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dimanche, 06 novembre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

… C’ÉTAIT RIGOLO.

Aux cimaises de ma galerie BD.

TARDI 33.jpg

bande dessinée,bd,jacques tardiTardi, dans (A suivre) n°33 (voir mon billet du 3 octobre, à propos de son puissant Dernier assaut, qui vient de paraître), qui ne s'occupe pas seulement d'Adèle Blanc-Sec, de Brindavoine, du démon des glaces, ou de la guerre de 14-18. C'est dans cette revue qu'il a dessiné le premier "roman graphique" (puisqu'il faut appeler ça ainsi) sur un scénario démoniaque de Jean-Claude Forest (Ici Même), dont le héros, qui habite une improbable bande dessinée,bd,jacques tardimaisonnette juchée au sommet d'un mur, a hérité de sa famille tous les murs qui cloisonnent une ancienne immense propriété, et qui est contraint, testament oblige, de courir toute la journée d'un portail à l'autre, sans mettre les pieds sur le sol, pour ouvrir et fermer les portails (c'est lui qui a les clés) aux descendants qui entrent ou qui sortent, et qui ont, eux, hérité les parcelles que le temps, les héritages et les murs ont peu à peu multipliées et divisées. 

bande dessinée,bd,jacques tardiJ'ai découvert Tardi dans Pilote, avec des histoires courtes, comme "La Torpédo rouge sang" (vous dire si ça remonte, je ne me rappelle plus si c'est là-dedans qu'il y a un bouchon de radiateur auquel est attachée une malédiction (note du 6 décembre : j'ai retrouvé le bouchon de radiateur : il est dans la Rubrique-à-brac de Gotlib) ou l'album rigolo et déjà très engagé Rumeurs sur le Rouergue. J'ai ensuite admiré le travail (sur carte à gratter, me semble-t-il) dans Le Démon des glaces. Ensuite, je n'ai plus rien manqué de ce qui a suivi : l'improbable Polonius, fable rétro-science-fictionesque ; le très noir, sinistre Griffu, dans l'éphémère et excellent hebdo des éditions du Square BD. L'hebdo de la BD ; les adaptations de Léo Malet et Jean-Patrick Manchettebande dessinée,bd,jacques tardiLa Débauche, Jeux pour mourir, la série Adèle Blanc-Sec, bien foutraque, quoiqu'un peu lassante à la longue (« Pa ! -Pa-zu ! -Pa-zu-zu ! », l'invasion des limules (la limule étant l'animal qu'Alfred Jarry considérait comme le plus définitivement laid de la création), le ptérodactyle, etc...) ; Varlot, Brindavoine, tout le saint-frusquin industriel et guerrier qui assomme les hommes de 14-18, ensemble au sommet duquel trône encore C'était la Guerre des tranchées, suivi de la litanie : Putain de guerre ! et Le Dernier assaut.

bande dessinée,bd,jacques tardiJe n'ai pas attendu Tardi pour être terrassé par la prise de conscience de ce qu'avait été la guerre de 14-18 pour l'Europe et pour l'humanité. J'avais dès longtemps commencé à photographier les monuments aux morts de France sous toutes les coutures, avec les aléas que sont le bande dessinée,bd,jacques tarditemps qu'il fait et l'heure d'ensoleillement optimal pour la prise de vue. Mais je dois dire que, quand j'ai découvert la même préoccupation chez ce grand auteur de BD, je lui ai été reconnaissant de me permettre de me sentir, je ne dirai pas en état de connivence, mais en terrain familier.

bande dessinée,bd,jacques tardiJ'ai encore adoré les quatre volumes du sombre et tragique Cri du peuple, d'après l'œuvre de Jean Vautrin, au titre très julesvallèsien (c'était celui du journal fondé par Jules Vallès, lui-même acteur de la Commune, qui a pu s'exiler à Londres et échapper à la boucherie), qui raconte jusque dans les profondeurs bien sordides, mais de façon admirablement documentée, les deux mois de 1871, d'abord enthousiastes, puis atroces, qui sont restés dans l'histoire sous le nom de "Commune de Paris". Il ne nous épargne pas les horreurs auxquelles se sont livrés les Versaillais, mais aussi les excès commis par les Communards.bande dessinée,bd,jacques tardi

Je n'ai calé que sur le stalag où Tardi raconte son père prisonnier de guerre pendant la deuxième g.m. (gaudriole mondiale), et son retour. Que Tardi veuille bien me pardonner la faiblesse. Ce n'est sans doute que partie remise.

dimanche, 16 octobre 2016

ÇA FAISAIT DES BULLES …

… C’ÉTAIT RIGOLO

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Le très rabelaisien (et prolifique) Max Cabanes, dans (A suivre) n°1.

De gauche à droite Ysengrin, Hersent et Renart à la main baladeuse, qui n'aime rien tant que "trousser la gueuse" (quoiqu'ici il n'y ait rien à trousser au sens propre), dans la version probablement originale du "doigt d'honneur". Quelle santé ! D'autant que la dame montre à l'occasion toute la chaleur de son tempérament.

Cabanes a récemment (2014 ?) adapté en BD le formidable roman de Jean-Patrick Manchette Fatale, dans lequel une tueuse à gages sème la mort chez les notables d'une ville pourrie, allant jusqu'à faire usage d'une Weatherby 460 (avec sa balle de 32,4g. à comparer aux 10,2 du 357 magnum !), qui a dû sacrément lui démancher l'épaule au moment du tir. Si je me souviens bien, ça finit assez mal pour elle. 

mardi, 04 septembre 2012

UN PEU DE NEUF DANS LES NOUVELLES

Pensée du jour : « La dernière mode, dans la grande peinture, est à l'informe et aux programmes en noir sur noir (on ne peut les lire que sous un certain angle). C'est ainsi que la nuit, dans la nuit, présente l'absence à notre admiration. Et avec quel académisme ! Car, plus l'informe qu'on nous montre est informel, plus les textes qui le commentent sont distingués, au subjonctif, signés de maître du style et de grands officiels. La balayure s'expose sur du satin broché. Le dernier cri est aux manches à balais présentés dans un grand musée par des textes d'académiciens ».

 

ALEXANDRE VIALATTE

 

 

VIVE LE TIR SPORTIF

 

L’arme dessinée et mise au point par MIKHAIL KALACHNIKOVAK KALACHNIKOV.jpg est en train de faire un tabac. Il faut savoir que ce fusil d’assaut (appelé AK 47, pour « automate de Kalachnikov », et pour l’année 1947 de sa mise au point) réduit à pas grand-chose le prix d’achat, à presque rien son entretien, tout en offrant une fiabilité et une efficacité inégalées, comme le prouvent les 19 cibles touchées depuis janvier en plein dans le mille, à la grande satisfaction de ses utilisateurs marseillais. On voit par là que rien ne vaut l'entraînement assidu pour améliorer la précision du tir.

 

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 Réflexion faite et aux dernières nouvelles, MANUEL VALLS, ministre de l'Intérieur et des cultes, n'enverra pas l'armée pour faire la guerre aux trafiquants des quartiers nord qui s'entretuent.

 

*

 

UNE BELLE HISTOIRE D'AMOUR

 

Une psychothérapeute parisienne, très populaire et très aimée dans son quartier, aura du mal à se remettre de l’élan amoureux d’un jeune homme brun de 20 ans, qui pour prouver à la dame la vigueur de son sentiment, a posé les doigts autour de son cou sans maîtriser sa force. La dame a suffoqué devant tant d’enthousiasme.

 

 

Il lui faudra du temps pour retrouver son souffle. Une main anonyme a collé sur la porte du cabinet un petit mot au contenu pour le moins compendieux : « Mme D. est absente en raison d’un contretemps ».

 

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Le jeune homme se remet de ses émotions dans les locaux hospitaliers d’un poste voisin, veillé par des infirmiers en uniforme bleu.

 

*

 

A la Nouvelle-Orléans, on observe in vivo un magnifique phénomène de vases communicants : plus il y a d’eau dans les rues, plus il y a d’automobiles sur les routes. Le public s’interroge.

 

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*

 

A propos de l’Ultra Trail du Mont Blanc (166 kilomètres d’une seule traite, 9600 mètres de dénivelé), des médecins scientifiques se demandent si c’est l’épuisement ou la fatigue qui limite les capacités humaines. On est heureux de voir enfin posée la question essentielle. Je pressentais quant à moi, dans ma coupable simplicité, que l’excès d’effort produisait l’épuisement, m'imaginant en revanche que dépenser trop d’énergie entraînait la fatigue.

 

ULTRA TRAIL 3.jpg

 

Je suis heureux d’être désormais fixé : le sportif en état d'épuisement souffre finalement de fatigue. Et inversement. Le surmenage n’est pas loin.

 

 

Conseillons-lui La Position du tireur couché (excellent roman de JEAN-PATRICK MANCHETTE, excellemment mis en images par JACQUES TARDI, éditions Futuropolis, histoire dans laquelle le tueur prend une brutale extinction de voix, avant de prendre, sans en mourir, quelques balles en plomb dans le crâne). Quant à moi, j’ai résolu la question : avant même d’être épuisé, j’évite de me fatiguer (recette corse, encore des amis).

 

*

 

Les Jeux Paralympiques ont débuté à Londres. Ce qui permet de se pencher avec des larmes dans la voix sur le sort de nos frères diminués. La grande leçon de morale, ici, c’est qu’un handicapé est un individu comme un autre. Enfin pas tout à fait, puisqu'on fait pour lui des Jeux à part.

 

 

L’autre jour, rue du Pavillon, je propose mes services à un monsieur en fauteuil roulant : je crois que le vélo cadenassé l’empêche de passer, vu l’étroitesse du trottoir. Que nenni ! En fait, il demandait l’ouverture de la porte de l’immeuble. Une personne est arrivée, qui l’a tiré à l’intérieur.

 

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QUELS PROGRES TECHNIQUES NE DOIT-ON PAS AUX PROGRES TECHNIQUES !

 

N’en doutons pas, les handicapés sont des gens comme tout le monde. Ils sont comme FRANÇOIS HOLLANDE : ils sont normaux. Sauf qu’ils ont besoin des autres.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

jeudi, 06 octobre 2011

MON BON PLAISIR EN LITTERATURE

DU POPULAIRE EN GENERAL ET DU POLICIER EN PARTICULIER

 

Pourquoi je ne lis pas que des livres de « haute littérature » ? Pourquoi j’aime ça, disons, la « littérature populaire », à commencer par le « roman policier » ? J’ai certes jubilé intensément d’un bout à l’autre de Moby Dick, de HERMAN MELVILLE, peut-être, entre autres, à cause de la traduction parfaite d’ARMEL GUERNE. Mais le traducteur a beau faire des prouesses, l’essentiel, forcément,  appartient au seul auteur. J’avoue cependant que j’ouvre avec plaisir, à l’occasion, un Maigret de GEORGES SIMENON, ou un Arsène Lupin de MAURICE LEBLANC. Pourquoi ce plaisir ?

 

 

Dans le premier cas, je me souviens des détails de l’action, j’ai pour ainsi dire vécu en compagnie des marins, sur le pont, dans les haubans ou dans la  baleinière, et j’ai appris à les connaître. J’en ai bavé, j’ai bu la tasse, j’ai été secoué, chaviré. Longtemps après avoir lu, je mastique encore, je rumine, je persiste à digérer, je prolonge l’assimilation. C’est un livre qui dure.

 

 

Dans l’autre, dès que, satisfait de ma lecture, j’ai refermé sur la clé de l’énigme, j’ai déjà oublié les circonstances, les personnages, les lieux, sauf – encore que vaguement – cette cour sablonneuse d’une  maison dans la Sarthe, un jour torride de juin, où il s’est passé quelque chose. Quelque chose, mais quoi ? Pourtant SIMENON est un excellent écrivain. D’abord tout le monde le dit, c'est sûrement vrai. D'autant plus vrai que j'en suis convaincu.  

 

 

En un mot comme en cent, la "grande littérature" me transporte, la "petite littérature" me fait plaisir. Et j'ai grand respect et besoin de la digression, comme l'ont sans doute remarqué les lecteurs de ce blog.

 

 

Je dirais, tiens, ça me vient là, que ce sont des livres à « évaporation rapide », en face d’autres livres, que je dirais à « sédimentation durable ». Maigret, ce n’est pas le premier, c’est loin d’être le seul, mais avant tout, c’est un personnage de SÉRIE : « J’aime bien lire "un" Maigret, de temps en temps », peut-on souvent dire ou entendre. Ou "un" James Bond. Ou "un" Arsène Lupin. Je rappelle que le premier héros d’une série policière est le Dupin d’EDGAR ALLAN POE dans trois récits : Double assassinat dans la rue Morgue, Le Mystère de Marie Roget, La Lettre volée (1841, 1842, 1844). Rendons à César…

 

 

Alors derrière le "un", posez Nestor Burma, Miss Marple, Hercule Poirot, OSS 117, le commissaire Adamsberg, Pepe Carvalho, le Juge Ti, Erwin le Saxon, bref : QUI VOUS VOUDREZ. Chacun des livres de ces séries n’est pas fait pour rester. Je dirai donc  que l’évaporation est le principe même  de la série. Et que le héros de la série, à son tour, s’évapore : en fait, il ne lui arrive rien Á LUI personnellement.

 

 

C’est flagrant avec James Bond, dont j’imagine en toute logique le corps couturé, non : zébré de cicatrices en tous sens, de toutes sortes, de toutes profondeurs. Normalement, sa surface est toute en creux, cratères, et bosses, comme celle de la lune. Quand James entreprend d’emboîter son corps dans celui de la « james bond girl » de service,  dans le roman suivant, la peau de celle-ci devrait croire qu’on la frotte à la paille de fer, ou à la râpe à chambre à air de vélo, suite à crevaison. En tout cas, il m’arriverait le centième de ce qu’il a subi au total, moi, je serais au moins mort, voire pire que ça.

 

 

Mais non, « the show must go on », comme chante FREDDY MERCURY quelques mois avant d’avaler son bulletin de naissance. James Bond, lui, deux minutes après être passé sous le char d’assaut, il est prêt à entrer en scène pour son récital, smoking repassé, mise en plis impeccable, lisse comme le crâne de YUL BRYNNER, propre et net comme un napoléon « fleur de coin ».

 

 

Ce qui vaut pour James Bond vaut pour tous les autres : voyez, dans Tintin en Amérique, lorsque le héros, capturé par le syndicat de gangsters de Chicago, est balancé au lac ficelé avec aux pieds d’énormes haltères qui doivent l’envoyer par le fond, et qui s’avèrent être en bois ; le drôle, c’est que Tintin lui-même semble fait de bois puisque, les mains attachées dans le dos, il est aussi flottable qu’un tronc d’arbre.

 

 

Les séries policières ? Je vais vous dire : c’est comme un coin du feu, un bon fauteuil, des pantoufles, bobonne à côté, avec Socrate le griffon Korthals, affalé sur sa carpette à somnoler goulûment après ses bambanes au grand air. Vous avez tout de suite le décor familier, les personnages familiers, les habitudes de la boutique. San Antonio appelle illico le  tandem Pinuche-Bérurier, mais aussi sa « brave femme de mère », Félicie. Ce sont de solides et rassurants points de repère.

 

 

Prenez qui vous voulez, mettons Sherlock Holmes, qu’est-ce qui vous vient, là, tout de suite ? Le violon, la pipe, le chapeau, le mac farlane, le docteur Watson : voilà, c’est automatique, vous ne connaissez pas tout, mais vous reconnaissez, vous êtes en pays de connaissance. Mieux que ça, vous êtes chez vous, à la maison, au chaud. Ça fait du bien. La série policière, au fond, c’est le CONFORT BOURGEOIS pour le lecteur. La série policière est d’abord confortable.

 

 

En fait, le héros, dans la série, s’il ne lui arrive rien à lui, c’est qu’il est tout simplement immortel. Il ne peut rien lui arriver de définitif (sinon, pas de série). La preuve, c’est que ARTHUR CONAN DOYLE a même été obligé de ressusciter Sherlock Holmes, sous la pression d’un public qui  tenait à son héros plus qu’à un vieux pull sentimental et nostalgique du temps de sa jeunesse, ce pull qui a suivi la déformation du corps avec l’âge (arrondissement du ventre, fléchissement du dos), et dont le corps s’est, comme qui dirait, imprégné. Le héros de série policière ne peut ni ne doit mourir avant son auteur, à moins qu’il passe de main en main (Nick Carter, assez oublié aujourd’hui), preuve supplémentaire d’immortalité.

 

 

Et s’il est immortel, je vais vous dire, c’est que le héros de série n’existe pas. Enfin pas vraiment. Pas complètement. D’ailleurs, l’auteur n’y croit pas trop lui-même. Du moins il fait semblant d’y croire. Ce qui l’intéresse, l’auteur, ce n’est pas le héros, mais la sombre et riche combinaison du coffre-fort. Car son roman, c’est comme un coffre. L’auteur, qui prend le  lecteur par la main ou pour un imbécile, l’amène progressivement et méthodiquement jusqu’au moment de l’ouverture. Le héros, mis en face du coffre au début, est sommé d’avoir « cassé » la combinaison à la fin. La lourde porte s’ouvre devant les yeux haletants (oui oui !). En fait, il n’y a rien dans le coffre (« hin hin hin » , grince l’auteur sardonique, « je vous ai bien eus »).

 

 

Le héros de série, finalement, ça a juste l’existence très mince d’un ciseau à bois (ou d'une clé à pipe, ou d'un tiers-point, au choix) que l’auteur remet à sa place au tableau au-dessus de l’établi quand il a accompli sa tâche. On aura beau faire comme MANUEL VASQUEZ MONTALBAN, et donner à Pepe Carvalho, entre autres spécialités, celle d’un PAGANINI des cuisines, du « piano », du chinois et de la lèchefrite, ça ne change rien : la gastronomie intervient dans l’histoire, quoi qu’on fasse, à la manière des parenthèses dans une phrase.

 

 

Maintenant, il faut savoir que certains héros de série sévissent dans un seul récit. L’élégance expressive en vigueur aujourd’hui parle de « one shot ». Prenez La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, de SEBASTIEN JAPRISOT. Prenez Fatale ou La Position du tireur couché, de JEAN-PATRICK MANCHETTE. Prenez Le Maître d’escrime, d’ARTURO PEREZ REVERTE. Le confort n’est pas aussi grand, mais presque, grâce parfois au jaune et noir de la couverture : c'est exprès que vous êtes entré dans cette boutique-là, vous savez que vous y trouverez l’article cherché.

 

 

Souvent, le plus marrant, dans le polar, c'est le titre. Parfois, il n'y a même que ça de drôle. Parce qu'il faut dire que les San Antonio, pendant un temps, ont été assez ratés. Mais quand vous tombez nez à nez avec Les Anges se font plumer, vous capitulez, bien sûr. Entre la vie et la morgue est une trouvaille. Ménage tes méninges n'est pas mal non plus. Mais il n'y a pas que San Antonio. Que pensez-vous de Enterrement pour Cythère (ANDRE HELENA ) ? J'aime beaucoup Mes Morts d'outre-tombe (PIERRE NEMOURS).  

 

 

Bref : en peinture, il y a MICHEL-ANGE, et puis il y a mon oncle ; pour la musique, il y a BEETHOVEN, et puis il y a moi sous la douche; enfin il y a MARCEL PROUST et il y a FREDERIC DARD, pour ce qui est d'écrire des histoires. Et moi, j'ai un principe, je ne veux pas faire de jaloux. On a de la morale, ou on n'en a pas.