lundi, 28 juillet 2025
LE PUTSCH EST DANS L'AIR
Dans le journal Le Monde daté 27-28 juillet 2025.
Eva Joly a été juge d'instruction. J'approuve l'affirmation à mon unanimité personnelle, même si, à mon sens, il ne faut pas réduire la gravité du problème à la question morale.
08:58 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journal le monde, eva joly, rachida dati
dimanche, 27 juillet 2025
DES ÉLITES PUTSCHISTES
Tout se passe comme si Rachida Dati préparait, presque sans se cacher, un putsch contre la magistrature française, contre le système judiciaire, contre la séparation des pouvoirs et, finalement, contre l'état de droit dans son ensemble. Remarquez, elle ne fait qu'emboîter le pas à quelques illustres prédécesseurs, qui lui ont montré que c'était possible et comment il fallait faire. La recette ? Elle est simple : je nie tout en bloc, avec un aplomb sans faille, et je m'y tiens mordicus.
Le premier à lui avoir montré la voie est peut-être Nicolas Sarkozy, ancien président à talonnettes et auteur d'un certain nombre de méfaits commis dans l'exercice de son mandat : refonte complète de la « carte judiciaire » (tiens, la ministre était une certaine Dati Rachida) ; suppression brutale de la "police de proximité" ; instauration de la fameuse « R.G.P.D. » (non-renouvellement d'un poste sur deux après départ en retraite de fonctionnaires) ; démolition organisée de deux services de police ("Renseignements Généraux" et "Défense et Sécurité du Territoire" et refonte dans un gloubi-boulga dont la gent policière a eu du mal à se remettre) ; et j'en oublie sans doute.
On se rappelle la posture d'innocent outragé que Sarkozy a systématiquement adoptée lorsque quelques juges effrontés ont osé s'attaquer à quelques affaires louches qui se seraient produites sous son autorité. Ses avocats ont tiré tellement fort sur toutes les ficelles de procédure qu'il a fallu plus de dix ans pour que des juges finalement tenaces obtiennent au bout du compte une condamnation définitive. A ce rythme, on se dit que Sarko aura quitté l'EHPAD pour un monde meilleur quand les juges pourront enfin clore une bonne fois le dossier de toutes les affaires où l'on retrouve obstinément le nom de Nicolas Sarkozy.
Mais cet homme à l'innocence chargée comme une mule a fait des émules. Plusieurs augustes personnalités moralement exemplaires de notre pays ont bien appris la leçon. Je pense par exemple à François Fillon, ancien candidat à l'élection présidentielle débouté pour avoir profité de largesses (Ladreyt de Lacharrière, ça vous dit quelque chose ?) par l'entremise d'une épouse travailleuse tellement clandestine que tout le monde ignorait qu'elle qu'elle n'était pas une simple femme au foyer. Passons sur le cas de monsieur Cahuzac (vous savez : « Les-yeux-dans-les-yeux »).
Madame Marine Le Pen a, de son côté, superbement et tapageusement quitté le tribunal qui venait de la condamner à l'inéligibilité pour avoir tapé dans la caisse du parlement européen et rémunéré des affidés au bénéfice de son parti avec plusieurs pauvres million d'euros détournés. Tous les vertueux qui entourent notre dame, presque aussi pure que la "Dame des Armoises", — vous savez, cette ribambelle de fausses Jeanne d'Arc qui ont sévi après la consomption de la seule authentique à Rouen en 1431, — ont glapi au "scandale d'Etat" et "grave atteinte aux libertés", à commencer par la liberté de se présenter à la présidentielle.
La dernière en date des histoires de velléités de putsch qui animent certains membres de nos élites politiques, est aussi spectaculaire. Car Rachida Dati a sorti tout récemment l'artillerie lourde dans la ferme intention de contester (en français : piétiner) la légitimité de l'ordre judiciaire à contrôler la légalité des actions menées par les personnels politiques. Elle ne fait qu'imiter un certain nombre de ses semblables qui pensent que l'état de droit n'est pas fait pour eux, et qu'ils mériteraient amplement d'être récompensés par une impunité intégrale.
En s'en prenant à la légitimité même des juges, Rachida Dati attaque directement l'état de droit. Et c'est précisément ça qui est grave, et d'autant plus grave que les atteintes à l'état de droit sont désormais une tendance qui gagne des pays jusque-là très sourcilleux quant à la préservation de la séparation des pouvoirs et au maintien de l'équilibre de ces pouvoirs.
Le rêve de tous les gens avides de pouvoir ou exerçant le pouvoir ? Donner la priorité à l'exécutif sur le législatif et sur le judiciaire. Pas la peine de citer à nouveau les pays d'Europe qui ont des penchants vers une autorité enfin débarrassée des impedimenta imposés par le fonctionnement démocratique de la société.
Quant aux autres pays du monde, il suffit de lire la presse pour se dire que les espaces vraiment démocratiques ressemblent de plus en plus à des îlots menacés par une autre sorte de submersion que celle due au réchauffement climatique.
Rachida Dati n'a même pas besoin d'avouer sur qui elle prend exemple dans ses actions et ses attitudes. N'a-t-elle pas dit à un(e) journaliste sur un plateau télé : « Ils ne sont pas nombreux, ceux qui m'ont fait plier ». Ah bon ? Parce que ça lui arrive de plier ? Messieurs les juges, c'est bon à savoir !
09:00 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 26 juillet 2025
ON MEURT DE FAIM A GAZA
Une femme de 32 ans en train de mourir de faim. Journal Le Monde, 25 juillet 2025. Photo répartie sur les pages 2 et 3.
09:56 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 25 juillet 2025
ORGANISER LA FAMINE
Les historiens de l'avenir dénicheront peut-être un jour les traces d'une sorte de « conférence de Wannsee » (20 janvier 1942, un sinistre souvenir) organisée dans les hautes sphères de l'Etat d'Israël. J'ignore tout d'une hypothèse aussi terrifiante, et je souhaite ardemment qu'elle reste éternellement une abstraction fictive. En attendant, si j'en crois les éléments d'information qui nous parviennent à travers les yeux et les oreilles des organes "ad hoc", on meurt aujourd'hui de faim à Gaza. On meurt aussi sous les balles de Tsahal en cherchant à se procurer de quoi ne pas mourir de faim.
Dessin d'Aurel dans Le Canard enchaîné de mercredi 23 juillet 2025.
L'énormité du fait m'empêche de trouver les mots pour le qualifier. J'observe juste que la responsabilité de l'événement (blocus sur l'aide humanitaire) incombe à l'équipe fanatique qui exerce le pouvoir à Tel Aviv. Mais j'observe aussi que l'équipe au pouvoir dans la bande de Gaza se moque éperdument de la faim et de la tragédie qui s'est abattue sur la population civile :
Journal Le Progrès, 24 juillet 2025.
J'observe que les responsables / coupables de cette infamie sont indéniablement les fanatiques qui, groupés autour de Netanyahou, exercent le pouvoir à Tel Aviv. Mais j'observe aussi que les fanatiques du Hamas et des autres groupes islamistes enragés, stoïques, regardent les Palestiniens tomber les uns après les autres, et sans que ça leur défrise la moustache. Ils sont très loin au-dessus de ces viles réalités et autres considérations, seulement obsédés par leur objectif suprême : détruire Israël. Les civils ? Qu'ils crèvent ! C'est ce qu'ils font depuis le 8 octobre 2023.
Gotlib (Rubrique-à-brac, p.367, la guerre du "Biaffrogalistan", alias Biafra, autour de 1968) s'interrogeait déjà sur l'impuissance de l'information à modifier le cours des événements.
Cette situation est fondamentalement révoltante. Et d'autant plus que le fait de savoir tout ce qui se passe là-bas laisse les spectateurs dans la totale impuissance d'agir sur les événements.
Même Macron se fait des illusions à ce propos : reconnaître un Etat palestinien en septembre ? La belle affaire ! Mais mon pauvre, le Hamas se contrefout de cette "reconnaissance" ! Le Hamas ? Mais mon pauvre, il pète au nez de l'Autorité Palestinienne, le Hamas ! Elle n'existe pas, l'Autorité Palestinienne ! Le Hamas n'en a rien à faire, de la vie des femmes et des enfants de la bande de Gaza ! Le peuple palestinien, pour le Hamas, c'est juste une réserve de main d'œuvre ou de chair à canon. Considérer le Hamas comme un potentiel représentant légitime du peuple palestinien, c'est criminel et aberrant. Quant à Netanyahou, ça le braque un peu plus contre la France, tout en le confortant dans sa décision de débarrasser une fois pour toutes le peuple juif du "problème palestinien".
09:43 Publié dans DANS LES JOURNAUX | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, palestiniens, israël, famine, hamas, autorité palestinienne, netanyahou, france, macron, état palestinien, tel aviv, le canard enchaîné, aurel, aide humanitaire, unrwa, bande de gaza
mercredi, 16 juillet 2025
OLRIK, LE MÉCHANT IMMORTEL
Edgar P. Jacobs, valeur inamovible de la bande dessinée belge de l'âge d'or, est renommé dans le milieu pour avoir inventé un tandem de personnages qui a marqué l'histoire du genre de façon indélébile : Francis Blake, l'aviateur devenu le chef d'un service de renseignement anglais (M.I. 5 ou 6, je ne sais plus), jamais bien loin de son ami Philip Mortimer, éminent savant, spécialiste de physique nucléaire.
Dès leur première aventure commune (Le secret de l'Espadon, 1950), ils croisent la route d'un certain "Colonel Olrik", identifié comme le méchant incurable. Cette aventure se termine par l'explosion d'une bombe atomique sur la capitale de l'empire édifié par l'innommable tyran Basam Damdu (une ville qui ressemble à s'y méprendre à Lhassa, capitale du Tibet). Il y a donc toutes les chances que l'horrible Olrik ait disparu dans les flammes.
Grossière erreur ! Car Jacobs doit raconter la suite des aventures du capitaine et du professeur. Il est bourré d'idées nouvelles pour raconter la suite de leurs aventures. Ce serait bien bête de ne pas profiter des grandes vertus narratives de ce formidable valet du Mal qui a nom Olrik. Ni une ni deux : Jacobs le ressuscite, et ses méfaits jalonneront tous les albums suivants (la "Pyramide", l'Atlantide, etc, jusqu'aux tribulations du professeur Sato (Les trois formules).
Arrivé là, Jacobs se dit que ça ne peut pas continuer ainsi jusqu'à perpète. D'abord, il vieillit et, comme s'il l'avait sentie venir, la mort le cueille en 1987, avant qu'il ait pu achever Les Trois formules du professeur Sato, dont il ne laisse qu'une version "crayonnée" du deuxième volume. Le fidèle ami Bob de Moor s'efforcera bien de finir le travail commencé, mais on voit bien que la patte du maître n'y est plus : le résultat s'approche du but, mais ce n'est pas tout à fait ça.
Et surtout, ce que je veux dire, c'est que Jacobs avait prévu de faire mourir définitivement son méchant Olrik, et la façon dont ça se passe ne laisse aucune place à l'ambiguïté, comme on le voit dans les images ci-dessous.
0 - Présentation à Mortimer du robot Samouraï par les soins du professeur Sato (volume 1).
1 - A la fin du volume 2, le robot "Samouraï" a été lancé par le savant Sato à la poursuite de l'hélicoptère qui amène les voleurs des trois formules secrètes au sous-marin de l'organisation criminelle.
2 - Le robot pulvérise l'hélicoptère et ses occupants, sans rémission possible : ça crève les yeux.
3 - Même diantrement amoché par le choc, le robot se jette sur le sous-marin qui a fait surface pour accueillir les méchants avec leur butin : le sous-marin explose à son tour. Comment voudriez-vous trouver un seul rescapé ? Telle était probablement la ferme intention d'Edgar Pierre Jacobs.
Tout ça pour dire que si Olrik est présent dans la suite de la série donnée par une ribambelle de scénaristes et de dessinateurs plus ou moins doués ou talentueux, cela ressemble fort à une imposture. Au vrai, si je sauve à la rigueur L'affaire Francis Blake et L'Etrange rendez-vous (tous deux de Jean Van Hamme et Ted Benoît), je fais peu de cas de tous les autres.
***
Pour répondre à Guy, auteur d'un commentaire sympathique, je suis entièrement d'accord : faire revivre un personnage après la mort de son inventeur est une imposture (comme je le disais). Mais je n'oublie pas que, par exemple, le personnage de Spirou était dès l'origine la propriété de la revue du même nom, et non celle du dessinateur, ce qui autorisait le détenteur des droits à transmettre le flambeau à toutes sortes d'autres.
Cela ne m'empêche pas de situer ceux qui s'y sont collés avant et après André Franquin à des années-lumière de ce qu'en avait fait l'immense virtuose du dessin qui a fait culminer la série (y compris Rob-Vel et Jijé, qui l'ont précédé). Pour moi, Astérix, c'est définitivement René Goscinny et Albert Uderzo. Pour moi, Lucky Luke sera éternellement de Morris (Maurice de Bevere) et René Goscinny.
Merci à Guy pour la relance.
mardi, 01 juillet 2025
FERMÉ POUR FERMETURE
Bon, c'est peut-être provisoire. On verra. Cela dépendra. Qui vivra verra.
09:00 | Lien permanent | Commentaires (0)