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mardi, 09 avril 2013

ÊTRE UN OTAGE FRANçAIS

 

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CE QU'ON VOIT QUAND ON ENLEVE TOUT CE QUI N'EST PAS L'APPAREIL DIGESTIF

(la fonction digestive ne permet pas, hélas, de déterminer le sexe)

 

***

Puisque personne ne me demande mon avis sur la question, je vais le donner.

 

Oui, c’est vrai ça : que faire pour sauver la vie des otages français, que des méchants méchants détiennent abusivement et qui menacent de les tuer si … ?

 

Que faire ? Ma réponse sera brève, concise, laconique et, pour tout dire, compendieuse : RIEN. Pas un centime de rançon, pas un soupçon d’effort diplomatique, ce qui s’appelle RIEN. Un otage français doit être considéré a priori comme un individu perdu pour la nation.

 

Tiens, je lui donne une idée, à la nation. Avant même toute réflexion, rien que pour emmerder les auteurs de ces crimes, elle serait bien inspirée d’organiser, à chaque prise d’otage, des funérailles nationales solennelles pour les personnes injustement soustraites à l’affection des leurs.

 

On porterait aux Invalides, en grande cérémonie, autant de cercueils vides revêtus du drapeau national, avec l’inscription « Mort pour la France », attribution posthume de la Légion d’Honneur et pension à la veuve. Le président, détenteur de la fierté nationale, prononcerait un discours martial où il promettrait que le crime ne resterait pas impuni. Voilà qui serait digne et fort !

 

Je vous garantis que ça aurait une autre gueule que les voies tortueuses de diplomates ou de services secrets, et que les atermoiements des responsables politiques qui, pris entre le feu émotionnel et médiatique des affections familiales et le feu terroriste de bandits lancés en plein hold up, promettent maladroitement je ne sais combien de millions de dollars à verser sur un compte offshore.

 

La seule chose à faire, c’est de menacer les preneurs d’otages des pires représailles, au cas où il leur prendrait la fantaisie de faire subir le moindre mal à leurs captifs.

 

Ce n’est pas que la vie des personnes injustement séquestrées ne m'importe pas ou n’a aucune valeur : des individus, tout comme moi, des personnes qui n’ont pas moins de valeur, mais pas plus. Regardez la balance : dans un plateau, un être vivant menacé, dans l'autre, tout un pays. L'équation, elle est là.

 

Qui sont les preneurs d’otages ? Motif religieux, idéologique, philosophique ou autres, ce sont des bandits. Au nom d’Allah, au nom de la lutte armée, au nom de la cause, au nom de tout ce que vous voulez : ce sont des gangsters. Le plus souvent organisés en mafia, parfois en secte dominée par un gourou (Boko Aram au Nigéria).

 

La prise d’otage est un acte de guerre. Proclamer que, par principe, la vie des otages est sacrée, c’est se déclarer vaincu avant d’avoir combattu. C’est se coucher, s’humilier, se déclarer vaincu par qui ? Quelques fruits pourris de l’humanité.

 

La honte d’être Français me submerge, chaque fois qu’un otage est libéré contre rançon. Comment ? N’importe quelle fripouille peut faire plier ma nation, au simple prétexte qu’elle détient quelques individus en possédant la carte d’identité et le passeport ?

 

Qu’est-ce que c’est que cette « nation », qui en passe par les quatre volontés de quelques canailles, passe sous leurs fourches caudines, garnit leur compte en banque et améliore leur arsenal ?

 

Qui se déclare vaincu ? L’Etat français. Une collectivité nationale, une institution politique, une entité fondée sur le droit, une structure qui regroupe 65 millions de citoyens. Comment peut-on envisager une seconde d'hésiter entre les deux plateaux de la balance ?

 

Demandez-vous pourquoi il y a si peu de prises d’otages sur des citoyens britanniques : tout le monde sait que les gouvernants anglais ne négocient jamais avec les preneurs d'otages. Pourquoi le Français est-il une denrée recherchée ? C'est simple : le Français est une marchandise qui rapporte gros, pour la seule raison que le client est facile, et qu'il paie bien.

 

Et le client est d’autant plus facile que tout le monde s’y met : les proches, les associations montées pour la circonstance, les spécialistes des droits de l’homme.

 

Le bandit, dans sa grotte ou dans son palais, peut compter sur tous ces alliés involontaires, qui sont juste ses complices : ils sont dans la place, lancent des appels, collent des affiches, interpellent le pouvoir et l'opinion publique, rédigent et font signer des pétitions, manifestent, interviennent dans les médias, font ce qu'il faut pour que nul n'oublie les otages. Plus ils sont actifs et influents, meilleur c’est pour faire grimper les enchères.

 

C’est tout simplement insupportable.

 

Otage libéré est synonyme de défaite nationale.

 

On me dira : « Tu en parles à l’aise, blogueur insensible. Ça se voit que tu n’es pas dans cette situation ». Je sais. Et je ne saurais dire quels seraient mes sentiments au cas où. En attendant, et en souhaitant que cela n’arrive à personne, je campe sur ma position : « Messieurs les preneurs d’otages, vous n’aurez rien ! Mais comptez bien vos abattis ! Vous n’emporterez rien au paradis d’Allah ! ».

 

Françoise Claustre (Tchad, 1974), Jean-Paul Kaufmann (Liban, 1985), Ingrid Betancourt (Colombie, 2002), beaucoup d’autres ne me le pardonneraient pas. Je sais.

 

Voilà ce que je dis, moi.

 

 

jeudi, 17 janvier 2013

POUR UNE POIGNEE DE SABLE EN FEU

Pensée du jour :

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CAVALIERS PIEGAN, par EDWARD S. CURTIS

 

« Le malheur est un marche-pied [sic] pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme ».

 

HONORÉ DE BALZAC

 

 

Alors, fallait-y y aller, fallait-y pas y aller ? Où ça ? Comment ? De quoi ? Ben les Rafales, les bombes, la France à l’assaut de ses anciennes colonies ! La guerre, quoi ! Fallait-il, une fois de plus, endosser l'uniforme du justicier et du redresseur de torts, du défenseur de la veuve et de l'orphelin ? S'occuper des affaires des autres ? Ils ont appelé l'opération du nom d'un charmant félin, le SERVAL, qui, paraît-il et dans les temps anciens, fut un compagnon de chasse de l'homme (je crois ce qu'on me dit, moi, je fais confiance, vous pouvez pas savoir). 

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C'EST JOLI, UN SERVAL, NON ?

Alors, fallait-il que le président de la France, FRANÇOIS HOLLANDE, décidât que la France entrât en guerre ? Personnellement, j’ai tendance à penser qu'oui (l'apostrophe, c'est juste pour éliminer l'hiatus - et non pas "le" hiatus, comme disent les étourdis et les ignorants). Pour la raison simple que, certes, ce sont les affaires des autres, mais pas complètement quand même, à cause, par exemple, de l'importance de la communauté malienne en France. Eh oui, l'industrie a eu besoin des bras maliens. Faut assumer.

 

 

Si, face à la pétaudière géopolitique que constitue la Syrie, rien ne semble bouger, en revanche, face à la main de fer que quelques centaines de gangsters, de sadiques et, pour tout dire, de FASCISTES ont abattue sur les populations du nord du Mali, il fallait donc agir sans attendre qu’ils se fussent implantés à demeure et qu’ils eussent étendu la surface de leur conquête à l'ensemble du Mali. Et plus, si affinités, comme on dit. Pour la France, c'est d'une certaine manière de l'autodéfense. 

 

 

Que ces fascistes soient aussi musulmans n’y change rien, et en plus il est permis d’en douter fortement : des salafistes tunisiens n’ont-ils pas fait brûler le sanctuaire soufi (la tendance mystique et pacifique de l’Islam, s'il en est) de Sidi Bou Saïd, avec les Corans qui y étaient. Des musulmans qui brûlent le Coran ? Voilà un scoop, coco.  Fascistes j’ai dit, fascistes je maintiens. Et des bandits par-dessus le marché, dont le projet est, à travers le Sahara, la construction d'une autoroute de la drogue à destination de l'Europe. Coupeurs de mains pour compléter la panoplie et soigner l'image médiatique. 

 

 

 

Parmi eux figurent d’ailleurs peut-être des Toubous tchadiens, les anciens mercenaires sur lesquels KHADAFI faisait pleuvoir l'or de son pétrole. Il y avait en tout cas beaucoup de Touaregs qui, une fois le mécène tué atrocement (= lynché sans procès),  sont rentrés chez eux (façon de parler, ils sont nomades, nous dit-on), en emportant tout un tas de lance-missiles perfectionnés qu'ils avaient appris à manoeuvrer. 

 

 

 

Remarquez, KHADAFI est mort, mais l'argent continue à affluer dans les caisses des salafistes pour qui l'Arabie saoudite est le paradis sur terre, mais qui, au passage, ne peuvent pas encadrer les Frères musulmans. Et on nous raconte que l'Arabie Saoudite et le Qatar sont nos alliés ?

 

 

En tout cas, on leur achète tellement de pétrole qu'ils peuvent tout se permettre : acheter le PSG ou des hôtels particuliers du XVIIIè à Paris, et donner aux salafistes et autres djihadistes assez d'argent pour former des armées anti-occidentales. Heureusement, tous sont des sunnites, et s'entendent pour vouloir exterminer ces salopards de chiites et leurs cousins alaouites. On prend les paris sur ce qui va se passer entre eux, quand ils auront eu la peau d'ASSAD, en Syrie ?

 

 

 

Les Toubous du Tchad et les Touaregs de nulle part et de partout croient-ils seulement en quelque chose d’autre que l’argent ? C'est quoi au juste, ce fantasme des « droits des peuples à disposer d'eux-mêmes », au moment où la cocaïne des cartels de Colombie et d'ailleurs nous arrive à travers le Sahara ? Au nom du « droit à l'autodétermination », sans doute ?

 

 

 

Je pose juste la question. Reste que couper des mains et brûler des sanctuaires est le fait d'une petite bande de "tableraseurs du passé", qui me semblent autrement dangereux que les "sans-culotte" de 1793, qui n'avaient au moins dans le collimateur que tout ce qui déparait la sacro-sainte égalité. Les bandits fascistes du Sahel, eux, sèment leur bon plaisir et leur mafia partout où ils font le malheur des autres en débarquant dans leur existence. Et tout ça, grâce à la guerre en Lybie.

 

 

Les LE PEN, à côté, c’est du pipi de chat et de la roupie de sansonnet, et quand on compare, ça fait même étrange de les entendre traiter de « fachos ». Ils n’ont pas encore coupé de mains, eux. LE PEN en Algérie ? Certes, mais il n’a rien fait d’autre que ce qu’ont fait les AUSSARESSE, BIGEARD, MASSU et compagnie. Je le dis d’autant plus volontiers que je ne suis pas près de voter pour MARINE. Il ne faut pas confondre fascisme et "créneau porteur". 

 

 

Bref. Personnellement, je suis aussi assez favorable à l’entreprise au Mali, parce que j’ai entendu un général déclarer sérieusement que l’opération n’était que la 2ème phase de ce qui avait été commencé en Lybie par un certain … NICOLAS SARKOZY. Car ce qui est prouvé, c’est que la catastrophe malienne découle directement de la décision va-t-en-guerre de NICOLAS SARKOZY, inspiré par son « Père Joseph » nommé BERNARD-HENRI LÉVY, de tuer le Colonel KHADAFI.

 

 

 

Les charmants garçons d'AQMI (ex-GSPC), du MUJAO et d'Ansar Eddine ne sont que des ingrats : ils devraient savoir gré à NICOLAS SARKOZY de leur avoir ouvert en grand les portes des arsenaux pléthoriques et superbement garnis de MUHAMMAR KHADAFI.

 

 

Digne successeur de son prédécesseur, FRANÇOIS HOLLANDE prend bien soin de placer ses pieds dans les traces laissées par ceux du gars à qui il sortait, en plein débat préélectoral : « Moi, président de la République, … Moi, président … ». Mais pour être honnête, il faut dire que HOLLANDE a été obligé de prendre sa décision d’intervenir à cause de la situation créée par l’irréflexion congénitale propre à SARKO, et par son besoin souverain de faire du spectaculaire (dictature du 20 heures de TF1).

 

 

« Le changement c’est maintenant », qu’il disait. Remarquez, SARKOZY nous avait déjà fait le coup de la « rupture » en 2007. Et en fait de « rompre », il avait surtout « cassé » (l’hôpital, l’école, la justice, la police, …). Ah c’est sûr, HOLLANDE prend bien soin de ne rien casser. Moi dans mon coin, j’avais déjà pensé qu’il ne « cassait rien » (comme on dit vulgairement), HOLLANDE. Et pourtant si : il a envoyé l’armée « casser du nègre et du bougnoule », comme on disait joliment, du temps de la « coloniale ».

 

 

Surtout, il prend soin de ne rien casser de ce qu’a fait le prédécesseur, NICOLAS SARKOZY. C’est sûr qu’il veille à ce que les ruines laissées par lui restent en l’état, aussi propres et nettes qu’il les a trouvées en entrant dans les « lieux » (si vous voyez ce que je veux dire). Rien n'est plus seyant que de belles ruines bien entretenues. Voyez Pompéi.

 

 

Reste que les frontières dessinées par les colonisateurs de l’Afrique avant leur départ relèvent la plupart du temps de la plus haute fantaisie. Cela vient en grande partie, ai-je cru comprendre, du fait que ce sont des officiers de l’infanterie terrestre qui ont manié le crayon. Alors que les frontières tracées sur les cartes, mettons, en Asie du Sud-Est, l’ont été par des officiers de marine, et que sur le plan ethnique, en gros, ces frontières ont du sens (idée de l'immense géographe YVES LACOSTE). Pas celles des pays du Sahara.

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LA MAGIE DE LA LIGNE DROITE 

Le marin, il a un peu étudié le terrain, il a vu les populations dont il a fumé l’opium, il agit avec un certain tact et une certaine subtilité. Le biffin, lui, il carbure à l'alcool, il ne se tracasse pas, il prend une grande règle et c’est parti pour tracer de beaux traits bien rectilignes. Ça y est, vous avez un Etat. Ben non, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Un Etat, avec tous ses attributs, pour que ça ait une cohérence, il faut procéder autrement. Les seuls traits qui aient un peu de sens, là, sont ceux qui suivent le tracé des fleuves. Et encore : quels fleuves ?

 

 

A cet égard, de la Mauritanie au Soudan (c'est-à-dire de l’Atlantique à la Mer Rouge), en passant par le Mali, le Niger et le Tchad, ainsi que par le sud de l’Algérie, de la Lybie et de l’Egypte, l’arbitraire des tracés relèverait du registre le plus comique si, dans la réalité, ceux-ci n’étaient pas de pures fictions. Je crois rêver quand j’entends un journaliste déclarer doctement que « l’Algérie va fermer ses frontières ». Il sait ce que c'est, une frontière de 1400 kilomètres ? Dans le désert ? C’est ce qui s’appelle avoir le sens des réalités. Oui : des réalités virtuelles. Voilà ce que c'est quand on joue trop à la console.

 

 

Voilà ce que je dis, moi.