31.07.2011
DE LA PROPRETE DANS LE TOUR DE FRANCE (2)
Le récit que fait WILLY VOET de son passage de la frontière belge en 1998 est réjouissant : les douaniers le font déshabiller, et il a beau finir par planquer dans son slip son flacon de « pot belge » (un gentil cocktail : amphétamines, cocaïne, caféine, antalgiques, héroïne, morphine), le pot aux roses est découvert. Ainsi commence l’affaire Festina, avec la désormais immortelle phrase de RICHARD VIRENQUE, qui s’était retrouvé dopé « à l’insu de son plein gré ».
Et voilà tous les responsables, y compris politiques, mués en chevaliers blancs. Cela devient le refrain à la mode : il faut en finir. L’U. C. I. le jure la main sur le cœur. Madame BUFFET, ministre, met en place l’A. F. L. D. Ça va saigner chez les tricheurs. Vous allez voir ce que vous allez voir. Et c’est vrai que c’est dans le cyclisme que les contrôles sont les plus nombreux, mais curieusement, les cas de dopage avéré sont extrêmement rares. Vous avez dit bizarre ?
En face de l’OMERTA qui règne chez tous ceux qui se nourrissent du Tour et leurs dénégations outragées, quand ce n’est pas l’enthousiasme lyrique qui leur fait déclarer qu’aujourd’hui le cyclisme n’a jamais été aussi « propre », il reste pas mal de sceptiques, mais on n’a aucune preuve. Et ça c’est bien embêtant, l’absence de preuve.
Eh bien si ! Des preuves, il y en a ! Et scientifiques, s’il vous plaît ! Et cela fait des années qu’un monsieur les administre, patiemment, avec ténacité. Ce monsieur s’appelle ANTOINE VAYER. Alors attention, je n’y connais rien en physique (ni en mathématiques, qu’on se rassure), et je suis incapable de reproduire ici les formules et les calculs qu’ANTOINE VAYER a mis au point. Mais c’est absolument imparable.
En gros, ce professeur d’E. P. S. et ancien entraîneur de l’équipe Festina se fiche complètement des analyses d’urine ou de sang, parce que, dit-il, les coureurs savent parfaitement contourner les contrôles. Comment fait-il, alors ? Eh bien il mesure en watts la puissance développée par un coureur par rapport à son poids et à sa vitesse (et plusieurs autres données). Il calcule par exemple sa capacité respiratoire (alias VO2 max, en millilitres d’air par minute et par kilo ; le chiffre qui commence à prouver le dopage se situe à 85 de VO2 max).
Dès lors, pour savoir si le cycliste est ou non dopé, il suffit de comparer sa performance avec la grille établie par ANTOINE VAYER. A partir de 410 watts, c’est le dopage avéré. A 430, c’est le dopage « miracle ». A 450, c’est le dopage « mutant ». C’est bien, les chiffres : c’est neutre. Et tout ça découle d’un calcul. Ici, personne ne peut être accusé de vouloir la fin du Tour.
Qu’est-ce qu’il dit, ANTOINE VAYER ? HORNER, à Mûr-de-Bretagne, développe « 453 watts pendant 4’16’’ dans la côte finale », c’est-à-dire un VO2 max de 87,5. Mais HORNER « s’est cassé le nez derrière huit coureurs "anaérobies" plus puissants à 515 watts » (cinq cent quinze !) ; « ils auraient au-delà de 95 » de VO2 max. Il voit 80 coureurs qui montent allègrement le col de la Croix à 393 watts, et il s’étonne. Il juge que « JEAN-CHRISTOPHE PERAUD, 27ème au classement général le 11 juillet, est peut-être le "vrai" maillot jaune », derrière 26 tricheurs.
« C’est 23 coureurs à 31 km/h de moyenne dans la pente finale de Super-Besse à 5,75 % de dénivelée, derrière Rui Costa, le vainqueur qui revient d’une suspension pour usage de Méthylhexanamine. C’est une foultitude d’Eddy Merckx côté potentiel athlétique qui mène la bande 2011 à 41,32 km/h de moyenne horaire après neuf étapes (quel cru !). ».
Tout ça, c’est mieux que les grandes déclarations, d’où qu’elles viennent, n’est-ce pas ? Dans le milieu, peu nombreux sont ceux qui apprécient ANTOINE VAYER. La preuve, c’est qu’on le trouve sur internet, et pas forcément pour son bien.
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30.07.2011
DE LA PROPRETE DANS LE TOUR DE FRANCE
Le Tour de France est enfin fini. Ils ont fini par visiter « la plus belle avenue du monde », qu’on se le dise.
C’est génial, le Tour de France : c’est une vraie légende, c’est entendu. Depuis 1903 exactement. Au passage, je signale que, si une étape de 250 km est considérée aujourd’hui comme quasiment inhumaine, les cyclistes de 1903 étaient des surhommes. Pensez : seulement six étapes, dont la première, Montgeron – Lyon, fait 471 km. Et les vélos n’étaient pas les mêmes : plus de onze kilos (aujourd’hui, moins de sept).
Alors la légende, il y a ceux qui la font vivre, qui la propagent et la perpétuent. Ceux-ci se divisent deux groupes : les gros lards qui mangent leur casse-croûte sur le bord de la route, autrement dit les spectateurs, on pourrait aussi bien dire les « croyants » : ils vont comme à la messe. Les autres, ce sont tous ceux qui ont intérêt à ce que la légende perdure et se renforce : organisateurs, journalistes sportifs, cyclistes. Car plus elle perdure, plus ça leur rapporte.
Et puis il y a ceux qui ne peuvent pas supporter la farce de cet héroïsme en mie de pain, et qui se postent dans la côte du col des Montets pour que les coureurs aient bien le temps d’entendre les injures qu’ils leur décochent, au risque de prendre des coups de la part des fanatiques rangés le long de la route. C’est évidemment au dopage que je pense.
Alors, dopés ou pas dopés, les coureurs ? La réponse est claire : dopés, mon général ! Et CABU a raison de les dessiner avec plusieurs seringues plantées dans le dos. Et cela dès les débuts de la compétition. Les frères PELISSIER donnent la recette du « pot belge » au journaliste ALBERT LONDRES dès les années 1920. Son livre Les Forçats de la route paraît en 1924. Il paraît même qu’on utilisait un mélange à base de café et de strychnine (poison de formule C21 H22 N2 O2, stimulant à très faible dose).
Et pendant un demi-siècle, il valait mieux ne pas crier trop fort que le dopage était une honte : une nette majorité de gens était favorable à l’usage de substances capables d’ « aider » le sportif. DE GAULLE lui-même s’en fichait éperdument. La seule chose qui comptait pour lui, c’était la Marseillaise à l’arrivée. JACQUES ANQUETIL disait : « Laissez-moi tranquille. Tout le monde se dope. Pour savoir si je me dope, il suffit de regarder mes fesses et mes cuisses : de véritables écumoires. ». C’est à se demander pourquoi, aujourd’hui, le dopage est devenu un scandale inadmissible. Et punissable.
Allez, je m’offre une petite parenthèse sur JACQUES ANQUETIL, le crack des cracks. « Le crack », c’est le titre d’une délicieuse petite nouvelle qu’on trouve dans Les Athlètes dans leur tête, de PAUL FOURNEL (éditions Ramsay, 1988). L’action se passe à Yssingeaux. On est dans les critériums d’après Tour, « ces épuisantes et lucratives balades ».
Mais quelque chose cloche. « Il était livide, les yeux bordés de noir, les lèvres blanches. » L’équipier est aussi catastrophé que les organisateurs : « le grand Jacques », dans cet état pitoyable ! Lamentable ! Il est convenu que Jacques abandonnera discrètement, conduit par lui jusqu’à son hôtel. Il n’a jamais tant transpiré. Il vacille sur son vélo. Les gars du peloton viennent à tour de rôle contempler l’épave.
Mais à 500 mètres du but fixé, « je sentis son souffle et il vint se placer à ma hauteur. Je n’oublierai jamais le regard qu’il me lança : un regard glacé, tranchant, plein. Et il me posa cette question ahurissante : T’as pas deux sucres ? ». « Bien entendu, je ne le revis qu’après l’arrivée. Il gagna le critérium après avoir offert un festival au peloton médusé. Il volait. » La conclusion n’est pas triste : « Tout le monde apprit ce jour-là que le vrai crack, c’est celui qui est capable de cuver en pédalant une cuite à coucher un bataillon. Je m’en doutais déjà. ». PAUL FOURNEL est fondu de vélo. Je ferme la parenthèse.
Suite et fin au prochain numéro.
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16.07.2011
VOUS AVEZ DIT ECOLOGIE ?
Donc EVA JOLY 1 – NICOLAS HULOT 0. Ce fut un match assez laid, où la sportivité des adversaires laissa à désirer, où les phrases assassines et les preuves de désamour mutuel furent les plus constantes. Et la grande question est donc : quel score pour le parti Vert à la présidentielle ? Réponse : je m’en fous.
Si vous suivez ce blog, vous savez déjà que je suis tout sauf un MILITANT, mais que pour ce qui est du « devoir citoyen », là oui, je MILITE, et pour l’ABSTENTIONNISME. Si les écologistes ont voulu fonder un parti, grand bien leur fasse. Moi monsieur, j’ai fait partie de ceux qui ont manifesté contre le surgénérateur de Malville en 1976, le fameux Superphénix.
J’ai encore des photos de LANZA DEL VASTO au milieu des CRS, et de AGUIGUI MOUNA faisant répéter son refrain favori : « Les soldats troubadours ! Les soldats troubadours ! » ; il avait même publié quelques-unes de mes photos dans son Mouna frères, alors ! Et j’avais participé à la mise en place de Superpholix, qui s’imprimait dans la propriété d’un certain BOISGONTIER, sise à Saint-Egrève. J’y croyais.
Et ça allait loin : j’ai opéré quelque temps le retrait 3 % sur mes factures EDF, qui m’a valu un correspondance assidue avec le directeur régional qui me démontrait par a + b que le nucléaire, c’était l’avenir. Je suis allé manifester à Fessenheim, au pylône de Heiteren, c’était donc avant l’ouverture de la centrale, puisque les câbles à très haute tension n’étaient pas encore posés. J’y croyais.
Je n’y crois plus. Il y a d’un côté les activités humaines, disons, pour faire court, l’industrie, mais TOUT ce qui se rattache à l’industrie. De l’autre, les écologistes. D’un côté, on a donc tout ce qui fait, fabrique, s’active, transforme la nature, apporte du confort et de la facilité dans la vie réelle à un certain nombre de gens. De l’autre, on a tout ce qui parle, discourt, pérore, baratine, bavarde, s’exprime. D’un côté, on a donc ceux qui disent : « Cause toujours ! » à l’autre côté.
Mais je parle des écologistes, alors que je devrais parler de tous les politiques. D’un côté ceux qui font, de l’autre ceux qui parlent. Tiens, ça vient de sortir : CHRISTOPHE DE MARGERIE est PDG de Total. Il veut augmenter le prix de l’essence (évidemment, le début des vacances, c’est le moment idéal). Le sang du sinistre des finances ne fait qu’un tour : il convoque le PDG. Résultat des courses ? Je ne suis pas devin, mais je veux bien prendre le pari. Ce sera : « Cause toujours ! ».
Pour que le modèle industriel des sociétés se mette à l’écologie, une seule solution, et pas deux : cesser d’être industriel. Mais déjà nous, ça nous fera mal de renoncer à tous les bienfaits dans lesquels nous avons grandi. Alors vous pouvez comprendre que les deux ou trois milliards d’humains qui sont en passe d’y accéder à leur tour, ils ne sont pas prêts, mais alors pas du tout, à cesser leur mouvement vers l’avant.
On reparle ces temps-ci de la baisse de la fertilité masculine (les « perturbateurs endocriniens », paraît-il). On reparle de la mortalité inquiétante des abeilles (un cocktail « parasite-produits phytosanitaires, paraît-il). On a parlé quelque temps de la directive européenne REACH,chargée d’analyser en détail et d’établir le bilan environnemental des conséquences des 100.000 molécules chimiques en circulation, mais en se gardant bien de jeter un œil sur le triptyque 1 – les très faibles doses (vous savez, l’histoire des « seuils de tolérance ») ; 2 – les interactions entre les molécules ; 3 – la durée d’exposition à ces molécules.
Je veux dire que, pour ce qui est des conséquences (néfastes), TOUT LE MONDE EST AU COURANT. Il n’y a même pas besoin des écologistes. Tiens : les femmes japonaises, qui vivent au Japon, ne savent pas ce que c’est que le cancer du sein. Eh bien tu vas rire : quand elles vont habiter sous les cieux plus cléments d’Hawaï, leur taux de prévalence du cancer du sein rejoint illico presto celui des femmes américaines.
CHARLOTTE DELBO a écrit les livres les plus poignants que je connaisse sur l’enfer d’Auschwitz. L’un est intitulé Une connaissance inutile. Le contexte n’a évidemment rien à voir, mais je pense que ce titre est tout à fait adapté au discours écologiste actuel. Alors la guéguerre HULOT-JOLY, vous me permettrez de m’en tamponner allègrement.
QUE FAIRE ? Oui : que faire ? Une seule chose : prendre le plus possible, le plus souvent possible, le plus grand plaisir possible. Comme disait le grand PIERRE DESPROGES : « Vivons heureux en attendant la mort ! ».
Là-dessus, je vais vous laisser prendre quelques vacances. Vous les avez bien méritées.
09:15 Publié dans UNE EPOQUE FORMIDABLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, politique, société, littérature, eva joly, nicolas hulot, abstention, militant, malville, lanza del vasto, aguigui mouna, superpholix, fessenheim, charlotte delbo
15.07.2011
OGRE : UN METIER D'AVENIR ?
J'en étais resté à ces nouveaux ogres que sont Google et Microsoft.
Les deux marques citées disposent donc de ces « fermes de serveurs informatiques », dont certaines peuvent atteindre 100.000 m2. Et c’est là que ça devient le plus joli : la consommation électrique de chacune de ces plus grosses « fermes » équivaut à celle de villes comme Newcastle ou Strasbourg. Si j’ai bien compris, donc, dans ces fermes, non seulement les occupants ne produisent rien, mais ils bouffent, ils bâfrent, ils dévorent comme 267.000 (population de Strasbourg en 2005).
Ce n’est pas fini. La consommation de ces « fermes » a doublé entre 2000 et 2005. Mais gardez en réserve un peu d’admiration : les « data centers », en 2005, consommaient 1 % de l’électricité française, ce qui n’était déjà pas mal. Et aujourd’hui ? C’est monté à 7 % ! Farpaitement (ça, c’est Obélix dans Astérix chez les Helvètes). Ben mon colon ! Si je compte bien, leur consommation électrique a été multipliée par 7 !
Alors évidemment, certains essaient d’optimiser, parce que « nous ne sommes pas encore arrivés à un pic », déclare ALAIN ANGLADE. On a beau « optimiser », comme la demande explose, et que de nombreux pays investissent dans le « cloud computing », l’ogre en veut toujours plus. Ainsi, la Commission européenne prévoit que la consommation des « fermes informatiques » en Europe devrait passer de 56 milliards de kWh en 2007 à 100 milliards en 2020. Et youpi ! C’est vachement fun, les copains !
Mais en France, attention, on n’est pas des imbéciles ! Parce qu’on a l’Ademe, que le monde entier nous envierait s’il savait qu’on possède ça. L’Ademe, qu’ès aco ? Ça veut dire Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie. C’est-y pas merveilleux ? Ça doit quand même servir à quelque chose, non ? Eh bien oui, je crois que ça sert à quelque chose : endormir.
La preuve ? Elle vient de publier « les enseignements tirés d’une étude de la société de conseil Bio Intelligence Service ». Ah ! Les délices du partenariat public-privé ! « Enseignements » ? Pour réduire la consommation « liée aux usages informatiques », il faut envoyer un courriel à peu de destinataires, imprimer seulement quand c’est nécessaire, et recto-verso, vider régulièrement sa messagerie, compresser les gros documents avant envoi, adresser un lien hypertexte et non une pièce jointe, bref, et ça finit par « faire durer ses équipements ».
En dehors d’apprécier la poésie intrinsèque de cette liste, je me dis que ça ou vider la mer à la petite cuillère, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. On imagine bien les gars dans les bureaux, toujours dans l’urgence et la rentabilité de chaque seconde, passer du temps à observer ces consignes. J’admire le réalisme et le souci d’efficacité !
Le seul moyen d’éviter la surconsommation d’électricité, ce n’est pas de limiter la hausse, comme le propose le machin intitulé Ademe, c’est de diminuer la consommation. Voilà ! Bon, vous allez me dire, et je serai bien d’accord, qu’on n’est pas parti pour. Ben oui, quoi, vous voulez interdire aux quatre ou cinq milliards d’humains qui ne vivent pas comme nous de bénéficier de tous les « progrès » que les occidentaux ont apportés au monde ?
Conclusion ? La seule que je vois, c’est que le mur du fond se rapproche de plus en plus vite du pare-chocs, et qu'il a l'air bien dur.
Au fait, les premiers dégâts du personnage d'HUGUES et VULLIEZ, dont je parlais au début de cette note (hier), se produisent dans une centrale électrique américaine, qui va de proche en proche plonger dans le noir et paralyser les Etats-Unis, et accessoirement faire prendre une crise cardiaque au président.
« Celui qui atteste ces choses dit : oui, je viens bientôt. » (Apocalypse de Saint Jean, XXII, 20) Il est pas beau, le mur du fond ?
09:26 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : google, microsoft, électricité, consommation électrique, alain anglade, ademe
14.07.2011
OGRE : UN METIER D'AVENIR ?
Ces ogres ne sont pas dans un conte de fées. Ils ressemblent plutôt à ceux de la Bande Dessinée de HUGUES et VULLIEZ parue en 1981 : Le Grand chien, ça s’appelait. Pour vous résumer très vite l’histoire, ça se passe à l’époque où Américains et Russes (et Français !) faisaient éclater allègrement leurs bombes atomiques dans l’atmosphère. Un motard un peu spécial pénètre sur un terrain militaire étasunien où doit avoir lieu la prochaine explosion. Un décor de carton-pâte figure la cible, précédé de ce panneau menaçant : « You are entering Sodoma ! ».
L’avion porteur lâche sa dragée, ça pète (Sodome fut détruite par le feu). Devant un écran de radar, le bonhomme a été détecté, mais trop tard. Une équipe est dépêchée sur les lieux : il vit toujours. Comment a-t-il fait ? Mystère. Il est alors emmené dans un hôpital où la police fait bonne garde. Un journaliste un peu curieux parvient à photographier l’individu avant son hospitalisation, mais c’est bizarre, la pellicule réagit curieusement, comme si elle était voilée.
Le trop curieux journaliste veut en avoir le coeur net, et s’introduit par ruse dans la chambre pour interviewer cet inexplicable survivant. Mal lui en prend : il reçoit en touchant le drap du lit une puissante décharge électrique et s’écrase douze étages plus bas. L’homme en question n’est même pas un androïde, il est en personne l’Ange du Mal de l’Apocalypse, qui vient répandre la destruction à la surface de la Terre, comme le prédit le texte de Saint Jean. J’arrête là.
Bon, moi, ce que j’en dis, de la prochaine Apocalypse, celle dont tout le monde parle : « Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » (JACQUES CHIRAC). Je vous préviens, je ne suis pas de ceux (je suis gentil, je ne les qualifie pas) qui iront se réfugier sur le « pic de Bugarach » (Aude), une des « montagnes sacrées » qui seront épargnées, paraît-il, par la fin du monde prévue en 2012 par le calendrier maya.
Non, moi, l’Apocalypse que je vois venir, elle vient d’ailleurs. Et en tenant ce blog, je travaille à ça (oh, très modestement, mes moyens sont dérisoires et infinitésimaux comparés aux principaux concernés, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières). Vous allez comprendre.
Il faut d’abord opérer une actualisation ultrarapide du mot « ferme ». Partons du connu : j’ai « donné la main » comme on disait, quand j’étais gamin, puis adolescent, au père Pic, dans sa ferme de Haute-Loire, quand il conduisait l’attelage de bœufs et qu’il me laissait l’aiguillon. J’ai appris à traire les vaches dans celle de Joseph et Marie (authentique, évidemment). Alors cette ferme-là, je vous préviens, plus besoin d’en parler, ça n’existe plus. Ah, on me dit qu’il en reste ? Très bien.
Citons en passant de la « Ferme célébrités », qui en dit si long sur notre haut degré de civilisation. Venons-en au grand projet gouvernemental : 600 éoliennes en 2014, regroupées, donc, en un certain nombre de « fermes », et appelons ça des « fermes d’éoliennes ». J’imagine que c’est parce que le fermier va passer les traire tous les jours. Ah, on me dit que non ? Très bien.
Mais ma « ferme » à moi, c’est encore autre chose. Vous avez déjà entendu l’expression « économies d’énergie », n’est-ce pas ? Et « optimisation énergétique » des constructions ? Alors vous allez rire : pendant qu’on vous bassine, pardon, qu’on vous matraque de propagande pour que vous fassiez attention à l’environnement, à faire le "tri sélectif" de vos déchets et à ne pas consommer trop d’électricité, la vraie figure hideuse du système dans lequel nous vivons se montre dans ces « fermes » de la dernière mutation, et sans tambour ni trompette.
Les Américains (je n’y peux rien si c’est eux qui inventent ça) appellent ça du joli nom de « data centers ». C’est là que vous allez comprendre mon titre d’aujourd’hui : un « data center », ça a quelque chose à voir avec l’informatique. Cela sert au « cloud computing » (si si ! C'est comme ça qu'on dit.), c’est-à-dire au « traitement informatique déporté » (j’ignorais que cette déportation existât !). Microsoft et Google sont donc les « ogres » de ce moderne conte. Et moi, alors, je suis le Petit Poucet ?
Suite et fin au prochain épisode.
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13.07.2011
HARRY POTTER EN CHARENTAISES ?
C’était donc il y a quatorze ans : un livre tiré à 2.500 exemplaires. Quatorze ans après, il en est à 450.000.000. La fortune de l'auteur est estimée à 560.000.000 £. Les films ont rapporté 4,55 milliards d’euros. JOANE K. ROWLING est plus riche que la reine ELISABETH II.
Moralité ? Il n’y en a pas. On est dans la performance pure, dans le conte de fées, dans le livre des records, dans la magie des chiffres.
J’ai lu le médiocre Da Vinci code de DAN BROWN, qui sent la recette efficace du graphomane américain, et je m'en suis voulu. Mais je n’ai pas lu les aventures de HARRY POTTER. Je n’ai jamais vu non plus des films comme Le Grand Bleu ou Titanic. Pourquoi donc, demandera-t-on ? C’est précisément le livre des records qui fait répulsif. Même chose pour Bienvenue chez les ch’tis. Etonnant, non ?
Inutile, peut-être, d’ajouter que le 12 juillet 1998, je ne suis pas descendu Place Bellecour : j’avais trop hâte de finir la lecture des Racines du ciel. Inutile de dénigrer DAN BROWN, quand on voit les gens se précipiter, en cohortes organisées, à Saint Sulpice pour découvrir que l'auteur a tout inventé.
C’est peut-être dans mon caractère. Pour moi, les vingt ou trente touristes qui visitaient le calvaire de Tronoën en même temps que moi étaient une foule insupportable. C’est peut-être du snobisme, après tout ? En revanche, je suis grand amateur de la prose de EUGENE SAVITZKAYA, de celle de FRANÇOIS AUGIERAS, je raffole de La Victoire à l’ombre des ailes de STANISLAS RODANSKI. Signé Renart, film de MICHEL SOUTTER me semble admirable. Un vrai snob, ma parole ! L'étiquette "best-seller" suffit pour m'éloigner.
Alors, vous comprenez, les aventures de HARRY POTTER, je m’en brosse le nombril avec le pinceau de l’indifférence. D’ailleurs, je n’ai rien inventé : GEORGES BRASSENS le chante très bien : « Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on / est plus de quatre on est une bande de cons. »
Il y a quelque chose de rigoureusement incompréhensible pour moi dans l’attente fébrile des fanatiques de l’iPhone qui campent dès la veille au soir devant la porte du magasin pour être les premiers à acheter l’objet. L’idée de « faire masse » me fait horreur.
Alors, quand j’entends une jeune femme chanter : « J’ai grandi avec HARRY POTTER », l’incrédulité me gagne. On me dit que ça pousse les jeunes à la lecture ? Mais je rétorque : quel genre de lecture ? Est-ce que ça les pousse vers FLAUBERT ? Vers BALZAC ? Cela veut dire, surtout, que la tendance dominante aujourd’hui est à l’effet de masse. Effet qui a lui-même pour effet ce qu’on appelle le « formatage » des esprits. A quoi bon la liberté, si c'est pour faire la même chose que tout le monde ? Toute unanimité devrait être suspecte.
Le plus drôle, dans l’affaire HARRY POTTER, c’est le nom du garçon. Je ne sais pas si les millions de lecteurs savent ce que signifie, en anglais, le verbe « to potter » (verbe intransitif). Eh bien, ils pourront découvrir l’ironie de madame ROWLING. Car le nom que la dame a donné à son héros, ballotté en tous sens, à qui il arrive des aventures toutes plus dangereuses et palpitantes les unes que les autres, signifie tout simplement « mener une petite vie bien tranquille ».
HARRY POTTER en charentaises ! Elle est pas belle la vie ?
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12.07.2011
PRESSE : NOUS AUSSI, ON A DE BEAUX ASSASSINATS
Alors maintenant, reste à expliquer la puissance de feu, ou plutôt le pouvoir de nuisance du Syndicat du Livre C. G. T. à l’encontre de la presse quotidienne nationale française. Comment se fait-il qu’il soit resté, pendant plus de soixante ans, cette forteresse, d’où étaient envoyés aux patrons de presse diktats et oukases auxquels ils se pliaient tous ? Là, on peut dire : « Merci, monsieur de Gaulle ». Eh oui : ça remonte à 1944. Il a trop besoin de la presse, donc il a trop besoin des gens qui l’impriment, donc, premièrement, il garde tous les ouvriers qui ont imprimé la presse collaborationniste sous l’occupation.
En plus, est accordé (par qui ?) à la C. G. T. le MONOPOLE D’EMBAUCHE des ouvriers du Livre. Résultat, ils ne sont pas nombreux, ceux qui n’ont pas leur carte du syndicat, on peut le comprendre. Pour « faire carrière » en Roumanie sous CEAUCESCU, il fallait évidemment avoir sa carte du parti. C’est humain.
Et résultat subsidiaire : ça donne un droit d’entrée automatique dans les imprimeries aux enfants, aux cousins, aux frères, aux amis du personnel. Si c’est inventé, ce n’est pas moi, et ça n’a pas l’air inventé par EMMANUEL SCHWARTZENBERG. On aurait tort de se gêner, n’est-ce pas ?
On trouve sur wikipédia l’histoire suivante : en 1991, la direction des NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne), qui ont un monopole de fait sur la distribution des journaux (et qui sont aussi un problème dans le prix final du journal), découvre une cache d’armes dans un entrepôt de Saint-Ouen. 5.000 armes sont stockées là en attendant le "Grand Soir" révolutionnaire. Il faut se rappeler que GASTON DEFFERRE, à Marseille, en 1947, a vraiment fait le coup de fusil contre la Parti Communiste. Il y avait en quelque sorte un tradition.
La direction ne porte pas plainte. Les armes viennent de l’ancienne Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Etienne, qui a fermé ses portes en 1980. Toute ressemblance avec un comportement mafieux, voire putschiste, serait évidemment purement fortuite. Le scandale, selon le site, « aurait été étouffé par le gouvernement socialiste de l’époque, soucieux de ménager la C. G. T. ».
Ce qui se dessine maintenant, c’est toutefois le dépérissement du Syndicat du Livre C. G. T. C’est à espérer (y compris parmi les actuels cégétistes convaincus). Ce n’est pas encore sûr. De toute façon, la presse quotidienne nationale (et régionale), qui vendait 15.000.000 d’exemplaires en 1947, est à présent moribonde. Les anciens typos, linos, compos, etc. sont désormais reconvertis dans les autres personnels des journaux (photocompos, administratifs, voire journalistes).
Il n’est pas sûr qu’ils aient conservé le pouvoir de nuisance qui foutait la trouille aux patrons de presse il n’y a pas si longtemps. La preuve, dernièrement, le vote par l’Assemblée de la modification de la loi BICHET (1947), malgré leur grève de deux jours.
C’est rassurant. C’est peut-être aussi TROP TARD. Qui achète la presse quotidienne nationale (la régionale étant en général lamentable) ? Les Français plébiscitent JEAN-PIERRE PERNAUD et LAURENCE FERRARI, que voulez-vous ? C’est la preuve qu’ils n’ont aucune envie de s’informer. Ils veulent entendre parler du concours de cri du cochon, de la dernière course d’escargots, du concours de noyaux de cerise ou de tarte aux mirabelles, enfin, que des sujets fondamentaux. Qu’est-ce que je m’emmerde donc à m’inquiéter ?
09:25 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : presse quotidienne nationale, journalisme, cgt, syndicat du livre cgt, emmanuel schwartzenberg, nmpp, presstalis, manufacture d'armes et cycles, loi bichet
11.07.2011
COMMENT ASSASSINER LA PRESSE
J’ai dit pis que pendre dans ce blog de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un MILITANT. Et pourtant, je dois me confesser : oui, j’avoue que je milite, et tous les jours, s’il vous plaît. Et encore pire : je suis un MILITANT C. G. T. Mais sans avoir pris ma carte. Et ça fait quarante ans que ça dure. Plus fidèle militant syndical, tu meurs !
Ben oui, quoi ! Il suffit pour cela que tous les jours, fidèlement, je dirige mes pas vers le magasin de journaux, et que j’en achète un ou deux. « Et alors, blogueur fou, quel rapport ? – Mais il est là le rapport, cher lecteur, précisément. Allez, je vais t’expliquer. »
Il faut savoir que le cas de la France est tout à fait remarquable, il est même unique au monde. La maladie grave de la presse française n’est sans doute pas tout entière là, mais ce facteur y est pour beaucoup. Le Monde, au numéro, c’est 1,50 euro. Faites le calcul : soustrayez 70 % de 1,50, cela donne 1,05 euro. Eh bien c’est exactement la somme que je verse, chaque fois que j’achète Le Monde, au Syndicat du Livre C. G. T. Et Libération coûte 1,40 euro. Je vous laisse faire le calcul.
Maintenant, pourquoi 70 % ? Eh bien ! Dans le prix du journal, c'est ce que coûtent la fabrication et la distribution. Soit le double de ce que ça coûte dans une imprimerie dite « de labeur » (normale, on va dire), et je ne parle pas de l’étranger. EMMANUEL SCHWARTZENBERG, qui a enquêté (à ses risques et périls) sur cette pure folie d’anomalie française, évalue même à 80 % la part du salaire des ouvriers du livre dans le seul coût de fabrication !
Tiens, au fait, combien ça coûte, un journal, à l’étranger ? Prenons le Japon, 127.000.000 d’habitants. A l’achat quotidien, il coûte 0,44 euro, soit même pas un tiers de ce que ça fait en France. Et à combien tire l’Asahi Shimbun ? Bon an mal an 8.000.000 d’exemplaires imprimés chaque jour. Environ 10.000.000 pour le Yomiuri shimbun. En France, 66.000.000 d’habitants, si Le Monde et Libération tirent entre 300.000 et 500.000 exemplaires, cela me semble un maximum. Mais c'est bien connu : "Les Français ne lisent plus, ma pauv'dame !" Ce n'est peut-être pas aussi simple.
Autres minuscules différences entre France et Japon : 1 – Le Monde emploie environ 320 journalistes, ce qui nous semble a priori un nombre suffisant. Mais le Yomiuri en emploie environ 2.500. 2 – Je ne connais pas le taux de la population française lisant la presse payante, mais il est misérable. Or, au Japon, ce taux est estimé à 90 %. On estime le nombre de journaux vendus chaque jour au Japon à 50.000.000. De quoi faire des complexes, non ?
Comment ça se fait ? C’est incompréhensible ? Non, c’est très simple, au contraire : au Japon, il n’y a pas de Syndicat du Livre C. G. T. Un point, c’est tout ! Alors c’est vrai, il y a d’autres facteurs qui expliquent l’état désastreux de la presse quotidienne nationale : la « sous-capitalisation », un système de distribution rhumatisant et coûteux, etc. Mais il n’empêche : il y a des rats dans le fromage, je veux dire l’imprimerie, et pas des petits rats de l’opéra, non, de vrais, de gros « gaspards » qui se goinfrent.
EMMANUEL SCHWARTZENBERG cite des chiffres dans son ouvrage Qui veut la mort de la presse quotidienne française ? (Robert Laffont). Le salaire minimum de référence du rotativiste est de 3.408 euros, ce qui, pour un jeune qui débute, est au moins confortable, on l’admettra. Il semblerait que le salaire n’évolue pas au cours de la carrière. On a compris pourquoi il n’y a pas de revendication salariale. Le cadre rotativiste émarge à 5.200 euros, le responsable de la rotative à 6.400.
Mais attention, ce n’est pas fini : il faut ajouter les heures supplémentaires. Et là, tenez-vous bien, l’auteur affirme tenir ça d’un ouvrier en personne : avec les H. S., cela peut faire en fin de mois 4.000 euros, et même « souvent », dit-il, 4.500. Il raconte même que, pour se voir décompter une H. S. chaque jour (toute H. S. commencée étant due en entier), les ouvriers du Livre ajoutaient une minute à leur travail. Bon, si c'est vrai, c'est tout simplement dégueulasse (j’ai trouvé ça sur le site Agoravox, qui parle du livre cité ci-dessus).
La suite au prochain numéro.
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10.07.2011
QUI VEUT LA PAIX AU PROCHE-ORIENT ?
Israël est-il un Etat juste ? Pour moi, la question se pose, et en dehors du fanatisme d’AHMANIDEJAD, du HAMAS ou du HEZBOLLAH qui en sont les ennemis, voire qui appellent à sa destruction. Tous ceux qui soufflent sur les braises de la haine sont des fauteurs de crime. J’inclus évidemment tous les organes de presse qui reprennent les vieilles thèses de ROBERT FAURISSON (par ailleurs auteur, quand il était un universitaire français, d’un ridicule Rabelais, ou c’était pour rire) ou de ROGER GARAUDY.
Toute prétention à nier l’extermination est d’une bêtise tellement aveugle qu’elle n’a même pas besoin d’être réfutée. Cela dit, la commémoration de cette grande tragédie prendrait une valeur plus juste et surtout plus universelle si elle faisait une place aux tsiganes, qui me semblent un peu oubliés, ainsi qu’à d’autres « catégories » de la population européenne.
Pour autant, est-il normal de traiter d’antisémites des gens comme PASCAL BONIFACE ou EDGAR MORIN ? Ou pire encore le juif franco-allemand ALFRED GROSSER ? Le premier a publié en 2003 Est-il permis de critiquer Israël ?. Le troisième avait rendu compte du livre en répondant par l’affirmative. Le deuxième s’était quant à lui ému en 2004 ou 2005 du sort injuste fait au peuple palestinien (au nom de la « sécurité » d’Israël).
Quelles volées de bois vert ils se sont prises sur le dos ! Y compris au tribunal ! Alors qu’il s’agissait de critiques d’ordre politique, portant sur le comportement d’un Etat politique !
Parlons de la France. Je cite DOMINIQUE VIDAL : « Le CRIF, sous sa direction [il parle du président, M. PRASQUIER], s’est mué en ambassade bis d’Israël. De surcroît, dirigé exclusivement par des hommes de droite, peut-il simultanément se présenter en porte-parole du judaïsme français dans son ensemble ? Parisiens ou provinciaux, ashkénazes ou séfarades, laïques ou religieux, partisans de la neutralité républicaine ou admirateurs du modèle communautaire américain, la « communauté juive » française n’a rien de monolithique. Or la direction du CRIF n’en reflète plus le pluralisme social, confessionnel, géographique, politique, etc. ».
Je résume : en France, les hommes qui ne veulent pas qu’on touche à Israël sont au pouvoir des groupes de pression. Ce sont uniquement des gens d'une droite musclée. L’association ne représente plus qu’elle-même.
Car le CRIF, c’est le Conseil Représentatif des Institutions juives de France. Est-il « représentatif » ? VIDAL ajoute que « la "communauté juive organisée" au sein du CRIF ne rassemble qu’un dixième environ de la "communauté juive" tout court ». Cela en dit long sur la crispation identitaire qui s’est opérée. Sur l’ « ultrasensibilité » dont parle ALFRED GROSSER dans le texte qui lui fut reproché.
Je ne suis pas sûr que le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman), voulu et mis en place par NICOLAS SARKOZY, alors Sinistre de l’Intérieur, soit plus « représentatif » de je ne sais quelle « communauté musulmane ». J’ai du mal à comprendre les visées de ceux qui veulent « organiser » un NATION en « communautés ». Ou plutôt, je les pressens trop bien.
Une « communauté » n’est rien de plus qu’un groupe de pression parmi d’autres, qui cherche à influer sur les décisions publiques, et qui n'y arrive que par ce que les trotzkistes appelaient l' "entrisme", et par son pouvoir de nuisance. Autrement dit : les contacts de ses militants dans les médias. C'est ce qu'on appelle aussi une « minorité », vous savez, ces groupes qui "luttent" pour faire reconnaître leur "droit" à "l'égalité". Dans les médias, ça s'appelle même les "minorités visibles" : on ne voit pas assez de gens de couleur à la télévision, par exemple.
08:52 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ahmadinejad, hamas, hezbollah, israël, juifs, antisémitisme, faurisson, garaudy, pascal boniface, edgar morin, alfred grosser, crif, cfcm, nicolas sarkozy, communautarisme
09.07.2011
L'UTOPIE DE LA PAIX AU PROCHE-ORIENT ?
Donc, Israël est un pays en guerre perpétuelle.
Je mets ça en relation avec les passionnants cours que donne HENRY LAURENS au Collège de France, dans lesquels il décortique année après année, mois après mois, voire jour après jour, la succession des événements : un monument d’information ! L’impression dominante qui reste près ça, c’est que le conflit israélo-arabe est insoluble. L’intuition romanesque de JEAN-PIERRE ANDREVON se vérifiera-t-elle ?
Je mets ça en relation avec ces deux rabbins israéliens, DOB LIOR et YAAKOV YOSSEF, qui viennent d’être brièvement arrêtés par la police. Ils avaient publiquement défendu les propos tenus dans La Torah du roi, livre interdit de diffusion, affirmant qu’il est légitime, en cas de guerre, de tuer préventivement des non-juifs. Leur arrestation a fait descendre dans la rue des manifestants, qui ont affronté la police.
Je mets ça en relation avec l’édification d’un mur séparant hermétiquement les populations arabe et israélienne, qui fait obligatoirement penser à un mot (disparu avec la chose), et qui signifiait « développement séparé des races ». Cela se passait en Afrique du sud il n’y a pas si longtemps. Vous avez reconnu le mot « apartheid ».
Je mets ça en relation avec un processus qui ne s’est, grosso modo, jamais arrêté depuis la fondation de l’Etat d’Israël en 1948 : la colonisation en Cisjordanie, le cas échéant avec destruction de maisons palestiniennes, ou de plantations d’oliviers. Mais aussi la colonisation de Jérusalem-est.
Je mets ça, évidemment, en relation avec l’actualité : la flottille bloquée en Grèce (et en Crète, pour le Dignité al-Karama), et la liste distribuée aux compagnies aériennes par Israël des indésirables qui voulaient manifester. Moyennant quoi le journal israélien Yediot Aharonot a titré le 7 juillet « Nous sommes devenus cinglés ». Moyennant quoi, dans le journal Haaretz, GIDEON LEVY dénonce « les réponses hystériques d’Israël ».
Alors je me méfie quand même : la case que les médias français accordent à Israël est tellement étiquetée « conflit du Proche-orient » que nous ne discernons plus rien d’autre dans cette société. Par exemple, l’écrivain GILLES ROZIER, en résidence à l’institut français de Tel-Aviv, tient un blog (http://uneteboulevardrothschild.blogspot.com). Sur quatre-vingts notes, il en consacre tout au plus deux ou trois à la situation politique. On a donc, nous autres, du mal à imaginer qu’il puisse y avoir, pour une majorité de gens, une vie quotidienne. C’est aussi bête que ça.
Mais quand même, il demeure des points que je n’arrive pas à comprendre. J’imagine que le peuple israélien aspire à vivre en paix. Mais je n’en suis pas si sûr, sinon pourquoi les élections empêcheraient-elles en permanence de gouverner en se passant de la droite la plus intransigeante, de l’extrême droite et de l’extrême religion. Pourquoi parle-t-on, depuis assez peu de temps je crois, non plus de l’Etat d’Israël, mais de l’ « Etat juif » ?
Pourquoi les électeurs israéliens confient-ils les rênes du pouvoir à des gens convaincus de vivre sur la « terre promise par Dieu au peuple élu » ? Convaincus qu’il faut l’occuper sans cesse davantage, au mépris des droits des populations qui y étaient implantées du fait d’un déroulement historique ? Comment se fait-il que les partisans de la paix arrivent aussi mal à se faire entendre ?
Plus de questions donc que de réponses. Quelque chose m’échappe. Mais quelque chose me dit par ailleurs qu'Israël n’est pas encore, en l’état actuel des choses, un Etat juste, mais injuste.
J'y reviendrai peut-être.
10:33 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : israël, juifs, antisémitisme, sionisme, apartheid, territoires occupés, cisjordanie, gaza


