mercredi, 16 juin 2021
LE REGARD DU PHOTOGRAPHE
Aujourd'hui les Gratte-Ciel de Villeurbanne, comme le piéton ordinaire ne les verra jamais.
Deux photographes ont eu à peu près la même idée. Le lecteur peut constater que, si les deux photos ont évidemment une parenté (sur le principe de l'enfilade), elles diffèrent de façon irréductible.
Claude Essertel.
Marcos Quinones.
J'avoue avoir un faible pour la première.
Encore une histoire d'angle !
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mardi, 15 juin 2021
LE REGARD DU PHOTOGRAPHE
Sur le pont de Lattre.
Une histoire de priorité.
Photo couleur de Marcos Quinones : à lui les façades classiques (bourgeoises) encadrant l'entrée de la rue Duquesne.
Photo N&B de Jean-Marie Huron : lui, il aime bien mettre en perspective avec un premier plan envahissant.
Diapositive de René Dejean. Celle que je préfère : architecture, ligne, équilibre des couleurs, perspective, etc.
And the winner is .................. ??????????
10:32 Publié dans LYON | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, lyon, pont de lattre de tassigny, marcos quinones, jean-marie huron, rené dejean
lundi, 14 juin 2021
UNE BELLE PHOTO DE CLAUDE ESSERTEL
L'angle absolu.
Fort Saint-Jean.
10:49 Publié dans LYON | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lyon, photographie, fort saint jean, claude essertel, lyon figaro
dimanche, 06 juin 2021
UNE FACÉTIE DE CLAIR TISSEUR
Clair Tisseur était un monsieur très sérieux. Architecte de son métier, on lui doit, par exemple, la mairie du 2ème arrondissement rue d'Enghien, l'église du Bon Pasteur sur les pentes de la Croix Rousse et celle de Sainte-Blandine, dans le quartier "derrière les voûtes". Il a aussi dessiné les églises de Brignais, Tassin, Saint-Laurent-d'Agny, ...
Sainte Blandine, sans doute autour de 1932. Photo Jean Meunier.
Clair Tisseur n'était donc pas un petit rigolo. Mais on le connaît davantage sous son nom de plume, puisqu'il est l'auteur, sous le nom de Nizier du Puitspelu, de la Bible des Lyonnais en la personne (oui, oui) du Littré de la Grand'Côte, cette réserve inépuisable de saveurs charcutières où l'on peut apprendre, au gré de ses humeurs, ce qui arrive quand on mange des navets, en quoi consiste "baiser le c.. de la vieille", la recette authentique du "fromage fort" et tant d'autres joyeusetés lexicales et coutumières.
Voici parmi les fort nombreuses comportant le mot "c.." (parlant par respect), l'analyse de l'expression "Révérence à c.. ouvert", où l'on savoure l'approche scientifique et néanmoins lettrée d'un auteur pétri de ses "humanités".
« Révérence à c.. ouvert (le mot salut serait plus exact, mais révérence est l’expression accoutumée). C’est une rigoureuse observation des lois de la physiologie qui a conduit des Lyonnais à donner ce nom à un profond salut, qu’il s’adresse d’ailleurs à un monsieur ou à une dame. L’agent principal du phénomène consigné dans cette expression est la contraction des muscles abdominaux : le grand droit, le pyramidal qui lui fait suite, le grand oblique, le petit oblique et le transverse. A cette contraction correspond naturablement, l’extension des fibres antérieures du muscle que, parlant par respect, les physiologistes nomment le grand fessier. Ce muscle rhomboïdal, épais, constitue l’élément le plus actif de la station debout. Son bord inférieur forme la limite de la πυγή. Lorsque le saluant s’incline, l’ίσχίον cesse d’être recouvert par le muscle, l’ὀρῥοπυγιον s’entrouvre proportionnellement. L’opération inverse a lieu lorsque le muscle, sous l’action nerveuse, reprend sa position primitive et vient de nouveau recouvrir l’ίσχίον. Les sphincters sont étrangers à ce mouvement ; cependant ils cèdent relativement dans la position baissée, et c’est ce qui explique pourquoi il n’est pas sans exemple qu’une révérence trop profonde n’ait amené des accidents, sans importance au point de vue pathologique, il est vrai, mais contraires aux lois de la politesse.
Si nous avons bien pu faire comprendre ce qui précède, il en résulte que, appelant : E, l’écartement de l’ὀρῥοπυγιον au maximum du salut ; N, le salut ou inclinaison du corps en fonction de cet écartement ; R, l’importance de la personne saluée ; on a E/N = N/R. D’où : N² = ER. D’où : N²/E = R. On peut donc en mesurant dans la pratique l’écartement de l’ὀρῥοπυγιον du saluant, connaître l’importance du salué.
Quant à la valeur de R, elle est pratiquement variable. Autrefois elle s’obtenait par la multiplication de divers coefficients : moralité, considération, rang social, services rendus, etc. Aujourd’hui il n’en est plus de même, et je connais des députés, des préfets, des sous-préfets, des magistrats, dont je ne donnerais pas deux sous, et que de pauvres diables sont obligés de saluer à sept, huit, neuf et jusqu’à dix centimètres d’écartement. »
Je n'ajouterai à ces facéties aucune des invariables plaisanteries entendues il y a bien longtemps, au cours de mon séjour sous uniforme dans une base aérienne proche de Lyon sur la façon d'entrer dans le bureau d'un supérieur dans l'intention de quémander une faveur avec un espoir de voir sa demande satisfaite.
Note : Je laisse au lecteur avisé le soin de traduire les quelques vocables grecs utilisés par Nizier du Puitspelu pour être substitués aux termes français jugés trop crus, blessants pour la bienséance et appelant toujours la formule "parlant par respect" qui lui sert dans toutes les occasions gênantes à ses oreilles.
Autre note : D'où Clair Tisseur a-t-il tiré son pseudonyme ? On trouve peut-être la réponse sur un très vieux plan de Lyon. Pour la curiosité du lecteur, voici un fragment de ce plan de 1550, où l'on peut lire distinctement quelques noms de bâtiments ou de rues : Serpillière, L'Hostel-Dieu, Grolée, et ............ Puits-Pelu. Quant à Nizier, voici l'illustration qu'on trouve en frontispice de l'édition originale du Littré de la Grand'Côte, où l'on voit une flèche du clocher de l'église Saint-Nizier.
Chacun en tirera ou non enseignements ou clartés à sa guise.
09:00 Publié dans LYON | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nizier du puitspelu, littré de la grand'côte, grande côte, lyon croix rousse, église du bon pasteur, église saint blandine
vendredi, 28 mai 2021
A QUOI SERT UNE MANIF ?
LA PREUVE PAR LE NOMBRE ET LE DÉSORDRE
(et ce n'est qu'une toute petite sélection).
Les riverains de l'aéroport contre les vols de nuit.
Contre la réforme des retraites.
Les biochimistes contre les suppressions d'emplois de chercheurs chez Aventis.
Les pompiers.
Contre la destruction du théâtre Eldorado.
Les étudiants infirmiers.
Contre Charles Millon.
Les écoles de Bron et Lyon.
Les fonctionnaires de la région Rhône-Alpes.
Les commerçants et artisans.
Les gendarmes (!).
Lors de la "Fête" du Travail.
Contre le plan Fillon de réforme des retraites.
Les artisans taxis.
Les intermittents du spectacle.
Les médecins spécialistes.
Contre Monsanto et les OGM.
Les handicapés.
Contre la modification du square Delestraint.
Les paysans.
La Fédération des motards en colère.
Contre Bruno Gollnisch.
Pour Bruno Gollnisch.
Contre le stationnement payant à la Croix-Rousse.
Les fonctionnaires d'Etat.
A noter : pas l'ombre à l'horizon d'un ninja "black block" ou d'un casque répressif. Mais était-ce le bon temps pour autant ? Entre promenade apéritive et entraînement à la marche, mon cœur balance.
***
Moralité : faites vos jeux, messieurs, faites vos jeux ! Rien ne va plus !
***
Toutes ces photos ont été prises par Marcos Quinones.
09:00 Publié dans DEMORALISATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manifestations, manif, lyon, photographie
mercredi, 12 mai 2021
LA FLÈCHE DE NOTRE-DAME
Notre-Dame de Paris a brûlé un soir maudit d'avril 2019. Peut-être pas une malveillance caractérisée, peut-être une maladresse, une étourderie, un non-respect de la consigne de ne pas fumer, peut-être un problème sur les circuits électriques, allez savoir. Quoi qu'il en soit, tout le monde se souvient du moment le plus spectaculaire et le plus arrache-cœur : la chute de la flèche enflammée sur la voûte et la nef de la plus belle cathédrale que je connaisse.
Les pompiers ont éteint l'incendie, l'édifice a été désincarcéré de son inextricable échafaudage métallique en partie fondu, tout ce qui pouvait être consolidé a été consolidé et la nef a été à peu près nettoyée, bref : on a sauvé ce qu'on a pu sauver. Les compagnons, charpentiers ou tailleurs de pierre, se sont mis à l'ouvrage.
C'est alors que les débats ont commencé. Parmi les questions qui ont été soulevées (par exemple : faut-il restituer la couverture en plomb — 400 tonnes ?), je ne retiendrai que les bisbilles des architectes au sujet de la flèche. Je ne parle même pas de la querelle entre modernistes et "historicistes" (à l'identique ou en phase avec l'époque actuelle ?). Non, juste la question de savoir si c'est oui ou non Viollet-le-Duc qui a "inventé" de poser cette flèche sur la croisée du transept.
Autrement dit la flèche que nous connaissions résultait-elle du caprice d'un architecte, celui-ci fût-il génial ? Ou celui-ci avait-il quelque raison sérieuse de penser qu'un élément important manquait à l'édifice mondialement célèbre ? Questions cruciales. Au point que j'avais fini par me convaincre que, dans sa lubie de refonder le style gothique, dans sa manie de "faire gothique" (le mot, avec le sens que nous lui connaissons, date de son époque), c'est Viollet-le-Duc qui avait ajouté un ornement décisif à l'édifice. Or il se trouve que je viens de déterrer des rayons de ma petite discothèque un vieux vinyle qui garde les traces du concert qui a été donné dans la cathédrale à l'occasion de son VIII° centenaire.
Cela se passait en 1963. Au programme, des œuvres d'André Campra, Pierre Desvignes, Louis Vierne et Pierre Cochereau. Aux grandes orgues, le maître Pierre Cochereau en personne. Naturellement, ce n'est à aucune de ces dignes personnes que l'on demandera de répondre à mes petites "questions cruciales". Et je n'évoquerai aucune des musiques jouées ce soir d'avril 1963 (sans compter que le disque porte les rides de son âge).
En revanche l'illustration de la pochette m'a sauté aux yeux : elle reproduit une miniature du XV° siècle de Jehan Fouquet illustrant les Heures d'Etienne Chevalier, intitulée "la descente de l'esprit saint". L'ouvrage semble être conservé au Metropolitan Museum of Art de New York. Si certains avaient nourri des doutes sur la légitimité de l'action du controversé Viollet-le-Duc, il me semble que l'enluminure du peintre Jehan Fouquet apporte une réponse incontestable : il suffit de regarder pour voir que la cathédrale de Paris portait une flèche au quinzième siècle. A mon avis, il y a peu de chances que le peintre ait pu inventer ça.
Note : Ce petit billet enfonce peut-être une porte largement ouverte aux yeux des connaisseurs. Même si c'est vrai, je dis : et alors ?
mardi, 11 mai 2021
A QUOI RESSEMBLE LA DROITE EN 2021 ?
LES FORCES DE LA « DROITE REPUBLICAINE » A LA TABLE DE LA FRANCE.
09:29 Publié dans HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0)
A QUOI RESSEMBLE L'EXTRÊME-DROITE ?
REPRÉSENTATION TRÈS ALLÉGORIQUE D'UNE FIGURE DE L'EXTRÊME-DROITE.
« Vivement que je sois prézizidente de la République ! »
09:15 Publié dans HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0)
A QUOI RESSEMBLE LA GAUCHE EN 2021 ?
LES FORCES DE GAUCHE ?
ELLES RESSEMBLENT A ÇA !!!
Pas demain la veille que les gens qui travaillent trouveront quelqu'un de sérieux pour défendre leurs droits et leurs conditions de vie.
09:00 Publié dans HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, société, politique, la gauche en france, jean-luc mélenchon, parti socialiste, olivier faure, benoît hamon, parti communiste français
mercredi, 05 mai 2021
LA FRANCE, C'EST NAPOLEON
« Dans un chef d'œuvre, je pénètre chapeau bas ». Voilà ce que déclare Victor Hugo dans la préface de son William Shakespeare (cité de mémoire). Napoléon est un chef d'œuvre. Je laisse à d'autres le soin de peser les ombres, les outrances, les cruautés. Le génie de Napoléon est un fait.
Peu importent à mes yeux les louanges et les blâmes : les rois, les mythes, le grand roman national, la Révolution, la décapitation de Louis XVI, les colonies, les guerres, les victoires, les défaites, les héroïsmes supposés, les lâchetés avérées, JE PRENDS TOUT. Parce c'est tout ça qui m'a fait le Français que je suis. Ce n'est pas de l'identitarisme crispé ou farouche, tant il y a d'autres ingrédients dans la mixture improbable dont mon histoire personnelle a rempli ma gamelle. Cela veut simplement dire que je n'ai honte de rien et que j'aimerais qu'il en soit de même pour tous mes compatriotes, quoi que toutes sortes de gens mal intentionnés puissent reprocher à mon pays. La France n'a à demander pardon de rien. Ce pays, c'est le mien. S'il y a un "indigène" (cf. étymologie du mot) de la République, c'est moi.
Je dirais que la preuve de l'importance de Napoléon dans l'histoire de la France se mesure à l'intensité des criailleries qui accompagnent les velléités de célébration manifestées par Emmanuel Macron, qui tient à commémorer le grand homme, mais voudrait bien faire savoir qu'il reste à bonne distance des reproches que les uns et les autres adressent à celui qui a pendant un temps fait trembler les puissants de l'Europe entière et les a, pendant un temps, fait manger dans sa main.
Mais au contraire, allez-y franchement et fièrement, monsieur le président, cessez d'écouter les historiens et de peser les lumières et les ombres. Cessez de faire crédit aux militants de diverses causes : allez-y, vous êtes Français, soyez-en fier, donnez l'exemple, soyez un patriote sans honte et sans vous laisser impressionner par les petites crottes extrémistes qui veulent s'approprier le grand homme comme elles l'ont fait pour Jeanne d'Arc ou — culot suprême — le drapeau tricolore, ou par les mimililitantants de toutes sortes de grandes causes, de petites causes et de causettes. Célébrez le front haut et sans faire la fine bouche celui qui avait une si haute vision de la France qu'il en a marqué le pays jusque dans les structures qui sont les siennes aujourd'hui.
Histotototoriens, sociololologues et polilitotolologues s'entendent pour sommer les hommes politiques de proposer aux Français un « GRRRRAND RRRRÉCIT » ? Avec Napoléon, du général Bonaparte à Toulon à Sa Majesté l'Empereur à Sainte-Hélène et jusqu'au tombeau en porphyre corse aux Invalides, Monsieur le Président est servi.
09:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, histoire, politique, société, bonaparte, napoléon bonaparte, empereur napoléon 1er, austerlitz, indigènes de la république
dimanche, 02 mai 2021
ALORS ÇA VIENT, LE MONDE D’APRÈS ?
Dessin de GDB (pour Gueule De Bois ?) piqué sur Fesse-de-bouc.
La réponse à la question posée par le légume ci-dessus qui s'impatiente au fond de son fauteuil club, tout le monde en a maintenant une idée assez claire. Je n'insiste pas : ce sera JAMAIS.
La preuve : même les syndicats (en ordre dispersé — parfois par la police) ont recommencé comme autrefois, à l'occasion du 1er Mai, à faire visiter quelques centres-villes aux radios et télés du pays — qui rappliquent en masse dès qu'elles reniflent (espèrent) qu'il va y avoir de la castagne et des vitrines brisées (autrement dit du spectacle, de l'audience et du fric).
Le président, lui, n'a pas cessé d'emballer des discours dans de jolies boîtes à bonbons enrubannées de rose ou de menacer son peuple d'une fessée magistrale, pendant que les personnels hospitaliers, dégoûtés, quittent l'hôpital pour changer de métier ou arrachent leurs derniers cheveux en des gestes convulsifs de rage impuissante, en attendant la "quatrième vague" annoncée.
Et dans le même temps, le journal Le Monde nous apprend qu'un rapport fondé sur des centaines d'études scientifiques alerte (mais alerte qui, au fait ?) sur la folie de l'humanité, qui continue à déverser dans tous les océans de la planète des quantités monstrueuses de toutes sortes de gentillesses chimiques ou autres, issues de l'industrie pour être consommées, puis transformées en autant de déchets que la même humanité met à l'abri dans les profondeurs marines, et qui tournent leur pouvoir de nuisance sur les capacités de reproduction des êtres végétaux ou animaux qui vivent dedans, quand ils ne les tue pas (pour que ça aille plus vite, sans doute).
Il serait temps qu'on se mette à la rédiger, la Déclaration Universelle des Limites Humaines. Cela ferait au moins une belle affiche de plus à apposer aux murs des établissements d'enseignement du monde entier — et que personne ne lirait. J'ai essayé de lire dans le temps la Déclaration Universelle des Droits de l'Enfant. J'ai renoncé tellement ça suinte la bonne intention et les grands principes, que ça les rend antipathiques et presque nauséabonds.
Quant aux autres légers problèmes que se crée l'humanité — financiarisation de l'économie, y compris de l'immobilier, surarmement de beaucoup de nations agressives, réchauffement climatique ... (je cite pour l'anecdote) — mettons qu'on n'en parlera pas. Pour ne pas désespérer complètement le légume qui s'impatiente au fond de son fauteuil club.
09:00 Publié dans L'ETAT DU MONDE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dessin humoristique, humour, journal le monde, déclaration universelle des limites humaines, emmanuel macron, premier mai
lundi, 19 avril 2021
LYON
Si vous connaissez Lyon, vous savez plus ou moins que la ville s'est appelée Lugdunum dans les autres fois et que, sur la colline de Fourvière, se trouvent des théâtres remontant à l'époque romaine. Mais qu'est-ce qu'il y avait avant ? Je veux dire avant la mise au jour de ces monuments légués par l'antiquité ? La réponse attend les curieux dans les trésors accumulés par la Bibliothèque Municipale de Lyon. On trouve en particulier une photo des lieux prise avant le début des fouilles impulsées par Edouard Herriot à partir de 1933.
Vue générale des propriétés du "Syndicat des institutrices libres" et du "Couvent de N.D. de la Compassion", à l'emplacement du grand Théâtre, avant le 25 avril 1933, date du commencement des travaux de dégagement (légende BML).
Cette photo, quand je l'ai découverte sur un réseau social (Lyon historique et actuel), m'a plongé dans un abîme d'admiration et d'incrédulité. D'abord à cause de la qualité technique hors du commun du cliché. Quand je compare la "définition", le "piqué" de cette photographie avec ceux de la plupart des images produites aujourd'hui par wagons entiers, je m'interroge sur la notion de "progrès". Encore le format contraint de ce billet ne permet-il pas de s'en faire une idée juste.
Ensuite me vient la question de savoir comment, à partir de cette simple photographie des lieux, quelqu'un pourrait imaginer tout ce qui dort ici, tranquille et invisible, depuis vingt siècles. Vous le voyez, vous, le théâtre romain tel qu'il apparaîtra onze ans plus tard, en avril 1944 (ci-dessous, observez aussi le verger en fleur) ?
Bon, je sais que les archéologues n'ont pas besoin de voir : ils savent par d'autres sources que tel bâtiment cité dans un texte doit se trouver à peu près à tel endroit (Chateaubriand prétend bien, dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem, avoir retrouvé l'emplacement véritable de Sparte sur la base de ses lectures !). Il reste que moi, qui ne suis pas archéologue, je vois ici des prés portant dans une pente paisible des arbres fruitiers qui n'attendent que le moment de fructifier pour le plus grand plaisir des gens qui vivent en ces lieux.
Je subodore aussi qu'Edouard Herriot, en lançant cette énorme opération de dégagement (de déblaiement), n'était pas mécontent de donner un coup de pied dans la fourmilière de la "Colline qui prie" (opposée jadis à la "colline qui travaille", qui est la Croix-Rousse) : malgré toute la force de leur foi, c'est sans doute par la force de la loi que le syndicat des institutrices libres et le couvent de Notre Dame de la Compassion ont été expropriées.
Devant cette immense débauche d'énergie pour rendre au présent des œuvres du passé lointain de la ville, je me permets de garder une certaine distance. Car dans le cas qui nous occupe, il s'agit moins de faire apparaître que de rebâtir entièrement. Pour moi, le théâtre "romain" est pour une large part fictif. J'en veux pour preuve cette photo du chantier prise en janvier 1934 : voilà l'état des ruines telles qu'elles ont été déterrées.
Vous vous voyez, assis sur ce tas de cailloux, même avec un coussin, pour assister à une représentation de Lohengrin (quatre heures au bas mot) ? N'en déplaise aux mânes d'Amable Audin, ce grand archéologue, on est bien devant une entreprise de reconstruction complète. Cela dit, oui, j'avoue avoir passé là des soirées, et même des nuits mémorables, au cours desquelles je ne pensais guère aux Romains.
09:00 Publié dans LYON | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lyon, histoire, lugdunum, fourvière, bibliothèque municipale de lyon, édouard herriot, théâtre romain de fourvière, nuits de fourvière, chateaubriand, itinéraire de paris à jérusalem, colline qui prie, croix-rousse, colline qui travaille, amable audin, archéologie
dimanche, 18 avril 2021
SALVATORE GURRIERI
Le beau profil de l'ami Salvatore Gurrieri, l'excellent peintre lyonnais et syracusain, qui explique à des confrères artistes ses vues profondes sur l'art. Photo prise en novembre 1978 par le photographe de L'Echo-Liberté Georges Vermard, à l'occasion du vernissage de l'exposition à la Caisse d'Epargne des œuvres de Mouvant et Giroud.
09:00 Publié dans ART | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, peintres lyonnais, salvatore gurrieri, mouvant, giroud, georges vermard, journal l'écho liberté
lundi, 05 avril 2021
LA PAROLE "LIBÉRÉE" ?
UNE SEULE INTERMINABLE PLAINTE.
*
... CHEZ LES FÉMINISTES 1.
... ET CHEZ LES FÉMINISTES 2.
... ET CHEZ ADÈLE HAENEL, VIRGINIE DESPENTES ET LES ACTRICES DE CINÉMA.
... ET CHEZ LES ACTIVISTES MUSULMANS.
... ET CHEZ LES FRANÇAIS A PEAU NOIRE.
... ET CHEZ LES HOMOSEXUELS.
QUEL CONCERT !
Nom de dieu, un vrai concert de perroquets qui nous hurlent dans les oreilles, dirait un observateur impartial !!! Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à crier de la sorte ? Eh bien voilà.
Que ce soit pour appeler au secours ou pousser des cris de rage, ce n'est qu'une seule longue plainte : le grand chœur des récriminations d'un peuple de victimes qui ont toutes une souffrance à faire valoir, qui ont toutes quelque chose à reprocher à quelqu'un, qui ont toutes des droits imprescriptibles à faire enfin reconnaître, qui ont toutes à dénoncer les graves injustices qui leur sont faites par une autre partie de la population. Et qui, toutes, attendent réparation du préjudice. En faisant fermer leur gueule à tous ceux qui ne sont pas d'accord.
Un peuple totalement désuni, divisé en "communautés" de sexe, de couleur, de religion, de race, de "genre", de "territoires", de "préférences sexuelles", dont les revendications se font une concurrence féroce à coups d'intrusions sur les plateaux médiatiques ou auprès des instances étatiques, quand ce n'est pas devant les tribunaux. Ces forces qui tirent à hue et à dia, animées par la rancune et la frustration, produisent un climat de haine qui se diffuse dans les rapports sociaux. Et dire qu'on n'a jamais autant entendu parler de "résilience" ! Quel paradoxe !
Un peuple qui a perdu toute perspective de construction collective d'une collectivité aspirant au bonheur et à la prospérité du plus grand nombre. Un peuple définitivement fragmenté en groupes hostiles seulement préoccupés de la défense de leurs propres intérêts et soucieux de tirer à leur profit exclusif toute la couverture (médiatique, cela va de soi). Comment voulez-vous que, dans ces conditions, on ait des chances de se retrouver dans une seule France ? Une France indivisible ?
Le séparatisme n'est plus une crainte à avoir, c'est un fait qu'il faut constater. Ce n'est plus un peuple : c'est bel et bien une collection de groupes et d'individus. C'est la mère Thatcher, vous savez, la "dame de fer", qui doit bien ricaner. Avec son vieux compère Reagan, c'est elle qui a gagné la guerre de civilisation. Le capitalisme peut dormir tranquille : la société telle qu'elle est organisée actuellement, n'est pas près de troubler son sommeil.
Oui, Jérôme Fourquet a bien raison, bien qu'il travaille dans l'entreprise de sondages IFOP, de parler d' « archipel français ». Comme dit un personnage de sniper dans la dernière partie de L'Oiseau bariolé de Jerzy Kosinski : « Les hommes sont comme les sommets des montagnes : ils se voient de loin, mais ils sont séparés par des précipices infranchissables » (citation de mémoire, très approximative, mais l'esprit est à peu près là).
J'ai envie de dire à la foule des gens qui se plaignent ou qui portent plainte (c'est la même chose en deux modes différents) :
« Garde toujours le souvenir des avanies subies, n'oublie rien ni personne, mais avant tout tiens-toi droit, cesse de te plaindre et garde en toute circonstance le souci de ta dignité, au lieu de passer ton énergie et ton temps à quémander, à te livrer ainsi à la mendicité, quand ce n'est pas à te comporter en roquet agressif et policier ! ».
De façon plus politique, il faut aussi se dire que plus un pays s'emberlificote dans les luttes intestines, moins il pense à sa place dans le reste du monde. A Lyon, vous imaginez Guignol et Gnafron se foutre sur la gueule ? Regardez comme le cornu-griffu ricane (image FB, B. Jaouen).
09:00 Publié dans BANDE DESSINEE, HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la parole libérée, féministes, féminisme, roman polanski, adèle haenel, islam, musulmans, islamophobes, esclavage, colonialisme, homosexuels, homophobie, gay pride, balance ton porc, #metoo, patriarcat, phallocrate, macho, sexiste, jérôme fourquet, l'archipel français
dimanche, 04 avril 2021
LA LIBÉRATION DE LA PAROLE ...
... CHEZ LES PEUPLES OPPRIMÉS.
Morris a inventé le personnage de Lucky Luke en 1946. Goscinny a apporté sa patte inimitable aux scénarios à partir de 1957 (Des Rails sur la prairie). En 1958, dans Lucky Luke contre Joss Jamon, apparaît le personnage des peuples opprimés sous les traits de Joe le Peau-Rouge. Les seules interventions de ce personnage aux allures de Grand Sachem énigmatique dans les dialogues se limitent à proférer invariablement le sobre monosyllabe « Ugh ! » à toutes les sollicitations extérieures.
Mais soudain, à la page 41, face au chef des "méchants" qui menace de mort les méchants de la bande qui se laisseraient lâchement effleurer par le désir de se rendre aux représentants de la loi légale, voilà-t-il pas que les vannes s'ouvrent, et font découvrir au lecteur, derrière le mutisme obstiné du "sauvage", tous les raffinements rhétoriques d'un redoutable orateur. C'est très moral, tout ça : le "sauvage" n'est pas celui qu'on croyait. Goscinny et Morris avaient le sens du contraste.
Les initiés feront évidemment le lien avec un autre personnage — littéraire celui-là —, inventé par Alfred Jarry pour servir de valet, de serpillière, de victime-à-tout-faire et de double ignoble à l'excellentissime Docteur Faustroll : le « Grand singe Papion Bosse-de-Nage, lequel ne savait de parole humaine que "Ha Ha" » ("monosyllabe tautologique") dans son entreprise de navigation "de Paris à Paris par mer". Mais contrairement à Joe le Peau-Rouge, Bosse-de-Nage n'accèdera jamais à la libération de sa parole, irrémédiablement compendieuse.
09:00 Publié dans HUMOUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, bande dessinée, lucky luke, morris lucky luke, goscinny, lucky luke contre joss jamon, peuples opprimés, la parole libérée, des rails sur la prairie, joss jamon, alfred jarry, gestes et opinions du docteur faustroll, grand singe papion bosse-de-nage, monosyllabe tautologique, singe papion cynocéphale
vendredi, 02 avril 2021
EFFETS DE LA PROPAGATION D'UN VIRUS ...
... SUR LES STRUCTURES, LES INSTITUTIONS ET L'ORGANISATION POLITIQUES, ÉCONOMIQUES ET SOCIALES D'UN GRAND PAYS CIVILISÉ.
En un mot : c'est la merde au carrefour de la mairie, de la place du monument aux morts, de la rue Victor Hugo et de la rue du Commerce (tout cela figure dans l'image). La mairie pour tout ce qui est institutionnel. Le monument aux morts pour tout ce qui touche à la mémoire, à la nation et à ses rituels civils ou militaires. Victor Hugo pour tout ce qui concerne la vie culturelle d'un peuple. Le commerce pour tout ce qui est réinvestissement de l'épargne privée et accroissement des échanges marchands en vue de la prospérité générale.
Hergé est un digne héritier de Dubout.
La salacité en moins.
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mercredi, 31 mars 2021
COMMENT SE RÉPAND UN VIRUS
Modeste contribution aux études épidémiologiques les plus actuelles.
Hypothèse de départ : Hergé avait tout compris. Il suffit de relire L'Affaire Tournesol pour s'en convaincre. Quand on a lu toute la séquence, on sait : la propagation d'un virus est due à la négligence des gens qui en sont porteurs et à leur mépris de la présence d'autrui à leurs côtés. Merci Hergé !
J'explique. A la page 28, Tintin et le capitaine Haddock viennent d'échapper à l'explosion de la maison du professeur Topolino. A partir de là, Haddock porte sur le nez un magnifique sparadrap. Il a oublié qu'il en était porteur (on dit "asymptomatique", tout le monde le sait maintenant). Le virus est un peu décollé à la page 45. C'est là l'erreur fatale, un geste aux conséquences incalculables : le capitaine l'enlève.
C'est là que les ennuis commencent. Nous sommes, au début de cette patiente et passionnante reconstitution, dans le bus qui conduit nos héros à l'aéroport. Leur but est juste de se jeter dans le piège tendu par les infâmes sbires du dictateur Plekszy-Gladz qui règne sur la Bordurie, à la tête desquels on trouve l'infâme Colonel Sponsz. Mais laissons parler les images captées par les caméras de surveillance, et reprenons au départ, ou presque.
Oui, ayons de la gratitude envers Hergé, ce grand savant qui, dans les éprouvettes de son laboratoire, avait prévu la catastrophe qui touche aujourd'hui le monde entier.
Blague à part, on peut admirer le découpage, la construction de la page 45, l'agencement des vignettes qui alterne en réalité le voyage du sparadrap et la communication téléphonique entre le tandem des flics bordures et le colonel Sponsz.
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mardi, 30 mars 2021
FÉMINISME VAINCRA
Grâce à Reiser.
1978
1976. Notez que c'est (pas tout à fait) ce que pratiquait Béatrice Dalle dans le film Trouble every day (2001).
Mais il reste d'autres options : ci-dessous celle proposée par le professeur Choron dans Hara Kiri mensuel d'août 1976.
Quelle longévité accorderiez-vous aujourd'hui à une revue qui publierait une telle couverture ? Autre façon de poser la même question : qui oserait aujourd'hui s'afficher comme bête et méchant ?
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samedi, 27 mars 2021
RENDEZ-NOUS LES VESPASIENNES
A bas les machines JCDecaux !
Rendez-nous nos édicules !
C'est pas beau, une vespasienne ?
Photos de Jules Sylvestre, Lyonnais.
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samedi, 20 mars 2021
CITIUS ALTIUS FORTIUS
"CITIUS, ALTIUS, FORTIUS" : Devise inventée par le père Henri Didon, dominicain, qui croyait aux vertus de l'athlétisme et qu'il prêchait à ses élèves. Pierre de Coubertin l'a reprise pour en faire l'étendard d'une manifestation sportive assez connue, populaire et lucrative. En BD, des continuateurs de E.P. Jacobs (Blake et Mortimer, dans L'Onde Septimus) ont mis cette devise dans la bouche d'un malfaisant appartenant à un groupuscule de fascistoïdes qui en ont fait l'étendard de leur entreprise de conquête du pouvoir mondial. Il n'est pas certain que ce rapprochement soit entièrement ridicule.
Ici, "plus loin", ça veut aussi dire "plus vite". Les deux sont inséparables.
Je dis surtout "lucrative", parce que devant la majesté du spectacle et le vacarme que toutes sortes d'intérêts bien compris se précipitent pour faire autour de l'événement, tout le monde semble oublier que les J.O. sont d'abord une vulgaire entreprise de bâtisseurs d' "événementiel" (comme on dit aujourd'hui), et qui plus est une entreprise privée de droit suisse (sourcilleux comme on sait sur le secret des affaires). Et que le culte de l'athlète et du record a été beaucoup célébré en Italie entre 1925 et 1945 (si vous voyez ce que je veux dire), et que la cinéaste chérie du régime allemand entre 1933 et 1945 a intitulé un de ses films à la gloire de ces athlètes (blancs, cela va de soi) : Les Dieux du stade.
D'ailleurs, le malfaisant qu'on voit dans l'image ci-dessus n'exprime rien d'autre que la pensée profonde d'un banal capitaine d'industrie aux dents très longues tel qu'on en a vu et qu'on en voit encore des rafales mettre à sac la planète. Les J.O. ne sont que la célébration cynique de ce système prédateur. Les actionnaires — qui sont les vrais maîtres du monde qui vient — se préoccupent des "belles théories humanitaires" comme de la première dent de lait qui leur est tombée, quand ils croyaient encore au Père Noël et à la "petite souris".
J'espère donc ne pas être le seul à sauter de joie si les Jeux Olympiques de Tokyo, après avoir été "reportés", sont carrément supprimés. Et à souhaiter que ceux qui se profilent à l'horizon parisien en 2024 soient purement et simplement engloutis dans les ténèbres extérieures. Pour cela, je compte beaucoup sur le gouvernement français et sur sa façon magnifiquement cafouilleuse, inintelligible, brouillonne et désordonnée de "gérer la crise" du covid-19, dont on voit le résultat — parfaitement clair, lui — ces jours-ci dans les hôpitaux d'Ile-de-France, qui se retrouvent grâce à lui aussi engorgés qu'aux plus beaux jours de mars-avril 2020. Sans les applaudissements. Il faut donc en finir avec cette devise imbécile : "Citius, altius, fortius" ! Comme dit "la jeune personne" au "muletier" (La Périchole) : « Eh n'allons pas si vite, n'allons pas si grand train ! ».
Si ce satané virus vient à bout de ces J.O. français, j'espère ne pas être le seul à m'en féliciter. Et à adresser un solennel "MERCI" aux chauves-souris, aux pangolins, aux Chinois et autres vilains porteurs de virus.
Voilà ce que je dis, moi.
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jeudi, 18 mars 2021
LA FRANCE CONFINÉE ......
...... ÇA ME RAPPELLE LE SERVICE MILITAIRE.
On trouve évidemment ce petit bijou (un peu "arrangé" par mes soins) dans La Rubrique-à-brac de l'indispensable Marcel Gotlib. La double page est intitulée "Ah... c'était le bon temps", mais porte le sous-titre "Le réjimant de Papa". Elle est tirée du journal intime de l'élève Chaprot, qui raconte que son père est un homme sérieux qui cause toujours sérieusement quand son ami Monsieur Raffray vient à la maison. « Y'a qu'un truc c'est quand ils se mètent à causer du réjimant. Pasque c'est des copains de réjimant. Sa veut dire qui-z-ont fais le réjimant ensemble. Alors la, quand ils causent du réjiment, ils z arrèttent pas de s'écroulé de rire. "Ha s'étais le bontant" qui disent ».
Je me plais à imaginer que, dans quelques décennies, une certaine génération — qui aura donc connu cette période de la pandémie désormais plus longue que le dernier service militaire — n'arrêtera pas à son tour de s'écrouler de rire au souvenir des bons tours qu'elle aura joués aux représentants de l'autorité, en organisant des fêtes clandestines, des raves parties sauvages, des clusters illégaux, des festins prohibés ou des beuveries non-réglementaires.
Et que la même génération aura refoulé au plus profond tout ce qu'il y avait de brimades adjudantesques imbéciles dans les mesures de confinement, les couvre-feux et autres trouvailles infantilisantes inventées par le pouvoir, ne gardant en mémoire que la forte impression qu'elle aura vécu en ce temps-là une période intense, enviable et jouissive (comme un certain nombre de ceux qui ont vécu les années de guerre 40-45), quoi qu'en professent très doctement aujourd'hui les maîtres en "cognition sociale" (j'ai appris hier l'existence de cette spécialité professionnelle), et savantasses en quelques sciences humaines et autres pantoufles à cervelles pusillanimes et conceptualisantes.
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mardi, 16 mars 2021
CELUI QUI REPEINT SON PLAFOND
Tu connais pas l'histoire de celui qui ... ? C'est un certain monsieur Macron (surnommé Achille Talon) qui repeint le plafond du salon de son pavillon de banlieue. Son voisin Jean Castex (surnommé Hilarion Lefuneste), qui a besoin de son échelle, survient. Et voici ce qui arrive.
A noter qu'Achille Talon ne risquait absolument rien, vu qu'il avait confondu, dans sa précipitation, le pot de peinture acrylique avec le pot de colle à prise rapide.
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dimanche, 14 mars 2021
LE SALUT DANS VIALATTE
« Le mouton est célibataire ; par contrainte et par vocation ; il a des goûts extrêmement paisibles, des habitudes de vieux garçon. Il paît ; la brebis l'accompagne ; le bouc, sur un talus, éternue, l'air dédaigneux, avec le profil de Moïse. Un fil d'argent lui pend à la narine (on ne voit jamais que des boucs enrhumés du cerveau). Pendant que le mouton paît, l'homme n'a plus rien à faire. Il s'assied sous un chêne et joue du chalumeau. Or le mouton ne cesse jamais de paître. C'est pourquoi les bergers connaissent un long bonheur. Ils organisent des concours de pipeau, de madrigaux et de poèmes classiques qui célèbrent les végétaux. Leur goût s'affine. Il devient délicat. Ils font leur cour aux bergères, en sonnets. Les bergères les paient en ballades. C'est ainsi qu'ils deviennent des vases de savoir-vivre et des urnes de belles manières, bref des puits de bonne éducation. Il n'y a qu'à lire Honoré d'Urfé pour s'en convaincre. Ils en oublient d'orienter le courant d'air pour mûrir le fromage à points bleus. Si bien qu'ils sont bien moins bergers par une occupation précise que par une disposition générale de l'esprit, une vocation congénitale qui les porte à trouver le bonheur dans l'élégance, le flirt, de longs loisirs et le raffinement mondain. Un berger sommeille en tout homme ; l'homme est un berger qui s'ignore ; de loin en loin il se rappelle sa vocation et il soupire : c'est un berger déchu qui se souvient de l'Age d'Or.
Le bonheur est donc sur une pelouse. Il en est né une mystique du pique-nique, une religion du bonheur par l'œuf dur, qui survit aujourd'hui dans la tradition scoute et le "barbecue" du Texan, encore que dans le pique-nique texan l'œuf dur soit fait d'un bœuf entier cuit sous la cendre, parce que le cow-boy manque de poules : il ne pourrait pas les garder à cheval.
Résumons-nous : le bonheur est bâti sur le fromage ; et même plus spécialement le fromage de brebis. Le yaourt en fait sa réclame : c'est à lui, nous dit-il, qu'on doit le centenaire bulgare, qui est bulgare par naissance mais centenaire par yaourt ; l'Age d'Or est à base de laitage. »
Alexandre Vialatte, Dernières nouvelles de l'homme, Fayard, 1978.
***
Je ne suis pas sûr que, si l'on donnait à lire ce morceau de prose de l'excellent Vialatte à un de ces bergers qui viennent de déposer devant la préfecture de Dijon des cadavres de leurs brebis égorgées — sans doute par des loups — ces hommes en seraient enchantés. A commencer par le portrait qu'il fait de leurs mœurs et de leur métier, et ne serait-ce que parce que l'auteur fait du bouc au lieu du bélier le mâle de la brebis. Probablement une étourderie : je n'ose croire à une méconnaissance.
Remarquez que Tonton Georges, dans une chanson que je ne citerai pas pour ne pas effaroucher les enfants des villes (ceux des campagnes savent à quoi s'en tenir sur les mœurs des animaux), opère entre les deux un rapprochement qui, sait-on jamais, peut induire en erreur quelques esprits légers ou inattentifs : « [passage censuré] comme un bouc, un bélier, une bête, une brute, je suis hanté [passage censuré] ». Après réflexion, il n'est pas impossible qu'en cherchant bien, on finisse par dénicher le reste des paroles dans la chanson intitulée "Le Bulletin de santé". Attention, qu'on n'aille pas se méprendre : je dis ça, mais je n'ai rien dit, à vous de voir.
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samedi, 13 mars 2021
PORTRAIT (TROP ?) RAPIDE DE LA FRANCE
Dans les lorgnettes médiatiques, ce ne sont que clameurs et glapissements, supplications et vociférations. Par quelque côté qu'on le prenne, LE PEUPLE FRANÇAIS semble devenu
UN PEUPLE DE VICTIMES.
***
D'UN CÔTÉ, LA SOCIÉTÉ DE LA PLAINTE.
Un seul mot d'ordre : « Tous victimes des autres ! ».
Une seule destination : la Correctionnelle !
Une seule retombée attendue : un "juste" dédommagement financier du préjudice subi.
Une seule solution : « Il faut que l'Etat ! ».
***
FRANCE : DE L'AUTRE, LA SOCIÉTÉ DU "CARE".
Un seul mot d'ordre : « Tous solidaires des autres ! »
Une seule destination : les Restos du cœur ! (Les seuls ouverts en ce moment.)
Une seule retombée attendue : donnez ! ou encore mieux : faites un legs !
Une seule solution : « Il faut que l'Etat ! ».
***
ALLEZ VOUS Y RETROUVER !
Entre les victimes plaintives (« Sivouplé moussiou ! Sivouplé madame ! »), les victimes plaignantes (« J'exige du respect ! »), les victimes plaidoyantes (« Accusés levez-vous ! »), les victimes vindicatives (« Pendez Roman Polanski ! ») qui constituent, à en croire les haut-parleurs médiatiques, le peuple français, j'ai tellement l'embarras du choix que je ne sais plus où donner de la peur (d'un côté) ou de la charité (de l'autre).
Oui, mais moi, je ne me reconnais plus dans cette France-là ! Cette France-là me choque et me répugne. Ma France à moi voudrait aller vers quelque chose de plus grand que les petits hommes qui la peuplent. Malheureusement, c'est ces petits hommes-là qui font le plus de lois, le plus de vacarme médiatique et le plus d'intimidation. Mais qui ose encore aujourd'hui revendiquer cette France plus grande que ne sont ses citoyens ?
« Français, tiens-toi droit ! » écrivait un bel auteur français dans la presse parisienne de 1942, au vu et au su de l'occupant nazi. Il demandait aux Français de ne pas être des moutons bêlants. Ça voulait dire : « Français, face aux problèmes, aux avanies et aux difficultés, comporte-toi dignement ! ».
C'est là que me reviennent des paroles prononcées par J.F. Kennedy (dont on peut penser ce qu'on veut par ailleurs) : « Ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le pays ».
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vendredi, 12 mars 2021
LE SALUT DANS VIALATTE
J'ai entendu un conférencier annoncer que le soleil mourrait dans soixante-six trillions d'années. Un auditeur se leva, défait : "Combien dites-vous ? Soixante trillions ? — Non, j'ai dit soixante-six, dit le conférencier. — Ah ! bon, soupira l'homme, j'avais compris soixante." Et il se rassit, soulagé.
***
"C'est se conduire en rékéké, dit un proverbe congolais, que d'étouffer le roukoukou dans sa coquille."
***
Ceux qui s'en vont, au lieu de partir dans le temps, ont l'air de partir dans l'espace. Ils semblent s'effacer au loin, comme sur un bateau qui s'en va. Comme s'ils étaient allés en Chine. Ils habitent un autre pays, un pays incompréhensible, plein de tombes et de fantômes bienveillants ; avec des rues qui portent leur nom ; des places où on voit leur statue ; comme si c'était là leur vraie vie et que l'autre n'ait été qu'un spectacle futile. Ils ont tous le même âge, étrange, extra-terrestre, et en même temps tous les âges qu'ils ont eus sur terre. Le petit aviateur carbonisé apparaît soudain aussi vieux que le vieux poète, et le vieux poète contemporain de ses plus anciennes photographies. Ils se promènent fraternellement dans une espèce de grand jardin. La mort est une ville de province peuplée d'habitants silencieux ; une petite sous-préfecture sans gare, oubliée des trains et des cars, dont les habitants nous attendent. D'autres fois je les vois dans la nuit d'un noir faubourg, mal éclairé, moucheté de lumières jaunes et tremblantes. Vieux pays, vieux jardins à la porte rouillée qu'ouvre seule la clef du souvenir.
***
Chacun a son idée : on vient de voir ces jours-ci une dame qui avait tué son fils pour que son mari tue son oncle afin de faire mourir son grand-père dont elle aurait hérité les millions. Le processus a flanché en route. Non que l'idée en soi fût mauvaise, mais l'assassinat, comme la guerre, est un art tout d'exécution.
***
J'ai entendu parler deux dames. C'était la fête du mari d'une des deux. « Que lui offrir ? demandait cette épouse. — Une cravate, proposait l'autre dame. — Il n'aime que celles qu'il a choisies. — Une boîte de cigares ? — Il ne fume pas. — Un livre ? — Il en a déjà un. »
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On a tort et on exagère. C'est parce qu'on a mauvaise conscience. D'abord il y a des juges qui n'entendent pas du tout : les magistrats ont besoin de sommeil, comme tous les hommes, surtout ceux qui travaillent beaucoup. (On sait l'histoire de ce juge alarmé qui alla consulter son médecin « parce qu'il avait des insomnies pendant l'audience »).
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On ne peut prendre au sérieux que ce qu'on sent plus grand que soi.
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La Seine est un fleuve historique. Et la Providence a voulu qu'elle arrose notre capitale. Si bien que le fleuve le plus célèbre de la France passe par sa plus illustre ville (c'est ce qu'on appelle le miracle français). Elle y coule entre deux remparts de vieilles pierres, de vieux livres et de jeunes peupliers, irisée de taches de mazout sur lesquelles flotte une épluchure de mandarine. Des bateaux la sillonnent, ornés de petits drapeaux. Des photographes la photographient. Les bains Deligny la rendent utile. Des hommes petits, ronds et velus y suivent sur le tremplin du plongeoir des femmes en forme de pointe Bic, de coupe-papier ou d'armoire bretonne. De longs barbus y font la planche. Leur barbe flotte au bout de leur menton comme une éponge en fibre végétale pour l'entretien des faïences sanitaires.
Sous les ponts, les clochards, à plat ventre, rampent lentement, le bras tendu, vers un litre de rouge. L'eau sent le comptable suicidé.
Le soleil brille.
Et c'est ainsi qu'Allah est grand.
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Note : ces quelques passages, guillerets ou mélancoliques, de la prose de l'illustre maître ont été picorés dans L'Eléphant est irréfutable, publié aux éditions Fayard en 1980, par les excellents soins de Ferny Besson, avec une préface de Pierre Daninos.
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