Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 30 juillet 2013

JOURNAL DES VOYAGES 16

Je suis en vacances, mais ... l'écuelle du chien est bien remplie jusqu'au 16 août : je n'aurais voulu à aucun prix qu'il crevât de faim. Les amis des bêtes m'en auraient voulu, si j'avais mis un subjonctif présent.

 

Pour ne pas laisser vacant tant d’espace disponible, mais le remplir de façon bien sentie, je me suis dit que la collection 1876-1899 du Journal des Voyagesétait parfaitement idoine, à cause du caractère absolument délicieux de ses illustrations. 

vacances,journal des voyages,amérique,condor,tintin,hergé,le temple du soleil,bande dessinée,françois craenhals,chevalier ardent,roi arthus,l'ogre de worm

ELLE EST PAS BELLE, MA MYGALE ?

Puisse l’illustration quotidienne remplir l’office du poisson rouge quand on est seul et qu’on n’a personne à qui parler : on peut toujours s’adresser au bocal.

 

Nous en étions hier aux vautours d'Amérique. Bonne nouvelle : nous y restons.

CONDOR.jpg

"UN COMBAT ENTRE CIEL ET TERRE : IL REÇUT UN COUP DE SABRE EN PLEIN CORPS"

(On appréciera la taille du "sabre", et l'insondable du précipice)

Quelles sales bêtes, quand même, les condors. Est-ce dans Tintin que je l'ai appris, ou dans le Journal des Voyages ? Dans le doute, je m'abstiens.

CONDOR 1.jpg

Je remarque quand même que les griffes du condor (ça se passe aux pages 29 et 30 du Temple du soleil) devaient avoir été sacrément limées pour n'infliger au héros que des blessures vénielles, très vite disparues.

CONDOR 3.jpg

DEUX PETITS PANSEMENTS, ET ON N'EN PARLE PLUS

Je me souviens d'une image de L'Ogre de Worm, de François Craenhals, où les griffes et le bec de l'aigle royal ne se contentent pas d'effleurer les chairs du géant. Au contraire, le dessinateur s'en donne à coeur joie pour faire comprendre que les chairs sont labourées en profondeur, et que les yeux en particulier sont les victimes de l'acharnement du volatile. 

CONDOR 4.jpg

"DEUX MILLE LIEUES A TRAVERS L'AMERIQUE DU SUD : IL FRAPPE A TOUTE VOLEE LE CONDOR"

Comme je n'arrive plus à mettre la main sur l'album, c'est dommage, mais tant pis ... je propose un autre condor, tiré, celui-ci, du Journal des Voyages.

vacances,journal des voyages,amérique,condor,tintin,hergé,le temple du soleil,bande dessinée,françois craenhals,chevalier ardent,roi arthus,l'ogre de worm

Quand on ajoute ce vautour de l'Himalaya, on est à peu près sûr.

vacances,journal des voyages,amérique,condor,tintin,hergé,le temple du soleil,bande dessinée,françois craenhals,chevalier ardent,roi arthus,l'ogre de worm

 Après tout, peut-être que c'est de celui-ci qu'Hergé s'est inspiré ? Allez savoir.

 

 

lundi, 29 juillet 2013

JOURNAL DES VOYAGES 15

Je suis en vacances jusqu'au 16 août, mais, pour ne pas laisser vacant tant d’espace disponible, mais le remplir de façon bien sentie, je me suis dit que la collection 1876-1899 du Journal des Voyages était parfaitement idoine. Puisse l’illustration quotidienne remplir l’office du poisson rouge quand on est seul et qu’on n’a personne à qui parler : on peut toujours s’adresser au bocal, à moins qu'on en verse l'eau du poisson dans le verre de pastis (ou le pastis dans l'eau du poisson, pourquoi pas ?). Il paraît que ça donne un goût intéressant. 

 

Aujourd'hui un saut jusque dans les Amériques, avec les urubus au travail.

URUBUS 1.jpg

Malheureusement pour le Journal des Voyages, il se fait que les urubus sont des charognards à peu près exclusifs, or il faudra attendre un peu pour que le bonhomme soit passé à trépas, même si son acuité visuelle semble avoir brusquement baissé (c'était la même chose au gibet de Montfaucon, à l'époque de François Villon : « Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés » (Ballade des pendus). Et vu l'état de sa rotule, son kiné a du boulot sur la planche.

URUBUS.jpg

LES VRAIS URUBUS DANS LEUR VRAI TRAVAIL

Soit dit en passant, je tremble encore qu'un ancien premier ministre,

FILLON.jpg

lui-même un peu vautour, aurait pu porter le même prénom et le même nom que notre poète national : rendez-vous compte, il s'en est fallu d'une lettre, autrement dit, d'un cheveu. La poésie l'a échappé belle. Vous imaginez, vous, le premier des grands poètes français, s'il s'était appelé François Fillon ? Quelle honte hexagonale ! 

 

« Ma dernière parole soit

Quelques vers de Maître François !

Pardonnez-moi, Prince, si je

Suis foutrement moyenâgeux. »

 

Quelle injure pour François Villon, qui n'eût jamais envisagé de devenir un jour ministre ! Que le ciel et Georges Brassens réunis l'en préservent à jamais !

 

 

dimanche, 28 juillet 2013

JOURNAL DES VOYAGES 14

Je suis en vacances jusqu'au 16 août, mais j'ai laissé Médor dans sa niche, avec des provisions de pâtées et d'os à ronger pour accueillir le visiteur éventuel, pour qu'il ne trouve pas porte close. Je précise qu'il ne mord pas (je parle du chien et du visiteur, cela va de soi).

0 COLL 6.JPG

Pour ne pas laisser vacant tant d’espace pendant les vacances, mais le remplir de façon bien sentie, je me suis dit que la collection 1876-1899 du Journal des Voyages était parfaitement idoine. Puisse l’illustration quotidienne remplir l’office du poisson rouge quand on est seul et qu’on n’a personne à qui parler : on peut toujours s’adresser au bocal.

 

Un petit tour au pays du hara-kiri. On va me dire : « Encore des têtes coupées ! ». Eh oui, mais ici, c'est inscrit dans le rituel, et les samouraïs se sentiraient déshonorés si aucun ami serviable ne consentait, à la fin de la cérémonie, à leur décoller la tête du reste du corps.

 

On est presque chagriné de savoir que l'immense (et prix Nobel de littérature 1968, s'il vous plaît) Kawabata Yasunari ait choisi le moderne et vulgaire gaz pour en finir avec cette civilisation vulgaire et sans honneur qui avait déjà fait disparaître le Japon auquel il se rattachait comme par des racines, et qui seul était capable de lui rendre l'air respirable.

KAWABATA 1 YASUNARI.jpg

L'AUTEUR DE LIVRES TRES BEAUX : LE LAC, PAYS DE NEIGE, LE MAÎTRE OU LE TOURNOI DE GO, KYÔTO, ETC.

Mishima Yukio, en revanche, ce romancier exalté et nostalgique du Japon des samouraïs et de l'honneur, a décidé d'en finir dans la grandeur et la dignité de la tradition. Il est vrai que sa harangue belliqueuse adressée à des jeunes troupiers médusés, rassemblés dans la cour de la caserne, fit un flop magistral. Mais ceux-ci étaient déjà contaminés jusqu'au coeur par la civilisation du hot dog, du gadget et du technicolor. Son ami lui coupa toutefois la tête selon le rite antique. Je trouve que ça conserve une certaine gueule, même dans le dérisoire.

SEPPUKUS.jpg

ENCORE UNE FOIS, C'EST VRAIMENT "L'IMAGINATION AU POUVOIR"

On sait maintenant qu'il ne faut pas dire « hara kiri », mais « seppuku», parce que ça fait tout de suite plus "informé". Je signale en passant que l'opération du seppuku consiste à entailler la bedaine d'abord verticalement en partant du bas, puis à compléter la figure du T horizontalement, en partant de la gauche, sous les côtes. Et que ce n'est qu'au moment où l'opérateur aperçoit le « Torii » (ce portail sacré du shinto qui lui annonce son entrée dans le monde spirituel) que, d'un geste, il fait signe à son ami de lui trancher le cou. Ce genre de chose réclame une précision qui fait défaut à bon nombre, hélas !

journal des voyages,vacances,japon,samouraïs,kawabata,hara kiri,seppuku,prix nobel littérature,mishima yukio,groucho marx

LE TORII DE MIYAJIMA

Il restera au dessinateur du Journal des Voyages à se documenter un peu mieux sur l'exactitude du rituel : essayez de saisir par la poignée (au-dessus de la "tsuba", = la "garde") une lame de plus d'un mètre de long, et de vous la planter dans l'abdomen, comme on le voit sur l'image ci-dessus. Un enfant de cinq ans sait différencier un "katana" (105 cm.) d'un "wakizashi" (72) et d'un "tanto" (43). « Amenez-moi un enfant de cinq ans», disait Groucho Marx. 

journal des voyages,vacances,japon,samouraïs,kawabata,hara kiri,seppuku,prix nobel littérature,mishima yukio,groucho marx

Je mentionne seulement pour le plaisir (« only for fun ») et en guise de conclusion le délit de fantaisie que fut à l'égard de cette haute tradition japonaise la fondation de la revue Hara-Kiri, par une bande de joyeux fouteurs de merde,

journal des voyages,vacances,japon,samouraïs,kawabata,hara kiri,seppuku,prix nobel littérature,mishima yukio,groucho marx

ET PATRIOTES AVEC ÇA ! EN L'HONNEUR DES JO DE 1976.

au centre de laquelle oeuvra et se dépensa sans compter le regretté Georges Bernier, alias Professeur Choron, qui prit ce nom par respect envers le personnage sûrement respectable dont avait été baptisée (en 1868) la rue où l'équipe avait son local.

 

Pour les amateurs de précisions plus érudites, il est bon de situer dans le IXème arrondissement de Paris cette rue longue de 230 mètres et large de 12 (entre le 11 de la rue de Maubeuge et le 18 de la rue des Martyrs). Alexandre Choron (1771 ou 1772 [selon les sources] -1834) fut professeur de musique, mais surtout un théoricien reconnu, auteur d'un remarqué Dictionnaire historique des musiciens, et autres oeuvres notables. Je doute que Georges Bernier savait tout ça, quand il allait sodomiser la vieille qui finançait la revue. J'affirme qu'aucun terme de ce paragraphe n'est le fruit de mon invention.

 

 

vendredi, 26 juillet 2013

JOURNAL DES VOYAGES 12

Je suis en vacances jusqu'au 16 août, mais pour aller jusque-là, je me suis débrouillé pour laisser un gardien dans la niche. On peut y aller : il ne mord pas.

0 TITRE.jpg

Puisse l’illustration quotidienne remplir l’office du poisson rouge quand on est seul et qu’on n’a personne à qui parler : on peut toujours s’adresser au bocal. Si le poisson fait des bulles, c'est le moment d'écouter : il est en train de répondre.

 

On reste quelque part en Afrique.

ESCLAVES & BOURREAUX NOIRS.jpg

 

Chacun sait que les blancs sont définitivement le modèle indépassable des infâmes esclavagistes, comme le montre la photo de notre reporter sur place. Et que les noirs entre eux ne sont animés que par des sentiments profondément humains et par des règles strictes de courtoisie, d'aménité, et même d'humanité, comme le démontrent encore tous les jours sur les femmes les diverses milices (dont le "M23") en action dans les environs du Kivu (témoignage du docteur Mukwege). Mais que fait Caroline Fourest ? Elle a peut-être sa propre hiérarchie personnelle des valeurs ?

 

Pour commenter la gravure ci-dessus, on pourrait aussi relever qu'elle commente elle-même une partie de l'Exposition Universelle de Paris de 1878 (plus de 16.000.000 de visiteurs quand même, avouez que ça éberlue), qui comportait une section "anthropologie". Et qui donna du travail à quelques talentueux graveurs et fondeurs de médailles.

EXPO COLOMIALE 1931 1.jpg

Sans atteindre les sommets de bon goût que les visiteurs ont pu contempler à l'Exposition Coloniale de 1931, elle reflète le degré d'estime et de considération dans lequel les Européens tenaient les Africains (et autres peuplades indigènes). Mais que fait Louis-Georges Tin,

TIN L-G CRAN.jpg

le Caroline Fourest des noirs en France, puisqu'il est président du CRAN, l'inénarrable Conseil « Représentatif » des Associations Noires.

 

 

Représentatif ? MON OEIL !

 

AA MON OEIL 2.jpg

 

 

Pour conclure, on ne sait pas assez que le Code Pénal actuel ne reconnaît pas l'esclavage, au motif qu'aucun individu ne saurait être la propriété d'un autre. Mais le projet de loi voté le 23 juillet va sûrement remédier à ce vide juridique. On respire : l'esclavage moderne existe en France, mais il ne faut pas dire que les cas venus devant la justice ne concernent que des populations à peau foncée. C'est interdit, parce que « ça stigmatise». Du moins Louis-Georges Tin se sent stigmatisé.

AA ANGELOTS.jpg

Les angelots du Parti Socialiste l'approuvent en silence.