mardi, 24 février 2026
LA PHOTO, MON ART ABSTRAIT;
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dimanche, 22 février 2026
PETIT POEME SANS DOUTE NOCTURNE.
Un matin, en sortant de chez moi (quelque part à la Croix-Rousse), je tombe nez à nez avec un drôle de graffiti, peint — sans doute à la hâte — sur une surface parfaitement plane, un mur qui vient d'être très soigneusement refait, parfaitement maçonné et vêtu d'une couleur entre les bistres et les ocres. J'ai trouvé la chose plutôt sympathique. Deux dessins accomplis trop schématiquement étaient censés figurer un personnage grandeur nature en mouvement. Ici, je présente seulement le texte, débarrassé de tout son décor. J'avoue que les intentions de l'auteur de ce poème me restent assez énigmatiques, avec peut-être un léger relent de frustration mêlé à un sentiment tendre. Mais je ne garantis rien.
Photo prise en août 2017.
09:46 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS, POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, graffiti, poésie
samedi, 21 février 2026
J'ENTRE AU C.P. ET CE QUE J'Y APPRENDS ...
... EN MATIÈRE D'IMAGE.
Ben oui, c'est vrai, pourquoi le nierais-je ? Il y a un peu plus d'un an, je me suis lancé dans la fabrication d'images "à ma façon". Je ne savais rien de rien, mais alors du genre nib de nib, balpeau, bref, que dalle ! J'entrais à l'école primaire, pour ne pas dire en "grande section", c'est dire.
Et je dois avouer qu'aujourd'hui je ne suis pas satisfait du tout de mes premières tentatives, et à peine content de beaucoup de suivantes. Sans doute les problèmes liés à tous les premiers pas. Mais avec la ferme volonté de ne rien apprendre dans une école quelconque. Mon étendard : autodidacte ou rien ! On a sa fierté, quand même ! — l'idée n'est pas de moi : « Pas bien haut, mais tout seul ! » — ça dit peut-être quelque chose à quelqu'un.
Ma méthode : le tâtonnement obstiné, des tonnes d'essais, des mégatonnes d'erreurs. Je savourais l'obscurité dans laquelle baignait mon esprit face aux outils que la technique ultrasophistiquée met aujourd'hui à notre disposition. Précision inutile : ce vice rédhibitoire persiste. D'autant plus que je ne tiens pas à accroître mes connaissance et ma maîtrise dans ce domaine technique.
Les outils que j'ai mis en œuvre depuis mes débuts, et même jusqu'à présent, les vieux routiers du domaine, ceux qui savent donc tout ce qu'il faut savoir et tout comment faire, ne peuvent pas ne pas savoir que mes capacités sont restées rudimentaires, rustiques, pour ne pas dire d'un ascétisme monacal. "Enfantin", doivent-ils penser. Ce qui fait qu'au final, je trouve assez regardables avec un relatif plaisir un pourcentage infime de toute ma production. pour dire qu'en fin de compte, amateur j'étais, amateur je reste. Amateur endurci.
En partie à cause d'un obstacle majeur cependant : le budget à consacrer à la chose. Mon envie de dépenser quoi que soit dans ce domaine tendait vers le zéro mathématique : j'avais trop d'autres curiosités, souvent plus "vitales" disons, à satisfaire.
Fragment d'une photo prise au camping de Strasbourg en juillet 2017.
Je me suis d'abord donné comme objectif de fabriquer des images sur une base symétrique. Ne m'en demandez pas les raisons, je l'ignore, et dans le fond, je m'en fous. L'une d'elles est sans doute que cela me permettait une sorte de construction formelle artificielle capable de transformer le hasard et le chaos apparent des formes de la nature en objet élaboré par une volonté. Progressivement, je suis tombé sur quelques ouvertures, j'ai entrebâillé quelques portes, et ça m'a un peu encouragé à poursuivre la démarche. Depuis cette période de symétrie obsessionnelle, j'ai quand même élargi mon horizon.
Première manip. à peu près selon les mêmes contours que l'original.
En utilisant divers procédés dénichés à droite et à gauche dans ma machine, j'ai obtenu diverses séries d'images que j'ai baptisées de divers intitulés, qui ont varié au fil du temps (la liste serait trop longue et ennuyeuse pour figurer ici), mais qui s'efforçaient de mettre en cohérence l'ensemble des éléments que j'y rangeais.
Résultat final : une sorte de négatif.
Ce que j'attendais, ce qui m'a guidé dans toutes ces élaborations, c'est le moment où se produisait un déclic qui transformait d'un coup quelque chose en autre chose en matière d'effet visuel, si possible rigolo ou plaisant : je voulais d'abord être surpris moi-même à la vue de ce qui surgissait sur mon écran. Plus la métamorphose était soudaine, nouvelle, voire brutale, plus j'étais content : une voie semblait s'ouvrir. Mon Graal : transformer l'aspect des choses visibles, au point de les rendre méconnaissables, indéchiffrables. Exemple ci-dessous. J'ose mettre au défi quiconque de deviner l'origine de l'image. Non non, pas d'indice, n'insistez pas.

Autre exemple, encore selon l'esprit de symétrie. Cette fois je peux le dire : c'est à partir du motif figurant sur la quatrième de couverture d'une édition ancienne du Michel Strogoff de Jules Verne (une symétrie découlant directement de l'objet).

Et chaque fois qu'une telle surprise s'est produite, j'avais l'impression d'avoir appris quelque chose, sans que quiconque me l'ait enseigné. Mis au point la représentation de la possibilité d'une nouvelle réalité visible jamais aperçue nulle part auparavant, quel qu'en fût l'intérêt proprement esthétique. Peut-être une lointaine réminiscence de deux des strophes immortelles sorties de la plume de notre plus grand poète (Charles Baudelaire, évidemment) : celles qui closent le dernier poème des Fleurs du Mal : « Le Voyage. ».
Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'ancre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons.
Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, Qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie.
vendredi, 20 février 2026
LES MERVEILLEUX NUAGES ...
ÉTAPE N°1 : APRÈS UN LÉGER RECADRAGE.
ÉTAPE N°2 : DUPLICATION EN MIROIR.
ÉTAPE N°3 : DÉGAGEMENT DU MOTIF (une sorte de Roi noir après l'échec et mat). J'avoue que j'ignore où sont les clés qui pourraient m'ouvrir la comprenette sur la recette pour aboutir à ce genre de résultat.
ÉTAPE N°4 : APPLICATION DU MOTIF SUR LE NUAGE PAR SIMPLE SUPERPOSITION DES DEUX IMAGES;
***
Je n'expose pas ici les secrets d'une méthode de fabrication. Dans le fond, je ne maîtrise pas vraiment les éléments qui permettent d'aboutir. Ma seule méthode, c'est un tâtonnement permanent dans la pénombre d'un logiciel d'une rusticité exemplaire.
***
Éventuellement, si on est un peu extrémiste, on peut encore faire un pas vers ailleurs.
La photo qui a servi de base à cette petite plaisanterie a été prise de ma fenêtre en juillet 2017.
Il faut quand même que j'avoue un détail : la recherche des clichés capables de se prêter à ce genre d'opération est de très longue haleine. Le pourcentage de satisfaction (+ ou —) des attentes, je l'évalue autour de 1 %.
09:00 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie
mercredi, 18 février 2026
MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...
... ET SON GENDARME.
Dernier épisode de la séquence à la Préfecture de Paris. Maintenant, direction les salons de l'armée allemande. Le gendarme obtempère. Madeleine est prête, suite aux propos de son voisin de banc sur le destin qui l'attend.
« Vous pouvez faire descendre Riffaud ! » Soit dit en passant, "descendre" est le mot qui convient, vu l'avenir promis (qui ne se réalisera pas).

Elle suit.

Elle a un petit malheureux geste de résistance, mais pas moyen (mais c'est aussi peut-être la vraie lumière du jour qui blesse ses yeux : voyez l'ombre sur le regard baissé).

Elle baisse les épaules. Elle ne peut rien.

Alors là, je dois dire que le geste du gendarme me déçoit beaucoup. Est-ce du zèle démonstratif ? De la soumission ? La consigne ? L'application d'une convention tacite ? En tout cas, ce geste pose question.

Allez ! Embarquez ! Je trouve quand même au gendarme moustachu un air bien penaud, les bras qui tombent mollement.

Et puis observez ce regard de Madeleine en direction des yeux de son gendarme. J'y vois pour mon compte un grand air de tristesse pleine d'interrogation muette.

Et puis, ci-dessous, voici la réponse de "son gendarme" : splendide ! Comment ? Ce soldat (les gendarmes font partie de l'armée) ose faire le salut militaire à une petite civile de rien du tout ?! Mais ça ne se fait pas, brigadier !!!
Est-ce que par hasard,, brigadier, vous ne marqueriez pas l'immense respect ou l'énorme admiration que vous éprouvez dans le fond de vous-même pour ce petit bout de femme qui a démontré aux yeux de tous les témoins oculaires qui l'ont vue, dans les locaux, bondir de rage au point de passer un drôle de savon au mec le plus dégueulasse, le plus puissant et le plus dangereux de toute la Préfecture ? Prendre le commandement des opérations pour tenter de sauver une femme enceinte, une "youpine" (dixit commissaire David) ? C'est cette image, brigadier, que je veux garder de votre présence tout au long de cette séquence. Une présence tour à tour active et passive, mais un regard et une écoute de tous les instants des événements. Et finalement un incroyable personnage, comme une preuve de l'ambiguïté radicale de la situation où l'Occupation a plongé nombre de serviteurs de l'Etat.
Ci-dessous l'extraordinaire salut militaire réglementaire que l'on se fait — entre soldats ! — en signe de respect.


Et regardez l'horrible solitude du gendarme anonyme, écrasé, minuscule dans le décor immense et déjà lointain, presque inexistant, quand il voit s'éloigner la voiture transportant une prisonnière qu'il est convaincu qu'elle n'en a plus pour longtemps à vivre.
***
FIN DE MON FEUILLETON "MADELEINE RIFFAUD ET SON GENDARME".
***
Je n'ai pas demandé à Morvan et Bertail l'autorisation de m'attarder à ce point sur cette séquence de leur pavé biographique autant qu'autobiographique. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas trop. C'est une séquence très courte après tout : elle occupe de la page 23 à la 33 du troisième volume de l'histoire de cette femme. Chacun des volumes fait environ 120 pages, faites le calcul.
L'intérêt particulier de la séquence ne m'a pas sauté aux yeux au premier abord : c'est vrai ça, qu'est-ce qu'il fait là, ce flic sans nom qui ne dit presque rien ? Qui agit à peine ? Qui obéit aux ordres et qui applique la consigne sans hésiter ?
En fait, ce qui a fini par m'apparaître, c'est une sorte d'échantillon de toutes les attitudes qui se présentaient au sein de la population française sous l'Occupation : il y a ceux qu'on ne verra jamais dans ces locaux : d'une certaine manière, ils ont peur, ils veulent manger, ils ne veulent pas d'ennuis, ils ont une famille etc. Rien de franchement condamnable dans le fond, sinon une certaine lâcheté. Et puis il y a toute la guirlande des "pour" et des "contre", de la pleine participation active et féroce à la doctrine nazie aux petit gestes quotidiens de résistance au désespoir, du sinistre David jusqu'à la plénitude de la révolte de Madeleine Riffaud (passée tout près de la mort), en passant par tous les grades de suspects et de "coupables", mêlés de près ou de loin aux activités "anti-allemandes".
C'est aux relectures successives que la force de l'ensemble de l'épisode m'est apparue dans toute sa profondeur potentielle. Dans tout l'espace de ce qui n'y était pas raconté, mais puissamment suggéré, voire montré. J'ai fini par lire l'épisode à travers les yeux du gendarme et de ce que j'imaginais qu'il pouvait penser.
***
JEAN-DAVID MORVAN ET DOMINIQUE BERTAIL, en captant, puis en façonnant sous forme d'un récit puissamment illustré les éléments principaux, mais aussi des détails presque imperceptibles de sa propre existence livrés très longuement et de façon détaillée par MADELEINE RIFFAUD en personne, ont entrepris d'édifier un monument qui, une fois achevé, s'élèvera à l'altitude de l'entièreté de l'existence d'une femme hors du commun.
Si je devais m'adresser au trio des auteurs pour décrire ce que j'éprouve tout au bout de ces relectures, je leur dirais que l'ensemble du récit, pour tout un tas de raisons que je n'ai pas envie d'analyser, ME PORTE DE L'INTÉRIEUR.
09:00 Publié dans BANDE DESSINEE, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bande dessinée, morvan et bertail, madeline riffaud sistante, jean-david morvan, dominique bertail
mardi, 17 février 2026
MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...
... ET SON GENDARME.
L'essentiel du présent épisode consiste, si l'on peut dire, en une drôle de conversation entre deux personnes pareillement mises en détention pour des raisons un peu différentes, mais semblables sur le fond.
Le gendarme est toujours là, à garder l'œil sur sa prisonnière (la consigne, c'est la consigne), pendant qu'elle fait un brin de toilette après ses "conversations" musclées avec la milice et le sinistre commissaire David, dont le destin est désormais scellé (voir épisode précédent).
Avant d'en venir au dialogue, il est indispensable de faire état des réflexions que Madeleine conduit sur les destins des serviteurs de Pétain et de l'Allemagne nazie. Ce n'est plus la résistante qui parle, c'est la future militante syndicale et anticolonialiste (quatre, cinq ou six volumes encore prévus par les auteurs Morvan et Bertail) : elle semble envisager ici les combats qu'elle s'apprête à livrer pour des raisons qui lui apparaîtront plus grandes que sa petite personne. On se situe évidemment après que le commissaire David est passé devant le peloton d'exécution.
« La plupart de ses subordonnés ont eu le choix, eux. »

« Punir les personnes pour leurs actes ignobles en leur proposant d'aller faire les mêmes ailleurs, c'est d'un cynisme confondant. »

« Soit neuf ans de forteresse, soit s'engager dans le corps expéditionnaire et s'en aller mater les résistants anticolonialistes en Indochine. »
Le gendarme reste d'une grande discrétion.

« D'autant que certains de ces hommes seront ensuite envoyés en Algérie avant de s'exiler en Argentine... »

« ... exportant ainsi les méthodes françaises de quadrillage du territoire et d'interrogatoire au profit de la dictature. »
Notez la repose des menottes (c'est la consigne), avec peut-être un petit pincement dans le cœur du flic, mais aussi le refus de Madeleine de regarder son gendarme dans les yeux. Après tout, les ordres auxquels il obéit viennent de l'ennemi.

Retour dans la salle de détention collective.

Le gendarme se tient droit à son poste. Mais zyeutez un peu le gars à la gueule amochée, au nez cassé et habillé d'une casquette et d'un marcel. C'est de lui qu'il s'agit. Suivons ses échanges avec Madeleine, dont je n'imagine pas une seconde que le gendarme perde un seul mot. En tout cas, dans le récit de Bertail, Morvan et Riffaud, rien ne transpire de ce qu'il a enregistré : de toute évidence, ce n'est pas un "donneur".

« Ah, c'est toi Rainer. — ?! »
Je rappelle que "Rainer" est le nom de code choisi par Madeleine Riffaud dans la clandestinité, en référence et révérence au grand poète allemand, auteur des inoubliables Elégies de Duino, des Cahiers de Malte Laurids Brigge, du Roi Bohusch, et de tant d'autres chefs d'œuvre.

«Vous devez vous tromper de personne. »
Toujours la prudence et la méfiance en terrain inconnu, c'est élémentaire.

« Te bile pas, je viens de me faire alpaguer sur un coup de pas de bol, mais je sais très bien qui tu es. »

« Je suis le responsable régional de ton réseau... »

« Quel réseau, je ... ? » Ah, cette prudence, apprise par cœur dans le petit peuple des clandestins.

« Je vais te dire une chose : tu as de la chance. — Vous trouvez ? »

« Tu vas être fusillée. — !!! »

« Je ne flancherai pas. — Je sais bien, et crois-moi, on fera de toi une héroïne, pour avoir tué cet Allemand. »

« Tu auras des plaques de rue à ton nom. On fera gros. » « Mais si tu n'avais pas été arrêtée, tu te serais fait engueuler de première. » Et puis l'autre gendarme interrompt la discussion. Celui de Madeleine (le moustachu) n'a rien dit, mais il a tout entendu, ce n'est pas posssibe autrement.

« C'était pas à toi de le faire.» « Tu a mis la hiérarchie en rogne. »

« J'avais pas le choix, moi ! » Ben oui, quoi, on lui avait tué son Picpus, bon sang ! Seule réponse possible.

Fin du quatrième épisode.
09:00 Publié dans BANDE DESSINEE, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bande dessinée, madeline riffaud résistante, morvan et bertail
lundi, 16 février 2026
MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...
... ET SON GENDARME.
Deux thèmes se partagent ce troisième épisode de mon petti feuilleton, dont j'espère qu'on excusera la longueur.
1 - La démonstration implacable des qualités humaines des personnels engagés aux côtés des nazis pendant l'Occupation (les miliciens en général et en particulier les membres de la "Brigade Spéciale" commandée par le commissaire divisionnaire David) et la hauteur de vue de leur sombre conception des relations humaines qu'il convient d'entretenir avec ceux qu'ils considèrent comme leurs ennemis jurés.
2 - La démonstration éclatante des qualités d'authentique noblesse et de l'immense force de caractère d'une gamine de vingt ans à peine qui, face à l'intolérable, s'insurge, se révolte et se lance bille en tête dans l'action, jusqu'à prendre le commandement des opérations dans la partie de la Préfecture où les prisonniers sont confinés. Une stupéfiante prise de commandement, à laquelle le plus stupéfiant est la soumission de tous les acteurs en cause. Y compris de la part des salopards antisémites (quelles qu'en soient les conséquences pour elle). Jusqu'à domestiquer le gendarme moustachu auquel elle a été confiée.
Le début de l'action se passe dans une pièce voisine. pas besoin de commentaire.

Voyant cela, Madeleine bondit en hurlant et se précipite, sous le regard ébahi du brigadier qui hésite à s'opposer au geste.

Elle n'hésite pas à bousculer, elle, celle que son héros Tagrine qualifiera plus tard de "fillette", le milicien massif qui commet des horreurs aux dépens d'une femme enceinte qui aggrave son cas du fait de sa judéité.

Et voilà, à partir de maintenant, c'est elle qui donne les ordres. Les méchants se le tiennent pour dit.

Apprentie infirmière, elle donne les consignes. Et observez au premier plan le képi de la personne qui entend l'ordre

Et regardez-le, le gendarme qui court avec la bassine exigée par cette gamine qui a pris les choses en main.

« Ça aura été mon premier et mon dernier acte de sage-femme, de prendre dans mes mains ce petit enfant des prisons. Il est né, oui, mais déjà mort. C'était un garçon, j'ai coupé le cordon avec le canif de mon gendarme. » Ah, cette formule : "mon gendarme" ! Elle a senti qu'elle avait un allié dans la place.

« Son corps était entièrement noir d'ecchymoses, à cause des coups de pied. »

«La femme était en hémorragie, je ne pouvais aps la laisser mourir comme ça, sur le carrelage. »
« Il faut l'envoyer aux urgences ! », ajoute-t-elle en regardant "son" gendarme.

Le gendarme est prêt à s'exécuter. Le milicien Candas, pour dire quelque-chose : « Le commissaire David ne voudra jamais. De toute façon, il ne veut pas être dérangé à cette heure. » Sans doute quelque urgence à traiter.

Nouvelle colère bouillonnante de Madeleine : elle fait irruption dans le bureau et interpelle violemment le commissaire, très occupé, comme on le constate.

« Je vais vous dire une bonne choe, les Alliés arrivent et vous allez devoir rendre compte de vos actes. »

Et elle poursuit : « Quand le pouvoir aura changé de camp, tous ceux qui sont là, dans le couloir, ils vont vous charger. »

Mais il n'en a pas fini avec l'emmerdeuse : « Mais peut-être que si vous sauvez cette pauvre femme, vous aurez droit à des circonstances atténuantes. » D'abord paralysé par l'intrusion et le discours enflammé de Madeleine, le commissaire reprend un peu son sang-froid et cherche quelque-chose dans son tiroir.

Il a trouvé, c'est un gros nerf de bœuf, dont il se sert aussitôt : « Tu te prends pour qui, à venir me faire la morale dans mon bureau à cette heure, toi ?! ». Notons qu'il a un piètre sens de la réplique.

« Frappez si ça vous fait plaisir. — Mais ferme ta grande gueule, ça nous fera des vacances ! »

Un dernier coup rageur.

Ici, une voix s'élève : « Amenez le brancard, vite ! » Vous croyez que c'est le commissaire, qui tiendrait à montrer qu'il lui reste un fond d'humanité ??? Moi, j'ai plutôt tendance à entendre ces mots sortir de la bouche d'un homme qui porte un képi. Pas vous ?

Car c'est le képi qui prend les commandes : « On se coordonne. 1... 2... 3 ! »

Le commissaire, qui veut à tout prix avoir le dernier mot : « Et toi, Riffaud, ne va pas croire que j'ai obéi à ton ordre. Virez-moi ces deux youpins. » Mais si, commissaire David, c'est bien vous qui vous êtes plié à la volonté émanée de la bouche de l'indomptable !

Ultime commentaire de l'épisode : « Lors de son procès à la Libération, lui qui se présentait comme un simple fonctionnaire obéissant aux ordres a été condamné à mort. »

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dimanche, 15 février 2026
MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...
.... ET SON GENDARME
Tout ce feuilleton se déroule dans l'enceinte de la Préfecture de Paris. (volume III de l'énorme biographie réalisée par Morvan et Bertail). Madeleine a été placée sous la surveillance d'un gendarme moustachu qui laisse à peine transparaître ses impressions réelles et profondes, mais que le lecteur voit accomplir un certain nombre de gestes qui dépassent légèrement le cadre de son service, au point parfois qu'on se demande ce qui le pousse.
Le présent épisode se déroule aux pages 24 et 26 (la page 25 servant d'interlude) de l'extraordinaire aventure vécue et racontée à Jean-David Morvan et Dominique Bertail par Madeleine Riffaud. L'épisode met en scène un sous-fifre de la "Brigade Spéciale", qui s'y connaît déjà pas mal cependant en procédés de torture, de chantage et d'intimidation pour faire flancher la résistance mentale des prisonniers et les amener à se mettre à table. Je vous présente un bel exemplaire de milicien : il s'appelle Candas.

« Hé, Riffaud, puisque tu ne veux pas nous dire qui est ton chef ...»

« ... on a trouvé quelqu'un qui sera peut-être plus causant ... »

« ... ton père ! »


Un hurlement de douleur, et puis : « Papa ... », c'est tout ce qu'elle peut dire. Mais à ce moment, le flic à qui elle a été confiée fait un drôle de geste, un peu inattendu dans le strict cadre de son service. Essayez de deviner, tiens.

Le brave planton obéit à son supérieur, qui en profite semble-t-il pour s'esquiver, aller pisser ou quelque autre raison.

... pendant que la pauvre Madeleine est effondrée sur son banc.

Et puis le supérieur rapplique et fait signe à l'autre de dégager.

Il attend que l'autre soit hors de portée de voix et, sans s'adresser à personne en particulier, on l'entend prononcer ces paroles.

Le voilà, l'instant qui explique toute la démarche du flic, qui garde sa position impassible et proprement militaire : « Candas t'a menti, ils n'ont pas ton père. » Personne ne l'a obligé à aller ainsi aux renseignements. Il a fait ça de sa propre initiative. On se demande pourquoi, non ?

Ce n'est presque rien, seulement une information, mais pas n'importe laquelle : celle qui vient sauver Madeleine du désespoir absolu. Alors Madeleine peut enfin s'étendre sur son banc, le cœur serein, et s'endormir du sommeil du juste : « Ça faisait six jours que j'étais là, et c'est la première fois que j'ai pu vraiment dormir. J'avais l'impression que rien ne pourrait me réveiller. »


Fin du deuxième épisode.
***
Ce que je trouve proprement génial dans cette séquence, c'est qu'elle se présente quasiment comme une histoire sans paroles, juste : « On a ton père. » Et puis : « Non, ils n'ont pas ton père. » Soit dit en passant, on lit en filigrane : « Faut pas confondre. Eux, c'est eux ! Nous, c'est nous ! » Quelques mots, quelques gestes, et le tour est joué. Du grand art. Bravissimo, et Mercissimo, les compères Morvan et Bertail : vous êtes formidables !
09:00 Publié dans BANDE DESSINEE, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bande dessinée, madeline riffaud résistante, morvan et bertail
samedi, 14 février 2026
MON FEUILLETON MADELEINE RIFFAUD ...
... ET SON GENDARME (épisode 1).
Madeleine Riffaud, cette femme d'exception qui est décédée en 2024 (âgée de 100 ans), vient de tuer un Hauptsturmführer sur le pont de Solférino. « J'avais pas le choix, moi ! » dira-t-elle plus tard. Tu parles qu'elle aurait eu le choix ! Un officier nazi venait de lui tuer sous ses yeux son "Picpus", un mec en or qui n'avait peur de rien. Malheureusement, une voiture de la police de Vichy a assisté au geste et la rejoint sans peine pour l'amener direct à la Préfecture, juste sous les tours de Notre-Dame de Paris. Elle a visiblement reçu des coups, et pas des tendres. Voici la première image de cette histoire. C'est le milicien qui s'adresse au brigadier en fonction : « Brigadier, je vous la confie. » Le gendarme salue le milicien.

Visez bien la bobine du gendarme : il s'appelle "Untel", ça peut être n'importe qui. Le gars qu'on voit au second plan, c'est le commissaire divisionnaire David. Il dirige la "Brigade Spéciale", un service entièrement français que les nazi admirent, sans doute pour l' "efficacité" des "méthodes" qu'ils déploient dans l'accomplissement leurs "missions".

Madeleine est menottée. Elle n'a pas le moral. Le flic est là : il fait son boulot.

Madeleine est épuisée. Le gendarme farfouille dans sa musette.

Il en tire son casse-croûte. Mais qu'est-ce qu'il fabrique, le gendarme ? Il jette un regard à sa prisonnière, et prend un gros morceau de son sandwich !?

Qu'est-ce qu'il fait ? Il lui donne le morceau.

Elle mange un peu. Le gendarme reste dans une attitude en apparence indifférente.

Alors elle peut dormir un peu, mais ici, on peut être réveillé par les cris de gens qu'on torture.


Le gendarme continue a obéir aux ordres : il ne réagit pas, du moins de façon visible, même s'il serre les poings en fronçant les sourcils comme si quelque chose le chiffonnait.
Fin du premier épisode.
10:46 Publié dans BANDE DESSINEE, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bande dessinée, madeline riffaud résistante, morvan et bertail
dimanche, 08 février 2026
MON AUTOPORTRAIT AU FOUR
La recette est d'une simplicité enfantine :
1 - Mettez au four l'appareil photo correctement orienté.
2 - Placez-le en mode flash.
3 - Branchez le retardateur.
4 - Refemez la porte vitrée du four, si possible avant de l'avoir bien nettoyée (juste pour brouiller les pistes).
5 - Prenez la pose qui vous convient face au four.
6 - Attendez.
7 - N'oubliez pas de retirer l'appareil du four avant de mettre ce dernier en chauffe pour le gratin.
***
Photo prise en juillet 2016.
11:23 Publié dans HUMOUR, PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : photographie
mercredi, 04 février 2026
ARCHIPELS CÉLESTES
Images élaborées à partir de photos prises de ma fenêtre en direction du ciel, en diverses occasions.
Les photos d'origine ont été 1 - recadrées ; 2 - dupliquées. Puis les duplicatas ont été bidouillés en tâtonnant un tantinet, avant d'être replacés avec exactitude là où il fallait.
17:33 Publié dans PAS PHOTOGRAPHE MAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photogrraphie

