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mardi, 15 novembre 2016

DÉSOLÉ : ENCORE L’ISLAM 2/3

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Lettre grande ouverte à ceux qui gardent les yeux grands fermés (eyes wide shut).

2 – Des « phobies » comme s’il en pleuvait.

« Islamophobie », quel mot formidable ! Et que d'opportunités argumentatives il offre  à tous les militants musulmans qui ont besoin de réduire leurs adversaires au silence ! Et si possible de les traduire en justice ! On ne compte plus, en effet, les officines (ce que les journalistes rassemblent, d'un bel effort synthétique, dans la nébuleuse « les associations ») qui se sont constituées pour dénoncer inlassablement la moindre virgule, le moindre guillemet sur lesquels elles pourraient coller l’étiquette, infamante et terriblement efficace, d’une quelconque « phobie ».

Et je ne parle pas des vieilles « phobies » classiques, des « phobies » médicalement éprouvées, des « phobies » qui ont pignon sur rue, mais de la floraison de variantes de cette pathologie "mentale" hors de la sphère psychiatrique. J’ai par exemple appris récemment l'invention d'une nouvelle « phobie », avec la création d’une « brigade anti-négrophobie » en banlieue parisienne. "Brigade" dit assez bien le caractère militaire ou policier (au choix) de l'opération d'enfumage. Je rappelle en passant que "phobos" (φόβος), en grec ancien, ne veut pas dire "haine", mais "crainte".

Il n’y a pas de doute : il pleut des « phobies ». La « phobie » se porte à merveille. Et les immondes que les « associations » mettent au pilori avec au cou la pancarte portant le vocable accusateur (il s’invente tous les jours des composés de « phobie ») sont invités à aller soigner leur pathologie grave dans l’hôpital le plus proche. On a compris que l’hôpital en question s’appelle le Tribunal Correctionnel. C'est en filigrane la menace formulée à l'encontre de Gilles Kepel lors de la réunion avec l'équipe du Bondy-blog (voir hier). 

Christine Boutin (voir hier) vient d’en faire les frais, condamnée en appel pour avoir qualifié l’homosexualité d’ « abomination », et s’être ainsi rendue coupable d’ « homophobie » (officiellement, ça s’appelle « incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle »). De quel incroyable Code pénal la France s’est-elle peu à peu dotée, depuis, me semble-t-il, qu’un ministre (Gaymard ?) a été saisi de la lubie d’y inscrire le délit de « négationnisme ».

Et au départ, on doit cette rafale de pénalisations au délire d'un seul bonhomme (Faurisson : "les chambres à gaz n'ont pas existé"), dont l'élucubration s'est vue instrumentalisée par un boutiquier (Le Pen : "un détail de l'histoire"), à la demande expresse des « associations » juives, et à la joie d'une foule d'autres « associations », censées représenter des « minorités », qui piaffaient d'impatience en attendant de s'engouffrer dans la voie pénale pour légaliser l'interdiction de parole.

La porte s’ouvrait alors toute grande pour faire inscrire dans le Code les délits d’opinion, les délits de pensée, les délits de parole. Dans une démocratie pur jus, exemplaire et qui sert paraît-il de modèle à tant d'autres, on n'a pas le droit de dire le fond de sa pensée, tout au moins quand le goût de ce fond fait tousser ou tordre le nez les gendarmes de l'esprit. Tout cela sous la surveillance vigilante des caméras policières des « associations », légalement habilitées à « se porter parties civiles » (pour tirer quelques marrons du feu dans lequel elles ont jeté ces opinions, ces pensées, ces paroles qui les défrisent).

Sans être d’accord sur l'hyperbole lancée par Boutin, on peut s’étonner que la plainte d’un « collectif LGBT », vous savez, ce panier à provisions plein  de « minorités opprimées », ait pu être jugée recevable. Attention, en France, il n’est pas conseillé d’être minoritophobique ! On pourrait aussi s’étonner que quatre lettres (L, G, B, T) aient à bas bruit érigé ce qui était catalogué « déviances » en autant de « normes ».

De la déviance à la norme, le pas est étonnamment aisé à franchir. Dans notre bienheureuse modernité, les « déviants » se sont faits législateurs. George Orwell n'avait sans doute pas prévu que sa novlangue trouverait une telle application. On pourrait appeler cela "inversion de la charge de la preuve".

Les anciens délinquants, ont été nommés policiers. On dit aussi « brigades anti-phobiques » (voir plus haut). Tremblez, « stéréotypes , préjugés, réacs ». Encore bravo ! Il fallait le faire ! Remarquez que le bagnard Vidocq a bien fini directeur de la police ! Les victimes se sont retournées en bourreaux. A cœur vaillant rien d’impossible. Magie du vocabulaire, capable d’engendrer, en même temps qu'il en est l'expression, le vaste désordre du supermarché intellectuel et moral qu'est devenue notre société.

Les composés de « phobie » sont donc devenus des armes entre les mains de toutes sortes de groupes, groupuscules, clans et tribus qui s’autoproclament représentatifs de « minorités injustement persécutées » (je voudrais bien savoir combien d’adhérents à jour de cotisation compte, par exemple, le CRAN (conseil « représentatif » des associations noires de France), ce sigle si commodément pompé sur le CRIF des juifs, qui a au moins, à défaut d'une plus grande légitimité, le mérite de l'antériorité). Représentatif mon œil !!! L'abus de langage est admis comme monnaie courante.

Sous la férule des caméras policières des « associations », l’ordre verbal doit régner. Et le mot "phobie" doit être imprimé au fer rouge sur l'épaule de tous les islamophobes, arachnophobes, homophobes, agoraphobes, gynophobes, herpétophobes, hydrophobes, anglophobes, prêtrophobes, photophobes, francophobes, éreutophobes, ornithophobes (j'arrête là, quoique je pourrais ...) : à n'en pas douter, les galères des royautés modernes ont des rameurs jusqu'à la fin des temps. "A regonfle", comme on disait à Lyon.

Charmante société de la haine des autres, fondée sur une charte consistant en une liste d'interdits draconiens, fabriquée au nom de l'altruisme moral (tolérance). Quand on a compris que les appels solennels, les hymnes médiatiques à la fraternité, à la solidarité, au respect des différences, les incantations à l'altruisme érigé en impératif administratif ou en Vérité révélée, produisent la haine, on se prend à rêver de revenir à des choses à portée d'une humanité rationnelle et raisonnable, genre "Contrat social".

La novlangue a changé de camp : c'est la gauche du révisionnisme moral à toute berzingue qui tient la queue d'la poêle (« Merd' v'là l'hiver et ses dur'tés, / V'là l'moment de pus s'mett'à poil. / V'là qu'ceuss' qui tiennent la queue d'la poêle / Dans l'midi vont s'carapater», on aura reconnu, je pense, le début du plus connu des poèmes de Jehan Rictus). 

Ah ça ira, ça ira, ça ira, / Les boni-"menteurs" à la lanterne !

Voilà ce que je dis, moi.

lundi, 14 novembre 2016

DÉSOLÉ : ENCORE L’ISLAM 1/3

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Lettre grande ouverte à ceux qui gardent "les yeux grands fermés" (piqué à Stanley Kubrick, qui a réalisé sous le titre Eyes wide shut un très curieux film à partir de La Nouvelle rêvée d'Arthur Schnitzler).

1 – Les surprises de Gilles Kepel

Pour parler franchement, j’en ai un peu assez de parler des musulmans, du Coran, d’Allah, de Mahomet. J’ai autre chose à faire que de m’occuper de religion en général, et de l’islam en particulier. Les religions, à commencer par le catholicisme (dont je suis issu), il y a fort longtemps que je les ai abandonnées. Sans regret. Je n'ai guère de goût pour la spiritualité, pour le rituel de la messe, pour les homélies, pour les prières, pour les curés. La seule chose que j'aime dans l'Eglise, ce sont les églises. Romanes si possible : Orcival ; Saint Nectaire ; Saint Austremoine, à Issoire ; Saint Philibert à Tournus ; Vézelay ; Paray-le-Monial ... 

J’aspire quant à moi à respirer un air débarrassé des miasmes de l’encens, que ce soit dans ses variantes catholique, protestante, orthodoxe, juive, musulmane, bouddhiste, taoïste, shintoïste, animiste, mécaniste, tabagiste, bagagiste, pompiste, biologiste, motocycliste, royaliste, existentialiste, humoriste, alarmiste, séparatiste, je-m'en-foutiste, orthopédiste, dadaïste, maoïste, lampiste, harpiste, bouquiniste, récidiviste, anarchiste, conformiste, illusionniste (j'arrête là, mais je pourrais ...).

Je préfère quant à moi m’aérer les poumons quand l’air est animé, par exemple, de cet élan motorique, de cette puissante marche en avant qui habite et caractérise le choral de Leipzig BWV 656. Quand il est joué convenablement. Et pourquoi pas sur l'orgue Kern de la cathédrale de Bourges (concession au gothique).

Oui, j’en ai un peu assez des miasmes religieux qui empuantissent l'atmosphère. Seulement voilà, je lis, j’écoute, je regarde ce qui se passe alentour. Et voilà-t-il pas que ce matin (3 novembre), j’entends monsieur Gilles Kepel revenir sur la question du djihadisme en France. Kepel, je connaissais vaguement, principalement pour avoir lu en son temps La Revanche de Dieu (Seuil, 1991), qui se penchait sur ce qu’on a appelé « le retour du religieux ». Et pour l’avoir maintes fois entendu intervenir sur les antennes des médias. Comme on dit, Kepel est une « voix autorisée » pour parler de l’islam. 

Dans les débats autour du voile, de la burka, et de la présence grandissante de l’islam en France, je le rangeais parmi les tièdes, les défenseurs timides de la « laïcité à la française ». Pour tout dire, je trouvais qu’il manquait de nerf et de lucidité.

Ce matin donc, sur l’antenne france-culturelle, Gilles Kepel raconte qu’il est allé à Bondy (Seine-Saint-Denis, alias 9-3), pour participer à un débat avec les gens qui animent le « Bondy-blog », ce truc "génial" fondé en 2005 après les émeutes banlieusardes, avec l’aide, je crois, de deux journalistes suisses, pour « donner la parole » à la « jeunesse des quartiers ». Tout se passe bien dans un premier temps. Et puis, au cours du débat, il pense tomber de sa chaise quand il s’entend traiter d’ « islamophobe ». Voilà le grand mot lâché.

Islamophobe, ce grand connaisseur de l'islam, s’il en est, et des pays arabes de l’Atlantique à l’Irak, dont il a une longue pratique ! Je ne savais pas qu’on pouvait passer trente-cinq ans de sa vie à travailler sur un sujet qu’on déteste. Il n’en revient pas. C’est la sidération. Du coup, s’il a manqué de lucidité auparavant, les peaux de saucisson sont tombées de ses yeux. Il constate (enfin !) que le « Bondy-blog » s’est vu, progressivement, infiltré par des copains des Frères musulmans.

En fait, l’accusation d’islamophobie est devenue une étiquette commode dans la bouche des musulmans purs et durs à l'encontre de quiconque émet des idées qui leur déplaisent, qu’ils soient « frères », wahabites, salafistes, takfiristes, que sais-je encore. Une étiquette qui vise à disqualifier d'avance tout ce que pourra dire la personne. Il n’a sans doute pas tort : on a déjà vu ça avec, entre autres, Edgar Morin qui se fait traiter d'antisémite parce qu'il ose critiquer la politique d'Israël à l'égard des Palestiniens. Ou avec, dernièrement, Christine Boutin, qui se fait condamner en justice pour homophobie parce qu'elle a osé émettre l'opinion que « l'homosexualité est une abomination ». 

Les activistes musulmans ont vite compris tout le parti qu'ils pouvaient tirer de l'extraordinaire engouement de toutes sortes de groupuscules pour un mot qui fait des ravages dans les têtes et dans les "débats de société".

Le mot "phobie" fait rage.

Voilà ce que je dis, moi.

samedi, 09 juin 2012

SUBVERSION ET SOCIETE

Résumé : ceux qui parlent, au sein même des Temples de la Culture, de culte de la Transgression, de la Subversion, de deux choses l’une, sont des menteurs ou des imposteurs. Il est désormais impossible de subvertir quoi que ce soit (l’ordre établi, les valeurs, la société, …), pour la bonne raison que la marche du monde est réglée précisément par la subversion. Le moteur du monde est désormais la subversion permanente. En vérité, mes bien chers frères, je vous le dis, les forces de la déstabilisation de tout, elles sont à l'oeuvre, et je ne vois pas ce qui pourrait les contrecarrer.

 

 

Nous vivons donc dans une société (un monde, un système de valeurs, enfin, ce que vous voulez, rien n’est à l’abri) qui se subvertit elle-même en permanence. Même ce qui semble se maintenir solidement à la barre de son existence, voit sa solidité menacée.

 

 

La preuve ? C’est que l’humanité dispose aujourd’hui d’une armée innombrable d’experts, dont le métier est d’expliquer sans cesse, jour après jour, à cette humanité, comment elle change, au moment même où elle change. Des experts qui se font fort de dire à l'humanité, dans les détails, en quoi elle est en train de se transformer, au moment même où elle est en train. 

 

 

Et des experts qui sont à l'affût de tous les moindres battements de cils des yeux qu'ils sont payés pour observer. On ne prête pas plus d'attention aux battements des cils qu'à ceux des ailes de papillons, alors qu'ont sait que, peut-être, des ouragans risquent d'en sortir.

 

 

Une armée innombrable d'experts qui produit des armées de discours supposées éclaircir, débrouiller, décrire, rendre intelligible, traduire, élucider, faire comprendre, interpréter. Ma parole, c’est un vrai déluge de toutes les lumières savantes qui nous débaroule sur la comprenette, pour que nous puissions continuer à avancer dans le tunnel. Il faut dire que le tunnel, il se fait de plus en plus obscur. Il n'est pas sûr que ce Niagara d'élucidation ait des chances d'élucider quoi que ce soit.

 

 

Qu’est-ce qu’il y a comme troupes d'éclaireurs professionnels, dans cette armée ? Très simple : toutes sortes de métiers se côtoient, s’entrecroisent, voire se contredisent dans le panier des « crabes éclairés ». Attention, ça se bouscule au portillon (ah, le joli temps des portillons, dans le métro parisien, vous vous souvenez ?!).

 

 

Dans le panier de crabes, vous avez - le philosophe, - l’économiste, - le physicien, - le médecin, - le sociologue, - l’architecte, - le politologue, - le géostratège, - le biologiste, - l’ethnologue, - le chimiste, - l’anthropologue, - le généticien, - le musicologue, - le spécialiste du monde arabe (GILLES KEPEL), - le spécialiste des fonds marins, - le spécialiste de la communication, - le climatologue, - le professeur de finances, - le trader repenti, - le pharmacologue, - le criminologue, - le psychiatre, - le juriste, - le juriste constitutionnaliste (qui n'est pas tout à fait la même chose), - le statisticien, - le démographe, - l’historien, - l’urbaniste, j’arrête là, bien que j’en oublie une foule d’autres. 

 

 

 

Franchement, vous croyez qu'il y aurait besoin de cette invraisemblable cargaison de gens savants, si la population (je n'ai pas de mot plus précis) n'avait pas besoin qu'on lui décrypte en temps réel le mouvement infernal du monde, dont le paysage semble changer sous ses yeux à tout instant ? Un monde qui bouge à ce point, je suis désolé, on ne peut plus appeler ça « évolution ». L'évolution, n'en déplaise à DARWIN, c'est fini. Aujourd'hui, c'est le jeu de boules, et en trois dimensions, s'il vous plaît, messieurs-dames.

 

 

Soit dit par parenthèse, peut-être que ce Niagara d'explications, bien loin d'éclaircir quoi que ce soit, obscurcit encore les choses, comme une sorte de déesse aux cent bras, dont chaque main ignorerait ce que font les 99 autres. Allez faire coïncider, par exemple, l'analyse de l'économiste, qui ne voit de salut que dans la croissance, avec la grille de lecture du climatologue, qui attribue la production de CO2 et de CH4 (méthane) dans l'atmosphère, aux activités économiques ? Fermez la parenthèse.

 

 

 

Car il faut voir dans cette gravissime instabilité de tous les points de repère, dans la férocissime remise en question de tous les critères de jugement, un effort de SUBVERSION généralisée. Un effort certes anonyme, un effort certes abstrait de la structure qui organise notre monde, nos idées, nos vies. Mais de la subversion quand même. Or, dans mon dictionnaire, l'idée qui découle de la subversion, c'est la destruction. 

 

 

Dans les sociétés que nous appelions, faute de mieux, primitives, la moindre anicroche imprévue, le moindre incident inattendu, le moindre événement inconnu (l’arrivée d’un étranger, par exemple) étaient dangereux pour l’ordre établi dans le groupe, pour la raison qu’ils étaient NOUVEAUX, inconnus, et qu’en tant que tels, ils faisaient courir à toute la société un risque de désordre, voire de dissolution. Il fallait de longs palabres pour que le fait nouveau soit rendu inoffensif avant de pouvoir être intégré au code, et que le fonctionnement de la société redevienne harmonieux. Ce n’était pas un « paradis », mais il est quand même perdu, puisque nous avons réussi à faire disparaître tous les « primitifs ».

 

 

On parle complaisamment, chez nous, de la « perte des repères » (tout se perd (et reperd), mon bon monsieur, de mon temps c’était pas comme ça, il leur faudrait une bonne guerre, etc.). Oui les enfants, c’est fini, le maire, l’instituteur et le curé, les trois piliers du village. Il ne reste plus que les piliers du bistrot de la place. Et bientôt, les lois hygiénistes et policières (tabac, alcool) auront même éliminé le bistrot de la place. Comment voulez-vous que le quidam ordinaire s'y retrouve ?

 

 

 

Les parents ne sont plus des parents, les enfants ne sont plus des enfants, les hommes ne sont plus des hommes, les noirs ne sont plus des noirs, les familles se recomposent, les demi-frères ont vachement envie de baiser leurs demi-sœurs adoptives (Mouler-Démouler, CLAIRE BRETECHER). Les points de repère se sont dissous. Les gens qui s'exclament très fort que le monde a connu de grandes révolutions depuis soixante ans ont le seul tort de ne pas mettre le bon mot sur la chose. SUBVERSION, je vous dis.

 

 

Oui, la déchristianisation (amorcée au 18ème siècle) a commis les premiers ravages parmi les « points de repère ». La Révolution et la tête de LOUIS XVI ont poursuivi dans la même direction. Tout ce qui paraissait ABSOLU (principe de l’autorité politique, de l'autorité religieuse, qui, qu'on le veuille ou non, unifiaient), est devenu RELATIF, discutable, et donc essentiellement labile, instable, précaire et versatile. Qu'est-ce qui échappe aujourd'hui à la grande relativisation des choses, des valeurs ? Dites-moi un peu, pour voir. Oui, le désordre nous gouverne.

 

 

Le Romantisme (avec tous les « -ismes » des avant-gardes qui n’ont cessé de naître, mourir et renaître ensuite) et les « progrès » de l’Industrie ont instauré un nouveau principe : le NOUVEAU comme principe. Jamais le temps de l’ « imparfait » n’a aussi bien porté son nom : ce qui est passé est devenu dépassé. Nous sommes assis sur un tremblement de terre esthétique, moral, intellectuel. Est-ce trop hasardeux d’affirmer que c’est toute la civilisation qui subit un tremblement de terre permanent ? Et un séisme RÉEL ?

 

subversion, gilles kepel,  

A QUOI ÇA TIENT, QUAND MÊME !

 

Sinon, pourquoi nous bassinerait-on avec les ponts-aux-ânes de l'époque présente : il faut s'adapter, le monde change, la course à l'innovation, la compétition internationale, le nouvel ordre mondial et autres calembredaines et billevesées purement virtuelles ? 

 

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

A suivre, dans quelques jours, avec quelques exemples un peu plus précis, je le jure sur la tête de mon éléphant en plomb.