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vendredi, 06 mars 2026

LES ULTRA-RICHES ????

« PAS TOUCHE !!!! »

Aujourd'hui un petit coup de zoom sur ce qui se passe au sujet du fric (ou par quelque vocable que l'on préfère désigner la chose.)

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Je braque mes jumelles sur le département du Rhône en général et notre bonne ville de Lyon en particulier, là où j'ai heureusement, pour me consoler de la façon dont le monde actuel, grâce à l'action des ultra-riches, a entrepris de se détruire, la meilleure poêlée de gras-double, les œufs en meurette les plus parfaits, l'exquise poêlée de pleurotes, l'incomparable paire de cervelles d'agneau, l'inoubliable duo ris de veau-rognons et son gratin de pennes, la tête de veau-gribiche comme nulle part ailleurs, les ris d'agneau-ail-persil que je m'en ferais des indigestions. J'arrête, parce que je ne voudrais pas faire de jaloux, mais ne comptez pas sur moi pour livrer mes adresses.

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Titre d'un articlé consacré au succès retentissant rencontré, comme on le sai maintenant, par la proposition de Gabriel Zucman d'imposer une modeste taxe sur les grande fortune patrimoniale.

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« Si tu as de l'argent, investis-le dans la pierre », me disait mon grand-père. Sentence frappée au coin du bon sens, comme le prouvent les titres ci-joints.

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A présent, quelques exemples d'individus, mais pas n'importe lesquels : ceux qui sont sortis grands vainqueurs de ce qui fut appelé "LUTTE DES CLASSES" dans les anciens temps. Ce qui exista sous le nom de "CLASSE OUVRIÈRE" a été mis carrément et définitivement KO et ne se relèvera pas : la classe ouvrière n'existe plus — j'entends en tant que classe, telle que le définissait la doctrine marxiste, si je me souviens bien. Je ne sais plus si c'est le milliardaire Warren Buffett qui affirmait : « La guerre des classes a été une vraie guerre, et c'est nous qui l'avons gagnée !!! »

 

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Et puis là, l'énorme cadeau fait par les ultra-riches au reste de l'humanité, à tout ce qui reste de la faune et des végétaux, un cadeau que nul sur Terre n'est plus en mesure de refuser. 

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Et puis pour finir, deux minuscules à-côtés de la gigantesque nasse dans laquelle est prise l'humanité. 

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L'article, illustré d'une photo avantageuse, précise que la candidature du milliardaire se présente bien et que son élection apparaît comme une simple formalité.

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Quand à l'objet mis aux enchères et adjugé ci-dessus, j'y vois l'illustration de ce qui nous attend tous. Si Donald Trump peut affirmer qu'il ne respecte que les limites qui lui impose sa conscience (citation en substance), c'est  que les puissants et les riches vivent dans un monde qui ne connaît plus aucune limite que celles de leur propre force. L'humanité s'est choisi un monarque absolu : 

LE RÈGNE DE LA FORCE.

mercredi, 04 mars 2026

LES VRAIS MAÎTRES DE NOS DESTINS

LES ACTIONNAIRES.

Attention ! Ce n'est en général pas sous cette appellation qu'ils sont désignés dans les médias (qui ont leur pudeur). Ils portent en effet une foule de pseudonymes et d'alias, c'est-à-dire de masques. Ils sont tour à tour des « investisseurs » (par les journalistes économiques et les responsables politiques qui leur veulent du bien et les draguent sans vergogne pour attirer leurs appétits), ou « fonds » (ce groupe se subdivise en "de pension", "spéculatifs", "prédateurs" ou encore "vautours" selon leur degré de rapacité. J'en oublie sans doute. Tous ces gens s'assemblent autour d'une idée unique et centrale, voire obsessionnelle : que le fric qu'ils possèdent produise encore plus de fric. Il faut que leur pognon « crache du cash », nom de Zeus !

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On trouve ça dans Le Progrès du 23 février 2026.

Mon propre grand-père était heureux de détenir, me disait-il, des obligations de l'Etat (combien ? Je n'ai jamais su.) qui rapportaient 6% par an. Les gens dont je parle, comparés à cet homme d'un autre temps, sont des ogres. Ce qu'ils veulent ? Un 10%, c'est un plancher. Ils préfèrent miser dans la perspective d'un 12%, voire d'un 15%, si ce n'est pas davantage.

Je m'étais intéressé un temps, moi qui ne suis pas économiste, au mécanisme des L.B.O. (Leverage Buyout). J'ai retenu très sommairement (et sans doute en caricaturant) qu'il s'agit de s'endetter pour racheter à bas prix une entreprise en déconfiture, de la délester de tous les "poids morts", de ne garder que les parties les plus rentables, et de revendre ça au prix fort (pardon pour le caractère expéditif du propos). Les bonshommes qui bossaient là ? Ils n'existent pas.

La presse écrite (la seule, la vraie) donne un reflet, épisodique mais constant, de cette réalité qui est en train de foutre la planète en l'air et nous avec. Les titres que j'énumère ci-dessous s'échelonnent du 6 février 2023 au premier septembre 2025.

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Donald Trump, l'Ubu Roi qui gouverne l'Amérique, a déclaré sans sourciller à un journaliste qui lui demandait : « Quelles limites fixez-vous à votre action ? — Celles de ma conscience. » Cela semble calqué sur ce qui se passe dans l'économie financiarisée telle qu'elle fonctionne. 

mardi, 03 mars 2026

Y A PAS QUE LES SPORTIFS ...

... QUI SONT SOMMÉS DE BATTRE DES

RECORDS.

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27 JANVIER 2023, Le Monde.

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9 FÉVRIER 2023, Le Monde.

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18 FÉVRIER 2023, Le Monde.

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25 FÉVRIER 2025, Le Monde.

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9 mars 2024, Le Monde.

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24-25 AOÛT 2025, Le Monde.

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18 OCTOBRE 2025, Le Monde.

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3 FÉVRIER 2026, Le Progrès.

Et en prime, pour couronner cet attendrissant florilège, un vrai bijou qui a battu des records dans une vente aux enchères. Trouvé dans Le Progrès, 3 DÉCEMBRE 2025.

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Tout ça pour clamer à tous les vents l'ampleur de la vénération que je porte à la notion de performance, la force du respect que j'éprouve pour le principe de "concurrence libre et non faussée" et la puissance de l'enchantement qui me saisit au spectacle de la "lutte de tous contre tous".

lundi, 02 mars 2026

PHOTOGRAPHIE

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J'ai pris cette photo en 2017 tout au bout de la rue de Cuire (Croix-Rousse). Je me demande ce qui m'a pris ; c'était une plante non identifiée qui se dressait dans un pot sans intérêt posé au sol, devant le local minable d'un groupe sans doute écolo. Une main anonyme avait écrit un message du genre : « Protégeons la nature » sur un carton appuyé au pot. Non, le décor ne payait vraiment pas de mine.

Toujours est-il que j'ai fini pas lui trouver un usage somme toute distrayant à force de triturer l'image, de la malaxer et de la maltraiter. 

samedi, 28 février 2026

PHOTOGRAPHIE

Aujourd'hui, c'est l'amateur de photographie qui s'exprime. Celui qui fut très longtemps abonné à quelques-unes des plus belles revues célébrant les grands photographes et les résultats les plus célébrés de leurs travaux. Je ne vais pas commencer à faire le liste de tout ça : on y sera encore dans dix ans, et le temps manque.

Aujourd'hui, je me contenterai de citer un professionnel qui a sillonné Lyon pendant des dizaines d'années : Jules Sylvestre (1859-1936). Mais il aimait aussi les travaux de ses confrères, morts ou vivant, constituant une gigantesque collection, connue à la Bibliothèque Municipale de Lyon sous le nom de "Fonds Sylvestre. Et pour ce modeste hommage à ce passionné, j'ai choisi une drôle d'image, enregistrée en 1930 ou 1932 à Villeurbanne (selon sources), une ville qui avait décidé de construire tout un quartier "moderne" où l'on trouverait logements, commerces, mairie, etc.

On lui donnera le nom "Quartier des Gratte-ciel". Et ça lui est resté. Pas de baratin sur la chose. Juste la présentation d'une étape des travaux qui pourra paraître aujourd'hui à certains étrange : l'ossature métallique de la rangée d'immeubles qui formes tout un côté de l'avenue Henri Barbusse. Cela pouvait surprendre à l'époque, on l'admettra.

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Ceux qui suivent tant soit peu ce petit blog connaissent maintenant une de mes manies : cette de transformer par divers moyens la réalité visible pour la faire obéir à je ne sais quelle idée qui me passe par la tête. Ici, la décontextualisation totale de l'objet photographié et la mise en évidence de la géométrie. J'en ai évidemment demandé pardon à Jules Sylvestre, pour l'ensemble du travail de qui mon respect se situe — si c'est possible — au-delà du raisonnable. Au surplus, chacun et libre d'an penser ce qu'il veut.

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vendredi, 27 février 2026

LA PHOTO, MON ART ABSTRAIT ...

... enfin presque.

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Un village tranquille de l'Allier, une visite à y rendre un jour de brouillard, sur un fond grisâtre une allée de platanes du plus bel effet, et puis voilà ce que ça peut devenir si on veut s'amuser.

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Un autre village, un lieu longtemps protecteur et protégé qu'on aurait voulu éternel, et puis, au milieu d'un verger, cet arbre particulier, enraciné très profondément dans la mémoire de mon cœur. C'est un "Sophora Japonica". J'y pense très souvent à cause de l'immense respect avec lequel je m'en approchais chaque fois que j'allais m'y réfugier dans mes temps anciens et, pour finir, les traces définitives que, en compagnie de quelques proches, j'ai semées à l'ombre de ses branches feuillues qui tombaient presque jusqu'au sol. Cher Sophora, j'espère que tu ne verras pas d'offense dans l'image que j'ai tirée de ton visage hivernal, et que je ne l'ai pas trop défiguré.

jeudi, 26 février 2026

LA PHOTO, MON ART ABSTRAIT.

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J'ai punaisé sur le bois d'un couloir une grande feuille plastifiée où est imprimé un plan de la ville de Lyon et de ses environs (échelle 1/14.000è me semble-t-il), de ceux que l'on trouve dans toute cité de taille un peu conséquente. J'ai pris la photo sous un angle qui a dès l'origine donné un caractère surprenant au résultat. J'ai ensuite "travaillé" un peu sur le sujet, en pensant tout de même aux pauvres touristes qui seraient tentés de se laisser guider par cette image popur visiter la ville, quoique j'estime l'hypothèse hautement improbable. Je présente ici le point d'aboutissement de ce petit "travail"... qui m'a correctement amusé.

mardi, 24 février 2026

LA PHOTO, MON ART ABSTRAIT.

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Bon, d'accord, je vais avouer (26 février) : j'ai pris la photo de nuit, rue de Cuire (plateau Croix-Rousse, je trouve à cette rue une bizarrerie), sur le mur d'une maison désertée. Un vrai graph. de Street-artiste. Je l'ai trituré dans tous les sens, je lui ai appliqué une méthode de torture finalement pas trop compliquée, et même totalement indolore pour le corps de l'auteur. Quant à l'appréciation qu'il convient de porter sur l'œuvre originale et sur le traitement que je lui ai fait subir, je refuse « jusques-au feu, exclusivement ! » (dixit Rabelais), de me prononcer.

 

dimanche, 22 février 2026

PETIT POEME SANS DOUTE NOCTURNE.

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Un matin, en sortant de chez moi (quelque part à la Croix-Rousse), je tombe nez à nez avec un drôle de graffiti, peint — sans doute à la hâte — sur une surface parfaitement plane, un mur qui vient d'être très soigneusement refait, parfaitement maçonné et vêtu d'une couleur entre les bistres et les ocres. J'ai trouvé la chose plutôt sympathique. Deux dessins accomplis trop schématiquement étaient  censés figurer un personnage grandeur nature en mouvement. Ici, je présente seulement le texte, débarrassé de tout son décor. J'avoue que les intentions de l'auteur de ce poème me restent assez énigmatiques, avec peut-être un léger relent de frustration mêlé à un sentiment tendre. Mais je ne garantis rien. 

Photo prise en août 2017.

samedi, 21 février 2026

J'ENTRE AU C.P. ET CE QUE J'Y APPRENDS ...

... EN MATIÈRE D'IMAGE.

Ben oui, c'est vrai, pourquoi le nierais-je ? Il y a un peu plus d'un an, je me suis lancé dans la fabrication d'images "à ma façon". Je ne savais rien de rien, mais alors du genre nib de nib, balpeau, bref, que dalle ! J'entrais à l'école primaire, pour ne pas dire en "grande section", c'est dire.

Et je dois avouer qu'aujourd'hui je ne suis pas satisfait du tout de mes premières tentatives, et à peine content de beaucoup de suivantes. Sans doute les problèmes liés à tous les premiers pas. Mais avec la ferme volonté de ne rien apprendre dans une école quelconque. Mon étendard : autodidacte ou rien ! On a sa fierté, quand même ! — l'idée n'est pas de moi : « Pas bien haut, mais tout seul ! » — ça dit peut-être quelque chose à quelqu'un.

Ma méthode : le tâtonnement obstiné, des tonnes d'essais, des mégatonnes d'erreurs. Je savourais l'obscurité dans laquelle baignait mon esprit face aux outils que la technique ultrasophistiquée met aujourd'hui à notre disposition. Précision inutile : ce vice rédhibitoire persiste. D'autant plus que je ne tiens pas à accroître mes connaissance et ma maîtrise dans ce domaine technique.

Les outils que j'ai mis en œuvre depuis mes débuts, et même jusqu'à présent, les vieux routiers du domaine, ceux qui savent donc tout ce qu'il faut savoir et tout comment faire, ne peuvent pas ne pas savoir que mes capacités sont restées rudimentaires, rustiques, pour ne pas dire d'un ascétisme monacal. "Enfantin", doivent-ils penser. Ce qui fait qu'au final, je trouve assez regardables avec un relatif plaisir un pourcentage infime de toute ma production. pour dire qu'en fin de compte, amateur j'étais, amateur je reste. Amateur endurci.

En partie à cause d'un obstacle majeur cependant : le budget à consacrer à la chose. Mon envie de dépenser quoi que soit dans ce domaine tendait vers le zéro mathématique : j'avais trop d'autres curiosités, souvent plus "vitales" disons, à satisfaire.

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 Fragment d'une photo prise au camping de Strasbourg en juillet 2017.

Je me suis d'abord donné comme objectif de fabriquer des images sur une base symétrique. Ne m'en demandez pas les raisons, je l'ignore, et dans le fond, je m'en fous. L'une d'elles est sans doute que cela me permettait une sorte de construction formelle artificielle capable de transformer le hasard et le chaos apparent des formes de la nature en objet élaboré par une volonté. Progressivement, je suis tombé sur quelques ouvertures, j'ai entrebâillé quelques portes, et ça m'a un peu encouragé à poursuivre la démarche. Depuis cette période de symétrie obsessionnelle, j'ai quand même élargi mon horizon.

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Première manip. à peu près selon les mêmes contours que l'original.

En utilisant divers procédés dénichés à droite et à gauche dans ma machine, j'ai obtenu diverses séries d'images que j'ai baptisées de divers intitulés, qui ont varié au fil du temps (la liste serait trop longue et ennuyeuse pour figurer ici), mais qui s'efforçaient de mettre en cohérence l'ensemble des éléments que j'y rangeais.

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Résultat final : une sorte de négatif.

Ce que j'attendais, ce qui m'a guidé dans toutes ces élaborations, c'est le moment où se produisait un déclic qui transformait d'un coup quelque chose en autre chose en matière d'effet visuel, si possible rigolo ou plaisant : je voulais d'abord être surpris moi-même à la vue de ce qui surgissait sur mon écran. Plus la métamorphose était soudaine, nouvelle, voire brutale, plus j'étais content : une voie semblait s'ouvrir. Mon Graal : transformer l'aspect des choses visibles, au point de les rendre méconnaissables, indéchiffrables. Exemple ci-dessous. J'ose mettre au défi quiconque de deviner l'origine de l'image. Non non, pas d'indice, n'insistez pas.

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Autre exemple, encore selon l'esprit de symétrie. Cette fois je peux le dire : c'est à partir du motif figurant sur la quatrième de couverture d'une  édition ancienne du Michel Strogoff de Jules Verne (une symétrie découlant directement de l'objet). 

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Et chaque fois qu'une telle surprise s'est produite, j'avais l'impression d'avoir appris quelque chose, sans que quiconque me l'ait enseigné. Mis au point la représentation de la possibilité d'une nouvelle réalité visible jamais aperçue nulle part auparavant, quel qu'en fût l'intérêt proprement esthétique. Peut-être une lointaine réminiscence de deux des strophes immortelles sorties de la plume de notre plus grand poète (Charles Baudelaire, évidemment) : celles qui closent le dernier poème des Fleurs du Mal : « Le Voyage. ».

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'ancre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons.

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, Qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

vendredi, 20 février 2026

LES MERVEILLEUX NUAGES ...

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ÉTAPE N°1 : APRÈS UN LÉGER RECADRAGE.

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ÉTAPE N°2 : DUPLICATION EN MIROIR.

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ÉTAPE N°3 : DÉGAGEMENT DU MOTIF (une sorte de Roi noir après l'échec et mat). J'avoue que j'ignore où sont les clés qui pourraient m'ouvrir la comprenette sur la recette pour aboutir à ce genre de résultat.

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ÉTAPE N°4 : APPLICATION DU MOTIF SUR LE NUAGE PAR SIMPLE SUPERPOSITION DES DEUX IMAGES;

***

Je n'expose pas ici les secrets d'une méthode de fabrication. Dans le fond, je ne maîtrise pas vraiment les éléments qui permettent d'aboutir. Ma seule méthode, c'est un tâtonnement permanent dans la pénombre d'un logiciel d'une rusticité exemplaire.

***

Éventuellement, si on est un peu extrémiste, on peut encore faire un pas vers ailleurs.

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La photo qui a servi de base à cette petite plaisanterie a été prise de ma fenêtre en juillet 2017.

Il faut quand même que j'avoue un détail : la recherche des clichés capables de se prêter à ce genre d'opération est de très longue haleine. Le pourcentage de satisfaction (+ ou —) des attentes, je l'évalue autour de 1 %. 

 

mercredi, 18 février 2026

MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...

... ET SON GENDARME.

Dernier épisode de la séquence à la Préfecture de Paris. Maintenant, direction les salons de l'armée allemande. Le gendarme obtempère. Madeleine est prête, suite aux propos de son voisin de banc sur le destin qui l'attend.

« Vous pouvez faire descendre Riffaud ! » Soit dit en passant, "descendre" est le mot qui convient, vu l'avenir promis (qui ne se réalisera pas).

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Elle suit.

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Elle a un petit malheureux geste de résistance, mais pas moyen (mais c'est aussi peut-être la vraie lumière du jour qui blesse ses yeux : voyez l'ombre sur le regard baissé).

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Elle baisse les épaules. Elle ne peut rien. 

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Alors là,  je dois dire que le geste du gendarme me déçoit beaucoup. Est-ce du zèle démonstratif ? De la soumission ? La consigne ? L'application d'une convention tacite ? En tout cas, ce geste pose question.

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Allez ! Embarquez ! Je trouve quand même au gendarme moustachu un air bien penaud, les bras qui tombent mollement.

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Et puis observez ce regard de Madeleine en direction des yeux de son gendarme. J'y vois pour mon compte un grand air de tristesse pleine d'interrogation muette.

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Et puis, ci-dessous, voici la réponse de "son gendarme" : splendide ! Comment ? Ce soldat (les gendarmes font partie de l'armée) ose faire le salut militaire à une petite civile de rien du tout  ?! Mais ça ne se fait pas, brigadier !!!

Est-ce que par hasard,, brigadier, vous ne marqueriez pas l'immense respect ou l'énorme admiration que vous éprouvez dans le fond de vous-même pour ce petit bout de femme qui a démontré aux yeux de tous les témoins oculaires qui l'ont vue, dans les locaux, bondir de rage au point de passer un drôle de savon au mec le plus dégueulasse, le plus puissant et le plus dangereux de toute la Préfecture ? Prendre le commandement des opérations pour tenter de sauver une femme enceinte, une "youpine" (dixit commissaire David) ? C'est cette image, brigadier, que je veux garder de votre présence tout au long de cette séquence. Une présence tour à tour active et passive, mais un regard et une écoute de tous les instants des événements. Et finalement un incroyable personnage, comme une preuve de l'ambiguïté radicale de la situation où l'Occupation a plongé nombre de serviteurs de l'Etat.

Ci-dessous l'extraordinaire salut militaire réglementaire que l'on se fait — entre soldats ! — en signe de respect.

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Et regardez l'horrible solitude du gendarme anonyme, écrasé, minuscule dans le décor immense et déjà lointain, presque inexistant, quand il voit s'éloigner la voiture transportant une prisonnière qu'il est convaincu qu'elle n'en a plus pour longtemps à vivre.

***

FIN DE MON FEUILLETON "MADELEINE RIFFAUD ET SON GENDARME".

***

Je n'ai pas demandé à Morvan et Bertail l'autorisation de m'attarder à ce point sur cette séquence de leur pavé biographique autant qu'autobiographique. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas trop. C'est une séquence très courte après tout : elle occupe de la page 23 à la 33 du troisième volume de l'histoire de cette femme. Chacun des volumes fait environ 120 pages, faites le calcul. 

L'intérêt particulier de la séquence ne m'a pas sauté aux yeux au premier abord : c'est vrai ça, qu'est-ce qu'il fait là, ce flic sans nom qui ne dit presque rien ? Qui agit à peine ? Qui obéit aux ordres et qui applique la consigne sans hésiter ?

En fait, ce qui a fini par m'apparaître, c'est une sorte d'échantillon de toutes les attitudes qui se présentaient au sein de la population française sous l'Occupation : il y a ceux qu'on ne verra jamais dans ces locaux : d'une certaine manière, ils ont peur, ils veulent manger, ils ne veulent pas d'ennuis, ils ont une famille etc. Rien de franchement condamnable dans le fond, sinon une certaine lâcheté. Et puis il y a toute la guirlande des "pour" et des "contre", de la pleine participation active et féroce à la doctrine nazie aux petit gestes quotidiens de résistance au désespoir, du sinistre David jusqu'à la plénitude de la révolte de Madeleine Riffaud (passée tout près de la mort), en passant par tous les grades de suspects et de "coupables", mêlés de près ou de loin aux activités "anti-allemandes".

 

C'est aux relectures successives que la force de l'ensemble de l'épisode m'est apparue dans toute sa profondeur potentielle. Dans tout l'espace de ce qui n'y était pas raconté, mais puissamment suggéré, voire montré. J'ai fini par lire l'épisode à travers les yeux du gendarme et de ce que j'imaginais qu'il pouvait penser.

***

JEAN-DAVID MORVAN ET DOMINIQUE BERTAIL, en captant, puis en façonnant sous forme d'un récit puissamment illustré les éléments principaux, mais aussi des détails presque imperceptibles de sa propre existence livrés très longuement et de façon détaillée par MADELEINE RIFFAUD en personne, ont entrepris d'édifier un monument qui, une fois achevé, s'élèvera à l'altitude de l'entièreté de l'existence d'une femme hors du commun.

Si je devais m'adresser au trio des auteurs pour décrire ce que j'éprouve tout au bout de ces relectures, je leur dirais que l'ensemble du récit, pour tout un tas de raisons que je n'ai pas envie d'analyser, ME PORTE DE L'INTÉRIEUR. 

 

mardi, 17 février 2026

MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...

... ET SON GENDARME.

L'essentiel du présent épisode consiste, si l'on peut dire, en une drôle de conversation entre deux personnes pareillement mises en détention pour des raisons un peu différentes, mais semblables sur le fond. 

Le gendarme est toujours là, à garder l'œil sur sa prisonnière (la consigne, c'est la consigne), pendant qu'elle fait un brin de toilette après ses "conversations" musclées avec la milice et le sinistre commissaire David, dont le destin est désormais scellé (voir épisode précédent). 

Avant d'en venir au dialogue, il est indispensable de faire état des réflexions que Madeleine conduit sur les destins des serviteurs de Pétain et de l'Allemagne nazie. Ce n'est plus la résistante qui parle, c'est la future militante syndicale et anticolonialiste (quatre, cinq ou six volumes encore prévus par les auteurs Morvan et Bertail) : elle semble envisager ici les combats qu'elle s'apprête à livrer pour des raisons qui lui apparaîtront plus grandes que sa petite personne. On se situe évidemment après que le commissaire David est passé devant le peloton d'exécution.

« La plupart de ses subordonnés ont eu le choix, eux. »

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« Punir les personnes pour leurs actes ignobles en leur proposant d'aller faire les mêmes ailleurs, c'est d'un cynisme confondant. »

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« Soit neuf ans de forteresse, soit s'engager dans le corps expéditionnaire et s'en aller mater les résistants anticolonialistes en Indochine. »

Le gendarme reste d'une grande discrétion.

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« D'autant que certains de ces hommes seront ensuite envoyés en Algérie avant de s'exiler en Argentine... »

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« ... exportant ainsi les méthodes françaises de quadrillage du territoire et d'interrogatoire au profit de la dictature. »

Notez la repose des menottes (c'est la consigne), avec peut-être un petit pincement dans le cœur du flic, mais aussi le refus de Madeleine de regarder son gendarme dans les yeux. Après tout, les ordres auxquels il obéit viennent de l'ennemi.

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Retour dans la salle de détention collective. 

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Le gendarme se tient droit à son poste. Mais zyeutez un peu le gars à la gueule amochée, au nez cassé et habillé d'une casquette et d'un marcel. C'est de lui qu'il s'agit. Suivons ses échanges avec Madeleine, dont je n'imagine pas une seconde que le gendarme perde un seul mot. En tout cas, dans le récit de Bertail, Morvan et Riffaud, rien ne transpire de ce qu'il a enregistré : de toute évidence, ce n'est pas un "donneur". 

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« Ah, c'est toi Rainer. — ?! »

Je rappelle que "Rainer" est le nom de code choisi par Madeleine Riffaud dans la clandestinité, en référence et révérence au grand poète allemand, auteur des inoubliables Elégies de Duino, des Cahiers de Malte Laurids Brigge, du Roi Bohusch, et de tant d'autres chefs d'œuvre.

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«Vous devez vous tromper de personne. »

Toujours la prudence et la méfiance en terrain inconnu, c'est élémentaire.

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« Te bile pas, je viens de me faire alpaguer sur un coup de pas de bol, mais je sais très bien qui tu es. »

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« Je suis le responsable régional de ton réseau... »

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« Quel réseau, je ... ? » Ah, cette prudence, apprise par cœur dans le petit peuple des clandestins.

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« Je vais te dire une chose : tu as de la chance. — Vous trouvez ? »

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« Tu vas être fusillée. — !!! »

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« Je ne flancherai pas. — Je sais bien, et crois-moi, on  fera de toi une héroïne, pour avoir tué cet Allemand. »

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« Tu auras des plaques de rue à ton nom. On fera gros. » « Mais si tu n'avais pas été arrêtée, tu te serais fait engueuler de première. » Et puis l'autre gendarme interrompt la discussion. Celui de Madeleine (le moustachu) n'a rien dit, mais il a tout entendu, ce n'est pas posssibe autrement.

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« C'était pas à toi de le faire.» « Tu a mis la hiérarchie en rogne. »

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« J'avais pas le choix, moi ! » Ben oui, quoi, on lui avait tué son Picpus, bon sang ! Seule réponse possible.

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Fin du quatrième épisode.

lundi, 16 février 2026

MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...

... ET SON GENDARME.

Deux thèmes se partagent ce troisième épisode de mon petti feuilleton, dont j'espère qu'on excusera la longueur. 

1 - La démonstration implacable des qualités humaines des personnels engagés aux côtés des nazis pendant l'Occupation (les miliciens en général et en particulier les membres de la "Brigade Spéciale" commandée par le commissaire divisionnaire David) et la hauteur de vue de leur sombre conception des relations humaines qu'il convient d'entretenir avec ceux qu'ils considèrent comme leurs ennemis jurés.

2 - La démonstration éclatante des qualités d'authentique noblesse et de l'immense force de caractère d'une gamine de vingt ans à peine qui, face à l'intolérable, s'insurge, se révolte et se lance bille en tête dans l'action, jusqu'à prendre le commandement des opérations dans la partie de la Préfecture où les prisonniers sont confinés. Une stupéfiante prise de commandement, à laquelle le plus stupéfiant est la soumission de tous les acteurs en cause. Y compris de la part des salopards antisémites (quelles qu'en soient les conséquences pour elle). Jusqu'à domestiquer le gendarme moustachu auquel elle a été confiée. 

Le début de l'action se passe dans une pièce voisine. pas besoin de commentaire.

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Voyant cela, Madeleine bondit en hurlant et se précipite, sous le regard ébahi du brigadier qui hésite à s'opposer au geste.

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Elle n'hésite pas à bousculer, elle, celle que son héros Tagrine qualifiera plus tard de "fillette", le milicien massif qui commet des horreurs aux dépens d'une femme enceinte qui aggrave son cas du fait de sa judéité. 

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Et voilà, à partir de maintenant, c'est elle qui donne les ordres. Les méchants se le tiennent pour dit.

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Apprentie infirmière, elle donne les consignes. Et observez au premier plan le képi de la personne qui entend l'ordre

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Et regardez-le, le gendarme qui court avec la bassine exigée par cette gamine qui a pris les choses en main.

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« Ça aura été mon premier et mon dernier acte de sage-femme, de prendre dans mes mains ce petit enfant des prisons. Il est né, oui, mais déjà mort. C'était un garçon, j'ai coupé le cordon avec le canif de mon gendarme. » Ah, cette formule : "mon gendarme" ! Elle a senti qu'elle avait un allié dans la place.

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« Son corps était entièrement noir d'ecchymoses, à cause des coups de pied. »

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«La femme était en hémorragie, je ne pouvais aps la laisser mourir comme ça, sur le carrelage. »

« Il faut l'envoyer aux urgences ! », ajoute-t-elle en regardant "son" gendarme.

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Le gendarme est prêt à s'exécuter. Le milicien Candas, pour dire quelque-chose : « Le commissaire David ne voudra jamais. De toute façon, il ne veut pas être dérangé à cette heure. » Sans doute quelque urgence à traiter.

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Nouvelle colère bouillonnante de Madeleine : elle fait irruption dans le bureau et interpelle violemment le commissaire, très occupé, comme on le constate.

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« Je vais vous dire une bonne choe, les Alliés arrivent et vous allez devoir rendre compte de vos actes. »

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Et elle poursuit : « Quand le pouvoir aura changé de camp, tous ceux qui sont là, dans le couloir, ils vont vous charger. »

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Mais il n'en a pas fini avec l'emmerdeuse : « Mais peut-être que si vous sauvez cette pauvre femme, vous aurez droit à des circonstances atténuantes. » D'abord paralysé par l'intrusion et le discours enflammé de Madeleine, le commissaire reprend un peu  son sang-froid et cherche quelque-chose dans son tiroir.

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Il a trouvé, c'est un gros nerf de bœuf, dont il se sert aussitôt : « Tu te prends pour qui, à venir me faire la morale dans mon bureau à cette heure, toi ?! ». Notons qu'il a un piètre sens de la réplique.

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« Frappez si ça vous fait plaisir. — Mais ferme ta grande gueule, ça nous fera des vacances ! »

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Un dernier coup rageur.

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Ici, une voix s'élève : « Amenez le brancard, vite ! » Vous croyez que c'est le commissaire, qui tiendrait à montrer qu'il lui reste un fond d'humanité ??? Moi, j'ai plutôt tendance à entendre ces mots sortir de la bouche d'un homme qui porte un képi. Pas vous ?

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Car c'est le képi qui prend les commandes : « On se coordonne. 1... 2... 3 ! »

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Le commissaire, qui veut à tout prix avoir le dernier mot : « Et toi, Riffaud, ne va pas croire que j'ai obéi à ton ordre. Virez-moi ces deux youpins. » Mais si, commissaire David, c'est bien vous qui vous êtes plié à la volonté émanée de la bouche de l'indomptable !

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Ultime commentaire de l'épisode : « Lors de son procès à la Libération, lui qui se présentait comme un simple fonctionnaire obéissant aux ordres a été condamné à mort. »

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dimanche, 15 février 2026

MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...

.... ET SON GENDARME

Tout ce feuilleton se déroule dans l'enceinte de la Préfecture de Paris. (volume III de l'énorme biographie réalisée par Morvan et Bertail). Madeleine a été placée sous la surveillance d'un gendarme moustachu qui laisse à peine transparaître ses impressions réelles et profondes, mais que le lecteur voit accomplir un certain nombre de gestes qui dépassent légèrement le cadre de son service, au point parfois qu'on se demande ce qui le pousse.

Le présent épisode se déroule aux pages 24 et 26 (la page 25 servant d'interlude) de l'extraordinaire aventure vécue et racontée à Jean-David Morvan et Dominique Bertail par Madeleine Riffaud. L'épisode met en scène un sous-fifre de la "Brigade Spéciale", qui s'y connaît déjà pas mal cependant en procédés de torture, de chantage et d'intimidation pour faire flancher la résistance mentale des prisonniers et les amener à se mettre à table. Je vous présente un bel exemplaire de milicien : il s'appelle Candas.

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« Hé, Riffaud, puisque tu ne veux pas nous dire qui est ton chef ...»

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« ... on a trouvé quelqu'un qui sera peut-être plus causant ... »

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« ... ton père ! »

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Un hurlement de douleur, et puis : « Papa ... », c'est tout ce qu'elle peut dire. Mais à ce moment, le flic à qui elle a été confiée fait un drôle de geste, un peu inattendu dans le strict cadre de son service. Essayez de deviner, tiens.

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Le brave planton obéit à son supérieur, qui en profite semble-t-il pour s'esquiver, aller pisser ou quelque autre raison.

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... pendant que la pauvre Madeleine est effondrée sur son banc.

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Et puis le supérieur rapplique et fait signe à l'autre de dégager.

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Il attend que l'autre soit hors de portée de voix et, sans s'adresser à personne en particulier, on l'entend prononcer ces paroles.

 

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Le voilà, l'instant qui explique toute la démarche du flic, qui garde sa position impassible et proprement militaire : « Candas t'a menti, ils n'ont pas ton père. » Personne ne l'a obligé à aller ainsi aux renseignements. Il a fait ça de sa propre initiative. On se demande pourquoi, non ?

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Ce n'est presque rien, seulement une information, mais pas n'importe laquelle : celle qui vient sauver Madeleine du désespoir absolu. Alors Madeleine peut enfin s'étendre sur son banc, le cœur serein, et s'endormir du sommeil du juste : « Ça faisait six jours que j'étais là, et c'est la première fois que j'ai pu vraiment dormir. J'avais l'impression que rien ne pourrait me réveiller. »

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Fin du deuxième épisode.

***

Ce que je trouve proprement génial dans cette séquence, c'est qu'elle se présente quasiment comme une histoire sans paroles, juste : « On a ton père. » Et puis : « Non, ils n'ont pas ton père. » Soit dit en passant, on lit en filigrane : « Faut pas confondre. Eux, c'est eux ! Nous, c'est nous ! » Quelques mots, quelques gestes, et le tour est joué. Du grand art. Bravissimo, et Mercissimo, les compères Morvan et Bertail : vous êtes formidables ! 

samedi, 14 février 2026

MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...

... ET SON GENDARME (épisode 1).

Madeleine Riffaud, cette femme d'exception qui est décédée en 2024 (âgée de 100 ans), vient de tuer un Hauptsturmführer sur le pont de Solférino. « J'avais pas le choix, moi ! » dira-t-elle plus tard. Tu parles qu'elle aurait eu le choix ! Un officier nazi venait de lui tuer sous ses yeux son "Picpus", un mec en or qui n'avait peur de rien. Malheureusement, une voiture de la police de Vichy a assisté au geste et la rejoint sans peine pour l'amener direct à la Préfecture,  juste sous les tours de Notre-Dame de Paris. Elle a visiblement reçu des coups, et pas des tendres. Voici la première image de cette histoire. C'est le milicien qui s'adresse au brigadier en fonction : « Brigadier, je vous la confie. » Le gendarme salue le milicien.

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Visez bien la bobine du gendarme : il s'appelle "Untel", ça peut être n'importe qui. Le gars qu'on voit au second plan, c'est le commissaire divisionnaire David. Il dirige la "Brigade Spéciale", un service entièrement français que les nazi admirent, sans doute pour l' "efficacité" des "méthodes" qu'ils déploient dans l'accomplissement leurs "missions".

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Madeleine est menottée. Elle n'a pas le moral. Le flic est là : il fait son boulot.

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Madeleine est épuisée. Le gendarme farfouille dans sa musette.

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Il en tire son casse-croûte. Mais qu'est-ce qu'il fabrique, le gendarme ? Il jette un regard à sa prisonnière, et prend un gros morceau de son sandwich !?

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Qu'est-ce qu'il fait ? Il lui donne le morceau.

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Elle mange un peu. Le gendarme reste dans une attitude en apparence indifférente.

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Alors elle peut dormir un peu, mais ici, on peut être réveillé par les cris de gens qu'on torture.

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Le gendarme continue a obéir aux ordres : il ne réagit pas, du moins de façon visible, même s'il serre les poings en fronçant les sourcils comme si quelque chose le chiffonnait.

Fin du premier épisode.

dimanche, 08 février 2026

MON AUTOPORTRAIT AU FOUR

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La recette est d'une simplicité enfantine : 

1 - Mettez au four l'appareil photo correctement orienté.

2 - Placez-le en mode flash.

3 - Branchez le retardateur.

4 - Refemez la porte vitrée du four, si possible avant de l'avoir bien nettoyée (juste pour brouiller les pistes).

5 - Prenez la pose qui vous convient face au four. 

6 - Attendez.

7 - N'oubliez pas de retirer l'appareil du four avant de mettre ce dernier en chauffe pour le gratin.

***

Photo prise en juillet 2016.

mercredi, 04 février 2026

ARCHIPELS CÉLESTES

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Images élaborées à partir de photos prises de ma fenêtre en direction du ciel, en diverses occasions. 

Les photos d'origine ont été 1 - recadrées ; 2 - dupliquées. Puis les duplicatas ont été bidouillés en tâtonnant un tantinet, avant d'être replacés avec exactitude là où il fallait.

samedi, 24 janvier 2026

LES TRIBULATIONS D'UNE TÉGÉNAIRE

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A partir de la photo prise en 1995 d'une extraordinaire toile probablement tissée par cette défunte araignée qui reposait sur la surface immobile et désertée.

mardi, 20 janvier 2026

POUR VALÈRE NOVARINA

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Eh bien voilà ! C'est arrivé ! Et c'est une terrible nouvelle pour la haute idée que je me fais de la littérature française. Le grand, l'immense, l'unique VALÈRE NOVARINA vient de mourir.

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L'homme de théâtre, l'écrivain, le poète m'a nourri tout au long de nombreux repas sublimes au cours desquels j'ai dévoré son écriture irrémédiablement inclassable. 

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La première fois que j'ai rencontré l'univers parallèle et perpendiculaire (si si !) élaboré par Valère Novarina, c'était un 22 janvier 1999 au Théâtre du Point du Jour, à Lyon. Cela s'appelait L'Opérette imaginaire. J'avoue que j'avais simplement été intrigué par ce titre, qui réveillait en moi une très ancienne passion pour un genre méprisé par les beaux esprits qui ont pris en main les destinées de l'Opéra de Lyon en 1969, et congédié dans la foulée tout ce qui passait pour de la "musique légère" dans les oubliettes de l'histoire.

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Mais quelle soirée j'avais passée, mes amis ! Saisi par la grâce de ce cosmos résolument cinglé, inconnu, indescriptible ! Hautement littéraire ! Hautement véridique ! Hautement improbable ! Un texte superbement azimuté mené tambour battant par une petite troupe enthousiaste et enthousiasmante ! 

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De ce jour, je n'ai plus quitté Valère Novarina, livre après livre. J'avais même emmené ma petite famille assister au spectacle qu'il avait donné à l'E.N.S. de Lyon lors d'un probable cycle "Art et Science", découvrant une façon de projeter le texte comme je n'en avais jamais vu (voir photo ci-dessus), en couverture de son Drame de la vie (Poésie / Gallimard, 1995). Et j'avais assisté, possédé par le même émerveillement, à la représentation de L'Espace furieux à la Comédie Française.

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Impossible pour moi de trouver les mots pour qualifier, situer, circonscrire, définir la profusion, le Niagara de l'invention verbale et humaine dont il avait fait son apanage exclusif. Rien que les noms supraterrestres et interplanétaires dont il baptisait ses innombrables personnages rempliraient les pages d'un dictionnaire en douze volumes sur papier bible.

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C'est en entendant le très beau "billet d'humeur" de Guillaume Erner sur France Culture lundi 19 autour de 6 h 55 que j'ai appris la disparition de cet homme. J'avoue que j'ai pris un sacré coup à l'estomac. 

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Bon, ben voilà ! C'est arrivé ! 

***

Presque tous les livres de Valère Novarina cités ici sont édités aux éditions P.O.L. Pour la liste complète et généreuse des œuvres, se reporter aux "du même auteur". Gloire à Paul Otchakovsky-Laurens !!! 

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dimanche, 18 janvier 2026

VOUS AVEZ DIT "VASSAUX" ???

J'ai lu ou entendu plusieurs ravis de la crèche (je veux parler de gens a priori très informés qui exercent des responsabilités plus ou moins lourdes) déclarer — parfois avec des trémolos — que l'Europe doit veiller, face aux divers revirements et rodomontades caractériels du président Trump et aux nouvelles menaces géo-stratégiques qui pèsent sur le monde en général et sur l'Europe en particulier, à ne pas se laisser "vassaliser" par les Etats-Unis. 

Je le dis sans ambages : tous ces gens intelligents, puissants et bardés de diplômes ou de fric sont de purs pignoufs de bazar qui racontent des salades ou qui n'ont rien compris parce que ça les arrange. La vérité, c'est que la France, tout comme l'ancienne Europe de l'Ouest et l'actuelle "Communauté" européenne (qui a de moins en moins d'existence, soit dit en passant), constitue le ban et l'arrière-ban du "Grand Suzerain Américain".

Mais oui, enfin ! Une fois pour toutes, l'Europe est depuis longtemps la vassale de la puissante Amérique !!! On nous dit que le célébrissime "Plan Marshall" a sauvé l'Europe des griffes communistes. C'est probablement vrai. Mais il faudrait, chaque fois que la chose est évoquée, préciser que cette aide massive et magistrale était accordée de façon conditionnelle

Quelles étaient ces conditions ? Eh bien tout simplement, l'Europe, pour remercier le bienfaiteur américain, était — libéralement mais avec une force irrésistible de persuasion — invitée en échange à dépenser aux Etats-Unis les sommes faramineuses que les Etats-Unis lui avaient si généreusement procurées. Et les pays européens ne s'en sont pas privés, en important à qui mieux mieux un tas invraisemblable de choses très concrètes (toutes sortes de machines domestiques conçues et fabriquées pour "libérer la femme" et lui permettre de tomber dans le servage professionnel). Et la France, vieille patrie agricole de la civilisation européenne, a fait de l'agriculture française une usine entièrement mécanisée, remembrée (ah, Edgar Pisani) et finalement rentable. Eh ben, c'est ça qui compte, non ?

Mais rassurez-vous : les choses concrètes n'étaient pas toutes seules. Car les Américains, en matière de "way of life", avaient inventé, avec l'aide considérable de la morale protestante, une interminable procession d'images plaisantes, de sons nouveaux et entraînants, d'objectifs, de principes et de valeurs immatériels hautement désirables, en un mot : tout un idéal de vie, le point ultime du bonheur possible. Le serf, le vilain, et même le hobereau européens avaient un nouveau but, qu'ils pouvaient conquérir à force de travail, de mérite, mais par-dessus tout à force d'acceptation aveugle de ce modèle indépassable.

C'est ainsi que la civilisation européenne tout entière s'est mise à la remorque d'un mode de vie que cinq planètes Terre suffiraient à peine à satisfaire. Tout ce qui était proprement français est devenu franchouillard en un tournemain, voué à s'effacer derrière Sa Majesté le Progrès. Régis Debray, dans son livre Civilisation (Gallimard, 2017), actait de façon lumineuse et probante « comment nous sommes devenus américains » (sous-titre).

De son côté, Jean-Pierre Le Goff, en racontant dans le détail le quotidien de la France dans laquelle il a grandi de 1950 à 1968 (La France d'hier, Stock, 2018), dessinait les traits d'un pays que la plupart des Français d'aujourd'hui qualifieraient d'épouvantablement ringarde, obsolète, rétrograde, quasi-archéologique. Il est vrai que Jean-Marie Colombani, au lendemain du 11 septembre 2001, les avait précédés, dans un éditorial resté célèbre : « Nous sommes tous américains ». 

Bref, la vassalisation n'est plus en cours de réalisation, elle est acquise depuis longtemps. Le Grand Remplacement redouté par Renaud Camus et ses coreligionnaires a déjà un lieu. La cause est entendue. Ce n'est pas pour rien qu'on entend encore régulièrement dans les médias entonner les refrains selon lesquels « la France est en retard » (une marotte de journalistes) ou « des avancées qui mettront dix ans à traverser l'Atlantique ». 

L’anti-américanisme était considéré comme une injure disqualifiante, et les velléités de résistance de De Gaulle à toutes sortes de pression américanophiles n’eurent guère de suite. Et je ne parle pas de l’enthousiasme aveugle des pays européens pour ce qu’ils prenaient pour le « Parapluie Américain ». En fait de parapluie, la guerre froide a installé dans presque tous les pays européens, à l'exception notable de la France (merci Charlot !), dans le confort trompeur d'une sécurité purement promise, mais surtout les a entraînés dans la spirale d'un désarmement militaire qui se révèle aujourd'hui catastrophique. Il n'y a pas à tortiller de l'arrière-train en se gargarisant de notre grandeur passée : en matière de défense, ce sont les Américains qui détiennent les clés du coffre de la sécurité européenne.

Que reste-t-il aujourd'hui de proprement FRANÇAIS en France, cette France vassalisée depuis lurette, cette France dont le destin ne lui appartient plus ? Même la langue que nous parlons s'est travestie, au point que j'ai l'impression ici d'écrire une langue comprise par une minorité vieillissante et promise à la disparition.

samedi, 17 janvier 2026

VARIATIONS SUR L'OMBRE ...

.... DE MA TÊTE SUR LE MUR ...

 

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... en partant de l'original : le soleil envoie le reflet de la surface d'une petite armoire, tout en projetant par le milieu un rai vertical de lumière vive. Le reste est anecdotique.

 

mardi, 13 janvier 2026

INNOCENTS PAR PRINCIPE

Un tribunal vient d'ouvrir toutes grandes ses portes pour le procès en appel d'une nommée Marine Le Pen, fille de. Elle est donc de nouveau "présumée innocente". Pourquoi pas ? C'est du moins ce que dit la loi. Elle affirme d'entrée, après avoir envoyé au bûcher ses juges de première instance, qu'elle va enfin faire éclater son innocence au grand jour et aux yeux du peuple.

C'est pas gagné. 

A quoi reconnaît-on un innocent ? Bon dieu, mais c'est bien sûr ! A ce qu'il a les mains pleines. Notre vieille connaissance Nicolas Sarkozy est un exemple aveuglant de vérité de cette définition. 

Ainsi, Son Excellence Nicolas Sarkozy avait daigné publier mercredi 10 décembre le compte rendu de l'expérience traumatisante qu'il avait subie injustement à la prison de la Santé du fait de quelques juges fanatisés (vous vous rappelez : des boîtes de petits pois bien rangées sur les rayons !) qui ont juré sa perte. L'éditeur a déjà fait le plein de bénéfices et l'écrivain de circonstance de droits d'auteur.

Son Excellence a fait savoir à tous les vents qu'il milite désormais pour l'union de toutes les droites, et « sans aucune exclusive » (entendre : "y compris le Front National"). Au cours d'un entretien téléphonique avec Son Excellence, la future candidate encore inéligible à la présidentielle de 2027 lui a demandé s'il exigerait aux prochaines élections le maintien d'un "Front Républicain" pour faire barrage au dit "Front". Elle a obtenu la réponse négative qu'elle attendait.

Entre innocents essentiels, entre innocents par nature, entre innocents par principe, il faut se serrer les coudes, n'est-ce pas. On ne sera jamais trop nombreux pour mettre à bas une institution judiciaire dévoyée qui a le culot de s'en prendre à des personnes éminentes qui ont eu la maladresse (ou la malchance) d'être prises en flagrant délit en train de piocher sans vergogne dans d'autres poches que les leurs.

SALE TEMPS POUR L'IDÉE DE JUSTICE !!!

dimanche, 11 janvier 2026

C'EST QUOI ÇA ?

OUI, C'EST QUOI ÇA, LA JUSTICE ?

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Excellente question, jeune homme.

J'explique. Le petit bonhomme à l'air ahuri et aux oreilles comme des pendeloques qui est assis au milieu de flics armés, c'est une de ces créatures qui se sont échappées du laboratoire où le docteur Manghel (j'entends "Mengele", évidemment) se livre à de mystérieuses manipulations génétiques sur des êtres humains, sous la protection des puissants de la région, de quelques infectes crapules et de la police dirigée par "Gras-cul", commissaire compromis qui retrouvera le droit chemin au dernier moment.

Ces "hamsters", comme on les appelle, sont absolument inoffensifs, et même excessivement vulnérables. Mais ils ne doit à aucun prix en rester une seule trace en liberté dans la nature. Le tueur lancé par Manghel n'arrive pas à finir la besogne : on le retrouve à l'hôpital, façon barbecue. In extremis, Gras-cul redevient un vrai bon commissaire de police, mais redoute les foudres de la justice qui ne manquera pas de s'abattre. C'est là que se situe l'image ci-dessus. 

C'est la dernière vignette de l'album Le Cousin Lindford, vingt et unième album de la série "Jérémiah", menée de main de maître par Hermann (Dupuis, 1998).

mercredi, 31 décembre 2025

POUR FRANCIS MARMANDE

Bravo et merci au journal Le Monde pour l'exemplaire et magnifique notice nécrologique publiée en date du 30 décembre 2025, dans le numéro même dont la une est barbouillée de l'immense photo d'une vague célébrité controversée (je sens que je ne vais pas me faire que des amis) qui vient aussi de passer l'arme à gauche. 

FRANCIS MARMANDE, c'était tellement quelqu'un dans divers domaines qu'il a fallu qu'ils se mettent à huit pour boucler l'hommage rendu par Le Monde à son collaborateur. Je certifie ici ne pas être la femme (restée anonyme) qui lui a envoyé, des quatre coins de la planète, une carte postale chaque fois qu'elle lisait une chronique de lui dans le quotidien. Je fais juste partie des innombrables lecteurs qui lisaient avec délice sa prose toutes les fois que l'occasion s'en est présentée. Il m'est même arrivé de lui écrire un mot, auquel je dois dire qu'il avait répondu avec précision (c'était à propos de la préface qu'il regrettait d'avoir donnée aux auteurs d'une biographie dessinée de Thelonious Monk). 

Car il écrivait sur le jazz. En fait, je devrais dire, comme indiqué dans l'article, qu'il écrivait davantage [je crains fort d'avoir d'abord formulé l'inverse, comme un idiot] sur "les musiciens" de jazz " que sur "la musique". Je traduis à ma façon : il préférait les personnes aux concepts. C'était inappréciable. Et puis son style d'écriture : léger, enlevé, incisif, méticuleux dans le détail de l'attitude. Bref, il savait ce qu'écrire veut dire. Bon, c'est vrai, il était un peu fait pour ça, agrégé de Lettres Modernes, sorti de Normale Sup Saint-Cloud et professeur de littérature à l'université. Mais ils ne sont pas tous comme ça.

Mais aussi, et finalement pas trop surprenant, étant natif de Bayonne, amateur averti de rugby (très fort, dit l'article, dans les troisièmes mi-temps) et de courses de taureaux. Hélas la rubrique tauromachique a été supprimée des pages du "journal de référence" au moment de la montée des controverses et de la passion de certaines parties de l'opinion publique pour le sort fait aux animaux dans notre société. Je ne m'étends pas sur ce qu'il convient de penser de ces contempteurs.

Pas aficionado au sens strict, j'ai assisté en tout et pour tout à une seule et unique corrida, en compagnie de mon ami Jean, lors de la Féria, à Nîmes, en 1971 (un sacré bail !). C'est une corrida, mais alors un sommet du genre. Pensez, après deux tâcherons qui avaient mal expédié leur besogne, est entré le grand El Cordobès qui, après avoir été à deux doigts de se faire estropier, avait exécuté un tour complet de l'arène en faisant danser (je ne vois pas d'autre mot) le taureau, pour l'amener juste en dessous de la tribune V.I.P. avant l'irréprochable mise à mort. Inutile de dire que les arènes de Nîmes hurlaient tout debout. Inoubliable !!!

Merci donc à Francis Marmande d'avoir ainsi régalé les lecteurs du Monde de toutes les ressources d'un esprit étincelant, multiple et prolifique. Et un énorme Merci à Michel Guerrin, Laurent Carpentier, Stéphane Davet, Bruno Lesprit, Véronique Mortaigne, Brigitte Salino, Josyane Savigneau et Sylvain Siclier d'avoir offert à la mémoire de l'écrivain-musicien-professeur ... etc. cette espèce de monument d'adieu tellement chaleureux.