de "start-up nation" ? Et ce n'était pas il y a un demi-siècle, il me semble ! 

dimanche, 02 février 2020

FEUILLE TOUTE NUE

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Il paraît que celle-ci est tombée d'un tulipier alsacien (juste au-dessus de Wuenheim-Jungholtz, tout près de Thierenbach, de son église et de sa collection d'ex-votos anciens).

samedi, 01 février 2020

ŒUF AU VINAIGRE

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Photo d'un œuf immergé depuis une demi-douzaine d'heures avec sa coquille dans un verre rempli de vinaigre de cidre.

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Autre aspect du même, un peu plus tard.

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Après vingt-quatre heures, ce qui reste de la coquille, singulièrement ramollie, mais aussi de sa couleur originelle, dont des doigts trop curieux n'ont laissé que quelques souvenirs.

vendredi, 31 janvier 2020

2020 : OUI, DES POÈMES, ENCORE....

... si la vie veut bien !

***

(Le lieu attend qu’on s’en aille

Pour se remettre à chuchoter.

Je suis de trop, se dit le désespoir.

Presque rien en notre possession,

Répond la voix du noble corps.

Reste le reste.)

***

Avec janvier prend fin le temps des vœux de Nouvel An.

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

jeudi, 30 janvier 2020

2020 : QUELQUES POÈMES, ENCORE ?

Je te cherche et tu ne fuis pas.

J’ai la terre et le temps présent.

Je suis galet qui sent la vase tiède.

Je suis cadran de montre au milieu de l’esprit.

Et dans la trace de ton cœur je me perds.

Il me reste les poissons-chats,

L’opacité de l’eau, le confluent maladroit,

Les meubles de l’oubli.

T'ai-je trouvée, ma seule ?

09:00 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

mercredi, 29 janvier 2020

2020 : QUELQUES PHOTOS, ENCORE ?

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mardi, 28 janvier 2020

2020 : LE FRANÇAIS VU PAR WOLINSKI

Petit florilège de répliques venues semaine après semaine sous la plume du grand Georges Wolinski, cueillies dans Charlie Hebdo.

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3 septembre 1973

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13 mars 1972

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1 mai 1972

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19 juin 1972

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Une phrase qui n'a l'air de rien, mais ... la suite ci-dessous.

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23 avril 1973

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3 septembre 1973

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14 janvier 1974

lundi, 27 janvier 2020

2020 : "POLE DANCE" ET VENT EN POUPE !

La civilisation progresse. C'est dans Le Progrès daté 26 janvier 2020 (hier). 

La "pole dance" fait fureur. La "pole dance" est sortie des boîtes érotiques offrant le spectacle lascif de femmes plus ou moins prostituées serrant un poteau entre leurs cuisses en prenant des airs extatiques, pour le plus grand plaisir de mâles frustrés venus là pour mater et se faire des impressions. Cela ne fait qu'un domaine de plus où la France vassale copie les mœurs de son suzerain américain.

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Le titre ci-dessus a quelque chose d'hallucinant : le journal du peuple lyonnais envisage sans ciller, sans sourciller et sans frissonner d'horreur de faire entrer dans les mœurs de tout le monde des pratiques naguère réservées aux amateurs de pornographie "soft" à la petite semaine.

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Quelle belle activité, n'est-ce pas ?

Je suggère à toutes les personnes de sexe féminin, dans leur désir de se perfectionner dans l'art de se coller un poteau entre les cuisses (une tige, un mât, une vergue, une hampe, à la rigueur un vermicelle de contrebande), de ne s'accrocher qu'à des valeurs nationales sûres et reconnues.

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En couverture du Charlie Hebdo paru le 7 janvier 1974.

dimanche, 26 janvier 2020

2020 : ALSACE TOUJOURS RACISTE ?

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Il paraît qu'en Alsace, le vote Front National (pardon : Rassemblement) se maintient à des taux inquiétants. Si c'est vrai, ce que je n'ai pas songé à vérifier, je dirai juste que ce n'est pas d'hier. Je me réfère pour cela à un reportage effectué par Cabu dans la capitale alsacienne en 1973 et publié dans le n°147 de Charlie Hebdo, le 10 septembre. Je connais quelques personnes, entre Mulhouse et Wissembourg, qui se sentiront atteintes dans leur honneur en retrouvant cette ambiance désagréable où les opinions sont trop tranchées pour refléter la réalité du terrain. Cabu tire tout vers la caricature, c'est entendu, et son Maghrébin ressemble trop à l'agneau sacrificiel : il subit les regard méprisants, il est jeté par la fenêtre, le tavernier aurait voulu lui faire traverser le Rhin en jouant aux boules, etc. C'est la faiblesse de l'exaltation partisane : on devient soi-même une caricature. Ce n'est pas une des meilleures pages de Cabu, mais j'en parle parce que ça risque de parler aussi à quelques personnes que je connais par là-bas. Là encore, je demande : qu'est-ce qui a changé, en bientôt cinquante ans ?

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Même Duduche dégueule sa choucroute : c'est sûr, Cabu exagère. Je ne suis pas sûr de l'impartialité du reporter, je suis même sûr du contraire. Il se fera pardonner en donnant quelques années plus tard une autre image de la ville, en mettant au centre de son reportage le désormais incontournable Roger Siffer.

samedi, 25 janvier 2020

2020 : UN PATRONAT MODERNE !

Cavanna le dit dans Bête et méchant : c'est dans Hara Kiri (puis Charlie Hebdo) que Cabu, Gébé, Reiser et Wolinski ont inventé une nouvelle forme de reportage (ou de pamphlet, ou ce qu'on voudra). Il appelle cette forme le « récit dessiné ». Une forme qui tient de la bande dessinée, mais délivrée de l'obligation du découpage en cases (vignettes) nettement délimitées.

« "Mon papa", pour Reiser, marquait encore une autre étape. Celle du passage du dessin unique, du classique "dessin-gag", avec ou sans légende, à la suite de dessins racontant une histoire. Pas vraiment la bande dessinée avec ses cases, ses bulles et son découpage-cinéma, mais quelque chose de beaucoup plus leste, de beaucoup plus enlevé, et qui devint vite le genre maison. C'était, si l'on veut, une écriture dessinée, apparemment bâclée comme un croquis – apparemment ! – et terriblement efficace. Gébé y excella, Cabu en fit un outil de reportage où dessins et texte écrit à la main s'entremêlaient. Wolinski devait y trouver le terrain de son épanouissement » (Cavanna, Bête et méchant, Belfond, 1981, pp.207-208).

Il faut voir en effet les pages de ces gars-là : les lignes ne sont pas droites, les dessins se chevauchent, bref : c'est un joyeux bordel. Il n'en reste pas moins que leurs planches vont droit au but, et qu'elles ont plein de choses fortes à nous dire. Bien sûr, c'est inégal, il y a des coups de mou, mais dans l'ensemble, ces pages gardent une tenue de route absolument redoutable.

Le truc de Cabu, c'était le reportage : on ne compte plus les villes (Lille, Marseille, ....) ou les milieux (communauté de Taizé, d'Ardèche, ...) dans lesquels, sur ou sans invitation, il a pointé son nez, dardé son regard et promené son crayon sur son papier pour en rapporter des "impressions de voyage", jamais impartiales, souvent saisissantes, parfois impitoyables, toujours d'une précision chirurgicale quant aux trognes, aux lieux et aux problèmes.

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Un fouillis ordonné.

Un aspect de la double page centrale de Cabu dans Charlie Hebdo du 30 juillet 1973 : la Côte d'Azur en général et Monaco en particulier. J'ai l'impression que les gros traits sont faits après-coup.

Celui de Wolinski n'a rien à voir : qu'il dessine deux bonshommes qui discutent à une table de café devant des petits verres, ou qu'il aborde toutes sortes de "questions de société", il développe des raisonnements complexes pour aboutir à des conclusions percutantes, mais après être passé par des mécanismes retors dans des logiques scabreuses, mais lumineuses.

Le syllogisme est souvent mis à mal : majeure en biais, mineure douteuse, conclusion à l'avenant. Wolinski était l'acrobate du paradoxe et maniait à la perfection l'art de glisser une peau de banane dans la machine bien huilée des langues de bois qu'il retournait comme un gant. Quant à son dessin, les esthètes auront beau dire que c'est n'importe quoi, le lecteur saisit d'emblée le message grâce à l'expressivité du trait. On n'en demande pas plus.

Aujourd'hui, le propos d'un haut représentant du patronat qui n'a rien perdu de ses parties (et réparties) saillantes (Charlie Hebdo, 30 avril 1973). Attention, il faut suivre (chemin de quoi en douze stations).

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Voilà le travail de Wolinski en confesseur. Wolinski était tellement retors qu'il était capable de reproduire avec la plus grande exactitude le raisonnement secret du patronat le plus pourri, mais pour mieux lui faire cracher le gros mensonge véhiculé par la langue de bois qu'il parle quand il est en public. Il avait tout compris.

Et à bien y réfléchir, qu'est-ce qui a changé ?

vendredi, 24 janvier 2020

2020 : NI RICHESSE, NI JUSTICE !

La richesse, c'est pour les riches. Les autres, ils peuvent crever : 2153 milliardaires possèdent autant que 60% des humains (rapport Oxfam).

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Ci-dessus les trois vignettes qui concluent un de ces raisonnements percutants quoique méticuleusement tarabiscotés dont Wolinski détenait le secret en quasi-exclusivité. La page a été publiée le 5 février 1973 dans Charlie Hebdo. Beaucoup de gens pouvaient à l'époque espérer améliorer leurs conditions de vie. Quand on relit ça aujourd'hui, on se dit que non seulement les conditions de vie qu'on nous annonce pour l'avenir ne vont certainement pas aller en s'améliorant, mais que de plus en plus de gens sont en train de comprendre que "la justice sociale" dont parle le petit Pompidou de Wolinski apparaît sous les traits d'une pauvresse qui se fait détrousser comme au coin d'un bois : « Croyez-moi, quand on est riche, on se fout bien de la justice sociale ! ». 

Meilleurs vœux, hein ! Et bonne année, hein ! Et surtout la santé, hein, parce que la santé ...

jeudi, 23 janvier 2020

2020 : ENCORE DES GILETS JAUNES ?

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Deux vignettes concluant une planche parue le 25 septembre 1972 dans Charlie Hebdo. Deux vignettes qui devraient rendre pessimistes toutes les populations qui, descendues récemment, par colère et en masse, dans les rues de leurs pays (Algérie, Tunisie, Liban, Hong Kong, ............), réclament un "changement de système" en exigeant le départ de tous les pourris qui les dirigent. Ce n'est pourtant pas d'hier que tout le monde sait que "le pouvoir corrompt".

Oui, je suis pessimiste.

mercredi, 22 janvier 2020

2020 : RETRAITES, DES AVANCÉES ?

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Gribouillis pondu sur un coin de table par Wolinski, et paru parmi d'autres le 14 aoüt 1972, dans Charlie Hebdo, dans la série des "couvertures auxquelles vous avez échappé cette semaine". Le bonhomme est supposé s'appeler Edgar Faure. Un demi-siècle après, la vérité du propos de ce dessin reste d'évidence. S'agissant des retraites, la réforme impulsée par Emmanuel Macron semble pilotée par les crânes d’œufs en chef du Ministère des Finances, avec comme seul impératif catégorique : "faire des économies" (ils appellent ça "contraction des dépenses"). Le gouvernement de la France ne siège pas à Matignon : il est à Bercy. L'entreprise France (vous savez, la "start-up nation") est gouvernée par le service comptabilité. 

lundi, 20 janvier 2020

2020 : HEURTER LES SENSIBILITÉS

AUJOURD'HUI, LES JUIFS.

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Un génial pied-de-nez du génial Gébé au sacro-saint et sempiternel "Devoirrr de Mémoirrre" (appuyer le plus fort possible là où les consonnes font mal). Charlie Hebdo du 24 juillet 1972.

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Là c'est Wolinski qui s'y colle, et il ne fait pas dans la dentelle. Il n'y a pas beaucoup de consonnes, mais ça fait quand même très mal. Charlie Hebdo du 2 novembre 1978.

dimanche, 19 janvier 2020

2020 : HEURTER LES SENSIBILITÉS

AUJOURD'HUI LES CHRÉTIENS CŒUR DE CIBLE.

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Dessin de Willem paru dans Charlie Hebdo le 7 août 1972.

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Explication : Willem trouve un entrefilet dans La Libre Belgique daté 28 juillet 1972. Dans ce tout petit article, il est dit que le grand champion cycliste Eddy Merckx « confesse sa foi » : « Je désire faire connaître Jésus à ceux qui ne le connaissent pas ». J'ajoute quand même que la reproduction de l'entrefilet en bas de page 8 de Charlie Hebdo est si dégueulasse que, en dehors du titre, elle est rigoureusement inexploitable.

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Charlie Hebdo, 5 avril 1971. Gébé. Pas son meilleur dessin. Ce qu'il faut à Gébé, ce sont de vastes problématiques : son génie à lui, c'était de leur donner une figure dont l'existence réelle n'était plus de l'ordre du possible ou du probable, mais de l'ordre du vrai, du fort et de l'immédiat.

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Charlie Hebdo, 3 avril 1972. Reiser. Je n'ai pas creusé pour en savoir plus sur la réalité du sondage IFOP. L'intérêt de ce dessin, c'est qu'il traduit un certain ramollissement de la foi chrétienne. Une certaine "modestie" dans l'affirmation de la "Vraie Religion" par ses propres représentants (Katholikos signifie "universel").

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Charlie Hebdo, 10 avril 1972. Cabu. Jésus est un peu trop abruti pour rester crédible Mais c'est la loi du genre.

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Chalie Hebdo, 6 novembre 1972. Wolinski. C'est patelin, mais c'est presque gentil, et j'aimerais savoir ce que fait sa main gauche (voir plus haut).

On le voit par ces quelques couvertures : à part le petit dessin de page 8 de Willem, les dents et les griffes de Charlie Hebdo sont limées à ras. Pas facile, je dirai, de tirer sur une ambulance. Pas de quoi se relever la nuit pour se fendre la gueule.

On voit même aujourd'hui que l'Eglise catholique de France est plus proche du corbillard que de l'ambulance. Avec les multiples affaires de prêtres pédophiles, le père Preynat en tête de gondole, elle a – qu'on me pardonne l'expression – donné des verges pour se faire battre.

J'assistais dernièrement à l'enterrement d'une très vieille amie de la famille. Cela se passait évidemment dans sa vieille paroisse de Saint-Polycarpe. S'il y eut des moments vraiment émouvants, ce ne fut pas la faute du rituel catholique, qui m'est apparu plus ridicule que dans une caricature de Cabu.

Quant aux "fidèles", j'en avais un bel exemplaire à côté de moi qui, dès qu'il s'agissait de "chanter la gloire du seigneur", se mettait littéralement à bêler lamentablement. Je me suis dit que les chants des catholiques français d'aujourd'hui ont quelque chose à voir avec les bredouillements des agonisants. Pas de quoi soulever l'enthousiasme des foules et grossir les rangs des ouailles.

Il ne sert plus à rien de se moquer des "tala" (vous savez, ceux qui vont tala messe), des catholiques et des chrétiens en général. Cette religion (au moins en France) arrive en bout de course, tellement exténuée par le parcours des combattants du Christ (sans compter les dévoyés) qu'elle ne trouve plus en elle que l'énergie de battre sa coulpe et de faire le moins de bruit (de propagande) possible.

Je n'en dirai certes pas autant des adeptes et des militants et des guerriers et des fanatiques de l'islam.

Voilà ce que je dis, moi.

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samedi, 18 janvier 2020

2020 : HEURTER LES SENSIBILITÉS

GAULLISTES S'ABSTENIR.

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Aujourd'hui, quelque chose de très anodin, mais qui ne le fut pas toujours. Cabu se moque ici de la publicité faite par Paris-Match dans son numéro daté 29 juillet 1972 pour les objets "touristiques" vendus à Colombey-les-Deux-Eglises pour perpétuer le souvenir du Général de Gaulle.

Parmi les "vrais" objets vantés par l'hebdomadaire gaulliste (à gauche sur la planche), un mini-képi rempli de caramels à 3,50 francs (ce numéro de Charlie Hebdo est daté 14 août 1972), le coquetier en bois de Colombey à 7 francs, l'assiette où est reproduite une vue sur La Boisserie (maison de De Gaulle) à 24 francs, un ouvre-bouteille, un taste-vin, une cuiller "façon argent", des pruneaux à l'armagnac dans un bocal, etc. 

Tombant sur cette page de photos publicitaires, Cabu se met à délirer et à inventer toutes sortes d'objets irrespectueux ou carrément brindezingues.

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Tout y passe : le gros côlon du Général (faux-puits en faux-pneus) ; le caleçon "quand il portait sa tenue civile (mais avec un peu de kaki dans le fond)" ;

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la "bouteille thermos force nucléaire française" en forme de bombe atomique ; une carte postale "soulevez ma prostate et vous verrez Colombey" ; un sablier en forme de prostate du Général "(mouvement perpétuel)" ;

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Les deux étoiles sur le pot de chambre, fallait quand même avoir l'idée !

une pince à vélo en forme de croix de Lorraine ; etc. Bref : rien que du joyeusement foutraque, du gaillardement cintré, de l'hilarité délibérée. L'équipe de Charlie a dû bien se marrer en voyant la page.

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La trouvaille que je retiens est cependant celle du "Moulin à café pour perpétuer le culte du Général quotidiennement", à cause de l'usage que la ménagère imaginée par Cabu fait du "nez" de cet objet improbable.

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Vous comprenez pourquoi je pleure la mort de Cabu, et pourquoi je crois qu'il n'a pas été remplacé ? Parce que les actuels dessinateurs de l'actuel Charlie Hebdo NE ME FONT PAS RIRE. Je sais pas vous, mais moi, à "Oh ! Mon Charles !", JE ME MARRE. Il y a du rire dans le moindre détail des traits de Cabu (zieutez les varices). Je ne suis pas sûr que les actuels dessinateurs éprouvent seulement l'envie de se marrer.

De toute façon, qui a envie de se marrer aujourd'hui ? Qui a envie de se payer une pinte de bon sang en se foutant de la gueule des uns ou des autres ? La société actuelle étouffe sous le couvercle du sérieux. Et ce ne sont pas les pitres stipendiés qui peuplent l'antenne de France Inter qui vont me convaincre du contraire : vous les entendez, les guignols présents sur le plateau qui se bidonnent bruyamment et se tapent sur les cuisses aux grosses blagues tristes laborieusement élaborées par les Morin et compagnie ? Ce sont des rires enregistrés !  Pareil pour les armées d'humoristes qui se bousculent sur les scènes de théâtres : rien que des rires enregistrés !

A BAS LE CONFORMISME DU RIRE !

vendredi, 17 janvier 2020

2020 : HEURTER LES SENSIBILITÉS

Aujourd'hui, les handicapés en général, et les mongoliens en particulier.

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Cabu et les mongoliens (qu'on n'appelait pas encore "trisomiques"), dans Charlie Hebdo le 3 juillet 1972. Duduche n'en mène pas large face à celle qui n'est pas, hélas pour lui, la fille du proviseur.

Question subsidiaire : pourquoi Cabu met-il un béret à ses mongoliens ?